Un diner tout en finesse

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Taorin
Capitaine des Chiens du Désert
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Mar 17 Mai 2011 - 20:33
Les deux navires pénétrèrent lentement dans la rade des Havres d’Umbar, cité grouillante dont l’odeur infecte se répandait à des kilomètres à la ronde, portée par le vent. Une dizaine de navires de tous types, allant des corsaires effilés aux lourds navires marchands, encombraient les docks. En voyant la Verte-Marie arborer l’étendard des Chiens du Désert, symbole du Seigneur-Pirate Taorin, les bateaux s’écartèrent et laissèrent le Pourfendeur et le navire marchand gagner rapidement les quais et s’y amarrer.

Une dizaine d’hommes attendaient Taorin et son compagnon de route, des fonctionnaires plus ou moins importants, pour la plupart, mais aussi quelques gardes du palais. A peine eurent-ils débarqué que ces serviles serviteurs s’abaissaient, flagornaient, espérant y gagner quelques faveurs tout en ignorant qu’ils ne s’attiraient là que les foudres du capitaine haradrim, peu favorable aux flatteurs.

« Préparez des logements pour mes hommes et pour le capitaine Vardin, qui sera mon invité au Palais. Et prévenez les autres Seigneurs-Pirates présents de mon arrivée. » lança sèchement le Chien Borgne, qui se tourna ensuite vers le capitaine de la Verte-Marie et lui demanda de le retrouver au Palais quelques jours plus tards.

Après avoir donné ses directives à Ezhel, Khalid et Cahusac concernant le débarquement des Chiens, Taorin emboita le pas aux fonctionnaires du Palais, Derkos Vardin à ses côtés. La montée fut longue et pénible, la ville se révélant encore plus infâme que dans les pires souvenirs du Chien Borgne. Les marchés aux esclaves florissaient, les gamins des rues, mendiants ou voleurs, pullulaient : toute la lie des Terres du Milieu semblait s’être donné rendez-vous en ce lieu. Et dire qu’il allait falloir en faire une armée, se dit Taorin. La tâche lui semblait à présent presque impossible.

Ils arrivèrent au Palais une heure après avoir débarqué : les gardes s’écartèrent pour les laisser entrer dans ce monument, construit du temps de la grandeur de Numenor, mais aujourd’hui il semblait prêt à s’écrouler sur lui-même par manque d’entretien : en effet, pourquoi dépenser des fortunes pour un bâtiment où on ne résidait que quelques semaines par an, se disaient les Seigneur-Pirates. La construction résistait néanmoins aux assauts du temps, bien mieux que le reste de la cité.

Les deux capitaines s’installèrent dans leurs logements, deux suites côtes à côtes dans l’aile orientale du Palais. Après avoir demandé à ce qu’on lui prépare un bain, Taorin demanda à un serviteur du palais de transmettre des invitations aux autres Seigneurs-Pirates présent pour un diner, le soir même, en compagnie du capitaine Vardin et des lieutenants des Chiens du Désert. Taorin espérait qu’une telle demande, si saugrenue, attiserait la curiosité des dirigeants de la Cité, et les pousserait à venir.

Une fois le serviteur partit, le capitaine haradrim se laisse glisser dans son bain avec un soupir de satisfaction…


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Derkos Vardrin
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Jeu 19 Mai 2011 - 18:15
La fin du voyage s'était déroulé dans une surprenante tranquillité compte tenu du reste du voyage. Derkos avait profité de ce calme précaire, en large partie assuré par la voile de Taorin qui se dressait fièrement au mât de la Verte-Marie mais maintenant ils avaient débarqué.

Les effluves de la cité parvinrent aux navires bien avant que les Havres ne furent en vue. La navigation dans la rade était des plus denses mais les deux bâtiments se frayèrent habilement un chemin à travers cette masse grouillant de frêles nefs comme de robustes navires affrétés au transport de marchandise.
Leur arrivé passa tout sauf inaperçue, une douzaine de fonctionnaires divers attendant les deux Capitaines. Un rictus moqueur traversa le visage de Vardrin tandis que les fonctionnaires s'abaissaient à quelques subtils compliments sur Taorin, espérant probablement gagner les faveurs d'un des neuf Seigneurs Pirate.

La réponse sèche du Chien Borgne ne laissait aucun doute quand à sa pensée sur ces pratiques lèche-bottistes, on ne gagne pas la confiance d'un tel homme avec de telles bassesses.

Derkos, à l'instar de son homologue capitaine, délégua le déchargement de ses troupes et affaires à Kaerran. La tâche leur serait évidemment moins ardue et longue qu'aux Chiens, plus nombreux et moins habitués à ces déchargements.
Les capitaines, toujours accompagnés des fonctionnaires, entreprirent alors l'ascension de la tortueuse cité portuaire. Les rues encrassés étaient peuplées de mendiants, d'orphelins et de malandrins en tout genre. Le bon côté était que Derkos était assez connus par les malfrats du coin pour bénéficier d'une certaine impunité.

Le passé glorieux et flamboyant du Palais contrastait avec son délabrement actuel, lieu quasi vide la majeure partie de l'année, un entretien régulier était considéré comme inutile.
Les deux capitaines s'installèrent dans deux suites voisines, un dernier signe de tête scellant leur alliance.

Dénudant son torse, Derkos se dirigea vers sa fenêtre qui donnait directement sur la côté. Quelque chose se préparait, il le savait, il le sentait. Et être acteur de cette chose, quelle qu'elle soit, le remplissait d'une joie sourde et muette, celle de ne plus subir les événements mais de pouvoir agir sur eux. La joie qui vous emplit quand vous savez que vous avez la bonne décision.

Quelques coups retentirent alors à la porte et un serviteur entra, l'informant de vive voix qu'il était prié de se présenter le soir même pour dîner en compagnie de Taorin et des autres Seigneur Pirates. Apprenant cette information, Derkos demanda alors qu'on lui prépare un bain.

Il n'en avait pas pris depuis des temps immémoriaux, depuis une époque qu'il voulait laisser derrière lui et empoigner son destin à pleine main. Et ce nouveau destin passait par cette soirée, c'est pourquoi il interpella un autre serviteur en le priant d'aller à son navire, dire à ses hommes de ramener ses habits de parade.
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Sirion Ibn-Lahad
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Dim 22 Mai 2011 - 21:49

Le Seigneur Riordan était debout sur le balcon de ses appartements au palais. Les mains posées sur la rambarde de bois, le pirate scrutait l'horizon l'air soucieux. Les derniers mois avaient été très compliqués et chaque jour était un nouveau défi à relever. Il avait vu arriver la Verte Marie avec le pavillon du Chien Borgne ainsi qu'un second navire un peu plus tôt. Cela faisait bien longtemps que Taorin n'avait plus mis les pieds dans la Cité du Destin. Avait-il changé ? En tout cas, le capitaine Riordan était très étonné de le voir ici.

Ses doigts se resserrèrent autour du bois. Il fallait agir vite pour que la situation ne leur échappe pas. Il avait tout prévu. Il devait voir Taorin au plus vite, avant eux.

Aric, le bras droit de Riordan s'approcha de son seigneur et tout en s'inclinant :

"Capitaine, le Seigneur Taorin vous invite ainsi que tous les Seigneurs Pirates présents à un dîner ce soir. Le capitaine Vardrin y est aussi invité."

Le temps était désormais compté ! En un instant, Riordan avait fait volte-face, le regard dur. Aric prit sa suite et ensemble ils traversèrent ses appartements puis empruntèrent les longs couloirs du palais en direction de la suite du Chien Borgne. Il devait être le premier à lui parler sinon qui sait ce qu'il adviendrait de l'avenir ? Le Seigneur Pirate faillit distancer son second tant ses pas s'accéléraient.

Puis enfin, l'entrée des appartements de Taorin fut en vue. Des gardes étaient postés là, amenant Riordan à penser que leur maître était également ici. Le Capitaine se campa devant les deux marins au teint basané.

"Conduisez-moi à votre Seigneur, messieurs. Vous ne sauriez faire attendre l'un des Neuf, n'est-ce pas ?"

Les deux hommes s'échangèrent un regard interrogateur sous le regard confiant de Riordan. Aric avait la main à son sabre, par prudence. Riordan ne l'avait pas choisi pour sa finesse. D'ailleurs, il ne l'avait pas choisi à proprement parlé.

L'un des deux gardes acquiesça et ouvrit la porte au Capitaine satisfait. Tel la brise du matin poussant les voiles des navires aux quais, Riordan s'engouffra dans l'ouverture et se retrouva face au Chien Borgne, sortant sensiblement d'un bain. Le Seigneur ouvrit alors les bras et salua son homologue du Conseil.

"Voici l'Océan qui nous ramène l'un de ses Seigneurs ! Taorin, mon ami, quelle joie de vous revoir parmi nous. Par les temps qui courent, les rumeurs allaient plus vite qu'une frégate sur les flots à votre propos."

Aric resta en retrait dans la pièce. Riordan esquissa un sourire et continua :

"Pardonnez-moi de vous assaillir dès votre arrivée, vous devez être éreinté. Mais il est des choses importantes que je ne peux vous dévoiler autour d'une table en compagnie des autres Seigneurs..."

Un silence pesant se fit alors maître tandis que le Capitaine Riordan et le Capitaine Taorin se faisaient face.




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Taorin
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Mar 24 Mai 2011 - 22:01
Après avoir s’être libéré du domestique, le Chien Borgne se rendit à la salle de bain, une grande salle de marbre blanc comportant un grand bassin déjà rempli d’eau fumante. Il se laissa dévêtir par les servantes déjà présentes, puis s’avança dans l’eau chaude. Un bain ! Enfin ! Le capitaine haradrim laissa ses muscles se détendre, et s’abandonna aux mains des servantes. De tels instants de répit devenaient bien trop rares.

Après être sorti du bassin, le Chien Borgne se rendit dans la petite cour intérieure à ses appartements, où une fontaine ouvragée et de nombreuses plantes rendaient la chaleur du Sud et de la ville plus vivables. Il s’assit dans un recoin, non loin d’une ouverture vers ses appartements. Plusieurs domestiques, hommes et femmes, pour la plupart esclaves, vaquaient de ci-de-là. Le seigneur-pirate en appela un, et lui demanda une légère collation accompagnée d’une carafe de vin.

Le serviteur n’eut pas le temps de revenir qu’une jeune esclave prévenait le Chien Borgne de l’arrivée du Seigneur Riordan, l’un des Neufs. Taorin se leva, réajusta sa tunique fort simple, et accueillit son pair dans la pièce principale de ses appartements.

« Voici l'Océan qui nous ramène l'un de ses Seigneurs ! Taorin, mon ami, quelle joie de vous revoir parmi nous. Par les temps qui courent, les rumeurs allaient plus vite qu'une frégate sur les flots à votre propos. » lança le Seigneur Pirate en voyant le capitaine des Chiens du Désert. « Pardonnez-moi de vous assaillir dès votre arrivée, vous devez être éreinté. Mais il est des choses importantes que je ne peux vous dévoiler autour d'une table en compagnie des autres Seigneurs... » continua-t-il.

Taorin acquiesça, intrigué. Qu’est-ce qui pouvait être si important pour ne pas pouvoir attendre quelques heures ? Le haradrim fit signe à Riordan de le suivre dans le patio, bien plus agréable à vivre que la salle de réception. Le Chien Borgne remarqua le serviteur du pirate si renommé, et décida d’en faire abstraction lorsqu’il prit la parole.

« Riordan, quelle joie de vous voir ! Cela fait si longtemps que je ne vous ai vu, depuis que j’ai quitté les Havres pour le nord. Mais venez, vous prendrez bien une collation en ma compagnie ? J’ai fait mander un peu de vin et quelques amuse-gueules, ils devraient arriver sous peu. » commença Taorin. Puis, plus sérieusement, il continua. « Mais quelle est cette affaire si pressante qui vous amène en ces lieux ? Elle semble de très haute importance, mais, sans doute est-ce dû à mon éloignement de ces dernières années, je ne puis deviner de quoi il s’agit. »

Les deux hommes s’assirent face-à-face, laissant Aric en retrait, trop loin pour entendre convenablement leur conversation…


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Reznor
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Ven 3 Juin 2011 - 14:18
Reznor esquissa un sourire en constatant qu'une fois de plus le hasard avait bien fait les choses. Moins d'une semaine après qu'il ait rejoint Umbar, mettant finalement un terme à une campagne d'une envergure certaine, voilà que le capitaine Taorin rentrait lui aussi à la Cité du Destin et conviait tous les Seigneurs Pirates à dîner le soir même.
Reznor était sur les docks lorsque l'information lui parvenu. Il supervisait le déchargement de sa cargaison, qui n'était toujours pas terminé. Il fallait dire que depuis que le Joyeux Requiem avait été sérieusement endommagé quelques années auparavant, au point que les réparations ait forcé Reznor a rester à terre quasi un an (car il allait sans dire qu'il répugnait à l'idée de commander tout autre vaisseau de sa flotte), le pirate ne voyageait guère plus sans quelques navires d'escortes. A vrai dire, pour la présente campagne, il aurait été plus juste de parler d'une petite flottille que d'une escorte. Reznor et les navires sous ses ordres s'étaient éloignés d'Umbar pour quelques mois de rapines et de pillages, jusqu'à ce que les cales soient pleines de richesses diverses, ce qui expliquait qu'il n'ait pas encore finit de tout débarquer.

Un dîner ce soir même. Reznor se félicita d'avoir programmé son rendez-vous pour la fin d'après-midi. Depuis à peu près le milieu de sa campagne en Extrême Harad, l'idée qu'il avait eue, et qui était précisément l'objet de l'entretien qu'il souhaitait avoir, cette idée était en centre de toutes ses pensées et de ses préoccupations, à un point tel que ce dîner rassemblant les Neufs ne lui semblait pas le plus important. Non, ce qu'il attendait avec impatience était son entretien, et les réponses qu'il allait avoir. L'horaire semblait parfait. L'idée prendrait du temps à expliquer, mais il estimait q'il aurait largement assez de deux bonnes heures. Après quoi les deux Seigneurs Pirates pourrait se rendre à la réception de leur confrère.

Le Capitaine du Requiem continua encore quelques heures à donner ses ordres puis, calculant mentalement le temps qui s'était écoulé, il envoya un mousse vérifier au cadran solaire le plus proche. Constatant que son horloge interne ne l'avait pas trompé, il délégua le commandement à Vedraï, sa Second et s'en alla, non sans s'emparer d'une bouteille d'un de ces vins fins du Dorwinion, d'un demi-siècle d'âge. C'était là un des fleurons de son butin. Cinq caisses entières de 246, une des meilleures années.


***


Lorsque les Seigneurs Pirates Reznor et Yse arrivèrent à la salle de réception, ils étaient encore en pleine conversation. Si l'idée du Capitaine avait mis moins de temps que prévu pour être expliquée, et que Yse avait très vite apporté une réponse très vite à sa proposition, ils avaient du ensuite rédiger un certain nombre de lettres. Tâche fastidieuse s'il en est, qui aurait pu être laissée à charger de domestiques, mais ils étaient d'avis que le moins de gens seraient au courant le mieux ce serait. Après les avoirs déposées à la volière, ils avaient décider de poursuivre leur conversation en marchant à travers le palais. Il en était préférable ainsi, car s'ils avaient décidé de rejoindre le salon de l'un ou de l'autre, la courtoisie aurait été de proposer quelque chose à boire, or ils avaient déjà vidé une bouteille à deux, et les vins du Dorwinion sont particulièrement forts. Rasséréné à l'idée que son projet semblait possible, Reznor avait idée que finalement la réunion du soir aurait son importance, et il préférait avoir l'esprit un minimum clair.

"... mais nous aurions beaucoup de chance si quiconque dans ma famille proche soit en mesure d'apporter une réponse à ... notre problème. Mais ils pourront certainement nous conseiller sur la personne à contacter." entendit le garde, reconnaissant clairement la voix d'Yse.

"Et après, nous avons bien assez d'or pour nous montrer convaincants..." répondit Reznor alors que les deux pirates apparaissaient au bout du couloir. Notant l'air intrigué du garde, il 'en dit pas plus.
Pénétrant dans la salle, ils ne s'étonnèrent pas de la trouver vide. Leur petite ballade les avait conduit jusqu'ici, et ils avaient décidé d'entrer, bien qu'ils savaient arriver tôt.
Ce n'était pas un problème. Yse pourrait ainsi le mettre au courant de ce qui s'était passé les six mois durant lesquels le pirate avait été absent. Leur conversations avaient jusqu'alors été bien trop prenante pour qu'ils abordent ce sujet. Il s'enquit cependant de Taorin à un domestique, surpris tout de même de ne même pas voir leur hôte.

"Il me semble qu'il est toujours dans ses appartements privés, Mes Seigneurs. Jai cru comprendre qu'il s'entretenait avec un Seigneur Capitaine. Il ne devrait sûrement pas tarder, il a sans doute été mis au courant de votre arrivée."
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Derkos Vardrin
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Dim 5 Juin 2011 - 11:31
Une fois sorti de son bain, Derkos prit la décision d'aller faire un petit tour de la luxueuse demeure dans laquelle il séjournait maintenant. Ancienne œuvre des seigneurs Nùménoréens, le palais gardait seulement quelques traces de sa gloire passée. Elle avait déjà été pillée, brûlée et dégradée par les nombreuses invasions qu'avait connue la cité d'Umbar.

La perspective d'un dîner frugal et qui plus est gratuit remplissait le cœur du capitaine d'un doux sentiment de joie. Se dirigeant à nouveau vers ses appartements, Vardrin croisa deux hommes qui avançaient vers les appartements du Chien Borgne et y entrèrent quelques secondes plus tard avec l'accord des deux gardes en faction devant la porte. Probablement un autre capitaine, Derkos n'avait pas l'honneur de tous les connaitre.
Après être entré dans sa propre chambre, le Capitaine revêtit une chemise de lin blanche, un pantalon de cuir marron et ses fidèles bottes de voyage qui le suivait depuis déjà longtemps. Le couteau qu'il cachait dans ces dernières était le dernier ajout de son costume de parfait petit invité.

Descendant vers la salle de réception, Derkos réfléchissait à l'invité qui était venu voir Taorin. Seul les plus puissants aurait osé déranger un des Neufs, peut être même était-ce un autre des Neufs.
La porte de la grande salle du palais apparut alors à Derkos qui la poussa, entrant ainsi dans la salle vide. Enfin vide, deux personnes se tenaient déjà dans la pièce. Un homme et une femme qui discutaient seuls, un domestique sortait de la pièce et adressa à Vardrin un léger signe de tête. Signe de respect indispensable devant un capitaine pirate.
S'approchant un peu, Derkos reconnut ceux qui se tenaient devant eux, Yse et Reznor, deux des Neufs. Que de personnalités réunis dans ce palais. Tout cela aurait presque pu intimider ce grand chef pirate qu'est Derkos Vardrin.

Mais rien, non rien, ne pouvait arrêter l'ambition du capitaine du Pourfendeur qui s'avança vers les deux Seigneurs qui le regardait maintenant avancer :

"On m'avait bien dit que les Neufs seraient réunis ce soir mais je ne pensais pas les rencontrer si tôt. Seigneur Reznor, Yse, laissez moi me présenter, Derkos Vardrin, capitaine du Pourfendeur des Vents et allié de Taorin. Savez vous qui est avec lui au fait ? Sans doute un de vos pairs j'imagine."

Tirant une chaise vers lui, Derkos s'assit, il profitait juste de côtoyer les grands de cette cité hostile qu'est Umbar pour un temps au moins. Qu'il est bon de se sentir puissant.
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Reznor
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Ven 10 Juin 2011 - 22:34
Les Capitaines Reznor et Yse s'étaient assis tranquillement tandis qu'un serviteur revenait maintenant vers eux avec un pichet. Autant profiter du fait qu'ils soient en avance, ils pouvaient ainsi continuer leur discussion au calme. Pas à propos de leur petite entreprise, car il était évident que pour éviter qu'elle connaisse la crise, elle devait rester secrète. Mais ainsi, Yse avait le temps de lui expliquer en détails les évènements dans la Cité des six derniers mois, car il se doutait bien que lorsque les autres Seigneurs seraient là, les discussions seraient bien plus sérieuses, d'autant plus qu'à sa connaissance, seul Novor manquait à l'appel. Huit des Neuf réunis pour une réunion informelle, voilà qui était un fait rare.

A cet instant arriva un autre homme, et aussi Yse que Reznor le dévisagèrent, car ce n'était clairement pas un domestique, son accoutrement et sa démarche désignaient un capitaine, et ce n'était pas non plus un des Neuf, car, pardi, ils connaissaient tous deux leurs pairs ! L'inconnu se présenta alors :

"On m'avait bien dit que les Neufs seraient réunis ce soir mais je ne pensais pas les rencontrer si tôt. Seigneur Reznor, Yse, laissez moi me présenter, Derkos Vardrin, capitaine du Pourfendeur des Vents et allié de Taorin. Savez vous qui est avec lui au fait ? Sans doute un de vos pairs j'imagine."

Reznor esquissa un large sourire à ses mots. C'était le terme allié qui l'avait fait tiquer. Ainsi Taorin avait besoin d'alliés, ils préparait donc quelque chose, et la curiosité de Reznor ne s'en trouva qu'attisée davantage. Le Dîner serait certainement passionnant. En effet, c'était plutôt rare pour un Seigneur Pirate de considérer un capitaine comme un allié. Il n'y avait sans doute qu'une personne qu'il pouvait considérer comme une alliée, et encore, le projet qu'il avait avec Yse n'existait que depuis une heure tout au plus. Il avait des subalternes, des seconds, des quartiers-maîtres, des hommes de confiance, des sous-fifres, des boulets, des traîtres et même quelques amis parmi son équipage, mais pas d'allié.

"Capitaine Vardrin. Je ne pense pas que ce nom me soit connu mais bienvenue à cette table ! Allié de Taorin ! Eh bien ! Alors peut-être pourrez-vous nous éclairer sur ce qu'il a derrière la tête. Il a réussi en une journée à intriguer tous les grands de la Cité du Destin..."

Reznor souriait toujours largement, riant intérieurement du culot que son interlocuteur avait de s'introduire et de s'asseoir en face d'eux sans qu'ils l'aient prié de le faire. Le Chien Borgne avait trouvé un associé ayant du cran, et il appréciait ça.

"Cela va sans dire. Personne d'autre ne dérangerait un Seigneur venant à peine d'accoster. Mais à vrai dire je suis un peu déçu que vous ne puissiez vous-même nous dire de qui il s'agit... Ce serait un nouveau fait très intéressant. Le Mystère plane sur cette journée.. je suis certain que cette réception sera des plus intéressantes... et je ne parle pas des victuailles, ici."
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Derkos Vardrin
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Lun 13 Juin 2011 - 11:44
La franchise de Reznor fit sourire Derkos. Les Neufs étaient vraiment les dirigeants les plus improbables de toutes les Terres du Milieu, francs, guerriers et crapules sous les bords, ils étaient l'exact contraire du reste du Monde et leurs rois impotents qui dominaient sans jamais sortir de leurs palais gigantesques. Umbar était le dernier refuge pour tous les hommes en quête de liberté.

Se calant au fond de sa chaise, Vardrin fit face de ses deux interlocuteurs. Les interrogations du Seigneur étaient justifiés, malheureusement pour lui elles étaient les mêmes que pour le Capitaine du Pourfendeur qui n'avait pas beaucoup plus d'éléments de réponses. Sa voix s'éleva tout de même, il avait tout de même des choses à dire, il avait toujours des choses à dire :

"Pour tout vous dire je n'en sais pas beaucoup plus que vous, Taorin m'a engagé après que nous ayons mené bataille ensemble contre un navire qui s'en était pris à lui, navire mené par le Requin Earin Shad qui a péri dans l'explosion de son propre bâtiment. Il s'arrêta alors quelques secondes, reprenant son souffle. Peut être tout ça est lié ? Je ne le sais pas et je pense que nous devrons attendre sa venue pour que des réponses soient donnés à nos questions."

Interpellant alors un domestique qui passait par là, Derkos commanda de quoi se désaltérer pour lui et les deux Seigneurs. Taorin commençait presque à se faire a se faire attendre.
Observant les environ, Vardrin éleva la voix pour la deuxième fois, il devait savoir :

"Je ne voudrais pas avoir l'air indiscret mais j'aurais voulu savoir, quand est il des autres Seigneurs ? Seront ils tous présents ce soir ou certains sont ils absents ? Depuis longtemps même peut être ?"

L'avidité du pouvoir avait atteint Derkos depuis déjà longtemps et il était prêt à tout pour devenir plus puissant qu'il ne l'était déjà. Ah, qu'il était loin le petit orphelin qui se battait pour gagner son pain.

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Sirion Ibn-Lahad
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Mar 14 Juin 2011 - 20:35

Ne laissant aucune émotion traverser son visage usé, Riordan répondit d'un ton grave à son compatriote de longue date.

"La situation a bien changé depuis votre départ, Capitaine Taorin. Les temps sont durs. Et même notre Conseil des Neuf en a été affecté..."

Le Seigneur pirate reposa sa tasse de thé sur la table lui faisant face. Se penchant en avant, il continua en pesant davantage chacun de ses mots.

"Le Seigneur Lahan nous a quitté, il y a de cela quelques mois, dans des circonstances douteuses. Son cousin Kabuchek occupe pour le moment son poste par intérim. D'ailleurs, de par sa présence au dîner il se pourrait qu'il nous demande d'officialiser son rang..."

Riordan se stoppa alors dans son monologue tandis qu'Aric toussait lourdement. Le Seigneur reprit ensuite, l'air désabusé.

"Quant au Seigneur Novor, il n'a pas donné signe de vie depuis des années. Nous n'espérons plus son retour mais votre arrivée soudaine nous laisse encore de l'espoir. Et puis, il y a ces fâcheuses rumeurs qui batifolent dans la Cité du Destin..."

Aussitôt Riordan se leva et vînt s'asseoir tout à côté du Chien Borgne, de sorte que ses paroles ne soient que murmures goûtés par les seules oreilles de Taorin.

"On parle d'un complot fomenté contre certains d'entre nous. Aric a récemment remarqué de forts nombreux va-et-viens des hommes de Sardanapale entre les bas quartiers de la ville et le palais. De plus, Kabuchek semble être un grand ami du capitaine Sardanapale... cela ne me dit rien qui vaille."

Puis un semblant de sourire apparut sur le visage de Riordan.

"Mais heureusement, nous avons encore des alliés. Rice est de notre côté et même si Sined ne semble plus être très en forme, il se fait vieux et ne sera sans doute pas impliqué dans le coup. Pour Yse et Reznor, rien n'est moins sûr, il paraît qu'ils sont souvent ensemble à parler d'on ne sait quoi en secret. Ils ne veulent pas que ça se sache."

Le Seigneur posa alors sa main ferme sur l'épaule musclée de Taorin.

"Et vous mon ami, j'espère pouvoir encore compter sur vous et votre fidélité envers Umbar comme au temps jadis. Ensemble, nous pouvons éviter un coup d'état car oui, mon ami, c'est bien de cela dont il s'agit."

Il allait bientôt être temps de se diriger vers la salle commune pour le dîner, qui promettait d'être intéressant...




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Taorin
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Mer 15 Juin 2011 - 13:45
Le Chien Borgne écouta le seigneur Riordan avec attention, tâchant de paraître le plus inexpressif possible. Il tressaillit néanmoins lorsque le loup de mer lui annonça le décès de Lahan. La nouvelle était troublante : il allait falloir percer à jour les mystères entourant sa disparition, car peut-être le cousin était-il complice, auquel cas l’accès au rang de Seigneur-Pirate lui serait impossible.

Taorin se pencha légèrement vers Riordan lorsque ce dernier s’assit à côté du capitaine des Chiens du Désert.

« On parle d'un complot fomenté contre certains d'entre nous. Aric a récemment remarqué de forts nombreux va-et-viens des hommes de Sardanapale entre les bas quartiers de la ville et le palais. De plus, Kabuchek semble être un grand ami du capitaine Sardanapale... cela ne me dit rien qui vaille. » dit-il, avant d’ajouter, avec un sourire : « Mais heureusement, nous avons encore des alliés. Rice est de notre côté et même si Sined ne semble plus être très en forme, il se fait vieux et ne sera sans doute pas impliqué dans le coup. Pour Yse et Reznor, rien n'est moins sûr, il paraît qu'ils sont souvent ensemble à parler d'on ne sait quoi en secret. Ils ne veulent pas que ça se sache. »

Ces sombres paroles rappelèrent au Chien Borgne l’attaque du Requin, ce pirate qui n’avait pas rechigné à attaquer un des Neufs. Tout cela était sans doute lié, d’une manière ou d’une autre. Et les chacals qui avaient, par leurs complots, pris la vie d’une trentaine des Chiens paieraient de leur sang.

Taorin se leva, imité par Riordan, qui lui glissa encore quelques mots à l’oreille. Le Chien Borgne acquiesça, et fit signe au seigneur pirate de le suivre. Ils sortirent de la suite, Aric et les deux gardes sur les talons, mais suffisamment loin pour ne pas entendre leurs chuchotements.

« Riordan, je vous fait confiance. Je ne veux pas d’un coup d’état à Umbar, et encore moins en ce moment. Et je vous crois : alors que je ralliais la Cité du Destin depuis le Harondor, un pirate du nom d’Earin Shad, surnommé le « Requin », a osé attaquer mon navire, malgré le pavillon indiquant que j’étais l’un des Neufs. Il me semble probable que cet homme ait été payé par d’éventuels conspirateurs. Auquel cas ils sont prêts à tout. »

Les deux seigneurs arrivèrent devant la porte de la salle commune, où le repas devait avoir lieu, et s’arrêtèrent devant. La main sur la poignée, Taorin se pencha sur Riordan, et lui souffla :

« Il nous faut le soutien de Reznor et d’Yse. Sans eux, toute entreprise est vouée à l’échec. Ou du moins, il faut nous garantir leur passivité. Mais venez, nous n’avons que trop tardé, entrons. »


Taorin ouvrit la porte, et entra à la suite de Riordan dans la salle, où Reznor, Yse et Derkos discutaient déjà. Le Chien Borgne s’avança et inclina légèrement la tête devant les deux capitaines. Peut-être serait-il possible d’en apprendre davantage avant que d’autres n’arrivent ?

« Yse ! Tu es encore plus belle que dans mes souvenirs ! Et toi, Reznor, aurais-tu trouvé un moyen de t’enrichir davantage, pour apparaître dans de si beaux atours ? Je vois que vous avez fait la connaissance de Derkos Vardin. Excusez-moi d’interrompre votre conversation, mais permettez-moi de vous servir un verre de vin. » fit Taorin en versant ce liquide rouge dans cinq verres de cristal. Le Chien Borgne les tendit ensuite à ses trois collègues, puis à Derkos. « Comment se passe la vie dans le Cité du Destin ? S’est-il passé quelque chose d’important pendant mes années d’absence ? »



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Reznor
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- -: Une petite quarantaine d'années
- -:

Ven 17 Juin 2011 - 18:54
Un rictus satisfait apparut sur les lèvres de Reznor alors que Derkos Vardin demenadait plus d'informations à propos des Seigneurs Pirates qui seraient présents. Le capitaine allait profiter de la soirée pour se faire bien voir, il en était sûr, et à vrai dire, il ne pouvait que lui donner raison. Il s'agissait de voir dans quel direction le vent tourne quand il s'agit de pouvoir, surtout dans la situation actuelle, et il ne doutait pas que des choses changeraient ce soir.

"J'ai bien peur que ce bon vieux Novor ne soit pas là. On ne l'a plus revu à Umbar depuis encore plus longtemps que Taorin était parti, et je n'ai aucune idée de ce qui lui est arrivé... Je crains le pire, mais je demanderai au conseil ce soir. Mais d'apprès ce que m'a dit Yse, on ne sait pas trop ce qu'il en est pour Lâhan non plus... A part cela, je pense que tous seront là."

C'est à ce moment là que la porte s'ouvrit et enfin, d'autres invités entrèrent. Invités, le mot était assez mal choisi, c'était plutôt leur hôte qui pénétrait dans la pièce, accompagné du riche et distingué Riordan. Ainsi c'était lui le mystérieux visiteur qui était accouru au côté de Taorin dès que celui-ci ait mis pied à terre. Eh bien, voilà qui était assez intéressant. Reznor se demandait bien ce que ces deux là avaient pu se raconter qui soit si pressant. De son côté, il se doutait bien que ses deux confrères allait remarquer qu'il était arrivé en avance avec Yse. Mais il était de notoriété publique qu'ils s'entendaient bien. Ils n'allaient sans doute pas se poser trop de questions.

"Taorin, vieux brigand !" fit Reznor en saluant son collègue. "Toute la Cité ne parle que de ton retour inattendu après tant d'années ! Ca fait plaisir de te voir sain et sauf. Et palsembleu oui, les affaires marchent bien ! C'est une chance que je sois là en fait, je suis revenu il y a une semaine à peine d'une petite expédition qui m'a rapporté une fortune." C'était le moins qu'on puisse dire. La bouteille qu'il avait vidé avec Yse devait bien valoir la solde d'un garde. "Eheh, et ce cher Riordan... Ca fait un sacré bout d'temps aussi, mais là c'est ma faute."

Reznor avait à vrai dire moins eu affaire avec lui. Chaque Seigneur avait naturellement plus ou moins d'affinités envers ses collègues respectifs, même si tous se respectaient.
Yse s'occupa de lui raconter les événements les plus signifiants auquels elle avait assisté, mais Reznor n'avait pas grand chose à dire,vu qu'il n'était pas resté bien longtemps à la Cité du Destin.

"Figure-toi que je resté piéton durant bien un an ! Il a fallu réparer le Requiem, et tu te doutes que je ne naviguerais pas sur un autre bateau... Mais il ne s'est pas passé grand chose à cette époque. J'ai entendu dire qu'il en était arrivé une drôle au vieux Lâhan récemment, mais j'imagine que tu es déjà au courant... Mais c'est plutôt à toi qu'il faut demander des nouvelles, parbleu, quelle affaire t'amène pour nous inviter tous ainsi ?"
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Derkos Vardrin
Capitaine Pirate
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- -:

Mar 21 Juin 2011 - 20:36
Ainsi des places de Seigneurs étaient libres, et Derkos espérait pouvoir être celui qui prendrait ces places laissées gentiment libres par leurs prédécesseurs. Vardrin était loin de connaitre tous les Seigneurs, même de réputation. De plus les dirigeants de la cité changeaient régulièrement, au gré de leurs règlements de comptes et autres accidents douteux, certains étaient plus discrets que d'autres et leurs activités toutes aussi floues.

L'arrivée de Taorin, accompagné de son mystérieux visiteur qui se révéla être Riordan, un des autres Seigneurs, mit fin à la petite discussion dans laquelle s'était lancé Derkos et Reznor. Les retrouvailles entre les différents Seigneurs permirent au capitaine du Pourfendeur d'avoir un aperçu de l'opinion de chacun et de leurs affinités.
Et ce qu'il vit le surprit presque, pas de haine ou de mépris quelconque. Tous les Seigneurs semblaient s'entendre pour le mieux. Malgré tout Riordan semblait moins proches de chacun des Seigneurs que ne l'étaient ces derniers entre eux.

Il cala sa chaise contre une des tables et commença alors à se balancer ostensiblement contre cette même table, attendant avec une avidité certaine la suite des événements. Les retrouvailles entre ces Seigneurs et les plans de Taorin semblaient promettre beaucoup pour la suite de cette belle soirée.
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Eltaria
Conseillère à Umbar
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~ GRIMOIRE ~
- -: Haradrims
- -: 28 ans
- -:

Ven 24 Juin 2011 - 13:59
Eltaria venait de finir son voyage en arrivant devant le bâtiment où mangeaient les seigneurs pirates . La voix de la grande et fierte femme résonait dans sa tête et cette phrase qui l'inquiétait : Wolongo , fille de l'eau , et en lui tendant la pierre qu'elle gardait préscieusement , pour ton peuple et pour mon peuple . Qu'est-ce que cela veut dire ? Pour son peuple donc le peuple d'Umbar et pour le peuple à la grande dame ? Des nains , des hommes ? Mais bon elle n'avait pas le temps de penser à cela elle devait prévenir le seigneur Taorin de son manque d'argent et de la colère de certains Chiens du déserts . Un garde l'escorta jusque devant une grande salle . Le seigneur parlait et Eltaria par sa grande timidité n'osait pas entrer . finalement , elle entra et dit :

"Seigneur pirate Taorin , Seigneurs pirates Yse , Reznor et Riordan , Capitaines Vardrin . Je vous souhaites le bonjour , puis s'approchant de la chaise du seigneurs Taorin , Seigneurs Taorin vous êtes en manque de moyen et certains chiens du désert commence à s'impatienté de ne plus vous voir . Des bandits commence à grouillé autours de vos places fortes . Trouvé une solution ou je crois bien que tous ce que vous avez construits ne vous retombe dessus ."

Puis attendant la elle s'attendit à la colère la plus terrible du seigneurs .
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Sirion Ibn-Lahad
Pair du Royaume d'Arnor - Surnommé le Fantôme
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Age : 26
Localisation : Arnor

~ GRIMOIRE ~
- -: Homme du Sud (Khand)
- -: 34 ans
- -:

Mar 5 Juil 2011 - 23:30

Il était sauvé ! Taorin le croyait. Il ne serait plus seul face aux traîtres. Les Chiens alliés à sa propre compagnie leur permettraient de prendre l'ascendant si combat, il devrait y avoir. Sardanapale ne devait pas être pris à la légère mais il savait ce que le pirate mijotait. Riordan ne le laisserait pas agir.

Les deux Seigneurs arrivèrent donc à la grande salle à manger où déjà Yse et Reznor les attendaient. Un autre pirate était également là. Sans doute ce Derkos Vardrin. Un allié potentiel de plus. Riordan se mêla à ses trois confrères.

"En effet, cela fait déjà un moment que nos routes ne s'étaient plus croisées Reznor..." rétorqua-t-il sur un ton aimable au capitaine du Requiem.

C'est alors que la porte s'ouvrit de nouveau...


"Bonsoir à toutes et à tous ! Pardonnez mon retard, les cargaisons de dernière minute, vous savez ce que c'est..."

Le Seigneur Sardanapale salua l'assemblée en effectuant quelques pirouettes avec son trois-cornes qu'il remit ensuite en place. Il était habillé d'un long manteau de cuir sombre lui tombant jusqu'au niveau de ses bottes d'un noir de jais. Sa moustache était légèrement ébouriffée mais rien d'inhabituel pour le capitaine. Son cimeterre était à sa ceinture, le pommeau ouvragé venait compléter l'impression de noblesse du pirate bien que sa réputation était plutôt celle d'un illuminé couplé d'un habile stratège.

Sur ses talons, un second personnage fit son apparition.


Le jeune Seigneur Rice, l'un des plus jeunes seigneurs inclina solennellement la tête pour saluer les autres protagonistes. Instinctivement, il se dirigea vers le groupe de Riordan, Taorin, Reznor et Yse. Son teint était blême et livide mais ceux qui le connaissaient pouvaient se rendre compte qu'il n'était pas si différent de d'habitude.

C'est alors qu'un homme inconnu apparut au coin de la porte.


Son allure et sa prestance étaient impressionnantes à voir. Il dégageait une aura de puissance et de noblesse sans pareille. Un bandeau cachait son oeil droit, rendant le personnage encore plus mystérieux qu'il ne l'était déjà. Voyant la curiosité que certains lui portaient, l'homme en question fit un salut digne d'un militaire, puis tout en s'inclinant respectueusement :

"Madame, messieurs, je me présente, je suis Kabuchek, cousin du bon seigneur Lâhan. Je suis ici au nom de mon cousin en toute humilité, et si vous m'en pensez digne, successeur à sa place de Seigneur parmi les Neuf."

Puis Kabuchek s'avança vers ses vis-à-vis humblement. Le Seigneur Riordan, après quelques instants de silence, décida de le rompre :

"On vient de m'apporter la nouvelle que le Seigneur Sined a dû tenir le lit car trop fatigué. Nous pouvons donc nous considérer comme au complet pour ce dîner. Mais je laisse la parole à notre ami Taorin qui est de retour parmi nous !"

Le dîner allait commencer mais chacun savait que le contenu des assiettes serait bien moins attendu que celui des paroles des pirates.




« Œil pour œil, dent pour dent. »
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Taorin
Capitaine des Chiens du Désert
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Jeu 7 Juil 2011 - 16:24
Le Chien Borgne sourit lorsque Reznor parla de son année en tant que piéton. Taorin n’arrivait pas à s’imaginer le fier pirate à terre : Taorin le verrait toujours les cheveux au vent, à la proue de son fier Requiem, comme il le fut avant la libération d’Umbar. Puis le capitaine du Requiem posa la question fatidique : pourquoi les avoir tous convié ici ? Taorin resta un moment silencieux, ne sachant comment éluder la question, et fut sauvé par l’arrivée d’une jeune femme : qui était-elle ? Que venait-elle faire ici ?

« Seigneur pirate Taorin, Seigneurs pirates Yse, Reznor et Riordan, Capitaine Vardrin. Je vous souhaites le bonjour », puis s'approchant de la chaise du seigneurs Taorin, continua. « Seigneurs Taorin, vous êtes en manque de moyens et certains Chiens du Désert commencent à s'impatienter de ne plus vous voir. Des bandits commencent à grouiller autours de vos places fortes. Trouvez une solution ou je crois bien que tous ce que vous avez construits ne vous retombe dessus. » dit-elle.

Taorin hocha la tête, puis, s’excusant auprès de ses confrères, entraîna la jeune femme un peu à l’écart.

« Vous devez être la conseillère qu’Ezhel a engagé la dernière fois qu’il est venu aux Havres, n’est-ce pas ? Heureux de vous connaître. Sachez que les Chiens ne causeront aucun problème. Mais restez donc diner avec nous ! De toute façon, vous serez au courant tôt ou tard, et votre avis pourrait être utile. » lui glissa-t-il à l’oreille avant d’interpeler un serviteur. « Hé, toi ! Rajoute un couvert pour la dame ici présente ! »

La porte s’ouvrit tout à coup, cédant le passage à Sardanapale. Le pirate salua d’un large mouvement de son tricorne, s’inclinant bien bas. Suivit Rice, le plus jeune Seigneur Pirate, qui se dirigea en direction de Reznor et de ceux qui l’entouraient. Taorin lui souhaita la bienvenue chaleureusement. Puis un nouvel arrivant apparut, l’air guindé, et salua à la manière d’un militaire. Kabuchek, sans doute, se dit le Chien Borgne, dévisageant ce nouveau venu de son unique œil valide.

« Madame, messieurs, je me présente, je suis Kabuchek, cousin du bon seigneur Lâhan. Je suis ici au nom de mon cousin en toute humilité, et si vous m'en pensez digne, successeur à sa place de Seigneur parmi les Neuf. »

Quelle impudence ! Mais pour oser s’annoncer de la sorte, l’homme devait être dangereux. Taorin le regarda plus attentivement : l’air noble, mais mystérieux, un bandeau sur l’œil droit, de longs cheveux bruns, des vêtements impeccables. Qui était donc cet homme ?

Riordan prit ensuite la parole, annonçant qu’ils pouvaient commencer, et donnant la parole au Chien Borgne. Tous, ils gardaient leurs yeux fixés sur le capitaine des Chiens du Désert, se demandant pour quelle obscure raison il les avait convoqués ici. Voyant que les serviteurs attendaient sur les côtés, les bras chargés de victuailles, Taorin invita ses pairs et les autres invités à s’asseoir et à commencer à déguster le repas. Puis, lorsque la plupart des serviteurs sortirent, le Chien Borgne se leva, et, regardant attentivement les personnes attablées, prit la parole.

« Mes amis, chers confrères, vous vous demandez tous pourquoi je vous ai convié à ce repas. Je sais que la manière est peu protocolaire, mais, que diable !, nous ne sommes pas de vulgaires seigneurs du Nord soucieux des privilèges. Comme vous le savez sans doute, l’Emir légitime du Harondor, Jonak, est mort en mer. Sn successeur est l’ancien intendant du Gondor, Radamanthe. Vous pouvez voir comme moi le rapprochement entre le Harondor et le Gondor, menant peut-être, à terme, à une annexion de notre proche voisin par l’Arbre Blanc. Or, qui, de tous temps, a été notre plus grand ennemi, mes amis ? L’Arbre Blanc ! N’est-ce pas Elessar, qui, il y a quelques siècles à peine, investit nos Havres, pillant et brûlant nos navires ? Les Gondoriens ne sont-ils pas un obstacle dans nos chasses ? Combien de fois avez-vous dû lâcher une de vos proies à cause de l’approche d’un navire de guerre gondorien ? Je n’ose les compter, et pourtant, le Gondor tente peu à peu de nous chasser des mers. Bien sûr, ils ne disposent pas de la puissance maritime nécessaire pour nous déloger des Havres, ils sont trop peu nombreux, mais d’après vous, que se passera-t-il quand le Harondor ouvrira ses frontières aux armées gondoriennes ? Ne pensez-vous pas que leur Roy lancera ses hordes contre les murs de la Cité du Destin, afin de rétablir ce qu’il appelle « l’ordre » ? Mes amis, nous ne pouvons rester sans rien faire, il nous faut prendre des mesures. Mais lesquelles, vous demandez-vous ? Il y en a une, évidente, pourtant : mes amis, nous devons destituer Radamanthe de son trône. »

Taorin prit une gorgée de vin, appréciant la fraicheur du liquide sombre, pendant que les maîtres d’Umbar exprimaient bruyamment leur surprise et commentaient cette idée dans un brouhaha inintelligible. Taorin leva les bras, demandant le silence, puis reprit.

« Mes amis, je sais qu’il s’agit là d’une entreprise risquée, peut-être trop pour certains. C’est pourquoi je vous propose d’en assumer l’entière responsabilité. Ainsi, vous n’avez rien à y perdre, tout à y gagner. Rien ne vous empêchera de dire que je vous ai forcé à entreprendre cette guerre, que je vous ai manipulé. De plus, vous y gagnerez des richesses incommensurables : le Harondor est riche, et vous pourrez piller jusqu’à ne plus pouvoir transporter votre or.

De plus, quel meilleur moyen pour réinstaurer le prestige d’Umbar ? Aujourd’hui, peu de gens ont peur de nos corsaires : certes, les habitants des côtes craignent nos attaques, comme il se doit, mais les dirigeants ne voient en nous qu’une gêne pour le commerce, et ne nous craignent pas réellement. Il faut changer cela ! »


Taorin se resservit un verre de vin, puis reprit.

« Aidez-moi à renverser Radamanthe, et je vous offrirai tout ça, et plus encore. Car le Harondor possède des ports, qui pourraient devenir de nouveaux refuges pour nos navires, alors qu’aujourd’hui, tout navire corsaire est rejeté de ces havres. N’est-ce pas tentant ? » Taorin reposa ensuite son verre, et dit : « J’ai un plan, qui peut marcher. J’ai cependant besoin de votre soutien total ainsi que celui de la Cité. »

Le Chien Borgne se rassit, dissimulant tant bien que mal son anxiété et priant pour que ses pairs le suivent…


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Ryad Assad
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Ven 8 Juil 2011 - 12:26
Un mois plus tôt

*
**

Ma botte heurta un pavé mal agencé, et dont une bonne moitié dépassait du sol de pierre qui composait la route. Je trébuchai, et manquai m’étaler au milieu des passants. J’étais arrivé à Umbar. Une impression de dégoût et de fascination morbide m’avait prise alors que j’approchais des remparts de la puissante cité portuaire, bientôt remplacée par un sentiment d’agacement et de mal du pays. J’avais fait un long chemin depuis les terres de Khand, où j’étais en mission précédemment. On ne peut pas dire qu’ils étaient civilisés, mais j’avais déjà plus de repères que là...Je m’y trouvais pour du repérage, et de l’évaluation. Il s’agissait de calcul, d’analyse, et de comptabilisation. Rien de bien passionnant. J’avais accompli ma tâche, et avait rendu compte de mon étude à mon contact, qui m’avait alors chargé de filer vers Umbar, afin de m’y tenir au courant de ce qu’il s’y préparait. Il ne m’en avait pas dit beaucoup, mais j’avais eu l’impression que quelque chose d’important se tramait, et que la Couronne avait envie d’être informée de tout ça, afin de pouvoir réagir en conséquence. Toutefois, cela ne m’enchantait guère de me trouver dans une cité de pirates. Non pas que j’en aie eu peur, non. Après tout, j’étais un soldat de l’armée de Rhûn, qu’aucun soudard servant sur un quelconque navire ne pouvait égaler, que ce soit en esprit ou à l’épée. J’éprouvais un mépris profond pour ces êtres dépravés qui se traînaient le long des rues, à la recherche d’une petite pièce pour s’acheter quelque chose à manger, ou plus probablement quelque chose à boire.

J’avais fait le trajet depuis Khand à bord d’une caravane de voyageurs en tout genre. J’avais réussi à me faire accepter d’eux en proposant de chasser pour ne pas tirer sur les réserves bien maigres du groupe, de monter la garde lorsque nécessaire, et de participer à toutes les tâches du quotidien, en échange de la protection relative que leur conférait leur nombre et de la possibilité de voyager dans une charrette. J’avais mis deux fois moins de temps que prévu pour rallier la cité pirate, et je m’en félicitai. En outre, cela m’avait permis de l’observer attentivement, tandis que nous nous en approchions, et de me préparer mentalement au choc qui allait inévitablement survenir. Je ne fus pas déçu. L’ordre était un mot qui, semblait-il, avait été banni de la ville. Ils auraient été bien avisé de l’annoncer aux voyageurs de passage sur un panneau à l’entrée, afin que tout cela soit officiel. Mais je doutai qu’il y ait quoi que ce fut d’officiel dans cette maudite ville. Chacun semblait travailler pour soi, ou plutôt pour son supérieur direct. Tandis que notre petit groupe progressait à travers les rues de la ville, à la recherche d’une auberge où s’arrêter, je pus observer que les hommes marchaient rarement seuls. La plupart des marins - que j’identifiai comme tels à leur carrure, leur “uniforme”, et leurs manières grossières - se promenaient en petit groupes, et ils avaient l’air d’éviter soigneusement ceux qui n’appartenaient pas à leur navire. De loin, on avait l’impression qu’ils étaient décontractés et assurés, mais certains détails ne trompaient pas. Ils riaient fort, mais leurs yeux allaient d’un groupe de pirate à l’autre avec vivacité, comme s’ils s’attendaient en permanence à être agressés. Leurs mains n’étaient jamais loins de leurs armes, et semblaient toujours prêtes à dégainer, pour parer à toute éventualité. L’impression de malaise se renforçait lorsqu’un pirate plus important que les autres circulait dans les rues. Il était facile de repérer un capitaine, car cette sous-classe particulière de marins, bénéficiant a priori d’un cerveau plus développé que les autres et d’une profonde tendance à s’entourer d’une cohorte de colosses pour le moindre petit déplacement, semblait très attachée à son apparence. Ils se vêtaient en général de leurs plus beaux atours, et se promenaient dans les rues en arborant un air royal, voire même impérial pour certains. Les catins entouraient en général ces groupes là, leur lançant des oeillades provocantes, et sifflant sur leur passage, abreuvant le capitaine et ses hommes de compliments tous plus raffinés que les autres. Inutile de préciser que notre groupe sali par la poussière de la route ne bénéficiait pas d’autant d’attentions. Les voyageurs n’étaient pas connus pour transporter beaucoup d’argent sur eux, contrairement aux marins revenant triomphants de leurs expéditions violentes et sanglantes.

Je fis barrage de ma main entre une vieille femme prête à me vendre son corps contre une poignée de pièces et la bourse qui pendait à ma ceinture. Je vis ses yeux se braquer dessus comme ceux d’un vautour qui a localisé sa proie. Avec empressement, je dissimulai mon argent sous la large bande de tissu qui ceignait ma taille, provoquant une profonde déception chez la vieille femme, qui se désintéressa purement et simplement de moi, et qui déporta son attention sur un autre voyageur visiblement aussi désireux de partager sa couche que de brosser les dents d’un orque. Je réprimai un sourire à cette pensée, et m’empressai de remercier chaleureusement mes compagnons de route pour leur hospitalité, leur bienveillance à mon égard, et pour leur bonne humeur. Je n’avais pas envie de m’attarder auprès d’eux, plutôt pressé de commencer ma mission et de quitter cet endroit pour le moins mal famé. Je savais pertinemment que me promener seul dans les rues de cette sinistre cité pouvait se révéler dangereux, mais je n’avais pas plus envie de faire une entrée remarquée. La discrétion étant de mise, je ne pouvais pas me permettre de rester avec des gens qui attireraient immanquablement l’attention. J’attrapai mon sac de voyage, toujours posé sur la charrette, et je le hissai sur mon dos. Son poids familier me rappela les longues heures de marche que j’appréciais tant d’habitude, et qui m’avaient un peu manqué ces derniers temps. Je vérifiai que mon sabre était bien accroché à ma ceinture, puis m’enfonçai dans les ruelles bondées de la cité.

Je marchai pendant une deux bonnes heures, observant tout ce qui constituait le paysage de la cité, notant tout ce qui me paraissait étrange. Mes pas me conduisirent instinctivement vers les quais, endroit où j’étais certain d’en apprendre beaucoup sur les événements récents. Je remarquai quelques navires, essayai de me remémorer leurs noms, qui les commandait, et quelle était leur réputation. Les marins étaient en général assez bavards, et ils ne tarissaient pas d’éloges lorsqu’ils parlaient de leur capitaine et de leur navire. Aucun ne me demanda d’argent en contrepartie. J’en fus assez surpris, m’attendant déjà à devoir payer pour obtenir le moindre petit renseignement. Après avoir interrogé plusieurs personnes, je fis une pause, afin de mettre au point un dessin clair et précis de l’organisation de la cité. Je rassemblai les informations que j’avais recueillies auprès des passants, et celles dont je disposais déjà avant de venir, avant de mieux comprendre ce qui m’entourait. D’après ce que j’avais pu entendre, la cité était gouvernée par un conseil composé de capitaines pirates. Ils représentaient l’autorité suprême, ou ce qui s’en rapprochait le plus dans cet endroit chaotique. Je m’étonnai à peine que la ville fût sous le joug de plusieurs personnes, car il m’apparaissait tellement improbable que les malandrins de tous horizons qui se massaient dans cette fourmilière se réunissent sous une seule et même bannière que je ne pouvais concevoir qu’il en fût autrement. Je supposai également que, pour prendre une décision importante, il fallait que plusieurs seigneurs se rassemblent, voire même tous. C’était souvent ainsi que les choses fonctionnaient dans les états qui n’étaient pas dirigés par une unique personnalité charismatique. Je ne pus m’empêcher de sourire en pensant à quel point il devait être difficile de s’assurer le soutien d’une telle horde incontrôlable, alors qu’un seul mot du trône de Rhûn pouvait suffire à unir tout notre peuple. Revenant à mon souci premier - qui n’était pas d’établir des comparaisons entre ce système politique inefficace et inutile, et la manière dont était gouvernée ma terre natale -, je me permis de croire que tant que les seigneurs ne seraient pas tous rassemblés, il n’y aurait pas grand chose à espérer de cette cité désorganisée. Je me dirigeai donc vers le palais, la seule chose qui présentait un intérêt véritable, en quête de davantage d’informations.

Ainsi, je remontai les rues en marchant d’un pas soigneusement étudié : apparaissant ni trop pressé - pour ne pas alerter la garde, pour ne pas inquiéter les gens, et pour avoir le temps de repérer des détails importants -, ni trop lent - pour ne pas laisser aux gens le temps de me détailler, et remarquer quelque chose qu’ils ne devraient pas voir. Je croisai plusieurs boutiques, vendant des produits en tout genre, comme des esclaves. Ici aussi, visiblement, le commerce de la vie humaine était répandu. J’avais l’habitude de voir des marchés de la sorte, et je ne plaignais pas vraiment les gens qui se retrouvaient enfermés derrière ces barreaux. Ils l’avaient sans aucun doute bien mérité. En Rhûn, c’étaient essentiellement des prises de guerre : des ennemis qui n’avaient pas eu le cran de mourir en défendant leur territoire, et qui termineraient leur misérable existence en tant que serviteurs à temps plein. Les guerres tribales faisaient certes beaucoup de victimes, mais elles enrichissaient aussi et surtout les marchands d’esclaves. C’était un commerce comme un autre, et il me semblait presque logique de retrouver la même chose dans cette cité barbare, où le profit comptait davantage que l’honneur.

J’arrivai bientôt devant le palais, construction ancienne et imposante. Son architecture n’avait absolument rien à voir avec celle des bâtiments plus récents. Ce bâtiment avait été construit dans le style de ceux qu’on retrouvait en Gondor, ce qui témoignait d’un passé commun, même si des constructions dans ce style se faisaient rares, au pays de l’Arbre Blanc. D’ordinaire, j’aimais bien compter les fenêtres et les issues, essayer de noter combien de gardes on pouvait trouver aux entrées, et noter s’il y avait ou non des allées et venues de serviteurs. Mais cette fois, je choisis de faire une exception. Le palais était si majestueux qu’il aurait été aussi fastidieux de compter combien de passages il y avait que de compter combien de couloirs recelait le palais royal de Blankânimad. Quant aux gardes, on aurait dit qu’une compagnie entière s’était rassemblée là. Il y avait des hommes en armes à toutes les entrées, sur les balcons, derrière les fenêtres, patrouillant dans les couloirs. J’avais quelques fois été contraint de m’infiltrer dans un château, dans un manoir, ou bien dans une résidence. D’ordinaire, on y trouvait une poignée de gardes, qu’il était facile de détourner de soi. Déclencher un petit incendie à une entrée pour s’infiltrer par l’autre, ou demander à un gamin des rues de jeter des pierres sur la façade de l’édifice pour créer une diversion. Rien de bien difficile. Cela m’avait permis d’éliminer des gens opposés au trône de Rhûn dans la plus grande discrétion. Mais cette fois, même si je ne venais pas avec des intentions clairement hostiles, j’aurais eu bien du mal à trouver de quoi détourner l’attention d’autant d’hommes. A en juger par le nombre de gardes, il y soit une véritable menace qui planait sur les seigneurs de la ville, soit un véritable besoin de garder la population sous contrôle, en lui faisant une démonstration de force permanente, pour mieux la soumettre. Incapable de deviner quelle réponse était la bonne, je choisis de me focaliser sur ma mission.

Je notai que quelques serviteurs faisaient des allées et venues, et qu’ils semblaient plutôt bien portants. N’ayant pas véritablement envie de payer une chambre à l’auberge pendant une période indéterminée, au risque d’épuiser mes maigres ressources et de paraître suspect, je me dirigeai vers le palais. On trouvait toujours du travail dans ces endroits, à condition de savoir y faire. Je m’arrangeai pour rencontrer un cuisiner, qui s’occupait de nourrir le bataillon de soldat qui campait là en permanence, ainsi que les nobles qui logeaient dans les lieux, sans compter leur suite, leurs gardes personnels, les valets, les marmitons eux-mêmes, et tous ceux qui étaient chargés de maintenir le palais en état de marche. Il y avait effectivement du travail à prendre, mais ce n’était pas le plus simple. Je n’étais pas très doué pour la lessive, ou pour la cuisine, ni même pour le service, mais j’aurais cent fois préféré travailler là dedans plutôt que de passer deux semaines entières à nettoyer les commodités. J’avais la délicate mission de débarrasser le fruit de la digestion de plusieurs centaines de personnes, ce qui me laissa souillé et honteux. J’aurais continué encore, si l’impatience ne m’avait pas gagnée. Usant d’un poison que j’avais sous la main, j’empoisonnai un repas préparé par le chef. La marmite était si grande que diluée, la toxine ne se révélerait pas mortelle. Toutefois, elle rendrait malade une bonne partie des servants, sous couvert d’une intoxication alimentaire. Le lendemain matin, plusieurs dizaines de personnes se plaignaient de douleurs au ventre, le chef cuisinier avait été sévèrement réprimé, et j’avais changé de travail. Tout le monde s’en tirait plutôt bien. On me nomma serviteur. Bien que je n’appréciât guère le titre, je savais que c’était là un excellent moyen de me tenir au courant de tout ce qui se tramait dans le palais. Deux semaines et demi plus tard, j’eus enfin le bonheur de voir que je n’avais pas fait tout cela pour rien.

En effet, on avait annoncé le retour d’un des seigneurs pirates, qui avait invité - ou convoqué, question de point de vue - tous les autres seigneurs à un repas qu’il organisait le jour même de son arrivée. Il semblait porteur d’une grande nouvelle, qu’il ne pouvait pas attendre avant de partager. J’en fus ravi. Cela m’éviterait d’avoir à trouver une raison pour faire le service ce soir là. En effet, un dîner à l’improviste, cela signifiait davantage de travail pour les cuisines, et tous ceux qui y étaient liés. Ainsi, je devançai mes compagnons fatigués par une dure journée de travail en me proposant pour mettre en place la table, et pour assurer le service au cours de la soirée. Le patron me jeta un coup d’oeil entendu, comprenant bien que cela me permettrait de gagner davantage d’argent. Je m’étais fait passer pour un travailler prêt à tout pour obtenir quelques pièces, et je jouai parfaitement mon rôle. C’est ainsi que je me retrouvai là, ce soir là, à observer les seigneurs pirates d’Umbar.

*
**

Discrètement installé dans un coin de la pièce, je me trouvai là où mon poste me commandait d’être. A un endroit d’où je pouvais répondre aux besoins des seigneurs, tout en étant assez loin pour ne pas les gêner. Je me permis de les observer attentivement, profitant des présentations que fit une jeune femme en entrant dans la pièce. Au vu de la déférence avec laquelle elle parlait, elle n’appartenait sans doute pas au clan très fermé des seigneurs pirates, même si elle ne semblait pas les déranger. J’appris par la suite qu’elle avait un rôle correspondant à celui de conseillère, ce qui expliquait sa présence parmi les puissants. Sur le commandement d’un des seigneurs, je m’empressai de rajouter un couvert à la table, afin qu’elle puisse prendre part au repas. Ce faisant, je restai attentif à ses paroles. Elle salua tous ceux qui se trouvaient là à son arrivée, ce qui me permit de les reconnaître : Taorin, dont j’avais entendu parler, et qui était à l’origine de ce repas. Il affichait un air parfaitement décontracté, saluant tour à tour tous les membres présents, en dardant sur eux son oeil unique, l’autre ayant probablement été emporté à la guerre. Il y avait aussi Yse - une femme, ce qui était assez surprenant pour être souligné - et Reznor, deux personnages qui semblaient bien plus proches l’un de l’autre que les autres. Ils étaient arrivés en avance, parlant entre eux comme des conspirateurs, sans même me remarquer, moi qui me tenait à l’autre bout de la pièce. Et pourtant, j’étais venu leur servir à boire. Un autre homme se tenait là : le capitaine Vadrin qui, d’après ses dires, était un allié du seigneur Taorin. Ils conversèrent tranquillement, en rivalisant de courtoisie, tandis qu’ils s’analysaient avec curiosité. Mais à l’évidence, le centre de leurs pensées était ce Taorin, qui n’était alors pas arrivé. Son apparition avait suscité un changement d’atmosphère soudain, et tout le monde s’était tombé dans les bras, heureux de se retrouver après tant d’années de séparation. Ils prirent des nouvelles les uns des autres, échangeant des banalités comme s’ils étaient autre chose que des pirates motivés par l’appât du gain et la perspective d’accroître leur pouvoir. Parmi eux, un nouveau seigneur avait fait son apparition. Riordan - comme il s’appelait - avait fait son entrée aux côtés de l’auteur de l’invitation, ce qui montrait qu’ils avaient eu une conversation avant. Visiblement, ces deux là avaient des choses à traiter en privé, qui ne concernaient pas les autres seigneurs.

Enfin, trois autres membres de la caste dirigeante firent leur apparition : un certain Sardanapale, un homme étrange en apparence, habillé avec sobriété, par contraste avec ses camarades, ce qui n’enlevait rien à sa prestance. Il salua les autres membres présents, et s’effaça pour laisser passer le seigneur Rice, un jeune pâlot que beaucoup - dont moi - auraient eu du mal à imaginer à la tête d’un navire pirate, et un certain Kabuchek, qui se présentait comme un prétendant au titre de seigneur pirate, au motif qu’il était le cousin du seigneur Lâhan, qui venait apparemment de mourir. J’appris par la suite que les autres seigneurs étaient malades et absents, et que le dîner allait commencer sans eux. Mais, n’étant pas venu là pour avoir l’immense honneur de rencontrer des personnalités, je ne m’en formalisai guère, et restai attentif à la moindre information. Je m’occupai de la coordination du service, aussi fis-je entrer d’un signe de la main les serviteurs qui apportaient les plats. En les voyant arriver, le seigneur Taorin invita ses compagnons à prendre place à table, avant d’ordonner aux domestiques de commencer leur chorégraphie complexe par laquelle ils offraient le meilleur repas de la cité aux personnages les plus prestigieux. Je restai en retrait, parfaitement dans mon rôle, tout en regardant la porte se refermer derrière le dernier serviteur. Ma présence ne dérangeait nullement. J’étais aussi remarquable qu’un candélabre ou que la sculpture d’un des pieds de la longue table, si bien que Taorin prit la parole sans vraiment se soucier de ce qu’il allait dire...pour mon plus grand plaisir.

Le charisme de cet homme était fantastique, et je ne doutai pas un seul instant qu’il était capable de mener ses hommes dans la tourmente de la bataille en les convainquant qu’ils allaient remporter la victoire. Toutefois, j’ignorais si son discours enflammé et si ton persuasif allaient suffire à rallier à lui les seigneurs pirates, qui écoutaient attentivement ses dires. A dire vrai, ses arguments étaient logiques, en plus d’être séduisants. Il parlaient de richesse, et de puissance - ce qui ne manquerait sans doute pas d’attiser l’intérêt de ces pirates avides et violents -, ainsi que de la perspective de gêner le Gondor et ses sbires - ce qui me tira un sourire discret. Lorsque Taorin eut fini de parler, je dardai sur lui mon regard. Je ne savais pas quelle allait être la décision des pirates, mais je savais que cet homme pouvait atteindre le Gondor, et le blesser. Si par mon aide, il pouvait y arriver, tant qu’il aurait comme objectif de tuer ces hommes de l’Ouest, il pourrait bénéficier de mon soutien.


Membre des Orange Brothers aka The Bad Cop

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Derkos Vardrin
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- -:

Ven 8 Juil 2011 - 16:18
Le doux ballet d'arrivés s'éternisait trop pour le Capitaine du Pourfendeur, tous les Seigneurs semblaient vouloir rivaliser et arriver en retard paraissait presque être leur sport et art favori. Si arriver en retard suffisait pour être un des Neuf, Derkos était prêt à postuler dans l'instant. Mais ces hommes dégageaient une vraie aura de puissance et Vardrin n'était pas sûr que sa chemise en lin et son pantalon de toile marron en dégageaient autant.

Tandis qu'il était en plein conflit intérieur pour savoir s'il pourrait faire un bon Seigneur, Derkos vit que l'on passait à table et s'assit lui même à la place qu'on lui indiquait. Alors qu'il allait attaquer son vin, Taorin se leva et commença son petit discours de bienvenue, on allait enfin savoir pourquoi on était venu ! Tendant l'oreille, le Capitaine du Pourfendeur était bien décidé à ne pas perdre une seule miette de ce discours.


***


Envahir le Harondor et mettre à bas l'Arbre Blanc ! Tel était le modeste souhait qu'avait émis Taorin et l'annonce de ce plan avait remué la salle c'était le moins de le dire, la plupart des convives invités pour le dîner avait les yeux ouverts par la surprise et des rictus moqueurs apparaissaient sur la face buriné de certains des Seigneurs.
Derkos lui même ne put s'empêcher de sourire devant l'aplomb donc faisait preuve le Chien Borgne. Si un seul des hommes présents dans la salle décidait de jouer les agents double avec le Gondor, s'en était fini du Seigneur à l’œil unique.

Mais ce dernier avait su se montrer très convaincant et nul doute que, même si tous ne se joindraient pas à lui, nombreux seraient les Capitaines et Seigneurs à sauter sur l'occasion, l'argent facile avait tendance à appâter les vautours et autres charognards en tout genre.

Vardrin, placé en bout de table à cause de son faible grade dans la hiérarchie oligarchique qui régnait - si un tel mot pouvait être employé - sur les Havres d'Umbar, pouvait embraser toute la tablée de son regard bleu acier. Des traitres, il n'en voyait pas, des alliés à la cause utopique de Taorin, il n'en savait rien pour le moment. Mais toujours était il que se joindre à cette expédition exaltait par avance les sens du Capitaine qui attendait depuis trop longtemps une occasion de se distinguer parmi ses pairs.

Levant son verre en même temps que son corps, le Capitaine prit la parole. Après tout, il était annoncé comme l'allié de Taorin, autant assumer son rôle :

"Voilà de grandes ambitions pour un tout aussi grand homme. Je vous ai accordé mon bâtiment et mes hommes et je vous assure qu'ils vont accompagneront aux portes même de la Cité Blanche s'il le faut ! Ces chiens de l'Ouest se sont moqués de nous depuis trop longtemps, il est temps de leur faire mordre la poussière ! Il brandit alors son verre, voulant célébrer un toast comme il se doit, pour Taorin et à la réussite de son entreprise !"

Il but alors son verre de vin d'un seul trait, il avait montré qu'il était avec Taorin, restait à voir si les autres seraient du même avis que lui. Il était aisé de se faire des ennemis lorsqu'on affichait ses affiliations au grand jour.

Apostrophant un domestique qui trainait dans la grande salle - le seul qui restait d'ailleurs - Derkos lui commanda d'aller lui chercher une ou deux bouteilles de vin dans les caves du Palais, une petite chose lui disait qu'ils en auraient besoin. Il est parfois plus aisé de se battre à coup de boissons qu'avec des sabres.

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Eltaria
Conseillère à Umbar
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~ GRIMOIRE ~
- -: Haradrims
- -: 28 ans
- -:

Ven 8 Juil 2011 - 23:36
Mettre à bas l'arbre blanc ?! Eltaria failli s'étouffer en buvant son verre de vin Tous les seigneurs se regarder d'un air inquiet et tous craignait qu'un traître se cache ici ... Eltaria fut la première soupçonnée mais vite écarté . Bon Taorin s'en va pendant plus de cinq ans et quand il revient il veut jeté Radamanthe hors de son trône ... Cela ne faisait que 3 ans qu'elle était conseillère et déjà elle allait participé à un coup d'état . Eltaria prit la parole :

- Seigneurs Taorin , êtes vous sérieux dans vos paroles ? Ne voyait vous pas que même vous n'avait pas d'armes et l'argent ne coule pas à flots dans les ruisseau des havres d'Umbar . Si vous aviez encore un peu de bon sens vous feriez attendre ce projet quand vos affaires de trésoreries serait réglé et bien réglé .

Tous les seigneurs et capitaines l'a regardèrent d'un regard lourds et elle savait que elle simple conseillère n'aurait pas dut s'élever devant le seigneur borgne . Mais l'à colère fut la plus forte , déjà énervé par la façons que Taorin l'avait esquivé à la suite de ses informations pour laquelle elle était venu et maintenant il veut attaqué le gondor et le harondor sans un sou en poche ! Et juste avant que Taorin reprennent la parole elle émit un petit " Oups " .


Dernière édition par Eltaria le Lun 25 Juil 2011 - 13:16, édité 1 fois
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Reznor
Seigneur Pirate
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Nombre de messages : 144
Localisation : Là où le vent me porte...

~ GRIMOIRE ~
- -: Homme peu recommandable
- -: Une petite quarantaine d'années
- -:

Sam 9 Juil 2011 - 23:43
Enfin les autres Seigneurs arrivaient. D'abord Sardanapale, ce terrible guerrier. Reznor avait quelques affinités avec ce dernier. Il paraissait un peu cinglé par moments lorsque le combat se déchaînait, et c'était une qualité que Reznor tenait en très haute estime, être un peu fou. Il S'étonne cependant qu'il reste quelque peu à l’écart des autres. Ensuite le jeune Rice, et à son propos les apparences pouvaient souvent être trompeuses. Enfin, un inconnu, que Reznor suivit du regard dès le moment où il passa les portes de la salle, bien que son corps resta immobile. Le Capitaine supposa qu'il s'agissait du remplaçant de Lâhan, supposition qui se révéla exacte dès que l'étranger pris la parole. Reznor nota avec amusement que ce dernier se présentait avec humilité devant eux. Eh bien, l'humilité était assez bien cachée, lui semblait-il. L'homme lui rappelait Riordan, qui avait toujours davantage l'allure d'un noble que d'un pirate. Mais Riordan était un capitaine respecté et d'une grande richesse, aussi lui pardonnait-in ses manières d'aristocrate. Tandis que celui-ci, eh bien, il n'en avait jamais entendu parler. Deplus Il se considérait déjà comme Seigneur Pirate, si ils étaient au complet pour le dîner, et Reznor nota avec intérêt qu'il considérait Taorin comme son ami. Cette familiarité le fit rire sous cape, mais il se dit peu après que les deux capitaines se connaissaient peut-être en fait. Peu importait, la mort d'un Seigneur était un évènement assez inhabituel pour ne pas tenter d'en profiter, et il avait une interrogation que Kabuchek n'avait pas éclairci dans sa présentation, et il allait s'empresser de la poser.

Mais Taorin parla alors, comme l'autre l'avait invité à faire, et ses paroles furent troublantes et inattendues qu'elles refoulèrent sa volonté de chercher des noises à Kabuchek loin dans ses pensées, comme la tempête rejettent sur les récifs les bateaux qu'elle a pris pour jouets. Renverser le trône de Harondor ? Reznor faillit recracher la gorgée de cet excellent vin qu'il avait en bouche et s'empressa de l'avaler d'un trait pour éviter de reproduire pareil risques au cas où son camarade allait annoncer également son intention d'envahir les demeures souterraines des nains ou quelque chose du même style. Il n'avait à vrai dire jamais songé à ça et, même si les légendes vantaient la richesse incroyable des nains, rien que de prendre l'Harondor lui paraissait une idée folle. Cependant, un rictus envahit bientôt son visage, car chacun sait que nombreux sont ceux à qui il a déjà été rapporté qu'on dit que Reznor n'a pas toute sa tête, et qu'il a un penchant pour les choses bizarres. Mais c'est à ce moment que le capitaine Vardrin parla.

Eh bien, au moins Taorin avait un allié sur qui compter. Dommage pour lui qu'il ne s'agisse que du moins puissant des capitaines présents mais bon, c'était tout de même ça de pris. Reznor leva son verre lui aussi lorsque Derkos porta son toast en honneur de son allié et le porta à ses lèvres ... pour n'en boire qu'une petite gorgée. Il avait soif tout simplement, et aucun toast au monde ne l'empêcherait de boire quand il en aurait envie, même s'il ne comptait pas trinquer à la santé de quelqu'un. Il était Seigneur Pirate tout de même et ses gens là boivent quand ils veulent, sinon on pourrait difficilement les considérer comme les seigneurs des pirates.

"Eh bien, ton hommage était presque aussi éloquent que le plan de ton allié, capitaine Vardrin ! C'est une idée intéressante mon ami, même s'il me faudra atteindre demain matin voir si je me réveille avec une sale gueule de bois ou pas pour être sûr si tu as vraiment proposé cela. Mais tout de même, j'ai quelques réserves... L'Harondor est l'allié du Gondor et vice versa depuis l'époque du père Duzingi, non ? Vous savez que j'ai plus d'affinités avec le Gondor que la plupart d'entre vous, mais bon passons, les coups dans le dos, je ne suis pas contre.. encore faut-il que ça en vaille la peine... Le Gondor n'est-il pas un trop gros morceau ? Radamanthe a été intendant, je pense, et il a sans doute encore des contacts... Mais je souris d'avance d'entendre ton fameux plan. Comptes-tu envahir l'Harondor ?"

Tout ne parlant, Reznor tentait de trouver le regard d'Yse. Plus que ça, il semblait vouloir lui transmettre ses pensées une fois qu'il l'eut capté. Cela était bien sûr impossible mais il espérait que sa camarade conspiratrice avait la même idée que lui... Car venait de trouver une belle utilité qu'un tel conflit pourrait avoir.
D'autre part l'intervention de la conseillère Eltaria lui donnait l'occasion de placer la question qui lui était venu à l'esprit tout à l'heure. Mais Reznor préférait attendre. Attendre que les autres Seigneurs expriment leur position. Attendre que Taorin éclaircisse la situation. Après il verrait bien s'il devait abattre ses cartes...



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Sirion Ibn-Lahad
Pair du Royaume d'Arnor - Surnommé le Fantôme
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Dim 17 Juil 2011 - 19:26
Cela en devenait trop facile. Ce petit Seigneur allait faire le ménage pour eux, sans qu'ils aient à se salir les mains, économisant leurs forces et leurs hommes. Tout se passait encore mieux qu'il l'espérait ! De la part du Chien Borgne, il n'en attendait pas tant ! Il espérait désormais que ses alliés interviennent comme il était entendu, durant cette réunion. Lorsqu'il sentit un regard lourd se poser sur sa personne...

***


Sardanapale resta de marbre pendant le discours de son compatriote. Pourtant son esprit bouillonnait et réfléchissait à grande allure. Il se caressa les moustaches tout en observant le capitaine Vardrin, Eltaria puis Reznor prendre la parole chacun leur tour. Le capitaine semblait jeune et avide de sang et de fortune... comme eux tous par le passé, se dit-il. Allait-il suivre tête baissée ? Puis le regard excentrique du pirate traversa l'assemblée pour s'arrêter sur Riordan. Ce bon vieux Riordan... Il semblait préparer quelque chose. Sardanapale et Kabuchek étaient surveillés par le Seigneur pirate depuis quelques temps déjà. Il ne comptait pas les laisser intervenir dans ses plans. Cet homme avait de puissants appuis.


À la suite du capitaine Reznor, le jeune Rice se leva et frappa du point sur la table, la détermination pouvait se lire sur son visage pâle.

"Le Harondor devra se plier ou brûler ! Taorin a raison, nous ne pouvons pas attendre que l'Emir ouvre officiellement ses frontières au Gondor ! Nous devons agir !"

Le Seigneur se rassit aussitôt, fort de son court monologue, affichant clairement sa position. Un regard furtif de Riordan passa sur Rice puis sur chacun des autres convives en s'arrêtant finalement sur Sardanapale. L'on aurait pu presque discerner la foudre entre les deux hommes tant leurs regards semblaient meurtriers.

Sardanapale avait regardé Rice hurler sa ferveur avec un sourire en coin. Leur plan semblait bien monté et nul ne paraissait en mesure de le contrecarrer. Sauf lui et son ami Kabuchek.

"Si nous attaquons le Harondor, nous devrons le faire pour les bonnes raisons." lança le pirate à la moustache bien taillée.

Le Seigneur excentrique se leva alors pour continuer dans sa prise de parole :

"Si nous partons en guerre au Nord, nous devons être sûrs qu'aucun de nos "alliés" ne nous trahisse et nous plante un couteau dans le dos et servir ses propres intérêts."

Son regard traversa rapidement l'assemblée, s'arrêtant un instant sur Vardrin et surtout sur Riordan. Il regarda ensuite le Chien Borgne, qui -il le savait- était l'homme à convaincre et sans doute le plus puissant militairement, fort de ses Chiens.

"On raconte qu'un Ordre mystérieux s'en est pris au Gondor et à leurs alliés, enlevant un héritier et tuant de nombreux gens. Un complot semble s'être mis en place contre de nombreux royaumes... l'Umbar est le plus puissant sur les mers et... indépendant. Nous pourrions être une cible de choix pour cette organisation dont on sait si peu de choses. Mais peut-être ici certains en savent-ils davantage ?"

En somme, Sardanapale conseillait de surveiller leurs propres frontières avant d'aller attaquer celles des autres. Ce n'était pas idiot mais il y en aurait toujours pour trouver quelque chose de louche, là-dessous.

Le Capitaine Kabuchek, quant à lui, resta silencieux, attendant encore avant de se prononcer. Rice se mordillait les lèvres et Riordan se gratta l'arrière du crâne. Le silence s'installait...




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Taorin
Capitaine des Chiens du Désert
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Dim 24 Juil 2011 - 20:11
Le Chien Borgne sirotait son verre de vin en écoutant les diverses prises de paroles. Lorsque le capitaine Vardrin se leva et prit la parole, le capitaine des Chiens du Désert sourit : il n’était peut-être pas connu des Neufs, mais il restait un capitaine, et son soutien serait sans doute utile. Lorsque le capitaine du Pourfendeur leva son verre pour porter un toast, Taorin le salua d’un hochement de tête avant de finir son verre d’une traite. Le jeune pirate se rassit ensuite, non sans avoir commandé de nouvelles bouteilles, cédant ainsi la parole à cette mystérieuse jeune femme, cette conseillère qu’Ezhel avait engagée plusieurs années auparavant : elle évoqua les problèmes financiers de l’entreprise.

Eltaria se rasseyait à peine que Reznor prit la parole. Premier des Neufs à s’exprimer sur le sujet, le capitaine du célèbre Requiem avait, comme tous, failli s’étouffer avec son vin en entendant la nouvelle. Le Chien Borgne le laissa parler sans l’interrompre, écoutant attentivement la moindre de ses paroles, mais ne répondit pas immédiatement après qu’il eut terminé : les autres Seigneurs Pirates devaient eux aussi prendre la parole.

Rice se leva et exprima son enthousiasme. Parfait, un deuxième allié. Sardanapale se leva ensuite, et évoqua l’éventuelle présence de traitres. Parlait-il de Riordan ? Les deux capitaines semblaient se méfier l’un de l’autre : Riordan ne l’avait-il pas accusé de formenter un coup d’état peu de temps avant ce repas ?

Le silence s’installa suite à la prise de Sardanapale : visiblement, Yse, Riordan et Kabuchek attendaient avant de se prononcer. Mais qui rallierait-il la cause de Taorin ? Yse suivrait sans doute Reznor, qui restait neutre pour l’instant. Sardanapale et Kabuchek iraient sans doute de pair dans cette affaire, mais camperaient-ils sur la position du capitaine au manteau sombre ? Et Riordan ? Il n’avait pas encore prit la parole, mais Taorin comptait sur son soutien.

Le Chien Borgne, sentant les regards se poser sur lui, se leva, posant son verre à moitié vide avant de repousser sa chaise. Il scruta ses auditeurs, la pièce, et remarqua que le serviteur était revenu, porteur de trois bouteilles de rouge gondorien.

« Merci, capitaines Vardrin et Rice, pour votre soutien. » dit le Chien Borgne en se tournant vers ses deux alliés, puis, se tournant vers Eltaria, il continua. « Madame, je comprends votre inquiétude concernant les finances de la Cité, mais cette opération pourrait rapporter une fortune immense : une armée en campagne ne se contente pas que de se battre, mais pille aussi, et amasse ainsi des milliers d’objets de valeurs. Il ne faut donc pas s’inquiéter à ce sujet. » Taorin se tourna ensuite vers Reznor. « Mon ami, nous attaquer au Gondor directement serait du suicide, mais nous ne nous attaquerons à un Etat indépendant, dont les liens avec le Gondor, bien qu’amicaux, ne suffiront peut-être pas à entrainer une mobilisation des armées de l’Arbre Blanc. Et oui, je compte bien envahir l’Harondor, et, ne t’en fais pas, la tâche n’est pas aussi impossible qu’il n’y parait. Mais le plan d’action n’est pas encore important : il nous faut d’abord décider si nous irons dans ce sens, ou pas. » Taorin s’interrompit, prit une gorgée de vin, puis s’adressa à Sardanapale. « Camarade, l’infiltration d’une telle organisation au cœur de la Cité du Destin est en effet à craindre, mais, en l’absence d’informations précises à son sujet, nous ne pouvons agir. De plus, quoi de mieux qu’une invasion de l’Harondor pour les pousser à se découvrir, et les éliminer ainsi ? » Le Chien Borgne était conscient des risques en parlant ainsi : peut-être une des personne présente était-elle membre de cet Ordre mystérieux. Mais, si tel était le cas, ils sauraient qu’ils leur faudraient affronter un adversaire prêt et résolu…


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Capitaine des Chiens du Désert et Seigneur (Pirate) d'Umbar.
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Ryad Assad
Espion de Rhûn - Vicieux à ses heures perdues
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- -: Humain
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Dim 24 Juil 2011 - 23:00
J’inclinai la tête avec servilité, et m’empressai de tourner les talons, et de m’éclipser de la pièce aussi discrètement que possible. J’avais déjà été congédié par le passé : par mes supérieurs hiérarchiques, qui avaient fini de me transmettre un ordre particulier. Je savais que dans ces cas là, il valait mieux se montrer affable, plutôt que de se faire remarquer. Je me demandai toutefois si ce Vardrin, qui n’était même pas un Seigneur Pirate, avait fait exprès de me faire quitter la pièce au moment crucial, ou s’il s’était simplement dit que les bouteilles déjà présentes sur la table ne suffiraient pas à enivrer toute cette horde de bandits. N’étant pas en mesure de trouver la réponse à cette interrogation, je me dépêchai d’envoyer un des serviteurs qui se trouvait dans une pièce attenante récupérer de quoi les divertir. Il s’empressa de filer chercher un vin raffiné qui saurait s’allier parfaitement avec le repas qui avait été servi. Je n’étais pas un expert sommelier, et j’avais besoin des compétences des serviteurs habituels. En attendant que l’homme revienne, j’écoutai tranquillement les bavardages autour de moi. A l’évidence, une telle réunion de pirates n’était pas chose normale, et je notai d’ailleurs la présence de plusieurs gardes à l’intérieur de la pièce où nous nous trouvions. Aucun intrus armé ne devait pouvoir rentrer et commettre un meurtre...pas même les domestiques. Les bouteilles arrivèrent bientôt. Il y en avait trois : de quoi rassurer les puissants de cette cité, et leur assurer une soirée festive.

J’ouvris la porte discrètement, et pénétrai dans la salle de réception dont l’air était embaumé par la bonne odeur de la nourriture. Deux serviteurs m’emboîtèrent le pas, chacun porteur d’une bouteille de vin rouge du Gondor. Nous nous séparâmes en marchant à une vitesse soigneusement étudiée, et nous commençâmes à servir les boissons. Je fis en sorte de regarder loin devant moi, afin de ne croiser aucun regard, et de ne pas baisser la tête comme un conspirateur. Façon adroite de paraître distingué sans être offensant, à la hauteur de la situation sans être aussi royal que les capitaines. Je remplis le verre de Yse et Reznor, laissant à mes compagnons le soin de contenter les autres invités, et profitant de cette proximité pour grappiller quelques détails au passage. Tandis que nous opérions, le Seigneur Taorin était debout, toujours en train de tenter de convaincre les autres convives que son plan était réalisable, et qu’il leur apporterait fortune et pouvoir. Je notai que toutes les personnes présentes étaient extrêmement attentives. Même sans les regarder directement, il n’y avait qu’à faire attention à leur respiration. Elle était profonde et lente, comme s’ils ne voulaient pas perdre une miette du discours. Mais je me doutais bien que c’était aussi une manière de réfléchir à toutes ces informations, afin d’analyser toutes les implications de la décision d’attaquer Harondor.

Je déposai la bouteille entamée sur la table, me redressai sans me presser, et m’éloignai en compagnie des deux autres serviteurs. Ces derniers quittèrent la pièce, et je refermai la porte derrière eux, avant de reprendre ma place. Je n’avais pas prononcé un seul mot. Il valait mieux que j’évite cela, car je préférais rester aussi discret que possible. Mon accent ne manquerait pas de m’identifier comme une personne étrangère, ce qui pouvait soulever des questions et des problèmes. Grâce au discours de Taorin, je pus apprendre que déjà deux Seigneurs lui avaient apporté son soutien : Vardrin et Rice. De toute évidence, ces deux là étaient convaincus par les arguments financiers, et ils étaient prêts à engager toute leur influence pour faire du profit. La conseillère avait visiblement soulevé un problème de trésorerie, que l’éloquence de Taorin balaya d’un revers de main. Comment ne pas y avoir pensé ? Les pirates n’agiraient pas avec une armée régulière, disciplinée et ordonnée - comme en Rhûn -, mais avec une horde barbare motivée par l’appât du gain. Des hommes qui n’hésiteraient pas à dévorer des richesses des pays sur lequel ils marcheraient. Parmi toutes les histoires que j’ai entendues à propos des pirates, aucune ne mentionne leur capacité d’épargne, et leur souci d’économie. Ce sont des gens dépensiers à outrance, qui, lorsqu’ils voient leur richesse décliner, s’emparent de celle de leur voisin. Puis Taorin, concernant visiblement que la réponse était satisfaisante, se tourna vers un autre seigneur : Reznor. Il lui expliqua - pour mon plus grand déplaisir - qu’une attaque directe sur le Gondor était impensable. Il s’agissait simplement de défaire un de ses alliés plus ou moins proche. De mon côté, je voyais plutôt cela comme un moyen particulièrement intéressant d’affaiblir le royaume de l’Arbre Blanc qui, privé de cet allié d’importance, ne serait pas une menace pour le trône de Rhûn. Saboter leur puissance avant qu’ils ne se rendent compte de leurs capacités me paraissait être une excellente idée. Ensuite, Taorin se débrouilla pour mettre un peu la pression sur ceux qui ne s’étaient pas encore décidé. Il ne révélerait rien de son plan d’action, tant qu’il n’aurait pas davantage de soutien. J’enrageai intérieurement, attendant avec plus ou moins d’impatience que ces pirates arrêtent de tergiverser pour la forme, et déclarent enfin qu’ils étaient prêts à suivre leur hôte.

Alors que j’étais concentré sur la guerre, et les éventuelles difficultés à venir, Taorin répondit au seigneur Sardanapale, qui avait visiblement soulevé un point qui n’avait pas vraiment de rapport direct avec Harondor. Il était question d’une organisation, d’une infiltration dans la cité, qui serait en mesure de renverser le pouvoir en place. De quoi inquiéter des gens comme les pirates, accrochés à leur pouvoir et à leur argent comme un glouton à son repas. Toutefois, il était étrange de penser qu’un ordre assez secret pour que les seigneur de la cité ne disposent d’aucune information à son sujet, puisse avoir assez de pouvoir pour détrôner les puissants seigneurs pirates. Il était évident que ces personnages qui, rassemblés dans cette salle avaient l’air de dandys, étaient en réalité à la tête de plusieurs dizaines de combattants. Je ne dirai pas soldats, car ce serait insultant pour toutes les armées régulières, mais il y avait fort à parier que les membres de ces équipages soient de redoutables bretteurs, qui ne laisseraient pas leurs supérieurs perdre leur place de choix. Il y a une certaine hiérarchie chez les pirates, qui implique que si le capitaine est faible, tous ceux qui servent sous ses ordres sont faibles. La cupidité individuelle devrait pousser chaque homme fidèle à servir son capitaine par tous les moyens possibles et imaginables. Pour prendre une cité toute entière, il fallait être nombreux, avoir des hommes fidèles, et une grande coordination. Seule une armée régulière pouvait rassembler toutes ces qualités, par un entraînement constant. Des pirates pouvaient être nombreux, parfois fidèles, mais pouvaient manquer de coordination - à moins que les capitaines se mettent parfaitement d’accord. Des mercenaires pouvaient se montrer fidèles, et avoir une grande coordination, mais ils étaient peut-être encore plus cupides que les pirates, si bien qu’ils ne pouvaient pas être assez nombreux, à moins que le trésor soit à la hauteur de leurs espérances. Mais qui courrait à la mort pour conquérir une cité comme Umbar, lieu de dépravation et de désolation ?

Je n’avais pas de réponses à toutes mes questions. Il me faudrait attendre encore. Il me faudrait écouter encore, et il me faudrait espionner encore. Mais j’avais la certitude d’avoir mis le doigt sur quelque chose qui pourrait avoir des conséquences inimaginables. De quoi mériter mon salaire.


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Eltaria
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Lun 25 Juil 2011 - 13:53
Madame, je comprends votre inquiétude concernant les finances de la Cité, mais cette opération pourrait rapporter une fortune immense : une armée en campagne ne se contente pas que de se battre, mais pille aussi, et amasse ainsi des milliers d’objets de valeurs. Il ne faut donc pas s’inquiéter à ce sujet.

Eh bien , cela aller de pis en pis surtout pour Eltaria qui commençait vraiment à se demander ce qu'elle faisait la ! Pendant que les seigneurs discuté entre eux sur leur " plan " pour envahir le Harondor , Eltaria partit voir les serviteurs , un était beaucoup plus attentif que les autres sur la conversation des seigneurs :

Bien le bonjour , comment t'appelle tu ? Je me nomme Eltaria et je suis la conseillère de Taorin , enfin si je puis dire cela ! Tu m'a l'air bien attentif à la conversation ... est-ce normal ?
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Ryad Assad
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Mar 26 Juil 2011 - 19:54
Je n’avais pas immédiatement compris quelle menace pouvait représenter cette jeune femme qui tenait le rôle de conseillère auprès de Taorin. Quelle erreur de ma part ! On m’avait souvent dit de me méfier des apparences. Je n’avais vu en cette Eltaria qu’une jeune femme tranquille et douce, simplement là pour rappeler à son seigneur l’état de ses finances. Mais en vérité, j’avais fait fausse route depuis le début. Comment un seigneur pirate assez fou pour essayer de rallier à lui les autres dirigeants d’Umbar, afin de les mener dans une guerre contre Harondor pouvait-il s’entourer de gens incapables ? Il avait bien choisi en la personne d’Eltaria, et la voilà qui commençait à me poser des problèmes. Elle s’était levée tranquillement, et avait marché droit vers moi, comme si elle avait eu l’intention de me demander une faveur. Je m’étais d’abord étonné de ce comportement. Le capitaine Vardrin n’avait pas pris la peine de se lever pour me commander, et il m’avait envoyé chercher de la boisson tout en restant sur son séant. En la voyant s’approcher, j’avais tout d’abord cru qu’elle ne voulait pas hausser la voix pendant le discours de Taorin. Puis je m’étais demandé pourquoi elle continuait à approcher. Cassant ainsi la distance, elle envoyait des messages qui ne trompaient pas. Elle n’était pas simplement là pour me demander quand arriverait le dessert. La peste l’emporte, elle allait attirer l’attention sur moi !

Je m’inclinai du buste, comme l’exigeait le protocole, et la devançai d’un “Madame ?” qui l’invitait à faire part de ses doléances. Nous étions approximativement de la même taille, et je ne pouvais pas échapper à son regard vif, qui semblait beaucoup moins disposé à la patience que son ton affable ne le laissait suggérer. Elle me demanda tout d’abord comment je m’appelait. Approche étrange. Voulait-elle me tester ? Je n’eus pas besoin de faire un effort pour trouver la réponse :

- Salem, madame. Puis-je fairre quelque chose pourr vous ?

Foutu accent ! J’avais beau avoir voyagé et parlé leur langue pendant un long moment, je n’arrivais pas à me débarrasser des restes de ma culture. Ces “r” traînants ne manqueraient pas de l’étonner, mais j’espérais qu’elle trouverait le moment inconvenant pour poser des questions supplémentaires. Après tout, je n’étais qu’un serviteur. Elle n’avait pas à s’attarder sur moi, comme si j’étais digne d’intérêt. Je n’étais guère plus qu’un meuble, aux yeux des seigneurs de la ville. Toutefois, la jeune femme ne mordit pas à l’appât que je lui tendis. Je voulais détourner son attention, et la mener vers une conversation plus formelle, mais elle éluda complètement mon interrogation, et se présenta elle-même. Je m’inclinai une nouvelle fois, à la mention de son titre, et lâchai un “Madame” profondément respectueux. Sa petite touche d’humour ne m’échappa pas, mais je ne relevai pas. J’étais un serviteur. Je n’avais pas à rire. Tout comme un soldat n’a pas à rire d’une plaisanterie faite par son suzerain.

Toutefois, je me rendis compte bien assez rapidement qu’elle était moins naïve qu’elle n’en avait l’air. Comme un serpent qui recule la tête, comme s’il avait peur, avant de se lancer en avant pour frapper sa cible, elle avait tenté de me distraire pour mieux m’asséner un coup brutal. Sa question, on ne peut plus directe et dénotant sa grande perspicacité, me surprit. Mais cette surprise aurait tout aussi bien pu être celle d’un simple serviteur, et je me glissai dans mon rôle, comme je l’avais vu faire à de nombreuses reprises. Je lui opposai un “Madame ?” à la fois interrogateur et presque offusqué, je lui signifiai que j’étais étonné par sa phrase, et je lui faisais entendre que j’avais bien compris qu’elle m’accusait presque de faire de l’espionnage. Puis, décidant de ne pas lui laisser l’occasion de m’interroger davantage, je ripostai avec toute l’exquise courtoisie dont j’étais capable, sans me départir d'un sourire de circonstance :

- Votrre Seigneurrie, je vous saurrais grré de me parrdonner si j’ai pu vous donner l’imprression que je prrêtais attention à la converrsation de nos puissants Seigneurrs. Je suis ici surr orrdrre du Cuisinier en Chef, qui m’a explicitement demandé de me tenirr à la disposition de mes Seigneurrs, afin de rrépondrre au mieux à vos attentes. Cependant, si vous désirrez que je quitte les lieux, je m’exécuterrai.

Qu’elle se débrouille avec ça. Je m’étais incliné deux fois pendant un discours digne des serviteurs des plus grands royaumes - à chaque fois que j’avais abordé la question de “mes Seigneurs”, pour tout dire -, et je m’étais courbé en terminant ma réponse, sans me relever. J’attendis ainsi qu’elle prenne elle-même la décision de me congédier ou de me laisser à mon poste, dans la pièce. De toute façon, j'en avais entendu assez pour avoir de quoi réfléchir. Le reste n'était que du bonus. Toutefois, je savais que le temps jouait pour moi. Plus elle resterait absente de la table longtemps, plus elle paraîtrait impolie. J’espérais simplement que cela n’allait pas trop attirer l’attention sur nous.


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Reznor
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- -:

Lun 1 Aoû 2011 - 22:27
Reznor était adossé nonchalamment à sa confortable chaise, sirotant son verre d'un vin fameux dont il se dit qu'il devrait obtenir par un moyen ou l'autre le plan de route de la prochaine cargaison sur mer. Accessoirement, il se dit aussi que c'était une bonne idée d'analyser un peu les différents réactions de ses collègues ayant parlé après lui. Rice, qui pouvait devenir particulièrement virulent pour les causes qu'il soutenait venait encore de le prouver. Ainsi, il devenait le premier à exprimer explicitement son soutien total au plan de Taorin, avant même d'en savoir plus. Sans doute les autres allaient-ils suivre, et le capitaine se dit que s'était le cas lorsqu'il vit Sardanapale se lever pour exprimer sa position. Ce dernier était souvent considéré comme le plus terrible combattant parmi les Neuf et Reznor, qui était un bretteur accompli, n'aurait pas voulu tenter de prouver que cette réputation était usurpée. Il s'attendait donc à ce que ce guerrier hors pair n'hésite pas une seconde à l'idée d'une bonne bataille sanglante, aussi fut-il surpris de la mise en garde de son confrère. Il n'avait guère d'idées de ce que pouvait représenter ce fameux ordre mystérieux, et en l'absence de toute information, difficile d'évaluer la menace. Cependant, il semblait que ce dîner avait encore quelques mystères à dévoiler, et il écouta particulièrement attentivement ce que Taorin allait répondre à ses interrogations.

Il ne fut pas déçu. Eviter de se frotter trop près au Gondor, c'était sans doute le plus sage, mais aussi ce qu'il préférait personnellement. Invasion de l'Harondor. Pillages. Enrichissement. Cela lui convenait aussi en fin de compte. Evidemment, il se doutait un peu que son collègue n'allait pas dévoiler son plan avant d'avoir obtenu le soutien de la majorité, surtout après la mise en garde de Sardanapale. Il aurait pourtant bien aimé en savoir un peu plus sur ce que la Chien Borgne avait derrière la tête, mais il était assez satisfait dans sa réponse. En fait, c'était surtout qu'une invasion de l'Harondor était assez bénéfique aux plans qu'il partageait avec Yse, d'où sa question subtilement glissée au milieu de ses interrogations sur la faisabilité du plan. Maintenant assuré de cela, il voyait où se trouvaient ses avantages par rapport à ce plan...

Reznor remplit son verre vide, le vida d'un trait et enfin se leva pour prendre la parole à nouveau. "Taorin, vieux brigand, ce plan est de la folie pure. Tellement qu'il pourrait même marcher ! Et s'il marche, nous serons plus riches et puissants que jamais parbleu ! Tes explications m'ont rassurées, tant qu'on ne s'attaque pas à un trop gros poisson, et pour autant que ton plan, quand tu le dévoileras ne soit pas tordu au point que même moi je le trouve impossible, tu as mon soutien ! Nous allons jeter ce mouscailleux de Radamanthe à bas de son trône, si cela remplit d'or les cales de mon Joyeux Requiem !" Le forban remplit à nouveau son verre, même s'il se ravisa de répondre au toast à retardement, car il avait tout de même commencé tôt la soirée. Un rictus se dessina cependant sur ses lèvres quand il se rassit, et il ajouta. "Mais en fait, j'aimerais surtout en entendre plus sur ce fameux Ordre mystérieux..."

Tandis qu'il laissait quelqu'un d'autre prendre la parole, Reznor balaya la pièce du regard pour observer les réactions de tous ceux assis à table maintenant qu'il s'était joint à Taorin après avoir d'abord exprimé ses réserves. Il notait particulièrement aussi la conversation que la conseillère avait avec le serviteur au fond. Si elle ne trouvait pas le repas à son goût, sans doute allait-il prendre un savon, sans être pour autant responsable. Peut-être lui ordonnait-elle d'aller chercher plus de vin. C'était une bonne idée, il descendait à une vitesse affolante. Il chassa cependant ces considérations futiles de son esprit et parvint finalement à trouver les yeux d'Yse. Non qu'elles les aient perdus, cela aurait été fort dommage, mais ils avaient veillé à ne pas se chercher du regard de façon qui paraîtrait incongrue. Mais le regard insistant qu'il lui adresse, aussi bref soit-il, véhiculait un message clair : c'est dans l'intérêt de notre plan que je le suis, fais de même, je t'expliquerai si tu n'as pas saisi l'intérêt. Mais la seule femme parmi les plus redoutables marins de ces mers avait compris leur intérêt depuis longtemps tant il était limpide et attendait surtout que son partenaire de méfait montre qu'ils étaient sur la même longueur d'onde. Elle allait elle aussi se ranger du côté de Taorin.
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