Deuxième Cible

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Nârwel Rusk-Iâr
Agent de l'Arbre Blanc
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~ GRIMOIRE ~
- -: Homme de Gondor
- -: 57 ans Grisonnant
- -:

Lun 21 Sep 2009 - 22:58
Le tonnerre grondait alors que la pluie battante cinglait le pavé derrière les murailles. Ce serait une nouvelle nuit de violence et de racket. Car derrières les splendides portes de la cité, vestige de l'honneur effacé, se cachait une garnison corrompue, fourbe. Les armures étaient celle des hommes d'Albyor, mais ces derniers gisaient au fond des douves. Ces écervelés mal rasés avait la caboche remplie de toutes ces connerie melkorites. Rhûn allait bien mal pour accepter l'affiche de ses sots.

"Tssss..." fit-il avant de cracher copieusement dans la boue.

Il détourna finalement le regard de la muraille. Le Rat se glissa dans une ruelle étroite, parallèle à la Grande Coulée qui venait des portes de la Cité. Même en ces temps sombre et mauvais, il y avait foule. Il y a toujours foule sur cet axe. Les puants comme les clinquants, marchands et voleurs, pauvres et riches, meurtriers et soldats. Ralya marchait le coeur serré depuis que sa longue épée ne battait plus sa cuisse. C'était une partie de lui même qu'on lui avait arraché, même s'il l'avait lui même laisser aux flots. Un geste simple, et pourtant si difficile. Car ce manque était l'image de sa vie détruite. Ce manque, comblé fugacement par ce sentiment d'extase, de puissance, tel un orgasme. Le plaisir de tuer, un pas de plus sur sa vengeance.

Rien que de penser à cet instant l'excitait. Un frisson qui parcourt le dos, toute la peau qui devient si sensible, chaque odeur respirée, le moindre son perçut, la blanche lumière des éclairs éclairant la cité.

Les yeux fermés le nez en avant, les yeux dans les cieux, Ralya tournait sa dague sous ses fripes. Le coeur vide, s'il avait encore eu la moindre humanité, milles larmes auraient coulé. Mais un rire nerveux, instable, insoutenable, explosa dans son âme. Chaque sanglot suivait une lumière. Et le rire se faisait tonnerre. L'eau coulait sur lui, lavant le sang qu'il n'avait pas encore sur les mains.

"Le paradis me nargue..." dit-il, dévisageant l'éclatante blancheur d'une cité éloignée qui déchirait le ciel.

Les sens en alerte, savourant le plus infime moment, le Rat s'avança vers le poste de garde où le voyageur, qu'il soit citoyen ou étranger, payait le passage des portes d'un lourd tributs. Il y avait trois gardes et un collecteur. Ralya n'eut même pas besoin de lever la tête vers les remparts pour voir quelles étaient désertes. Ces soudards buvaient et violaient une innocente dans ce qui fut une salle de garde, ses cris déchiraient la nuit. Une place d'honneur pour un crime abjecte et malsain. D'un sourire, le Rat se promit de glisser la peur dans leur nuits.

Il s'avança vers le premier garde qui leva la main pour le stopper.

"Halte là l'bouseu!"

La dague plongea dans son aisselle, évitant les vieilles plaques de métal noir. L'homme ne cria pas et s'écroula, roulant vers une demeure digne de lui, une fosse commune. Prit de stupeur le collecteur tomba de sa chaise s'écroulant en arrière tandis que les deux autres vaillants et très preux imbéciles se jetèrent sur cette silhouette aussi puante qu'obscure. Aucun son ne sortit de leurs gorges, si ce n'est les gargouillement qui s'échappaient de leurs corps ouverts.

"Par Melkor, laissez-moi! Me tuez pas!"

"Trop tard, Albyor est déjà morte."

Le Rat se jeta sur cette proie facile, apeurée, impuissante. De sa main crasseuse il s'empara d'une bourse d'or où des dizaines de pièces frétillaient. Coupant le lacet qui nouait la toile, Ralya fourra l'impôt perçut dans la gorge du malheureux, mais fidèle, melkorite. Et quand le métal se glissa jusque dans les entrailles de ce corps qui respirait encore, le Rat libéra ses forces et perça sauvagement ce qui restait du collecteur.

