A la recherche des vaches du père Fierpied.

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Etelion
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Sam 30 Jan 2010 - 15:51


Tomi Fierpied était un jeune hobbit d'une petite trentaine d'année. Il travaillait à la ferme pour aider son vieux père. De là venait son corps svelte et fin, pas encore musclé mais en bonne voie de l'être d'ici quelques années. Il avait des cheveux finement bouclés, chatains foncés, et des yeux verts sombres. Ce n'était pas le plus attirant des kuduks: son nez était plus large que la normale, ses yeux plus grands, et ses joues plus rondes. Malgré cela, il était déjà fiancé avec une jeune hobbite d'un village voisin. Une Bophin, cousine au quatrième degré avec le grand oncle du beau-frère du père de Tomi. Elle était plus vieille que lui de quelques années, ce qui n'empechait pas leur relation - malgré leur jeune âge - d'évoluer doucement et paisiblement.

Aujourd'hui, c'était un temps gris qui avait accompagné le lever du soleil. Plus tard dans la journée, les vents se levèrent et l'orage arriva. Un arbre s'abattu sur l'une des barrières qui gardaient les cinq vaches laitiaires du père Fierpied dans leur enclos. Ainsi, les cinq bovins s'étaient échappés, et la difficile et longue tache de les retrouver et de les ramener était, evidemment, pour Tomi. Un jeune shiriff, nommé Nob, de la famille Touque, avait accepté - non sans réticence - de l'accompagner et de l'aider dans sa besogne.

Ils avaient quitté l'auberge du Dragon Vert depuis maintenant une bonne demi-heure avant d'arriver à la ferme des Fierpied. Ils devraient suivre les traces des vaches pour les retrouver, chose devenue ardue à cause de la pluie incessante. Heureusement pour les deux jeuns hobbits, les cinq bêtes étaient parties, effrayées, à pleine vitesse vers l'extérieur de l'enclos, enfoncant leurs sabots profondément dans la terre trempée.

La chasse allait commencer, et il faudrait énormément de courage de la part des deux compères pour retrouver les animaux sains et saufs, et surtout pour les ramener dans la grange, au sec et à l'abri de la foudre.

Une fois arrivés à l'endroit où l'enclos était ouvert à cause de l'arbre, en dessous duquel se trouvait ce qui restait de la barrière, Tomi prit la parole.

- Bon ... Il va falloir suivre cette seule piste, dit-il en montrant du doigt une trace fraiche dans la terre. Et se dépêcher, l'eau va bientôt les effacer. Heureusement pour nous que ce sont des vaches, et laitiaires qui plus est. Elles sont lentes et maladroites. J'éspère seulement qu'il ne leur est rien arriver. En continuant par là, on devrait arriver vers la vieille forêt. Il faut qu'on les intercepte avant, ça risque d'être dur pour nous si elles arrivent entre ses arbres sombres ...

Il regarda vers l'Est, et d'un voix forte, il dit:

- Allons-y ! On aura peut-être une chance de les récupérer toutes les cinq.
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Sam 30 Jan 2010 - 19:34
La Vieille Forêt... Je frissonnai en entendant se nom. Tous les hobbits se rappellent des contes les mettant en garde contre elle. Tous ont entendu parlé de sa malignité, sa haine, la terreur qu'elle insuffle. Enfant, j'avais tenté d'y pénétrer. Son aspect m'en avait dissuadé, et je n'avais eu depuis le courage d'y pénétrer. Je comptais sur le bon sens de ces vaches pour ne pas avoir à s'égarer dans ses sombres méandres. Allons bon ! Je ne voyais pas pourquoi la forêt aurait l'air plus avenant pour les bêtes que pour les hobbits ! Je décidai de me pencher sur les traces. Les vaches avaient piétiné le sol et la végétation environnante. Elles devaient n'avoir eu aucun mal à se frayer un passage au milieu des buissons. Malgré tout, je parvins à voir ce qui me semblait être du sang, délavé par la pluie, sur un roncier. Espérons que je n'arrives pas trop tard... A mes côtés, le fils du vieux fermier s'impatientait. Regardant vers l'Est inquiétant et la vieille forêt, il déclara d'une voix forte :

"Allons-y ! On aura peut-être une chance de les récupérer toutes les cinq."


Je regardais la piste tracée par les vaches. Elle n'était plus très fraîche. Une évidence me frappa. Je l'émit à haute voix :

"Les bêtes ont du s'enfuir il y a bien plus d'une heure. Elles sont plus grandes que nous, et doivent par conséquent courir plus vite que nous. Nous ne les rattraperont pas avant qu'elles soient calmées."

Cela, j'en était certain. Et elles ne se calmeraient pas avant que cette tempête ne cesse. Je m'imaginai à leur place. Qu'aurais-fait ? J'aurais courut devant moi sans réfléchir, suivant le dénivelé du terrain, et je ne me serais arrêté que lorsque j'aurais été vidé de toutes mes forces, auquel cas je me serait abrité, sous un arbre ou un rocher. Oui, il fallait découvrir l'endroit où elles s'étaient arrêtées, à peut-être une, voire deux heures de course. L'image de la carte que j'avais dessiné plusieurs années auparavant me frappa. J'avais pris soin de consigner jusqu'au dénivelé. Par chance, son contenu était toujours gravé précisément dans mon esprit. Voilà à quoi sert d'avoir une mémoire de mumakil ! J'allais à présent en profiter pleinement. Les vaches affolées allaient suivre une pente douce et un terrain plat, contournant de ce fait une importante zone de collines. Cela me semblait évident. Quand on fuit sans réfléchir, on suit le meilleur chemin qui s'offre à nous. Quand bien même nous mènerait-il dans la vieille forêt, songeai-je avec effroi. Il me fallait espérer qu'il n'y ait pas de brèches dans la grande haie. Les vaches seraient certes à l'abri dans les bois, mais quels dangers les y attendaient ? Il fallait faire vite. Nous avions trop de retard pour suivre leur piste. Il nous faudrait couper, au risque de perdre leur trace. je me tournai vers mon compagnon, qui m'attendait quelques pas plus loin, me regardant réfléchir, incrédule.

"J'ai fait mon choix. Il me semble préférable de couper par les collines, si nous voulons les rattraper à temps. Qu'en penses-tu ? Nous devons choisir vite !"

J'espérai qu'il ne réfléchirait pas autant que moi. Je n'avais perdu que trop de temps. La moindre minute de retard pouvait avoir des conséquences redoutables. Je chassai de ma tête l'image des bois menaçant. La poursuite allait commencer, et l'issue était incertaine. Pourvu que les vaches s'arrêtent avant la haie, implorais-je mentalement.
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Etelion
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Dim 31 Jan 2010 - 16:47
Cela faisait déjà plus d'une heure que les deux compagnons étaient partis à la recherche des cinq vaches laitières du père Fierpied. Alors que Tomi essayait de tenir le rythme du shirff, ce-dernier s'arrêta et se mit à parler, d'une voix sûre.

- "Les bêtes ont du s'enfuir il y a bien plus d'une heure. Elles sont plus grandes que nous, et doivent par conséquent courir plus vite que nous. Nous ne les rattraperont pas avant qu'elles soient calmées." Puis, aprés dix bonnes minutes de réfléxion de la part du plux vieux des deux hobbits. "J'ai fait mon choix. Il me semble préférable de couper par les collines, si nous voulons les rattraper à temps. Qu'en penses-tu ? Nous devons choisir vite !"
- Tu as raison, répondit Tomi. Mais je ne pense pas qu'elles soient si rapides que tu le dis. Tu n'les as jamais vu courir ! Ce sont vraiment des bêtes maladroites, et, malgré leur taille, elles n'ont pas de réelle puissance dans leurs gambettes. Donc j'pense qu'on peut les rattraper, en gardant ce rythme. M'enfin, elles ne s'arrêteront que quand l'orage sera loin. Heureusement pour nous, il s'éloigne déjà, mais ce sont de vraies peureuses !

Le fils du fermier sentait bien que le shiriff était pressé de repartir à la chasse aux vaches, mais une chose le dérangeait. Ils avaient déjà croisé plusieurs habitations depuis leur départ de l'auberge. Et, même si la majorité de la population du petit-peuple a une tendance nette à l'honnêteté, certains hobbits ne laisseraient pas passer l'occasion d'acquérir gratuitement une ou plusieurs bêtes de la qualité de celles de la famille Fierpied. Ce, pour grossir un troupeau déjà existant ou pour revendre les bêtes à des fermiers peu soucieux de leur origine. Autant dire que cette vile manière de penser qu'ont les humains s'est propagée jusqu'en Comté. Tomi fit, à son tour, part de sa réfléxion à Nob.

- On a intérêt à se méfier de ceux qui habitent par ici. J'les connais pas tous, mais certains de ceux qu'je connais ne se gêneraient pas pour nous piquer une vache ! Voire plus ! M'enfin, dans ce cas, on pourra toujours revenir dans la nuit, histoire de faire un p'tit tour d'inspection ... Maintenant, comme tu l'disais, on devrait y aller. Par les collines, donc. T'as l'air de mieux connaitre le coin que moi, j'te suis.

Avant que le Touque ne parla, l'autre hobbit commença à marcher d'un pas accéleré vers les collines à l'Est de Hobbitebourg. Le temps sombre et impitoyable qui était là quelques minutes plus tôt, laissa place à une toute autre atmosphère. Le vent s'était renforcé, la pluie aussi, mais la foudre avait disparu. Une légère brume arriva du Nord. Le soleil serait bientôt caché derrière la sime des arbres et les collines aux alentours. Tout en marchant, Tomi releva ces détails pour les communiquer à Nob.
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Nob Touque
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Dim 31 Jan 2010 - 18:52
Je hochai la tête lorsque mon compagnon me désigna le changement de temps. La nuit tomberait trop rapidement ce soir là, du moins à mon goût. Et cela n'allait sûrement pas favoriser nos recherches. Je m'élançai au pas de course en direction des collines, rattrapant rapidement le fils du fermier. Nous n'avions que trop tardé. L'heure était à l'action. Rapidement, la pente s'éleva pendant que les taillis s'assemblaient sur notre chemin. Cela ne me gênait guère, j'étais habitué depuis mon enfance à parcourir ces terres, et mon compagnons me semblait plus leste que moi. Il m'avait laissé prendre la tête de la poursuite, et j'écartai à coups de bâton les buissons lorsque cela s'avérait indispensable. Rapidement, nous arrivâmes au sommet de la premier colline. De là, nous avions une belle vue sur les environs, cependant, je n'aperçus aucune trace visible des vaches.

Cela ne me découragea pas, et je continuai ma course. Nos habits, trempés, nous ralentissaient, rendant notre course pénible. Cependant, je ne me décourageait pas. Nous pouvions y arriver. Nous luttions sans arrêts contre un vent puissant, qui nous glaçait jusqu'aux os. Plusieurs fois, des ronciers barrèrent notre route, et nous n'avions d'autre choix que de les contourner. Le dénivelé eut rapidement raison de nous, mais je n'osai interrompre notre course. Un shirrif fait toujours son travail proprement. Ma sueur se mêlait à la pluie, mon souffle se faisait rauque. Mais je poursuivais sans relâche, n'osant nous accorder une pause. Dans une ou deux heure déjà, nous y verrions à peine. J'infléchissais légèrement ma course vers l'endroit où devait à présent se trouver la piste. Il valait mieux ne pas rester dans ces collines désertes la nuit tombée... Mais mes jambes s'alourdissaient, avancer davantage devenait une torture. A mes côtés, mon compagnon ne semblait pas être dans un meilleur état que moi.

Je me tournai vers lui, m'arrêtant. Nous devions faire une pause, quelques instants du moins. J'étais sur le point de vomir. Il me semblait que j'atteignais mes limites. Il y avait longtemps que je n'avais pas couru aussi longtemps. Il nous fallait à présent suivre la piste de ces vaches fugueuses, si nous ne voulions pas le perdre. Elle devait n'être distante que d'un quart de mile environ. J'encourageai mon compagnon :

"Courage ! Dans moins de dix minutes, nous pourront faire une pause !"

