Un Nain en Comté

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Rômrhun
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Lun 25 Oct 2010 - 13:55
J'ouvris lentement les yeux, pour les refermer rapidement. La lumière était encore trop forte pour mes rétines. Un autre essai... Un peu mieux, mais c'est pas encore ça. Je décidais donc d'attendre encore un peu avant de regarder autour de moi, quand la douleur dans mon dos se réveilla. Une douleur lancinante, qui quelques jours auparavant m'aurait sans doute fait m'évanouir, mais qui me paraissait curieusement plus faible que ce à quoi je m'attendais. Mais à quoi m'attendais-je?

Réfléchis, qu'est ce qui se passe? Où es tu?

J'étais perdu. Cette douleur me paraissait familière, alors que rien dans mon esprit ne m'indiquait que je pouvais avoir une quelconque blessure...

Réfléchis!

Les yeux toujours fermés, et ne songeant même plus à les ouvrir, je tentais de me rappeler ce qui m'était arrivé, fronçant les sourcils, comme pour aller un peu plus profondément dans ma mémoire.

Puis un souvenir revint... Un grognement tout d'abord... Les branches qui craquaient sous mes pieds ; une forêt donc... Des aboiements... Cette odeur de charogne... LES WARGS!

Tout m'étais subitement réapparu devant les yeux. Nous étions encerclés par les wargs, l'Elfe et moi... Je me souvenais m'être mis en position de combat.......... et plus rien. Le trou noir. Aucun souvenir du combat, ni de ce qui s'était passé par la suite. Et pour ce que j'en savais, je pouvais très bien être étendu dans cette forêt, à l'endroit même du combat. Il fallait que j'ouvre les yeux.

Rahhh, cette satanée lumière!

Tant pis pour les yeux, il me fallait encore attendre, alors autant essayer autre chose...

Le sol sous moi ne ressemblait en rien à un sol de forêt. C'était dur, mais très plat... Pas de branches, de feuille, d'humidité... Et j'avais une couverture. Il faisait chaud, et pas un souffle de vent sur mon visage ne se faisait sentir.

Et, chose curieuse, je pouvais sentir une délicieuse odeur de pâtisserie...
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Rômrhun
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Jeu 28 Oct 2010 - 22:16
Cette odeur, ma foi fort fameuse, me fit réaliser que je n'étais plus du tout dans la forêt, mais dans une habitation. Lentement, j'ouvris les yeux. Cette fois-ci, ils s'étaient enfin habitués à la lumière, et je pus enfin découvrir mon nouvel environnement.

J'étais allongé sur une paillasse de bois, placée dans un coin de la pièce. Cette pièce était de petite dimension, surtout pour un Nain habitué aux gigantesques salles sous les montagnes. Le bois était vraiment l'élément prédominant, du parquet aux armoires, en passant par les poutres et les tables basses. Mais ce qui paraissait le plus étrange dans cet intérieur, ce n'était pas cette prépondérance mais trois éléments en particulier : la porte et les deux fenêtres.

La porte était fermée, et les fenêtres laissaient passer les rayons du Soleil qui resplendissait à l'extérieur. Mais chose curieuse, les trois étaient : rondes!

Quand vous passez toutes votre existence dans des grottes, taillées dans le roc, produisant des superbes lignes droites, le cercle est une forme déroutante. Mais pour quiconque connaissait quelque peu l'histoire de la Terre du Milieu, cette architecture était très évocatrice. Je savais maintenant où je me trouvais : chez un Hobbit!

C'est alors que je réalisais cela que j'aperçus une lettre posée près de moi. Dessus était inscrit mon nom, d'une superbe écriture calligraphiée. Je la saisis, et commençais la lecture.

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Nathanael
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Ven 29 Oct 2010 - 9:45


- …aux quatre coins de ma Comté, l’herbe se fera verte pour l’été, chasse le froid et chasse le vent, quand reviendras-tu mon doux printemps …

Tolbian s’activait en cuisine, guilleret comme de coutume. Il avait ouvert sa petite porte d’entrée ainsi que les fenêtres de la cuisine pour aérer la pièce tandis qu’il finissait de préparer le second petit déjeuner. Il avait déjà octroyé aux oiseaux les miettes de son premier petit déjeuner, et les rossignols, moineaux et petites mésanges s’agitaient sur la pelouse de son arrière cour.

Posé sur la table au centre de la pièce : un pot de miel, rempli d’une douce et onctueuse crème dorée, parfumée et enivrante. Sur une assiette plate reposaient quelques tartines d’un pain moelleux et légèrement grillé. Quelques couverts étaient déjà disposés, prêts à servir pour son hôte et lui-même, si jamais celui-ci finissait par se réveiller. Une bouilloire sifflait tranquillement sur un petit feu doux qu’il avait allumé en se levant. Des feuilles de thé se soulevaient fébrilement dans une coupe au rythme du souffle du vent.

Le vieil hobbit referma porte et fenêtres pour ne par laisser le froid entrer dans son trou. Ses vieilles articulations n’aimaient guère être confrontées à la froidure et aux raideurs de l’automne comme de l’hiver. Il jeta un œil à travers les vitres : les dernières miettes de pain venaient de s’envoler. Il en remettrait plus tard. Il sourit en voyant les oiseaux quitter le jardin pour se poser plus loin sur les barrières qui entouraient sa propriété : ils attendaient. Petit rituel quotidien dont ni les uns ni les autres ne se lassaient. Bientôt il leur poserait une petite motte de beurre ainsi que quelques graines de tournesol qu’il avait stocké et fait sécher depuis l’été.

