Le pirate à Minas Tirith

Aller en bas 
Reznor
Seigneur Pirate
avatar

Nombre de messages : 144
Localisation : Là où le vent me porte...

~ GRIMOIRE ~
- -: Homme peu recommandable
- -: Une petite quarantaine d'années
- -:

Mer 3 Déc 2008 - 16:46
L'homme aux chevaux pâles avançait, une grimace déformant son visage. Il s'appuyait sur un simple morceau de bois et sa jambe le tiraillait horriblement. C'était encore une autre raison pour laquelle il préférait rester en mer plutôt que sur terre. Son navire pouvait se déplacer sans que lui n'ai à trop bouger, au moins, alors que sur la terre ferme, incapable de monter à cheval, la douleur lui arrachait une grimace à chaque pas, d'autant plus qu'il avait parcouru tous le chemin entre le fleuve et la Cité.

Reznor avait loué deux charettes pour transporter ses marchandises, et il avait réquisitionné quatre de ses plus nouveaux matelots, qui se tenaient derrière lui, leur visage rendu rougeaud par l'effort.
Le Capitaine s'était arrêté un instant devant la grande porte de Minas Tirith pour contempler la Cité Blanche. Il y était déjà venu deux fois, et en gardait un souvenir agréable, sans pour autant que ce soit l'endroit qu'il apprécie le plus. C'était tout de même mieux qu'Umbar, quoi qu'il en soit.

Les gardes n'avaient jeté qu'un coup d'oeil à la cargaison du pirate, voyant bien que rien ne pouvait y être caché. Un échange de deux trois mots, et tout était en ordre. Bien sûr, le pirate avait pris ses dispositions pour ne donner l'impression de n'être rien de plus qu'un aventurier honorable, et il avait revêtu un manteau assez bien foutu pour l'occasion. Au placard, le sabre recourbé qui ne le quittait que rarement. Les occidentaux se servant davantage de véitables épées, c'était un accessoire peu opportun. En cas d'attaque, il devrait donc faire confiance en son lot de poignards et de couteaux, qu'il gardait toujours, bien sûr.

"Allez, camarades, reprenez vos charettes à bout de bras et allons-y." fit-il à ses matelots improvisés en convoyeurs. On pouvait noter que le capitaine avait renoncé à son vocabulaire fleuri, ou du moins, il s'était juré d'y renoncer, et cela aurait été étonnant qu'il puisse se rtenir de lncer l'un ou l'autre des jurons qui lui étaient coutumiers.
Néanmoins, pour l'instant, le passage sur la route juste après la porte était obstrué.

"Hé là !" lança t-il.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Flore
Citoyen
avatar

Nombre de messages : 22

~ GRIMOIRE ~
- -: Noldor
- -: 43 printemps
- -:

Jeu 4 Déc 2008 - 10:32
- Bouge de là, la gueuse !

C'était un nain pour le moins grognon qui avait brusquement balayé d'un coup d'épaule le frêle corps qui lui barrait la route. Après avoir poussé une exclamation de surprise, Flore manqua de s'écrouler la tête la première dans le sol tourbeux, mais réussit à demi à se rattraper. Mains et genoux au sol trempant dans une fine couche de boue, elle soupira brièvement de dépit et entreprit de se relever non sans difficulté. Elle ouvrit ses paumes et les considéra avec une moue contrariée. Avec les gardes à deux pas d'elle, il n'aurait pas été judicieux de repeindre les murs d'un brun crasseux, aussi décida-t-elle de s'essuyer sur son propre pantalon. Après tout, il n'en était pas à ses premières misères et quitte à passer pour une va-nu-pieds, autant le faire franchement en espérant garder au loin les brigands.

Une fois son toilettage sommaire terminé, elle céda le passage en se déplaçant à sa droite. A peine arrivée qu'elle déchantait déjà ; les gens de ces contrées semblaient au final aussi rustres que ceux du village dans lequel elle avait été dépouillée et l'idée de passer la nuit dans une ruelle sombre et malfamée ne lui plaisait que peu. A vrai dire, elle hésita même un court instant à rebrousser chemin mais les souvenances de son long voyage lui donnèrent la force de rester. Elle avait fait trop de chemin pour abandonner maintenant et elle toucherait bientôt au but, elle le sentait.

Au moment où elle décida de reprendre sa route, son attention fut attirée par un groupe d'hommes de petite taille semblables à celui qui l'avait fait trébucher il y a peu. Leurs silhouettes trapues ne manquèrent pas de l'étonner grandement et c'est tout naturellement qu'elle se mit à les dévisager. Comme elle, ils avaient un physique particulier et pourtant, à les voir converser avec les gardes, ils semblaient s'être totalement intégrés. Ce qu'elle ne savait pas, c'est qu'elle avait affaire à des nains et qu'ils n'appréciaient guère qu'une étrangère les fixe de la sorte, surtout quand il s'avérait que la dite étrangère était une elfe. Visiblement désireux de se faire entendre, l'un d'eux s'avança d'un pas énergique vers Flore qui le regardait venir avec une certaine appréhension.

