Entre Chien et loups

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Delaynna
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Mer 5 Déc 2012 - 19:16
Delaynna envoya sa chevelure dans son dos, lorsqu’elle se retourna face à lui. D’un geste brusque, elle retira la main de l’homme qui avait soigneusement mise sur son épaule. La sienne tenait fermement le pommeau de son épée. Elle n’avait plus de temps à perdre maintenant. Elle devait à tout prix retrouver les petits. L’elfe sent enfin qu’il allait lui dire la vérité. Elle fronça les sourcils, ne comprenant pas ce long silence. Avait-il maintenant honte des actes qu’il avait commis ? C’était surprenant venant de sa part. Mais elle ne devait pas défaillir à ses avances. Elle voulait partir. Partir de cette citée. Elle n’était venue dans le but d’y trouver refuge pour la nuit. Maintenant, elle avait pris la décision de repartir avec le petit et Hirlon. C’était définitif. Ils n’avaient pas à vivre une vie aussi misérable que des gens comme l’homme à barbe leur faisait vivre.

L’elfe fit volte face pour voir celui qui avait interpellé le chef. Elle recula de quelques pas et observa la scène entre le complice et le maître. Mais Del remarqua vite la terreur du regard de l’homme à barbe. Qui était qui ? Les rôles étaient maintenant inversés. Elle voyait le dénommé Grig s’approcher d’eux, immense et massif. Et puis l’homme à la barbe qui la regarde, le regard remplis de larme. Tout cela semble sortir de conte pour enfant ou le méchant se fait prendre dans son propre jeu.

L’homme à la barbe se met entre elle et Grig. L’elfe serra fort son pommeau et observa le grand colosse avec autant de férocité dans le regard que le sien. Tel deux loups qui désirent la même chose, obtenir le territoire entier. Tout cela mènera à la violence. Elle ne pouvait rien faire. Elle échappa un cri lorsqu’elle le vit la bouche couverte de sang. Laynna aurait voulu intervenir, mais elle ne pouvait. Elle regardait l’homme à barbe se faire massacré par Grig. Del posa sa main sur son ventre. Elle avait l’impression que la douleur revenait en elle. Celle de Mathias. Elle plissa les sourcils. L’eau de la fontaine se mettait à tourbillonner lentement. Del s’approcha du gros baril et y sauta. Elle prit un élan et monta sur le toit. Elle voyait la scène de toute cette violence faite au chef. D’un geste de la main, elle tourna gracieusement son poignet et en fit une danse. Plus les mouvements d’accentuaient, et plus le courant de l’eau augmentait et montait. C’était très peu d’eau. Mais avec cette quantité, c’était suffisant pour assommer Grig et disparaître. La pluie d’étoile filante augmentait toujours en luminosité.

Del observa la scène ou l’homme à barbe tomba par terre. Grig la regardait et semblait hésiter s’il devait la tuer ou non. Mais il tourna les talons. L’elfe échappa un cri et tout le tourbillon d’eau se jeta sur Grig de plein fouet. La pression de l’eau était aussi forte qu’une très grosse vague. Cela jeta le colosse par terre. Laynna se redressa et observa l’homme à barbe agonisant. Elle tourna les talons et se mis à la recherche des enfants. Mais elle allait revenir. Et elle saura la vérité.

Les toits étaient très glissants. Delaynna marchait rapidement avec calme et grâce. Il y bien longtemps de cela, elle avait gravis la grande citée. Et elle le refaisait comme autrefois. Elle arriva au bout d’un moment près de la cathédrale. Elle glissa jusqu’à terre ou elle tomba sur de la paille. Elle se releva tant bien que mal, heureuse d’avoir atterrit sur quelque chose à la place du sol. Del se souvenait d’avoir vu cet endroit dans la vision qu’elle avait vu lorsqu’elle cherchait le gamin. Elle aperçut le vieux bâtiment abandonné. Elle se dirigea là, tout en s’époussetant de la paille qu’elle avait dans les cheveux et sur sa robe. Elle s’arrêta et observa les alentours. C’est alors, qu’elle vit des caisses glissées le long de la rue. Elle s’approcha de cet endroit et vit qu’un homme était inconscient par terre à cause de la chute. Elle leva les yeux vers le toit et ne vit personne. Aucun doute, c’était bien les gamins. Ils étaient en vie.

-Hirlon! S’exclama-t-elle.

Un grognement se fit entendre. L’homme semblait se réveiller après le gros coup qu’il a eu sur la tête. Une grosse bosse naquit sur son front. Elle recula de quelque pas et le laissa se relever difficilement. Il grogna à nouveau en remarquant que les gamins qu’il pourchassait avaient disparus. L’elfe brandit son épée et la pointa vers l’homme engagé par sans nul doute, l’homme à barbe.

-Oh non, je ne ferai pas ça si j’étais vous, fit-elle, menaçante.

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Erco Skaline
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Lun 10 Déc 2012 - 13:08
Hirlon n'écouta que d'une oreille la réponse du gosse, il était bien trop préoccupé par le réveil de leur agresseur et par l'obligation de trouver une cachette, et qui plus est il était sur que le gosse ne saurait pas vraiment pourquoi on voulait le tuer. Néanmois l'ado écouta d'une oreille, et laissa une partie de son cerveau réfléchir au pourquoi du comment. Le fait qu'il ramène des bijous sans valeur avaient bien du énervé l'homme à la barbe, mais pas assez pour qu'il veuille tuer le gosse... Enfin c'était très peu probable, une bonne baffe aller-retour aurait suffit à le remettre sur le chemin des objets de valeurs... Quand a tué parce que le gamin aurait peut-être abimé un "dessin" sur son bras, c'était impossible. De un parce qu'on ne peut pas abimer un tatouage comme ça, faudrait qu'il aille griffer sévèrement son "protecteur" pour que le dessin aille été abimé. De deux même si le tatouage avait été griffé ou abimé, jamais l'homme à barbe ne le tuerait pour ça. Hirlon avait vu en lui un homme sage et pas impulsif, plutôt réfléchi. C'était donc autre chose en rapport avec ces deux faits: Voler des bijoux sans valeurs, et avoir déboutonné une chemise dévoilant un tatouage sans faire exprès.... C'était dans les deux cas peu probable.m

Tous d'un coup Hirlon eut une idée et demanda sans grand espoir:

-Dis le tatouage tu saurais me le décrire grossièrement?

Certaine personne se faisait tatouer des signes pour dire leur appartenance, c'était peut-être pour ça que le gosse devait mourir. Même si c'était toujours bizarre, vu qu'en général on était fier d'appartenir à tel ou tel "gang". Toute cette histoire cachait quelques choses qui donnait la chair de poule à Hirlon, presque autant que la froideur de cette nuit.

Il sursauta en entendant son nom. La voix il l'avait déjà entendue, juste avant. Il lui fallut quelques secondes de réflexions pour remettre un visage dessus. Delaynna. Il sourit, ce qui ouvrit encore plus ses lèvres toute gercée. Maudit froid, c'était vraiment un hivers rude. Jamais il n'en avait vu des comme ça, et il en avait bien vécu dix-sept au moins.

Par précaution, il s'avança vers le bord du toit, ignorant encore une fois le gosse. Il passa la tête et put voir l'elfe en-dessous qui parlait avec leur adversaire. Il murmura pour lui-même:

-Tue-le, vas-y hésite pas, tue le!!!

De tous son coeur Hirlon espérait que l'elfe tuerait l'homme, il était méchant et sadique. En plus s'il récupérait une de ses armes, Delaynna risquait d'avoir de la peine à le combattre, elle paraissait tellement frêle à côté de cette montagne de muscle. Il priait au fond de lui pour que tous se passe bien. Il ne l'avertit même pas de sa présence, elle avait sans doute compris ou il était avec le gosse, et si par hasard elle se faisait tuer, ils auraient au moins la possibilité de s'enfuir par les toits gagnant quelques précieuses minutes... Mieux valait la laisser se débrouiller et intervenir que si elle remettait l'homme hors d'état de nuir... Dans le cas contraire ce serait la fuite éperdue vers une sortie clandestine de la ville...
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Ryad Assad
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Mer 12 Déc 2012 - 23:37
Le gosse assis sur le toit se demande bien quels chemins tortueux et étroits l'esprit vagabond de son interlocuteur, guère plus âgé que lui après tout, emprunte en cet instant précis, tandis que son regard perdu dans le vague semble voir une route semée d'embuches que nul autre ne peut concevoir. Ou plutôt, il se demande ce qu'il fout. Peu de poésie, hélas, dans les bas-fonds d'une ville, même aussi prestigieuse et glorieuse que Minas Tirith. Finalement, Hirlon sort de ses pensées, et interroge le minot sur le tatouage. Le fameux dessin qu'il a vu, et qu'il croit avoir tâché. Question difficile, à vrai dire.

Il l'a vu, c'est certain. Il se souvient très bien de l'avoir vu, mais pour ce qui est de le décrire...C'est bien plus délicat. Il se souvient de formes entrelacées, d'une encre noire, mais pas de grand-chose d'autre. Il essaie, pourtant, il se concentre. Il visualise la scène dans sa tête, essaie de se remémorer les différentes étapes de cet évènement si particulier. Il revoit la manche de soulever, il se revoit voir le tatouage...mais si l'image lui apparaît, elle semble se modifier à chaque seconde, évoluant avec ses efforts pour se souvenir, preuve s'il en est qu'il reconstruit des souvenirs qu'il n'a que de manière très fragmentaire. Incapable de mettre des mots dessus, il bafouille :

- Euh...Eh bien...L'était comme ça...Avec comme un pic là, et là...Et puis avec une sort'de...truc en haut, comme un...Comme un...'Fin un truc un peu comme ça, v'là. C'te form'là.

Il ponctue son explication de gestes compliqués de la main, que seul un Valar pourrait comprendre, et encore : dans un jour faste. Devant l'air désabusé de Hirlon, il lâche, tout désolé :

- J'arrive pas à m'souv'nir bien, m'sieur...Mais p'têt' que vous pourriez essayer de l'voir de vos prop'z'yeux, non ? Ca s'rait plus simple...

Penaud, il s'interrompt en entendant une voix en contrebas, dans la rue. Il s'agit d'une voix féminine qu'il a déjà entendue, même s'il a du mal à se souvenir de qui il s'agit. Aux côtés de Hirlon, il regarde par-dessus le bord, et découvre la femme elfe de tout à l'heure. Avec surprise, il se rend compte qu'elle aussi l'a suivi jusqu'ici. Outre le fait qu'il ne comprend pas pourquoi, il ne comprend pas comment il se fait que tout le monde réussit à le trouver aussi facilement, ce soir. Deux méchants, l'adolescent blond, et maintenant la femme aux oreilles pointues. Très étrange, définitivement. Il se demande quoi faire, puisqu'elle ne les a pas vus, et se prépare à l'appeler pour lui signaler leur présence, quand un mouvement sous les caisses attire leur attention à tous. Ils se tournent tous vers l'amas de caisses brisées, sous lesquelles un homme essaie de se relever. Le gosse, terrorisé, se blottit derrière le bord du toit, tout à fait effrayé, mais en même trop curieux pour ne pas regarder ce qu'il va suivre.