La vie abandonnait l'homme sous Ralya, et avant que la lueur sacrée s'efface des yeux bientôt morts, le Rat avança son visage dans la dernière lumière que sa victime verrait jamais.

"Trop tard, Albyor est déjà morte. Je suis sont vengeur."

Comme foudroyé, Ralya savoura cette passion viscérale qui comblait son coeur, tel la meilleur des drogues, sa vengeance s'accomplissait. Il se relava péniblement, saoul du sang de Melkor qui sécherait jusqu'à la fin. La foule le dévisageait avec crainte et admiration. Ils s'écartaient un peu plus quand son regard, caché sous son capuchon miteux, les observait. Aucun ne cria à l'aide, et bientôt tous tournèrent les talons.

Sur la palissade du poste de garde, sa dague marqua le mur pour de bon. Deux grandes entailles s'étiraient au dessus des cadavres. Le Rat disparu dans les ténèbres, rigolant péniblement pour sa ville. Cette ville perdue.
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Hadhod Croix-de-Fer
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~ GRIMOIRE ~
- -: Nain de la Maison des Sigin-tarâg.
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Dim 27 Sep 2009 - 9:46
L'aube. Eodroc et son stagiaire, le jeune Djihac descendaient d'un pas lent et sans entrain les ruelles d'Albyor la Noire, direction les portes et le poste de garde. Le premier maugréait pour lui-même contre la bêtise des supérieurs, qui l'envoyaient aux premières heures de son service enquêter sur un nouveau meurtre, et ce alors qu'il pleuvait comme vache qui pisse. Le deuxième redoutait de contempler encore une fois un affreux spectacle, l'autre partie de son esprit lui indiquant toutefois qu'il devrait s'habituer à ce genre de chose s'il souhaitait rester dans la garde.

Après plusieurs dizaines de minutes, il arrivèrent près du lieu en question, trempés et frigorifiés. Entrant dans le petit baraquement, ils comprirent pourquoi l'affaire était si urgente: ce n'était pas un, mais quatre individus qui avaient trépassé. Un collecteur melkorite, et trois gardes censés le protéger. Le sentiment d'Eodroc était partagé entre l'admiration et la colère. L'admiration, car il admirait tout homme qui avait assez de courage pour s'en prendre aux membres de cet ordre. De la colère car les trois gardes ne faisaient que leur métier, obligés de servir cet affreux personnage quoi qu'ils en pensent.

Tentant par tous les moyens de ne pas écouter les lamentations de son apprenti et ne prenant pas même la peine de lui ordonner le silence, il essaya de conjecturer sur la nature et les buts de l'assassin...

"Apparemment, dit-il pour lui-même plus que pour son collègue, les deux meurtre sont liés. Celui de l'autre jour et celui d'aujourd'hui..."

Il leva la tête au-dessus des corps, et aperçut les deux entailles, double conforme de celle qu'il avait identifié au port. Le tueur comptait ses cibles, de peur que les enquêteurs en perdent bientôt le compte, sans doute...

"Oui, ils sont liés. Alors quel but? Cela me semble simple, tuer tous... ceux-là."

Eodroc n'osait prononcer le mot "melkorite", pas si près de leur fief, pas avec ce sourire non dissimulé sur le visage.

"Et s'il veut les éliminer, c'est qu'il n'a plus rien a perdre, c'est qu'ils lui ont tout pris, c'est qu'il a été rayé de la société."

Une pensée germa en lui. Une pensée étrange, incroyable, et pourtant possible. Est-ce que ça aurait pu être lui, le meurtrier? Il n'avait aucune preuve, aucun détail qui aurait pu corroborer cette thèse, pourtant, il lui semblait avoir connu une personne qui avait disparu de toute connaissance, qui avait justement été rayée de la société, dont il n'avait plus eu de nouvelles, dont le lieu de vie avait été détruit, dégradé, corrompu par cette engeance.

* Si c'est bien lui,
pensa-t-il, je regrette le jour où je l'ai traité de rat. *

Il fallait qu'il retrouve cette personne, qu'il réussisse à l'approcher, non pas pour l'arrêter, mais pour la mettre en garde: elle ne pourrait pas se cacher éternellement, si ces agissements se poursuivaient, Osbern rallierait tous ses effectifs pour une chasse à l'homme.

"Rapport..."




The Half Cop
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