- Holà, l'elfe, n'as-tu donc jamais vu de si fiers maîtres nains que tu te sentes le besoin de nous détailler de la sorte ? demanda-t-il d'un ton de défit.

Nain, elfe, ces mots ne voulaient absolument rien dire pour elle aussi rétorqua-t-elle un simple "non", ne sachant que dire d'autre. Seulement, la question du nain était du genre non rhétorique et à entendre l'elfe, il se mit dans une grande colère, persuadé qu'elle riait de lui. Il hurlait des mots dans une langue qui était inconnue à Flore, ses mains voltigeant dangereusement dans les airs, et sans doute auraient-elles atterri en pleine face de l'Eldar si ses compagnons ne l'avaient pas rappelé.

Cette rencontre s'ajoutant à la liste bien remplie de ses mésaventures, elle se décida enfin à quitter la grande porte et à aller explorer le reste de la cité, qu'importait où. Elle se remit sur la route et, pour se redonner du courage, se décida à sortir de sa besace la dernière pomme qu'il lui restait. Elle croqua dedans avec appétit mais manque de chance, elle était une nouvelle fois au milieu du passage et quand on l'interpella de nouveau, elle sursauta de peur croyant que le nain était revenu à la charge. Dans son mouvement, elle lâcha son précieux repas qui finit sa course dans une belle flaque d'eau aux teintes brunâtres.

- Non ! s'était-elle écriée, impuissante.

Elle ramassa sa pomme et l'observa tristement. Elle était trempée de boue mais elle avait si faim qu'elle hésitait à la manger quand même. Finalement sa tristesse se transforma en colère et elle se releva à l'aide de son bâton, prête cette fois à faire face au nain et lui dire ce qu'elle avait sur le cœur. Elle commençait déjà à s'emporter alors qu'elle s'était à peine retournée.

- Vous êtes vraiment sans gêne ! Non seulement vous me flanquez la peur de ma vie mais en plus vous me privez de mon repas, espèce de petite crapule ! Avec votre taille, j'éviterais de.. Oh. Vous êtes qui, vous ?

C'est non sans un certain désarroi qu'elle découvrit le personnage qui était en train de subir sa beuglante. Si elle était prête à affronter un nain qui faisait la moitié de sa taille, il en était tout autre pour un homme de taille adulte. Les yeux écarquillés, elle fixait l'inconnu qui se tenait devant elle et déglutit difficilement. Honte et crainte se confondaient sur son visage qui avait soudainement pris une teinte rosée, figé dans une expression pour le moins amusante. C'est moins amusée qu'elle attendait la réaction du pirate, serrant fermement son bâton entre ses mains, au cas où.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Reznor
Seigneur Pirate
avatar

Nombre de messages : 144
Localisation : Là où le vent me porte...

~ GRIMOIRE ~
- -: Homme peu recommandable
- -: Une petite quarantaine d'années
- -:

Jeu 4 Déc 2008 - 22:26
Reznor esquissa un sourire plein de malice qui montrait bien quel homme retors il était en réalité. Néanmoins, il n'y avait pas de trace de méchanceté dans son regard, tout au plus un peu de moquerie. Car l'homme aux cheveux pâles était un pirate, libre, et les notions de bien et de mal ne le concernaient pas.
Il avait haussé un sourcil dès le moment où Flore avait sursauté suite à son cri, s'étonnant qu'on puisse prendre la peine de ramasser cette pomme tombée dans une marre de boue, mais soit...
Ce n'était qu'à la réaction de l'inconnue qu'il s'était fendu de ce sourire, ne s'attendant pas vraiment à ce genre de réponse.

"Eh eh, milles excuses, mademoiselle. Mais je ne désirais pas le moins du monde vous faire peur, simplement que vous ne vous écartiez de mon chemin." fit-il sur un ton lourd de sarcasmes. Il aurait volontiers ajouté une petite courbette si la longue marche n'avait pas fatigué son pied déjà boiteux, et s'il n'avait pas besoin plus que jamais de s'appuyer sur son bâton.

"Mais ce serait encore plus malpoli de ma part de ne pas répondre à votre question. Je me nomme Reznor, et je suis marchand. Je ne dirai pas honnête marchand, comme le voudrais la formule, mais ces gens-là n'existent pas, j'en ai bien peur."

