[La villa El'Abib] Négociations, tractations et imprévus.

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Jade
Mercenaire de Khand
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Mar 31 Jan 2012 - 16:12
L’ardeur brûlante du soleil, projetait sur les façades des ombres frémissantes, havres de fraicheur sous les rayons impitoyables. Les scories, entre poussières et sables, exaltait de cette odeur sèche propre aux déserts ou aux landes arides, tandis que la lumière aveuglante se réfléchissait sur cette surface claire. Jade, assise en tailleur sur une natte, adossée aux murs de l’édifice, profitait de la relative fraicheur des pierres et de l’ombre. Silencieuse, les paupières closes sur ses prunelles d’émeraude, elle s’abandonnait à la caresse invisible d’une brise marine et l’air iodé, parfumé des saveurs de la mer, arguait sa liberté en claquant les tissus des paravents. La guerrière, indifférente à son environnement, demeurait statut de sel. Son profil, impassible sous les railleries du vent, ne se froissaient d’aucune émotion. Fermé. Hermétique. Calme. Inadéquate en cet enclos d’esclaves qu’elle partageait avec d’autres.

Ses doigts, arpentaient mécaniquement, les contours disgracieux de son collier, symbole de sa servitude. Ils glissaient, se pressaient sur le métal froid avant de courir le long d’un anneau, de tracer les bords d’une serrure. A la fois impatient et résolus de recouvrer la texture de sa peau. Les notes graves du discours de son nouveau Maître ne quittaient l’esprit de la Khandéenne. Paroles mielleuses jouant les garde-fous de ses désirs d’évasion. Elles roulaient, en tambours infernaux, sans parvenir à convaincre, celle qui n’avait aucune illusion quand aux intérêts du marchand de vies. Mais elle savait que certains buvaient ce lait comme l’enfant tête sa mère. Les autres. Enfermés. Avec elle. La raison première de son silence. Elle se murait derrière les forteresses glacées d’une attitude détachée, sentinelle endormie en attente d’une ouverture dans le flan de ses ennemis.


Depuis les prémices de sa captivité, on l’avait nourrie d’une infecte bouillie, gavée telle une oie. On l’avait baignée, parfumée d’une obséquieuse eau à la lavande avant de couvrir son corps d’huile. On l’avait vêtue légèrement afin que les regards s’abreuvent de ses courbes et de sa peau dorée. Poupée servile sous les fils d’un marionnettiste, elle était devenue une marchandise, entretenue chaque matin pour attirer les arrhés d’un acheteur intéressé. Jade ouvrit les yeux, happant dans deux lacs d’émeraude, le regard d’une femme de sa cage. Une moue dédaigneuse ourlait les lèvres roses trop peintes, et le frémissement de ses voiles vaporeux ponctuait son mouvement de tête. Elle se détournait tout en murmurant à sa compagne plus âgée, elle aussi vautrée dans les coussins moelleux d’un sofa. La mercenaire les ignora, comme toujours, comme chaque fois qu’elle captait leurs regards incisifs.

Lentement, avec cette nonchalance toute féline qui rappelait le chat s’étirant au coin du feu, elle se redressa, délia ses muscles endoloris par sa précédente position. La brise effleura le relief de son visage et elle la respira profondément, comme pour s’approprier son parfum de liberté. Machinalement, automate de chair et de sang, elle s’approcha des barreaux de l’enclot. Le métal tiédi par le soleil deviendrait fournaise à la chaleur du zénith, mais pour l’instant, il chauffait agréablement la paume de ses mains. Perdue dans le dédale tumultueux de ses pensées assassines, elle n’appréhenda pas immédiatement le remue-ménage, juste derrière elle.

Dans le coin de la cage où s’étalait coussins et tapis surmonté d’une petite table, l’esclave à la peau parcheminée s’étranglait. Elle qui suçotait avec délice le repas apporté sur sa demande, virait inexorablement à l’écarlate, la tête penchée en arrière à la recherche désespérée d’une bouffée d’air, les yeux se révulsant. Un petit morceau de cartilage venait de se glisser dans sa trachée obstruant sa respiration. La seconde femme, parée de voile et de tissu arachnéens, poussa un hurlement.


« A l’aide ! Elle s’étouffe ! Vite ! »

Dans sa hâte de secourir sa compagne âgée, elle s’agitait inutilement autour d’elle, sans réellement savoir quel comportement adopter. Et alors que l’effervescence gagnait la villa de l’esclavagiste, Jade demeurait hivernale. Peut-être tenait-elle enfin l’occasion qu’elle espérait depuis le début de sa captivité…. Peut-être…. Et sa bouche dissimulée sous les ombres mouvantes de son visage s’octroya un sourire de loup.
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Omar Baligh Wahid El'Abib
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Mer 1 Fév 2012 - 0:06
Spoiler:
 

L'alerte avait gagnée rapidement la Villa.

Une poignée d'esclaves libres, quatre au total, s'étaient approchés de la cage reservée aux esclaves féminins. Quatre courageux, puisque deux autres continuaient d'ignorer le remue-ménage, faussement absorbés par leurs tâches, comme balayer le sol poussiéreux, ou laver l'eau des bains de Maitre Omar.

Les esclaves libres alertés constatèrent immédiatement la gravité de la situation... Déjà Yasmi, la plus agée de l'enclos, virait au bleu, puis au violet... Elle ne simulait pas ! Pourtant, alors qu'ils auraient du courir pour prévenir leur Maitre, aucun d'eux ne semblait vouloir bouger le petit doigt. Ils échangèrent des regards inquiets. Qui allait oser déranger Maitre Omar, alors qu'il commerçait dans la boutique attenante ? Il fallait être fou pour oser affronter le couroux du gros marchand... Car même s'il n'était pas un homme violent, lui faire perdre une vente signait l'arrêt définitif de leur statut d'esclaves libres. Fort de ces avantages, ils vivaient dans la maison, presque comme des hommes affranchis... Et aucun d'eux ne désirait retourner dans une cage pour le reste de ses jours...

Mais la situation était trop grave pour perdre inutilement du temps... Si Omar revenait, et découvrait un cadavre, sans que personne ne l'ai prévenu, alors ils seraient tous punis, sans exception... Finalement, le plus téméraire - peut-être parce qu'il était aussi le plus simplet du lot - Oleg, se désigna, au plus grand soulagement des trois autres.
Sans un mot, il détala au pas de course. Les esclaves libres n'avaient pas le droit d'emprunter la porte dérobée, celle qui donnait directement sur la boutique... Par conséquent, Oleg dut faire le tour : sortir par la grande porte, contourner la villa, la boutique, et pénétrer dans cette dernière par l'entrée réservée aux clients.

Oleg, bien que dans la fleur de l'age, n'avait pas la carrure d'un type athlétique, bien au contraire. Il était petit, maigrichon, le teint perpétuellement maladif même s'il affirmait se sentir en pleine forme. Des mois durant, Omar avait tenté de le vendre, même à prix réduit, sans succès... Finalement, le gros marchand s'était résigné à lui proposer un statut d'esclave libre : à compter de ce jour, il travaillait dans la villa, comme un serviteur... Mais au lieu de recevoir un salaire, les sommes dues étaient déduites de son prix initial... Ainsi, dans environ deux ans, il aurait terminé de rembourser Omar, et il serait affranchit, recouvrant ainsi une liberté depuis si longtemps perdue. Il avait hâte !

C'est avec ces espoirs en tête qu'il aborda Omar Baligh Wahid, occupé avec un client, comme il le craignait...

*****


Exactement quarante-sept secondes plus tard...

Kelden écarquilla les yeux, découvrant l'état morbide dans lequel l'asphyxie avait plongé Yasmi. Le garde du corps jeta un regard noir aux esclaves libres l'entourant. Une bande d'imbéciles ! Le temps jouait contre eux, il n'y avait plus une seule seconde à perdre... Sans plus attendre, Kelden s'empara de la clé qui pendait autour de son con, et fit glisser la chaine par dessus son crane rasé et son turban. Cette clé ouvrait toutes les cages de la Villa et de la boutique. Il n'y en avait que trois exemplaires : l'une en possession d'Omar, une seconde appartenant à Azziz, et la troisième entre ses mains. Kelden poussa la clé dans la serrure et la fit tourner. Les cages étaient si bien entretenues et huilées que ni la serrure, ni les gonds de la porte n'émirent le moindre grincement alors que le garde du corps les manipulait.

Kelden, muet, lança un nouveau regard noir à Oleg, qui compris immédiatement le message. D'une voix hésitante et fluette, il lança à l'attention des femmes présentes dans la cage :

"Reculez vous ! Reculez ! Au moindre geste brusque, vous prendrez des coups !"

Une phrase que Maitre Omar lui avait fait apprendre par coeur, comme à tous les autres esclaves libres. Kelden n'était pas un tendre, même avec les femmes. Si Omar avait horreur d'abîmer la marchandise, il avait encore plus horreur de la voir s'enfuir. Mieux valait prévenir que guérir... Mais s'il fallait en passer par la force, le garde du corps n'hésiterait pas une seule seconde.

Fort de toutes ses années de combat dans l'arène, Kelden pénétra dans la cage avec assurance, peut-être trop même. A sa ceinture pendait un large gourdin. Il avait laissé son cimeterre à l'extérieur de l'enclos. Ce n'était pas un oubli, évidemment non. Il avait interdiction d'entrer avec une arme tranchante... Car, d'après Omar, il était toujours plus facile de soigner et de dissimuler quelques bleus, plutôt que des balafres sanguinolantes. Soit, il obéissait.

Quant à lui, Oleg appliqua ce qu'on lui avait appris. Entre ses deux mains, il tenait fermement un baton dont les extrémités étaient matelassées... Une sorte de coton-tige géant. Il demeurait à l'extérieur de la cage, juste devant la porte, pour barer toute tentative de fuite au cas ou l'une des esclaves arriveraient à échapper à l'allonge du garde du corps. On n'était jamais trop prudent...

Les autres esclaves libres avaient déjà repris leurs tâches. Maintenant que la situation était en main, il n'y avait plus rien à observer. Mieux valait terminer ses corvées avant le retour de leur Maitre.

Kelden, la main droite posé sur la poignée de son gourdin approcha de Yasmi, focalisé sur sa cible. Il savait quoi faire dans ce genre de situation - ce n'était pas la première fois - l'affaire serait réglée en quelques secondes, comme l'avait demandé Omar Baligh Wahid...

Un jeu d'enfant...
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Jade
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Mar 7 Fév 2012 - 17:28
Yasmi, poupée désarticulée, effondrée, abandonnée dans l’arc en ciel de coussins moelleux, gisait sur le sofa imposant qui servait de literie aux esclaves. Elle ouvrait spasmodiquement la bouche, cherchant à happer un peu d’air sous les hoquets pleurnichards de sa compagne. Ses mains s’enroulaient sur sa gorge, tels des serpents parcheminés. Sa face ridée et écarlate virait lentement au violet. Ses yeux se révulsaient d’un blanc marbré de rouge et ses lèvres remuaient compulsivement à la façon d’un poisson hors de l’eau. Dans cet havre de fraicheur, entre murs et ombres des balconnets, l’esclave s’étouffait sous les regards hagards des serviteurs et des autres prisonniers.

Surgissant d’une entrée du domaine, Kelden, l’homme de main et de confiance de l’esclavagiste apparut devant l’enclos des femmes. Son impressionnante carrure, dégageait une force herculéenne confirmée par un torse dénudé où roulaient sous la peau dorée, des muscles saillants. Kelden. Un nom qui ne pouvait qu’interpeller la Khandéenne. La mercenaire se souvenait encore des apparitions glorieuses de ce Gladiateur dans les arènes de Kryam. Combien de fois avait-elle entendu son oncle applaudir la puissance brute et dévastatrice du guerrier, tout en louant ses aptitudes martiales ? Elle-même l’avait encouragé du haut des gradins, en frappant en rythme sur ses cuisses à la manière variag. Elle-même avait assisté à sa déchéance, à cette erreur qui aurait du lui couté la vie. Elle revoyait, juste en fermant des paupières, ce dernier combat, ce terrible coup puissamment porté à son crâne. Sa défaite. Elle ne s’était pas attendue à le recroiser dans cette vie, dans cette maison, dans cette cage, mais finalement saurait en tirer un avantage certain.

« Reculez-vous, reculez où vous prendrez des coups »

Jade, masque impassible et bras croisés en dessous de la poitrine, obtempéra. Elle recula de plusieurs pas afin de sentir contre son dos les stries verticales des barreaux, tout en restant à une distance correcte de l’esclave agonisante. Avec un intérêt identique à celui d’une panthère devant sa proie, elle suivait d’un regard calculateur celui qui pénétra dans son antre de servitude, sûr de sa force et de sa carrure. Kelden….

Leur Gardien s’enfonçait dans la cage vers le corps aussi avachi qu’inerte de la vieille esclave. Il se pencha sur elle, et la releva avant de la bloquer dos contre son torse dans une étreinte serrée. Molle entre ces bras, la tête de Yasmi bascula vers sa poitrine, ses membres ballants et le regard presque vide. Rapidement, la retenant rudement par la taille de sa main gauche, il chercha de la droite l’endroit exact, entre le nombril et l’extrémité du sternum, où appliquer la pression de son poing. D’un mouvement vif, il enfonça brutalement ses phalanges entre les os du thorax et les organes. La réaction du corps rabougri ne se fit pas attendre. L’esclave fut secoué d’un douloureux spasme qui débloqua sa trachée. Elle tressauta, chuinta et recracha le bout d’os obstruant sa gorge dans un gémissement douloureux. Avec un sifflement nasillard, elle aspira une énorme bouffée d’air provocant une quinte de toux. Keldan avait sauvé Yasmi mais ne l’avait pas encore relâché créant ainsi l’occasion rêvée pour Jade.

La khandéenne guettait cet instant si particulier où l’ancien gladiateur, occupé d’esprit et de corps à rétablir la respiration de l’esclave, lui offrirait une opportunité parfaite. Elle s’était discrètement approchée durant le sauvetage, afin de réduire la distance entre Kelden et elle. Avisant de sa réussite, elle s’élança sur lui. Eut-il un temps de battement avant de comprendre qu’elle fonçait sur lui, ou bien son inattention résultant de cette étranglement fut-il la cause de sa lenteur, en tout cas, il ne réagit que lorsqu’elle fut sur lui. Insuffisamment véloce pour parer le poing de la mercenaire qui visait la faiblesse de son cou bovin, mais assez pour le détourner de sa trajectoire initiale vers son épaule. Jade porta, de tout son élan, et le percuta bruyamment. Conservant son léger effet de surprise et usant de son déséquilibre, elle pratiqua un croc en jambes. Son tibia le faucha et il tomba lourdement au sol sous le cri effaré des esclaves.

Jade n’ignorait pas son désavantage physique et elle savait pertinemment qu’elle devait absolument le mettre hors combat le plus rapidement possible. Son genou vint donc s’écraser contre le torse dénudé de Kelden à l’endroit précis du foie. En général, un seul coup porté à cet endroit pliait en deux un homme parfois jusqu’à l’inconscience, en tout cas suffisamment pour qu’il ne puisse se relever avant un bon moment… exactement ce qu’elle espérait et exactement ce qu’il advint.

Profitant de cette victoire, la belle sauvageonne se précipita sur l’esclave libre qui brandissait misérablement son énorme « coton tige » tout en tremblant dans ses chaussures. D’un mouvement maladroit, il tenta d’arrêter la khandéenne. Elle esquiva avec une facilité déconcertante, bloqua le bâton contre son avant bras avant de le lui arracher. Il tomba sur les fesses. Elle l’ignora. Elle était libre c’était tout ce qui l’importait. Ca et sortir au plus vite de cette villa.


« Dégage. » lui dit-elle sans même baisser vers lui son regard d’émeraude, les yeux rivés sur la porte de sa liberté.
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Omar Baligh Wahid El'Abib
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Mar 7 Fév 2012 - 23:43
Kelden ne vit rien venir. En l'espace d'une seconde, son égo fut aussi chahuté que son corps. Même si l'enchainement rapide l'avait empêché de distinguer avec précision son adversaire, l'ancien gladiateur n'eut aucune difficulté à l'identifier : la Khandéenne... Seule cette femme disposait d'assez de culot et de ressources pour tenter une telle action suicidaire. Le coup final, porté au niveau de son foie, l'acheva. Plié en deux sous l'effet de la douleur, Kelden fut incapable de réagir. Son corps refusait de lui obéir. Les dents serrées, il jura intérieurement... La garce, elle allait payée !

Usant de toute sa volonté, celle là même qui l'avait sauvée d'une mort certaine suite au coup de masse qui lui avait défoncé le crâne, le garde du corps se revela finalement. Il chancela aussitôt, au point de retomber à genou. Sa vision trouble ne laissait place qu'à de vagues interprétations. Il ne pouvait rien faire ! Et Omar qui allait arriver d'une seconde à l'autre... Mais à cette pensée, son rictus de colère laissa place à un sourire carnassier... Omar allait arriver d'une seconde à l'autre oui, mais accompagné de trois hommes armés... Cette idiote était en train de signer son arrêt de mort, sans même le savoir... Qu'elle crève !

Arrivé à cette conclusion, Kelden cessa de lutter pour recouvrer l'usage de ses muscles. Il se laissa tomber sur son séant. Il se massa le coté, espérant que l'atroce douleur allait passer rapidement. Heureusement, les autres esclaves n'avaient rien tenté. Elles savaient que rien ne les attendaient derrière les murs de la villa, si ce n'était un monde violent, injuste, et terriblement dangereux pour un esclave. Et oui, avec les colliers d'acier qu'elles portaient au cou, elles ne pouvaient aller nulle part sans être considérées des objets dont on pouvait abuser.

****

Oleg, les fesses dans la poussière, lança un regard terrifié à son adversaire. Elle était trop forte, il n'avait rien pu faire ! Engourdi par la peur, ses muscles avaient été incapable de porter un véritable coup... Que faire à présent ?!

Il y avait deux solutions : se relever et fuir ou contre-attaquer. A vrai dire, les deux solutions étaient suicidaires : dans un cas il se ferait tuer par la guerrière, dans l'autre par Maitre Omar... Mais pourquoi s'était-il stupidement porté volontaire ?! Les autres esclave-libres n'étaient plus visibles, ils s'étaient cachés dès que les évènements avaient mal tournés... Lui, Oleg, était allé chercher Omar, en pleine conversation avec un client, puis qu'il avait été incapable d'aider Kelden... Et comme le Maitre avait plus que jamais besoin de son garde du corps, une seule personne serait punie, très sévèrement : lui-même !

En fait, en y repensant, il avait bien plus peur de son Maitre que de cette inconnue. Elle allait peut-être le tuer, ou bien elle le blesserait... Mais ce ne serait qu'un mauvais moment à passer... Si Omar décidait de lui rendre la vie impossible, et bien toute sa vie deviendrait alors un véritable enfer...

Convaincu par ce monologue intérieur, Oleg se jeta en avant, profitant de la diversion offerte par l'arrivée de plusieurs personnes par la porte de service. Il n'avait aucune arme, il ne pouvait esperer tenir tête à la Khandéenne. Alors il décida de s'aggriper aux deux jambes de la jeune femme, de toutes ses forces. Plus que jamais, il correspondait à la définition d'un boulet. Il allait passer un très mauvais quart d'heure... Complètement affolé il se mit à hurler :

"Aaaaah ! Au secours ! Vite ! Par ici !"

*****


"Par les babouches de Melkor !"

Omar Baligh Wahid resta interdit, bouche bée, témoin ahuri de la scène qui se déroulait sous ses yeux... Une tentative d'évasion... C'était bien le moment ! Totalement embarrassé, le gros marchand fut incapable de tourner la tête pour supporter le regard du Seigneur Pirate. Qu'allait-il faire ?! Qu'allait-il dire ?! Pire que tout, l'attitude Oleg était pathétique, ecoeurante : il hurlait comme un porc qu'on allait égorger... Le Seigneur Taorin allait le prendre pour un amateur ! Sa réputation était flouée ! Et Kelden, où était-il dans tout cela ?! Que faisait-il ?! Quelqu'un allait devoir payer pour tout ça...

Omar repensa au petit mot de son Oncle, arrivé par oiseau messager deux semaines plus tôt... Il l'avait piégé, il s'était joué de lui en lui envoyant cette tête brulée de Khandéenne ! Quel gros enfoiré, lui aussi il payerait !

Impuissant, l'esclavagiste observa la suite des évènements avec une inquiétude non dissimulée...
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Jade
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Mer 8 Fév 2012 - 15:58
Les prunelles vertes de la Khandéenne s’irisèrent d’un éclat sombre de colère et de contrariété. Découpant de leurs silhouettes massives, l’ombre du porche juste devant la porte de sa liberté, Omar l’esclavagiste faisait une entrée accompagnée, légèrement malvenue. A eux quatre, ils formaient un obstacle de taille, un rempart conséquent à la fin de son servage. La guerrière ne peinait nullement à lire les émotions se peignant sur le visage du gros haradrim, quand à ses compagnons, elle ignorait s’ils étaient sbires ou clients. Qu’importe … le résultat restait le même, ils obstruaient son passage et la guerrière ne pouvait pas se rendre. Le corps étendu et chuintant de Kelden en arrière-plan signifiait clairement qu’abandonner ses velleités de fuite serait se condamner à de lourdes représailles. De la part du garde du corps comme de son employeur. Elle devait passer… ou tomber mais la demi-mesure n’était plus de mise.

Cet instant profita à l’esclave maladif. Au lieu de fuir, il préféra se jeter aux pieds de la jeune femme, emprisonnant sa jambe, enroulant son bras autour de ses mollets, serpent affamée ou désespéré.


« Soit. » Lâcha-t-elle entre deux hurlements de l’homme, d’une voix aussi coupante que l’acier d’une épée.

La chance offerte et non saisie disparut à mesure qu’un sourire carnacier galbait ses lèvres. Les finesses seraient pour plus tard, à présent elle jouait quitte ou double, et la guerrière n’avait pas d’énergie à dépenser pour l’avorton devenue sangsue. De la pointe enrubannée de chiffons de son bâton, elle le repoussa vigoureusement, avec cuisante caresse sur les côtes et l’assomma d’un coup de manche sur la nuque. Avisant de l’arme de Kelden, préalablement abandonnée pour des raisons de sécurité avant d’entrer dans l’enclos des esclaves, elle s’en empara d’un mouvement vif qui s’inscrivit dans une succession rapide d’événements.

Tout se passa en accéléré, la mercenaire exploitant l’effet de surprise partiellement atténué en attaquant. A trois contre une, l’esclavagiste ne représentant aucune menace sérieuse à son sens, l’avantage ne tournait pas en sa faveur. Alors pour palier à cette infériorité numérique, elle s’élança vers le groupuscule d’Haradrims. Usant du bâton comme d’une lance, elle le plaça devant elle, au dernier moment, pour venir percuter le plus proche d’entre eux, au niveau du ventre. Le choc, fuit suivit d’un bruit mat, étouffé par le tissu protégeant l’embout mais qui l’obligea à se séparer de cette l’arme trop encombrante. De la lame courbe de Kelden, elle para l’inévitable sabre du camarade de sa victime, brisant son élan dans un fracas d’acier.

Si son intention première, de briser la ligne de défense de ces inconnus, s’effaça lorsqu’elle découvrit la dextérité de l’arme de son adversaire, la seconde visant à utiliser le marchand comme un bouclier humain, comme un otage restait d’actualité. Avec cette agilité féline, cette souplesse racée qui compensait la force brute de ses adversaires plus aptes à assener et recevoir de violentes charges, elle évitait le fil coupant des cimeterres, taillant à son tour un chemin vers le gros homme réfugié derrière les deux guerriers.



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Taorin
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Mer 8 Fév 2012 - 18:23
Les Chiens passèrent la porte, et se pétrifièrent à la vue du spectacle : le garde du corps de l’esclavagiste gisait dans la cage des esclaves, encore en vie mais souffrant, et une jeune femme, armée d’un long bâton robuste se dressait telle une furie, un esclave lamentablement accroché à ses jambes. D’un geste sec, l’esclave rebelle assomma le pauvre homme, et se jeta sur les quatre nouveaux arrivants.

Rapidement, grâce à des réflexes acquis par des années d’entraînement et de combats à mort, les Chiens dégainèrent. Mais à peine leur lame étincelait-elle à la lumière que la khandéenne frappait violemment le Chien qui s’était interposé entre elle et son capitaine. L’homme se plia en deux, soufflé par la puissance de l’impact, mais garda son cimeterre en main. Le second Chien tenta alors de la décapiter, mais c’était sans compter l’incroyable agilité de la jeune femme, qui releva prestement le sabre volé au garde du corps et l’interposa entre sa précieuse tête et la lame acérée qui s’apprêtait à la raccourcir.

Taorin dégaina son sabre, pestant contre l’énorme esclavagiste qui se tenait, immobile, à ses côtés. Comment se faisait-il qu’en venant ici, le marché le plus réputé de tout Umbar, il tombe sur un esclave rebelle ? Et, qui plus est, maniant superbement les armes ?

Détournant son esprit de ces questions sans réponses, le Chien Borgne se concentra sur son adversaire. Frappant de taille, le capitaine des Chiens du Désert parvint à faire reculer de quelques pas la rebelle, laissant ainsi le temps au Chien blessé de s’écarter des combattants et de se relever tant bien que mal.

« Rends toi, et tu seras épargnée. » dit le Chien Borgne à Jade, avant de brusquement se fendre. La lame effleura la peau mate de la khandéenne, sans l’atteindre. Le deuxième Chien profita de l’occasion pour contourner la khandéenne, la mettant en difficulté, et l’obligeant à reculer encore et encore.

Mais l’esclave se révéla plus agile que prévue, et elle parvint à se faufiler sous les lames des deux mercenaires en ne récoltant qu’une mince estafilade. Les deux Chiens se retournèrent, mais trop tard : déjà, la khandéenne s’élançait vers la sortie, et vers l’esclavagiste obèse qui la bloquait…


500£+850£ pour le maître d'armes
Capitaine des Chiens du Désert et Seigneur (Pirate) d'Umbar.
"Memento mori"
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Omar Baligh Wahid El'Abib
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Dim 12 Fév 2012 - 23:31
Omar Baligh Wahid El'Abib se considérait comme un homme plutôt chanceux, même si son enfance avait été sordide, sous le joug d'un père alcoolique et violent. Depuis le décès prématuré de ce dernier, dont il n'avait rien à voir puisque c'était l'oeuvre des Melkorites -loués soient-ils - les affaires tournaient bien, il avait gagné beaucoup d'argent.

Sauf que cette fois, il devait l'avouer, sa chance venait de tourner... Un virage à cent quatre-vingt degrés. Pris d'un instant de doute, le gros marchand se pinça l'avant bras... Non, il ne révait pas... L'une de ses esclaves venait de s'échapper... Elle avait terassée son garde du corps... Situation génante déjà génant... Mais pire, elle s'en était ensuite prises aux hommes du Seigneur Pirate Taorin... Et maintenant... Elle fonçait droit sur lui, sabre au clair...

Il était foutu ! Même, si par le plus grand des miracles, il sortait vivant de cette estafilade, sa vie était brisée ! Mieux valait mourir que de passer le restant de ses jours traité comme un misérable... Au mieux, le Seigneur Taorin briserait sa réputation... Au pire, il le ferait emprisonner pour tentative de meurtre... Et oui, puisque c'était SON esclave qui tentait de le tuer, alors IL était l'unique responsable... Misère... Qu'allait-il faire?! Que devait-il faire ?!

Cet intant de doute dura une seconde de plus... Laps de temps pendant lequel la distance entre le gros corps graisseux du marchand et la lame effilée ayant jadis appartenu à son garde du corps ne cessa de diminuer. Omar ne bougea pas d'un pouce, sa face figée dans l'horreur, son corps paralysée par l'esquisse des conséquences d'une telle scène. Mieux valait mourir... Au moins, il quitterait ce monde à son apogée commerciale...

Mais le miracle tant espéré arriva.

L'un des gardes du Seigneur Taorin, celui-là même qui avait reçu un coup de bâton dans le bas ventre, fit décrire un mouvement circulaire à sa lame, visant le torax de son adversaire. Par chance pour le gros marchand, cet homme s'était mis en retrait après sa blessure, il était à présent l'unique obstacle séparant la furie Khandéenne du meurtre impitoyable de son maitre. Malgré la douleur et la rapidité de l'action, le chien du désert avait frappé avec intelligence. Lancée dans sa course, la jeune femme ne pouvait esquiver sur le coté, tandis que la hauteur de la lame lui interdisait de sauter ou de se baisser... Alors qu'Omar n'était plus qu'à deux minuscules mètres d'elle, Jade n'eut d'autre choix que de parer, dans un fracas assourdissant... Mais, fort de son élan, la Khandéenne repoussa sans peine l'arme de l'homme. Dans le feu de l'action, elle quitta cependant des yeux l'esclavagiste une fraction de secondes...

C'était maintenant ou jamais. Quitte à mourir, autant tenter le tout pour le tout.

Omar Baligh Wahid, en tant que riche commercant, se devait de porter des bagues précieuses à tous ses doigts, afin de prouver au monde la qualité de sa marchandise qui le rendaient si fortuné. Mais l'un de ces bijoux n'était pas comme les autres... Sur sa main gauche, Omar portait un volumineux rubis sanguin serti sur un anneau d'or massif... Mais cette belle pierre était fausse... Elle était creuse... Mais creuse ne voulait pas dire vide, puisque dans cette cachette secrète, Omar dissimulait une partie de son assurance vie : un pernicieux poison. Réduit à l'état de poudre, cette substance collectée sur de dangereuses araignées du Sud Mordor, était normalement destinée à être dilluée dans une liquide, tel que du vin ou du thé. Jusqu'à présent, il n'avait jamais eu besoin de s'en servir... Ce serait une première...

D'un geste vif et rapide, Omar Baligh Wahid fit tourner le faux rubis sur son axe, ouvrant ainsi la chambre secrète de son bijou. Puis, il souffla de toutes ses forces sur la susbstance poudreuse. Le poison mortel fut aussitôt emporté par ce souffle désespéré. Même s'il n'était pas prévu pour cet usage, Omar savait que l'inhaler causerait de violents vertiges, des nausées, des engourdissements...

La jeune femme ne vit rien arriver... Peut-être considérait-elle le gros marchand comme inoffensif. Le souffle empoisonné d'Omar caressa le visage de la Khandéenne tandis que la poudre s'insinua par ses narines et sa bouche haletante. Les chances étaient minces pour que cette petite surprise puisse la mettre hors d'état de nuire. Plus probablement, le malaise qu'elle allait ressentir donneraient un avantage aux hommes du Seigneur Taorin qui pourraient alors reprendre le dessus. Mais profitant de l'étonnement général, Omar lança, d'une voix forte et autoritaire :

"Stop ! Personne ici ne veut perdre la vie ! Je ne vous demande pas de lacher vos armes... Mais baissez les un instant, que nous puissions au moins parler comme des personnes civilisées !"

Omar avait recouvré toute son assurance, du moins en apparence. Il avait accepté son destin. La seconde précédente, il s'était imaginé mort, déchu, déshonoré... Maintenant, il n'avait plus rien à perdre. S'il parvenait à éviter un bain de sang, alors peut-être arriverait-il à arranger la situation... C'était ce mince espoir qui lui donnait ce soudain élan de témérité...
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Jade
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Mar 14 Fév 2012 - 16:44
Vaincre ou mourir. Fuir ou périr. Négocier ou disparaitre à jamais. Coulant dans ses veines d’une énergie sauvage, ce crédo devenait son leitmotiv, bouclier où se brisaient les propositions inappropriées du borgne… La jugeait-on idiote… Se rendre c’était s’offrir en victime consentante sur l’autel de cet esclavagiste, accepter qu’ils soufflent la flamme de sa témérité, brisent son âme sous les chaînes mordantes des sévices et du servage. Apprivoisée comme un animal, elle subirait les outrages d’une vie sans couleurs et sans plaisirs, d’une vie d’esclave, d’une vie qui ne lui appartiendrait plus…. Hors de question. La mort, elle-même révélait des attraits plus enchanteurs qu’une existence de labeur sous égide d’un maître.

« Il existe des fins moins enviables que ta lame, haradrim » affirma-t-elle par-dessus la clameur de leurs épées entrechoquées.

Derrière elle, l’ombre imposante d’un autre fomentait une attaque traitresse. Evitée de justesse, la morsure glissa sur son bras, sillonnant de rouge la peau mate. Habile esquive et les deux cimeterres ennemis s’enchevêtrèrent brutalement offrant l’opportunité de fuir l’affrontement pour rejoindre la porte et ses promesses de liberté. Omar, dernier rempart à ses désirs offraient sa masse adipeuse en guise de muraille. Pour passer il lui suffisait de percer. La Khandéenne se jeta sur lui, pointe en avant pour se frayer un chemin au travers de sa chair.

Trois chiens de garde. Si deux restaient en arrière, bernés par une feinte rusée, le troisième blessé par sa charge première s’immisça entre l’esclavagiste et la guerrière. Les fers se croisèrent, les lames gémirent et Jade, les deux mains crispées sur sa garde recula sous la volute blanchâtre, délivrée par le gros homme. Elle respira malgré elle, la poudre volatile avant de rompre de plusieurs pas, la passe d’armes.

Ses yeux la picotaient, ses poumons brûlaient, et un vertige lancinant élisait domicile dans son crâne. Elle posa un genou à terre maudissant cette assurance qui sapait à présent ses défenses. Son arme était lourde et désavantageait ses mouvements. Elle ressentait la fatigue de ses muscles, preuve qu’elle n’avait récupérée qu’en partie ses facultés. Désavantage et infériorité du nombre devenaient ses compagnons à mesure que ses espoirs de fuite se disperser aux vents marins.


"Stop ! Personne ici ne veut perdre la vie ! Je ne vous demande pas de lacher vos armes... Mais baissez les un instant, que nous puissions au moins parler comme des personnes civilisées !"

Relevait-elle une once de peur dans les propos de l’esclavagiste… Forçant ses iris rougis à scruter la face d’Omar, elle notait à présent ce comportement étrange… agacement ? Non… inquiétude… lorsqu’il levait son regard vers le borgne, celui dont elle avait perçut le commandement dans les modulations graves de sa voix…

« Se pourrait-il … » se demanda-t-elle en se redressant

Se perdre en conjecture, elle ne pouvait se le permettre. Le temps agissait contre elle. Comme si les mots du haradrim, figeant pour quelques instants l’action, se volatilisaient dans une brise marine, les combats reprirent. Le guerrier, auteur de la précédente attaque, chargea Jade. Les épées crissèrent douloureusement dans un ballet mortel. Pas à pas, elle se sentait repoussée, loin de ce porche, loin de cette liberté, sous les coups de butoirs de son adversaire. S’il passait pour un combattant honorable et un escrimeur correct, il se contentait d’assener avec violence, sa lame contre la sienne. Sans finesse. Sans intelligence. Juste férocement. Usant de cette souplesse féline et féminine, elle ouvrit une faille dans sa garde et s’y engouffra avant que quiconque ne puisse intervenir. Le corps de l’homme n’offrit aucune résistance lorsque sa lame pénétra la chair aussi tendre que du beurre. Un chien à terre, suffisamment blessé pour ne pas revenir mordre. Il n’en restait plus que deux.

Est-ce le bruit de succion quand elle retira son épée, ou le gémissement guttural de celui qui chutait lourdement au sol, qui éveilla un regain de force et de brutalité chez ses adversaires ? Quoi qu’il en fût, ils redoublèrent leurs efforts pour pourfendre la jeune femme. A plusieurs reprises, leurs lames vengeresses goutèrent le sang de la guerrière, marquant sa cuisse, son ventre et son bras. Des entailles superficielles… visant à l’acculer contre la grille de son ancienne geôle. Elle s’épuisait, des perles de sueurs coulaient le long de ses tempes, ses jambes moins assurées commettaient des erreurs et ses frappes perdaient en puissance.

Vaincre ou mourir. Fuir ou périr. Négocier ou disparaitre à jamais.
Jade savait qu’elle ne pourrait vaincre. Elle n’en avait plus la force à défaut de la volonté.
Jade savait qu’elle ne pourrait fuir. L’ombre du porche fuyait à mesure qu’elle reculait sous les attaques conjuguées des haradrims.
Jade espérait pouvoir négocier… mais pour cela, elle devait tenter le tout pour le tout, un coup de maître, un coup de chance…

Elle se baissa pour esquiver une attaque purement destinée à la décapiter. Le cimeterre se fracassa au dessus de sa tête les barreaux de l’enclos dans une gerbe d’étincelles. La khandéenne profita de cette ouverture pour faucher les jambes de son adversaire. Déséquilibré, il chuta de coté tout en libérant le passage vers son comparse borgne. Celui là même qui un peu plus tôt lui proposait de se rendre. Celui là même devant qui le gros esclavagiste semblait trembler.

A nouveau les épées se croisèrent à grands fracas, crissant l’une contre l’autre dans une plainte métallique sinistre. Fer contre fer, heurtée avec hargne et sans aucun ménagement, l’arme de Kelden dont l’âme se fissurait d’une invisible imperfection, se fendit en deux sous l’impact. La khandéenne s’écarta, sacrifiant une mèche de boucle cuivrée à la fureur vindicative du borgne. Il réarma son bras d’un large mouvement latéral, qu’elle bloqua difficilement de sa main libre, à quelques de cheveux de sa gorge.

Cimeterre tendu vers elle, le tranchant effleurant son cou, il la fixait de son unique œil. Bloquer cette attaque n’était pas tant du fait de la guerrière que du Haradrim, lui-même. Disons que le moignon de son sabre, apposé sur sa poitrine au niveau de son cœur était une raison suffisament valable pour qu’il n’achève le mouvement de son bras. La morsure du métal sur sa peau dorée se fit plus pressante alors qu’elle sentait une seconde lame poindre vers elle.


« Et maintenant…? » demanda-t-elle essouflée
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Taorin
Capitaine des Chiens du Désert
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- -:

Mar 14 Fév 2012 - 21:45
Taorin vit la lame s’enfoncer lentement dans le corps du Chien, traversant sans peine la veste de cuir et la peau sombre du mercenaire. L’acier aiguisé ressortit avec un horrible bruit de succion, et, béante, la panse du haradrim laissa échapper les entrailles qui se répandirent sur le sol. Le Chien s’effondra, tentant tant bien que mal de retenir ses précieux boyaux, mais en vain : l’inconscience le gagna, et il s’aplatit, face contre terre, mort.

Taorin grogna de rage, et attaqua avec un regain d’ardeur la jeune meurtrière. Les lames volaient, l’acier chantait. A ses côtés, le Chien suait à grosse gouttes, mais continuait ses assauts acharnés. Peu à peu, les deux mercenaires refermaient leur étau sur Jade, la forçant à reculer, et, après plusieurs passes d’arme particulièrement violentes, l’acculèrent aux barreaux de la cage des esclaves.

Sans cesser d’asséner coups sur coups, d’esquiver les feintes de la Khandéenne et contre-attaquer, le Chien Borgne l’observa de son œil unique : la tueuse était jeune et bronzée, et, bien que vêtue de vêtements informes de laine mal dégrossie, ses muscles bien dessinés apparaissaient distinctement. De minces blessures laissaient échapper des filets de sang, tachant le tissu gris.

Bien décidé à en finir avec cette mascarade qui lui avait coûté un homme précieux, Taorin fit chanter l’acier, et tenta de décapiter la Khandéenne. Malheureusement, la jeune femme fut plus rapide, et se baissa juste à temps : la lame heurta les barreaux avec fracas, dans une pluie d’étincelles. Surpris par cette attaque plus virulente que les autres de la part de son chef, le Chien baissa sa garde un court instant. Mais ce fût suffisant pour Jade, qui, d’un geste précis, faucha les jambes du mercenaire.

Déséquilibré, le Chien tomba à la renverse, lâchant son cimeterre. L’arme heurta bruyamment le sol. Enragé par la défaillance de son compagnon, Taorin réattaqua avec plus de vigueur : décrivant une trajectoire courbe, le sabre du Seigneur Pirate rencontra la lame ayant appartenu à Kelden. Les chocs répétés devaient avoir fragilisé l’arme de qualité médiocre du garde du corps de l’énorme esclavagiste : l’arme se brisa à une vingtaine de centimètres de la garde, laissant l’esclave rebelle sans autre moyen défense que ses pieds et ses poings.

Le Chien Borgne amorça le coup de grâce, qui devait séparer la tête des épaules de la Khandéenne. Mais cette dernière réussit à attraper son bras de sa main gauche, bloquant son coup, tandis que de la main droite, elle pointait son moignon de lame contre le corps du Seigneur Pirate. Le sabre du Chien Borgne s’arrêta sur la gorge de la jeune femme, s’enfonçant légèrement dans la peau mate de la Khandéenne.

La situation était problématique : que faire ? L’esclave pouvait lui ôter la vie tout aussi facilement qu’il lui ôterait la sienne. Dire qu’il était sur le point de tout perdre en ce moment ! Alors que tout lui souriait !

« Et maintenant…? » demanda-t-elle.

Le Chien Borgne attendit quelques instants, calmant sa respiration et les battements affolés de son cœur. Il laissait ainsi le temps au Chien survivant de se relever, et de poser la lame sur la gorge de l’esclave. Une fois que les deux lames furent en contact avec la peau de l’esclave, Taorin se retira lentement, tenant de sa main gauche le poignet droit de Jade afin de lui éviter toute « erreur malencontreuse ». Mais la bougresse refusait de céder ! Taorin tenta de forcer, mais dû se rendre à l’évidence : l’esclave jouait son va-tout, et ne céderait pas si facilement, voire ne céderait pas. Elle préférerait sans doute enfoncer les restes de l’arme de Kelden plutôt que de laisser échapper son dernier espoir de rester en vie.

« Il semblerait que nous soyons bloqués. Mais évitons de nous entretuer. A moins, bien sûr, que tu ne souhaite mourir, auquel cas, autant mettre fin à cette mascarade. » Le Chien Borgne scruta la jeune femme de son œil valide. « Mais j’en doute. » ajouta enfin le Chien Borgne. Il fit ensuite un signe de tête en direction d’Omar, et dit : « Maître marchand, envoyez un de vos esclaves quérir une patrouille. Et rapprochez-vous, nous devons parler. » Le Chien Borgne fit une pause, puis reprit. « Ta vie ne tient qu’à un fil. Tu le sais. Mais je suis généreux, et il serait dommage de gâcher des talents comme les tiens. Aussi vais-je te faire une offre que tu ne pourras pas refuser. Maître Omar, je réquisitionne cette esclave, pour le meurtre de mon homme, et pour tentative de meurtre sur ma personne. Accepter me ferait peut-être oublier ce tragique incident. Quant à toi, voici ton choix : soit meurs pour avoir levé la main sur moi, et pour le meurtre d’un Chien du Désert ; soit sers les Neufs en toutes choses, et, peut-être, lorsque la guerre à venir sera terminée, tu recouvreras ta liberté… »

Tout en attendant la réponse de l’esclave, Taorin raffermit sa prise sur la poignée de son sabre à la lame ébréchée…


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Jade
Mercenaire de Khand
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- -: Khandéenne
- -: 29 ans approximativement
- -:

Mer 15 Fév 2012 - 16:24
Au dessus de cet anneau de fer sombre, symbole de sa servitude, l’acier froid caressait sa gorge, arrachant sous son fil aiguisé, quelques larmes de sang. En réponse, sa main s’affermit sur le pommeau de son épée, accentuant la pression contre le torse offert de son adversaire malgré les doigts enserrant d’un étau solide, les siens. Jade ne céderait pas. Relevant le menton, arrogant et fier, elle ne tressaillait sous le regard lourd de reproche et de violence du borgne. Ses yeux ne s’inclinaient pas devant lui, au contraire, ils le défiaient d’un éclat vert où brûlait une résolution indéfectible.

« Marchand. Retiens ton laquais.» Ordonna-t-elle platement à l’esclavagiste sans se détourner du borgne.

Ainsi, lame contre chair, l’égalité était presque parfaite. Un duel s’esquissait, il n’engageait plus le tranchant des cimeterres mais celui plus acerbe des volontés. Jusqu’ou était-il prêt à céder pour vivre, jusqu’où irait-elle pour survivre. Sous la brise iodée, portant en elle les odeurs salines d’Umbar, Jade en égérie hivernale, ressemblait à l’incarnation d’un esprit de glace avec ses émeraudes givrés de frimas méprisant, son visage lisse dénuée d’expression emprisonné d’un sérac inflexible. Lire ses intentions, deviner ses sentiments derrière le masque glacé qu’elle s’imposait, tenait de l’impossible. Seules les prunelles ardentes révélaient ses aspirations, son désir de liberté et son refus total de devenir l’objet d’un autre.


« Me réquisitionner Haradrim ? »

De la commissure de ses lèvres s’échappa un sourire carnacier. La Khandéenne jouait avec le feu au risque de se consumer aux flammes furieuses de cet homme. Insoumise, rebelle mais acculée, elle se savait user de ses dernières chances. Peut-être si elle avait été moins orgueilleuse, moins fière, aurait-elle simplement accepté. Peut-être…

« Tu ne m’as pas bien comprise, je crois. Je ne suis pas à vendre. Je ne sers aucun maître, et ne suit que celui que je choisis. J’ignore qui tu es pour monter sur tes ergots, et je m’en moque complètement… Quoiqu’il en soit, il n’est pas question de générosité ou de mansuétude. Je suis prête à mourir pour ma liberté. Mais toi, Haradrim, es-tu prêt à périr pour m’en empêcher ? »

La voix de la guerrière claqua, sereine et posée, trahissant des aptitudes certaines pour le commandement. Son cœur battait frénétiquement, mais elle choisit de l’ignorer. Imperceptiblement, la main du borgne emprisonnant la sienne sous une poigne ferme et déterminée gagnait le bras de fer qui les opposait.

« Si l’on doit m’abattre, ce ne sera pas pour une tentative… » Ajouta-t-elle dans un souffle destiné uniquement à cet homme, moins une menace, qu’une promesse.

Inexorablement, elle sentait la force du haradrim, l’emporter sur la fatigue. Elle mordit sa lèvre nerveusement… combien de temps encore parviendrait-elle à maintenir l’équilibre de ce statut quo ?


« Laisses-moi partir en femme libre, et c’est de mon plein gré que j’accep…. »
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Omar Baligh Wahid El'Abib
Marchand d'Esclaves
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~ GRIMOIRE ~
- -: Haradrim
- -: Fin de la trentaine
- -:

Dim 19 Fév 2012 - 22:53
Aux ordres du Seigneur Pirate Taorin, Omar Baligh Wahid ouvrit une large bouche... Mais la réplique de Jade, aussi inattendue qu'insolante, coupa net le gros marchand. Ce répit lui offrit quelques secondes de réflexion supplémentaire... Faire quérir la garde, alors qu'un homme gisait mort, éventré, dans sa propre villa, tué de la main même de l'un de ses esclaves... Folie ! Certes, la garde devait obéissance à un Seigneur Pirate... Mais, aussi charismatique soit-il, le Seigneur Taorin ne garderait pas ce poste indéfiniment... Un jour ou l'autre, même s'il s'agissait d'une dizaine d'années, il serait remplacé par un autre... Et Omar ne voulait pas vivre avec ses fantômes du passés... D'autant que cela donnerait à Taorin un moyen de pression pour le restant de ses jours... Non, ce prix là, il n'était pas prêt à le payer.

Un mouvement, au second plan, derrière les protagonistes qui n'avaient toujours pas relachés la pression sur leurs armes, extirpa le gros marchand de ses pensées. Au cours de leurs passes d'armes, les chiens et l'esclaves s'étaient rapprochés des grandes cages occupant la majeure partie de la cour intérieur de la Villa. Alors que les hommes et la femme se jaugaient du regard, comme autant de prédateurs guettant le moindre signe de faiblesse de leurs proies, aucun ne vit ce qu'aperçu Omar : une ombre qui se déplaçait lentement derrière les barreaux, à l'intérieur de l'enclos : Kelden.

*****

Spoiler:
 

Le sourire pervers du garde du corps s'était évaporé aussi soudainement qu'il était apparu. Contre toute attente, la femme esclave maitrisait parfaitement les arts du combat au sabre. Lui qui s'était attendu à une mise à mort rapide de la jeune femme... Il était déçu... Enfin, il aurait été déçu s'il avait su éprouver le moindre sentiment... Car depuis sa sordide blessure à la tête, son cerveau meurtri lui jouait des tours : par moment, il n'éprouvait plus aucune sensation : chaud, froid, douleur... Tandis que ses émotions l'avaient définitivement quitté. Il ne ressentait ni rage, ni colère, ni envie... Rien... Quelque part, il se sentait apaisé... D'un autre coté, il ignorait quelles seraient les conséquences à plus long terme. Toutefois, les choses n'en étaient que simplifiées, débarassée de cette croute de colère qui aurait lui assombrir l'esprit : Jade n'avait pas pris sa correction tant méritée. A présent, il devait agir avant que les choses ne tourne vraiment au vinaigre.

Toujours grimaçant, le flanc courbaturé, Kelden rampa. Jade lui avait volé son sabre, mais il disposait toujours de son gourdin. Cependant, il aurait fallu être complètement stupide ou inexpérimenté pour oser s'interposer entre plusieurs adversaires armés - surtout dans son état. Au lieu de se jeter la tête la première dans la mélée, Kelden se déplaca lentement sur le sol de l'enclos, essayant de rester hors des considérations des belligérants. S'il s'approchait suffisamment, il serait en mesure d'intervenir. De plus, cette lente progression lui laissait le temps de considérer les intentions de chacun : car son objetif demeurait unique : protéger Omar à tout prix, même s'il devait fendre le crane d'un Seigneur Pirate pour cela.

Mais Kelden, par abus de prudence, commit une erreur : il ne fut pas assez rapide. Au moment où l'esclave se retrouva acculée, dos aux barreaux, il était trop loin pour agir... La seconde suivante elle esquiva une attaque à la tête, et s'élança en avant... Raté...

Mais la situation se figea aussitôt, les protagoniste plongée dans une impasse. Kelden pouvait déjà compter un mort, pas question de laisser les choses d'aggraver encore. Alors que le Seigneur Taorin et Jade se lançaient des piques, le garde du corps de revela. A ce moment, il ignorait s'il avait été repéré. Mais de là ou il se trouvait, une seule personne ne pouvait prendre conscience de sa présence : la Khandéenne, puisqu'elle lui présentait son flanc. D'une oreille distraite il avait écouté les échanges. Etrangement ses plans coincidaient avec les ordres du Seigneur Taorin...

Dans un geste vif, il tendit son bras non armé au travers des barreaux pour aggriper fermement la chevelure de Jade. Aussitôt son poing refermé, Kelden tira de toutes ses forces, ramenant à lui la Khandéenne. Surprise, elle ne pu réagir... Elle fut propulsée sur le coté... Sa tête percuta avec fracas les barreaux d'acier de l'enclos, qui se mirent à vibrer comme les cordes d'une harpe. Elle perdit conscience...

*****


Omar, qui avait vu le geste venir un dixième de seconde avant ses invités, lâcha aussitôt l'action de Kelden accomplie :

"Grand Seigneur ! J'implore votre pardon pour tout ceci ! Je suis véritablement confus ! Croyez moi, que ferais tout mon possible pour réparer cette injure et ses préjudices ! Mais qu'est donc passé par la tête de cette femme ! S'attaquer ainsi au plus grand des Seigneurs Pirate, celui là même qui a gravit tous les échelons, à la force de ses bras, de son intellect et de son sabre !"

Ne voulant pas laisser le temps au Seigneur Taorin de réitérer son ordre d'appeler la garde, le gros marchand enchaina après avoir repris sa respiration :

"Cette femme ferait un parfait cadeau pour vous Seigneur des contrés arides et des flots indomptés ! Seule une personne de votre stature, et de votre charisme saurait dompter une furie pareille, comme vous l'avez fait avec Ezhel en son temps..."

Se détournant des deux Chiens du Désert, Omar hurla plusieurs noms. Aussitôt une demi douzaine d'esclaves libres apparurent. Chacun portait une toge blanche crasseuse, et un collier d'acier. L'esclavagiste leur distribua ses instructions :

"Oleg ! Bougre de fénéant ! Va me chercher tout de suite la cage mobile ! Je veux que cette femme y soit enfermée avant son reveil ! Et vous cinq là, bougez vous un peu ! Cet homme mérite tout le respect d'un valeureux guerrier tombé au combat... Allez chercher quelques draps et couvertures, ainsi qu'une civière... Pour que sa dépouille puisse être transportée avec toute la décence requise..."

Enfin il se tourna vers son invité de marque :

"Je suis sincèrement navré... Mais il ne sera pas nécessaire de faire intervenir une patrouille, les gardes ont certainement des problèmes bien plus urgents à régler... Oleg va mettre Jade dans la cage mobile, et je peux vous la faire livrer à la destination de votre choix, gratuitement biensur... Ceci est une bien maigre consolation pour votre triste perte... C'est bien la moindre des choses que je puisse faire pour apaiser votre courroux..."

Il conclua enfin :

"Toutefois, je ne souhaite pas que cet incident fasse avorter nos plans pour l'après-midi... Un thé chaud nous attend dans mes appartements privés, à l'étage... Si votre grandeur désire toujours me suivre, je vais vous y conduire... Nous y serons au calme et au frais."

Intérieurement, Omar tremblait... Il tremblait d'inquiétude... Qu'allait être la réaction du Seigneur Pirate ? Son avenir se jouerait certainement sur les prochains mots de son invité...
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Taorin
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- -:

Sam 25 Fév 2012 - 11:23
Taorin sentait la main de l’esclave rebelle relâcher peu à peu sa pression. Elle se fatiguait, et bientôt, ne pourrait plus résister à une tentative de désengagement. Mais avant que le Seigneur Pirate n’ait pu se défaire de l’emprise de la jeune femme, il aperçut le garde du corps de l’esclavagiste se relever, et, arrivant derrière l’esclave, lui attrapa sa longue chevelure et tira. La tête de la khandéenne heurta brutalement un barreau de son ancienne cage, et elle s’effondra, inconsciente.

Le Seigneur Pirate se détendit progressivement. Mais à peine eut-il le temps de baisser sa lame que le gros esclavagiste implorait son pardon, tentant outrageusement de flatter Taorin. Il se soumit ensuite au désir du capitaine des Chiens du Désert, promettant d’envoyer cette esclave fougueuse au Palais. Il appela ensuite des esclaves, reconnaissables à leur lourd collier de fer, et leur ordonna de s’occuper du cadavre encore chaud.

« Je suis sincèrement navré... Mais il ne sera pas nécessaire de faire intervenir une patrouille, les gardes ont certainement des problèmes bien plus urgents à régler... Oleg va mettre Jade dans la cage mobile, et je peux vous la faire livrer à la destination de votre choix, gratuitement bien sûr... Ceci est une bien maigre consolation pour votre triste perte... C'est bien la moindre des choses que je puisse faire pour apaiser votre courroux... Toutefois, je ne souhaite pas que cet incident fasse avorter nos plans pour l'après-midi... Un thé chaud nous attend dans mes appartements privés, à l'étage... Si votre grandeur désire toujours me suivre, je vais vous y conduire... Nous y serons au calme et au frais. »

Taorin acquiesça. Puis, tout en emboitant le pas au gros marchand d’esclave, fit signe au Chien qui l’accompagnait, et lui ordonna de veiller sur la dépouille de son frère d’arme. Cette nuit, les Chiens honoreraient l’un des leurs tombé au combat.

Le Seigneur Pirate pénétra dans les appartements privés du gros esclavagiste, à l’étage. Les toits avancés procuraient une ombre rafraichissante, et les verres d’eau fraiche apportés par les innombrables esclaves de la villa furent les bienvenus après ce dur combat. Taorin était encore tout en sueur lorsqu’il s’assit pesamment sur les coussins de soie de l’esclavagiste. Il souffla quelques instants, relâchant ses muscles encore contractés par le combat, puis prit la parole.

« Messire marchand, vous m’avez fait porter un message assez étrange. Vous souhaitiez discuter d’intrigues au cœur des Havres. Je ne sais desquelles vous souhaitiez discourir, mais je serais très curieux d’en entendre parler. Cependant, je ne suis pas venu chez vous pour cette unique raison. » Taorin fit une pause, puis reprit. « En effet, comme vous l’avez sans doute remarqué, la cité est assez agitée, ces temps-ci. Des recruteurs parcourent les rues, et engagent tout ivrogne suffisamment saoul pour signer. Les navires s’arment, et des rumeurs font état de tribus du désert marchant sur la ville. Vous vous doutez que nous ne sommes pas étrangers à tout cela. Nous en sommes même les instigateurs. »

Taorin avala une gorgée d’eau, puis scruta le visage d’Omar. Au bout de quelques instants silencieux, qui parurent interminables, le Chien Borgne reposa son verre et reprit.

« Nous nous dotons d’une armée. Nos projets nous y obligent. Mais nous avons besoin d’hommes, et d’argent. Et vous êtes une des personnes qui possède des deux. Je souhaiterais acheter tous vos esclaves capables de tenir une lame et de marcher de longues heures sous un soleil de plomb. Les vieux, et les infirmes ne nous intéressent pas. Mais tout combattant potentiel sera le bienvenu. Même les femmes. » Le Chien Borgne porta de nouveau le verre à ses lèvres, puis continua : « Bien sûr, nous vous paierons. Et, si notre entreprise réussit, nous n’oublierons pas l’amitié librement offerte. Toute aide contre l’Usurpateur du Nord sera récompensée à sa juste valeur. »

Taorin dévisagea Omar : céderait-il à l’appât du gain ? Il fallait l’espérer, pour la réussite de l’invasion…


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Omar Baligh Wahid El'Abib
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- -:

Dim 4 Mar 2012 - 23:04
Omar Baligh Wahid El'Abib laissa échapper un soupir de satisfaction lorsque le Seigneur-Pirate Taorin acquiesca, et lui emboita le pas. Une partie de l'insoutenable tension accumulée s'évapora, laissant ses muscles engourdis, comme après un long sommeil. Cet incident, plus que regrettable, n'avait que peu entravé ses plans. Intérieurement, le gros marchand remercia Melkor pour cette heureuse conclusion... Mais une part de son esprit restait néanmoins préoccupée : avec la mort de l'un de ses hommes, le Seigneur Taorin serait probablement plus difficile à faire parler... Il fallait absolument le mettre en confiance. Il se tramait quelque chose d'important dans la cité du destin, et Omar désirait en apprendre davantage, le plus rapidement possible...

Avec son hôte et son escorte aux talons, le maitre des lieux emprunta l'escalier consuidant à l'unique étage de la modeste Villa. L'étroitesse de cette construction tranchait avec la taille et l'élégance du rez-de-chaussée, pavé de marbre. En réalité, cet escalier avait été jadis, cinquante ou soixante ans plus tôt, un accès secondaire, réservé aux domestiques... Mais depuis le grand incendie, celui qui avait ravagé une partie de la demeure, il était devenu l'unique accès à l'étage. Omar, comme ses prédécesseurs, n'avait pas jugé utile de gaspiller l'argent nécessaire à la reconstruction de l'ancien escalier de marbre...

Arrivé à l'étage, le gros marchand consuidit ses invités jusqu'à une salle de réception, dont l'espace était presque entièrement occupé par une grande et haute table de bois massif. Sur les murs, pendaient de somptueuses tapisseries vantant les plus grandes batailles de la Terre du Milieu ayant impliquées les armées du Harad et d'Umbar.

Omar indiqua alors à ses invités un coin de la pièce, où avait été aménagé un salon typiquement Suderon : une table basse, et des dizaines de coussins aux couleurs vives sur lesquels s'affaler. Le gros esclavagiste claqua des doigts, et aussitôt, une esclave s'empressa d'apporter thé et gateaux secs... Le liquide encore bouillant dans sa carafe de cristal, parfumait la pièces d'arômes épicés... Le bon vieux thé aux épices, recette traditionnelle, la boisson préférée du gros marchand, à déguster encore brûlant... L'esclave apporta également plusieurs coupes d'eau très fraiche, un luxe dans ces régions arides.

Omar Baligh Wahid profita d'ailleurs de cet instant, alors que chacun s'installait confortablement autour de la table basse, pour mettre en ordre ses pensées. Il avait fait envoyer sa missive au Seigneur Taorin, dans l'espoir que celui-ci, intrigué, morde à l'hameçon. C'était à présent chose faite. Maintenant, il devait le faire parler. Feignant d'être au courant des complots et intrigues en cours, il devait convaincre son interlocuteur de tout lui révèler, afin qu'il puisse prendre la pleine mesure de ce qui se passait en ville... Mais contre toute attente, ce fut le Seigneur Taorin qui ouvrit la discussion... Et en quelques secondes, Omar fut aux anges... Ce dernier lui révèla presque tout, alors qu'il ne lui avait strictement rien demandé ! Même s'il n'en laissait rien paraitre, Omar était interloqué par une telle franchise... A n'en pas douter, le Seigneur Taorin jouait une course contre la montre, il n'avait pas une seconde à perdre, et il jugait Omar comme un allié potentiel... Une armée... Une guerre... L'Usurpateur du Nord... Son intuition prenait forme... Les Seigneurs Pirates se lançaient dans une action de grande envergure contre la Harondor... Pas seulement un raid, mais une véritable invasion...

Tant bien que mal, Omar conserva une expression neutre. Il ne voulait laisser paraitre l'excitation qui lui remuait les trippes. Une guerre ! Biensur, le risque était grand, mais le profit à réaliser était énorme... Toutes les plus grandes fortunes de ce monde s'étaient nourries de la guerre, des conflits... Le Seigneur Taorin lui demandait ouvertement son aide, ce qui le propulsait en position de force... Charge à lui, maintenant, d'énoncer ses conditions... Et à vrai dire, ses idées étaient déjà claires :

"Grand Seigneur, c'est un immense honneur pour moi de gouter à tant de franchise de votre part. Ainsi, je comprends mieux l'agitation qui règne en ville... Les neufs préparent donc plus qu'un raid combiné... Une véritable guerre afin de faire tomber l'Usurpateur... Quelle noble cause."

Omar avala une gorgée afin de faire le tri dans ses pensées... Il ne fallait pas mettre la charrue avant les chameaux :

"Comme vous le savez, grand Seigneur, je suis un fervant défenseur de nos Havres, un véritable partisant de sa grandeur et de sa richesse. Mais même les plus nobles entreprises ne peuvent attirer les héros si les récompenses ne sont pas à la hauteur des efforts concédés... Je parle avec autant de franchises que vous. A n'en pas douter, vous disposez des moyens nécessaires pour obtenir tous mes esclaves, mais, humble marchand que je suis, qu'ai-je à y gagner ?"

Omar fit à nouveau une pause de quelques secondes, afin déchiffrer le regard de son interlocuteur. Ne sachant pas vraiment quoi en penser, il enchaina :

"Acheter tous mes hommes et toutes mes femmes en age de combattre, je pense que ce serait, pour vous et moi, une erreur, une perte de temps et d'argent... Je m'explique. Il me faudrait des semaines pour refaire mes stocks, et pendant ce temps là, mes affaires tourneraient au ralenti, malmenant une réputation si durement acquise... Tandis que vous, Grand Seigneur, que ferait votre armée d'une poignée d'esclaves dépeunaillés, peu entrainés ?!"

Omar fit une nouvelle pause, espérant que son argumentaire pénèterait l'esprit de son invité. Il continua :

"Il faut viser plus grand... Aux grandes entreprises, les grands moyens. Tel sont mes propositions et mes conditions, libre à vous d'accepter..."

L'esclavagiste pris une grande inspiration, son coeur battait la chamade... Il prenait des risques en remettant en cause de la sorte un Seigneur-Pirate... Son avenir allait se jouer ici et maintenant :

"Je vous offre tous les esclaves, hommes et femmes, actuellement en age de combattre dans ma boutique. Prenez ceci comme la preuve de ma volonté de vous aider. En contrepartie, je veux une seule et unique chose : le commerce des esclaves dans les territoires conquis... Je veux être le seul et unique marchand à qui il sera autorisé ce commerce. Un monopole de l'esclavage..."

Donner des esclaves, voila qui lui retournait l'estomac... Mais le profit d'un tel monopole multiplierait par plus de mille la somme qu'il allait investir. Et ce n'était pas tout :

"Je vous offre également mon aide pour former et recruter encore plus d'hommes... Envoyez moi les mendiants, les prisonniers, les vagabonds, et même les aventuriers miteux de passage... Je vous en ferait de bons esclaves, je les formerait au combat, comme je forme mes propres esclaves... Ils ne rivaliseront jamais avec l'élite, mais ils ne seront pas moins vaillant que des enrolés de force..."

Omar repris sa respiration et continua son interminable monologue :

"J'ai également des contacts, qui me fournissent hommes et femmes. Investissez une partie de votre trésorie de guerre... Achetez en gros, je peux vous avoir des tarifs exceptionnels, entre 600 et 800£ par tête... Imaginez, grand Seigneur, une horde de soldats esclaves, en première ligne, rempart entre les armées ennemies et vos précieux hommes... Des soldats bon marchés, ne réclamant aucune solde... Prêt à tous les sacrifices si vous leur promettez la liberté... N'est-ce pas intéressant ?!"

Enfin il conclua :

"Au prix où je peux vous vendre les esclaves actuellement dans ma boutique, vous obtiendrez dix fois plus d'hommes en achetant en gros... Avec les recettes engendrées, je pourrais fermer boutique quelques semaines, le temps de les entrainer... Mon investissement dans cette entreprise ne fera que grossir ma réputation... Mais, soyez en conscient, cette proposition ne tient à une condition : mon monopole de l'esclavage dans les territoires conquis..."

Enfin, le gros Omar ferma son immense bouche. Avec un mélange de crainte et d'excitation, il attendait à présent la réponse du Seigneur Taorin. Etait-il suffisamment pressé pour accepter sans autres conditions ? Ou bien, Omar, devrait-il abattre plusieurs autres de ses cartes ? A vrai dire, il lui restait encore deux "jokers" en poche.

Fier de lui, le gros esclavagiste avala le fond de sa tasse d'une traite. Quelle formidable journée !
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Taorin
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Mer 14 Mar 2012 - 19:36
Taorin écouta patiemment le gros esclavagiste tout en scrutant le visage brillant de sueur de son dernier œil. L’énorme marchand qui se tenait face à lui semblait tenté de les rejoindre dans leur lutte contre l’Emirat du nord, même si, bien sûr, il restait avant tout un commerçant habile.

Le Chien Borgne hocha la tête lorsqu’Omar aborda les désavantages de sa demande : en effet, acheter tous les esclaves risquait de mettre à mal l’entreprise du gros esclavagiste, l’empêchant de contribuer de nouveau à l’effort de guerre. Alors que s’il continuait à maintenir des revenus fixes, Omar pourrait continuer l’entraînement de futures recrues à envoyer au front, si les combats s’éternisaient.

Le gros marchand, où la joie et l’anxiété se mêlaient en un étrange tableau, proposa alors d’offrir ses stocks aux Neufs. Il faisait passer ce geste comme un gage de bonne volonté envers les dirigeants de la Cité du Destin, mais Taorin se doutait que cela cachait quelque chose. Que demanderait le marchand en échange ?

La réponse ne tarda pas : Omar souhaitait le monopole du commerce d’esclaves en territoire conquis, rien de moins. Taorin jaugea le gros marchand avachi dans les coussins de soie face à lui, tout en sirotant son thé aux épices : l’homme devait les croire désespérés pour demander autant, ou bien il était particulièrement retors. Voyant sans doute son visage se renfrogner rapidement, Omar enchaîna, promettant d’entraîner de futures recrues, et de fournir des esclaves au prix du gros. Il s’interrompit finalement, regardant toujours le Chien Borgne, puis vida sa tasse de thé d’une seule traite. Taorin prit son temps avant de répondre, pesant chacun de ses mots.

« Maître marchand, votre offre est… généreuse. Nous offrir vos esclaves, et former nos futures recrues achetées à bas prix grâce à vos contacts, voilà qui est intéressant. Très intéressant, même. Je serais heureux d’accepter, s’il n’y avait cette… demande. Comme vous le savez très bien, je ne suis pas le maître incontesté de la Cité : je la dirige en compagnie de mes pairs. Et ce que vous demandez est, je le crains, d’une trop grande importance pour que je puisse accepter. Je pourrais proposer cela au Conseil, mais je crains que votre demande ne soit refusée. Bien que vous soyez le marchand le plus influent des Havres, vous n’êtes pas le seul, et mes pairs pourraient être amenés à chercher ailleurs suite à une telle demande. » Taorin s’interrompit quelques instants, puis enchaina. « Ceci serait regrettable. Surtout avec la proposition que vous nous faites. C’est pourquoi je vous propose de réfréner vos envies : je puis vous proposer, en tant que Seigneur Pirate, de m’arranger pour que vous n’ayez pas à suer sang et eau pour payer les taxes sur vos marchandises dans les territoires libérés. Disons qu’une remise de quarante pour cents sur vos marchandises serait acceptable ? » Le Chien Borgne fit une pause, laissant le temps au maître esclavagiste de calculer les profits ainsi possibles. « Bien sûr, cette mesure ne pourra être mise en application que si nous l’emportons, et après avoir rétabli l’ordre et la liberté au Nord. Mais je suis sûr que vous saurez attendre le moment idéal avant de profiter de ces avantages... »

Taorin s'enfonça plus profondément dans les coussins, sirotant toujours son thé, et attendant la contre-proposition du marchand...


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Omar Baligh Wahid El'Abib
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Mar 20 Mar 2012 - 22:18
Spoiler:
 

Le large faciès du gros marchand d'esclaves ne laissa paraitre aucune emotion. Son sourire, large, franc et jovial, dissimulait la tempête qui se déchainait sous son crâne face à la proposition du Seigneur Taorin. Inacceptable... Purement inacceptable ! Evidemment qu'une remise de quarante pour cent sur les taxes commerciales permettrait de garantir des marges bien plus conséquentes... En quelques mois, il aurait largement remboursé les esclaves investis dans l'expédition... Mais quelle serait la finalité ?! Un retour à la case départ, avec seulement quelques piècettes en plus dans les poches... Il fallait viser plus haut !

Cette expédition était bien trop dangereuse, bien trop risqué, pour que la récompense soit si maigre... Omar avait un certain flaire pour les affaires, et là, il le savait, le jeu en valait la chandelle... Il ne fallait pas se dégonfler.

Omar Baligh Wahid laissa son regard plonger dans celui de son interlocuteur, quelques secondes, tentant de déchiffrer ses intentions. La négociation n'était ni plus ni moins qu'un jeu de stratégie... Comme lors d'une bataille, il fallait anticiper les actions de son adversaire afin de le mettre en déroute. Le Seigneur Taorin n'était pas sôt... Ce vieux singe avait probablement deviné que l'esclavagiste pouvait encore faire monter les enchères... Après tout, lui non plus n'avait que peu à perdre dans cette affaire. Si Omar refusait, il avait toujours les moyens de réquisitionner de force ses esclaves...

Soit, si les enchères devaient augmenter, elles allaient augmenter. Peut-être avait-il été trop direct, en proposant immédiatement l'intégralité de ses esclaves actuellement en vente en cadeau... Il avait du mettre la puce à l'oreille au Seigneur Pirate. Un homme qui n'avait rien à négocier n'aurait pas donné aussi facilement un bien aussi précieux. Mais, loin d'énerver Omar, cette attitude lui plaisait : il n'était pas question de risquer sa réputation et son avenir en s'alliant avec un imbécile de première. Le Seigneur Taorin venait de démontrer l'étendu de son intelligence. Un homme calculateur comme Omar les respectait.

Le visage d'Omar adopta alors un sourire plein de malice. Puis il répondit enfin, après une longue minute d'attente... Cette fois, toute flatterie s'était éclipsée de son discours :

"Quarante pour cent ?! Dans d'autres conditions, j'aurais probablement accepté sans conditions... C'est une offre généreuse, je ne peux dire le contraire. Mais soyons clair : c'est insuffisant. Qui me prouve que votre campagne sera couronné de succès ? Non pas que je mette en doute vos compétences, loin de là, sinon nous ne serions pas là à discuter de la sorte... Mais toute guerre comporte son lot d'incertitude... Parfois tout se joue à la dernière minute, sur un coup du sort..."

Omar Baligh fit une pause de deux secondes, pour mieux continuer :

"Croyez vous au destin Seigneur Taorin ? Cette question n'est t'elle pas un comble pour l'un des Seigneurs de la Cité du Destin ? Croyez le ou non, mais je ne voue aucun culte à la chance... Même si des imprévus peuvent arriver, l'on est toujours récompensé pour les efforts accomplis, d'une manière ou d'une autre... Car la chance, le destin - quelque soit le façon dont vous le nommer - n'est pas une fatalité, il se provoque..."

Cette tirade sonnait étrangement, mais Omar savait parfaitement où il voulait en venir :

"Ainsi, même si cette invasion me semble risquée, il est clair que le jeu en vaut la chandelle... Vous avez besoin de mes ressources, tout comme j'ai besoin du profit que vous êtes capable de me faire gagner... Comme le dit l'un de mes proverbes préférés : "pour faire avancer l'âne, tu dois choisir entre la trique et la carotte"."

Le sourire du marchand s'élargit encore :

"Alors, Grand Seigneur... Qu'allez vous choisir pour l'âne que je suis à vos yeux de dirigeant de la cité du Destin... Allez vous me donner des coups de trique ou bien allez vous me tendre cette juteuse carotte ?"

Omar enchaina rapidement :

"Mais avant de décider, laissez moi vous montrer quelque chose. Sans flatteries, vous serez le premier de mes clients à qui je vais proposer de telles marchandises... Si votre grandeur veut bien me suivre ?"

D'un pas rapide, dicté par l'impatience qui nouait son estomac, le gros marchand se leva et revint sur ses pas, conduisant à nouveau ses hôtes dans les couloirs de sa Villa, jusqu'à l'escalier qu'ils avaient empruntés une quinzaine de minutes plus tôt. Un étrange manège, mais qui pourtant était indispensable... Car ils allaient à un endroit accessible d'une seule et unique porte : celle dont la clé trônait perpétuellement - même dans son bain - autour de son cou de taureau... La cave de la Villa...

Au pied de l'escalier, le gros marchand dévérouilla précautionneusement la serrure, et il pénétra dans l'ombre éclairée seulement par quelques torches murales. Après une volées de marches supplémentaires, ils atteignirent le plancher de la cave...

Le mot "cave" ne rendait pas justice à l'espace qui se trouvait sous les yeux du trio. Il s'agissait d'une caverne naturelle qui avait été mainte fois taillées afin d'adopter des dimensions plus généreuses. La cité du destin était construite sur un immense réseau de galeries souterrains naturelles, ce qui expliquait l'effervescence de la contrebande dans cette région de la Terre du Milieu. Les ancètres d'Omar avait su jouer avec cette particularité en dotant la Villa d'une immense cave, deux fois plus spacieuse que toutes les pièces du rez de chaussée réunies. Mais cet espace, bien qu'inattendu, était loin d'être vide... Bien au contraire : des dizaines de cages spacieuses aménageaient les lieux... Des cellules dans lesquelles la lueur des torches laissaient deviner des silhouettes recroquevillées.

Toujours aussi sûre de lui, Omar s'approcha de la cage la plus proche, après s'être emparé d'une torche, et d'un étrange gourdin noir nonchalemment posé sur une vieille table bouffée par l'humidité. L'air de la caverne, humide et frais, tranchait avec la chaleur de la pleine journée.

A chaque pas, l'odeur se fit de plus vive... Une odeur de fauve, de bête sauvage... Une odeur que peu de personnes en ce monde avaient eu l'opportunité de renifler plus d'une fois... Car lorsque la lueur chancelante de la torche éclaira le silhouette enfermée, ce ne fut pas un visage d'homme qui se révéla aux yeux de ses hôtes... Mais une hideuse face d'Orque... Un Orque Mâle, dans la force de l'age, mais au regard étrangement calme. Le regard d'une bête brisée, depuis trop longtemps enfermée.

Fier de lui, Omar se retourna afin de découvrir le visage du Seigneur Pirate. Mais, impatient comme jamais, il lança avant même d'avoir analysé la réaction de son invité :

"Je vous présente un soldat-esclave Orque ! Les Orques, des tueurs nés... Des créatures maléfiques, qui insufflent la peur et la paralysie dans les rangs adverses ! Celui-ci, dans quelques semaines, sera prêt à vous servir, si vous le désirez... A l'aide de techniques que j'ai personnellement développées, je vous assure de leur obéissance et de leur loyauté ! Des machines à tuer, répondant à un seul commandant : le porteur du gourdin."

Et comme pour démontrer ses propos, il leva son arme, et fit signe à l'orque d'approcher. Ce dernier, bien que molasson, obtempéra sans un son. Il s'approcha jusqu'aux barreaux. Prudent, Omar restant tout de même à plusieurs mètres des griffes acérés de sa créature.

"Comme vous le voyez, c'est très simple ! Regardez à présent..."

L'esclavagiste désigna de son gourdin un mannequin d'entrainement, posé à l'intérieur de la cage. Puis il cria :

"Attaque !"

Aussitôt, l'orque fit volte-face, et se jeta sur sa cible. En quelques secondes, il l'avait éventré, répendant pailles et échardes de bois dans toutes les directions. Un véritable carnage.

"Simple, efficace, fiables. Certes, ils sont bien plus cher que les esclaves classiques... Mais ils sont tellement plus puissants. D'autant plus qu'ils sont rentables... Ils ne demandent que de la nourriture, contrairement à vos soldats qui n'hésiteront pas à se rebeller si la solde n'est pas au rendez-vous..."

Il avoua enfin :

"Mon prix normal, c'est 8000£ l'unité... Il me faut habituellement deux bons mois pour les former correctement... J'y investi beaucoup de temps et d'argent... Mais comme toute marchandise : qui dit quantité, dit prix attractifs. J'ai ici cinq spécimens en état de combattre... Si je fais envoyer un message à mes contacts, au Khand, je pourrais disposer rapidement d'une centaine d'unités... Le temps de les capturer, de les acheminer, de les éduquer, il me faudrait théoriquement trois mois... Mais en m'y consacrant pleinement - et avec le soutien de quelques uns de vos hommes - je dois pouvoir diviser ce délai par deux... Pour cette quantité, le prix tournera autour des 2500£ par tête... Vous ne trouverez jamais mieux, ça, je peux vous le garantir !"

L'esclavagiste, fier de lui, conclua alors :

"A vous de choisir maintenant : la trique ou la carotte... Vous pourriez réquisitionner de force ces cinq là... Mais en échange de mon monopole, vous en aurez un bataillon complet... Alors, qu'en dites-vous, Grand Seigneur... Marché conclu ?"
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Taorin
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Dim 13 Mai 2012 - 19:23
Le Seigneur Pirate avait écouté avec attention les paroles du marchand, élaborant des contre-propositions au fur et à mesure que l’esclavagiste annonçait ses arguments. Certes, le soutien d’une figure d’une telle influence serait grandement appréciable dans la guerre à venir, mais Taorin estimait pouvoir se passer des services de l’esclavagiste si jamais ses conditions étaient trop hautes : après tout, bien qu’il fut le plus important de la ville, la Cité du Destin comptait une quinzaine d’autres marchands d’esclaves un peu moins importants, mais capables de fournir plusieurs dizaines voire centaines d’hommes aux Neufs.

Le Chien Borgne s’apprêta à répondre sèchement à Omar (après tout, il n’était qu’un esclavagiste, et il n’avait pas à imposer ses conditions aux maîtres des Havres), mais celui-ci enchaîna :

« Mais avant de décider, laissez moi vous montrer quelque chose. Sans flatteries, vous serez le premier de mes clients à qui je vais proposer de telles marchandises... Si votre grandeur veut bien me suivre ? »

Taorin accepta, intrigué. Que pouvait posséder le gros marchand pour pousser l’un des Neufs à accepter ses conditions ? Une cargaison de gladiateurs surentrainés venus du Khand, peut-être, bien que cela fût fort peu probable : les combats d’esclaves ne s’étaient jamais bien implantés dans les Havres, peut-être à cause de la population déjà violente : pourquoi des loups de mer iraient-ils regarder d’autres hommes s’entre-tuer, alors qu’il leur suffisait de descendre sur les quais le soir pour y voir de nombreuses rixes, le plus souvent mortelles, entre matelots de divers navires ?

Le Chien Borgne suivit l’esclavagiste jusque dans la cave de la villa. La pièce était sombre et humide, seulement éclairée par une poignée de torches crachotantes. Dès les premiers pas, Taorin fut pris à la gorge par l’odeur : un mélange de crasse, de sueur, de sang, et d’autre chose encore, quelque chose d’indéfinissable qui pouvait cependant être associé à de grands prédateurs du désert, une odeur de créature sauvage et meurtrière.

Cette odeur, le Chien Borgne la connaissait. Il l’avait déjà senti lors de la campagne du Harondor, alors que les hordes d’Orientaux déferlaient sur l’Emirat. Il l’avait senti sous les murailles brûlantes de Dur’Zork, alors qu’il menait la charge contre les armées assiégeant la capitale de Meakil Duzingi. Et, plus récemment, lorsque que les Chiens de Guerre de Pezarsan avaient rejoint les Chiens du Désert. Cette odeur était celle des Orques.

Taorin ne fut donc pas trop surpris lorsque la torche éclaira la créature enfermée. Mais malgré tout, le Chien Borgne ne put s’empêcher de remarquer le regard vide et la posture voûtée de la créature.

L’esclavagiste était fier comme un paon, et annonça, triomphalement :

« Je vous présente un soldat-esclave Orque ! Les Orques, des tueurs nés... Des créatures maléfiques, qui insufflent la peur et la paralysie dans les rangs adverses ! Celui-ci, dans quelques semaines, sera prêt à vous servir, si vous le désirez... A l'aide de techniques que j'ai personnellement développées, je vous assure de leur obéissance et de leur loyauté ! Des machines à tuer, répondant à un seul commandant : le porteur du gourdin. »

L’esclavagiste fit ensuite une démonstration terrifiante des capacités de ces créatures : dressées pour obéir, elles attaquaient avec une violence inouïe tout ce que leur maître pouvait leur désigner. Et avec une terrible efficacité.

De telles créatures pourraient constituer un atout considérable lors de la guerre à venir. Mais elles pourraient aussi faire paniquer les hommes du rang, et les quelques Orques restant au sein des Chiens du Désert risquaient d’y voir une traîtrise. Mais tout ceci pouvait être évité… Devait être évité.

« A vous de choisir maintenant : la trique ou la carotte... Vous pourriez réquisitionner de force ces cinq là... Mais en échange de mon monopole, vous en aurez un bataillon complet... Alors, qu'en dites-vous, Grand Seigneur... Marché conclu ? »

L’esclavagiste avait exposé sa proposition. Taorin resta silencieux quelques minutes, observant l’Orque désormais passif dans sa cage, puis répondit au gros esclavagiste.

« De telles créatures constitueraient en effet un atout considérable… Pourraient servir mieux que vous ne l’imaginez… Vos demandes sont plus justifiées : il est clair que votre soutien total mérite une récompense à sa hauteur. Mais je ne suis que l’un des Neufs. Aussi, ce que je vous propose devra-t-il être ratifié par le Conseil. » Taorin savait cependant que les Neufs le rallierait facilement : peu leur importait le commerce d’esclaves. « Fournissez nous vos esclaves, entraînés un bataillon ou deux de ces Orques, et poussez vos confrères à vous imiter : en échange, je ferais en sorte que vous receviez le monopole de la vente d’esclave au Harondor pour deux années entière, puis que vous bénéficiez de réductions de taxes importantes sur vos ventes. » Taorin vit le regard du marchand étinceler quelques instants, puis ajouta : « Il ne serait pas étonnant que vous obteniez des fonctions officielles dans le gouvernement qui sera mis en place après la libération, fonctions qui pourront sans doute vous faire profiter de certains… avantages… »

HRP : Désolé de l'attente :/


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