A l'Auberge du Vieux Capitaine

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Thorseld Eodsen
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Jeu 27 Mai 2010 - 8:31
Cela faisait déjà plusieurs semaines que Ferethor avait entreprit son long voyage à travers le Gondor pour rejoindre Minas Tirith...
La fatigue des longues journées passées à chevaucher et les agitations intérieures qui le secouaient depuis son altercation (ancienne mais toujours présente à son esprit) avec son père, le gouverneur de la province d’Andustar.
La quête de Vesparion et de ses seigneurs n’avait aucune légitimité à ses yeux. Et le simple fait que son père ait pu tenter de l’embarquer dans la quête de Valinor le mettait hors de lui…

*Au diable ce seigneur ! Au diable ses envies de grandeur et ses rêves d’immortalité ! Ne serait-on plus lié par la parole donnée dès lors que l’on préside aux destinés d’un état !?
Maudits soient tous ces grands hommes et maudites soient leurs fortes paroles !*


Alors qu'il chevauchait depuis son point de départ, un petit village isolé à l'extrème sud du Gondor, où il s'était réfugié avec son cousin et ami durant de nombreuses années, comme pour rejeter les souvenirs insupportables de sa fuite, Ferethor se remémorait régulièrement son départ précipité ! A l'époque, il n’avait pu prévenir que son cousin Genugorn! Celui-ci avait décidé d’accompagner Ferethor, qu’il considèrait comme son frère, et ils étaient partis à cheval jusqu’à la baie d’Andúnië où ils avaient convaincu un vieux marin et son petit équipage de les acheminer jusqu’en Terre du Milieu, appuyant leur argumentaire de la presque totalité de leurs bourses…

Le départ c’était fait en toute hâte, sous la pression constante des deux amis et le petit bateau d’ouvrage elfique qu’il les emmenait vers leur future existance avait fait voile dans les dernières lueurs de la triste journée dont les souvenirs tournaient encore perpétuellement en son esprit. La traversée avait été contrariée par les nombreux et forts courants tout autant que par l’incapacité du capitaine à faire respecter ses ordres obscurcis par les vapeurs de l’hydromel que le bougre buvait par goulées grasses et longues.

Bien qu’une traversée directe et courte avait été envisagée avec, comme destination finale, la ville côtière d’Umbar, en Harad, le petit vaisseau avait dérivé vers le nord et les deux compères s’étaient accommodés de l’idée de débarquer dans l’impressionnante ville de Dol Amroth accrochée à la falaise et surplombant la Baie de Belfalas.

Ils avaient alors quitté immédiatement la grande cité côtière pour se réfugier dans le calme et l'anonymat d'une petite bourgade tranquille du sud-est. Là-bas, ils avaient commencé une vie d'ermite, conciliant les nécessités du quotidien avec les visites, rares, des quelques étrangers de passage demandant parfois l'asile pour une nuit !

Mais au bout de quelques années d'une vie monotone et terne, rongée par des souvenirs douloureux, Ferethor avait commencé à se lasser de cette tranquillité qu'il avait si ardemment désiré et un beau jour, il dit à Genugorn :

- Je propose que nous fassions route immédiate pour Minas Tirith, proposa Ferethor.

- C’est à plusieurs journées de chevauchée ! fit remarquer Genugorn. Que comptes-tu faire là-bas ?

- C’est là-bas que se trouve une auberge très populaire, répondit Ferethor… Ektalion, ton père nous a souvent parlé de celle-ci, continua-t-il. Il l’évoquait comme le point de départ de bien des aventures, souviens-toi ! Il évoquait souvent les noms de personnages aventureux et toujours en quête de quelqu’un ou de quelque chose… Tiens, par exemple, je me souviens que dans un des récits qu’il nous faisait de ses innombrables aventures, il évoqua un jour le nom d’un elfe mystérieux, qu'il avait connu jadis ! Comment s'appelait-il ? Ah, son nom m'échappe désormais !

- Un grand seigneur, oui ! je crois que c’est ça ! Je m’en souviens en effet, confirma Genugorn.

- Nous partirons demain à l’aube , proposa Ferethor. Je crois que Crouperaide ne goûte guère ce repos prolongé et il ne faudrait pas qu'il s'empâte plus longtemps ici !