Il s’en retourna à ses fourneaux et sortit du petit âtre, à côté de la bouilloire, un gros gâteau parfumé à la fleur d’oranger. Il avait un peu trop grillé sur le dessus et quelques cendres s’étaient déposées sur la fine croûte de la pâtisserie. Rien de bien grave, il avait encore quelque mal, après toutes ces années, à mesurer le temps nécessaire pour faire cuir ses cakes et autres sucreries. Il eût un petit soupir ému et nostalgique, sa défunte femme les avait toujours mieux réussi que lui. Ce brin de tristesse ne lui obscurcit pas l’esprit trop longtemps. Il aimait avant tout aller de l’avant et profiter des bonnes choses que lui réservait sa petite vie tranquille.

En outre il fallait à présent se rendre compte de l’état du nain qu’il avait recueilli quelques heures auparavant et qui lui devait un mal de dos et des courbatures. La brouette dans laquelle il l’avait ramené gisait encore devant la porte d’entrée, renversée et la roue voilée. Il y avait bien longtemps qu’il n’avait pas vu de gens de cette race. Hobbits et nains ne se fréquentaient pas si souvent, si ce n’était lorsque ceux-ci traversaient la Comté, mais c’était chose rare, curieuse, et étrange – de quoi perturber toute l’activité d’une petite bourgade bien rangée. Mais il n’avait guère d’a priori sur les gens des autres régions, sauf si les hommes, elfes nains ou autres se montraient grossiers et discourtois, voire agressifs. Il y avait malheureusement de mauvaises gens partout sur ces terres, aucune race n’était à blâmer en particulier. Tous étaient responsables en quelque sorte.

- Enfin …

Il soupira et entreprit d’aller frapper quelques coups sur la porte menant à la chambre où se reposait le nain. Il avait une mauvaise blessure dans le dos. Il lui avait prodigué quelques soins la veille au soir, et il avait disposé de l’onguent sur la plaie. Aucun pansement, il fallait laisser la chair respirer, sans quoi les vers viendraient s’occuper de la chose – du moins c’est ce qu’il pensait. Il avait toujours agis ainsi avec les animaux, pourquoi l’affaire en aurait-elle était autrement avec un nain ?

Il toqua trois coups contre le panneau de la porte et attendit que le nain se manifeste.


Dernière édition par Nathanael le Ven 2 Déc 2011 - 22:08, édité 2 fois
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Mar 2 Nov 2010 - 21:08
Citation :
Très cher ami,
je vous écris ces mots pour vous expliquer mon absence à votre réveil. Nous avons vaincu ces féroces Wargs. Vous avez fait montre d'une vaillance exceptionnelle, et d'une habileté incroyable dans le maniement de votre arme. Vous avez ainsi terrassé deux de ces immondes créatures, mais l'une d'elle a finit par vous attaquer par derrière, vous infligeant une terrible blessure qui vous a laissé inanimé.
J'ai pu nous débarrasser des loups, mais ne suis point parvenu à vous réveiller. J'ai cependant pris le temps d'examiner votre blessure, qui bien que grave, ne mettais point vos jours en danger. J'ai appliqué dessus quelques herbes qui devraient vous soulager.
Cependant, je ne pouvais attendre que vous vous réveillâtes, le devoir m'appelant en de lointaines contrées. Je craignais que vous ne mettiez plusieurs jours à reprendre connaissance, c'est pourquoi j'ai cru bon de vous transporter jusqu'à des habitations proche, en espérant que leurs habitants prendraient soin de vous. Ce voyage m'a pris plusieurs jours, et je vous ai vu souffrir le martyr, mais vous y avez très bien résister.
Vous allez sans doute rencontrer des Hobbits. N'ayez point peur d'eux, ils sont bien plus apeurés que vous ne le serez.
J'espère de tout coeur que vous vous remettrez prochainement de vos blessures, et que nous nous reverrons un jour.
Très cordialement.
Votre serviteur, Voronwë.

Ainsi donc, nous avions réchapper à ces monstres grâce aux prouesses de mon compagnon Elfe. Il ne se vantait pas, mais il avait bien vaincu 4 Wargs à lui seul. Je ne m'étonnais pas vraiment de cela, car même s'il estimait être un mauvais Capitaine, ce grade signifiait beaucoup sur ses compétences.

Alors que je finissais la lecture de la missive, trois coups résonnèrent à la porte. Avisant ma lance qui était posée contre le mur à portée de main, je la saisis, et la cachait sous la couverture, craignant le pire. Mais les mots de Voronwë concernant les Hobbits me firent me détendre, bien que je ne lâchai point mon arme, par mesure de prudence.

Une fois prêt, j'appelais celui qui se tenait derrière la porte :

"Entrez..."
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Jeu 4 Nov 2010 - 19:02


La porte couina dans un grincement aigu. Combien de fois sa petite femme ne lui avait-elle pas demandé de la réparer… Il poussa le panneau de bois et regarda avec curiosité et appréhension le nain, large, dans ce tout petit lit. Il resta d’abord quelques secondes simplement à l’observer. Ou plutôt à l’examiner. Sa barbe était bien fournie, il avait les bras épais et les jambes solides. Malgré la fatigue, ou bien la douleur, qui tirait ses traits, il avait globalement « bonne consistance ». Il prit la parole d’une voix assez assurée malgré la crainte d’une réaction qu’il ne pourrait prévoir. De nain il en accueillait pour la première fois sous son modeste toit.

- Bonjour messire nain.

Il parlait doucement et avec prudence.

- Je poserai les questions plus tard s’il est des réponses qui puissent être apportées, et vous en ferez de même. Le second petit déjeuner attend et il n’est point de nourriture qui tolère le retard en Comté.

Il esquissa un sourire rapide mais franc. Il observa encore un moment le nain avant de se retirer dans sa cuisine qui offrait en même temps tout le confort d’un petit salon bien aménagé. Il ranima le feu dans l’âtre, ajouta une ou deux bûches et souffla sur les braises. Il gronda ses vilaines courbatures et ses douleurs aux articulations lorsqu’il se pencha. Il se tint au manteau de la cheminée pour se relever. Il vérifia d’un dernier coup d’œil que tout était à sa place et il porta la bouilloire sur la table, entre deux grandes tasses installées l’une en face de l’autre.