Le simple fait de prononcer ces paroles renforça ma volonté, bien que les mots aient eus du mal à sortir de ma gorge asséchée. Je tendis quelques instants ma bouche vers la pluie, espérant me rafraîchir, puis descendis à pas vifs du promontoire où nous nous trouvions. Ils ne nous restait plus qu'à descendre. Alors, nous pourrions enfin pister réellement ces maudites bêtes.
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Etelion
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Lun 1 Fév 2010 - 8:53
Une fois descendu du point de vue, Nob se dirigea vers la direction qu'il avait indiqué plus tôt. Les vaches n'étaient plus loins, d'aprés lui. Et Tomi éspérait bien les retrouver avant la tombée complète de la nuit. Ce temps l'insupportait. Il était trempé, et le vent froid le glaçait. Ils n'étaient partis que depuis à peine deux heures, et il en avait déjà marre. Mais les vaches n'étaient pas loins. Seule l'image de son père, totalement désemparé et hurlant dans l'auberge à qui voudra l'entendre que sa vie allait être ruinée, lui mettait du baume au coeur ... En tout cas, le motivait assez pour continuer. Le fils du fermier essaya tant bien que mal de communiquer cette motivation.

- Allez, bientôt on aura fini, on aura retrouvé les vaches, et on ira boire une bière, fumer de l'herbe à pipe - j'ai de l'Etoile du Sud en réserve - et surtout manger !!! Je suis prêt à continuer sans faire de pause si c'est pour finir ce travail plus tôt !

Sur ces mots, les deux hobbits s'élançèrent dans la direction indiquée plus tôt par le Touque, dans une course à petit foulée, pour se réchauffer autant que possible sans s'épuiser d'un coup. Une vingtaine de minutes plus tard, aprés avoir suivi les traces presqu'effacées maintenant, ils aperçurent une forme au loin, perdue dans la brume. Tomi s'approcha, devant le shiriff, par curiosité. Il fut heureux de voir, allongées sous un arbre, trois des vaches qu'ils recherchaient. Heureux est d'ailleurs un mot faible ... Il sauta de joie en les voyant se reposer.

- Cette tache ingrate touche à sa fin, cria t-il à son compagnon. Comme on l'avait dit, elles se sont arrêtées dés que l'orage est parti.

Il marqua une courte pause, le temps de réfléchir - chose ardue avec un esprit si lent - , et se retourna vers Nob avec des yeux grands ouverts et la bouche ouverte. Il continua donc de parler.

- Bh ... Beuhh.. Bééh !! Il en manque deux !! Et y'a plus une trace par ici, l'eau a tout effacé ! Bon, 'faudrait que quelqu'un les raccompagne. Mais on peut pas les laisser toutes les trois ici, et laisser les deux autres où elles sont. Soit on les accroche un peu plus loin, au cas où quelqu'un les aurait vu ... Ca éviterait de s'les faire chaparder. Soit on les ramène à la ferme, on les enferme dans la grange en attendant de les avoir retrouvée toutes les cinq, et on continue demain, aprés avoir seché et s'être réchauffé d'vant un bon feu. Le mieux à faire, j'pense, c'est la deuxième solution ... Au point où on en est. Et au moins on ne risque pas de les voir disparaitre, ces trois-là ... Mais ce sera plus dur de retrouver les deux qui manquent demain, par contre. T'en penses quoi, toi ?

Il regarda le shiriff aprés avoir fermé la bouche, puis ferma les yeux et se massa les temps, sans raison réelle. Ce geste l'apaisait, et il avait bien besoin de ça devant un tel choix à faire. Cependant, ce-dernier reposerait presqu'entièrement sur l'autre hobbit.

- Hein, t'en penses quoi ? répéta Tomi d'un air fatigué et d'une voix molle.
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Mar 2 Fév 2010 - 21:52
Enfin, songeais-je en apercevant ces maudites vaches s'abritant sous un arbre, alors que nous étions trempés. Nous étions chanceux, très chanceux. Peut-être même trop. Retrouver aussi rapidement les cinq fugueuses relevait du fantastique ! Nous avions tout d'abord rejoint sans problèmes la piste, puis la remonter avait été un jeu d'enfants. Cette facilité me déconcertai, mais ne me déplaisait pas. Il valait mieux que cette recherche soit plutôt brève, si nous ne voulions pas finir noyé sous ce déluge.

Joyeux, je m'élançai donc en direction des bêtes. Elles nous en auraient fait voir, ces cinq fugueuses ! Cinq ? Je me stoppai net. Il n'y avait que trois vaches, abritées sous cet arbre. Où étaient passées les deux autres ? A mes côtés, le jeune hobbit exultait. Il se stoppa net. Il venait donc de comprendre la situation... Je me penchai vers le sol, dans l'espoir de retrouver quelque traces. Mais la pluie avait entraîné une coulée de boue, effaçant sur son passage toutes les empruntes. Je relevai la tête alors que mon compagnon m'expliquait les diverses possibilités.

Mais alors qu'il me demandait mon avis, espérant se reposer devant un bon feu, une chope de bière à la main, je balançais la tête tristement. Rien ne m'aurait mieux réconforté qu'un bon repas, une bonne flambée, et une nuit réparatrice. Mais mon orgueil et mon sens du devoir me commandaient un tout autre choix. Autant je pardonnais facilement aux voleurs de carottes, de choux et même de champignons, autant j'étais inflexible lorsque le vol prenait une telle ampleur. Car il ne pouvait y avoir d'autres explications. Les vaches ont un esprit grégaire développé. Je ne voyais pas pourquoi deux d'entre elles auraient quitté le petit groupe.

"Hein, t'en penses quoi ?"

Tomi m'implorait du regard. Nuls doutes que la poursuite n'avait que trop duré pour lui. Son choix était clair, mais il me demandait tout de même mon avis. Je ne voulais l'emporter dans d'autres aventures nocturnes, ses parents allaient s'inquiète. Certes, il n'était plus un enfant, mais il dépendait toujours d'eux. Je lui souris tristement. Une plaque de boue se détacha de ma joue. J'éclatai de rire. Face à moi, mon compagnon en était couvert jusqu'au dessus de sa ceinture, ses habits mouillés collaient à son corps, et ses cheveux dégoulinaient tristement sur son visage. Nous avions fière allure ! Lorsqu'enfin je me remis de ce rire libérateur, je lui déclarai sur un ton plein d'entrain :

"Eh bien, nous avons là l'air de vrais princes ! Il paraît que les habits moulants sont à la mode à Norchâteau !"

Je riais doucement, soulagé que notre course soit enfin achevée. Ma décision était prise. Je lui répondis donc :

"Va, tu vas pouvoir enfin boire une bonne bière devant un feu réconfortant, et être félicité pour ta célérité et ton courage face aux éléments par tes parents ! Ces vaches là pourront dormir sur la paille cette nuit !"


Je lus immédiatement de la joie dans le regard de Tomi. D'un air détaché, je demandai :

"Les deux autres vaches ont-elles un signe distinctif permettant de les reconnaître ?"
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Ven 5 Fév 2010 - 15:39
Tomi avait froid, il était trempé et sale, il puait, et il était par dessus tout. Ce fut alors la joie lorsque le shiriff qui l'accompagnait depuis plusieurs heures déjà à la recherche des vaches de son père. Ils en avaient trouvé trois. Il en restait donc deux autres. Mais où pouvaient-elles donc être ?

- "Les deux autres vaches ont-elles un signe distinctif permettant de les reconnaître ?"
- Alors, attendez que je réfléchisse, répondit le fils du fermier à la question de Nob. Là, il y a Margareth, Fifine, Simone. Il reste donc Lola et Didine. Lola est plus petite que la normale, c'est la seule chose que je peux noter sur elle ... Quant à Didine, elle a deux grosse taches noires parfaitement symétriques au niveau de son épine dorsale, en plein au centre. J'peux rien vous dire d'autre, désolé. M'enfin, on reprendra demain, en forme, et avec un peu de chance sans ce rideau de pluie et ce brouillard qui s'épaissit ! Bref, rentrons avec les trois bêtes, allons les mettre en sécurité. Aprés, je vous invite à la maison, un bon repas, et on vient de recevoir de l'herbe à pipe excellente ! L'une des meilleures, la Langoulet de 290, je crois. Ou 270. Enfin j'sais plus, quelque chose d'ce genre. On a une chambre d'ami qu'on utilise plus depuis des années, mais ma mère change les draps régulierement, donc ça devrait être assez propre. J'éspere que vous ne refuserez pas une telle invitation. En ce qui concerne les deux autres vaches, je commence à me faire du soucis ... Plus j'y pense, plus j'me dis qu'elles se seraient jamais séparées, les connaissant. Il doit y avoir quelqu'un derrière ça. On en parlera avec mon paternel, p't'être bien qu'il aura une idée à propos d'un ravisseur de vaches.

Sur ces termes, Tomi retourna auprés des trois vaches. Il les attacha entre elles avec un bout de corde qui pendait à une barrière un peu plus loin, et il se dirigea vers la ferme de son père. Moins d'une heure plus tard, ils étaient arrivés. Aprés avoir raccompagné les bêtes à l'intérieur de la ferme et avoir bien fermé derrière eux, ils se dirigèrent vers le smial des parents. Dés qu'il ouvrît la porte, Tomi entendit sa mère crier.

- TOMI !! ENFIN, TU ES REVENU !
- Aaah, mon fils, ajouta le père Fierpied d'une voix grave. Alors, les vaches ? Vous les avez retrouvé ? J'ai un peu pété les plombs tout a l'heure. Mais bon, tu sait c'que c'est, ces vaches, pour moi ...

Le père de Tomi était en train de se préparer une pipe remplie de petits morceaux de feuille de Langoulet tassés. Il n'existait rien de meilleur pour calmer un hobbit.

- Non, répondit le jeune hobbit. Enfin, oui. On en a retrouvé trois, mais aucune trace des deux autres vaches laitiaires. Elles étaient toutes les trois arrêtées à l'Est de la ville. ce soir c'était plus possible. Entre la pluie et le brouillard, le froid et la fatigue, c'était vraiment pas évident. On y retournera demain, avec Nob. Enfin si il est toujours d'accord. Je l'ai invité à souper et giter ici. Comme il n'y a personne dans la chambre d'ami.

Puis, se tournant vers Nob, il ajouta:

- Enfin, s'il est toujours d'accord.
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Nob Touque
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Dim 7 Fév 2010 - 17:08
Je n'avais eu d'autre choix que de suivre Tomi, sur le chemin du retour. Le semi-échec de notre mission avait un goût de fiel dans ma bouche.

Cependant, il était clair que nous ne pouvions passer la nuit en vadrouille. De plus, il me fallait l'autorisation du capitaine des shirrifs, voire du Touque, pour inspecter légalement les fermes des environs. Malgré tout, j'avais acquis une certaine connaissance dans mes plus sombres années pour "l'infiltration illégale", notamment dans les bâtiments renfermant des victuailles. Mais cette fois-ci, c'était différent. Je devais faire ça pour une bonne cause, et avais perdu l'habitude...

Enfin, alors que je remuai toujours mes pensées, je vis Tomi accélérer l'allure. Cela me semblait surprenant. Nous étions épuisés, sales et affamés. Comment pouvait-il donc... La réponse me frappa comme une évidence. Nous devions approcher de sa ferme. Et la perspective d'un bon repas réparateur le motivait plus que l'idée de perdre les vaches de son pères. Celles-ci avançaient d'ailleurs paisiblement derrière nous, ignorant notre lassitude. J'étais affamé, mais je ne voulais pas mendier mon repas auprès de ces braves paysans. Qui plus est, je n'avais même pas retrouvé toutes leurs vaches !

Après moins d'une heure de marche, mon compagnon me désignait son smial avec une fierté certaine. Alors qu'il entrait dans sa propriété, j'hésitai. Devais-je donc quémander mon repas ? Ma fierté me dictait de rejoindre mes confrères shirrifs, pour discuter de l'affaire ensemble. Mais ce brave Tomi ne me laissait pas le choix. Il était sûr que je viendrais manger avec eux. Aussi, lorsqu'il me demanda si j'étais toujours d'accord, je n'osai refuser sa proposition. Je répondis donc :

"Je ne voudrais vraiment pas vous déranger ! Et puis, en quelque sorte, j'ai faillit à ma tâche, donc vous ne me devez rien !"

Je savais qu'il était impossible de convaincre ces braves paysans. J'attendis toutefois leur réponse avant de passer l'ouverture circulaire.

"
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Mar 9 Fév 2010 - 13:33
- "Je ne voudrais vraiment pas vous déranger ! Et puis, en quelque sorte, j'ai faillit à ma tâche, donc vous ne me devez rien !"

Ce a quoi répondit le père Fierpied, d'une façon presque brutale, comme si cela allait de soi:

- M'enfin, que dites vous ? Vous m'en avez retrouvé trois ! C'est déjà plus que ce que j'éspérais ! Alors maintenant, rentrez et veuillez savourer le bon repas que ma femme a gentiment préparé ! Parcontre, je compte bien sur vous pour me retrouver les deux autres demain dés que le soleil se lèvera. Bien sûr, Tomi vous accompagnera, hein Tomi ?
- Hmmpff. Oui papa, bien sûr...