Quel foutoir ! C'est la première pensée qui vient à l'esprit de l'homme inconscient, lorsqu'il se réveille. Il sent, peser sur son dos, le poids des caisses de bois brisées lorsqu'elles lui sont tombées dessus. Il se souvient vaguement d'avoir eu l'impression qu'une montagne lui est tombée sur la tête, une grande douleur, un éclair blanc, et puis plus rien. Il ignore même combien de temps il est resté inconscient, allongé là, à bouffer de la neige dégueulasse bien malgré lui. Pas assez longtemps pour que ses compagnons le retrouvent, a priori. Tous des fainéants, ceux-là. A part Grig, mais lui c'est un cas à part. L'homme encore un peu pâteux grommelle, et s'extirpe précautionneusement de sa prison de bois. Il sent un violent mal de tête le parcourir, comme si quelque chose sonnait un cor de chasse à l'intérieur de son crâne. Ses doigts courent le long de son front, et épousent la forme d'une bosse naissante, qui témoigne par sa taille de l'impact violent qui l'a mis hors-combat temporairement.

Il se relève tant bien que mal, encore un peu hésitant sur ses jambes, et, à sa plus grande surprise, se retrouve nez à nez avec l'elfe de tout à l'heure. Par pur réflexe, il porte la main à son épée, mais elle est la plus rapide. Elle glisse la pointe de la lame qu'elle tient en main droit sur lui, et lui intime de ne rien faire. Il demeure figé dans sa position, la main à quelques centimètres du manche de son arme, jaugeant la situation.

Premièrement, l'elfe. Elle représente le principal obstacle entre lui et les deux gosses, qui ne se sont toujours pas barrés, d'ailleurs. Perchés sur le toit, ils observent la scène avec méfiance et espoir. Nul doute qu'ils aimeraient bien le voir mort. L'elfe est trop proche pour qu'il puisse dégainer sans se faire tuer...mais en même temps... Le type est un guerrier expérimenté, professionnel, et particulièrement conscient des faiblesses de chacun. Il sait que derrière une grande détermination et une froide assurance se cachent potentiellement trois choses : une profonde amertume, qui conduit les êtres à tuer leurs semblables sans remords ; une forme dangereuse de folie, qui amène les individus à exécuter les sombres besognes sans rechigner, jusqu'à ce qu'ils explosent ; une fragilité cachée sous un masque d'impassibilité, qui conduit à la paralysie en cas de stress trop important. Pendant quelques secondes qui semblent durer une éternité, et pendant lesquelles personne n'ose respirer, l'homme observe la femme elfe, cherchant à déterminer à quelle catégorie elle apparaît. Des indices physiques, un léger tremblement, ou encore une manie peuvent trahir son inexpérience ou son refus de vouloir donner la mort.

Poussant le vice jusqu'à la provoquer, il pose ostensiblement la main sur le manche de son épée, et demeure ainsi, satisfait de voir qu'elle n'a pas bougé. Il se demande ce qui l'a retenu de passer à l'acte, alors qu'elle avait l'occasion de le faire. Peut-être parce qu'il a pris son temps, pour ne pas la brusquer. Peut-être parce qu'il n'a pas cherché à se cacher. Peut-être, comme il l'espère, parce qu'elle n'a pas ce qu'il faut pour le tuer. Ainsi placés, ils se retrouvent dans une situation critique. S'il bouge ne serait-ce qu'un peu, cela signifie qu'il va dégainer, et qu'il désire la tuer. Alors, sera-t-elle prête à l'achever avant qu'il ne la passe par le fil de son épée ? Excellente question. Il attend un peu, la laissant face à ce choix difficile, cherchant le moment où ses pensées prendront tellement le pas sur sa concentration qu'elle mettra une seconde de plus que nécessaire à réagir. Alors, il pourra tirer l'épée, et rééquilibrer facilement les choses. Fort de son ascendant psychologique, il s'apprête à esquisser un geste, quand la situation vient à changer de manière surprenante.

Un sifflement suraigu se fait entendre, lorsqu'un carreau d'arbalète fend l'air à toute vitesse. Il passe à quelques centimètres à peine de l'épaule du guerrier tout de noir vêtu, et file à toute allure vers l'elfe. Celle-ci n'a pas le temps de bouger, mais heureusement pour elle, le tir est très légèrement mal ajusté. Le carreau érafle violemment son bras gauche, laissant une marque sanglante sur sa route, et poursuit sa course vers l'obscurité. La femme elfe pousse un cri de douleur, et recule malgré elle, déstabilisée par la vitesse du trait qui a pénétré sa chair. De l'ombre, un deuxième sicaire fait son apparition, une arbalète de poing déchargée en main. Dans l'autre, il tient un carreau qu'il s'empresse de glisser dans l'interstice prévu à cet effet. Un cliquetis parvient aux oreilles de l'elfe, annonçant qu'il est de nouveau prêt à tirer. Elle n'a le temps de rien faire, que son vis-à-vis en profite pour sortir son épée d'un mouvement fluide, et pour fondre sur son opposante. Il brandit son arme haut au dessus de sa tête, et l'abat de toutes ses forces. Elle dévie l'assaut tant bien que mal, mais pose un genou au sol, écrasée par la puissance de l'impact, affaiblie par son bras meurtri. La seconde frappe, un revers d'une puissance inouïe, fait voltiger la lame elfique des mains de sa propriétaire. L'épée va s'écraser sur le sol, tintant contre les pavés, comme un carillon de métal. C'est ironiquement de là que vient leur salut :

- Qui va là !? Crie une voix remplie d'autorité, venue de nulle-part.

A n'en pas douter, il s'agit de la garde de la cité. Ce sont les seuls à pouvoir crier ce genre de choses, en espérant qu'on leur réponde. Et effectivement, de l'autre côté de la ruelle, des hommes lourdement équipés apparaissent. Epée au côté, bouclier et lance en main, un arbre blanc frappé sur leur plastron, ils sont prêts pour la guerre. Les torches qu'ils portent projettent leurs ombres loin devant eux. Bientôt, ils seront assez proches pour découvrir le combat qui a lieu, et intervenir maladroitement et inopinément, comme ils savent si bien le faire. Les deux combattants en livrée noire se figent comme un seul homme, et se regardent, se demandant quoi faire. La patrouille est composée d'une demi-douzaine de combattants, guère plus. Rien de trop pour deux fines lames comme eux. Un carreau d'arbalète pour tuer le capitaine, puis l'épée pour occire les deux suivants avant qu'ils n'aient le temps de comprendre. Ainsi, ils se retrouveraient à deux contre trois. L'étroitesse de la ruelle leur conférerait un avantage stratégique, forçant chaque homme à se présenter seul face à eux. En combat singulier, ils ne mettraient que quelques secondes à se débarrasser de ces balourds patauds et inexpérimentés. Le dernier terminerait massacré en tentant de résister, ou en tentant de fuir : au choix.

Mais ce n'est pas cette considération qui les arrête, non. C'est simplement le fait que laisser le corps d'un gosse des rues, cela passe encore. En tuer un deuxième, cela peut s'expliquer. Abattre une elfe, on peut y songer si on cache son corps. Mais six gardes de Minas Tirith, c'est une autre affaire pour ce qui est de les faire disparaître. Or ils se doivent d'être discrets, plus que jamais. Ils perdent quelques précieuses secondes à hésiter, et finalement choisissent de ne pas ouvrir les hostilités, pour plus de prudence. Mais dans le même temps, il leur est impossible de s'attaquer à l'elfe et aux gosses sans se faire repérer. Pestant contre la malchance qui est la leur en cette nuit froide et sombre, ils battent précipitamment en retraite, se fondant comme des ombres dans l'obscurité.

Sur le toit, le gamin avise les gardes qui arrivent, et il conçoit le danger que ceux-ci peuvent représenter. En général, ils n'aiment pas les gosses des rues, et ils se montrent souvent méchants avec eux. Son épaule collée à celle de Hirlon, il commence à s'éloigner discrètement, en espérant que l'adolescent ne voie rien venir. Mais ce n'est pas le cas, et celui-ci perçoit sa tentative de fuite. Le gamin se lève alors, prêt à bondir à travers les rues. Que va faire Hirlon ?

La lumière projetée par les torches atteint finalement Delaynna et les gardes l'encerclent sans un mot, leurs lances pointées dans sa direction. Au départ suspicieux, leur capitaine ordonne rapidement à ses hommes de s'éloigner en voyant qui ils viennent de trouver. Afin de faire un peu d'air à l'elfe, il envoie ses hommes observer les alentours :

- Madame, je suis le Capitaine de cette patrouille : comment-allez vous ?

A peine cette question posée, il avise la blessure qu'elle a au bras, et se réprimande pour avoir su formuler une interrogation aussi stupide. La fatigue, sans doute. Contrairement aux hommes qui l'accompagnent, c'est un soldat expérimenté, peut-être même un peu trop. Vieillissant mais encore alerte, ses cheveux grisonnants trahissent sa grande sagesse. Analysant rapidement la situation, il comprend que beaucoup de choses se sont déroulées dans la rue : une blessure apparemment faite par un projectile, des caisses brisées, des traces de lutte, et un fourreau vide...Une nuit agitée.

- Madame, vous ne pouvez pas rester ici. Nous allons vous ramener à la caserne, et bander votre vilaine blessure. Tout ira bien, c'est la procédure normale.

Il a dit cela avec un sourire engageant, non dénué d'interrogations. Visiblement, il n'est pas dupe, et il se demande dans quelle situation s'est fourrée l'elfe pour se retrouver ainsi blessée dans les rues de la cité, par une nuit aussi glaciale. Un soldat de la patrouille arrive, et tend à son supérieur une épée elfique finement ouvragée. Le Capitaine la remet délicatement entre les mains de sa propriétaire, et aide cette dernière à se relever, avec une galanterie chevaleresque. En se retournant brièvement pour inspecter les lieux, il remarque quelque chose qu'aucun de ses hommes n'a vu jusqu'à présent. Il envoie un novice fouiller les débris de caisses, et celui-ci revient avec une arbalète de poing encore chargée. Afin d'éviter tout risque de tir malencontreux, le Capitaine retire le carreau, et examine l'arme un bref instant, avant de lâcher :

- Rentrons vite, madame. Je n'apprécie guère ce qui se trame ici...A moins que vous n'ayez quelque chose à me dire...

Les paroles sont dénuées de malice, et simplement curieuses tout en étant soucieuses. Un homme bon, ce Capitaine. Désireux de préserver la vie d'autrui du malheur et des douleurs, tout en se rendant bien compte que, malgré son travail de patrouille, il se déroule de nombreuses choses à l'ombre des rues de la cité que nul ne voit. Entre chien et loups, les menaces sont partout.


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Delaynna
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Jeu 13 Déc 2012 - 2:24
Le regard planté dans celui de l’assassin qui pourchassait les petits, Del commença à hésiter. Elle n’était pas faite pour tuer qui que se soit. Malgré qu’elle gardait allure face à ce monstre. L’elfe releva la lame sous la gorge de l’homme. Elle entendit les murmures d’Hirlon. Tue-le… Non, elle ne pouvait faire ça. C’était contre ses principes. Elle résigné à tuer les orcs et les gobelins qui avaient envahis Lothlorien. Mais un homme ?

L’homme la déstabilise en posa sa main sur le manche. Elle fronça les sourcils et releva son bras, entraînant son épée et fit une égratignure dans le visage de l’homme. Durant cette même fraction de seconde, son épée retomba au loin et cette flèche qui la blessa sur son avant-bras gauche, là ou il était illuminé par la marque de son frère. Del émit un cri de douleur et tomba sur le côté. Elle tomba près des débris des tonneaux en morceaux. Laynna observa d’où provenait la flèche et remarqua qu’un autre homme avait fait son apparition. Elle ferma les yeux et chercha une source d’eau. Il n’y avait aucune près d’elle pour qu’elle puisse déstabilisé ses adversaires et aussi, guérir sa plaie.

