Cinq nains dans le vaste monde.

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Hadhod
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Hadhod

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Cinq nains dans le vaste monde. EmptyLun 15 Nov 2010 - 22:00
Il existe une coutume naine très ancienne et très secrète, dont bien peu d'humains ont connaissance et qu'aucun elfe ne soupçonne, et que l'on mentionne dans les livres sous le nom de Deuil de Trois Jours. En temps de paix, lorsqu'un Naugrim décède, son corps est allongé sur une table de pierre et visible de tous, jusqu'au crépuscule suivant s'il est mort de nuit, et jusqu'à l'aube suivante s'il a quitté ce monde de jour. Après quoi, le macchabée est porté jusqu'à la demeure familiale, et, durant trois jours complets, les portes restent closes. Seuls à l'intérieur avec le mort, ses ascendants ou descendants directs, parents et enfants, qui effectuent une série de rituels et de préparations à l'empierrement. Enfin, au quatrième jour, les portes s'ouvrent pour la cérémonie officielle de Retour à la Pierre. J'ignore si cette tradition est née sous l'ère du premier Durin, comme le racontent certains, ou du temps de la paix entre nains et elfes, au Second âge, tel que quelques ouvrages le prétendent. Toutefois, cette coutume est née en Moria, et il n'y a qu'ici qu'elle a subsisté, dans de bien rares familles toutefois...

** * **


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Dès qu'Hurdïn avait quitté la réunion de la Loge, il avait tenté d'imaginer un moyen de se libérer, un temps, de son service afin de pouvoir participer à la première mission. Sa tête avait bouillonné pendant des heures et des heures quand, ne trouvant aucun subterfuge convenable, il avait décidé d'aller se coucher, épuisé et malheureux. C'est sur le chemin de chez lui que, par chance, il avait croisé deux guérisseurs...

"Ça y est, il n'a pas survécu à sa maladie... disait l'un. Vous savez, le vieux nain solitaire et riche qui vivait seul en dans la bordure ouest. Dans les trois-cent quarante ans, il me semble... La fortune reviendra aux autorités, car aucun héritier ne s'est signalé."

La pensée de Hurdïn ne fit qu'un tour: pas d'héritier, pas de famille, et, à cet âge, plus de parents... Il venait de trouver ce qu'il lui fallait! Le lendemain, il se rendit dans la Salle de la Confrérie et y trouva le général Bahïn de la Croix-de-Fer, qui lui autorisa une audience. Un hadhod à la mine sombre les écoutaient parler d'une oreille distraite.

"Oui, maître Bahïn, disait le garde avec un air abattu et misérable. Je souhaiterais observer un Deuil de Trois Jours en l'honneur de mon père mort hier, et vous assure que je compenserai l'ensemble de mes heures de travail perdues, à mon retour."

"Très bien, intervint Hadhod. Qu'il en soit ainsi. Si je ne me trompe, ce Deuil de Trois Jours débutera ce soir au crépuscule... Ayez simplement le bon vouloir d'attendre que le garde Brön vienne prendre la relève, il sera en retard ce soir, pour une raison que je connais et qui ne sera pas abordée ici. Vous pouvez y aller."

Tout marchait comme sur des roulettes. Hurdïn ayant immigré vers la Moria du temps de la prospérité de ces mines, lorsque les portes étaient encore grandes ouvertes et que les nains affluaient de tous horizon, nul ne savait au juste qui était son père... En réalité, il était le fils d'un forgeron itinérant qui n'avait jamais mis les pieds sous le Caradhras: son stratagème n'en était donc que plus efficace.

Son tour de garde avait commencé après le repas de midi, et, jusqu'au soir, il avait attendu patiemment, jouant bien le rôle d'un fils qui vient de perdre son géniteur. Le crépuscule vint. Par chance, Brön n'était toujours pas arrivé. Mais... malheur! une personne seule approchait. Une autre sentinelle en provenance de la Maison de la Garde, à quelques centaines de mètres de la Porte Est.

"Je viens d'apprendre le décès de ton parent, Hurdïn, fit-il d'un ton respectueux. Je te présente toutes mes condoléances, Mahal prenne soin son âme! Puisque la nuit vient et que Brön n'est toujours pas venu prendre ta place, laisse-moi le faire. Tu peux rentrer dans la demeure de ton père et accomplir ton Deuil de Trois Jours..."