- J’ai toujours dit que ta monture avait tout de son cousin âne !, fit remarquer Genugorn en riant…

Et c’est ainsi que les deux compagnons étaient arrivés à l’auberge du Vieux Capitaine, que tout le monde semblait connaître dans les premiers cercles de Minas Tirith !

C’est avec un mélange d’inquiétude et d’interrogation que Ferethor et son cousin avaient débouché dans une salle bruyante et enfumée de ce petit troquet de la Cité Blanche…
Après avoir commandé une chope au tenancier, un petit homme rugueux mais jovial, ils s’assirent à une tablée où se trouvaient déjà deux nains et trois hommes de haute stature et qu’ils restèrent là un moment à observer la faune bavarde et agitée de ce lieu pittoresque.
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Sombre-Chêne
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Ven 28 Mai 2010 - 22:55
Un lieu pittoresque et vivant, oui. Des rires, des cris, des murmures s'agitaient dans les vapeurs engourdies du tabac. Les mots alors ne s'élevaient pas bien haut, et les syllabes gouttaient une à une des barbes et des lèvres rêches. Elles roulaient indifféremment de tout côté, et la logique du sens et des sons s'enrobait d'une épaisse nappe mousseuse : la rumeur des conversations baignait l'atmosphère d'une agréable langueur. La vue n'était pas non plus agressée, non, le tableau de l'auberge se dessinait à coups de pinceaux le plus simplement et le plus légèrement du monde. Car monde il n'y avait pas. La clientèle était également répartie dans la taverne, les groupes et les solitaires se répartissant ça et là en dentelle. Nul regroupement, nul espace désert. Tout était uniforme et plat. Des vieux, des jeunes, des femmes, des hommes, des Nains, des naines, des barbus, des blonds, de roux. Qui discutaient.

Et deux elfes qui ne disaient rien et qui s'étaient assis près des trois Hommes et trois Nains.

Des trois Hommes, deux étaient robustes, le crâne rasé et poli. Tous deux arboraient avec fierté une généreuse moustache brune, si bien que les différencier aurait été difficile, si ce n'avait été la cicatrice qui sinuait sur la joue de l'un deux. Le troisième individu était plus émacié, et de lourds cernes pendaient sur ses joues creuses, une figure en somme assez peu engageante, encadrée ainsi par une tignasse de cheveux blonds sales. Finalement, les deux Nains honoraient bien la réputation de leur race : bien costauds, presque plus larges que hauts dans les épaisseurs de leurs vêtements, leur barbe rousse s'étalait en offrande devant leur chope de bière.

Et tous les cinq fixaient les deux elfes, froidement. Dans un silence que le bourdonnement vivant de l'auberge ne parvenait à alléger. Hostiles? Non, il ne semblait pas vraiment. Mais distants, certainement.

Bienvenue à Minas Tirith.

Accueil tout aussi glacial que les cinq paires d'yeux. Les lèvres de l'homme aux cheveux sales n'avaient presque pas remué.


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Thorseld Eodsen
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Lun 31 Mai 2010 - 14:23
Cela faisait maintenant quelques heures qu’ils étaient assis là, à observer les boiseries ouvragées et les lourdes poutres qui composaient l’essentiel de la décoration sommaire de l’endroit. Immergé dans ses rêveries, Ferethor était par moment soudainement ramené à la réalité de l’instant et des lieux quand les vociférations de quelque guerrier alcoolisé passait au dessus du brouhaha continue de la salle vivante et animée.
L’endroit paraissait exigu tant les clients étaient nombreux et entassés près du long bar qui parcourait toute la salle et longeait les murs sur toute leur emprise.
Les éclats de rires gras et rauques, noyés dans les nuages de fumée de pipes d’herbes semblaient ne devoir connaître aucune trêve. Quand la conversation d’un groupe retrouvait un volume sonore acceptable, une autre clameur s’élevait de la tablée voisine pour s’atténuer quelques instants plus tard, dans les premiers remous sonore de la vague suivante.
Ferethor ne le savait pas encore, mais cette marée de bruits, de fumées et d’odeurs diverses témoignait de l’importance de ce lieu populaire et animé et de son succès. L’établissement ne fermait jamais tant sa réputation de bonne chaire et d’ambiance hétéroclite et bonne enfant lui permettait d’accueillir sans mal le flot continu d’une clientèle d’habitués et de voyageurs de toutes sorte que les récits entendus au sujet de l’auberge du Vieux Capitaine avaient conduit jusque-là.
A Andúnië, les établissements de ce type avaient existé, mais Ferethor découvrait pour la première fois ces ambiances pittoresques et besogneuses qui n’avaient pas existé sur son île tant elle avait été loin de tout avant de disparaître.
A cet instant seulement, il prenait conscience que le monde qui avait été le sien jusqu’à présent, avait été pour lui et ses amis, comme un cocon protecteur, les laissant dans l’oubli du vaste monde, des races qui le peuplaient et des coutumes qu’il recelait.