On voyait au son de sa voix et à sa manière de répondre on-ne-peut-plus explicite que Tomi n'avait pas envie de retourner au froid et sous la pluie dés le lendemain, aprés une nuit si courte.
Toute la famille, et leur invité, se dirigèrent donc vers la salle qui sentait le plus la nourriture. La cuisine des Fierpied était apparement l'une des pièces principales de l'habitation. Les étagères étaient remplies de vieilleries, de mathoms, de pipes et de tableaux en tout genre. Un feu brulait dans la cheminée, et l'odeur du feu de bois se mêlait à cette de l'herbe à pipe récemment consommée.

- Je vais te preter des affaires en attendant que celles-ci soient en état d'être reportée. Un coup à l'eau, et demain matin elles seront propres à chaudes, à côté de la cheminée. Attend moi là.

Tomi s'en alla, laissant Nob seul avec son père pendant que sa mère amenait le repas sur la longue table. Il revint quelques minutes plus tard, vêtu de vêtements secs, avec un tas d'habits posé sur le bras.

- Tiens, dit-il en tendant les vêtements au shiriff. Je suis désolé, ce sont d'anciens habits et ils sont un peu détendus ... Mais ils sont chauds et confortable, tu devrais être à ton aise la-dedans !

Sans lui demander son avis, Tomi fourra les habits dans les bras du Touque puis se dirigea vers la table et s'assit. Les Fierpied n'étaient pas des personnes trés à cheval sur la politesse, mais ils avaient un sens trés développé de l'accueil d'invité. Ainsi, la famille Fierpied était assise à la table, se servant les plats amoureusement mijoté par la mère du jeune hobbit. Il y avait là du lapin roti et servi avec une sauce aux herbes et aux fleurs, une salade recouverte d'huile végétale, et une tarte aux pommes et poires du jardin qui était à l'arrière de la maison, avec une étrange mousse blanche sucrée, qui n'était en fait que de l'oeuf battu en neige.

- Va ! Dépeche toi de t'habiller, et viens manger ! C'est excellent, dit Tomi Fierpied à son compagnon de recherche. Ne t'occupe plus des vaches, ici, l'heure du repas est sacrée.
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Nob Touque
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Sam 13 Fév 2010 - 22:40
Je ne me fis pas prier pour accepter ces habits, frissonnant sous ma tunique totalement mouillée. Alors que je demandai un endroit afin de me changer, Tomi me désigna une petite salle. Ces habits étaient certes trop petits pour moi, et détendus, cependant, le brave hobbit n'avait pas mentit en affirmant qu'ils étaient chauds et confortable. C'est avec plaisir que je les revêtis. Une tunique, un pantalon sec ! Cela me semblait d'un luxe inouï ! Je venais d'affronter la boue, la pluie, le vent. Et je me trouvais maintenant dans une maison - chauffée s'il-vous plaît ! - à l'abri des intempéries, avec la perspective d'un bon repas offert par des paysans on ne peut plus accueillant. Qu'avais-je donc fait pour mériter tout cela ? Eh bien, je n'avais fais que mon devoir de shirrif, aidant des hobbits dans le besoin. Mais ce n'était qu'un des avantages de ce métier, bien que ce ne soit pas le moindre. Et dire que, selon les rumeurs, les Grandes-Gens sont si méfiantes qu'elles ne s'entraident jamais ainsi ! Avoir de trop grandes jambes doit les écarter des simples sentiments proches du sols. Dire qu'ils voient leur taille comme un avantage... Je serrai sa ceinture et rejoignis la brave famille.

"Va ! Dépeche toi de t'habiller, et viens manger ! C'est excellent ! Ne t'occupe plus des vaches, ici, l'heure du repas est sacrée."


Je ne me fis pas attendre ! Cela aurait été tellement impoli ! Pour ces paysans autant que pour mon ventre criant famine depuis trop longtemps... Je rejoignis donc en toute hâte la cuisine. Il ne fallait pas que je fasse attendre mes hôtes ! D'ailleurs, ils n'avaient guère eut à m'attendre, Tomi se jetant sur tout ce qui était susceptible de remplir son ventre sans même prendre la peine de retirer ses habits mouillés. Il en résultait une vaste flaque d'eau à ses pieds, ainsi qu'une vaste flaque, d'huile cette fois, autour de son écuelle. Mais cela pouvait se comprendre aisément. Tenir un hobbit éloigné de toute nourriture pendant plusieurs heures était un exploit. Cela semblait avoir été pour le jeune paysan.

Je m'asseyais à mon tour à la tablée, remerciant une nouvelle fois mes hôtes. Il y avait de quoi. Le repas fut parfait d'un point de vue hobbit : long, abondant, et délicieux. Je fis honneur à tous les plats présents sur la longue table, ce qui ne fut pas une aussi mince affaire qu'on pourrait le croire. Madame Fierpied s'était révélée être une parfaite cuisinière, même du point de vue de personnes mangeant six repas par jour au Dragon Vert, ce qui n'était pas peu dire. Mais si les hobbits ont une faim presque insatiable, toutes les bonnes choses ont de même une fin. Le moment où l'on remplit les derniers coins arriva, présageant la conclusion de ce succulent repas. La nuit passerait vite, et bientôt la recherche reprendrait. Je questionnais le brave Fierpied :

"Quand devrions-nous repartir ? Je puis être levé de bonne heure, si vous estimez que ce soit le meilleur choix. Nous accompagneriez-vous ? La folle poursuite de cet après-midi est achevée, et rechercher les deux autres fugueuses ne devrait pas demander beaucoup d'efforts, mais une enquête approfondie. Et pour cette enquête, vous devriez être le plus en mesure de reconnaître vos vaches laitières... Cependant, je comprendrais que vous ne puissiez vous joindre à nous !"


J'attendis tranquillement la réponse du fermier, sirotant un dernier verre.
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Etelion
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Ven 19 Fév 2010 - 1:14
HRP: Désolé désolé désolé pour le temps de réponse :S /HRP




Alors que le repas touchait à sa fin et que les ventres étaient remplis, Nob prit la parole.

- "Quand devrions-nous repartir ? Je puis être levé de bonne heure, si vous estimez que ce soit le meilleur choix. Nous accompagneriez-vous ? La folle poursuite de cet après-midi est achevée, et rechercher les deux autres fugueuses ne devrait pas demander beaucoup d'efforts, mais une enquête approfondie. Et pour cette enquête, vous devriez être le plus en mesure de reconnaître vos vaches laitières... Cependant, je comprendrais que vous ne puissiez vous joindre à nous !"

C'est le père Fierpied qui répondit, bien que Tomi avait déjà la bouche ouverte.

- On s'lèvera avant l'aube, histoire d'être parti en même temps que le soleil lorsqu'il commencera à monter dans le ciel. Si tout se passe bien, on devrait avoir trouvé Lola et Didine demain avant la nuit. Mes pauvres bêtes ... J'éspere qu'il ne leur est rien arrivé, j'm'en voudrais trop. Vous savez, on dit souvent que les gros bestiaux sont pas des animaux de compagnie. Mais j'vous l'dis, mes vaches ... Avec ma famille et mes champs, c'est ma vie. Bref, mieux vaut ne pas trop s'étendre sur le sujet, ça s'rait inutile. Si il ne pleut pas, je viendrai avec vous. Autrement, j'aurais trop de mal à me déplacer dans la terre ramollie.

Il se tapa fortement sur le ventre, et mit un terme à la conversation.

- Bon, sur ce, allons nous coucher. Il faudra être en forme demain.

Il embrassa sa femme, et ajouta:

- Ton diner était excellent, ma chérie. Tu me surprends de jour en jour !

Cette dernière phrase était pleine d'humour, les deux parents de Tomi se comprirent et, affichant tout deux un sourire qui annonçait une bonne nuit, se levèrent et débarassèrent la table. Quelques minutes plus tard, il se couchait aprés avoir dit au revoir aux deux plus jeunes.
Tomi accompagna Nob jusqu'à une petite porte au bout du grand couloir.

- C'est là que tu dors, et moi juste en face. Si tu as besoin de quelque chose, hésite pas !

Sans attendre la réponse du shiriff, le fils Fierpied alla dans sa chambre et ferma la porte derrière lui. Le smial entier était bientot silencieux. Le seul bruit qui demeurait était celui des braises du feu de bois qui crépitaient encore.

Le lendemain matin, et au plus grand étonnement de Tomi, il ne pleuvait plus. En se levant, il alla réveiller Nob en frappant sur sa porte à plusieurs reprises, puis rejoignit son père qui était déjà levé depuis une bonne demi-heure.

- Eh béh, j'ai l'impression que j'vais vous accompagner aujourd'hui, dit-il à son fils. J'éspere qu'on va voir le soleil un peu, pa's'que les nuages, j'en ai ras-le-bol ... Mange autant que tu le peux, on risque de pas voir de nourriture avant midi. Dés que Nob sera levé, il faudrait qu'on parle. Oh quoi que, on pourra faire ça en marchant ... 'Va falloir qu'on se décide sur les différentes étapes de la recherche ! Déjà, j'avais en tête de retourner où vous les aviez trouvé hier.

Tout en écoutant son père, Tomi alla s'asseoir à la table et commença à manger. Il remplissait sa bouche le plus possible, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus macher. Ses parents lui reprochaient toujours d'être un goinfre. Quelques minutes plus tard, Nob arriva dans la salle ...
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Mar 23 Fév 2010 - 10:37
[HRP : Ne t'inquiète pas, ce n'est pas grave !/HRP]

Je me levai bien avant l'aube ce matin là. Ma nuit avait été courte, mais peu m'importait. Je n'aurais pas besoin de beaucoup d'energie aujourd'hui. Mais davantage de ruse et d'habileté. La maisonnée était encore endormie. Les hobbits n'ont souvent aucune raison de se lever tôt, mais j'aimais voir les premiers rayons du soleil illuminant une nature encore endormie et silencieuse. A tâtons, je traversai le couloir puis arrivai dans la salle à manger. Je ne m'y attardai pas beaucoup, et, trouvant la sortie, je poussai délicatement la porte, veillant à ne faire aucun bruit.
Les ténèbres régnaient encore à l'extérieur. Un chien endormi vint me renifler, se demandant qui était cette personne inconnue. Je le grattai doucement derrière ses oreilles, m'asseyant sur le seuil. Je restai ainsi quelques instants, goûtant au calme, tandis que le molosse avait posé sa lourde tête sur mes jambes, s'assoupissant à demi. Je laissai ainsi s'écouler le temps, sans chercher nullement à le dépenser ou à le retenir. J'étais là, tranquille, et le reste ne m'importait que peu.
Enfin, je me relevai, décalant avec difficulté la lourde tête qui m'immobilisait, et fit quelques pas dans le jardin des Fierpieds. Déjà, l'horizon rosissait. Le ciel, encore étoilé, était pur, sans la moindre trace de nuages. Une belle journée en perspective. Je sortis discrètement de la propriété, poussant un portail silencieusement. Le sol était légèrement humide, du fait de la rosée matinale. Je me posai à même le sol, adossé à un vieil arbre ridé, tendant ses branches vers les cieux. A ma gauche, le smial des Fierpieds semblait ramper au sommet d'une petite colline. On devinait sans problème à l'un des extrémités l'étable des fugueuses. Au moins, les trois d'entre elles qui avaient été ramenées n'avaient pas pris la clef des champs pendant la nuit. Une bonne chose... J'extirpai ma carte de ma besace. Après quelques minutes, enfin, je parvenai à me repérer. La lumière du soleil levant suffisait tout juste à lire les indications notées, mais je ne m'en souciait pas. Je comptai le nombre d'édifice susceptibles d'être des fermes dans les environs. Trois. Peu, mais à la fois trop. De plus, il y en avait d'autres plus loin. J'espérai que nous n'aurions pas à aller là-bas.
Finalement, je me relevai et reparti en direction du smial. Il fallait que je me prepare à affronter cette nouvelle journée. Intérieurement, j'esperai que nous retrouverions les deux dernières vaches avant le repas du midi. Mais nous avions à marcher pendant un long moment, et l'hospitalité légendaire des hobbits nous retarderait sûrement. En tous cas, il ne fallait pas que je m'affiche clairement en tant que shirrif. Je rentrai à nouveau dans la propriété, faisant accourir le molosse, qui me renifla et réclama presque aussi tôt des caresses. J'éconduisai le garde à l'aspect terrifiant pour les enfants hobbits, mais au caractère me semblant plus affectif qu'agressif. Enfin, je rentrai dans le smial et retournai dans la chambre qui m'avait été prétée.
J'y restai un long moment, avachi sur le lit, suivant du doigt les différentes routes dessinées sur mes cartes, qui se terminaient invariablement par une zone blanche. L'Extérieur. Qu'y avait-il ? Je l'ignorais grande partie. Mais cela ne m'intéressais guère. Qui a dit que l'herbe était toujours plus verte dans le pré d'à côté ? Personnellement, je pensais que nulle pays ne pouvait rivaliser la Comté, ses collines, ses champs, ses forêts, ses ruisseaux... J'aimais ce pays. Un pays loin de la fureur de la guerre, des traîtrises, des malheurs de ce monde. Pourtant, l'Histoire nous avait enseigné que cette paix n'était pas éternelle. Nous avions connu nous aussi la guerre, la traîtrise, la famine, le pillage. Mais dans ces cas-là, tous les hobbits avaient relevé la tête. La Comté nous protégeait depuis des siècles, nous nous étions levé pour payer cette dette. Mais à présent, le calme était revenu, et tous en profitaient. Finalement, je me relevai, mis mon chapeau et ma plume de shirrif dans ma besace, saisis mon bâton ferré, et retournai dans la cuisine.
Tomi et son père y étaient déjà attablés. Je suivis leur exemple, m'effondrant sur une chaise, tout en les saluant :

"Bien le bonjour ! Belle journée n'est-ce pas ? Un beau soleil se lève !"


