Appel à l'aide à Pelargir

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Ryad Assad
Espion de Rhûn - Vicieux à ses heures perdues
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Ryad Assad

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Appel à l'aide à Pelargir EmptyMer 12 Déc 2012 - 21:49
HRP : Suite de "A la recherche d'un clan"

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Faisant face fièrement à ces deux manipulateurs nés, Elwyn résistait honorablement, pour le bien des siens. Malheureusement, elle se rendait compte peu à peu qu'elle n'était pas de taille à rivaliser avec leurs aptitudes politiques. Contrairement à Garnaïl, elle n'était pas une politicienne. Rompue aux décisions rapides, et formée à utiliser son intuition plutôt que sa logique, elle ne se reposait pas entièrement sur la chance et le hasard, mais presque. Là, entourée par deux langues de vipère, qui maniaient les mots mieux qu'elle maniait l'épée, elle se retrouvait désemparée. Sa seule option consistait à continuer à faire ce qu'il lui semblait juste, en se basant sur trois choses : son avis propre, premièrement, ce qu'elle pensait qu'Akbar aurait fait, deuxièmement, et l'avis de ses compagnons de voyage, troisièmement. C'était peut-être la seule chose qui faisait qu'elle continuait à exister dans la discussion, et qu'elle ne se contentait pas de suivre bêtement les ordres. Ca, et son esprit de contradiction particulièrement indomptable.

Mais toute sa détermination et toute sa fierté s'évanouirent d'un coup d'un simple geste. Jamil, sans cesser de parler, avait dégrafé sa cape de voyage, et l'avait courtoisement passée autour des épaules de la femme qui, bien qu'elle eût préféré qu'il en fut autrement, ne put s'empêcher d'éprouver un certain soulagement. Cela dit, elle se sentait terriblement vulnérable en cet instant, comme dépendante de ces hommes qui la protégeaient perpétuellement, qui veillaient sur sa sécurité plus qu'ils ne veillaient à celle des autres membres de l'expédition. Nul doute que son épaule blessée accentuait cela, mais elle aurait préféré qu'ils s'abstinrent de toute initiative galante, a fortiori devant les hommes du groupe. Qu'allaient-ils penser d'elle, maintenant qu'ils la voyaient recevoir avec douceur la cape de Jamil ? Qu'elle était faible et qu'il fallait s'occuper d'elle ? Pour le bien de la mission, mais surtout pour sa fierté, elle ne pouvait pas continuer à agir ainsi.

Mais à l'heure actuelle, il faisait si froid qu'elle ne trouva pas la force de refuser ce présent bienvenu. En d'autres circonstances, elle aurait probablement rejeté le manteau, en prétextant que tout allait bien, mais elle ne parvint pas à se convaincre de repousser la main de Jamil qui demeura étrangement posée sur son épaule. Paternel ? Dominateur ? Séducteur ? Elle rougit un peu plus, ce qui ne se vit pas tant le froid qui régnait à l'extérieur avait fait monter le sang à ses joues, et plongea son regard dans celui de cet homme étrange, qu'elle n'arrivait décidément pas à cerner. Mais elle ne décela en lui aucun indice qui aurait pu corroborer une de ces trois hypothèses...A moins qu'il réponde à la fois aux trois catégories. Paternel, il ne pouvait pas s'empêcher de l'être ; il pensait à protéger les gens, et c'était presque un réflexe chez lui, en témoignait son geste. Dominateur, il y avait de quoi le croire ; il se comportait parfois comme un chef de guerre, et pas simplement comme le meneur d'une expédition. Elwyn et lui auraient dû avoir un statut proche, mais elle n'exerçait pas un tel contrôle sur les hommes qui la suivaient. Jamil, lui, semblait les dominer totalement, et recueillir leur adhésion totale. Séducteur, très probable ; il y avait chez lui quelque chose de très particulier, une sorte de "je t'aime moi non plus" qui rendait ses relations avec les gens étrange. Toujours à la limite, il se comportait en équilibriste. A chaque fois qu'il était en posture pour faire un compliment, devenir plus sympathique, il se rééquilibrait brutalement d'une pique acérée, d'une remarque désobligeante, ou bien en envoyant ses hommes en éclaireur sans prévenir. Mais alors qu'il pouvait s'emporter qu'on lui parlât comme Elwyn lui avait parlé, et ainsi confirmer son esprit rebelle, il retombait étonnamment dans la courtoisie, dans la galanterie, et dans la tranquillité. De quoi dérouter.

Elwyn jeta un bref coup d'oeil à Garnaïl, cherchant ce qu'il pourrait bien penser du geste de Jamil. Elle ignorait aussi quoi penser de lui, qui avait par bien des aspects fait preuve de beaucoup de tendresse à son égard, mais qui pouvait se montrer si froid et si distant, par ailleurs...Elle ne comprenait pas vraiment à quoi il jouait, ou plutôt ce qu'il attendait d'elle. Maintenant qu'ils étaient partis, elle avait noté son changement d'attitude : il était plus rigide, plus droit, moins enclin à la conversation si cela ne parlait pas de la mission à venir. Il ne lui avait pratiquement pas adressé la parole, et malgré elle, ces échanges commençaient à lui manquer. Elle aurait payé cher pour revenir quelques jours en arrière, quand ils se trouvaient dans le désert, dans une obscurité seulement combattue par un feu de bois crépitant, assis côte à côte à discuter de leur passé, sur le ton de la confidence. Elle avait aimé cette proximité, cette complicité, cette intimité. Mais elle ignorait toujours si elle désirait davantage, ou si elle préférait se contenter de paroles au coin de l'âtre. Etait-ce cela qui la bloquait ? Etait-il si difficile d'aller voir Garnaïl et de lui dire qu'elle voulait parler avec lui à nouveau ? Son esprit ne mit pas longtemps à trouver la réponse. Oui, ce serait difficile. Evidemment. Comment pouvait-elle se montrer une compagne de route agréable quand tant de pensées sombres et emplies de peine s'agitaient en elle. L'Etrangère se dit que peut-être sa propre tristesse avait déteint sur l'ensemble du groupe, et elle espérait sincèrement ne pas être à l'origine d'un malaise bien plus grand qu'elle.

La femme revint à la réalité en entendant le choc caractéristique d'une main sur une joue. Elle tourna les yeux, et vit distinctement la surprise de Murak, qui bascula en arrière sous la puissance du coup donné par Jamil. Quelle correction ! Et devant tout le groupe en plus ! Elwyn capta dans les yeux des siens une lueur d'assentiment, et elle sentit que ce faisant, Jamil avait marqué des points. Probablement qu'ils n'avaient pas tout compris, mais ils avaient vu le Haradrim revenir, et quelques minutes après, on appelait aux armes. Il n'avait pas fallu longtemps pour que leur esprit fît le rapprochement. C'étaient tous des guerriers expérimentés, et ce genre de situations, ils les connaissaient bien. Le désert n'était guère propice aux batailles rangées, mais bien aux embuscades et aux escarmouches. Ils savaient ce que signifiait être repéré par un groupe plus important : la fuite, la poursuite, et probablement quelques combats à venir. Elwyn savait ce qui passait dans leur esprit, et elle était désolée d'avance d'avoir à leur apprendre qu'ils n'allaient pas seulement devoir combattre l'épée et le bouclier, mais aussi et surtout le froid et l'eau. Deux choses que, sur les terres du Khand, on ne trouvait tout simplement pas.


~ ~ ~ ~


Il y avait peu de choses plus insupportables qu'une journée passée à attendre un ennemi qui ne vient pas. En permanence, les hommes patrouillaient dans les bois et aux alentours de la colline, à l'affût du moindre signe de danger. Il y avait peu de chances qu'on les attaquât maintenant, puisqu'ils n'avaient laissé aucun indice quant à leur nombre, mais c'était le jour où on ne plaçait nulle sentinelle qu'on tombait sur un capitaine zélé qui chargeait sans informations. Personne n'était pressé de courir au massacre. S'activant parmi les hommes, Elwyn aida à démonter les tentes, à nettoyer l'endroit sur lequel ils avaient passé la nuit. Ils désiraient laisser le moins d'indices possibles, afin de ne pas risquer une poursuite. Si l'on repérait qu'ils étaient seulement une douzaine, cela risquait de compliquer passablement les choses. Il valait mieux maintenir l'illusion, sans se montrer trop démonstratif. S'ils donnaient l'impression qu'il y avait deux cent Khandéens en territoire Harondorim, cela risquait de déboucher sur une situation tout aussi complexe. Situation qu'ils voulaient éviter à tout prix.

L'Etrangère venait de boucler son paquetage, et était occupée à seller son cheval, quand une voix la tira de ses pensées. Elle se retourna, et salua Taleb qui semblait, pour une fois, très sérieux.

