[Passé] La dernière prophétie

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Silence
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~ GRIMOIRE ~
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Jeu 16 Fév 2012 - 1:18
~~~~~~ [Fin 299 du 4A] ~~~~~~
Quelque part dans l'extrême Harad
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La pleine lune amorçait sa courbe descendante à travers les cieux quand un sinistre duo arriva aux abords du camp des "sorcières". Peu tentaient le voyage, seuls les plus désespérés venaient chercher la consolation dans les énigmatiques prophéties qu’elles fournissaient. Un service qui n’était pas gratuit et qui, qu’importe l’importance de la divinisation, devait être précédé d’un sacrifice humain. Certains allaient jusqu’à dire qu’elles étaient cannibales, une morbide habitude qui était rare même pour des Melkorites et qui renforçait d’autant leur maléfique réputation.

Il était donc fréquent de voir les visiteurs venir à plus d’une personne, rares étaient ceux assez désespérés pour qu'on leur annonce une divination qu'ils payeraient de leur propre vie. Ce qui était par contre moins courant, étant la nationalité de nos deux visiteurs. Le teint bronzé ne suffisait pas à masquer leurs origines nordiques. Celui qui menait le pas était un Gondorien de petite taille et élancé comme un furet. Son compagnon était quand à lui tout l’opposé, un géant aux muscles saillants, sculpté pour la guerre. Une similitude les liait néanmoins : Leurs visages arboraient un excès de vicieuses cicatrices, aussi bien de combat que de torture.


S’approchant du lieu-dit, ils aperçurent une multitude de corps féminins se découper dans la lueur de feux de camps. Il y avait là quelques huttes faîtes de peaux de bêtes et don les supports étaient des cornes de Mumakils. La décoration du lieu était exclusivement faite de crânes, rarement humains, suspendues ou empalés au bout de piquets et peints d’un style similaire à celui qu’affichait les visages des sorcières.

- Approchez, réchauffez vous auprès de notre feu, qu’il illumine vos visages afin que nous lisions dans leurs traits les raisons de votre venue…

La voix de la sorcière était douce et attirante. Son visage, recouverte de peintures rituelles, avait dépassé l’éclosion de la jeunesse, mais recelait une beauté attirante veille comme le monde.

Ensuite, elle leur fit signe de s’assoir et de jouir d’un repas si conséquent qu’il semblait avoir été préparé en prévision de leur venue. Sans dire mot, les visiteurs acceptèrent l’invitation et se servirent dans la variété de viandes disposées face à eux. Ils se nourrirent tels des animaux sauvages, scène qui sembla ravir leur hôte.

Elle perdit néanmoins bien rapidement son sourire à force de les examiner, comme si cela avait permit de lui révéler quelque chose de leur nature. Troublée, la sorcière abandonna les deux hommes à leur festin, afin de confronter sa Matriarche de ses révélations.

Bien que conscient du fait qu’ils étaient fixés par de nombreuses paires d’yeux, les étrangers continuèrent de se remplir la panse avec une telle véhémence qu’il semblait qu’ils n’avaient pas mangés depuis des semaines... Quand ils eurent enfin fini, un lourd silence s’installa. Puis, d’un mouvement sinueux, celle qui semblait être la Matriarche s’approcha d’eux avec une grâce troublante, ses acolytes suivant de près dans son ombre.


- Votre venue est étonnante, vous qui avez déjà versé tellement de sang pour votre maître. Mes malheureux frères, vous ne pourrez repartir d’ici sans en couler d'avantage, tel est le prix à payer…

Le Gondorien, rendu méfiant par le pressentiment d’un danger énigmatique, n’hésita que le temps d’un battement de cœur.

- L’offrande sera faite… Mais je n’apprécie pas votre ton familier. Dîtes moi ce que je veux savoir et permettez à ce guerrier de rejoindre ses ancêtres...

De la silhouette sans défaut de la Matriarche rayonnait un mystère de mauvaise augure mais tentateur. Ses yeux souriants, pleins de langueur, coururent le long du corps puissant du géant qui serait sacrifié, suintant d’un érotisme aussi efficace qu’une caresse.

- Quel dommage de se séparer d’un tel athlète…

Un soupçon de cruauté dans son sourire carnassier laissa suggérer qu’elle réussirait tout de même à tirer une certaine satisfaction de sa carcasse.

- Dîtes nous ce que nous voulons savoir…

- Inch'Melkorem(Si Melkor le veut) votre demande sera entendue.


La bouche du Gondorien se contracta, esquissant l’ombre d’un sourire, et répliqua :

- … Où est cachée la Larme du Tarn Fui.

Elle ne prononça pas une parole supplémentaire, mais un feu volcanique étrange couva un bref instant ses yeux emplis de fiertés. Les sorcières s’échangèrent des murmures entre elles, visiblement concernées par la demande du Gondorien.

- Où est elle, qui en est le possesseur… Renchérit-il d'une voix plus insistante et autoritaire.

- Quel intérêt auriez vous à prendre possession d’un tel artefact ?

- … Après tout, oui, quel risque y a-t-il à vous le dire… Notre maître n’a pas eut le temps d’accomplir ses plans. Il nous manque sa sagesse pour nous permettre d’accomplir sa volonté.

- Qui vous dit qu’Amouth vous écoutera ?


Le visage du Gondorien se crispa d’un rictus malsain tandis qu’un silence pesant s’abattit sur le monde, comme si la nature retenait sa respiration et attendait.

...

- Comment saviez-vous de que je parlais de lui ?

- Vous portez la marque, mes frères… Pensiez vous être les seuls élus en ce bas monde ? Ha ! Trop longtemps avez vous vécu à l'écart, allant jusqu'à oublier votre héritage. Si vous ne nous avez jamais vus à la Forteresse, c'est que contrairement à vous, nous n'avions pas besoin d'être rééduquées...

- Prétentieuses catins, vous ne savez pas que quoi vous parlez…

- Vraiment ? Votre présence ici en dit autrement...
La Larme du Tarn fui, un chaudron forgé du même métal que la porte elle même en des temps immémoriaux qui, une fois remplit, permet à un vivant d'y baigner son visage et d'entrer en communion, le temps de sa respiration, avec le royaume des défunts... Une sainte relique, oubliée et dangereuse, le prix à payer sera grand... Car même si vous le retrouvez, la légende prévient que nombreux furent les utilisateurs qui s'y noyèrent, damnant leur âme à errer éternellement parmi les morts... Une fin qui vous irait à ravir, vous qui n’étiez pas capable de protéger le Maître durant ce qui aurait dut être son heure de gloire...

- Vous voulez votre rituel ? Menhir, je crois que cette blasphématrice veut son offrande de sang, fait lui plaisir s’il te plait…


D’un mouvement fulgurant, le géant saisit le talon d’une des sorcières qu’il tordit, la forçant à tomber. Ses mains cherchèrent ensuite la nuque de la malheureuse et, avec un bruit semblable à celui d’une branche que l’on brise, il lui cassa le cou.
Le corps s’effondra tel un pantin désarticulé aux pieds de la Matriarche. Celle-ci poussa immédiatement des cris d’alerte, tandis que ses fidèles acolytes s’amassaient autour d’elle, faisant barrage de leurs corps afin de la permettre de s’enfuir.

- Pauvres sottes… Une seule suffira. Ordonna le Gondorien, peu contrarié par la réaction de la Matriarche.

Le géant rejeta la tête en arrière et rit à gorge déployée, tout en bandant les muscles de ses bras. Il souleva du sol les sorcières qui se pressaient contre lui et de quelques geste puissants s’en débrasa comme un chien sécherait son pelage. De sa ceinture, il dégaina une épée qui entre ses mains gigantesques avaient l’allure d’une dague. Avec une cruelle voracité il taillada dans le vif, d’une frénésie égalant le dévouement des sorcières. Peu d’entre elles tentèrent de fuir, déterminées à faire face aux assassins. Elles frappèrent comme des furies le géant qui, insensible, leur retourna avec enthousiasme chaque coup si bien qu’il suffit de quelques battements de cœur avant qu’elles soient toutes à terre, mortes ou en devenir.

- Celle là, elle semble encore en état de parler…

Le Gondorien désigna une sorcière qui, malgré les blessures, semblaient encore s’accrocher à la vie. Le guerrier la remit sur pied et la força à faire face à son complice.


- Parle et nous épargnerons ce qu'il reste de tes pathétiques congénères…

L’expression de douleur de la sorcière Melkorite se transforma d’un seul coup en masque figé, dépourvue l’espace d’un instant de toute humanité…

- Votre quête fut un échec, Amouth a vécu son temps et nous sommes prédestinez à suivre son exemple…

- Vous peut être, mais nous ne sommes pas aussi défaitistes, nous useront de toutes les ressources possible pour accomplir ses desseins... Tu peux te racheter à ses yeux si tu nous aides une dernière fois…


Le Gondorien se rapprocha, agrippant la gorge de la femme. L’étreinte était si forte qu’elle ne tiendrait pas longtemps avant de perdre connaissance. Il réitéra sa question d’un chuchotement sifflant :

- Où est l’artefact ?

- Le chaudron… Cette… Relique… Longtemps… Maudite… Tout comme… L’est… Le nom… d’Ar-Pharazon…

- Il fait partit de leur trésor ? Où est-il, dans l’ancienne capitale ? A-t-il été volé ?


Sa voix était tranchante comme un rasoir et son regard était perçant. La sorcière lui retourna son regard avec les mêmes yeux et dans son dernier souffle lui chuchota :

- Ils… Ne l’ont… Jamais… Perdu… L’héritage… Convoitée… Appartient… Aux… Fils…

- Alors nous le prendrons de leurs mains indignes. Nous écrirons l’histoire au lieu de le subir.

-… Cette… Famille… N’est plus… Tout… Comme votre… Nom est… Destiné… à… l’être…

- Le votre et toute trace de votre existence sera oublié bien avant nous. Doutes tu encore que nous sommes les réelles élus, ma ‘sœur’ ?


La réponse ne vint jamais, la femme s’étant déjà évanouit. Son cadavre fut rejeté avec autant de considération que s'il s'agissait d'un linge sale.

- Nous savons désormais où chercher…

- Et les fuyardes ?

- Qu’importe, elles ne méritent pas d'avantage de notre attention… Seul Melkor sait si elles avaient jamais eut de réelles pouvoirs. Tu as bien vu leur faiblesses aujourd’hui, leur réelle nature… J’ai du mal à imaginer qu’elles furent un jour servantes du Maître…


Les corps dénudés luisaient dans la clarté des flammes, leur sang maudit tapissant le sable d’une couverture écarlate, une morbide scène que les deux étrangers quittèrent sans le moindre regret ni arrière pensée.
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