L’elfe saisit un gros morceau de bois pointu, comme nouvel arme. L’homme qu’elle avait blessé s’approchait d’elle et voulait la tuer. Lorsque la voix du garde retentit, ce fut le silence complet. Del sauta sur l’occasion pour s’agripper à la jambe de son interlocuteur et enfonça le morceau de bois pointu dans la jambe de se dernier et le regarda s’enfuir. La jeune femme se redressa tant bien que mal et appuya sa tête contre le mur, la respiration saccadée.

Del ne comprenait plus ce qui se passait. L’homme de la garde arriva devant elle et lui posait tant de questions. Tout ce qu’elle voulait, c’était de l’eau et de revoir les gamins.

-Mes enfants… je veux voir mes enfants… fit-elle en parlant d’Hirlon et du petit.

L’elfe repris son épée et la cacha sous sa robe, à sa place habituelle et accepta l’aide du capitaine de la garde et tenta tant bien que mal de garder l’équilibre.

-Je veux mes enfants et… de l’eau, murmura-t-elle en regardant le capitaine de la garde et par la suite, elle leva les yeux vers le toit.

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Erco Skaline
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Ven 14 Déc 2012 - 15:32
Hirlon resta muet face aux explications du gosse. C'était un foui de souvenir avec une bonne part d'invention sans aucun doute. Il essaya de se faire une représentation du tatouage, mais en vain. Il voyait juste des traits se croisant donnant rien du tous au final. Rien de connu. Ce qui était sur c'est qu'il y avait un pic dedans... La belle précision faut dire. Un tatouage contenant un pic aiderait beaucoup Hirlon. C'était désespérant. Pourtant l'ado ne lui demandait pas beaucoup. Juste se rappeler d'un simple tatouage. Il finit par lui dire:

-Bon c'est pas grave,... Ça n'a sans doute aucun rapport.

Il ne fit aucun commentaire sur la proposition du gamin. Aller voir le tatouage sur l'homme à la Barbe quel idée. Autant aller se rendre à eux et s'excusez de les avoir fait perdre du temps et tendre le cou pour qu'il soit tranché. Il devait vraiment être stupide ce gosse, pas étonnant qu'il soit dans une telle merde.

Puis tous ce passa très vite. Hirlon priait pour que l'elfe tue leur agresseur, mais comme il l'avait pensé elle n'y fit rien. Elle tenta de le décourager par le dialogue. C'était pas possible, malgré son jeune âge Hirlon semblait être le plus réaliste du trio. Entre le gosse complètement naïf, et Delaynna qui essaie de dissuader un tueur de prendre ses armes. Incroyable.

Un carreau fendit l'air et blessa légèrement leur alliée aux longues oreilles. L'autre homme en profita pour l'attaquer. L'elfe allait mourir, elle n'avait aucune chance. Il fallait fuir, mais il resta accroché au dessus de ce duel inégale. La pureté face à souillure, et la pureté semblait perdre....

Ce fut la milice qui la sauva, pas par leur fait d'arme, mais bien par leur présence. Cacher leur cadavre était dur et lorsqu'on en tuait un, tous les autres se mettaient à la recherche du tueur. C'était comme une grande famille. Tu touches à l'un deux, et toute la cité est mise sans-dessus dessous. Un vrais fléau pour les petits commerces illégales, les catins et autres petits criminels. Alors en général personne touche à la milice, à moins que ce ne soit indispensable. Bien sur cela arrive, mais après les assassins doivent partir un moment et tous laisser en plan et prendre le risque de ne plus jamais revenir. Certain le font sans aucune pitié, mais apparemment les mystérieux chasseurs de gosse en ont quelque à faire...

Ils disparurent comme ça. Le temps d'un soupir.

D'autres hommes débarquèrent sans caché leur présence. Bouclier étincelant, épée au poing et capitaine en avant. Il suffisait d'un bon tir pour l'abattre. C'était ridicule. La milice se croyait intouchable par le statut de police des rues, certain se croyait même aimer. C'est aberrant comme en soit ils ne servaient à rien, mais se croient important et indispensable.

Delayanna se mit à parler soudainement et demanda à voir ses enfants et de l'eau. Les enfants c'était lui et le gosse. C'était sur. Mais il ne voulait pas se montrer. En plus ce maudit gamin essayait se partir sans qu'il le voie. Il l'avait vu bien sur, mais s'il était trop brusque pour le rattraper la milice les verrait et ils se feraient sans doute arrêter. Il fallait réagir vite.

Il choisit de se montrer, et autant jouer la carte des enfants de l'elfe. C'était le mieux à faire.

Alors Hirlon se redressa avec la mine la plus gamine qu'il put et cria à Delaynna:

-On a toujours pas retrouvé notre chat... On veut le retrouver autrement on rentrera pas!!!

Il croisa les bras et monta les épaules prenant l'image cliché de l'enfant pas content. Il ajouta en se tournant vers le gosse et l'attrapant par le bras. Il lui jeta un regards qui voulait bien dire " tu l'ouvres pas" Et cria encore plus fort:

-Pipin fait gaffe ou tu vas, tu vas encore tomber.

Hirlon se retourna vers la milice et Delaynna qu'il voyait de haut. Il avait envie d'éclater de rire en voyant la tête du capitaine. Il ne comprenait plus rien. Le pauvre. Pour tenter de mettre encore plus de crédit à son histoire, l'ado ajouta en s'adressant aux miliciens:

-Vous voyez les traces sur la neige? devant vous, un peu à droite. Entre les débris de caisse en les voit, je vous assure. Bah on voit qu'il est passé par là, mais elle s'arrête une fois sur le toit. M'sieur le cap'tain, vous voudriez pas monter nous aider à le retrouver? Si-vous-plait!!!

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Ryad Assad
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Sam 15 Déc 2012 - 1:30
- Toi, donne-moi ta gourde d'eau.

Le soldat désigné du doigt s'empresse de s'exécuter, et ladite gourde change de mains une première fois, pour se retrouver entre celles du Capitaine. Celui-ci la débouche et la tend délicatement à l'elfe qu'il vient d'aider à se relever. Il pare pour l'heure non pas au plus urgent, mais au plus facile. En effet, par une nuit aussi froide, retrouver des enfants est une tâche difficile pour une patrouille composée de si peu d'hommes. Et puis cette histoire d'arbalète, de chaos dans la ruelle...il y a des forces en présence qui visiblement sont déterminées. Une simple patrouille ne peut pas faire long feu face à des combattants disposant d'un matériel aussi perfectionné. Le Capitaine est conscient que ses hommes sont courageux et parfois même zélés, mais il est également rationnel, et il sait qu'il leur manque encore beaucoup d'expérience pour s'en sortir dans un vrai combat. Il reproche d'ailleurs qu'on envoie de si jeunes hommes pour surveiller les rues de la Cité Blanche. Novices, ils ne peuvent que gérer les banalités, les bagarres de rues, et les ivrognes. Mais les véritables tueurs qui arpentent les ruelles la nuit, eux, demeurent libres d'agir à leur guise ou presque.

L'homme sort de ses pensées en suivant le regard de l'elfe, qui se porte vers le toit le plus proche. Au départ, il ne voit rien. Que des ombres, et le ciel enneigé. Il papillonne des yeux pour disperser les flocons qui lui barrent la vue, avant de mettre sa main en visière. Puis, après quelques secondes de battement, pendant lesquelles il commence à douter de l'existence même de ces enfants, en voilà un qui sort la tête, prudent. Il se redresse complètement, et crie à l'attention des hommes en bas de la ruelle qu'il est à la recherche de son chat. Le Capitaine sent le regard de ses soldats se tourner vers lui, et lui-même demeure interloqué un moment. Est-ce que tout ceci est un canular ? Sont-ils tombés dans un piège tendu à leur intention ? Il jette un bref regard à l'elfe, toujours faible. Est-elle un appât ? La nuit, les personnes qui paraissent innocentes ne le sont pas nécessairement, et une situation qui en temps normal est banale peut soudainement prendre des accents inquiétants. Les soldats se rapprochent les uns des autres, prêts à faire front qu'importe l'endroit d'où on peut les attaquer. Ils n'ont esquissé aucun geste pour dégainer leur arme, mais leurs regards alertes scrutent les ruelles proches, et l'obscurité qui devient tout à coup plus oppressante. Le Capitaine, le nez toujours levé, affiche une mine qui trahit sa stupéfaction, alors que le premier gosse s'adresse à un deuxième, dissimulé. Puis il essaie de justifier son propos en montrant des traces sur le sol. Mis à part qu'il y a trop d'empreintes sur la neige pour distinguer quoi que ce soit. Entre les caisses renversées, le passage de l'elfe et de ses mystérieux agresseurs, et les soldats qui ont quadrillé le coin, il n'y a plus moyen de reconnaître les traces du passage d'un...d'un chat.

Toujours inquiet, le Capitaine n'en est pas moins père. Il regarde un instant l'elfe, et lit dans ses yeux le besoin qu'elle a de protéger ses enfants. Il sait à quel point il peut être cruel de ne pas cru, et il n'imagine pas infliger ça à quelqu'un d'aimant et de dévouée. Prenant le parti de considérer que les trois civils sont des victimes et non des coupables en puissance, il s'adresse à celui qui leur a parlé, d'une voix paternelle amicale :

- Ecoute-moi, petit. Il se fait tard maintenant, et il fait terriblement froid. Ta mère est blessée, et nous devons la soigner...

D'ici, il ne peut pas voir quel est l'âge du gosse, à cause de l'obscurité, aussi ajoute-t-il :

- Les chats sont des animaux débrouillards. Ils savent trouver un abri pour la nuit, et vous pourrez le chercher demain. Mais pour l'heure, je ne peux pas vous laisser dehors. De méchants types rôdent, et ils pourraient vous faire du mal.


En disant cela, il jette un coup d'oeil à la ruelle sombre qui s'étend devant lui. Les torches que ses hommes tiennent créent une zone lumineuse particulièrement visible, mais au delà de quelques pas, les ténèbres reprennent leurs droits, et enveloppent les vivants dans leur étreinte. Le Capitaine, bien que preux, ne désire pas s'aventurer trop profondément dans les quartiers sombres de la Cité Blanche, et surtout pas pour un chat qui s'est perdu. Il reporte son attention sur le gamin qui se tient en haut, et s'adresse encore à lui :

- Allez, descendez maintenant, et allons nous mettre au chaud. Je suis certain que vous mourez de faim.

Le plus jeune des deux gosses, qui jusqu'alors a cherché un moyen de s'échapper discrètement, sans attirer l'attention de la garde de nuit, lève subitement la tête en entendant cela. On leur propose à manger ? Pour toute autre personne, cela peut passer pour un piège grossier, dans lequel seul un idiot peut tomber. Mais au delà du fait que le ton du Capitaine n'est pas empreint de malice, la perspective d'un bon repas est difficilement refusable pour un gamin des rues, a fortiori par ce temps. Il n'a que quelques morceaux de pain dans l'estomac, et celui-ci se met à grogner dès qu'il entend parler de la possibilité d'être rempli. Le môme, poussé par la faim, décide de se rendre de lui-même à la patrouille, en se disant que tant qu'ils le nourrissent, il peut toujours s'échapper par la suite. Réflexion naïve, certes, mais surtout très pragmatique. Malheureusement, ce ne sont pas les idéaux et la noblesse d'âme qui remplissent le ventre, mais bien le pain et l'eau. L'hiver est par trop rude pour qu'il soit possible de s'accrocher stupidement à des principes comme "je ne fais pas confiance à la garde". S'ils proposent à manger, refuser est suicidaire. C'est comme dire non à la personne qui vous rattrape au moment où vous tombez de la falaise. Peut-être qu'il vous rattrape pour vous accuser de vol, mais en attendant vous êtes vivant.