~~ Que se passe-t-il, Taleb ? Je sais que la nuit n'a pas été des plus agréables, mais tu sembles soucieux. ~~

Elle avait dit ça sur le ton de la plaisanterie, et fut très surprise de voir que le visage de cet homme pourtant rieur ne se déridait pas. Avait-elle vu juste à ce point ? Taleb, prudent, s'assura que personne n'était à portée d'oreille, avant de murmurer à Elwyn, à peine assez fort pour qu'elle entendît :

~~ Ne regarde pas Jamil, j'ai peur qu'il ne se pose des questions s'il voit que l'on parle dans son dos en l'ayant à l'oeil. J'ai surpris une conversation entre lui et ce Murak, pendant qu'ils rangeaient le camp, Talâyi : tu sais que je ne parle pas suderon, et je peux me tromper, mais il y a deux mots que j'ai cru distinguer dans leur charabia...~~

~~ Quels sont-ils ? ~~

~~ ...Nimrod Yahardim. ~~

Elwyn le dévisagea sans comprendre. Elle n'avait jamais entendu ces mots, et ignorait jusqu'à leur signification. Elle ne parlait pas un mot de suderon, et espérait tout bêtement que Taleb lui expliquât de quoi il retournait, ce qu'il fit sans se faire prier :

~~ Il n'y a pas si longtemps que ça, peu avant que tu arrives, le Harad était en pleine guerre civile. Et parmi les grands, un certain Nimrod a été à la tête du Sultanat. Et il s'est fait appeler Nimrod Yahardim. Destitué, il est redevenu Emir par la suite, avant que l'on perde totalement sa trace. Beaucoup le croyaient mort, mais ce n'est apparemment pas le cas...~~

~~ Mais qu'est-ce que ça a à voir avec Jamil, Taleb ? Sois clair. ~~

L'intéressé se tordit les mains. Il semblait hésitant, puis il se lança finalement :

~~ Eh bien...Je préfère ne rien avancer car je pourrais me tromper, mais...notre chef, Radd Bekaqil avait pour habitude de le surnommer...Nimrod Le Pâle... ~~

Cette fois, Elwyn dut faire un effort de volonté pour ne pas tourner la tête vers Jamil. Elle sentit ses mâchoires se crisper, et les muscles de son cou se contracter brutalement. Son esprit était partagé entre le besoin incroyable de vérifier, de confirmer les impressions de Taleb, et la nécessité de ne pas paraître suspect aux yeux des autres. Le souffle coupé par cette révélation, Elwyn mit un moment à retrouver l'usage de la parole, et ce ne fut pas avec une idée brillante.

~~ Je vais aller tirer les choses au clair avec lui, Taleb. Nous serons fixés. ~~

~~ Surtout pas, Talâyi, surtout pas. Garde bien cela pour toi, et n'en parle à personne. Pas même à Garnaïl, pas même à Sahid. Moins nous serons à être dans la confidence, moins nous aurons de chances d'attirer son attention. ~~

Elwyn sourit pour le rassurer, voyant qu'il était visiblement en proie au doute :

~~ Que crains-tu donc, mon ami ? J'ai à mes côtés six des meilleurs guerriers du Clan Aqil. Un prince déchu, et une poignée de paysans ne peuvent pas faire grand mal, si ? ~~

La mine de Taleb se fit sombre :

~~ Détrompe-toi, Talâyi. Un homme comme Nimrod est extrêmement dangereux. On ne survit pas à ce à quoi il a survécu uniquement par chance...Nous mettre en travers de sa route serait la pire chose à faire...même si nous sommes six. Faisons profil bas, et laissons-le à ses complots. Tant que nous ne le dérangerons pas, je pense qu'il nous laissera en paix.~~

Sur ces mots, Taleb se leva, et retourna à ses occupations, laissant Elwyn seule avec ses pensées. Elle avait bien du mal à avaler cette histoire de sultan déchu cherchant à reconquérir son trône. Pourtant, plus elle y réfléchissait, plus les pièces de la mosaïque semblaient cohérentes. Une capacité de commandement hors du commun, une connaissance poussée des rapports de force du Harad, une aura de mystère qui ne laissait transparaître qu'un désir brûlant couplé à une détermination sans faille. Le refus de stationner dans une ville Gondorienne... Il y avait tant d'éléments troublants que si la femme n'avait pas eu une totale confiance en Taleb, elle aurait cru qu'il avait tout inventé pour la faire marcher.

L'Etrangère avisa Garnaïl, qui s'affairait un peu plus loin. Elle aurait tellement aimé le mettre dans la confidence, recueillir son avis sur la question, pour mieux gérer la situation. Mais elle reconnaissait l'intelligence du conseil de Taleb, et elle préférait ne pas en parler du tout, pour éviter d'éveiller des soupçons. Si la moitié de ce que l'on disait à propos de ce Nimrod était vraie, elle risquait gros en le mettant en danger. Sur un territoire où tout le monde voulait sa tête, probablement, il n'hésiterait pas à l'égorger dans son sommeil pour se préserver. Cette simple pensée la fit frémir, tandis qu'elle sentait encore l'odeur virile qui émanait de sa cape, qu'elle portait toujours sur le dos. Un soupir de lassitude franchit ses lèvres. Pourquoi tout était-il tellement compliqué ? Un début de mal de tête la prit, et elle alla se coucher de bonne heure, pour se reposer avant le départ nocturne.


~ ~ ~ ~


Parmi la liste des choses avec lesquelles Elwyn ne désirait plus jamais être réveillée, elle nota dans sa liste mentale l'odeur de corps qu'on fait brûler. Elle se réveilla en suffoquant, prise à la gorge par l'âcreté des fumées qui venaient de la ville. Au début, elle crut qu'il s'agissait d'une attaque par le feu. Sans cesser de tousser, elle se précipita dehors, casque sous le bras, et prête à dégainer son épée. Elle comprit qu'il ne se passait rien de tel lorsqu'elle vit tous les hommes, débout, le regard plongé dans le lointain. Elle déposa son heaume, et s'approcha d'eux, afin d'observer ce qu'ils observaient. De la ville, cachée par les collines, s'élevait une fumée noire qui formait des volutes complexes, macabres mais non dénués de style. C'était comme si les âmes de ces malheureux dansaient une ultime fois dans le ciel, avant de se laisser guider par les vents jusqu'à la terre mystérieuse où l'âme des hommes se rendait, là où même les elfes n'avaient jamais posé le pied.

Rappelant tout le monde à l'ordre, Elwyn fit en sorte que le camp d'activât :

- Ca suffit tout le monde. Ne restez pas plantés là, le nez en l'air. Dépêchez-vous de vous mettre en selle, nous partons !

Elle avait dit cela sur un ton suffisamment autoritaire, et avait accompagné son discours d'assez de gestes explicites pour que personne ne demeurât immobile, malgré la barrière de la langue. Ramassant ses ultimes affaires, elle se dirigea vers son cheval, et grimpa souplement en selle, imitée par l'ensemble de leur petit groupe. D'un coup d'oeil, elle nota qu'ils semblaient tous résolus à partir, malgré une certaine inquiétude. L'inaction semblait pire que la mort, pour ces hommes lancés à corps perdu dans une quête dont ils ignoraient tout ou presque. Cependant, au moment où l'ordre de départ allait être donné, deux cavaliers en livrée du Gondor firent leur apparition au bas de la colline. Ils portaient fièrement un étendard qui ne disait rien aux Khandéens, mais leur allure et leur manque de prudence ne pouvait signifier qu'une seule chose : les Gondoriens chargeaient.

Dégainant immédiatement son épée, Elwyn eut la satisfaction d'entendre une douzaine de lames chanter en sortant de leur fourreau, derrière elle. Elle allait organiser la défense, quand Jamil calma les ardeurs de tout le monde. Il prétendit connaître les hommes qui se dirigeaient vers eux, ou tout du moins leur bannière. Proposant aux autres chefs de se joindre à lui, il talonna sa monture, et la lança au galop en direction des nouveaux arrivants. Garnaïl ordonna à toute la colonne de se maintenir à l'arrêt, et réquisitionna Taleb et Haqin pour l'accompagner. D'un signe de tête, Elwyn confirma à son ami qu'il pouvait suivre le Politicien, tandis qu'il allait à la rencontre de ces émissaires. La femme arrêta le monarque en quête de son royaume, et lui souffla :

- Je vais rester ici, et préparer les troupes. Au moindre signe de danger, nous sonnerons la charge, et nous vous sortirons de là.

Elle aurait pu s'arrêter là, mais elle se permit d'ajouter :

- Sois prudent...

Garnaïl n'eut pas le temps d'en apprendre davantage, car Elwyn avait fait pivoter son cheval, et se dirigeait maintenant vers les hommes du groupe, qu'elle harangua en Westron, pour les hommes de Jamil, et en Khandéen pour les siens :

- Derrière moi ! ~~ Derrière moi ! ~~. Restez sur vos gardes ! ~~ Restez sur vos gardes, c'est peut-être un piège ! ~~

Ce disant, elle fit marcher les cavaliers, lame au clair, jusqu'à un endroit plus élevé, d'où ils pourraient avoir une vue excellente de ce qui se passait en bas, tout en étant relativement protégés par le relief. Et si des hommes désiraient les contourner pour mieux les prendre à revers, ils passeraient forcément dans leur champ de vision. Elle s'arrêta sur les silhouettes de Jamil et des deux Gondoriens, qui conversaient amicalement, comme si de rien n'était. Garnaïl les rejoignit, et prit la parole à son tour. Il était trop loin pour que quiconque pût comprendre quoi ce que fut, mais il était clair qu'il semblait pressé. Il ne tarda d'ailleurs pas à faire volte face, suivi de près par les deux combattants qui lui servaient d'escorte. Elwyn intima d'un geste aux combattants de demeurer sur place, et elle se porta à sa rencontre au petit trot. Cependant, il l'ignora purement et simplement, et se contenta d'ordonner aux hommes de partir.