Le Capitaine n'en ajouta pas plus à propos de ses considérations philosphiques et de son opinion des commerçants, même s'il aurait sans doute eu beaucoup à dire, mais il sentait bien que ce n'était pas vraiment le moment de noyer son interlocutrice sous des traits d'esprit inutiles. Aussi se redressa t-il quelque peu, repris un air un peu plus sérieux, plus digne du marchand de produits de luxe dont il jouait le rôle, et il dit :

"Comme je pense me voir dans l'obligation de réparer le préjudice que je vous ai causé, j'aimerais vous retourner la question et au moins connaître votre nom."

Tout en parlant, il l'avait examinée d'un oeil discret. Il était impossible de passer à côté du fait que ses habits étaient couverts de boue, lui donnant l'aspect d'une miséreuse. Mais aux yeux du pirate, la fille était trop jolie pour être une mendiante tels ceux qu'il avait vu, pullulant, dans les rues d'Umbar. Le pirate en conclut que cette citoyenne avait simplement connu une mauvaise fortune, très récemment.

"Je ne pourrais vous dédommager avec une pomme, du même style, je n'ai malheureusement pas de provisions, mais j'ai d'autres choses qui pourraient vous convenir. Mais bon, continuons cette conversation sur le côté de l'avenue, pour éviter pareille mésaventure. A vrai dire, je serais très curieux d'entendre les dernières nouvelles de la Cité Blanche."

Reznor avait ce don exaspérant d'inonder ses interlocuteurs de paroles sans les laisser répondre, comme s'il récitait un des nombreux récits appris au court de ses voyages.
Il fit signe à ses mousses-manoeuvriers de mettre les charettes sur le côté, et fouilla dans l'un d'entre elles. Il y avait là quelques rouleaux de tissus particulièrement chers qu'il avait gagné lors du pillage d'un gros navire marchand au large de l'Extrême- Extrême-Harad.
Mais pour l'instant, avant de faire quoi que ce soit, il jetait un coup d'oeil interrogateur à son interlocutrice, qu'il avait enfin daigné laissé parler.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Flore
Citoyen
avatar

Nombre de messages : 22

~ GRIMOIRE ~
- -: Noldor
- -: 43 printemps
- -:

Ven 5 Déc 2008 - 2:42
- Hum.

Des excuses. C’était bien la dernière chose qu’elle attendait de la part de son interlocuteur et il ne lui en fallut pas plus pour relever la tête et se redresser pour prendre la plus digne des positions qu’elle pouvait. Enfin, c’était sans compter ses vêtements en lambeaux et son corps diaphane qui trahissaient irrémédiablement sa condition de traîne-misère. En effet, le
pirate n’était pas franchement tombé sur la plus élégante des créatures ; les traits de Flore, tirés par une grande fatigue, n’étaient pas même visibles sous la terre qui maculait son faciès, ses mains fluettes à l’ossature ridiculement frêle enserraient fermement un bâton à la solidité douteuse et surtout, son maintient peu probe révélait un passé de paysanne qui n’avait sans doute jamais vu la cour. Si sous la couche de terre qui la recouvrait il lui restait quelques grâces, elles demeureraient pour le moins secrètes.

Son expression rude s’adoucit quelque peu et elle finit par soupirer longuement, fermant quelques secondes les yeux avant de reprendre la parole.

- Bon, ce n’est pas grave. Après tout, c’était à moi de prendre garde à où je me tenais et le passage aurait dû rester libre. Je m’excuse de même.

Elle le gratifia même d’un sourire qui, par sa clarté, la fit paraître le temps d’un battement de cil pour plus jolie qu’elle ne semblait. C’était une jeune fille après tout, elle succombait parfois à des colères foudroyantes mais savait toujours reconnaître ses torts.

- Eh bien, seigneur Reznor, je suis enchantée.

Elle n’avait absolument aucune idée de la façon dont elle devait s’adresser à lui aussi choisit-elle une formule de politesse hasardeuse qui traînait dans les recoins poussiéreux de sa mémoire. Elle plissa légèrement les yeux quand le marchand lui avoua très simplement ne pas être honnête. Il n’était en effet pas coutume de se présenter de la sorte, surtout pas à des inconnus dont on ne savait rien, et le fait qu’il ait assez d’assurance pour le faire passa pour suspect aux yeux de la jouvencelle quadragénaire.

- Je me nomme pour ma part Flore Poudevigne, fille de Romaric Poudevigne.

Elle s’était présentée avec une telle fierté qu’on aurait pu croire qu’elle était de noble lignée, mais il n’en était rien. Faire partie des Poudevigne avait toujours été sa plus grande gloire et elle n’était certainement pas gênée de l’exprimer. Bien que fille de fermier, on l’avait bien élevée et c’est tout naturellement qu’elle rabattit sa capuche olivâtre sur ses épaules. D’un mouvement maladroit et peu discret, elle dénoua le ruban qui ceindrait ses cheveux pour masquer ses oreilles. C’est une pluie de lumières dorées qui cascada le long de son dos, sans doute la dernière belle chose qui restait à voir sur elle.

