De l'eau a coulé sous les ponts.

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Sombre-Chêne
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Mar 29 Déc 2009 - 23:59
Retour aux sources. Une route, un ruisseau, un gué.

C'était là que tout avait commencé, trente ans plus tôt. Ou peut-être Trente-cinq, ou quarante. Il ne savait plus très bien. Non, il savait. Il n'était pas encore gâteux. Mais il fallait compter. Il n'avait pas envie. Là, maintenant, c'était trop fatigant. Il n'avait pas envie. Et de toute façon, cela n'avait pas d'importance. Aurait-il été plus avancé s'il réussissait à se souvenir du laps de temps exact qui s'était écoulé depuis? Sans doute pas. Tout ce qu'il savait, c'était qu'aujourd'hui, c'était la date. C'était le même jour lorsque tout cela avait commencé. A cet endroit précis. Oh, il ne croyait pas que ses pas l'aient dirigé ici dans un quelconque but de commémoration. Ou alors il ne contrôlait pas ses jambes. Ca, c'était embêtant. Non. S'il se trouvait là, ce jour là, à se souvenir, c'était le fruit du hasard.

*On l'oublie, mais le hasard est responsable de bien des choses. la chance et la malchance ont déterminé le sort de bien des vies et des royaumes...*

Cette pensée lui fit découvrir de belles dents blanches, bien agencées. Lui, un philosophe. Ca frisait le ridicule.

Peu de choses avaient changé. Les arbres n'étaient plus les mêmes. Certains avaient disparu, d'autres étaient méconnaissables. La route était plus propre, les herbes folles avaient perdu du terrain. Elles étaient plus hautes, avant. Mais il y avait cet arbre, là-bas. Un hêtre. Ou un chêne. Ou un frêne. Il n'en avait aucune idée. Mais c'était bien le même. La même envergure. La même majesté. Le même tronc, les mêmes branches noueuses, les même racines qui traversaient impunément le chemin. L'écorce... oui, l'écorce. Il l'effleura du bout des doigts. Oui, c'était ça. Exactement pareil.

*Si, ça doit être un hêtre.*

Les protestations tranquilles de l'eau sur le gravier du gué étaient les mêmes. Un murmure. Une étoffe qu'on déplie. Il n'y avait pas de vent. Le soleil se cachait paresseusement derrière un voile grisâtre de nuages, que des épingles de lumière perçaient de temps à autre. C'était le même temps que trente ou quarante années plus tôt. Le rocher, là-bas, n'avait pas bougé. Il se souvenait s'y être perché, les mains en visière pour guetter, son frère jusqte à côté de lui.

*Les mains en visière...*


Aucun soleil ne pouvait alors l'éboulir. Que n'aurait-il pas fait pour impressionner son frère?

L'homme marcha jusqu'au rocher, de l'autre côté du ruisseau, et s'y assit. Lentement, avec une prudence exagérée, il ôta son long manteau crotté. Et respira.


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Silence
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Mer 30 Déc 2009 - 16:29
Oreste s’impatientait un peu plus loin sur la route. Combien de fois allaient-ils devoir faire des haltes et ainsi retarder leur arrivée ? Voilà bien une demi-heure que le palefrenier subissait cette attente qu’il considérait injustifiée.
Le roussin qui transportait leurs bagages commença à piaffer en secouant sa crinière hirsute quand le soleil s’enfuiya pour être remplacer par un épais nuage noir. Une ambiance sinistre s’installa alors que la nuit apparue en plein jour, inquiétant le jeune hobbit.

- Messire ! Gémit-il, nous devrions reprendre la route !

Oreste fit la grimace quand les premières gouttes tombèrent. Leur mule n’allait très certainement pas appréciée de continuer leur voyage dans la boue et chargée comme elle l’était, elle risquait de se briser les pattes si elle dérapait. Il se méfiait également de l’orage, qu’il savait sournois et imprévisible et don les manifestations soudaines effrayaient les bêtes. Et la dernière chose qu’il voulait, c’était de voir leur mule se cabrer et renverser leur imposant lot de bagages qu’il avait prit tant de soin à attaché.

Le jeune hobbit embrassa du regard la forêt proche qu’il craignait comme bon nombre de ses semblables. Il s’attendait à tout moment à en voir surgir des loups qui le dévoreraient lui et son roussin bien avant que son maître ne puisse revenir.

- Messire ! Hâtons nous ! Plaida-t-il. Je n'aime pas ce nuage, il signe un mauvais présage !

Le bruit de l’averse était tel que le jeune hobbit dut crier dans l’espoir de se faire entendre. Immédiatement après, son regard revint vers la forêt, le cœur étreint d’un mauvais pressentiment. Il se mit à grelotter tandis que ses bottes trempées et pleines de boue faisaient remontés des frissons le long de ses courtes cuisses. Ses dents se mirent à claquer malgré lui, d’une telle force qu’il se serrait trancher la langue s’il avait à nouveau voulu parler.

« Que fiche t’il donc ? » S’inquiétait Oreste.
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Sombre-Chêne
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Mer 30 Déc 2009 - 22:58
Par contre, il n'avait pas plu, la dernière fois. Il s'en serait souvenu, s'il avait plu. En de telles circonstances, on se souvient de tout.

Dès la première goutte, l'homme remit son manteau. Ca avait été une belle pièce jadis. Très belle. Digne d'un corsaire. Et puis le temps avait fait son œuvre. Le noir de jais s'était ternis, les taches s'étaient accumulées, et même à travers une chemise, on le tissu frottait désagréablement contre la peau. Le pire, c'était au niveau de la nuque. Jadis, un coussin de fourrure de martre se lovait délicieusement autour du cou. Mais les poils étaient partis un à un. Touffe par touffe. Néanmoins, quelque puisse être son état extérieur, le manteau profitait toujours aussi bien de la pluie. Un vraie merveille. L'eau ruisselait tout du long, et jamais un goutte de pluie n'était parvenue à franchir le complexe entremêlement de fils.

Un voix. Une voix haut perché. Reconnaissable entre mille pour l'homme. Un hobbit. Un des ces Pieds Velus qu'il avait appris à connaitre.

- Messire ! Hâtons nous !

Messire? Un messire, ici? Aux abords de la Vieille Forêt? Un messire accompagné d'un hobbit? Un messire accompagné d'un hobbit affolé? Voilà qui était suprenant. Captivant. Entre deux trombes d'eau, il aperçut le Semi-Homme. L'homme se glissa sur le côté du chemin, au milieu de frondaisons bien garnies, et s'approcha. Il y avait une mule aussi. Chargée comme l'expression le voulait. Le petit être tremblait. Une idée, subite, tentante, attirante.

Mais danger. Il ne voyait pas l'autre. Il ne pouvait savoir quels étaient les acteurs, et entrer en scène sans savoir avec qui il s'apprêtait à jouer était bien hasardeux.

*Encore ce hasard.*

Il allait y aller. Voilà bien longtemps qu'il ne s'était pas prêté à de l'improvisation. Un peu de piment dans cette vie ennuyeuse. Les risques, il faut savoir les prendre. Si seulement risque il y avait.

Il repositionna la capuche sur sa tête et déplaça le poignard le long de sa ceinture pour qu'il soit bien visible. Quoi d'autre? Ah oui. Les mains. Des mains sales, avec de la terre sous les ongles, et le pas un peu trainant. Pas trop. La dégaine de l'Homme mal intentionné, en somme.

Il s'approcha silencieusement du hobbit, discrètement. de ce côté là, il n'avait pas trop à en faire. l'autre était trop paniqué pour prêter vraiment attention aux vrais dangers. Une fois arrivé à quelques mètres du Semi-Homme qui lui tournait toujours le dos, il s'éclaircit la gorge. Prendre une voix calme, claire et distincte, bien plus efficace que les accents bourrus des brigands de fin ou de début de carrière.

Pressé de continuer? Je comprend. Mais c'est oublier la taxe. Le ruisseau, là-bas, est à moi. Pour le franchir, il faut payer.

Et de tendre la main, paume ouverte.