La femme du Rohan ne comprit pas où il voulait en venir. Pourquoi envoyer les Haradrim avec Jamil ? Que se passait-il, à la fin ? Toutes ces questions tourbillonnaient dans sa tête, et l'indifférence de Garnaïl lui tapait tellement sur les nerfs qu'elle se sentit obligée de le contredire :

- Halte ! Halte ! Retournez à vos postes !

Les hommes, bien que ne comprenant pas explicitement ce qu'elle voulait leur dire, lurent dans ses gestes empressés qu'ils devaient retourner d'où ils venaient. Etonnés, ils s'exécutèrent de mauvaise grâce, inquiets de voir leurs chefs prendre des décisions incohérentes. Elwyn s'en fichait comme du Premier Âge, et elle s'adressa vivement à Garnaïl :

- Mais que fais-tu au juste ? Que faites-vous tous les deux ? Je croyais que nous devions prendre les décisions de manière collective, et pas agir chacun dans son coin ! Avant de fracturer notre groupe, ne peux-tu pas au moins m'expliquer de quoi il retourne ?

Elle marqua une brève pause, et capta le regard de Taleb, derrière le Politicien, qui l'encourageait. Elle ne souhaitait pas en révéler plus que nécessaire sur Jamil mieux connu sous le nom de Nimrod, mais elle ne pouvait pas simplement omettre ce détail :

- Ecoute, je sais que tu es pressé de repartir, et je ne te cacherai pas que moi non plus. Mais nous devons faire preuve de prudence, et ne pas agir avec empressement. Deux hommes du Gondor se sont livrés à nous pour négocier, et Ni...Jamil... semble les connaître. Pourquoi ne pas les écouter : donne leur ne serait-ce que dix minutes pour parler. Et par pitié, enlève cette moue renfrognée de ton visage, pour l'amour du Désert !

Elle avait involontairement buté sur le nom de Jamil, et elle s'était sentie rougir lorsque cela s'était produit. Elle espérait simplement que Garnaïl ne relèverait pas cette erreur, et mettrait cela sur le compte de tout autre chose. Toutefois, au-delà même de ce détail, elle espérait sincèrement qu'il allait accepter de retarder quelque peu le départ. Certes, cela pouvait être un piège, mais si Jamil...Nimrod prenait le temps de leur parler, alors qu'il était celui qui risquait le plus ici, il y avait peut-être une chance pour que les choses s'arrangeassent.

C'était peut-être la clé qui leur permettrait de réussir leur mission. Ou, se dit-elle en regardant l'horizon désespérément immobile, mais d'où pouvaient surgir des dizaines de soldats, l'épée qui trancherait leur tête avant qu'ils n'aient pu s'approcher de leur objectif. Leur vie était entre les mains du destin, désormais.


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"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"
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Dernière édition par Ryad Assad le Ven 14 Déc 2012 - 14:08, édité 1 fois
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Nimrod Ben Elros
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Appel à l'aide à Pelargir EmptyJeu 13 Déc 2012 - 5:24
- Que les hommes du Harad aillent rejoindre Jamil. Les autres, on avance !!

Halte ! Halte ! Retournez à vos postes !

La colere de Garnail aux limitations temporelles de son plan aurait pu le faire rire. Ce ne fut pas le cas. Il s'appretait a retorquer qu'il avait devant lui un espoir de support quand le contre ordre arriva avant meme que Garnail ait rejoint la colonne. Les deux autres chefs semblerent avoir un discussion pour le moins houleuse puis il put voir qu'Elwyn plaidait son cas, deux minutes de gagnees.

Isham? Bien, nous n'avons pas beaucoup de temps. Le nom que vous donnerez est Yahard al Harad(la vengeance du Harad) de son vrai nom Jamil ak'Mumzi. Vous vous souvenez de Jamil, mon garde personnel?

Il vit les yeux effares des deux hommes quand il dit "mon garde".
Ya Sayidi!

Dites lui qu'il est vivant mais qu'il s'est noye dans le vin du desespoir et s'en va vers la source des malheurs. Isham comprendra.

Des que nous rentrerons les Gondoriens vont attaques. Vous avez peu de temps Sayidi. L'Emir vous accueillerait Sayidi.

L'Emir? Notre amitie n'allait pas plus loin que nos allegeances respectives. Il vous a garde car il a servi Harad assez longtemps pour comprendre comment les choses se passent. Et ce n'est pas lui qui a donne l'ordre de votre reassignation, n'est ce pas?

Amsi, Sayidi. (non)

Dites a Isham que j'ai l'insigne honneur de voyager en compagnie du fils adoptif d'Hiji IV de Khand, un certain Garnail d'Umbar et que j'ai besoin de cet homme vivant et equipe du plus de troupes qu'il se peut trouver. Que les survivants de la garde d'or polissent leurs armes et quand les pirates sonneront la charge, nous sonneront leur fin.

Walilu!
WalMelkor! Sayid!
L'homme avait compris que trop de deference nuirait a tout le monde, aussi embrassa t'il la bouche du serpent de sa banniere et cracha au sol. En langue parlee cela aurait ete dit en "si je ment qu'un serpent me morde la langue."
Nous pouvons vous donner deux heures. mais c'est toi qui tue le cheval.

Nimrod regarda la monture de son vis a vis dans les yeux. Cette pauvre bete n'avait rien a faire dans les guerres des hommes, mais il y a des chose qui doivent etre faite. Il tourna sa propre monture, sortit le cimeterre et l'abattit. le cavalier fut ejecte, il y eut un craquement, mais pas de bruits rauqes de mauvaise augure. L'homme jura, fort, bon signe donc. Nimrod eperonna son cheval pour rejoindre les autres, dont certains, principalement ses trois hommes, etaient parfaitement ebahis. Il talonna jusqu'aux deux autres chef, couvert de sang.

ww-Ce sont des anciens de la garde de Dur'Zork. Ils nous ont donne du temps, mais il fallait un bon pretexte. le cheval donnera assez de sang pour justifier un duel et ils vont faire une fausse tombe, sans doute. Cela nous donnera un peu de temps et peut etre sera ce suffisant pour que les Gondoriens nous oublient.-ww

Il se tourna vers Garnail, sourire satisfait sur le visage.
**Son excellence Garnail ben Hiji oth Umbar sera heureux d'apprendre que ces hommes nous rejoindrons des que possible via une autre route avec des compagnons a eux.**
Ceci fait, il talonna pour rejoindre ses hommes.

===

Le chemin de la riviere dans la nuit noire, La derniere fois il etait adolescent et il pourchassait du gibier, etait ce un bouquetin ou un de ces gros rats bizarres que la riviere amenait des sources polluees de Duath. En tout cas, il se souvenait qu'a l'epoque, meme en hiver, une cape de cuir coupait le vent et le froid. Alors que la, meme sous une grosse cape en cuir triple, il sentait le forid le penetrer.

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Amadeo du Rohan
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Appel à l'aide à Pelargir EmptyJeu 13 Déc 2012 - 19:22
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- Halte ! Halte ! Retournez à vos postes !

Garnaïl, qui pourtant s'apprêtait déjà à prendre la tête du groupe de cavalier, fit un nouveau demi-tour sur lui même pour fusiller Elwyn du regard. Pour la première fois, il ressentit envers elle une colère incandescente, à la limite de la haine. Elle l'avait rendu complètement ridicule. Sur un ton un peu moins tranchant, elle pousuivit.

- Ecoute, je sais que tu es pressé de repartir, et je ne te cacherai pas que moi non plus. Mais nous devons faire preuve de prudence, et ne pas agir avec empressement. Deux hommes du Gondor se sont livrés à nous pour négocier, et Ni...Jamil... -
Nimrod ... ? Ainsi elle aussi l'aurait démasquer, -semble les connaître. Pourquoi ne pas les écouter : donne leur ne serait-ce que dix minutes pour parler. Et par pitié, enlève cette moue renfrognée de ton visage, pour l'amour du Désert !

Alors que le Politicien armait une réplique cinglante, Jamil fit son apparition. Il annonça avoir gagner quelques heures grâce à ces hommes. Puis, avec le visage d'un enfant qui venait de battre son père à un jeu, il ajouta ;

**Son excellence Garnail ben Hiji oth Umbar sera heureux d'apprendre que ces hommes nous rejoindrons des que possible via une autre route avec des compagnons a eux.**

** Puissent-t-il également s'abstenir de nous étrangler durant notre sommeil lorsqu'ils nous auront rejoind, Jamil **

La réponse avait été directe, claquante, on aurait presque cru entendre résonner dans le froid glacial le bruit lointain d'un fouet. Sans aucune autre parole, le groupe se mit en marche.

