Erestor de Sybrondìl [Achevée]

Aller en bas 
Erestor De Sybrondìl
Conseiller du Roy de Gondor - Marquis de Nendor
Erestor De Sybrondìl

Nombre de messages : 10
Age : 24

~ GRIMOIRE ~
- -: Humain, Descendant de Nùmenor
- -:
- -:

Erestor de Sybrondìl [Achevée] Empty
Erestor de Sybrondìl [Achevée] EmptyVen 20 Nov 2009 - 12:07
Nom/Prénom : Erestor Maximilien Philippe Augustin d'Aurore de Sybrondìl
Âge : 45 ans
Sexe : Masculin
Race : Humain, descendant de Nùmenor
Particularités : Il est touche-à-tout. Architecte, Musicien, Barde, Astronome, Navigateur et Erudit. Sa lignée est descendante d'une grande lignée de Nùmenor. Ses mœurs sont relativement peu communes étant donné qu'il a un certain penchant pour les hommes.

Alignement : Bon
Rôle : Si possible Conseiller de Méphisto ou Ministre de [Quelque Chose], sinon Noble avec le titre de Marquis, si possible encore une fois.

Équipement :
Erestor a toujours sur lui le glaive de son père et ancêtre. Par ailleurs, il a à annulaire gauche la chevalière de son fief et à son index droit la Bague de Chancelier du Roy, un anneau d'argent massif serti d'une gemme rougeoyante et profonde. Par ailleurs, son collier d'or reflète sa fonction de Conseiller et il ne le quitte bien évidemment jamais.

Description physique :
Azûlmano est un Homme exemplaire, tant par son esprit que par son apparence. L'on dit de lui qu'il reflète la majesté de ses propres terres et que ses traits semblent encore trahir ses ascendances Nùmenoréennes.
Erestor est quelqu'un de svelte et élancé. Il est relativement grand et grâce à ses entraînements, reste musclé au possible.
Ses années passées à l'Académie Militaire firent de lui une personne de stature imposante. Néanmoins, il a hérité des traits fins et de la silhouette mince de sa défunte mère.
Ses cheveux bruns sont longs et ondulés, voire même légèrement bouclés tandis qu'il a quelques mèches blondes et rousses, dernier héritage physique de sa défunte mère.
Son visage décrit un parfait ovale, et son blanchâtre contraste légèrement avec ses cheveux d'un noir de jais.
Lors des cérémonies officielles il porte sa tenue de Conseiller, longue tunique de velours d'un rouge écarlate sur laquelle il revêt une veste tout aussi rougeoyante tandis qu'il arbore un long et massif collier d'or. C'est d'ailleurs lui qui introduisit cet uniforme parmi la Cour et les Conseillers. Ainsi vêtu, il reflète une majesté et une austérité propres aux coutumes du Gondor, respirant la discipline et l'ordre. Cela dit, il porte aussi d'autres costumes tout aussi impressionnants. Beaucoup de ses costumes sont d'un indigo profond ou d'un lapis éclatant. Les tissus qu'ils préfèrent sont sans doute le velours et la soie. Mais il apprécie aussi les fourrures, qu'elles soient d'hermines ou de castors. Chacune de ses apparitions est un spectacle pour les yeux tant ses tenues sont époustouflantes et pour cela il voyage souvent vers les autres contrées d'Endor afin de délivrer les messages du Roy aux autres nations tout en exposant la gloire du Gondor à travers son apparence et son élocution.
C'est un jeune homme très coquet, faisant attention à son apparence. Il se vêtit des vêtements les plus somptueux, de soie ou de satin, de velours ou de taffetas.
C'est sans nul doute cette coquetterie qui lui valut cette réputation d'homme-femme, d'hermaphrodite dont les penchants amoureux laissent à désirer.
Cependant, bien qu'il prenne soin de lui, il a horreur de la perruque poudrée, et de la poudre de riz dont se couvrent les aristocrates, bien que portant une perruque blanche en uniforme de Commandant, il n'en soit pas moins séduisant.
Par ailleurs, il aime porter des vêtements de couleurs chatoyantes. Souvent il est vêtu de longues robes écarlates ou pourpres, ou de tuniques bleutées ou violacées.
En outre, lorsqu'il se rend aux temples, il est souvent vêtu d'habits aux reflets moirés de velours. Cela n'empêche pas qu'il se plait à porter de longs vêtements blancs, et lorsqu'il se rend à la Cour et que la brume descend sur Minas Tirith, il arrive que l'on aperçoive de lui qu'un spectre hâve au reflet et à l'aura liliaux.
Rarement porte t-il du Noir, couleur du Désespoir, du Chaos, de la Mort et de la Discorde, préférant le pourpre ou l'écarlate.
Souvent, il porte un béret aux couleurs chaudes et exotiques, ou encore de longs et amples chapeaux à plumes blanches ou mauves.
Sa couleur favorite reste néanmoins le pourpre. D'ailleurs, l'image la plus connue que l'on ait de lui est celle de l'enterrement de ses parents, vêtu d'une longue robe pourpre, par-dessus laquelle il portait un manteau d'hermine écarlate.


Description mentale :
Erestor est un homme jeune qui a acquis le pouvoir par hérédité. Son éducation fit de lui une personne très narquoise, arrogante et imbue d'elle-même. Depuis 27 ans qu'il acquit le titre de Marquis, il s'est perfectionné dans l'art de la rhétorique, et demeure un maître parleur.Il reste en lui-même quelqu'un de charitable, de doux et de généreux. Il est cependant très sage et cultivé, ce qui le rend peut être aussi hautain, et se rend souvent à la Cour. Beaucoup de personnes à travers le Royaume requièrent ses conseils avisés, aussi bien en diplomatie qu'en bataille. Il réfléchit énormément avant de parler, et ses paroles ne sont pas à prendre à la légère, car Erestor est loin d'être quelqu'un d'hypocrite ou de fougueux, lâchant les mots tels qu'ils arrivent à sa pensée.
Son attitude lui valut une réputation d'être quelqu'un de sournois et de fourbe, ce qu'il sait naturellement, et il est passé maître dans l'art de la manipulation, car le pouvoir ne pourrait se résumer qu'en ce mot.
Il sait que pour garder son Sceptre, il devra faire preuve de malignité et de prudence. Cependant, il se montre très souvent en public, et est très proche du Duc de Solaria, ainsi que du Comte d'Arétria, avec qui il est rieur et souriant.
Mais en dehors de la Cour, il est relativement narquois. C'est sûrement cette singularité de caractère qui s'est tournée en grandeur. Néanmoins, il accorde un profond respect à la religion, et tous l'admirent pour sa piété. C'est aussi pour cela que son peuple le respecte et ne le craint pas, car il est dit que lorsqu'il entre dans une église, il se sent obligé d'ôter son chapeau ou sa coiffe, toute veste ou capuchon dont il pourrait être vêtu, ainsi que de confier ses armes à un écuyer situé à l'extérieur de l'église. Il est généreux envers les mendiants et sait faire preuve d'humilité au dehors du monde pompeux et mondain de la Cour.
Bien que n'aimant pas réellement le monde superficiel de la Cour de Minas Tirith, Erestor prend soin de sa personne, et est quelque peu maniéré. Beaucoup de personnes voudraient le voir mort à cause de ces manières, selon eux, trop aristocrates, car selon les ragots de la populace, il aurait ordonné à un de ses soldats de mettre sa cape de velours sur une flaque de boue pour que ses chausses ne soient point souillées.
Erestor est par ailleurs une personne qui s'instruit énormément, voulant paraître à la hauteur de son rang, voire même plus. Il est instruit sur l'art de la guerre et de la diplomatie et à fait par le passé un voyage diplomatique en compagnie d'un ambassadeur des Hommes, afin d'en acquérir l'éloquence. Bien qu'il ait beaucoup de défauts et soit quelqu'un de méprisable, il rattrape ses défauts par son incroyable connaissance de l'Histoire, de la rhétorique, par son éloquence naturelle et par son attrait particulier à la poésie et à la harpe. Il est artiste dans l'âme, écrivain, peintre et musicien à la fois, son château regorge d'instruments en tous genres, et il est réputé pour organiser de somptueux bals lorsqu'il reçoit ses proches ou des membres de la Cour. Ayant un goût prononcé pour l'art, il s'efforce de le transmettre à ses ouailles. C'est aussi c'est amour des belles choses et ses connaissances en architecture qui firent de lui l'architecte de sa Cité. Alors que les villes des baronnies et comtés environnants sont encore ancrés dans une période sombre et sont toutes de pierres grises bâties, la sienne blanchoie de milles feux sous l'éclat doré du Soleil. Il dépensa énormément de souverains dans l'érection de ce havre de beauté, planté de tilleuls et de bouleaux. En somme, bien qu'étant très jeune, il est réservé à un avenir brillant dans le domaine sauvage et dangereux de la Cour.
Erestor, après avoir étudié longuement, est aussi un grand philosophe et aime à prendre du temps pour étudier les mœurs de son temps, enfermé dans sa bibliothèque. Il décrit la société aristocrate telle qu'elle est, et tente au mieux de décrire celle des basses classes de la population. Souvent, il se penche sur de vieux écrits d'érudits morts depuis des siècles, ou voyage vers Fondcombe et les Mithlond et emprunte des manuscrits Elfiques pour les étudier. Il arrive qu'il s'absente plusieurs semaines entières du Royaume des Humains, seulement pour lire et comprendre les textes des plus sages êtres de ce monde. Philologue de renom, il s'efforce à apprendre les dialectes de toutes races, avec plus ou moins de succès. Pieux qu'il est, il se penche aussi sur la théologie et malgré son jeune âge, il ne s'aventure que peu vers les femmes, car en effet, la rumeur court parmi les aristocrates qu'Erestor serait un jeune homme hermaphrodite, et serait aussi bien intéressé par les hommes que par les femmes. Malgré toutes ces études, il n'en reste pas moins épicurien, et se plait à organiser de grands bals et de grands festins, ainsi qu'à aller au théâtre ou à l'odeum afin de se divertir.