Tout le plan semblait voler en éclats! Comment les quatre Passeurs et lui-même pourraient-ils quitter les mines sans se faire repérer ni faire éclater la vérité au grand jour?

"Mais... mais... tu n'es pas en uniforme ni même en armure, Glôn. Tu sais ce que tu risques." lâcha-t-il à court d'idées.

"C'est vrai, observa l'autre. Je vais me changer de suite, je n'en ai pas pour longtemps. Commence à y aller, si tu veux."

"Très bien, mon ami, je te remercie sincèrement, du fond du cœur."

L'autre gagna son vestiaire, et Hurdïn se mit à implorer Aulë comme il ne l'avait jamais imploré, dans l'espoir que Aîmen, Algun, Romo et Hundîk ne tardent pas. Le laps de temps était archi-court, quelques minutes tout au plus. Quelques minutes qui allaient peut-être décider de l'avenir de beaucoup de Fils de Durin.


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Nathanael
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Cinq nains dans le vaste monde. EmptyMar 16 Nov 2010 - 16:28
Cinq nains dans le vaste monde. Aimnav

Petits travaux de basse besogne. Il venait de réparer deux haches d’un concurrent dont la réputation allait déclinante. Ses armes avaient belle allure et portaient des lames très soigneusement aiguisées. Cependant elles étaient très mal taillées ou fondues, les manches se brisaient rapidement et les tranchants s’ébréchaient dès leur première utilisation. Du travail de gredin ! Les réclamations ne portaient par leurs fruits, et aucun des nains qui avaient acheté des armes chez ce hacheur n’avaient été remboursés. Une belle canaille ! Mais après tout ces vendeurs de petits jouets en bronze faisaient prospérer son commerce et alimentait sa popularité dans les tunnels sombres de la Moria. Il n’était pas encore très connu et aspirait à développer des échanges en dehors de Khazad-Dûm, à la lumière du jour. Grand projet que celui-ci, et il avait encore beaucoup de marches à gravir avant que de sortir la tête des profondeurs des mines.

Après la réunion rapide des membres de la Loge il s’en était retourné à sa forge. La cheminée principale avait perdu beaucoup de braises pendant son absence et il avait fallu raviver les flammes pour restaurer une température minimale de fusion. Il s’était essoufflé à actionner pendant près d’une heure et demie l’immense soufflet devant l’âtre. Il lui avait fallu réparer ces deux haches avant le lendemain sans quoi il eut paru suspect à ses clients qu’il rende un travail en retard. Or –et il l’avait bien compris – il n’était pas question de laisser supposer un quelconque changement dans ses habitudes au risque de faire péricliter la loge naine. Il avait travaillé une grande partie de la nuit pour tenter de contrevenir aux méfaits artisanaux de son concurrent. La tâche avait été ardue. La taille du manche avait été bâclée, mais pour éviter qu’il ne se démette de la lame le forgeron l’avait fort enfoncé dans l’encoche de son fer de hache. Le manche s’était bien évidemment rompu à cet endroit et Aimên s’était battu avec le tronçon de bois prisonnier. Burin et marteau n’avaient pas suffi. Enervé il avait fini par jeter violemment cette contrefaçon artisanale contre une paroi de pierre. La lame avait rebondi contre le mur et le morceau de bois s’était décollé sous la force du choc. « Rien de mieux que les bonnes vieilles méthodes… ».
Il avait fini la nuit devant une bonne pinte avant de se glisser dans son lit froid – solitaire.

Ses rêves furent agités et sombres. Il se réveilla tôt le lendemain avec la plus réelle impression de n’avoir pas assez dormi. Sans doute l’aube devait elle commencer à poindre à l’extérieur. Il y avait bien longtemps qu’il n’avait plus vu les couleurs à la lueur du jour. L’herbe était-elle toujours verte ? Ou bien la neige avait-elle déjà entamé son long labeur hivernal ? Il le saurait bien assez tôt s’il en croyait les paroles de Thôrun.