***

La lumière de la lune éclairait à peine le sol entre les branchages des grands arbres d'Harondor. La pente sur laquelle les cavaliers s'engagaient semblait assez rude, sans parler du gel et de la fine couche de neige sur laquelle les sabots menaçaient de glisser à tout moment.
Les tissus semblaient intuile face au froid mordant qui régnait. La températures devaient être bien en dessous de zéro, et Garnaïl n'arrivait plus à sentir ses orteils. Et ses doigts, frigorifiés, refusaient de répondre.

Depuis qu'ils s'étaient remit en marche, l'homme avait garder la tête basse, ce qui n'était pas dans son habitude, et s'était abstenu de parler à qui que ce soit. De toute manière, personne n'avait envie de parler.

C'est alors que l'astre lunaire, qui jusque là n'éclairait que des branchages et le sol congelé, fit miroiter son reflet blanchâtre dans les eaux claires de l'Harnen. La rivière, ils y étaient donc.
Le groupe avait avancer toute la nuit, conscient que la menace des gondoriens n'avait pas totalement disparu, même avec le petit stratagème mit en place par Jamil.
D'après la position de la lune, il devait être aux environs de 4 heure.

Arrivé sur la rive, les cavaliers mirent pied à terre. Certain en profitèrent pour faire quelques pas, histoire de se dégourdir un peu les membres glacés, d'autres restèrent en scelle et profitèrent de ce moment pour fermer un peu les yeux, rattrapés par la fatigue.
Alors que Elwyn verifiait ses provisions, Garnaïl et Jamil s'avancèrent vers l'eau. Les deux hommes, leurs silhouettes plongés dans l'obscurité, faisaient face à l'Harnen.
A voix basse, le Politicien s'adressa à son compagnon ;

** Comme on pouvait s'y attendre, la rivière est gelée. Je ne sais pas si l'épaisseur est assez conséquente pour traverser avec les cheveaux. Tu voulais descendre jusqu'à Arwa sur le cours d'eau ? Il faudra un peu attendre. Si la couche est fine et que le ciel est assez dégagé demain, le soleil pourra peut-être dissoudre la glace. Mais le soleil ne se lève que dans deux heures, et je ne sait pas si la matinée suffira à libérer la rivière. Et les gondoriens sont peut-être derrière nous, même si nous devrions être en sécurité. Ce climat ne facilite pas vraiment les longues poursuites. **

Spoiler:
 

Garnaïl se tu. Il n'attendait pas spéciallement de réponse. Il fallait juste un peu se remettre des événements du début de nuit. C'est alors que, sur l'autre rive, quelque chose attira l'attention du Politicien. Il la pointa du doigt.

** Qu'est-ce que ... On dirait une bannière planter dans le sol. On ne la voit pas bien, mais ce serait pas ... Le Serpent noir son fond écarlate ? **


Interloqué, et c'était un faible mot, les deux hommes obsèrvèrent l'étendard enfoncé sur la rive opposé. L'emblême Haradrim sur ce territoire du Gondor posait question, et même Jamil, ou plutô Nimrod, devait être sceptique. Son regard rigide, plus glaciale encore que la couche qui recouvrait l'Harnen cette nuit-là, en disait long.


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Ryad Assad
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Appel à l'aide à Pelargir EmptyVen 14 Déc 2012 - 18:26
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Elwyn n'avait pas réellement souhaité contester les ordres de Garnaïl pour le plaisir. Elle avait simplement estimé que c'était pour l'heure la meilleure chose à faire que d'attendre avant de prendre une décision sur un coup de tête. Elle aurait simplement préféré qu'ils décidassent ensemble, plutôt que d'agir, à nouveau, chacun de leur côté. S'ils désiraient que leur mission réussît, ils devaient coopérer encore davantage, et arrêter de penser qu'ils pouvaient s'en sortir seuls. Et pour cause, ils dépendaient tous cruellement les uns des autres. Les Khandéens, qui formaient le gros des forces combattantes de leur groupe, pouvaient se targuer d'assurer la protection de tous. Mais en revanche, ils ne connaissaient pas du tout les lieux, et ils ignoraient encore comment se comporter sur ces terres où la politique était si compliquée. Jamil, lui, avait sa tête mise à prix, et s'il savait comme personne comment fonctionnaient les alliances et qui pouvait se révéler fidèle, il avait besoin d'hommes prêts à tirer l'épée à son côté pour le protéger. Enfin, Garnaïl disposait de puissants contacts, qu'il pouvait utiliser pour servir son ambition. Mais de même, pour y parvenir, il lui faudrait l'appui des Khandéens, et plus particulière d'Elwyn. Si celle-ci décidait subitement de se retirer, elle compromettrait la mission des deux autres chefs, et probablement qu'elle les condamnait à la mort ou à un nouvel exil.

Aussi la femme fut-elle surprise lorsque la rage se peignit sur les traits de Garnaïl, lorsqu'elle l'interrompit alors qu'il commandait le départ. Elle crut lire dans son regard une envie de meurtre, et cela la fit frémir de l'intérieur. Elle savait qu'il ne tenterait rien...ou plutôt elle espérait le connaître suffisamment pour affirmer qu'il ne tenterait rien...mais dans tous les cas, elle était suffisamment bien entourée pour se sentir rassurée. Néanmoins un tel regard avait quelque chose d'inhumain...Etait-il lui aussi de la veine de ces politiciens qui étaient prêts à tout pour arriver à leurs fins ? Elwyn sentit une boule naître au creux de son estomac. Sa gentillesse, qui pourtant ne datait que de quelques jours, était-elle une feinte destinée à endormir sa méfiance, voire même à s'assurer son soutien ? Akbar avait-il eu raison de lui dire de se méfier ? Etait-elle bêtement tombée dans un piège, et avait-elle naïvement entraîné six de ses compagnons d'armes au devant d'une mort certaine, pour les idéaux d'un manipulateur né, capable de se débarrasser d'eux à la moindre occasion ? Une vague de dégoût envers elle-même la submergea, et elle se sentit soudainement mal, à l'idée que Garnaïl ait pu se moquer d'elle ainsi...Se moquer de ce qu'elle ressentait. Ses traits devinrent subitement pâles, et elle fit faire volte-face à sa monture afin de cacher son trouble. Fort heureusement, cela coïncidait avec l'arrivée de Jamil qui, couvert de sang frais, semblait particulièrement fier de lui. Elle crut comprendre qu'il avait trouvé une solution, mais elle ne parvint pas à en écouter plus, et s'éloigna du petit groupe.Personne ne se mit en tête de la suivre. Elle espérait simplement que l'obscurité avait camouflé sa violente réaction, et que personne ne chercherait à interpréter cela.


~ ~ ~ ~


La fin de la conversation, Elwyn n'en avait rien entendu. Premièrement, elle ne comprenait pas un mot de suderon, et les deux autres meneurs s'obstinaient à employer cette langue dès lors qu'ils parlaient de leurs plans, quand bien même elle était à côté, et quand bien même ils savaient qu'elle ne comprenait rien. Involontairement, ou peut-être pas tant que ça, il excluaient les Khandéens du groupe, et tissaient davantage de liens avec les Haradrim, qui eux pouvaient participer à la conversation, et comprendre de quoi il retournait. Les hommes de l'Est, eux, étaient mis à l'écart de toute décision, et ils se muraient dans un silence presque inquiétant. Elwyn s'était positionnée parmi eux, officiellement pour les soutenir moralement alors qu'ils affrontaient des conditions de voyage qu'ils n'avaient jamais rencontrées auparavant. C'était une bonne excuse, car malgré leurs lourdes capes de voyage, les capuches qui leur recouvraient la tête et les oreilles, ainsi que les turbans qui masquaient leurs bouches, on entendait distinctement leurs dents claquer. Excellents cavaliers, ils menaient leurs montures uniquement avec leurs jambes, gardant leurs doigts bien à l'abri contre leurs torses, pour leur procurer un peu de chaleur. Mais en observant chaque botte, on pouvait voir qu'ils remuaient consciencieusement leurs orteils, depuis qu'un Haradrim avait blagué sur le fait qu'ils pouvaient geler sur place et tomber. Encore une pique destinée aux Khandéens, qu'Elwyn n'avait guère appréciée, bien qu'elle s'appliquât elle-même à bouger ses pieds continuellement.