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Silence
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Mer 30 Déc 2009 - 23:35
Oreste se signa, fixant le dernier endroit où il avait vu son maître disparaître. Le jeune hobbit essuya la pluie qui gouttait de ses sourcils et scruta du coin de l’œil la selle de sa mule d’où était dissimulé le fourreau d’une dague. La voix du bandit dans sa nuque le paralysa et l’empécha de penser rationnellement, malgré l’instinct de défense qui l’aurait animer en d’autres circonstances moins sinistres.
Il fallait dire que l’averse soudaine n’aidait pas à renforcer sa volonté. Il essaya de se retourner mais la crainte de finir égorgée eut raison de son corps qui n’avait pas eut pour lui le courage de bouger le moindre muscle.

« Fichtre, me voilà dans de beaux draps ! »

Mal à l’aise, le pauvre palefrenier hobbit voulu se tenter à de la négociation, dans l’espoir de gagner assez de temps pour permettre à son maître de revenir et le secourir. Mais son cœur se serra à l’idée que son agresseur c’était peut être déjà chargé de son compagnon de voyage. Son regard ne pouvait s’empêcher de retourner vers la forêt, don la proximité lui donnait l’inexplicable sentiment de danger. Pourtant, la sérénité avec laquelle le bandit l’abordait laissait croire qu’il était le seul à pressentir un imminent malheur… La respiration toute proche de l’homme eut raison de ses réflexions, il devait réagir.

- Pourriez-vous au moins m’aider à prendre refuge sous le pont, le temps que passe cette averse ? J’ai bien quelques écus dans mes affaires, mais je dois les chercher dans mes bagages…

Oreste espérait, surement naïvement, engendrer un peu d’amabilité dans cette relation soudaine avec l’inconnu.
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Sombre-Chêne
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Jeu 31 Déc 2009 - 0:20
Il éclata de rire. Un rire tonitruant, cristallin. Un rire qui le secoua comme un rire ne l'avait jamais secoué. Un rire... Il n'aurait jamais cru pouvoir encore rire comme cela. Silencieusement. Toujours immobile. Rien ne laissait transparaitre de l'extérieur le véritable torrent d'hilarité qui traversait l'homme de part en part, qui se répercutait dans sa tête, dans son ventre. Sauf peut-être une lueur malsaine de joie dans ses yeux, dans l'ombre inquiétante de la capuche.

La peur du Semi-Homme le régalait. La peur, la panique. Il s'en était souvent abreuvé. S'en était souvent servi. Ici-même.

Jubilation. Mais toujours, danger. L'autre ne s'était toujours pas montré. Les Hommes ont peur de ce qu'il ne connaissent pas. Notre homme se méfiait de ce qu'il ne controlait pas. Toute chose inconnue était potentiellement un adversaire. Même ce hobbit, là. Il pouvait jouer la comédie. L'homme était bien placé pour savoir qu'un bon comédien peut aisément tromper. Il usait de cet axiome en ce moment même.

S'amuser, mais contrôler. Contrôler un minimum. Sa victime dardait des regards inquiets de l'autre côté de la route, là où avait du partir son maître. Il y avait aussi cette dague, sur de la mule. Quelques secondes de réflexion, mises à profit pour apeurer un peu plus le Hobbit. Mais il ne fallait pas trop tarder, où le jeu allait perdre de son piquant.

Ma foi, tu peux très bien chercher tes écus là. Les pièces d'or ne rouillent pas, que je sache. Si tu trouve quelque chose d'autre qui pourrait me plaire, n'hésite pas. Cela m'évitera de venir le cherche moi-même.

Maintenant, ajouter un peu de force dans la voix.

Presse-toi donc, veux-tu, je ne veux pas moisir ici. Mes compagnons non plus, d'ailleurs. Ils sont restés au couvert des arbres pour regarder. La seule chose qui les intéresse maintenant, c'est de se retrouver au chaud avec un bonne chopine entre les mains. Au départ, quand nous vous avons vu venir, ils voulaient vous faire payer la taxe avec la méthode forte, pour les choses aillent plus vite. J'ai réussi à les convaincre de justesse que ce n'était vraiment pas très correct. Mais s'ils voient que je tarde, j'ai bien peur de ne pas pouvoir les contenir.

Une pause, pour laisser planer dans l'air cette menace à peine voilée.

Et au passage, envoie-moi donc cette belle dague que je vois sur ta mule. Par les temps qui courent, le danger est partout. Toi, tu as un maître pour te protéger. Nous, nous sommes livrés à nous-mêmes.


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Mer 6 Jan 2010 - 19:32
Oreste ravala difficilement sa salive et balbutia quelques mots incompréhensibles tout en exécutant le commandement du truand. Le contrôle de ses mains lui échappait par moment par l'excès de frissons dut au froid et la peur combiné.

Tout en déliant les harnais de ses bagages, il aperçu la forêt de l'autre côté du chemin et envia presque l'inconnu de sa profondeur au lieu de la présence de cette détestable racaille. Il ne savait pas trop quoi penser du récit de l'homme et de sa bande mais il craignait au fond de lui qu'il n'était qu'un feignant brigand de grand chemin qui le saignerait une fois la manœuvre accomplie.

C'est en déliant les harnais rendus glissants par l'averse que le jeune hobbit réalisa l'opportunité qu'il avait. N'hésitant pas à perdre du temps à décider s'il avait ses chances ou non, il se surpris lui même à forcer les liens de ses bagages, esquivant d'un même mouvement le lourd lot d'affaires qui s'éffondra sur le brigand.
Oreste espera que la boue l'eut étreint assez solidement les pieds pour l'empécher d'éviter le paquetage, mais il n'eut pas le courage de se retourner pour vérifier, usant au mieux du maigre répis qu'il avait pour s'enfuir droit vers la forêt.

Sans sa hâte il manqua de peu de s'éffondrer et rouler misérablement dans la boue, mais sa concentration était telle qu'à cet instant rien n'aurait pu l'arrêter dans sa course. C'est en s'approchant de la lisière de la forêt qu'il l'aperçu.

- Son bouclier ! se surpris t'il.

A vrai dire, c'était d'avantage une targe mais pour le semi-homme cette pièce semblait immense. La présence de cette pièce d'équipement rassura Oreste qu'il en conclua par lui même qu'il ne devait pas y avoir de brigands dans cette partie là de la forêt au moins.

" Il doit être rentré dans la forêt... Je sais qu'il ne se serait jamais fais surprendre par de vulgaires brigands... Il ne doit pas être loin... J'espère qu'il ne m'en voudra pas d'avoir perdu nos affaires de voyage... On va devoir s'habituer aux habits mouillés jusqu'au prochain village... Et je doute qu'on y trouve des habits à sa taille, même avec tout l'argent de sa bourse. "

Après avoir ramassé la targe, le jeune hobbit palefrenier se retourna pour observer où en était le brigand, soudainement confiant de la protection que lui offrait la forêt.
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Sombre-Chêne
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Jeu 7 Jan 2010 - 13:48
Les sangles se desserraient, le lourd paquetage commençait dangereusement à basculer vers le brigand qui comprit instantanément la manœuvre.

*Peureux, mais pas bête, l'animal.*


Il soupira. Il n'avait plus le temps de s'écarter. Tant pis. Il en serait quitte pour des vêtements crottés et trempés pour le reste de la journée. S'il avait été un peu plus prévoyant, il n'aurait eu qu'à se plaindre de la pluie, la boue restant bien sagement là où est sa place : sous les bottes. Mais tant pis. Les bagages le touchèrent, il vacilla.

*Bigre, c'est lourd.*

L'homme chût lamentablement dans la boue. Sa chute ne dura pas plus d'une seconde. Et pourtant, du premier dixième au dernier dixième de cette seconde là, progressivement, comme une révélation, la joie l'envahit. Ou peut-être la nostalgie d'une époque bien reculée —trente, trente-cinq, quarante ans?— où personne n'avait besoin de le pousser pour qu'il tombe dans la boue. Il y tombait volontiers. Cette impression de vide, cette crainte qui s'emparait de lui tandis qu'il se laissait aller en arrière, cette crainte qui ne l'abandonnait jamais alors, cette crainte qui grandissait alors que la chute s'accélérait et que l'instant béni de l'arrivée approchait, cette crainte il l'adorait. C'est cette crainte incompréhensible du "et si...?" qui rendait la réception si adorable. Tomber mollement, s'enfoncer de quelques millimètres supplémentaires, enfoncer ses doigts dans la fange... Et cet abruti de frère qui l'imitait, mais qui cachait mal sa douleur dans un cri étouffé.

