Iorlas Capitaine des Rangers de Gondor

Nombre de messages: 347 Age: 18 Localisation: Où le vent m'a mené. Rôle: Ranger ! ;)
~ GRIMOIRE ~
:: Humain
:: 37 ans
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 | Sujet: L'histoire s'arrête ici ... Lun 5 Oct - 19:23 | |
| Un homme. Plutôt dire un déserteur. Seul, trainant sa petite charette depuis des semaines, des mois, des années, ne sachant que faire de toutes ses armes, de tous ces objets qu'il n'utiliserait plus. Car c'était sûr, à présent. Il ne les utiliserait plus. La maladie le rongeait. Ce qu'il pensait tout d'abord être un rhume était bien pire que cela en réalité. Le mal bleu le tuait tous les jours un peu plus. Sa fin était proche, et il le savait.
Le soir tomba. Il avait acquis, pendant tous ces années passées à voyager, des connaissances que nul humain n'aurait eu envie d'avoir. Il s'était battu contre tous les types d'ennemis, il avait survécu de toutes les manières qu'il était possible d'imaginer. Il errait dans des terres inconnues et sauvages. Il n'avait pas rencontré âme qui vive depuis plus de deux ans maintenant. Enfin, par âme ... J'entends humains, nains, elfes, hobbits, orcs ... Ah, si. Il avait croisé une petite troupe de barbare alors qu'il était en train de chasser avec son grand arc elfique. Cet arc! Il en avait vu de toutes les couleurs, il avait tué bien des personnes, et bien des créatures inommables, un peu partout dans la Terre du milieu.
Mais il n'avait pas survécu aux barbares. Peut-être leur chef avait un grain de bonté en laissant en vie Iorlas aprés l'avoir roué de coup, déshabillé et volé des quelques biens qu'il possédait sur lui à ce moment là. Il passa une nuit à vomir du sang, à tousser à cause des douleurs dues aux coups, de crier pour que quelqu'un lui vienne en aide. Il avait oublié qu'il était seul. Lui, seul. Même son cheval n'était plus là, il l'avait laissé au Rohan pour qu'il meure en paix dans sa terre natale. Lui, seul. Alors qu'il avait été Capitaine des Rangers du Gondor, un rang bien élevé dans la hiérarchie gondoréenne. Mais il avait déserté, avait été un rebus de la société, avait été rejeté par les quelques peuplades qu'il avait croisé en chemin. Il s'en sortit tout de même, aprés deux nuits et un jour de douleur et de désespoir. La force le reprit soudain, et il retourna au camp qu'il avait dressé trois jours plus tôt.
Son seul et unique compagnon était une compagne. C'était Maladath. L'épée noire. Achetée à Fondcombe. Cette arme avait bu du sang, par la main du Capitaine, pendant des années. De longues années de violence, de combat sans justice, de guerre sans paix. Dans sa folie, marquant les derniers jours de sa vie, les discussions qu'il avait avec Maladath étaient remplies d'émotion. Certes, l'épée ne lui répondait pas. Mais il savait qu'elle l'écoutait. Il savait que, quand son jour viendrait, quand l'heure sonnerait, seule son épée resterait derrière lui. Pleine de souvenirs. Des souvenirs qui, d'aprés ce qu'il pensait à ce moment même, resurgiraient dans l'esprit de la première main qui toucherait son pommeau, qui effleurerait sa garde. Alors, peut-être, je dis bien peut-être, qu'on se souviendrait de lui pendant encore des décennies. Lui qui avait combattu des orcs, des ouargues, des hommes du sud, des barbares ; Lui qui avait soutenu les nains dans leurs montagnes, les elfes dans leurs forêts ; Lui qui avait secouru des centaines de gens au Rohan et à Minas Tirith, dirigeant les rangers comme si ils s'agissaient de ses propres fils ; Lui qui était maintenant âgé de 49 hivers ... Il savait au plus profond de lui qu'il ne verrait plus jamais la neige tomber, qu'il ne sentirait plus jamais les flocons fondre au contact de sa peau chaude.
Enfin, à quoi cela rime t-il ? Je sais que c'est ce qu'il se demandait en partant de Minas Tirith, et que c'est ce qu'il s'était demandé jusque là. Il cherchait une motivation, quelque chose ou quelqu'un qui aurait pu faire surgir une étincelle dans ses yeux, une lumière d'espoir dans son coeur. Rien. Il ne trouvait rien. Ses vieux amis vivaient paisiblement ou étaient morts. C'était la vie. Ah, qu'elle est mal faite, celle-là ! Pourquoi un homme tel que lui a t-il du finir ses jours comme ça ?
Ma plume s'emporte. Iorlas était un homme sage, un homme bon, un homme obéissant, un homme loyal, un homme généreux. C'est ce qui a du le perdre. Il n'avait plus que trois bouts de tissus en guise de vêtements, sa solide armure de mithril, il l'avait offerte à un de ses amis nains, un forgeron, avant de partir. Restait Maladath.
- Maladath, ma belle, ma bien-aimée. Tu es ce qui me reste de plus précieux. Même ma vie ne te vaut pas. Voila, tout ce que j'ai gagné. Tu me vaux au centuple.
D'ici, il pouvait entendre un torrent. Il se leva, faible comme il l'était, s'appuyant sur son épée, et se dirigea vers le bruit. Un large fleuve coulait là, devant lui, se dirigeant surement à travers les montagnes, ou même à travers sa belle Terre, la Terre du Milieu, qu'il a chevauché toute sa vie. Un tronc, bloqué par quelques branches, résistait tant bien que mal à la puissance de l'eau. L'homme se traina jusque là et, de toutes les forces qui lui restaient, enfonca profondément Maladath dans l'épaisse écorce. S'assurant une dernière fois que l'épée resterait où elle était plantée, il tapa le pommeau, l'embrassa, et pleura de toutes les larmes de son pauvre corps, jadis musclé, maintenant frèle. Il enleva les branches qui gênait le départ du tronc d'arbre, et le poussa vers le courant. L'Epée Noire s'en allait, brillant avec les dernières lumières de la journée. Les dernières lumières de la vie.
- Adieu ...
Aprés avoir lancé cet ultime mot, Iorlas s'assit face à l'eau impétueuse, le dos contre un rocher, et ferma les yeux. Sa dernière larme le quittait, emmenant avec elle le peu de vie qui restait en lui. Un homme est mort, ce soir là. Et j'éspere que sa vie sera chantée des siècles durant. Pour l'esprit qu'il était. |
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