Au sein de la petite troupe, personne ne parlait. Il ne semblait de toutes façons pas utiles de dire quoi que ce fut. Les chevaux attaquèrent une colline quelque peu abrupte, et les Khandéens durent encourager à voix basse leurs montures. Davantage habituées au sol mou du désert, elles peinaient à progresser sur une terre dure comme la pierre, et incroyablement glissante. Il fallut un moment pour qu'ils comprissent comment faire, et puis le groupe put retrouver une allure normale. Cet épisode avait au moins eu le mérite de réveiller ceux qui somnolaient, et de leur faire prendre conscience qu'il faisait encore plus froid que lorsqu'ils étaient partis, mais qu'ils étaient arrivés, enfin, sur les rives de l'Harnen. Aux alentours, il n'y avait pas un bruit, et même la rivière ne semblait pas émettre de son. L'ambiance était oppressante. La colonne fit une halte que beaucoup attendaient, le temps que les décisions fussent prises. Elwyn et la plupart des Khandéens mirent pied à terre, pour raviver leurs muscles ankylosés, et permettre une meilleure circulation du sang. Le retour de ce dernier dans leurs doigts et dans leurs pieds fut douloureux, et beaucoup grimacèrent en espérant ne plus jamais avoir à revivre ça. Malheureusement pour eux, ils allaient remonter encore davantage vers le Nord. La femme blonde décida, machinalement, de jeter un coup d'œil à ses provisions. Elle était certaine d'avoir tout bien attaché, tout bien rangé, mais c'était un geste familier qui la rassurait, et qui lui permettait de réfléchir. Elle fut interrompue dans ses pensées houleuses, qui la ramenaient sans cesse à Garnaïl, par l'intervention de Sahid. Le guerrier barbu semblait épuisé par les conditions climatiques, mais il s'en sortait mieux que les autres, paradoxalement. D'une voix lasse, suffisamment basse pour que personne n'entendît, il lâcha :

~~ Je vois que nos deux types étranges sont encore en train de tenir conseil dans leur charabia incompréhensible... Tu sais ce qu'ils disent, Talâyi ? ~~

~~ Pas le moins du monde, Sahid. Et je le déplore. J'ai l'impression qu'ils savent où nous allons, et de les suivre bêtement. Et puis il y a des choses qui me dérangent...~~

Sahid hocha la tête :

~~ Le regard de ce Garnaïl...Moi aussi je l'ai vu, et je peux te dire que je ne l'ai pas apprécié...Je préférais encore quand il était amoureux...~~

~~ Sahid...~~

~~ Ne t'inquiète pas, Talâyi. Je parle avec les hommes, discrètement, et je recueille leur avis. Ils sont tous à cran, à force de voyager dans ces conditions. Ils en ont marre de voir les problèmes s'accumuler, surtout que de toute évidence, tu n'as pas voix au chapitre. Ce sont des braves, et ils continueront tant que tu continueras, mais... ~~

Elwyn haussa un sourcil, interloquée. Elle espérait sincèrement que ses hommes n'étaient pas en train de préparer une mutinerie contre Garnaïl et Jamil. Elle n'avait pas besoin de ça pour l'heure. Elle n'était peut-être plus aussi confiante envers les deux autres chefs, mais cela ne signifiait pas qu'elle désirait les mettre hors-jeu pour autant. Fort heureusement, les mots de Sahid l'apaisèrent :

~~ ...Mais pense à faire valoir leur voix. Nous sommes nombreux, et c'est nous qui assurons la sécurité de tous les autres. Fais en sorte de bien le leur faire comprendre. Si tu t'opposes à leurs décisions, tu sais qu'ils ne pourront pas te faire céder de force. Nous agissons comme des mercenaires, mais nous ne sommes pas des pions que l'on peut sacrifier. ~~

~~ Je sais, Sahid...~~ Répondit Elwyn d'une toute petite voix.

~~ J'en suis conscient, Talâyi...Mais tu as l'air d'être la seule à le savoir...~~ Il marqua une pause, puis ajouta : ~~ Et maintenant va. Joue le rôle qu'Akbar t'a confié, et fais honneur à notre clan. Ne te laisse pas marcher sur les pieds par ces drôles de bonshommes. ~~

Elwyn lui adressa un sourire désolé, et le prit dans ses bras, comme lorsqu'elle était petite. Comme lorsqu'elle avait besoin d'être réconfortée. Et en cet instant, elle avait vraiment besoin de réconfort, pour affronter cette situation compliquée. Elle le lâcha, les yeux émus, et s'apprêta à aller quérir des informations auprès des deux autres chefs, qui discutaient à voix basse, quand un Khandéen arriva au petit trop, sortant des bois qui jouxtaient la rivière. Il avait de toute évidence couru, en témoignait ses joues rougies, et son souffle rapide qui entourait sa tête de vapeur. Si la situation n'avait pas été aussi grave, peut-être Elwyn aurait-elle trouvé un bon mot pour souligner cela, mais en observant son regard, elle constata qu'il y avait lieu de s'inquiéter. Il reprit son souffle un instant, les mains sur les genoux, et déclara finalement d'une voix calme mais où transparaissait son inquiétude :

~~ Talâyi...J'étais en forêt pour...pour satisfaire un besoin naturel. Je me suis un peu éloigné, peut-être que j'avais envie de me dégourdir les jambes à l'abri du vent. Toujours est-il que je suis arrivé sur un endroit un peu surélevé, et j'en ai profité pour observer les alentours. C'est là que j'ai vu, encore assez loin derrière nous, des silhouettes avancer. Il faisait trop sombre et elles étaient trop éloignées pour que je puisse les compter, mais je suis certain qu'il s'agissait de soldats du Gondor. La Lune qui se reflétait sur leurs armures m'a révélé cela. ~~

~~ Dans combien de temps seront-ils ici ? ~~

~~ Je ne sais pas exactement, c'est difficile à dire. Ils avancent prudemment, aussi silencieusement que possible, et sans torches. Leurs chevaux mettront du temps avant de nous rejoindre, à cause de la qualité du terrain. Mais s'ils venaient à repérer nos traces, ils pourraient accélérer, et nous prendre de vitesse. J'ai jugé préférable de courir pour t'avertir. Je crois que chaque minute peut compter. ~~

Elwyn remercia l'homme d'une tape sur l'épaule, et l'invita à aller s'asseoir, tandis qu'elle se dirigeait vers les deux chefs. Occupés à regarder la rive opposée, tout en discutant à voix basse, ils se retournèrent en entendant les pas de l'Etrangère derrière eux. Leur mine était concentrée, et ils venaient visiblement de voir quelque chose d'important pour la suite. Mais pas plus important que ce qu'elle avait à leur dire, croyait-elle. Elle se lança sans cérémonie, contrarié de toujours venir annoncer les mauvaises nouvelles.

- Un groupe de Gondoriens a été repéré sur nos arrières. Ils ne savent probablement pas où nous sommes, mais ils sont clairement à notre recherche. Nous ignorons combien ils sont, mais je pense qu'il faudrait faire vite, pour ne pas les laisser nous rattraper. Si nous pouvions casser la distance avant le point du jour, nous pourrions les décourager de continuer...

Elwyn s'arrêta. Sans trop savoir pourquoi, elle se sentait ridicule à leur dire cela, et elle avait l'impression de les déranger. En temps normal, cela ne lui aurait pas posé de problèmes, mais depuis qu'elle avait appris la véritable identité de Jamil, et que Garnaïl lui avait clairement fait comprendre que si elle ne rentrait pas dans les rangs, elle risquait de regagner son pays les pieds devant, elle était moins encline à les contrarier pour si peu de choses. D'autant que leurs conversations chuchotées en suderon la mettaient terriblement mal à l'aise. Elle avait toujours l'impression qu'ils complotaient contre elle, et qu'ils projetaient de la tuer pendant qu'elle dormait. Bafouillant une excuse banale de l'ordre de "je dois aller vérifier si j'ai bien sellé mon cheval", elle tourna les talons, et s'éloigna de la berge en se sentant plus idiote que jamais. Elle n'avait même pas réussi à s'imposer dans la conversation, alors comment pouvait-elle imposer ses idées, comme le lui avait demandé Sahid ? Un instant, elle songea à lui donner le commandement, pour qu'il décidât à sa place. Mais elle renonça à cette idée. Akbar lui avait confié une mission à elle, et à personne d'autre. Elle se devait de la mener à son terme, quel qu'il soit. Elle s'arrêta auprès de son cheval, voulut commencer à faire ce pourquoi elle s'était éclipsée, et se rendit compte du ridicule de la situation. Un soupir de lassitude franchit ses lèvres. Le poids de la décision reposait entièrement sur ses épaules. Un seul mot de sa part, et les Khandéens disparaissaient dans la demi-heure, regagnaient leur pays le lendemain, et continuaient à profiter de leurs familles, au lieu de continuer à arpenter les terres glacées du Harondor. Mais la question qui hantait Elwyn était simple : pourquoi n'était-elle pas en mesure de donner l'ordre du retour ? Elle ferma les yeux, seule dans l'obscurité, son corps blessé meurtri par le froid et le vent. Personne ne trouverait la réponse à sa place...


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Nimrod Ben Elros
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Appel à l'aide à Pelargir EmptyLun 17 Déc 2012 - 10:19
Les deux hommes discutaient en bord de riviere quand Elwyn vint faire une remarque qui dans un premier temps ne lui fit ni chaud ni froid. Les Gondoriens avaient donnes la chasse, ou des gens en armures. Pour les Khandiens cela signifierait la meme chose et il n'avait pas le temps de donner un cours d'histoire de Harad en pleine marche.

Garnail remarqua alors la banniere etrange en face. La banniere sang et serpent, Pas Dur'Zork, puisque pas de lune, et pas la sienne, puisque le serpent etait noir. Non, la c'etait banniere de Harad, du vieux Harad, du Harad allie de Sauron. Et laisse avec un seul nom comme reponse. Nimrod perdit son sang froid une seconde.