Il suivit l'exemple de Tomi, se servant de quoi manger, mais avec moins d'empressement et choisissant des proportions de nourriture nettement inférieures.

"Monsieur, avez-vous une idée du programme de la journée ?"

Demanda-t-il en reposant une tartine de confiture.
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Etelion
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Mar 23 Fév 2010 - 14:33
Alors qu'ils se remplissaient allègrement la panse, le shiriff arriva de dehors. Le temps avait donc changé depuis la veille ... Il était en chemisette, Tomi pensait donc qu'ils n'auraient pas à affronter le froid de la nuit précédente. Avant que les deux hotes n'aient le temps de prendre la parole, Nob parla.

- "Bien le bonjour ! Belle journée n'est-ce pas ? Un beau soleil se lève !"
- Ah, salut à toi ! répondit Tomi. Déjà levé ? En effet, une belle journée ! Et j'ai l'impression qu'il fait bien meilleur qu'hier. C'est tant mieux.
- Il faut éspérer que le temps reste tel quel. En cette période, c'est vraiment une chose qui n'est pas rare.
- C'est bien vrai, papa ! Je me rappelle l'an dernier, on était passé d'un ciel bleu à une tempete en à peine une mi-journée !

Les deux Fierpied mangeaient de bon coeur, vidant leurs bols comme s'il ne s'agissait que de petits verre à cul-sec comme il en existait au Dragon Vert. Pendant qu'ils buvaient un grand verre de jus de fruit, Nob prit à nouveau la parole.

- "Monsieur, avez-vous une idée du programme de la journée ?"
- Ahem, non, pas vraiment. Enfin, pas totalement. On va passer faire le tour des maisons, prés de l'endroit ou vous les avez retrouvé hier. Si on ne trouve rien, eh bien ... On ira fouiner de manière plus appuyée. Mais j'ai un bon ami qui habite un peu au Nord - si j'ai bien compris - de l'endroit d'hier. Le connaissant, si un hobbit est passé avec une vache dans les 10 lieues autour de chez lui, il sera au courant. Nous irons chez lui en premier. Mais finissez de manger, il nous faudra des forces. On risque de visiter une paire de maisons ...

Quelques minutes plus tard, ils étaient tous trois habillés et repus. Peu aprés, ils étaient sortis et en route pour le grand arbre en dessous duquel les vaches s'étaient abritées la veille. Il n'y avait qu'une seule habitation dans les alentours.

- Chez les Bophin, je crois, dit Flagan, le père Fierpied, en pointant son doigt vers le smial en question. Ce sont des gens honnêtes. Les vaches ne sont pas là. Mais on peut toujours essayer de leur poser quelques questions. Allons-y.

Sans laisser le choix aux deux jeunes hobbits, le fermier s'avança vers le lieu de repos des Bophin. Quelques minutes plus tard, ils frappaient à la porte. Le petit-fils du doyen des Bophin ouvrit. Il devait être âgé d'une cinquantaine d'années.

- Ah, Maitre Fierpied ! Comment -allez vous ? Et que puis-je donc pour vous ?
- Bonjour Madoc. Ca va, ca va. Dis moi, tu n'aurais pas vu deux de mes vaches dans le coin ? Hier dans la soirée ? J'en ai perdu cinq, et je n'en ai retrouvé que trois.
- Hier soir ... Avec l'orage, je n'suis pas sorti. Aaah, attendez. En fermant les panneaux de bois devant les fenêtres, j'ai aperçu une forme étrange. Si c'était une vache, elle n'était pas seule. Quelqu'un était avec elle. D'aprés la taille, soit un grand hobbit, soit un petit homme ...
- Tu n'as rien remarqué d'étrange ? Enfin, quelque chose d'autre ?
- Non, je ne crois pas. A part le fait qu'il soit rare que quelqu'un sorte avec une vache d'un temps pareil. Et puis sa taille ... Ca m'a pas vraiment étonné sur le coup, j'ai pas fait attention. Mais il était vraiment grand. De mémoire et à vue de nez, j'dirais ... Peut-être un bon mètre trente ou quarante.
- Sa corpulence, ses cheveux, quelque chose d'autre ?
- Non désolé, avec ce vent et ce temps, je n'ai pu voir que des formes ... Mais je ne me rappelle que d'une seule vache.
- Bien. Tu m'en as dit beaucoup déjà, je te remercie. Ah, et transmets mes amitiés à tes parents !
- Ce sera fait ! Au r'voir Flagan.

Le père Fierpied résuma sa discussion à ses deux compagnons.

- Déjà, on a un indice, dit Tomi. Il est grand. Trés grand, pour un hobbit. Mais bien trop petit pour un humain. Avec une vache.
- C'eeest ça, Tomi. Bon, allons faire un tour de l'endroit.

Une heure plus tard, les trois hobbits revinrent au point de départ. Ils n'avaient rien trouvé. L'eau de pluie avait tout effacé. Un mal de dos frappa le fermier. Il vieillissait ...

- Papa, ça va ?
- Pff , oui, pff. Ca fait un mal de chien ! M'enfin, continuons.
- Bon ... On va où maintenant ?
- Ca fait un moment que je n'ai pas posé les pieds de ce côté de la Comté ... Nob, vous avez une idée peut - être ? Plus tard, nous pourrions aller voir mon ami dont je vous ai parlé plus tôt.





HRP: Je te laisse jouer avec ton imagination Wink /HRP
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Mar 23 Fév 2010 - 20:14
Je restai songeur. Un grand hobbit... Mmh... De cette taille-là, voilà qui n'était peu courant. Au moins, il serait facile à retrouver, rares sont ceux correspondants à une telle description. Mais un petit homme... Ceci était plus inquiétant. Il était généralement mauvaise que les Grandes-Gens s'occupent de nos affaires, nous avions vu ce que cela avait donné. Mais une vache ? Pourquoi une de ces personnes volerait une vache ? Cela m'interloquait. Un hobbit, cela se peut comprendre, encore faudrait-il qu'il soit fermier pour que cela passe plus ou moins discrètement. Mais une Grande Personne, cela n'avait ni queue ni tête ! Et c'était ce qui me semblait le plus inquiétant. Il me fallait prendre cette affaire par le bon bout. Pourquoi vole-t-on du bétail ? La réponse semblait simple : pour gagner plus d'argent, en vendant son lait, sa viande, ou en la revendant tout simplement. Cependant, cela pouvait aussi être pour se nourrir. En suivant la première hypothèse, cela donnait une multitude de pistes. Mais la seconde... Une vache, c'est beaucoup de viande. Qui peut donc être à ce point-là dans le besoin ? Les hobbits s'entraident, et il faut être nombreux... Mieux valait finalement qu'un fermier peu scrupuleux l'ait dérobé...

"Eh bien, oui, bonne idée, allons voir cet ami ! Nous pourrons en profiter pour interroger les riverains de ces belles terres !"


En effet, débarrassé de la pluie et de la boue, je pouvait profiter pleinement du paysage, vaste mosaïque de champs d'un vert vif bordés de multiples haies d'arbres et de ronces envahis de fleurs. Du fait de l'heure matinale, seule quelques bêtes sauvages paissaient. Un chevreuil vint brouter non loin de nous, puis s'enfuit lorsque nous bougeâmes trop. Un immense sanglier menait ses enfants manger un peu plus loin, pendant que les oiseaux chantaient joyeusement dans les frondaisons des arbres. Toute cette nature respirait le calme et l'insouciance. J'aurais tant aimé être comme un de ces écureuils jouer en sautant de branche en branche, sans plus me soucier des affaires des autres. Mais c'était mon métier, et j'avais à y réfléchir autant que le permettaient ma pauvre tête et mon ventre insatiable.

Nous reprîmes donc notre marche joyeusement, tels de gais randonneurs. Je sifflai un air connu comme si je ne me souciai nullement du pourquoi de notre présence ici, mais du coin de l'œil, j'examinai attentivement la route. Qui sait vers où elle nous menait ? Vers les amis des Fierpied, mais au delà ? Vers où se poursuit-elle ? Bah, je m'arrêterai bientôt, autant de ne pas tant se soucier du futur ! Tant que les champignons y avaient leur place... Il était impossible pour la majorité des hobbits d'envisager leur avenirs sans champignons, et je ne faisais pas exception à la règle. Tout en continuant de marcher, je me tournai vers mes compagnons. Une idée venait de germer dans ma tête. Nous n'avions que peu de chances de la prouver, mais sait-on jamais ?

"Si vous apercevez des champignons sur le bas-côté, pourriez-vous me prévenir ? On ne sait jamais, si un hobbit est passé ici hier soir, après la tempête, il aurait peut-être pris la peine de s'arrêter pour en cueillir quelques uns..."

Je devais devenir fou, mais peu m'importait. La fortune fait parfois bien les choses, et je l'attendais fermement, en espérant qu'elle nous sourie. Je préférais avoir affaire à un hobbit gourmand mais malhonnête qu'à une Grande-Gens peu recommandable. Les brigands avaient presque tous été chassés de la Comté après les sanglants évènements qui s'étaient déroulés durant ma jeunesse, mais certains avaient put revenir, attirés par la richesse de ces terres. Enfin, nous aperçûmes de la fumée, signifiant qu'il devait y avoir des habitations non loin. Ce n'était peut-être pas les amis du père Fierpied, mais je comptais bien m'y arrêter tout de même.
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Etelion
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Ven 26 Fév 2010 - 17:13
Pendant leur marche menant à la prochaine habitation, les trois hobbits n'échangèrent que peu de mots, attentifs à chaque détail qui les entourait. Nob brisa le silence qui reignait sur le chemin.

- "Si vous apercevez des champignons sur le bas-côté, pourriez-vous me prévenir ? On ne sait jamais, si un hobbit est passé ici hier soir, après la tempête, il aurait peut-être pris la peine de s'arrêter pour en cueillir quelques uns..."
- J'y avais pas pensé ! Excellente remarque. On y fera attention dorénavant, répondit Flagan.

Ils continuèrent donc au même rythme. Quelques minutes plus tard, ils étaient arrivés devant le premier smial croisé depuis celui de Bophin. Une barrière abimée laissait apparaitre un désordre important dans le jardinet qui était en face de la porte d'entrée.

- Ah, c'est bien chez Pietro. J'reconnais là son goût aigu pour le bordel.

De nouveau, le fermier s'avança en premier et frappa à la porte, laissant en arrière son fils et le shiriff.
Un hobbit plus rondouillard que la normale, avec des bonnes joues rouges, et une pipe géante dans les mains.

- Flagan !
- Pietro ! Ca faisait un bout de temps !
- Sûr ! Ah tu as amené Tomi ! Bon sang, qu'il a grandi ! Et celui là ... il m'dit rien.
- C'est un shiriff. Un Touque. Nob, de son prénom.
- Ah un Touque ! Trés bien. Bon, rentrez donc !

Quelques instants plus tard, les trois hobbits étaient assis à l'intérieur du smial, chacun avec une tasse d'infusion dans la main. La discussion allait bon train.

