Un diner tout en finesse

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Derkos Vardrin
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~ GRIMOIRE ~
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Mar 2 Aoû 2011 - 11:49
Divisés. Voilà comment étaient les pirates qui se trouvaient réunis autour du fastueux repas servi par les soins de Taorin, l'allié de Derkos. Certains étaient avec le Seigneur à l'œil unique, d'autres avaient clairement évoqués leurs réticences, et certains proposaient la prudence car, après tout, qui veut la paix prépare la guerre. Bref, les Seigneurs Pirates étaient divisés, et les mettre d'accord serait probablement aussi facile que de faire lâcher son cheval à un rohirrim.

Mais Vardrin ne désespérait pas et restait persuadé que les plans de Taorin finiraient par convaincre ses pairs. Ils avaient tout à gagner finalement, au pire des cas le Gondor mènerait une vendetta contre les Havres, rien de bien grave en définitive. Rice et Reznor avaient déjà annoncés leurs soutien au Chien, à l'instar du Capitaine du Pourfendeur dont l'apport restait malgré tout bien moins important que pouvaient l'être ceux des autres Seigneurs Pirates. Ils devraient être plus nombreux s'il voulait espérer vaincre.

Et les affirmations de Sardanapale avaient finies par mettre Derkos mal à l'aise, un Ordre mystérieux qui aurait infiltré les plus grandes sphères du monde ? Ça n'annonçait rien de bon pour la suite, si cet Ordre était vraiment capable de secouer le Gondor ainsi, infiltrer les Havres d'Umbar serait une véritable partie de plaisir pour ces hommes de l'ombre.

Derkos tourna alors la tête, alerté par un bruit de conversation à ses côtés. Eltaria, la conseillère financière était en discussion avec le serviteur à qui Vardrin avait chargé d'amener le vin. Le Capitaine tendit alors l'oreille, à l'affut du moindre secret intéressant :

"...mes Seigneurrs, afin de rrépondrre au mieux à vos attentes. Cependant, si vous désirrez que je quitte les lieux, je m’exécuterrai."

Le ton était clair, la voix tremblait légèrement, normal quand on est qu'un serviteur et que ceux que vous servez vous interrogent sur votre présence. Le Capitaine du Pourfendeur sourit narquoisement, Eltaria venait probablement de gâcher la soirée du pauvre bougre qui se voyait peut être déjà pendu dans la rue pour insubordination au repas des Seigneurs.
Ses yeux couleur sables examinèrent rapidement le serviteur : sec et noueux il avait le teint caractéristique des pays de l'Est, Rhûn ou Khand. L'homme semblait légèrement plus âgé que le capitaine, peut être cinq ou six ans de plus, de taille moyenne il pouvait aisément regarder Derkos dans les yeux sans avoir à les lever ou les baisser d'aucune manière. Sauf que pour le moment ses yeux regardaient plutôt religieusement le sol comme le voulait la bienséance et ses plates excuses sortaient de sa bouche comme une formule rodée par le temps.

Se portant au secours du serviteur qui se trouvait probablement plus embêté qu'autre chose par Eltaria, Derkos commanda le serviteur, pour la deuxième fois de la soirée et peut être pas la dernière fois :

"Rapporte moi une ou deux bouteilles de vin veut tu ? Ma coupe est déjà vide et je vais finir déshydraté si ça continue."

Une fois que le serviteur se fut éloigné en quête de ses bouteilles, Vardrin se tourna vers Eltaria :

"Quel était le problème avec ce pauvre bougre ? Il ne faisait que son travail et le déranger pourrait plus attirer l'attention sur vous qu'autre chose, les choses sont souvent mal interprétées par ici mademoiselle."

C'était plus une mise en garde qu'autre chose, si Eltaria et Derkos devraient tout deux se retrouver alliés de Taorin, autant assurer leurs arrières et rester discret, on ne survivait pas longtemps dans Umbar quand on était un traître ou un espion.
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Sirion Ibn-Lahad
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Mer 21 Sep 2011 - 0:25
Les premières pièces avaient bougé, certaines comme il le souhaitait, d'autres comme il le redoutait. Les camps se formaient, séparés par les quelques Seigneurs restés encore muets. Un grand coup devait bientôt être joué : la surprise, la terreur puis la compréhension. La compréhension pour certains que leur fin approchait. Il fallait montrer qu'ils seraient les maîtres. Et éliminer les gêneurs.

***



Kabuchek se leva alors pour la première fois, alors que le Capitaine Vardrin s'était approché de l'un des serviteurs. Ce pirate, que nul ne connaissait hormis peut-être Sardanapale, était resté silencieux tout au long de la réunion, attendant sans doute le moment propice pour livrer ses arguments et dévoiler vers qui se rangeait son allégeance et sa confiance.

"Messieurs, mesdames, je sens parmi vos paroles quelques pointes de rancœur. Tâchons de ne pas oublier les liens qui vous unissent car je ne suis pour ma part qu'un capitaine parmi des seigneurs. Alors peut-être que l'idée de destituer l'Emir n'est pas si mauvaise mais comme l'a dit Sardanapale, nous devons faire preuve de prudence. Je ne sais pas si notre ami Sined pourra apporter son avis et sa sagesse dans ce..."

"L'Honorable Seigneur Sined m'a confié sa voix lors de ce conseil, il a bien voulu porter en moi toute sa confiance, notre longue amitié en est très certainement la cause."

Il s'agissait là du Seigneur Riordan. Le pirate s'était levé prestement suite aux paroles de Kabuchek, son ton ferme était clair et aiguisé. Et il ne s'arrêta pas là.

"Mais pour rester dans les droites lignes de notre régime, voici un papier dûment signé par Sined, me confiant sa voix."

Riordan tenait en effet un parchemin relatant sans doute ce qu'il expliquait, l'on pouvait apercevoir au bas les armoiries de Sined ancrées dans la cire rougeâtre.

"Je parlerai donc à la fois en son nom et pour ma personne... Sined et moi-même, nous suivons l'idée et soutiendrons jusqu'au terme le plan d'invasion du Harondor du Seigneur Taorin, maître des Chiens du Désert !"

Au même instant et alors que Sardanapale allait se lever, un vacarme assourdissant envahit le palais au-delà de la salle de réunion, tous se regardèrent surpris. Bientôt Aric, l'homme de main de Riordan entra en trombe, suivit de deux gardes du palais. Les deux hommes étaient affolés. Aric prit la parole, essoufflé, le visage plein de suie.

"Mes seigneurs ! Un incendie ! Les quais ! Le feu dévore les navires !"

Aussitôt, tous les protagonistes se ruèrent vers les balcons de la salle où ils se trouvaient. Une lumière intense orangée et rougeoyante inondait les bas quartiers, plusieurs navires étaient noyés sous les flammes. Et pas n'importe lesquels.

"Nom de..." souffla Sardanapale.

Et chacun put alors se rendre compte que deux des trois navires du Seigneur pirate étaient à présent en train de disparaître dans les eaux du port. Un silence pesant envahit la pièce. Un navire pour un pirate, c'était comme le marteau pour un forgeron ou un cheval pour son cavalier, une partie de lui.

"Des témoins affirment avoir vu plusieurs cavaliers disparaître vers le Nord -et le Harondor- après le déclenchement de l'incendie." affirma Aric comme pour débloquer la situation.

Rice s'adressa alors au Seigneur Kabuchek.

"Même si vous n'êtes pas encore seigneur, mes frères et soeur seront d'accord je pense pour vous accorder la voix provisoire de feu Lahan."

Kabuchek croisa du regard Sardanapale, la mine sombre. Il avait compris. Mais que pouvait-il faire ?

"Après ce malheureux évènement, quelle est votre position, Kabuchek ?"

"Aucune. Je vote blanc." lança le Capitaine d'un air des plus sérieux.

Taorin avait à présent la plupart des voix. Rice, Reznor et sans doute Yse, Riordan, Sined, Vardrin s'étaient rangés de son côté. Sardanapale semblait ne plus pouvoir être en mesure de s'opposer moralement et Kabuchek avait botté en touche. La conseillère d'Umbar restait quant à elle très sceptique mais que pouvait-elle faire face à ces ogres d'Umbar ?

"Seigneur Taorin, la parole vous revient." annonça Riordan cordialement.

Les cartes étaient jetées, les joueurs vainqueurs ou perdants. Tout était à présent entre les mains du Chien Borgne.


Et Il ria sous cape.



[Vraiment désolé de ce looong retard...]




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Taorin
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Sam 24 Sep 2011 - 18:56
Taorin se réjouit lorsque Riordan annonça sa prise de position : en apportant la voix de Sined en plus de la sienne, il assurait la majorité au capitaine des Chiens du Désert lors du vote à venir. Son projet serait alors accepté, et les préparatifs pourraient enfin réellement commencer. Soudain,alors que Sardanapale allait se lever pour contrer cette prise de position de celui qui apparaissait de plus en plus comme son rival, un vacarme retentit dans le palais : Aric, l’homme de main du capitaine Riordan, entra précipitamment dans la salle, suivit de deux gardes du palais. Le visage noir de suie, il annonça :

« Mes seigneurs ! Un incendie ! Les quais ! Le feu dévore les navires ! »


Tous se précipitèrent aux fenêtres, et purent voir les flammes danser sur les ponts de deux navires amarrés aux quais privés des Neufs : deux des trois vaisseaux du capitaine au long manteau de cuir sombrèrent lentement dans les eaux du port, leurs mats enflammés dressés tels les doigts décharnés d’un cadavre depuis longtemps abandonné aux vautours. Tous restaient sans voix : comment était-ce possible ? Comment une telle atteinte à la souveraineté des Neufs pouvait-elle avoir eu lieu ?

« Des témoins affirment avoir vu plusieurs cavaliers disparaître vers le Nord -et le Harondor- après le déclenchement de l'incendie. » annonça soudainement Aric, brisant le silence.

Les invités se rassirent lentement, choqués par la nouvelle. Un tel affront ne pouvait rester impuni. Rice s’adressa à Kabuchek, lui offrant la voix de son cousin Lahan, disparu : le sombre individu, encore étranger aux yeux de certains des Neufs, en profita pour annoncer sa neutralité dans l’affaire. Tout était perdu pour Sardanapale et lui-même : même si ce n’était pas réellement un coup de l’Emir Radamanthe, trop de preuves s’accumulaient contre l’Emirat, rendant intenable la position originale de Sardanapale. Le Chien Borgne doutait cependant d’une action harondorim : les discutions étaient trop récentes, encore secrètes : comment auraient-ils pu savoir ? Et puis, tout cela tombait de manière trop providentielle pour être aussi simple qu’il n’y paraissait.

« Seigneur Taorin, la parole vous revient. »
annonça Riordan cordialement.

Le moment décisif arrivait. Celui où tout allaiot se jouer. Le Chien Borgne se racla la gorge, et commença :

«Mes amis, vous avez, comme moi, entendu l’homme de main de notre confrère Riordan : les coupables de cette atrocité se sont enfuis en leur pays, le Harondor. Il n’y a aucun doute concernant leur employeur : Radamanthe l’Usurpateur nous craint, et a cherché à nous affaiblir. Mais il n’y trouvera pas satisfaction ! Nous devons nous venger et lui faire payer ceci ! » Taorin s’était levé, et, tournant autour de la table, continuait à parler, bien qu’en son for intérieur, il doutait fortement de l’implication du Harondor dans cette affaire et réalisait la présence d’un troisième joueur, encore inconnu. Mais on ne pouvait pas frapper les ténèbres : il fallait attendre que cet ennemi se découvre avant de pouvoir l’affronter, avant de pouvoir le vaincre. « Mes amis, votons ! Qui est favorable à une invasion du Harondor ? Qui me soutiendras dans cette entreprise ? »

Le Chien Borgne scruta tous les individus présents, cherchant à percer à jour leurs pensées. Voteraient-ils pour lui ? Il l’espérait, les paumes moites, silencieux…


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Ryad Assad
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Mar 4 Oct 2011 - 22:53
Congédié. Pour la deuxième fois de la soirée, j’avais été congédié. Certains serviteurs particulièrement avides de caresses auraient sans aucun doute considéré comme un honneur le fait d’avoir eu l’occasion d’adresser directement la parole aux invités des Seigneurs Pirates d’Umbar, mais pas moi. J’étais un soldat du glorieux Trône de Rhûn, et les seuls ordres qu’on m’avait appris à accepter pleinement étaient ceux qui émanaient de lui, et de tous ses représentants : du plus prestigieux des généraux au plus simple des capitaines. Toutefois, je savais aussi que le succès de la mission qui m’avait été confiée dépendait en très grande partie de ma grande discipline, et de ma maîtrise. Je m’inclinai avec une courtoisie parfaitement feinte, et lâchai une phrase d’assentiment aussi brève que polie, avant de profiter du répit offert par les soins du bon Capitaine Vardrin. Tandis que je refermais la porte derrière moi, et que je commandais aux serviteurs d’aller chercher de nouvelles bouteilles de vin, je ne pus m’empêcher de me demander qui était vraiment cet invité étrange. Il ne faisait pas partie des Seigneurs Pirates, il n’avait pas de lien de parenté avec eux, et il n’appartenait vraisemblablement pas à la “noblesse” locale. Il ressemblait à n’importe quel autre capitaine, comme ceux que l’on pouvait trouver à déambuler dans les rues en quête d’une taverne ou d’une prostituée. Toutefois, mon expérience et mon intuition me soufflaient que ce n’était pas tout. Il y avait autre chose. Il était plus qu’un simple capitaine avide...sans quoi il n’aurait pas été convié à cette table, pour participer à un dîner aussi important. Remettant la question de Vardrin à plus tard, je fis en sorte de rester concentré. La soirée n’était pas terminée, et il fallait encore que j’assume pleinement mon rôle. En attendant, je demeurai près de la porte close, qui me séparait du coeur des débats. J’aurais sans doute pu entendre quelques bribes, mais je préférais ne même pas essayer de le faire. J’avais appris, par le passé, qu’il valait mieux ne pas savoir ce qu’on n’était pas censé savoir. Cela évitait de trahir sa couverture par erreur, en lâchant une information qu’on aurait pas dû entendre, ou en faisant des déductions qu’on n’aurait pas dû faire. Afin d’éviter ce genre de désagréments, je devais rester Salem, le serviteur des Seigneur d’Umbar.

Le vin arriva finalement, alors que je commençais sérieusement à m’impatienter. Je remerciai toutefois l’envoyé, et pivotai sur moi-même, pour m’introduire dans le salon où se tenait la réception. Les conversations se poursuivaient tranquillement, et à l’évidence, nous en étions à l’épisode où les protagonistes devaient abattre leurs cartes. J’arrivais à point nommé. Mais alors que j’allais pouvoir savourer le dénouement de cette incroyable affaire, une grande agitation s’empara du palais. Agitation si grande que je fus contraint de m’arrêter en plein milieu de la pièce, deux bouteilles d’un grand millésime suspendues sur un plateau d’argent, lui même en équilibre instable dans ma main droite. La porte s’ouvrit à la volée, laissant passer un homme couvert de suie, en nage, et visiblement au comble de l’affolement. Malgré mon aversion pour les pirates, je dus reconnaître que seul un problème de grande importance pouvait justifier une interruption aussi...abrupte. Les Seigneurs, totalement désintéressés de leur conversation, avaient tous les yeux rivés sur le nouveau venu, qui lâcha d’une voix paniquée que les flammes s’étaient emparées des navires qui se trouvaient sur les quais. Cette fois, je n’eus pas à feindre la surprise - réaction que j’imitais pourtant très bien - et je m’approchai des fenêtres, à l’instar des Seigneur de la cité, afin d’en apprendre plus. Cette attitude n’avait rien de suspecte, car quiconque connaissait un peu la ville d’Umbar savait que tout ou presque tournait autour des activités maritimes. Que le quai soit en feu, cela pouvait arriver, et si on pouvait qualifier cela de catastrophe, c’était réparable. Toutefois...voir deux puissants navires sombrer ainsi était une tragédie sans nom. Même moi, qui n’appréciait franchement pas les pirates, je comprenais leur désarroi, leur colère et leur tristesse. Alors que je m’abandonnais à un élan de compassion, l’homme qui avait annoncé la terrible nouvelle reprit la parole, fournissant une explication plus que douteuse sur le désastre qui venait de se produire. La coïncidence était trop belle. Des hommes mettant le feu aux navires des Seigneurs Pirates, et fuyant à bride abattue vers Harondor, la cible que le Seigneur Taorin venait juste de désigner à ses compagnons. Pas besoin d’être espion, ou d’avoir une intelligence franchement supérieure à la moyenne pour comprendre que quelque chose clochait. Même les pirates avaient dû comprendre. Mais cela ne pouvait qu’accélérer le processus de négociation, pour mon plus grand plaisir. Se joua alors, sous mes yeux, le sort de l’Harondor.

Si Kabuchek s’était immédiatement replié derrière un vote blanc, cela ne freina pas Taorin, qui repartit de plus belle, rebondissant sur cet événement aussi tragique qu’imprévu. Je souris intérieurement, tout en remplissant les somptueuses coupes d’argent de ces bandits en habits de velours, à la mention de cet argument vieux comme le monde : la vengeance. Combien de tyrans, de généraux, ou même de simples capitaines, qu’ils soient d’origine noble ou pas, pirates ou soldats, avaient réussi à fédérer les foules avec cet argument ? Je préférais ne même pas y penser, de peur d’être pris de vertige en plein milieu du banquet. Orateur dans l’âme, il s’était levé, et parlait d’une voix puissante et assurée, captivant son auditoire de manière très habile. Tout d’abord l’argument de la vengeance, avant de marquer une légère pause, pour leur laisser le temps de focaliser leur colère contre le bon ennemi. Puis j’entendis le Chien Borgne mettre le couteau sous la gorge de tous les pirates présents, les sommant de voter pour ou contre cette entreprise. Je ne pus m’empêcher de noter qu’il avait demandé premièrement qui était d’accord avec ce plan, et deuxièmement qui le soutiendrait, lui. Laissait-il le choix à ses pairs, ou bien voulait-il les forcer à déclarer publiquement qu’ils soutenaient non seulement son entreprise, mais aussi le fait qu’il serait leur commandant ? Avait-il des rêves de grandeur qui allaient au-delà d’Harondor ? Le titre de “Seigneur des Seigneurs Pirates” l’intéressait-il ? Maintenant qu’il avait clairement désigné l’ennemi à abattre, avec un excellent motif pour cela, il voulait clairement savoir sur qui il pourrait s’appuyer. Mais s’appuyer pour monter jusqu’où ? J’avais hâte de le savoir. Personnellement, jamais je ne me serais fié à la parole d’un pirate, pour bâtir des rêves de grandeur. Ces gens-là étaient typiquement le genre de personnes capables de poignarder un proche dans le dos, de vendre père et mère pour atteindre leurs objectifs personnels, et souvent bassement matériels. Mais bon...j’imagine qu’entre pirates, il doit exister un certain code d’honneur, ou quelque chose qui s’en rapproche un tant soit peu. Enfin...s’ils étaient capables de s’unir ce soir, cela prouverait au moins une chose : que l’équilibre des forces en Terre du Milieu était sur le point d’être bouleversé d’une manière qu’aucun espion du Trône de Rhûn n’aurait pu prévoir...



[HRP]Désolé du retard[/HRP]


Membre des Orange Brothers aka The Bad Cop

"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"

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Reznor
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Mer 12 Oct 2011 - 18:10
[Désolé pour le retard... et pour le poste court]

Reznor ne put s'empêcher d'esquisser un sourire à la nouvelle de ce tragique incident. Des navires de celui qui était justement celui qui était peut-être le plus opposé au projet de Taorin qui se font attaquer, avec en coupable tout fait notre fameuse cible... Décidemment, cette affaire réservait encore bien des surprises et il semblait y avoir bien des enjeux différents. Davantage même qu'on puisse le croire, car il y avait également des enjeux pour lui, avec une portée que ses confrères devraient encore ignorer, pour le moment, et tant que cela serait nécessaire.

Le capitaine du Requiem jettait un regard en biais à Yse. Ce n'était pas le moment de s'embrouiller. En fait, il fallait avouer qu'ils s'étaient plutôt bien débrouillés, à se mettre ainsi d'accord sans échanger une parole. Il fallait dire que leur petit entretien d'avant avait été très clair et précis, et il n'était pas dur de voir à quel cela pouvait les aider dans leurs projets. Il s'agissait de se lancer, à présent, ce que tous les Seigneurs Pirates semblaient redouter un peu. Ce qu'il s'agissait de la plus importante décision à prendre depuis cinq ans, et à vrai dire, l'attaque d'Umbar coulait un peu de source. Et ils n'avaient à présent plus la même unité qu'à l'époque...

"Je participerai à ce projet aussi fou qu'il soit, avec tous mes navires. Mais qu'on s'entende bien, ami, si je vois que ça tourne à la bérézina, je ne te souteindrai pas jusqu'à la mort..."

Un pour, et malgré ses réserves, c'était déjà ça. Aucun pirate sensé de se lierais sans conditions à un autre. C'est ça, la piraterie, pas les trésors accumulés, mais être libre, et ils s'étaient déjà battus pour ça bien avant. Tous savaient ce que ça signifiait. A son tour, Yse apporta son soutien, comme Reznor n'en avait pas douté. A présent, la première étape de leur plan était en marche.
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Taorin
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Dim 16 Oct 2011 - 16:04
Taorin observait avec satisfaction ses pairs voter : certes, chacun émettait ses réserves, et le Chien Borgne ne bénéficierait de leur soutien que tant que tout irait bien. Mais son plan était en marche ! Le Conseil s’était rallié à son idée, les neufs étaient prêts à soutenir son ambition ! Seuls Kabuchek et Sardanapale ne votèrent pas en sa faveur : mais même eux ne purent empêcher la guerre d’être votée. Désormais, ils devraient y participer : il était donc dans leur intérêt que ce conflit se termine au plus vite, et dans les meilleures conditions pour la Cité du Destin.

Une fois que tous se fussent exprimés sur le sujet, le Chien Borgne demanda au serviteur présent d’aller chercher cartes de tout le Sud des Terres du Milieu, feuilles, plumes et encres : il fallait désormais discuter de la stratégie à appliquer pour ce conflit.

Une fois la table débarrassée et les cartes étalées, Taorin griffonna quelques mots sur un morceau de parchemin, le plia, et le tendit au serviteur avec l’ordre de le porter le plus vite possible à Ezhel. « Prend l’or des Chiens, et vingt hommes avec toi. Descend le plus rapidement possible à Al’Turbu Al’Qudushu, dans le désert, et achètes-y des mumakîl. Recrute tous ceux qui nous seront amicaux. »

Le Chien Borgne se leva ensuite, imité par tous ceux présents, et se pencha sur la carte, et prit la parole :

« Mes amis, nous devons décider de notre action contre Radamanthe. Comme vous le savez sans doute, nous ne pouvons pas espérer affronter notre ennemi en une bataille frontale et espérer gagner : il nous faut faire preuve de ruse, et manœuvrer suffisamment vite et fort pour déstabiliser complètement le Harondor. Nous ne devons pas leur laisser le temps de comprendre ce qui leur arrive. Mais avant de décider où et comment nous attaquerons, il nous faut nous répartir les rôles au sein de la nouvelle armée d’Umbar. En effet, nous ne pouvons pas nous contenter nous occuper de nos propres hommes, en laissant tomber d’autres domaines vitaux, comme l’intendance. » Taorin se tourna vers ses pairs, et demanda : « Qui accepterait de s’occuper de l’approvisionnement de l’armée, de l’armement de nos hommes, de leur financement ? » Le Chien Borgne continua ensuite : « Il nous faut aussi savoir de quelles forces nous disposerons. Il me semble, qu’à nous tous, nous puissions armer une quinzaine de navires, et un ou deux milliers d’hommes. Mais c’est trop peu. Il nous faudrait recruter tous les équipages de la Cité, tous les mercenaires qu’abritent les auberges du port. Nous pourrions ainsi espérer atteindre quatre ou cinq mille hommes, mais la plupart n’étant pas entraînés à la guerre. Mes Chiens pourront se charger de l’entraînement des troupes, et de leur inculquer la discipline nécessaire à toute armée. Mais nous risquons de manquer d’hommes… » Le Chien Borgne s’arrêta quelques instants, réfléchissant, puis reprit la parole. « Il y a de nombreux esclaves, ici, non ? Pourquoi ne les réquisitionnerions-nous pas ? »

Comment allaient réagir les divers capitaines présents ? Accepteraient-ils de démanteler le commerce de chair humaine dans les Havres, ou bien craindraient-ils la colère des puissants esclavagistes ?

Le Chien Borgne continua :

« Il nous faudrait aussi envoyer des recruteurs dans les rues, le soir. La plupart des marins seront alors ivres, et il nous sera facile de les faire s’engager dans la toute nouvelle armée d’Umbar ! Même s’ils ne formeront pas une unité d’élite, ils pourront toujours être utiles dans l’intendance ou pour remplacer les pertes. De plus, je pense que recruter les nomades et pillards du désert pourrait être profitable à notre entreprise : ces hommes n’ont aucune attache envers le Harondor, et savent se battre. Ils sont rapides, et expérimentés. Ils pourraient former notre cavalerie. » Taorin s’interrompit, puis dit : « Enfin, il faudrait que nous envoyions des agents au Harondor pour préparer le terrain. Il faut faire savoir au divisions de l’armée que leur nouveau chef n’est pas légitime, et qu’un ancien capitaine du véritable Emir, Meakil Duzingi, vient le destituer. Nous pourrions ainsi gagner des hommes supplémentaires et déstabiliser notre ennemi, qui se retrouvera avec de nombreux mutins dans ses rangs. Il faut nous donner une légitimité, sans quoi nous risquerions d’entraîner d’autres puissance dans cette affaire, et pas forcément de notre côté. Mais disposons-nous des hommes nécessaires à cette campagne de propagande en territoire ennemi ? »

Le capitaine des Chiens du Désert s’interrompit, laissant la parole aux artisans de cette campagne à venir…


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Derkos Vardrin
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Dim 23 Oct 2011 - 22:10
Après avoir congédié le serviteur, Derkos se rassit confortablement sur sa chaise, prêt à écouter la suite des événements avec attention.
Le vote était presque arrivé à son terme, et en faveur de Taorin qui plus est, lorsqu'un forcené fit irruption dans la salle de réception, deux gardes fermaient sa route. Derkos put reconnaitre en lui un des hommes de main de Riordan, et c'est avec tout tremblant, presque effrayé, qu'il annonça que le feu avait pris les quais.

Comme un seul homme, l'intégralité de l'assistance se dirigea vers les grandes baies vitrées du palais qui offraient une vue idéale sur le doux ballet de l'océan. Et c'était effectivement un impressionnant spectacle qui se déroulait sous les yeux des pirates. Deux imposants bâtiment qui appartenaient vraisemblablement à Sardapanale à en juger par le juron retentissant qui provint aux oreilles de Vardrin étaient en train de brûler et de sombrer lentement. Derkos poussa un léger soupir de soulagement, au moins son Pourfendeur avait été épargné il avait finalement bien fait de jeter l'ancre un peu en retrait des quais.

Aric, puisque tel était le nom du subordonné de Riordan donné par un des voisins de Derkos, reprit la parole en expliquant que des cavaliers, probablement les auteurs des attentats du quais, avaient été vus en fuite vers le Nord. Immédiatement Derkos tourna le regard vers Taorin, cet événement impromptu arrivait bien, trop bien même. Tout ceci pouvait il être son œuvre ? Après tout, la réputation du Chien n'était pas celle d'un enfant de chœur. Un sourire narquois se dessina alors sur la face buriné du capitaine, les pions venaient de bouger et c'était tout à leur avantage.
Méditant ces paroles, il regagna sa place, à l'instar des autres invités. Le vote continua alors, assurant, en toute logique, la majorité à Taorin qui pris alors la parole, exposant le plan qu'il avait mûrement réfléchi.

Astucieux, osé, ingénieux, voilà des termes qui auraient pu convenir à Taorin tant son plan était risqué, mais s'il marchait, alors ils seraient riches et puissants. Beaucoup d'inconnues régissait l'équation qui leur permettrait de vaincre, mais une petite voix disait à Derkos qu'il n'avait rien à perdre en se joignant au Chien, au pire quoi ? Il mourait, ce n'était pas si grave, tant qu'il mourait dans la gloire, un sabre dans la main en train d’occire un de ces chiens gondorien. Et c'est avec cette détermination qu'il se leva de sa chaise :

"Seigneur Taorin, c'est un plan risqué que vous nous proposez là, mais un plan d'une grande intelligence également et qui, s'il était couronné de succès nous verrais plus riches et plus puissants que nous n'aurions pu l'imaginer dans nos rêves les plus fous. De plus mon cher Taorin, je me charge de vous recruter tout les soulards et autres drogués de cette belle ville et d'en faire de joyeux soldats voué à notre cause. Il n'est pas dit qu'Umbar se laissera faire sans réagir, le Harondor croit qu'il peut nous atteindre en notre coeur sans en subir les conséquence, nous allons lui démontrer le contraire. Et Radamanthe l'Usurpateur tombera !"

Sa dernière phrase avait plus été un cri pour galvaniser les autres pirates qu'autre chose, il fallait les toucher là où ça faisait mal, leur orgueil. Sans attendre la réaction de ses pairs, il se rassit, porta la coupe de vin à sa bouche et attendit la suite des événements, impatient.
Il scruta alors la salle du regard et vit que le serviteur qu'il avait envoyé par deux fois chercher du vin le regardait avec attention, ce dernier tenta de dérober le regard au dernier moment mais trop tard, Derkos l'avait vu. Il lui adressa un petit signe, lui signifiant qu'il devait approcher.

Le serviteur s'avança timidement, la tête orientée fixement vers les ornements du sol. Vardrin posa sa main sur son épaule et chuchota juste assez fort pour que seul Ryad l'entende :

"Écoute mon gars, t'as l'air plus malin que les autres et tu me plais bien. Que dirais tu de te joindre à moi ? J'ai perdu quelques hommes dernièrement et je dois refaire mon équipage. Tu as l'air solide et j'imagine que la mer ne te fais pas peur. Réfléchis bien, ça pourrais changer ta vie."

Il lui adressa un petit clin d’œil et il sourit, mais pas un des sourires moqueurs auquel il était habitué depuis déjà trop longtemps. Ce sourire était franc, droit, un véritable sourire. Il attendait maintenant la réponse du serviteur qui devait plus s'attendre à se faire châtier qu'autre chose et dont la surprise devait être grande.

Mais en cette soirée, Derkos se sentait heureux, il avait peut être finalement trouvé un but à sa vie.
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Ryad Assad
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Lun 24 Oct 2011 - 16:05
Dans la grande salle de réception du palais d’Umbar, les choses s’accéléraient. Les Seigneurs Pirates et leurs invités de marque étaient en train de se positionner officiellement, et si quelques uns faisaient encore de la résistance, la majeure partie avait décidé de soutenir officiellement Taorin. L’heure était maintenant à la planification. Sur les ordres du nouveau chef des opérations, j’allai chercher tout le nécessaire à l’établissement d’un plan de bataille digne de ce nom : des cartes du Harondor, ainsi que de quoi écrire, pour pouvoir consigner des notes, ou des questions à traiter. J’appelai quelques autres serviteurs, qui s’empressèrent de débarrasser la table, de ranger les assiettes de fine porcelaine, les couverts d’argent et les verres de cristal. En quelques instants, le décor de château et les mets somptueux laissèrent place à la vraie nature de ces pirates : leur nature guerrière.

Je me tenais en retrait de la conversation, quand le Seigneur Taorin fit appel à moi. Il se pencha sur un petit billet, y inscrivit quelques mots, le plia et me le tendit, avec pour consigne de le transmettre dans les plus brefs délais à son second. En guise de réponse, je m’inclinai respectueusement, et tournai les talons pour m’empresser de m’exécuter. Néanmoins, alors que je quittai la pièce, je ne pus m’empêcher de déplier la lettre non scellée, et de lire les quelques mots qui étaient écrits. Mots qui me firent hausser les sourcils de surprise. Il était question d’acheter des Mûmakil, de gigantesques bêtes de combat qui faisaient trembler les coeurs les plus vaillants, dans un endroit situé au Sud de la cité portuaire. Le nom de cette ville ne me disait rien, mais je m’empressai de le noter dans un coin de ma tête. Si une place existait où il était encore possible de trouver ces formidables monstres de guerre, le Trône serait certainement heureux de pouvoir l’apprendre.

Je refermai soigneusement le billet, ouvrai la porte la pièce, et fit appel à un serviteur présent. J’usai d’un peu de l’autorité de Taorin afin qu’il transmette le billet dans les plus brefs délais. Je ne tenais pas à ce que les plans d’invasion du Harondor soient retardés d’une quelconque manière. Je refermai le battant de bois sculpté, avant de reprendre ma place dans la pièce. Parvinrent alors à mes oreilles les premières questions d’ordre pratique. Ces pirates avaient beau être de vils brigands, ils se rendaient tout de même compte de l’ampleur de la tâche. Je ne fus pas surpris lorsque le Chien Borgne annonça qu’une bataille rangée ne pourrait pas suffire à venir à bout des défenses du Harondor. Je n’estimais guère les hommes de l’Ouest, mais selon moi, ils valaient toujours mieux qu’une horde de pirates. En rase campagne, une simple charge de cavalerie suffirait à dérouter tout un bataillon de mercenaires. La ruse était la seule option viable. Mais avant de ruser, il fallait assurer ses arrières : à mon sens, cela signifiait s’assurer la loyauté des pirates, si tant est que cela puisse être possible.

J’écoutai aussi attentivement les chiffres proposés par Taorin, en m’efforçant de ne pas laisser transparaître mes émotions sur mon visage. Après tout, je n’étais qu’un serviteur qui n’avait aucune notion de la guerre. Cependant, d’après mes premières estimations - et celles du Chien Borgne, de toute évidence - quinze navires et deux mille hommes ne suffiraient jamais à prendre aucune cité digne de ce nom. D’autant que j’estimai la valeur d’un soldat de l’armée régulière à deux fois celle d’un pirate. Si on tenait compte du fait que les pirates allaient être motivés par l’argent, alors que les défenseurs allaient être contraints de se battre pour leur famille, je pouvais supposer qu’un soldat vaudrait trois pirates. Bien entendu, si ces pirates avaient été des soldats de l’armée de Rhûn, j’aurais tablé sur du un pour un. Mais le Trône n’avait pour l’instant pas d’intérêt à attaquer le Harondor, alors...

Taorin envisageait aussi de recruter tous les malfrats et les ivrognes qui traînaient dans les rues le soir, pour faire grossir ses rangs. Le Harondor tremblerait sans doute devant une force de cinq mille hommes, mais la quantité ne faisait pas tout. Il faudrait un plan imparable pour qu’une telle opération soit couronnée de succès, sans quoi l’armada pirate courrait à sa perte. Mais le pire était à venir. Il était désormais question de recruter les esclaves qui transitaient par la cité, de les armer, et de les mener au combat. Le genre de force totalement incontrôlable capable de se retourner contre ses maîtres, et de mordre la main qui la nourrit. Seule bonne nouvelle, le Chien Borgne avait l’intention de recruter des nomades et des pillards du désert. Ils avaient l’avantage d’être d’excellents combattants, rompus aux arts guerriers. En outre, certains disposaient d’un vrai sens de l’honneur, et d’un profond respect pour leur chef de clan. En convaincant ces chefs, on pouvait s’assurer le soutien indéfectible de soldats de valeur, qui combattraient jusqu’à la mort.

Puis on en vint à parler de mon domaine de prédilection : l’espionnage et la désinformation. Taorin envisageait de saboter le moral des troupes du Harondor, et de saper l’autorité de Radamanthe, afin que sa conquête soit plus aisée. C’était une tactique connue et reconnue, car tellement efficace. Toutefois, il fallait faire attention à ce que les hommes envoyés en mission derrière les lignes ennemies soient bien formés. En effet, si un espion était capturé, et qu’il venait à révéler des informations secrètes, les plans d’invasion tomberaient purement et simplement à l’eau. C’était pour cela que les espions du Trône de Rhûn étaient sélectionnés et formés avec le plus grand soin. Il fallait s’assurer qu’ils ne craqueraient pas, et ne révéleraient pas qui les envoyait, même sous la pire des tortures. Difficile d’imaginer que des pirates puissent faire preuve de la même loyauté. Je me serais bien porté volontaire pour cette mission, mais mon intuition me soufflait qu’il restait encore beaucoup à faire ici, à Umbar, et que j’avais plus à apprendre en restant auprès des Seigneurs Pirates. Rien que cette histoire de navires qui flambaient à point nommé m’intriguait assez pour que j’aie envie de creuser un peu la chose.

Je me tournai alors vers le pirate Vardrin, qui avait pris la parole suite aux déclarations de Taorin. A mon sens, il était celui qui avait le moins de raisons de se trouver là, et, de fait, celui qui m’intriguait le plus. J’écoutai attentivement ses paroles de soutien prononcées avec ferveur, qui rappelaient - si c’était nécessaire - les gains envisagés, et qui soulignaient l’intelligence du plan qui venait juste d’être exposé. Je n’avais pas manqué de noter qu’il était un allié de Taorin, mais j’avais encore du mal à cerner ses réelles intentions à lui. Je savais que les pirates agissaient toujours par pure intérêt, et j’ignorais ce qu’il avait à y gagner, lui. S’il se trouvait à cette table, c’était qu’il n’était pas un simple capitaine pirate, motivé par le sang ou la vision d’un gain substantiel. Non. Il désirait autre chose, et j’aurais payé cher pour savoir quoi. Je me rendis compte un peu tard que j’avais continué à le dévisager, alors que j’étais perdu dans mes pensées. J’eus beau baisser les yeux religieusement, il m’avait quand même remarqué. Sans attendre, il me demanda d’approcher. Je m’exécutai en silence, me demandant ce qu’il allait me dire. Il posa sa main sur mon épaule, et je sentis quelque chose d’étrange dans ce geste. Je ressentis une grande force, du genre de celles qui ont l’habitude de dominer, tout en restant beaucoup trop familier. Il n’aurait jamais dû me toucher, moi un serviteur. Que voulait-il signifier, ainsi ? La réponse qu’il apporta à ma question muette me laissa pantois.

Il voulait me recruter dans son équipage ? Des sentiments contradictoires soufflèrent en moi. Pendant un bref instant, je me demandai s’il n’avait pas compris qui j’étais. Me demandait-il ça pour me garder sous son contrôle, et pour m’éloigner de Taorin ? Et puis je décidai que non. Il n’avait pas pu comprendre. Je n’avais rien laissé filtrer. Etait-il sincère ? J’en doutai sérieusement. Sincérité et piraterie ne rimaient pas, ni en commun ni dans ma langue natale. Que désirait-il, alors ? Curieux, je ne pouvais nier que j’avais ardemment envie d’accepter sa proposition. Toutefois, il avait l’air de me considérer non pas comme un simple serviteur - il l’avait dit lui-même -, mais bien comme quelqu’un de spécial. Le hasard faisait bien les choses, car j’éprouvais le même sentiment à son endroit. Je décidai alors de prendre un petit risque, et de jouer un peu avec lui. Après tout, s’il avait un doute me concernant, il ne résisterait pas à ma proposition :

- Mon Seigneurr, votrre prroposition m’honorre...Mais pourrions nous en discuter plus tarrd...? En prrivé...

J’hésitai, puis ajoutai :

- Je suis cerrtain que nous avons des choses à nous dirre...

Et voilà ! Les dés étaient jetés. J’espérais sincèrement qu’il allait accepter ma proposition, et que j’allais pouvoir en apprendre davantage sur lui. Je savais que ça ne serait pas facile, mais j’aimais les défis...et j’étais presque certain que lui aussi...


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Taorin
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Sam 10 Déc 2011 - 19:47
Les discussions continuèrent longtemps, chacun ajoutant ses idées au débat. Il fallait déterminer qui entrainerait les troupes : les Chiens avaient été désignés, mais cinquante mercenaires ne parviendraient jamais à organiser une armée de taille respectable. Aussi fut-il décidé que les meilleurs combattants des équipages des Neufs se chargeraient des exercices physique, ainsi que d’inculquer aux masses désorganisées le maniement basique des armes. A hauteur d’un combattant aguerri pour vingt recrues, l’armée des Neufs pourrait grossir d’environ un millier d’hommes toutes les deux semaines. Bien sûr, ces recrues n’auraient qu’un impact mineur sur les combats, mais leur masse permettrait d’intimider l’ennemi.

Mais où trouver l’argent nécessaire à l’équipement de tant de « soldats » ? Le capitaine Riordan, dont l’influence n’avait d’égal, accepta de s’occuper de la logistique militaire ainsi que de la préparation de la future campagne.

Une fois ces premières questions posées, le débat s’orienta sur l’éventuel recrutement de nomades haradrim. Ces hommes, bien que redoutables au combat, vétérans de nombreux conflits tribaux, n’étaient pas forcément favorables au régime de la Cité du Destin : nombre d’entre eux se rappelaient encore l’époque où, depuis les Havres, les sbires de l’Oeil dominaient la contrée : de tels hommes pourraient décider de trahir au moment le plus inopportun, fragilisant toute la campagne.

« Nos propres hommes ne sont pas fiables : les recrues qui formeront le gros de nos troupes risquent de s’enfuir à la première charge ennemie, et, malgré la vaillance de vos équipages et de mes Chiens, nous ne pourrions résister. Les hommes du désert sont aguerris. Ils ne fuiront pas face à l’ennemi. Bien sûr, ils peuvent nous trahir : mais nos propres soldats en seraient eux aussi capables. Recrutons les nomades, et ne leur attribuons pas de tâche vitale à la réussite de notre entreprise : nous minimiserons ainsi les risques. » dit le Chien Borgne.

Les Neufs argumentèrent longtemps, pesant le pour et le contre. Finalement, grâce au soutien de Reznor et d’Yse, l’opinion du capitaine des Chiens du Désert l’emporta, et il fut décidé que des émissaires partiraient le lendemain trouver les tribus de nomades pour leur proposer un marché. Les chefs seraient conviés à Umbar, où les Neufs tenteraient de les convaincre du bien fondé de leur entreprise.

Les Neufs s’attelèrent ensuite à la campagne de propagande qui précéderait l’invasion. Des cernes creusaient leurs orbites, mais l’excitation maintenait tout le monde éveillé.

« Mes amis, il me semble que vous avez tous des hommes de confiance au Harondor et ailleurs, n’est-ce pas ? Des hommes acquis à votre cause, tout comme des mercenaires vous vendant les autorisations de départ des capitaineries de la Baie de Belfalas. J’ai moi-même des agents à Dur’Zork et à Pelargir, qui pourront lancer des rumeurs au cœur des terres de nos ennemis. Ces hommes fragiliseront Radamanthe, et, avec un peu de chance, de nouveaux alliés feront surface contre l’Emir. Etes-vous d’accords ? » demanda Taorin.

Des ordres furent préparés : des messagers et des pigeons voyageurs partiraient le lendemain à l’aube pour transmettre les instructions des Neufs à leurs agents de la région le plus rapidement et le plus discrètement possible.

« Nous devons maintenant préparer notre plan d’invasion : il nous faut choisir où attaquer, quels points viser. Nous n’avons pas encore les listes de nos effectifs, mais nous pouvons déjà prévoir nos mouvements. Nous devons prendre Radamanthe par surprise : cela est primordial. Militairement, il est bien plus puissant que nous : nous ne pouvons espérer lutter à la loyale. Il nous faut donc le distraire, l’attirer sur des cibles secondaires. C’est pourquoi je vous propose de diviser notre armée en deux : la première partie, constituée de jeunes recrues, et d’un petit noyau de vétéran, fera diversion en arrivant par le sud-est ou par l’est. Ils devront être les plus visibles possibles, afin d’attirer le gros des forces harondorim loin du front réel. La seconde partie de notre armée sera constituée de nos vétérans : ils débarqueront discrètement, et marcheront le plus vite possible sur les divers objectifs que nous aurons définis. Ils pourront ainsi occuper un large territoire sans avoir à affronter l’ensemble des armées de Radamanthe. Et ainsi, lorsque les officiers de l’Emir se rendront compte de la supercherie, il sera trop tard : nous aurons alors les points stratégiques sous contrôle, et nous pourrons prendre à revers l’armée harondorim. »


Une fois son plan exposé, Taorin laissa ses confrères délibérer de sa validité. Ce n’était peut-être pas une preuve de génie militaire, mais Radamanthe s’attendrait-il à une telle « subtilité » de la part des Neufs ?

HRP : Je fais volontairement avancer tout ça. Si ça gêne, je modifierais Wink


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Novor
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- -: bah... oh... au moins euh... he... heum
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Sam 17 Déc 2011 - 19:48
La porte de la salle de dîner craqua et s'ouvrit calmement.

Novor souriait à l'étonnement général. Certes il avait pris de rides mais il était loin de ressembler à un mort, comme devaient se dire certains autour de la table.

Ses bottes usées résonnaient dans la salle silencieuse alors qu'il avançait vers un siège vide.

Lorsqu'il passa près de Sardanapale celui-ci lui lança un regard hostile, ou alors déçu, mêlé à son visage agressif on ne pouvait pas vraiment faire la différence.

Souriant à l'effet qu'il produisait il ne put se retenir:

" Pouah, si c'est moi que vous croyiez mort c'est que vous ne vous êtes pas approchés assez près de ce cher Sardanapale... "

"Taorin, Reznor, c'est un vrai plaisir."
salua-t-il en souriant généreusement tout en s'asseyant.

" Et tous les autres bien sur."

"Je reviens à l'instant du Khand, et veuillez m'en excuser mais si je suis à ce point tard ce que je n'ai point voulu arriver ici sans avoir vérifié certains de mes... euheum disons atouts. "

" J'imagine que vous parliez de l'invasion? "

" Loin de vouloir vous faire perdre votre temps quelqu'un pourrait-il me dire ce qui a déja été décidé? "


Novor avait délaissé son sourire malicieux pour une expression sérieuse et déterminée.
Mais intérieurement cette invasion le faisait bouillonner.


[[[HRP: je sais que je tombe un peu brusquement, je m'en excuse. N'hésitez pas à me contacter s'il y a des choses que je devrais aboslument savoir ! (Ou juste pour me raconter des détails, ce qui me fera plaisir aussi !) ]]]
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Derkos Vardrin
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Lun 9 Jan 2012 - 18:20
Derkos jeta un coup d’œil fortement intéressé vers Ryad :

"Oh oui, nous aurons des tas de choses à nous dire mon cher. Je te ferais convoquer après le repas."

À peine le temps de se rasseoir à sa table tout en faisant mine qu'il n'avait pas échangé avec Selim le serviteur plus que quelques mots de convenance que Taorin s'était levé à nouveau, exposant plus en avant le plan qu'il avait dû tourner et retourner nombre de fois dans son esprit.

Tenter une diversion partant de l'Est avec une armée leurre tandis qu'on attaquerait avec nos véritables forces par l'Ouest n'était pas bête du tout, et même assez subtil comparé à dont aurait pu s'attendre Radamanthe de la part de quelques pirates, l'obligeant à diviser ses forces aux quatre coins de son territoire.
Mais le problème résidait principalement au niveau des effectifs et des ressources dont disposait les attaquants, armer et gérer deux armées complètes n'était pas une mince affaire surtout quand on pensait que la plupart des hommes que l'ont amènerait sur le terrain ne serait pas des soldats de toute première fraîcheur. Même fournir assez d'hommes pour remplir ces deux armées était un véritable challenge à relever.
De plus le risque d'être trahi par n'importe quel homme présent, y compris un des Seigneurs Pirates, n'était pas à exclure, au contraire.

C'est alors que la porte s'ouvrit, laissant place à un invité pour le moins surprenant. Novor, que tout le monde croyait sous terre, venait de faire son apparition et se déplaça tel un fantôme au milieu des invités. Arrivé devant le Chien Borgne il parla calmement et simplement. Au moins il n'était pas hostile.

Sentant que c'était la fin de cette intéressante et passionnante réunion, Derkos se leva et s'adressa haut et fort à Taorin :

"Merci beaucoup pour ce fastueux repas Seigneur Taorin, et plus encore pour les informations utiles que vous nous avez fournis pour cette modeste hmm....opération dirons nous, un sourire narquois se dessina sur son visage, et sur ce je vais me retirer, il est temps pour moi de me rendre utile. Je vous promets que demain vous trouverez au moins un millier de nouveaux soldats voués à notre cause, et probablement plus encore ! Et maintenant si vous voulez bien m'excusez messieurs, nous avons une guerre à mener."

Et il sortit alors de la pièce, d'un pas assuré. Évidemment Derkos n’allait pas recruter mille soldats en une nuit, mais en cette fraîche soirée, le capitaine se sentait l'âme légère. Il ferait marcher son réseau et donnerait quelques ordres à ses hommes et rapidement ils trouveraient quelques crédules ou idéalistes qui se joindraient naïvement à leur cause. Tout allait pour le mieux donc.

Un but, un objectif, voilà ce qu'il avait, et c'était amplement suffisant pour le contenter. Resserrant sa prise sur sa cape, il sourit lorsque la brume marine vient lécher son visage, c'était une belle nuit.




***


Alors qu'il débarrassait les assiettes et autres couverts utilisés durant le repas, un serviteur à l'accent traînant et semblant trop bien pour sa condition s'aperçut qu'un bout de papier se trouvait sous l'assiette qui avait été celle d'un Capitaine durant le repas. Alors qu'un véritable servant n'y aurait probablement pas touché, notre homme déplia lentement le bout de papier, s'assurant que personne ne le voyait :

Citation :
Retrouve moi demain sur le port, lorsque le soleil sera haut dans le ciel. Rends toi devant le Pourfendeur des Vents. Nous avons des choses à nous dire et tu vas avoir un rôle à remplir.

DV
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Sirion Ibn-Lahad
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Ven 13 Jan 2012 - 19:09

Le dîner - et donc le conseil d'avant-guerre - était sur le point de s'achever. Le plan du Chien Borgne avait été accepté par la majorité et tout était prêt pour débuter les préparatifs de ce que l'on pouvait appeler gentiment une visite de courtoisie ou plus précisément une invasion pure et simple du Harondor. Taorin avait déjà commencé à répartir certains taches. Riordan se voyait confier la logistique de l'armée des Neuf ainsi que la coordination des troupes. En effet, le capitaine avait l'une des grandes expériences dans ces domaines grâce à son ancienneté certaine dans la piraterie et le commandement. Ce serait cette fois-ci simplement à plus grande échelle.

"Je saurai également mettre à notre disposition un important groupe d'hommes. Ils me sont fidèles et serviront notre cause."

Soudain, la porte de la grande salle à manger s'ouvrit dans un fracas. Une silhouette pas méconnue des Seigneurs pirates présents fit son apparition : Novor, le dernier des Neuf à ne pas être encore apparu venait s'inviter à la fête. Sans doute un renfort supplémentaire, Taorin sembla apprécier sa venue et il partagea un sourire complice avec Riordan.

Bientôt, le capitaine Vardrin s'éclipsa. Ce jeune pirate semblait bien motivé et serait sans aucun doute un allié fidèle. Un autre chien de Taorin.

S'approchant promptement du Chien Borgne, Riordan parla de nouveau :

"Je vais à présent prendre congé mes amis, tout ce vin ne plait guère à mon pauvre foie! Que la nuit vous soit douce à tous !"

Puis susurrant à Taorin :

"Si j'étais vous, mon ami, je garderai un oeil sur Sardy et son compère. Ils jouent dans leur coin et ne partagent rien. Je m'en vais enquêter de ce côté, occupez-vous de la campagne. Bonne nuit, mon frère."

Et quelques instants plus tard, le Seigneur Riordan s'en était allé, passant la porte que Novor dans un sens puis Derkos dans l'autre avaient franchi. De courtes minutes plus tard, ce fut Rice qui fit ses adieux, puis Sardanapale et Kabuchek, tous terrés dans le plus grand silence depuis l'incendie d'un navire du pirate à la longue barbe noire.

Rien n'était joué, le jeu ne faisait que commencer.




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Omar Baligh Wahid El'Abib
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Ven 13 Jan 2012 - 23:23

Uldrak affirmait régulièrement - aussi souvent que quelqu'un acceptait de l'écouter - qu'il était le plus jeune de tous les gardes du palais d'Umbar. Ce qui n'était pas la stricte vérité, puisque lui même ignorait avec exactitude l'age qu'il possédait. La vingtaine disait-il lorsqu'on lui demandait. S'il répètait aussi souvent ces paroles, c'était parce qu'elles lui inspiraient une profonde fièreté, l'illusion d'être arrivé là où personne d'autre n'aurait pu réussir... Il se sentait au dessus du lot.

Pourtant la réalité était tout autre. Sa nomination au sein du palais, comme simple planton, il la devait exclusivement à son vieux père, gradé dans la milice, qui avait joué de ses bonnes relations auprès des seigneurs pirates. Mais cela il l'ignorait, où tout du moins, il feignait de l'ignorer.

On lui confiait deux missions : garder la grand porte de l'enceinte, et transmettre les missives prioritaires en mains propres. Autant la première n'était guère passionnante : poireauter pendant des heures, sous un soleil de plomb, n'avait jamais été l'une de ses ambitions ; autant la seconde présentait bien plus d'interets. Grâce à ses messages, il avait pu approcher les Seigneurs Pirates, plus d'une fois... Il avait pu croiser leur regard, tantôt sage et protecteur, tantôt pénétrant et intimidant. Même si ces rencontres se limitaient aux formules de politesses, il conservait la sensation d'être un privilégié, et de vivre au coté des "grands" de ce monde.

Une fois de plus, lorsqu'il passa la tête par l'entrebaillement de la porte, il éprouvait ce sentiment.

La réception touchait à sa fin. Le Seigneur Riordan se tenait debout, comme prêt à quitter les lieux, tandis que le nouveau venu, un certain Varkan fit quelques pas en direction de la sortie. C'était le moment parfait pour faire son entrée : il ne couperait aucune discussion importante, ne gènerait personne, mais il serait vu de tous.

Sans une réflexion de plus, il entra, le torse bombé, la démarche sûre et légèrement chaloupée, le menton relevé, mais pas trop, pour ne pas donner l'impression d'être un jeunôt arrogant irrespectueux de ses ainés.

Sans la moindre once d'hésitation, il se dirigea vers celui qui avait animé et dirigé le dîner : le Seigneur-Pirate Taorin "Chien Borgne" al Mukalibh, également connu - et reconnu - comme le capitaine des Chiens du désert. Peu d'hommes pouvaient se vanter d'avoir tant de titres. Il était de ceux, charismatiques, à qui le destin souriait sans cesse, même lorsque tout semblait perdu... Du moins, c'était ce qu'on racontait de lui, en ville, et, à le voir assis, là, posément, calmement, Uldrak ne doutait en rien du bien fondé de ces rumeurs enjoleuses.

Arrivé à un mètre de l'objet de ses réflexions, le jeune garde posa un genou à terre, dans un geste souple et gracieux, dix mille fois répété. Il tendit les bras en avant, et présenta, posé dans les paume de ses mains, la missive qu'on lui avait demandé de livrer. Elle était scéllée d'un sceau en cire rouge sang, frappé d'un symbole représentant des fers d'esclaves. Il lui était parfaitement inconnu, preuve que ce mystérieux expéditeur ne communiquait que très rarement avec le Seigneur Pirate... Du moins, dans ces conditions aussi officielles.

Uldrak attendit, immobile comme une statue, que le Seigneur Taorin récupère le message, puis, il se releva, tourna les talons à la manière militaire, et quitta les lieux. En regagant la sortie, il se remémora la façon dont ce mot lui était parvenu :

Deux heures plus tôt, un esclave s'était présenté à la grand porte de l'enceinte du palais. Uldrak n'avait eu aucun mal à identifier son statu, puisque l'homme portait un collier de fer, un simple anneau, autour du cou. Sans nommer son maitre, ordre qu'il avait du recevoir, il demanda à remettre un message au Seigneur Taorin, en main propre. Le jeune l'avait alors insulté, incrédule face à ce sous-homme voulant flirter avec les hautes sphères politiques de la ville. Avant de lui mettre son pied dans l'arrière train, il avait arraché la missive. Uldrak avait d'abord cru à une farce de mauvais goût. Puis, prenant conscience de la qualité du papier, et de celle de la cire utilisée pour former le sceau, il réfuta sa première impression. Aucun esclave n'aurait pu se payer de pareilles choses.

Sans un regard en arrière - c'était le protocole - il quitta la pièce. Une curiosité infinie lui dévorait les trippes, celle de découvrir l'expression du visage du Seigneur Taorin à la lecture des premiers mots. Mais il ne fit rien, il était bien trop respectueux des règles de politesses à adopter en présence des Seigneur-Pirates.

Alors que ni lui ni le Seigneur Taorin ne pouvait connaitre l'existence du contenu du message à cet instant, les mots suivants n'en demeraient pas moins écrit, d'un encre de jais, sur ce papier nacré :

Citation :
Très puissant et respecté Seigneur des Mers et des Océans,

C'est en humble citoyen soucieux du bon peuple d'Umbar, que je vous contacte par la présente missive. Ô Grand Seigneur, vous n'êtes pas sans savoir qu'il se trame en ce moment même des intrigues que je n'oserais aborder de manière aussi imprudente. Il est des sujets dont nous pourrions échanger.

Si Sa Grandeur acceptait de prendre le traditionnel thé aux épices en ma bien modeste compagnie, vous m'honoreriez en me rejoingant, à l'heure et à la date de votre convenance, dans ma chaleureuse demeure... Celle là même où, par le plus insolite des dessins du destin, vous fîmes la connaissance de l'un de vos plus fidèles lieutenants, celui à la peau d'ébène.

C'est avec la plus grande des ferveurs que j'espère votre visite.


Le message était signé d'une seule lettre : un "O" stylisé.
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Ryad Assad
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Mer 18 Jan 2012 - 12:01
Mon sang ne fit qu'un tour lorsque j'entendis les paroles du pirate Derkos Vardrin. Il avait mordu à l'hameçon ! Et fort heureusement, je n'avais pas eu à trahir ma couverture pour l'appâter. J'étais toujours Salem, le serviteur efficace et discret qui coordonnait la chorégraphie complexe qui régissait la soirée. Toutefois, il était certain que j'avais attiré l'attention du pirate. Je n'estimais guère ces hommes, souvent abrutis par la répétition de viles tâches destinées à mieux réprimer - ou plutôt à mieux orienter - leurs désirs barbares, leurs soifs de pillage et de richesses. Cependant, il existait parmi ces hommes des exceptions notables. Peut-être - et je dis bien "peut-être" - cet homme était-il de cette trempe-là. Quoiqu'il en soit, je l'estimais un peu plus intelligent que la moyenne des individus qui habitaient cette ville, et je ne pouvais pas croire qu'il n'avait pas quelques soupçons à mon encontre. Mais après tout, qui n'en avait pas auprès d'un inconnu ? Une petite dose de mystère donnait de la crédibilité, de la profondeur, à une double identité. Un personnage créé de toutes pièces, et qui n'affichait aucun défaut était - à mes yeux entraînés, en tous cas - un menteur. Nul n'était blanc comme neige, nul n'était parfait.

Toujours est-il que cette proposition de la part de Vardrin tombait vraiment bien. Je n'aurais pas pu rêver mieux, en vérité. Il occupait la place idéale dans la hiérarchie de ce qui allait suivre. Il serait trop éloigné du pouvoir, de part son statut de "simple" pirate, pour que je me retrouve dans une position délicate, mais en tant qu'allié du Chien Borgne, il bénéficiait d'informations de premier ordre, dont j'allais pouvoir disposer à mon tour...à condition de manœuvrer avec finesse. Or, pour établir de manière claire la façon dont allaient évoluer les événements, j'avais besoin de davantage d'informations sur mon principal interlocuteur.

Ce que j'en savais se résumait à bien peu de choses, au final 1)Il était un Capitaine Pirate, 2)Il semblait plus observateur que la moyenne, 3)Il était un des seuls à ne pas appartenir à la caste dirigeante d'Umbar. Bien peu de choses, mais suffisamment pour en tirer quelques conclusions :

1) En tant que Capitaine Pirate, il rentrait dans la catégorie du même nom, et je pouvais donc sans trop me tromper le qualifier de : sanguinaire, avide de richesses et de pouvoir, mais aussi d'arrogant, de (trop ?) confiant. A l'instar de la plupart de ses camarades, il devait avoir un orgueil démesuré, il ne devait pas supporter la défaite. Son attachement principal était matériel : son navire, ses hommes, peut-être un port préféré. Typiquement le genre d'homme à sacrifier une vie de famille pour une vie d'aventures, sans le moindre remord. Le genre d'esprit libre, incapable de supporter les contrariétés, et les devoirs inhérents à une fonction noble comme celle de...voyons voir...soldat, par exemple ?

2) Toutefois, il m'avait semblé noter un peu d'intelligence dans ses yeux. Et j'irais même plus loin en ajoutant qu'il y avait quelque chose comme de la vivacité d'esprit. Pas de quoi infirmer le point 1), bien entendu - nous parlons toujours d'un pirate, entendons-nous bien -, mais de quoi me forcer à me méfier. Ceux qui ont cette lueur dans les yeux sont en général ceux dont il faut le plus se soucier. Ce sont ceux qui, prétendument par hasard, arrivent toujours à trouver une partie de la vérité. Le truc, c'est que les espions de bas étage, ceux qu'emploient régulièrement les royaumes occidentaux, par exemple, tentent toujours de dissimuler toute la vérité, sots qu'ils sont. En présence d'un adversaire futé, la tactique ne consiste pas à cacher, mais bien à sélectionner quoi révéler. Il allait falloir que je réfléchisse soigneusement à ce que j'allais lui dire, et que j'envisage plusieurs cas de figure possibles. En tant qu'espion au service de Sa Majesté Lyra de Rhûn, je n'avais pas le droit à l'erreur. J'allais devoir jouer serré.

3) N'appartenant pas au groupe des Seigneurs - excusez mon ton sarcastique quant à ce dernier mot -, Vardrin ne fait pas, à proprement parler, du corps commandant toute cette opération. Ce n'est tout au plus qu'un Lieutenant...valeureux, certes, mais un lieutenant quand même. En général, lorsqu'un être motivé par l'argent, comme un mercenaire ou un pirate, arrive à s'élever au-dessus de la condition des autres...que ce soit seul ou en groupe, il a tendance à garder jalousement ses privilèges. Et inversement : ceux qui ne bénéficient pas de ces privilièges ont tendance à les désirer plus que tout. Même s'il s'agit d'un titre plus ou moins vide de sens. Au cours de mes voyages, notamment dans l'Ouest, j'ai pu voir des fermiers avares se bagarrer à coups de sabots pour le titre de la plus belle carotte. Seule une discipline de fer et une volonté à toute épreuve m'ont permis de ne pas promptement mettre fin à leur rixe ridicule, et de garder ma couverture. Alors quand il s'agit du titre de "Seigneur"...je vous laisse imaginer ce que ce Vardrin pourrait faire pour l'obtenir.

Pour l'instant, cependant, je n'ai reçu aucun ordre clair de la part du Trône. Ma mission consiste essentiellement à surveiller, à collecter des informations, et à les retransmettre. Toutefois, je sais que je dois rester au plus près des événements, si je veux pouvoir donner des renseignements fiables. Cependant, dès lors que le Trône saura de quoi il retourne, je pense - j'espère, plutôt -, que celui-ci prendra une décision quant à la marche à suivre. Peut-être me demandera-t-il de monter les pirates les uns contre les autres, auquel cas ce Vardrin me servira de levier pour fomenter une scission parmi l'armée d'Umbar. A moins que je n'aie pour mission de soutenir l'invasion du Harondor, pour écraser les armées de Radamanthe. Qu'importe, de toutes façons. Ce sont des affaires des gens de l'Ouest et du Sud. Que les uns ou les autres meurent, cela ne me fait ni chaud ni froid.

Toutes ces pensées avaient traversé mon esprit en une fraction de secondes, et je réintègrai brutalement le monde réel, conscient que Vardrin me regardait toujours. Avec un sourire si discret et si fugace que seul mon interlocuteur avait pu le capter, je lui répondit :

- Je suis à votrre disposition...

Si quelqu'un avait trouvé suspecte la brève conversation que nous avions eue, en captant ces derniers mots, ladite personne pouvait peut-être revenir sur son avis, et penser que je n'étais qu'un être servile, ayant reçu un ordre particulier de la part de Vardrin. Mais ce dernier ne pouvait pas se tromper sur le sens de mes paroles.

Pendant ce temps, les conversations allaient bon train entre le Chien Borgne et ses acolytes, quant à la manière de mener cette guerre. Si je m'étais trouvé à un conseil de guerre de l'armée de Rhûn, je n'aurais pas pu m'empêcher de hocher la tête, en réponse muette aux paroles de Taorin. Toutefois, je m'en abstint, afin de conserver l'anonymat. Néanmoins, je ne pouvais pas m'empêcher d'analyser les informations qui me parvenaient presque malgré moi. De toute évidence, l'attaque frontale était à exclure, à cause de la supérioté naturelle des soldats de métier sur les mercenaires, pirates, esclaves, et autres qui allaient composer l'armée d'Umbar. Il fallait donc ruser. Jusque-là, tout semblait simple. Cependant, l'intendant du Harondor disposait d'une armée puissante, entraînée, et qui ne se laisserait pas facilement prendre au piège. Pour l'attirer hors des murs de ses puissantes cités, il fallait un appât vraiment important. Peut-être faudrait-il lancer quelques raids éclairs, massacrer quelques villageois, effectuer quelques pillages, afin de les secouer un peu ? Et encore, ce n'était pas certain. Tout dépendrait d'un facteur souvent clé : la vitesse. Si les armées Harondorim parvenaient à se débarrasser de la force servant de diversion avant que le gros des troupes ne parvienne à se saisir des points stratégiques, Umbar avait quelques soucis à se faire. Mais la question était : comment s'assurer d'avoir le temps nécessaire ? On ne pouvait pas se fier aux esclaves, et on ne pouvait pas détacher trop d'hommes de valeur, sans quoi le corps principal se retrouverait démuni. C'était un cruel dilemme que je n'aurais pas aimé avoir à trancher.

Alors que je me retirais à mon poste, suite à l'échange pour le moins fructueux que j'avais eu avec Vardrin, la tête pleine de réflexions militaires, la porte s'ouvrit en grand. Du coin de l'oeil, j'aperçus un nouveau venu, qui entra d'un pas ferme et décidé dans la salle de réception. Son nom m'était inconnu, mais cet individu puait l'assurance et la confiance en ses capacités. Encore un prétentieux trop sûr de lui ? Non...il y avait autre chose. J'arrêtai là mon examen du nouvel arrivant, et coulai un regard aux convives présents à table. Leurs regards exprimaient là l'étonnement, là la colère - surtout Sardanapale. J'ignorais quelle était la nature des relations entre ces deux individus, mais il y avait de toute évidence de l'orage dans l'air. Cela faisait beaucoup de données à retenir, mais il allait falloir que je m'efforce de comprendre au mieux comment s'organisait le pouvoir ici-bas. De toute évidence, l'inconnu qui venait de surgir dans la pièce ne semblait pas opposé au projet d'invasion du Harondor, et il semblait même avide d'informations. Tant mieux tant mieux, j'allais pouvoir en apprendre davantage.

Mon attention fut détournée par le départ de Vardrin. De toute évidence, le pirate avait eu assez d'informations - et de vin - pour la soirée. Il se leva, et salua d'une voix forte leur hôte à tous, non sans lui promettre au passage un millier de soldats pour le lendemain. Avais-je dit qu'il était très sûr de lui ? Je réprimai un sourire qui n'aurait pas manqué d'afficher mon septicisme. Quand bien même il réussirait à rassembler un millier d'individus, combien parmi ceux-là pourraient se targuer d'être de véritables soldats ? Toujours est-il qu'il s'éclipsa du repas, laissant-là les autres convives. Je l'entendis plus que je ne le vis fermer la porte, occupé que j'étais à débarrasser son assiette et ses couverts, afin de les porter en cuisine. Tout entiers à leur conversation, aucun des Seigneurs ne me remarqua vraiment, ni quand je fis tinter le métal contre le métal, ni quand j'ouvris la porte pour donner le tout à un autre serviteur, ni quand, dans l'intervalle, je récupérai un petit papier plié, et que je le plaçai subrepticement au creux de ma main. Revenant à mon poste, m'assurant que tout le monde avait les yeux ailleurs, je baissai les miens vers le document que, du pouce, j'ouvris. Deux secondes plus tard, je levai la tête. Une lecture en diagonale m'avait apporté les informations essentielles : le lieu et l'heure du rendez-vous. D'un geste empreint de naturel, je rangeai le document dans une poche de ma tenue, la lissai soigneusement, et repris mon attente. La soirée touchait à sa fin, et j'avais des choses à préparer pour le lendemain. Mais en attendant, il fallait que je continue à tenir mon rôle, et ce jusqu'au bout.


Membre des Orange Brothers aka The Bad Cop

"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"

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