Il s’affaira tout au long de la journée à un travail méticuleux mais de peu d’importance : le dessin. Il devait graver sur une hache de guerre les insignes et le blason d’une vieille famille naine. Les armoiries étaient fort complexes à dupliquer et il ne souhaitait pas commettre d’erreur lors du rendu final. C’est pourquoi il s’entraînait à l’art de la copie sur quelques feuilles de parchemins de peu de qualité. La première représentation ne lui avait pas plu. La seconde encore moins. La troisième fut la bonne – il avait pris le coup de main. Mais son travail ne put aboutir dans l’immédiat. Il était temps de quitter sa forge et ses haches pour rejoindre le petit groupe secret qui quitterait la Moria à la tombée de la nuit. Nul point de rendez-vous n’avait été donné avant d’atteindre les portes. Un regroupement trop prématuré aurait attiré l’attention – inefficacité assurée.
Il s’arma de patience en attendant le départ d’un petit groupe de mineurs. Leurs gestes maladroits lui montraient qu’ils n’y connaissaient rien en matière d’armes à proprement parler et qu’ils n’avaient toujours eu entre les mains que des pioches ou des pelles. Le prolétariat nain échangea quelques commentaires, mis des traces de doigts sur toutes ses lames et repartit aussi vite qu’il était arrivé sans rien acheter. Du temps perdu …

Il ferma rapidement les portes de sa forge après le départ du petit groupe. Il accrocha à un clou l’écriteau habituel : « Visite des mines, parti chercher du minerai ». Il faisait régulièrement des allers-retours entre les étages dévolus à la vie quotidienne et aux habitations et ceux souvent plus profonds, des tunnels d’excavation de métaux. Il refusait tout intermédiaire entre la matière première et sa forge.
Il se saisit de sa hache personnelle sur laquelle trônait le crâne d’une créature des profondeurs des Montagnes Bleues, un petit souvenir de famille.
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Il se défit de ses vêtements collant de transpiration qui auraient eu le désavantage d’être un indice de sa présence dans le monde extérieur. Il revêtit ses habits de cuir souple et s’astreint à porter un manteau. Il faisait encore chaud devant les cheminées mais dehors l’air serait sans doute plus froid, comme au fond des mines.

Il quitta discrètement son atelier de travail et pris la direction des longs escaliers qui menaient vers la porte Est. Il espérait y retrouver ses comparses, bien que certains d’entre eux ne souhaitassent pas tant sa venue. Il sauta presque deux à deux les dernières marches qui le séparaient de la sortie. Il n’y avait personne dans les couloirs principaux – tous devaient être affairés à la préparation, ou plus vraisemblablement à la consommation, d’un repas dûment mérité. Il ralentit la cadence juste avant de passer les portes pour ne pas paraître trop pressé par une quelconque destinée.
Dehors l’air était lourd du parfum du monde végétal. Malgré le froid et l’absence de toute fleur ou fruit, il perçut vivement l’odeur des essences des arbres. Il inspira profondément tandis qu’il prenait conscience de la présence de Hurdïn. Sous la pâleur des étoiles il paraissait préoccupé. Il tourna prestement la tête de droite et de gauche pour s’assurer qu’ils n’étaient pas surveillés ou en présence de témoins mal venus. Personne. Il ne se dirigea pas vers son compagnon de route, se contentant d’un signe de tête pour le saluer. Il avança plus loin dans l’obscurité naissante, en attendant que tous parviennent à l’extérieur.
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Algun
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Cinq nains dans le vaste monde. EmptySam 20 Nov 2010 - 13:54
Je fus très honoré, bien que mortellement inquiet, lorsque mon surnom animal fut mentionné dans la liste des futurs missionnaires. Un non de code sans doute un peu risible par rapport à ceux, nobles ou guerriers, des autres collaborateurs, mais je dois dire qu'il s'accordait assez bien avec mon physique et, quelque part (même si je n'ai qu'une connaissance limitée de ce genre de mammifère) de ma personnalité. Le vieux conseiller avait vraiment le sens du détail, même en ces époques de tension...