Il invita le nain à prendre place sur une chaise en bois de bonne facture et construite solidement. Tolbian ne connaissait pas le poids d’un nain, et sans l’avouer vraiment, il craignait pour sa chaise. Il avait choisit la plus résistante d’entre toute pour tout dire. Deux jolis couteaux en argent reposaient à côté des tasses. Des cuillers étaient posées à côté du pot de miel, des confitures et d’une gelée. Un morceau de lard s’était invité entre temps parmi les mets et Tolbian s’affairait encore à préparer une omelette qu’il saupoudra excessivement de sel, tendu qu’il était par la présence du nain.

- Désirez-vous du vin, ou de la bière maître nain ? Je ne suis guère au courant des coutumes de votre peuple.

Sa vieille existence en Comté ne lui avait jamais apportée beaucoup de connaissances sur les civilisations étrangères. Les nains ne traversaient plus le beau pays depuis longtemps, et les hommes n’avaient guère le droit d’y pénétrer. Les elfes avaient disparu disait-on, même si quelques personnages farfelus rapportaient quelques fois de drôles d’histoires. Des sornettes … Il avait lu comme tout bon hobbit lettré les aventures extraordinaires de monsieur Frodon Sacquet et de son grand oncle l’étrange Bilbon. Leurs histoires étaient poignantes et vous comblaient de joie à leur lecture, mais il ne croyait pas beaucoup à l’alliance d’hommes, d’elfes, de nains et de hobbits, quelles que soient les circonstances. Qui plus est les faits et gestes d’un vieux magicien rendaient suspect la vraisemblance de toutes ses pérégrinations. Il avait entendu bien des choses à propos de Gandalf le Gris en Comté, ses feux d’artifice et tout et tout. De la poudre aux yeux, il en était certain. Peut-être que ce nain lui ferait croire à de folles magies et à des joyaux perdus. Il ne les pensait pas aussi cupides qu’on les décrivait … mais toute exagération a son fondement dans la réalité.

Il se retourna et quitta ses fourneaux pour poser la poêle dans laquelle finissait de dorer l’omelette. Il tira la chaise en face du nain et s’y assit, se sentant tout drôle. Le nain n’était pas très grand par rapport à un homme, mais il était imposant, assis sur son lit ou debout dans la petite pièce.


Dernière édition par Nathanael le Ven 2 Déc 2011 - 22:21, édité 1 fois
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Sam 6 Nov 2010 - 17:39
J'ouvrais des yeux ronds de curiosité. C'était la première fois que je pénétrais dans une demeure de Hobbit, et je ne pouvais que m'étonner de tout ce qui m'entourait. A vrai dire, cela n'était pas bien à mon goût... Question architecture, je préférais de très loin les cavernes Naines, les grandes colonnades, et la pierre. Mais pourquoi pas après tout. Je répondis à la question de mon hôte, de la manière la plus polie que je puisse trouver dans l'état d'inconfort dans lequel je me trouvais (après tout, je ne savais ni exactement où j'étais, ni qui était la personne qui me parlait) :

"Ô très cher hôte, mon humble peuple à coutume de se désaltérer avec de la blonde boisson mousseuse. Pour ma modeste part, je me contenterais d'eau fraiche et pure."

Puis je m'inclinais. J'en avais sans doute trop fait, mais j'avais ouïe dire que les Hobbits avait parfois un langage un peu ampoulé, c'est pourquoi m'exprimer de la sorte m'avait paru adéquat. Il serait toujours temps de me corriger si celui qui m'accueillait se montrait gêné par ces paroles.

Je n'osais manger ce qu'il m'avait servi. Regardant les petits couverts délicats, j'avais peur de les briser avec mes gros doigts (j'étais un Nain après tout). Ils n'étaient absolument pas adapter. Mais le Hobbit me dévisageait, ce qui me mettait extrêmement mal à l'aise. C'est pourquoi je me décidais d'enfourner une bouchée de son omelette.

"Hmmm! Quel délice!"

J'avais parlé tout haut. Mais les mots étaient sortis touts seuls. Cela faisait très longtemps qu'on ne m'avait pas proposé un plat cuisiné aux petits oignons, et mes papilles en frémirent. C'est alors que je me rendis compte que je ne m'étais pas même présenté. Je me levai promptement de table, renversant la chaise en passant, et m'inclinai une fois de plus, mais cette fois en restant courbé pour que le semi-homme ne me voit pas rougir de honte.

"Veuillez je vous prie pardonner mon impolitesse. Mon nom est Rômrhun, fils de Tôrhun. Quant à mon titre, je ne sais plus très bien quel il est à présent, mais du moins puis-je vous dire que je viens des Montagnes Bleues. Je vous suis infiniment reconnaissant de m'avoir hébergé, mais je ne vous importunerais point longtemps."


Et je restais dans cette position ridicule, attendant sa réponse.
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Nathanael
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Mer 10 Nov 2010 - 17:39


Pédanterie ou maladresse ? Il dut faire un effort de concentration pour comprendre les premières paroles du Nain. Il était réellement fort étrange. Avait-il bien fait de le ramener chez lui ? Ce n’était peut-être qu’entourloupettes pour lui voler ses biens. Il ne dit rien tout de suite cependant et continua de regarder les courbettes successives de … Rômrhun. Nain bizarre, nom bizzare. Le nain de Frodon Sacquet n’avait pas le même type de patronyme. Etait-ce parce qu’il y avait différentes sortes de nains, comme il est possible de distinguer différentes grandes familles hobbites ? Dans tous les cas, bon ou mauvais, ce Rômrhun semblait apprécier sa cuisine – c’était déjà un bon début.