Prenant exemple sur le marchand et ses hommes, elle quitta le chemin principal et s’arrêta près des charrettes.

- Oh je suis sans doute moins renseignée que vous quant aux nouvelles de cette cité, je n’y ai jamais mis les pieds auparavant. Son nom même m’est inconnu, voyez.

Alors que l’homme s’affairait dans l’une, elle observa avec intérêt les biens qui étaient à portée de vue et s’étonna de leur richesse. Ses sourcils se froncèrent légèrement ; elle se demandait si c’était bien là l’œuvre d’un honnête travail, surtout au vu de la façon dont leur propriétaire s’était présenté.

Chassant ces pensées peu plaisantes de son esprit, elle brandit la pomme perdue qui était toujours nichée dans sa main au nez de celui qui l’en avait privée.

- J’espère que vous avez de quoi lui faire honneur ! s’était-elle exclamée, amusée.

La pomme n’avait pas franchement fière allure, toute recouverte de boue qu’elle était, mais par sa forme biscornue et ses trous noirâtres l’on pouvait deviner qu’elle n’était de toute façon pas de première fraîcheur. Par précaution, elle ajouta.

- Et inutile d’essayer de me dépouiller, je suis sans le sou et à moins que vous portiez un quelconque intérêt à mes vêtements troués, vous ne trouverez sur moi point d’autres trésors !

Petite phrase dite sur le ton de la plaisanterie alors qu’intérieurement elle était on ne peut plus sérieuse.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Reznor
Seigneur Pirate
avatar

Nombre de messages : 144
Localisation : Là où le vent me porte...

~ GRIMOIRE ~
- -: Homme peu recommandable
- -: Une petite quarantaine d'années
- -:

Sam 6 Déc 2008 - 0:00
"Ha ha !"

Le pirate éclata d'un rire sonore à la dernière réplique de son interlocutrice, sur un ton qui avait un peu petit quelqu chose d'inquiétant, même si on pouvait voir à son sourire qu'il était amusé de la petite pique. Il reconnaissait bien que ni son apparence ni son attitude n'était faite pour la rassurer. Avec ses cheveux blanchis bien avant l'âge, ce bâton sur lqueuel il s'appuyait à cause de sa mauvaise jambe, son manteau qui ne lui allait pas et les quelques dagues qui dépassaient de sa ceinture, même en se présentant comme un marchand, Reznor n'avait pas l'air d'être des plus recommandables.

"Allons, allons. Je vous propose de vous dédommager, et n'ai acunement l'intention de vous voler. Celui qui s'en prend à une jeune femme ne peut être considéré que comme un lâche, et d'autre part celui qui s'en prend à quiconque au milieu d'une rue pleine de passants et de gardes ne peut être considéré que comme un idiot."

Même s'il était vrai que le Capitaine n'avait aucune mauvaise intention envers son interlocutrice, il fallait avouer qu'il était un peu déçu. Il comptait sur cette rencontre fortuite pour être mis au courant rapidement des dernières rumeurs courant dans la Cité sans avoir besoin de lier connaissance avec quelqu'un par après, ce qui aurait pris du temps, ou de s'informer auprès d'un parfait inconnu, ce qui aurait paru étrange. Il se flagella mentalement pour ne pas avoir noté que quelqu'un se promenant avec un bâton de marche n'était certainement pas quelqu'un de la ville. Néanmoins, maintenant qu'il s'était engagé dans une conversation, il n'allait pas s'en aller simplement pour ce prétexte, et il masqua complètement cette petite déception.

"Eh bien, certainement, mademoiselle Flore, que j'ai de quoi lui faire honneur."

Sa façon d'appeler la jeune elfe par son prénom alors qu'elle lui avait décliné son identité complète pouvait sans doute paraître familière, mais après tout, il s'était lui aussi présenté sous son prénom, alors bon. Bien sûr, c'était une manière de pirate, la plupart de ces gens-là préférant oublier la famille dont ils étaient issus, mais cela convenait la plupart du temps.

"Je n'ai pu m'empêcher de remarquer que votre pomme ne semble pas avoir été la seule à faire connaissance avec les sols boueux de Minas Tirith, car c'est le nom de cette ville. Je pense donc qu'à défaut de collation, ceci pourrait vous être utile..."