La réunion se termina assez brutalement, après une intervention enflammée et autoritaire de notre chef. Il faudra que je pense à ne pas contrarier cet homme-là, qui semble vouloir mener cette Loge d'une main de fer. J'ignore si sa menace concernant une hypothétique exécution est sérieuse. Je ne pense pas... je ne l'espère pas, en tout cas. Je n'ose pas imaginer sa réaction si je m'étais défilé à la tâche qu'il me confiait, ou si notre prochaine action venait à échouer à cause de moi.

Il faudra donc, pour mon intérêt comme pour la liberté de mes compatriotes, que je fasse de mon mieux.

Gamil me prit à part une fois que les autres confrères se furent dispersés, et il m'expliqua tout, assez rapidement mais très clairement. Après cela, je me rendit dans mon logement, qui me sert plutôt de débarras et de repaire, étant donné que je suis toujours à courir les galeries ou les sentiers de l'extérieur. Contrairement à mes compagnons, je n'avais pas à imaginer des justificatifs: les allées et venues des guides n'étaient guère contrôlées. Je profitai donc de ma journée pour préparer mon équipement.

Je nettoyai mon plastron de cuir à l'aide d'un chiffon et d'un vieux seau d'eau, j'aiguisai ma hachette et mon canif avec une pierre prévue à cet effet. Ma cape, je la mis tremper dans le seau puis l'étendis en espérant qu'elle serait sèche pour le soir. Enfin, je me rendis chez un revendeur qui me fournit quelques pommes et autres mets pratiques à emporter. Une demi-heure avant le coucher du soleil, j'étais fin prêt.

Sortant aussi discrètement que possible, j'arpentai les coursières les plus directes pour la Porte Est. Là, Hurdïn était en train de parler à un autre garde, visiblement très brave mais un peu trop collant. Alors je me suis caché dans un recoin sombre, derrière un gros roc. Le garde partit, de nouveaux pas se firent entendre: je ne reconnus le solide Grizzli que lorsqu'il passa devant moi. C'est pourquoi j'arrivai peu après lui au point de rendez-vous.

Le vaste monde qui s'étendait devant nos yeux semblait endormi; seul un hibou faisait entendre son hululement sinistre, au loin.
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Rômrhun
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Cinq nains dans le vaste monde. EmptyDim 28 Nov 2010 - 19:17
Cinq nains dans le vaste monde. Handik13

Hûndik était déjà présent au lieu de rendez-vous quand les 2 premiers arrivèrent. Mais ceux-ci ne le virent pas, car il s'était isolé, caché dans un coin d'ombre derrière un contrefort rocheux. Comment avait-il pu arriver avant les autres, alors qu'Hürdin venait d'ouvrir la voie? Nul ne le saurait. Hûndik était un cas à part. Une intelligence surnanesque. Il n'avait besoin de personne pour se sortir de la plupart des situations, son esprit lui suffisait. De plus, il était ingénieur minier, c'est à dire qu'il supervisait les constructions et les excavations, et déterminait les galeries qui pouvaient être creusées sans risque d'éboulement. Peut être connaissait-il des souterrains abandonnés, dont il avait pu déterminer la présence de par la simple architecture des lieux environnants. C'était la moindre des choses dont il était capable.

Ce soir, il observait. Tôrhun l'avait chargé d'examiner les deux nouvelles recrues. Algun, car il venait apparement de nul part, et que même Gamil pouvait se tromper, et surtout Aîmen, car son passé parlait contre lui. Hûndik aurait donc bien à l'œil les 2 Nains, et ceux-ci n'en saurait strictement rien. Il avait ses propres méthodes, qui avaient fait leurs preuves à de nombreuses reprises.

Le jeune Nain sortit de son coin, et se révéla aux autres. Il n'avait pas besoin de se cacher pour enquêter. Et de toute façon, il lui fallait aussi remplir la mission de la Loge. Car cette enquête avait une importance plus grande encore, bien que le discours de Tôrhun pouvait laisser penser le contraire à Hûndik.

"Bonsoir messieurs. Je vois que nous ne sommes pas encore au complet. J'espère que les autres arriveront prochainement."