- Hier ... Ca me dit rien du tout, j'suis désolé. J'suis allé me coucher tôt, un mal de crane terrible.
- T'as pas une idée de celui qui aurait pu faire ça ?
- Laisse moi réfléchir ... Rien ne me vient. Sauf peut être ... Ce Sanglebuc. Je sais pas si tu l'connais. Malom Sanglebuc, le neveu du fils du cousin paternel au second degré d'Eldam, paix à son âme.
- Tu penses qu'il aurait quelque chose à voir avec ça ?
- Je peux pas te l'assurer ... Mais je sais qu'il a déjà eu des problèmes avec les shiriffs depuis qu'il est rentré de Gondor, il y a un an de ça. Il avait volé des affaires à Sigismond Sacquet. Le mari de Perle.
- Ah oui, j'en avais entendu parlé ! intervint Tomi. Une sale histoire. Mais on n'a jamais été sûr que c'était lui le voleur ... Les bijoux n'ont pas été retrouvés.
- Moui .. Enfin bref. Si tu veux un conseil Flagan, va voir de son côté ... Il a racheté une maisonnette prés des ruines de Bree. Exactement, je peux pas te dire, mais tu devrais trouver facilement.
- Trés bien. Je te remercie pour ton aide, Pietr', dit Flagan en se levant, pour marquer le départ des trois visiteurs.
- A ton service. Tu sais que tu peux repasser quand tu veux. Ca m'a fait plaisir de te voir.
- De même, notre smial t'es ouvert, tu l'sais ! Maria sera contente de te voir, depuis le temps !

L'hote ramena ses trois invités à la porte et, aprés plusieurs "au revoir" et formules de politesse pompeuses dont seuls les hobbits connaissaient le secret, ils reprirent le chemin de l'enquête.
Tomi fit rapidement un résumé des indices.

- Il est grand. Surement seul, mais on est pas sûrs. Ah, et c'est peut-être Malom Sanglebuc.
- Voila. Bon, repartons.

Sur le chemin, une chose frappa Tomi, attentif aux détails depuis la remarque de Nob une bonne heure plus tôt.

- Regardez ! Les champignons. C'que t'as dit, Nob ! Venez, regardez.

Le jeune hobbit s'éloigna du chemin de cailloux de quelques mètres et s'arrêta devant ce qui devait être une "source" de champignons: il y en avait tout un tas un peu plus loin, et, à cet endroit, il restait des pieds coupés. Soigneusement coupés, d'ailleurs ...

- Vous en dites quoi ?
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Nob Touque
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Mar 9 Mar 2010 - 21:16
J'étais un abruti. Pourquoi donc tentais-je de donner l'illusion d'un shirrif compétant, alors que je ne l'étais pas ? Je me trouvais acculé à inventer des pistes burlesques, des stratagèmes impossibles pour retrouver une piste on ne peut plus claire, mais invisible à mes yeux. L'idée des champignons m'avait surprise moi-même. C'était tellement burlesque qu'elle en devenait extraordinaire. Les deux braves paysans avaient du me trouver bien intelligent pour y penser ! Des foutaises !

Tous les hobbits font confiance à eux-même et à leur avenir. Tous s'entraident et se font confiance mutuellement. Brusquement, toutes mes illusions s'étaient envolées dans un coup de vent. Je me retrouvais seul avec moi-même, et horriblement nu. A quoi bon vivre dans ce cas ? Tous mes défauts m'étaient révélés, et je me haïs plus que je ne m'en serais cru capable.

J'étais un hobbit raté. Qu'avais-je fait ? De la peine à ma famille, de menus larcins, des vols plus importants. Certes, j'avais jeté quelques cailloux à des brigands de passage, une fois bien assuré que les hobbits avaient la supériorité et que j'étais trop éloigné pour recevoir quelque mauvais coup. J'avais puni des gosses alors que j'aurais du les aider. Et voilà que cette affaire de vaches évadées se présentait à moi comme un exploit à accomplir pour ma plus grande gloire.

Les coups portés par la désillusion me faisaient souffrir plus qu'aucune autre arme l'aurait pu. Comment mes proches avaient-ils pu me supporter ? Pourquoi ne m'en étais-je pas rendu compte plus tôt ? J'étais une erreur de la nature. Les hobbits étaient faits pour être optimistes et joyeux. J'avais failli à cette tâche pourtant simple, mais qui me semblait à présent impossible.

Je repris maussadement la route avec le père et le fils Fierpied. Ces deux-là pouvaient bien se débrouiller sans moi, ils avaient plus de capacités, mais la présence d'un shirrif les rassurait, sans qu'ils ne se rendent compte qu'ils faisaient tout. Ils appréciaient le fardeau que j'étais, bénis soient les hobbits ! Enfin, le gamin, qui n'avait guère d'année de moins que moi mais encore toute ses illusions, s'exclama :

- Regardez ! Les champignons. C'que t'as dit, Nob ! Venez, regardez."

Je regardai de loin. Cela ne signifiait rien, et je n'avais pas envie de donner l'illusion du contraire. Alors qu'il revenait, il demanda :

"Vous en dites quoi ?"

Quoi, songeai-je. Même mon sens de l'humour n'étais qu'un abime sans fond, et cette réponse mentale ne m'arracha aucun sourire, aucune pensée plaisante. Je répondis à voix haute :

"Rien, je me suis trompé, cela ne veut sûrement rien dire. Un voleur ne s'arrête que rarement pour cueillir des champignons sous l'orage, quand bien même ce serait un hobbit. Mais allons, si je vous en crois monsieur, il ne peut être loin ! En route, et finissons-en !"

Oui, finissons-en songeais-je. Mais avec quoi ?
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Dim 21 Mar 2010 - 13:10
Nob Touque laissa s'installer une expression étrange sur son visage. Tomi perçut celle-ci, et se demanda si c'était la cause d'un manque de confiance en lui, ou d'une renonciation ... Il allait baisser les bras, et ce à cause de cette mauvaise idée qu'il avait de lui-même. Flagan, quant à lui, ne faisait pas attention à son compagnon de route, il prit la parole, ignorant totalement le malaise de Nob.

- Continuons. Je sens que nous sommes sur la bonne route. Nous savons que c'est un trés grand hobbit, surement dans les 1 mètres 30,si ce n'est plus. Ca m'étonnerait que ce soit un homme, vu sa taille et sa corpulence.

Les deux jeunes hobbits suivirent le plus vieux qui tenait une marche rapide. Ce-dernier se dirigea vers l'est, en direction des ruines de Bree. Les seuls mots qu'il lacha furent ceux-ci:

- Nous allons rendre une petite visite à Malom. Ce Sanglebuc est la seule piste que nous ayons. Je ne me rappelle pas de la taille qu'il faisait plus jeune, mais ce n'était surement pas lui, le coup des vaches. Peut-être un équipier.

Une bonne demi-heure plus tard, alors que le soleil était le plus chaud, les trois hobbits arrivèrent devant une maisonnette, trés modeste, entourée d'un jardin dont personne ne s'occupait.
Flagan s'avança et dit à son fils et au shiriff de se cacher derrière un gros rocher, d'où ils auraient une bonne vue mais où ils ne risquaient rien.

- On sait jamais c'qui peut arriver ...

Le vieux hobbit frappa trois coups. Personne ne répondit. Il retenta à deux reprises et il entendit enfin une voix s'élever de l'intérieur de l'habitation. Cette voix était grave, et peu accueillante.

- Qui est-ce ?
- Flagan Fierpied. J'ai quelques choses à vous demander.


Au moment où le hobbit prononça son nom, on entendit un fracas à l'intérieur, puis des pas rapides touchant violemment le sol. La personne qui était à l'intérieur ne devait pas s'attendre à cela. Elle ouvrit pourtant.
C'était bien Malom Sanglebuc qui se tenait là. Il n'était pas trés grand, dans les 1 mètres 10 ou 15. Des cicatrices sur le visage. Des yeux marrons foncés et perçants.

- Qu'es'vous voulez ?
- Je vais aller droit au but. Deux de mes vaches ont disparu et je pense que vous y êtes pour quelque chose. J'ai mené une petite enquête. J'ai de nombreuses preuves qui mènent à vous.


Flagan mentait, il n'avait aucune preuve réelle, mais Malom ne le savait pas.

- J'ai rien à vous dire, répondit l'autre.
- Vous avez intéret à me dire ce que vous savez. Ou je vais voir le maire de Hobbitebourg et croyez moi, il y aura d'ici une ou deux heures une vingtaine de shiriffs.
- C'est une menace ?
- Rendez moi mes vaches, et ce ne sera que du vent. Sinon, vous risquez d'avoir de sérieux problèmes.
- Et c'est vous, peut etre, qui nous poserez ces problèmes ?


Il laissa échapper un petit rire moqueur, et s'approcha du fermier au point de le toucher du torse.

- Allez vous en tout de suite, ou les problèmes, c'est vous qui les trouverez. Vous savez rien de moi, ni de ce dont je suis capable. Alors barrez vous.

Une réaction plus qu'inattendue suivit cette scène. Flagan frappa le Sanglebuc au ventre, et rentra en courant dans la maison. Tomi laissa échapper un hoquet d'étonnement. On entendit un bruit sourd, puis un second. Deux secondes plus tard, un hobbit géant sortit d'un pas las de la maison, et aida son compagnon à se relever. Il avait un baton épais de bois dans la main, sur lequel il y avait un peu de sang. Etait-ce celui de Flagan Fierpied ?
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Nob Touque
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Jeu 8 Avr 2010 - 21:17
Lorsque je vis ce vieux fermier approcher de la ferme délabrée, je pris peur. Voilà ce qu'étais le courage, mais je n'en avais guère plus maintenant. Comment pouvait-on aller au devant du danger comme si on allait au marcher ou à la cueillette aux champignons ? Certes, ces balades pouvaient se révéler dangereuses. On était jamais à l'abri d'une entorse due à une ornière ou un fossé dissimulé par quelques plantes malfaisantes. Mais cela n'était pas le même type de danger, je le savais parfaitement. Une entorse, on s'en remet, il ne faut guère plus que de la patience et un peu de bonne humeur. On ne revient jamais une fois mort.

Le brave hobbit alla à la rencontre de son destin. Peut-être aussi de ses vaches manquantes, si nous avions raison, ce qui été aussi aléatoire que de gagner une partie de belote avec un troll. Non pas que les trolls trichent, cachant quelques valets d'atout dans leurs manches, ou qu'ils mémorisent parfaitement les cartes jouées. Je n'avais entendu parler de ces bêtes que dans ma plus profonde jeunesse, alors que j'écoutais encore les contes dont les grand-mères gardent jalousement le secret. Cependant, j'imaginais vaguement que le plus dur serait de terminer, voire de commencer, cette partie vivant. D'ailleurs, pourquoi pensais-je à ça en ce moment précis ? Sans doute la brute venant d'apparaître m'avait-elle inspiré.

Apparemment, la discussion était houleuse. Mais pourquoi donc évoquais-je ce que je ne connaissais pas ? Une nouvelle manie donc il faudrait me débarrasser au plus vite... Mais l'heure était grave, et mon attention fut rapidement ramenée à ma tâche. Le ton montait rapidement. Ce paysan héroïque allait finir son existence sans avoir eu le temps de fumer une dernière pipe. Je ne pris guère le temps de noter mentalement qu'au moins je connaissais cet Art. La situation ne me le permettais plus. Je glissais lentement ma main dans ma besace. Mes doigts se refermèrent sur un galet rond, pendant que je ramenais silencieusement une lanière de cuir vers l'innocent caillou. Une lanière de cuir ? Que disais-je... C'était assurément plus que cela. Une belle fronde, certes usagée, mais toujours efficace. Mortellement efficace. On n'est jamais assez prudent...

La suite me frappa terriblement. Je ne fus d'ailleurs pas le seul. Le hobbit s'effondra dans un grognement, surpris, aux pieds du père Fierpied. Je me frottai les yeux. Avais-je bien vu ? Il semblait que oui, aussi surprenant que cela puisse paraître. Mes pronostics étaient erronés, je l'avoue. Le vieux Flagan avait mis à terre directement son adversaire. Il n'en resta pas là, se précipitant à l'intérieur. La suite hélas ne me semblait pas plus aisée. Le hobbit effondré n'était tout compte fait qu'un individu ordinaire, une fois allongé sur le sol. Certes, il y avait cette animosité dans la voix, et une musculature peut-être impressionnante. Mais était-il seul ? Était-ce là ce colosse dont on nous avait donné le signalement ? Les évènements se précipitèrent alors.

Flagan se précipita à l'intérieur. Il y eu quelques bruits sourds. Des coups échangés. Puis le silence se réinstalla. Lugubre, terrifiant. Cependant, il l'était assurément moins que ce qui passa le pas de la porte. LE colosse. Tout compte fait, la description que l'on nous avait donné convenait assez. Il regarda à l'extérieur, l'air mauvais. Mon regard se posa involontairement sur l'objet qu'il tenait à la main. Un gourdin. Avec des taches sombres qui l'avaient maculé récemment, semblait-t-il. Du sang. Bon sang ! Ce n'était pas l'occasion de jouer si pitoyablement avec les mots. Mais ma carcasse indigne de vivre dans cette belle contrée pouvait encore servir à quelque chose. Amortir quelques coups, afin de faire diversion le temps qu'il faudrait. A quelle distance était Hobbitebourg ?