Il préleva une certaine quantité de tissu, non sans ressentir un pincement au coeur à l'idée tout cet or qui s'envolait. Car même en temps que Capitaine, il était soumis à certains règles pour le partage du butin s'il ne voulait craindre de mutinerie, et la valeur de cette pièce serait retirée de sa part, comme le cadeau hors de prix qu'il avait déjà fait à sa seule collègue féminine du Conseil d'Umbar. Ca lui apprendrait à avoir de minimum de morale pour un forban...

"N'importe quelle couturière de la Cité pourra vous faire un habit bien plus convenable pour pas grand chose. Maintenant, si vous acceptez cela, je pense que nous sommes quittes. Peut-être pourriez-vous alors me dire d'où vous venez, mademoiselle Flore, et s'il y est passé des choses dignes d'intérêt récemment. Même si je ne passe guère de temps en Gondor, j'aime me tenir au courant de se qu'il s'y déroule..."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Flore
Citoyen
avatar

Nombre de messages : 22

~ GRIMOIRE ~
- -: Noldor
- -: 43 printemps
- -:

Sam 6 Déc 2008 - 20:24
Flore, qui jugea la réponse ma foi fort bien pensée et tout autant satisfaisante décrispa ses mains dont les phalanges étaient devenues douloureuses. Elle reconnut même que sa façon de conjecturer la marchandise de l’homme était quelque peu rustaude, d’autant plus que son passé lui était totalement obscur. Elle jeta un dernier regard à sa pomme et finit par s’en débarrasser d’une légère impulsion du bras, veillant bien à ce que sa course ne finisse pas au sommet du crâne d’un honnête passant. En voyant ce que le capitaine lui présentait, elle leva les mains à hauteur de ses épaules et reprit.

- Holà, vous ne considérez tout de même pas sérieusement l’idée de me céder pareille marchandise ? Seigneur, je n’ai même de toute ma vie jamais possédé pareil bien et seul un malappris l’accepterait. Non, vraiment, ce n’était qu’une vieille pomme. Oubliez cela.

Sa surprise avait été aussi grande que son désarroi quand elle vit son dédommagement se profiler devant ses yeux. Aussi sûr que la plupart des miséreux se seraient jetés dessus comme des chiens galeux sur un morceau de chair, son refus était catégorique. Déposséder un homme d’une telle richesse pour un fruit tombé aurait été incroyablement grossier et elle préférait repartir les mains et le ventre vide que d’accepter. Mieux valait souffrir la faim que la honte.

Quand le marchand l’invita à partager les chroniques de son voyage, elle posa l’une de ses mains sur son front alors que son autre bras retombait le long de son corps. Une nouvelle fois, son regard mirait le sol et elle hésita quelques instants avant de répondre.

- Oh, d’où je viens importe peu considérant ce qu’il se passe en ce moment en terre du milieu. J’ai vu au loin des armées d’hommes partir en guerre contre des monstres sanguinaires dont l’existence m’était jusqu’alors inconnue. Ils sont courbés, difformes, et s’ils conservent un certain aspect humanoïde, leur cœur est aussi froid et dur que la pierre. Je ne saurai vous en dire plus à ce sujet, car je ne connais rien de l’histoire du monde.

Cet aveu lui fit serrer poings et dents de rage. Son ignorance ne manquait pas de la mettre dans une colère folle et c’est non sans peine qu’elle se contint. Le sang bouillonnait dans ses veines et fit rougir ses joues, ses iris se relevèrent.

- C’est un triste temps que nous vivons, seigneur Reznor. Le sang doit couler à flot pendant que nous conversons gaiment, loin des soldats qui guerroient pour protéger la liberté des habitants de ces terres.. Que la peste m’emporte !

Son impuissance se traduit par des perles translucides qui apparurent au coin de ses yeux et qu’elle peina à maîtriser. Verser des larmes devant un inconnu n’était absolument pas une option, aussi ferma-t-elle les yeux quelques instants en inspirant de grosses bouffées d’air. Elle sentait bien que si elle continuait sur sa lancée, elle finirait par hurler en s’arrachant les cheveux, aussi détourna-t-elle à demi la conversation.

- Mais peut-être avez-vous déjà connu vos propres batailles, fit-elle en désignant le bâton sur lequel le marchand prenait appui d'un mouvement de tête.

Elle qui prenait d’habitude grand soin de ne pas être indiscrète enfreignît cette règle avec un naturel déconcertant. L’heure était grave et son esprit encombré par des soucis on ne peut plus importants que la politesse.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Reznor
Seigneur Pirate
avatar

Nombre de messages : 144
Localisation : Là où le vent me porte...