Et le travail commença. Le moindre geste, la moindre expression serait analysée, décortiquée, enregistrée et interprétée. Le cerveau était en marche.
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Cinq nains dans le vaste monde. EmptyDim 12 Déc 2010 - 16:28
Tous étaient déjà arrivés. Hurdin, Algun, Aïmen, Hundik. Mais encore un Nain manquait à l'appel. Un bruit de pas se fit entendre depuis l'intérieur des mines, se rapprochant des quatre Passeurs. Romo arrivait en courant, le barda sur son dos bringuebalant sans cesse avec les mouvements du Nain. Il avait l'air tout transpirant et tenait sa hache dans une main. Une fois arrivé à hauteur des quatre autres Nains, le Coeur-d'Acier reprit son souffle et s'adressa alors à ses compagnons.

"S'cusez moi... J'ai été retardé. Personne n'a pu me suivre, vu la vitesse à laquelle j'ai traversé les couloirs !"

Ce que les autres ignoraient c'est que moins de vingt minutes avant, Romo était en train de remporter un concours de bras de fer dans l'auberge du Troll de Bois. Il avait été si fier de lui qu'il s'était fait un devoir de payer une tournée à toute la taverne, retardant son départ. Ce n'est qu'après sa quinzième chopine qu'il s'était souvenu de l'heure du départ. Par mesure de précaution, il n'en dirait pas plus à ses compagnons sur les raisons de son retard. L'important c'était qu'il soit arrivé à temps. Et à présent, le temps n'était plus aux distractions. À partir de maintenant, Romo devrait être plus que concentré.

"Il est temps de partir, je crois. Par où allons-nous ?" lança Romo, histoire de changer de sujet.

Le ciel étoilé illuminait l'équipement métallique des cinq Nains. Cette nuit, ces Passeurs passeraient enfin à l'action et leur mission serait cruciale. Cinq nains dans le vaste monde... le Coeur-d'Acier n'aurait jamais imaginé qu'une histoire de complot puisse un jour l'entraîner vers l'extérieur, sans roche au-dessus de sa tête et de la terre meuble sous les pieds.

*Et s'il se met à pleuvoir ?* pensa Romo l'air catastrophé.
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Hadhod
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Cinq nains dans le vaste monde. EmptyDim 12 Déc 2010 - 22:53
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Les oreilles de Hurdïn délaissaient peu à peu la couleur rouge qu'elles avaient prises tout à l'heure, et la sueur qui avait perlé sur son front commençait à s'évaporer dans l'air. La tension avait été grande durant quelques instants délicats, mais les Passeurs étaient finalement tous arrivés avant que Glôn ne vienne prendre la relève à la porte: Aîmen d'une manière plutôt taciturne, Algun de façon guère plus bruyante, Hûndik avec une phrase des plus pragmatiques, et enfin Romo, légèrement en retard mais qui donnait une impression du motivation appréciable.

« Nous partons vers le sud, pour ce que j'en sais, chuchota le garde pour répondre au Coeur d'Acier. À partir de maintenant, suivez notre guide, et ne reparlons pas avant de nous trouver à un mile de l'entrée de notre cité. »

Ils partirent donc sans attendre et furent vite hors de vue. Ils descendirent les escaliers des Rigoles Sombres et tourné brusquement vers la droite. Coyote jeta alors un dernier regard sur la Porte Est avant de disparaître dans les ombres; Glôn pointa juste sa tête au moment où les cinq compagnons disparaissaient derrière de gros rochers millénaires. Ils l'avaient échappé belle!

Marchant toute la nuit pour se mettre à l'abri de tout risque de poursuite, ils durent supporter la pluie battante qui s'était mise à tomber peu après leur départ. Quelques coups de tonnerre espacés retentirent de temps à autres, se répercutant sur les contreforts des Hithaeglir tandis que les éclairs illuminaient le monde durant une seconde fulgurante. Mais il en faut plus pour décourager un Nain!

Lorsqu'ils prirent enfin un repos bien mérité, ce fut aube grise et terne qui apparut... la pluie avait cessé mais les fourrés dans lesquels ils s'étaient cachés ruisselaient encore d'eau. Bref, l'atmosphère ne permettait guère de faire sécher leur habits trempés, et le vent aigre les glaçait. Ils tirèrent rapidement le guetteur à la courte paille, et Hurdïn en sortit perdant. Mais, à vrai dire, les autres ne purent guère profiter de plus de repos que lui. Ajoutés aux mauvaises conditions, des coups sourds avaient retenti dès le lever du jour et leur permettait au mieux une légère somnolence.

