Ah, si cela pouvait continuer de la même façon, s'arrêant de village en village pour prendre des nouvelles et récupérer des provisions...
Si tous les villages étaient aussi accueillants que le précédent.
Bien sûr, cela n'allait pas être le cas.
Le village suivant se dessinait à l'horizon tandis que le soleil se couchait lentement, étouré de rouge et d'orange. De la fumée semblait monter des cheminées des maisons, tout paraissait calme, tranquille. Comme si la guerre qui avait lieu à Fornost ne pouvait altérer la tranquilité de la campagne envirronante...
Mais la vérité était toute autre.
Il y eu toute une foule de villageois pour accueillir Eaquem lorsqu'il entra dans le village.
Toute une foule de cadavres.
On aurait pu le deviner rien qu'à l'odeur qui s'en émanait, on sentait les corps mutilés à une distance considérable.
Oui, terriblement mutilés.
On eût dit en effet qu'ils avaient été écrasés par des rochers, tous entaînés dans quelque tourbillon assez puissant pour les disloquer et les projeter contre les murs.
Les murs qui étaient lézardés, fissurés, certains écroulés sous des coups de bouttoir portés par quelque force inconnue.
Les portes et leurs chambranles défoncés, trace du passage d'une grande créature qui n'aurait même pas ressentit le besoin de se frayer un passage avant de passer.
Il n'y avait aucun survivant, ça c'était sûr, et au milieu des corps, des traces de pas.
Plus larges que celles d'hommes, plus larges que celles d'ours, d'ailleurs des ours ne pourraient jamais se tenir aussi longtemps sur deux pattes.
A côté du cadavre d'une jeune fille au cheveux blonds tâchés de sang, de son sang, car il lui manquait une jambe, il y a avait là des empreintes plus larges que les autres encore, et on les voyait s'éloginr, à une fréquence telle qu'on imaginait là des enjambées gigantesques...