~ GRIMOIRE ~
- -: Homme peu recommandable
- -: Une petite quarantaine d'années
- -:

Dim 7 Déc 2008 - 11:18
Une sorte de grimace envahi le visage de Reznor à la réponse de la voyageuse, même s'il n'avait pas écarté de son esprit la possibilité qu'elle puisse ne pas accepter. Même si son refus le contrariait, au moins cela avait le mérité de le conforter dans son idée qu'il avait raison d'avoir une bonne opinion sur son interlocutrice.
Néanmoins, il trouvait quelque peu grossier de ne pas proposer au moins un autre dédomagement, moins important s'il le fallait, mais au moins qu'il n'ait pas l'air d'être un avare satisfait de ne finalement pas avoir à se séparer de son bien, même s'il fallait avouer que bon, ma foi, c'était toujours ça de gagné en plus sur sa part.

"Vous m'en voyez désolé. Je suis certain que cela vous aurait été à merveille. Mais si vous avez refusé le soie d'Extrême Orient, au moins accepterez-vous que je vous offre le repas à la taverne ?"

C'était, se dit-il, la meilleure chose à faire et il s'agissait sans doute du meilleur remboursement possible pour une pomme perdue, pas trop important pour que la jeune femme ne doivent se sentir obligée de refuser. Et c'était aussi un endroit plus confortable que la route pour continuer la conversation.
Mais quelle ne fut pas la surprise du pirate lorsque la pensée que des hommes guerroyaient pour leur liberté lui arracha quelques larmes.
S'il avait froncé le sourcil, l'air amusé, devant l'attitude de Flore quand elle avait démarré cet échange en lui hurlant dessus, il trouvait la situation actuelle, bien que tout aussi particulière, beaucoup moins amusante.

"Allons, allons, mademoiselle Flore, ne réagissez pas ainsi. Car c'est pour que nous, simples citoyens, puissions converser ainsi, sans craindre pour nos vies, qu'ils se battent là-bas, et le fait que vous pensiez à eux est déjà un soutien précieux. Le vent du Grand Nord où ils combattent doit résonner de paroles d'encouragement de toute la terre..."

Même face à des inconnues, le Capitaine semblait ne pas pouvoir oublier cette vieille prétention qu'il avait de pouvoir entendre mille nouvelles dans la brise soufflant sur les voiles de son navire, aussi étrange que cela puisse paraître. Il fallait avouer que ça avait grandement contribué à sa réputation d'original...
Néanmoins, il remarqua bien que son interlocutrice semblait vouloir détourner la fil de la conversation, et, au lieu de rajouter quoi que ce soit sur ce sujet, il répondit à sa question.

"Il est vrai en effet que j'ai déjà du me battre pour ma survie. Mais je n'ai aucune expérience des affrontements sur la terre ferme entre d'immenses armées. Non, les combats que j'ai menés, ce sont sur la mer, sur mon navire que je les ai menés. Car je suis marin, mademoiselle."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Flore
Citoyen
avatar

Nombre de messages : 22

~ GRIMOIRE ~
- -: Noldor
- -: 43 printemps
- -:

Dim 7 Déc 2008 - 21:05
- Oh, une taverne.. Je ne sais..

Il ne faisait aucun doute qu’elle était affamée. Elle souffrait une de ces faims tenaillantes qui vous arrache des gémissements et vous meurtrit traits et cœur mais pourtant, étrangement, la perspective d’un bon feu et d’un repas plus copieux que des baies sauvages ne semblait pas la réjouir. Au contraire, elle se tournait nerveusement les pouces et l’air contrarié de son visage trahissait une certaine crainte. Elle était partagée entre l’envie de se repaitre et la peur de rencontres inopportunes.

En effet, la dernière fois qu’elle avait osé entrer dans pareil établissement, elle s’était fait dépouiller de la maigre richesse qu’elle transportait. La victoire des bandits était aussi sûre que l’aube se lèverait le lendemain, cependant ils n’avaient pas hésité à jouer des poings pour arriver à leurs fins. Flore se souviendrait longtemps de leur couardise et l’idée de se faire malmener par des hommes ivres morts lui était pour le moins peu agréable. D’autant plus que le marchand n’était pas franchement la personne la plus rassurante qu’elle ait connue et elle suspecta ses fréquentations d’être à son image.

Elle plissa les yeux en s’imaginant entourée de barbares beuglards fortement alcoolisés. Dans un élan de paranoïa, elle voulut même s’enfuir en hurlant comme une aliénée, tableau théâtral qui lui arracha un sourire. Cette pensée ridicule eut le mérite d’écarter la peur excessive qui obscurcissait son jugement et finalement, elle trancha. Après tout, quel homme malintentionné lui aurait proposé de si riches tissus pour une simple pomme perdue ?

- Bon, entendu, mais seulement si la bière y est bonne.