Il se crispa tandis que sa petite chaise se renversait sous l’élan de son invité de fortune. Son mobilier ! Il n’aimait pas tellement le dérangement, et bien que fin bricoleur, avoir à réparer cette chaise lui aurait fait mal au cœur. Il n’écouta qu’à moitié son monologue. « Montagnes bleues » … c’est à peu près tout ce qu’il retint vraiment des mots du nain. Il en avait entendu parler dans quelques vieux contes pour enfant, ou racontardises de grands-mères. Ce devait être quelque part loin dans l’Ouest, avant la grande mer. Enfin … Il attendit que le nain se redresse, mais ce moment ne vint jamais. Son naturel doux et bienveillant prit le dessus sur ces doutes et ses inquiétudes. Nain ou hobbit, après tout, ils semblaient à peu près conformés de la même manière, à quelques centimètres près.

- Asseillez-vous, asseillez-vous maître Rômrhun …

Il eut une impression étrange en prononçant pour la première fois ce nom. Il insista un peu trop sur les consonnes et roula les « r » de façon caricaturale. Il dépassa sa gêne et prit sur lui de ne pas montrer qu’il était perturbé, difficulté que le nain ne semblait pas capable de surmonter pour le moment. Il continua les présentations pour ne pas laisser de silence trop pesant qui ne ferait que ronger le faible équilibre de politesse réciproque maladroitement installé.

- Je m’appelle Tolbian. Hobbit de mon état. Nous nous trouvons au Sud des collines du Pays de Toucque. En soi certains imbéciles prétendraient qu’il ne s’agit pas vraiment de la Comté mais ceux-là ne connaissent rien des charmes de notre région.

Il se retint de continuer de parler plus, sans quoi il se serait lancé dans une longue diatribe contre les hobbits du Nord et tous ceux qui négligeaient l’espace méridional de la Comté.

- Pour tout vous dire, je vous ai trouvé dans un triste état pas trop loin de chez moi. Comme si une énorme bête avait essayé de vous manger par le dos.

Imaginant simplement la situation exposée par ses propos il eut un frisson. Et si les bêtes qui avaient attaqué ce nain venaient pour continuer leur impitoyable carnage ? Il chassa cette pensée funeste de son esprit avec moult efforts. Il se leva pour s’affairer à la préparation de sa pipe et pour se changer les idées. Rien de mieux que de l’herbe de Longoulet. Il prit des feuilles de tabac séchées dans un tiroir et les disposa devant lui sur la table. Un doux parfum lui parvenait aux narines. Le meilleur restait à venir. Il bourra sa pipe et l’alluma avec son briquet ; sa première inspiration fut suivie du rougeoiement de l’herbe à pipe. Il n’en proposa pas immédiatement à Rômrhun, du moins, pas explicitement. Il poussa cependant les feuilles qui demeuraient sur la table devant le siège du nain.

- Vous avez d’ailleurs une vilaine blessure. J’ai pas eu à soigner grand-chose. Comme si quelque chose de magique avait déjà tout nettoyé comme qui dirait. Ou bien que vous n’étiez pas tout seul, mais dans ce cas là, vous auriez un bien étrange compagnon qui soignant un homme, l’abandonne aussitôt.

Il dit ces derniers mots sans aucun ton moralisateur et sans aucun préjugé. Il réfléchissait tout haut. Il n’était pas savant et historien, mais sa sagacité en aurait étonné plus d’un chez les humains.


Dernière édition par Nathanael le Ven 2 Déc 2011 - 22:25, édité 1 fois
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Sam 13 Nov 2010 - 19:14
Je me détendais petit à petit, au fur et à mesure du discours de mon interlocuteur. Tolbian, puisque c'est ainsi qu'il s'appelait, semblait au moins aussi mal à l'aise que moi, mais avait néanmoins réussi à se maîtriser. Un trait hobbit peut être. J'avais entendu dire qu'ils étaient beaucoup plus résistants à l'influence psychique, qu'ils arrivaient mieux à se dominer, et que c'est pour cette raison que Frodon avait tenu si longtemps face au pouvoir de l'Anneau.

L'évocation de ma blessure me fit revenir au présent. Apparemment, Voronwë avait commencé à me soigner, ce qui expliquait pourquoi la blessure me paraissait moins douloureuse, alors que je ne me souvenais pas de l'état antérieur. Il devait être profondément désagréable...

Je décidais de chasser ces idées de ma tête, et me remis dans la conversation.

"Je suppose que c'est celui qui m'accompagnait qui a commencé le travail de guérison. C'était un elfe, aussi curieux que l'idée d'un Elfe et un Nain faisant route ensemble puisse paraître. Il marchait avec moi depuis les Havres Gris, et nous nous dirigions vers Fondcombe, quand nous avons été attaqué par des Wargs. Il les a vaincu - c'était un ancien capitaine - et m'a ensuite déposé le plus près possible d'une habitation. Mais il semblerait qu'il avait à faire et qu'il devait se hâter, c'est pourquoi il m'a laissé, sachant qu'on me retrouverait. Il m'a laissé une lettre pour m'expliquer tout cela, car, naturellement, je ne me souvenais de rien avant ce matin."


Je ne savais pas si mon histoire était très claire, mais la curiosité des hobbits le ferait poser des questions le cas échéant. A vrai dire, j'espérais sincèrement qu'il en poserait, car depuis mon départ, je me rendais compte que j'adorais raconter mon histoire. Malgré tout, ma politesse pris le dessus

"J'espère ne pas trop vous ennuyer. Si vous avez à faire, je peux vous laisser sur le champ, et ne vous incommoderais plus."
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Mar 16 Nov 2010 - 14:07


- Des Wargs ?

