La neige est un plat qui se mange froid

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Dwilidan
Guide du Royaume d'Arnor
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Dim 4 Nov 2012 - 16:48

Les steppes sans fin du Rhûn était un endroit plus que désertiques. Quelques villages de-ci, de-là, autour des quelques cours d'eau qui osaient s'aventurer sur ces terres. Et plus difficiles encore était de se promener dans ces régions quand le vent soufflait telle une lame et que la neige elle même commençait à recouvrir doucement mais sûrement le paysage sans fin qui s'étendait sous les yeux de Firaz.

Recouvert par une épaisse fourrure, il souffla dans ses mains gelées afin de les réchauffer un tant soit peu, autant dire que ce n'eut pas complètement l'effet escompté mais c'était toujours moins pire que quelques minutes auparavant. Juché sur sa monture, dont la respiration régulière s'accompagnait du traditionnel nuage de buée, le vétéran jeta un oeil derrière lui, Aya se tenait toujours tant bien que mal sur son cheval, toujours blessée depuis l'attaque, il y a de ça trois jours. Alors coupés du groupe de bohémiens avec lequel ils avaient voyagé depuis leur départ de Vieille-Tombe, le vétéran et la jeune impétueuse s'étaient alors vus obligés de survivre ensemble ou mourir.

Il se porta au niveau de la jeune fille rapidement, le soleil commençait sa descente et trouver un refuge allait devenir quelque chose de pressant :

"On continue vers le Nord et la mer, on devrait trouver plus de villages. J'ai cru apercevoir de la fumée à quelques lieues d'ici, on devrait jeter un coup...."

Interrompu dans son monologue, Firaz venait de voir deux cavaliers qui se dirigeait vers eux, d'un pas léger et tranquille. Ils n'avaient pas l'air d'être des brigands mais on n'était jamais trop prudent. Aya, inquiétée par ce mutisme soudain, venait également de les apercevoir et regardait à présent le vétéran d'un oeil suppliant :

"Oh non, tu ne récupérera pas encore ta lame, je ne suis pas complètement fou et tu es encore blessée de toute manière. On est même pas sûr que ce soit des brigands et au pire je pense pouvoir m'en charger seul."

Il héla alors sa monture pour se porter à la rencontre des deux nouveaux venus, Aya toujours derrière lui. Se rapprochant il vit que les deux hommes semblaient avoir au moins autant froid que lui. De simples voyageurs ou des guerriers qui leur voulait plus de mal que de bien ? On allait vite le savoir :

"Holà, que font deux hommes seuls dans ces steppes ? Ces terres sont dangereuses pour ceux qui ne les connaissent pas."

D'un geste machinal, Firaz avait rapproché sa main de la garde de son sabre, il ne pensait pas avoir à s'en servir mais ne savait-on jamais. Les hommes qui les avaient attaqués avaient beau être des soldats du Trône en uniforme, ils pouvaient toujours avoir changés leurs tactiques et préférer un camouflage traître à un uniforme.
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Ryad Assad
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Dim 4 Nov 2012 - 19:13

A chaque pas, la douleur revenait, lancinante. Et à chaque seconde, un nouveau pas. Le rythme régulier avait quelque chose d'agaçant et de profondément stressant. Juchée sur le dos de sa monture, bandant tous ses muscles pour ne pas en tomber, Aya était au bord de l'évanouissement, maintenue éveillée par le flux et le reflux incessant de la souffrance qui naviguait dans son corps à toute vitesse, détruisant tout sur son passage. Elle aurait voulu pleurer, mais même cela elle n'en avait plus la force. Le froid qui régnait dehors y était peut-être pour quelque chose, d'ailleurs. Les températures, incroyablement basses pour la saison, n'avaient rien arrangé au cas de la jeune fille qui était plus livide que jamais. Toutefois, cela semblait avoir du bon, car sa blessure au flanc saignait moins qu'avant.

Ses pensées s'élevèrent comme un nuage, et elle se perdit dans ses souvenirs. Cela faisait désormais trois jours, et tout était encore flou dans sa tête. Elle se souvenait vaguement qu'ils s'étaient arrêtés...quelque part...et qu'un individu mystérieux avait surgi de nulle part. Elle l'avait vu en premier, et avait voulu prévenir Firaz du danger. Mais son corps avait agi plus vite que sa langue, et avant de comprendre, elle s'était retrouvée étendue au sol, baignant dans son propre sang, une plaie béante au flanc. Puis plus rien. Plus rien jusqu'au moment où elle s'était réveillée, vautrée en selle, sommairement bandée, son cheval suivant celui du traître. Elle avait mis du temps à comprendre comment elle était passée de la bataille à la fuite, et Firaz avait refusé de lui expliquer. En même temps, elle avait tendance à ne pas vraiment comprendre ou écouter ce qu'on lui disait. Ses pensées divaguaient régulièrement, et il lui était impossible de fixer son attention plus de quelques instants sur une même information.

A côté de la jeune Rhûnienne, une voix s'éleva. Elle cligna des yeux, et identifia Firaz. Depuis quand était-il à sa hauteur ? Et puis quelle importance, de toutes façons. Il lui annonça qu'ils se rendaient vers le Nord et la mer. Le reste de son explication, elle ne le comprit pas. Pourquoi voulait-il aller vers le Nord ? Pour l'éloigner de chez elle, et pour aller chercher son général, afin de fomenter une rébellion ? L'imbécile, il n'y avait aucune chance que sa seule volonté parvienne à jeter à bas le Trône de Rhûn ! Aya toussa bruyamment, ce qui lui déchira le flanc. Elle gémit de douleur, et mit son poing dans sa bouche pour ne pas hurler. Lorsqu'elle le retira, il était rougi de sang. Mauvais signe, de toute évidence. La respiration sifflante, elle parvint tout de même à lever les yeux vers le renégat :

- T...Traître...

Ce fut tout ce qu'elle parvint à souffler, d'une voix quasiment éteinte. Elle fut de nouveau prise par une quinte de toux, et des larmes lui montèrent aux yeux, tant elle se sentait mal. Elle pensait que Firaz l'avait entendue, et elle se demandait pourquoi il ne lui répondait pas. Elle leva de nouveau la tête vers lui, et porta le regard dans la même direction que le déserteur. Deux cavaliers apparurent dans son champ de vision, trop loin pour qu'elle puisse clairement les identifier. Sa vue brouillée n'arrangeant rien à l'affaire. Elle espéra qu'il ne s'agissait pas d'ennemis supplémentaires venus les achever. Firaz capta son inquiétude, et il lut en elle qu'elle désirait récupérer son arme. Cependant, lui évitant d'avoir à ouvrir la bouche et à formuler péniblement sa requête, il la stoppa net dans ses délires. Elle était loin d'être assez remise pour lui être d'un quelconque secours, c'était évident, mais il voulait surtout se prémunir contre une attaque dans le dos. A mains nues, dans son état, elle n'avait aucune chance de l'effrayer un tant soit peu. Avec une lame, même ainsi, elle pouvait l'expédier chez ses ancêtres, qui se feraient un plaisir de venger l'affront de sa trahison. Dépitée, elle jeta un dernier regard à son sabre, accroché à la selle du renégat. Plus tard, pensa-t-elle.

Firaz talonna sa monture, et il força l'allure pour se porter à la rencontre des deux inconnus qui se présentaient face à eux. Aya, dont le cheval était relié à celui de son geôlier par une corde, emprunta le même rythme, soumettant la jeune fille à un surplus de souffrance dont elle se serait bien passée. Sa blessure lui coupait la respiration, et elle crut qu'elle allait périr étouffée, incapable de respirer. Sa gorge lui brûlait, et quand enfin l'homme s'arrêta, elle mit quelques secondes à inspirer profondément, pour soulager ses poumons malmenés. Les stridors qui s'ensuivirent furent d'une rare intensité. A chaque fois qu'elle expirait, un léger nuage de vapeur se formait. Elle toussa à nouveau, et celui-ci se teinta de pourpre.

Le renégat apostropha les voyageurs, une main posée sur le manche de son épée. Il semblait tendu comme la corde d'un arc, ignorant encore tout des deux inconnus, et préférant éviter toute mauvaise surprise. Aya inspira profondément, éclaircissant ses idées pour essayer de tirer son épingle du jeu. Qui pouvaient bien être ces deux hommes qui voyageaient ? Des soldats réguliers, ou bien des habitants du Royaume, très certainement. Ainsi, c'étaient forcément des alliés potentiels pour la jeune fille, et certainement des ennemis du renégat. Rassemblant ses forces, elle ajouta à l'appel de son compagnon de voyage :

- A l'aide ! C'est homme est un...

Une violente quinte de toux la saisit, et elle fut incapable de terminer sa phrase. Elle aurait voulu leur dire que c'était un traître, un renégat, un briseur de serment, un assassin et un comploteur contre le Trône. Elle aurait voulu leur appui, qu'ils se débarrassent de lui, qu'ils le capturent et qu'ils le livrent aux autorités. Et quant à elle, elle espérait qu'ils pourraient l'aider, lui trouver un véritable docteur qui saurait la soigner. Elle espérait qu'ils pourraient la ramener à sa famille. Mais elle n'en eut pas le temps, et sa toux ne voulait pas s'arrêter. A chaque nouvelle quinte, elle sentait ses forces s'envoler, la douleur revenir toujours plus forte. Dans sa tête, elle avait l'impression qu'un orchestre de cuivres jouait une symphonie disharmonieuse. Elle ferma les yeux, priant pour que cela cesse.

Sans s'en rendre compte, elle sombra dans l'inconscience, comme si en s'abritant derrière ses paupières, elle avait laissé les ténèbres de son esprit l'envahir temporairement. Elle eut l'impression qu'un baume apaisant enveloppa son corps et son âme, comme un cocon protecteur. Et pourtant, cela ne l'empêcha pas de glisser de cheval. Son corps, privé de toute énergie, se retrouva au sol brutalement. Etendue sur le dos, un filet de sang coulant le long dans son menton, sa blessure s'était rouverte. Dans son sommeil, au loin, elle entendait toujours la symphonie...


Membre des Orange Brothers aka The Bad Cop

"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"

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Sigvald Lingwë
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Mar 6 Nov 2012 - 22:07

Jonché sur sa monture, l'elfe semblait inerte, pas un bruit, aucun mouvement, il semblait mort. Ses pensées était floue, les plaintes de son corps occupaient toute son attention. Impossible de renier la douleur, il sentait le poison s'insinuer plus profondément dans son être, comme une coulé de lave, le poison le "brûlait" de l'intérieur. Son corps était insensible et froid, il ne ressentait même plus sa lame glacée toucher sa peau par intermittence.

Sa mort approchait. Trop faible, ouvrir les yeux lui était quasi impossible, il le savait, son cheval suivrait celui de l'homme. Son état avait empiré depuis l'aurore. Comme couper de l'extérieur, les sons lui paraissaient lointains, sa capuche s'était découverte depuis déjà un long moment, il ne ressentait plus la douce caresse du vent dans ses cheveux.

Isolé du monde extérieur, seule la souffrance régnait, chaque pensé, idées et souvenirs, tout lui était comme insupportable. Dans son état, Sigvald s'efforçait de ne pas lâcher prise, de rester en vie et de lutter jusqu'au bout. La vie ou la mort, dès son empoisonnement il savait les épreuves qu'il allait endurer. Pour avoir utilisé de nombreuses fois cet outil de mort, de torture, il sut que sa mort serait longue et douloureuse.

S'obligeant à se rappeler les meilleurs moments de sa vie pour rester dans ce monde, il ne pouvait s'empêcher de voir noir, ses remords étaient intenses, à certains moments, lorsque son esprit s'égarait, il lui arrivait de penser que cet instant n'était que la juste punition pour ces actes passés.

Son visage était plus blanc que les fesses d'un Arnorien, son dos s'était voûté, il n'avait plus rien d'elfique tant son état était alarmant, l'on aurait dit un vieillard accablé par les années. Le jeune elfe n'était plus que l'ombre de lui-même, sa lumière et sa force vitale le quittaient, mais son esprit affaibli était bien là. C'est son mental qui l'avait mené jusqu'ici, bien d'autres auraient succombé plus tôt. Il voulait ce racheter, vivre à nouveau parmi les siens, combattre, se sacrifier pour les plus faibles, faire en sorte que la Lumière triomphe des Ténèbres.

"Holà, que font deux hommes seuls dans ces steppes ? Ces terres sont dangereuses pour ceux qui ne les connaissent pas."

Ces mots, ou plutôt ce murmure ne le libéra pas de la tourmente dans laquelle il était. Il n'y prêta même pas attention. L'elfe s'imaginait sous la lumière jaune du soleil, s'émerveiller des étoiles dans une nuit noire, marcher dans ses forêts, revoir sa famille...

- A l'aide ! C'est homme est un...

Sortant brutalement de ses songes et son état léthargique, la douleur s'intensifia soudainement, comme revenu à lui, il agrippa brusquement la crinière de son cheval. Amarth, sa monture parti sur quelques mètres au galop. Sigvald tint malgré bon. Cette épreuve lui fut plus insupportable, douloureusement il évacua du sang en toussant. Il ne s'en rendit pas compte, il ne sentit qu'une agréable sensation de chaud couler le long de son cou.

Complètement déboussolé, découvrant deux silhouettes s'approchant, surpris et paniquer, il se retourna violemment. Crachant son sang comme le mourant qu'il est.

- Freorn !

Le jeune elfe tremblait, non de froid, mais bien à cause du poison.
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Freorn Osgiriath
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Mar 13 Nov 2012 - 21:56
Cela faisait déjà quatre longues heures que Freorn et l’elfe chevauchaient à travers les paysages désertiques de cette contrée maudite. Quatre heures sous un soleil de plomb, avec pour seule compagnie les rapaces qui tournaient au-dessus de leurs têtes dans l’attente d’un possible festin, et les animaux qui s’enfuyaient en courant à l’approche des chevaux. Freorn avait hésité à voyager de jour, mais l’état de l’elfe était tel qu’il risquait de mourir à tout moment s’il ne bénéficiait pas de soins d’un médecin.

Il lui jeta un coup d’œil. Sigvald était blanc comme les cimes du Caradras, le dos vouté, les yeux voilés, comme hanté par ses propres démons. L’homme espéra que l’elfe survivrait. Il ne représentait rien pour lui, mais c’était son seul lien avec les Melkorites, l’Ordre de la Couronne de Fer, et les possibles assassins de sa famille. Il prit sa gourde, avala une gorgée d’eau tiède, et sans un mot, poursuivit sa route.

Quelques heures plus tard - ou bien quelque minutes, le temps perdait toute consistance dans cet endroit désert, il aperçut deux cavaliers qui les observaient au loin. Il crut qu’il s’agissait d’un mirage.

- Holà, que font deux hommes seuls dans ces steppes ? Ces terres sont dangereuses pour ceux qui ne les connaissent pas.

Il n’avait encore jamais entendu parler d’un mirage sonore. Il secoua la tête pour garder les idées claires et rapprocha lentement sa main de son épée cachée par sa cape. Tous les deux venaient du Rhûn. Ou bien d’une région proche. La forme du sabre, prêt à être dégainé par l’homme, et leurs vêtements ne laissaient aucun doute. La femme semblait aussi faible que l’elfe. Elle tenait à peine sur son cheval. Freorn voulait demander à l’elfe s’il s’agissait de Melkorites, mais il semblait être ailleurs.

- A l'aide ! C'est homme est un...

La femme s’évanouit en soulevant un nuage de sable, et Freorn remarqua qu’elle ne portait pas d’armes apparentes. Etrange dans ces contrées. Suspectant une ruse grossière, il resta sur son cheval tandis que l’elfe cracha du sang et sembla sur le point de rejoindre l’inconnue.

- Freorn !

L’homme du Nord s’approcha lentement et revint à hauteur de l’elfe tout en observant le cavalier. Amis ou ennemis ? Dans le doute, mieux valait les considérer comme des ennemis. C’était ce que lui avait enseigné son précepteur dans son ancienne vie, et son conseil s’était souvent montré pratique. Il pourrait toujours utiliser ces deux inconnus à son avantage. Il leva la main en signe de paix.

- Nous sommes en route vers Albyor, la capitale. Comme vous le voyez, mon compagnon est mal en point et nous avons besoin des services d’un médecin.

Il jeta un coup d’œil à la femme qui gisait sur le sol.

- Et il semblerait que le médecin ait également une nouvelle cliente… Vous avez besoin d’aide ?
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