De l'eau avait coulé sous les ponts depuis.

L'homme ne se laissa aller que quelques instants (mais quels beaux instants!), avant que l'inconfort de sa position ne le ramène à la dure réalité. Même la pluie, les gouttes d'eau claudiquant sur le sol spongieux, semblaient se rire de lui dans de vigoureuses salves d'applaudissements. Acclamation mesquine qui alla en décrescendo, pour finalement se limiter à quelques claquements de boue. L'averse se calmait.

Hé! Venez par là!

Cinq bonshommes au regard de glace sortirent de l'inconnu de la forêt, en face du Semi-Homme. Ils portaient tous la même cape que l’autre. Ils n'avaient pas l'air bien joyeux, ça se voyait bien aux regards réprobateurs qu'ils jetaient sur leur chef. Sans prêter la moindre attention au Pieds-Velus, il aidèrent leur acolyte à se relever. Un échange de regard, un doigt tendu, et tous surent qu’ils s’étaient bien compris. Il y avait un autre individu quelque part, il n’avait pas été localisé, donc était un danger potentiel. Le maître juré filou de cette joyeuse bande s’exprima dans un grognement.

Bon, et bien comme tu ne veux pas nous aider mais que nous sommes de charitables gens, nous allons nous charger nous-mêmes de voir comment tu vas bien pouvoir nous payer. Vous trois, fouillez-moi tout ça. Vous deux, surveillez notre petit compagnon.

Il regarda ses pieds, se pencha et se redressa. Dans sa main en offrande, un petit sac de toile qui avait tout l’air d’une bourse fort bien remplie. Il l’ouvrit délicatement, observa le contenu ? C’était bien de l’or. Avec un clin d’œil complice à Oreste, il l’attacha à sa ceinture. Au départ, il n’avait pas prévu cela. Quelques pièces lui aurait suffit. Il n’était plus un vulgaire malfrat. Mais puisque l’occasion se présentait…

Cette bourse, c’est le tarif normal. Mais je pense qu’on mérite un petit plus pour la peine qu’on s’est donné et que vous nous avez donné. Alors, mes braves, que trouvez-vous d’intéressant ?

L’averse s’était calmée. L’averse s’était arrêtée.


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Silence
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Ven 8 Jan 2010 - 16:59
- Oh non !

La consternation d’Oreste se changea rapidement en lutte sauvage, soudainement animé d’une motivation renouvelée dut à la trouvaille de la targe qui évoquait la proximité de son maître.

- Marauds ! Lâchez mes affaires !

Il blêmit en voyant sa bourse disparaître aux mains du brigand, lui qui avait été payé d’avance pour ce voyage, voilà qu’il serrait forcé de rentré chez lui sans le sou. Il réprima avec difficulté l’envie de pleurer en voyant les malfrats fouiner sans retenue dans ses bagages et ceux de son maître. Ils jetèrent avec dédain des habits de voyages dans le boue dans leur quête d’objet de valeur. A un moment donné, d’un deux se redressa pour brandir un magnifique fourreau ouvragé, marqué d’un ‘S’ entremêlé d’arabesques délicates. Il contenait une épée courte sans prétention, mais à la finition impeccable, tout comme les marques infimes de son entretient.

- En voilà une belle trouvaille ! S’exclama le brigand, fier de son butin.

Aussitôt une silhouette se matérialisa, sortie des ombres les plus denses de la forêt. Son pas respirait l’assurance et la précaution. Un des brigands s’arma de sa masse pour accueillir l’énergumène.

Par-dessus des sous-vêtements ajustés de cuir marron, le nouveau venu portait un costume de cuir matelassé de la même couleur, le visage masqué par un manteau à cagoule cache nez.
Troublé par cette approche nonchalante, le brigand armé l’interpella :

-Où croyez vous aller ainsi ? Il faut payer pour passer !

edit : Surprise, surprise !


Dernière édition par Silence le Ven 8 Jan 2010 - 20:38, édité 4 fois
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Silka Sorge
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Ven 8 Jan 2010 - 17:06
Cette insulte lui suiffisait.
Repoussant la cagoule de son costume, l’insolent réléva son visage aux yeux de tous. C’était une femme aux yeux d’un bleu volcanique, don les formes laissait deviner un corps svelte aux muscles admirablement sculptés.
Puis, à la vitesse de l’éclair, une arme apparue dans ses mains. Une rapière jaillit et sur sa pointe bondissait la mort. Son antagoniste direct vacilla tout en s’aggripant la gorge, le sang giclant entre ses doigts tremblants.
La soudaineté de l’action paralysa les brigands qui firent instinctivement un pas de recul.

Une seconde lame siffla en sortant de sa gaine, pour se pointer d’une lenteur cérémonielle vers la poitrine de l’homme aux prises avec le hobbit.

"Il a suffit que je tourne le dos pour que ce soit le bazar dans mes affaires ? Tu m’en vois agacé jeune écuyer. " Déclara la bretteuse d’un ton indifférent.

Oreste balbutia quelques mots, tout aussi surpris que les autres mais pour une bien différente raison : lui qui croyait accompagner un homme, le voilà qu’il c’était fait magistralement roulé par les feintes de cette fine lame.

" Rappelez-moi vos noms, il semble que vous avez omis une certaine politesse. Sachez que vous venez de contrarier Silka Sorge. Et que j’avais, jusqu’ici, réussi à profiter d’un certain anonymat. "

D'un héritage noble, Silka n'avait que du mépris pour les voleurs et roublards, c'était sans regret qu'elle avait mis fin aux jours du premier vilain et au mieux, sa mort pourrait servir à intimider ses compagnons.
La légendaire bretteuse fit un pas en avant. Ce geste aurait pu paraitre anodin en d’autres circonstances, mais toute distance perdue contre elle était un de plus vous rapprochant de l’autre monde.
Le sang perlant de sa rapière battait la mesure dans une flaque d’eau en une musique mortuaire.

Elle qui c’était isolée quelques temps afin de remédier à des besoins pressants sans compromettre son personnage fictif, avait été alarmée par les cris de son compagnon de voyage et décida de prendre refuge à temps dans la forêt. Mais sa prudence avait souffert du fardeau de son jeu d’acteur et elle compta bien remédier à cette ennuyeuse situation de la manière qui lui convenait le mieux...

De l’eau avait coulé sous les ponts depuis l’exil volontaire de la bretteuse, mais ses prouesses martiales n’en étaient pas diminuées.
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Sombre-Chêne
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Dim 10 Jan 2010 - 0:20
*Ah. Voici donc notre deuxième larron. C'est maintenant que nous allons voir si...*

La réponse était oui. Le maître du hobbit représentait un danger. Les trois perles vermeilles sur sa main droite l'avaient amené à cette admirable conclusion. Les preuves, il aimait ça. La vitesse et la précision de la lame étaient pour lui des éléments assez concrets pour être considérés comme tels. Cette femme était passé du statut de menace potentielle à celui de menace bien réelle. Et non contente d'être habile au maniement de l'épée, elle n'était pas stupide. De fait, elle avait révélé sa vraie nature au moment de frapper, conjuguant ainsi la surprise à son attaque. L'autre brute n'avait eu aucune chance. Ca faisait un homme en moins... Tant pis. Il ferait sans.

Maintenant, comment négocier ce virage? D'une simple occasion de se détendre, le jeu venait de prendre des dimensions toutes autres. Plus hasardeuses, mais pas moins, sinon même plus intéressantes : maintenant, il y avait un défi. A bien y réfléchir, l'homme aurait été déçu s'il ne s'était agi que d'un vulgaire voyageur aussi efficace que son serviteur à protéger ses affaires.

Que dire? Que faire? Première de toute chose : répondre à sa question. Oui, c'était un bon point de départ. l'inspiration viendrait ensuite. Non, avant, calmer les autres. Ils étaient sur le point se sauter sur cette Silka Sorge.

