Sombre-chêne hocha la tête, satisfait. Non pas de la réponse elle même, mais de l'argumentation. Amy avait la réponse, et la comprenait. L'elfe hésita quelques instants, prêt à rependre la parole, puis se ravisa. Ce n'était pas le moment le plus propice pour parler. L'heure viendrait certainement où ses propos seraient mieux illustrés. Il se contenta donc d'embrasser une dernière fois du regard la Maison Simple dont la protection était désormais son devoir, puis fit le premier pas d'un long voyage vers le Sud. Quelques syllabes aux accents chantants du sindarin, et sa jument le suivit. Lorsque le claquement balancé de ses sabots sur le pavement blanc s'éteignit, la première goutte tomba.
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Voilà trois heures que l'Humaine et l'Elfe marchaient sous une pluie impitoyable. Leurs habits collaient, épousaient leur forme aussi sûrement qu'un manteau d'huile. Leurs cheveux, rabattus sur leur visage par quelque bourrasque malveillante, conduisaient docilement l'eau jusque dans leurs yeux. L'herbe rase, déjà verdie par de récents orages, était un tapis spongieux qui les ralentissait et alourdissait leurs pieds.
Un coup de tonnerre, invisible et violent, qui claque et s'éteint lentement dans un grondement sourd, comme à regret. Des puits de lumière aussi éblouissant que bref. Le bruit monotone de l'eau qui tombe sur les arbres, sur les pierre, sur le sol. L'immobilité du monde, l'absence de vie dans ce déluge pourtant messager de croissance, de renouveau.
Sombre-chêne et la jeune femme n'avaient pas échangé un seul mot depuis qu'ils avaient quitté Fondcombe. L'elfe n'avait même pas proposé de s'abriter, Amy pouvait considérer cela comme le début de sa formation. Leur rythme avait même été soutenu. Et, comme aucune accalmie ne semblait s'annoncer, le Seigneur d'Imladirs proposa avec une malice à peine dissimulée :
Accélèrerions-nous? Sans attendre de réponse, il s'élança d'une foulée légère et rapide. Niphredil partit à sa suite au trot.
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