Histoire :
Erestor naquit en une froide journée d'automne, en Gondor, de l'union de deux parents Humains. Son père, le Marquis Ifchêl avait alors 51 ans et était destiné à mourir dans les décennies à venir. Sa mère, la Marquise Aleandra, quant à elle n'avait qu'une quarantaine d'années, mais elle aussi était destinée à mourir jeune.
Lorsque leur enfant naquit, ils décidèrent de se hâter vers Fondcombe, afin de lui trouver un précepteur digne de lui apprendre toutes les bases d'un homme aristocrate de bonne famille. Son précepteur, Elenion Alcarinqua le fit entrer dans un des forts au cœur du Gondor, non loin de la frontière de l'Ithilien. Erestor ne pourrait en sortir qu'à ses 17 ans, une fois qu'il aurait apprit le maniement des armes. Lorsqu'Elenion s'en alla par le chemin de terre et que les herses du fort se fermèrent, Erestor sentit que ces 10 années en ces lieux ne seraient guère des plus simples.
Bien que d'ascendance Elfique, nul traitement de faveur ne lui fut offert. Rares étaient les jeunes fils de nobles à entrer dans le fort, la plupart étant entraînés par leurs maîtres d'armes. Un soldat le conduit à sa cellule, située dans la caserne, la fenêtre tournée vers le Sud. Elle était en bien des points différente de celle qu'il avait au château.
L'air y était humide, les murs suintants.
Elle était seulement meublée d'un lit de camp et d'un miroir poussiéreux.
Il s'avança et s'y regarda. Ses chausses brunâtres pleines de boue, le dos courbé, les cheveux détrempés par la pluie qui tombait. Il se redressa alors, rabattant ses cheveux en arrière, gardant ses chaussures, tant le sol était froid.
De sa manche, il enleva la couche de poussière du miroir, et de ses mains il arracha les toiles d'araignées qui y étaient filées.
Dans le couloir résonnaient le bruit de pas. Le bruit d'une cotte de mailles se heurtant à des jambières d'acier. Restant statique, Erestor vit dans le miroir le reflet du Capitaine qui le prendrait en charge.
L'homme quadragénaire s'avança alors de lui et lui demanda:

"Que fixes-tu comme cela jeune garçon?"
"Un Prince, Monsieur. Souvenez-vous de ce jour, car lorsque le temps aura fait de vous un vieillard à trois pattes, et que vous ne serez à même de tenir une épée et de porter un si lourd haubert, vous pourrez dire que vous connûtes en sa jeunesse, le Marquis de!"

A cela, le Capitaine sourit. Il demanda alors à sa recrue si elle souhaitait quelques choses afin de distraire son esprit, et Erestor requêta une plume et du papier, ainsi qu'une vingtaine d'ouvrages divers, de philosophes, de théologiens, de sénéchaux et une lyre.
Le Capitaine ne comprit pas réellement, car il se souvenait qu'à 7 ans il n'aimait que s'amuser sous la pluie ou avec quelques jouets. Mais il discerna en Erestor une sorte de détermination, de volonté et de sagesse qui lui firent accepter sa demande.
Le tonnerre grondait dehors, et bien qu'Erestor ait froid, il ne se permettait pas de grelotter.
Sa nouvelle vie débutait, et il avait son regard pétillant tourné vers l'avenir.
Deux semaines plus tard, avec le ravitaillement en victuailles vinrent les ouvrages et la lyre demandés par Erestor. Ces œuvres étaient celles de grands philosophes et penseurs de l'époque comme Alastair Bonnengard qui critiquait les mœurs des Humains de l'époque, ou Aleran de Begriffon, qui critiquait les Rois et leurs régimes. Des ouvrages d'auteurs Elfiques qui étaient connus pour la beauté de leurs écrits, mettant en scène dans leurs romans des personnages tentant de lutter contre leur destinée ou tentant pour certain d'y échapper. Le plus célèbre d'entre eux était sans doute Arinquë Calerìna, dont le héros finissait par se donner la mort à cause de l'amour non réciproque qu'il éprouvait envers une Humaine.
Tous de grands auteurs, pour la plupart trop compliqués à lire et à comprendre pour des hommes quadragénaires, et à 7 ans, il les dévorait déjà, passant d'un Bonnengard aux œuvres de stratégie militaire de grands maréchaux tels que le Maréchal de Gallibertaor, dont les tactiques militaires étaient réputées sans failles. Il apprenait aux aurores à pincer la corde d'un arc, et au crépuscule à pincer celles d'une harpe dorée. Il ne dormait quasiment pas et le midi au déjeuner, il avalait avec rapidité sa ration afin de pouvoir aller se promener au village en contrebas de la colline, dessinant les façades des maisons, grimpant aux corniches afin de les dessiner, un livre à la main, qu'il lisait dans la cour du fortin, adossé à un mur.
Il était très solitaire, et cyclothymique. Il ne se mêlait que très peu aux autres recrues et aux soldats, qui se riaient de lui car il était chétif ou qu'il lisait beaucoup trop. Beaucoup disaient qu'il ne ferait rien un livre à la main, et que c'est avec une épée qu'il pourrait se défendre.
Accablé par ces reproches, il allait souvent lire sous le Grand Orme, planté au cœur de la place du marché du bourg adjacent au fort.
Là-bas il était au calme, et lisait, bercé par le seul son des chants des rouges-gorges et des hirondelles. Coincé entre les lourdes racines de l'être pluri-centenaire, il lui racontait ses aventures, ses courses dans les hautes herbes et ses malheurs, car il voyait en cet arbre un gouffre à secret, un confident, le seul être plus sage que quiconque dans ces contrées car il avait vu tous les ravages de la passion et de la jalousie, de la haine et de la guerre.
Au lendemain de ses 8 ans, avec l'automne arriva un visiteur inattendu. Alors qu'il pleuvait énormément à l'extérieur, et que les chemins de terre s'étaient transformés en torrents de boue, le Capitaine alla dans la cour et fit ouvrir la herse. Un carrosse noir comme la nuit débarqua aussitôt et de celui-ci descendit d'abord un page, en livrée noir et or.
Le laquais ouvrit un parapluie, ainsi que la porte de la berline. C'est alors que descendit son maitre, vêtu d'un manteau de cuir bleu-nuit et d'un chapeau noir à plumes blanches.
Erestor tentait de voir le visage de ce personnage mystérieux dont les chaussures étaient à lacets rouge carmin. C'était en effet étrange que de voir un noble portant des chaussures à lacets, mais leur couleur en dît longuement sur qui les portait.
En effet, le philosophe Bonnengard était connu pour ses lacets rouges, qui étaient pour l'aristocratie et la bourgeoisie, une excentricité non négligeable.
Lorsqu'il retira son chapeau, Erestor n'avait plus aucun doute. Cet homme était bien Alastair Bonnegard, mais que pouvait-il venir faire en ces lieux reculés par un temps si exécrable et en une heure si tardive?
Le philosophe se retira avec le Capitaine et ils allèrent discuter autour d'une pinte de bière.
Erestor rôdait dans les parages, tentant d'écouter ce que les deux hommes se racontaient.
Mais il n'entendit rien. Alors, le lendemain après midi, alors qu'Erestor s'était encore échappé pour aller lire une des œuvres de son écrivain favori, il advint que celui-ci se présenta face à lui.
Ne voyant que ses lacets, il leva la tête et Alastair dit alors:

"Le Capitaine mon ami m'a dit qu'il avait une très jeune recrue qui semblait être passionnée par mes écrits."
"Et il a raison, dit Erestor, se dépoussiérant les jambes et les manches.
Je me nomme Erestor et je ne parviens à trouver la paix qu'en lisant vos œuvres."
"Comment, si jeune que tu es, peux-tu comprendre le sens de mes écrits. Ne sont-ce pour toi que des enchaînements de mots compliqués dont tu ne comprends le sens? A ton âge tu devrait plutôt être occupé à te questionner sur l'origine du Soleil."
"Vous êtes bien ignorant pour un philosophe. Vous qui vous amusez longuement à critiquer l'ignorance des Humains et leur manque de culture. Vous qui critiquez les Hommes car ils ne sont que peu tolérants et que dès que la Lune se lève dans le firmament étoilé de la Nuit, les rires des ivrognes retentissent dans les rues. Vous qui, durant 4 chapitres, dépeignez la société bourgeoise comme étant le rejeton bâtard de la Haute Noblesse, vous ne pouvez donc point discerner en moi cette obstination et cette vivacité d'esprit qui font que je suis bien différent de la plupart de ces enfants puériles qui s'amusent à se taper dessus avec des bâtons de santal?"