L’attention de Ferethor faiblissait, embuée qu’elle était par le brouhaha des discussions croisées qui parvenaient des tables voisines. Il saisissait parfois des bribes d’un récit d’aventure, qui narrait les péripéties de tel ou tel voyageur en quête de quelque vague relique. Mais très vite, son attention était happée par une voix plus forte qui l’emportait alors dans la description d’un lieu magnifique qu’un autre voyageur avait visité lors d’une excursion ou alors c’était un troisième qui évoquait le cas de sa femme touchée par la variole ou la peste noire…
Les discussions s’entrecroisaient, se télescopant dans l’esprit déconcentré de Ferethor.
A un moment, il avait furtivement entraperçu une conversation évoquant les elfes et leurs étranges coutumes...
Face à lui, les trois hommes et les deux nains se tenaient immobiles. Ferethor remarqua à cet instants que les cinq hommes le fixaient intensément.
Leurs regards étaient froids et se posaient sur lui et Genugorn comme un implacable hiver sur les champs du Pelennor.
Ferethor Frisonna.

- Bienvenue à Minas Tirith, dit l'un d'entre eux.

Ferethor se redressa, intrigué. Il n'avait pas était assez attentif et commençait à se reprocher de ne pas avoir remarqué lequel d'entre s'était exprimé de la sorte...

Mais quelques instants plus tard, une fois sa confusion dissipée, il fit glisser son regard successivement dans les cinq paires d'yeux qui l'observaient et répondit :
- Merci !

Il rassembla alors la totalité de ses esprits avant de reprendre avec aplomb :
- Dois-je vous paraître extrêmement songeur et perplexe pour que vous jugiez immédiatement et avec justesse que c'est la toute première fois que mes voyages me conduisent à Minas Tirith !
A qui ai-je l'honneur ?
Demanda-t-il alors...

Il ne lâchait plus aucun des cinq hommes de son regard inquisiteur et attendait la réponse de l'un d'eux. Plus il attendait et plus il lui semblait évident que parmi les cinq hommes, c'était celui qui se situait au centre qui s'était adressé à lui de la sorte.
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Sombre-Chêne
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Mar 1 Juin 2010 - 10:48
Les cinq clients échangèrent un regard moqueur complice, ainsi que le feraient cinq enfants cruels voyant s'approcher une proie facile. Néanmoins, l'elfe ne semblait pas avoir à trop s'en faire. Si ce n'avait été que l'absence rassurante de tout objet tranchant au côté de chaque homme, l'ambassadeur aurait peut-être pu douter de sa capacité à venir à bout de cinq individus ; mais la collection de chopines, et leur haleine alourdie par la bière donnaient de bonnes raisons de ne pas s'inquiéter outre mesure. Et, pour conclure le tout, l'ambiance de la taverne ne se prêtait pas à une rixe. Il était des lieux qui appelaient rapidement la méfiance, celui-là n'en était pas un.

Les acolytes se présentèrent tour à tour, lâchant seulement un nom. Les deux Nains se prénommaient Hroth et Golmir, le maigre Altir, et les colosses Den et Reor. Ce fut le maigre qui reprit la parole, toujours sur le même ton.

"Vous êtes des elfes, ça nous suffit pour vous regarder comme on veut.

—Les elfes, c'est pas courant ces temps ci
, intervint Den.

