La situation n'avait pas été en s'améliorant. La population avait déjà été réduite de moitié depuis lors et les cadavres laissés là enveloppés de linges car les habitants n'avaient pas de quoi se payer une concession à Rath Dinnen, ou bien enterrés sauvagement dans les bois aux alentours de la Cité. Tout cela attirait encore davantage de rats et de vermine et la situation ne pouvait dès lors qu'empirer. Le signle LPA avait désormais été apposé sur tout le quartier, encore que certains ne savaient pas ce que cela signifiait parmi les passants. Ils étaient coupés du monde et pourtant en plein Minas Tirith.
Le vieux Herber avait déjà perdu la moitié de ses cheveux à cause de la maladie, et sa peau était blanchâtre. Ses yeux était injectés de sang, et il ne s'était jamais senti aussi faible. Sa femme était déjà morte, elle, et ses deux fils et sa petite fille étaient terriblement malades eux aussi. Surtout elle. Il craignait qu'elle ne passe pas la semaine si rien n'était fait. Mais que faire ? Ils n'avaient pas d'argent pour rémunérer les guérisseurs...
"Je vais aller là-haut." avait-il dit un jour à ses deux fils, d'une voix horriblement faible et saccadée.
"Je supplierai les guérisseurs de nous aider, peut-être comprendront-ils... Sinon votre petite soeur Jana ne va pas survivre..."Il était parti alors, et rien que sortir pour aller jusqu'au bout de la rue fut un calvaire, car il était faible et fiévreux, il avançait en boitant car sa condition était telle que lever les jambes pleinement était devenur trop difficile. Et c'est au bout de la rue qu'il le recontra. Warin.
"Où va tu ainsi, pestiféré ? Tu as déplu aux Valar et tu veux faire partager ta condition impure aux nobles citoyens de Minas Tirith. Soit maudit cent fois, toi et les tiens, pour avoir apporté ce fléau dans la Cité Blanche."Herber tomba à genoux devant l'homme vêtu d'or et de pourpre et il le supplia de le laisser demander des soins pour sa petite fille, tout en se prosterant sur ses chaussures.
"Assez de ceci ! Comment oses-tu poser tes mains impures sur moi, vil pestiféré ? Tu es seul responsable de tes malheurs et il n'y a qu'une seule façon d'y remédier, et je suis ici pour cela."Alors Warin saisit sa lourde épée et il l'enfonça dans le thorax d'Herber en prononçant des mots inintilligibles. Et ses hommes d'arme arrivaient, vêtus de leur armure scintillante, et ils accompagnaient Warin dans toutes les maisons. Et tous y passaient, les vieillards, les hommes, les femmes, les enfants. Et la petite Jana, Warin la tua lui-même. Il dit alors à ses disciples :
"Allez, et brûlez les tous. Car ils sont le mal dont nous devons protéger la Cité Blanche."