Bonnengard sourit aux propos de l'enfant-adulte. Il l'invita alors à aller se promener dans les prés environnants afin de parler du monde et des aristocrates faisant la cour au Roi tels des paons déroulant leurs atours devant un public désintéressé. Plus la conversation allait, plus les deux individus se comprenaient mutuellement.

"Mais que faites-vous ici? Demanda alors Erestor"
"Je viens rendre visite à mon filleul et neveu, qui a préféré l'épée à la plume, répondit Alastair. "Mais toi qui aimes la littérature, pourquoi viens-tu donc dans ce fort?"
"A vrai dire, je n'ai pas décidé d'y aller. Mon père m'a confié à un précepteur et lui a conseillé de me placer ici afin que j'apprenne l'art de la guerre, car selon lui un futur Roi digne de ce nom se doit de savoir répandre le sang"
"Il n'y a pas à savoir combattre pour savoir faire la guerre, car la plus grande des victoires est celle où l'ennemi se rend à la vue de vos armes et que vous n'ayez à verser la moindre goutte de sang."
"Seulement, Endor n'est pas peuplée de philosophes et beaucoup sous-estiment le pouvoir de la parole, et les Hommes en particulier préfèrent trancher par l'épée que par la sagesse."
"Vois-tu mon garçon, tu devrais demander à rejoindre les Mithlond, la Capitale du Lindon. Elle regorge de penseurs et d'artistes, si bien que la guerre et le temps semblent épargner ce havre de paix. Et surtout, elle est magnifique, bien plus belle encore que Minas Tirith. Je te conseille d'y séjourner quelques jours en compagnie de quelqu'un, car si elle éveille en toi un quelconque intérêt, ton nom sera à même de rentrer dans l'Histoire."

Erestor ne répondit point mais se contenta de sourire.
Le crépuscule tombait déjà et ils s'étaient aventurés bien loin du fort, qui n'était désormais plus qu'une maigre silhouette dans l'horizon.
Le jeune garçon devait se hâter, car une autre surprise l'attendrait à l'aube et il aurait besoin de sommeil, car il devrait être levé avant les aurores. Car en effet, un autre de ses héros allait débarquer au Fort le lendemain, afin d'inspecter la garnison.
Avec Alastair, ils allèrent manger une ration de pain et de jambon salé autour d'une table, puis le philosophe alla prendre un landau afin de rejoindre les Havres Gris, tandis qu'Erestor alla se coucher, ou plutôt, pensa toute la nuit aux dires de son nouvel ami.
Néanmoins, à l'aube, les trompes retentirent et Erestor fut prié d'enfiler son uniforme de parade. Il se dépêcha devant le miroir et revêtit sa cotte de mailles nacrée, puis revêtit par-dessus un long manteau de velours vermeille. Il enfila de hautes bottes de cuir mordorées, ainsi que des gants similaires. Il ferma sa longue veste et se peigna en vitesse, remettant simplement dans l'ordre ses cheveux en bataille. Voilà. Alors qu'il n'était qu'une recrue, il avait déjà l'allure d'un Noble de Haut Rang, d'un Marquis. Et alors qu'il commençait à se laisser aller à ses rêvasseries, la voix rauque du Capitaine le tira de ses pensées brutalement. Il entra dans sa chambre et le pria de mettre sa ceinture et son épée au fourreau pour l'arrivée de l'étrange visiteur.
En effet Erestor ne savait toujours pas qui arrivait et ne comprenait pas la nécessité de tant de préparatifs. Finalement, son Capitaine lui informa que le Maréchal Gallibertaor allait venir inspecter le fort, et Erestor sentit en lui monter une excitation intense. Scrutant le chemin serpentant dans le bourg, Erestor dit:

"Monsieur, je ne vois pas son carrosse!"
"C'est car le Maréchal n'aime guère s'attarder en prenant une voiture, il préfère chevaucher son destrier et cavaler à toute vitesse dans les rues, semant la panique parmi la population. N'avez-vous donc pas lu ses œuvres avec assez de minutie?"

Aussitôt, dans le regard d'Erestor se distingua de la colère. Evidemment qu'il avait lu les œuvres du Maréchal, mais le Maréchal n'écrivait point ses mémoires et ses loisirs dans ses ouvrages, mais ses tactiques, ses ressentis lors de la bataille. Il était bien différent des penseurs qu'il lisait plus souvent.
Puis, il vit se distinguer un nuage de poussière et un cavalier montant un destrier noir, accompagné d'une dizaine de gardes portant la Bannière des Elfes. Il ne pouvait pas rester en place alors que ses camarades se tenaient dans l'allée, hiératiques, comme les effigies de pierre des Rois d'Antan.
Aussitôt débarqua le Maréchal. Il débarqua dans la cour du fort, et tous les soldats présentèrent leurs armes. Il se hâta alors vers le Capitaine, vêtu de son uniforme, une longue veste pourpre tirant vers le violet sombre, brodée d'or sur les coutures, et aux boutons de vermeil.
Ils parlèrent tous deux pendant une vingtaine de minutes, et les enfants pouvaient retourner vaquer à leurs occupations, mais Erestor quant à lui, alla se caler entre deux racines du Grand Orme et sorti un autre livre du Maréchal, L'Art de la Stratégie, et le lut. Il se sentait comme abandonné par le Capitaine et alors que les soldats riaient encore de lui, il s'échappa dans la bourgade et lut un livre.
Finalement, alors qu'il commençait à rêvasser, le Maréchal vint furtivement à son côté et lui dit:

"Ah ne sature pas ton esprit de tant d'idioties. J'étais jeune et intrépide à cet âge là. Désormais je te conseillerais plutôt de ne mener une charge de cavalerie, que depuis la Tente de Commandement."

"Mais un Capitaine se doit toujours d'être auprès de ses hommes, car son charisme rejaillit sur eux, et bien que leurs esprits soient faibles et dénués de culture, votre présence, bien que ne rendant pas leur esprit plus lumineux, rendra leurs bras droit plus fort, et leur cœur plus vaillant. Répondit Erestor"

"Eh bien, jamais je n'aurais cru recevoir de leçons de commandement d'un jeune enfant plein de vie. Dit alors le Maréchal en rigolant.
Ecoute, je suis ici pour une journée, alors pourquoi n'en profitons-nous en point pour apprendre à diriger un groupe de soldats?"

Erestor ferma son livre brutalement et le laissa tomber dans les bras de l'arbre qui pleurait du départ de son unique ami.
Se hâtant vers le milieu de la grande cour, Erestor se tenait aux côtés de son idole, le Maréchal.
Aujourd'hui allait se dérouler sa première expérience de commandement. Pour cela, des groupes étaient formés. Erestor serait à la tête de douze personnes, dont son ami, une autre recrue. Le groupe adverse était composé de vingt-six soldats, dirigés par un sous-officier.
Pour cela, on les mena sur un grand terrain, non loin du fort. Deux drapeaux. Erestor devait récupérer celui de ses ennemis, tandis que ses ennemis devaient protéger le leur. La clé de ce terrain était l'embuscade et Erestor se munit alors d'un arc. Il disposa ses camarades comme s'il était à la tête d'un détachement de soldats.
"Toi ici, toi là bas. Nous comme ceci". Et les soldats qui le narguaient, eux-mêmes ne pouvaient contester ses ordres. Pour eux ce n'était qu'un vulgaire entraînement, mais pour Erestor, c'était bien plus. C'était sa première bataille. Sa première victoire, ou défaite.
Il usa de stratégie pour réussir, et se recouvrit de feuilles. Il était aussi visible qu'un buisson ne l'est dans un maquis. Alors, il bougeait, anéantissant ses ennemis en utilisant l'arc ou le couteau. A distance ou par derrière, il les anéantissait un par un, dans le plus discret des silences, et attiraient les autres en criant afin de les mener droit dans une embuscade. Finalement, cette bataille se détermina par une victoire décisive d'Erestor.
Il prit la bannière de l'ennemi, et planta la sienne à la place, fièrement, criant "A nous la victoire!", puis il alla aux pieds du Maréchal et lui livra la Bannière de "l'ennemi".
Le Maréchal dit alors:

"Voilà ce à quoi on reconnaît un bon Général. Aucun soldat de perdu, le goût de la victoire, et la mine impassible qu'il a en rendant les bannières capturées."

