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Môrhïn
Bohémienne
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Localisation : Dans un coin de ces terres....
Rôle : Danseuse, arnaqueuse et voleuse

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Lun 24 Oct 2011 - 12:40
« Acheter son silence ». Aucune bourse ne serait jamais assez remplie pour acheter son silence. Surtout pas si la garde impériale mettait le nez dans ces petites affaires de trahison, de traitrises et de têtes décapités. Le tintement agréable des pièces d’argent ne suffisait pas à couvrir le grincement métallique imaginaire de la hache d’un bourreau. Et ici, on ne plaisantait ni avec l’honneur, ni avec les affaires d’état. Imaginer sa frimousse rouler comme une bille au bas du billot, ainsi que celles de ses frères et sœurs, de ses parents, n’était pas de ces visions que quelques monnaies pourraient chasser.

Si la conscience de Môrhïn faisait fi de quelques délestages qu’on pourrait qualifier très certainement de vol, si elle ne se gênait habituellement pas pour mentir, truander ou arnaquer, elle n’avait pas l’étoffe pour s’engager dans quelques complots politiques louches qui risquaient de finir de façon bien sanglante. Et elle ne commettrait certainement pas la folie de s’empêtrer dans ces histoires, en y mêlant le garçon et son clan. Le mieux encore était de tourner le dos à cette désagréable scène, oublier cette horrible rencontre et tout simplement repartir comme si de rien n’était.

« Oui… mais le sang sur tes jupons » murmurait une petite voix désagréable dans sa tête « comment tu vas l’expliquer si on t’attrape avant la fin de la nuit ? »
« Quitte à risquer ta tête, autant ne pas repartir les mains vides, non ? » continuait-elle, démoniquement vénale.

La jeune femme en était là de ses réflexions pour le moins ambigües lorsque les cris stridents de la jeune femme déchirèrent avec véhémence le silence presque solennel de la nuit.


- La ferme !

Elle cracha ces deux mots comme un venin, ses lèvres déformées par une moue angoissée. Sa main claqua contre la bouche de l’aspirante, pour la faire taire. Mais le mal était fait, le vent emportait les hurlements, et sans aucun doute la garnison ou les patrouilles en faction ne tarderaient plus à débouler sur la place. Devant le carnage de sang et de chair maculant le pavé rougis, devant les accusations de cette apprentie soldat, les preuves s’accumuleraient certes contre les deux hommes, mais aussi contre elle et l’enfant. D’ailleurs la jeune rhûnienne avait elle conscience que la suspicion de ces crimes s’étendraient aussi jusqu’à elle. Si sa lame n’était souillée, ses vêtements portaient encore l’odeur et la marque de la mort.

- Tu veux donc notre mort à tous ! Comment vont réagir les soldats à ton avis ? Tu crois qu’ils vont te reconnaitre et t’épargner lorsqu’ils verront le sang, les morceaux et les corps ? Tu es stupide !

Ses prunelles si étranges par leur couleur distincte fustigeaient la jeune femme. Elle relâcha la pression de ses doigts autour de sa bouche, sûre que cette dernière avait bien pris la mesure de ce qu’elle venait de lui dire. Avec un peu d’intelligence, elle se rendrait compte que sa situation, face à une patrouille, ne serait en rien agréable avec les maraudeurs baignant dans leur sang à quelques pas d’elle. Ils ne lui laisseraient peut être même pas le temps de s’exprimer, mais ça Morhïn s’en moquait bien. Déjà les ruelles retentissaient du cliquetis précipités des armures et du pas alourdis de la milice.

- Il faut fuir ! Maintenant !

Elle s’empara de la main du gamin et s’élança dans la ruelle la plus proche, l’entrainant dans son sillage froufroutant.
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Taorin
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Ven 4 Nov 2011 - 21:32
Ieslïn ne comprenait pas pourquoi ces étrangers se disputaient si violemment, alors qu’ils venaient de combattre ensemble. Dans toutes les histoires que sa mère avait pu lui raconter, ceux qui luttaient ensemble étaient des amis indéfectibles, et non pas des ennemis. Le jeune garçon rêvait de devenir, un jour, un puissant guerrier renommé dans toutes les Terres du Milieu, tout en sachant très bien qu’il resterait toute sa vie au sein du clan, sans doute comme voleur ou comme saltimbanque. Mais il ne souhaitait pas encore renoncer à ses rêves, à cette vision si particulière du monde qu’il avait grâce aux contes et racontars des anciens.

Mais l’enfant avait bien retenu une chose : ne jamais, au grand jamais, faire confiance à la garde de la cité ou à toute autre institution officielle, qui ne s’empresserait que de condamner illégitimement tout vagabond, bohémien ou nomade dans les parages. Alors pourquoi cette fille appelait-elle ces gens ?

Môrhïn la gifla avec force pour cette bêtise. Bien fait, se dit Ieslïn. Puis la danseuse pris le jeune garçon par la main, et l’entraîna en courant dans une ruelle sans jeter un regard en arrière. Courant le plus vite possible pour suivre l’allure de la Belle, Ieslïn ne put regarder si les étrangers les suivaient, mais il était sûr que leurs routes se recroiseraient…

*** *** *** *** ***
Le sergent bailla, fatigué par le froid et sa dure journée de travail. Autour de lui, ses hommes trainaient des pieds, n’attendant plus que de pouvoir se retrouver au chaud quelques instants pour dégeler leurs mains endolories. Soudain, les soldats interrompirent tous leurs mouvements, et tendirent l’oreille. Une voix, portée par le vent, parvenait jusqu’à leurs excroissances de chair rougies par le froid : « À moi ! À moi ! Pour le Trône ! » entendaient-ils.

Sans attendre, le sergent fit signe à ses hommes de le suivre, et ils partirent en courant à la rescousse de la veuve et de l’orphelin...

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"Memento mori"
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Sirion Ibn-Lahad
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Lun 28 Nov 2011 - 14:28

La gifle que la jeune recrue lui avait envoyé fut comme une douce brise qui vient vous caresser les pommettes. Druss tourna à nouveau la tête vers la fillette qu'il tenait à bout de bras, au moment où elle cria quelques mots qui sonnaient leur glas à tous. Agissant promptement, la bohémienne avait surgi pour refermer le clapet de la jeune naïve. Les paroles de la danseuse n'étaient pas vides de sens et Druss hocha inconsciemment de la tête pour acquiescer.

En quelques instants, la bohémienne et l'enfant disparurent dans une ruelle, espérant échapper à la garde qui ne tarderait sans doute plus. Druss se saisit de Aya et la posa délicatement sur son épaule tel un vulgaire sac de blé.

"Suivons-les capitaine ! La danseuse connaît très certainement un abri sûr, on ne doit pas traîner ici !"

De sa main libre, le colosse donna une lourde tape dans le dos au vétéran comme pour lui indiquer clairement la direction dans laquelle il devait aller. Tout ce petit monde se mit alors à courir comme si leurs vies en dépendaient, ce qui était en fait réellement le cas.

À plusieurs reprises, Firaz et Druss crurent avoir perdu la trace de la bohémienne au croisement de plusieurs ruelles. Ce dédale de passages devenait un véritable labyrinthe pour n'importe quel étranger. Malgré sa forte carrure, Druss ne semblait pas se fatiguer outre mesure et prenait bien garde à ne pas faire tomber son colis. La jeune guerrière, elle, n'avait pour vision que les deux lames aiguisées de la hache d'arme du colosse lui servant de diligence.

Druss espérait vivement que la danseuse puisse les aider Firaz et lui à monter un vent révolte dirigé par le vétéran. Les bohémiens seraient de précieux alliés, pour sûr mais pour l'heure, il fallait mettre tout ce beau monde en sécurité et passer la nuit.




« Œil pour œil, dent pour dent. »
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Dwilidan
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Sam 10 Déc 2011 - 18:00

Merde ! Cette petite garce d'impérialiste allait rameuter la moitié de la ville si elle continuait à hurler ainsi ! Immédiatement, et à la grande surprise de Firaz, la bohémienne fit taire avec une autorité qui lui semblait naturelle la jeune femme, le tout accompagné d'une belle gifle qui n'aurait pas manquée d'arracher des cris de douleur au plus endurci des soldats.
Suivi ensuite, toujours émanant de la bohémienne qui ne manquait décidément pas de ressource en cette froide nuit, l'ordre de leur fuite désordonnée et brouillonne avant que n'arrive une patrouille armée, alertée par les cris d'Aya. Môhrïn empoigna le garçonnet par la main et tout deux disparurent dans une ruelle adjacente, tels des ombres

Druss s'adressa à Firaz et ces deux derniers échangèrent un regard entendu. Le choix était simple et leur décision déjà prise : rester là et attendre une patrouille à laquelle ils devraient expliquer ce qu'ils font seul avec une jeune fille au milieu de la nuit ou suivre la bohémienne qui venait de prendre la poudre d'escampette. Druss se saisit d'Aya tandis que le vétéran ramassa le sabre qu'elle avait laissée tomber plus tôt, il l'avait repéré depuis une dizaine de minutes et avait remarqué l'excellente facture de l'arme, un cadeau tel que celui-ci ne se refusait évidemment pas.

La course folle à la poursuite de la bohémienne les fit cavaler à travers le dédale de ruelles qui compose la ville de Vieille-Tombe qui n'avait jamais autant méritée son nom, pas un seul bruit hormis leurs pas ne venait troubler le silence oppressant de la nuit. À tout moment on pouvait s'attendre à entendre le bruits de bottes cloutées de soldats patrouillant dans les rues qui auraient pu les repérer.

Le regard braqué sur Druss qui courrait devant lui Firaz avait la magnifique vision d'Aya qui était coincé entre lui le géant, obligée de les suivre, comme bloquée entre le marteau et l'enclume, en vous laissant deviner qui était le marteau et qui était l'enclume.

Mais au moins il n'était plus seul pour sa cause, il savait qu'il pouvait compter sur le soutien de tiers personne et plus ils arriveraient à en rassembler et plus leurs moyens serait décuplés et leurs chances de succès multipliées. Pour le moment il devait se contenter de suivre une bohémienne en qui il n'avait même pas confiance mais qui était, pour le moment, sa seule chance de survie et probablement la meilleure opportunité pour pouvoir continuer à lutter.
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Ryad Assad
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Dim 11 Déc 2011 - 0:57

A en juger par les déboires de nombreux généraux au cours de batailles qu’ils avaient soigneusement anticipées, et par la chance insolente de nombreux aventuriers, qui défient les probabilités et parviennent parfois à se sortir des pièges les plus mortels, on peut en déduire une Loi Divine, qui est la suivante : aucun plan humain ne se déroule jamais comme prévu. Parfois, on peut atteindre les objectifs que l’on s’est fixé, mais ce sera forcément en empruntant des chemins qui n’étaient pas ceux que l’on avait prévus. D’autres encore n’arrivent jamais à la destination qu’ils avaient espéré atteindre, et se trompent totalement de chemin, emportés par les événements. C’était le cas d’Aya. Et son événement à elle, il avait des poings vraiment, mais vraiment énormes. Sur une échelle de un à dix, elle estimait à huit les chances de voir le géant la faire taire. Les deux chances restantes étaient allouées au traître, au déserteur et au manipulateur qui se tenait non loin. Cet homme qu’elle avait tenu en respect pendant une poignée de secondes, et qu’elle aurait sans doute dû exécuter sans se soucier des conséquences. Toutefois, la Loi Divine fit encore une fois son intervention, et contre toute attente, ce ne fut pas un des hommes, mais bien une femme qui l’empêcha de hurler. Et de bien rude manière, en plus !

Aya en fut toute retournée. Elle avait déjà reçu des coups, lors de ses entraînements, par ses instructeurs et ses compagnons d’armes. Elle pouvait encaisser un crochet du droit au visage en serrant les dents, et s’en sortir sans trop de mal...quelques ecchymoses tout au plus, mais rien de bien méchant. Mais la gifle terrible qu’accueillit sa joue la fit trembler jusque dans les fondations de son être. Le vent mordant qui la frigorifiait avait mis ses nerfs à vif, et une telle atteinte à sa personne lui infligeait une douleur cuisante, au sens propre du terme. Elle avait l’impression de brûler de l’intérieur, et si elle n’avait pas entendu distinctement le claquement net et bref caractéristique d’une bonne claque, elle se serait demandé si ce coup n’avait pas purement et simplement ouvert sa peau. Mais plus que l’agression, c’était son auteur qui choquait Aya. Elle avait vu dans la bohémienne ce qui semblait être une alliée, ou tout du moins une personne qui n’appréciait pas le soldat. Bien que n’ayant pas eu le temps de discuter réellement, elles avaient affronté un même ennemi, et avaient toutes deux survécu. Alors pourquoi se retournait-elle contre elle maintenant ?

En réponse à sa question muette, la bohémienne lui expliqua sur un ton acide la raison de son geste. Explication qui ne satisfit pas l’aspirante. Pourquoi avait-elle peur des soldats de la garde de la cité. Ils étaient là pour maintenir l’ordre, et pour s’assurer que des déserteurs et des traîtres à la Couronne, du genre de celui qui la retenait fermement à quelques pouces du sol, ou de celui qui l’avait entraînée dans cette histoire pour une bourse envolée, soient châtiés comme ils le méritaient. Elle avait peur d’y être mêlée ? Mais elle n’avait fait que défendre sa vie. Et puis dans le pire des cas, Aya parlerait en sa faveur. En tant qu’aspirant et fille de soldat, aucun Capitaine de patrouille ne la condamnerait sans lui donner au moins une chance de prouver la véracité de ses dires. Qui plus est, si son père n’était pas officier, son nom n’était pas non plus totalement inconnu aux oreilles des soldats. De quoi retenir certains soldats désireux d’appliquer une justice un peu trop expéditive.

Toutes ces pensées qui se bousculaient dans la tête de la jeune fille, elle ne pouvait malheureusement pas les exprimer, et cela pour deux raisons : la première était que la bohémienne avait plaqué sa main sur sa bouche, de sorte à ce qu’aucun son ne puisse s’échapper de ses lèvres. La seconde était qu’elle était totalement clouée sur place par les yeux si particuliers de son interlocutrice. En plus de présenter un aspect totalement inédit pour l’aspirante, ils dégageaient une telle colère qu’il valait mieux ne pas essayer de jouer à la plus fine. Et puis...elle n’avait pas envie de prendre une autre gifle.

La bohémienne, que Aya prenait de plus en plus pour une alliée des deux traîtres, et donc pour une traîtresse, prit la main du jeune garçon qui était venu la rejoindre, et s’élança dans une ruelle proche, non sans inviter les deux déserteurs à faire de même. N’était-ce pas là la preuve de leur complicité ? Alors que la jeune Rhûnienne était en train de regarder les deux silhouettes s’enfuir dans la nuit glacée, elle sentit son corps s’éloigner encore un peu plus du plancher des Mûmakil. Sans cérémonie, le géant la déposa sur son épaule massive comme si elle n’avait été qu’un objet quelconque, un poids supplémentaire à transporter. Puis, après une brève concertation, il s’élança à grandes enjambées dans les rues de la cité, en quête d’un “abri” pour échapper à la garde, suivi de près par le capitaine déserteur.

Aya nota qu’il avait pris soin de ramasser son sabre, tombé sur le sol. Elle n’avait pas raté l’oeillade intéressée qu’il avait jetée à l’arme magnifiquement ouvragée, et elle ne doutait pas qu’il allait essayer de la garder pour lui. En vérité, elle était sur le point de lui demander de le lui restituer, quand son aimable porteur se lança à la poursuite de la femme et de l’enfant. Au sein de la population des Terres du Milieu, peu se sont jamais retrouvés bringuebalés sur le sommet d’une montagne en mouvement, perchés sur une épaule massive chahutant et tressautant à chaque irrégularité du terrain. Il faut imaginer avoir la tête en bas, le corps installé dans une position inharmonieuse, et l’abdomen fracassé par ce qui ressemble à s’y méprendre à un coup de marteau, à chaque fois que le porteur pose le pied par terre. Une vraie partie de plaisir. Ce fut la raison principale pour laquelle Aya ne parvint pas à faire parvenir son message au déserteur, qui, de toutes façons, l’aurait sans doute ignoré purement et simplement. Toutefois, même si elle avait trouvé l’énergie pour protester, elle en aurait été dissuadée par la vision de la lame de la terrible hache qui s’agitait sous son nez, et qui lui rappelait par trop l’efficacité redoutable du colosse sur lequel elle était juchée.

Chaque mètre gagné par le géant l’éloignait un peu plus de sa famille, de sa maison, et de la perspective de retrouver une vie normale...et un peu de chaleur. Ainsi perchée, elle avait en effet la chance d’être parfaitement exposée à tous les vents qui s’engouffraient dans les ruelles, et qui ne manquaient pas de lacérer sa peau nue. Elle avait pensé bien faire en prêtant sa veste de cuir épais à la bohémienne - qui elle même l’avait passée à ce jeune enfant -, mais elle commençait à regretter son geste. Sincèrement, elle fit de son mieux pour résister à tout ça : au froid, et à la douleur cuisante qu’elle ressentait dans ses tripes à chaque fois que le géant imprimait son empreinte dans le sol. Elle ne voulait pas leur donner l’impression d’être faible, ou de vouloir les retarder outre mesure. Dans ce dernier cas, elle leur aurait donné une bonne raison de se débarrasser d’elle, et elle n’avait pas envie de jouer avec la patience d’hommes qui n’avaient rien à perdre. Toutefois, il vint un moment où toutes ses réticences furent balayées par l’ampleur des désagréments du voyage.

Alors enfin, d’une voix tremblante et presque étouffée par le bruit des pas précipités, elle interpella ses deux ravisseurs :

- Pitié...Je n’en puis plus...je suis gelée...pitié...

Il aurait été difficile de ne pas croire en ses propos en cet instant précis. Son corps était agité de tremblements convulsifs relativement inquiétants, et, transie de froid, elle avait probablement utilisé ses ultimes réserves pour les implorer de s’arrêter. Ses lèvres étaient bleuies, et c’était bien la seule partie de son visage décomposé qui affichait encore une couleur, le reste étant d’une pâleur quasi-cadavérique. Son lait chaud et sa soupe bouillante lui semblaient bien loin, maintenant, alors qu’elle luttait de toutes ses forces pour rester consciente.


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"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"

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Môrhïn
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Dim 11 Déc 2011 - 18:24
L'avantage non négligeable d'une course nocturne c'est qu'elle ravive les sangs figés par le froid. La course effrénée qui portait Môrhïn dans les ruelles sommairement éclairées de la citée, enflammait ses joues de rose et attisait le feu de ses veines. L’effort avait ça de bon, qu'elle n'était plus aucunement transie de froid. Par ailleurs la perspective de se retrouver dans l'enceinte aussi douillette que chaleureuse de sa roulotte lui mettait un véritable baume au cœur, qui lui faisait oublier les engelures de ses pieds et de ses doigts. Oui... la charmante danseuse qui entraînait dans son sillage le petit garçon était heureuse d'avoir enfin échapper à ces hommes dont elle ne souhaitait rien savoir.

Pourtant, alors qu'elle s'engouffrait dans la rue des Tanneries, les cliquetis métalliques provenant de son dos lui indiquèrent qu'elle n'était plus seule. Sans ralentir davantage sa course déjà limitée par les enjambées du gamin, elle tourna la tête en arrière. Ce qu'elle aperçut, mit instantanément fin à sa bonne humeur. Les deux hommes la suivait, et pire, alors qu'elle avait espéré les semer dans le dédale de la ville, ils gagnaient du terrain sur elle. Si seulement elle n'avait eu dans son sillage le petit bohémien... sans aucune peine elle se serait débarrassé d'eux. Il faut dire que lorsqu'il était question de course, la gitane n'avait pas son pareille. Elle galopait comme une gazelle et rare était ceux capable de la suivre. Mais le fait est qu'elle n'arriverait rien, pour cette fois ci, de cette manière. Aussi envisagea-t-elle immédiatement une solution de repli et prit à droite au croisement suivant.

Ce qu'il faut évidemment savoir, avant toute chose, c'est que le Clan de Môrhïn dont les principaux revenus provenaient de larcins divers et variés – comprenez par la vol à la tire, extorsions, cambriolage, mendicité, et autres petites choses n'impliquant pas la mort d'autrui en règle générale – et parfois de travaux plus honnêtes mais peu agréables, disposaient, en cas de problème, d'un.... hum.... comment dire.... plan de sauvetage. Soit une cache dont ils pouvaient à loisir disposer. Dans une aussi grande ville, c'était réellement une condition sinéquanone, et n'importe quel hangars pouvait faire l'affaire. En l'occurance, c’était dans un ancien abattoir désaffecté et délabré qu'elle s'engouffra avec son petit compatriote, non sans avoir préalablement émis, un sifflement strident.

L'intérieur était sombre, et de la toiture mitée, on pouvait apercevoir le ciel aussi sombre qu'une flaque d'encre noire. Nouveau sifflement strident. Le plancher craqua en plusieurs endroits, mais loin de s'en inquiéter, la jeune femme avança dans les ombres et se plaqua contre l'une des cloisons de l'entrée, invisible pour qui pénétrerait à sa suite. Elle se baissa à hauteur du garçon, glissa sa main sur sa bouche, lui embrassa le front et lui souffla de se taire, quoi qu'il arrive.

Ses poursuivants, en la qualité de l'ancien bourreau, du déserteur et de l'aspirante « sac à patates » projetée sur l'épaule du premier, entrèrent à leur tour. Le silence régnait et rien ne semblait aussi vide et désert que cette vieille bâtisse presque en ruine. Mais en ce fait là résidait la tromperie et la sournoiserie des Bohémiens. En pénétrant dans cet endroit, ils étaient entrer dans la souricière dont le sifflement n'avait été que le déclencheur. En pénétrant ils avaient scellé leur destin mais pas de la façon dont ils se l'imaginaient.

Tel des spectres ou des éclairs d'aciers surgissant des ombres, des lames jaillirent sous leurs gorges, se plaquèrent contre leurs reins. Une torche fut allumée, puis une seconde puis encore une autre. A leurs lueurs c'est une Môrhïn triomphante, poings sur les hanches qui les toisait, entourée de plusieurs hommes aux visages basanés par les voyages
.

- Ah ! Qu'est ce que tu nous ramènes là Môrhïn ?

- Des troubles-fêtes. Deux déserteurs et une.... une aspirante. D'ailleurscommença-t-elle en pointant du doigt le colosse Toi, lâche-là !

Celui semblant être l'autorité de la bande soupira longuement.

- Bref des ennuis....

Il tourna autour de ses victimes et avisa de leurs armes qu'il confisqua immédiatement.

- Des déserteurs... vraiment ? La récompense devrait être intéressante.

Son regard se teintait indéniablement d'une profonde avidité .Assurément, une meilleure offre ne le laisserait pas indifférent, s'ils le pouvaient. En attendant les pointes menaçantes ne quittaient pas les deux hommes. Au moindre mouvement hostile, il était fort à parier qu'ils les larderaient sans remords.En tout cas celui proche du Capitaine Firaz ne lui était pas inconnu. Il était l'un des musiciens de la taverne. Il se pencha vers lui et murmura tout en se fendant d'un sourire sarcastique :

- C'était une belle bourse !

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Taorin
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Jeu 15 Déc 2011 - 20:47
Ieslïn entendait les bruits de courses des étrangers derrière eux, courant à la suite de la jeune bohémienne. Ses robes volaient au visage du jeune garçon, troublant sa vision. Son bras, fermement tenu par la Belle, l’entraînait à sa suite. Ieslïn sentit plus qu’il ne vit qu’ils venaient de pénétrer dans le quartier des Tanneries. L’odeur les prit à la gorge : les produits utilisés par les tanneurs pour traiter leurs peaux puaient tant que la plupart des habitants préféraient effectuer un détour de plusieurs centaines de mètres plutôt que d’avoir à traverser le quartier.

Môrhïn tenta de semer leurs poursuivants, empruntant des ruelles tortueuses où s’entassaient les déchets de plusieurs générations, semblait-il. Mais les deux solides gaillards et la jeune femme les talonnaient toujours, gagnant même peu à peu du terrain.

La bohémienne pénétra dans l’abattoir désaffecté servant de cache au Clan de bohémiens, sifflant rapidement avant d’ouvrir la porte. Ieslïn savait qu’il s’agissait d’un code : elle prévenait les gardes de l’arrivée d’intrus dangereux. La jeune danseuse se plaqua ensuite contre le mur, dans l’obscurité, le jeune garçon dans les bras.

Les étrangers ouvrirent la porte violemment, et se précipitèrent à l’intérieur, certains d’y trouver la bohémienne et son petit compagnon. Mais l’obscurité de la pièce les prit au dépourvu : ils s’arrêtèrent à quelques pas de l’entrée, hésitants, laissant ainsi le temps aux bohémiens de les encercler discrètement et de placer leurs lames aiguisées sous leur gorge. Des torches s’allumèrent, et Môrhïn fit face aux étrangers en compagnie des autres membres du Clan. Ieslïn reconnut Mizrân, un des chefs du clan.

« Ah ! Qu'est ce que tu nous ramènes là Môrhïn ? » demanda-t-il.

Alors que la Belle répondait et que des hommes confisquaient les armes des inconnus, Ieslïn fit ce que tout gamin du Clan ferait dans cette occasion : il s’approcha des deux hommes et de l’aspirante, et entreprit de vider leurs poches et de prendre leurs bourses. Avec un peu de chance, on lui laisserait quelques pièces pour son usage personnel, tandis que le reste irait pour le bien du Clan.

Le géant le regarda, l’air grave. Ieslïn frissonna intérieurement : cet homme-là était dangereux, extrêmement dangereux. Il avait bien vu la hache trempée de sang, et les cadavres horriblement mutilés. Le jeune garçon s’écarta vite de Druss, tout en glissant la bourse du géant dans ses haillons.

Néanmoins, malgré ses craintes, Ieslïn espérait qu’aucun mal ne serait fait aux deux soldats et à la jeune femme : sans trop en connaître les raisons, le jeune voleur les trouvait sympathiques…


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Sirion Ibn-Lahad
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Mer 4 Jan 2012 - 12:51

Enfin ils avaient quitté cette maudite ruelle. Pas que la vue de ses victimes l'indisposent mais rester ainsi à discuter près d'une telle scène de crime, cela ne plaisait guère à Druss. La course à travers le dédale de rues fut une occasion pour le colosse de délier ses muscles et ses articulations glacés par ce vent septentrional. Son poids sur l'épaule ne semblait pas l'incommoder plus que ça, le guerrier progressait sans qu'on puisse réellement croire qu'il portait une jeune femme. Derrière lui, Firaz paraissait suivre le rythme, cet homme avait toute la confiance de l'ancien bourreau.

La bohémienne, qui les devançait, n'avait apparemment pas le même niveau de confiance en ces deux hommes. À plusieurs reprises, Druss dut accélérer pour ne pas la perdre et lorsque finalement, il était presque parvenu à sa hauteur, il y eut un dernier virage. Et quand le colosse pencha la tête pour scruter devant lui, il eut tout juste le temps d'apercevoir les fanfreluches de la robe de la belle femme s'engouffrer dans une bâtisse.

"Pitié...Je n’en puis plus...je suis gelée...pitié..."

C'était la jeune aspirante qui depuis son piédestal murmurait à l'oreille de Druss ces quelques mots. Aussitôt le bourreau reposa son colis au sol, leur destination à présent toute proche. Sans bruit, le géant fit signe à Firaz en lui montrant l'entrée du bâtiment. Tous trois y pénétrèrent alors.

Quelle fut leur surprise lorsque de l'acier glacial vînt leur chatouiller la gorge.

"Ah ! Qu'est ce que tu nous ramènes là Môrhïn ?"

La bohémienne entama une courte discussion avec celui semblant être le chef du petit groupe. Ils étaient tombés tout droit dans la gueule du loup.

"Des déserteurs... vraiment ? La récompense devrait être intéressante."

À ces mots, le colosse haussa les épaules tout en scrutant les hommes pointant leurs armes vers lui. Les bohémiens se saisirent rapidement des objets de morts des trois nouveaux venus. Celui qui dut se saisir de la hache d'arme de Druss parvînt tant bien que mal à soulever l'engin de guerre, arrachant un sourire en coin au colosse.

Le jeune garçonnet se faufila entre eux et l'ancien bourreau sentit presque aussitôt qu'il venait de perdre quelques grammes. Mais il n'en fit rien. Malgré la manière dont on les traitait, Druss ne semblait pas réellement ennuyé. Du moins, pour le moment.

"Vous y perdrez plus que vous n'y gagnerez. Sous la torture, nous pourrions dévoiler aux forces de l'ordre l'emplacement de ce lieu..."

C'était clairement un avertissement envers les bohémiens. Même si Druss n'aimait pas vraiment cette idée, il espérait dissuader le meneur de les dénoncer.

"Et comme vous ne semblez pas être des tueurs, je vous propose de baisser vos armes et de nous asseoir. Mon ami ici présent aurait quelque chose à vous proposer."

Constatant que l'assemblée paraissait un peu déconcertée, il se décida à leur dévoiler leurs noms :

"Voici Firaz, ancien capitaine de Rhûn ayant participé à la Bataille du Nord... quant à moi, je m'appelle Druss... Ibn-Lahad."




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Dwilidan
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Lun 9 Jan 2012 - 19:49

Enfin ils avaient cessé leur course folle. Firaz n'avait plus les jambes de ses vingts ans et l'endurance n'avait jamais été son point fort, même lorsqu'il était plus jeune. Alors peu était de dire que cette cavalcade à travers n'était pas ce qui lui avait fait le plus en bien en cette journée, pourtant déplorable depuis le début.

Au moins il faisait chaud là où ils étaient, et le froid mordant de l'extérieur ne les atteignait plus, chassé par la chaleur rassurant d'un feu qui brûlait paisiblement dans un âtre. Évidemment le vétéran aurait préféré pouvoir savourer plus amplement ces petits plaisirs simples, sans être sous la menace d'une lame par exemple. Firaz détestait être privé de son épée, ou même savoir qu'il ne possédait aucune lame sur lui - ce qui n'était évidemment pas le cas à ce moment précis - le faisait sentir comme nu, sale habitude que d'être un soldat et s'attendre à se faire trancher la gorge à tout moment.

La voix caverneuse de son compagnon s'éleva alors, résonnant dans la pièce qui leur servait de prison provisoire. Son intervention sembla perturber la dynamique des bohémiens qui ne paraissait plus aussi sûr d'eux qu'il y a à peine une poignée de secondes, avant que Druss ne décide de mettre son petit grain de sel.

Il se présenta comme étant Druss Ibn-Lahad et Firaz comme étant....et bien Firaz en fait, il n'y avait pas grand-chose à rajouter sur le vétéran, peut être le fait qu'il était désormais un déserteur dont la fuite devait maintenant avoir été remarquée mais rien de plus.

Suivant les directives de Druss, le guerrier s'éclaircit la gorge avant de parler de sa voix calme et mesuré, enfin aussi calme et mesuré que l'on est en étant menacé par des épées :

"Effectivement, je suis ce qu'on pourrait appeler un déserteur. Pas que je sois lâche ou autre chose mais j'ai un petit différent avec l’État en place qui fait qu'on a fini par arriver à un conflit d'intérêt. Et maintenant je suis à la recherche de l'homme qui pourrait changer tout cela, et nous permettre de retrouver des jours meilleurs."

On pouvait noter une note d'émotion dans la voix du vétéran, dire ces choses après les avoir tant ressassés lui faisait du bien, comme s'il pouvait enfin évacuer toute la frustration qu'il avait accumulé depuis déjà trop longtemps. Enfin il avait des gens prêts à l'écouter, prêts à le suivre, prête à libérer son pays.
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Ryad Assad
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Mer 18 Jan 2012 - 11:48

La chaleur fut la première sensation que retrouva Aya, lorsqu'elle émergea d'une période d'inconscience aussi brève que déstabilisante. Après avoir supplié le géant sur lequel elle était juchée de la reposer, et après qu'il se soit exécuté de bonnes grâces, elle avait été maintenue collée à lui par sa main puissante, qui s'apparentait plus à un piège à ours. Pourtant, malgré sa force de toute évidence phénoménale, il se contentait d'employer, avec elle tout du moins - elle eut une pensée pour les pauvres bougres encore étalés dans la neige - le strict nécessaire pour la maintenir prisonnière sans lui faire trop de mal. Certes, elle avait été malmenée par leur course folle dans les rues de la cité, et certes il avait bien failli lui briser le poignet en l'enserrant dans sa grosse patte, mais il avait fait preuve d'un contrôle et d'un sang-froid extraordinaire. Cependant, malgré toute la douceur relative dont il faisait preuve, la manière dont il l'avait molestée avait laissé des traces.

Aya s'éveilla en sursaut, en sentant la vie revenir au bout de ses doigts, et sur son nez rougi. Elle était toujours debout. De toute évidence, le colosse l'avait forcée à avancer sans même se rendre compte de son inertie. Mais l'important n'était pas. L'important était qu'avec la renaissance de son organisme, elle pouvait désormais identifier l'endroit où elle se trouvait. Et cela ne la rassura guère. D'un rapide coup d'oeil, elle fit l'état des lieux. Ils s'étaient arrêtés dans une bâtisse en ruine - à en juger par l'état de décomposition de certaines poutres, par les trous dans la toiture par lesquels on distinguait le ciel nocturne, et par l'odeur de renfermé qui se dégageait des lieux -, mais c'était tout ce qu'il était possible de distinguer, car l'édifice était plongé dans une obscurité des plus inquiétantes. La jeune aspirante aurait voulu plisser les yeux pour essayer d'y voir plus clair, mais elle fut détournée de son objectif premier par un sifflement peu rassurant.

Avant d'avoir pu comprendre de quoi il retournait, elle sentit un picotement désagréable sur son flanc, et un autre sur sa gorge. Se raidissant au contact du métal froid, elle n'esquissa plus un geste tandis que les bohémiens, alliés de la danseuse, se saisissaient des trois intrus. Aya jeta un coup d'oeil à l'homme qui la tenait toujours fermement. Son visage fermé semblait serein, même si en cet instant, seul un fou aurait pu être véritablement à son aise. Quant à Firaz -maudit soit-il ! -, il demeurait invisible à la jeune fille, qui espérait qu'il allait se faire étriper sur place par ces individus, alliés de la bohémienne. C'était là tout ce qu'il méritait.

Après quelques secondes de flottement pendant lesquelles personne ne bougea, des torches s'allumèrent de-ci de-là, révélant les visages sombres des voyageurs, ainsi que celui particulièrement fier de la bohémienne. Un homme prit alors la parole, d'une voix empreinte d'ironie, comme s'il considérait les nouveaux arrivants comme des mouches dont il fallait s'occuper, mais qui ne présentaient aucune difficulté. La danseuse présenta rapidement les trois intrus, avant d'ordonner au plus massif d'entre eux de libérer la jeune fille. Cette dernière aurait voulu se présenter de manière plus digne en face de ceux qui allaient mettre à mort les déserteurs et ennemis du Trône, mais ses jambes affaiblies refusèrent de la porter, et elle tomba à genoux, dans une position qui évocait tout à la fois l'épuisement le plus total et une certaine forme de soumission.

Reprenant son souffle, et cherchant à rassembler ses forces pour se relever, Aya ne vit ni n'entendit les hommes qui l'entouraient se saisir des armes de Druss et de Firaz. Ils ne s'approchèrent pas d'elle, constatant qu'elle était désarmée. Peut-être pensaient-ils qu'elle était une innocente victime de ces deux hommes rompus aux arts guerriers, et qu'elle ne représentait pas une véritable menace. Elle ne se reconnecta au monde réel que lorsqu'elle sentit la présence du petit garçon à ses côtés. Elle releva la tête, et le dévisagea. De toute évidence il était terrifié par le colosse, mais il s'acquittait tout de même de sa tâche - qui consistait à le délester de son argent. Sitôt fait, il battit en retraite, préférant sans doute s'éloigner de lui avant que Druss ne décide de se mettre en colère. Aya chercha son regard, et le croisa finalement. Elle était seule au milieu de personnages antipathiques, elle avait besoin de sentir que quelqu'un ne voulait pas de mal, et étrangement, parmi tous les êtres vivants présents dans cet endroit sordide, ce jeune garçon était le seul qui était en mesure de la rassurer quelque peu.

En dévisageant ce jeune bohémien, les pensées de la jeune fille dérivèrent sans qu'elle puisse rien y faire vers son petit frère. Si Aya plaçait, comme toute sa famille, le Trône de Rhûn au-dessus de tout le reste dans l'ordre de ses considérations, son cadet prénommé Issam venait juste après. Ce petit ange était bourré de qualités, et elle l'adorait sincèrement. Des larmes lui montèrent aux yeux tandis qu'elle pensait à celui qu'elle protégeait jour et nuit depuis qu'il était né. Se pourrait-il qu'un jour, elle puisse ne plus le revoir ? L'homme qui avait une lame plaquée contre sa gorge dénudée pouvait-il d'un simple mouvement du poignet la séparer définitivement des siens ? Elle se rendit alors compte qu'en laissant libre court à ses émotions, elle risquait de passer pour une jeune fille éplorée, ce qui n'était pas du tout son intention. Elle ferma les yeux et inspira profondément, pour se rendre à nouveau maîtresse d'elle-même, en espérant que le petit bohémien n'avait pas mal interprété ses larmes.

Elle revint à la réalité en entendant la voix puissante de Druss, qui s'exprimait avec un calme incongru. Ne ressentait-il donc jamais la peur ? Même dépossédé de son arme, et menacé par plusieurs individus, il dégageait encore une aura de confiance et peut-être même de dangerosité. Aya jeta un coup d'oeil rapide à la bohémienne qui les toisait toujours : elle se tenait à bonne distance du mastodonte, et écoutait attentivement ses paroles qui sonnèrent comme une menace voilée. Le déserteur jouait avec le feu : les bohémiens pouvaient les relâcher pour préserver leur cachette...ou bien éliminer trois témoins plus que gênants, et pour l'instant désarmés. Néanmoins, le colosse avait un autre atout dans sa manche.

Une proposition, disait-il ? De la part de l'autre déserteur, le pseudo-capitaine, celui qui avait été à l'origine de toute cette histoire ? Cela ne pouvait rien amener de bon. Aya voulut se lever, et demander aux bohémiens - qui jusqu'alors s'étaient peut-être montrés extrêmement méfiants, mais qui n'avaient pas menacé clairement le Trône - de ne pas l'écouter et de l'exécuter sur le champ. Elle en fut empêchée par le frottement particulièrement désagréable d'une lame soigneusement affutée qui pressait contre sa gorge, avide de mordre sa chair. Aussi, elle fut en mesure d'écouter, horrifiée, le discours subversif tenu par celui qui, jadis, avait porté fièrement l'uniforme de l'armée de Rhûn.

Elle fusilla du regard cet homme qui, sans la moindre honte, fomentait une révolte contre le pouvoir en place, contre le Trône, contre la Reine Lyra Elle-mêmme. Cela dépassait l'entendement de la jeune fille. Le gouvernement de son pays était en place depuis des temps immémoriaux. Son peuple était passé par des moments d'une gloire immense, puis par des périodes plus sombres, mais s'était toujours relevé. Rhûn était une nation forte, et chaque habitant se devait de respecter ses lois, son peuple, et son suzerain. Au fond de son coeur, Aya était perdue. Comment quelqu'un qui avait servi son pays pouvait-il soudain se retourner contre les siens ? Les ennemis dont on lui avait parlé venaient toujours de l'extérieur : les vils occidentaux et leurs espions, les hautains elfes, les belliqueux nains, et d'autres encore, tous prêts à prendre les armes pour écraser sa patrie. Mais aucun vrai fils de Rhûn n'aurait pu tenir de tels propos. L'indignation et la haine peintes sur les traits de l'aspirante étaient clairement visibles, et elle ne chercha pas à les dissimuler, pas plus que quand elle prit la parole d'une voix tremblante d'émotion :

- Voyageurs...Vous n'êtes pas sans savoir que la trahison est le plus haut crime que l'on puisse commettre contre le Trône de Rhûn...Faites ce qui est juste : éliminez ces deux déserteurs, et amenez leurs corps aux autorités...On vous croira, je parlerai en votre faveur, et on vous récompensera à la hauteur de votre geste. Mais, de grâce, n'écoutez pas les mensonges et les folies de ces hommes ! Ils vous conduiront dans les plus sombres cachots de Blankânimad, où vous subirez les pires tortures, avant de...!

Aya ne finit jamais sa phrase. Le bohémien qui la tenait venait de plaquer sa main sur sa bouche, tout en faisant remonter le poignard qui la tenait en respect. Désormais, même si elle arrivait à se libérer de la poigne féroce qui l'empêchait presque de respirer, le moindre mot lui coûterait la vie. Mais tant pis...elle avait épuisé ses ultimes ressources. De toutes ses forces, elle pria pour que les bohémiens, notamment Môrhïn, entendent ses paroles. On risquait toujours gros à s'opposer au Trône.


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Môrhïn
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Mar 24 Jan 2012 - 11:57
- Amusants et rafraichissants, tes amis, Môrhïn

La face ambrée du bohémien se fendait d’un regard rieur alors que les menaces et les propositions glissaient sur lui, comme la pluie sur un toit. Ces gens ne connaissaient pas du tout les hommes de son espèce, sinon, ils ne se seraient pas laisser aller à de semblables inepties. Les gitans étaient libres et sans autre attache que celle de leur clan. Les états et les nations ne les importaient pas, ils voyageaient au gré de leurs envies et de leurs besoins, sans autre maître que leurs désirs de parcourir le monde. Aider un déserteur ? Pourquoi donc ? Quel intérêt ? Eux n’avaient aucun à priori avec les Seigneurs de ces fiefs. Les Tuer ? Stupide, les bohémiens ne se repaissaient pas du sang. Ils volaient, ils mentaient, ils arnaquaient et dépouillaient mais ils ne tuaient que si nécessaire et quelle nécessité en cet instant exigeait la tête des deux hommes ? La Reine de cet empire n’avait pas le moindre de pouvoir sur eux, ils n’étaient pas ses sujets… ils n’étaient pas loyaux...

La jeune femme, toujours parée de ses atours de danse ne répondit pas. Ses poings fermés sur ses hanches, une moue boudeuse froissant sa bouche, elle ne les trouvait pas amusants. Si ses joues avaient repris quelques couleurs, elle n’oubliait pas l’affront du déserteur lorsqu’il l’avait trainée dans le froid et l’outrage de certaines mains sur son corsage, prisonnière entre des bras d’un malandrin par sa faute. Môrhïn avait la rancune tenace, et ses prunelles étranges fustigeaient le soldat avec une farouche véhémence. La gentillesse de l’aspirante et l’intervention du deuxième larbin pour défendre sa vertu, atténuaient peut-être légèrement les faits, mais il était certain qu’elle n’en avait pas fini avec ce Firaz.


- Heureuse qu’ils t’amusent, Vasihïr dit-elle d’un ton signifiant l’exact inverse.

L’amorce d’une tempête. Dans un dialecte visiblement connu des seuls bohémiens, un échange houleux commença. La Belle, index dressé, levé vers son interlocuteur, discutait férocement. Croisant les bras sur sa poitrine tout en plissant son regard d’ébène une lueur assassine il subissait presque sereinement la vindicte de la danseuse. Les mots s’échangeaient tantôt durs, tantôt charmeurs, toujours passionnés, et ils semblèrent se mettre d’accord puisque rapidement, l’un et l’autre abandonnèrent toutes velléités, s’accordant d’un même sourire complice. La discussion était close, la décision prise.


- Bien, nous n’avons que faire de vos histoires, nous nous fichons bien de votre Messie et de votre Trône…

- … mais parce que vous avez sauvé ma vie, Druss Ibn-Lahad, nous consentons à vous laisser partir indemnes tous les deux. Vous pourrez vous reposer ici, en sécurité pour cette nuit, jouir d’un feu et d'un repas. compléta la Danseuse tandis que les bohémiens abaissaient leurs armes à l’exception de celui qui retenait l’aspirante.

- Je suis Vasihïr et vous connaissez déjà Môrhïn

D’un geste ample, il invita les deux soldats à le suivre, empruntant les couloirs jusqu’aux entrailles du bâtiment. La bâtisse croulante, ancien entrepôt d’abattoirs était véritablement plus grande qu’elle ne le paraissait, vue de l’extérieure. Dans un coin, relativement éloigné de l’entrée par laquelle ils étaient entrés, les bohémiens avaient disposé un camp de fortune. Ici le toit ne se perçait plus en laissant apparaitre les cieux, mais les poutres restaient fragiles. Entres deux piliers de bois, des tentes se suspendaient autour d’un foyer central. Ce n’était pas là leur véritable campement, juste un avant poste. Ils étaient une dizaine, tout au plus, mais parfaitement organisés. Une marmite ronronnait au dessus du feu, dégageant un fumet alléchant. On proposa aux deux hommes une assiette brulante et on leur offrit une couche de fourrure déposée à même le sol afin qu’ils se reposent.

Pendant ce temps, la jeune aspirante fut ligotée, transportée avec ménagement dans une des petites tentes où Môrhïn, seule autre femme de cette petite assemblée, la rejoignit.

*************


L’aube. Rougeoyante et froide, elle embrasait la ville des premières lueurs tamisées d’un soleil trop froid pour réchauffer les bâtiments de pierre et les malheureux mendiants dispersés dans les ruelles. Vasihïr comme la plupart des siens était déjà debout, fin prêt à une nouvelle journée. Il se tenait près du feu, ses mains pressées sur les épaules de Môrhïn, la mine grave et inquiète.


- Tu es certaine… ?
- Absolument Vasihïr
- Ce pourrait être dangereux ma Belle

Elle éclata d’un rire perlée en renversant sa tête en arrière, libérée du jouc amical de son compagnon. Bien qu’elle ne porta plus ses vêtements légers et aguichant de danseuse, la jeune femme conservait un charme bien exotique avec ses longues boucles brunes, ses jupons colorés, son corset ajusté sur ses courbes sensuelles.

- Evidemment ! Mais un petit peu de danger rend la chose palpitante
- Fais attention alors.
- Evidemment tu me connais
- C’est bien pour ça que je te le demande
- Ne t’inquiète pas pour nous. Tout ira bien et je veillerais sur le petit

Derrière eux, les bohémiens vaquaient à leurs occupations mais on aurait dit qu’ils comptaient lever le camp incessamment sous peu. Déjà les cloisons de toiles tombaient les unes après les autres, les maigres possessions étaient rassemblées, tous semblaient se tenir prêts.
Avisant de l’arrivée leurs invités rhuniens, frais et dispos, Vasihïr, les accueillit chaleureusement. Après les usuelles salutations, on apporta un morceau de pain frais et un bol de soupe tiède à chacun d’entre eux, en guise de petit déjeuner.


- Nous avons convenu que Môrhïn et Ieslïn, vous accompagneraient dans cette quête, leurs connaissances vous seront très certainement utiles et Môrhïn a encore une dette de sang envers vous Ibn-Lahad. Quand au sort de l’aspirante, nous ne pouvons pas la garder, trop… dangereux.

- Ce ne sera pas nécessaire, elle viendra avec nous, nous avons eu une discussion hier soir, et bien que je ne sois pas assurée de ses meilleurs sentiments à vos égards, elle semble se soumettre à l’idée de nous assister. Peut-être prépare-t-elle quelques problèmes aussi, je ne saurais que trop vous conseiller de la surveiller. répliqua la gitane alors que l’objet de cette discussion s’approchait du groupe.

- Vous pourrez partir quand vous le souhaiterez acheva Vasihïr avant de se lever et de rejoindre les autres pour les préparatifs.

La véritable quête des deux Rhuniens allait enfin commencer.


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Taorin
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Dim 12 Fév 2012 - 22:13
Le jeune garçon se leva aux aurores, malgré une nuit agitée. Tout en baillant à s’en décrocher la mâchoire, il avançait dans les couloirs enténébrés de l’entrepôt utilisé par le clan de bohémiens. De temps en temps, des trous dans les parois laissaient passer quelques rayons de soleil en même temps que des courants d’air froid. Ieslïn grelotta, et accéléra le pas.

La nuit avait été pleine d’agitation : veillant aux côtés de Môrhïn jusqu’à une heure avancée, le jeune bohémien avait tout entendu, et tout vu. Bien que trop jeune pour saisir toutes les implications de ce à quoi il avait bien pu assister, Ieslïn se rendait compte de d’importants évènements avaient pris place sous ses yeux, et que leurs conséquences se feraient sentir tôt ou tard.

Tout en repensant à la veille, Ieslïn se servit un bol du gruau qu’avait préparé un bohémien plus âgé. La mixture, roborative, calma la faim du petit voleur. Une fois son bol terminé, Ieslïn s’assit à côté de ses ainés, et attendit en leur compagnie que leurs « invités » se lèvent et soient prêts. Il savait qu’il allait devoir accompagner la Belle et les inconnus pour une grande aventure ! Ieslïn était tout excité : ce n’était pas une vulgaire course comme on l’envoyait faire en général, ni du vol à la tire, mais bel et bien une véritable épopée, comme celles que lui racontait Grand-Mère Ylïn.

Ieslïn écouta les quelques hommes parler : Vasihïr menait la conversation, et annonçait le départ prochain des bohémiens de l’entrepôt. Se levant, il commença à donner des ordres, s’attirant de nombreuses plaintes, mais les gitans se mirent tout de même au travail. Le jeune garçon dû se lever, et aida un des voleurs du clan à rassembler ses affaires.

Mais très vite, les inconnus arrivèrent, les traits tirés : l’immense guerrier, ce Druss Ibn-Lahad, marchait la tête droite, suivi par l’autre guerrier, celui qui s’avouait déserteur. Et enfin, derrière eux, la jeune Rhûnienne, accompagnée de Môrhïn, fermait la marche.

Rapidement, Vasihïr et la Belle expliquèrent la situation aux deux anciens soldats en quelques mots, indiquant qu’ils les aideraient dans leur entreprise. Puis, tout aussi vite, ils se préparèrent à affronter le froid glacial de l’extérieur…

HRP : Désolé pour le retard et l'exécrable qualité de ce texte :/


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Sirion Ibn-Lahad
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Ven 2 Mar 2012 - 23:29

La nuit fut somme toute agréable pour ces "réfugiés". Les bohémiens leur avaient finalement offert le gîte et le couvert. Druss sentit bien vite que son intervention en faveur de la jeune danseuse avait grandement favorisé cette tolérance de la part du groupe de saltimbanques. Une 'dette de sang' lui avait-elle dit ? Le géant esquissa simplement un léger sourire. Pas qu'il jugeait cette femme incapable de lui sauver la mise à son tour, mais simplement que pour l'ancien bourreau personne ne lui devait rien. Toutefois, il préféra se taire et ne pas entrer dans un débat stérile.

Ainsi, la belle danseuse et l'enfant continuaient avec eux ? Pour une surprise, c'en était une. Druss eut une moue assez dubitative lorsqu'il comprit que le garçon les suivrait. Ce n'était pas le genre d'aventures pour un gamin, mais après tout cela lui permettrait de veiller sur lui. Oui, il le protégerait. Ainsi, ils quittaient l'abri des bohémiens au même nombre qu'ils y étaient arrivés. Cinq, tels les doigts d'une même main, quoique certains doigts soient plus éloignés des autres. Le regard d'Ibn-Lahad glissa vers la jeune guerrière. Elle semblait plus calme que la veille et avait récupéré du froid.

Lorsque le petit groupe quitta la bâtisse, le vent de la veille avait quasiment disparu mais la neige, elle, continuait de tomber fortement. L'hiver était rude et semblait ne plus vouloir s'en aller, les flocons s'abattaient sans relâcher sur le sol de Vieille-Tombe. Cela faisait bien longtemps que les fourrures reposaient sur les épaules des habitants de la ville, pour les plus fortunés du moins.

Druss avait pu récupérer son arme au matin. Sa hache de guerre à double-lame était d'une grande qualité, ses tranchants pouvant fendre chair, os et tout ce qui passait à leur portée sans efforts grâce à la force et la dextérité de son propriétaire. Ce Ibn-Lahad était de ceux qui, en toute circonstance- semblaient toujours avoir l'avantage sur leurs ennemis, leur nombre important peu.
Le géant se positionna dans le groupe de telle sorte que l'aspirante ne disparaisse pas de son champ de vision. Quant à la bohémienne, bien que séduisante, Druss ne savait trop comment la juger. Elle savait se battre, avec les mots. Ils étaient cinglants, ça oui et le bourreau imaginait assez bien ce qu'elle avait pu dire à la jeune fille. Quoique...

Le colosse s'approcha de Firaz et tout en lui posant la main sur l'épaule, demanda :

"Et maintenant capitaine ? Quel est notre prochain arrêt ?"

Tout en attendant la réponse du vétéran, Druss observa la bohémienne puis le garçon. Ils semblaient très bien se connaître, était-elle sa mère ? Il ne voulait pas se montrer intrusif mais il lança néanmoins :

"Pourquoi venez-vous avec nous ? Je veux dire... hier soir, vous étiez prête à nous fausser compagnie, pourquoi ce changement ? Mais ne me parlez pas d'une dette de sang..."

Et la neige continuait sa danse immaculée.




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Dim 4 Mar 2012 - 11:21

Et une nuit de plus passée dans une relative sécurité, une ! Malgré un début de partie très mal engagé pour Firaz et Druss il s'en étaient plus ou moins bien tirés, le fait que le géant les aient tous sauvé jouant grandement en leur faveur, dans celle de leur survie en tout cas.

Et c'est donc une véritable petite compagnie qui s'apprêtait à quitter le bâtiment abritant les bohémiens. Rangeant sa fidèle lame dans son fourreau usagé, puis il se saisit de celle d'Aya qu'il avait récupéré par terre la veille, il se dirigea vers la jeune femme qui semblait mois encline à rameuter toute la garde de la ville :

"Je vous la rendrais une fois que nous serons à l'extérieur de la ville. Il serait triste que vous soyez prise d'une pulsion soudaine comme hier soir alors que tant de soldats nous entourent encore."

Puis, voyant que Druss l'interpellait, sa grosse main caleuse logée sur son épaule, il se retourna vers lui. La question était judicieuse, malheureusement la réponse qu'avait à fournir Firaz ne satisferait probablement pas le massif soldat :

"Eh bien nous devons déjà quitter la ville, nous n'avons déjà créé que trop de problèmes. Malgré tout je continue à croire que le Général se trouve par ici, en tout cas je pense que c'est ici qu'il pourrait trouver le plus de soutien pour sa cause. Peut être trouver un village où s'abriter dans les environs déjà, nous verrons pour la suite."

Effectivement le froid mordant de l'hiver faisait souffrir les articulations du vétéran qui, bien qu'il n'en soit plus à son premier hiver, commençait à sentir penser le poids des années sur son corps vieillissant. Mais une flamme continuait à brûler en son cœur, celle de la révolte, et celle-ci était plus forte que le plus polaire des hivers. C'est pourquoi la volonté du vétéran était à peine altérée et qu'une étincelle brilla fugitivement dans ses yeux juste avant qu'il ne rabatte sa capuche en peau dessus pour se protéger des flocons qui voletait paisiblement dans les cieux, éparses et innocents.
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Ryad Assad
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Mer 7 Mar 2012 - 22:47


La pathétique tentative de la jeune aspirante de convaincre les saltimbanques de l'aider à livrer les déserteurs à la garde de la cité s'était soldée par un cuisant échec. C'était tout juste si le chef de leur petite bande avait daigné l'écouter, et inutile de préciser que dès lors, tout espoir d'obtenir une réponse était vain. Aya fronça les sourcils, toujours incapable de parler, la lame du bohémien pressant sur sa gorge constituant une dissuasion suffisante. Qu'est-ce qui pouvait donc motiver ces gens-là ? Le désir de servir le Trône semblait ne pas les atteindre, ce qui était compréhensible, si on tenait compte du fait qu'ils n'étaient pas forcément originaires de ce royaume. Mais dans ce cas, pourquoi refusaient-ils la promesse d'une récompense dorée ? Pourtant, tous les humains errants, voyageurs et bohémiens aimaient l'argent, et ne vivaient que pour cela...C'était une leçon qu'elle avait apprise de ses parents et de ses supérieurs, qui ne pouvaient pas se tromper.

Sous les yeux abattus de la jeune loyaliste, les bohémiens poursuivirent leur conversation dans une langue qui lui était inconnue, comme si de rien n'était. Elle sentit le poids de cette terrible soirée s'abattre brutalement sur ses épaules, et se rendit compte qu'il n'avait été jusqu'alors retenu que par sa détermination, et son refus de se soumettre à ces déserteurs. Maintenant qu'elle les savait prisonniers de ces étrangers, elle pouvait enfin faire attention à elle-même. Elle laissa la discussion parvenir à son terme, jusqu'à ce que le chef du clan décide de s'adresser directement à ses prisonniers. La seule réponse que put lui rendre Aya se traduisit par une oeillade assassine, qui n'avait pas besoin d'être traduite en mots. Ainsi, ils refusaient de prendre parti, en plus de dire se "ficher du Trône" ? Mais qui étaient-ils pour se moquer de la sorte de Sa Majesté Lyra de Rhûn qui veillait chaque jour au bien-être de ses sujets, même de ceux qui n'étaient pas nés sur ses terres, comme ces bohémiens ? Malgré les paroles acides qui ne demandaient qu'à sortir, elle se contenta de garder le silence, attendant patiemment que l'homme qui l'entravait décide enfin de la lâcher. D'ailleurs, qu'est-ce qu'il faisait, celui-là ? Druss le géant, et Firaz le traître, lâche, misérable et...enfin, Firaz, quoi, n'étaient plus soumis à la menace d'une quelconque arme. Étaient-ce donc ainsi qu'ils comprenaient la neutralité ? S'ils désiraient ne pas intervenir dans des affaires qui ne les concernaient pas, ils auraient au moins pu mettre tout le monde sur un pied d'égalité...ou ligoter les rebelles et la laisser libre.

Aya fut remise sur ses pieds par une main puissante, qui ne la lâcha pas bien qu'elle fût debout. Malgré la lame qui pressait désormais dans le creux de ses omoplates, elle sut gré à l'homme qui se tenait derrière elle, car sans lui, jamais elle n'aurait trouvé la force de marcher. Quoique ses jambes tremblantes semblaient regagner en énergie à chaque seconde. L'espace d'un très bref instant, elle se mit à calculer mentalement combien de temps il lui faudrait pour recouvrer pleinement ses forces, et pour s'enfuir d'ici prévenir la garde. Cependant, avant d'avoir pu parvenir à une réponse satisfaisante, ses deux mains furent ligotées dans son dos, et elle fut contrainte d'avancer. Elle lança un "hé !" de protestation en voyant que les deux déserteurs avaient, eux, le droit aux égards des invités, et qu'ils se dirigeaient vers un feu particulièrement attrayant au-dessus duquel reposait le repas de la petite communauté. Le dîner de la jeune aspirante était loin désormais, et elle aurait payé cher pour pouvoir s'asseoir à leurs côtés, et manger ne serait-ce qu'un tout petit peu. Mais visiblement, ce n'était pas le sort qu'on lui réservait. Au lieu de quoi, on l'enferma dans une petite tente de peau, simple d'apparence, et qui ne devait pas être la résidence principale du bohémien qui l'occupait actuellement, si tant est que le concept de "résidence" puisse trouver écho dans l'esprit de ces gens-là. Presque immédiatement, Môrhïn fit son apparition, accompagnée du petit garçon qui les avait rejoints un peu plus tôt. Les deux femmes se jaugèrent un instant du regard, avant que l'hôte finisse par s'installer, visiblement désireuse de communiquer. Son interlocutrice avait le mauvais pressentiment que cette conversation n'allait pas lui plaire...


~~~~


Aya s'éveilla au petit matin, quelque peu ragaillardie. Le confort tout relatif de sa couche n'avait rien de comparable avec le lit douillet qu'elle occupait chez ses parents, mais elle avait eu l'occasion de se reposer sur des pierres nues, au cours de ses entraînements, et elle savait apprécier l'hospitalité, surtout dans une position aussi délicate que celle qu'elle occupait actuellement. Ses premières pensées furent exactement celles qui l'avaient taraudée jusqu'à ce qu'elle parvienne enfin à s'endormir : la conversation qu'elle avait eu avec Môrhïn. La bohémienne avait su trouver les mots justes pour convaincre la jeune fille de quitter la ville sans faire d'histoires. Elle était toujours prisonnière, mais elle pouvait - au péril de sa vie - mettre à mal le plan diabolique concocté par les deux traîtres. Néanmoins, en restant en vie, et en faisant mine de collaborer, elle pouvait peut-être les prendre à leur propre piège. Toutefois, il faudrait saisir la bonne occasion. La demoiselle se redressa, pour constater que la petite tente était déserte. Ainsi, la seule autre femme du petit groupe était déjà debout. Seule trace de son passage : une petite bassine remplie d'eau glaciale (probablement de la glace fondue, à en juger par les efforts de courtoisie des bohémiens), et un petit miroir. Malgré le contact désagréable de l'eau froide sur sa peau, Aya apprécia de pouvoir effectuer une toilette de chat qui la débarrassa des traces de fatigue qui assombrissaient son visage. Une fois revigorée, elle entreprit de se coiffer sommairement. Le jugement de ces deux déserteurs avait beau ne pas beaucoup compter à ses yeux, elle avait l'intention de bien marquer la différence qu'il y avait entre elle et eux. Ils étaient sales et peu soignés, elle allait prendre garde à se montrer sous son meilleur jour - compte tenu des circonstances, bien entendu. Une fois ses mèches brunes lissées et arrangées, elle s'autorisa enfin à sortir.

Elle avait laissé la bassine d'eau juste devant l'entrée de la tente, mais avait empoché le miroir, qui lui servirait peut-être plus tard. Pour s'en sortir, il allait falloir qu'elle réfléchisse à long terme, et qu'elle agisse en conséquence. En sortant de l'abri de fortune où elle avait dormi, Aya avait trouvé sa veste, accrochée soigneusement. Elle l'avait récupérée et s'appliquait à l'enfiler et à vérifier qu'elle n'avait pas été abîmée par les événements de la veille, lorsqu'elle arriva en vue du petit groupe. Si elle avait eu l'ouïe aussi perçante que son frère, elle aurait peut-être pu comprendre de quoi ses interlocuteurs discutaient avant qu'elle n'arrive, mais elle perçut tout de même le brusque changement d'atmosphère, et comprit donc que, si elle ne faisait toujours pas confiance aux deux déserteurs, la réciproque n'en était pas moins vraie. D'emblée, Firaz s'approcha d'elle, sans même la saluer et lui demander si elle avait bien dormi, ou s'excuser pour son comportement de la veille, et entama la première discussion de son interlocutrice sur un ton sarcastique. Ainsi, le fourbe avait récupéré sa précieuse épée, et ne comptait la lui rendre qu'après qu'ils aient quitté la ville. Elle avait espéré pouvoir la récupérer avant, ne serait-ce que pour sentir son poids rassurant à son côté. Mais plus que la déception de devoir travers Vieille-Tombe désarmée, c'était le déserteur qui la hérissait. Malgré ses bonnes résolutions, elle ne put s'empêcher de démarrer au quart de tour :

- Cette arme est un héritage familial, symbole de la loyauté de son porteur envers le Trône, Traître. Je doute que vous compreniez ce concept, et je doute que vous me la rendiez jamais car après tout...que vaut la parole d'un parjure...celui qui renie son serment, qui trahit les siens, et qui assassine ses frères ? Maintenant, Traître, puisque nous voyageons ensembles, faites-moi grâce de votre sarcasme écœurant, et de votre politesse feinte qui vous va si mal. Je n'ai pas le cœur à converser avec un renégat de votre espèce.

Sur ces mots particulièrement acides, Aya se détourna, signifiant par là que la conversation était close. Il pouvait en penser ce qu'il voudrait, elle n'en avait rien à faire. C'était un lâche, un menteur et un déserteur. Le fait qu'elle ne l'ait pas tué sur place était déjà un exploit, mais rien ne l'obligeait à se montrer amicale et bienveillante envers lui. Elle n'allait pas cacher son ressentiment envers les deux traîtres, même si elle préférait ne pas attiser la colère du plus grand. Son poignet gardait encore le souvenir de son étreinte. La jeune fille n'était cependant pas une folle, en colère contre le monde entier. Pour le prouver à Firaz, qui lui tournait désormais le dos, occupé à discuter avec Druss - sans doute dans le but de se débarrasser d'elle, ou de quelque chose dans le genre -, elle se pencha vers le petit garçon qui, la veille, avait assisté à la conversation entre elle et Môrhïn. Il n'avait rien dit, et il ne fallait pas être devin pour deviner sa grande timidité. Pourtant, il avait osé sortir dans les rues de Vieille-Tombe après la tombée de la nuit, sans même prendre la peine de se faire accompagner. Un petit exploit pour quelqu'un de son âge :

- Bonjour jeune homme, commença-t-elle sur un ton de grande soeur attentionnée, je m'appelle Aya. Ravie de te rencontrer. Puisque nous allons voyager ensemble, si j'ai bien compris, peut-être pourrions faire plus ample connaissance, ne crois-tu pas ?

En le regardant, Aya avait l'impression de se trouver face à son jeune frère, Issam. Pourtant, ils étaient très différents l'un de l'autre. Le sien était rebelle, particulièrement têtu, avec une âme de leader, et un corps qui promettait de devenir celui d'un guerrier de premier ordre. Celui-ci était plus petit, plus frêle, et il avait l'air moins assuré...moins intrépide. Pourtant, dans cet environnement hostile, rempli de bohémiens prêts à sortir leurs lames pour la menacer, et de déserteurs armés prêts à lui faire sauter la tête si elle tentait quoi que ce soit, ce petit homme était ce qui se rapprochait le plus d'un allié potentiel, voire même, de manière moins calculatrice, d'un ami. Et dans cette situation, c'était tout ce dont la jeune fille avait besoin.


Membre des Orange Brothers aka The Bad Cop

"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"

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Môrhïn
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Lun 19 Mar 2012 - 16:42
La bohémienne était prête. Sa tenue de voyage différait en bien des points de son accoutrement aguicheur de la veille. Le tissu arachnéens, les voiles colorés et les transparences impudiques disparaissaient au profit de la praticité. Sous les jupons écarlates, des petites bottines de cuir, faites pour la marche et non la danse. A ses ceintures, des breloques suspendues et l’étui ouvragés d’un poignard à lame courbe. Quoique moins provocatrice, sa mise restait tout de même faussement sage sous la pèlerine de laine chaude qui couvrait épaules dénudées, taille marquée d’un corset et décolleté plongeant.

"Pourquoi venez-vous avec nous ? Je veux dire... hier soir, vous étiez prête à nous fausser compagnie, pourquoi ce changement ? Mais ne me parlez pas d'une dette de sang..."

La voix grave et rocailleuse, du Rhûnien à la stature de géant, troubla les derniers préparatifs de son baluchon. Prenant le soin de refermer cette besace sur les provisions et la gourde d’eau qu’elle avait prises, elle répondit de cette voix naturellement sensuelle pimentée de cet accent propre à ceux de sa race.

- Pourquoi donc ? Vous autres Rhûniens, n’avez donc aucune fierté ? Vous m’avez sortie des mains de cet homme. J’en suis reconnaissante. Evidemment si vous ne m’aviez pas poursuivie… - elle jeta un regard brulant sur le colosse – je n’aurais pas été obligée de m’acquitter de cette dette, je suppose. Maintenant, je n’ai pas d’autre choix que vous accompagner bon gré, mal gré. Les règles de mon clan l’exigent…

Une légère entorse à la vérité, mais il n’était pas nécessaire qu’il s’en rende compte. D’ailleurs aucune chance pour qu’il s’en aperçoive, Môrhïn pratiquait depuis suffisamment d’années l’art habile du mensonge. Faire prendre des vessies pour des lanternes n’était pas un exercice des plus difficiles, et même si le soldat conservait une once de sa méfiance, elle ferait en sorte qu’il la reporte sur l’aspirante. La jeune rhunienne ne cachait aucunement l’aversion que lui inspirait les deux hommes, elle accaparait d’autant plus leurs attentions.

- Mais vous verrez, je ne serais pas un poids mort… à défaut de savoir manier le sabre comme vous, j’ai d’autres cartes dans ma manche. Et puis… j’ai peut être une idée d’où trouver votre général

A son sens la discussion sur ses motivations était totalement close.

- Nous autres, gens du chariot, voyageons beaucoup, rencontrons énormément de personnes et surtout prêtons l’oreille aux rumeurs. C’est une question de bon sens d’être correctement informé lorsqu’on passe sa vie sur les chemins. Avant de nous arrêter dans cette cité, nous avons fait escale dans un village au nord dont j’ai mangé le nom.

Prenant la pose, hanche légèrement en avant, sourire en embuscade, elle continua.

- Les habitants n’aiment pas beaucoup les étrangers par là-bas, mais il n’apprécie pas davantage votre souveraine… en tout cas il y avait un vieil homme. Fier et droit. Du genre incorruptible… nous l’avons juste entraperçu parce que les villageois semblaient tout faire pour que nous ne le rencontrions… Mais… C’est …

Elle passa une main derrière les omoplates du jeune garçon qui l’accompagnait.

- .. Ieslin qui l’a rencontré… et je pense que ça peut-être votre homme. En tout cas le village n’est pas très éloigné et comme vous ne semblez pas vraiment savoir où aller…


[HRP : vraiment désolée c'est tout naze mais au moins je bloque pas davantage le sujet]
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Taorin
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Sam 28 Avr 2012 - 19:57
Le jeune garçon avait revêtu une veste épaisse, qui le protégerait efficacement du froid mordant. Un gros bonnet de laine recouvrait son crâne, laissant échapper quelques mèches de cheveux à travers les divers trous du couvre-chef. Il rejoignit Môrhïn, attendant les étrangers. Ieslïn sentait son excitation monter : il allait participer à une de ces aventures qu’on racontait au coin du feu, le soir, au campement ! Il ne doutait pas un instant de vivre des moments exceptionnels, et quel mal pourrait-il lui arriver, avec la Belle pour le protéger ?

Les étrangers arrivèrent un à un. Ils discutèrent quelques temps entre eux, et Môrhïn dit quelques mots. Le jeune garçon n’écoutait que distraitement, absorbé par ses idées d’aventure. Les deux soldats discutaient de l’attitude à suivre, semblait-il, pendant que la jeune femme, qui s’appelait Aya, d’après ce qu’il avait pu entendre, maintenait son attitude méprisante envers les deux anciens soldats. Mais la jeune rhûnienne se retourna tout à coup vers Ieslïn, et, d’une voix douce contrastant avec la dureté des paroles adressées aux anciens soldats, dit :

« Bonjour jeune homme, je m'appelle Aya. Ravie de te rencontrer. Puisque nous allons voyager ensemble, si j'ai bien compris, peut-être pourrions faire plus ample connaissance, ne crois-tu pas ? »


Le jeune garçon se figea, et, après quelques secondes, adressa un timide sourire à la jeune soldate. D’une nature timide, Ieslïn ne se sentait pas à l’aise avec les étrangers, et ne savait que répondre : bien que la jeune femme ait l’air de toute confiance, elle restait tout de même une étrangère. Le jeune garçon la regarda plus intensément : il lui semblait discerner les traits de sa sœur plus âgée, le même regard chaleureux, la même attitude attentionnée.

La vielle de leur départ, néanmoins, quelques bohémiens avaient pu se rendre jusqu’à la petite place centrale où se tenait le marché : tout en payant quelques provisions, Ieslïn avait remarqué un homme étrange au sein d’un attroupement de villageois. L’individu ne semblait pas à sa place, et avait plutôt l’attitude de l’un des deux soldats que celle résignée des villageois.

Le jeune garçon s’était approché, et avait entendu quelques paroles échangées entre les habitants de ce petit village et l’homme si étrange. Il s’était faufilé entre les corps, jouant des coudes pour continuer à avancer, et s’était finalement retrouvé au premier rang, au milieu des villageois, et le vieil homme si étrange l’avait inévitablement remarqué. Lui adressant un sourire, il lui avait tendu une pomme attrapée sur un étal, et, gentiment, avait poussé le jeune bohémien hors du cercle des villageois. Il avait ensuite repris la parole, et, en jetant un coup d’œil derrière lui, Ieslïn avait pu voir les villageois écouter avec grande attention.

Les bohémiens étaient ensuite partis, et le jeune garçon n’avait pu revoir cet homme étrange. Mais il semblait, à ce que disait la Belle, que cet individu était le général recherché par les deux soldats. Ils allaient donc devoir retourner dans ce village, situé un une demi-douzaine de lieues au nord de la ville.

Ieslïn trépignait d’impatience : tout cela s’annonçait si excitant, si nouveau !

« On y va ? » demanda-t-il, sautillant presque, pendant que les adultes s’harnachaient pour le voyage.

*** *** *** *** ***

Le petit groupe arriva en vue du village plusieurs heures après avoir quitté Vieille-Tombe. Ieslïn était épuisé par le voyage, ses petites jambes ne le soutenaient plus qu’avec peine. Il poussa un soupir de soulagement lorsque les fumeroles s’échappant des cheminées du village apparurent à l’horizon. Il allait enfin pouvoir se reposer, et se réchauffer au coin d’un bon feu.

« C’est là-bas. » dit-il sans s’adresser à quelqu’un en particulier.

Tremblant à cause du froid mordant porté par le vent, Ieslïn avança tant bien que mal en direction du village…

HRP : Excusez-moi du retard pris, et de la piètre qualité de ce texte (à croire que ça devient une habitude :/). J'ai essayé de faire avancer un peu tout ça, j'espère que ça vous convient Wink


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Capitaine des Chiens du Désert et Seigneur (Pirate) d'Umbar.
"Memento mori"
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