« Au moins, déclara Hurdïn avec optimisme, nous savons que notre mission n'est pas vaine. Si ces bruits se poursuivent toute la journée, le travail d'Algun n'en sera que facilité. »

Deux ou trois heures s'écoulèrent péniblement. Le vent cessa un peu et les nuages se firent moins denses. Les cinq camarades se mirent d'accord pour reprendre leur marche. Mais à la véritable lumière du jour, le groupe de résistants se rendit compte qu'il se trouvait au pied même des contreforts du Caradhras. Pourtant, les sons suspects, qui ressemblaient à des coups portés au roc même de la montagne, se faisaient entendre assez loin au sud.

« Deux possibilités s'offrent à nous: le passage par la plaine ou par les sentiers de montagne. La première option est la plus confortable mais nous serons probablement à découvert. La seconde solution coupe sans doute plus directement, mais promet une rude escalade, je n'en doute pas. Qu'en dites-vous, vous autres? Hermine, Grizzli? Sanglier? Et vous, heu... »

Il ne se souvenait plus du nom de code d'Hûndik.


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Cinq nains dans le vaste monde. EmptyMer 15 Déc 2010 - 14:49
J'avais moi aussi un peu paniquer en ne voyant pas les autres membres de l'expédition arriver, mais, finalement, ce furent bel et bien cinq nains qui se mirent en marche, quittant les mines qui les avaient vu vivre pour, qui sait, ne jamais y revenir. Si les discours des supérieurs étaient vrais, si l'Ordre de la Couronne de Fer se révélait aussi menaçante qu'ils le prétendaient, dieu seul sait ce qui pouvait nous attendre au bout du chemin...

Mais je m'étais engagé, ma décision était prise, et j'affronterai le danger bravement, comme mes quatre compagnons.

- Ce ne n'est grave, répondis-je à Romo Coeur d'Acier quand il arriva et s'excusa de son retard. Ca a été sans conséquence!

Mais à cet instant, Hurdïn conseilla de partir de suite, et nous ordonna de nous taire. Sage décision, car le garde de la porte pouvait se repointer d'un moment à l'autre. Je passait devant, assumant mon rôle de guide de la mission du mieux que je le pouvais. Le début était assez aisé: suivre les escaliers de Nanduhirion, la vallée des rigoles sombres. Mais à moins d'un kilomètre plus bas, je décidai d'obliquer vers la droite, presque à angle droit, pour passer derrière une barrière naturelle de gros rochers éboulés. Nous étions maintenant à couvert, ouf!

La suite de la nuit fut un vrai cauchemar, que je pris cependant mieux que mes compagnons... enfin il me semble. Car j'avais l'habitude des périples au grand air, et les orages de m'effrayaient pas. D'ailleurs, mieux vaut marcher sous la pluie qu'en plein cagna, au moins la soif ne nous tenaille pas. J'essayai de trouver à chaque fois le meilleur chemin, en évitant, pour l'instant, les forêts et les terrains trop rocailleux ou parsemés de ronces: la nuit, pas besoin d'être caché, et il est préférable de marcher sur un sol uniforme.

Je fus quand même content de ne pas être tiré au sort à l'aube, et je pus faire un léger somme pour récupérer de notre marche nocturne. Pas longtemps, cependant, car je fus réveillé en sursaut par les échos sourds des coups, et par les bougonnements de mes comparses.

- Vous avez raison, Coyote! La recherche ne sera pas bien dure si ceux que nous cherchons nous guident eux-même...

Dans le milieu de l'après-midi, il fallut choisir quel chemin nous allions empruntés. Et à présent, l'avis de tous les membres du groupes comptait. Je fus le premier à répondre à Hurdïn:

- Si les autres sont prêts à peiner un peu, je propose que nous passions par les sentiers de montagnes. De jour, il est meilleur de nous fondre dans les pierres, on ne sait jamais. En plus, cela nous évitera de nombreux détours et compensera la dureté du chemin.