L'enfant, fort de cette conviction, enjambe le bord du toit au mépris de toute prudence, et désescalade la paroi en s'appuyant précautionneusement sur les appuis qui lui ont permis de se hisser jusque là haut, quelques minutes plus tôt. Miracle, il ne tombe pas, et regagne le sol en un seul morceau. Penaud, tout petit au milieu de ces personnes immenses, il se réfugie, non sans jeter des regards inquiets autour de lui, dans les bras de l'elfe. Son aîné entame lui aussi la descente.

Le Capitaine lâche un soupir de soulagement, et s'approche d'un de ses soldats :

- Tu as toujours de quoi panser une blessure, sur toi. Utilise ce que tu as pour bander cette vilaine plaie, et applique-toi.

- Oui, Capitaine !

L'homme s'empresse de se porter aux côtés de l'elfe. Après avoir reçu de sa part la permission de procéder, il enroule autour de son bras fin une bande de tissu qui limitera au moins le saignement dans un premier temps, avant qu'un guérisseur ne regarde cela de plus près. C'est le mieux qu'ils puissent faire actuellement : les patrouilles ne sont pas conçues pour gérer des blessures de ce genre. Un nez qui saigne, une lèvre éclatée, voilà qui est déjà plus de leur compétence. Pendant ce temps, le Capitaine se tourne vers les deux enfants :

- Dites-moi, vous qui étiez là-haut...Vous savez ce qu'il se passe, au juste ?

Le plus jeune, tremblant de froid, répond du tac-au-tac :

- C't'à cause du tatouage, m'sieur. Le tatouage d'l'homme à la barbe...

Le Capitaine l'interrompt d'un geste, préférant ne pas plonger la tête la première dans une histoire sans en connaître les tenants :

- Du calme, mon garçon, du calme. Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer qui est cet "homme à la barbe", déjà...? Ensuite, vous me raconterez ce que vous savez.


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Delaynna
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Sam 15 Déc 2012 - 16:39
La gourde à la main, l’elfe retira le bouchon avec une main tremblante. Elle versa eu peu d’eau sur sa blessure et massa délicatement. L’eau s’infiltrait dans toutes les parcelles de sa peau et l’imprégnait de sa douceur et de sa bienfaisance à nouveau. L’elfe ferma les yeux et soupira. La plaie débutait sa guérison, mais très lentement. Del avait usé de beaucoup de magie en seulement une soirée. Elle devait cesser. L’elfe tremblait et elle devait vite se reposer. L’aide du capitaine de la garde lui était bénéfique. Elle devait trouver refuge pour elle, mais pour les enfants également. À partir de cette nuit, elle se promettait que jamais, ils ne revivraient de telles situations. Pleins d’idées voyageaient dans son esprit.

Del croisa le regard du capitaine. Mais l’elfe faiblissait à vue d’œil. Ses jambes tremblaient comme des feuilles. Elle faisait de son mieux pour rester debout. Elle affiche un petit sourire en entendant l’instinct paternel que le capitaine y mettait dans sa voix.

-Merci, murmura-t-elle à l’égard du capitaine.

Soudain, le plus jeune des gamins leva la tête et sorti de l’ombre. Il essaya de descendre. L’elfe fit un faible pas pour aller l’aider mais échappa un hoquet de surprise lorsqu’elle le vit sauté par terre. Quelle surprise elle eut lorsqu’il vint se nicher dans ses bras. Delaynna l’accueillit et le serra fort, heureuse de le savoir en vie. Elle passa une main dans ses cheveux, tel une vraie mère. Par la suite, elle le déposa par terre et examina son visage en retirant une mèche rebelle de son visage. La jeune femme se releva et regarda le capitaine s’approcher d’elle et tendit son bras tremblant vers lui pour qu’il bande sa vilaine blessure qui était sur le point de guérir grâce à l’eau qu’elle avait appliqué dessus. Elle lui tend en retour la gourde qu’il lui avait donnée.

Lorsqu’Hirlon descendit enfin, l’elfe l’accueillit dans ses bras également. Elle sourit, contente qu’il est gardé la cape qu’elle lui avait donnée. Elle n’écoutait pas la question du capitaine, mais la réponse du gamin la fit froncer les sourcils. Elle tourna son regard vers le plus jeune. Elle avait saisie qu’Hirlon tentait tout pour dissimuler l’histoire avec cet homme à barbe. Mais pourquoi ne voulait-il pas en parler à la garde ? Le capitaine semblait quelqu’un d’une entière confiance. Elle croisa alors le regard du plus vieux et y lisait toute la méfiance qu’il y avait. Elle afficha un sourire.

-Mon trésor, tu divagues. C’est sans doute parce que tu meurs de faim. On va te nourrir, le capitaine te l’a promis, n’est-ce pas monsieur ?

Elle leva le regard vers le capitaine et le supplia du regard.

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Ryad Assad
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Ven 28 Déc 2012 - 13:42
Le gamin fronce les sourcils en constatant que l'elfe ne désire pas lui faire confiance. Il a pourtant bel et bien vu le tatouage, et il est persuadé, après réflexion, que cela a été la cause de tout. Mais elle s'obstine à le croire atteint de divagation, et il ne trouve rien à rétorquer devant la puissance de la logique d'une adulte pluri-centenaire. Pourtant, elle se trompe. Naïvement, il se laisse tout de même acheter par la promesse d'un bon repas chaud. Son estomac continue de grogner, et il est tellement affamé que tout le reste, complots et tatouages étranges, passe au second plan. Pour l'heure, la seule chose qui lui ferait plaisir serait de croquer avidement dans un morceau de pain, de préférence pas trop dur, de sorte à enfin avoir quelque chose dans le ventre. Le froid est particulièrement mordant, et ceux qui ne savent pas s'adapter pour survivre finissent immobiles, la peau bleuie, le corps atteint d'une rigidité cadavérique effrayante. Les autres...eh bien...les autres essaient de s'en tirer tant bien que mal jusqu'à ce que les beaux jours reviennent, en attendant qu'ils repartent. Ainsi va la vie chez les gosses des rues. Profitant de l'occasion qui lui est donnée de faire le plein de nourriture pour un moment, le gosse hoche la tête timidement :

- D'accord m'dame...

Le Capitaine se fend d'un sourire qui se veut rassurant. En réalité, l'arbalète toujours en main, il sait que les choses sont beaucoup plus compliquées qu'elles en ont l'air, et qu'il ne semble pas logique qu'un simple gamin égaré ait pu inciter des hommes armés avec un équipement d'aussi bonne qualité à le traquer. Il se passe forcément quelque chose de plus grave, mais en l'absence de preuves, et dans la situation qui est la sienne, il ne peut tout simplement pas faire autre chose que de battre prudemment en retraite. Solution la plus viable et la plus sûre. Il se tourne vers l'elfe, dont le regard suppliant traduit probablement son envie de se mettre à l'abri - qu'il s'agisse du temps exécrable, ou d'ennemis mortels. Sympathique, le Capitaine la rassure du geste :

- Bien entendu, bien entendu. Vous aurez tous le droit à un repas bien chaud ce soir, et vous pourrez vous reposer sous notre protection, si vous le désirez.

Le gosse, qui sent qu'il y a une interrogation cachée qui s'adresse à l'elfe, lève ses grands yeux naïfs vers elle, et lui murmure :

- On peut ? On peut aussi rester dormir ?

La candeur se peint sur ses traits, et il semble impossible de répondre non à un être aussi fragile et aussi frêle. Tout tremblant de froid, il semble qu'il soit au bout de ses limites, et qu'une autre nuit passée dehors va finir par avoir raison de ses pieds gelés, qu'il tente comme il peut de protéger. Il est impressionnant de voir la force de conviction d'un enfant en détresse. Le Capitaine, considérant que l'affaire est entendue, ordonne à sa patrouille de se positionner en formation autour des trois individus qu'ils doivent escorter. Habitués aux manœuvres et à obéir aux ordres, les hommes se placent immédiatement en carré, attentifs à ce qui peut surgir de toutes les directions. Comprenant que le danger est peut-être plus menaçant que de simples bandits, ils n'oublient pas de jeter un regard inquiet sur les toits, où se terrent parfois les assassins qui arpentent la ville.

Une patrouille de la garde n'est pas faite pour être discrète, bien au contraire, et c'est donc accompagnés du choc des bottes ferrées sur les pavés et du cliquetis des armes qu'ils quittent le dédale de ruelles, pas très rassurés. Le Capitaine, qui ouvre la voie, lâche un soupir de soulagement en constatant que personne ne les suit apparemment, et que nul n'a tenté de les attaquer. Dans la rue plus large dans laquelle ils viennent de déboucher, le vent est beaucoup plus fort et beaucoup plus mordant. Le gamin se recroqueville contre Delaynna, comme s'il voulait se fondre en elle pour profiter de sa chaleur. La froideur de l'air fait naître de petites larmes aux coins de ses yeux, qui lui brouillent la vue. Le Capitaine, après s'être assuré que tout le monde allait bien, reprend la route sur un rythme trop lent pour lui. Cependant, il ne peut en demander plus aux trois égarés exténués qu'il a eu la chance de trouver avant que des assassins ne leur fassent passer un sale quart d'heure.

Ils marchent pendant une petite dizaine de minutes, sans croiser personne. Probablement qu'il n'y a pas grand-monde de sorti à cette heure-ci, par ce temps épouvantable, et il y a fort à parier en outre que l'approche d'une patrouille ne donne pas envie aux rares individus qui ne sont pas couchés de se montrer au grand jour. A cette heure, bandits et malandrins trafiquent, règlent leurs comptes et se battent pour du pouvoir, de l'argent, du territoire, etc... La pire vermine de la Cité Blanche se rassemble dans les rues, et se taille les parts du gâteau que les gardes et l'armée régulière ne peuvent protéger. Pas assez d'hommes pour assurer la sécurité dans tous les quartiers de la ville, ou bien pas l'envie de déployer assez d'hommes. Peut-être vaut-il mieux laisser les assassins en tous genre se regrouper dans quelques quartiers, pour avoir la paix par ailleurs ? Le Capitaine, bien qu'il ne le dise pas, est dégoûté par cela.

Arraché à ses pensées, il se retourne vers l'elfe et les enfants, pour leur annoncer :

- Nous sommes arrivés. Voyez ce bâtiment là-bas, c'est là que nous allons.

Son sourire est aussi encourageant que ravi, et tous les hommes du groupe semblent soulagés de rentrer à l'abri, et de pouvoir enfin finir leur patrouille. En quelques secondes, ils rejoignent la porte, déclinent leur identité au factionnaire, qui les laisse pénétrer à l'intérieur de la petite caserne très rapidement. Ils y sont accueillis par une ambiance chaleureuse, par l'odeur d'un bon repas, et par les hurlements déchirants d'un blessé que l'on a allongé par terre. Le gosse des rues serre la main de Delaynna, cherchant dans sa présence un peu de réconfort, tandis que ses grands yeux candides sont fixés sur la scène horrible qui se déroule devant lui.

- Par les Valars, que se passe-t-il ici ? Lance le Capitaine à l'attention de tous.

Personne ne lui répond.