Et là non plus Erestor ne sourit point, bien qu'en lui il sautait de joie, mais il restait de marbre.
Mais le Maréchal dut lui aussi partir. Après son départ s'enchaînèrent les années, et les passages de grade. De Second il passa à Premier, de Sous-officier à Officier. D'une petite veste rougeâtre, il passe à une longue veste de velours écarlate, de coutures déchirées, il passa à des coutures brodées d'argent. De boutons de tissu, il passa à des boutons de cuivres, mais il n'attendait que le jour il pourrait revêtir l'Uniforme de Vermeil, celui du Doyen, accordé aux Généraux.
Il avait déjà 15 ans et l'heure de son départ approchait. Il ne lui restait en effet plus que deux ans avant de pouvoir quitter le fort avec des connaissances de Capitaine et sa médaille. Il n'aurait certes pas l'Uniforme de Vermeil, mais aurait tout de même des boutons d'argent, et des bottes de cuir ciré. Il aurait un sabre dont le manche serait recouvert de fines couches d'or.
Mais il avait que 15 ans encore, et cette année était différente. En effet, cette année il aurait le droit d'aller revoir Elenion afin de préparer son futur.
Cette année, Erestor allait quitter le fort pour longtemps, mais il ne verrait point ses parents, non, il ne verrait qu'Elenion.
Mais cela ne le chagrina point. On lui proposa d'abord de l'y mener en fiacre, mais il refusa, et enfourcha un destrier fougueux et partit au galop vers Mithlond, là où Bonnengard lui conseilla d'aller. Il y retrouva Elenion dans un café de philosophes, mais avant même qu'il n'ait pu dire un mot, Elenion le mena dans un parc. Là ils discutèrent de tout et de rien, et Elenion remit son avenir de Sultan de Nendor en question. Erestor hésitait, car il souhaitait revoir ses parents, mais Elenion, selon leur souhait, poussa Erestor à choisir de continuer ses études. "Pas les armes", répondit violemment Erestor.

"J'ai assez donné de combats d'arcs et d'épée. Je ne veux plus que manier un pinceau, et pincer une harpe. Je ne veux que tourner les pages des livres et étudier les stratégies de persuasion. Le pouvoir réside dans la force physique, mais aussi dans la force d'esprit n'est ce pas? Place-moi dans cette Académie de Renom, des Arts et de la Philosophie. J'y serai plus heureux que dans n'importe quelle froide caserne."

Elenion sourit et hocha la tête en signe d'accord. Dans deux hivers, le Commandant Erestor allait entrer dans l'Académie Royale des Arts et de la Philosophie.
Mais il lui restait tout de même deux longues et lentes années avant de rejoindre la prestigieuse institution. Cependant, pendant ce semestre, Erestor allait apprendre à diriger un Royaume. Encore une fois, en écoutant parler des anciens dont l'esprit était altéré par le temps. Là cependant, on l'obligea à monter dans une voiture noire, dont le bois brillant reflétait sommairement les rayons de lumière rousse venant s'y heurter. C'était l'automne, et la ville semblait être transportée en d'autres lieux. Les rues étaient couvertes d'un tapis de feuilles d'or, rehaussé par quelques éclats rougeoyants comme le feu. On le déposa devant une bâtisse massive de pierre grise, dégageant une aura singulière et pâle alors que l'automne enflammait de milles feux les demeures environnantes.
Les lourdes portes noires s'ouvrirent en un grand fracas, et laissèrent place à un hall de marbre, sinistre et froid. Serait-ce une embuscade comme celle qu'il eut tendue auparavant à ses camarades? L'attendrait-on pour le piéger? Erestor était sur ses gardes, la main au pommeau de son épée, les sens en éveil, le pas furtif et léger.
Mais finalement, du haut des escaliers arriva une personne qui lui semblait familière. Le frère du Maréchal. C'est lui qui lui apprendrait à régner. C'était un noble, un aristocrate de la Haute-Noblesse ayant été Comte durant un temps.
Il était étrangement vêtu. Une sorte de pagne d'un bleu azur qui recouvrait son corps défraîchi. Et il avait sur la tête une sorte de tricorne de taffetas orange, et il portait de nombreuses chevalières et de nombreux bracelets de fer, si bien que lorsqu'il descendit les escaliers, Erestor semblait entendre se jouer une mélodie.
Il avait une voix rocailleuse, mais en même temps si stridente. Il affichait un sourire large, laissant apparaître ses quelques dents restantes, mais malgré son apparence répugnante, il était doué dans l'art de régner, et beaucoup venaient en sa demeure pour y chercher des conseils.
Durant six mois, Erestor allait apprendre l'art de régner sur un territoire, comment gérer ses finances, et surtout les subtilités de la Cour, car le frère du Maréchal savait pertinemment qu'un jeune Prince à la Cour ferait nombre de jaloux.
Alors il lui apprit à se créer un propre monde, à se créer une vitre. Ils pourraient tous l'admirer mais ne pas le toucher. Il lui apprit à se créer une nouvelle personnalité, assez forte pour dissuader quiconque de lui chercher quelque ennui. Une personnalité attirant respect et crainte, amour et haine.
Six mois durant il apprit à façonner le visage sous lequel on le connaîtra plus tard. Il apprit à se forger un nouveau caractère, et avec lui vinrent de nouvelles exigences. L'ancien Comte lui énuméra les demandes qu'un aristocrate doit avoir, et Erestor, bien qu'étant déjà exigeant, apprit qu'il était loin d'avoir l'exigence légendaire des aristocrates. Avoir un goût fin, tout comme un odorat développé. Savoir toutes choses sur toutes, car c'est la clé dans un monde aussi féroce que celui de la Cour.
Mais ces six mois furent bien trop courts pour pouvoir apprendre l'art d'être un aristocrate, mais il aurait encore huit années dans la prestigieuse Académie des Arts et de la Philosophie. Et ce fut étrange à ses yeux qu'Elenion ne le poussa point vers une carrière militaire. Pourquoi? Pourquoi son père aurait-il accepté que son fils suive la voix de la sagesse et de la pensée? Il se posait tant de questions qu'il voulait fuir et aller en trouver les réponses, mais il ne lui restait que deux ans à servir auprès d'Ashgar de Vermillion, son Capitaine.
C'est donc le pas las et lent qu'il regagna le fort, et pour la première fois, il se retourna et regarda la ville qui désormais était frétillante, et la rue encombrée de voitures en tous genres. Les riches Nobles Humains se pavanaient sous les allées arborées de la capitale. La Vicomtesse Aelonora de Ringlo allait de parcs en parcs dans son coupé égoïste, tandis que le Baron et la Baronne des fiefs d'Anfalas se laissaient promener dans leur landau d'un bleu aussi sombre que la nuit.
La fameuse Duchesse de Lebennin, elle, allait retrouver son amant, à bord de son victoria spacieux, aussi brillant que l'or.
Erestor lui observait ces gens aux perruques poudrées s'agiter afin de tous se retrouver dans les parcs et jardins et de discuter des rumeurs de la Cour.
Finalement, il alla sur la grande place, et revit le Grand Orme, qu'il avait oublié depuis longtemps déjà.
Il s'allongeait entre ses racines épaisses et massives et, un livre à la main, s'endormit.
A son réveil, le midi était passé, et aujourd'hui était le jour d'un nouvel entraînement de stratégie. Il n'y avait rien de moins qu'un grade à la clé de cet exercice, mais cette fois, Erestor ne serait plus à la tête de dizaines de personnes, mais de cinq. Face à eux, quarante élèves, déjà plus âgés que lui. Son but était d'aller dans le château ennemi afin de libérer un des leurs qui avait été capturé. Autant dire que la mission serait ardue.
Ils auraient 3 jours pour achever leur mission. Si au bout de ces trois jours, leur allié n'était pas libéré, Erestor n'obtiendrait pas son passage de grade et il était si proche de passer Capitaine.
Il attendit alors la nuit, et donna à ses hommes un capuchon noir. Il leur donna des armures et des sandales de cuir, afin qu'ils fassent le moins de bruit possible.
La discrétion était de mise, et ils n'auraient qu'une nuit pour réussir ou ils devraient alors se ruer dans la bataille et échouer.
Erestor préféra passer par les souterrains du château et grâce à ceux-ci, il se retrouva dans la tour Nord-Est, là où étaient stockées les provisions. Un garde arriva, et discrètement, Erestor arriva derrière lui et l'anéantit. Il s'empara de son uniforme et avança alors dans les corridors froids du château.
Il était sûr de la position de leur allié. Le donjon. Il n'aurait plus qu'une seule option pour faire sortir la dizaine de gardes présente dans la salle.
Aussitôt, il donna ordre à un de ses camarades de se positionner sous la fenêtre du donjon, une corde et un grappin à la main.
Les autres allaient rejoindre le Grand Hall par les multitudes de passages secrets de la demeure, et iraient y provoquer un vacarme assourdissant afin d'attirer au moins 5 gardes en dehors du Donjon.
Tous l'écoutèrent et il se retrouva bientôt seul. Le temps lui serait compté. Il n'aurait que quelques minutes pour libérer son allié.
Il resta tapi dans l'ombre, puis il entendit un bruit d'explosion venant du Hall. Ca y est. Cela commençait. Il vit six gardes quitter la salle, et il se hâta de la rejoindre. Bondissant de l'ombre il fit preuve d'agilité et avec une dague il mit ses ennemis à terre. Il libéra le captif et le fit glisser par la corde, puis il courut vers le toit du château, là où flottait la bannière verte des Gardes. A la place, il y hissa sa propre Bannière, qu'il avait confectionnée. Une bannière pourpre sur laquelle se déployait un ange dans sa splendeur. La hissant au sommet de l'édifice, il sonna trois fois du son de son olifant.
Il avait réussi.
Erestor revint glorieux au fort, et il s'inclina devant le Capitaine, lui présentant l'oriflamme glauque de ses ennemis. Il planta sa propre bannière sur le sol sec, aux pieds d'Ashgar qui sourit.
L'homme presque quinquagénaire n'eut besoin de dire mot, car il était évident que cette mission fut un succès.
Dès le lendemain, Erestor reçut son uniforme de Capitaine.
Cette fois-ci, il avait un long manteau pourpre, aux coutures d'or toujours, mais aux boutons de bronze. Il avait de hautes bottes de cuir une fois encore, mais la différence était que sur son manteau, étaient accrochées deux médailles. Certes ses deux victoires n'étaient que celles d'une recrue, mais qu'une de 15 ans réussisse une mission que des soldats de métiers n'ont jamais réussis à accomplir faisait de cette médaille une décoration de prestige. Son sabre était encore plus fin qu'avant, et étaient gravées dans la gouttière:

"Je suis la lame de la plus éclairée des recrues. Sultan de Nendor, couronné de lauriers puisse t-il toujours demeurer."

Il reçut son grade la veille de son anniversaire. En effet, désormais Erestor avait 16 ans, et dans une année il allait quitter le fort pour en rejoindre une autre où sa seule arme serait son éloquence.
L'année de ses 16 ans ne s'avéra pas intéressante, si ce n'est qu'il enchaîna les opérations de stratégie militaire, observant quelques escarmouches entre les Hommes, et qu'il avait un profond languir pour l'extérieur.
Et bien vite arrivèrent ses 17 ans. Il se levait une dernière fois, s'habillait de son uniforme d'apparat, et allait dans la cour, avec tous les autres. Il était à la première ligne, à la cinquième colonne en partant de la droite.
Le Soleil était à son zénith et les cloches sonnaient le milieu de la journée. Il faisait une chaleur cuisante, et Capitaine se faisait attendre.
Aujourd'hui, il allait remettre à Erestor et aux autres leurs diplômes, leur octroyer leur grade, et les couronner.
Ce fut Erestor qui était le premier. Le Capitaine, arrivant pressé, le fit appeler à ses côtés. Durant quinze minutes il parla, lui faisant l'éloge de ses progrès phénoménaux. Puis, il le fit s'agenouiller, et lui posa sur la tête une couronne de lauriers blancs.
Le relevant, il le déclara officiellement Capitaine des Hommes, et lui remit sa médaille, certifiant désormais son départ.
La cérémonie dura le reste de l'après-midi, et lorsque les 18h étaient sonnées, il quitta le fort, et un fiacre noir l'attendait aux portes, Il y revit Elenion, qui lui dit qu'il ne verrait pas ses parents. Il allait être mené directement vers sa future maison.
Mais Erestor demanda pourquoi son père l'autorisa à entrer à l'Académie des Arts.
Et à cela, Elenion conta le dialogue entre le Roi et la Reine son épouse, à l'aube de ses 15 ans…
******
***
**
*

3 ans auparavant, dans le Sultanat de Nendor était en train de se décider l'avenir d'Erestor.
Alors qu'il faisait nuit noire, dans le château une lumière restait allumée.

"Jamais, dit en criant Aleandra. Jamais mon fils n'étudiera plus encore dans les armes!"
"Alors que voudrais-tu qu'il fasse Aleandra?, répondit le Sultan."
"Je ne sais guère, mais il aura étudié 10 années dans le monde de la guerre, et je ne veux pas voir mon fils être plongé dans le monde militaire alors que le monde est déjà déchiré de tant de malheurs! Rétorqua son épouse."
"Aleandra reviens à la raison! Je vieillis de semaines en semaines, si ce n'est de jours en jours. Il sera monarque dans peu de temps, il représentera notre lignée, et en tant que tel il devra étudier le domaine des armes!"
"Ifchêl de grâce, le fait qu'il devienne monarque n'exige pas qu'il guerroie! Il demeurera à la Cour, et ce monde là requiert la force de la pensée, de l'esprit et l'habileté de la langue, et pas l'habileté à manier une épée."
"Il ne restera pas à la Cour. Vois! La guerre avance et le jour viendra où il devra se défendre et mener des armées à la bataille."
"Dis-moi? Ne penses donc tu pas que 10 années d'étude dans la plus prestigieuse académie militaire des Royaumes des Hommes suffise à pouvoir se défendre? Regarde! Il est des généraux qui étudièrent durant 40 ans, et maintenant qu'ils en ont 50, ils ne parviennent point à remporter une victoire sur un champ de bataille. Si notre fils devra être un Roi, puisse t-il apprendre à se prémunir des coups bas de la société sournoise de la Cour."
"Mais Aleandra, notre enfant sera dans un fort où il apprendra à aller à la guerre, il sera un Maréchal compétent et aura l'uniforme…."
"Ce n'est pas la couleur de son uniforme qui intéressera les Nobles, coupa Aleandra, mais bien sa prestance, son langage, son élégance. Ce n'est pas la taille de son épée, qui fait d'un homme qu'il est craint, mais bien les paroles acerbes qu'il puisse rétorquer, et sa capacité à se défendre des critiques sournoises des Nobles.
Lorsque tu viendras à mourir, notre Sultanat sera en proie à la discorde et aux convoitises du Rhûn et du Dorwinion et cela ne m'étonnerait point qu'un autre Prince ou Roi, Comte ou Baron tente de s'emparer de notre Royaume."
"Voilà pourquoi il aura besoin d'étudier dans le domaine militaire Aleandra, rétorqua Ifchêl."
"S'il s'impose en tant que Roi charismatique, son arme ne sera d'aucune utilité. Dis-moi Ifchêl, tu n'as jamais eu à combattre, ni ton père et ni son père avant lui, alors pourquoi notre fils devrait-il souffrir d'un enseignement sur la guerre alors que le pouvoir des mots est bien plus destructeur que n'importe quelle lame, et bien plus pacificateur qu'un drapeau blanc."

Le Roi soupira, et ne répondit mot. Réfléchissant, il dit alors:

"Bien. Il étudiera à cette Académie que tu apprécies tant. Il faudra avertir Elenion de notre décision, qu'il ne pousse pas Erestor vers un chemin d'où il ne sortirait point..."

Ifchêl se tut, et Aleandra sourit. Le lendemain, Elenion était convoqué afin que les Monarques lui fassent part de leur choix concernant l'avenir d'Erestor.

******
***
**
*

Ainsi avait parlé Elenion, et Erestor en resta bouche bée, ne sachant que répondre.
Mais sa réponse n'avait que peu d'importance, et Elenion n'aurait pas eu le temps de l'entendre, car déjà ils étaient devant l'imposante Académie des Arts et de la Philosophie.
Elenion lui offrit sa bénédiction et celle de sa famille et le jeta brusquement hors du carrosse, le laissant devant la porte, où là encore quelqu'un l'attendait. Mais c'était une femme. Elle avait la peau hâve et les cheveux noirs de jais. Ses yeux étaient gris comme le ciel pluvieux d'un froid matin de printemps.
Elle était comme entourée d'un halo blanchâtre. Elle semblait délicate comme la rosée du matin, mais à la fois plus résistante que l'acier.
Toute de blanc et de gris vêtue, elle accueillit Erestor, qui resta bouche bée devant une telle apparition.
Il entra donc dans l'Académie, et sa vision encore une fois fut éblouie. Elle ne ressemblait en rien en son école précédente, qui était froide et austère, non, celle-ci était richement décorée. Les murs étaient ornés de fresques peignant l'histoire de l'Arnor et du Gondor, et une immense coupole de verre recouvrait le hall marbré, si bien que l'on se serait cru au Dôme des Etoiles. Au sol, une rose de grès indiquait le Septentrion, le Midi, l'Orient et l'Occident.
Cette fois ci, Erestor ne bénéficierait d'aucun traitement de faveur. Il lui faudrait prouver ses capacités avant de pouvoir avoir la chance de coucher dans une chambre relativement grande.
Cette Académie était tenue par des femmes, bien que beaucoup de professeurs fussent des hommes. Les quartiers des garçons étaient séparés de ceux des filles par la Grande Salle. Cette Grande Salle était plutôt un hall, long de 67 mètres et aussi haut. On aurait dit la nef d'un immense temple, aux nombreux vitraux colossaux. Le sol était dallé de marbre noir et blanc, et la voûte était en arc-brisés.
Erestor s'émerveilla devant un tel exemple d'architecture, un mélange de piété, de culture, de beauté et d'immensité.
On le mena à sa chambre, qu'il dut partager avec un autre garçon de son âge, mais lui aussi possédaient des traits féminins, à tel point que l'on se demandait s'il ne fût pas une fille qui avait tentée de passer dans l'autre aile.
Erestor le salua amicalement, et lui serra la main. Son camarade de chambre lui sourit alors, éblouissant Erestor de sa beauté.
Son ami lui dit se nommer Agarden Periondir.
Le Prince, alors émerveillé par la splendeur de la Doyenne, était désormais obnubilé par celle de son ami.
Il lui dit alors:

"Eh bien, jamais je n'aurais cru pouvoir ressentir tant de choses à l'égard d'un homme. Votre peau est si douce, si pâle et pourtant si dorée. Et votre chevelure semble être de soie. En vos yeux réside un scintillement que l'on ne peut estomper, un éclat singulier, un pétillement charmeur et envoûtant, et votre voix est si rassurante, si douce.
Êtes-vous réel? N'êtes-vous pas une des sculptures d'Elen Daranmir? Ou alors seriez-vous une des peintures magnifiques de Gilhart Elhïng?
Je ne sais que dire, je reste bouche bée devant votre vénusté. Ce visage si mélancolique et pourtant si joyeux…"

Il secoua alors la tête violemment et se reprenant dit:

"Oh, pardonnez-moi, il semblerait que mon esprit soit altéré par beaucoup d'émotions."