Si près de la Comté ? Il n’avait jamais rien rencontré de plus gros qu’un loup et cette vision d’horreur l’avait empli d’une profonde angoisse pendant plusieurs semaines. La faune sauvage lui procurait la plus grandes des frayeurs. N’importe quel animal était plus gros qu’un hobbit dans les forêts et les collines alentours – si bien que depuis qu’il ne pouvait plus prendre ses jambes à son cou, il évitait de se promener seul trop loin de chez lui, même sur les routes. Mais des Wargs ! La description dont il avait été témoin dans son enfance ne s’était jamais effacée de sa mémoire. Plus gros qu’un loup, plus laid, plus méchant, plus féroce. Une accumulation de « plus » dont la somme devait être ignoble. Et puis tous ces noms étrangers : Les Havres Gris, Fondcombe … n’étaient-ce pas les demeures des elfes ou quelque chose dans ce goût là ?

- Que faisait un nain avec un elfe ?

Nouvelle interrogation qu’il prononça tout haut sans même s’en rendre compte. Il allait de surprise en surprise. Son imagination s’emballa mais il ne put découvrir aucune combinaison qui puisse justifier de l’association d’un nain et d’un elfe. Sauf peut-être la tromperie ou l’appât du gain, mais il ne pouvait imaginer d’amitié entre ces deux races. Il n’avait pas d’apriori envers chaque race pris individuellement mais il gardait des schémas préconçus quand aux rapports qu’elles entretenaient entre elles, sans pour autant désigner de « bons » ou de « méchants ». Conséquences lamentables de son éducation hobbite trop renfermée sur elle-même et manquant d’évoquer les subtilités qui pouvaient exister entre deux peuples. Intitulé du cours : « Des elfes et des nains : une haine réciproque ». Commentaires du professeur à la question d’un élève trop curieux : « Pensez-vous vraiment que Gimli et Legolas furent amis ? S’ils l’ont été ce ne fut que nécessité et échange de bons procédés ». Tolbian n’avait jamais remis en cause sa formation scolaire. Quelle fortune qu’un hobbit rencontre un elfe ou un nain de toute façon – cela n’arrivait que dans les contes. Ou pas … Il en prenait conscience à présent, mais la situation lui paraissait encore à peine croyable. Trouver un nain blessé aux alentours de son jardin, quelle histoire !

- Quel sot ! Milles excuses, nous parlons et je fume sans vous proposer de mon herbe ! Prenez, prenez, j’en ai tout un stock.

Il désigna de la main les feuilles qu’il avait posées sur la table et qui restaient inutilisées. Bien que ses pensées fussent bornées et son horizon intellectuel limité, il émanait de Tolbian une infinie gentillesse. Aurait-il été face à un orc que malgré sa peur il aurait souhaité lui proposer de rester manger à la maison. Ce n’était pas de la naïveté, il avait depuis longtemps cesser de croire à la parfaite entente entre tous, même entre hobbits, mais il n’en demeurait pas moins qu’il incarnait la politesse et la gentillesse à l’état pur et qu’il était l’être le plus empathique de cette région.

- Êtes-vous vous-mêmes une espèce de guerrier ? C’est pas à côté les Montagnes Bleues que je sache, pas plus que les Havres Gris ou Fondecombe.

Il n’en savait en réalité rien du tout – mais tant que ça pouvait alimenter la conversation. Il commençait à trouver un intérêt véritable à la conversation et à la présence de ce nain dans sa petite chaumière. Sa curiosité le piquait vivement et il lui faudrait un grand nombre de réponses pour se sentir satisfait. Il ne prit donc pas en considération les derniers propos de Rômrhun.

- Concernant votre trajet du dernier lieu où vous étiez à mon trou, vous l’avez fait en brouette. Mon dos s’en souvient encore !

Il s’étira doucement tout en parlant, de vieilles douleurs faisaient leur apparition et le gênaient. Quelle plaie que la vieillesse ! Tout en attendant d’éventuelles réponses de son convive inopiné il coupa quelques parts du gâteau parfumé à la fleur d’oranger dont la croûte était encore chaude, et le cœur moelleux. Il déposa une part dans une petite assiette qu’il fit glisser jusque devant le nain et une autre qu’il plaça devant sa propre chaise. Il se rassit et croisa les jambes, prêt à écouter avec toute l’attention possible l’histoire incroyable de Rômrhun.
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Dim 21 Nov 2010 - 13:19
J'étais étonné. Ce hobbit, qui n'avait pas l'air très courageux ou très voyageur, semblait s'intéresser fortement à mon histoire. Oh, il ne le demandait pas directement, mais ses multiples questions tendaient fortement à ce résultat. Raconter mon voyage, curieuse chose. Non pas que je le trouvais ennuyant, mais de là à vouloir l'écouter, et avec attention semblait-il! Remarquez, j'étais pareil à mon départ. Je voulais tellement vivre quelque chose de différent, quelque chose d'exaltant. Et à y réfléchir, ce qui m'était arrivé depuis avait dépassé mes espérances les plus folles, mais pas toujours dans le bon sens.

Je fus surpris par sa proposition de fumer ensemble. Nous les Nains ne fumons qu'avec des personnes très proches. Et certainement pas avec d'autres peuples! Mais ma foi, cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas tiré une bouffée. Depuis l'accident dans la grotte, je n'y avais pas même songé. Pourtant, ma petite pipe était tout ce qui me restait de mon paquetage. Elle était restée bien cachée dans une des poches intérieures de ma veste de cuir, et ne s'était même pas cassée malgré toutes mes péripéties. Je la remplis avec les petites feuilles que Tolbian m'offrait généreusement, et me réjouis d'avance. Elles semblaient parfaites. Cassantes sous les doigts, dégageant un parfum déjà enivrant mais cependant rafraichissant. Et quel délice à la première bouffée... Un régal! L'herbe à pipe de la Comté était à la hauteur de sa réputation, et me mettait dans des dispositions parfaites pour relater mes "aventures".

"Et bien, pour répondre à toutes vos interrogations, je pense qu'il vaudrait mieux que je commence par mon départ."


Je lui parlai alors de ma vie avant, ou du moins de l'ennui qu'elle me procurait, et de mes envies de lointaines contrées. Nous rîmes ensemble de ma mésaventure avec l'ours de Klang, et je ris moi aussi quand je lui racontais la façon dont Toner m'avait engagé comme ambassadeur. J'avais été si stupide.