Je me tournais vers mon compagnon. Mon plan était arrêté. Quitte à laissez derrière moi ce corps, autant le faire d'une façon utile. Je n'étais guère qu'un déchet immonde, et sentais que je le resterais. Mais les déchets peuvent devenir engrais. J'étais un hobbit indigne de porter ce noble nom, j'allais me racheter. Avant un long voyage. Tomi me regardait. Il semblait inquiet. Ou peut-être mon regard devenu fou, assurément, me jouait des tours. Mais cela faisait tant de jours, d'années, que j'avais sombré dans une folie aveuglante. L'égoïsme. La jalousie. L'égocentrisme. L'orgueil. Voilà quelle était ma folie. Je croyais avoir été guéri lorsque j'avais renoué avec mes proches. Foutaises. Je pris alors la parole :

"Stock est loin. Mais tu est jeune, Tomi, légèrement plus jeune que moi. Et tes jambes sont plus légères, ton souffle est régulier. De plus, tu convaincras rapidement quelques shirrifs qui y séjournent de nous rejoindre. Ils seront compréhensifs. Tu auras fait le travail le pus courageux, avec ton père !"


Je lui souriais. Il devait y aller. C'était son devoir, le seul moyen de s'en sortir. Il est vrai que ma raison était obnubilée parce que je voulais faire. La bouse serviras toujours d'engrais pour les fleurs. Je devais essayer de me montrer digne de ces déjections. Il ne fallait pas les insulter en me comparant à ces nobles incomprises. Je poursuivis.

"Tu as tout vu, tout entendu. Ils sont bons pour les trous-prison avec ce ton témoignage. Fais vite, je dépendrais de toi. Je vais faire distraction quelques instants. Ils n'ont pas finit de courir après moi ! Rapidement, quelques cailloux voleront !"

Je palpais tranquillement ma sacoche, réconforté par le crissement des galets. Un sacrifice ? Ah bon ? Non, plutôt un jeu, comme pendant mon enfance ! Et puis, j'avais plus d'expérience que ce pauvre Tomi, non ?
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Etelion
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Dim 9 Mai 2010 - 13:45
Flagan Fierpied avait agi avec un courage qu'il n'aurait jamais eu en temps normal, venant surement de ce lien affectif qui rapprochait le vieux fermier de ses vaches si précieuses. Mais cet acte qui aurait pu paraitre héroique se trouva être seulement un acte irréfléchi et égoiste. Voila qu'il se retrouvait maintenant au sol, le crâne en sang, alors que son fils était figé par la peur, traumatisé par son interpretation du gourdin ensanglanté que tenait ce grand hobbit qui mesurait un bon mètre trente-cinq, voire quarante. Mais apparemment, la bétise du père Fierpied ne choqua pas Nob Touque, le jeune shiriff, qui avait aidé les deux hobbits à retrouver presque la totalité des vaches égarées. Le shiriff semblait réfléchir à toute allure, ses yeux parcouraient tout ce qui se passait, toute la scène, du gourdin au géant, du géant à son compagnon allongé sur le sol, reprenant ses esprits petit à petit, du visage du jeune Fierpied à ses pieds larges et poilus.

Rien ne paraissait lui échapper, mais qu'en était-il, une fois passé les apparences ? Un sentiment d'obligation, surement héroique, naquit dans le coeur du Touque. Il allait agir, mais seul, sans l'aide de Tomi. Ou, en tout cas, pas directement.

- "Stock est loin. Mais tu est jeune, Tomi, légèrement plus jeune que moi. Et tes jambes sont plus légères, ton souffle est régulier. De plus, tu convaincras rapidement quelques shirrifs qui y séjournent de nous rejoindre. Ils seront compréhensifs. Tu auras fait le travail le pus courageux, avec ton père !"


Il n'eut pas la force psychologique de répondre, restant profondément touché par la probable mort de son père, presque devant ses propres yeux. Il acquiessa devant les ordres du shiriff, se leva, et sentit ses jambes trembler. Il se rassit, la force physique, elle, n'était pas au rendez-vous non plus. Aprés tout, le corps dépendait du cerveau. Nob ajouta alors:

- "Tu as tout vu, tout entendu. Ils sont bons pour les trous-prison avec ce ton témoignage. Fais vite, je dépendrais de toi. Je vais faire distraction quelques instants. Ils n'ont pas finit de courir après moi ! Rapidement, quelques cailloux voleront !"

Tomi prit donc son courage à demain: il se devait d'agir et, force ou non, il courrait autant qu'il le pourrait, quitte à laisser ses dernières forces de la journée dans cette course vers la délivrance, les shiriffs. Il courut alors comme il n'avait jamais couru auparavant, sans regarder derrière lui si sa sortie des bosquets avait été remarquée par les deux voleurs de vaches. Il savait que les shiriffs faisaient tous les jours des rondes dans l'ensemble de la Comté, et plus il se rapprocherait d'un village, plus il aurait des chances d'en croiser.

Cela faisait maintenant une quarantaine de minutes qu'il était sorti de sa cachette et qu'il courait en éspérant tomber sur une garnison de shiriffs. Il était en vue d'un village, dont le nom lui échappait sur le moment, et tomba nez à nez avec un des miliciens hobbits. Et nez à nez, dans le sens propre du terme. Il fonça dessus le hobbit sans avoir le temps de freiner et lui rentra dedans violemment. Aprés s'être excusé maladroitement et avoir vérifié que le hobbit n'avait rien, Tomi lui expliqua la situation. En temps normal, le shiriff l'aurait questionné plus longuement afin de déceler la part de vérité dans les propos du jeune kuduk, mais vu son état d'épuisement apparent, il n'avait plus la force de jouer un rôle, de mentir. Il alla donc chercher des renforts et c'est une petite troupe de 8 shiriffs, dont 2 frondiers, qui se dirigea vers le lieu indiqué par Tomi. Le jeune Fierpied, à bout de force, s'épuisa dès qu'ils furent revenu, et montra la position où ils étaient deux heures plus tôt, Nob et lui. Mais Nob n'était plus là. Que s'était-il donc passé durant ces deux heures ?
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Nob Touque
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Mar 15 Juin 2010 - 16:02
[HRP : désolé du retard... Voyage scolaire plus pas mal de boulot à mon retour, et voilà que internet ne marche plus sur mon ordi portable, j'essayerai d'utiliser le PC familial quand même]

Enfin, ce brave hobbit me laissait seul. Je ne doutais aucunement qu'il accomplirait sa mission avec célérité, mais il arriverait trop tard, quoi qu'il arrive. Pour cela, je pouvais être tranquille. Il ne courrait maintenant plus aucun risque, du moins, je l'espérait. Et par dessus le marcher, des hobbits plus compétents arriveraient bientôt. Pour peu que je laisse ces brigands tranquilles, ils seraient pris par surprise et rapidement débordés. Et cela sans que je ne prenne de risque, à peine devrais-je quêter leur repaire, et encore... Oui, voilà ce qui me restait à faire. J'étais seul, nul ne pouvait me critiquer. Si ce n'était ma maudite conscience.

Flagan s'était jeté dans la gueule du loup, n'écoutant que son courage. Il avait eu le cran de rentrer dans l'antre d'un colosse, de le défier sans aucune peur. Tout cela pour des vaches si communes. Voilà ce qu'était un héros. Et pendant qu'il devait sûrement agonir, je projetais de patienter tranquillement jusqu'à l'arrivée des renforts, me lavant les mains quant à ma responsabilité dans l'affaire. Non, je me devais d'agir, par respect pour le brave paysan. Il ne pouvait mourir sous l'œil narquois de ceux qui avaient profité de la première occasion pour le dépouiller de son bien puis de sa vie. Je devais l'aider, ne serait-ce que pour abréger ses souffrances s'il n'y avait plus d'espoir. Restait que j'avais face à moi au moins deux hobbits sans scrupules, dont un colosse qui pouvait me terrasser d'un seul mouvement. Il ne me restait que quatre membres guère musclés, et ma tête, ainsi qu'un corps frêle. Je devais composer avec.

Je battis en retraite prudemment. Les deux voleurs étaient hors de mon champ de vision, à présent, mais eux pouvaient toujours me voir. Mon ouïe était tendue à l'extrême, mon esprit tout entier était concentré sur le bruit de leurs pieds nus sur le perron de leur repaire, bruit extrêmement faible, que nulle Grande Personne n'aurait su percevoir. Mais je n'étais pas un de ces grands idiots, j'étais un hobbit, et qui plus est, j'avais une expérience de braconnier. Lorsque je fus certain d'être assez loin, je me relevait alors légèrement, jetant un œil craintif derrière moi. Tout semblait calme. Sur ma droite, un sentier peu pratiqué menait à l'antre de ce géant, où un hobbit gisait surement, étendu dans son sang. Il aurait mieux valu pour lui que cela soit son vomi, après une soirée trop arrosée. Les deux voleurs ne pouvaient apercevoir cette partie du chemin, semblait-il. Je devais néanmoins rester prudent.

Le temps filait entre mes doigts, je ne prenais même plus la peine d'essayer de le retenir. Qui donc peut capturer la fumée s'échappant du foyer avec ses mains nues ? Il ne me restait plus qu'à improviser, tout en sachant que le moindre faux pas serait périlleux. Comme ce magicien sur son pont, dans le Livre Rouge. Le récit avait beau me paraître qu'un ramassis de légende, la comparaison me plaisait. Je me redressai totalement, époussetai mes habits et me coiffai fièrement de mon enseigne de shirrif. Ma fronde était glissée sous ma tunique, facile à saisir en cas de besoin tout en restant discrète, je serrai mon bâton d'une main ferme. Le sort en était jeté. Ils ne passeraient pas.

J'empruntai tranquillement ce chemin, labourée par la récente averse. Même le plus habile hobbit n'aurait pu y relever la moindre empreinte, aussi je ne prêtai que peu d'attention au sol qui défilait sous mes pieds velus. Mon ventre s'était noué, mais ma face restait impassible, avec un soupçon de joie dans les yeux. Je tentai enfin une bonne action, sans l'aide d'une quelconque personne. Peut-être mon comportement était-il suicidaire, mais au moins, ma mort serait utile. Le meurtre d'un shirrif les emmènerait tout droit aux Trous-Prisons pour la fin de leurs jours. Trois hobbits en moins ne serait que peu de chose pour cette bonne et innocente Comté. Maintenant, que pouvais-je faire pour qu'ils rejoignent sûrement leur nouvelle demeure ?

Un sourire à peine crispé s'était formé sur mon visage. Je devais être un peu fou. Mais quand la réalité n'est guère agréable, la folie n'est-elle pas un havre de paix ? Peut-être. Ou pas, d'ailleurs, mais la question n'était guère importante pour le moment. J'avais à neutraliser autant que faire se peut deux hobbits sans scrupules, et cela sans avoir le temps d'esquisser le moindre plan. Je verrais bien en temps voulu, pensais-je. Mais ce temps arrivait déjà. Le chemin faisait un brusque tournant, qui m'emmena à peine à un quart de furlong de l'endroit où je désirais aucunement arrivée. Le deux hobbits me regardèrent, surpris, reculant instinctivement. Pour ma part, un vulcain voletant par là occupa mon attention quelques secondes.

En une cinquantaine de pas, j'avais englouti environ la moitié de la distance. Les deux voleurs hésitaient, n'apercevant là qu'un seul shirrif. Ils devaient se demander comment on avait put apprendre leur fait si rapidement, et pourquoi il n'y avait là qu'un seul shirrif. Je leur envoyai un magnifique sourire. Bien sûr qu'il y a un piège, mes doux carnassiers, mais c'est à vous de le tendre, si vous en avez le temps ! Mais déjà, ils se croyaient être des proies. Tant pis, le rôle du prédateur devait donc s'appliquer à un misérable shirrif. Cela aurait sans doute put être amusant en d'autres circonstances, mais le prédateur que je devenait n'avait aucune idée de ce qu'il pouvait faire. Les rôles auraient été beaucoup plus aisés si on les inversait, mais mes deux voleurs se montraient compliqués. Tant pis.