Elle sourit franchement cette fois, sachant qu’un bon repas l’attendait non loin et écarta de son esprit le sang et la mort que devaient semer les armées ennemies. Ainsi donc, c’était un marin qui lui faisait face. Probablement trop occupée à hurler partout et à s’énerver, elle ne s’en était absolument pas doutée et accueillit la nouvelle avec une grande exclamation.

- Vous êtes donc un homme de la mer ! Quel privilège ce doit être de pouvoir naviguer où bon vous semble, loin de toute chose. Ah, les immenses étendues azuréennes à perte de vue, le chant du vent comme fidèle compagnon, l’aventure.. je vous envie. Il vous faudra me conter vos périples ! Vous avez dû voyager dans des contrées lointaines, connu des peuples dont les rites sont aussi étranges que fascinants, vous avez dû vous battre pour votre survie, ah ! Passionnant !

Elle parlait en ouvrant de grands yeux et en agitant les mains en tous sens tant elle bouillait d’impatience d’en savoir plus. Pour quelqu’un qui comme elle n’avait jamais vu plus grande embarcation qu’une barque, le récit du marchand s’annonçait prometteur. Mais pour l’heure, elle attendait qu’il prenne le chemin de la taverne, ne sachant pas où elle se situait.

- Oh, et « jeune homme », appelez-moi simplement Flore. Je suis flattée que vous me preniez pour une demoiselle mais je dois certainement être plus âgée que vous.

Elle était toujours amusée de voir combien tous se méprenaient sur son âge. Son nombre d’années était bien sûr dérisoire si l’on prenait en compte le fait qu’elle était une elfe, mais comme elle ne se doutait pas la moindre seconde qu’elle était des Immortels, elle se plaisait à plaisanter sur son étrange apparence de jouvencelle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Reznor
Seigneur Pirate
avatar

Nombre de messages : 144
Localisation : Là où le vent me porte...

~ GRIMOIRE ~
- -: Homme peu recommandable
- -: Une petite quarantaine d'années
- -:

Lun 8 Déc 2008 - 21:55
Reznor s'amusa un instant de l'hésitation de son interlocutrice lorsqu'il lui proposa de lui offrir le repas. Il était à peu près sûr du fait que ce soit sont allure qui était la cause de cette indécision. Et à vrai, il en était tout à fait ravi. C'était un pirate, tout de même, et même déguisé en marchand il aurait été bien déplorable qu'il ne garde pas un côté tordu comme ses congénères.
Mais il était bien conscient aussi que cette crainte n'était pas justifiée, car il serait le plus civilisé des hommes. Dans Minas Tirith, bien sûr. Car quand il retrouverait son Joyeux Requiem, ses balistes, son équipage, et qu'il aurait quitté les eaux de Gondor, il aurait sans doute un comportement moins teinté de sympathie.

"Bien, bien. Ma foi, j'imagine que dans une si grande ville, une taverne à la bière mauvaise aurait vite fait de fermer ses portes par manque de clients. Les concurrents de doivent pas manquer."

Il fit signe à ses charretiers de les suivrent et pris la tête de la colonne, ouvrant le chemin. Le Capitaine espérait retrouver facilement une taverne. Il s'en était rendu dans une lors de sa dernière visite, mais cela devait bien remonter à un an au moins, et il n'était pas sûr que pouvoir retrouver le chemin.
Ma foi, c'était pourtant un endroit assez agréable, mais toute auberge semblerait agréable par rapport à celles qu'il connaissait à Umbar. Dans ces dernières, il y avait certes une ambiance inimitable, mais pour vraiment s'y sentir à son aise, il fallait être aussi saoûls que les pochards braillant des chansons paillardes ou de marin, bien qu'en fait les deux soient souvent synonymes.
En marchant, ils continuaient de converser.

"Ah ça, je n'échangerais mon existence avec aucune vie d'habitant de la terre, pas même avec le Roi et les trésors qu'il garde dans ses coffres. Comme vous le dites, la liberté de voguer çà et là, où le vent nous porte, est quelque chose de plus précieux encore que tout ce que contiennent mes charettes. Et pourtant ces marchandises valent leur pesant d'or, car elles viennent de contrées lointaines, aux rites encore plus étranges que vous ne pourriez l'imaginer, parce que j'ai en effet connu bien des pays, et j'ai quelques récits bien intéressants..."

