Les vautours du désert

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Jade
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Les vautours du désert EmptyJeu 8 Déc 2011 - 19:22
Jade secoua la tête, chassant le sommeil pernicieux qui la gagnait. Son regard, tout comme ses traits tirés, trahissait sa fatigue. D’ailleurs ses paupières se fermaient toutes seules, mues d’une volonté propre. Elle cala sa caboche contre sa main, le coude faisant office d’encrage sur son genou. Ereintée après la chevauchée interminable depuis l’extrême nord du Rhûn, elle subissait de plein fouet les nuits blanches de cavalcade, les longues routes laborieuses des campagnes et la piste épuisante au travers du désert. Une traversée inachevée… La rencontre fortuite avec un groupe de Nomades avait offert pour cette nuit, le réconfort d’un lit autre que le sol caillouteux, ,un diner plus chaud que l’habituelle viande séchée et le plaisir de côtoyer quelqu’un d’autre que le Veilleur qui l’accompagnait. Non pas qu’elle n’appréciait pas sa présence, mais simplement parce qu’elle avait envie d’autre chose. Le foyer de son frère lui manquait, et ses gens si accueillants quoique simples le lui rappelait.

Le campement établi s’organisait autour d’un feu, essentiel dans ses contrées. Si la journée le soleil brulait férocement, la nuit en revanche refroidissait franchement. Les femmes voilées allaient et venaient vers les marmites suspendues, rajoutaient dans les flammes le combustible fétiche des nomades : de la bouse de chameau séché. L’odeur qui s’en dégageait était particulière mais pas plus désagréable que celle des lampes à graisse. Du moins Jade s’en accommodait parfaitement. Son compagnon également.

La faim la tenaillait et elle fut heureuse de recevoir son repas apporté par un adolescent encore trop jeune pour se joindre aux hommes du clan malgré ses seize ans révolus. L’assiette en bois contenait une bouillie de racines et un morceau de serpent grillé aux herbes que la Khandéenne trouva délicieux. La faim a de cela de merveilleux que lorsqu’elle vous harcèle, quelque soit le met présenté il semble toujours paradisiaque. Elle avala lentement, profitant de chaque bouchée. Décidemment la viande séchée n’avait rien d’un plat de choix…

Le feu crépitait, hypnotisant. Il accompagnait les sifflements d’un vieil homme, l’air nasillard d’une flute en os, notes d’ambiance d’une légende contée par le chef de tribu. Jade aurait voulu en écouter la fin, mais elle ne s’en sentait pas la force. Elle se leva et après un signe de tête à son comparse, se dirigea vers les tentes. Les nomades chaleureux leur avaient fait une petite place parmi eux. Il était entendu que l’homme dormirait dans la tente réservé à la gente masculine, et que la Khandéenne passerait la nuit dans celle des femmes du chef de tribu et de leurs enfants. Elle pénétra dedans à la lueur d’une lampe à graisse. L’intérieur sobre, relatait d’une certaine pauvreté, et d’une nécessité à pouvoir tout transporter à dos de chameau. Les meubles étaient chiches et petits, le sol constitué d’une grande natte tressé qu’on pouvait rouler lors du départ, des tentures suspendues à la structure de la tente servaient de cloisonnement ; Les lits, quand à eux, étaient simplement des ensembles de fourrures de chameau et de chèvre posé à même le tapis.

Jade ôta sa pèlerine, son pourpoint de cuir et la ceinture verte associée, ses jambières. En chemise donc, elle se glissa dans sa couche, et s’enfonça aussitôt dans un profond sommeil.
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Omar Baligh Wahid El'Abib
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Les vautours du désert EmptySam 10 Déc 2011 - 11:42
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Pour bien de gens, pour bien des cultures, l'aube est un moment mystique. Elle symbolise la victoire de la lumière sur les ténèbres, du bien contre le mal. C'est la naissance d'un nouveau jour, de nouveaux espoirs.

Cette pensée fit sourire le Chacal rouge, alors que ses compagnons et lui-même progressaient à une allure modérée parmi les dunes sableuses et la petite rocaille du désert sans fin. Depuis le milieu de la nuit, ils s'étaient mis en route, abandonnant provisoirement leur campement de forture monté à quelques lieux plus au nord.

Hier, un éclaireur avait repéré un groupe de nomade. Ils traversaient leur territoire, et ils allaient devoir payer leur tribu.

Déjà les premiers rayons du soleil réchauffaient timidement cette journée qui, comme les autres, s'annonçait torride... Ces nomades, ils vivaient leurs dernières minutes de tranquilité... Alors qu'ils émergaient tout doucement de leur sommeil, les Tuniques Rouges n'étaient plus qu'à quelques centaines de mètres de leur camp, dissimulé derrière une série de dunes destinées à les protéger du vent nocture et glacial.

Machinalement, le Chacal Rouge réajusta le tissu cramoisi qui dissimulait la totalité de son visage, excepté ses yeux aussi noirs que son âme. Non pas qu'il craignait d'être vu et reconnu... La charge qu'il s'apprétait à lancer allait soulever quantité de sable, et il ne voulait être nullement dérangé par ce futile détail.

Il portait sur lui, dissimulé sous sa tunique couleur sang, deux missives. L'une de Barka Kel'Abib, l'autre de son neveu au nom imprononçable : Omar Baligh Wahid El'Abib. Les deux hommes lui avaient écrit dans un but précis, qui était toujours le même : ils avaient besoin de nouveaux esclaves... Et ils allaient les avoir, foi de Chacal Rouge.

Lorsque l'astre solaire émergea enfin de sa tanière, Absan Ich-Tavar ressera sa prise sur sa lance, et la leva vers le ciel. Le signal était donné. Tel un seul homme, les chevaucheurs s'élancèrent, certains disposaient de chevaux, d'autres de chameaux. Prenant bien soin de garder le soleil éblouissant dans le dos, pour dissimuler leur approche finale, ils dévorèrent en une poignée de seconde la distance qui les séparaient encore du campement.

Les nomades n'avaient rien vu venir, la surprise fut totale.

A peine avaient-ils passés les premières tentes, que le groupe se sépara. Ils allaient les encercler pour les empêcher de fuir. Ils étaient en large infériorité numérique... Mais l'effet de surprise, et leur rapidité d'action n'allait leur laisser aucune chance.

Des cris de panique s'élevèrent lorsque les premières tentes prirent feu. Dans une anarchie la plus totale, tous les nomades quittèrent leurs lits et se mirent à courir en tout sens, totalement désorganisés. Les femmes se regroupaient de ci, de là, pour protéger les enfants, tandis que les hommes tentaient vainement de résister en s'interposant entre les pillards et les membres de leur tribu.

Le Chacal Rouge ne voulait perdre aucune seconde. Efficacité rimait avec rapidité. Au triple galop, il s'élança en direction de la tente la plus volumineuse, à n'en pas douter, celle du chef, de celui qui commandait. Sorti de nulle part, un homme armé d'une pique lui coupa soudain la route. A cette vitesse, Absan n'eut que quelques secondes pour réfléchir. Il en pris moins d'une pour l'observer : il était jeune, le teint très basané, sa musculature laissait deviner son rôle de chasseur. Il lui lançait un regard de défi, nullement apeuré ou impressionné par l'homme tout de rouge vêtu qui lui fonçait dessus... Exactement le genre de type que Barka voulait !

Absan lacha les rênes de sa monture pour saisir sa lance à deux mains, à mi longueur de la hampe. D'un mouvement fluide et rapide, il la leva au dessus de sa tête et la fit tounoyer en de grands cercles. L'homme face à lui recula d'un pas, déboussolé par cette action. Le Chacal rouge en profita. Arrivé à porté, il lui assena un puissant coup, non pas du fer de sa lance, mais de l'extrémité de sa hampe. Le jeune nomade, touché à la tempe, s'effondra, assomé. Absan n'était pas du genre à épargner un homme le défiant juste par cas de conscience. Le tuer aurait été stupide puisque Barka payaierait cher pour en faire l'un de ses gladiateurs fétiches.

Débarassé de cet insignifiant obstacle, Absan continua sa charge, talonné par l'un de ses hommes... Ils débouchèrent enfin dans le coeur même du campement, organisé autour du foyer d'un grand feu dont les braises rougeoyaient encore. Là une trentaine de nomades s'étaient regroupés, prêt à tout pour protéger leur chef. Absan fit stopper net son cheval, pour rester à une distance raisonnable des lances et des machettes qui dardaient dans sa direction. Se redressant en position debout sur sa selle, il lança d'une voix autoritaire :

"Lachez vos armes et rendez vous ! Ceux qui résisteront seront abattus comme des chiens!"

Protégé par sa rangée d'homme, le chef nomade cria une série de mots dans une langue gutturale et incompréhensible. Sa voix transpirait la panique difficilement maitrisée... Les échos de batailles, les cris des blessés et des agonisants... Autant de fissures qui rongeaient sa détermination. Absan répondit :

"Je sais que tu me comprends ! Alors écoute ! Vous êtes sur le territoire des Tuniques Rouges ! Le Chacal Rouge réclame son tribu : dix hommes et cinq femmes ! Si tu résistes, vous serez exterminez... Sache que je ne plaisante pas"

Au moment où il prononça ces derniers mots, il fit un geste de la main, désignant du doigt un jeune homme d'une quinzaine d'année, qui se trouvait au coté du chef de clan... Peut-être l'un de ses fils. La seconde suivant, celui-ci s'effondra, la poitrine transpercée d'une flêche. Sous le corps déjà dépossédé de sa vie, le sable pris une teinte sanguine.

"Rends toi ! Ordonne à tes hommes de déposer leurs armes ! Dix hommes et cinq femmes... Voilà le prix de votre survie à tous !"

Il y eu un silence de quelques secondes, mais qui sembla durer plusieurs minutes. La tension atteignait son comble. Absan n'était pas un trouillard... Mais il préfèrait éviter les affrontements en face à face... Cela était à la fois couteux en vie pour ses hommes, et couteux en or pour ses recettes... Il ne fallait pas abimer les plus robustes de ses adversaires.

Finalement le vieil homme tomba à genoux, les larmes aux yeux. Tout en se recroquevillant sur la dépouille de son fils, il cria une série d'ordres. La seconde suivante, tous les nomades jettèrent leurs armes. Voilà qui était fait.

Le Chacal Rouge se réasseya sur sa selle, et fit volte face avec sa jument. Il lança au pillard, armé d'un arc, se trouvant derrière lui :

"Rattissez le camp et faites tomber toutes les tentes. Rassemblez ensuite tout le monde ici et séparez les hommes des femmes... Les enfants, laissez les avec les femmes, ils ne nous interessent pas. Lorsque ce sera fait... Vous aurez quartier libre..."

Absan tira ensuite sur ses rênes et parti à vive allure en direction autres de ses subordonnés. Il siffla l'homme qui était à leur tête :

"Akmek, bilan de l'attaque ?"

L'homme, à la peau ébène, lui répondit d'une voix caverneuse :

"Une quinzaine de morts du coté des nomades, uniquement des hommes qui se sont interposés... Quatre morts du notre"

"Quatre morts ? Hmm... Faisons en sorte qu'ils n'y soient pas rester pour rien..."

Les pertes avaient été plus lourdes que prévu... Ils étaient dix-sept lors de l'assaut... Il allaient repartir à treize. Ces nomades avaient fait preuve d'une belle résistance... Peut-être devait-il augmenter son prix de vente...

Absan Ich-Tavar regarda patiemment ses hommes s'affairer à rabattre les nomades. Bientôt les deux groupes furent formés, homme d'un coté, femmes de l'autre... Hmm... Il était temps de les inspecter...
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Les vautours du désert EmptyLun 12 Déc 2011 - 13:54
Jade s’éveilla instantanément, aux premiers hurlements ponctués du martèlement des chevaux et des hululements caractéristiques des pillards du désert. Sous la tente du chef de tribu, les femmes s’agitaient, criaient, poussaient leurs enfants au-dehors dans une vaine tentative de fuite. Au milieu de ce capharnaüm, la Khandéenne restait d’un calme placide. Sans perdre le temps de s’habiller davantage, elle s’empara de ses falcatas disposés sagement au coté de son matelas de fourrure. Il ne servait à rien, de courir partout, de s’enfuir. Il était à peu près certain que ces hommes avaient habilement coordonné leur attaque, et vu la configuration et les ressources du campement, elle les imaginait sans mal le cerner. Autrement dit toute tentative de s’échapper se solderait par un échec. Il ne restait que deux solutions : se battre ou se cacher.

La première de ces propositions n’était en réalité que peu viable. Affronter autant de mercenaires, seule, ou même en comptant sur son compagnon pour le cas où il serait encore en vie et libre de ses mouvements, demeurait une folie. S’en suivrait inévitablement un carnage où son corps s’empilerait sans vie sur celui de ses victimes. A éviter. En fait se dissimuler paraissait une meilleure idée, cependant elle nécessitait pour s’accomplir d’une certaine… incompétence de ses adversaires. Un fait incertain mais néanmoins plausible, aussi resta-t-elle sous la tente, juste à son entrée, un œil tourné vers les événements de l’extérieur.


"Lâchez vos armes et rendez vous ! Ceux qui résisteront seront abattus comme des chiens!"

Les nomades rassemblés comme un troupeau de bétail se serraient les uns contre les autres. Jade nota parmi eux, la présence de l’autre veilleur. Son cimeterre ensanglanté et la balafre sur son poitrail présumaient cependant de sa résistance. N’Bak, dont la peau sombre s’étirait sur une musculature saillante mais sèche, était un combattant émérite mais téméraire et son corps en portait les nombreuses conséquences. D’ailleurs alors que tous lâchaient leurs armes suite aux ordres du Chef et à la mort de son fils, lui peinait à se séparer de la sienne. Il mourrait visiblement d’envie de tailler dans le vif, mais il n’était pas stupide. En serrant les dents sur un rictus mauvais, il abandonna sa très chère lame.

"Ratissez le camp et faites tomber toutes les tentes… »

Jade se recula. Les choses se corsaient, ils fouillaient toutes les tentes unes à unes et la guerrière savait qu’elle ne pourrait pas longtemps donner le change dans ce décor spartiate. Avisant d’une ample robe à la mode nomade pendue sur un fil à sécher et des accessoires associés elle l’enfila, cala la coiffe sur son crâne, le voile sur son nez, ajusta le fourreau de ses armes sur ses cuisses. Lorsque le bandit entra dans la tente, tout ce qu’il vit fut une femme recroquevillée dans un coin, dont le voile couvrait entièrement son visage hormis deux prunelles émeraude. Toute son attitude respirait la crainte, de cette position presque fœtale à la maigre résistance qu’elle lui opposa lorsqu’il attrapa son poignet.

Ah… les hommes… toujours à s’imaginer, que les femmes sont de faibles créatures, incapable de tenir une arme, tout juste bonne aux plaisirs des sens, à l’enfantement et aux taches simples. Il ne s’encombra pas des formalités de fouille, il se contenta de la ramener au centre, avec toutes les autres.

La Khandéenne n’avait pas de plan préétabli, disons qu’elle improvisait à mesure. Si l’homme qui commandait ces pillards ne la choisissait pas, elle n’aurait pas besoin de se servir de ses lames et pourrait repartir d’ici comme elle était venue. Aussi pour l’instant préférait-elle faire profil bas. Et puis, si par malchance elle retenait son attention… elle aviserait à ce moment là. D’ailleurs tant qu’ils ne la fouilleraient pas, elle aurait un avantage : celui de la surprise.
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Omar Baligh Wahid El'Abib
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Les vautours du désert EmptyLun 12 Déc 2011 - 23:38
Absan trépignait d'impatience... Par dessus tout, il n'aimait pas attendre...

Ses yeux de prédateur scrutaient les moindres mouvements de ses hommes, prêt à sévèrement réprimander chaque signe de paresse. Mais, pour ne pas arranger son humeur déjà massacrante, aucun d'eux ne lambinait... Les nomades étaient plus nombreux que prévu... Ce camp possédait beaucoup de femmes et d'enfants. La plupart avaient eut le réflèxe de se dissimuler sous les tentes, ce qui rendait très laborieux leur rassemblement.

Pour tuer le temps, le Chacal Rouge jouait de ses rênes, imposant à sa monture d'innombrables allés et retours face aux deux troupeaux en formation. De loin, on aurait pu le prendre pour un général passant scrupuleusement ses légions en revues.

A chacun de ses passages, il baissait les yeux, curieux de la qualité de ses prises. Les femmes étaient voilées, tandis que la plupart des hommes portaient le torse nu... Absan ne cachait pas sa satisfaction. Les hommes de cette tribu étaient fort, bien bati... Barka serait très généreux. Ils avaient tous le teint très basané... Excepté l'un d'entre eux.

Celui-ci, visage et torse ébène, différait des autres. Un étranger ? Absan fit stopper sa monture et fronça des sourcils pour mieux le contempler. L'homme dut se sentir épié puisqu'il leva les yeux... Il lança un regard meurtrier, provocateur... Un regard qui disait "Descend de là si tu l'oses, nous avons un compter à régler !". Cette attitude fit sourire le Chacal Rouge... Quelle audace ! Il s'avait que d'un seul signe, il pouvait intimer l'ordre à ses hommes de le cribler de flèches... Pourtant l'intensité de son regard ne baissait pas, c'était même le contraire...

La seconde suivante, Absan posa les yeux sur le cimeterre ensanglanté posé aux pieds de l'étranger... Ensanglanté... Le sang de ses hommes. Qui était-il ? Pas un simple voyageur... Il savait se battre... Et ce type d'arme n'était pas destinée aux novices.

Puis le doute gagna l'esprit du Chacal Rouge... Une expression de ses tendances paranoïaques... Ils avait déplorés quatre morts... Cela pouvait-il être le fruit d'un seul guerrier ? Peu de gens entamaient seuls la traversée du désert sans fin... Avait-il un compagnon ? Plusieurs comparses ou frères d'armes ?

Absan tira brusquement sur ses rênes, son cheval se cabra. Ses hommes, ainsi que tous les nomades, surpris, stoppèrent leurs activités pour le dévisager. D'une voix forte, portée par le vent matinal, il lança :

"Il y a ici un étranger ! Est-il venu seul ?"

Le silence qui suivi cette question fut total. Il existait un code d'honneur dans beaucoup de tribus du désert : les invités étaient sacrés... Cette fois, il aurait pu ordonner l'exécution d'un homme ou dix, nul n'aurait dit mot... Stupides traditions ancestrales !

Il reporta son attention sur ses hommes :

"Avez-vous trouvé un autre étranger, vivant ou mort ?"

Réponse négative... Absan fronça à nouveau des sourcils... Soit son ou ses comparses avaient réussis à fuir, soit il était réellement venu seul. Il soupira. Quelque fut la vérité, ce n'était pas le moment de se perdre sans ses pensées. Il fallait partir d'ici au plus vite, s'il voulait être au rendez-vous avec Barka avant la mi-journée.

Au moins, toutes ces interrogations lui avaient fait passer le temps... A présent, la totalité des nomades avaient été rassemblés et séparés par sexe. Dans son impatience, il avait déjà passé en revue la majorité des mâles, et fait son choix. Il devait faire de même avec les femmes. Seul problème : elles étaient toutes voilées. Qu'importe :

"Otez moi leurs stupides voiles ! Je veux voir la marchandise !"

Malgré les murmures de mécontentement, et les hoquets d'indignation des nomades des deux sexes, les pillards s'exécutèrent. Ils arrachèrent un à un les tissus dissimulant les visages feminins, si bien qu'en quelques minutes ils furent tous mis à nue.

Absan balaya les faciès apeurés. Elles baissaient les yeux, gênées. Elles n'avaient pas l'habitude d'oter leurs voiles face à des inconnus. Leur teint, bien que basané, laissait deviner le temps passé sous ces lourds tissu, loin des rayons solaires.

Le Chacal rouge continua son inspection... Certaines étaient trop vieilles, trop laides, trop marquées par la rude vie sauvages...

Soudain, il se figea. Face à lui, au milieu du troupeau, une femme le regardait : droit dans les yeux... Son visage ne trahissait ni peur, ni aucune autre expression d'ailleurs... Elle était de marbre. Détail plus que singulier : elle portait un tatouage vers émeraude sous l'oeil gauche, couleur de ses prunelles, aussi froides les nuits du désert. Sa peau, marquée par le soleil, ne manquait pas de la trahir...

Comme un fait expres, au même instant, Akmek lança, derrière son épaule :

"On a trouvé deux chevaux ! Ils portent des sacoches, avec des vivres, de l'eau et des vêtements... Pas du tout le style de ces nomades... Deux voyageurs..."

Absan ne croyait pas aux coincidences... Deux étrangers, l'homme noir et cette femme. Tout collait... Mais qui étaient-elle ? Avait-elle de la valeur ou être protégé par un combattant, ou pour avoir été déguisée de la sorte ? Le Chacal Rouge hésita... Elle n'avait pas la gestuelle d'une fillette craintive, bien au contraire... Etait-elle de sang noble ?

La donne avait changée ! A la lumière de ces nouveaux éléments, il avait fait son choix... Il désigna successivement du doigt les femmes et les hommes qu'il avait sélectionné. A chaque fois, l'un de ses pillards assomait la cible désignée pour la transporter en direction d'une grande cage nichée sur une charette, attelée à deux chameaux.

Enfin il désigna la femme aux prunelles émeraudes :

"Akmek ! Celle là, je la veux ! Je ne sais pas qui elle est, mais j'ai le sentiment que nous allons en tirer un bon prix... Au pire, on la refilera à Omar, il achète tout et n'importe quoi... Son garde du corps, on le prend aussi... Si elle refuse de me révèler son identité, peut-être que les cris de son compagnon lui délieront la langue..."

Akmed, le bras droit du Chacal Rouge, s'approcha de la jeune femme, décidé à lui nouer les mains dans le dos. Absan n'avait pas besoin de lui préciser ses ordres : tant qu'ils n'en saurait pas plus sur elle, il ne devait pas la violenter..

Le sourire Absan ne cessait de s'élargir... C'était peut-être son jour de chance ! Si l'otage avait de la valeur, il pourrait en tirer une belle rançon ! Dans le pire des cas, il tenterait d'arnaquer le gros marchand d'Umbar...
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Les vautours du désert EmptyMar 13 Déc 2011 - 14:02
Jade, droite et fière, le menton arrogant, le regard d’acier sut à l’instant même où les pillards dévoilaient chacune des femmes, que sa tentative de passer au travers les mailles du filet serait vaine. Elle détonnait parmi les nomades dont les yeux fuyants se baissaient vers le sol. Leurs traits protégés du soleil par leurs tenues ancestrales n’avaient pas le teint ambré de la Khandéenne, et leurs dessins au henné couvrant mains et pieds ne ressemblaient en rien au tatouage émeraude de la guerrière. Elle était la touche d’exotisme inattendue et cet homme, tout de rouge, n’était pas suffisamment stupide pour la considérer comme l’un des membres de cette tribu.

Au moins, la présence salvatrice de ses armes contre sa cuisse n’avait pas disparus. Ils ne l’avaient pas fouillée. Une erreur qu’elle saurait, si l’occasion se présentait, leur faire payer. En attendant, elle se contentait de prendre son mal en patience, scrutant la moindre opportunité. A mesure que l’index du Chef des pillards se levait vers un homme ou une femme, celui-ci se retrouvait assommé et promptement chargé dans une charrette. Comme Jade s’y attendait, son compagnon faisait lui aussi partit de la rafle.


"Akmek ! Celle là, je la veux ! Je ne sais pas qui elle est, mais j'ai le sentiment que nous allons en tirer un bon prix... Au pire, on la refilera à Omar, il achète tout et n'importe quoi... Son garde du corps, on le prend aussi... Si elle refuse de me révèler son identité, peut-être que les cris de son compagnon lui délieront la langue..."

« Ou peut-être que tu seras mort avant charogne » ajouta-t-elle in peto sans que son attitude extérieure diffère.

Elle ravala cependant toutes velléités. Les menaces ne menaient à rien, et ils étaient trop nombreux pour que la guerrière se lance dans une action quelconque. Certainement aurait-elle eu le temps d’éviscérer le malandrin, mais il y avait fort à parier qu’elle eut fini en hérisson de flêches. Et puis, même s’il était malin, il lui suffisait d’indiquer n’importe quelle histoire plausible, impliquant sa personne et N’Bak, il ne trouverait rien dans leurs affaires impliquant les Veilleurs. D’ailleurs il ne trouverait rien du tout, les deux mercenaires vérifiaient lorsqu’ils partaient en mission à ne rien avoir de compromettant ou personnel avec eux.

Le dénommé Akmek l’attrapa par le bras, et attacha ses poignets dans son dos. Un traitement de faveur par rapport aux autres prisonniers tous enfermés et inconscients dans la charrette-cage qu’elle ne tarda cependant pas à rejoindre à son tour.
L’imagination des hommes… elle se matérialisait, à l’instant sous la forme étrange de cette prison ambulante. Les grandes roues étaient crantés pour éviter l’enlisement dans le sable des dunes, les barreaux en fer étaient solides, le toit en planche de bois permettait aux futurs esclaves de jouir du voyage sans attraper une insolation pendant qu’ils se baladaient dans le monde des rêves. Le tout avait vaguement l’apparence d’une roulotte décrépie ouverte sur trois cotés de barreaux et tiré par un chameau.

Ignorant si le chemin allait être long ou non, et où il comptait les emmenés, Jade trouva une petite place libre et s’assit tranquillement. La nuée de vautours commençait déjà à se mettre en branle et la charrette tressaillit sous un démarrage pénible. En tout cas, que le pillard rouge l’interroge, elle savait déjà quelle fadaise lui raconter.
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Omar Baligh Wahid El'Abib
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Les vautours du désert EmptyMar 13 Déc 2011 - 23:09
Les vautours du désert Raid_c10
****

Absan observa la jeune femme tatouée se faire conduire jusqu'à la charrette. Elle ne résista pas... Ce qu'il interpréta comme une n-ième preuve de ses justes déductions. Devant eux, l'un de pillards trainait le garde du corps, préalablement assomé. Lui non plus n'avait pas résisté... Certainement, voulait-il éviter de mettre stupidement en danger la vie de sa protégée.

Le Chacal Rouge éperonna sa monture pour rattraper ce dernier. Il fit stopper l'homme d'un geste de la main, et ordonna :

"Non, celui-là n'irra pas dans la cage !"

Absan, du coin de l'oeil, s'assura que la suposée-nobliarde l'entendait :

"Attachez lui les poignets, et accrochez la corde à l'arrière de la charrette... Nous allons le trainer jusqu'à ce qu'il reprenne concience... Après, il n'aura cas marcher s'il lui reste des forces !"

Ses hommes s'exécutèrent. Rapidement, tout fut prêt pour le départ.

Le départ... L'un des moments les plus risqués... Il arrivait que, voyant leurs assaillants leur tourner le dos, les nomades reprennent courage et s'élance dans une irréfléchie contre-attaque... Et là... Selon leur nombre et leur organisation, la scène pouvait virer au bain de sang... Lorsque cela arrivait, Absan ordonnait généralement à ses hommes de fuir, en abandonnant leurs prises. Risquer sa vie pour quelques esclaves, voilà qui était réellement stupide.

Seule solution : il fallait occuper l'attention des nomades alors qu'ils quittaient le camp... Et pour cela, il existait une ruse infaillible, mainte fois éprouvée :

"On y va... Mettez le feu aux tentes !"

En moins d'une minute, le camp se transforma en un immense brasier. Paniqué, les nomades tentèrent par tous les moyens d'étouffer les flammes pour sauver leurs maigres possessions. Il fallait aussi préserver les provisions : eau et nourriture... Comble de l'ironie et du sadisme : ils ne pouvaient utiliser ce précieux liquide pour combattre l'incendie... Car l'eau, c'était la clé de la survie dans un milieu aussi aride que le désert sans fin...

Ainsi focalisés sur leurs biens, les nomades ne remarquèrent même pas la charrette séquestrant les membres de la tribu, et leurs deux invités se mettre en branle. Bientôt les pillards passèrent l'horizon de la dune la plus proche pour disparaitre définitivement du champ de vision de leurs victimes... Seul l'épais nuage de fumée qui s'élevait jusqu'au ciel témoignait de leurs méfaits.

Ils n'avaient pas de temps à perdre. Cette attaque les avaient conduits à la frontière des régions dans lesquelles ils sévissaient d'habitude. Tant mieux, ils n'étaient donc que peu de lieux à parcourir pour rejoindre leur habituel point de rendez-vous avec Barka Kel'Abib : une minuscule oasis perdue en plein coeur du désert. L'imposant esclavagiste se déplaçait toujours en personne... Mais son humeur, et donc sa générosité, était fonction de la chaleur... Plus la température montait, plus il transpirait à grosses gouttes, ce qui le rendait infiniment plus irritable que d'accoutumé.

Six heures... Voila le temps qu'il leur faudrait y arriver... Exactement ce dont il avait besoin pour cuisiner la jeune femme tatouée, et lui tirer les vers du nez. Nonchalamment, il ordonna à sa monture de se positionner à coté de la cage ambulante. Il repéra sa cible... Et presque innocemment, comme pour faire poliment la conversation, il lui dit :

"La charrette n'avance pas très vite... Je le reconnais... C'est la faute à ce traitre de sable... Sur une route terreuse, nous irrions deux fois plus vite... Mais ne soyez pas trop pressées..."

Il jeta un coup d'oeil par dessus son épaule pour contempler le prétendu garde du corps toujours inconscient.

"Traitre sable... Au début il le chatouillera, sentation presque agréable... Mais très rapidement, il sentira les premières irritations sur ses jambes, son torse, son visage... Rougeurs qui ne manqueront pas de devenir autant de plaies suintantes... Pendant ce temps, le soleil continuera inlassablement de chauffer le sable, au point de brûler les tendres chairs mises à nues... Ce ne sera pas très agréable à voir... Ni à entendre lorsqu'il se mettra à nous supplier de mettre fin à ses jours..."

Il reporta son attention sur la femme, et la regarda droit dans les yeux :

"D'autant plus que, là ou nous allons, le sable cédera progressivement place à des graviers et des caillasses aux arêtes parfois tranchantes... Et oui, la lisière du désert sans fin est une région encore plus inhospitalière qu'ici !"

Il conclua :

"Evidemment, plus vous vite vous me direz la vérité, plus vite je détacherai votre compagnon. Si j'obtiens satisfaction, il sera gentillement placé dans la cage, à votre coté... Vous savez, je ne fais pas tout ça de gaité de coeur... J'ai horreur d'abimer une marchandise de grande valeur... Mais comme on dit par chez moi, la fin justifie les moyens..."

Enfin il posa les questions qui lui brulaient tant le bout de la langue :

"Qui êtes-vous ? D'où venez vous ? Que faites-vous ici ?"

Alors que la jeune femme commençait à peine à lui donner un semblant de réponse, un cri s'éleva de l'avant de la colonne formée par les pillard... Un signal prévenant d'un danger aussi imprévisible qu'imminent :

"Tempêche de sable en approche !"

Le Chacal Rouge se redressa sur sa selle pour contempler l'horizon... Les voluptes de sables soulevés par les vents violents en approche rapide étaient certes impressionnants, mais pas des plus terribles... Ils avaient connus bien pire...
Il passa le tissu cramoisi sur son visage et plissa des yeux, paré à subir l'intempérie.

Dix secondes plus tard l'air devint pratiquement irrespirable...
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Les vautours du désert EmptyVen 16 Déc 2011 - 14:29
Jade le toisait avec une audace glaciale presque prédatrice. L’envie brûlante d’étreindre sa gorge entre ses doigts la taraudait depuis qu’elle assistait impuissante au traitement de son compagnon encore inconscient. Il ne tarderait pas à se réveiller, une belle bosse au derrière de son crane rasé, en sentant le sable s’insinuer. Pour l’instant, il n’était qu’une vulgaire poupée de chiffons trainée au bout d’une corde. La jeune femme se redressa et, pour ne pas chavirer à chaque mouvement chaotique de sa prison, elle ancra ses mains sur les barreaux. La rouille rongeait le fer, conséquence inévitable de la condensation de l’air des jours arides et des nuits polaires, mais ils restaient solides.

Le Chef des brigands avait choisi de ne pas remettre à plus tard son interrogatoire, et ses questions pleuvaient sur la Khandéenne impassible. Sa voix, lorsqu’elle brisa le silence mutin dans lequel elle se complaisait jusqu’alors, charria des glaçons.


« Je suis Nahérazade, fille ainée de la troisième épouse du Calife Harakim, seigneur et maitre d… » Commença-t-elle en prenant un air hautain tout à fait en accord avec cette identité

« TEMPÊTE DE SABLE EN APPROCHE »

Jade tourna la tête vers l’endroit pointé du doigt par le Tunique Rouge. Un nuage de sable formait une menace approchant rapidement. Même avec toute la bonne volonté du monde, il était impossible de l’éviter. En un sens… cette opportunité arrangeait la Veilleuse. Repositionnant sur son visage, le voile opaque de sa tenue nomade, elle jeta un œil sur N’Bak. Il avait repris connaissance, fouetté par les premiers grains de sable en suspension dans l’air. Quoique hagard, et peinant à se relever sur ses jambes, il bénéficia d’un sursis lorsque la charrette prison s’arrêta. Il était de plus en plus difficile aux hommes de supporté le vent sablonneux qui s’infiltrait dans leur nez, dans leur bouche, dans leurs yeux.

Le Chacal rouge ne s’occupait plus d’eux, son attention retenue par la tempête de sable. Usant de l’adage « du tout pour le tout », la khandéenne, sortit du dessous de son costume, une arme dont elle se servit pour cisailler la corde de son compagnon, à portée de son bras. N’Bak était libre. Il rampa vers la porte de la cage, prenant soin de ne pas s’attirer les regards, et il se révéla juste devant la serrure. La serrure était sommaire mais solide. Impossible de l’ouvrir sans matériel et sans les compétences adaptées. Jade grimaça sous le voile. Le vent hurlait de plus en plus et la visibilité continuait à diminuer. De sa carriole, elle n’apercevait plus que de très vagues silhouettes rougies


« JE PEUX PAS L’OUVRIR ! » cria N’bak suffisamment fort pour couvrir le vent mais sans alerter les pillards.

Jade plaça entre les barreaux, son falcata, et exerça une pression pour essayer de faire sauter les barres. Si l’arme céda brutalement en se brisant en deux, elle déchaussa, malgré tout l’un des barreaux du bois légèrement vermoulu. La jeune femme, suffisamment svelte parvint à se glisser entre.

Le vent hurlait toujours, cependant la tempête commençait à passer. Déjà le sable voltigeant dans les airs, ne formait plus le rideau opaque du début. La visibilité redevenait normale à vue d’œil, et, il y avait fort à parier que les deux prisonniers ne resteraient plus très longtemps sans attirer l’attention. Un regard de connivence, suivit d’un doigt tendu vers les chevaux, et ils s’élancèrent. Aucune chance d’espérer fuir au travers du désert sans une monture et puisque les tuniques rouges avaient emporté les leurs, encore attachés par la bride au coté de ceux tractant le chariot, ils pouvaient essayer de les récupérer.

N’Bak les détacha, tendit l’une des deux reines à Jade et se mit en selle. La khandéenne fit de même. A présent le vent était complètement tombé et la tempête de sable un souvenir. L’alerte fut donnée au moment exact où ils lancèrent leurs chevaux au galop.
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Omar Baligh Wahid El'Abib
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Les vautours du désert EmptySam 17 Déc 2011 - 23:02
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La tempête fut brève mais intense.

Les pillards durent, pendant d'interminables minutes, garder les yeux et la bouche scellés, au risque de voir chacun de ces orifices se remplir de ce sable insinieux... Rien ne pouvait les protéger, même pas ces épais tissus qui leur couvrait pourtant la quasi-totalité du corps... Le sable, il pénétrait partout.

Dès que l'intensité du vent baissa... Absan dessera ses paupières. La méfiance, cette mince frontière séparant la prudence de la paranoïa, était un trait de caractère qu'il ne pouvait réprimer. Aussi, après avoir recouvré l'usage de sa vue, il balaya la scène, tous les sens en éveil... Il braqua rapidement son regard sur la cage ambulante... Et quelle ne fut pas sa surprise... Il remarqua immédiatemement le barreau déchaussé, à demi enfuis dans le sable, au coté d'une lame brisée... Et cela ne signifiait qu'une chose... Sans même prendre le temps de réfléchir une seconde de plus, il cria, malgré les derniers soubresauts du vent qui ne manquaient pas d'entraver la porté de ses hurlements rageurs :

"Aux armes mes frères ! Une évasion ! Rattrapez ces chiens de fuyards !"

"Là ! Ils sont là ! Ils détalent avec leurs montures !"

A ces cris, le Chacal Rouge éperonna de toutes ses forces sa jument, sabre au clair, la lançant dans un course freinée par le sable meuble et instable déposé par la tempête... Les chevaux... Autant ils pouvaient se montrer d'une étonnante rapidité sur un sol roquailleux, autant ils éprouvaient de grandes difficultés à s'élancer dans de pareilles conditions...

Mais cela, il ne savait depuis longtemps. S'il montait un cheval, c'était seulement pour jouer de cet impact psychologique qu'inspiraient ces bêtes aux nomades du déserts, tant habitués à cotoyer les chameaux.

Alors qu'il passait à coté de la charette, un autre esclave tenta d'échapper à ses ravisseurs. Déjà, malgré le faible espace laissé entre les barreaux, la moité de son corps avait recouvré sa liberté... Il semblait pourtant avoir quelques difficultés pour s'extirper totalement de la cage : son torse, à la musculature saillante,semblait coincé... Gagné par la panique, il fit décrire à son bras droit de grands gestes, dans l'espoir de se donner une ultime impulsion... Mais c'était sans compter sur la vivacité du Chacal Rouge.

Arrivé à porté de lame, il le faucha, d'un moulinet parfaitement exécuté. Il sectionna le bras du malchanceux, juste au dessous de l'épaule. La sabre, effilé, trancha les chairs, et brisa l'os comme s'il coupait du beurre. Un gerbe de sang s'échappa de la plaie béante, arrossant la croupe du cheval d'Absan, qui n'avait même pas ralenti. Un hurlement de douleur déchira le silence laissé par les cris d'alarme...

Le Chacal Rouge ne se retourna pas. Cette démonstration de force suffisait en général à calmer même les plus téméraires. De plus, les membres d'une tribu nomades étaient solidaires entre eux... A n'en pas douter, les esclaves restants allaient passer les prochaines minutes à tenter d'arrêter l'hemorragie pour sauver la vie de leur camarade, abandonnant toute envie de fuite.

Enfin il dépassa l'avant de la charrette... Et repéra aussitôt les deux esclaves en cavale... Les deux étrangers ! Il aurait du s'en douter !

Ils avaient déjà pris un petite avance, une bonne dizaine de mètres... Mais la tempête avait déplacée suffisamment de sable autour d'eux pour former de petites dunes difficiles à franchir pour leurs montures encore stressées par ces intempéries. Péniblement, ses hommes se lançaient à leurs trousses... La garce... Elle lui avait menti ! Elle n'était pas une simple noble... Tout dans sa rapidité d'exécution prouvait qu'elle était une guerrière émérite... Même à cet instant, alors qu'un sentiment de panique aurait occulté la faculté de reflexion de la plupart des hommes, ils fuyaient opportunément en direction de la tempête, misant sur cette dernière pour leur donner quelques chances de survie. Mais qui étaient-ils ?!

S'ils parvenait à leur fin, ses hommes renonceraient à la poursuite... Et il n'était pas question de les laisser fuir. Il ne restait plus qu'une solution. Ecoutant la noire colère qui grondait sous ses tempes, Absan prononça sa sentence :

"Tuez les ! Abattez les ! Criblez moi ces chiens de flèches !"

Ses hommes stoppèrent leur course pour bander leurs arcs. L'instant suivant, une volée d'une dizaine de flèche sifflèrent en direction des deux fuyards... Rapidement suivie d'une autre.

Si le temps avait recouvré son calme plat à proximité de la cage ambulante, quinze metres plus loin, les bourrasques sporadiques demeraient fortes et imprévisibles... Les flèches s'en trouvaient inévitablement déviées... Non sans causer quelques dégats.

L'une d'elle se ficha dans l'épaule gauche de l'homme. Déjà affabli par ses péripéthies, il n'en demera pas moins solidement ancré sur sa selle... Le femme eut moins de chance : les projectiles de la première salve lui étant destinée ne recontrèrent que le sable, à quelques centimètres seulement des sabots de son cheval au galop... Mais l'une des flèches de la suivante transperça le cuir de sa monture, sous son oeil droit. Instantanément, il se cabra, désarçonnant sa cavalière. Puis il s'effrondra sur le coté, mort.

Face à ce spectable, Absan s'élança à son tour au galop suivi de prêt par ses hommes. Il ne voyait plus la jeune femme, dissimulée sous la masse de feu sa monture. Mais le spectable qui venait de se dérouler sous ses yeux ne laissaient place à aucun doute : si elle était encore vivante, elle se trouvait à présent sous le corps sans vie de l'étalon. Elle ne pouvait plus fuir. Le Chacal Rouge rangea son sabre à sa ceinture, et ressera sa prise sur sa lance, qu'il repassa dans sa main directrice.

L'homme peut-être inconscient du destin de sa partenaire, n'avait pas ralenti son allure et se retrouvait à présent hors de porté... Tant pis.

Alors qu'ils n'étaient plus qu'à quelques foulées de la jeune femme certainement blessée, Le Chacal Rouge lança ses ordres :

"Si elle est vivante, capturez là ! Tuez là seulement si nécessaire... Elle est vive, athlétique et ne manque pas d'itinitiative... Barka pourrait se montrer très intéressé..."

Puis il se rappela la lame brisée dans le sable... Ou avait-elle dissimulée cette arme ?! Mais bien sur !

"Elle est peut-être armée ! Lorsque vous l'aurez... Arrachez lui tous ses vêtements... Je ne veux pas d'autres surprises..."

Il quitta des yeux ses hommes, et regarda la silhouette disparaitre dans les nuages de sable porté par la tempête... Peut-être reviendrait-il de lui même lorsqu'il découvrirait la disparition de son compagnon... Et s'il était assez stupide pour faire demi tour dans l'espoir de la libérer, il n'hésiterait pas à le découper lui même en morceau...

En parlant de morceaux... Il désigna deux de ses hommes :

"Vous deux, dépecez ce cheval... Il sera notre repas de ce soir."
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Les vautours du désert EmptyLun 19 Déc 2011 - 14:10
N’Back, flanquée de sa compagne plus en arrière, poursuivait la tempête, à bride abattue. Ce qui, aux yeux de certains, pouvait passer pour une décision aussi stupide qu’irréfléchie était en réalité un choix parfaitement étudié. S’ils s’étaient élancés dans une quelconque autre direction, les pillards n’auraient sans doute pas hésité à leur donner la chasse. Alors qu’en optant de suivre le sillage des vents sablonneux, ils les obligeaient à braver les forces de la nature et à en subir les désagréments. Aucune personne sensée ne se serait lancée dans une telle entreprise, engageant hommes et chevaux sans un gain suffisant. Les risques prédominants sur les avantages, il était à parier qu’ils abandonneraient l’idée de les poursuivre. En outre, le sable voltigeant et les rafales de vent leur offraient une certaine protection.

Rapidement, les flèches sifflèrent au dessus de leurs têtes, déviées de leurs trajectoires initiales. Une salve des projectiles se planta juste derrière les sabots du cheval de N’Bak alors que l’un d’entre eux, s’enfonçait dans l’épaule d’ébène du veilleur. Il serra davantage ses reines, mais ne lâcha pas sa prise. Sans un regard en arrière, il poursuivait sa route, davantage baissé sur l’échine de sa monture. Jade quand à elle n’eut pas cette chance. Si les premières flèches l’évitèrent totalement, elles s’enfoncèrent dans les chairs de son cheval. La pauvre bête émit un hennissement de douleur avant de s’effondrer en poids mort sur sa cavalière.

Le flan ensanglanté du cheval pesait de toute sa carrure sur la jambe de la guerrière. Un instant, elle remercia ses ancêtres de lui avoir accordé une chute sur ce terrain sableux, plutôt que sur les rocailles qui constituaient une part importante du désert. La dune avait amortit le choc. Elle entendait, à présent, les pillards approcher, et tenter vainement de se libérer. Son pied libre exerçait une pression sur la selle tandis qu’elle essayait d’extirper cette maudite jambe. D’un coup sec, elle réussit mais se faisant se déséquilibra, bascula en arrière dans une culbute. Sa tête heurta l’un des baluchons que formait son paquetage avant qu’il ne soit projeté au sol. Désorientée, elle se releva. Sa robe était déchirée du bas jusqu’à la taille, si bien qu’on apercevait ses jambières de cuir, et l’étui de ses falcatas.

Le temps qu’elle se remette sur pieds, le premier des pillards arrivait sur elle. Elle n’eut pas réellement le temps de se saisir de son arme, et se contenta d’une esquive simple. Elle attrapa le bras de son adversaire à hauteur du poignet, d’une main, bascula contre lui en utilisant l’inertie de son mouvement, plaqua sa seconde main au niveau de son coude et exerça une pression inverse suffisante pour faire craquer l’articulation. Il cria. Elle frappa sa trachée, mais n’eut pas le temps de l’achever. Une lame l’effleura coupant au passage une mèche de ses cheveux bruns. Elle venait de l’éviter in extremis. Son falcata crissa douloureusement lorsqu’elle le sortit de son fourreau.

Elle était seule, ils étaient cinq tuniques rouges, si on oubliait celui qui, au sol gisait. Elle para la seconde attaque, en profita pour décocher de sa main libre, un uppercut dans la mâchoire de son ennemi. Elle savait exactement où frapper pour réaliser un maximum de dégâts, aussi elle sentit sous son poing, l’os céder. Le baroud d’honneur pour une lionne assiégée. Rapidement, elle fut maitrisée, non sans distribuer au passage, coup de pied et genoux. Virulente et peu coopérative, le pillard à la mâchoire brisée lui heurta la base du crâne, avec la garde de son épée. Vengeance ou initiative ? Toujours était-il que la Khandéenne sombra dans l’inconscience. Assurément elle se réveillerait avec un sacré mal de tête et une belle bosse.
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Omar Baligh Wahid El'Abib
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Les vautours du désert EmptyLun 19 Déc 2011 - 23:20
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De tout le reste du trajet, Absan ne quitta pas un seul instant le voile cramoisi qui lui dissimulait le visage. Non pas qu'il craignait une résurgeance de la tempête... Non, c'était pour une toute autre raison, une raison très simple : il ne voulait pas que ses hommes puissent voir ses traits empreints d'inquiétude et de doute, il ne voulait pas qu'ils voient ses incessants roulement de mâchoire qui trahissait son agacement et sa colère.

Un esclave, aussi prometteur soit-il, valait-il tant de sang coulé ?

Ils avaient eu quatre mort au camp...

Maintenant, deux de ses hommes étaient blessés... L'un salement amoché, devait presque maintenir sa machoire d'une main au risque de la perdre définitivement... Tandis que l'autre aurait le bras en écharpe pendant des semaines, si la gangrène ou une toute autre infection ne lui emportait pas avant.

Le Chacal rouge posa ses yeux sur la jeune femme dans la cage ambulante... Quatre heures qu'ils avançaient depuis la tentative d'évasion, et elle n'avait pas bougé d'un pouce... Etait-ce un piège ? Feignait-elle son inconscience pour les prendre une nouvelle fois au dépourvu ? En tout cas, maintenant qu'ils avaient arraché sa robe de nomade, elle ne pouvait plus dissimuler la moindre arme. Il n'avait pas été étonné de découvrir des vêtements de cuir, serrés et ajustés pour le combat, sous ses fripes. Elle n'était définitivement pas une noble, du moins, pas dans le sens usuel de sa signification. Ses techniques de combat, brutales, trahissaient son approche rude et intuitif de la guerre, elle devait être une mercenaire ayant appris sur le tas plutôt qu'un soldat finement entraîné.

Il aurait du la faire tuer. Ses hommes l'avaient mauvaise, et il les comprenait parfaitement... Allaient-ils prendre son indécision pour une forme de faiblesse ?

Un gémissement le tira de ses reflexions. Cette saloperie d'esclave devenu manchot luttait toujours, entre la vie et la mort... Chaque fois qu'il recouvrait ses esprits, ce n'était que pour pleurer et gémir de douleur... Cela lui tapait sur le système... Au moins il aurait l'occasion de passer ses nerfs sur quelqu'un. Il cria :

"Halte !"

Tel un seul homme, la caravane stoppa.

"Akmek, vire moi cet éclopé de là ! Son état ne s'arrange pas, et puis il ne vaut plus rien en l'état... Les vautours s'occuperont de lui !"

A cet ordre, la cage fut ouverte. En deux temps trois mouvements, malgré les protestations du groupe, l'homme agonisant fut extrait et abandonné sur le sable chaud. Mourir dans le désert, n'étais-ce pas le rêve de tout nomade ?

"Allez on y va ! On est y est presque !"

Pendant la pause, la jeune guerrière n'avait pas fait le moindre mouvement... Soit elle simulait bien, soit elle était vraiment inconsciente... Ses hommes avaient du la cogner de toutes leurs forces. Elle le méritait après tout.

Vingt minutes plus tard, ils arrivèrent au lieu de rendez-vous : une micro-oasis... Enfin si une flaque d'eau d'un metre sur trois, entourée de trois figiers pouvait porter ce nom. A l'ombre des grands arbres, une tente blanche avait été dressée. Une douzaine de chameau s'abreuvaient à l'eau tiède... Barka ne se déplaçait jamais seul... Ses fidèles gardes du corps l'escortaient partout... Même aux latrines certainement... Avec un postérieur aussi volumineux, il ne pouvait pas se torcher seul, n'est-ce pas...

Pour la première fois de la journée, Absan posa pied à terre, et s'avança.

"Le Chacal Rouge demande audience au Grand Barka"

Stupides phrases de politesses... Mais cela mettait le gros de bonne humeur, ce qui déliait sa bourse.
Une montage de graisse ambulante fit alors son apparition, entourée d'une dizaine d'hommes à la musculature impressionnante, qui tentaient vainement de rafraichir leur maitre en jouant avec de grands evantailles.

"Vous êtes en retard, pillard !"

"Nous avons eu quelques imprévus"

"Trèves d'excuses inutiles ! Montrez moi la marchandise tout de suite ! J'ai assez perdu de temps à cause de vous !"

"Comme il vous plaira..."

S'il ne payait pas aussi bien, il lui aurait fait la peau depuis longtemps... Bref, le géant lui emboita le pas. Alors que le soleil n'avait toujours pas atteint son zénith, il souhait déjà à grosses gouttes. En quelques minutes, il avait du perdre autant d'eau que ce que comptait la flaque qui servait d'oasis.

Absan fit un signe à Akmek, qui fit sortir les esclaves de la cage pour les mettre en rang. A la vue de la jeune femme, Barka eut un moment d'hésitation. Il plaissait ses paupières boudinnées, comme si sous son crâne, une tempête venait de se lever... Ce visage... Il lui rappellait quelque chose... Un nom... Une gladiatrice... Une pierre précieuse... Il l'avait sur le bout de la langue... A kryam... Dans l'arène... Sa réflexion toujours en cours, il prononça seulement :

"Tiens, tiens... Qu'avons nous là ?!"

Ses gardes du corps toujours sur ses talons, il s'approcha...

Sautant sur l'occasion de la vendre à bon prix, Absan commença à argumenter...

"Celle là est..."

"Il suffit ! Je vous sifflerai quand je voudrai vous entendre !"

Au même instant, un éclair de lucidité lui traversa l'esprit :

"Jade, n'est-ce pas ?"
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Les vautours du désert EmptyMer 21 Déc 2011 - 16:06
Amplifié par les mouvements saccadés et imprévisible de sa prison, un affreux martèlement se répercutait violement au travers de sa tête. Ses tempes, douloureuses, lui semblaient sur le point d’exploser. Sa main glissa derrière sa nuque et remonta vers la base de son crâne, à la recherche du coupable de ce vacarme terrifiant qui l’empêchait de penser. Bientôt elle sentit sous ses doigts la boursoufflure d’une ecchymose impressionnante.[i]

« Pourriture… » [i]Lâcha-t-elle en se remémorant l’issue de son combat et le visage auteur de cette bosse

Elle se redressa lentement puis s’adossa contre les barreaux de la cage. La lumière, plus intense lui indiquait clairement qu’elle était restée inconsciente un petit bout de temps.


« Presque 4h en fait… » L’informa à mi-voix l’un des prisonniers enfermé avec elle, en réponse à sa question muette.

La guerrière soupira. Cette fois ci, elle ne s’échapperait pas, les tuniques rouges veilleraient à ce qu’elle reste bien sagement dans son coin. Elle n’avait qu’à intercepter leurs regards bouillonnant pour comprendre qu’à la moindre tentative, elle finirait avec bien plus qu’une simple contusion à la tête et des phalanges ensanglantées. Visiblement ils n’appréciaient ni ses initiatives, ni ses qualités de combattante et dès que leur chef tournerait le dos, ou si elle ne représentait plus une valeur marchande suffisante, ils s’empresseraient de se jeter sur elle comme des chacals affamés. Mieux valait pour la Khandéenne se faire petite, enfin jusqu’à ce que se présente une opportunité plus favorable. Elle savait être patiente… et il suffisait de si peu.

Elle ferma les yeux, et attendit. Priant pour que sa migraine s’estompe. Bientôt la roulotte à esclaves marqua un arrêt brutal. Les femmes resserrées les unes contre les autres, les yeux larmoyant sous les voiles de tissu sombre, protestèrent par quelques cris de surprises. Les hommes se taisaient dans un silence mutin. Jade ouvrit les paupières et son regard prit immédiatement connaissance des lieux.

Une oasis. Enfin un trou d’eau, trois figuiers, des insectes et une tente blanche. Un lieu de rendez-vous sans aucun doute et il ne fallait pas être devin pour savoir en quoi consistait cette rencontre sous un soleil brulant. Les montures allèrent s’abreuver. Jade pris conscience de sa gorge sèche. On ne leur avait donné aucune goutte d’eau, alors que l’astre a son zénith plombait l’air d’une chaleur insupportable. Mais qu’importe, cela ne semblait pas gout du jour. Les affaires passaient avant le confort de la marchandise, aussi on les aligna en rang devant un homme tout bonnement énorme.

Alors qu’il s’avançait, tout en s’enfonçant dans le sable en raison de son poids monstrueux, Jade ne put que le reconnaitre. Pour avoir longuement séjourné chez son oncle à Kryam, pour avoir bénéficié de ses entrainements, pour avoir elle-même et à de nombreuses reprises participé aux combats des arènes, elle savait avoir affaire à Barka El Abib, un propriétaire avisé de nombreux gladiateurs. La tournure des événements devenait problématique. Il ne fallait en aucun cas que cet homme ce porte acquéreur de sa personne. Ce n’était pas qu’une question de fierté, l’amazone savait être pragmatique. Le problème c’est qu’il la reconnaitrait à un moment ou à un autre si elle devenait son esclave. Et ceci elle ne pouvait se le permettre. Déjà, rien qu’en se tenant devant lui elle risquait d’éveiller sa mémoire.


« Jade, n'est-ce pas ? »

Trop tard. Elle se mordit la langue. Elle préférait encore tenter sa chance contre les tuniques rouges, ou être vendue à un autre. Au moins aurait-elle la possibilité de s’enfuir dès une inattention. Avec Barka, elle se condamnerait mais pire, il obtiendrait un moyen de pression sur son oncle, courtisé pour ses talents d’entraineur et donc l’inimitié pour le gros pachyderme n’était plus à démontrer.

« Qu’est ce donc ? Le nom de la seule putain qui accepte de partager le lit d’un porc comme toi, c’est à s’demander comment elle fait pour ne pas ger… »

Une main s’écrasa sur sa joue, à la commissure de sa bouche, pour la faire taire. Un client insulté était un client insatisfait. Et un client insatisfait ne faisait jamais preuve de générosité. Du sang coula de sa lèvres éclatée, mais elle s’en moquait, et assurant définitivement la mauvaise humeur du gros bonhomme, elle lui cracha au visage le sang de sa bouche mêlé de salive… un crime quand on savait combien elle avait soif.
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Omar Baligh Wahid El'Abib
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Les vautours du désert EmptyJeu 22 Déc 2011 - 19:38
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Un silence pesant s'installa. Même les petites brises chaudes de la fin de matinée s'étaient tues. La quarantaine de personnes présentes, esclaves compris, s'étaient figés, comme si le temps lui même venait de s'altérer, de ralentir.

Absan, le Chacal Rouge, ne dérogeait pas à la règle. Il était comme paralysé, la bouche esquisant un hoquet de stupeur, la main encore levée après avoir frappé celle que Barka avait nommé Jade. La garce ! Si elle voulait se suicider, soit... Mais pas en insultant l'un de ses meilleurs clients... Pour qui il allait passer maintenant ? Un négligeant ?
Mais à la surprise générale, ce fut un éclat de rire gras et sonore, qui s'échappa de la gigantesque gorge du gros esclavagiste. Un rire à en donner des frissons dans le dos, surtout après ce qu'il venait de se passer... Plus que quiconque, Barka était un homme imprévisible...

Alors que la quinte de rire s'estompa, le visage du marchand conservait son sourire carnassier. D'un geste lent et nonchalant, il essuya le cracha du revers de sa manche. Il avait vu juste ! La fameuse Jade ! Il ne l'avait vu qu'une seule fois sans ses peintures de guerre, alors qu'il l'avait croisée en ville accompagnant son stupide et incompétent oncle. Il avait lancé ne nom sans y croire vraiment... Mais, vu la réaction de la jeune femme, il avait effectivement tapé dans le mille... Que les gens étaient idiots, et lui intelligent par contraste. Une fois son moment d'auto-congratulation passé, il tourna la tête pour parler à Absan, qui ne savait toujours pas comment réagir :

"On trouve vraiment n'importe quoi dans le désert de nos jours..."

"Je suis vraiment dés..."

"Il suffit ! Je n'ai que faire de vos jérémiades !"

Il fit un pas de coté, passant devant une autre esclave, elle n'était plus toute jeune. Il lança :

"Celle là, combien ?"

Surpris, Absan mis une bonne seconde à reprendre ses esprits... Depuis quand Barka s'interessait aux femmes de cet age ? Et depuis quand oubliait-il aussi vite un affront ?!

"Huit cents pièces d'or..."

"Je la prend pour six cents..."

"Mais.."

"Pas de mais, c'est mon dernier prix, c'est ça ou rien !"

De toute façon, le gros Omar ne lui acheterai pas plus cher... Il répondit donc :

"Va pour six cents"

Au moment où il termina de parler, Barka extirpa une petite bourse de sa poche, qu'il lança aux pieds du Chacal Rouge. Et, avant même que ce dernier n'eusse eu le temps de la ramasser, le colosse attrapa la vieille femme par le col de sa longue robe, pour l'attire à lui. D'une poigne d'acier, il lui tira les cheveux de l'autre main, la contraignant à ramener sa tête en arrière. Et, sans autre forme de procès, il l'égorgea, avec le long poignard à la lame courbée qui pendait à se ceinture quelques secondes plutôt... Il l'égorgea d'un geste vif, comme si la femme n'avaient été rien d'autre qu'un animal à abattre. L'esclave, sans vie, s'effondra sur le sable devenu cramoisi. Il avait sciemment positionné la pauvre femme pour que les giclées de sang qui se déversèrent de la plaie béante arrosent le visage de Jade. A son tour, il cracha sur la guerrière.

"Voilà ce que coute l'insolence ! Cette femme est morte à cause de ton attitude ! Que cela te serve de leçon idiote congénitale ! Quel gachit !"

Et à l'intention d'Absan, qui n'avait momentanément perdu toute faculté de dialogue :

"Ne faites pas cette tête ! Vous avez vu bien pire ! Je l'ai achetée, j'en fais ce que bon me semblait..."

Le Chacal Rouge, à ces mots, recouvra son assurance habituelle. Effectivement, il avait vu et fait bien pire... Mais la rapidité avec laquelle Barka avait opéré, de sang froid, et sans réelle justification... Ce type était un taré... Un taré richissime qui considérait tous les êtres humains comme des créatures dont il pouvait se servir à sa guise... Mais tant qu'il payait...

Barka continua sa tirade :

"Vous avez fait du bon boulot Chacal Rouge. Je prends ces cinqs là... Ils ont l'air solide ! Les autres, vous pouvez les envoyer à mon neveu, lui aussi se montrera généreux..."

Absan s'étonna que Jade ne fasse pas parti de ses choix. Mais voyant le regard interrogatif du chef des pillards posé sur la guerrière, Barka annonça :

"Je ne fais pas combattre de femmes... Les femmes n'ont rien à faire dans un arène, aussi entrainées soient elles. C'est un rôle d'homme et d'esclaves mâles... Et puis... J'imagine déjà la tête de son Oncle, quand je lui apprendrai que sa petite nièce a été capturée et réduite en esclavage, qu'elle a quitté le Khand, et que je suis le seul capable de lui dire où elle se trouve à présent ! C'est parfait ! Elle me servira de moyen de pression, et en plus je n'aurais pas à supporter son sale caractère !"

Et pour terminer, il laissa échapper...

"Et je suis curieux de voir comment Omar, lui et ses grands principes humanistes, arriva à se débrouiller avec une tête dure pareille... Dans moins d'un mois, il aura renié toutes ses stupides règles d'éthiques !"

Aux mots, "humanistes" et "éthiques", le visage de Barka se déforma de dégout et de douleur, comme si cela lui tordait les boyaux, rien que d'y penser.

Deux heures plus tard, les négociations étaient terminées, les esclaves à destination d'Umbar avaient été remis en cage. Après avoir accordé seulement une gorgée d'eau tiède à chacun, Absan donna l'ordre du départ. Prochaine étape : Kazram, un minuscule village, mais qui était devenu un point de passage très fréquenté par les caravanes descendant jusqu'au Harad, et désirant garder profil bas jusqu'à la frontière. Là, il laisserait Akmek et un autre de ses hommes, seuls garants de la marchandise, tandis que le reste de la troupe regagnerait leur campement.
C'était donc avec les poches pleines d'or, qu'ils se remirent en route...
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Jade
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Jade

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Les vautours du désert EmptyLun 9 Jan 2012 - 13:25
Jade, menton relevé, port altier ne cilla pas lorsque Barka entailla le cou de sa victime d’un geste vif étonnant pour un homme de son espèce et de sa corpulence. Elle ne se détourna pas devant la gerbe écarlate s’échappant de cette gorge innocente, dans un gargouillis écœurant. Son visage demeura implacable tandis que le flot de sang maculait ses joues, ses cheveux de gouttelettes rubicondes. Rien dans son attitude ne souffrait d’une perte quelconque, d’un sentiment de culpabilité ou de dégout. La guerrière restait de marbre, aussi impassible qu’une figure de proue, aussi froide qu’une statue de marbre.

« Je ne suis pas celle qui tient le couteau. »

..et à chaque crime sa punition. Celle de Barka viendrait tôt ou tard, peut-être même de ce bras-ci, attaché dans le dos de la guerrière par une corde solide et cruelle. Tout était question de temps…

Toujours était-il que cette démonstration de force sur la nomade, gisant à présent dans le sable repu de son sang, n’avait pas eu l’effet escompté sur l’ancienne gladiatrice. Ses prunelles couleurs des champs tendres du printemps ne dégageaient pas la douce chaleur qui se rapportait à leur couleur. Elles se teintaient de glace et d’acier, à la fois indifférentes et tranchantes. Si la mercenaire éprouva une rancœur, une animosité ou un regret envers le pachyderme El’Abib, aucun de ces sentiments ne transpira au travers de ce masque parfait et implacable, vissé sur sa face comme une partie intégrante d’elle-même.

Les œillades assassines redoublèrent à son encontre. Elles ne provenaient, cette fois ci, non plus des pillards mais des nomades. Ils venaient de perdre l’une des leurs. Le chagrin se lisait dans leurs regards, la honte… mais aussi la colère et elle était dirigée sur la guerrière. Accusaient-ils son air indifférent ou bien son acte de rébellion. Difficile à savoir, cependant ils ne se rendaient pas compte qu’en cet instant, la nomade n’était pas la seule à rendre son dernier souffle. Les esclaves choisis par Barka pour ses jeux ne survivaient jamais très longtemps…

Les négociations ne durèrent pas autant que la jeune femme s’y était attendue, mais suffisamment pour souffrir âprement de la chaleur du désert, et surtout du manque d’eau. Ce n’était là qu’un début. Le début d’un trop long voyage vers les paysages du Harad. De cet épisode, Jade n’en retint que la morsure brûlante du soleil, la soif irrassasiable de son corps et les regards méprisants ou haineux des autres prisonniers de la cage. Mais le pire restait certainement à venir …

Combien d’heures, de jours… Combien de semaines s’étaient égrenées depuis sa capture dans le campement des nomades. Trop. La crasse du voyage et le sang séché maculaient son visage tiré par la fatigue, la lassitude et les privations pourtant ses prunelles d’émeraude brillaient toujours de cette ardeur farouche. Aujourd’hui, alors que la lune se retirait dans son voile d’obscurité, que l’aube déchirait l’horizon de ses rayons orangés, l’éclat d’une ville se dessinait au loin comme la promesse d’une finalité, le terminus d’un long périple au travers des contrées hostiles.

La Khandéenne ignorait quel nom portait cette cité dont les coupoles s’élevaient vers le ciel, lisses et scintillantes sous le soleil naissant. Les autres prisonniers partageant sa cage s’agitèrent, puis s’agglutinèrent devant les barreaux dans l’espoir futile de deviner où ils allaient. Comme si la destination importait réellement. Cela ne changerait en rien, la nouvelle vie à laquelle on les destinait. Une vie de servitude… une vie sans liberté… une vie d’esclave.

Leurs geôliers, eux, semblaient particulièrement ravis, las, tout comme leur marchandise, de cette harassante expédition jusqu’au Harad. Non qu’ils n’aient l’habitude de franchir tant de chemin, mais ils avaient soumis la guerrière à une surveillance de tous instants, se relayant nuit et jour pour veiller à ce que le chargement du chariot ne tente une fuite ou une rébellion. Mais aucun, ne s’était risqué à cet exercice. Bien sûr Jade, avait souvent réfléchi à la chose mais, elle n’avait pas la bêtise de s’y essayer dans le désert. Qu’aurait-elle fait, sans eau et sans monture, sans vivres et sans aucune idée de sa localisation ? Or cette ville aux murs blancs était véritablement la première trace de civilisation depuis le début…. L’occasion se présenterait d’elle-même, en attendant, elle préférait rester calme, fixer les pillards de ce regard d’acier qui les rendaient si méfiants.


HRP : Je te laisse le plaisir de commencer au Harad.
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