—Et d'habitude, ça vient pas nous regarder avec tant d'intérêt dans une auberge, poursuivit Reor.

—Ouais, vous autres vous allez directement au palais... et puis vous restez pas bien longtemps, expliqua Golmir.

—Les elfes, c'est pas courant ces temps ci", répéta Den.

Tandis que, toujours, ils fixaient les deux voyageurs, une pointe de d'appréhension parut apparaître dans leurs yeux.

"Et nous, à qui avons nous l'honneur?"


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Thorseld Eodsen
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Mar 1 Juin 2010 - 15:04
L'ambiance semblait s'être soudainement figé. L'attention que l'elfe portait aux hommes attablés face à lui était telle, que le temps semblait avoir suspendu sa progression immuable.
Les regards étaient intenses. Mais pas vraiment mauvais. Ferethor était surtout curieux. Et avide de découvertes, d'aventures et de rencontres.
Ces longues années passées dans le Sud du pays l'avaient petit à petit soustrait aux réalités du monde et à la pluralité des êtres qui y vivaient.

Les cinq hommes se présentèrent tour à tour, succinctement. Et après quelques instants, le plus maigre d'entre eux demanda :
- Et nous, à qui avons nous l'honneur?

Ferethor se leva alors de son vieux siège de bois sombre et le bruit des pieds raclant contre le sol inégal sembla appeler les cinq hommes à être attentif à sa présentation.
- Je me nomme Ferethor, fils de Vesparion !
Comme vous avez pu en juger, je suis un elfe ! J'ai fui Núménor, où j'ai grandit, voilà plusieurs vie d'homme et malgré mon apparence juvénile je suis plusieurs fois votre aïeul !
reprit il d'un air malicieux...

- C'est la première fois que je viens à Minas Tirith ! Je viens d'être nommé ambassadeur auprès de votre peuple et je me réjouis de séjourner dans votre magnifique cité ! Je compte bien découvrir au plus vite les trésors architecturaux qu'elle recèle. Il me plaît tant de promener mon regard sur les pierres nobles et les constructions des hommes ! Il semble que chacune d'entre elles contient un peu de l'âme de ceux qui l'ont bâtie !

Je me rends au palais prochainement ! Je ne sais de quoi est fait votre quotidien ni qu'elles sont les obligations qui sont les vôtres, mais pourriez-vous nous indiquer un endroit où passer la nuit ?


Il se frappa le visage avec gêne et, se tournant vers son cousin, il déclara :
- Messeigneurs, veuillez excuser ma maladresse mais les événements se précipitent et je suis d'une rare impolitesse ! Permettez-moi de vous présenter Genugorn, mon cousin ! C'est un semi-elfe par sa mère ! Nous avons grandi ensemble à Andúnië !

Genugorn adressa un petit signe de tête poli et Ferethor reprit :
- Je ne connais personne ici ! Pourriez-vous nous venir en aide quelques temps ou nous indiquer le nom de quelqu'un pouvant nous porter assistance ?
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Sombre-Chêne
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Jeu 3 Juin 2010 - 14:39
Les cinq comparses échangèrent un nouveau regard amusé.

"Vous pourriez être notre aïeul, dites-vous? commença Hroth.

-Ouais, c'est ce qu'il a dit. Tu te rends compte, il a plusieurs siècles qu'il vit.

-Plusieurs siècles? Je te raconte pas l'ennui... Ca fait si longtemps que vous vivez, et vous venez à peine d'être nommé? Dites donc, faut pas être pressé.

-Et c'est la première fois que vous venez à Minas Tirith? Depuis tout ce temps?

-Ouais, moi je dis, être millénaire et rester dans sa bicoque à faire le philosophe, ça vaut pas le coup.

-Complètement d'accord avec toi, Den. Tenez, Altir il a à peine, quoi, cinquante ans?

-Quarante-huit.

-Quarante-huit ans, et il a traversé le Gondor, le Rohan et l'Arnor de...

-Et l'Harondor, s'il te plaît.

-Et l'Harondor de long en large. Et vous, il vous a fallu peut-être huit, neuf cents ans pour venir à Minas Tirith. Pour moi, il n'y a pas à être fier..."