Entendant cela, Agarden rigola. Il lui dit alors:

"Ne t'inquiète pas, je dois moi aussi avouer que tu me laisse perplexe.
Cela fait des années que j'étudie en ces lieux et que je suis seul dans ma chambrée, et voilà qu'en un jour merveilleux tu arrives, emportant avec toi ta couronne d'allégresse, ton aura de gloire et ton halo de beauté.
Que dirais-je de plus, si ce n'est que c'est une chambre pour trois. J'ai fais enlever un lit et l'ai remplacé par le secrétaire que tu vois."

Erestor hocha la tête et examina la cellule. Face à la porte, il y avait une fenêtre magistrale, donnant une vue imprenable sur les jardins de la ville. A gauche de la fenêtre, il y avait le secrétaire blanc d'Agarden, couvert de papiers, de livres, de cartes et de gravures.
A droite de la fenêtre, collé au mur, il y avait le lit en nacelle d'Agarden. Des tentures crème, liliales, brodées de tissus dorés. Il était aussi beau que ne l'était celui qui l'habitait chaque soir.
A gauche de la porte, en face de la fenêtre, se situait le lit à nacelle d'Erestor, pourpre et écarlate, brodé de velours violet.
Et au centre de la pièce parquée en chevrons, un petit guéridon en bois d'acajou et au plateau en damier noir et blanc.
Les bains étaient dans une pièce commune, à quelques portes de celle de la chambre d'Erestor.
Il avait mis tous ses livres dans un coffre sculpté, il se sentait bien ici, et il y passerait bien plus de 8 ans s'il le pouvait…
Alors qu'Erestor parlait à Agarden, une cloche retentit. Erestor sursauta alors ce qui ne manqua pas d'attirer le rire de son ami.
Là où Erestor aurait lancé une réponse acerbe, il rigola aussi, tant il fut obsédé par Agarden, "dont la beauté surpassait celle des étoiles".
Agarden lui expliqua que ce n'était là que le signal du dîner.
Ils se réunirent tous dans une même salle, aussi majestueuse que la Grande Salle. D'immenses tablées étaient parallèles les unes aux autres, et au fond de la salle, la table des professeurs était surélevée sur un piédestal de roche, et leur table était perpendiculaire à toutes les autres.
Erestor prit place aux côtés d'Agarden, et toujours il se souviendra de ce moment, car il était magique. Assis au milieu de centaines d'élèves, en un lieu somptueux et chaleureux, il avait trouvé un nouvel hospice.
Les chandeliers de cuivre accrochés aux murs, les immenses lustres tombant du plafond voûté, les candélabres le long de l'allée, toutes ces lumières vacillantes selon les allés et venus des zéphyrs et des alizés offraient à cette pièce une atmosphère particulière.
Et les centaines de mets différents, de la salade à la pintade, des profiteroles aux coupes de fruits présentées dans des cornes de nacre.
Du l'eau au vin, de l'hydromel à la bière, toutes les boissons connues étaient présentes.
Et Agarden, exhalant un parfum hypnotisant, fruité et fleuri, frais et sensuel. L'on aurait cru qu'il était fait de fleurs, de lys et de lilas, d'œillets et de roses, tant il sentait un parfum attirant, que tous connaissaient mais que nul ne saurait décrire.
Pour Erestor, il n'y avait plus aucun doute. Cet homme aux allures Elfiques l'attirait. Car à ses yeux, il rayonnait telle une étoile solitaire au cœur d'un océan de noirceur.
Il était loin de cet univers misogyne de l'Académie Militaire. Car tous ici étaient des enfants de bonne maison, de bonnes familles, pour la plupart relativement maniérés, ayant un parler développé et soutenu, pouvant rivaliser avec n'importe quel orateur. Beaucoup étaient des comédiens, des poètes, des musiciens, des écrivains ou des philosophes, en herbe évidemment, et tous apprenaient le savoir-vivre et la bienséance, et c'est ce qui faisait qu'en Gondor, l'on pouvait aisément reconnaître les enfants sortis de cette prestigieuse Académie.
Erestor était là, admirant Agarden qui discutait, rigolait, mangeait.
Sans l'intervention de ce dernier, Erestor n'aurait pas touché à son souper. En effet, alors qu'Agarden parlait à ses amis de longue date, souhaitant leur présenter Erestor, il se tourna vers lui et vit qu'il n'avait pas touché à son repas. Il lui dit alors:

"Erestor, tu ferais bien de manger, car même si nous ne faisons que lire, chanter, danser et jouer, ta faim elle sera toujours plus grande."

Erestor décida de manger. Agarden lui, le présentait à ses amis:

"Eh bien, je pense qu'il est le plus à même de vous parler de lui, je ne le connais que depuis quelques heures, mais déjà je le trouve splendide, formidable, merveilleux, mais je pense que je devrais m'arrêter ou alors mon esprit sera tari de compliment et je ne saurais qu'inventer pour vanter tes mérites."
"Tout d'abord, je me nomme Erestor."
"De .. ? Erestor, le fils du Marquis Ifchêl? Coupa une des amies d'Agarden."
"Tout à fait, reprit Erestor. Je suis le fils d'Ifchêl. Je viens tout juste de sortir de mes classes à l'Académie des Armes, et j'ai été nommé Capitaine parmi les Elfes et les Hommes.
Malheureusement mon père se meurt et je vais devoir reprendre son rôle et les rênes de notre terre, et c'est pour cela que j'ai été envoyé ici, quoique je demandai à ce que l'on m'inscrive en cet établissement car j'aime la philosophie et les arts, surtout la musique, la peinture et la comédie. Je joue de la harpe depuis 10 ans, bien que je n'arrive pas à chanter juste, ce qui fait qu'à mon grand désespoir, aucune voix ne pourra accompagner mes mélodies enchanteresses."
"Mais je pourrais aisément t'accompagner, répliqua Agarden."
"C'est vrai, ajouta une de ses amies, il a une voix cristalline, angélique pourrais-je dire."

Erestor rougit, ne sachant que dire. Il partageait déjà la chambre de cet être qui lui semblait se démarquer de tous, et peut être partageraient ils leur amour des arts, de la musique et du chant. Peut être deviendraient-ils un couple aimé, adulé par tous. Erestor à La Harpe, et Agarden Au Beau Chant.
Que dire, que répondre, que penser? Erestor rougissait à mesure que le regard d'Agarden se faisait perçant, puis celui-ci s'en alla, quitta la table brusquement et fit un petit signe à Erestor pour indiquer qu'il le suive.
Erestor en fut gêné mais se leva à son tour, tandis que les filles à la table tentaient de masquer leurs petits rires et leurs gloussements aigus.
Erestor, se hâtant pour ne pas perdre Agarden de vue, fut prit par le bras, et, dans l'ombre de l'encolure d'une porte, Agarden donna un baiser fougueux à Erestor, qui, d'abord hésitant, finit par se laisser aller aux plaisirs charnels de l'amour.
Il s'écarta alors doucement d'Agarden, et gêné couru vers les bains, s'arrosa d'eau froide, puis prit un livre de philosophie et alla dans son lit.
Agarden le rejoint plusieurs dizaines de minutes plus tard.
Collant sa tête contre celle d'Erestor, il lut avec lui son œuvre, mais il était déjà 21h et ils devaient aller se laver.
Lorsqu'ils allèrent aux bains, ils virent qu'ils n'étaient pas les seuls. Afin de ne point éveiller quelque soupçon que ce fût, ils se lavèrent éloignés l'un de l'autre, et Erestor s'en alla, puis, seulement recouvert d'une serviette de lin blanc, il s'allongea dans son lit et fut rejoint par son jeune amant, qui se serra contre lui.
Seulement éclairés par la lueur de la Lune, ils finirent par s'endormir tous deux, la tête encore humide d'Erestor reposée sur le torse musclé et hâlé d'Agarden.
Le lendemain, ils furent réveillés en sursaut par la grande cloche. Ils se regardèrent et dirent:

"Le spectacle!"