**Chiennerie d'usurpateur, tu vas cracher chaque dent jusqu'a ce qu'il ne reste rien de ton visage et puis les chiens et les vautours te finiront. Ton aieul et ton pere etaient des braves! Des soldats de Harad! JORKIL DUZINGI! MOTH LEKHA! (Je vais te tuer!)**

Nimrod realisa qu'il avait meduser tout le groupe une deuxieme fois et sans doute donner leur position a n'importe quel patrouille pouvant se trouver a 300 metres dans n'importe quelle direction. La glace avait eu ce magnifique effet. Pour la premiere fois depuis leur passage sur la rive de l'Harnen cote Harondor, il se sentit stupide. Idiot. Et cela le fit se rappeler que la jeune femme avait signale des poursuivants lesquels devait maintenant savoir exactement ou chercher. Puis lui vint une idee affreuse, comment reveler deux ennemis en meme temps, en les faisant se battre.

Nimrod repondit a la proposition de Garnail en Westron, en hurlant presque, mais en faisant des signes indiquant exactement la route inverse, soit plus au sud, par la berge.


NOUS DEVRIONS TRAVERSER, COTE KHANDIEN C'EST MOINS RISQUE! ICI, LES GONDORIENS NOUS VOIENT!

La banniere Haradrim trouva des lors son explication en moins de 3 minutes. Un contingent orc deboula vers la glace en hurlant, une trompe de Gondor sonna un peu plus a leur Nord. Beaucoup trop pres a son gout, et la stupidite orque fit son travail. Ils apparurent en arme, portant haut la tete de chien des Kabioum, Nimrod la connaissait celle la. Une tete de chien par campagne, lui avait un jour dit son intendant, si la campagne n'est pas finie avant qu'elle soit pourrie, la remplacer par la tete d'un ennemi. Ils chargerent donc, comme des orcs, une quarantaine. Et ils briserent la glace, puis jurerent, comme des orcs, quand les fleches vinrent tant des Gondoriens d'un cote du petit talus que de leur groupe. Les derniers battirent en retraite. Les Gondoriens sonnerent un appel de repli, puis un appel de Harondor. Nimrod sursauta, les deux autres chefs etaient revenus pres de la rive. Il remarqua alors un autre detail qu'il avait neglige. Elwyn etait bleue de froid, avait les yeux abattus et les regardait lui et Garnail comme des etres d'outremer. Il utilisa le nom qu'il entendait ses hommes lui donner pour s'adresser a elle.

ww-Talayi, Garnail, nous devons avancer vers le sud et vite, les armures des gondoriens vont les ralentir sur le talus, et cinq minutes ici pourraient etre une ou deux heures ce soir. Dans quelques lieues nous serons sur une partie plus large de la rive, et nous pourrons alors continuer au galop. Elwyn, vos hommes sont notre seul vrai bouclier.-ww

La phrase "pour le bien de cette expedition" ou "pour le bien de nos objectifs" ou "pour le bien de Garnail" qui aurait du sortir fut remplacee par une phrase qu'il avait oublie comment dire depuis longtemps.

Pour le bien de ce groupe, pourrions-nous envisager que Sahib, Aki et Murak soient nos arrieres? Pour l'amour d'Ilu et la gloire de Melkor. Ils sont nos meilleurs archers. Garnail, vous etes notre piece maitresse, il faudrait que vous partiez en tete avec les hommes. Je resterais avec l'arriere-garde. Si cela vous convient?

La ou la force et le charme avait echoue maintenant il essayait la politesse.
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Amadeo du Rohan
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Appel à l'aide à Pelargir EmptyLun 17 Déc 2012 - 22:21
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PNJ : Garnaïl d'Umbar

Les immondes hurlements bestiaux alerterent les tympans de Garnaïl. Son sang ne fit qu'un tour lorsqu'il vit sortir de nul part quarantes créatures du mordor, courant aussi vite qu'ils le pouvaient dans leur direction, menés par un orc plus grand que la moyenne brandissant un tête de chien presque pourrie. L'homme d'Umbar dégaina l'arme que Elwyn lui avait donner, et retourna ordonner aux archers du groupe de s'aligner sur la rive.

- En position, abattez-moi cette vermine !!


Spoiler:
 

Rapidement, sept soldat se présentèrent arc à la main. Pendant ce temps, les orc avaient briser le rideau de glace qui semblait figer le cours d'eau. Stupides créatures. Les archers lâchèrent une première volée parfaitement synchronisée, qui ôta la vie à cinq orcs. C'est alors qu'une autre salve de projectiles sortit de l'autre côté du talus, et tua trois autres créatures. Les gondoriens étaient là.
Trois autres orcs, touchés par de nouveaux tirs kandhéens, se mirent à flotter sur l'eau glaciale.

- Les gondoriens sont là !! En selle, on se bouge !!

Comme si tous parlaient la même langue, tous les hommes du groupe se dirigèrent précipitement vers leur monture respectives. Alors que Garnaïl allait rejoindre la sienne, Jamil l'interpella :

-Talayi, Garnail, nous devons avancer vers le sud et vite, les armures des gondoriens vont les ralentir sur le talus, et cinq minutes ici pourraient etre une ou deux heures ce soir. Dans quelques lieues nous serons sur une partie plus large de la rive, et nous pourrons alors continuer au galop. Elwyn, vos hommes sont notre seul vrai bouclier.


Garnaïl hocha immédiatement la tête en signe d'approbation. Il faisait une confiance absolue à l'homme concernant la géographie des lieu, et la tactique semblait la mieux adaptée à la situation.
Il y a cinq minutes à peine, il aurait eu envie de l'étrangler pour son impulsivité qui avait révelé leur positions aux hommes de l'Arbre Blanc. Mais c'était déjà oublier, il fallait faire vite.

- Pour le bien de ce groupe, pourrions-nous envisager que Sahib, Aki et Murak soient nos arrieres? Pour l'amour d'Ilu et la gloire de Melkor. Ils sont nos meilleurs archers. Garnail, vous etes notre piece maitresse, il faudrait que vous partiez en tete avec les hommes. Je resterais avec l'arriere-garde. Si cela vous convient?


- Je n'ai rien à ajouter, hâtons-nous !


Les orcs, créatures profondément idiotes mais néanmoins farouches et résistantes, avait déjà parcourus plus de la moitier de la largeur de l'Harnen, malgré les flèches gondoriennes qui continuaient à pleuvoir.

- Si nous avons de la chance, les gondoriens devront se frotter aux orcs au corps à corps. Si ils ont un bon nombre de blessés, qui plus est si il s'agit d'officiers, alors ils abandonneront sans doute la poursuite. Dites à Murak et les deux autres d'abattre un minimum d'orcs, et de garder leurs flèches pour les humains au cas-où.

Les cavaliers se mirent au galop. Le fameux talus avait permit d'éviter la confrontation, mais elle ne ralentirait plus longtemps les soldats du Gondor. Elwyn et Garnaïl en tête, une nouvelle séance de course-pousuite débuta.
Profitant d'être à côté de la femme en cet instant, le Politicien lui dit (en criant afin de couvrir les craquements de branchages et le bruit des sabots sur le sol gelés) :

- Je m'excuse pour la nuit passée, je suis sur les nerfs depuis l'imprévu à Kir'Ur. Nous n'avons pas beaucoup le temps de parler ces temps-ci, mais je te promet qu'une fois que nous seront un peu plus au calme, nous auront le temps de partager quelques mots ensemble.


Il lui adressa un sourire, puis se reconcentra sur la course effrénée de son cheval noir.



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Ryad Assad
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Appel à l'aide à Pelargir EmptyMar 18 Déc 2012 - 1:41
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Le cri de Jamil fendit l'air férocement, et tous les membres de leur petite compagnie se tournèrent instantanément vers lui. Certains cherchaient à comprendre ce qu'il venait de dire. D'autres se demandaient pourquoi il l'avait dit. Elwyn appartenait à la première catégorie, elle qui ne comprenait pas le suderon. Elle aurait payé cher pour savoir ce qui avait réussi à le mettre à ce point en colère. Il se passa un bref moment pendant lequel rien ne bougea, alors que tout le monde avait le regard braqué sur cet homme qui semblait être devenu subitement fou. Et puis tout s'emballa en quelques secondes. Bondissant comme un démon hors de sa sombre tanière, il se mit à crier des consignes étranges, tout en agitant les bras en tous sens. Elwyn ouvrit grand les yeux, se demandant s'il ne valait pas mieux l'achever tout de suite, avant qu'il ne finisse par se blesser. Une flèche bien placée, et s'en serait fini de ses souffrances, le pauvre.