Cet infernal échange donnait le tournis. Une courte pause permit aux deux cousins de reprendre leurs esprits. Reor reprit :

"Et vous venez pour admirer nos monuments? La belle affaire. C'est vrai qu'ils sont beaux, on se lasse pas de les regarder, hein Den?

-Oui, c'est vrai, c'est vrai. On se demande comment de telles structures peuvent tenir, depuis le temps... On en fait plus, des merveilles comme ça, de nos jours. Faut dire que les artistes, ils ont d'autres occupations. Alors quand on regarde ces incroyables empilements de pierres, ça nous rappelle le bon temps, qu'on a peut-être même pas connu, et puis pendant quelques secondes, on va mieux. C'est sûr, quand on voit le palais du bas de la cité, dans les quartiers des...

-Arrête, tu vas les faire repartir d'où ils viennent.

-Oui, pardon. Enfin, quand on le voit, ça nous rappelle la vie.

-Et donc vous venez visiter?
intervint Altir. Bien, très bien. Vous allez faire des heureux, ça fait toujours chic, de recevoir des elfes. Et puis vous pourrez raconter à vos amis ce que vous avez vu, peut-être que ça les décidera à sortir de chez eux. Et puis ils viendront peut-être à Minas Tirith pour voir eux aussi. Et puis on verra plein d'elfes, la tête en l'air, regarder la cathédrale ou la porte ou le palais. Et puis nous on vous regardera passer, ça sera bien."


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Thorseld Eodsen
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Mar 8 Juin 2010 - 10:15
Ferethor écoutait les 5 compères lui répondre sur un ton auquel il n'avait jamais été confronté !

Un temps décontenancé, il explosa soudain de rire !
Et au bord des larmes, il expliqua, dans une voix entrecoupée de fou-rires irrépressibles :
- Ah, ah, ah, … Il faut dire que Oh, oh, oh, … C'est vraiment, Hi-hi, hi-hi !
Oh, misère ! Arrêtez, c'est trop ! Je dois, hu, hu, hum, bien avouer que c'est bien la première fois que l'on s'adresse à moi en ces termes !
Quelle fraîcheur, quelle spontanéité ! Je dois dire qu'il est très intéressant d'envisager les choses sous un pareil angle !
Il est vrai que mon existence se heurte ici à la vôtre et mes réalités à celles qui vous animent !


Ferethor marqua une légère pause et prit quelques instants pour calmer son rire saccadé qui l'empêchait de s'exprimer correctement.
Quelques instants plus tard, il reprit :
- Il est vrai que les elfes peuvent paraître pour le moins étranges aux hommes ! Nos façons sont incertaines en vos citadelles et nos manières bien peu utiles, m'est avis !
Notre existence étant ce qu'elle est il nous est plus facile de prendre le temps de faire les choses et de réfléchir sur nous mêmes, nos façons de faire et de voir le monde !
Mais il n'est pas de critiques en mes propos ! Je dois bien avouer que si ma vie devait défiler comme la vôtre, je n'aurai pas patienté autant de temps avant de parcourir le monde !


Il se leva alors et commença à s'éloigner de la table massive où étaient encore attablés les 5 compagnons...
- Tu viens, Genugorn ? Il me semble que ces hommes sont, sans le vouloir d'excellent conseil ! Nous avons perdu bien trop de temps à traîner nos montures dans les plaines de Gondor !
Hâtons-nous désormais de monter vers la citadelle et le palais royal !


Ferethor esquissa un petit signe de tête courtois et indiqua à ces interlocuteurs :
- Bien, messeigneurs, votre conversation fut agréable ! Et, bien que vous nous teniez pour un peuple hautain et intriguant, il me fut très intéressant de converser avec vous … quoi que vous puissiez en penser !