En effet, un spectacle allait être préparé, chaque étudiant devant montrer ses talents à un public exigeant.
L'occasion rêvée pour les deux amants de collaborer ensemble.
Erestor descendit les escaliers avec vélocité, talonné par Agarden.
Ils se ruèrent vers la grande salle qui était munie de fauteuils de cuir et de velours, ainsi que d'estrades.
Ils se placèrent dans les coulisses, et alors qu'Agarden exerçait ses vocalises, Erestor lui, se réhabituait au contact de sa harpe.
Enfin, le temps était venu. C'était leur tour.
Le duo allait-il remporter un franc succès ou se faire huer?
Erestor prit position, à sa droite se tenait Agarden.
Lorsque le futur Roi pinça sa première corde et qu'Agarden laissa s'échapper son premier son, le Soleil vint irradier la pièce de son éclat éblouissant, et la voix douce et cristalline d'Agarden venant se mêler aux mélodies envoûtantes d'Erestor transportèrent leur public en un monde isolé de tout mal, de toute souillure, et durant l'instant d'un morceau, ils oublièrent tout les malheurs du monde.
Mais ils finirent par s'arrêter, et la lumière du Soleil s'estompa peu à peu pour redevenir cette lumière pâle qu'elle était auparavant.
Se prenant la main, Erestor et Agarden saluèrent la foule, qui s'était mise debout, applaudissant le duo magnifique qu'ils formaient.
Mais Erestor le savait. Il avait beau être un fin stratège et un artiste de génie, sa carrière était tracée et il devrait prendre la succession.
Une chose qu'il n'avait pas vue durant son interprétation, était que ses parents étaient présents.
C'était la dernière fois que ses parents le verraient. En effet son père se faisait de plus en plus malade, et sa mort serait inéluctable.
Erestor était heureux en ce jour. C'était là le début d'une nouvelle vie…
+******+
+***+

Le lendemain, aux aurores, Erestor se réveilla dans le lit d'Agarden, dénudé. Le vin et la bière qu'ils eurent bus lors de la soirée de la veille ne leur réussit point. Les draps étaient par terre et Erestor se demanda qu'il ait pu avoir fait la veille. Il paniqua énormément, mais rien. Ils furent juste tous deux turbulents durant leur nuit et ne se touchèrent point.
Il se réveilla avec une atroce migraine. "Voilà les effets de l'alcool" lui dit Agarden en rigolant.
"Nous devrions aller nous baigner dans l'étang avant que le Soleil ne se soit levé, puis nous irons nous nettoyer avant que les bains ne soient remplis de monde, ajouta Erestor."

Les deux jeunes alors enroulèrent une serviette de lin autour de leur taille et dévalèrent les escaliers de pierre de l'Académie afin d'aller sauter dans l'étang, dont l'eau était aussi limpide que de l'eau de roche.
Ils s'arrosaient l'un l'autre, échangeant des éclats de rire, se noyant l'un et l'autre. Erestor sorti nu de l'eau et tenta d'échapper à Agarden qui tentait de l'attraper. Erestor se cacha derrière un arbre, et ils coururent nus et ruisselants, autour de l'étang dont l'onde était fraîche.
Mais ils durent en sortir, car le soleil commençait à s'élever et ils ne devaient pas se faire remarquer.
Ils revêtirent leur serviette et se dépêchèrent de rejoindre les bains en silence. Faisant couler de l'eau chaude dans une baignoire de cuivre, ils s'y plongèrent et s'y détendirent longuement, quitte à s'y endormir.
Mais Erestor sortit de la baignoire, et entraîna son amant dans la chambre. Ils s'habillèrent et allèrent dans la Bibliothèque, car le Soleil s'était déjà levé et le petit déjeuner allait être servi.
Le cours de rhétorique allait commencer dans peu de temps, suivi d'un cours de philosophie, de danse, de chant et enfin de musique.
Voilà ce à quoi ses futures huit années ressembleraient…

+******+
+***+

La veille de ses 20 ans, Erestor allait passer une soirée au théâtre. Ce qu'il ne savait pas c'est que son amour caché avec Agarden était un secret de polichinelle, mais il comptait révéler son amour au grand jour, lors d'une pièce majestueuse dans la Grande Salle.
Il alla voir une comédie d'Eleanor Frigadel, une grande comédienne qui avait écrit sa propre pièce.
Durant les trois heures qu'elle dura il ne cessa de rire avec Agarden, une paire de binocles à la main, car ils étaient au balcon.
A la fin du spectacle, Agarden lui réserva une surprise.
Il monta sur la scène du théâtre et interpréta une ode à son amant Erestor.
Erestor mena Agarden à la chambre et ils passèrent tous deux une nuit sensuelle et douce. Chacun des deux perdit sa virginité et ils expérimentèrent les relations charnelles de manière maladroite.
Le lendemain, matin, Erestor se réveilla sous son amant. Il se retourna et l'embrassa afin de le réveiller, puis il se dégagea et se revêtit.
Il descendit les escaliers mais il fut appelé par la Doyenne de l'Académie.
Allant la rencontrer, celle-ci l'informa que son père était gravement malade, et que son état empirait de jours en jours, mais Erestor, bien qu'aimant son père décida de rester à l'Académie. Il ne lui restait désormais plus que quatre années avant son départ et il espérait que son père puisse aller mieux.
Après cette nouvelle, les évènements s'enchaînèrent à une vitesse fulgurante.
Lors de ses 21 ans il fut contacté par le Conservatoire de Minas Tirith afin d'interpréter une mélodie en compagnie d'Agarden. Lors de cette même année, il reçut une distinction pour Son Aide dans le Domaine de la Propagation des Arts.
Lors de ses 22 ans, il obtint une seconde distinction pour ses travaux philosophiques et ses œuvres publiées sur la société telle qu'il la voyait.
L'année de ses 23 ans, il fut l'invité d'honneur d'une grande représentation bourgeoise et aristocrate et il entra dans las ragots mondains.
L'année de ses 24 ans marqua son départ de l'Académie et son retour pour le Marquisat de Nendor. A cette occasion il demanda à Agarden de l'accompagner pour son voyage.
Il ne voulait pas laisser son amant à l'Académie, ou son cœur serait déchiré à jamais.
Il lui dit alors de l'accompagner, et qu'il vivrait aux frais du Marquisat. Agarden avait déjà acquis une profonde éducation artistique car cela faisait presque 18 ans qu'il était entré dans l'établissement.
Erestor craignait la réponse de son amant, il ne voulait pas qu'il refuse. Il était nerveux, et avait chaud. Il était au bord des larmes, de joie comme de chagrin, d'amour comme de haine.
Mais après une longue réflexion, Agarden sourit et lui adressa un long oui, l'embrassant fougueusement par la même occasion.
Cela faisait désormais trois jours qu'il avait eu ses 24 ans, et lorsqu'il s'apprêtait à quitter l'Académie, il vit Elenion dans le Hall, vêtu d'un grand capuchon noir, qui lui dit alors d'un air grave:

"Je m'excuse monsieur. Nous tentâmes de la garder en vie, mais la volonté des Déités ne peut être défaite. Il a rendu l'âme hier aux alentours du zénith.
Ses funérailles sont prévues dans 5 jours, le temps pour vous de rejoindre votre fief et d'embrasser votre mère."

Elenion s'inclina et disparut alors. Car Erestor n'était pas encore Roi, son couronnement n'ayant pas eu lieu, c'est sa mère qui demeurait la régente du territoire.
Le frère du Maréchal Gallibertaor était venu lui aussi, et allait accompagner les deux jeunes jusque le Royaume.
Pour l'instant, Erestor n'avait montré aucun signe de chagrin, de faiblesse.
Son visage était toujours crispé, figé par le souci.
Ils montèrent dans leur carrosse et furent conduits jusqu'à Dol Amroth, où ils feraient halte durant deux jours.
Durant ces deux jours, les deux amants se promenèrent paisiblement dans les jardins, et Erestor fit part de ses peurs et des ses angoisses à Agarden.
Ce dernier le rassura efficacement, l'enlaçant, le réconfortant, car s'il ne l'avait point montré jusqu'alors, Erestor laissa perler une larme de cristal sur sa joue.
Après leur halte, ils reprirent la route vers le Marquisat, mais à leur arrivée, une sinistre nouvelle les attendait encore.
Alors qu'Erestor allait dans le château pour tenter de retrouver sa mère, on lui apprit qu'elle s'était donnée la mort deux jours auparavant.
Cette fois-ci Erestor ne put contenir ses émotions et il s'effondra sur le sol boueux de l'allée, bouleversé par les évènements.
Mais l'ancien Comte le releva et lui dit alors:

"Vous ne serez Sultan que couronné. Vos défunts parents seront enterrés dans 2 jours, les funérailles ayant été retardées. Faites-vous couronner lors des funérailles mêmes."
"Seriez-vous devenu fou? Mes parents sont morts, et vous me conseillez de me proclamer Seigneur sur leur tombe!"
"Tout à fait. Si vous faites cela, nul à la Cour n'osera s'attaquer à vous et nul Homme ou Elfe ou même Orque ne pourra vous mépriser"

Erestor se contenta de partir, mais il était mitigé quant à la proposition du Comte. Finalement, un conseil d'aristocrates de la Cour lui conseilla d'accepter la proposition.
N'ayant plus le contrôle de son esprit, il accepta, et ce fut 3 jours plus tard que se célèbrent les funérailles de ses défunts parents.
Le cimetière était dallé et après une longue prière aux Dieux, il sortit du sépulcre de ses ancêtres, puis, devant le tombeau même, il s'agenouilla sur un petit tabouret de velours rouge, lui-même posé sur un tapis pourpre et or.
Les nobles l'observaient, assis sur des chaises de bois, sur le parvis devant le Tombeau des Marquis de .
Dos à la foule, le Prêtre des Valar, Elfe de haute lignée issu de l'Ouest, tint ce discours, d'une voix tremblante et nasillarde:

"Je te fais, Erestor Maximilien Philippe Augustin d'Aurore de Sybrondil, Détenteur du Sceptre des Marquis et Serviteur des Valar, Marquis de Nendor par la grâce des Divins et la volonté de Leurs Majestés Royales!"