Je me rendais compte que j'aimais vraiment raconter mon histoire. Je n'hésitais pas à en rajouter, pas forcément pour me vanter, mais pour la rendre plus drôle, ou ajouter une touche de suspense. Je m'amusais comme un gamin.

Puis j'abordais mon voyage avec Klang et Manubestofplus, la rencontre avec la jeune hobbite, et l'embuscade dans la caverne. Tolbian put sentir mon malaise augmenter au fur et à mesure. Ma voix se brisa à plusieurs reprises, et mes yeux rougirent. Mais je n'abrégeais pas cette partie. En parler me fit du bien. Sortir les choses ainsi, devant un parfait inconnu, avait des vertus curatives.

Je ne parlai cependant pas de mon court séjour dans ce que j'appelais intérieurement "l'enfer glacé". A vrai dire, mes souvenirs de cet endroits étaient bien trop confus. Je ne savais même pas combien de temps cette période avait duré, ni ce qui s'y était passé.

"Et c'est ainsi que je me suis retrouvé aux Havres, où j'ai vu de nombreux Elfes. Je leur ai annoncé que j'étais un ambassadeur des Montagnes Bleues, mais que je ne pouvais plus accomplir cette tâche. Vous qui connaissez maintenant les conditions de mon recrutement, vous comprendrez peut-être que je pensais alors que ce n'était qu'un juste retour des choses.

Je suis parti très peu de temps après mon arrivée, et, alors que je m'attardais sur le chemin, un Elfe du nom de Voronwë m'a rejoint. Je sentais à ses gestes et ses mots, et surtout à son regard, qu'il avait lui aussi connu une profonde tristesse. C'est pourquoi nous nous sommes liés immédiatement. Nous avons décidés de faire route ensemble, puisque nous nous dirigions tous deux vers les Monts Brumeux.

C'est sur la route que nous sommes tombés sur les Wargs. Et c'est la dernière chose dont je me souviennes. Mais rassurez vous, cette attaque à eu lieu à un jour ou deux de marche des Havres Gris, et si je me souviens bien de ma géographie, ce n'est pas vraiment près d'ici. Voronwë a du me porter longtemps. Le pauvre."

Un sourire s'afficha sur mon visage. C'était toute mon histoire. Je ne savais pas combien de temps j'avais passé à la raconter, mais j'étais satisfait. Et j'espérais que mon hôte aussi.

"Voila, vous savez tout à présent. Quant à vous, qu'en est il? Vous me paraissez légèrement différent d'un Hobbit casanier typique, tel qu'on m'en a fait la description tout du moins. Votre intérêt pour mon voyage le prouve. Racontez moi votre histoire, si cela ne vous dérange pas trop."


Il faisait beau, le soleil filtrait à travers les fenêtres rondes, nous étions confortablement assis, à fumer et grignoter les petites choses que Tolbian avait préparé. Et nous devenions amis petit à petit, à mesure que nos langues se déliaient. Une journée parfaite.
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Nathanael
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Mar 23 Nov 2010 - 20:53


Il ralluma plusieurs fois sa pipe pendant le long récit de Rômrhun et consuma bien des feuilles de Longoulet tandis qu’il écoutait attentivement l’histoire du nain. Il avait vécu de biens étranges aventures – il se demanda quelques dois si ces dernières ne sortaient pas tout droit d’une imagination décousue, mais la vraisemblance était si présente dans ce conte éveillé qu’il ne put mettre en doute la parole de son invité. Rhôrum avait quelque chose qui le séparait radicalement des autres nains, tels qu’il les percevait en tout cas. Un nain est un être à la longue barbe, au cheveu roux ou blond, à l’œil vif, plein d’orgueil et de cupidité. Mais quand bien même un nain ne porterait ni la barbe, ni la hache, il pourrait tout aussi bien l’incarner. Être nain n’était pas tellement une manifestation physique ou un trait de caractère, mais bien plutôt un état d’esprit. Or il n’émanait pas de Rômrhun cette nanitude exacerbée. Il manifestait une curiosité pour beaucoup de choses – motivation principale de son long voyage – mais ne cherchait pas à faire sienne chacune de ses rencontres. Les gens qu’il avait rencontrés ne faisaient pas partie d’une propriété privée d’un esprit refermé sur lui-même et cette joie qu’il manifestait à parler de son périple avait quelque chose qui ragaillardissait Tolbian. Un trait tout bonnement hobbit en somme, une qualité même : savoir narrer une histoire bien ficelée en tenant à bout de souffle son auditoire.

Après cette succession de péripéties le vieil hobbit se sentit un peu fatigué. Il eut l’impression pendant quelques secondes qu’il venait de vivre toutes les aventures contées par Rômrhun, et son imagination n’était plus tellement habituée à produire de si vives images. Il en était tout retourné. Il avait encore à l’esprit de belles contrées, des descriptions de beaux visages elfiques et l’estomac tout noué des terribles créatures qu’avaient rencontré le nain sur son long chemin. Il en apprit beaucoup en une seule fois et la plupart des derniers préjugés qu’il portait à l’égard des autres peuples finirent par disparaître pour de bon. Il fronça les sourcils pourtant lorsqu’il apprit que de jeunes hobbites pouvaient librement parcourir le vaste monde sans être accompagnées. Il n’était rien de moins sage.
Il se fit une oreille attentive mais discrète lorsque Rômrhun aborda des sujets plus sensibles pour lesquels il lui était plus difficile de continuer à parler avec humour et grandiloquence. Il ne posa pas de questions et laissa le nain traiter de l’histoire à sa manière. Toute intervention lui semblait être une entrave à ses confidences franches et amicales. Il ne voulait pas gêner plus encore son interlocuteur.