Et Ferethor s'éloigna alors, Genugorn le suivant de près. Il espérait secrètement que ces hommes, intrigués, continueraient sa route avec eux, *même pour plaisanter*, pensait-il, *leur compagnie, même très spéciale pour nos façons, et finalement assez agréable !
Mais s'il ne songent pas comme moi, je trouverais bien d'autres personnes susceptibles de me renseigner !*
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Sombre-Chêne
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Ven 11 Juin 2010 - 23:12
Ferethor et son cousin sortirent donc de l'auberge. Tout était gris, tout était uniforme, tout était plat et immobile. Le ciel, couverture laineuse, enfermait les rues comme dans un bocal, soustrayant la ville au temps : la journée touchait à sa fin, mais le soleil, là-haut, aurait très bien pu être à son zénith. Et dans sa fuite il avait entraîné ombre, lumière et nuances.

Tout était gris, tout était immobile.

L'air s'ennuyait. Il n'avait ni cette pulsation vibrante, ni cette langoureuse lourdeur, ni cette légèreté acérée des jours francs. Seule une fraîcheur incertaine témoignait de sa présence. Passif, il enfermait les sons et les effluves de la ville à leur source même : les sabots d'un enfant sur le dallage claquaient et s'oubliaient, l'ivrogne passait, son haleine se perdait dans sa gorge.

Il n'y avait que les murs blêmes et le ciel uniforme.



C'était la rue principale, l'artère vitale de la Cité qui s'enroulait et s'entortillait autour d'elle comme un antique lacet. Il y avait des personnes qui passaient, sans se voir, sans rien voir, ou qui voyaient sans voir, ou qui voyaient sans regarder. Il y avait quelques uniformes qui paradaient l'oeil droit. Il y avait quelques mendiants affalés, qui contemplaient une bourse, une pièce. Il y avait un musicien aveugle qui récitait l'amour.

"Les autres sont restés à l'intérieur, mais si vous le voulez, je peux vous guider un peu".

C'était Altir, c'était une voix lisse et matte, c'était un regard dans le vide. La conversation ne promettait pas d'être aussi vivante que dans la taverne.


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Thorseld Eodsen
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Mer 30 Juin 2010 - 15:43
Ferethor et Genugorn s'étaient levés et dirigés vers la sortie, oscillant sur leur chemin, entre les serveuses chargées de plateaux de bois et de chopes de bière et les clients se levant sans crier gare, qui déportaient leur tabouret au milieu de l'étroit passage entre les tables sans se soucier de savoir si cela gênait qui que ce soit !

Les deux compères se frayèrent un chemin jusqu'à la grande porte d'entrée, cédant le passage à un groupe de nains déjà avinés qui déboulèrent à grand bruit, semblant débarquer du troquet voisin !

Ils passèrent le seuil encombré et se retrouvèrent à l'air libre, sous un ciel bas et gris. L'atmosphère était étrange. L'air même semblait engourdir les rares passant qui circulaient dans cette rue pourtant commerçante, mais que les promesses non-tenues par ce ciel décourageant avaient fini par dépeupler.

Ils commencèrent à cheminer calmement dans cette ruelle pavée, croisèrent quelques mendiants étalés au pied de quelque maison bourgeoise comme pour rappeler au passant l'étrangeté de la condition des hommes et l'étroitesse du sentier de leur destin, saluèrent quelques soldats en armes et écoutèrent, au détour d'une rue, un musicien aveugle mais pas sourd !

Alors qu'ils croisaient ce dernier pour changer de ruelle, ils entendirent quelqu'un les interpeller :
- Les autres sont restés à l'intérieur !, leur dit la voix. Mais si vous voulez, je peux vous guider un peu !, continua-t-elle.

Les deux amis se retournèrent et découvrirent que la voix qui les avait apostrophés et dont ils semblaient connaître le timbre particulier, toute lisse et matte, était en fait celle d'Altir, qu'ils venaient de laisser derrière eux à l'auberge et qui les avait à présent rejoint.

- Altir !? s'étonna Genugorn.

- C'est bien moi ! répliqua ce dernier d'un air légèrement ironique. Alors, qu'en dites-vous ? continua-t-il, vous me suivez ou vous attendez le déluge ?

- Mais avec plaisir ! intervint Ferethor. Par quoi commenons-nous ? Nous nous rendons au palais ! Il faut monter, n'est-ce pas ? Que pouvons nous voir en chemin ?



[HRP : La suite, ici : http://jeuderoles.forumactif.com/minas-tirith-le-bas-de-la-cite-f45/dans-la-rue-t4887.htm ]
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