"Du calme mes braves, ce n'est pas vous qu'elle a tué. Donc, que je sache, vous n'avez rien à lui reprocher. Vu? Alors détendez-moi ces muscles de titans. Je crois pas que la dame soit du genre à se laisser séduire par des artifices aussi grossiers."


Là. Ca revenait. Il était à l'aise. Il se tourna vers l'intéressée.

"Nous vous avons paru impoli? Vous m'en voyez fort gêné. Mais... il n'est pas dans notre habitude de nous présenter lorsque nous... travaillons. Tout comme vous n'avez pas dit votre nom au gars que vous avez tué avant de le tuer. Le pauvre, il n'a pas du comprendre ce qui lui arrivait. Vous imaginez? Finir sa vie dans une incertitude... Voilà une fin qui j'espère ne m'est pas réservé."

Il s'arrêta, l'air pensif.

"Vous voulez des noms? Ma foi, pourquoi pas? Mais dans la mesure où vous serez dans l'incapacité de vérifier la véracité de nos dires, j'ai bien peur qu'il soit hasardeux d'accorder de l'importance à nos noms. Nous pourrions vous donner de vrais noms, mais aussi de faux noms. Mais au fond, un nom n'est qu'un nom. Cela ne change pas ce qu'on est, vrai? Aujourd'hui, pour vous, je serai Gedd. Le petit, là-bas, c'est Alphons. Le boudin, juste à côté, c'est Freud. Celui qui a une tête de troll, c'est Edgar. Et le dernier, avec son nez de lapin, c'est Brad. Ah oui, il en manque un. Celui que vous avez tué, c'était Julio."


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Silka Sorge
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Dim 10 Jan 2010 - 1:26
Souriant d’un air faussement satisfait, il était évident que la bretteuse n’apportait que peu d’intérêt envers le questionnement de son interlocuteur, un mépris quasi apparent qui s'étendait à la nature même de la bande. Bien sur, elle-même aurait pu bluffer en prétendant être une fameuse bretteuse d’une autre contrée, mais elle avait bien trop de fierté pour abandonner son identité, cela aurait été indigne d’une Sorge…

" Rappelez-moi pourquoi cette situation est apparue ? J’ai la nette impression d’avoir raté la première partie de la pièce… "

Demanda-t-elle au brigand tant prédisposé au dialogue. D’un vif recul du poignet, elle gicla le sang qui souillait sa lame, soulignant une fois de plus son choix d'outil de négociation favoris.

A ce niveau là de son voyage, Silka aurait pu simplement ignorer cette vermine et son compagnon, pour peu qu’il n’y avait pas eut quelques unes de ses armes fétiches dans le paquetage. C’était d’ailleurs une de ses plus grandes frustrations que de ne pas avoir assez de place à sa ceinture pour chaque fourreau.

Oreste l’observait les yeux humides, alors qu’il découvrait une nouvelle facette de son compagnon de voyage qu’il n’aurait préféré ne jamais connaître. Dans l’attitude dédaigneuse de la bretteuse, il se considéra également concerné et craignait réellement d’être laissé avec eux. Lui qui avait résisté au mieux de ses capacités contre cette malencontreuse rencontre, voilà qu’il se sentait abandonné et aussi transparent que la boue qui étreignait ses bottes.

"Moi qui pensait naïvement pouvoir finir la nuit dans une auberge, voilà un temps précieux gâché pour si peu… L’infortuné Julio semblait quelque peu avare, tout se spectacle ne serait il que le fruit d’un manque de gagne-pain ?"

Silka se sentait soudainement assez confiante pour oser provoquer ainsi aussi directement ses antagonistes... Peut être étais-ce cette envie pressante de faire danser ses lames, elles qui n’avaient plus mordus la chair depuis bien longtemps. Elle était satisfaite, au fond d’elle-même, de ne pas être rouillée. Mais comment aurait-elle pu l’être, en s’entrainant toujours aussi assidument...

Une sourire en coin apparue sur son visage, trahissant ses pensées. Aurait elle été capable de tous les pourfendre en un magistrale enchainement ? L’envie était presque alléchante, mais cela n’aurait pas été sage ni digne d’une Sorge. Après tout, elle n’était pas une meurtrière… Ou s’empêchait-elle de le croire vraiment ? Le visage figé par la douleur de l’homme vaincu essayait vainement de la contredire, mais son esprit forgé par une rude éducation bloquait inconsciemment les signes. Elle ne pouvait perdre, elle se l’interdisait.
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Sombre-Chêne
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Ven 15 Jan 2010 - 14:48
*C'est qu'elle est pas timide en plus...*

L'homme haussa les épaules. Il n'avait aucune envie que cette histoire se finisse dans un bain de sang. Les quatre bougres restant pouvaient toujours être utiles, comme l'un d'entre eux venait de l'être. Pour sûr, si ce n'avait été ce pauvre Julio, c'est lui qui serait maintenant étendu dans la boue. Et pas particulièrement avec plaisir, cette fois-là. Bigre, c'était pas vraiment agréable d'y penser. Mourir... le terme était large.

Elle avait réussi à profiter d'un certain anonymat, qu'elle avait dit. Ils étaient deux, comme cela. Sauf que lui, il savait ce qu'il faisait. Pas depuis bien longtemps, mais quand même. Il avait repris de l'activité. Mais elle? Qui était-elle? Que faisait-elle? Elle fuyait? Elle cherchait? Elle chassait quelqu'un ou quelque chose? Ou simplement rien du tout? De tout évidence, la vie de son serviteur lui tenait plus que son anonymat. Il n'aurait pas pu en dire autant. Mais pourquoi cet anonymat? Par commodité? Pour le travail? Ou simplement pour se... détacher de quelque chose? Lui, c'était un peu les trois.

C'était tout de même étrange. Il manifestait rarement une telle curiosité envers une personne, sauf, bien sûr, quand il s'agissait de son travail. A ce moment là, il savait être curieux. Mais là... il ne savait pas. Toujours ce jeu, peut-être. Il ne savait pas.

*Arrête ton char, tu te prends trop la tête.*

D'accord, il verrait plus tard.

"Sans vouloir jeter la pierre à votre infortuné compagnon, je dirai que les responsabilités sont partagées. je lui ai tout d'abord demandé un droit de passage pour franchir le ruisseau —vous savez, le baratin habituel des brigands pour se donner une contenance. Il a pris peur, et alors que je ne lui avait fait aucune menace physique, il a desserré les sangles de vos bagages qui sont tombés sur moi. Cela m'a, vous le comprendrez bien, offensé, c'est pourquoi mes compagnons ont entrepris la fouille des bagages. C'est bien dommage, car s'il avait accepté de me donner dès le départ quelques pièces, je m'en serais contenté. Son acte était non seulement irréfléchi—à quoi bon faire tomber les bagages : je me relève, et après, je suis énervé, et lui est plus avancé?— mais aussi assez mesquin. Avez-vous vu l'état de mes vêtements?"


*Va aimer? va pas aimer?*


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Silka Sorge
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Dim 24 Jan 2010 - 20:17
Silka jeta quelques regards aux autres brigands, suspicieuse de l'approche qu'entreprenait son interlocuteur. Il n'allait très certainement jamais recevoir de pitié de la part de la bretteuse, ni même de compréhension vis à vis de son mode de vie et de travail... S'il était possible d'appeler de considérer cela comme une profession digne de ce nom.

Elle se questionna, tandis que l'homme lui faisait son discours vide d'intéret, pourquoi il restait encore autant de bandits et coups-jarrets dans les environs de la Comté. Cela avait une certaine importance, même si Silka n'était pas très friande de politique, elle ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter pour les semi-hommes, bien trop souvent pris à part par les autres races qui se permettaient si prétentieusement de les juger...

" Une situation certes infortuné, pour chacun de nous. Car me voilà bien freiner dans mon voyage, le temps que je remette en ordre toutes mes bagages qu'aura eut la judicieuse idée de renverser mon compagnon... Et vous, les habits crasseux et un ami à enterrer. "

Bien sur, Silka n'en pensa pas un mot, l'homme qui gisait mort dans la boue n'était qu'un faible qui, n'ayant pu faire rien de mieux de sa vie, avait choisit la voie du banditisme... Une voie sans noblesse qui ne méritait aucune compassion.

" Si cela peut vous rassurer, je payerais volontiers une fermière pour qu'elle s'occupe de votre linge ainsi qu'une pierre tombale pour votre ami, chez le sculpteur du village le plus proche... "

Un sourire mesquin apparu en coin du visage de la bretteuse.
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Sombre-Chêne
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Sam 6 Fév 2010 - 18:15
"Très volontiers, mademoiselle, c'est ma foi fort aimable de votre part. Je suis passé devant une petite fermette à peine une lieue d'ici. Allons-y, si vous le voulez bien. Vous pourrez ainsi mettre de l'ordre dans vos affaires, au sec. Et puis j'aurai bien quelques pièces pour vous offrir une petite collation. Rien de bien copieux, j'en ai peur, mais c'est l'intention qui compte, n'est-ce pas?"

Va me percer de part en part?

La surprendre, attirer son attention. Lui crier qu'il n'était pas un bandit de grand chemin, qu'il était tout autre chose. Il voulait mieux la connaitre. Non, bien sûr, il ne s'agissait en rien d'une quelconque attirance physique. Il avait dépassé ce stade depuis des lustres. Mais il avait le temps, aucune obligation : avec l'information qu'il avait vendu, il était tranquille jusqu'à la fin de ses jours. Mais la tranquillité, il n'aimait pas ça. Il verrait bien où toute cette petite histoire le mènerait. Qui sait? Peut-être pourrait-il agrandir un peu le h?


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Jeu 18 Mar 2010 - 22:55
Oreste ne semblait plus savoir où se mettre. D’abord surpris par la révélation de l’identité exacte de son compagnon de voyage, il était horrifiée de la voir sympathiser avec cette racaille. N’aurait elle pas simplement pu faire quelques élégantes passes d’armes et forcer cette bande de ruffians à s’en aller ? Il se serait volontiers rebellé contre l’étreinte de son agresseur, qui sait il aurait peut être même réussi à placer quelques coups chanceux à la pendeloche de l’humain.

Un peu plus loin, le corps sans vie du brigand que Silka avait occis semblait oublié de tous, sauf du jeune hobbit don le regard revenait sans cesse, bien que cette vue morbide lui retournait l’estomac, il l’inspectait comme par crainte de le voir se redresser tel un mort vivant d’un comte à effrayer les enfants. Ils allaient s’entendre malgré la perte de cette vie ? Bien qu’Oreste n’avait aucun respect pour les bandits, son cœur ne pouvait de desserrer quand à cette vue de corps abandonné, tel un déchet indigne d’intérêt.

Le jeune palefrenier observa avec attention les lèvres en mouvement qui faisaient trainer une conversation stérile don il n’aurait jamais désiré voir la naissance. Il allait désormais devoir accompagner cette bande détestable plus un cadavre. Il craignait de ne pas perdre ses tremblements de toute la journée.
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Sam 15 Mai 2010 - 19:28
La battisse était coquette, une véritable illustration de livre. Là, un toît en chaume, d'où perlaient encore quelques gouttes paresseuses. Ici, le potager, élégant, bien poli, bien bêché. Et puis, surtout, la porte. Une porte ronde et sinueuse, dont on entendait les gonds grincer de plaisir avant même qu'elle n'ait esquissé un mouvement. Devant cette porte, un chemin de pierres plates à l'aspect des plus ordinaires, si ce n'avait été sa courbure naïve et, semblait-il, honteuse. Et, enfin, la touche coloriée indispensable à l'édifice, les bouquets multicolores qui fleurissaient anarchiquement sur les murs : les volets. Forts semblables à la porte, mais tout à faits différents en cela que leur fonction, finalement, était toute différente.

Le bandit, d'un regard émerveillé, embrassa la ferme du regard. Elle lui plaisait, et il aurait payé cher pour s'y reposer quelques jours. Oui, il aurait payé. Menacer ou tuer ou chasser aurait annihilé la magie du lieu. Non, il voulait s'y reposer en tant qu'homme respectueux et honorable, et récompenser le labeur de ceux qui le faisait vivre comme il se devait. D'un regard absent, il convia ses acolytes à rester à l'extérieur (dans la pluie, dans la boue, il s'en fichait), et poussa fit un premier pas sur la dallage inexact.

Les quatre malfrats hésitèrent le temps d'un échange de regard convenu, puis se détendirent. Dans un ensemble parfait qui témoignait d'années de perfectionnement, ils sortirent une fiole de leur poche droite, et en burent une généreuse lampée. Et attendirent.


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Silka Sorge
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Lun 19 Déc 2011 - 17:53
L’endroit était certes agréable, un lieu de halte digne de ce nom, si bien sur l’hospitalité leur serait offert. Silka regrettait presque d’accepter la compagnie des brigands, mais cela ne serait que temporaire, le temps de régler leurs soi-disant comptes. Une telle relation ne pouvait durer dans l’état. Que ce soit elle ou son écuyer, aucun point d’entente ne semblait possible avec des personnages aussi détestables. Du moins à première vue.
Leur chef était néanmoins différent de l’image qu’elle c’était fait de ce type de personnes, n’en ayant peu croisés dans son jeune âge, son renom ayant bien souvent suffit à les faire fuir. Elle devait désormais payer le prix de son anynomat.

Le hobbit prit l’initiative d’entrer dans les lieux en premiers, après avoir toquer, ne s’attardant pas sous la pluie. Silka fit de même, malgré l’impolitesse de l’acte. L’intérieur était tout aussi accueillant que l’extérieure, des meubles simples mais travaillés tout d’un même bois sûrement coupé localement. Une odeur de cuisine rustique leur monta rapidement aux narines, titillant l’appétit de chacun. Sans aucune hâte et visiblement peu gênée, une femme rondouillette les accueillis, échangeant avant toute salutation quelques mots avec l’écuyer Hobbit en leur langue. La confiance et la générosité qui se lisait sur le visage de la femme était remarquable, une telle foi envers des étrangers paraissait presque suspect aux yeux de Silka qui avait éduqué à la plus extrême des prudences. Le fait qu’un bandit soit également admis la chagrinait quelque peu également, qu’aurait elle dit si elle avait sut la réelle identité de pareil énergumène ? Sûrement un bon coup de balais…

Sans un mot, ils furent guidés dans une salle de réception et invités à s’asseoir autour d’une longue table avec assez de couvert pour une dizaine de personnes. La femme en rajouta d’ailleurs trois de plus pour les nouveaux venus. Par réflexe, Silka chercha une fenêtre du regard, afin de s’assurer que les compagnons du bandit étaient encore dehors… Celui-ci remarqua l’intention de l’escrimeuse qui lui rendit un regard lourd de sens.

" J’ai cru apercevoir un prote manteau dans l’entrée, vous devriez en profiter…"

Se tournant vers son écuyer, elle continua :

" Voit avec elle pour le linge, nous n’abuserons pas de son hospitalité. Elle en fait déjà trop, il n’était jamais convenu de dîner ici, je ne veux pas savoir ce que tu as négocié avec elle…"

Ordonna t’elle, et se retournant vers le brandit, n’espérait rien d’autre de la part du hobbit que l’obéissance. Chose qu’il fit sans discuter, le dos courbé, visiblement déçu d’être refusé à l’opportunité d’un plat bien chaud.

" Que faîtes vous dans cette contrée ? Mis à part que les petits hommes soient certainement plus faciles à rackettés…"
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Sombre-Chêne
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Lun 19 Déc 2011 - 23:52
Chacun sait qu'un bon diner n'a pas d'égal. Les fumets gris chargés de promesses envoutantes, les reflets émeraudes d'une salade tout juste égouttée, les rigoles sanguinolentes le long d'une viande juteuses... Sans compter la chaleur bienfaisante d'un feu, aussi timide soit-il. Il ne pourrait jamais s'en lasser. Pourtant c'était un luxe qu'il n'avait pu que rarement s'offrir, ces derniers temps. Il regrettait souvent la Grande Epoque, Sa Grande Epoque, où il avait tout eu, l'espace de quelques mois. Parfois, il se disait qu'il aurait du faire durer son plaisir plus longtemps, qu'il avait lâché prise trop facilement. Et puis le réalisme revenait rapidement : déjà, à la fin, il s'ennuyait, et ces mets qu'il regardait aujourd'hui avec tant d'admiration n'avait alors plus de saveur pour lui. C'est bien cela, le soucis de l'accoutumance. Tout finit par perdre son charme et sa richesse.

Non, il avait bien fait, il n'avait pas de regrets à avoir. Les regrets ne servaient à rien. S'il avait à se reprocher quelque chose, c'était son inactivité durant ces dernières années. Il avait été trop oisif.

Le coup d'oeil de la femme attira son attention, et ses dents irréprochables se découvrirent en un sourire narquois. Il aurait fait la même chose, avant. Plus maintenant. Il avait perdu...

"Oui, autant nous mettre à l'aise le temps que nos vêtements sèchent. Je vous demanderais bien de m'aider à nettoyer mes vêtements, mais je doute fort que vous acceptiez. Non, je ne vous insulterai pas."

Il ôta son manteau crotté et s'absenta quelques instants pour demander à l'aubergiste de laver ses vêtements, sur un ton beaucoup moins conciliant. La femme obtempéra sans broncher, même si l'air chaleureux avec lequel elle les avait accueilli s'était nettement refroidi. Sans un mot, il prit un chemise propre impeccablement pliée sur un tas de linge et s'en vêtit, puis retourna vers la femme --et quelle femme!, ne put-il s'empêcher de penser encore une fois.

" Que faîtes vous dans cette contrée ? Mis à part que les petits hommes soient certainement plus faciles à rackettés…"

A peine eut-elle terminée qu'il partit dans un grand éclat de rire. Incontrôlable. Irrépressible. A glacer les phalanges. Il lui fallut bien une minute pour reprendre le contrôle de ses zygomatiques, encore agités de spasmes violents.

"Vous ne croyez pas si bien dire! Ces petits êtres sont d'une facilité déconcertante à berner."


Ayant enfin retrouvé son attitude flegmatique, il poursuivit :

"Ce que je fais là? Je me remémore le passé. Voyez-vous, j'ai accompli de grandes choses sur cette terre. Je l'ai transformée. Et pour tout vous dire, je me suis bien amusé. Vous n'étiez pas dans le coin il y a... attendez... déjà? Le temps est vite passé. Vous n'étiez pas dans le coin il y a neuf ans?"


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Silka Sorge
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Mar 20 Déc 2011 - 11:01
Silka n’espérait pas engager la conversation, malgré l’avoir initiée, se refusant toute relation avec le ruffian. Mais le bougre avait la parlotte et semblait bien décidé à améliorer son image au près de la bretteuse. Dans un soupir, plus pour la forme que par réel mécontentement –tout de même curieuse quand à son histoire, elle lui accorda une réponse :

" Si cela avait été le cas, vous l’auriez remarqué, je préfère voir les tyrans pendus qu’au pouvoir. Je vous imagines mal avoir été autre chose… "

Dit t’elle avec un ton de défi, un sourire mesquin en coin qui contrastait avec l’image hautaine et éthiquement supérieure qu’elle tentait d’afficher.
Malgré ses directives, ils furent tout de même servis un dîner, Oreste réglant leur part de la note en prenant bien garde de ne pas inclure le sinistre brigand dans l’équation. Détail qu’il précisa dans sa langue mais bien assez forte pour que l’homme le comprenne, à condition bien sur d’avoir été éduqué au dialecte.
Silka, impatiente comme à son habitude, déséquilibra un tabouret d’un mouvement de pied pour qu’il percute le dos du hobbit afin d’attirer son attention. D’une voix las, et lui ordonna :

" Met la mule à l’abri. "

Pestant, Oreste disparu. Désormais seuls, dans ce laps de temps qu’il leur restait avant d’être servis, Silka en profita pour continuer ses interrogations :

" Qu’espériez vous vraiment en vous prenant à mon compagnon de voyage ?... "

Sans perdre son attitude de dédain, son regard se fit plus perçant et inquisiteur.
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Sombre-Chêne
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Mar 20 Déc 2011 - 14:14
"Vous imaginez bien, cher demoiselle... Quoique, le pouvoir n'est pas vraiment ce qui me passionne. Je préfère la chasse au pouvoir, vous voyez? Une fois qu'on l'a, il n'y a plus grand chose à faire. Sans compter que tout ceux qui vous baisaient si docilement la main précédemment ont vite fait de vous détester. Non, la célébrité ne me fait pas envie. Et justement, tout le monde me croît mort. Sans même savoir que j'existe! Je n'ai jamais existé! Surprenant n'est-ce pas? Mais je ne vais pas vous ennuyer avec mes histoires. Elles seraient trop longues à raconter, et je doute fort qu'elles vous plaisent. Les vauriens comme moi qui se la racontent, j'ai comme l'impression que vous vous lassez vite de leur compagnie, et vous leur faites comprendre assez directement. Je peux m'estimer heureux d'être encore en vie, n'est-ce pas?"

Sans paraître nullement offensé par la précision du hobbit qu'il avait parfaitement comprise, l'homme paya sa propre part en posant sans les compter plusieurs pièces dans la main ouverte de l'aubergiste.

"Je vous aurais bien invité, mais mes ressources ne sont plus ce qu'elles étaient. Acceptez mes excuses."

Il observa Oreste qui s'éloignait, souriant du mécontentement du petit homme. Ces êtres étaient vraiment étonnants. Et malgré tout ce qu'il leur avait fait subir, il ne pouvait s'empêcher de les apprécier. En fait, c'était justement pour cela qu'il les avait pris pour cible. Les humains étaient trop communs, il les connaissait trop bien. Les Nains... trop bourrus, trop renfermés dans leur montagne pour faire quoique ce soit d'intéressant avec eux. Quant aux elfes... ces êtres prétentieux, avec leur prétendue sagesse qui lui chauffait le sang. Des êtres sans coeur, sans émotions. Il ne les aimait pas.

" Qu’espériez vous vraiment en vous prenant à mon compagnon de voyage ?... "

Un long soupir las répondit d'abord à sa question. Ses yeux brillaient d'un terne éclat mesquin lorsqu'il reprit.

"Quel genre de question est-ce là? Qu'attendriez vous, vous-même, si vous agressiez, disons, pour plus vous convenir, un orc? Que pourriez-vous attendre de lui? Pas grand chose. Et moi, que pourrais-je attendre d'un hobbit terrifié? Rien du tout, hormis quelques instants amusants. Je ne suis pas un homme civilisé. Ni parmi les justes, ni parmi les injustes. Le juste aurait offert son aide, l'injuste aurait passé son chemin, sachant qu'il y avait bien plus intéressant à voler. Non, je n'attendais rien. J'étais seulement là, et lui aussi, un pur hasard. Je ne peux même pas prétendre que j'espérais vous rencontrer, ignorant jusqu'à tout à l'heure votre existence. Mais soyez sûre qu'à l'avenir, si je recroise Oreste, je le détrousserai, si cela peut vous faire venir."

Il s'arrêta, guettant le dégoût dans la réaction de son interlocutrice.

"Et vous, qu'espériez-vous en engageant Oreste à votre service? Qu'il protège vos affaires?"


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Silka Sorge
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Mar 20 Déc 2011 - 17:18
Quand l’homme arriva à la conclusion que sa vie avait épargnée, Silka se permit une petite grimace de satisfaction, s’accordant un petit moment de fierté intérieure devant l’appréciable évaluation de ses talents martiaux.