Au moment où elle se préparait à donner l'ordre à Sahid, costaud de nature, de le maîtriser pour éviter qu'il ne rameutât les Gondoriens qui les traquaient, des hurlements guerriers se firent entendre de l'autre côté des rives de l'Harnen. Tous les guerriers se tournèrent comme un seul homme dans cette direction, main sur la garde de leur épée, prêts à combattre. Les ténèbres étaient profondes, et ils durent attendre quelques longues secondes, avant que leurs ennemis ne se manifestassent. Des orcs, plusieurs dizaines, surgirent de l'ombre. Probablement que le froid avait poussé ce groupe à faire une incursion en Harondor, pour essayer de trouver un peu de nourriture. A moins qu'ils ne se fussent enhardis après près de trois siècles d'isolement au Mordor. Quoi qu'il en fut, ils étaient prêts à se battre, visiblement remontés. Elwyn observa avec une fascination morbide ces créatures décharnées, pathétiques mais dangereuses courir sur leurs jambes arquées. Leur démarche animale leur donnait un air ridicule, mais les armes qu'ils tenaient attestaient de leur capacité à tuer. C'étaient des bêtes assoiffées de sang : peu intelligentes, certes, mais combatives.

Fort heureusement, un cor du Gondor sonna quelque part au Nord de leur position. Les orcs, qui n'avaient pas repéré le groupe hétéroclite composé de Khandéens et de Haradrim, se ruèrent dans cette direction, portant haut une tête de chien qui devait leur servir de trophée, ou de signe de ralliement...ou de déjeuner. Ils se précipitèrent sur la glace, et immanquablement, leur poids conjugué à leur pas indélicat fit éclater la fine couche durcie qui s'était formée sur les flots. Plusieurs se retrouvèrent plongés sous l'eau, emportés par le courant, coincés sous la glace. Les pauvre allaient mourir noyés, incapables de remonter à la surface. Triste fin, même pour un orc. Des sifflement se firent entendre, suivis immédiatement par le bruit caractéristique d'impacts dans la chair. Les Gondoriens les criblaient de flèches. Les Khandéens et les Haradrim avaient de leur côté conjugué leurs efforts pour délivrer une première salve, qui avait eu le mérite d'abattre une demi-douzaine de ces créatures. Malheureusement, l'empennage caractéristique des flèches haradrim n'échapperait pas aux Gondoriens, lorsqu'ils s'approcheraient un peu plus. Il fallait fuir, et vite !

Jamil organisa le départ en quelques mots, qui pour une fois avaient du sens. Il se proposait de rester en retrait, accompagné de trois guerriers dont Sahid, pour retenir les Gondoriens au cas où ceux-ci tenteraient de les pourchasser malgré tout. C'était une sécurité nécessaire, mais qui ne plaisait guère à Elwyn. Elle ne souhaitait abandonner personne derrière, et elle connaissait par trop l'esprit chevaleresque qui habitait les hommes dans ce genre de situations. Elle ne voulait voir personne tomber ce soir. Pas pour si peu. Pas après si peu de temps. L'Etrangère se hissa prestement en selle, et se tourna vers Jamil :

- Pas d'imprudence. Nous sommes plus rapides, ne cherchez pas à jouer les héros !

Elle ne lui laissa pas le temps de répondre, et se porta aux côtés de Garnaïl, qui allait vraisemblablement prendre la direction des opérations. Il connaissait beaucoup mieux la topographie, après Jamil, et il était effectivement la personne à protéger. En cas de problème avec l'arrière-garde, Elwyn avait prévu de prendre avec elle deux Khandéens, et de partir soutenir les autres. Elle n'en avait pas parlé aux autres. Elle savait qu'ils auraient refusé en bloc.

Malgré le bruit que cela risquait d'occasionner, et malgré la proximité avec les Gondoriens, les cavaliers se lancèrent au galop. Un galop mesuré, cependant, car ils désiraient que leurs montures tinssent assez longtemps pour semer leurs éventuels poursuivants. En outre, ils voulaient éviter tout accident stupide, une glissade malencontreuse sur une plaque de verglas, ou quelque chose du genre. La prudence était de mise sur un terrain accidenté comme celui qu'ils arpentaient actuellement. Longeant le fleuve, ils s'éloignèrent rapidement du combat, dont les sons décrurent peu à peu, au fur et à mesure que la distance augmentait, et que les orcs périssaient. Bientôt, on n'entendit plus même l'écho des flèches et des cris. Les engeances de Morgoth avaient dû trépasser jusqu'à la dernière. Les choses sérieuses commençaient.

Elwyn sentit une présence à son côté, et elle tourna la tête vers Garnaïl, qui s'était porté à sa hauteur. Il la regarda un bref instant, avant de prendre la parole, pour lui sortir rien de moins que des excuses. Etait-ce vraiment le moment ? Etait-ce uniquement dans ce genre de situations critiques qu'il savait s'ouvrir ? Elle ne parvint pas à cacher sa surprise, sa stupéfaction, et elle mit un moment avant de trouver quoi répondre. Le bruit de leur cavalcade lui fournit une excuse suffisante pour se recentrer, avant qu'elle ne finît par lui crier, à peine assez fort pour qu'il fut le seul à entendre :

- Garnaïl d'Umbar, vous êtes un crétin !

Elle lui adressa un clin d'oeil complice, afin qu'il ne se méprît pas sur le sens de ses paroles, et le sourire agréable qui avait illuminé son visage quelques jours avant, et qui avait disparu malheureusement à la suite de sa conversation avec Akbar, reparut l'espace d'un instant. Elle détourna la tête, confuse, et se concentra sur leur chevauchée, sur le vent glacial dont les doigt crochus semblaient vouloir arracher sa peau. Elle se concentra sur la chaleur que l'action répandait en elle, et sur l'impression de force qu'elle éprouvait en cet instant. Elle se sentait bien. Libre.


~ ~ ~ ~


- Arrêtons-nous ici, Garnaïl ! Les hommes et les bêtes sont épuisés, le soleil se lève, et aucune trace des Gondoriens. Nous ne pouvons continuer ainsi !

Le petit groupe ralentit l'allure, et les chevaux cessèrent bientôt d'avancer. Leur poitrail massif se soulevait à un rythme très rapide, preuve de leur état d'épuisement. Quelques secondes plus tard, Jamil et les trois guerriers qui l'accompagnaient arrivèrent, l'air hagard. Ils avaient passé les deux dernières heures à regarder par-dessus leur épaule, à scruter l'obscurité pour discerner parmi les ombres les traces d'éventuels poursuivants. Fort heureusement, rien ne s'était présenté. Cela ne signifiait pas qu'on les avait lâchés, mais cela voulait dire qu'ils avaient du temps pour se reposer. Un jour nouveau pointait à l'horizon, et avec lui l'espérance d'un peu de chaleur. Ce n'était pas grand chose, mais après avoir passé une nuit terrible dans le froid et le vent, chacun était prêt à prendre ce que la nature voudrait bien lui donner. Elwyn mit pied à terre, et elle se sentit faillir. Elle dut s'appuyer à son cheval pour ne pas tomber. Ses jambes étaient molles, et elle eut l'impression que la terre dansait sous elle. Quelques secondes suffirent à lui donner les forces nécessaires pour se remettre d'aplomb.

Autour d'elle, les cavaliers avaient tous mauvaise mine. Le froid, la fatigue, la faim et l'anxiété avaient creusé leurs traits, et nul ne semblait prêt à cracher sur une bonne nuit de sommeil. Il semblait impossible pour eux de continuer ainsi, particulièrement les Khandéens. Elwyn alla leur adresser quelques mots d'encouragement, et elle sentit qu'ils étaient appréciés. Elle avait un peu le statut de mascotte, et lorsqu'elle passait pour leur dire de tenir le choc, ils semblaient fiers de lui répondre qu'ils étaient prêts à en voir d'autres. C'étaient de loyaux compagnons, et de bons amis. Elle était fière d'eux.

- Allumez un feu, allez-y ! Nous avons souffert cette nuit, et les conditions n'ont pas été favorables, puisque nous n'avons pas pu franchir le fleuve. Il est impensable de passer une autre journée sans nous réchauffer, et sans manger un vrai repas. Et tant pis pour la discrétion !

Les hommes accueillirent cette nouvelle avec enthousiasme. Leur précédent repas semblait remonter à des lustres, et ils n'étaient pas contre un surplus de chaleur bienvenu. Cela ne les aiderait pas à rester éveillés, certes, mais il fallait bien leur procurer un peu de réconfort, sans quoi le moral risquait de chuter. Prenant sur elle, Elwyn annonça qu'elle allait prendre le premier tour de garde. Elle était aussi éreintée que les autres, mais elle savait pourquoi elle participait à cette aventure, elle. Elle pouvait se raccrocher à cette idée obstinément, tandis que tous les autres étaient là par devoir ou parce qu'ils la suivaient. Elle désirait les ménager. Une fois qu'elle eut exposé cela aux autres chefs, elle leur dit :

- Le soleil va faire fondre la couche de glace, et il nous sera impossible de traverser avant ce soir. Profitons-en pour nous reposer, gardons l'œil ouvert, et dès que nous le pourrons, franchissons enfin ce maudit cours d'eau.