Les quinze hommes dans la pièce ont tous le regard rivé sur une autre patrouille qui, apparemment, est rentrée peu de temps avant eux. A cinq, ils essaient de contenir la furie d'un seul homme qui se débat comme un beau diable, en criant comme jamais. Il se met à ruer, et d'une violente traction emporte dans sa chute trois gardes. Sur le dos, son visage apparait enfin aux enfants et à Delaynna dont la surprise s'affiche sur leurs traits. L'homme à la barbe ! Paniqué, le gamin cherche à se protéger derrière l'elfe, tout en regardant la scène à la dérobée. L'homme semble comme fou. Etendu par terre, il se débat comme s'il souffrait le martyr. Et visiblement, c'est le cas : son bras droit, celui qui auparavant portait un tatouage, semble avoir été brûlé de manière particulièrement horrible. Le tissu de son précieux vêtement et la chair ont été fondus par une grande chaleur, probablement une torche, et la peau semble avoir été creusée à la cuillère. Le résultat est absolument ignoble, tout autant que la douleur qui doit accompagner une telle opération. Le gosse, sortant de son mutisme effrayé en voyant les gardes immobiliser l'homme à la barbe, s'écrie :

- Le tatouage, sur son bras !

Le Capitaine, entendant cet appel de détresse, et comprenant que l'homme mystérieux est peut-être la clé de leur mystère, s'approche de lui. Il envisage de déposer la main sur son bras, mais constate de plus près les dégâts. Il se retourne, et adresse un signe de tête négatif à Delaynna et aux enfants :

- J'ai bien peur que son bras ait été trop grièvement brûlé pour qu'il soit possible de voir quoi que ce soit. S'il avait un tatouage...il est déjà impossible de certifier qu'il en avait un, mais si comme tu l'affirmes il en avait un...il sera impossible de l'identifier.

Devant l'air abattu que prend le môme, il ajoute :

- Je suis désolé. En attendant, passons dans une autre pièce. Nous allons nous installer au calme, et vous pourrez manger à votre faim.

Arrachant ses hôtes à la scène effrayante de cet homme brisé, tant sur le plan physique que mental, de toute évidence, le Capitaine les conduit dans une salle contigüe, fort heureusement bien isolée au niveau sonore, de sorte que dès lors qu'il a fermé la porte, les hurlements s'évanouissent derrière elle. Il commande à un soldat d'aller lui chercher de quoi manger pour quatre, et en profite pour retirer son casque. Son visage buriné et ses cheveux grisonnants, mi-longs, coiffés en une queue de cheval à la fois simple et pratique, trahissent l'âge de cet officier. Une bonne cinquantaine d'années, au moins, et plus de trente ans de service, pour voir plus de guerres qu'un esprit d'homme n'en peut supporter. On sent de la lassitude dans son regard, le désir profond que les choses aillent mieux, et en même temps la certitude que le temps ne fait rien à l'affaire. Pourtant, il semble être quelqu'un de bon, quelqu'un de confiance.

Les repas arrivent bientôt, pour la plus grande joie du plus jeune, qui après en avoir reçu la permission explicite, attaque voracement un ragoût de légumes et de viande bien chaud, accompagné de pain frais et de fromage tendre. Un repas extrêmement luxueux pour un gosse des rues. Totalement absorbé par la dégustation de ce repas, son attention ne peut aller à la conversation "de grands" que le Capitaine initie :

- Maintenant que vous êtes servis, j'aimerais entendre votre histoire, si vous le voulez bien. Il y a beaucoup de choses étranges, et j'ai besoin d'entendre la vérité de votre bouche. J'ai cru comprendre que vous étiez poursuivis, mais par qui, pourquoi ? Quel rapport avec cet homme ?


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Delaynna
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Sam 29 Déc 2012 - 17:26
La vérité sortait de la bouche des enfants, comme disait si bien ce fameux proverbe. L’elfe lança un clin d’œil au gamin et se pencha pour ajuster sa petite chemise sale et le regarda droit dans les yeux et déposa son index discrètement contre sa lèvre et fit silencieusement chut. Del se releva et observa Hirlon et posa sa main sur son épaule pour paraître le plus maternelle possible.

-Monsieur, s’il vous plaît mes enfants sont morts de froid je veux les mettre à l’abris fit-elle en s’adressant au capitaine de la garde, toujours avec ce regard suppliant.

Delaynna devait à tout prix mettre à l’abris les deux enfants du terrible froid que l’hiver amenait avec lui. Ensuite, elle devait trouver le moyen de disparaître pour un simple moment, celui de retrouver l’homme à barbe et de le soigner et d’enfin savoir la vérité de tout ce mal causé au petit. Elle reprend se dernier dans ces bras et frotte ses petits bras bleutés pour tenter de lui redonner un peu de chaleur. L’elfe leva les yeux vers le capitaine. Le regard maintenant adouci par la générosité de ce dernier. Avec un chuchotement, elle murmura un simple merci beaucoup qui s’envola vers le petit vent vers l’homme à l’armure d’argent. Alors que les soldats se positionnent autours d’eux, l’elfe lança un regard vers les toits. Elle soupira et avança avec la marche des armures d’argent.

Le petit tenta de trouver chaleur auprès de l’elfe. Del le serra fort et prit la main d’Hirlon et échangea un regard avec se dernier. Elle se doutait que l’adolescent était contre cette idée que la garde soit là. Mais c’était ainsi. Ils ne pouvaient plus faire marche arrière.

Arrivé à destination, un garde laissa Delaynna et les enfants avant lui. L’elfe serra fort le gamin dans ses bras, face à cet environnement inconnu à leurs yeux. Elle examina la pièce avec une ambiance chaleureuse. L’odeur d’un bon repas lui vint aux narines et fais réagir ton petit estomac. Déposant par terre le gamin, la jeune femme sursauta en entendant ses hurlements.

-D’où provient ses hurlements ?! S’exclama-t-elle.

Laynna ouvrit grand les yeux en voyant la scène. C’était bel et bien lui! L’homme à barbe! Un hoquet de surprise s’échappe de sa bouche et recule d’un pas, surprise par cette scène démoniaque. Elle posa sa main sur le bras du gamin pour tenter de le rassurer et fronça les sourcils en entendant le petit parler du tatouage. Elle resta figé un moment et secoua la tête et s’approcha du capitaine et lui murmura à l’oreille.

-Je vous en pris, laissez-moi le soigner.

Ignorant ses paroles, le capitaine les envoya à la salle à manger. Maintenant que les cris s’étaient levés, l’elfe poussa doucement le petit garçon à aller s’asseoir. Elle invita aussi Hirlon à aller s’asseoir aussi et voyait son air qu’il avait. Elle le poussa aussi à rejoindre le gamin. Elle resta derrière et se tourna vers le capitaine de la garde qui retira son casque et elle pu mieux voir le visage de l’homme. D’un signe de la main, il invita l’elfe à s’asseoir auprès des enfants. Elle s’y installa et un homme arriva avec quatre plats fumants. L’elfe fixa son plat et n’y toucha pas tout de suite. Elle regarda Hirlon et le gamin qui mangeait avec appétit. L’adolescent jetait des regards inquiets vers l’elfe et le capitaine. D’une main tremblante dû à la fatigue et à l’épuisement elle saisit l’ustensile et prit une première bouchée de son repas, délicieux. Del s’apprêta à prendre une seconde bouchée lorsque le capitaine l’interpella. Elle déposa l’ustensile et inspira profondément et se retourna vers l’homme et murmura pour que les enfants ne les entendent pas.

-Écoutez, laissez-moi aller le soigner, je peux le faire. Si vous me laissez faire, je vous raconterai tout.

Le regard qu’elle pesait sur le capitaine était confiant. L’homme pouvait lui faire confiance et elle aussi.

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Erco Skaline
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Dim 30 Déc 2012 - 12:04
Le chemin jusqu'à la caserne se fit rapidement et au pas. Droite. Gauche. Droite. Gauche. La milice avait bien été entrainé pour ça. Au moins une chose. Hirlon sourit devant ses pensées, qu'il perdit assez vite en repensant à toute cette histoire. PLus ça avançait, plus il se disait que ça devenait bizarre. A présent la milice les escortait. Tous prenait une tournure improbable. Et il ne savait pas encore à quel point...

Lorsqu'ils arrivèrent à la caserne, et qu'ils furent au chaud. Tous s'attendait à entrer dans une pièce chaleureuse, avec une bonne odeur de repas, des gardes assis à jouer au carte. Personne ne s'était attendu à ce que des cris de douleur fendent l'air dés leur entrer. Hirlon sursauta, tous comme les autres. Un homme criait, une patrouille l'avait apparemment ramené il y a peu.

D'abord l'ado ne le reconnu, mais soudain ce fut comme un flashback, et il le reconnu. L'homme à la barbe. Son bras avait été brûlé. Ça avait du faire un mal de chien, et surtout une telle brûlure ne se faisait pas tous seul... On la lui avait faite. Pourquoi?

Ce fut le gosse qui y répondu partiellement en criant "Le tatouage sur son bras". Hirlon comprit alors, et tous se mit un peu en place dans son esprit. Le gamin avait du voir le tatouage qui devait signifier quelque chose de secret et que personne ne devait apprendre sous peine de mort. Le gosse l'ayant vu devait mourir. L'homme a la barbe alors à tenter d'abattre le gamin, mais à cause de ses échecs, on a du lui brûler le bras pour faire disparaître le tatouage et ainsi si le gosse parle on pensera qu'il a mal vu. Et même si on le croit, qui pourrait vérifier sur un bout de chair calciné... C'était horrible.

Hirlon écouta la réplique du capitaine. Elle rejoignait sa propre théorie. A présent plus personne allait savoir ce qu'était ce tatouage.

Le capitaine les emmena dans une autre pièce, sans doute son bureau car dés que la porte fut fermée on n'entendit plus aucun cris. Un bon repas leur fut servis pendant que leur sauveur se mettait à l'aise. Hirlon fut étonné de voir le visage de l'homme. La plupart des miliciens avaient un visage peureux et semblaient lassé de leur métier car ils le trouvent monotone et rêveraient d'aller au front. Le capitaine n'avait pas ce regard, il en avait bien trop vu. Sans doute des horreurs. L'ado resta un moment à l'observer muet, avant de commencer son repas attendant l'inévitable question: "qui, pourquoi ? Quel rapport avec cet homme ?"

Hirlon prit la peine à réfléchir s'il devait répondre, Delaynna et lui s'étaient jeté plusieurs regards. Le jeune homme était inquiet, tout comme l'elfe sans doute à part qu'elle le montrait pas. Il avala une nouvelle bouchée lorsque elle demanda à pouvoir aider l'homme à la barbe... Pourquoi fut la seule question que se demanda Hirlon, mais il préféra se taire.

Il choisit soudainement de parler, mieux valait ne pas tous dire, mais une partie en tous cas, ainsi ils pourraient peut-être partir rapidement.

-M'sieur le capitaine, qui que ce soit, ils sont doué et vous ne pouvez pas nous aider. L'homme qu'on vient de voir est brûlé... On s'inflige pas ça tous seul, non?

Il réfléchit et décida de donner un nom pour prouver sa "coopération":

-J'ai vu Greg, le colosse... Vous savez le gros bras.... Et vous savez que s'il est impliqué, mieux vaut pas s'en mêler... Laissez nous partir, on a plus de chance de s'en sortir seul que aider par la milice... Vous savez les pots de vin pour des informations, y en a plein qui sont donnés aux miliciens... Vous pas peut-être, je dis pas que vous êtes corrompu, mais d'autres si... Vous voyez?