Elle n’était pas pour autant insensible au reste du récit, celui-ci continuait d’attiser son intérêt envers l’étrange parcours de l’inconnu, malgré la barrière éthique qui les séparaient.
Elle se surprenait elle-même à tenir aussi longtemps en pareille compagnie, l’homme n’avait aucun cœur pour répondre à sa seconde question d’une telle manière… Elle n’osait même pas se mettre à sa place : agresser un inconnu sans raison, cela ne lui était même pas concevable… Étrangement, l’homme lui rappelait Balthazar le noir, un vil personnage qu’elle avait combattue il y avait quelques années de cela. L’espace d’un instant, elle se demanda s’il n’y avait pas un lien quelconque entre les deux hommes.
Quand il lui révéla qu’il s’en prendrait de nouveau à son écuyer, rien que pour la faire réapparaître qui plus est, elle perdit vraiment le peu de foi qu’elle avait en l’humanité du bandit. Il n’était même pas possible d’espérer ré-éduqué quelqu’un d’aussi malsain, c’était en effet étonnant que personne ne soit après ses trousses, si ce qu’il prétendait était bien sur vrai. Elle se nota dans un coin de l’esprit qu’elle devrait vérifier à l’avenir s’il n’était pas recherché au près du prochain shérif qu’elle croiserait.

Après avoir été questionnée sur son engagement avec Oreste, elle détourna le regard sans perdre de son dédain, toujours dans l’unique but de souligner la différence d’opinion qui les séparaient tout en rétorquant bien rapidement d’un ton sec :

" Oreste n’apporte que peu de protection supplémentaire à mes biens. Au mieux, il serait un contre temps pour les voleurs. Il semblait assez doué au final, vous ne trouviez pas ? "
La bretteuse se permit un petit rire moqueur avant de continuer.
" Mais je ne l’ai jamais engagé, il est mon écuyer, il est là de son propre chef. Je ne le supporte que parce qu’il ne m’a pas encore déçue. Il pourrait par la suite devenir bretteur... Il ne serait pas la première fine lame de son espèce que j’aurais formée... Si vous deviez vraiment le recroiser, ce sera peut être lui qui se chargerait du sort de votre vie… "

Se retournant à nouveau vers son interlocuteur, elle plissa les yeux d’un air de défi afin d’appuyer la possibilité d’un tel scénario.
Les premiers plats furent servis, occupant leur attention commune vers autre chose l’espace d’un instant. Le discours de Silka divergea à nouveau quelque peu en la présence d’une tierce personne :

" Vous êtes bien conscient que nos destins ne font que se croiser en ce jour et ne sont pas vouées à ce mêler d’avantage. Je vous déconseille de tenter d’influencer les évènements pour qu’il en soit autrement, même de manière indirecte. "

Suite à cela, elle se permit de se questionner, était elle vraiment si pressée qu’elle pouvait se montrer clément envers des malfrats pour les laisser s’en aller ? Non, bien sur, ce n'était que pure naïveté, elle espérait sûrement qu’ils se rendraient inconsciemment compte de la valeur de leur vie et que, quelque part, ils en soient reconnaissants. Pourtant, l’homme acceptait entièrement son choix de vie, c'était vain d’espérer. Sûrement avait elle héritée cet espoir de sa famille, une persévérance propre à son éducation martiale, forgée dans le respect de ce qui était considéré comme la « bonne et correcte » éthique.
Elle songea ainsi, silencieuses, durant le bref instant où ils étaient servis.
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Mar 20 Déc 2011 - 23:37
Je suis totalement d'accord avec vous, c'est un office qu'il remplit très bien. Mais il aurait encore besoin de quelques cours. Laisser tomber vos bagages dans la boue était un geste malheureux... et inutile.

Il posa un regard avide sur les plats lorsqu'ils furent posés devant eux. Son estomac exultait. Le repas n'était pas princier, et c'était exactement ce qui faisait son charme. Ne serait-ce que le pain. Le pain seulement aurait suffi à le rassasier. Cette mie tendre et chaude, si onctueuse, et la croûte ravinée qui craquait de plaisir sous la dent. Il s'extasiait toujours de la patience et de la passion qu'il fallait pour préparer une telle merveille. Il aurait aimé posséder un tel savoir. En fait, à bien des égards, il ne s'estimait pas plus que le simple jardinier, boulanger, cuisinier ou artisan qui excellait. Ils réalisaient des choses tout aussi fabuleuses que lui. Certes, moins spectaculaires, mais il était bien placé pour savoir que le spectaculaire n'était là, souvent, que pour cacher la vrai nature de l’œuvre accomplie.

Une idée, qu'il n'avait alors jamais considéré, le frappa. Il respectait profondément l'homme du commun dès l'instant ou ce dernier se dévouait à une cause, pourtant il ne pensait hésiter une seconde s'il devait, pour parvenir à ses propres fins, les écarter de sa route. Il réfléchit quelques instants, tout en étalant généreusement du pâté aux herbes sur une tranche de pain, puis l'explication lui vint, évidente. Le travail, c'est le travail. Haussant les sourcils, il laissa échapper un soupir de soulagement : voilà qu'il avait failli se laisser emporter par des considérations morales!

" Vous êtes bien conscient que nos destins ne font que se croiser en ce jour et ne sont pas vouées à ce mêler d’avantage. Je vous déconseille de tenter d’influencer les évènements pour qu’il en soit autrement, même de manière indirecte. " //eh ben j'ai mis le temps à trouver la bonne couleur...//

Pour la première fois, ses yeux brillèrent d'un éclat froid, puis le reflet inquiétant disparut. C'était comme si, l'espace d'une seconde, la profondeur obscure de son âme avait fait surface.

"Vraiment? Nous ne nous reverrons pas, une fois ce repas fini? Permettez-moi d'en douter."

Il se tut, laissant son affirmation faire son effet, sans quitter la bretteuse du regard. Il attrapa une aisance qui dénotait l'habitude son verre et but avec une lenteur démesurée une gorgée de vin.

"Voyons les différentes options qui s'offrent à nous. Petit un, vous me tuez, puis éliminez mes "compagnons", puisqu'il ne manqueront pas d'accourir pour me venger (oui, je vous l'accorde, ils sont stupides). C'est une éventualité que je ne prends même pas la peine de considérer. Quoi? Vous me tueriez, maintenant, de sang froid? Dans cette magnifique auberge? Ou plus tard, à l'ombre des regards? Non, car je ne suis assez intelligent pour ne pas vous attaquer, et vous avez assez de sens moral pour ne pas tuer de sang froid. A moins que la personne en face de vous représente un vrai danger, auquel cas vous avezle cran pour faire ce qu'il faut, et vous arriverez à vivre en sachant que vous avez rendu vous même la justice (ce qui, éthiquement, est limite). Mais moi, vous ne me tuerez pas comme cela. Pas après m'avoir rencontré seulement quelques heures plus tôt. J'ai juste?"

Sans attendre de réponse, il poursuivit, de cette vois assurée qu'ont les orateurs expérimentés :

"Maintenant que je n'ai plus à craindre pour ma vie, passons à l'hypothèse petit deux. Comme vous êtes maintenant convaincue de ma profonde malhonnêteté, vous vous donnez pour devoir de me faire juger. Là encore, dessein voué à l'échec. Etant un parfait inconnu, la seule chose pour laquelle je pourrais éventuellement être condamné et le racket de votre... écuyer c'est cela? Je m’acquitterai volontiers de ma peine. Ce que je crains le plus, c'est de vous rencontrer en sortant de prison. le temps aura fait son oeuvre, et je suis moins certain que vous hésiterez à me tuer."


Une nouvelle gorgée.

"Enfin, petit trois, vous partez et m'abandonnez à mon triste sort, la mort dans l'âme, car vous saurez que vous avez laissé dans la nature un homme potentiellement dangereux. Et potentiellement utile, soit dit en passant. Car le grand banditisme n'est pas ce qui fait vivre, j'en ai peur... Auquel cas, vous finirez par essayer de me retrouver, un jour ou l'autre. Je dois vous l'avouer, ce qui m'effraie, c'est que mon petit exposé vous irrite au point de vous faire partir, en me laissant comme cadeau d'adieu une généreuse baffe. Ou que, par simple esprit de contradiction, vous m'éventriez sans me demander mon avis."

Il piqua avidement dans sa assiette et contempla avec gourmandise et admiration les fumets qui s'élevaient de la tarte aux champignons.

"Délicieux, n'est-ce pas?".