Mais Reznor ne cacha pas sa suprise quand Flore l'appella jeune homme, plus encore quand elle prétendu être sans doute plus âgée que lui.
Pourtant, il était lui-même souvent pris pour plus vieux qu'il ne l'était pas, avec ses cheveux qui étaient blancs depuis bien longtemps et sa jambe amochée, le tout qui lui donnait l'air d'un vieillard boitillant alors qu'il n'approchait doucement que de la quarantaine. Cette réponse l'avait pris totalement au dépourvu. Il aurait cru son interlocutrice tout juste majeure, tout en au plus. Etait-il possible qu'il se soit mépris, qu'il soit passé à côté de l'évident ? Etait-ce possible que...
C'est ses yeux bleus grands ouverts, avec un petit éclat de curiosité non dissimulée à l'intérieur qu'il se risqua à un :

"Oh, oh, mille pardons. Seriez-vous donc.. une elfe ?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Flore
Citoyen
avatar

Nombre de messages : 22

~ GRIMOIRE ~
- -: Noldor
- -: 43 printemps
- -:

Mer 10 Déc 2008 - 16:40
Alors que le prétendu marchand et ses hommes se mettaient déjà en route, Flore resta en retrait quelques instants et les observa aller, transportant leurs biens vaillamment et sans se plaindre. Elle les trouvait d’ailleurs bien dociles et silencieux ; pousser les lourdes charrettes n’était visiblement pas mince besogne et pourtant ils s’y attelaient sans se faire prier, ce qu’elle trouva fort aimable de leur part. Bien entendu elle ne se doutait pas qu’en tant que matelot, il valait mieux pour leur peau qu’ils obéissent à leur capitaine et selon elle, c’était une marque de grand respect pour l’homme qui les menait. Dorénavant, elle le considérerait d’un œil moins méfiant, et c’est sur cette pensée réconfortante qu’elle lui emboîta le pas.

Lui avec sa démarche clopinante, elle avec son allure de miséreuse, ils avaient plutôt l’air de deux vieillards trop accablés par les années passées pour déambuler sans leurs bâtons que d’un fier pirate et d’une elfe. Après y avoir réfléchi, Flore s’inquiéta que sa présence peu glorieuse ne fasse fuir de potentiels clients et par courtoisie en alerta son compagnon de route.

- Eh, Seigneur. Ne croyez-vous pas qu’être accompagné par quelqu’un d’aussi éclatant d’élégance que moi ne soit pas vraiment un atout pour vos affaires ? Je sais pour sûr que si j’étais un acheteur, je n’aurais pas envie de m’approcher d’une traîne-misère.

C’était tout à fait son genre. Risquer bêtement de voir s’envoler un bon repas dans le seul but d’aider un parfait inconnu oui, on pouvait dire que dans certains cas, elle n’était pas vraiment futée. Son esprit était en ce moment de toute façon trop empli de vagues et de navires pour qu’elle puisse sérieusement réfléchir, aussi reprit-elle.

- Ce doit certes être plaisant de pouvoir naviguer sur les mers mais vos terres d’origine ne vous manquent-elles pas ? N’avez-vous jamais envie de retourner parmi les vôtres ?

A son sourire triste et son regard qui s’abaissait, on pouvait dire qu’elle en tout cas se languissait de revoir les siens. En s’imaginant toutes les merveilles et horreurs que le marin avait dû voir, une idée folle lui vint en tête, idée qui lui fit relever de grands yeux ronds vers son interlocuteur.

- Vous qui avez beaucoup voyagé, serait-ce possible que vous ayez rencontré des gens comme.. moi ?

D’un geste de la main, elle dégagea quelques mèches de sa chevelure d’or derrière son oreille droite dont la pointe caractéristique des Eldars se fit voir. Ses parents ne lui avaient jamais caché qu’elle avait été adoptée mais n’avaient pas la moindre idée d’où elle venait. De par sa haute silhouette élancée qui restait fine malgré les longues heures de travail et ses traits particuliers, si différents de ceux des habitants de son village, ils en avaient conclu qu’elle venait certainement de pays lointains et n’en n’avaient plus jamais reparlé.

Elle n’avait pas pour habitude de s’exposer de la sorte et, trop mal à l’aise, réarrangea ses cheveux. Après tout, il était finalement peu probable qu’il ait jamais rencontré pareille créature et s’en voulut d’avoir eu cet espoir insensé.

- Elfe, hm ? C’est la deuxième fois que j’entends ce mot depuis que je suis arrivée. Qu’entendez-vous exactement par là ? D’où je viens, les elfes ne sont cités que dans certains contes de mauvais goût et sont décrits comme étant de puissants sorciers meurtriers. Ai-je l’air d’être une puissante magicienne ? Allons donc, je ne suis qu’une simple femme et de toute façon leur existence n’est pas un fait établi.

Hrp : On continue peut-être à l'auberge ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




Revenir en haut Aller en bas
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Minas Tirith....
» arbres de minas tirith
» Le jukebox de Minas Tirith
» Effectif PJ de l'armée de Minas Tirith - sujet HRP
» Isengard vs Minas Tirith

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Bienvenue à Minas Tirith ! :: - Minas Tirith et Gondor - :: Les Ruelles du Premier Cercle-
Sauter vers: