[CHEZ OMAR]Quelques petites courses

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Derkos Vardrin
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Dim 5 Fév 2012 - 11:21
Poussant la porte de la boutique du renommé Omar, Derkos ressentit immédiatement le changement d'ambiance. Alors que l'air frais du matin soufflait encore à l'extérieur, l'atmosphère surchauffé de la pièce tranchait littéralement, la présence de tant de personnes au même endroit participait à cette chaleur ambiante. Des cages étaient disposées tout autour et des esclaves plus ou moins en bonne santé se trouvaient à l'intérieur de celle-ci.
Se tournant vers Salem, Vardrin eut un petit sourire :

"Regarde moi ces pauvres bougres, ils ont sûrement étés attrapés par des bandits et ramenés ici. Omar est réputé pour ces esclaves, il vendrait les meilleurs de la ville et ce n'est pas moi qui contredirait cette rumeur. Je viens ici quand j'ai besoin d'hommes d'équipages, ça coûte peut être un peu plus cher mais on est certain de ne pas être trahi."

D'ailleurs la plupart des esclaves achetés par Derkos se voyaient rapidement affranchir s'ils faisait du bon travail si bien qu'il n'y avait plus aucun esclave à bord du Pourfendeur en ce moment, seulement des hommes libres qui suivaient aveuglément leur Capitaine jusqu'à la mort. Celui-ci promena son regard dans la salle, embrassant rapidement la plupart des esclaves du regard. Il repéra quelques hommes qui paraissaient - et je dis bien paraissaient - en bonne santé. Après toujours fallait-il vérifier s'ils étaient de bonne qualité.

Se dirigeant rapidement vers le comptoir, Derkos remarqua le petit homme qui se tenait derrière. L’œil perfide et mauvais, il semblait observer Vardrin comme s'il était de la marchandise lui même, voûté derrière son comptoir il ressemblait plus à un vautour qu'autre chose. Enfin bref l'archétype d'un bon compagnon en qui on pouvait avoir confiance :

"Bien le bonjour mon brave. Je cherche quelques hommes forts et en bonne santé qui seraient capables de tenir en mer dans mon équipage. Qu'avez vous en stock ? Il fit une petite pause avant de reprendre, Omar n'est pas là au fait ? J'ai l'habitude de marchander avec lui, enfin j'imagine qu'un homme de son rang n'a plus forcément le temps de s'occuper de tout."

Il jeta alors un œil vers Salem qui regardait également les esclaves présents autour de lui, son regard semblait attiré vers une cage où se trouvait quelques femmes. Moqueur, Derkos lui lança amicalement :

"Alors mon ami, on ne dirait pas non à ces jolies minois hein ? Petit cachottier va, tu les voudrais toutes rien que pour toi je parie."

Un petit rire suivit sa tirade puis le Capitaine se retourna vers Azziz - puisque c'était lui qui lui faisait face - attendant de voir s'il pourrait satisfaire sa demande. Au pire il pourrait toujours recruter sur les docks mais il n'aimait pas avoir à recruter de la racaille opportuniste qui ne rateraient pas la première occasion de le renverser. Un équipage se gérait presque comme un pays, et le risque d'un coup d'état était cent fois plus élevé.
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Ryad Assad
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Dim 5 Fév 2012 - 20:01
Des esclaves, j'en avais déjà vus dans mon pays natal. La plupart du temps, il s'agissait de prisonniers de guerre, de rebelles qui ne méritaient pas tout à fait d'être exécutés, et à qui on confiait les tâches les plus ingrates de la cité. Cependant, il ne serait jamais venu à l'idée du Trône d'engager de tels hommes pour livrer bataille contre un puissant ennemi. Pourquoi ça ? Pour deux raisons principales : premièrement, c'étaient des esclaves. Par essence, ils aspiraient à autre chose qu'à leur condition - à part quelques exceptions étranges -, et ils ne constituaient donc pas une force fiable à proprement parler. Ils seraient plutôt du genre à s'enfuir dès qu'ils en auraient l'occasion, s'ils ne se retournaient pas contre leurs maîtres. Et ensuite, c'étaient des esclaves : ils ne constituaient pas une force de combat opérante, ils n'étaient pas aussi entraînés que des soldats de métier, et ils tomberaient par dizaine avant même le premier engagement. Ils n'étaient pas assez bien nourris, pas assez entraînés, et certains n'avaient même jamais vu une arme de leur vie. Ce serait un véritable massacre - ce qui ne me dérangeait nullement - qui ne permettrait même pas de faire une bonne diversion - ce qui me préoccupait davantage. Une force totalement hétéroclite, en dépit de son nombre, n'impressionnerait pas longtemps de véritables militaires, qui s'empresseraient de les tailler en pièces, en leur criant sans cesse que la reddition valait toujours mieux que de mourir pour des idéaux qui n'étaient pas les leurs. Si j'avais été seul à décider, j'aurais immédiatement fait demi-tour, et je serais allé écumer les rues en quête d'hommes peut-être ivres, mais qui avaient déjà une certaine expérience de la guerre. Toutefois, Vardrin semblait savoir où il allait, et je fus contraint de le suivre, pour préserver ma couverture.

Le capitaine et moi-même pénétrâmes à l'intérieur de l'imposant édifice du marchand d'esclave. Il y régnait une chaleur désagréable, car non naturelle. On aurait dit qu'un troupeau d'animaux se trouvait dans la pièce, et en avisant du coin de l'oeil les rangées de cages pleines, je compris que je n'étais pas loin de la vérité. Vieille habitude, je jetai un regard circulaire sur les lieux, afin de comprendre leur agencement. L'organisation était simple, avec une allée bordée de part et d'autres d'esclaves, et un petit comptoir à l'entrée, pour l'accueil des visiteurs. Toutefois, je devinai que la machinerie devait être plus complexe. Les marchés d'humains que j'avais vus à Albyor n'étaient guère aussi propres, et les bougres mis en vente, guère en aussi bon état. Il devait y avoir d'autres pièces cachées, où le marchand prenait plus ou moins soin de ses marchandises, avant de présenter les plus belles aux clients. Nul doute qu'il y avait quelque chose d'autre derrière...de moins reluisant.

Je me retournai vers Vardrin, au moment où celui-ci m'expliquait la raison de notre présence en ces lieux. Ainsi, nous étions chez le meilleur marchand d'esclaves de la ville. Je devais reconnaître qu'ils étaient globalement en bon état. De là à recruter des hommes pour un équipage, il n'y avait qu'un pas pour l'esprit étrange d'un pirate. Ainsi, plusieurs de ses hommes avaient regagné leur liberté après avoir été achetés au propriétaire des lieux. À court de mots pour répondre à mon interlocuteur, je me contentai de hocher la tête, signifiant que j'avais entendu. Vardrin se dirigea immédiatement vers le comptoir, et salua l'hôte des lieux. J'appris rapidement qu'il ne s'agissait pas du fameux Omar, mais d'un assistant. L'air peu amène, il n'avait pas l'air particulièrement menaçant. Le genre roublard, peut-être un peu en manque de confiance en lui. Loin d'égaler les prouesses martiale d'un véritable soldat. Laissant mon capitaine à ses négociations, je fis quelques pas vers les cages. Je n'aimais pas les esclaves, mais quitte à en choisir pour la guerre, autant sélectionner les meilleurs. J'avisai deux ou trois spécimen qui semblaient en bon état, et assez costauds, mais il était difficile de dire si c'était le fait de la guerre ou des travaux de la ferme. Toutefois, le principal problème n'était pas là. Ce qui me dérangeait, c'était le désespoir que l'on lisait dans leurs yeux. Certains semblaient brisés, sans doute à cause d'une servitude trop longue. Leurs regards étaient vides, implorants, ou résignés. À part cette femme qui me dévisageait.

En l'observant, je fus frappé de stupeur, et je crois bien que cela se vit sur mes traits. J'avais l'habitude de me maîtriser, de gérer mes réactions, mais cette fois j'en fus bien incapable...à ma grande honte. Le Trône aurait été particulièrement mécontent d'apprendre que j'avais failli trahir ma couverture pour ce qui semblait une chose futile. Mais mettez-vous un peu à ma place. Quand j'étais jeune, j'ai eu la chance d'être marié à une femme formidable, qui...malheureusement...n'a pas eu la chance de vivre jusqu'à un âge avancé. Imaginez qu'à ce moment précis, dans cet endroit particulièrement inadapté à une personne telle que moi, je me trouve face à face avec le sosie de ma défunte épouse. Comment vous l'expliquer...? Ce n'était pas une vague ressemblance, ou une évocation de sa personnalité. C'était Samia. Il y avait bien entendu quelques différences. Elle avait les cheveux plus courts, et moins soignés - conséquence sans doute de sa condition d'esclave -, elle était un peu plus menue, et une fine cicatrice traversait son ventre. Toutefois, la principale distinction demeurait son regard. J'y lisais de la méfiance, du mépris, et une certaine forme de fierté. En la voyant, mon coeur manqua un battement. J'eus l'impression de voir ma femme derrière les barreaux d'une prison. Une vision d'horreur. J'ignore combien de temps je restai à dévisager cette inconnue qui me semblait si familière, mais suffisamment pour qu'elle remarque mon insistance, et baisse la tête avec une humilité qui ne lui allait pas.

Je ne me retournai pas en entendant la voix de Vardrin derrière moi. On aurait dit que mon comportement ne lui avait pas échappé, et il se proposait de me fournir une explication, sur un ton un peu moqueur. Peut-être s'imaginait-il qu'en tant qu'homme de lettres, je pouvais être attiré par les pauvres âmes qui habitaient ces cages. Le stéréotype du savant qui ne connaît rien du sexe opposé, et qui se délecte de voir la gent féminine ainsi maltraitée. Je suppose qu'il en va ainsi dans les contrées de l'Ouest. Toutefois, je ne répondais pas à cette description. Encore un peu secoué par ma découverte, je l'ignorai purement et simplement, et sans me soucier le moins du monde des interprétations qu'il allait faire, je m'approchai de l'inconnue. Elle eut un mouvement de recul en me voyant faire, et nos regards s'accrochèrent. J'y lus quelque chose qui ressemblait à de la peur. Faisais-je peur ? Je l'ignorais. Le temps sembla se dilater, tandis que je cassai volontairement la distance qui nous séparait. Au début réticente, elle ne put plus faire semblant de ne pas voir mon regard insistant. Je ne la quittai pas des yeux, sans toutefois montrer une quelconque agressivité. Elle se rapprocha, et les autres esclaves s'écartèrent. Je serais bien incapable de dire ce qu'il se passa dans la pièce pendant ce bref instant qui sembla durer des heures. Vardrin aurait tout aussi bien pu essayer de m'appeler que je n'aurais pas entendu. Je m'arrêtai à une distance respectable de la cage, et l'esclave en fit de même.

- Votrre nom ? M'enquis-je sans brusquerie.

- Agathe1, répondit-elle d'une voix neutre.

Je marquai mon assentiment par un "hmm" indescriptible, et me tournai vers le marchand, qui se trouvait en retrait, à côté de Vardrin - à qui, de manière tout à fait volontaire, je ne jetai aucun regard.

- Combien pourr celle-ci ?

J'avais parlé d'une voix forte et claire, assez différente de celle que j'avais utilisée durant la soirée de la veille. Je n'étais plus en position de faiblesse : j'étais un acheteur potentiel. Fort de cette qualité, je m'exprimais avec une certaine autorité, sans pour autant paraître discourtois. Vardrin ne manquerait pas de noter ce changement. Je me demandais simplement sur le compte de quoi il allait le mettre.

__________

1 : Fêtée le 5 Février.


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Omar Baligh Wahid El'Abib
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Jeu 9 Fév 2012 - 23:36
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Lorsque deux personnes entrèrent dans le Marché aux Esclaves d'Omar le Magnifique, Azziz sursauta. Des clients ! Et lui qui espérait passer l'après-midi tranquille, loin de son Oncle occupé ! Décidemment, depuis sa naissance, le destin s'acharnait contre lui... Sa petite face de fouine, dans un effort surhumain, adopta une moue accueillante... Tout du moins, il paru, l'espace de quelques minutes, moins constipé. Azziz ne supportait pas son travail... Il ne supportait pas le travail tout court ! Il devait passer ses journées à faire le beau, à parler, à raconter des anneries, à répèter les stupides mensonges de son Oncle... Et tout ça pour quoi ? Pour un salaire de misère ! Mais bon, ce n'était pas comme si il avait eu vraiment le choix...

Aussi, tout en conservant son expression faussement sympatique, le jeune homme accosta les deux clients... Plus vite ils seraient partis, plus vite il pourrait retourner à son loisir favori : rester assis, le regard dans le vide :

"Bienvenue à la boutique d'Omar Le Magnifique ! Ici les prix sont magiques ! Si vous cherchez des esclaves de qualité, alors vous repartirez les bourses vidées..."

Sur ces derniers mots, Azziz fit un silence d'une bonne seconde, la sourcils froncés. Omar lui avait fait apprendre par coeur ces phrases... Mais dans sa bouche, avec son expression dépourvue de la moindre conviction et avec sa voix fluette, susurrante, cette rime sonnait d'un étrange manière, à la limite du double sens obsène. Tant pis. Mais avant d'avoir eu le temps de repondre son couplet, l'un des clients s'approcha. Celui là était déjà venu plusieurs fois. Mais Azziz, qui travaillait ici uniquement pour ne plus avoir à se prostituer, n'avait pas la mémoire des noms, ni celle des visages d'ailleurs... Etait-il vraiment déjà venu ? A vrai dire, il n'en avait rien à faire... L'odeur iodé qui se dégagait de ses frippes ne signifiait qu'une chose : il était marin... Ou bien poissonnier... Seul un Capitaine de navire avait les moyen sd'acheter les marchandises d'Omar... Ce dernier lui adressa la parole.

Des questions... Toujours des questions ! Mais personne n'était-il capable de faire le tour des cages tout seul ? Comme un grand ? Pourquoi fallait-il toujours qu'ils lui posent des questions sans interet ! Si Omar n'était pas là, il était forcément ailleurs ! Avec une impatience à peine dissimulé, le jeune homme répondit tout de même :

"Qu'est-ce que nous avons ici ? Et bien tout ce que vous souhaitez ! Des hommes, des femmes, des enfants... Versés dans les arts de la table, de l'érotisme, de la guerre ou des champs, selon votre bon vouloir mon seigneur !"

Il continua, sur ce même ton atone :

"Omar ? Il est occupé oui... Il ne sera certaiement absent tout l'après midi ... C'est encore moi qui vait devoir me taper tout le..."

Merde ! Il avait vraiment dit ça tout haut ? L'air de rien, il enchaina :

"Il vous fallait quelque chose de particulier ?"

Dans sa tête il ajouta : Encore une question stupide ! S'il ne cherchait rien, il ne serait pas rentré... Pourvu que cette mascarade se terminer rapidement...

Le second client s'éloigna, absorbé dans la contemplation de l'une des cages. Azziz l'inspecta, de la tête au pieds. Il était plutôt... Jolie garçon... Un charme exotique qui ne laissait pas Azziz totalement indifférent... Mais ce n'était pas le moment de fantasmer. Ce mois-ci, il y avait un lot de deux femmes vieillissantes dont le gros Omar tenait particulièrement à se débarrasser... Il lui avait même promis une commission s'il y parvenait tout seul... L'offre était des plus alléchanges, il devait tenter sa chance :

"Nous avons actuellement des réductions sur ces deux femmes d'une cinquantaine d'années... Elles ne sont plus de toutes fraiches, vous vous en doutez, mais elles excellent dans bien des domaines : l'éducation d'enfants, la cuisine... Une affaire comme vous n'en verez plus jamais ! Et comme dit le proverbe, c'est dans les vieux pot qu'on fait la meilleure soupe..."

Mais ni l'un ni l'autre ne semblèrent réagir. Tant pis, il avait essayé. De toute façon, qui voudrait sérieusement de ces deux vieilles toutes frippées ? Comment Omar faisait-il pour se retrouver toujours avec des spécimens pareils... A croire qu'il s'amusait à se lancer des défis. Et le pire dans tout ca, c'est qu'il arriverait très certainement à le revendre avant la fin du mois...

Azziz fut coupé dans ses pensées. Son regard vide se focalisa sur le second type, le mignon. Il s'adressait à une esclave, Agathe... Azziz soupira... Pourquoi tous les gars qu'il trouvait à son goût s'interessaient-ils aux femmes ? S'en était déprimant... Du coup, il était obligé de se satisfaire avec les esclaves masculins lorsque l'envie lui en prenait... Et pour ne rien arranger, son étrange accent lui donnait encore plus de charme...

Le jeune homme délaissa totalement le premier client, le marin, et s'approcha de l'objet de ses secrètes convoitises. Aussitôt, celui-ce lui adressa la parole, pour lui demander un prix. Sa voix, virile et autoritaire, fit monter le rose au joues d'Azziz... Il ne pouvait plus rien lui refuser...

Mais un véritable cas de conscience divisa le neveu d'Omar Baligh Wahid : d'un coté il désirait satisfaire du mieux qu'il pouvait cet homme, tandis que de l'autre, il éprouvait une pointe de jalousie. Devait-il lui faire capoter la vente pour calmer ses pulsions secrètes ? Si Omar apprenait ça, il serait mis à la porte. Crispé, il répondit enfin :

"Celle-ci ? Hmmm... Un choix... Interessant... Une marchandise de premier choix... Bonne santé, la force de l'âge... Un caractère audacieux. Il faut aimer les fortes têtes..."

Azziz hésita une fois de plus. C'était Omar qui définissait les prix. 4500 £ il avait dit pour Agathe. Mais, s'il gonflait volontairement le prix, il gagnait sur tous les plans : soit le bel homme payait, et il empocherait alors la différence, soit il refusait, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Malgré ses lèvres gercées et sa dentition jaunie, Azziz tenta un sourire charmeur :

"Elle vaut 5000 £. Je reconnais que c'est un peu cher, mais elle les vaut largement !"

Puis il ajouta les formules d'usage, qu'il avait appris par coeur :

"Si vous le désirez, il est également possible de perfectionner ses connaissances dans l'art de la guerre, de l'érotisme, de la table ou bien des champs... Contre quelques pièces d'or, elle saura parfaitement répondre à vos exigeances ! Pour 100£ supplémentaire, je peux la faire marquer de vos initiales, au fer rouge... Et pour encore 100£ supplémentaire, elle est vendue avec ses chaines, et la clé qui va avec biensur... Enfin, pour 800£, nous pratiquons également l'arrachage de langue, si jamais vous doutez de sa discrétion... Que désirez vous, mon beau seigneur ?"

Il avait voulu dire mon "bon" seigneur... Stupide labsus... Il espérait que personne ne relèverait la chose... Il en aurait été bien embarrassé...
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Derkos Vardrin
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Lun 20 Fév 2012 - 22:34
Salem intéressé par une esclave ? Un rapide coup d’œil permit à Derkos de se rendre compte de ce qu'il en découlait, la jeune femme qui avait captée l'attention de son compagnon était jeune, plus jeune que le Capitaine et probablement que Salem aussi, à qui Vardrin n'arrivait pas à donner d'âge tellement l'homme était mystérieux. Mais le mystère avait parfois du bon, et le Capitaine faisait confiance à son instinct. Mais la lueur sauvage, presque bestiale, qui transparaissait dans le regard de la demoiselle mettait Derkos mal à l'aise. Les femmes avec du caractère l'avait toujours mis mal à l'aise, il les préférais faibles et dociles, au moins elles ne créaient pas de problèmes.

Enfin bref, ce n'était pas vraiment ces affaires après tout, Salem n'était pas encore officiellement un de ses hommes et il n'avait aucun pouvoir sur lui. Malgré tout il avait juste une mise en garde à lui faire :

"Salem, si tu comptes acheter cette femme tu dois savoir une chose : pas de femmes à bord de mon navire. Ça porte malheur et en plus ça n'apporte que des problèmes supplémentaires. Après tu fais ce que tu veux, tu pourras la laisser à terre quand nous serons partis. Enfin bref, c'est toi qui voit."

Une fois ces mots prononcés, Derkos reporta son regard vers les cages entreposés sur les côtés. Histoire de voir s'il ne pourrait pas dénicher un esclave capable de devenir un véritable combattant. Malheureusement rien ne semblait ressembler de près ou de loin à cette description et c'est en espérant que ses seconds aient faits meilleur pêche qu'il se retourna vers Salem qui était toujours proche de la cage de la jeune femme. Les tractations semblaient aller bon train entre les deux hommes et Vardrin préféra continuer d'observer les choses d'un peu plus loin, après tout ce n'était pas lui était en train d'acheter.
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Ryad Assad
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Mar 21 Fév 2012 - 18:53
J'avais observé bien des réactions différentes, lorsqu'une personne prenait la parole avec une certaine assurance. Parfois, il y avait de la soumission, totale. C'était le cas de certains esclaves, qui dès qu'ils voyaient leur maître franchir le seuil de la porte s'empressaient d'oublier toute vélleité de liberté. D'autres - comme cette Agathe, par exemple -, semblaient à l'inverse supporter avec peine leur condition. On aurait dit que sans les barreaux qui les séparaient des clients, ils auraient égorgé de leurs mains leur propriétaire. Par expérience, je savais qu'il fallait faire attention aux personnes déterminées, a fortiori lorsqu'il s'agissait de femmes. Le regard qu'elle avait lancé à Vardrin en rentrant m'aurait inquiété s'il m'avait été destiné, et je me demande bien quelle avait été sa réaction lorsque j'avais demandé son prix au marchand au comptoir. Tout ça pour en venir à ce fameux marchand. Lui, quand je lui avais parlé, il n'avait pas baissé les yeux comme un insecte, il n'avait pas montré de la contrition comme un loup en cage, non. Il avait eu l'air...gêné ? Sans esquisser le moindre mouvement, qu'il s'agisse des yeux ou du reste du corps, je m'analysai : je me tenais droit, j'avais parlé sans ambage, je n'avais pas fait de faute de grammaire - du moins, pas que je sache -, je ne présentais aucune difformité qui puisse expliquer sa réaction, ni physiquement, ni dans ma mise. Alors pourquoi ? Qu'est-ce qui pouvait expliquer cette gêne inattendue. Malgré tout le contrôle que j'exerçai sur mon corps, je ne pus empêcher mes yeux d'afficher une interrogation.

Mon interlocuteur m'intriguait de plus en plus. Je plissai les yeux, et le dévisageai ouvertement. Je n'avais guère prété attention à lui en entrant, et pour cause : il était pâlot, comme un de ces hommes de l'Ouest, et il n'avait pas l'air bien impressionnant, même après s'être rapproché. Toujours aussi vouté, toujours aussi misérable, il ne m'inspirait rien qui vaille la peine d'être considéré. J'éprouvais un certain respect pour les artisans, qui travaillaient de leurs mains, et qui connaissaient la valeur de l'effort et de la souffrance. Mais cet homme-là n'était qu'un commerçant. Et son air peu amène en disait long sur sa compétence dans un domaine où l'apparence comptait énormément. Le bougre semblait en proie à un doute qui se lisait sur ses traits. Toutefois, il m'était impossible de savoir s'il s'agissait d'un dilemme de premier ordre, ou d'une ruse de marchand pour escroquer son client. Gardant l'air détendu, je fis tout de même en sorte de rester attentif à tout signe qui pourrait trahir ses intentions. On n'était jamais trop prudent...surtout avec ce qui se passait dehors. Un sourire effrayant se peignit alors sur les traits du petit marchand. Non pas qu'il ait essayé de se montrer effrayant - je doute même que cela puisse lui avoir un jour traversé l'esprit -, mais on aurait dit qu'il voulait me convaincre par autre chose que les arguments, sans que j'arrive à très bien définir quoi.

Malgré tout, il m'annonça le prix exhorbitant de l'esclave sur un ton qu'il voulait assuré. 5000£, c'était assurément une belle somme. J'avais survécu des mois avec dix fois moins, en m'appuyant sur la chasse, la pêche, la cueillette, et sur un entraînement intensif que j'avais reçu dans le but de survivre dans un milieu hostile. Cela ne m'empêchait pas de disposer de moyens financiers relativement importants. J'avais retiré le matin même le fruit de mon travail au palais des Seigneurs d'Umbar, et ça n'avait pas été mon premier travail de couverture. J'avais souvent démontré, par le passé, que je n'avais pas besoin d'autant, me contentant du strict minimum dès lors que c'était possible. J'incarnai souvent un pauvre voyageur, il m'était arrivé de me faire passer pour un mendiant, et au fil des ans, j'avais accumulé assez pour m'assurer un certain confort. De quoi soudoyer plus qu'un simple garde. Je gardai cette réserve précieusement, car on ne pouvait jamais quand on allait en avoir besoin. Et là, pour la première fois depuis des lustres, je me retrouvais dans une situation où seules deux options s'offraient à moi. Lorsque j'avais besoin d'un cheval, et que son montant était clairement exagéré, je pouvais toujours le dérober et m'enfuir au triple galop. Mais là, c'était une autre affaire. Et puis cette femme méritait-elle vraiment que je mette ma couverture en jeu pour elle ? Cruel dilemme.

D'un côté, je savais que je pouvais passer mon chemin et oublier son visage par trop familier. D'ici quelques mois, elle ne serait plus qu'un vague souvenir, et je me demanderai comment j'avais fait pour la confondre avec Samia. Mais pour l'heure, elle se trouvait à quelques mètres de moi seulement, prisonnière d'une cage indigne d'elle. Indigne d'elle, ou de feu ma femme ? D'un autre côté, je pouvais toujours accomplir cette action par "charité". Vardrin ne manquerait pas de s'interroger à ce sujet, et je pouvais peut-être brouiller encore plus les pistes sur ma véritable identité. J'avais tout à y gagner, au final. Et à la réflexion, ce n'était pas un gros sacrifice pour la paix de ma conscience. 5000£, c'était donc le prix de la vie humaine ? Le prix de la vie de cette personne qui me rappelait étrangement ma défunte épouse ? J'aurais payé le double sans hésitation pour tirer Samia des griffes de cet esclavagiste, alors qu'est-ce qui me rebutait ? Le fait de savoir que cette femme serait différente de celle qui m'avait quitté ? Le fait de savoir que, si je lui rendais sa liberté, elle pouvait franchir le seuil de cette porte, et ne plus jamais croiser ma route ? Tant d'interrogations qui restaient sans réponse, et qui ne trouveraient peut-être jamais de réponse.

Durant l'intervalle pendant lequel je réfléchissais à la situation, le marchand avait continué à dégoiser. Je pris son intervention en cours de route, alors qu'il parlait de marquer l'intéressée au fer rouge. J'avais conscience que cela se faisait dans ma propre patrie, et qu'il n'était pas rare non plus de voir des esclaves dépossédés de leur langue, pour garantir leur discrétion. Mais je trouvais ces pratiques quelques peu...inappropriées, dans le cas présent. Je ne pus d'ailleurs m'empêcher de faire une moue quelque peu dubitative. Le sort d'un autre esclave m'aurait intéressé au même point que celui d'une chaise ou d'une table, mais celle-ci...cette Agathe, ce n'était pas pareil. C'était même très différent. Que voilà un problème à s'en arracher les cheveux, si j'en avais bien entendu. Encore une fois, je me retrouvai perdu dans mes pensées - ce qui peut prouver l'état de perturbation dans lequel je me trouvais -, et encore une fois ce furent les paroles de ce marchand qui me tirèrent de mes réflexions. Je n'avais pas eu l'occasion de rencontrer beaucoup de ses confrères, dans le coin, et je ne connaissais pas particulièrement bien les coutumes commerciales, mais c'était la première fois que je me faisais traiter de "beau seigneur". Je ne relevai pas, mais jetai un coup d'oeil appuyé au marchand. Un silence gênant s'installa, et peut-être que le gringalet aurait baissé spontanément son prix, si Vardrin n'avait pas jugé opportun de me rappeler qu'il était le seul maître à bord de son navire, et qu'il était celui qui fixait les règles.

Je lui jetai un regard neutre - ni contrarié, ni soumis -, et acquiesçai de la tête :

- C'est votrre navirre, Capitaine Varrdrrin.

Un subtil dosage de servilité et d'ironie m'avait permis d'obtenir le résultat voulu. Juste ce qu'il fallait pour le conforter dans sa position, tout en lui faisant comprendre que je n'étais pas un vulgaire marin. J'étais certain qu'il m'avait compris.

Je me retournai vers le blafard, et, comme si la conversation n'avait jamais été interrompue :

- Laissez lui sa langue, et rréserrvez le ferr et les chaînes à d'autrres. Quant à vos 5000£...

Tout en m'approchant de mon interlocuteur et du comptoir, je fis descendre mon sac de mes épaules, et y dénichai une petite bourse de cuir. Je commençai à compter avec soin, car je ne voulais guère donner plus que nécessaire pour cette femme. La charité ne signifiait pas la bêtise. Enfin, pas pour moi. Lorsqu'ils furent rassemblés, je poussai le tas - respectable, le tas - vers le marchand :

- ...Les voici. Cerrtaines pièces viennent du Norrd, mais je suppose que vous les acceptez...

Je terminai ma phrase sur un ton pas aussi assuré que j'aurais voulu, en me rendant compte que cette simple information pouvait conduire Vardrin à se poser des questions sur moi. La guerre était en train de se préparer contre le Harondor, et les espions d'un camp comme de l'autre allaient avoir beaucoup de travail. Le fait d'avoir de la monnaie - entre autres - issue des royaumes réunifiés allait peut-être lui mettre la puce à l'oreille. Comme je n'étais pas certain de ce qu'il avait capté et deviné, je pris les devants :

- Mais et vous, Capitaine ? Avez-vous fait votrre choix parrmi ceux-ci ?

J'avais déjà trouvé nettement mieux pour me sortir d'un tel guêpier, mais dans la situation actuelle, faute de temps pour réfléchir, j'avais dû poser la première question qui m'était venue à l'esprit. J'espérais simplement que cette diversion allait suffire.


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Omar Baligh Wahid El'Abib
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Dim 26 Fév 2012 - 15:18
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Azziz ne put réprimer une grimaçe de frustration... Mais sur sa face de rat, aux traits déjà tirés par les efforts surhumains dont il faisait preuve pour supporter un quelconque travail, cette nouvelle expression passa relativement inaperçue...

Une fois de plus, un dilemme s'imposait à lui. Devait-il accepter ces 5000£ et conclure la vente ?! Une bonne moitié de sa conscience lui criait de grands "oui"... Car en refusant, il prenait un sacré risque : si, d'une manière ou d'une autre, le gros Omar apprenait ce à quoi il était en train de jouer, il subirait de terribles réprimandes... Des sévices physiques à n'en pas douter... Mais il serait également renvoyé, congédié... Contraint de retourner à son ancienne vie de mendicité et de prostitution sur les docks malfamés...

De plus, s'il acceptait, il empocherait une rondelle somme : la différence entre le prix réel d'Agathe, et le prix qu'il avait demandé... Au moment ou cette pensée lui traversa l'esprit, Azziz fronça fugitivement des sourcils... Mais pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ? Voila bientôt quatre années qu'il trimait dans cette boutique, pour un salaire de misère... Et jamais il n'avait tenté de gonfler les prix... En même temps, une fois de plus, si Omar s'en rendait compte...

Pourtant, malgré ces arguments logiques, échos de son instinct de survie et de préservation, une autre moitié de lui hurlait "non" à ses oreilles... Cette partie de lui s'appelait la jalousie, la stupidité, le sadisme... Azziz n'était pas homme à calculer les conséquences de ses gestes ou de ses paroles... Il vivait dans le présent, pour le présent. Aussi, les arguments raisonnables fondirent comme neige sous le soleil de plomb d'Umbar. Cet étranger éveillait en lui des frustrations, et il devait payer pour cela. Il voulait cette femme ? Il ne l'aurait pas aussi facilement... D'autant plus que d'après les échanges qu'il venait d'entendre, ce "Salem" n'était pas en position de force... Il semblait le subordonné du "Capitaine Vardrin".

Avec un sourire plein de perfidie, il lui répondit :

"Une seconde... Il y a un malentendu ! C'est celle là que vous voulez ?!"

Il désignait du doigt Agathe.

"Je suis gêné, je croyais que nous parlions de celle là..."

Azziz déplaça sa main de quelques centimètres, pour désigner une autre esclave enfermée dans une cage juste derrière celle d'Agathe. Elle devait avoir approximativement le même age qu'elle. Mais son allure était bien moins impressionnante : bedonnante, elle ressemblait à une grosse barrique. Son faciès, plus que disgracieux, semblait avoir subi les assauts d'une colonie de verrues, avec succès, puisqu'elles y avaient élu domicile... Un sourcil épais et unique surlignait ses yeux globuleux et fuyants... Bref, typiquement le genre de marchandises qu'achetaient les femmes riches : parfaites pour servir de domestique et tuer la libido débordante d'un infidèle mari.

"5000£ c'était pour ce laidron là... Pour celle que vous voulez, Agathe, c'est 9000£... Comparez la différence entre ces deux femmes, et vous comprendrez la différence de prix !"

Azziz jouait un jeu extrèmement dangereux. Lâche de nature, son courage avait ses limites, et il venait de les dépasser. Aussi, se dégonflant à moitié, il ne pu s'empêcher d'ajouter, avant même d'avoir analysé la réaction de son interlocuteur :

"Mais c'est entièrement ma faute s'il y a eut confusion, entièrement ma faute !... Je veux bien faire un geste, et descendre le prix jusqu'à 8000£... Mais je ne peux pas faire moins... Sinon c'est Monsieur El'Abib qui va m'en vouloir !"

Tout en parlant, il avait baissé les yeux et son teint avait rosi... Le jeune homme était aussi mauvais menteur qu'acteur. Emporté par sa colère et sa frustration, il venait de dépasser outrageusement les bornes, et il ne le savait que trop bien. Mais maintenant que c'était dit, il était trop tard pour faire complètement marche arrière... Azziz, s'il en avait eu le courage, aurait pu encore enfoncer le clou, et refuser les pièces du Nord... Mais il risquait de perdre le peu de crédibilité qu'il lui restait... Car avec les pillages, les devises gondoriennes étaient autant représentées dans les bourses que les pièces d'Umbar. Aussi, il se contenta simplement de faire perdre un peu plus de temps à son bouc émissaire :

"Des devices du Nord ? Montrez les moi donc, et je vous dirais si elles ont de la valeur ici..."

A n'en pas douter, ce n'était plus qu'une question de secondes avant que l'homme en face de lui n'explose... En tout cas, lui, dans une situation identique, aurait explosé à cet instant. Mais plus lâche que jamais, Azziz releva les yeux en quête d'un échappatoire... Il reporta son regard sur l'autre client, le "Capitaine Vardrin". D'après la dernière remarque de l'étranger, celui-ci cherchait lui aussi des marchandises. Le jeune escroc vit là l'occasion de faire d'une pierre deux coups. S'il arrivait à conclure une vente avec ce dernier, Omar serait tellement satisfait du bénéfice engendré, qu'il ne lui poserait aucune question génante sur le déroulement de sa journée... Il n'y avait pas meilleur moyen pour dissimuler ses manigences... De plus, en s'adressant à celui qui semblait commander, il empêchait ce "Salem" de lui couper la parole.

S'essayant à la méthode "Omar", c'est à dire celle dégoulinante de faux compliments, il lança en direction du Capitaine :

"Ô puissant Capitine, j'ai peut-être quelque chose pour vous... Un esclave mâle, la quarantaine, la peau noire, bien bâti... Il a servit pendant dix ans dans une galère comme rameur... Le prix est modeste, 2800£, car il est un peu usé par le temps... Souhaitez-vous que je vous le présente ?!"

Intérieurement, Azziz explosa d'un rire sadique. La différence de prix entre cet esclave et Agathe n'allait pas manquer de faire réagir le premier homme... Mais, à part s'il disposait de l'audace nécessaire pour couper la parole à son Capitaine, il serait obligé de ronger son frein en silence... Quelle perfidie ! Par moment, Azziz s'admirait lui même...
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Derkos Vardrin
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Sam 24 Mar 2012 - 12:15
9000£ ! Tel était le prix exorbitant annoncé par le marchand pour l'esclave qu'avait repéré Salem. Ce dernier devait voir d'un très mauvais œil cette soudaine augmentation de prix, l'offre de départ était déjà exagérée mais là elle devenait carrément indécente. D'un regard intrigué, Derkos guetta la réaction de son compagnon, s'il venait à s'énerver, cela pourrait être préjudiciable pour la suite de leurs aventures, même de leur vie en fait. Omar était un homme puissant qu'il n'était pas bon de déranger.

L'attention de Vardrin fut alors captée par le vermisseau qui servait de marchand et qui commençait à lui taper sur les nerfs qui venait de l'apostropher afin de lui proposer un achat. Un achat ridiculement avantageux comparé à ce qu'il proposait à Salem, ce qui eut le don de troubler le Capitaine du Pourfendeur. Le ton mielleux qui transparaissait dans la voix du servile servant d'Omar faisait hérisser les poils du Capitaine qui détestait l'hypocrisie et le mensonge plus que tout autre chose. Or cet individu venait de faire les deux dans un temps excessivement court.

C'est pourquoi c'est avec une certaine rudesse que répondit Derkos :

"Non merci, finalement je ne pense pas trouver ce qu'il me faut ici, puis, se tournant vers Salem, je ne suis pas sûr que débourser une telle somme pour celle-ci soit une excellente idée."

Le Capitaine croisa alors ses bras, attendant que Salem va son choix et décide s'il allait être victime de cette mascarade et cette arnaque grossière. La bienséance aurait peut être voulu que Vardrin vienne en aide à son compagnon et le raisonne mais c'était un excellent test pour voir quel genre d'homme était son nouveau compagnon et quelle allait être sa réaction face à l’attitude pour le moins véreuse de ce marchand.
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Ryad Assad
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Dim 15 Avr 2012 - 15:04
HRP : Je vous prie de m'excuser pour mon retard, et pour la piètre qualité de ce texte. Au moins, ça peut faire avancer les choses Wink /HRP


Je m'arrêtai net en entendant les paroles du petit marchand. Un "malentendu" avait-il dit. Je n'en croyais pas mes oreilles. Il ne m'avait déjà pas semblé bien malin au premier abord, mais alors que me réservait la suite ? Peut-être était-ce mon instinct, ou bien un a priori négatif quant aux gens de son espèce, mais j'avais la désagréable impression que ledit malentendu n'allait pas me profiter. Et quand j'entendis la somme exorbitante qu'il demandait en échange de l'esclave, je sentis mon cœur manquer un battement. Fort heureusement, je m'étais retourné pour suivre du regard la direction qu'indiquait le gringalet de son doigt crasseux, aussi cela passa-t-il inaperçu. En une fraction de seconde, je me recomposait un visage, tout en regardant alternativement les deux femmes : Agathe et celle avec qui il l'avait "confondue". D'un côté, le misérable n'avait pas tort : la différence entre les deux valait bien ça. Mais j'étais certain qu'il y avait autre chose.

- Vous vendez beaucoup d'esclaves à ce prrix là ? Lâchai-je presque malgré moi.

Je n'attendais pas de réponse, cherchant plutôt à gagner du temps pour trouver une solution. En vérité, de solution je n'en avais pas cent : abandonner, marchander, ou payer. Payer, cela m'était impossible. J'avais peut-être les moyens, mais je ne pouvais pas ainsi sacrifier des mois d'économies pour un simple caprice. Toutefois, de l'autre côté, je ne pouvais pas abandonner aussi facilement. Le marchand semblait me tester, et j'avais entendu des rumeurs concernant leur désir de négociation. Ils aimaient le défi, et il fallait le relever. Tout à mes réflexions, j'entendis à peine l'escroc ajouter qu'il réduisait son prix à 8000£. Toutefois, cela me ramena quelque peu à la réalité. Un jour, un de mes formateurs m'avait déclaré ceci : "Quand on est en territoire ennemi, sous la menace d'une arme ou d'une armée entière, il n'y a pas de petit profit". J'avais hoché la tête sans répondre, comme l'exigeait le protocole. Je pensais avoir compris où il voulait en venir, mais j'étais en train de découvrir un nouveau sens à ses paroles. Un sens beaucoup plus "civil".

Je chassai prestement le visage de mon formateur, ainsi que ceux de mes compagnons d'armes, qui ne manquaient pas d'arriver. Un mal du pays soudain me prit aux tripes, et il fallait que je le combatte. J'étais un soldat de Rhûn en mission, par la volonté du Trône. Il ne fallait pas que je me laisse déconcentrer. Ce misérable marchand n'était qu'un obstacle supplémentaire que j'allais surmonter, comme tous les autres. Je profitai de ce que mon Capitaine était en train de négocier - ou plutôt de renvoyer le remplaçant d'Omar dans ses quartiers - pour établir ce qui ressemblait à une ébauche de plan. J'avais déjà trouvé mieux en un laps de temps plus court, mais je n'étais pas exactement dans la même situation. La présence de Vardrin, si elle m'offrait en l'occurrence une diversion bienvenue, constituait surtout une gêne dont je me serais bien passée. Il n'avait pas montré un seul signe de sa méfiance, et c'est bien ce qui m'incitait à me méfier de lui. On ne pouvait pas devenir Capitaine de navire en se fiant au premier inconnu venu...Pas si on espérait survivre, tout du moins.

Vardrin acheva de répondre à son interlocuteur, sans la moindre chaleur, puis s'adressa à moi. Ses paroles exprimèrent la conclusion à laquelle un raisonnement logiquement aurait dû me conduire depuis longtemps. Mais il se trouve que j'avais cessé d'être logique depuis bien longtemps. Je restai silencieux un bref moment, réfléchissant aux choix qui s'offraient à moi. Une nouvelle donnée était rentrée en jeu, puisque j'avais pu noter que le prix que le gringalet proposait à mon capitaine, pour un esclave "normal" était nettement moins élevé que celui qui m'était adressé. Il y avait deux réponses possibles à la question que je me posai en cet instant. Soit le marchand se payait ma tête, soit Agathe avait quelque chose de spécial. J'hésitai un instant sur la marche à suivre, puis je me jetai. Je n'avais pas fait tout cela pour me dégonfler maintenant. Non pas que je sois mauvais perdant, mais j'étais convaincu qu'abandonner après tous ces efforts ne ferait qu'attiser la curiosité de Vardrin à mon endroit. Il valait mieux jouer le jeu du marchand, quitte à prendre un petit risque :

- À ce prrix-là, elle doit êtrre vrraiment exceptionnelle, votrre esclave. Mais vous comprrendrrez que je n'aie pas cette somme...conséquente...surr moi. Toutefois, je suis prrêt à vous prroposer un marrché...

Je marquai une légère pause, essayant par tous les moyens de l'intriguer, et de capter dans son regard une lueur d'intérêt pour mes propos :

- Je suis disposé à mettrre 6000£ immédiatement surr cette esclave. Si cela ne vous satisfait toujourrs pas...je m'arrangerrai pourr trrouver la somme, et je rreviendrrai dans quelques jourrs...

Nouvelle pause, destinée à lui donner le temps de réfléchir. Mais une idée soudaine traversa mon esprit, et je ne pus m'empêcher de la formuler à haute voix, avant qu'il ait eu le temps d'amorcer une réponse :

- J'aurrai peut-êtrre l'honneurr de crroiser le Seigneurr Omarr. Je ne manquerrai d'ailleurrs pas de le complimenter pourr la "magie" de ses prrix.

J'avais fait référence à la phrase par laquelle le suppléant nous avait accueillis peu avant. J'espérais que cela allait le convaincre d'accéder à ma requête. Mais pour l'achever, je conclus :

- Mais peut-êtrre que ce ne serra pas nécessairre...Comme on dit chez moi : "Mieux vaut un oiseau dans la main que dix dans le ciel".

Pathétique, certes, de faire appel à une maxime pour le faire réfléchir, mais je ne disposai pas de beaucoup d'armes. En outre, il me fallait conforter mon statut d'intellectuel auprès de Vardrin. Peut-être qu'il allait commencer à croire que j'étais un érudit - ce qui, si on comparait avec la majorité des pirates, était probablement réellement le cas. Maintenant, il ne restait plus qu'à attendre, et à analyser sa réaction. J'adressai une prière muette à ma défunte épouse, pour qu'elle me donne encore une fois la force d'avancer. Puis je me souvins que je devais également prier Melkor, et je lui adressai quelques mots en lesquels - à ma grande honte - je ne croyais guère. Rien de tout cela ne s'était vu sur mon visage. Des années d'entraînement m'avaient appris à contrôler mes réactions. Seule une très légère absence...et encore...


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Omar Baligh Wahid El'Abib
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Dim 6 Mai 2012 - 8:11
HRP : Désolé à vous deux pour l'attente... Je n'ai pas pris le temps de répondre la semaine dernière, et je me vois contraint de vous répondre rapidement au risque de vous laisser encore migoter plusieurs jours pour trois fois rien. Du coup la qualité n'est pas au rendez-vous... /HRP



Le sang d'Azziz ne fit qu'un tour, tandis que le plus terrible de ses cauchemars prenait soudain forme : il ne fallait pas qu'Omar apprenne ses manigances, ou il était cuit ! Il se retrouvait coincé : soit il acceptait la proposition, soit le gros marchand allait tout découvrir lors du retour de son « client »... Encore une fois, Azziz s'était laissé entraîner par ses pulsions, sans vraiment réfléchir aux conséquences... Il avait dépassé les bornes, et le point de non retour était depuis longtemps derrière lui. S'il voulait garder contrôle de la situation, il n'avait plus le choix : il devait accepter... Mais avec les formes, au risque de passer pour un véritable arnaqueur – ce qui était présentement le cas. Même si personne n'était réellement dupe dans cette pièce, jouer la carte de la négociation laisserait le doute à ses interlocuteurs. Il ne fallait absolument pas donner l'impression de faire marche arrière à la moindre mention du nom d'Omar. Sinon ce serait avouer sa culpabilité, et donner l'avantage aux deux clients, qui pourraient alors en abuser...

Après une quinzaine de seconde de réflexion, ses yeux de fouines dans le vide, Azziz donna enfin signe de vie. Il répondit au type avec son étrange accent :

« 6000£ ! Mais c'est loin du compte ! Si mon oncle apprend que je vous laisse une si bonne esclave à prix là, il va me couper un bras ! Mais en même temps, si je laisse partir deux clients insatisfaits, je risque de perdre les deux... »

Le fouine feignit encore quelques secondes de réflexion, son visage déformé par un rictus plus qu'exagéré... Puis il fit signe à ses interlocuteurs de s'approcher, comme s'il désirait leur parler à voix basse... Ce qui était le cas. Il chuchota :

« Écoutez, moi aussi je trouve que 9000£ c'est exorbitant pour une esclave... Mais les prix sont les prix... Toutefois, j'ai peut-être une idée qui permettrait de satisfaire tout le monde. Si vous me prenez chacun un esclave, je peux largement arrondir les prix, en le justifiant par un tarif de « lot », ce qu'Omar Baligh Wahid m'autorise à faire... Sauf qu'en théorie je n'ai pas le droit de le pratiquer pour les femmes... Mais ça c'est mon problème... Disons 7000£ pour la Agathe ET l'ancien galérien... Ca fait 6000£ pour la femme et 1000£ pour l'homme... Tout le monde est gagnant... Qu'en dites vous ? »

Sans attendre la réponse de ses deux clients, il ne put s’empêcher d'ajouter :

« Mais surtout pas un mot à Omar, je risque de perdre ma place avec ce genre de magouilles ! »

Au moins, sur cette dernière phrase, il était plus que sincère, elle résonnait comme un aveux... Il risquait même de perdre l'usage de tous ses membres pour de telles sottises ! Intérieurement, il croisait les doigts espérant avoir été suffisamment convainquant. Il jouait sa dernière carte... En cas de refus, il serait obligé de baisser définitivement ses prix. Car une chose était claire : il ne pouvait se permettre de laisser repartir ces deux clients sans Agathe.

Impatient, il reposa sa dernière question :

« Alors, qu'en dites vous ? »


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Derkos Vardrin
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Dim 13 Mai 2012 - 11:09
Azziz avait finalement pris sa décision, et elle mettait Ryad au pied d'un mur à peu près aussi haut qu'une montagne. À moins de vraiment vouloir récupérer la femme, il passerait logiquement son chemin car il était sûr que Derkos n'allait, lui, rien acheter aujourd'hui. L'homme qu'on lui avait proposé ne lui plaisait aucunement et ce n'était pas une réduction comme celle là qui allait le faire changer d'avis. De plus il n'aimait pas forcément qu'on joue avec lui, or c'était exactement ce qu'était en train de faire le marchand. Et rares étaient les personnes qui s'étaient longtemps moqués de lui de la sorte, la plupart pourrissant encore au fond des océans par plusieurs centaines de pied de fond.

C'est pourquoi, d'un ton méprisant, presque insultant, Derkos se planta face au marchand :

"Tu risques surtout ta vie avec ce genre de magouilles misérable, arrête de te moquer de nous maintenant ! Salem je commence à en avoir ma claque, je t'attendrais dehors."

Et c'est d'un pas grandiloquent, presque théâtral, que le Capitaine claqua la porte du magasin. L'air frais du matin souffla alors à nouveau sur son visage. Vardrin prit une grande inspiration avant de s’asseoir sur un banc placé à côté d'une petite place marchande située juste devant la boutique d'Omar, maintenant c'était à Salem de se débrouiller et de se faire avoir comme un novice s'il le souhaitait. Mais après tout, peut être avait-il plus de ressources que ne pouvait penser ou même l'imaginer le marin, cela restait à voir.

Quant à Derkos, il se disait qu'il devrait toujours demander à faire affaire avec Omar quand il venait ici car l'homme, même s'il était vénal et manipulateur à souhait, restait un homme honnête, en affaires en tout cas.

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Ryad Assad
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Dim 13 Mai 2012 - 18:02
HRP : Le plus vite possible Wink /HRP


La proposition que j'avais faite au marchand n'avait pas eu l'effet que j'avais escompté. J'avais cru qu'il se moquait ouvertement de moi, et qu'en lui mettant la pression une bonne fois, il allait craquer. Mais visiblement, il y avait une part de vérité - à moins qu'il ne soit assez bon comédien pour continuer à mentir malgré mon insistance et mes insinuations - dans ce qu'il disait. Il mit quelques secondes à élaborer une réponse, comme s'il était réellement perdu dans ses calculs, avant de nous annoncer, au Capitaine Vardrin et à moi-même, qu'il était prêt à nous faire un prix de gros pour Agathe et un autre esclave. Sa proposition était intéressante, et notre affaire aurait pu être conclue si Vardrin n'avait pas décidé de tout faire rater. S'emportant, il avait jeté aux orties l'offre du commerçant, et avait quitté la pièce de manière aussi royale que possible. Le claquement de la porte de la boutique fit trembler les murs, et pendant quelques secondes, on n'entendit plus rien. Même les esclaves dans les cages semblaient intrigués par cette affaire. Et beaucoup regardaient Agathe avec étonnement, s'interrogeant visiblement pour comprendre pourquoi elle faisait l'objet d'un tel déferlement d'émotions.

Je ne lui jetai aucun regard, focalisant toute mon attention sur le marchand derrière son comptoir. Un petit sourire naquit au coin de mes lèvres, et cette fois je ne fis aucun effort pour le dissimuler. Vardrin parti, j'étais libéré d'un poids qui jusqu'alors m'avait entravé. Sa présence, son regard que je savais braqué sur moi, avaient eu l'inconvénient de me placer dans une situation où je n'étais pas totalement libre de mes paroles et de mes actes. Pour ne pas trahir ma couverture, ou lui offrir la possibilité de lire dans mon jeu, il m'avait fallu faire profil bas. Je savais par expérience que de tels hommes pouvaient se montrer méfiants, mais Vardrin m'avait paru un peu plus intelligent que les autres, et je devais faire en sorte de rester constamment sur mes gardes. Mais en son absence...c'était une toute autre histoire. Mon regard se durcit, mes traits se crispèrent, et j'affichai une attitude de colère à peine retenue qui n'était pas totalement exagérée. Je dévisageai le commerçant pendant un long moment, pour qu'il comprenne que le départ du Capitaine n'était pas la chose qu'il avait le plus à craindre, dans l'immédiat. Je m'avançai d'un pas, mettant ainsi en valeur la différence significative de taille entre nous, et posai les mains sur le comptoir, encadrant les pièces que j'avais déjà déposées. Sans ciller, et en parlant d'une voix aussi maîtrisée que possible, je lançai à l'intention du négociant :

- Je pense que votrre offrre ne tient plus, maintenant que vous avez fait fuirr mon Capitaine. Mais ce n'est pas grrave, carr nous allons enfin pouvoirr négocier sérrieusement.

Je fermai mes poings, et laissai un inquiétant - car indéchiffrable - sourire parcourir mon visage. Il n'y avait nulle menace dans mes mouvements, mais mon attitude était on ne peut plus équivoque, et j'étais persuadé que même un être tel que lui devait avoir conscience de la tension qui montait entre lui et moi. Je lui avais laissé une seconde pour mesurer à quel point j'étais sérieux, avant de reprendre :

- Je veux cette femme, marrchand, et je ne le dirrai pas deux fois. Et si vous savez ce que signifie contrrarrier un Seigneurr Pirrate, je pense que vous parrviendrrez à trrouver un moyen pourr que nous nous entendions.

En l'absence de Vardrin, il était plus facile de mentir sur ce genre de choses. Quoique je ne mentais pas vraiment : Vardrin était l'ami de Taorin. Si le premier était en colère, le deuxième avait de fortes chances d'être contrarié. Au moins un tout petit peu. Mais ce n'était pas la question. J'espérais simplement qu'en faisant usage de la puissance des Seigneurs, j'allais obtenir de lui qu'il cède. J'étais convaincu qu'il n'allait pas tenir longtemps, et, tandis qu'il réfléchissait à ma proposition, j'ajoutai, un ton plus bas :

- Mais puisque je connais la rréputation de votrre employeurr...je suis disposé à vous offrrirr 6500£ pourr cette femme. Ce serra ma derrnièrre offrre. La flèche est dans votrre camp.

Je continuai à le dévisager avec insistance, bien conscient que s'il refusait, en l'absence de Vardrin, j'étais capable de lui sauter à la gorge. Et s'il n'était pas trop idiot, il l'avait compris depuis longtemps.


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