C'était dit. J'attendais l'avis des autres avec impatience.
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Nathanael
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Cinq nains dans le vaste monde. EmptyMar 21 Déc 2010 - 10:55
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Il était bien heureux de ne porter aucune armure ni aucun casque. Les gouttes de pluie tintaient gaiment sur le métal de ses compagnons de route et le doux chant cristallin lui irritait les tympans. En contrepartie ses vêtements de cuir s’étaient rapidement imbibés de l’eau céleste et il se sentait alourdi par ce poids supplémentaire à porter. La nuit leur assura cependant un couvert plus épais que les branches des arbres en plein jour. Il sursauta au premier écho du tonnerre contre les montagnes. Les éclairs auraient pu leur être néfastes et révéler leur position à des yeux expérimentés, pourtant il bénit les lueurs du ciel qui lui évitèrent à deux reprises de glisser sur des pierres saillantes. Il avait d’abord essayé de s’essuyer le visage pour s’ôter des yeux les myriades de gouttelettes qui obscurcissaient sa vue mais la tâche était désespérée. Il s’était contenté depuis d’essorer une ou deux fois sa barbe.

Il poussa un profond soupir lorsqu’ils s’arrêtèrent enfin. Soupir qui n’était ni de satisfaction ni de bonheur. Il était un tant soit peu las de pérégriner ainsi sur les flancs de la montagne. Le ventre des citées naines lui avait toujours paru plus confortable et accueillant que leur dos dur et abrupt. Son manteau ne le réchauffait guère et ses gants mouillés n’essoraient plus grand-chose de l’eau contenue dans sa barbe rousse. Les fines branches de la lande parmi laquelle ils se dissimulaient lui pénétraient dans les oreilles – sensation très désagréable. Dans une autre situation il se serait fait un plaisir de taillader gaillardement ces maudits arbustes pour en faire du bois de chauffage.

Il somnola plus qu’il ne dormit réellement. Quand une goutte ne lui tombait pas vicieusement dans la nuque, le bruit qui sourdait des entrailles de la terre le ramenait à un état de veille précaire. Il finit par délaisser ces vaines tentatives de repos. Il se rassit et s’adossa à une pierre froide qui lui roidit la nuque et le dos. Il ôta ses gants pour souffler sur ses doigts gourds, sentiment fugace de chaleur. Les propos de Hurdin finirent de le sortir totalement de l’état intermédiaire dans lequel il se trouvait. Il fut plus attentif aux coups réguliers. Il parla ensuite de sa voix rauque et caverneuse.

- Pas très discret … ou bien ils cherchent à déplacer la montagne ou bien ils sont tombés sur un gisement très productif. L’un comme l’autre ils sont une multitude à s’agiter là-dessous comme des rats qui grignotent gaiment un morceau de fromage.

Il ne sut s’il n’aurait pas mieux fait de se taire. Evoquer de la nourriture lui rappela qu’il avait le ventre noué et vide. Il essaya de chasser de ses pensées l’espoir d’un repas chaud et complet comme il avait encore pu en profiter la veille. Il était bon ripailleur et la frugalité ne lui convenait guère bien qu’il était tout à fait physiquement capable de se passer de bonne chair.
Lorsqu’il fut question de repartir le choix de la direction lui parut évident. Hors de question de faire la démonstration de leur présence à des sentinelles alertes. Il tenait au cuir de son séant et ne tenait absolument pas à se retrouver avec un deuxième orifice dans l’immédiat. Il redoutait les combats à distance – rien de mieux qu’un bon corps à corps sanglant. Les archers étaient de véritables tapettes.

- En suivant ces sentiers n’aurons-nous pas d’autant plus de chance de découvrir quelques entrées moins bien gardées ? Je préfère peiner encore un peu plutôt que d’entendre siffler trop rapidement la voix de projectiles à mes oreilles.

Expression plus policée du fond de sa pensée. Il espérait que ses comparses ne prendraient pas trop de temps à se décider. Il sentait disparaître les joyaux qui lui étaient les plus chers au monde et en matière de cupidité il était fort hardi pour les défendre. Il était favorable pour reprendre la marche le plus rapidement possible afin de retrouver un tantinet de chaleur corporelle.
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