Hirlon se rendait compte qu'il avait manqué de tact, mais bon c'était fait, il n'y pouvait rien. Si c'était à refaire, il éviterait le refrain sur la corruption de la milice. Il regarda Delaynna cherchant son soutien...
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Ryad Assad
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Ven 4 Jan 2013 - 0:23
HRP : Désolé pour l'attente. Les fêtes, c'est pas vraiment la période pour RP chez moi ^^ /HRP

Le repas est quelque peu plombé par l'ambiance guère festive dans la pièce à côté. Le silence qui s'est installé entre les quatre individus cède la place aux hurlements terribles que la porte n'étouffe pas tout à fait. Le plus jeune a attaqué sa ration avec appétit, et il semble totalement coupé du monde. C'est déjà une bonne chose. Au moins il n'est pas en train de subir de plein fouet l'horreur du concert qui parvient aux oreilles des autres. L'elfe se penche vers le Capitaine, et lui renouvèle une demande qu'il a ignoré jusque là. Vouloir soigner cet homme ? C'est une folie. Il la dévisage, et lance :

- Je crains que malgré tous vos talents, vous ne puissiez aider cet homme. J'ai vu de nombreuses blessures dans ma vie. J'ai vu de nombreux guerriers touchés par une flèche, dont la jambe avait été broyée par un Troll, ou dont le bras avait été sectionné par une hache. Jamais je n'ai vu un homme hurler comme celui-là. Croyez-moi, ce n'est pas son corps qu'il est besoin de soigner. Et même si vous pensez être capable de lui apporter quelque soin, je refuse de vous laisser approcher de lui. Il peut se montrer dangereux pour lui ou pour son prochain, et cette caserne ne saurait souffrir pareil scandale. Je ne céderai pas, même si vous semblez avoir des choses à raconter. Restons-en là, voulez-vous ?

Il marque une pause lourde de sens, et ajoute :

- J'ignore pourquoi vous tenez tant à le soigner, et j'ignore ce que vous espérez qu'il vous révélera, mais je crains que vous ne vous fassiez des illusions. Les hommes comme lui ne changent pas parce que vous leur avez sauvé la vie. Une fois qu'ils ont signé un pacte avec le Mal, ils ne changent plus.

Le regard de l'homme se fait tout à coup distant. A quoi pense-t-il en cet instant ? On dirait, dans son ton, que c'est quelque chose qui le touche personnellement. Mais impossible d'en savoir plus. Il retrouve brutalement ses esprits, la conversation, et s'attaque à son repas avec un appétit feint. Il est habitué aux histoires étranges, mais celle-là a le don de l'inquiéter particulièrement. Il y a plus en jeu qu'un simple règlement de compte entre malfrats, ou qu'une guerre de territoire entre bandits. Il en a vu, des hommes morts ou laissés pour mort dans les rues de la ville qu'il aime tant. Couverts de sang, de blessures graves, battus à coups de poing ou avec un ustensile grossier. On les a poignardés dans le dos, en traitre, certains ont fini la gorge tranchée, exécutés sans avoir eu la moindre chance. Souvent, c'est du travail mal fait. Du travail brutal, qui fait souffrir les individus avant que la mort ne les prenne. Du travail de boucher, de type louche du genre que l'on peut trouver dans une taverne le soir, ivre mort en train de brailler des insultes et de menacer les gens du poing. Le genre qu'on ramasse à la pelle lors d'une descente dans les quartiers mal famés. Mais ceux qui ont attaqué l'elfe et les deux garçons sont d'un autre type. Le capitaine le sent. Son expérience lui dit que ce ne sont pas des bandits de bas étage. Il y a d'ailleurs plus de chances pour que ce soient des professionnels, des vrais tueurs disciplinés et entraînés, qu'il y a peu de chances de trouver en position de faiblesses, ou ivres. Des hommes qui ne commettent pas d'erreurs, et qu'il est impossible de retrouver.

Ce sont eux, les véritables poisons de la Cité Blanche, eux qui par leurs actions menacent la sécurité des habitants, et eux encore qui ont la main sur le banditisme, la mendicité dans les ruelles. Mais comment arrêter des hommes qui se battent mieux que les gardes pourtant entraînés que produit l'armée régulière ? Comment un jeune d'une vingtaine d'années, un novice tout juste enrôlé, pourrait venir à bout d'un assassin expérimenté, qui bouge plus vite, qui frappe plus fort, qui est plus précis, plus puissant, et tout simplement meilleur ? Aucune chance. Et même le nombre ne peut rien contre cela, car que peut une escouade effrayée et manquant de confiance contre un tueur rompu aux arts du combat ? Un tueur capable de s'échapper par les toits là où l'armure réglementaire se révèle un handicap de poids. Un tueur capable de courir en silence là où les bottes ferrées trahissent le moindre pas même furtif. Un tueur à même de se débarrasser de n'importe qui grâce au poison qui imprègne ses lames, là où les lourdes épées ont bien du mal à le toucher. Non. Il n'y a rien à faire contre ces assassins que de les laisser agir dans leur coin, en restreignant leur marge de manœuvre, tout en priant pour qu'ils ne s'en prenne à personne d'autre. Le Capitaine serre le poing. Il aurait tant aimé faire quelque chose ! Et le voilà qui se retrouve contraint d'écouter un gosse à peine plus âgé que son dernier fils lui lancer cette cruelle vérité au visage. Il ne peut rien faire.

- Vous semblez intelligent, jeune homme, aussi vais-je vous parler franchement : je sais que je ne peux pas vous aider, et que les hommes qui vous pourchassent sont des tueurs entraînés. Ils ne tarderont pas à comprendre que vous êtes ici, parmi nous, et ils vous attendront à votre sortie pour vous tuer.

Il s'assombrit, et continue :

- Je ne peux cependant pas vous garder ici indéfiniment, et attendre qu'ils se lassent. Si ce sont de vrais professionnels, ils attendront le temps qu'il faudra...ou ils tenteront de vous avoir à l'intérieur. Non. Si vous voulez vraiment être en sécurité, vous devez quitter la Cité Blanche. C'est votre seul espoir, j'en ai bien peur.

Le Capitaine plonge son regard sévère dans celui de Hirlon, d'abord, puis de Delaynna ensuite. S'ils veulent avoir une chance d'échapper à leurs poursuivants, ils doivent absolument partir, se lancer sur les routes, et espérer que le froid parvienne à dissuader les hommes de les poursuivre. Ce n'est pas vraiment la solution de facilité, mais rester est une folie dans ces conditions. Alors que tout le monde demeure silencieux, le chef de la patrouille remarque que le plus jeune à la table, le gosse des rues, a arrêté de manger. Non pas qu'il ait l'estomac plein, mais il semble ne pas être resté si hermétique que ça à la conversation, et il a l'air d'avoir tout entendu, pour être précis. Son regard passe du Capitaine à Delaynna, comme s'il espère qu'un des adultes va finir par prendre une décision pour lui.

Au fond de lui, le gosse a toujours rêvé de partir, de découvrir d'autres contrées, un autre monde, un autre univers. Mais le rêve vaut-il toujours mieux que la réalité ? Entre les murs de Minas Tirith, dans ce quartier mal famé auquel il appartient, certes il n'est personne, mais il connait tout le monde. Il sait où aller pour trouver à manger, où aller pour dormir, et où aller pour gagner un peu d'argent. Partir, cela signifie devenir un inconnu, mais également ne plus connaître personne. Ne plus avoir de repères. Est-ce vraiment la meilleure des choses à faire ? Il pèse le pour et le contre, conscient que se joue en ce moment son avenir, et peut-être la trajectoire du reste de sa vie. D'un côté, il voit un avenir assez proche de son quotidien, dans les rues. Il va travailler et continuer à voler pour essayer d'avoir de l'argent, se faire voler par des gens plus grands et plus forts, jusqu'à ce qu'il devienne à son tour assez grand et assez fort pour voler les autres. Et quand ce sera le cas, il espère pouvoir se rendre utile par d'autres moyens, pour obtenir un peu plus de nourriture. Peut-être même qu'il trouvera une cachette dans laquelle il pourra rester tout le temps, sans avoir besoin de changer toutes les nuits.

De l'autre côté, il regarde Delaynna. Il regarde ses beaux vêtements, et se dit qu'elle peut l'emmener dans des pays lointains où la vie est différente. Il n'a aucune idée de ce à quoi peut ressembler la vie dans les autres royaumes, ou même quand on n'est pas gosse des rues. Mais il imagine simplement que ne plus appartenir à cette catégorie, cela peut signifier avoir un bon repas dans le ventre. Manger une fois par jour serait déjà un luxe pour lui. Et dans un sens, il perçoit que l'elfe est capable de lui proposer cela. Tous les elfes qu'il a vu sont riches et puissants, même s'ils ne portent pas beaucoup de bijoux. Il a bien vu comment les gens s'écartent sur leur passage, et il a bien vu comment les gens les regardent, lorsqu'ils se promènent dans les rues sur leur cheval magnifique. On dirait des rois ou des princes, portant de beaux habits, certains arborant même de petites couronnes. Ils ont tous des souliers aux pieds, et pas un ne semble avoir faim.

Le gosse dépose son couvert sur la table, et lance d'une voix fluette pleine de prières :

- Je...Je voudrais ne plus être ici ! Je voudrais partir...

Sa voix s'est éteinte sur ce dernier mot. Partir pour aller où ? Partir pour faire quoi ? Il l'ignore, mais il est convaincu que quelque part existe un endroit dans lequel il peut vivre sans avoir à être battu, sans avoir à mourir de faim, sans avoir à voler et à chaparder pour survivre. Un paradis.


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Delaynna
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Ven 4 Jan 2013 - 5:18
Déçue que le capitaine refuse de lui accorder sa demande, l’elfe poussa son assiette, tel un enfant qui refuse obstinément de goûter à la nouveauté. Elle tremblait de plus en plus et elle sentait le regard de tous rivés sur elle. Mais Del était têtue et elle ne voulait pas que cette grande faiblesse paraisse. Mais Layna devait à tout prix sauver l’homme à la barbe. Après tout, il lui avait également sauvé la vie. Elle ferma les yeux et soupira.

-Hirlon a raison, fit-elle.

Elle soutenait le regard du capitaine.

-Mais depuis mon arrivée je ne cesse d’être surprise par le changement radical de cette citée. Minas Tirith, la grande citée des rois. La dernière fois que j’ai mis les pieds ici, je venais représenter mon peuple au couronnement du grand roi Elessar. Nous étions dans des temps de paix. Mais aujourd’hui tout est différent…

Elle se redressa et s’imposa devant le capitaine. Elle voyait la tristesse dans son regard. Lui aussi, autrefois il semblait avoir voulu aider, mais sans le même succès. C’est alors qu’elle ressentie un léger picotement sur son avant-bras. La pluie d’étoile filante s’était à nouveau illuminé et éclairait son bras gauche. C’était bien étrange la première fois que l’on voyait ce symbole. Mais la lumière était beaucoup plus faible qu’à l’origine. Elle ferma les yeux et repris;

-Je suis à peine revenu dans la citée aujourd’hui, et j’ai vu cet enfant se faire presque tuer pour une simple faute. Si je n’avais pas été là, personne n’aurait protesté. Si ce n’était pas d’Hirlon, nous n’aurions pas retrouvé Pipin.

Elle se retourna vers l’adolescent et le regarda du coin de l’œil. Au point où ils étaient rendus, ils n’avaient plus le choix de dire la vérité.

-Il y a eu une émeute après la tentative de meurtre. Nous avions perdu les traces de Pipin. Grâce aux pouvoirs qui m’ont été attribués, j’ai pu retrouver sa trace. Mais je me suis affaiblie et il fallait absolument retrouver Pipin. Hirlon y est allé. Moi j’ai dû rester de retrait pour reprendre mes forces. Lorsque je me retrouva seule, un homme s’est avancé vers moi dans la petite ruelle et m’a amener à une fontaine et j’ai pu y reprendre mes forces, sans qu’il ne s’aperçoive de rien. Je l’ai provoqué, juste à temps ou il a décidé de changer de camps.