Il tendit l’oreille sur les conditions de sa rencontre avec l’elfe. Sur ce point il avait toujours du mal à se représenter un nain et un elfe marchant de concert, à pas égal et en toute quiétude. Il n’en dit rien. Il ne voulait pas vexer Rômrhun et il prendrait le temps après son départ d’aller questionner quelques uns des hobbits qu’il connaissait pour avoir voyager un peu plus loin que les collines du Sud ou de Bree.

Tandis que le nain finissait son récit et lui posait sa question, il se retourna pour observer les oiseaux qui piaillaient devant sa fenêtre. Moineaux et petits rouges-gorges venaient réclamer leur pitance. Le soleil pointait haut dans le ciel, et sans doute que le zénith était déjà passé. Son ventre lui rappela que malgré son second petit déjeuner, il fallait à présent lui présenter un déjeuner digne de ce nom. Il se leva de sa petite chaise et rangea rapidement les bols et petites assiettes qui trainaient encore sur la table. Il sortit une vaisselle plus adaptée. Il se saisit des deux plus grandes pintes qu’il possédait, d’un long plat sur lequel reposaient charcuterie et fromages, pain frais et autres délices. Il ne s’était pas douté que le nain resterait aussi longtemps en sa petite demeure, mais prévoyant comme il était, il avait tout préparé depuis l’aurore pour ne point paraître comme un hôte qui néglige son devoir.

- Je crois qu’après votre longue narration il conviendra de nous apporter quelques rafraîchissements.

Il disparut pendant une bonne dizaine de minutes de la cuisine. Il revint courbé et tremblant sous son fardeau. Il avait sorti de sa cave un tonneau d’une dizaine de litre de bière. Il le posa sur la table et le perça, recueillant mousse et liquide dans la pinte de Rômrhun. Il la lui tendit gaiement et tint haut sa propre pinte avant de la porter à ses lèvres.

- Il n’est rien de plus doux que la première gorgée de bière. Ce breuvage vous paraîtra peut-être un peu fade, car nous hobbits, ne sommes pas tant spécialistes en sa fabrication. Il a néanmoins sa place sur la marché des meilleurs alcools de la région !

Et le vieux hobbit leva le coude comme un véritable professionnel de comptoir. A en étonner plus d’un. Il ne fréquentait plus beaucoup les auberges mais …

- Il fut un temps où je tenais une taverne. Une belle échoppe où le vin coulait à flot et la bière débordait des pintes de mes clients. C’était la boutique de mon père. Un bon hobbit, quoi qu’un peu dur. Difficile en affaire ! J’ai perpétué son commerce durant une vingtaine d’années. Et pouf !

Il prit le temps de se rafraîchir encore une fois et mangea quelques morceaux de saucisson et de viandes fumées. Il laissa planer le silence tandis qu’il se restaurait. Rien d’anormal que cette subite coupure dans son discours. Prendre le temps de manger une bonne chair était primordial et tout à fait naturel dans les bonnes mœurs hobbites. Il reprit sa narration en continuant de choisir fromage et bon pain.

- J’ai tout arrêté lorsque j’ai rencontré ma femme. Elle s’appelait Elanor. Elle m’a transmis son honnêteté sans borne. J’ai fermé boutique. Une forme de devoir moral comme qui dirait. Je fournissais « la mièvre impression de puissance à une jeunesse toujours plus débauchée ». L’alcool … toute une histoire d’après elle. Je l’aimais plus que tout. J’ai choisi l’amour et quitté la région. Nous nous sommes installés ici à notre mariage.

Vint une succession de petites anecdotes sans grande importance dans l’Histoire de la Terre du Milieu mais qui semblaient cristalliser toute l’importance que Tolbian pouvait accorder à la vie et au sens qu’il lui donnait. Quiétude, paix et bonheur. L’histoire n’avait rien d’un conte de fées, mais chacun de ses gestes semblait empreint d’un devoir moral envers son prochain qui faisait de chacune de ses actions un geste plein de bonté. Il n’usa jamais de mots ou de situations qui eussent pu le mettre en avant. Son ouverture d’esprit découlait tout droit du principe primordial qui orientait sa vie : « l’étranger n’est pas celui que l’on ne connaît pas, mais celui que l’on ne veut pas reconnaître ». Il raconta bien évidemment quelques uns de ses actes qu’il considérait avec mépris aujourd’hui quand bien même ils lui avaient semblé drôles alors qu’il était plus jeunes : dérobade de poneys, contrebande de champignons, trafic d’herbes à pipe dans le Sud de la Comté,… Il avait été un peu trop sûr de lui pendant un temps.

- L’âge vous calme et vous adoucit. En tout cas le temps a mis un terme à mes petits méfaits, quoi qu’Elanor a pour beaucoup contribué à éteindre en moi la fureur de posséder.

Il eut un sourire nostalgique et brillait en son œil un amour infini.

- La curiosité me vient peut-être du fait que je n’ai jamais voyagé. Ho, je suis déjà allé jusqu’à Bree, mais rien de comparable à l’histoire de Bilbon et Frodon Sacquet. Elanor a toujours eu envie de parcourir le monde, sans doute était-ce le fait de son ascendance, elle avait parmi ses ancêtres de la famille Sagace. Une souche solide s’il en est. Je regrette de n’avoir jamais quitté la Comté. Ou peut-être dis-je cela simplement parce que l’idée me fait envie, mais la réalité est toute autre, et les mésaventures ne sont plus pour moi.
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Jeu 2 Déc 2010 - 17:19
Je bus poliment et en me forçant la bière que Tolbian me proposait, tandis qu'il racontait sa propre histoire, car je ne voulais pas vexer un hôte si chaleureux. Une histoire douce et délicate, à l'image de ce qu'avait sembler être son couple. J'en fus presque à regretter de n'avoir point pris épouse et être resté tranquillement chez moi. Mais les femmes Naines étaient d'un tout autre caractère que les gentilles hobbites, et la tendresse n'était certes pas leur qualité principale. En réalité, Gimli lui-même paraissait gentil et doux face à la plupart des Naines...

J'avais très envie de rester ici pour toujours. Ce pays semblait si calme, si appaisant. C'était comme si l'on pouvait s'installer à n'importe quel endroit, s'allonger sur un coin d'herbe et s'assoupir en écoutant le chant des oiseaux. Même les Nains les plus récalcitrants si laisseraient prendre.

Mais je ne pouvais point abuser de l'hospitalité de ce cher Tolbian. Il avait une petite vie tranquille, et je ne souhaitais vraiment pas le déranger avec mes histoires et mes aventures de Nain venu de loin. C'est pourquoi je me levais et annonçais.

"Mon très cher nouvel ami, je ne saurais jamais vous remercier suffisamment de la bienveillance dont vous avez faire preuve à mon égard. Croyez bien que lors de mon départ, jamais je n'aurais espéré rencontrer d'aussi agréables personnes que vous. Cependant, je ne veux point vous ennuyer plus avant. Je vais donc reprendre ma route, et vous laisser en paix, comme vous l'étiez avant mon arrivée. Votre histoire m'a tout simplement enchanté, et je ne voudrais point perturber cela."

Avant qu'il n'ai pu dire quoi que ce soit, je passai rapidement dans la pièce qui m'avait servit de chambre, ramassai mes quelques affaires, dont ma lance, et rejoins le vieux Hobbit. J'avais peur de paraître malpoli à me sauver ainsi, mais j'étais encore plus embêté à l'idée de l'importuner de ma présence.

"Je vous prie de recevoir mes plus sincères remerciement. Je ne vous oublierais jamais. Et qui sait, peut être nous reverrons nous quelque part sur les routes, si jamais votre envie de voyage vous submerge."


Cette dernière phrase était autant un adieu qu'une invitation, et j'attendais la réponse de Tolbian avant de m'en aller.
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Lun 13 Déc 2010 - 11:57


Il eut à peine le temps de hausser les sourcils que Rômrhun se précipitait presque déjà dehors. Il ne savait pas les nains si pressés, d’autant plus que celui-là était blessé. Courir au devant de leur fortune devait être sans doute quelque chose de plus fort que la tranquillité chez eux. Tant pis. Les choses allaient un peu trop vite à son goût, mais il ne pouvait rien y faire. Il resta assis tandis que son invité faisait un rapide aller-retour dans la petite chambre et en ressortait avec tout son fatras. Il ne savait plus très bien quoi penser. Il n’était pas coutume chez les hobbits de se lever au milieu du repas – ils n’avaient pas encore pris le dessert, ni l’après-déjeuner ou la première collation de l’après-midi. Il mit son désarroi sur le compte du choc des cultures. Après tout Rômrhun n’était pas d’ici, il avait presque fini par l’oublier …

Une fois le nain revenu dans la cuisine il se perdit en remerciements. Ce nain là avait autant de formules de politesse que de poils à sa barbe. Rien de blâmable en soi, bien au contraire. Tolbian prit appui sur table et se leva doucement. Il ôta la pipe de sa bouche, la déposa sur le panneau de bois et mit tranquillement les mains dans ses poches. Il avait tout l’air d’être imperturbable bien qu’en réalité il était quelque peu chagrin de voir partir si vite un nain de cette trempe et de cette gentillesse.

- Et bien maître nain, vous semblez pressé de quitter le pays. J’espère que ce n’est pas parce que les Wargs continuent effectivement de vous courir aux trousses.

Il s’essayait à la plaisanterie, mais l’idée de voir de tels monstres dans les parages lui glaçait encore les sangs.

- Ne remerciez pas trop vite la fortune de vous avoir tendu la main, elle n’est pas fidèle à tous les hommes – bien que je vous souhaite de rester en vie le plus longtemps possible mon ami. Me concernant je crois que mes vieux os me feraient juger devant le sheriff si jamais je leur demandais de m’emmener plus loin que le bout de mon jardin.

Il se tut et resta silencieux quelques secondes avant de lever sa vieille main devant le nain en signe d’attente. Il disparut rapidement par le petit couloir qu’il avait emprunté plus tôt au cours du repas et revint avec un paquet peu volumineux pour le nain mais qui faisait souffler le hobbit. Le tout semblait roulé dans un long tissu couleur crème ficelé à la va vite.

- Ne partez pas sans un souvenir de la douceur de ma contrée Rômrhun ou vous feriez offense à toute la communauté hobbite par ma foi.

Il déposa assez rudement le paquet dans les mains de Rômrhun puis recula un peu.

- Un bon jambon séché et salé comme vous n’en trouverez sans doute pas à des lieux à la ronde, fourré aux champignons qui plus est. Nombre de concitoyens se battraient volontiers pour en avoir une tranche, ne vous amusez pas à le sortir devant une bande de hobbits affamés ou vous auriez quelques surprises. Mais j’ai idée que le moral d’un nain sera mieux entretenu par une bonne nourriture que par une arme à la ceinture !

Il eut un éclat de rire spontané et franc. Sa bonté éclatait encore d’elle-même dans l’atmosphère de sa petite maison. Il fit quelques pas précipités vers la porte ronde qui donnait sur un petit chemin sinueux mais bien entretenu.

- Je ne vous retiendrai pas plus longtemps si l’aventure vous attend. Il est des maîtresse qu’il ne vaut mieux pas faire patienter de trop. Je vous souhaite bonne chance mon ami. Et sachez que ma porte vous sera toujours ouverte !

Un air frais et doux s’engouffra dans la maisonnette tandis que Tolbian tirait la poignée et ouvrait la porte. Les oiseaux coutumiers du jardin pépiaient joyeusement et un ou deux papillons ici et là venaient embrasser les fleurs et leur soutirer du nectar. Un bel après-midi ensoleillé, un temps idéal pour prendre la route.
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