J'approchai ainsi, d'un pas tranquille, sans me soucier de ceux qui se considéraient déjà comme chassés. Les loups devenus des moutons. Cependant, j'étais shirrif, et je n'avais pas pour but de les mener à l'abattoir. Là était la seule différence. Hésitant, ils entrèrent dans leur refuge, à l'abri des éventuels regards. Ils pourraient y agir à leur guise, et de la, leur vue balayait les proches environs. La moindre approche pouvait être immédiatement aperçue. Mais je savais que j'étais seul. Leurs précautions étaient inutiles. Toutefois, si j'entrais, ils pourraient alors agir en toute impunité. Mais Flagan était étendu là, vivant ou mort. Je préférais de loin la première option, mais le hobbit désabusé que j'étais penchait pour la seconde, hélas.

La maison de briques se trouvait maintenant devant moi. Il suffisait que je tende la main pour toucher la porte ronde, couverte d'une peinture verte écaillée. Tout autour s'étendait un petit jardin, qui avait du être coquet, mais était maintenant envahi par les ronces, les orties et d'autres mauvaises herbes. Je me tenais immobile, comme un sot, au milieu de ce lieu oublié par tous. Un shirrif qui fait son travail n'hésite jamais. Malgré moi, je frappai trois coups secs sur le battant de la porte, faisant sauter un peu de peinture. J'étais shirrif, il fallait maintenant accomplir mon travail, quoi qu'il m'en coûte. Une idée m'effleura. Y avait-il des champignons après la mort ?

Mes coups résonnèrent dans le vide. Les deux complices devaient attendre que je pénètre dans leur nasse, afin d'être à leur mercis. Ce qui était d'ailleurs mon but. Mais à vrai dire, je n'étais pas pressé. Aussi appelais-je :

"Bonjour ! Il y a quelqu'un ? Pourriez-vous ouvrir aux forces de l'ordre s'il vous plaît ?"


Cela n'allait pas. Mes paroles semblaient voiler une menace, et le ton poli ressemblait à un appât. Il fallait me rattraper. Je devais poursuivre. Ce que je fis sans réfléchir.

"Pourriez-vous ouvrir s'il vous plaît ? Désolé de vous déranger en cette heure matinale, mais nous avons besoin de vous pour les besoins de l'enquête. L'affaire est urgente. Encore désolé, mais ouvrez donc !"

Il n'y eu aucune réponse. Mon intonation était devenue sèche et grave, comme celle d'un shirrif pressé de finir une affaire dont il se débarrasserait volontiers, ce qui était, à vrai dire, rarement le cas. Je posais la main sur la poignée ronde. Le jeu du chat et de la souri pouvait commencer. Restait à distribuer les rôles.

Je poussai la porte, et entrai. Le vestibule consistait en une salle sombre, les vitres obstruées par la crasse ne laissaient qu'à peine filtrer la poussière. Les araignées profitaient visiblement du manque de ménage, tissant leurs toiles parmi le débarras entassé là au fil des ans, peut-être le butin des voleurs, ou un héritage oublié là. Entrer dans cette antre ressemblait à du suicide pour une mouche, et j'eus la désagréable impression d'être un de ses diptères. Je me dirigeais droit vers le centre de la toile, sans espérer la briser. Mais déjà, mes pas me menaient vers une seconde porte, entrebâillée. Une ombre se dressait au travers du passage. Le moment de jouer le tout pour le tout était arrivé.

"Excusez-moi d'être entré sans votre autorisation, mais mon affaire est exceptionnelle et j'aimerais en finir au plus vite. Envoyer quelqu'un aux Trous Prisons est une affaire rare, mais nous avons là un coupable trop agité. D'ailleurs, vous pouvez m'aider à l'appréhender, nous vous en serions gré !"

Je débouchai enfin dans la salle. Le colosse avait préféré dissimuler son arme pour une autre occasion. Je remerciai mentalement les Valar dans Belles Gens. Il me restait donc quelques chances... Le dénommé Malom m'entraina vers ce qui ressemblait vaguement à des tabourets autour d'une table. D'instinct, je sus qu'il ne ferait pas partie de mon plus proche cercle d'amis. J'en avais fini avec les affaires louches depuis trop de temps. Il prit la parole.

"Bien le bonjour monsieur le shirrif ! Asseyez-vous, prenez vous aises ! Vous pouvez rester ici autant que vous en aurez besoin... Mais tout d'abord, partagez donc une bonne bière avec moi, et racontez-moi le but de votre visite !"


Je songeai amer que je pourrais rester bien plus longtemps que je le désirerais... Mais l'heure n'était pas la meilleure pour ces pensées morbides, aussi répondis-je cordialement :

"Oh, désolé, mais nos consignes nous interdisent de boire pendant notre service, vous comprenez ? Non, vraiment, je ne peux pas accepter !"

Ce disant, je saisis la chope déjà remplie du liquide ambre et j'en bu quelques gorgées. Au point où j'en étais, les règlements n'étaient plus ma première préoccupation, et cela pouvait toujours servir, de boire pour peut-être la dernière fois.

"Quand au but de ma visite... Tenez, je vais vous raconter. "

Et je racontai, tout, sans rien cacher. Du moins, jusqu'à ma nuit chez les Fierpieds. A partir de cet épisode, je changeai quelques éléments, minimes, certes.

"A vrai dire, retrouver ainsi une partie des vaches si rapidement me semblait bien étrange, mais je ne m'en souciai guère alors. Et puis, l'hospitalité offerte si spontanément, les sourires en coin du père et du fils... Je me dis qu'ils avaient quelque chose à cacher, mais quoi ?".


Je poursuivis ainsi son récit, rajoutant quelques idées inventées sur les Fierpieds et omettant quelques détails. Oh, bien sûr, je ne racontais que la vérité sur les faits, mais une vérité partielle, afin de les mettre en confiance... La visite d'un shirrif aussi peu de temps après les faits avait déjà dut avoir quelque incidence sur leur moral et leur conscience... J'arrivai à l'arrivée chez les Bophins.

"Des amis très liés, je l'avais bien remarqué avec ma perspicacité habituelle. Et puis, toujours les mêmes sourires mielleux à mon encontre, comme s'ils se moquaient de moi. Mais pourquoi se moqueraient-ils ? L'affaire semblait assurément bien menée, il n'y avait aucune raison de s'amuser de moi. Quand il me donna la description du soi-disant voleur, j'eus bien sûr un doute – un hobbit d'un mètre quarante ! - puis je me dis que peu de hobbits correspondaient à cette description, ce serait bien facile à trouver le coupable. Pourtant, je n'étais pas sûr de moi. Ils semblaient bien trop proches – presque des complices - ! Ce n'est que lorsque j'ai vu le vieux vous attaquer que j'ai compris les méandre de son esprit, sa perversité et sa dangerosité. Alors j'ai pris peur, et je me suis enfuis, car ils étaient deux, et pouvaient facilement me mettre hors combat. J'ai retrouvé un de mes amis shirrifs, qui m'a indiqué que cela était bien trop compliqué à mettre en œuvre pour deux hobbits seuls – la mise en scène, les complices, avoir embobiné des shirrifs – et nous avons compris que nous avions la affaire à un groupe de hobbits dangereux, dont le père Fierpied serait le meneur. Mon ami m'a déclaré que ce traître à la Comté pouvait se trouver n'importe où à l'heure actuelle, et que les shirrifs ne suffiraient pas. Aussi a-t-on lancé un avis de recherche, avec une récompense à la clef, de quelques 8 000 £... Et me voilà chez vous, où il a été aperçu pour la dernière fois, faisant appel à votre sagacité..."

Mon interlocuteur n'exprima aucune émotion. A vrai dire, mes mensonges étaient si mal ficelés que je m'étonnais d'être toujours vivant. Certes, l'envie de vengeance et l'appât du gain pouvaient jouer, mais j'ignorais à quel point. On dit que plus un mensonge est gros, mieux il passe. Je ne pensais pas que cela soit vrai, mais j'avais appris que certains vieux adages conservaient une part de vérité. Mais au point où j'en étais, le bluff restait ma seule solution. Malom déclara alors :

"Et si – par un surprenant hasard – ce vieux voleur se retrouvait déjà neutralisé, quand, et où, pourrais-je récupérer cette récompense ? Vous comprendrez qu'il serait agréable de voir son civisme rétribué !"

Je n'en crus pas mes oreilles. Cela marchait donc ? Ou bien, tentait-on de me tendre une nouvelle toile au dessus de moi ? Quoi qu'il en soit, je ne pouvais plus faire marche arrière... Aussi entrai-je dans son jeu :

"Vous voulez dire que vous détenez des informations sur le fuyard ? Où se trouve-t-il ? Il faut que je le trouve en premier ! 8 000 £..."

Je murmurai le chiffre assez bas pour qu'il ne m'entende qu'à peine. Cependant, il se releva vivement et reposa sa question. Une vive lueur d'intérêt s'était éveillée dans ses yeux. D'un air détaché, je répondis :

"La moitié de la prime est remise dès la capture, l'autre est à réclamer une fois la crapule enfermée aux Trous-Prisons. Maintenant, parlons sérieusement. Vous détenez certaines information sur ce vieux brigand. Confiez-les moi, et nous pourront partager les bénéfices. Que diriez-vous d'un dixième ?"

Je m'étais rapproché de mon interlocuteur et lui parlai maintenant à voix basse, sur un ton de confidence. Les affaires commençaient. Il se rejeta en arrière et répliqua d'un air narquois :

"Si tu es sage, je te laisse 75 £, pour m'avoir annoncé cette bonne nouvelle.
-Je prend les risques. Je vous laisse un quart de la prime.
-Tu n'auras pris aucun risque. As-tu, comme tu l'as dit, la moitié de l'oseille ?
-Vous bluffez. Je demande à voir le hobbit avant.
-Comme tu veux, commence à compter le blé !"


Il fit un signe de tête au colosse qui gardait l'entrée. Celui-ci se détacha de son poste et s'éclipsa par une porte que je n'avais pas aperçue. Il revint bientôt, traînant derrière lui le vieux Fierpied, le crâne ensanglanté. Je ressentis malgré moi un pincement au cœur, sans toutefois que cela puisse se lire sur mon visage. J'en avais vu d'autre, après tout. Je sortis mon propre argent de ma besace et comptai les 4 000 £ promis. [HRP : j'avais 4 435 £, j'ai retiré 4 000]

"Félicitations, vous me surprenez... Tenez, vous l'avez bien mérité... Il me reste plus qu'à amener ce vieux tas de débris aux Trous Prisons et...
-Et le reste du pognon ? Quand l'aurais-je? "


J'empoignai ce pauvre Flagan, sans oser vérifier s'il était vivant. Bientôt, il fut en travers de mes épaules. Quand je fus prêt au départ, je répondis enfin à sa question, d'un air détaché :

"Eh bien, si ce vaurien arrive aux Trous-Prisons, nous pourrions vous envoyer porter le restant de la récompense pour cet acte civique..."

Malom me regarda d'un air mauvais. Il voulait cet argent, et craignait assurément de n'en toucher que la moitié. Il répliqua d'un ton sans appel :

"Nous vous accompagnons, et récupérerons la prime une fois qu'il sera arrivé à destination. Pas d'entourloupe avec moi !"

Nous quittâmes ainsi la demeure de ce Malom, son compagnon portant le corps martyrisé de ce pauvre Flagan, brisé pour avoir été trop courageux, chacun de nous deux l'encadrant de près, pour des raisons différentes. Je ne désirai pas lui faire endurer plus de souffrances après ce qu'il avait vécu, mais l'immense brute avait compris que le hobbit qu'il portait représentait pour son maître une mine d'or, bien qu'il ne comprît pas à quoi cela servait d'avoir toujours plus d'argent.

Malom tenait à avancer d'un train endiablé, mais quand il pressait son serviteur de marcher plus rapidement, celui-ci haussait les épaules. D'après lui, l'or était trop lourd pour s'envoler, ce qui n'était pas faux après tout. Les passants nous regardaient d'un air surpris, cela va sans dire, mais la présence d'un shirrif semblait les dissuader de poser des questions, ce qui put m'éviter quelques ennuis. Ils savaient que la signification de cet évènement voyagerait de bouche à oreille dès ce soir, de taverne en auberge. Je ne leur prêtais d'ailleurs que peu d'intérêt, le regard toujours dirigé vers Malom et son compagnon, craignant quelque coup mauvais.

Fort heureusement, tout se passa bien, et nous allions à un tel train qu'après deux heures de marche sans la moindre halte, nous arrivâmes à Grand-Cave, puis rapidement aux Trous-Prisons. Mais la dernière épreuve restait délicate. Extrêmement délicate. Je fourrai ma main droite dans une poche, et serrai les lanières de ma fronde. Elle était déjà armée, exactement comme je l'avais laissé. Mon poing se crispa sur le manche de mon bâton, pendant que deux shirrifs, surpris du convoi que nous formions, venaient aux nouvelles, sans être nullement sur leurs gardes.
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Etelion
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Jeu 1 Juil 2010 - 15:09
Quatre hobbits arrivèrent à Grand'Cave en fin d'aprés-midi. Un géant qui en portait un plus vieux et inconscient, un qui ressemblait à un shiriff, et un autre au regard malicieux. Le petit groupe se dirigeait vers les Trous-Prisons d'un pas sûr, la tête haute. Sauf, bien sûr, celle du vieux Flagan Fierpied, encore assomé par le coup de baton qui lui fut donné quelques heures plus tôt.

Son fils, Tomi, ignorait parfaitement où son père pouvait se trouver, ainsi que l'état physique dans lequel il était. Et il ne le saurait pas de si tôt, puisqu'il s'était retrouvé devant la maison de Malom Sanglebuc, le voleur de vaches, accompagné de huit shiriffs prêts à agir. Il y avait parmi ces huit, deux frondiers, deux traceurs, et quatre autres combattants de base, armés de batons et d'épées courtes. Il n'y avait aucun doute que les traceurs pourraient trouver rapidement les marques laissées sur le sol par les deux fautifs et Nob. Mais arriveraient-ils à temps pour assister le jeune shiriff dans sa tentative héroïque et ingénieuse ?

Revenons-en à Grand'Cave et à la preuve d'astuce venant du jeune Touque. Il avait fait passer Flagan pour quelqu'un de recherché par les forces shiriffes, pour quelqu'un qui pourrait rapporter gros aux deux voleurs. Bien plus qu'une ou deux vaches laitiaires, malgré leur qualité. Et, evidemment attirés par le gain, les deux kuduks avaient foncés dans le piège sans se poser de questions quant à la simplicité de cette rétribution. Et c'était tant mieux pour le nouveau shiriff. Si son plan marchait comme il l'avait prévu, il gagnerait en renommée et en estime de ses compagnons et de ses supérieurs. Restait à voir comment il allait se débrouiller si les choses tournaient mal.

Deux shiriffs gardant l'entrée des Trous-Prisons virent arriver cette petite compagnie. Bien sûr, ils ne connaissaient en rien les méfaits du Sanglebuc et de son compagnon. Et cela n'allait en rien faciliter la tâche à Nob. De plus, il semblait qu'il s'agissait là de bleus. C'est à dire de nouvelles recrues. Allait avec leur statut la naïveté et la précipitation. Le premier s'avança et dit, d'une voix las:

- Halte là. Vous arrivez aux Trous-Prisons. N'y entre pas qui veut. Qui êtes vous ?
- Malom Sanglebuc. Et voici mes compagnons. Nous venons pour livrer un malfrat. On nous a dit qu'il y avait une récompense pour ceux qui ramèneraient ce kuduk aux Trous-Prisons.
- Ah ? répondit simplement le second garde.

A vrai dire, il ne connaissait pas le moins du monde les hobbits recherchés par les shiriffs. Il se disait que si ces gens honnêtes avaient entendu une telle chose, c'est que cela se trouvait être vrai. En plus de ça, il venait de reconnaitre un shiriff à leurs côtés. Il semblait que ce-dernier fut de peu leur aîné, au sein des shiriffs. Il n'en fallait pas plus pour rassurer le garde, qui, d'un geste de tête, laissa passer les trois semi-hommes et l'inconscient.

Sans mot dire, la petite troupe entra par la grande porte ronde et arrivèrent dans un large couloir, éclairé par quelques fenêtres de plafond et des torches accrochées aux murs, menée par le premier garde à avoir pris la parole. Il s'arrêta devant une cellule ronde, typiquement hobbite, et demanda au kuduk géant de déposer le vieux fermier. Dès que cela fut fait, les trois holbytlans furent invités à attendre la récompense dans ce qui semblait être le bureau des gardes. Une petite pièce éclairée par une fenêtre en hauteur, dans laquelle se trouvaient quatre deux chaises devant un bureau, une derrière. Dans cette-dernière s'assit le garde.

- Asseyez vous, je vous en prie. Je suis désolé mais il n'y a que deux places. Bon, je vois que vous attendez votre récompense. Il faut aller chercher le chef shiriff, mais il est en pause actuellement. Si ça ne vous dérange pas d'attendre une petite heure... Mais imaginez vous les poches pleines de pièces d'or ! Ca vous fera passer le désagrément de l'attente.

Les deux voleurs s'asseyèrent sans attendre que Nob fasse le moindre mouvement. Visiblement, la politesse n'était pas de mise. Rien d'étonnant, venant de la part de deux voleurs de leur trempe. Le garde, pour faire passer le temps, commença à leur parler de choses inintéressantes, comme ce qu'ils allaient faire de leur argent une fois gagné, ce qu'ils pensaient du nouveau jardinier de Hobbitebourg, et d'autres choses de ce genre. Ne se posant pas de question, les deux hommes répondirent tranquillement. Malom restait le plus bavard mais c'était lui qui mesurait le plus ses réponses, de loin. Et ce malgré la simplicité des questions. Une personne étrange, décidément. D'aprés ce que semblait dire le shiriff face au bureau, le garde de l'entrée était parti quémander le chef shiriff.

Vingt minutes passèrent, puis trente, puis soixante, puis cent. Enfin, le chef shiriff arriva avec une démarche lente, les mains sur le ventre. Il dit, d'une voix joyeuse:

- C'était la meilleure dinde aux pommes de terres en croute que j'ai mangé de toute ma vie ! Ahem. Désolé de l'attente. Bon, c'est pour un prisonnier recherché si j'ai bien compris. Voyons de quoi il s'agit...

Le garde laissa les deux hommes assis, ainsi que Nob, et emmena le chef shiriff devant le trou-prison de Flagan. D'une voix plus qu'étonnée, il parla de ce semi-homme:

- Flagan Fierpied ? Recherché ? Une récompense ? Nan mais vous avez rêvés ou quoi ? C'est le fermier qui fait le meilleur lait de toute la Comté ! Et vous allez me dire que c'est un trouble calme ? Mais enfin, sortez le !

Le garde obéït à l'ordre donné par le chef shiriff. Ce-dernier marmonnait d'un air énervé. Voila qui n'arrangerait rien à la réputation des shiriffs de Grand'Cave ! En même temps qu'il pensait aux répercussions de cette affaire insensée, un groupe de huit shiriffs, accompagnés du fils Fierpied, arriva dans le couloir principal des Trous-Prisons. Les neuf kuduks étaient essouflés, ils avaient suivis les traces le plus rapidement possible et étaient arrivés à Grand'Cave. Tomi arriva devant le chef shiriff et expliqua la situation et toute l'histoire. Le chef, lui, comprit aussitôt la ruse de Nob, discret jusqu'alors. Il fit signe aux shiriffs de le suivre ; et tous les neufs, ils débarquèrent dans le bureau des gardes.

- Malom Sanglebuc, je vous arrête pour vol de vaches laitiaires et agression de fermier. Votre ami aussi, bien sûr. Emmenez les.

Il aurait été bête de penser que les deux hobbits se laisseraient emmener sans problème. L'un sortit une petite matraque, l'autre un couteau. De plusieurs gestes de bras, ils menacèrent quiconque s'approchait. Le combat aurait pu s'avérer difficile si les frondiers n'avaient pas été là. Malgré la petitesse de l'espace, les cailloux ronds qu'ils avaient mis dans les lanières de cuir leur servant d'armes arrivèrent dans la tête de chacun des deux agresseur et voleur. Leur renom avait déjà était fait, et rien ne ne le salirait. Il fallut deux hobbits pour emmener Malom dans son trou-prison, et pas moins de cinq pour emmener le géant dans le sien.

Tout était bien qui finissait bien. Enfin presque. Flagan se reveillait à peine, et il aurait sûrement un mal de crâne terrible pendant quelques jours. Mais il allait bien, et c'était le principal. Nob fut félicité personnellement par le chef shiriff pour son initiative des plus futées. Flagan fut récompensé pour son courage, plus exactement fut remboursé pour la perte de ses vaches manquantes, qui avait été vendues par les deux malfrats. Tomi, quant à lui, était seulement satisfait du l'accolade que son père lui adressa, et à vrai dire, il ne lui en fallait pas davantage.




[ Voila voila, désolé d'avoir fait trainer le Rp ! J'ai un peu précipité les choses sur la fin, j'espère que ça ne t'as pas dérangé ! Si c'est le cas, dis le moi, je modifierai sans problème Wink ]
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Nob Touque
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Sam 31 Juil 2010 - 21:13
[HRP : do not worry, it is all right ! Et pis, si le RP est trop lent, c'est de ma faute, oui, j'avoue, je suis lent en RP, abominablement lent... Mais tu peux accélérer autant que tu veux, ça me gêne pas ! Sur ce..]

Étrange... Où était-elle donc passé ? Il y avait certes peu de matière, mais il faut tout de même la faire disparaître. Encore, une assiette de champignon, il est vraisemblable que cela disparaisse rapidement si on a le dos tourné. Une chope de bière aussi, je ne dis pas, ou même à la limite une platée d'épinards, malgré l'aversion injustifiée de certains enfants trop gâtés. Mais un caillou, pourquoi voudrait-on dérober un simple caillou ? Même pas une pierre précieuse, voire semi-précieuse, que tant de Grandes-Gens affectionnent non pas pour leur beauté mais pour leur valeur monétaire. Non, ce n'était qu'une vulgaire pierre, certes arrondie d'un côté, ce qui était le seul avantage que je lui trouvais. Un morceau de granite sans beauté. Pas très gros, d'ailleurs, il ne faisait même pas la taille d'un poing, si je pouvais me fier à mes souvenirs.

Je devais tout de même avoué que je n'y avais guère prêté attention. Il me semblait l'avoir rangée en sécurité dans ma lanière de cuir. Mais il y avait eu un peu d'agitation depuis... Mmh... Voyons voir... Au début, j'avais bien salué un de ces jeunes shirrifs... Mais non, je faisais alors attention à mes gestes – j'avais peur – . Alors quand ? Il y avait bien eu cette longue attente, mais je n'avais guère bougé, pétrifié par la peur et de mauvais pressentiments... Remarque, cela avait bien put se passer suite à l'arrivée de tout ces shirrifs et de ce brave Flagan. Enfin, ils n'avaient fait que passer et cela avait été heureux, car les deux voleurs n'avaient pas eu le temps de reconnaître le fils de leur victime. Cela lui évitait la tache stupide de mourir en martyr pour la justice... Rien de tel pour devenir célèbre post mortem, mais je préférais davantage vivre encore quelques instants. Mourir en héros agiterait trop la Comté à mon goût, alors qu'on pouvait encore étouffer cette affaire. Il y avait là de quoi alimenter bien des discussions pour de longues semaines, et je ne tenais guère à cela. Mieux valait que les aventures exotiques de cet autre Fierpied – fort sympathique, d'ailleurs ! – ravissent les oreilles des enfants. Mais où en étais-je ? Hmm... Oui, c'est vrai, donc, tout cette agitation... A vrai dire, quand j'avais vu les deux hobbits sortir leurs armes, tout avait été si confus... Je ne me souvenais plus trop de ce qui ce passait alors, il me semblait qu'ils ont tenté de fuir, ou d'attaquer, tout était si confus... J'avais la main crispée sur ma lanière de cuir... Peut-être l'avais-je sortie de sous ma tunique. Oui, il me semblait même que je m'étais trop agité. Cette lanière qui vrombit... Oui, sûrement. Mes yeux se posèrent sur un objet rond, tâché de sang, sur le sol de terre cuite. J'avais fait coulé le sang. Pas très gentil de ma part.

Je me penchai pour ramasser le projectile ensanglanté. Mes braves camarades nettoyaient déjà la place, les corps évanouis placés dans leur nouvelle demeure. J'espérai qu'ils l'apprécieraient, car ils risquaient d'y rester longtemps. Mais ce n'était plus là mes affaires, il fallait passer le relais à d'autre, ce que je fis volontiers, d'ailleurs. Je ne prenais pas à cœur cette affaire. Un gâchis de bons hobbits. Un paisible fermier et son fils marqués pour un bon bout de temps, deux hobbits ensanglantés aux Trous-Prisons, quelques vaches perdues. Rien de très glorieux. Mais cela ne serait bientôt que des souvenirs, des récits pour les soirées au coin du feu. Mon supérieur tint tout de même à me féliciter. Je me contentai d'une courbette bien hobbite :

"A votre service et à celui de notre chère Comté !"

Après un dernier salut, je m'éclipsai. Il me restait encore un peu de temps avant de faire ma patrouille quotidienne. Juste de quoi reprendre ma chope de bière de la veille et la finir, au Dragon Vert.
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