Par-dessus tout, elle voulait ignorer les détails de la danse pour les gamins. Elle secoua la tête et repris;

-Son assistant Grigg est arrivé et il m’a protégé. Il aurait pu lui ordonner de me tuer, mais il ne l’a pas fais. Il s’est mis entre moi et Grigg. Je me suis enfuie pour retrouver les enfants et c’est alors que j’ai été attaqué. J’en ai blessé un de ceux qui ont tenté de nous attaquer à la jambe en lui enfonçant un morceau de bois et ils sont disparus dans l’ombre.

Elle dévisagea le capitaine à nouveau.
-Cet homme m’a sauvé la vie, Capitaine! Certes, il ne pourra pas redevenir comme avant je vous l’accorde. Mais avec mon aide, il guérira plus facilement. En tant que Dame de l’eau, il est de mon devoir Capitaine de venir en aide aux blessés.

L’elfe posa ses poings sur la table. Elle inspira profondément et trembla à nouveau légèrement. Mais ne laissa rien paraître.

-J’emmènerai les enfants avec moi. Nous partirons ensemble de cette citée.

C’est alors qu’elle aperçut le gamin qui voulait s’incruster dans la conversation des grands. Elle se leva et s’approcha de lui et joua dans ses cheveux en bataille.

-Oui mon chéri, nous partirons d’ici. Nous irons loin. Nous irons voir les grandes citées des elfes. Qu’en penses-tu Hirlon ? Après cette nuit, plus personne ne vous fera du mal. Tant que je vivrai je vous protégerai jusqu'à mon dernier souffle.

Et c'était une promesse qu'elle se jurait aussi à elle-même. Plus jamais, un enfant qui croisera sa route, sera abandonné.

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Erco Skaline
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Lun 14 Jan 2013 - 13:06
Hrp désolé du temps de réponse Hrp

Hirlon dut écouter Delaynna raconter toute leur histoire au capitaine. Il cacha son mécontentement, après tous c'était elle la plus grande du trio, mais aussi peut-être la plus naïve de tous. Enfin pas plus que le gamin qui lui frôlait le ridicule avec sa naïveté toute enfantine.

L'ado ne faisait que se demander pourquoi s'était-il engagé dans cette aventure. Il commençait à s'en sortir, et là il replongeait. En même temps apparemment son amie elfe voulait les emmener loin d'ici. Hormis le fait que c'était la seule chose à faire pour les sauver, Hirlon rêvait de partir, mais n'en avait jamais eut vraiment le courage. Déjà à dix ans il avait voulu fugué, il avait même été jusqu'à voler une bourse et se faire poursuivre avec son ami. Au final il n'avait pas franchi la grande porte, et avait dépensé l'argent pour bien manger un soir. Là il en sourit, et se dit qu'il était peut-être temps de tirer sa révérence à Minas Tirith et d'aller voyager dans le monde.

Il lança un regard à Delaynna et lui répondit:

-Je suis partant pour partir, j'en ai marre de vivre dans la rue comme un mendiant... En plus on a pas vraiment le choix.... Si je reste, le capitaine me retrouvera un de ces matins la gorge tranchée abandonné dans un égout comme un rat crevé. Je vous suit quoiqu'il arrive.

Il essayait d'avoir l'air assuré et brave. Sans s'en rendre compte tous en parlant, il avait bombé le torse. L'ado rêvait de vivre des aventures folles, comme tous les adolescents, mais peut-être que lui allait les vivre. Il se tourna vers le capitaine:

-Monsieur vous êtes quelqu'un de bon. Vous pourriez nous garder pour notre pseudo sécurité. Vous êtes un des seuls miliciens que je connais qui semble croire en son rôle. Vous avez du courage, si vous voulez des informations sur un quelconque trafic allez trouver à Nathan. Il sait beaucoup de chose, dite lui que vous venez de ma part, ça l'aidera à être plus ouvert. Il traine vers la taverne du Mazarbull, ou vers la cathédrale.

Il ne savait pas pourquoi il lui donnait le nom de son ami. Peut-être parce qu'il allait partir, ou que ce capitaine avait l'air de vraiment vouloir changer les choses. C'était aussi un remerciement de les laisser partir sans trop poser de problème. Cette fois plus gêné, Hirlon demanda au capitaine:

-Et dites, monsieur vous auriez une épée pour moi qui traine? J'ai qu'une dague et si on doit se battre à un moment donné, je préférais être plus armer.... Une dague c'est pas très utile face à une épée... Je suis sur que vous en avez une qui traine ici...
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Ryad Assad
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Mar 15 Jan 2013 - 22:34
Il est toujours difficile de refuser quelque chose à quelqu'un qui semble sincère. Et la sincérité, c'est précisément la seule chose qui émane de Delaynna. Une sincérité pure et honnête, éloignée des intérêts des mortels. Le capitaine, tout occupé à manger et à écouter, songe à part lui que si plus de personnes pouvaient faire de leur mieux pour leur prochain, quitte à prendre quelques risques, le monde n'en irait que mieux. Mais malheureusement, ce n'est pas le cas. Son quotidien à lui est fait de malheurs, de gosses des rues, et de bagarres d'ivrognes. Il n'y a pas si longtemps, pourtant, les choses ont été mieux...jusqu'à ce qu'une succession de catastrophes s'abattent sur la Terre du Milieu et sur Minas Tirith. Le Capitaine, conscient que l'elfe semble dégoûtée de la capitale du Gondor, intervient tout de même afin de chasser cette idée de son esprit :

- Vous parlez d'une époque que je n'ai pas connue, madame. Mais je puis vous assurer que les choses n'ont pas toujours été ainsi. La Cité Blanche a longtemps vécu dans le bonheur et la prospérité. Mais des ennemis puissants ont réussi à ternir son éclat, et à instiller la peur, la colère, la haine et la misère à l'intérieur de nos murs. Nous luttons chaque jour, avec un engagement indéfectible, pour que les choses changent, mais...mais elles ne changent pas. Vous qui appartenez à un peuple millénaire, vous devez bien comprendre cela. Quoi que l'on fasse, la guerre revient toujours à un moment donné, et constitue semble-t-il une étape obligatoire de notre évolution.

Il marque une pause lourde de sens, comme s'il envisageait encore de reprendre, mais il n'ajoute rien, visiblement préoccupé. Un silence gênant s'installe entre les gens attablés, et même le gosse tourne la tête en tous sens, cherchant à comprendre d'où peut venir le problème. Alors, le bras de Delaynna se met à luire très doucement, comme si quelque magie circulait à l'intérieur de lui. Le Capitaine arque un sourcil, interloqué, probablement avide de questions, mais il préfère ne pas en savoir plus. La magie est une chose d'elfes, qui n'amène en général rien de bon. Conscient que ce n'est pas de ses affaires, mais dans l'incapacité de se taire, il souffle :

- Ne montrez pas cela à tout le monde, madame. Certains pourront s'en émerveiller...mais d'autres pourraient vous faire du mal à cause de ça. La magie...enfin ce genre de choses a tendance à attirer de mauvaises personnes. Hors de la cité blanche, les routes ne sont plus sûres. Prenez garde.

Il a parlé sur un ton un peu alarmiste, mais c'est simplement parce qu'il s'en fait vraiment pour ces trois pauvres individus qui envisagent d'arpenter le monde dur et froid, pour échapper à la mort dans la cité la plus sûre du Gondor. Comment expliquer cela ? C'est à n'y rien comprendre. Le Capitaine se demande ce qu'il en est dans d'autres villes ? Que doivent subir Osgiliath, Cair Andros ou Pelargir ? La criminalité est-elle montée en flèche là-bas également ?

Le Capitaine a beau essayer de la convaincre que rien ne peut y faire pour cette sombre histoire, et qu'il vaut mieux partir pour protéger la vie de ces enfants, l'elfe tente une dernière fois de le convaincre d'approcher l'homme meurtri et pris d'accès de violence. Prise par l'émotion, ou bien consciente qu'il n'y a plus lieu de cacher la vérité, elle se met à raconter toute l'histoire, sans cacher les détails. Elle raconte comment s'est passée leur rencontre, et comment elle a immédiatement suspecté l'homme à la barbe d'avoir quelque chose de louche. Cependant, en suivant son récit, le soldat se rend compte qu'ils ont eu beaucoup de chance. Provoquer des tueurs professionnels, leur tenir tête dans des moments de faiblesse, et miser sur la volonté de se repentir de l'un des leurs pour s'en sortir...C'est inespéré. Dans la majeure partie des cas, les gens se font tuer avant d'avoir eu l'occasion de gagner du temps, et lorsqu'un homme de main arrive, ce n'est en général pas pour que son employeur s'interpose entre lui et son ennemi. Ce qui a pu pousser l'homme à se retourner ainsi contre ses propres intérêts, cela peut s'expliquer de mille et une manières. Mais ce qui est certain, c'est qu'il est impossible de prévoir les réactions d'un tel homme. Peut-être tout cela fait-il partie d'un plan plus vaste, à l'intérieur duquel tout a été calculé avec une grande précision.

Mais l'elfe ne se démonte pas, et continue à argumenter avec une force de conviction croissante. Soudain, alors que le Capitaine est plongé dans ses réflexions, il se rend compte qu'il y a un grand silence, assez anormal compte tenu du concert de hurlements qui les a accueillis à leur arrivée dans la caserne. Inquiet, il se lève et se dirige vers la porte, qui s'ouvre avant qu'il ne puisse poser la main sur la poignée. Un soldat fait son apparition, la mine particulièrement préoccupée :

- Capitaine...

- Parlez, soldat. Qu'est-ce qui vous rend si nerveux ?

L'homme déglutit péniblement :

- C'est le fou, Capitaine. Il...il est mort. Artur dit qu'il a juste voulu l'empêcher de se débattre, et qu'il est brutalement...euh...mort.

Le Capitaine ouvre de grands yeux étonnés, et de colère son poing se serre. Il connait Artur : c'est une jeune recrue zélée, et prompte à s'engager, mais jamais il n'aurait tué un homme de sang froid. Et s'il jure qu'il s'agit d'un accident, alors on peut lui faire confiance. Mais le mystère de cet homme mystérieux est emporté avec lui dans sa tombe. A tout hasard, le gradé demande :

- A-t-il dit quelque chose ?

Le soldat jette un bref coup d'oeil vers Delaynna, assise à la table, puis revient à son officier supérieur, qui n'a pas bougé d'un cil. Il se lance alors :

- Il a dit...Il a dit qu'il lui demandait pardon, Capitaine. C'est tout.

Le gradé hoche la tête, un peu surpris, puis congédie son soldat qui salue avant de quitter la pièce. Un silence gênant s'abat sur tous les individus présents, que rompt le Capitaine aux cheveux gris, avec une gêne perceptible :

- Je suis désolé, madame. Peut-être auriez-vous pu le soigner...peut-être pas. N'allez pas vous torturer avec cela. Vous avez déjà très probablement sauvé la vie de ces deux enfants, et c'est un exploit en soi. Si vous étiez capable de secourir tout Minas Tirith sans risque pour vous-même, je vous enjoindrais à le faire sans hésiter. Mais hélas, les risques sont trop grands.

Il s'approche et pose une main sur l'épaule du plus jeune des enfants, qui lève à peine la tête, trop occupé à racler son bol avec sa cuillère. Il semble déterminé à ne rien laisser au fond, opérant avec une minutie extraordinaire. Tant qu'on ne le dérange pas, il est hermétique à la conversation autour de lui. Ce n'est pas le cas de Hirlon, qui exprime son avis véritable pour la première fois. Ses paroles sont celles d'un adulte, emplies de maturité et d'une certaine forme de douleur. Par quelles souffrances a-t-il dû passer pour s'endurcir à ce point ? Impossible de l'imaginer, sans doute. Même ses conseils semblent précieux. Le Capitaine hoche la tête lentement, en entendant le nom de Nathan. Il le garde gravé dans sa mémoire, et se promet de retrouver cet enfant pour essayer d'en savoir plus et...peut-être...sauver une âme des griffes des bandits qui arpentent cette cité pourtant magnifique.

Alors vint la demande de Hirlon. Pas injustifiée, au regard de la nuit qu'il vient de passer, mais tout de même amusante. Une épée pour protéger l'elfe qui l'a sauvée, pour protéger cet enfant des rues absorbé par les petits plaisirs du quotidien pour oublier la misère et la souffrance dans laquelle il vit. Une épée pour se protéger lui, enfin. Pour protéger son existence et se préserver malgré tout ce qui semble vouloir le briser. Il fait preuve d'un courage exceptionnel, mais il est encore un peu jeune. Le Capitaine se lève, et se dirige vers l'armurerie, située dans une pièce attenante. Il revient avec une arme tenue dans un fourreau. Ce n'est pas une œuvre d'orfèvre, et elle n'est ni décorée ni ornementée. Elle n'a pas de nom, et elle n'est pas faite pour les riches seigneurs. Mais elle est vouée à aller à la guerre, à faucher des vies au nom d'un idéal. C'est précisément la fonction qu'elle peut être amenée à remplir.

- Voici pour vous. Vous ne manquez pas de bravoure, jeune homme, mais pour votre âge, une épée serait trop compliquée à manier, et ne vous aiderait pas. Cette épée courte, par contre, vous fournira une bonne alternative. Tant qu'elle sera à votre côté avec pour mission de vous protéger contre l'infamie, jamais elle ne vous trahira.

C'est un petit mot d'encouragement qui peut semblé tirer d'un conte, mais il espère que cette petite phrase qui sur l'heure fait sourire, saura un jour trouver un écho dans les actes de ce petit homme plein de détermination...comme les mots de son père continuent à résonner dans l'esprit du Capitaine, plusieurs dizaines d'années après qu'on lui a offert sa première épée. Le soldat conclut alors, sur un ton particulièrement las, conscient qu'il risquait d'envoyer ces pauvres à la mort, ou en tous cas au devant de difficultés innommables :

- Allez vous reposer. En tant que Capitaine, j'ai des quartiers privés, qui vous sont entièrement ouverts. Tâchez de passer une bonne nuit. Demain, mes hommes vous escorteront jusqu'aux portes. Là, vous pourrez prendre la direction de votre choix. Je vous souhaite bonne chance !

Le Capitaine se lève, et laisse les trois futurs voyageurs seuls. Il s'empresse de donner ses ordres, et de préparer le départ. Pour eux, il sait que c'est le début d'une nouvelle aventure.


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Delaynna
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Ven 18 Jan 2013 - 7:31
L'elfe sourit lorsqu'Hirlon demanda des armes pour pouvoir se défendre au capitaine. Elle était ravie que les jeunes enfants acceptent son offre. Tout ce qu'elle désirait, était de faire le bien autour d'elle. Voir Hirlon et le petit gamin grandir dans un avenir meilleur, la soulageait. Bien sûr l'adolescent devait la trouver très naïve par son comportement qu'elle avait envers eux. Mais lorsqu'il s'agissait d'une question de vie ou de mort pour des enfants, Del ne pouvait rester là et ne rien faire. Il fallait qu'elle agisse vite. Cela devait être le même cas pour le capitaine. Comment peux-tu faire du mal à un enfant ? Ces êtres si innocents et si purs. C'était là, qu'elle puisait sa force, grâce à sa détermination de vouloir sortir les deux gamins de la misère. Peut-être même que, à leur tour, ils feront pareil.

C'était bien beau de rêvasser, mais le capitaine la regardait avec un étrange regard. Tous les autres d'ailleurs. Elle baissa les yeux sur son avant-bras et vit la pluie d'étoile filante qui dansait sur son bras. Elle tenta de cacher cela du mieux qu'elle le pouvait contre elle. Il avait bien raison. Cela attirerait les regards des rêveurs de fortune. Mais Delaynna n'y pouvait rien. Ainsi était fait son corps de triplé. La dernière chose qui la reliait à Mathias.

Elle devint vite nostalgique et repensa à son frère. Mais elle fut vite interrompue par la porte qui s'ouvrit à la volée et aperçut le jeune soldat essoufflé. Quelque instant auparavant, elle s'était accroupie pour caresser les cheveux du gamin. L'elfe se redressa vite et s'approcha pour mieux entendre. Elle arriva à côté d'Hirlon et posa une main sur son épaule de façon maternelle et écouta les paroles échangées entre le capitaine et le soldat. Mort ?! L'homme à barbe avait succombé à ses blessures! Ainsi, ils ne connaîtront jamais la vérité de la tentative de meurtre sur le petit. Ce secret était emporté dans la tombe. L'elfe baissa le regard sur le sol. Elle inspira profondément. Cet homme lui avait sauvé la vie. Elle ne pouvait que lui être redevable. Maintenant qu'il était mort, Del ne pouvait plus faire grand-chose. Mais la surprise fut plus grande lorsque le jeune soldat leur dit les dernières volontés de l'homme. Il demandait que son pardon. L'elfe eut un mouvement de recul de la tête et haussa les sourcils de surprise. Elle repris vite son sérieux lorsque le capitaine s'approcha d'elle à son niveau.

-Vous avez raison, je dois m'occuper d'eux à présent.

Ses yeux suit le capitaine quitter la pièce pour revenir avec une épée. Delaynna afficha un sourire reconnaissant au capitaine et inclina la tête en guise de remerciement.

-Ne vous inquiétez pas, nous remédierons à cela bientôt, fit-elle une idée bien déterminée dans la tête.

Ne comprenant pas cette dernière phrase, elle savait qu'Hirlon la regardait, les sourcils froncés. L'elfe lui sourit et lui fit un clin d'oeil. C'était tout ce qu'elle fit et retourna son attention au capitaine qui leur offrait l'hospitalité de ses quartiers privés. L'elfe le remercia du regard avant qu'il quitte la pièce. Elle retourna à sa place et termina son repas.

Elle n’arriva pas à la fin et offrit son reste aux enfants qui semblaient affamés. Un autre homme vêtue de l’armure argente les amenèrent vers les quartiers privés du capitaine. Elle englobe qu’une grande pièce, ou est installé un grand lit. Le petit gamin semblait n’avoir jamais vu un aussi grand lit. Il couru et y sauta. Il examina le matelas qui semblait beaucoup plus confortable que le sol glacial ou il était habitué de dormir. Il s’émitouffla sous les draps et s’y endormis. Hirlon semblait se retourner vers Del.

-Tu partageras le lit avec lui, je prendrais le fauteuil près de l’âtre.

Hirlon semblait hésité. Del lui fit signe de la main d’aller dormir. Le jeune garçon lui remis sa cape qu’elle lui avait prêté pour affronter l’hiver. L’elfe lui sourit et alla près de l’âtre. Elle prit une des bûches qui gisaient par terre et la déposa dans le feu pour augmenter la chaleur de la pièce. Elle s’installa à ses aises et regarda la belle danse des flammes. L’elfe devait se reposer, car elle avait abusé de sa magie en cette nuit. Mais elle n’arrivait pas à trouver le sommeil. Le mystère de l’homme l’intriguait tant. Quelques fois, elle jetait des regards derrière elle pour voir si les garçons dormaient. C’était bien le cas pour le plus jeune qui semblait ronflé. Mais pour Hirlon, il avait seulement les yeux fermés.

Del prit le risque de se glisser en douce en dehors de la chambre. Il fallait à tout prix qu’elle revoit le corps de l’homme à barbe. Elle sortie telle une ombre dans la maison de la garde.

Par chance, personne n’avait changé d’endroit le corps de l’homme à barbe. On l’avait mise sur une table à part, un drap reposait sur lui. Del glissa le drap et regarda autour d’elle. L’elfe ne voulait pas être vue. Elle désirait seulement lui dire adieu.

-J’ignore pourquoi vous désiriez tant mon pardon. Maintenant que votre âme repose apaiser sur les rives blanches, sachez que vous avez mon pardon. Car maintenant, le petit n’aura plus à subir de telle souffrance que vous lui avez infligé. Il sera plus fort que jamais. Hirlon de même. Je n’ai pu savoir la vérité, vous l’avez emporté avec vous. Alors je garderais l’image que vous avez été un homme qui s’est rendu compte trop tard, qu’il avait un cœur.

Elle examina son visage brûlé une dernière fois et replaça le drap sur son visage et quitta la pièce, ayant entendu quelqu’un s’approcher. L’elfe repartie aussi vite qu’elle était arrivé et retourna dans la chambre. Les garçons dormaient toujours. Del repris sa place sous sa cape et observa la danse des flammes qui avait un peu diminué en son absence.

Hypnotisé par cela, Layna ferma doucement les yeux et ne les ouvrit quelque instants avant l’aube. Le feu s’était éteint peu de temps après qu’elle sut endormis. Elle réveilla doucement les deux garçons en leur annonçant l’heure du départ. Un soldat de la garde frappa à la porte et leur annonça que le capitaine leur avait offert deux montures pour la route. Il offrit également quelques petites choses à manger lors de leur voyage. L’elfe sourit face à autant de générosité. Ils se dirigèrent vers les écuries ou les attendait le capitaine de la garde. Deux montures étaient à leurs disponibilités. Hirlon en pris une et l’autre Del la pris. Elle pris le gamin dans ses bras et l’aida à monter sur la selle. Le capitaine l’aida par la suite à monter.

-Capitaine, bien que je ne connaisse votre nom. Sachez que vous êtes un grand homme. Mon peuple vous est redevable dorénavant. Votre courage restera à jamais gaver dans ma mémoire. Ainsi, la générosité et l’honneur sont toujours dans le cœur des hommes. Reste à la faire ressortir. Ne vous inquiétez pas pour nous, un long voyage nous attend certes, mais un retour à nos racines ne fait jamais de tord, adieu capitaine! Que la lumière vous protège! Suis-moi, Hirlon.

L’elfe talonna son cheval au galop et quitta la maison de la garde suivit de quelques soldats. C’était le silence plat dans les ruelles de Minas Tirith. L’aube se levait lentement. Ils escortèrent l’elfe et les gamins jusqu’aux grandes et majestueuses portes de la citée. Le gamin semblait impressionné par la tournure des événements, l’elfe se pencha et lui murmura à l’oreille.

-Il me semble que tu n’es jamais su ton nom, maintenant nous quittons pour de bon cette citée ou tu as vu le jour, contemple-la une dernière fois et laisse Daeron naître.

Daeron, elle l’avait appelé ainsi. Tout comme le fils de Mathias, son neveu qu’elle avait perdu à jamais sur les rives des havres gris. Del sourit et regarda Hirlon.

-Contemple-la une dernière fois.

Les grandes portes s’ouvrirent devant eux, l’elfe ordonna à son cheval de partir au galop. Ainsi, ils partirent sans se soucier si quelqu’un les suivait ou non. Ils commencèrent leur long périple vers Fondcombe.

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