Selon ses vœux, on posa sur sa tête, non pas un diadème lourd, mais une couronne de lauriers d'or, comme lors de sa première victoire.
Il se releva, le Sceptre d'Ivoire à la main droite, couvert d'un manteau d'hermine et de velours rouge écarlate, revêtu d'un habit vermeille brodé d'or, portant l'épée de son ancêtre au fourreau, ses cheveux dorés tombant sur ses épaules.
Il avait une traîne de plusieurs mètres de long, qui était déroulée sur les escaliers menant au tombeau.
Son couronnement sur le sépulcre des ses défunts parents causa une polémique sans nom au travers de la Cour.
Il projetait de faire rejaillir l'éclat des premiers Marquis de Nendor en faisant de la capitale du Royaume vétuste et en ruines, une cité d'éclat, un diamant scintillant au cœur des brumes blanchâtres des vallées de Gondor.
Les allées boueuses seraient pavées, et son château fort deviendrait un chef d'œuvre d'art gothique.
L'ancienne cité aux allures féodales deviendrait de pierre blanche façonnée, et les rues étroites seraient désormais de larges allées pavées, plantées de bouleaux, de tilleuls, ou d'ormes.
C'est grâce à ce projet qu'il se fit apprécier des cours de toute Endor, et ce malgré son incident quant à son couronnement, qui entraîna le bannissement du Comte Gallibertaor.
Récemment, il fut déclaré Conseiller de Gondor par le Roy Méphisto. Ses conseils avisés lui valent nombre de visites il faut l'admettre

Comment trouves-tu le forum ? : Il me parait assez bien je dois l'admettre mais je ne peux rien dire d'autre car je n'ai pas réelle
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Radamanthe
Emir de Harondor - Prince d'Ithilien
Emir de Harondor - Prince d'Ithilien
Radamanthe

Nombre de messages : 3567
Localisation : Minas Tirith

~ GRIMOIRE ~
- -: Homme de Gondor
- -: 53 ans
- -:

Erestor de Sybrondìl [Achevée] Empty
Erestor de Sybrondìl [Achevée] EmptyVen 20 Nov 2009 - 19:38
Bienvenue à toi.

Très bon style, mais je trouve ta fiche un peu courte à vrai dire.
Sur une note plus sérieuse, j'ai retrouvé quelques erreurs quand même. Je suppose que cette fiche vient d'un autre forum où tu es roi ou sultan de Nendor car il y a des références au fait d'être prince, d'avoir à diriger un royaume ou de devenir sultan à certains endroits.
D'autre part, il faudrait re-situer le territoire, il ne peut être à proximité de Rhûn et du Dorwinion si c'est une province de Gondor.

Autre remarque : le fait de tuer les gens dans les exercices et les passages de grade n'est pas très bien vu.

Finalement, je préciserais que le mode de vie et celui de la Cour en particulier est plus rustique que celui que tu décris qui fait davantage penser à la fin du Moyen-Âge. Garde tout de même ça à l'esprit dans tes prochains RPs.

Bon jeu !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Erestor De Sybrondìl
Conseiller du Roy de Gondor - Marquis de Nendor
Erestor De Sybrondìl

Nombre de messages : 10
Age : 24

~ GRIMOIRE ~
- -: Humain, Descendant de Nùmenor
- -:
- -:

Erestor de Sybrondìl [Achevée] Empty
Erestor de Sybrondìl [Achevée] EmptyVen 20 Nov 2009 - 19:56
Nan, en réalité j'avais pensé à me faire un personnage en Rhûn, en Nendor, mais j'ai préféré l'idée du Conseiller du Roi, le problème c'est que je n'ai pas eu le temps de relever toutes les incohérences qu'il restait, désolé.
Par ailleurs je n'ai pas le souvenir d'avoir tué qui que ce soit, les exercices à l'Académie étaient tous pour faux, personne n'a été tué. Le Comte a juste été banni de la cour du Marquis.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Radamanthe
Emir de Harondor - Prince d'Ithilien
Emir de Harondor - Prince d'Ithilien
Radamanthe

Nombre de messages : 3567
Localisation : Minas Tirith

~ GRIMOIRE ~
- -: Homme de Gondor
- -: 53 ans
- -:

Erestor de Sybrondìl [Achevée] Empty
Erestor de Sybrondìl [Achevée] EmptyVen 20 Nov 2009 - 20:09
Je vois.
Pour les exercices, des termes comme "anénatissait" ou je ne sais plus exactement quoi ayant en rapport avec des dagues prêtent à confusion. Si ce n'est pas l'intention, il n'y a pas de problème.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Erestor De Sybrondìl
Conseiller du Roy de Gondor - Marquis de Nendor
Erestor De Sybrondìl

Nombre de messages : 10
Age : 24

~ GRIMOIRE ~
- -: Humain, Descendant de Nùmenor
- -:
- -:

Erestor de Sybrondìl [Achevée] Empty
Erestor de Sybrondìl [Achevée] EmptyVen 20 Nov 2009 - 20:16
Voilà, si tout se passe bien c'est modifié. Pour le terme 'Prince' c'est pareil, je fais référence à la qualité d'homme illustre, de noble et non du rang de Prince tel qu'on le connaît. On disait bien "Prince des Poètes" pour parler d'Erasme. Et donc en effet, pour les batailles, ce ne sont bien évidemment que des simulâcres. Ils sont anéantis dans le sens où ils ne peuvent plus rien faire contre Erestor =)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Méphisto
Administrateur Principal
Administrateur Principal
Méphisto

Nombre de messages : 3189
Localisation : Minas Tirith, la Cité Blanche
Rôle : Souverain de Minas Tirith et de Gondor

~ GRIMOIRE ~
- -: Homme de noble lignée. Descendant d'Elessar.
- -: Age où force et sagesse se côtoient
- -:

Erestor de Sybrondìl [Achevée] Empty
Erestor de Sybrondìl [Achevée] EmptySam 21 Nov 2009 - 12:13
Ok Erestor !

Alors tu es validé et tu peux commencer le Jeu ! thumright thumleft


"Tout ce qu'il nous reste à penser, c'est décider que faire du temps qui nous est donné .."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Erestor De Sybrondìl
Conseiller du Roy de Gondor - Marquis de Nendor
Erestor De Sybrondìl

Nombre de messages : 10
Age : 24

~ GRIMOIRE ~
- -: Humain, Descendant de Nùmenor
- -:
- -:

Erestor de Sybrondìl [Achevée] Empty
Erestor de Sybrondìl [Achevée] EmptySam 21 Nov 2009 - 14:14
Merci =) Prochaine étape > Trouver un sujet de RP
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Hadhod
Seigneur de la Moria
Seigneur de la Moria
Hadhod

Nombre de messages : 3181
Age : 28

~ GRIMOIRE ~
- -: Nain de la Maison des Sigin-tarâg.
- -: 189 ans.
- -:

Erestor de Sybrondìl [Achevée] Empty
Erestor de Sybrondìl [Achevée] EmptyMar 24 Nov 2009 - 17:15
Erestor a écrit:
Prochaine étape > Trouver un sujet de RP
Je ne crois pas qu'il y ait de grands topics actuellement ouverts dans les hauts quartiers de Minas Tirith, mais si tu as une idée de Rp, il n'y a pas de problème, je suis disponible. Erestor de Sybrondìl [Achevée] Icon_wink


Erestor de Sybrondìl [Achevée] 224464Thesignature

The Half Cop
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




Erestor de Sybrondìl [Achevée] Empty
Erestor de Sybrondìl [Achevée] Empty
Revenir en haut Aller en bas
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Erestor de Sybrondìl [Achevée]
» Erestor De Sybrondìl [Baron de Sybrondil]
» Thunder Wolf [Achevée]
» Les lendemains qui déchantent – Plus de paperasse, moins de houblon [PV Harnyll]
» Anaëlle Wil'Kedira (achevée)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Bienvenue à Minas Tirith ! :: - Communauté - :: Registres :: Créer Vos Personnages-
Sauter vers: