Entre Chien et loups

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Ryad Assad
Espion de Rhûn - Vicieux à ses heures perdues
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Mer 7 Nov 2012 - 22:39
Minas Tirith.

Pour beaucoup, c'est la cité où tout est beau, et où tout est merveilleux. Il faut dire qu'elle en impose aux voyageurs et aux gens de passage. Toute blanche, fièrement dressée vers le ciel. C'est une cité avec une histoire, avec une histoire glorieuse, même. Elle a quand même abrité de nombreux rois de renom, à commencer par Mephisto, en passant par Elessar. Et puis elle s'est dressée contre les hordes venues du Mordor. Et bien que celui-ci soit demeuré relativement calme depuis quelques années, tous les habitants savent qu'en cas de danger, il ne seront jamais mieux protégés que derrière ses imposantes murailles, par son armée valeureuse et expérimentée. Oui, c'est vraiment une cité où il fait bon vivre.

Quand on a les moyens.

Quand on ne les a pas, la vie n'est pas très différente de ce que l'on peut rencontrer dans d'autres villes. On traine, on essaie d'éviter les ennuis. On cherche de l'argent, de manière plus ou moins légale. On essaie de survivre, on s'organise. Car quand on n'a pas les moyens, la cité n'apparaît pas toute blanche, mais sombre. Quand on vit dans les rues crasseuses des bas-fonds, la seule perspective, c'est la boue des caniveaux, c'est la poussière sur les murs des maisons, et la compagnie des rats pour le déjeuner. Ce n'est guère réjouissant. Là, bien qu'elle le prétende, la garde ne patrouille pas, et les véritables maîtres des lieux sont des bandits de la pire espèce, qui règnent par la terreur et la force. Le pouvoir du Roi ne se fait sentir que quand lorsque l'un d'eux se croit assez malin pour s'accaparer un peu plus que ce à quoi il "a droit".

Dans ces rues-là, on assiste parfois à des scènes étranges, pour le commun des habitants. Et ce soir-là, dans cette rue-là, les gens ont pu croire qu'il s'agissait d'une scène étrange, bien qu'en réalité elle soit assez courante pour ne pas choquer grand-monde. Trois hommes à l'air peu amène barrent l'accès d'une petite rue sombre et isolée. Ils défient du regard les rares passants qui, bien conscients qu'il ne vaut mieux pas s'attirer des ennuis, préfèrent passer leur chemin, en faisant semblant de ne pas entendre les cris et les gémissements à demi-étouffés.

- C'est tout ce que tu me rapportes, le Chien ? Tout ce que tu as réussi à trouver ?

La voix est celle d'un homme, de toute évidence. Il est brun, et ses cheveux mi-longs sont attachés en une queue de cheval qui lui retombe à peine sur les épaules. Prenant appui sur le mur, il assène un coup de pied brutal à la chose misérable recroquevillée par terre, avant de passer une main dans sa barbe soigneusement taillée.

- Tu crois que ça vaut quelque chose ? Des bagues en toc ! Des colliers en cuivre ! Des boucles d'oreilles faites avec des coquillages ! Et...Oh, qu'avons-nous là ? une chevalière en bronze !

Chaque objet, il l'a lancé diaboliquement sur la victime de son courroux, avec une précision rare. Les gémissements redoublement, tandis que la créature essaie de déplacer ses membres pour se protéger pathétiquement. L'homme lève le pied bien haut, et s'apprête à écraser brutalement le crâne de la chose misérable, qui ouvre alors la bouche pour la première fois :

- Je suis désolé ! Pardon ! Je ferai plus attention la prochaine fois ! Je vous le jure, pitié ! Pitié !

L'homme interrompt son mouvement, et considèrent la possibilité un moment :

- Je n'ai pas besoin d'un clébard mal dressé. Si tu survis dans cette ville, c'est grâce à moi. Je te nourris, et je te protège. Maintenant, si tu ne me rends pas ce tout petit service, à quoi me sers-tu ? Tu crois que je gagne ma vie pour nourrir des cabots qui ne font pas ce qu'on leur demande ?

Les yeux pleins de larmes, l'intéressé attend, trop effrayé pour répondre. L'homme à la barbe savoure ce moment, avant de reprendre :

- Cela dit, je t'accorde encore une chance. Montre-toi...hum...digne, et tu auras la vie sauve.

La créature se redresse d'un bond, et se vautre au pied de l'homme à la barbe. Nonobstant la nuit qui tombe, on peut alors remarquer qu'il s'agit d'un jeune garçon, guère plus d'une douzaine d'années. Ses vêtements sont des haillons, et il n'est pas besoin de le regarder de très près pour voir qu'il est affamé et en piteux état. A genoux, il attrape la main de son maître, afin de lui montrer toute l'étendue de sa gratitude. L'homme grommelle, et tente de se défaire de l'étreinte. Manque de chance, dans l'opération, sa chemise de soie se retrousse légèrement, dévoilant un tatouage que les yeux de l'enfant ne peuvent que remarquer. Il n'en comprend pas la signification, lui qui n'est pas du monde de la connaissance, mais il note immanquablement le changement d'attitude de l'homme à la barbe. D'une voix cassante, celui-ci lâche :

- Pour ça, tu vas mourir, maudit clébard... Grig', viens voir ici !

L'intéressé, un colosse aux muscles noueux et au visage inexpressif s'approche lourdement. Alors, tout va très vite. Le gamin, conscient que sa dernière heure est arrivée, se précipite à toutes jambes sur le loubard qui entend le tuer. L'homme comprend avec un temps de retard la situation, et quand il tend le bras, ses doigts manquent de très peu les cheveux ébouriffés du jeune voleur. Ce dernier accélère, surprend à leur tour les deux autres gorilles, et se retrouve dans la rue. Derrière lui, des ordres hurlés retentissent, mais il ne s'arrête pas pour savoir de quoi il retourne. Sa principale préoccupation est de sauver sa vie.

Il galope dans les ruelles, bousculant damoiselles et damoiseaux sans se soucier de leurs cris outragés. Il sait qu'un danger bien plus terrible le poursuit. Récemment, il a neigé dans la cité blanche, et les rues sont encore couvertes de ces petits flocons qui se sont accumulés sur le sol. Lui qui n'a pas de souliers souffre le martyr, la plante de ses petits pieds lui faisant un mal de...de chien. Il continue cependant, conscient qu'il lui faut rester en vie pour espérer pouvoir soigner les meurtrissures infligées par la neige.

Cependant, petit et malingre, guère équipé pour courir par ce temps, que peut-il faire contre des hommes entraînés et en bonne santé ? Alors qu'il sent son souffle court, une main énorme vient lui attraper la nuque. Des doigts acérés s'enfoncent dans sa peau, et il a l'impression que cette seule étreinte va lui arracher la colonne vertébrale. Il glapit, et se débat. La poigne de fer le lâche, et il se retrouve au sol, misérable. Autour de lui, la foule forme désormais un cercle, pour assister à la scène. A quatre pattes, tel un chien, le gamin essaie de se faufiler entre les jambes des passants, mais un coup de pied le ramène prestement au centre du cercle, qui sera de toute évidence l'endroit où il mourra. Derrière lui, l'homme à la barbe et ses trois gardes du corps approchent, l'air concentré.

Le garçon regarde de droite et de gauche, désespéré. Pas un ne viendra l'aider ? Cet homme brun, costaud, qui pourrait facilement en remontrer aux trois gorilles reste obstinément à sa place. Ce groupe de femmes riches pourrait sans peine ordonner que le combat cesse, mais elles n'en font rien. Il en va de même pour ce marchand au chapeau ridicule et à l'air intrigué, pour cet amuseur de rue à la tenue bariolée qui ne sourit plus, pour ce mercenaire en armes aux yeux plissés, pour cette femme elfe à la robe bleue. Aucun n'ose bouger. L'homme à la barbe prend alors la parole :

- Mesdames, messieurs, désolé pour ce spectacle grossier. Cet enfant des rues, qui prend plaisir au larcin, vient de me voler un objet très précieux, et j'entends bien le récupérer. Veuillez accepter mes excuses pour ce désagrément. Vous pouvez retourner à vos occupations.

Le gosse, qui est tombé assis par terre en voyant les regards se baisser et les gens se préparer à retourner à leurs affaires, tente le tout pour le tout :

- Pitié ! Je n'ai rien volé ! La preuve ! Je n'ai rien sur moi, vous pouvez m'fouiller ! Ne les laissez pas me faire du mal ! Ils vont me tuer !

Dans sa voix, on entend clairement le désespoir et la crainte qu'il éprouve. Dans la foule, l'amuseur public est déjà retourné à son activité, prestement imité par le marchand au chapeau. Les autres suivront-ils ?


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Delaynna
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Jeu 8 Nov 2012 - 23:51
Après la brève explication du soldat, Delaynna arpenta une petite ruelle animée par la présence des habitants. Le soleil se cachait derrière les gros nuages ainsi qu'une petite neige tombait sur la grande citée.

Le froid n'attaquait guère la peau de l'elfe, car cela ne l'affectait point. Certain commençait à allumer les torches pour la nuit. Une petite foule se formait à travers une autre ruelle. La curiosité de la jeune elfe la mena vers la source de cette agitation. Elle tenta de se frayer un chemin pour mieux observer la scène. Son coeur cessa de battre lorsqu'elle vit cela. Ces hommes s'en prendre à ce petit garçon qui ne devait être encore qu'un enfant. Comment des humains pouvaient-ils aussi cruels envers des enfants ?! L'elfe avait beaucoup voyagé depuis qu'elle avait quitté Earwen. Les choses qu'elle détestait voir étaient de voir les gens souffrir. Les Dames de l'eau étaient là pour cela, établir la paix en ces terres.

Del observa le chef de la bande qui s'en prenait au jeune garçon. Cet homme beaucoup plus jeune qu'elle et qui n'avait que très peu de vécu comparé à elle. Son visage se durcit par la colère. Elle redressa la tête à nouveau et remarqua que personne n'allait au secours du garçon. L'elfe décida que ce serait elle qui viendrait en aide au jeune garçon. Elle s'avança d'un pas.

-Sa suffit! Tonna-t-elle.

Elle toisa du regard le chef de la bande. Delaynna paraissait toujours aussi jeune, mais son regard trahissait sa longue vie. Ces hommes ne lui faisaient pas peur, car certes elle avait vue bien pire au cours de ces 500 ans.

Del s'approcha du jeune garçon et l'aida à se relever. Elle lui sourit pour qu'il puisse voir qu'en elle, il pouvait avoir confiance. Elle retourna son attention vers le chef.

-Vos excuses, je n'en veux pas. Comment pouvez-vous faire cela à un enfant ?! Vous n'avez pas honte!
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Erco Skaline
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Ven 9 Nov 2012 - 11:33

Un adolescent débarqua sans prévenir, il avait un air de la rue, mais ses vêtements; bien que dépareillé et légèrement sale; étaient ceux d'un bourgeois. Des cheveux bond recouvraient son crâne, et une barbe naissante lui donnait l'air d'un jeunot. Il arborait un léger sourire lorsqu'il se planta vers le groupe des intéressés. Il reconnut directement un dénommé Grig. Il faut dire que l'ado n'était pas né de la dernière pluie et qu'il trainait depuis pas mal d'année dans ces rues... La plupart des truands, voleurs ou racketteur de la première heure il les connaissait de vue, ou avait déjà du les payer. Il lança à l'homme qui faisait face à l'elfe:

-Laisse ce gamin tranquille! En plus toi qui crie au vole, laisse moi rire...

Il fixait l'homme droit dans les yeux. Il n'avait pas peur de ces hommes, c'était des bâtards sans cervelle, et cela donnait un grand avantage à Hirlon. Il pouvait disparaître facilement de la ville si le besoin était. Il lança au gamin qui venait de s'être relevé aidé par Del:

-Tu lui a volé quoi? Son cerveau?

Il vit un sourire passé sur le visage de l'enfant, mais ce dernier n'osa pas répondre. Hirlon le comprenait à son âge aussi il aurait eut peur de ce genre de type. Il en avait eut peur du reste, mais avec le temps et les aventures qu'il avait vécu avec ses anciens amis dans cette ville, il s'était endurcit. Ce qui n'empêchait pas, lorsque les nuits sont vraiment noires, d'avoir un sommeil agité et que des images du cimetière de Minas Tirith, d'un tombeau, d'un symbole, et de bien d'autres choses traversent ses rêves se transformant en cauchemars. Alors il se réveille suant la peur. Au début ces cauchemars venaient chaque nuit, mais avec le temps c'était de plus en plus rare, mais jamais il n'oublierait ces moments si bouleversant de sa vie, et pas que la sienne au final....

Il releva la tête vers le truand, il n'avait pas encore bougé, peut-être surpris des répliques cinglante d'Hirlon. Il ne devait pas être habitué à ce qu'un "gamin" de seize, dix-sept ans lui tienne tête. L'ado recula lança dans un murmure à Delaynna, dans sa voix on sentait un ton pressant:

-Vous devriez partir Madame, prenez le petit...Et je vous assure que la honte, c'est la dernière chose dont ils ont peur....

Il espérait vraiment qu'ils aillent le temps de partir....Hirlon pouvait disparaître quelque temps, mais que seul. Et ce gamin lui rappelait son enfance lorsqu'il galérait dans Minas Tirith après sa fugue, et personne l'avait vraiment aidé hormis un ami, Marach, dont il n'en avait plus du tous entendu parler depuis des années. Il faisait toujours face aux trois hommes, c'était évident qu'il n'avait aucune chance contre eux, mais il attendait de voir ce qu'allait dire leur "chef"....
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Ryad Assad
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Ven 9 Nov 2012 - 12:26
La terreur est une prédatrice redoutable, et quand elle vous saisit, il est impossible de s'en défaire avant longtemps. Même lorsque l'on est bien accompagné. Le jeune garçon vautré par terre a toujours cru que sa crainte de ces êtres abjects qui le battent et qui l'exploitent vient de sa solitude, du fait qu'il n'a pas d'amis, de parents, ni même de connaissances en général. Tous les matins il se lève, courbaturé et transi de froid, en essayant de ne pas penser aux horreurs vécues la veille. Il quitte l'abri de fortune qu'il a occupé illégalement avant que le propriétaire légitime des lieux ne le maltraite, et il se met en route. La fatigue et la fin le tenaillent, mais il sait qu'il doit d'abord remplir sa mission avant de pouvoir espérer penser à se sustenter. Alors il erre, vagabond repoussant que les braves gens regardent d'un œil suspicieux en rapprochant la main de la bourse d'or qui pend à leur ceinture. Les marchands le chassent d'un geste de la main tandis qu'il s'approche de leurs étals, et même les enfants des quartiers le dévisagent intensément quand il ose faire un pas vers eux.

Alors il repart en quête d'un butin pour son maître, grappillant çà et là les objets qui lui semblent intéressants. Parfois, il a de la chance, et quand il rentre, il a le droit à une pâtisserie. L'homme à la barbe n'est pas trop méchant, et s'il fait bien son travail, après tout, il est nourri. C'est de sa faute s'il reçoit des coups. Parce qu'il ne fait pas la différence entre le cher et le commun. C'est pour cela qu'il est terrorisé. Il est effrayé par sa propre incompétence. Commet pourrait-il survivre dans ce monde alors qu'il est incapable de remplir une simple mission comme celle qu'on lui confie ? Il n'a pas les muscles de Grig', il n'a pas l'intelligence de l'homme barbu, et il n'a pas le don de trouver de l'argent. Il ne sait rien faire, il n'est bon à rien.

Prostré dans la neige, sous le regard perplexe des passants, la petite chose hausse un sourcil interloqué en voyant de l'aide lui parvenir, sous la forme d'une femme elfe. Vêtue assez légèrement, au regard du froid qui règne dehors, elle semble contrariée, mais pas après lui. Il la dévisage un bref instant, se demandant ce qui la pousse à agir pour gronder son maître. Ce faisant, elle prend un risque énorme. Et pourtant, elle ne recule pas, et invective violemment les quatre hommes. Ceux-ci froncent les sourcils de colère, mais ne répondent pas immédiatement. L'elfe vient l'aider à se relever, et il fait un effort pour ne pas gémir. Ses côtes le font souffrir atrocement, et ses pieds nus sur la neige laissent pénétrer le froid jusque dans les tréfonds de son âme. A cet instant précis, il songe à s'enfuir. Oui. Courir, encore et encore, jusqu'à échapper définitivement à ces hommes. Mais il sait qu'il ne peut pas. La foule, autour de lui, est toujours compacte, et bien que cette femme elfe soit intervenue, les autres personnes ne semblent pas décidées à lui donner du crédit.

Alors, après l'attaque de la femme, c'est au tour d'un autre garçon de venir s'interposer. Il est un peu plus âgé que la pauvre victime tremblotante, mais il n'est pas encore tout à fait adulte. Et pourtant, il se dégage de lui une assurance peu commune. Il tient tête à ces quatre hommes avec un courage exemplaire, qui devrait servir de leçon aux passants. Pourtant ceux-ci se détournent bien vite de ce qui risque de se transformer en un conflit verbal...voire davantage. Le visage du chef des bandits se crispe, ce qui n'annonce rien de bon. Pourtant, l'intervention du garçon blond n'est pas terminée.

Le gamin lâche un sourire involontaire en entendant la pique acérée de son deuxième allié de la journée. Voler son cerveau ? Si seulement c'était possible ! Cependant, il rengaine bien vite sa bonne humeur subite, conscient que la situation n'est guère à son avantage, et que tous ceux qui désireront se placer de son côté risquent de subir le même traitement que lui. Et malgré son égoïsme teinté d'instinct de survie, il sait qu'il ne le supporterait pas. Sa condition est par trop dégradante pour qu'il la partage avec cette elfe gracieuse, et cet adolescent courageux.

Tandis qu'il réfléchit, l'homme à la barbe prend la parole, d'une voix suave où se mêlent habilement menace et politesse :

- Chers amis, je vous en prie...Tout cela n'est qu'un terrible malentendu. Nous ne faisons rien de mal à essayer de récupérer notre bien. Je vous suggère de ne pas vous mêler de cette histoire qui ne vous concerne pas. Nous le traiterons bien, et quand il nous aura dédommagé, nous le laisserons aller. Comprenez-vous que vous n'avez pas à vous en mêler ? Tout sera réglé très vite, je vous l'assure.

Autour de lui, il voit que la foule ne semble pas totalement prête à le croire sur parole, surtout en ce qui concerne les deux personnes qui ont fait irruption devant lui : l'elfe et le gosse. Son sourire s'élargit, dévoilant une rangée de dents parfaitement blanches. Mais plus son sourire grandit, plus son visage devient menaçant, paradoxalement. Ses yeux sombres sont devenus durs et froids, et il les plonge dans deux de sa jeune victime qui, hypnotisée, demeure paralysée par la peur.

- Puisque vous ne semblez pas me croire... Appelons la garde. Je suis certain que les soldats de notre bon Roy sauront rapidement régler cette histoire...

- Non !

Le cri provient du gamin aux pieds nus. Il tremble de tout son corps, autant de terreur que de froid. Ses yeux expriment son entière soumission, et il s'avance à petits pas droit vers l'homme à la barbe. D'une voix éteinte, il reprend :

- Non, pas la garde, pitié...

Triomphal, l'homme s'exclame :

- Ha ! Qui voudrait éviter d'avoir affaire à la garde sinon un coupable ? Mesdames et messieurs, je pense que cette affaire est réglée. Nous allons trouver une solution avec notre ami voleur, et tout s'achèvera vite.

Ce disant, il pose une main dominatrice sur l'épaule du garçon, en lâchant à voix basse, à peine assez fort pour que l'adolescent et l'elfe entendent :

- Bon chien...

Puis il tourne les talons, emportant entre ses griffes le misérable gosse des rues. Ce dernier se retourne, les yeux émus, vers ceux qui auront au moins tenté de l'aider. Dans son regard, il y a de la gratitude, noyée au milieu d'un océan de chagrin, de terreur et de regrets. Une ébauche de sourire étire ses lèvres gercées, ultime appel à l'aide d'une âme livrée à une mort cruelle.


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Delaynna
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Ven 9 Nov 2012 - 14:51
L’elfe passa une main sur chaque épaule du petit garçon pour retirer la poussière qui s’y attachait. Elle le regarda droit dans les yeux. Et c’est étonnement, que le garçon avait une légère ressemble à Daeron, son neveu. Elle afficha un sourire nostalgique. Elle se remémora lors du départ de ce dernier avec sa sœur. Élianne avait amené avec elle, le dernier souvenir de chaire de Mathias, leur triplé aîné. Elle se remémora la scène. L’elfe les avait suivit jusqu’au port. Del se remémora du dernier signe de main du jeune garçon et le soleil qui se couchait à se moment là. Elle avait lui rendit et en fit un à sa sœur, mais cette dernière ne fit rien de plus que de l’ignorée.

Delaynna repris son sérieux lorsque l’autre jeune garçon s’approcha d’eux et les interpellèrent. Elle l’examina de la tête au pied. Il semblait beaucoup plus jeune que le chef de la bande et plus que le petit. La jeune femme afficha un second sourire aux paroles du jeune homme. Cette fois-ci, moins nostalgique et plus doux. Mais son visage se durcit à nouveau et hocha la tête en guise d’affirmation. Del emmènerait le petit avec elle sans faute. L’elfe menaçait du regard les bandits. En tant que Dame de l’eau, elle se devait de venir en aide à ce petit, mais elle ne devait se dévoilée. Del avait vite détecté une source d’eau tout près d’ici, alors s’il devait l’attaquer, elle se dirigera vite vers cet endroit et elle sera en avantage.

-Je n’ai point peur de ces hommes, jeune homme. Et je serai dans leurs jambes tant qu’ils ne laisseront pas cet enfant tranquille.

Devant l’agitation du chef et la peur du petit, Del saisit la main du petit et se pencha pour le regarder droit dans les yeux.

-N’aie pas peur, personne ne te fera du mal désormais.

L’elfe fit volte-face au chef et tonna :

-Vous le traitez bien ? Est-ce bien ce que vous avez dis ? Alors mon cher monsieur, expliquez-moi pourquoi ce petit est nu pied et recouvert d’équimoses ? ! Vous osez dire qu’il est bien traité après la petite mise en scène que vous avez fais ? Laissez-moi en douté…

Lorsqu’elle entendit la phrase; Bon chien. Del eut un cri indigné. Cela devait se terminer maintenant.


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Erco Skaline
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Ven 9 Nov 2012 - 15:23
C'était pas possible dans quoi s'était-il encore fourré? En général dans ce genre de situation le gros bras explose sous la provocation, tabasse le gamin et cela se termine comme ça. Quelques bleus, un bras cassé, une épaule démise et la vie continue, mais là le gros bras n'explosa pas. Ce n'était donc pas un gros bas comme Grieg, l'homme a la barbe était futé, c'était inhabituel que les rusés soient dans la rue, enfin surtout qu'ils agissent à découvert....Etrange, ce gamin devait vraiment avoir quelque chose de cher pour qu'il se mouille un minimum, devant témoin en plus.

Hirlon réfléchissait du mieux qu'il pouvait. Pourquoi donc le truand était près a appelé les gardes? Sans doute car il n'était pas recherché, c'était clair, ou il bluffait. Enfin quoiqu'il en soit s'il était près à faire face à la milice pour ce gamin, et à prendre le risque d'être arrêté, c'était qu'il était vraiment important... Si la chose volée était si importante, une fois récupérée une seule chose était sur: le gamin sera abattu comme un chien. C'était compliqué.... Il ne pouvait pas combattre les quatre hommes, même aidé par Delaynna, ce serait un massacre. De plus l'homme à la barbe était futé, et si Hirlon ne connaissait pas aussi bien la ville, il se serait laissé prendre par ce rôle.

Il fallait agir, c'était un fait!

L'elfe s'agrippa au gamin alors que l'autre était en train de l'emmener de force. Ça allait chauffer d'ici peu, il en était sur...
Si l'homme a la barbe gardait son rôle c'était perdu personne ne viendrait les aider, s'il éclatait, peut-être que la milice interviendrait assez vite pour laisser Delaynna et le gosse s'enfuir. Hirlon n'avait pas peur de passer une nuit dans un cachot...Des fois on est mieux dedans que lâcher dans les baffonds d'une ville.

Ou, peut-être que cela pouvait marcher, ou du moins donner des informations à Hirlon sur les emmerdes qu'à ce gamin avait. Oui, il fallait essayer. Au pire il s'en prenait plein la figure, au mieux il s'en sortait et gagnait peut-être quelques choses. Il était impliqué de toute manière à présent, s'il voulait aider ce garçon qui lui ressemblait tellement, il devait agir.

Il agit.

L'homme à la barbe avait re-axé son regard sur Delaynna, il avait comme oublié Hirlon...Ce dernier se jeta en avant, il poussa si violemment le gamin que ses deux "gardiens" ne purent les retenir. Les deux jeunes roulèrent par terre. Le plus jeune cria. Hirlon se mit sur le dos avec l'autre sur lui, en une seconde un poignard apparut sur la gorge du gosse. L'ado souriait un peu, il avait le coeur qui battait à onze-mille tour, l'adrénaline plein la veine. Il murmura à son "otage":

-Calme toi, je t'aide là.


Les autres étaient comme surpris de cette soudaine attaque. Hirlon parla alors vite, il s'adressait surtout à l'homme à la barbe, espérant le prendre à son propre jeu:

-Dégage avec tes hommes, ou ce qu'il t'a volé jamais tu le retrouveras....Ce soir, vers la taverne du Mazarbul....T'as pas vraiment le choix si tu veux récupérer ton objet qui t'es si cher....

Il avait beau être en mauvaise posture: au sol, un gamin sur son ventre, des dizaines de témoins le voyant menacer un gosse d'un poignard... Si par malheur on retrouvait un enfant mort ce serait lui le coupable idéal. Il était désormais lier à ce gosse dont il ignorait tous, jusqu'à son nom. Il attendait nerveusement la réponse de l'homme à la barbe...
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Ryad Assad
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Ven 9 Nov 2012 - 21:58
Tout a failli bien se terminer, en fin de compte. Pourquoi a-t-il fallu qu'elle l'attrape ? Du courage ? De la folie, plutôt. Dans la tête du jeune garçon, des émotions contradictoires défilent, mais une question revient sans cesse : pourquoi ? Elle a eu cent fois l'occasion de passer son chemin, de ne pas se mêler de cette affaire, et pourtant il a fallu qu'elle le retienne à nouveau. Accrochée à sa main, elle le place dans une situation délicate. Le voilà désormais tiraillé entre un maître et un autre. Comment choisir ? Le premier, il lui doit tout, mais il semble terriblement en colère. La seconde, elle lui promet un avenir meilleur, mais comment savoir si elle dit la vérité ? Dans ses yeux, il parvient à lire ce qu'il voit comme de la sincérité...mais comment en être certain ?

Elle lui dit que personne ne lui fera plus de mal, mais c'est un mensonge. Tous les gens qui ont dit ça auparavant ont menti. Le Roi, qui avait dit que tout irait bien, ne s'est jamais occupé de lui acheter ne serait-ce qu'une paire de souliers. Les nobles qui se promènent dans les rues, en expliquant à qui veut l'entendre que les problèmes vont s'arranger n'ont jamais réussi à éradiquer la misère. Les belles paroles ne remplissent malheureusement pas l'estomac. Après tout, c'est l'homme à la barbe qui s'est révélé le plus sincère dans l'histoire. Il a dit qu'il fallait souffrir pour avoir à manger. Et l'enfant souffre atrocement, en cet instant. Il est tellement roué de coups qu'il n'a qu'une envie : s'allonger par terre, dans un endroit si possible sec à défaut d'être chaud, et dormir. Mais ces gens se battent pour lui. Pourquoi ? Il n'en vaut pas la peine.

L'homme à barbe se retourne vivement, et toise la jeune elfe. Il lui rend facilement une tête, et il est beaucoup plus large d'épaules. En outre, ses trois gorilles sont à côté de lui. En voyant qu'elle essaie de s'interposer, il les retient d'un geste. Il s'éclaircit la gorge, faussement peiné, et déclare à voix haute, assez fort pour que les passants qui étaient repartis à leurs affaires, et qui s'étaient à nouveau arrêtés dans l'attente d'une bagarre, puissent entendre :

- Vous voulez que je vous explique pourquoi il va nu-pieds ? Pourquoi il est couvert de bleus et pourquoi il est maigre comme un fifre ?

Bon orateur, il éclate d'un rire sonore qui captive son auditoire populaire. A n'en pas douter, cet homme a de l'éducation, et un grand savoir faire en matière de discours. Il reprend, brutalement calmé :

- Mais d'où venez-vous, ma chère ? Depuis quand n'avez-vous pas posé le pied dans une cité ? Regardez autour de vous ! De toutes parts, vous avez des pauvres qui errent, et qui cherchent leur pitance. Et ils la cherchent de deux manière, voyez-vous. Les premiers essaient de trouver un travail, et de gagner un salaire à la sueur de leur front. Et les autres, vous savez ce qu'ils font ? Ils volent les honnêtes gens qui, eux, se tuent à la tâche !

Il embrasse du regard la foule, qui hoche la tête, sensible à son réquisitoire digne d'un politicien :

- Je comprends que vous vouliez aider votre prochain, et en toute honnêteté, nous sommes pareils. Nous agissons dans l'intérêt des pauvres qui nécessitent de l'aide. Nous avons le même but. Mais allez soutenir un père de famille qui s'use pour nourrir sa famille, plutôt que de chercher à sauver un voleur doublé d'un fieffé menteur !

Le gosse baisse la tête, honteux. Comment nier, face à une si habile démonstration. Le fait est qu'il est un voleur, et à en juger par la réaction de la foule, ce simple qualificatif suffit à le rendre coupable de tous les crimes de la cité. Nul ne viendra l'aider, témoigner en sa faveur. Tout est terminé. Tout a été terminé dès l'instant où il est entré au service de cet homme, de toutes manières. Comment a-t-il pu espérer un jour gagner assez d'argent pour s'affranchir et vivre une vie normale ? Lui ? Le dernier des mécréants, à peine capable de tenir sur ses jambes frêles ? Même l'homme le plus désespéré au monde ne prend pas le risque de parier sur une personne aussi évidemment faible et fragile. Vaincu, ses épaules s'affaissent, tandis qu'il accepte l'évidence.

Brutalement, il sent une vive douleur dans la poitrine. Un coup. Il crie, et tombe au sol. Ses yeux fermés ne voient pas le corps qui se glisse habilement sous lui. Mais quand il les rouvre, il voit distinctement la lame d'un poignard se glisser sous son menton, prête à lui ouvrir la gorge. S'il bouge, il est mort. Nul besoin d'être érudit pour s'en douter. Alors, conscient qu'il vaut mieux ne pas provoquer le destin, il préfère demeurer aussi immobile que possible. Ce n'est pas chose aisée, car il a mal partout, et il préférerait se recroqueviller sur lui-même plutôt que de rester ainsi raide comme un piquet. Tous les regards sont interloqués, abasourdis. En particulier celui de l'homme à la barbe et de ses comparses, qui réfléchissent de toute évidence à un plan d'action.

A côté de l'oreille du garçon, une voix murmure qu'on est en train de l'aider. Il se demande qui. Dans sa situation, il est pris en tenaille entre un poignard sur sa gorge, un habile orateur un peu brutal, et une femme elfe étrange. Qui peut bien vouloir l'aider dans ce bas-monde ? Rendu otage par l'adolescent, il ne peut que se montrer digne, et attendre tranquillement que tout cela se termine, d'une manière ou d'une autre. N'est-ce pas le plus simple, dans ces conditions ? S'agiter, chercher à se débattre et à s'enfuir...cela a-t-il un véritable intérêt ? A part quand on est certain de gagner, bien entendu.

En quelques secondes, se joue alors un drame digne des meilleurs tragédies. L'adolescent, dans un sursaut d'orgueil, et en faisant preuve d'une audace peu commune, tente de prendre l'homme à la barbe à son propre piège, en lui donnant un rendez-vous mystérieux dans une taverne de la cité. Là, comme si la situation prenait une tournure particulièrement amusante, l'intéressé dévoile ses dents blanches dans un sourire de démon. Il s'apprête à répondre quelque chose de probablement très spirituel, quand un cri l'interrompt brutalement :

- Gardes !! Gardes !! Appelez la garde ! On se bat dans les rues !

Dans la seconde qui suit, c'est le chaos.

Les marchands tentent de retrouver leur étal, pour prétendre n'avoir rien vu, et ne pas être questionnés par les patrouilles qui circulent en ville. De leur côté, les passants essaient de s'éloigner le plus possible de l'endroit où vont apparaître les soldats...sans savoir d'où ils vont venir. Cela donne lieu à une belle pagaille, un mélange curieusement effrayant de bousculade contrôlée, de fuite ratée mais organisée, de repli illogique mais stratégique. Le gosse en profite, sentant que la prise sur lui se fait plus lâche. Il rue brutalement, écrasant involontairement l'estomac de son agresseur armé, et se retrouve debout sans vraiment comprendre, affolé et perdu. De nouveau, son instinct lui commande de fuir, et il obéit sans hésiter, convaincu que c'est la meilleure solution.

Dans la cohue, un poignard surgit avec une rapidité surnaturelle, et lui érafle le cou, avant de disparaître dans les replis d'un manteau sombre. Choqué, autant d'avoir été attaqué que d'avoir survécu, le gamin lève les yeux vers son nouvel agresseur, pour découvrir le visage fermé de Grig', visiblement contrarié d'avoir raté sa cible. Son attaque a été tellement furtive que personne ne semble l'avoir remarquée, ce qui l'arrange bien dans un sens, mais il aurait probablement préféré en finir une bonne fois pour toutes. Il tend sa main vers l'enfant, qui se dérobe maladroitement, et détale aussi vite que le lui permettent ses petites jambes. Sur la neige froide, ses pas laissent des empreintes clairement identifiables.

Jugeant préférable de battre en retraite, l'homme à barbe rappelle ses sbires, et s'éloigne hors de portée des armures argentées qui essaient de fendre la foule pour se rendre sur les lieux de l'incident. Sauver sa réputation, et ne pas se retrouver officiellement mêlé à tout ça, c'est le principal. Ses hommes et lui ont beau chercher trace dans les passants de la femme elfe et de l'adolescent blond, ils ne les voient pas. Sans doute ont-ils emprunté un autre chemin pour éviter les patrouilles. Les quatre hommes s'abritent dans une ruelle à l'écart, et soufflent un peu, le temps d'établir un nouveau plan :

- Monseigneur, que devons-nous faire ? Demande Grig' d'une voix teintée de crainte respectueuse.

L'intéressé passe une main dans sa barbe soigneusement taillée, tandis qu'il réfléchit :

- Nous devons trouver ce Chien avant qu'il ne puisse dire à qui que ce soit ce qu'il a vu, mais nous devons le faire de manière discrète. C'est le principal. Préserver les apparences est essentiel, et il serait plus facile de mettre en doute la parole de ce va-nu-pieds que de justifier l'usage de la force pour le faire taire, vous comprenez ?

Les trois hommes hochent la tête. De manière trop synchronisée et trop martiale pour qu'il puisse ne s'agir que de simples gardes du corps. Le seigneur reprend :

- Vous voulez trouver ce Chien ? Pensez comme un chien. Il cherchera forcément un abri, un endroit peu fréquenté, où il pourra trouver de la chaleur et éventuellement de la nourriture. Il est aussi isolé qu'on peut l'être dans cette ville, donc il ne pourra compter sur personne. Vous le trouvez, et vous me le ramenez. Je veux le voir périr...

Grig' opine du chef, comme ses compagnons, mais se permet une question :

- Et que fait-on si quelqu'un nous fait obstacle ?

Le sourire du noble revient :

- Tu fais référence à une certaine elfe et à un certain adolescent ? Tu les laisses tranquilles s'ils t'ennuient. Garde ton arme au fourreau. Mais s'ils mettent la main sur le gosse avant nous...considérez qu'ils en savent autant que lui. Débarrassez-vous d'eux de la façon dont il vous plaira, et essayez d'être inventifs. J'aime les histoires originales, le soir. C'est compris ? Exécution !

Les hommes se mettent au garde-à-vous, se retiennent de saluer, et rompent les rangs avant de partir dans des directions différentes. Seul, l'homme à la barbe fronce ses sourcils fins. Il feint la décontraction, mais cela n'augure rien de bon. Il lui faut absolument mettre la main sur ce gosse misérable, et le faire taire d'une manière ou d'une autre. Le risque est trop grand, et le simple fait de penser aux implications que pourrait entraîner la révélation de ce petit secret le glace de terreur. Après s'être assuré que personne ne le regarde, il sort de sous sa veste une dague affûtée, froide comme la mort elle-même. Il déteste se salir les mains, plutôt adepte de la délégation. Pourtant cette fois, il ne peut pas. Il doit participer lui-même à réparer son erreur. Il sait très bien qu'il n'a pas le choix. On ne lui donne pas le choix.

Furieux, il range sa lame dans son étuis, et rabat le pan de son manteau par-dessus. Soit. Que la chasse commence !


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Delaynna
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Sam 10 Nov 2012 - 2:53
L'elfe ne bougea plus d'un poil lorsqu'elle aperçut l'adolescent saisir l'enfant. Bon plan, ainsi je pourrai le guérir songa-t-elle. Ce jeune garçon avait besoin d'elle. Tout comme Daeron. Elle n'avait pu l'aider. Elle avait supplié son frère de ne pas partir et il ne l'avait pas écouté. Maintenant, Daeron se retrouvait sans père et sans mère. Bien qu'Élianne eut décidée de prendre en charge son neveu et qu'ils sont partis vers d'autre rive, plus jamais Del ne reviverait cette scène d'adieu qu'elle avait eut à subir lors du départ de Daeron et d'Élianne.

La nuit avait soumis sa place au jour. La neige continuait de tomber. L'elfe leva les yeux vers le ciel étoilé et remarqua que la pleine lune s'était installé. Elle baissa les yeux et remarqua que son bras s'était illuminé, comme à chaque fois que la lune se montrait pleine. À chaque nuit, elle revivait la douleur que les triplés avaient subie lors de la mort de Mathias. La nuit filante s'étendit sur son avant-bras au complet. La jeune femme cachait son bras sous sa cape de voyage. Elle secoua la tête et s'approcha d'un pas déterminé vers les deux garçons. Alors qu'elle s'apprêtait à poser sa main sur l'épaule du petit pour l'aider à se relever, elle retira son geste et regarda l'homme à barbe. Elle referma ces poings et sera jusqu'à ce que ces jointures deviennent pâles.

Autour d'eux, se formait à nouveau la foule des habitants qui avaient assisté au spectacle que l'homme à barbe avait donné en martyrisant le petit. Elle posa à nouveau son regard sur le chef et leva le menton. Ses mains se desserrèrent petit par petit. Elle examina un à un ceux les gens qui formaient la foule autour d'eux. Marchand, garçons d'écurie, femme, etc. Personne sauf elle et le jeune adolescent étaient venus en aide au petit garçon et ils donnaient leur appuie à l'homme à barbe et il semblait y prendre goût.

-D'où je viens, les enfants portent des chaussures à leurs pieds et les hommes comme vous, ne s'acharnent pas sur un petit garçon pour prouver leur valeur.

Elle pris une bonne inspiration et resta de marbre. L'homme à la barbe ne lui faisait point peur, malgré la carrure que lui et ces acolytes avaient. Elle arqua un sourcil et afficha un sourire moqueur.

-Et ils n'étendent point leur richesse avec l'argent qu'ils volent aux enfants.

Elle repris par la suite un sérieux olympien. Les paroles que lui infligait l'homme à barbe ne faisaient qu'augmenté la foule qui l'approuvait.

-Si facile de mettre la faute à un enfant, vous semblez avoir peur de quelque chose mon ami, n'aie-je point raison ?

Le sourire démon que l'homme à barbe affichait, la dégoûta. C'est alors que le chaos se produisit. La foule devint en délire et tous tentèrent de s'enfuir, les jambes à leur cou. Layna fut bousculée par plusieurs d'entre eux et chercha du regard les deux adolescents. Elle aperçut au loin le petit qui fuyait en courant et disparut dans l'ombre d'un tunnel de pierre. Les traces de pas qu'il faisait à chaque fois dans la neige se dissimulèrent sous ceux de la foule apeurée. Delaynna courut dans tous les sens pour retrouver l'adolescent et le retrouva tant bien que mal par terre. Elle l'aida à se relever et l'agrippa par la main et se cacha tapis dans l'ombre à l'intérieur d'un tunnel. Elle cacha à nouveau sous sa cape la nuit d'étoile filante sur son avant-bras pour ne pas être repérer. D'où ils se trouvaient, ils pouvaient bien voir la scène entre l'homme à la barbe et ces sbires. Elle ordonna au jeune garçon de se taire et écouta attentivement ce qui se tramait.

Le petit semblait être très important. Mais pourquoi ? C'est lorsqu'elle vue l'homme à la barbe sortir une dague de sous sa veste. Ce n'est que lorsqu'il fut loin que Del sortie de sa cachette suivie de l'adolescent. Elle le regarda très sérieuse.

-Écoute-moi bien petit. Il faut absolument que l'on retrouve ce garçon. J'ignore pourquoi ces hommes veulent le tuer, mais si nous le trouvons avant eux, nous aurons l'avantage. Il faudra nous cacher par la suite, dis-moi connais-tu un endroit fiable pour cela ? Je sais qu'il y a une fontaine près d'ici, ne pose pas de question et fais-moi confiance.

Elle savait bien que son avant-bras éveillait beaucoup de questions. Mais elle ne voulait pas que les autres trouvent le petit avant eux. Alors, ils devaient faire vite.

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Erco Skaline
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Sam 10 Nov 2012 - 8:53
La milice, des incapables du point de vue de Hirlon. Ils apparaissent toujours en retard, au moment le moins opportun, celui qui arrange personne et foutent la merde ainsi. Ça doit être un véritable art de toujours arriver deux temps après les autres... Là comme à leur habitude, au moment ou l'homme à la barbe allait ouvrir la bouche, ils furent annoncé par un citoyen. Là une tempête humaine s'engage: fuir, se cacher, retourner à ses petites affaires.

Hirlon jura en sentant le gosse brouiller son estomac de son coude, il dut lâcher prise. Il le sentit d'enfuir, et le vit se faufiler entre les passants. L'ado essaya de le suivre, mais la douleur l'empêcha de se révélé assez rapidement. Il se retrouva assis se tenant l'estomac. Au moment ou il vit une armure étincelante de pointé à l'horizon, il sentit une main douce se refermé sur lui et le soulever. C'était Delaynna. Il lui fit un geste de la tête en guise de remerciement. Ils coururent les deux pour quitter la ruelle devenue peu accueillante.

Le jeune homme maudissait toujours la milice. L'homme à la barbe allait répondre, il allait enfin peut-être quitter son rôle. Enfin. Mais non, ils étaient arrivés et avaient détruis le petit plan d'Hirlon. A présent lui et l'elfe devaient vraiment retrouver le gamin, c'était clair que si ces truands le retrouvent avant eux, le gosse risquait vraiment gros. Ça allait barder dans ce dernier cas....

Delaynna l'entrainé dans une cachette sous un tunnel. Personnellement, Hirlon n'aurait jamais été ici, mais elle ne connaissait pas aussi bien les rues que lui, et au final toute cachette se valait dans ce genre de moment. Il n'en dit donc rien.

Devant les nombreuses interrogations de l'elfe, l'ado en répondit à quelques unes, ou du moins tenta en dépoussiérant ses habits:

-Pourquoi? Vous êtes sérieuse?....C'est logique non? Soit ce gamin a réellement volé un truc qui est très important à ces hommes....Soit c'est un mensonge, dans ce cas tous ce qu'ils veulent c'est récupéré le gamin...Et ça présage un gros merdier....Les gosses on s'en fiche ici. Ceux de la rue bosse pour des "chefs", des racketteurs en gros, et ils n'ont pas de réel importance sauf quand ils volent un truc de précieux, ou qu'ils voient une chose compromettante...Et en général cela se finit par la mort de toute façon....Comme exemple ou pour faire taire, cela revient à utiliser la même méthode...

Il se tut. Il avait expliqué tous cela d'un trait. C'était affreux comme procédure, mais c'était la réalité. Une jungle urbaine avec des nobles et des bourgeois qui la regardent en souriant. Ça le dégoutait. La milice, elle, était un là pour figurer. Du n'importe quoi. Hirlon était belle et bien révolté . Il omit de dire que c'était bizarre de la tournure que prenait cette situation. En général les hommes de main n'étaient pas aussi futé, ils chargeaient, tuaient et disparaissaient. Il n'y avait jamais de témoin de toute manière, que des lâches dans cette ville...Là c'était différent, il y avait une tête pensante, et elle ne sortait jamais en temps général....Hirlon réfléchissait à ça en boucle. Pourquoi?

Il finit de répondre aux questions de Delaynna:

-En sécurité, avec ces hommes là? Y en a pas vraiment....Les cachots peut-être...

Il rit un bref instant. La blague était la pour détendre l'atmosphère, ou peut-être n'avait pas résisté à son amour pour l'ironie. Il continua:

-Ouais, non.....La taverne du Mazarbul on y serait éventuellement en sécurité....Elle appartient à ce qui parait à des assassins, donc là bah les gens se tiennent à carreau et la milice n'y va jamais, à moins qu'un noble ne fasse vraiment pression. Voyez le genre? Sinon j'ai des amis qui peuvent peut-être nous faire sortir...Je veux dire par d'autre voie que la grande porte....Mais dans cette cité, on est difficilement en sécurité face à ces hommes....Peut-être le conteur enfait...Il m'a toujours aidé plus jeune...C'est un chic type on pourrait aller le voir...

Hirlon ne fit aucune référence à la fontaine. D'abord il ne comprenait pas, et n'avait peut-être pas envie de comprendre. Pour lui les elfes c'étaient des être magiques, doué de pouvoir. Il se trompait sans doute sur une grande partie de ce qu'il croyait savoir, mais il s'en fichait. C'était comme vouloir garder un rêve d'enfant intacte. Le protéger et le garder pour soi, pour rester un enfant le plus longtemps possible.... Il sourit et annonça simplement:

-Ha oui moi c'est Hirlon....Et on devrait se mettre en route pour essayer de le retrouver....La cathédrale est un endroit ou les gosses des rues vont souvent pour se réchauffer. Les moines sont sympa...Enfin j'ai cru apercevoir des trace de sangs sur la neige....Mais je suis pas sur que c'est au gosse...

Les traces ne sang risquaient de mener nul part avec toutes la circulation. En plus si c'était vraiment le sang du gamin, cela voulait dire que l'homme à Barbe veut sa mort...Et qu'il n'y avait aucun objet. Un mensonge? Pourquoi inventer un tel mensonge pour tuer un simple gamin? Il suffit de payer un tireur, et bam un carreau au milieu du torse....C'était vraiment étrange comme histoire, vraiment....
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Ryad Assad
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Sam 10 Nov 2012 - 20:03
L'esprit du jeune garçon tourne à un millier de kilomètres à l'heure, mais il a l'impression que rien de concret ne ressort de ses réflexions. Il interrompt sa course folle, le souffle court, son cœur tambourinant dans sa poitrine. Il a la gorge brûlante, et il a cruellement besoin d'air. La bouche grande ouverte, il inspire bruyamment et douloureusement, une main plaquée contre son torse frêle. Il met quelques instants à retrouver son calme, ou tout du moins à se remettre dans une condition propice à la réflexion. Jamais il n'a eu aussi peur de sa vie, et jamais il n'est passé aussi près de la mort. Tant qu'il y pense, il passe une main hésitante sur son cou, et lâche un "aïe" misérable quand ses doigts engourdis se posent sur la coupure nette. On a vraiment essayé de le tuer. Vraiment.

Quelque peu ragaillardi, bien qu'avec la chute de son adrénaline il sente davantage le froid qui s'infiltre par ses pieds nus, il en profite pour regarder autour de lui. Ce quartier, il le connaît bien, c'est celui qui se trouve non loin de la cathédrale de Minas Tirith. C'est peut-être le seul endroit qu'il considère comme relativement sûr, dans les parages. Et pourtant, il n'y a pas si longtemps que des bandits se sont infiltrés à l'intérieur, pour y dérober un trésor. Mais cela ne le concerne pas. Il sait simplement que les moines qui s'y trouvent laissent souvent du pain à l'intention des gosses des rues. Le gamin coince ses doigts rendus insensibles par la chute des températures sous ses mains, et trotte en direction de cet édifice imposant. Il ne croise personne en route, les gens ayant fait en sorte de rentrer avant que la nuit ne tombe. Tant mieux, cela lui évitera d'être vu en train de rôder dans les parages.

Il contourne l'entrée principale, et débouche dans une ruelle très peu fréquentée. L'air de rien, il s'y engouffre, et fait quelques pas dans le noir. La ruelle n'est guère éclairée, et à l'ombre de la cathédrale, la lune et les étoiles ne projettent pas leur lumière. Cependant, il ne fait pas encore assez sombre pour qu'il ne remarque pas les deux silhouettes occupées à fouiner derrière des cageots de bois. S'arrêtant net en entendant du bruit, elles se retournent d'un bloc, l'air menaçant. Le gamin se ramasse demeure figé. Une voix retentit dans l'obscurité :

- Dégage. C'est à nous.

L'enfant n'en fait rien, et attend tout simplement l'inévitable. Avec un grognement, les deux autres gosses des rues se lèvent, et fondent sur leur proie. Le premier, esseulé, se ramasse sur lui-même, et leur fonce dans les jambes. Il parvient à faire tomber ses deux assaillants, qu'il roue de coups maladroits. Ils se saisissent de lui, et le renversent sur le dos, avant de plonger pour reprendre la lutte. A coups de pied et de poing donnés au hasard, le gosse les tient en respect, avant de se remettre à quatre pattes, et de sauter à la gorge de son rival. Il le griffe sauvagement à la joue, et lui mord le bras. Un cri sourd retentit, suivi par un juron sonore. Les deux gosses se désengagent, et battent précipitamment en retraite, avant qu'on ne les démasque. A cette heure-ci, les patrouilles n'aiment guère les cris et les bagarres.

L'enfant crache un morceau de tissu qu'il a arraché à la tunique de son adversaire, et se dirige d'un pas peu assuré vers l'endroit où ils se trouvaient. Il met sa main dans un panier d'osier, et tâtonne au fond pour y trouver son repas du soir. L'équivalent de trois bouchées de pain. Et même en regardant bien, il ne trouve rien de plus. Résigné, il croque un premier tiers, et le mâche longuement, tout en prenant la direction de l'extérieur de la ruelle. Il prend à gauche, et avise un bâtiment abandonné. C'était peut-être une maison, ou bien un magasin qui a fermé. Il s'en fiche. Il se hisse difficilement jusqu'à la fenêtre du premier étage, barrée par des planches en bois grossièrement fixées, et entreprend de les déloger à coups de pied. Il lui faut à la fois se montrer discret et rapide, sans quoi quelqu'un pourrait le repérer. Et accessoirement, il faut faire attention à ne pas faire une chute. D'aussi haut, ça ne pardonnerait pas.

A la quatrième estocade, une des planches finit par céder. Le gringalet se glisse par l'interstice produit, et pénètre dans le bâtiment plongé dans l'obscurité. Il tend l'oreille, peu désireux de déranger un occupant qui s'empresserait de le renvoyer à la rue, et lorsqu'il s'estime satisfait, il commence à chercher une cachette. Un endroit suffisamment éloigné des murs pour qu'il soit relativement à l'abri du froid, et suffisamment en retrait pour qu'on ne le découvre pas facilement. Dans la pièce entièrement vide de meubles, il trouve son bonheur en s'installant le long d'une cloison, à l'intérieur d'une vaste cheminée de marbre. Il s'y installe tant bien que mal, sans se soucier de la suie qui tâche ses vêtements usés. Il engloutit un deuxième tiers de son repas, puis pose le reste dans un coin qu'il prend soin de nettoyer avant.

Une fois fait, il s'installe pour dormir, vaincu par la fatigue. Mais pourtant, le sommeil refuse de venir le prendre immédiatement, le laissant se débattre avec ses idées noires. Couché en chien de fusil, il rumine les évènements de la journée, cherchant à comprendre le sens qu'il peut leur donner. De nombreuses personnes semblent lui en vouloir, se disputer son service, et il n'a aucune idée du pourquoi. Et puis qui sont ces gens qui sont sortis de la foule pour l'aider ? Bien entendu qu'il a voulu de l'aide, et qu'il a voulu qu'on le défende. Mais pourquoi ont-ils mis leur vie en danger pour lui ? Des dizaines et des centaines de personnes détournent les yeux lorsqu'en essayant de chaparder quelque chose, il est pris sur le fait. Jamais, pas une seule fois il n'a reçu de l'aide. Alors pourquoi aujourd'hui ?

Dans ses souvenirs, il revoit la femme elfe se dresser courageusement face à l'homme à la barbe et à ses sbires. Elle a pourtant l'air si fragile. Comment peut-elle lui parler ainsi sans craindre pour sa vie ? Le gamin frémit, en pensant à ce qu'on lui a déjà fait subir, alors qu'il n'a jamais osé contester les ordres. Mais elle, en parlant ainsi...Elle s'expose à bien pire. Et cet adolescent aux cheveux blonds n'est pas en reste. S'il avait été au bout de son geste, et qu'il avait tranché la gorge du garçon, il se serait probablement fait arrêter par la garde. Alors pourquoi l'a-t-il fait ?

L'enfant se retourne dans son demi-sommeil : que peut-il détenir qui vaille que chacun risque sa vie pour lui ? Sur ces sombres pensées, il s'endort brutalement. Comme si son esprit refusait de lui donner la réponse.


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Delaynna
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Sam 10 Nov 2012 - 22:20
Delaynna compris vite. Le petit se serait rendu à la cathédrale. Il n'y avait aucun doute pour cela. Elle savait bien que les jeunes orphelins allaient se réfugier à cet endroit c'était pourtant clair. Mais l'homme à barbe devait sans doute savoir cela, alors ils devaient faire vite. Mais avant tout, l'elfe devait s'assurer qu'ils suivaient la bonne voix.

-Non, je ne crois pas que le petit se soit enfuis vers cette taverne Hirlon. J'opte plutôt pour la cathédrale. Mais avant tout, suis-moi vers la fontaine la plus près et fais-moi confiance.

Elle lui tendit la main pour qu'il la serra.

-Je m'appel Layna et si tu veux bien me suivre, nous allons nous rendre vers cette fontaine.

Leur échange fut bref. Del se retourna et prit le chemin opposé que l'homme à barbe avait emprunté. Elle s'enfonça dans un tunnel qui n'était point éclairé. Elle sortie son bras et grâce à la pluie d'étoile filante, elle pouvait éclairé le chemin.

-Aide-moi Mathias, murmura-t-elle à elle-même.

Au bout du tunnel, elle pu voir la fontaine. Elle partie à la course pour sortir. Cela avait mené à un cul de sac. Mais la fontaine était bien là. Le silence du peuple et la neige enveloppaient les lieux. Layna prit une bonne bouffée d'air et s'approcha lentement vers la source d'eau. Grâce à cet élément crucial, elle pourrait savoir où se trouve le petit.
La fontaine était un très grand bassin couvert fait de marbre. Seul le bruit de la fontaine envahissait le silence. Delaynna s'avança et posa ces mains sur le rebord et plongea son regard à l'eau. Par la suite, elle regarda sa pluie d'étoile filante. L'elfe pris une seconde bouffée d'air et regarda Hirlon et lui sourit. Ce sourire exprimait tout la confiance que l'adolescent pouvait avoir en elle. Del ne lui voulait aucun mal et elle ne voulait aucun mal au jeune garçon qu'ils cherchaient. Elle désirait seulement l'aidé.

L'elfe replongea son regard sur la nappe d'eau. Cela exigeait une grande concentration de sa part. Au court des derniers siècles, elle avait trouvé un moyen pour mieux canalisé son énergie. Des voix, des éclats de rire refaisaient surface dans l'esprit de l'elfe.

-Allez Del! disait la voix de Mathias.

-T'es pas drôle soeurette! Je vais le dire à papa! disait celle d'Élianne.

-J'ai confiance en toi ma jolie rose sans épine, disait celle d'Iselas.

Delaynna rouvrit les yeux et fixa toujours la nappe d'eau.

Perdue dans les ténèbres, espérant un signe...

D'où elle se trouvait, l'elfe ne pouvait voir que très peu de chose. Mais l'eau était devenue encore plus sombre. On aurait dit une image que l'eau voulait représenter.

Mais il n'y a que le silence
Peux-tu entendre mes cris ?

Une forme très pâle apparut sur la nappe sombre. On aurait dit le petit qu'ils cherchaient. Mais plus l'image devenait clair et plus on pouvait voir que c'était bien lui.

Ne cesse d'espérer,
J'ai besoin de savoir où tu es,
Mais une chose est sûre,
Je ne te veux aucun mal,
Quel que soit le sacrifice, j'ai besoin de savoir.


C'est alors que l'image devint beaucoup plus clair. Elle voyait tout. Ce que le petit avait traversé après qu'il est disparut dans l'ombre. Elle l'aperçut en train de se baguarer avec d'autre jeune enfant.

Je te trouverai quelque part,
Je continuerai d'essayer,
J'ai juste besoin de savoir ce qui est arrivé,
La Vérité libèrera ton âme.


Elle le vit alors entré dans la cathédrale et prendre le petit morceau de pain qui allait être le seul repas qu'il eut aujourd'hui. Par la suite, elle le vit quitté la cathédrale et se réfugier dans ce qui semblait être une maison abandonnée ou un magasin fermé. Elle le vit s'allongé et essayer du mieux qu'il pouvait de dormir paissiblement...

Où que tu sois, je n'arrêterai pas de chercher,
Quelque soit le sacrifice, j'ai besoin de savoir.

L'image disparut et l'eau redevint aussi calme qu'elle l'était avant qu'ils arrivent. Delaynna leva la tête et eut un hoquet de surprise. Elle tourna la tête vers Hirlon.
-Je sais où il est!
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Erco Skaline
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Mar 13 Nov 2012 - 15:42
Hirlon ne comprenait pas tous ce que disait Layna. De l'eau, quoi de l'eau? Sans doute un truc d'elfe pensa-t-il. Pourtant il sentait qu'il devait lui faire confiance, un truc qu'il ne comprenait au final. Jamais il n'avait réellement accordé sa confiance à quelqu'un, encore moins une femme, mais là c'était différent...Peut-être parce que Delaynna s'était interposé pour sauver un gosse des rues. C'était sans doute cela. Cette simple action, mais tellement noble, donnait envie à Hirlon d'avoir confiance en cette femme. C'était pour cela qu'il était aussi intervenu, pour l'aider dans la noblesse de son geste.

Il la suivit donc, quelques mètres derrières elle, sans rien dire. Il n'osait pas parler de peur de casser le "pouvoir" de Delaynna. Il s'imaginait qu'elle trouverait l'endroit grâce à une vision, ou qu'elle ferait apparaître le gamin devant eux d'un claquement des doigts. Elle était une elfe après tous, et elle devait avoir de grand pouvoir. Bien sur c'était juste l'idée que se faisait Hirlon, une idée qui était née lorsqu'il était encore gamin, et elle ne l'avait jamais quitté depuis. Même s'il avait croisé pas mal de longues oreilles durant sa vie de vagabonds entre les murs de la Cité Blanche, il les voyait toujours comme des êtres remplis de magie.

L'ado l'observa faire son tour de magie devant la fontaine. Il ne comprenait toujours pas plus au procédé, mais il en resta figé. Attentif au moindre mouvement. Il se sentit inutile à un moment et se rapprocha, espérant pouvoir aider. Il fut un peu déçu car elle ne lui dit rien toujours plongé dans ses songes.

Soudain, elle se retourna et dit simplement qu'elle savait ou il était. Sans le moindre mot en plus, cela n'aidait pas beaucoup Hirlon. Il lui emboita le pas avec détermination, et demanda:

-Il est ou donc? A la cathédrale ou ailleurs?

Il se tut attendant une réponse, mais la curiosité prit le dessus rapidement. Il ajouta avec un peu de gène:

-Mais vous faisiez quoi ici?...Juste boire de l'eau?

Un sourire espiègle apparut sur son visage avec sa dernière phrase. L'ironie, il aimait ça. C'était toujours plus simple de voir la vie par l'ironie. Il ne put s'empêcher de dire sombrement:

-Vous savez, l'homme à la barbe le retrouvera sans doute avant nous....Il doit connaître pas mal de monde, il a l'air futé. En plus Grieg est un vieux de la vielle, il agit depuis avant ma naissance dans ces ruelles, il connait tellement de monde, et il est surtout respecté,....enfin craint. S'il demande on lui répond....En plus la cathédrale est toujours plein de gosse, si certains aperçoivent le notre, et que Grieg fait courir une récompense, il l'aura en moins de deux. Faut vite y aller Madame..., Très vite.

Hrp désolé du poste qui ne vous fait pas beaucoup avancé, mais j'ai peu d'inspiration et de temps :P donc voilà Hrp
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Ryad Assad
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Mer 14 Nov 2012 - 17:40
Avec la nuit noire qui referme son étreinte sur la cité majestueuse du Gondor, vient une neige fine qui se met à tomber du ciel de manière éparse. Pas de quoi gêner la progression de la silhouette encapuchonnée qui avance, déterminée, à travers les rues. Son pas est vif, alerte, et nul doute qu'il ne fait aucun effort pour maintenir le rythme infernal auquel il progresse. Difficile d'imaginer combien de temps il peut tenir la cadence. Il évite soigneusement les rares personnes à se trouver là dehors : les ivrognes et les gardes, pour la plupart, mais son chemin décrit globalement une ligne droite. Il s'arrête à une intersection, jette un coup d'œil aux alentours, pour s'assurer que personne ne le suit ni ne le devance, puis lève la tête.

Devant lui, sombre comme une tour d'obsidienne, la cathédrale de Minas Tirith se dresse. Impossible de la manquer. Un sourire fin étire ses lèvres, avant de disparaître aussitôt. Confiant, il se remet en marche. Son souffle régulier produit des nuages de vapeur qui rendent sa silhouette effrayante. De loin, on pourrait croire à un monstre des contes pour enfant, venu les dévorer à la nuit tombée. Et le portrait que les quidam qui le voient passer au loin n'est pas si loin de la vérité, après tout. Brutalement, il se tapit dans l'ombre d'un mur. La seconde d'après, des bruits parfaitement identifiables se font entendre : bottes ferrées, cliquetis de métal, crépitement d'une torche... La garde de la cité. Les hommes, au nombre de quatre, ont l'air gelé. Ils doivent probablement attendre la fin de leur service pour aller dormir bien au chaud. Leurs yeux fatigués sont un avantage considérable pour la silhouette dissimulée, qui demeure à l'abri, camouflée par l'obscurité. Quelques secondes plus tard, les gardes sont partis. L'homme respire normalement, et reprend sa route, redoublant de prudence.

Il arrive enfin devant l'imposant édifice sombre, qui le domine totalement de sa hauteur vertigineuse. L'homme examine les yeux brièvement, cherchant de toute évidence quelque chose. Il fait claquer sa langue, et fait quelques pas en avant, tout en prenant garde de ne pas être suivi. Cependant, il n'y a aucun risque. Un silence absolu règne dans le quartier, et il ne semble pas qu'il y ait qui que ce soit d'autre dehors à cette heure-ci de la nuit. Les gens sont rentrés précipitamment, cherchant à échapper au froid inhabituel en cette saison. L'homme grommelle, puis tourne à l'angle d'une ruelle où il règne une obscurité quasi-totale. Il descend sur un genou, et examine attentivement le sol. Il retire son gant droit, révélant une main parcourue de petites cicatrices, et laisse ses doigts courir la neige, sur les traces qui y sont demeuré figées. Il les effleure avec une sorte de délicatesse, comme la caresse du vent sur la plaine. Il demeure un instant ainsi, avant de se relever tranquillement. Il repasse son gant, et s'en retourne à la rue éclairée par les astres.

Sur son visage, un sourire inquiétant a fait son apparition. Un sourire de satisfaction annonciateur de choses terribles. Il flatte nonchalamment un objet accroché à sa hanche, et dissimulé par son épais manteau, avant de regarder autour de lui, à la recherche d'indices. Dans la nuit noire, seul au milieu de la rue faisant face à la cathédrale, un murmure s'échappe de ses lèvres :

- Je suis tout près, gentil chien...


- - - -


A l'inverse de ses hommes, Grig est un vieux de la vieille, habitué de ces rues. S'il ne sert cet homme barbu que depuis quelques années à peine, les bas-quartiers de la ville sont son territoire depuis une bonne vingtaine d'hivers. Il n'y est pas forcément connu en personne, mais beaucoup connaissent sa réputation, et ses méthodes expéditives. Il ne fait pas dans le détail, et se donne toujours les moyens d'obtenir ce qu'il veut. Et pourquoi la garde n'a jamais mis la main sur lui ? Pour deux raisons : la plupart des hommes avec qui il a eu un différend sont morts ou incapables de parler, à moins qu'ils ne préfèrent se taire pour éviter de subir le même sort. La seconde raison est que les agents qui ont été envoyés pour enquêter sur lui n'ont plus jamais donné signe de vie.

Dans les rues, Grig n'est pas un criminel notoire, et personne ne sait exactement pour qui ou pour quoi il travaille. Parfois même, on n'entend plus parler de lui pendant quelques mois, avant qu'il ne revienne subitement poser des questions, et exiger des réponses. Beaucoup ont fait des suppositions quant à ses origines. Tous s'accordent à dire qu'un jour où l'autre, il a travaillé dans l'armée, bien qu'il soit impossible de dire laquelle. Il a la gestuelle d'un soldat, et une expérience redoutable en matière de combat. Il semble être capable de se défendre à mains nues, avec toutes sortes d'armes, et il semble avoir une connaissance particulièrement précise des techniques de torture. On lui donne un peu plus de cinquante ans, bien qu'il soit difficile de le croire, tant son corps semble vif et alerte. Il apparait capable de briser le cou de n'importe quel trentenaire de l'armée gondorienne, et nul doute qu'il y parviendrait sans avoir à tâcher ses vêtements.

Installé tranquillement sur une caisse de bois, Grig semble paisible, mais ce n'est qu'une apparence trompeuse, chez lui. En face de ses yeux durs, se tient un gamin des rues tiré de son sommeil. Tremblant de peur, il se tient debout ne sachant que faire de ses mains qui s'agitent furieusement. L'homme en face de lui l'a arraché à la caisse de bois qu'il occupait, a saccagé son abri de fortune d'un coup de pied, avant de l'emmener dans un coin tranquille pour "discuter". Le gosse tente de retenir ses larmes, qui ne feraient qu'aggraver son cas. L'adulte le dévisage des pieds à la tête, s'arrêtant sur les marques sanglantes sur sa joue. Il fait signe d'approcher, et le petit fait quelques pas, terrifié à l'idée de se retrouver à portée de main d'un tel homme.

- D'où viennent ces marques ?

Le gosse est parcouru d'un frisson d'effroi en entendant la voix puissante de son interlocuteur. Il répond :

- Un...un autre gamin, m'sieur. Il était près...dans la ruelle près d'la cathédrale. Il nous a attaqué, et m'a donné un...une griffure. M'sieur.

Il s'est empêché d'ajouter ce dernier mot, en voyant le regard de Grig se durcir. Pourtant, l'homme ne semble pas s'en être aperçu, perdu dans ses pensées. Le gosse pense s'en être sorti, et se détend quelque peu, quand la main de l'ancien soldat se tend à une vitesse effroyable. Elle se rabat sur sa nuque, se referme sur lui telles les griffes d'un prédateur, et le force à approcher davantage. Il retient à grand peine une supplique. L'homme parle :

- Ce gamin, qui vous a attaqué...Tu sais où il est ?

- Non...J'vous jure que non, m'sieur. Mais mon pote il doit savoir, lui. Il s'est pas enfui tout de suite...Il...Il dort en général dans le coin de la cathédrale, dans une cave abandonnée. Vous...vous la trouverez facilement, la maison a des volets avec des dessins...C'est la seule de la rue qui est comme ça.

Grig hoche la tête pesamment, avant de se lever. Le gosse prend peur, convaincu que sa dernière heure est arrivée. Ses yeux embués de larmes suivent la trajectoire de la main libre du géant, qui plonge dans une poche de sa veste chaude. Probablement à la recherche du poignard argenté qui va lui trancher la gorge promptement. Il se contente de fermer les yeux très forts, et de prier pour que cela ne soit pas douloureux. Avant de comprendre, il sent un objet lourd dans sa main, et la poigne de l'homme se relâcher sur son cou, non sans y laisser une trace qui mettra plusieurs jours à disparaître. Le gosse relève ses paupières, et baisse la tête vers le présent qu'on vient de lui faire. Les larmes qu'il avait jusqu'alors retenues coulent sans qu'il s'en rende compte sur ses joues.

Une pâtisserie ! Une vraie pâtisserie ! Il la regarde pendant un bref instant, ne sachant pas s'il peut se permettre de la manger, ou si l'homme préfère qu'il demeure ainsi à la contempler. Devant son hésitation, Grig déclare :

- Mange, et ne parle de cette conversation à personne. Maintenant, laisse-moi.

Le gosse hoche la tête vivement pour montrer qu'il a compris. Et en se fendant d'un "merci m'sieur", il quitte prestement la ruelle en faisant bien attention à ne pas se retourner. Les sourcils de l'homme se froncent tandis qu'il observe la silhouette qui disparaît à l'horizon.

"Merci ?" pense-t-il. "Il me remercie de le laisser vivre dans cet enfer ? Il est encore plus crétin que je le croyais."

Avec un sourire amusé, il prend la direction de la cathédrale de Minas Tirith. Désormais, il n'a plus qu'une personne à aller voir, avant de pouvoir mettre la main sur le Chien. Selon toute vraisemblance, ils l'auront trouvé avant le lever du jour. Oui. Qu'est-ce qui peut bien venir les en empêcher ?


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Delaynna
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Mer 14 Nov 2012 - 18:37
La jeune femme prit l’adolescent par les épaules et retourna dans le tunnel sombre. Son avant-bras les éclairait toujours.

-Il est près de la cathédrale. Dans une maison abandonnée ou un magasin fermé. Il s’y est caché pour y passer la nuit. Est-ce que tu sais où cela pourrait bien se trouver ?

Lorsqu’elle regardait dans l’œil de l’eau, l’elfe avait souvent d’affreux mal de tête. Elle ferma les yeux et se massa le front et commençait à avoir de profond vertige.

-Je… je ne me sens pas bien…

Elle essaya d’ouvrir les yeux et voyait double.

-Je crois qu’il faudra que tu y ailles seul le cherché. Hirlon j’ai confiance en toi. Ramène-le ici et après je l’amènerai loin d’ici. Si tu désires, tu pourras m’accompagné. Mais je t’en pris, fais-le, sinon il mourra.

D’un coup, elle sentie ces membres tremblés. Elle leva sa main tremblante et sauta tant bien que mal, la boucle de sa cape. Elle la passa autours des épaules de l’adolescent. Par-dessus tout, elle détestait les conséquences de ses pouvoirs. Elle se sentait toujours faible lorsqu’elle usait de sa magie. Mais si elle voulait sauver la vie du jeune garçon, Del devait faire confiance à Hirlon.

De ses pauvres mains tremblantes, elle attacha la boucle de la cape et posa ses mains sur les épaules. Elle afficha un sourire en coin faible.

-La grâce des elfes te protégera Hilron.

Ces jambes cédèrent et elle tomba par la suite. Elle leva les yeux vers l’adolescent et le poussa à partir.

-Je vous retrouverai! Ne t’inquiète pas!

L’elfe le regarda partir à la recherche du petit. Elle tenta tant bien que mal de se relever de se diriger vers la fontaine. Vers ce qui la rend faible, mais qui la rend aussi forte.
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Erco Skaline
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Jeu 15 Nov 2012 - 0:12
Tous cette histoire prenait des tournures de plus en plus étrange. Voilà que la dame Elfe abandonnait Hirlon en lui laissant comme tâche d'aller chercher le gosse. C'était une pur folie d'y aller seul. Grieg devait être en route, ou devait le cherche d'arrache pied. L'ado aurait foncé tête baissé accompagné par Delaynna, mais là tous seul, Jamais. Il trembla devant de tel parole. La peur s'insinua dans son ventre et le noua sans la moindre pitié.

Il la regarda tâchant de cacher ses demons. Il bredouilla sans être convaincu:

-Je vois ou c'est....J'irais....Mais vous êtes sur que vous pouvez rester ici seul?

Bien sur qu'elle pouvait rester cacher. Ici elle risquait rien et envoyait un gamin faire le travail d'n homme. Voilà encore Hirlon avait l'impression d'être traité comme un moins que rien, comme un pauvre type. Hop on l'envoie en première ligne, et on lui donne une tape sur l'épaule pour dire "on est avec toi". C'était trop simple.... Il avait vécu ça tellement de fois, et s'en était toujours sorti par miracle.

Secouant la tête, il fit partir ces mauvaises pensées. Delaynna était une bonne femme, jamais elle l'enverrait à la mort comme ça. En plus lorsqu'elle aborda le sujet de partir avec elle. Il sourit. Oui il voulait partir ailleurs, s'échapper de ce trou à rat. Ces rues empestaient la mort et la tristesse depuis que Hirlon s'y était retrouvé comme un clochard. Il en avait marre de trainer, il voulait devenir quelqu'un. S'il ramenait le gosse, l'elfe lui permettrait de voyager avec elle, un moment au moins. C'était tous ce qu'il lui fallait.

Il lança avec détermination, une touche de témérité dans la voix:

-Je le ramènerais... Merci pour la broche, je vous la rend toute à l'heure.

Il s'eclipsa rapidement. Un silence de plomb entoura alors Delaynna, pendant que Hirlon s'enfonçait dans les ténèbres espérant que le silence ne serait pas les derniers choses qu'il percevrait. Hors du tunnel, il se mit à courir. Il avait préparé son départ depuis longtemps. Cela se préparait depuis deux mois et quelques. Il avait planqué de l'argent, une grosse cape et deux dagues dans une planque dont il était le seul à connaître. Il prit le tous, de toute manière s'il se faisait tuer autant avoir fier allure et ne pas passer pour un amateur, et s'il s'en sortait il aurait intérêt à fuir dans l'heure.

Il n'y avait aucun plan B. Pas le temps. Une charge aveugle face à des hommes, des vrais. Hirlon avait du perdre la tête. S'il se faisait repéré et qu'il devait en découdre, ce serait un massacre. Il préférait ne pas y penser, et se concentra sur le chemin le plus court pour rejoindre la cathédrale. Droite, gauche, droite, gauche, gauche. Petites ruelles après rues, et ainsi de suite il se frayait un chemin sur les pavés de la Cité Blanche. Il fut éviter deux patrouilles de milice. Ces hommes n'étaient pas bien attentif, ils attendaient juste la fin de leur service pour aller se saouler dans une quelconque tavernes ou aller rejoindre la femme dans un lit bien chaud.

La cathédrale. Elle était devant lui. Cela avait l'air calme... Ils étaient peut-être déjà passer. Non, enfin il l'espérait. D'après Delaynna le gosse devait se trouver pas loin. La maison dont elle avait parlé se trouvait à une dizaine de mètre ou il était. D'ou il était il ne pouvait être vu, mais dés qu'il traversait il serait bien visible et une cible parfaite. S'ils le voyaient au milieu de la rue, ce serait alors la fin. Il respira plusieurs fois lentement pour calmer son coeur. La buée trahissait sa présence, mais il ne s'en rendait même pas compte. Il pris sa décision, et dégaina son poignard, mais le garda caché sous sa cape.

Ce fut sous le rôle d'un ivrogne qu'il entreprit la traversée, titubant et fredonnant un air de marin appris sur les quai. Ainsi il espérait tromper les autres. Il zigzaguait et fit mine de s'éloigner de son véritable but. Il s'aperçut que qu'une fenêtre avait été défoncée. Il y était. Hirlon se demanda s'il l'aurait trouvé sans l'elfe....Sans doute pas. Enfin cela n'avait aucune importance.

Deux mètres. S'il se plantait juste devant la fenêtre, c'était foutu. Il s'encoubla volontairement et se retrouva à chuter contre le mur. Le choc entre son dos et la pierre froide fut comme une claque. Que fait-il? Il fut tenter de se lever et de partir en courant, mais se ravisa en imaginant le gosse abattu par Grieg.

Sa silhouette semblait vraiment être celle d'un ivrogne affalé, du moins au premier coup d'oeil. Hirlon prit le risque de murmurer fort. Il fallait que le gamin l'entende, et il espérait de tous son coeur que personne n'entendrait.

-Gamin, sort de la putain. L'elfe et moi on te fait sortir ce soir.

Mais il avait faux, il avait parlé trop fort, n'avait pas été assez discret avec son piètre rôle d'ivrogne. Un léger bruit perçait le silence nocturne...
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Ryad Assad
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Jeu 15 Nov 2012 - 23:20
Dans la rue, tout est silencieux. Le gosse s'est endormi profondément, et sa respiration bien que sifflante est régulière. Les hématomes sur ses bras prennent tranquillement une couleur violacée, et son visage hagard porte lui aussi les stigmates d'un passage à tabac. Cependant, il semble incroyablement paisible. Habilement dissimulé à l'intérieur de cette bâtisse abandonnée, il sait qu'il sera en sécurité au moins jusqu'au matin. Après quoi, il devra partir en quête de nourriture et d'un autre abri temporaire. Une vie de chien qui se limite aux quartiers misérables où il dort et trouve à manger, et aux quartiers un peu plus aisés, où il fait de rares incursions pour essayer de dérober quelques objets qui satisferont son maître. L'horizon de son existence est représenté par l'immense muraille qui ceint Minas Tirith. Aller au-delà ? Pourquoi faire ? Il se trouve dans la plus puissante cité du Gondor, d'après ce qu'il a entendu. En sortir, cela signifie plus de misère, et moins d'opportunités.

Dans ses rêves, le gosse est prisonnier de cet environnement restreint dans lequel il évolue. Pour lui, la Terre du Milieu s'arrête à Osgiliath, et tous les contes qu'il a entendus à propos des terres qui se trouvent au loin font état de guerres, de sang et de massacres. Trop faible pour travailler correctement dans cette cité, ses rêves ne le poussent jamais à s'interroger sur ce que l'on peut trouver ailleurs. Non. Dans son sommeil, il s'imagine simplement à la place de cet homme à la barbe, se promenant fièrement dans les rues, distribuant des pâtisseries aux enfants qui travaillent correctement, et grondant ceux qui ne lui rapportent rien. Il s'imagine entouré de gardes du corps, comme Grig', qui le protégeraient de tous ceux qui lui voudraient du mal. Il s'imagine chaussé de beaux souliers noirs, qui tiennent chaud aux pieds. Il s'imagine vêtu d'une cape de fourrure qu'il pourrait rabattre sur ses épaules pour se protéger de la neige et de la pluie. Il s'imagine se lavant dans de l'eau chaude, pour ôter la crasse qui recouvre ses paumes. Il s'imagine capable de payer un quignon de pain, et peut-être même un morceau de viande, pour le manger sur le trajet qui le ramène jusqu'à sa maison. Des rêves. Ce ne sont rien que des rêves.

Le gosse se réveille en sursaut, en entendant une voix l'appeler. Il ouvre les yeux vivement, et se retourne sur le ventre, prêt à détaler. Son premier réflexe est d'attraper le morceau de pain qu'il a laissé la veille, et de le mettre dans sa bouche. Il le mâche précipitamment, pour prendre quelques forces, et attend. La voix vient du dehors, assurément, et il l'a entendue distinctement. Il se lève, s'extrait de sa cachette, et s'approche à petits pas de la fenêtre. Il essaie de faire le moins de bruit possible, tâche facilitée par le fait qu'il ne porte pas de souliers. Il se penche doucement pour voir qui vient de le héler, et a la surprise de découvrir l'adolescent blond qu'il a croisé un peu plus tôt. Mais pourquoi l'a-t-il suivi jusqu'ici ? Le gamin se remémore alors les mots qui l'ont tiré de son sommeil : "l'elfe et moi on te fait sortir ce soir". De quoi peut-il bien vouloir parler ? Il est sur le point de partir, quand il aperçoit, au fond de la rue, une silhouette qui se déplace dans leur direction. Il fait trop sombre pour qu'il puisse l'identifier, mais la personne en question semble déterminée, quoique prudente. Alors, l'enfant comprend qu'en voulant l'aider, l'adolescent a attiré les hommes de Grig'...A moins que ça ne soit Grig' lui-même ! A cette pensée, il se met à trembler. La panique se saisit de lui, et il s'apprête à fuir.

Il se retient au dernier moment, sans savoir pourquoi, hanté par le visage de ceux qui l'ont quelques heures plus tôt aidé à s'échapper, et qui ont encore pris du temps pour le retrouver, et essayer de l'aider. Le pauvre adolescent blond risque de mourir s'il se retrouve nez à nez avec l'homme qui approche toujours, et le gamin ne peut pas admettre que cette mort soit de sa faute. Il se penche un peu plus, et lâche un "pssst !" peut-être un peu moins discret qu'il l'espère. L'adolescent lève la tête vers lui. Du doigt, le gamin lui montre le rebord de la fenêtre du rez-de-chaussée, sur lequel il est possible de s'appuyer pour monter à l'étage. Comprenant rapidement, il grimpe, et arrive bientôt au niveau du gosse, qui lui tend une main secourable.

A cet instant précis, un sifflement sonore se fait entendre. Un objet projeté à toute allure passe à quelques centimètres à peine de la tête du jeune garçon qui, surpris, recule vivement, entraînant avec lui l'adolescent. Les deux se retrouvent étendus par terre, sur le parquet couvert de poussière de la bâtisse abandonnée, temporairement à l'abri. L'enfant ignore qu'il vient d'échapper à la mort de très près, et que le trait d'arbalète est passé à seulement deux doigts de sa tête. Dans l'obscurité, et à cette distance, réussir un tel tir est un véritable exploit, et nul doute que son agresseur est un homme expérimenté. Seule la chance lui a permis de survivre. Effrayé, il se relève à toute allure, et enjoint son camarade d'infortune à faire de même :

- Vite ! Vite ! Ils vont v'nir jusqu'ici ! Il faut se cacher !

Naïveté touchante, de la part d'un enfant encore bercé d'illusions. Naïveté fatale, quand on sait avec quel professionnalisme les hommes qui le traquent agissent...


- - - -


Des pas claquent sur le sol pavé de la rue déserte. Ils se répercutent en écho sur les murs nus qui se trouvent de part et d'autre de l'étroit chemin. Le rythme est lent, tranquille, guère pressé de rentrer se couvrir du froid mordant, et de retrouver le confort d'un bon fauteuil. L'individu qui approche s'arrête un bref instant, découvrant quelques mètres devant lui une silhouette hésitante, marchant avec peine jusqu'à une petite fontaine en marbre. Ladite fontaine semblait directement éclairée par lune, et le blanc de la pierre ne s'en trouvait que magnifié. Encapuchonné, l'individu s'avança prudemment, inquiet du comportement étrange de la personne en face de lui. Arrivé assez proche pour se faire entendre sans avoir à crier, il déclara :

- Excusez-moi...Est-ce que tout va bien ?

Sa voix est étrangement déformée, manquant cruellement de naturel, mais pas de sincérité. L'inquiétude se dessine dans son timbre vacillant. La personne se retourne, et l'individu au visage couvert peut découvrir, non sans une certaine surprise, les traits d'une elfe visiblement épuisée. Pâle, guère assez couverte pour survivre par une nuit aussi froide, elle est au bord de l'effondrement, et probablement que seule la résistance de son peuple lui permet de continuer à avancer vers cette fontaine qu'elle semble garder en objectif. Cependant, elle est encore faible, et chancelle quelque peu.

- Bon sang ! S'écrie l'individu d'une voix indubitablement masculine, en croyant qu'elle est sur le point de tomber.

N'écoutant que son cœur, et avec une galanterie touchante, c'est prestement qu'il se porte jusqu'à elle afin de la soutenir. Il lui saisit délicatement la main et la hanche, à la manière d'un danseur habile, et l'accompagne avec bienveillance jusqu'à la fontaine où il l'aide à s'asseoir, aussi confortablement que possible. L'elfe est quelque peu perdue dans ses pensées, et elle semble être victime de maux de tête. L'homme pose une main gantée sur son épaule, réconfortant, et lui déclare avec conviction :

- Ne vous inquiétez pas...Je suis là. Est-ce que vous voulez boire quelque chose ?

La question est de pure forme, et il se redresse avec élégance, dégrafant son épais manteau de fourrure noir et gris. Avec bonté, il le dépose sur les épaules graciles de l'elfe, de sorte qu'elle ne prenne pas froid inutilement. Puis il se redresse, et sort de la poche intérieure de son pourpoint une petite coupelle d'argent, qu'il trempe dans l'eau glacée de la fontaine. Il la vide très légèrement, de sorte que son contenu ne se renverse pas inutilement, et descend sur un genou pour proposer à boire à l'elfe. Celle-ci recueille entre ses mains la coupelle, et tourne son regard vers l'homme. Un éclair de surprise passe dans ses yeux.

L'homme à la barbe, un énigmatique sourire sur les lèvres, la dévisage avec un intérêt certain. Il n'esquisse pas un geste de menace, et se contente de la fixer tranquillement. De sa voix chaude et agréable, sa voix habituelle, il déclare :

- J'espère que vous vous sentez mieux, belle dame. J'ai votre santé à cœur, et je serais effondré si j'apprenais qu'il vous était arrivé malheur par cette froide soirée.

Il tend une main prudente vers le visage de l'elfe, et avec audace, laisse courir son doigt ganté le long de sa joue lisse, épousant la ligne de sa mâchoire délicate, jusqu'à son cou où saille une veine qui semble donner soif à l'homme. Pendant un bref instant, on pourrait croire qu'il est sur le point de l'étranger. Dans ses yeux, brille une lueur effrayante. Celle d'une personne beaucoup plus cruelle et beaucoup plus sadique qu'il n'y parait . Mais cette lueur disparaît aussi vite qu'elle est apparue. Sa main se replie tranquillement, à l'abri de toute riposte, et il reprend :

- Nous avons été séparés en mauvais termes, tout à l'heure... Je pense que nous ne nous sommes pas compris. Il y avait tant de gens...ce n'était pas un endroit pour avoir une conversation...hmm...intime, vous voyez ?

Son sourire s'élargit encore.

- Je vous assure que le sort des enfants de cette ville m'importe. De cet enfant en particulier. Je désire le retrouver, tout autant que vous. Il m'a paru intelligent, et peut-être qu'il pourrait travailler dans la boutique d'un ami. Je peux lui proposer une vie meilleure, et un autre avenir que celui d'errer dans les rues, et de voler.

Il soupire, et demeure un instant perdu dans ses pensées. On dirait vraiment qu'il est sincère :

- Nous ne pouvons pas le laisser seul dehors. Pas par ce temps glacial. Il n'y survivrait probablement pas. Si vous savez où il se trouve, je vous en conjure, dites-moi où je peux le trouver. Ensemble, nous pouvons vraiment l'aider.

Ses yeux brillants d'émotion sont plongés dans ceux de l'elfe, encore affaiblie, et dégagent une force de conviction hors-normes. Il exprime tous les signes de la sincérité, mais au fond de son regard, très loin, demeure une étincelle inquiétante et anormale. Quelque chose de sombre et de dangereux, tapi au fond de lui. Un mal profond.


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Delaynna
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Ven 16 Nov 2012 - 3:52
Delaynna rampait jusqu’à la fontaine. Elle sursauta en entendant des pas s’approcher lentement vers elle. Elle tourna son regard embrouillé vers l’inconnu. Cette voix déformée et qui tentait d’être camouflée. Elle l’a reconnu aussitôt. Elle afficha un léger sourire en coin dissimulé par l’ombre que son avant-bras lui faisait. Elle se laissa aidée par l’homme à barbe. Maintenant elle savait que les petits n’étaient pas sous le mauvais œil du chef. Il ne restait que ses sbires. Va savoir où ils étaient. Mais elle espérait qu’ils étaient en sécurité.

Lorsqu’ils arrivèrent près de la fontaine, l’elfe s’installa sur le rebord et glissa discrètement son bras nu, sans lumière dans l’eau. On aurait dit, qu’elle y avait pris appuis et qu’elle remontait légèrement sa poitrine pour qu’elle soit à la vue de l’homme à barbe. C’était bel et bien son plan, puisqu’il ne pouvait voir que l’eau glissait autours de son poignet et régénérait la puissance de la Dame de l’eau.

Ces paupières étaient devenues lourdes. Elle serra dans ces mains la petite coupelle en argent et se laissa faire lorsque l’homme à barbe déposa sa lourde cape sur ces épaules. Le froid ne lui faisait rien. Mais elle le laissa emporté par le jeu. Del devait faire tout pour le tenir en à compagnie pour qu’il ne retrouve pas les gamins. Elle savait qu’ils étaient futés et elle leur faisait confiance.


L’elfe afficha un sourire en coin. Cette voix étouffée ne lui ressemblait guère, mais à cause de l’aspect et le gant qu’il avait. Aucun doute, c’était bel et bien lui.

-Ne changer pas votre voix Sir, comme c’est gentil de vous occupez de moi, alors que j’ai sauvé la vie du petit que vous avez essayé de tuer dans la rue, à la vue de tous.

Sa voix était rauque et faible. Petit par petit, l’eau imprégnait sa chair de sa bienfaisance. C’était un grand soulagement, comme lorsqu’on se glissait dans une mer d’eau froide après une lourde journée de canicule. Mais elle faisait de son mieux pour paraître aussi faible. Elle arqua un sourcil, surprise par les paroles de l’homme à barbe et afficha un sourire en coin à nouveau.

-Vous vous inquiété de l’état de santé de la personne qui vous a dérobé votre butin. Comme c’est touchant. Vous ne me faite pas peur mon cher. Après une longue vie comme la mienne, rien ne me surprends

L’elfe leva les yeux vers ceux du chef à la barbe. Elle resta indifférente à son charme. Elle planta son regard bleu azuré parsemé de petite tâche d'un vert émeraude dans le sien. Quelques nattes tombaient en cascade sur ces épaules tandis que le reste de ces cheveux tombaient de façon très naturelle dans son dos.

-Je crois avoir très bien compris Sir. Vous n’êtes pas obligé de vous ridiculisé devant moi avec vos simagrées. Ce que mes yeux ont vu semble très clair. Vous avez voulu mettre fin à la vie d’un jeune garçon, dit-elle avec cette voix rauque et faible.


D’un geste lent, elle tenta de retiré la main de l’homme qui caressait sa joue. Il fut plus vite qu’elle. Mais son regard n’avait toujours pas quitté le sien et son sourire en coin était toujours imprégné sur son visage.

-Vous vous souciez bel et bien de ces enfants, ou vous vous souciez qu’ils ramènent vos butins comme il se doit. Il y a une différence Sir. Et comme vous semblez vouloir entretenir une conversation intime selon vos dires, pourquoi ne pas commencé par votre nom. Il me semble que cela serait plus intime, fit-elle, toujours avec cette même voix faible.

La pluie d’étoile glissait de plus en plus vite sur son avant-bras. Cela dépendait de son humeur. Elle gardait sa rage face à cet homme. Mais elle faisait de son mieux pour garder son calme. Que de belle parole sortait de la bouche de cet homme. Mais y avait-il vraiment autant de sincérité ? Elle le voyait. Cette petite parcelle de cruauté dans ces yeux. Il désirait tant la cachée avec cette malhonnête manipulation. Et plus le temps avançait, plus elle se rendait compte qu'il l'a retenait ici. Dans le seul but que ses hommes retrouvent le gamin avant elle. Peut-être ignorait-il qu'elle n'était pas seule ? Elle savait qu'Hirlon allait bientôt le retrouver. Il fallait seulement, eu peu plus de temps.

-Sir, comment je peux vous faire confiance, alors que vous avez tenté de l’abattre sous mes yeux… Cela serait ironique de le retrouver et de le mettre à l’abri…

Sa force reprenait de l’aplomb. Elle était prête à tout. Lorsqu’il l’attaquera, elle sera bien se défendre. Il l’avait aidé à venir à l’endroit où la jeune femme pouvait puiser ces forces.


Dernière édition par Delaynna le Lun 19 Nov 2012 - 17:56, édité 1 fois
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Erco Skaline
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Sam 17 Nov 2012 - 8:46
Le "pssssss" fut comme un souffle d'espoir pour Hirlon. L'espoir que peut-être il pourrait sauver ce gosse. Il l'avait trouvé en premier c'était l'essentiel. Il fallait faire vite à présent. Très vite même. Sans attendre, abandonnant son rôle d'ivrogne il se leva et grimpa jusque vers l'ouverture. Un sifflement, l'autre l'entraina sans faire exprès poussé par la peur à l'intérieure. Ils heurtèrent le sol dans un choc mat. Une épaisse couche de poussière s'élève autour deux. L'ado ne peut s'empêché de tousser quelques fois. De toute manière ils étaient repérés, il n'avait donc plus besoin d'être discret.

Il se releva prestement, et aida le gamin à en faire de même. Il fallait fuir c'était un fait, mais pas n'importe ou. Cette ville était gruyère à qui la connaissait.... Le réel problème était que Hirlon n'était pas le seul à la connaître comme ça poche....

Des bruits furtifs se firent entendre, et pressèrent les deux fugitifs. Hirlon n'hésita pas un seul instinct et dégaina une de ses deux dagues. Il la tendit au gosse:

-Tiens, si t'es en danger tu la plantes à ton adversaire, puis tu tournes la lame sèchement. Après tu cours!!! Tu vois ou c'est la taverne du Mazarbul? Si on est séparé, t'y va, autrement tu me suis.

Il fit deux pas en avant. Ce qu'il aimerait que Delaynna soit là, ce serait un véritable soulagement. Le stress empêchait Hirlon de bien réfléchir, il avait faim en plus ce qui n'aidait en rien. Secouant la tête pour oublier tous cela il lança le sujet des banalités:

-Au fait moi c'est Hirlon. Toi c'est?....Faite viens, tu me répondra en route. Grouille!!!


Il devait y avoir une autre sortie derrière, ou fenêtre du moins. Il l'espérait tellement fort, sinon ils seraient bloqués dedans et devront affronter des tueurs professionnels. Ce gosse était vraiment étrange. Ne tenant plus l'ado demanda:

-T'a fait quoi pour qu'ils t'en veuillent à ce point?

Ils entrèrent au même moment dans une pièce avec une fenêtre ronde. Hirlon pouvait toucher le rebord en tendant les bras. C'était mieux que rien, mais il n'avait pas devoir faire passer devant son protégé... C'était un gosse apeuré, s'il s'enfuyait encore une fois, ce serait terminé. Hirlon était un bon type mais pas au point de courir toute une nuit après un gamin qui te fuit à chaque fois que tu lui laisses l'occasion alors que tu veux l'aider. Il baissa les yeux vers lui, et lui demanda:

-T'es prêt?.... Allez on y va.

Il le saisit par la taille et le souleva pour qu'il puisse atteindre la fenêtre. Au même moment, il fut sur d'entendre la porte se faire défoncé le plus silencieusement possible. Ils étaient dedans. Le sang d'Hirlon ne fit qu'un tour et il poussa en avant le gamin. Et lâcha un "vite" impulsif et se retourna.

Une idée traversa son esprit. Elle était folle, mais au point ou il en était c'était plus vraiment le problème. Il cria alors d'une voix fluet.

-C'est la Milice...Putain Merde. Cours.

Si cela marchait ce serait la première fois que milice l'aidait. Il espérait du fond du coeur que leur poursuivants fassent machine arrière croyant vraiment que les forces de l'ordre était là. Mais si Hirlon connaissait la vrais nature de leur adversaire, il n'aurait jamais essayé de jouer à ce petit jeu. Il regarda ou était le gosse il y a trois secondes. C'était vide. A son tour, il sauta et s'agrippa au rebord et se hissa....

Une fois sortit ce serait la liberté. Tellement de ruelle, tellement de possibilité. C'était possible. Il sourit de joie sans faire exprès.
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Ryad Assad
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Lun 19 Nov 2012 - 21:46
[HRP] : Toutes mes excuses pour ce retard, la faute à des imprévus et à des partiels en tous genre qui ont le don de manger du temps. Les choses devraient s'arranger sensiblement d'ici bientôt Wink.

La situation est particulièrement délicate, pour les deux jeunes repérés par leurs poursuivants. Le plus jeune trépigne d'impatience, en attendant que l'autre trouve une solution. Il jette des regards effrayés de gauche et de droite, conscient que chaque seconde qu'ils perdent à réfléchir donne la possibilité à leurs poursuivants de les débusquer, de les rattraper, et peut-être de leur faire du mal. Il faut se presser, il faut décider vite, mais l'esprit du gamin est incapable de raisonner logiquement. La peur le paralyse, et son destin est confié à l'adolescent aux cheveux blonds. Celui-ci, visiblement concentré, dégaine brutalement une dague de son étuis. L'enfant écarquille les yeux, devant l'acier mortel, et fait quelques pas en arrière, prêt à s'enfuir. Cela dit, les paroles du plus âgé le rassurent quelque peu, et c'est avec hésitation qu'il s'empare de l'arme qu'il trouve bien trop lourde pour ses petits bras.

La technique qu'on lui présente semble particulièrement simple. Attaquer, et tourner d'un coup sec. Il mime le mouvement de rotation avec ses mains fluettes, sans grand espoir que cela suffise à lui permettre de s'en sortir. Cela dit, l'arme semble affutée, et si elle vient à glisser sur la peau d'un méchant, cela risque de le couper profondément. Néanmoins, c'est la partie qui consiste à courir qu'il préfère. Ca, il sait bien le faire, et effectivement il sait où se trouve la taverne. Il hoche la tête vivement, pour signifier à son sauveur qu'il saura retrouver l'endroit le cas échéant, et attend que celui-ci trouve une solution. Contre toute attente, celui-ci prend le parti de faire la conversation, comme si la situation s'y prête. Ainsi, il s'appelle Hirlon. Le gosse s'éclaircit la gorge, et lâche, penaud :

- Je...J'ai pas d'nom, m'sieur...

Le regard du gosse se fait terne tout à coup. Non. Il n'a pas eu la chance d'avoir de nom. Pas de parents, pas de mentor ou de tuteur. Dans le meilleur des cas, quand son maître veut l'appeler, il l'appelle Chien. Ou cabot. Ou clébard, ou tous les synonymes qu'il parvient à trouver. Mais en règle générale, il n'est personne. Personne ne lui demande son nom, aussi il n'a pas besoin d'en avoir. Sa tristesse passagère s'évanouit subitement, cédant la place à un regain de panique, quand l'adolescent le pousse à se dépêcher. Il le hisse sans ménagement sur la fenêtre, lui intime de faire vite, et se retourne soudain vers l'escalier, l'oreille aux aguets. L'enfant aussi l'a entendu. Ce bruit d'une serrure ancienne qui craque plus ou moins silencieusement. Ca y est, ils sont dans la place.

Terrifié, le petit s'apprête à s'enfuir, quand l'adolescent se met à crier qu'il a vu la milice. Pris au piège de son équipier, le gosse se fige, jetant des regards inquiets dans la rue en contrebas. Si la milice le surprend à quitter une maison en pleine nuit, nul doute qu'elle va lui faire passer un sale quart d'heure. Certains gardes, parmi les plus sadiques aiment à se défouler sur les gosses des rues. Pas une pièce, pas un morceau de pain, mais une claque violente dans le dos, ou un coup de pied mesquin dans les tibias. Non. Ce ne sont pas des hommes en qui on peut avoir confiance. Tandis qu'il cherche, les bruits au rez-de-chaussée se sont arrêtés. Le gamin en profite pour descendre jusqu'à la rue, n'ayant pas encore trouvé les miliciens, et espérant pouvoir les semer s'ils se présentent. Hirlon le rejoint bien vite, visiblement peu désireux de se laisser piéger dans la bâtisse avec ces tueurs à ses trousses, et sans doute aussi parce qu'il ne veut pas se séparer trop longtemps d'un gamin à la tendance fugueuse.

Misérable, ce dernier recroqueville ses orteils pour garder de la sensibilité dans ses pieds gelés. La neige recouvre désormais les pavés, et le froid ambiant dû à la nuit n'aide en rien les personnes non chaussées. Il sent même des plaques de verglas glissant, qui peuvent s'avérer surprenantes pour qui n'y prend pas garde. Il ne mesure pas quelle porte de sortie cela représente, et se contente d'attraper le bras de Hirlon pour l'entraîner à sa suite dans les rues. Il choisit de toute évidence la mauvaise. Dès le premier coup. Bingo !

Un homme encapuchonné fait son apparition. Ainsi, ils sont deux sur les lieux, si on compte celui à l'intérieur. Trop petit pour être Grig', il n'en demeure pas moins impressionnant. Son manteau épais, noir comme la nuit, lui a permis de se dissimuler dans l'ombre d'un bâtiment, en attendant bien sagement que ses proies se posent devant lui, tel un félin patientant en regardant le vol d'oiseaux, dont les plus imprudents finissent naturellement par atterrir à portée de griffes du prédateur. Son visage n'exprime rien, sinon la satisfaction d'être sur le point d'accomplir son devoir. Il ne prend visiblement aucun plaisir à tuer...mais aucun remords non plus. Dans sa main, une arbalète de poing, pointée sur les deux jeunes. Il avise cependant la dague du plus petit, et marque un temps d'arrêt. Un tir pour deux cibles. La situation est un peu délicate.

Au moment où il réfléchit, chose qu'il ne fait en général pas, préférant exécuter les ordres, le gosse se précipite en courant en direction opposée. Le guerrier hausse un sourcil, et entend les suivre. Mais son premier pas est hésitant, il dérape dans la neige, et bat des bras pour maintenir son équilibre. Ce temps précieux, les deux fuyards le mettent à profit pour tourner à la première intersection, et se placer hors de portée de son arme mortelle. Temporairement. Derrière eux, étouffés par la neige, des bruits de pas précipités. Et à n'en pas douter, ses longues jambes ne manqueront pas de lui faire rattraper son retard, d'autant que les traces laissées par les pas dans la neige sont particulièrement visibles. Mais ce n'est pas ce qui préoccupe l'enfant, qui, haletant, se tourne vers Hirlon :

- Il faut...Il faut s'cacher ! Faut trouver une caisse ! On...On s'cache dessous et...il nous verra pas ! Hein ?

Sa naïveté peut presque arracher un sourire, si on fait abstraction de la situation périlleuse dans laquelle ils se trouvent. L'espoir. C'est la seule chose à laquelle peut se raccrocher l'âme d'un enfant...


- - - -


Etrange que cet homme à la barbe, dont le comportement de gentilhomme contraste tellement avec le sentiment étrange, le malaise que génère chacune de ses paroles, chacun de ses gestes. Il se montre pourtant prévenant, poli, calme et courtois. Il parle bien, il articule nettement, il déclame somptueusement, et il ne manque jamais une occasion de faire un compliment. Mais alors pourquoi semble-t-il tant manquer de naturel ? Pourtant, lorsque ses yeux affichent une mine peinée en réponse aux paroles de l'elfe, il semble impossible de douter de son affliction temporaire. Oui. On dirait bel et bien qu'il est blessé par les accusations de meurtre. Son regard attristé, ses épaules basses, il apparaît comme celui qui se doit d'assumer une faute qu'il n'a pas commise. Et cela lui pèse évidemment.

- Le tuer ? A la vue de tous ? Mais ma mie...Je vous en prie, ne vous laissez point abuser par ce malentendu fâcheux. Votre noble cœur me voit comme un être bien malfaisant, si vous pensez que j'ai pu un seul instant songer à ôter la vie à un être humain. Je vous l'ai dit...je souhaitais simplement récupérer mon bien, et je le souhaite toujours, c'est tout. Je ne lui ferai pas de mal, mais lui m'en fait terriblement. Comprenez-vous que nos intentions sont pures, et que rien ne nous sépare ?

Il affiche un sourire engageant auquel il est difficile de résister. Ses mots, suaves et doux, sont un baume qui apaise les blessures, qui endort la méfiance. Mais comment y résister ? Même les cœurs les plus endurcis ne peuvent rien contre l'usure du temps, contre les assauts répétés de la candeur, contre le miel des mots qui sucre le discours. Mais l'elfe ne semble pas se laisser prendre. Elle répond, elle réplique, elle contre-attaque, féroce. Injustement féroce, pour un observateur extérieur. L'homme semble sur le point de pleurer, tant il est abattu :

- Ma très belle amie...mais c'est mon dernier souhait que de vous faire peur. Je sais fort bien que les membres de votre race sont emplis d'expérience et de sagesse...mais malgré vos dires...vous demeurez encore bien jeune au regard des critères des vôtres. Et quand bien même votre expérience est vaste...je suis persuadé que vous n'avez pas encore exploré toutes les...hmm...facettes de la vie. Croyez-moi, je réserve bien des surprises.

Il adresse un clin d'œil mystérieux à la femme, dont le sens demeure incompréhensible. Invitation ? Séduction ? Menace ? Difficile à dire. Son sourire ne renseigne pas davantage. Toujours aussi sincère, toujours aussi effrayant. Et pourtant...il semble de moins en moins terrible, de plus en plus humain. Son sourire gagne en chaleur, son visage en sympathie. Il pose une main sur le bras nu de l'elfe, et retire ses doigts prestement avant qu'elle ne le repousse. Ce petit jeu semble lui plaire, comme un chat jouant avec une souris. Delaynna se prend visiblement au jeu, car c'est sur un ton un poil plus assuré qu'elle lui lance une pique, suivie d'une invitation à s'ouvrir. Le visage de l'homme passe de la peine à l'intérêt soudain. Son sourire s'élargit perceptiblement, tandis qu'il dévisage intensément l'elfe en face de lui. Une dizaine de secondes passent : longues, pesantes, puissantes. Puis l'homme à la barbe souffle :

- Vous avez des yeux magnifiques...le saviez-vous ?

Il s'approche quelque peu. Ils sont très proches, désormais. Cependant, il ne fait aucun geste qui pourrait entraîner la méfiance de la femme elfe. Il demeure à sa place, parfaitement patient, parfaitement calme. Etrangement calme. Il sourit à son interlocutrice, et glisse avec un brin de malice :

- Je sens que vous ne voulez pas me croire...que quelque chose vous en empêche... Mais mettez-vous à ma place, ne serait-ce qu'un seul instant... Que puis-je faire afin de vous convaincre de ma sincérité ? Je vous en prie, allez-y. Et si c'est en mon pouvoir, alors je ferai mon possible pour prouver que je suis digne de confiance. L'acceptez-vous ?


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"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"

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Delaynna
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Mar 20 Nov 2012 - 19:44
L'eau avait infiltré toutes les parcelles de la peau pâle de l'elfe. Maintenant, elle était forte et prête à non seulement à l'attaquer verbalement, mais aussi par la force physique. Chaque parole, chaque geste qu'il faisait trahissait le manque de naturel. Mais plus elle voyait l'air peiné qu'affichait l'homme à barbe, plus elle commençait à douter. Pourquoi viendrait-il ainsi vers elle pour prouver son innocence envers les actes qu'il avait faits sous ses yeux. Le temps, c'est tout ce qu'elle désirait pour l'éloigner des deux gamins. L'elfe en avait assez qu'il parle ainsi. Sa voix était plus forte et son regard plus perçant que jamais. Elle semblait renaître de l'eau.

-Ah cessez vos balivernes Sir ! Vous ne me ferez pas penché la balance. Ce que mon noble coeur comme vous dîtes, a vu est la présentation que vous faisiez de vous. Un homme qui aime s'en prendre aux enfants pour se donner en spectacle. Vous êtes un monstre d'égoïsme.

Mais les paroles et la voix suave qu'il prenait pour tenter de la convaincre. Semblait-il la séduire ? Depuis toujours, plusieurs avaient tentés de brisé le mur de glace qu'enveloppait le coeur de l'elfe. Personne n'avait réussit. Delaynna était conçue pour offrir de la bonté et de la générosité autour d'elle. Mais qu'était-ce l'amour vraiment ? Elle ne le connaissait pas et ce n'était pas avec cet homme à barbe qu'elle allait le connaître. La jeune femme fronça les sourcils en voyant que le chef semblait être au bord des larmes. En chaque homme il y avait une faiblesse, il suffisait de la trouvé. Mais ce n'était certainement pas la sécurité des enfants.

Delaynna afficha à nouveau ce petit sourire en coin qui rendait son visage sournois. Bien sûr qu'elle était jeune pour une elfe. Et elle avait vue beaucoup des hommes et il voulait la surprendre ? Il ignorait encore que la jeune femme avait plus d'un tour dans son sac. L'elfe pris un meilleur appui sur le rebord de la fontaine et remonta la poitrine. Son regard perçant fixait toujours celui de l'homme à barbe. Son petit sourire planait toujours sur le coin de ses lèvres. Elle se pencha un peu pour mieux présenter son décolté, car elle connaissait entre une faiblesse à tous les hommes, la sensualité d'une femme. Son regard fixait toujours l'homme. Mais, était-ce toujours le cas ?

-Alors, dans ce cas prouvez-le mon cher. Surprenez-moi, fit-elle avec une voix toute aussi suave que celle de l'homme à barbe.

Alors qu'il approchait son visage du sien et que ses doigts étaient posés sur son bras, de son autre main, Del posa sa main sur le pommeau de son épée eelfique dissimulé sous les tissus fluides de sa robe. L'elfe avait repris son sérieux et observa l'homme à barbe droit dans les yeux. Une seule chose sortie de sa bouche... Vous avez des yeux magnifiques... Tout simplement. L'elfe s'esclaffa de rire et poussa l'homme qui semblait s'approché de plus en plus son visage du sien.

L'elfe se leva d'un bon. Comme si la scène de sa faiblesse n'avait été que théâtrale et jeta par terre la lourde cape que lui avait posé l'homme à barbe sur les épaules. Elle se tourna et regarda le chef à la barbe. Elle appuya son poing contre sa taille.

-Vous voulez que je vous fasse confiance, alors prouvez-moi que vos paroles ne sont pas que de malice.

Des petits flocons de neige s'emmêlaient dans ses cheveux et épousaient la forme de ces cils. D'un puissant bruit. On entendit retentirent les cloches de la cathédrale annonçant la nouvelle heure avec ces dix coups de cloche. Elle tendit la main vers lui.

-Prouvez-le-moi, avec une danse.

La neige et le bruit de la fontaine servaient de musique et d'envoutement. Bien droite, elle attendit qu'il fasse un pas à la fois, une main dans son dos et l'autre sur son ventre, pour s'approché d'elle et qu'il recule à nouveau. Tenant les pans de sa robe, elle s'approche de lui, un pas à la fois et avec toute la grâce des elfes et fit une jolie révérence et recula à sa position initiale. Elle regarda l'homme à barbe s'approché d'elle à nouveau et l'examina. Il était comme le ciel glacé, dans la nuit d'octobre. Le plus sombre nuage, comme un orage infini qui venait du plus profond de son coeur. Et elle, était comme le ciel d'avril. Un éclat de soleil dans les yeux. Une enfant née de l'étoile étincelante, avec le feu au fond de son coeur.

L'homme à barbe lui tendit la main et la jeune femme posa la sienne et jeta un regard perçant sur le chef et ils reculèrent en direction de l'homme à barbe, un pas à la fois. Sous cette mélodie de neige blanche, ils reculèrent en direction de l'elfe et l'homme à barbe retourna à sa position initiale. Ils lèvent la main et elles se frôlent et tourne tout en se dévisageant. Le moment présent les envoûtait et la jeune femme avait trouvé une issue de secours. Si elle ne pouvait s'échappé par la voix terrestre, elle pouvait par les airs. Elle aperçut d'un oeil discret, un gros baril assez grand pour qu'elle puisse y sauter et atterrir sur le toit et s'enfuir pour retrouver les enfants.


Ils s'arrêtèrent et prirent l'autre main et tournèrent à nouveau. Del avait toujours les yeux rivés sur l'homme.

-Qu'a-t-il fait pour que vous le pourchassez ainsi ? Fit-elle en faisant allusion à l'enfant.

Ils tournèrent encore et retournèrent à leur position de départ. Ils s'avancèrent d'un même pas en direction de l'un de l'autre et leur main se frôlait à nouveau. Bientôt, elle serait avec les petits.

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Erco Skaline
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Mar 27 Nov 2012 - 9:41
Il avait eut tord. Dehors il y avait peut-être des dizaines de ruelles, mais il suffisait de choisir LA mauvaise et s'en était fini. Hirlon n'aurait jamais du suivre le gamin. Il n'avait même pas de nom... Comment faire confiance à un gosse sans nom? Comment? Il était maudit se dit-il. Il s'était promis de sauver un pauvre enfant qu'il ne savait même pas comment nommé. C'était de la folie. C'était même bizarre. Même si personne ne le lui en avait donné, il devait bien avoir des amis? Des gens qui doivent bien? l'appeler... Un surnom au moins.

Le choix de gamin fut très mauvais. Mauvaise rue, mauvaise rencontre. Ils se stoppèrent les deux face à un homme encapuchonné. Hirlon reconnut directe la sorte d'homme que c'était. Froid, discret sans émotion. Une bête à tuer, un tueur en fin de compte. Pourquoi envoyer ce genre de type pour un gosse? En tous cas il en était sur à présent, on voulait tuer le gamin. Il fallait le faire sortir de la cité et encore ce genre d'adversaire n'avait pas l'air d'être du genre a abandonné hors de la cité. Enfin bon il fallait bien laisser de l'espoir au gamin.

Hirlon resta figé un bref instant. Il observait l'homme, il tenait une arbalète, mais ne l'utilisait pas. Peut-être ne savait-il pas qui tuer en premier. C'était une opportunité à saisir. L'ado tira sur la manche du gosse et l'entraina avec lui en tournant les talons. Il poussait son compagnon a accéléré et tournèrent à droite. La neige laissait leur trace derrière eux. Lorsque le gamin parla, Hirlon l'ignora. Se cacher sous une caisse, c'étai stupide. Une stupidité innocente sans doute. Mieux valait de pas briser ce rêve, cette espérance.

L'homme allait pouvoir les suivre à la trace. Hirlon réfléchissait à un plan b. Il n'en voulait que un. Ils tournèrent de nouveau. Leur poursuivant n'allait pas tarder à les rattraper. Encore un coin de rue, ils prirent celle de droite. Là Hirlon poussa le gamin qui tomba par terre et roula dans la neige. Il lui intima l'ordre de ne pas parler tous en montrant les toits. Ils pouvaient y accéder assez facilement ici via un tas de caisse d'un marchant et puis en s'agrippant à la chenaux pour monter les deux dernières mètres. C'était une chance. Pendant le le gosse allait vers l'escalier improvisé de bois, Hirlon se plaqua contre une lourde porte de chêne qui était encastrée dans un mur. Il était caché là. Enfin plus ou moins. Ainsi invisible de loin, il espérait pouvoir surprendre leur chasseur sur son flanc...

Il dégaina son poignard mal assuré. Il tremblait. Jamais il ne l'avait vraiment encore sortit en comptant vraiment l'utiliser. La plupart du temps c'était dissuasif. Juste le fait d'être armé faisait fuir les petits voleurs et petits brigants. Les autres, les vrais tueurs, s'enfichaient d'un simple ado, sauf aujourd'hui apparemment. Il tenta de maitrisé sa respiration craignant d'être trahi par celle-ci. Il se rappelait ce qu'il avait dit au gosse: Plante et tourne. C'était facile à dire, mais maintenant qu'il était sur le point de mettre son conseil à exécution il avait peur. Une peur viscéral.

Des pas. Il se rapprochait. Il allait devoir agir. D'un coup d'oeil Hirlon regarda le gosse dans son ascension. Il était arrivé à la chenaux. Il y était presque. L'adolescent serra les dents et banda ses muscles prêt à bondir et à attaquer son adversaire. Sa seule chance était la surprise... S'il sortait assez vite de sa cachette et arrivait à planter son poignard entre deux côtés avant que l'autre ne réagisse il pouvait s'en sortir.

Attaque rapide, fuite toute aussi rapide.

Une silhouette apparut devant lui. Hirlon ne prit même pas la peine d'être sur que c'était bien le bon homme, il se projeta en avant priant sur sa bonne étoile. Poignard prêt à trancher la chair tendu devant lui. Il avait été mu par son instinct de survie, par un réflexe mécanique d'essayer de sauver sa vie.

Hrp désolé du retard Hrp
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Ryad Assad
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- -:

Jeu 29 Nov 2012 - 3:30
La course, la fuite. L'homme se rapproche inexorablement, derrière eux. Ses pas lourds, dans la neige fine, font un bruit sourd et régulier. Il ne se presse pas outre mesure, non. Il sait qu'il est le plus fort, qu'il est au sommet de la chaîne alimentaire. Il est conscient qu'il n'est pas celui qui va mourir ce soir. Et pourtant, il fait preuve de prudence, il conçoit tout de même qu'il peut exister un danger, et qu'il vaut mieux prévenir que guérir. Tous ses sens sont aguets, autant pour prévoir un changement de direction de la part de ses proies, qu'il traque grâce aux empreintes qu'elles laissent naïvement sur la poudre immaculée qui recouvre les pavés, que pour anticiper l'arrivée inopportune d'une patrouille de gardes, qui pourraient le surprendre en pleine cavalcade. Deux enfants galopant dans les rues attirent immanquablement l'attention, et si les soldats viennent à trouver un homme les poursuivant, nul doute que leur esprit étriqué va faire le rapprochement...et il serait dommage d'avoir à les tuer pour si peu.

Non loin devant le guerrier, les deux jeunes courent à en perdre haleine. Le moins âgé des deux continue à chercher une solution, bien que son camarade ne désire pas s'arrêter. Pourtant, il entrevoir des cachettes, de petits passages furtifs, ou encore des portes mal fermées par lesquelles ils pourraient rentrer. Mais rien de tout ça ne semble satisfaire Hirlon, qui, le regard fixé devant lui, continue à avancer, comme si en regardant derrière lui, il risquait d'attirer leur bourreau. Leur fuite désespérée épuise considérablement le petit, dont les pensées s'éloignent de plus en plus des considérations terrestres. Guère préoccupé par la direction à prendre, puisque l'adolescent s'en charge, ses pieds agissent de manière mécanique, et son corps tout entier semble mobilisé pour donner à son esprit l'occasion de s'évader. Même ses poumons, d'ordinaires fragiles, semblent bien vouloir lui accorder un répit de quelques minutes, pour le laisser divaguer. Ses pensées, telles une feuille capturée par le vent, et emportée loin de l'arbre qui l'a portée, s'égarent dans son passé sombre et monotone. Sans savoir pourquoi, dès qu'il revoit son passé, il s'imagine un jour de pluie. Une pluie grasse et sale, toujours trop froide. Une pluie qui rend le ciel grisâtre et affligeant. Et sous cette pluie, irrémédiablement seul, il erre, comme un pauvre animal enfermé dans une cage de laquelle il ne peut se libérer. Au dessus de lui, les oiseaux libres migrent vers de chauds pays où ils vivront heureux et en paix. Lui, enchaîné à la terre, piégé par les murs obscurs de la Cité Blanche, s'enracine dans ce froid paysage, où il souffre et désespère.

Un choc soudain, suivi d'une perte d'équilibre, et d'un repas de neige. En une fraction de seconde, son esprit réintègre son corps, lorsque ce dernier est brutalement bousculé sur le sol. Le gosse glapit, prenant douloureusement conscience de sa chair cruellement exposée au froid, de ses poumons qui le brûlent et qui réclameraient de l'air à grands cris si l'on pouvait crier sans air. Roulant par terre le temps de se stabiliser, il met un moment à comprendre ce qu'il vient de se passer. Hirlon l'a jeté à terre, de toute évidence, mais dans quel but ? Le protéger, ou bien le tuer ? Dans sa situation, l'enfant est bien incapable de prendre une décision rationnelle, mais il choisit au hasard de faire confiance à l'adolescent blond qui, après tout, lui a tout de même donné une arme pour se défendre, bien que celui-ci ne sache pas s'en servir.

Conscient que sa survie dépend probablement de sa capacité à écouter les ordres qu'on lui donne, il fait de son mieux pour réfréner ses peurs, et pour comprendre ce que veut lui signifier son camarade d'infortune. Hirlon lui fait d'abord signe de se taire, ce qu'il comprend très bien, puisqu'en général tout le monde déteste quand il parle. On dit de lui qu'il n'ouvre la bouche que pour dire des idioties, et l'homme à la barbe lui reproche souvent ses erreurs de langage. En fait, il vaut sûrement mieux qu'il se taise, oui. Ensuite, l'adolescent lui montre les toits, et lui indique une série de caisses, qui peuvent constituer un support pour lui permettre de se hisser jusqu'en haut. Pas très stable, pas très fiable, mais probablement la seule issue de secours possible, au regard de leur situation. Le gosse monte dessus, et lâche un "oooh" peu rassuré. La structure tremble, et risque de s'effondrer au moindre faux pas. Il s'agrippe du mieux qu'il peut, et entreprend de se hisser péniblement sur le toit. En dessous de lui, il ne voit pas la silhouette de Hirlon bondir en avant, prêt à défendre chèrement sa vie.

L'homme qui les suit depuis qu'ils se sont échappé de la maison est un combattant expérimenté, de toute évidence. Et même s'il veut le cacher, son attitude, son calme, ainsi que sa gestuelle trahissent une grande expérience en la matière. Nul doute qu'il ne peut pas être surpris par deux mioches en fuite, probablement transis de froid et affamés. Non. Il se déplace cependant prudemment, attentif aux traces de pas qui pour l'heure serpentent dans les ruelles, sans jamais se séparer l'une de l'autre. Bon. Au moins ils ne préparent rien de louche. L'écart entre les pas, cependant, se réduit, et l'homme en déduit que la fatigue les gagne, et qu'ils ne vont pas tarder à s'arrêter pour tenter quelque chose : fuir par un autre moyen, se cacher comme ils le peuvent, ou combattre. De très loin, l'homme préférerait cette dernière solution, qui lui éviterait d'avoir à les chercher encore. Mais il sait qu'ils n'en feront rien. Aussi, résigné, il s'avance.

Il débouche dans une nouvelle ruelle, et son regard se porte instantanément sur les traces de pas qui se transforment bientôt en un chaos d'empreintes. Comme si quelqu'un avait brutalement roulé sur le sol. Cela n'a aucun sens. L'homme hésite un moment, et raffermit sa prise sur son arbalète de poing, qu'il garde pointée droit devant lui. Il progresse doucement, son oreille captant un son étrange : celui de craquements de bois, et des plaintes caractéristiques d'un effort complexe. Ainsi, ils essaient de s'évader. Il avance encore, et aperçoit juste sur sa gauche sa cible qui, juchée sur des caisses de bois, essaie de gagner les toits pour le semer. Curieux. Un sourire apparaît sur ses lèvres, tandis qu'il change son arme de main. Pour un tir aussi simple, il peut largement se permettre de tirer de la main gauche. Il tend le bras avec une sorte de grâce étonnante, et fait un pas en avant pour ouvrir son angle et agrandir son champ de vision.

Alors, tout se passe très vite. De sa droite, surgit une forme sombre absolument déchaînée, qui brandit un poignard avec l'intention évidente de le tuer. Mais le soldat n'est pas un novice, tandis que son adversaire surprise, lui, est loin d'être un professionnel. D'un élégant pas sur le côté, l'homme évite l'estocade maladroite, et saisit brutalement le poignet de son agresseur. Il le tord sans pitié, forçant l'adolescent à lâcher son arme, et rendant vaine toute tentative de contre-attaque. Son sourire, qui s'est estompé un bref instant sous le coup de la surprise, est désormais revenu, et il force l'adolescent blond à reculer, tout en menaçant de lui briser le poignet sous la force d'une seule de ses mains. Cruel, il décide de ne pas l'achever de suite, et de tuer d'abord le gosse qui essaie toujours de s'échapper sur les toits, pour bien lui faire comprendre que sa tentative de sauvetage aura été vaine. Il tend son bras gauche en direction de sa cible, et écarquille les yeux. Nouvelle surprise.

Une avalanche de caisses de bois s'écrase de tout son poids sur lui, principalement, et sur Hirlon, dans une moindre mesure. En tentant de grimper sur le toit, le pied du gosse a dérapé. Lui est accroché comme il le peut, prêt à tomber, mais les caisses, quant à elles, ont été suffisamment déséquilibrées pour s'abattre avec fracas sur l'agresseur. Celui-ci, tente vainement de se protéger, mais le choc est rude, et il se retrouve proprement assommé. On pourrait croire qu'il est mort, vu de l'extérieur. Un répit drôlement gagné, quoi qu'il en soit.

- A...A l'aide ! J'vais tomber !

Les petites jambes du gamin battent dans l'air. La situation est presque comique tant elle est improbable. Mais le temps presse toujours, et d'autres dangers continuent à s'approcher. Non loin derrière eux, les cloches de la cathédrale s'ébranlent, lançant une longue plainte dans la nuit silencieuse.


- - - -


L'homme à la barbe se laisse aller à un sourire intéressé en voyant que l'elfe se prend au jeu de la séduction. Curieux manège que celui qu'ils sont tous les deux en train de mettre en place, alors que de toute évidence elle ne lui fait confiance le moins du monde. Avec une sournoiserie toute féminine, elle tente d'user de ses charmes pour le distraire, et probablement pour chercher la faille dans sa cuirasse. Nul besoin de tant d'efforts, car c'est sans vergogne mais sans effronterie qu'il l'examine de la tête aux pieds, goûtant du regard la beauté irréelle des premiers nés, sans oser pour autant la toucher une nouvelle fois, comme s'il craignait sa réaction.

Il lâche un "volontiers" tout à fait bien éduqué, en réponse à son invitation à la surprendre. Elle le prend très probablement pour un rustre mal éduqué, pour quelqu'un manquant cruellement de bonnes manières, mais c'est là qu'elle se trompe. Aussi courtois que sincère, le compliment qu'il lui adresse sur ses yeux vient des tréfonds de son cœur, et aurait-il voulu simuler l'émotion qui a transparut dans sa voix qu'il n'y serait pas parvenu. Elle éclate de rire, et il ne peut s'empêcher de pouffer à son tour. Pour la première fois, ils partagent quelque chose, avec une complicité surprenante, au regard des circonstances de leur rencontre. Avec familiarité, elle le repousse sans brusquerie, et se redresse, comme si sa faiblesse n'a été qu'une illusion passagère. Pendant un bref instant, l'homme se demande si elle ne joue pas avec lui...mais trop de sentiments forts le parcourent pour qu'il puisse fixer une réponse claire et définitive.

De nouveau altière et fière, comme lorsqu'il l'a rencontrée dans la rue pour la première fois, elle se défait du manteau passé sur ses épaules, se libérant symboliquement, et cale un poing sur sa hanche. Sa position, pleine de détermination, est appuyée par une voix ferme et tonique, revigorée comme par enchantement. Alors, elle lui demande de faire ses preuves, afin d'écarter en elle tout doute quant à ses véritables intentions. Comme si les Valars eux-mêmes avaient accepté ce défi, les cloches de l'imposante cathédrale se mettent à sonner. La coïncidence est tellement surprenante que l'homme tourne la tête un bref instant, avant d'être pris totalement au dépourvu par la requête pour le moins inattendue de l'elfe qui lui fait face. Il tourne son regard hébété vers elle, cherchant à comprendre si elle ne se moque pas simplement de lui, mais en réalité elle est très sérieuse. Droite, le menton levé, elle brave le vent froid qui fait onduler souplement les voiles de ses vêtements, et la neige qui se dépose en fins flocons sur ses cheveux d'un noir intense.

Un silence bref mais puissant s'installe entre eux deux, nettement à l'avantage de l'immortelle qui a réussi à déstabiliser l'homme. Ce dernier, reprenant rapidement contenance après un moment d'immobilisme, retrouve son assurance et sa courtoisie :

- Si vous voulez bien m'accorder cette danse, ma Dame, sachez que c'est pour moi un honneur.

L'homme à la barbe, plus à l'aise dans son rôle de noble initié aux manières de cour, retrouve sans difficulté les codes stricts des danses mondaines qu'il affectionne particulièrement. En représentation, il lui le protocole qui l'invite à saluer sa partenaire, avant que celle-ci ne lui réponde par une gracieuse révérence. Prenant conscience d'un état de fait qu'il a jusqu'alors négligé, il se permet de lui glisser doucement, à peine assez fort pour qu'elle entende :

- C'est la première fois que je danse avec une elfe...aussi excusez-moi si je vous semble piètre.

Leurs pas sur la fine couche de neige produisent un craquement chuchoté, comme les notes les plus graves d'un étrange instrument à mi-chemin entre les cordes et les percussions. Le vent qui s'engouffre dans les ruelles tient le rôle des cuivres, tandis que celui qui tourbillonne encore et encore sur la petite place autour de la fontaine occupe la place des bois. L'eau qui jaillit gaiement produit une mélodie lente mais régulière, tout à la fois apaisante et familière. Les flocons de neige viennent parachever le chef d'œuvre, transformant la musique du paysage en sensation physique, piqûre indolore, froide effervescence.

Sous la conduite de cet orchestre, leurs mains s'unissent. Pour l'occasion, l'homme a retiré ses gants, afin de mieux savourer cette proximité. Ses doigts savourent le contact de la peau féminine, tandis que le reste du corps, grisé par une telle proximité, se meut avec grâce et souplesse. S'il n'est certainement pas un danseur excellent, et s'il n'arrive de toute évidence pas à la cheville de sa cavalière, l'homme demeure expérimenté, et relativement bon. Suffisamment pour profiter de ce moment, et en faire profiter à sa compagne. Tout entier obnubilé par elle, il ne remarque rien de ses tentatives pour s'enfuir, trop occupé à s'égarer sur les courbes de ses cheveux qui traînent derrière elle, à l'image de la traînée flamboyante que laissent certains corps célestes en traversant le ciel, parfois. La comparaison lui apparaît parfaite, tant l'elfe semble venue d'un univers différent du sien. Ils tournent à nouveau, emportés par l'euphorie de ce moment magique, partagé avec joie, malgré toutes leurs différences.

Alors, la question vient, et l'homme lâche un sourire résigné. Ainsi, elle n'a toujours pas lâché prise, et elle tient encore à savoir de quoi il retourne. Une telle curiosité ne peut dénoter qu'un grand attachement pour des principes moraux très élevés. A moins que... Choisissant de ne pas répondre directement à la question qu'elle vient de lui soumettre, l'homme lance :

- Vous l'aimez ?

Profitant de ce qu'elle était quelque peu surprise par son changement de sujet, il se rapproche, vite mais sans geste brusque. Il pose une main sur sa hanche galbée, glisse ses doigts entre les siens, et se met à tourner à la manière d'un valseur. Cette fois, ils se frôlent vraiment, et la vitesse les oblige à se rapprocher encore davantage, comme si en tournant assez rapidement, ils pouvaient fusionner pour ne plus faire qu'un. A la manière d'un amant, l'homme place sa tête à côté de celle de la femme, et lui souffle dans le creux de l'oreille :

- Je crois être jaloux de l'affection que vous lui portez...

Puis il recule prestement, et fait tourner sa cavalière au bout de sa main, avant de s'arrêter. Leur mouvement terminé, il lui laisse toute latitude pour choisir si elle désire continuer, ou s'arrêter là. En cet instant précis, le sourire qu'il affiche est redevenu normal. Plus une once d'inquiétude, rien que le bonheur pur et simple d'avoir pu partager un moment éphémère mais beau. Dans ses yeux, une supplique à peine dissimulée. Il souhaiterait pouvoir danser ainsi pour toujours. Tourner et tourner encore.


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Delaynna
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Jeu 29 Nov 2012 - 6:58
Le sourire en coin de l’elfe s’étira lorsqu’il accepta son invitation. C’était là le piège. Il était là pour la retenir pour que ses hommes retrouvent l’enfant. Alors, elle pouvait le faire également. Bien sûr, qu’elle n’avait pas été idiote pour voir que l’homme à la barbe n’était pas qu’un simple homme des rues. Elle voyait bien le genre. Sans esse à la recherche de richesse. Par tous les moyens, ils parvenaient à leur fin. Mais il ne connaissait pas la triplette. Longtemps elle avait vu les hommes s’acharné pour obtenir ce qu’ils désiraient tant.

La jeune femme ria eut un léger rire de satisfaction lorsqu’il lui murmura que c’était la première fois qu’il dansait avec une elfe. L’intensité que Del ajoutait à son regard, ne faisait qu’augmenté le plaisir que l’homme avait en cet instant. Bien sûr, elle jouait la comédie pour s’échapper plus facilement. Les hommes étaient si faibles lorsqu’ils étaient question qu’une femme s’approchait d’eux.

Elle découvre une main virile se refermer sur sa petite main. Ils refirent les mêmes pas. Layna avait toujours le menton bien haut et de la détermination et de l’intensité dans le regard.

Soudain, il tente par mile chemins d’éviter la question. Si elle l’aimait ? Elle prit le temps de bien répondre. Après tout, elle ne connaissait pas cet enfant. Mais elle voulait par-dessus tout l’aider. Cet enfant qui ressemblait tant à Daeron… Ce petit être qu’elle ne pouvait voir. L’humain lui faisait tant rappeler ce petit être. Elle avait laissé partir sous ses yeux Daeron, elle ne voulait plus faire cette même erreur de le laisser s’en aller. Elle l’emmènerait avec elle voyager pour qu’il apprenne le meilleur de lui-même. C’était la même chose pour Hirlon. Elle les emmènerait avec elle partout. Comme des fils. Delaynna ne désirait que le bonheur des autres.

L’elfe se laissa séduire par la danse et ferma les yeux et prit une bonne inspiration, lorsque l’homme à barbe s’approcha de son oreille et qu’il posa sa main sur sa hanche. Del posa sa main sur la sienne qui était posé sur sa hanche et son autre derrière la tête du chef. Elle tourna la tête pour mieux le regarder et afficha un sourire en coin et se retourna face à lui, séductrice.

-Jaloux de l’affection que je lui porte… Vous avez du culot de dire cela. Après l’avoir fait souffrir. Si je n’avais pas vu cela, peut-être que cette affection aurait été pour vous.

Elle approcha ses lèvres près des siennes et afficha un simple sourire et s’éloigna de l’homme à barbe. Elle commença par tourner autours de lui, tel un prédateur qui menaçait sa proie.

-Les enfants méritent d’être aimé… et non d’être maltraité. Mais vous n’avez pas répondu à ma question. Qu’a-t-il fait pour que vous le pourchassiez ainsi ? Je ne veux qu’une réponse claire.

Face à l’entrée du tunnel, l’elfe lui tourna le dos. Elle posa son poing sur sa hanche, plus précisément sur le pommeau de son épée, prête à n’importe quoi.

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Erco Skaline
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Mar 4 Déc 2012 - 15:20
L'incompréhension traversa le visage du jeune Hirlon suite à son attaque "surprise". Il y avait cru du fond de son coeur, il avait certes des chances qu'elle marche, mais c'était de bien faible chance, et au final il avait perdu. Il se retrouva dans une situation bien délicate... Suspendu par le poignet. Il avait terriblement mal, une douleur déchirante et son "adversaire" qu'on ne peut pas vraiment nommé ainsi en fin de compte car il ressemble plus à un lion chassant deux petites souris. L'ado sentait la vrais peur naître en lui. Une peur qu'il n'avait connu il y a des années. Les images du cimetière lui revinrent comme un flash-back mue par la détresse. Le froid lui revenait, les encouragement des ses amis. Là il était seul, tous étaient parti. On l'avait abandonné. Si Marach et les autres auraient été là, ils auraient pu agir en groupe, et là tous aurait été différent.

Ce n'était pas le cas. Hirlon était seul face à un tueur décidé à mettre sa mission à exécution. La chance des enfants face à l'expérience d'un vétéran, seul un idéaliste ou un enfant pouvait toujours croire en la réussite de leur fuite. L'ado n'y croyait même plus lui. Il faut dire qu'il ne pensait plus à rien entre ses terreurs passées resurgissantes et la douleur au poignet. Il avait bien une deuxième dague, mais il n'eut même pas la présence d'esprit de la dégainer.

Le gamin allait crever, c'était sur. Malgré toute sa bonne volonté Hirlon n'allait pas pouvoir le sauver. Il se débattit espérant déranger l'autre dans son tir. La poigne ne fit que de se resserrer d'avantage ce qui poussa Hirlon à lâcher un petit cri étouffé... Il leurs fallait un miracle....

Il arriva, mais pas sous la forme d'un guerrier légendaire ou qu'un preux chevalier comme l'espère sans doute Hirlon et le gosse. Ce miracle vint du plus jeune, et même si ce fut fait par inadvertance cela lui sauver la vie, ainsi que celle de son compagnon.

Une chute de caisse. Un cascade de bois se déversa sur le duo, par chance Hirlon ne fut que peu toucher et son tortionnaire reçu la plus grande partie des caisses de face. Certaines se brisèrent fragilisée par la moisissure. L'homme dut en recevoir une en pleine tête car il chuta, et Hirlon avec. Sans réfléchir ce dernier se ratatina et lorsqu'il fut sur et certain que c'était fini il se redressa un peu sonné et transi de froid et de peur. Massant son poignet il resta bloqué sur le corps inerte de l'homme. Est-il mort? Oui? non? Peut-être? S'il lui plantait une dague dans la gorge il serait sur. Mais pouvait-il le faire? Grande question. Il jugea que non, ou peut-être est-ce les cris de gosse qui lui fit revenir hors de ses interrogations.

Hirlon s'élança avec précaution, comme si marcher trop lourdement pouvait le réveiller. Il se retrouva alors sous son protégé pendu les pieds dans l'air gesticulant plus que nécessaire. L'ado ordonna d'une voix qui se voulait autoritaire mais qui tremblait autant que celle du gamin:

-Tais-toi!!! t'arrive à finir ta montée?...

De toute évidence ce serait difficile, mais il fallait vraiment qu'il y arrive et en bas Hirlon était inutile. Tous ce qu'il savait c'était que d'autre allait venir bientôt et ça allait recommencer. Laisser le gamin seul sur les toits et le suivre par le bas trahirait leur avancée sur les toits.... Mais il ne voyait pas comment il allait pouvoir le rejoindre. Sauter? Impossible au vue de sa taille et de sa force.

Pendant que le gamin essayait de gravir les deux derniers mètres avant d'accéder aux toits, Hirlon scrutait les abords de la ruelle cherchant un autre moyen. Les murs étaient lisse pour la plus part et de toute manière ceux étant rugueux étaient humide et donc glissant. Il ne voyait pas. Les cloches sonnèrent et le stressèrent comme pas possible. Il s'avança de quelques mètres presque désespérément comme si cela pouvait changer quelques choses.

Il la vit!

La chêneau ou pendait le gosse allait jusqu'au sol... Qu'il était bête il pouvait y monter. Il fallait faire vite. Trop pressé de chercher un autre moyen de monter qu'il avait omit de voir le plus proche de lui. Il lâcha avec plus de confiance au gosse:

-Allez grouille, je te suis. Vite!

Il entama la monté essayant d'oublier la froideur du cuivre. Il en vint a espérer qu'elle tiendrait le poids des deux ensembles. S'ils faisaient vite, ils devraient réussir. Hirlon retint son souffle se sentant glissé, il resserra sa prise et força sa monté. Encore 3mètres. Bientôt il pourrait soutenir le gosse et l'aider à finir sa petit grimpette.

La montée dura comme une éternité. Le vent soufflait toujours et fouettait les deux fugitifs. Ils arrivèrent au final à leur destination et se laissèrent tomber le long du toit. Hirlon en avait vraiment marre. Il demanda énervé par tous ces derniers évènements:

-Bon gamin, tu leur as fait quoi?...

Voyant l'absence de réponse. Il insista:

-T'a volé quoi?... T'a vu quoi?... T'a foiré quoi comme travail?... Enfin on envoie pas des tueurs pour un gosse comme toi.... T'es rien pour eux, enfin là, non, tu vaux le prix d'une exécution. Je peux t'aider que si tu me parles.... Alors PARLE!!!!!
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Ryad Assad
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Mer 5 Déc 2012 - 1:30
Le gosse se balance dans le vide, retenu à la force de ses bras maigrelets qui ne parviennent pas à hisser sa frêle carcasse sur le toit. Le vent froid le mord impitoyablement, et comme il l'a crié auparavant, il est sur le point de tomber. Il tente de s'appuyer avec ses orteils sur le mur, mais celui-ci ne lui fournit aucune prise digne de ce nom, et il n'a plus qu'à attendre l'inévitable : que ses bras lâchent, et qu'une chute fatale ne l'emporte. Mais ce n'est pas l'avis d'Hirlon, qui a miraculeusement réchappé de la chute des caisses et surtout de sa confrontation avec l'assassin. Le mioche n'a pas tout bien compris, mais il a entendu les voix, le choc qui a mis hors d'état de nuire leur poursuivant, et maintenant la voix de l'adolescent qui est de son côté. C'est sa seule chance de survivre.

Cela dit, puisqu'il ne doit pas parler, il fait un effort pour ne pas crier son désespoir et sa peur. Il se mord l'intérieur des joues, et fait de mieux pour rester accroché, ne pas trop gaspiller de forces pour tenir le plus longtemps possible. La question qui suit, il essaie d'y répondre, mais manque s'étouffer. Il inspire profondément, et lance :

- J'arrive pas ! J'arrive pas à monter !

Il a essayé de parler à voix relativement basse, mais suffisamment fort pour que l'on puisse l'entendre depuis le sol. Il espère simplement que cela ne va pas attirer un autre bandit, sans quoi ils risquent de ne pas s'en sortir. Il observe ensuite son compagnon aux cheveux blonds chercher un moyen de le rejoindre. Les caisses tombées, il faut bien trouver autre chose pour se hisser sur le toit. Il se déplace, et finit par trouver quelque chose. Le gosse ne voit pas de quoi il s'agit, mais il entend bien que Hirlon a trouvé un appui. Pour ne pas le déconcentrer, il ne dit rien, mais ses doigts commencent à être engourdis, et il sent que son corps le tire inexorablement vers le bas.

Alors commence une longue attente. Il espère que celle-ci ne va pas durer trop longtemps, tout en devenant de plus en plus impatient au fur et à mesure que les secondes passent. Il serre les dents pour étouffer la douleur dans ses bras, ses mains et son petit torse plaqué contre le bord du toit. Il ne sent déjà plus ses jambes et ses pieds, à cause du vent et de l'air glacial, et si on le laisse trop longtemps là-haut, il risque de mourir de froid avant de mourir le cou brisé par terre.

Mais soudain, alors que ces sombres pensées commencent à lui faire perdre espoir, la silhouette de Hirlong apparaît devant lui. Il sourit malgré lui, et se laisse tirer à l'abri sur le toit. Epuisés tous les deux, ils tombent allongés, le souffle court et le corps ankylosé. Mais alors que le gamin pense pouvoir prendre un peu de repos, reviennent les questions. L'adolescent le regarde avec insistance, et il semble contrarié. Le gosse, terrorisé, a du mal à réfléchir, et la brusquerie dont fait preuve l'adolescent n'arrange rien. On ne lui a jamais demandé de se souvenir de quoi que ce soit, et il a curieusement l'habitude d'oublier les choses qui le gênent. Plonger dans ses souvenirs n'est pas un exercice facile ou naturel, pour lui. Cependant, au vu de la situation, il tente de s'y employer :

- Pardon...pardon...J'vais essayer de me souvenir...Attendez...

Il lance ses excuses machinalement, pour essayer de calmer le flot verbal de son interlocuteur visiblement excédé. Il finit par se calmer quelque peu, et cela donne le temps au môme de se concentrer. Il débite, sur un ton monocorde :

- J'ai volé des bijoux, cette fois. Moi, j'ai pensé qu'z'étaient chers, mais faut croire qu'c'était pas ça. Alors du coup...euh...

Il hésite un moment, avant de reprendre :

- J'ai d'mandé pardon au patron. J'ai même voulu lui t'nir la main. Mais j'ai démachiné son habit tout beau, et j'ai p'têt' fait une tâche sur son dessin qu'il a sul' bras.

Il hausse les épaules, pour montrer qu'il n'en est pas totalement sûr, et reprend :

- A...Après, il s'est fâché après moi. L'a dit qu'j'avais pas été sage, et qu'ça allait mal finir. Mais comme j'm'suis fait rouspéter juste avant, j'voulais pas encore. Alors j'suis parti. C'tout.

Un courant d'air particulièrement glacial le saisit, et il se met à grelotter. Son interlocuteur n'est pas dans un meilleur état, et ni l'un ni l'autre n'ont visiblement envie de rester dehors par ce temps. Le plus jeune des deux, moins perdu dans ses réflexions que son aîné, lance au hasard :

- M'sieur...Désolé d'vous déranger pendant qu'vous réfléchissez mais...j'ai bien froid, m'sieur. Faut que j'cherche un endroit où dormir, si j'veux pouvoir trouver à manger d'main.

En effet, il sent la fatigue le gagner. Il se permet même un bâillement tout à fait prodigieux, tandis que des larmes envahissent ses yeux. Si le vent n'était pas aussi froid, nul doute qu'il se serait installé sur le toit pour dormir. Mais là, pas question. Il lui faut trouver un abri chaud, sec, et surtout sûr. Manque de chance, il n'en connaît aucun. Sa seule option consiste donc à suivre l'adolescent, pour l'instant, en espérant qu'il l'aide à trouver quelque chose à manger.


- - - -


Peiné que la danse s'arrête alors qu'elle lui a fait tant plaisir, l'homme sent ses épaules s'affaisser, en voyant le dos que l'elfe lui présente. Il donnerait cher pour tout lui expliquer, pour lui avouer toute la vérité, pour se soulager de ce fardeau. Encore sous le coup de l'euphorie liée à la danse, il se demande ce qui l'empêche de tout lui raconter. Elle pourrait certes le détester, mais en cet instant précis, il a tellement envie de faire amende honorable pour toutes ses mauvaises actions qu'il pourrait endurer sa colère et son mépris si cela lui permettait d'avoir ne serait-ce qu'une chance de la conquérir. Les doutes tentent de venir saper sa résolution, mais sa décision semble irrévocable. Il pose délicatement une main sur l'épaule de sa belle compagne :

- Je vous en prie, regardez-moi...

Elle consent à lui faire face, ce qui ne lui facilite pas la tâche. Trouver les mots pour parler face à des yeux aussi durs et aussi beaux est terriblement difficile, mais parvenir à lui avouer toute la vérité en face l'aidera peut-être à le pardonner et à le comprendre. Avant leur rencontre, il n'a pensé toute sa vie qu'à acquérir du pouvoir, afin de gagner en influence. Il a pensé qu'ainsi, il pourrait tout se payer, même le bonheur, même l'amour. Mais cet amour, il l'a rencontré par hasard, dans une ruelle. Et maintenant qu'elle se trouve face à lui, il est prêt à renier tout ce qu'il a été, et tout ce qu'il a jamais rêvé d'être, pour elle :

- Je...

Il hésite, il cherche la bonne formulation. Il cherche par où commencer. Il se demande encore comment elle va le prendre. Il souhaite ne pas la terrifier, mais il refuse de lui mentir par ailleurs. Le dilemme est compliqué, et il décide de se lancer à corps perdu, mais à cœur ouvert. Inspirant profondément, il s'apprête à parler...

- Monseigneur ?

L'homme à la barbe sursaute en entendant une voix dans son dos. Cette voix, cette intonation, cette brièveté de la question qui en dit pourtant long, vient de briser en un millier de morceaux les rêves qu'il a eus pendant un instant. La réalité le rejoint, balayant d'un revers la chaleur du corps de l'elfe contre le sien, son sourire délicieux, ses cheveux lisses et soyeux. Finis les pas de danse et les regards complices. Désormais, un troisième joueur vient de rejoindre la partie. A ceci près qu'il ne joue pas avec les mêmes règles. Le visage de l'aristocrate, toujours face à l'elfe, trahit sa terreur immense. Pourtant, derrière lui, ce n'est que Grig' : l'homme qu'il a commandé comme son serviteur, quelques heures auparavant. Mais en cet instant précis, il semble que les rôles sont inversés, et que les masquent tombent. Qui est le maître et qui est le serf ? Qui est le prédateur, et qui est la proie ?

L'homme se retourne prestement, et semble tassé sur lui-même, visiblement soumis. Il sait apparemment qu'il est dans une ruelle sans issue, et qu'il n'a aucune chance de s'échapper. Le corps massif de celui qui il n'y a pas si longtemps s'est présenté comme son garde du corps obstrue la seule voie sûre, et envisager de fuir par ailleurs n'est que folie. Comme si le froid parvenait à pénétrer sa chair en ce instant précis, il se met à trembler. Cependant, il se tient bien droit, et il tente de dissimuler sa peur. Plus pour se montrer digne devant l'elfe que parce qu'il espère impressionner le nouvel arrivant. Elle se tient toujours derrière lui, et alors que son cœur bat la chamade dans sa poitrine, ses pensées ne sont tournées que vers sa sécurité à elle :

- Grig', que faites-vous ici ? Demande-t-il d'une voix qu'il veut assurée.

L'intéressé, emmitouflé dans un épais manteau de fourrure, fronce ses sourcils, et répond d'une voix caverneuse :

- Et vous, que faites-vous, monseigneur ? Lâche-t-il plein d'ironie sur le dernier mot. J'envoie mes hommes courir dans le noir et dans le froid pour vous, tandis que vous...dansez ? Avec cette femme elfe ? J'espère que vous ne nous prenez pas pour des imbéciles. Vous vous êtes engagé à aller jusqu'au bout, alors prouvez-le.

L'homme à la barbe serre les poings. Il semble face à une décision cruelle, et il est visiblement le seul à pouvoir trancher. De quoi il s'agit, seuls eux deux le savent, de toute évidence. Il se retourne vers Delaynna, et ses yeux brillants de larmes implorent pardon, comme s'il avait commis un crime, et qu'il essayait de se repentir. Il y a de la tendresse et de la douceur dans son regard. Ainsi qu'une grande crainte. L'image de l'elfe semble lui redonner du courage. Il inspire profondément, et s'insurge :

- J'ai changé d'avis, Grig'. Je...J'arrête tout ! Vous m'entendez ? Arrêtez tout, annulez tout !

Le colosse sourit comme à une mauvaise blague. Sur son visage, on dirait plutôt que quelqu'un vient de donner un coup de hache, afin d'y creuser une entaille. Visiblement, il n'est pas habitué à ce qu'on lui réponde ainsi, et bien que ses dents soient désormais apparentes, son expression n'a pas changé d'un iota. Il est toujours aussi menaçant, toujours aussi effrayant. Alors, il se met à marcher, d'un pas lent et mesuré. Cadencé. Il ressemble à une machine de mort, qui avance inexorablement vers son objectif, et à laquelle nul ne peut échapper. Dans l'esprit de l'homme à la barbe, la terreur se répand comme une trainée de poudre, et il est de moins en moins capable de réfléchir. Trouvant encore la force de faire preuve d'honneur, il s'interpose entre l'elfe et Grig', les bras écartés pour faire barrage de son corps. D'une toute petite voix, il lâche :

- J'ai peut-être commis des erreurs dans ma vie, belle Dame...Mais j'ai toujours été sincère envers vous.

Il remonte ses poings serrés devant son visage, avec l'espoir de pouvoir rivaliser contre le mastodonte qui semble le dominer de toute sa hauteur, désormais. Il a le choix de sortir sa dague, mais il est conscient que s'il le fait, alors Grig' risque de vraiment s'énerver, et qu'il peut en venir à tuer tous les témoins de la scène. Le provoquer en duel de manière honorable, c'est donner toutes ses chances à Delaynna. C'est la seule chose qui importe, en cet instant :

- Grig', réglons ça entre personnes civilisées. Sans armes. Et je vous en supplie : ne touchez pas à un cheveu de sa tête. Par pitié.

Le géant s'arrête un instant, et considère l'elfe derrière l'homme. Son regard est pesant, trahissant la férocité qui sommeille derrière ses traits détendus. Il reporte son attention sur l'aristocrate, et lâche :

- Vous recevrez ce qu'elle ne recevra pas. Cela vous convient ?

- Tout à fait. Quant à vous, belle Dame, n'intervenez pas. Je vous en conjure.

La situation a dégénéré en quelques secondes à peine, et c'est avec un cri de rage que l'homme à la barbe lui fait atteindre le paroxysme de la violence. Il s'élance droit sur son adversaire, armant par trop largement un crochet du droit. Son assaut met trop de temps à arriver, et sa garde est loin d'être parfaite. Il est évident dès les premières secondes que sa défaite est inéluctable. Mais il l'a su dès lors qu'il a accepté le défi. Avec une vitesse surprenante au regard de sa taille, le soldat bloque le coup, et dispense une riposte cinglante et dévastatrice. En trois coups, le plus petit des deux se retrouve au sol, le souffle coupé, la lèvre et la tempe pleines de sang. Il cligne des yeux, et parvient à se relever. Il tend une main vers Delaynna, afin de la supplier de ne rien faire :

- Ne bougez pas ! Ne bougez pas...Lâche-t-il, la bouche pleine de son propre sang.

Guère assuré sur ses jambes, il revient à la charge, mais est à nouveau arrêté. Grig' l'attrape par le col, et avec une force inhumaine le soulève de terre. Il déverse sur le corps de sa pauvre victime une pluie de coups, à la tête et au torse principalement. Le bruit des impacts est cruellement répercuté par les murs, et chaque oreille les perçoit mieux lorsque les gémissements du martyr cessent, au moment où il perd connaissance. Alors, Grig' traîne le corps inanimé et méconnaissable vers la fontaine, et plonge dans l'eau glaciale le visage de son adversaire vaincu. Il patiente un moment qui semble durer une éternité, avant de le ressortir, et de jeter son fardeau sur le sol. L'homme à la barbe ressemble à un tas de viande et de tissu couverts de sang. Pour faire bonne mesure, le soldat lève son pied, et adresse un coup de talon dans le torse de sa victime. Le craquement sinistre qui se repris en écho a de quoi faire frissonner.

Une fois son œuvre terminée, Grig' se tourne vers Delaynna. Il la toise un bref instant, comme s'il hésite entre trahir sa parole ou la respecter. Finalement, il décide de s'éloigner de son pas pesant, sans rien ajouter, daignant la laisser en vie. Quand bien même elle est une elfe, quand bien même elle est armée, s'il avait décidé de la tuer, elle n'aurait eu aucune chance : ni par la ruse, ni par la force. Rien n'aurait pu la sauver. Une odeur de sang embaume l'air, ainsi que l'impression désagréable que la douleur est présente partout, souillant les murs et le sol. Répandre la terreur et disparaître, voilà sa seule raison d'être. Mais en cette froide soirée d'hiver, il lui reste une dernière chose à faire. Trouver celui que tout le monde chasse, ce gamin misérable, et lui faire endurer, avant de le tuer, des tourments inimaginables.

Dans la ruelle, tout est calme. Pas un bruit, à l'exception d'un sifflement irrégulier. Celui de la respiration d'un homme blessé. Bien que meurtri, il est toujours en vie...


Membre des Orange Brothers aka The Bad Cop

"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"

Spoiler:
 


Dernière édition par Ryad Assad le Mer 12 Déc 2012 - 23:04, édité 1 fois
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