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Silka Sorge
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Mer 21 Déc 2011 - 15:03
" Votre réflexion est assez correcte… Dans l’ensemble. "

La bretteuse, imitant le style du bandit qui était dans le fond bien meilleur orateur qu’elle, se contenta de prendre une gorgée de vin afin d’allonger son temps de réponse.

" De plus, certaines options -en particulier celles concernant la balance de votre vie- sont assez bien inspirées. Permettez moi d’y méditer. "

Bien que son avis était déjà arrêté sur le sujet, tel qu'elle l’avait laissé sous entendre dans sa première phrase, Silka fit mine de réfléchir, tout en égouttant son plat. La bouche presque pleine, elle remarqua :

" Hum, oui, vous aviez raison sur le repas, c’est un plaisir pour le palet. "

Elle pointa son couteau vers l’homme, un morceau de viande empalé au bout, comme s’il était encore nécessaire de préciser le sujet de la discussion.
Visiblement amusée par sa propre prestation, Silka reprit un ton plus sérieux afin de conclure :

" Je n’irais pas à votre recherche, je ne connais même pas votre nom et je m’en moque. Seul un elf, n’ayant que peu de mesure du temps, pourrait concevoir d’en passer d’avantage avec quelqu’un de votre espèce, que ce soit pour votre bien ou votre mal. J’ai déjà salit une de mes lames pour l’un de vous, c’est bien trop à mon goût.
Sachez que je suis tout à fait indifférente à votre état de santé, puisque nos routes ne se croiseront plus, ce sera comme si vous n’auriez jamais existé. Vos activités, qu’importe leur noblesse, ont un rôle à jouer et si les pauvres gens ici doivent encore subir votre courroux, il en sera ainsi, je ne m’interposerais pas puisque je n’en serais plus concerné… Ce qui m’étonne, c’est que malgré le fait que vous preniez conscience de la conclusion d’une future rencontre entre nous, vous soyez aussi obstiné à vouloir vivre cet instant. Êtes vous à tel point las de votre expérience de mortel qu’il ne vous reste plus qu'a connaître est la sensation d’avant-mort afin de vous sentir complet ? "


D’un air terne, elle déposa ses couverts un instant, sans pour autant perdre le contact physique avec ses mains.

" Si votre discours n’a servit qu’à vous offrir un dernier repas avant le moment venu, faîtes le moi savoir, qu’on en finisse. Je n’aurais aucun remords de vous délivrer de votre vie, qui de manière générale n’a que peu de valeur à vos yeux, n’est-ce pas ? "

Subtilement, son index caressa la lame de son couteau comme pour souligner sa résolution.
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Sombre-Chêne
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Mer 21 Déc 2011 - 23:48
Là. La conversation commençait enfin à devenir vraiment intéressante. La bretteuse avait abandonné sa retenue prudente des premiers moments de leur rencontre, et laissait pleinement cours à sa froide indifférence pour le genre humain décadent, qu’incarnait parfaitement l’homme. Elle venait de prononcer sa plus longue réplique depuis le début.

« Vraiment ? Vous me laisseriez partir et abandonneriez ces pauvres êtres à leur triste sort ? Vous me décevez… Je commençais à me faire une idée respectueuse de votre personne. J’avais cru que vous protègeriez la veuve et l’orphelin éperdument, dussiez-vous pour cela vous mettre en danger. Mais non. Vos affaires sont vos affaires, celles des autres ne le sont pas. Prenez garde, par ce point, vous me ressemblez. »

Il contempla le bout de jarret qui pendait au bous du couteau de son interlocutrice, et ne put s’empêcher de s’y comparer, tant son avenir proche était incertain.

« N’est-ce pas que je suis fou ? Si j’avais poursuivi la conversation sur un chemin moins risqué, certainement aurais-je pu être confiant de ne pas mourir dans les minutes à venir. Mais en vous faisant part de ma théorie, j’ai considérablement réduit mes chances de sortir indemne de ce repas (reste à discuter de la relativité de ce considérablement…). J’avoue qu’en ce qui concerne la sensation d’avant mort, je serais passablement déçu de quitter ce monde sans l’expérimenter comme il se doit. Vous l’avez remarqué, je suis curieux. Mais je pense attendre quelque peu avant de vivre cette inoubliable expérience. La vie est si douce. »

Il illustra sa dernière phrase d’un geste ample de la main, embrassant du regard les mets qui s’étalaient devant eux.

«Vous savez, pour moi, mis à part votre force de caractère, vous ne représentez pas beaucoup plus que votre hobbit. Oh, si, bien sûr, vous avez plus de valeur, car vous êtes potentiellement plus utile, mais c’est tout. Je n’attendais rien du hobbit. Je n’attends rien de vous. Il était là, j’étais là. Vous êtes là, je suis là. Rien de plus. Le hasard. Même s’il fait bien les choses, dit-on. »

Il s’arrêta, choisissant avec soin ses mots, conscient qu’il jouait en ce moment même sa vie.

« Vous voulez me tuer ? Ce serait dommage… Si vous voulez, prenez mes hommes, ils ne valent rien. Non, je ne marchande pas ma vie : si vous me tuez, vous les tuerez de toute manière. En revanche, si vous me tuez, vous ne rencontrerez jamais un individu que je brûle de vous présenter. On dit que sa lame fend l’air plus vite que l’éclair… »


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Silka Sorge
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Ven 23 Déc 2011 - 15:12
Suspicieuse, Silka fit en sorte de ne pas le faire transparaitre. Quels sombres dessins avait l'homme ? Dans quel piege essayait t'il de l'attirer ? Autant de questions sans reponses qui n'avaient pas le temps d'etre resolues, chaque instant de reflexion la faisait parraitre plus soucieuse qu'elle ne voulait bien paraitre.

" Si c'est pour un defi, je ne repond a nul intermediaire... "

Elle fit une pause le temps de soupirer... Elle n'arrivait pas a une conclusion satisfaisante quand a cette supercherie, mais elle partagait en effet un trait avec l'homme : une certaine curiosite.

" Les fines lames de ce monde sont voues a se rencontrer tot ou tard. Mais cela ne vous concerne pas forcement, meme si vous essayez de vous en convaincre. Puisque vous ne sembles pas presse de mourrir, cela met fin a cette conversation. "

La bretteuse tentait de lui faire prendre conscience qu'il avait en quelque sorte reussi a s'acheter un peu de temps, bien qu'elle n'ossait lui avouer l'interet reel qu'il avait reussi a lui initier.

" Vous semblez vraiment desepere d'avoir ma compagnie. C'est insultant, venant de quelqu'un comme vous... Et je ne reviendrais pas sur mon ancienne sentence, nos chemins ne se recroisseront pas, inutile d'insister... Mais j'imagines que meme en temps que spectateur, vous jubilerez a le vue de votre champion a l'essai contre le style des Sorge... Qu'importe, vos interets me sont vraiment inconprensibles... J'imagine que vous me suivrez ou vous tiendrez informe de mon emplacement... Mais que je ne vous surprenne plus a portee de ma lame... Monsieur... "

Essuayant sa bouche d'un geste rustre de la main, contrastant avec les valeurs hautaines qu'elle essayait de s'afficher, et quitta la table.
Au meme moment, Orestre refit son apparition dans l'etablissement, visiblement satisfait d'etre au sec, mais celle ci fut de courte duree quand il vit son "maitre" sur le chemin de la sortie.

" Allons y. "

Balbultiant quelques jurons, le hobbit revint sur ses pas, tellement contrarie que ce fut a Silka d'ouvrir la porte pour lui et de le pousser dehors d'un coup de pied a l'arriere train. Avant de fermer la porte, elle lanca un dernier coup d'oeil par dessus son epaule en direction du bandit, un sourire de defi en coin.

Une fois dehors, elle n'offrit pas le luxe du moindre regard aux ruffians qui avaient eut le bon reflexe se d'ecarter de son chemin. Meme Oreste en profita pour bomber le torse et faire semblant d'en etre la cause. Peu de tempns apres, le duo se retrouvait sur la route, la mule tout aussi peu enthousiate a repartir que le hobbit alors qu'elle pensait pouvoir enfin se reposer.
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