C'était un plan simple, mais elle ne voyait pas vraiment de failles. Et au vu de l'air épuisé des autres, elle doutait que quiconque en vît une. A moins d'être fou. Quelques minutes après avoir délesté leurs montures de leurs charges, un feu crépitait joyeusement au milieu de leur campement de fortune. Abrité derrière un talus assez raide, il se trouvait à l'ombre d'un petit bosquet qui cacherait probablement bien la lumière aux yeux d'éventuels visiteurs. Seule la fumée risquait de les trahir, mais il n'y avait pas d'autre solution que de prendre un risque. Par chance, ils s'étaient arrêtés dans un coin assez tranquille. Du haut du petit promontoire qui surplombait le campement, la vue était dégagée sur une grande distance, et nul ne pouvait approcher sans être immédiatement repéré par une sentinelle. Le cas échéant, le camp aurait le temps de s'éclipser discrètement, ou de se préparer à subir un assaut. Elwyn s'installa aussi inconfortablement que possible. Adossée à un arbre à l'écorce piquante, assise dans une position qui lui faisait mal à la jambe, elle espérait que ces désagréments parviendraient à la maintenir éveillée. Mais plus que tout cela, c'était le devoir qu'elle avait envers ses compagnons qui lui permettait de garder les yeux ouverts. Elle savait que sa faiblesse pouvait entraîner la fin de tous. Et elle ne saurait l'accepter. Pourtant, son cerveau se mit à tourner au ralenti, et elle se sentit très légère. Toujours consciente de ce qui l'entourait, elle était dans un état proche du rêve éveillé. Elle espérait simplement que Garnaïl ne choisît pas ce moment pour venir lui parler, car elle était tellement fatiguée qu'elle doutait de pouvoir entretenir une conversation sensée.


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Nimrod Ben Elros
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Appel à l'aide à Pelargir EmptyMer 19 Déc 2012 - 16:42
Quand il vit les derniers chevaux du reste du groupe devant eux, Nimrod s'estima heureux. Heureux et vivant. Il connaissait Beorg Ka Bioum pour avoir mener ses orcs en combat, il avait oublie combien ils etaient forts au corps a corps, comme les cadavres de deux dizaines de Gondoriens pouvaient en attester quelques kilometres derriere.

Au debut, ils avaient suivi le groupe de loin, puis voyant une melee se former entre Gondoriens et Orcs ils avaient pousses les chevaux une demi lieue avant de realiser qu'ils etaient suivis. Nimrod realisa l'idiotie qu'avait ete l'abandon de leur chariot et de son train charge. Deux gondoriens, montes sur des coureurs khandiens les avaient pris en chasse. Deux grandes formes métalliques montees sur deux coureurs au galop. Ils les arroserent pendant les dix premières minutes, puis des deux cotes, les betes commencerent a fatiguer. Les Gondoriens cherchaient le contact. Les quatres cavaliers du desert tout l'inverse. Sahib fini par loger une fleche dans l'oeuil d'une des pauvres betes qui s'affaissa. Son cavalier hurla une insulte liee a Morgoth en westron, puis se releva. Son compagnon commenca a faire des grands tours autour de lui. Nimrod jugea opportun de leur offrir un marche et assurer ses arrieres.


Nous combattons pour Garnail fils d'Hiji, si vous cessez de nous suivre vous aurez la vie sauve. Sinon, l'Harnen sera votre tombe.

Ereinte, a bout de force apres des mois de desert et de marche, Nimrod esperait etre menacant assez, il le fut, mais la reaction fut inverse.

Et quel homme parlant le Westron avec l'accent de la cite blanche ose me defier a mort? Si tu es un homme, revele toi et combattons a l'epee, avec honneur.

Plastron de cuir et bronze contre plate de Gondor. Difficilement honorable.

Aki ajouta sa voix a la conversation. Puis les choses se precipiterent, Sahib et Murak decidant que les palabres avaient assez durees abattirent le deuxième cheval. Aki empoigna sa grande hache, trancha le premier gondorien au niveau du pli de la cuisse avant qu'il ait compris ce qui se passait et fut destabiliser par un grand coup lateral de l'epee de l'autre, encore bloquee au fourreau en plein visage. Les trois autres le criblerent aux points faibles de la cuirasse, en vain. Il finit par degainer et abattit sa lame sur le manche de la hache que Aki, encore sonne, parvint a lever. La hache se brisa, le visage de Aki aussi. Les trois autres attaquerent le Gondorien directement. A trois contre un il ne dura pas tres longtemps. Quand ils remonterent en selle, Aki perdait du sang, peu, mais quand meme. Derriere eux retentit un cri glacial, un cri de victoire orc. Loin derriere, a plusieurs lieues désormais, un groupe de vingts Gondoriens venaient de trouver une mort horrible.

Ils repartirent au galop, Sahib et Aki visiblement terrifies. Murak regardait Nimrod avec des yeux qui disaient en toutes langues "Et tu as commande ces choses?" Quand enfin ils les ratrapperent les autres etaient aussi extenues qu'eux mais sous moins d'adrenaline. Sahib partit faire son rapport apres avoir salue les trois haradrims et fait une petite priere pour Aki, le sol mot que compris Nimrod fut Melkor. Elwyn prit les choses en main pour le soir, il repondit a tout par un "hum" d'approbation et s'assit a un feu entre quelques guerriers de Khand et Murak. Ils briserent la glace comme ils purent. Abd'el et la petite apparurent avec du Khal. Abd'el dit a Nimrod qu'il pourrait dormir, il prendrait son quart et des Khandiens avaient proposes de faire de meme pour les trois autres.

Aki fut place pres d'un des feux, emmitoufles et panser par la petite. Il etait passe tres pres d'y laisser plus qu'un bout de front et de nez. Nimrod voulait lui dire que ce ne serait pas oublier. Un jour, Harad chanterait Aki le brave defendant son sultan.


Fumons, Murak, fumons. Le Khal n'empeche ni de courir, ni de penser.
Chiure de Jamil! Regardez vous autre, mon Beshel al Mams(non traduisible decemment) de capitaine. Moi je fumerais de la petite blonde qui en pince pour ces messieurs.

Murak dut realise que certains Khandiens avaient compris Blonde et que fumer devait avoir le meme sens argotique dans les deux langues, car quand un des Khandiens sembla vouloir discuter de ca poignard a la main, il s'envoya lui meme une grande claque et se nomma idiot. L'eclat de rire qui suivit detendit l'atmosphere et le pot de Khal, plus tres frais mais toujours chaud fit le tour de l'assemblee, meme du blesse, qui en redemanda.

Nimrod s'en fut rejoindre Garnail pour discuter en vitesse.


**Les Gondoriens sont morts et je ne crains pas des orcs de montagne sans officiers humains pendant le jour. WalMelkor, comment ce chien peut il encore vivre!? Ou si il est mort, qui voudrait le voir vivant?**

Garnail semblait avoir d'autres preoccupations ce soir la, Nimrod partit rejoindre les hommes, se constitua une petite pipe personnelle de la precieuse herbe et partit marche dans l'aube naissante. Le soleil etait bienvenu apres le froid. Il voulut se mettre plus en hauteur pour evalue leur descente quand il realisa qu''il n'avait pas vu Elwyn au camp, puis il vit la guerriere Khandienne, son casque caracteristique a cote d'elle. Elle luttait contre ce sommeil que lui ne trouverait pas ce jour la. Au sud, on pouvait voir ou la neige cessait, a quelques lieues a peine, et la le desert reprenait ses droits, qu'il partagerait sans doute au froid.

Il s'approcha en douceur. Elle etait assise sur le plus impossible des sieges et semblait utiliser la douleur comme excitant. Il toucha l'epaule de la jeune femme, lui tendit la pipe de Khal, qu'elle gouta, elle toussa, puis le Khal faisant effet se mit a pouffer un peu. Elle etait jolie quand elle riait. D'abord il ne dit rien, puis il montra le point ou la rivière semblait devenir sable.

La-bas, Il a Arwa, le dernier port de l'Harnen. C'est une belle petite ville. Autrefois elle appartenait a mon pere, comme tout le territoire derriere. D'ici on a une belle vue sur la vallee. En hiver, enfin je veux dire quand c'est l'hiver habituel, cette region est une jungle basse, verte, pleine de vie. Le seul Lieu de Harad ou la vie a toujours sa place. De ce cote ci de la riviere, seul Kir-Ur repond de nos seigneurs, c'est un grenier du Nord. En quelque sorte nous sommes toujours en Khand ici, et en Khand je suis a vos ordres, Talayi.

Il perdit ses yeux dans l'aube un moment puis continua.

Les orcs ont vaincus. Gondor a du oublie comment on tue la vermine. Enfin, Gondor, ce ne sont jamais que des humains. Comment sont les gens chez vous? Je ne sais meme pas si vous avez une famille alors que je peux quasiment reciter l'arbre genealogique fictif de notre chef par coeur. Ne faites pas cette tete la, je veux bien me battre pour lui et tout ce qu'on veut, mais si il est d'Umbar et descend d'Hiji IV, moi je suis Sultan du Harad.
Allez, il faut tenir jusqu'a la midi, alors parlez moi un peu de vous Elwyn, de vous la dessous, pas la cheftaine qui fait semblant de tout comprendre quand il lui suffirait de poser des questions.


La boutade etait un test. En parlant, il avait de plus designe le plastron de la jeune femme a l'endroit ou ses yeux avaient malencontreusement derapes une seconde. Il la trouvait belle, desirable et si vulnerable emmitouflee dans sa propre cape de marche. Le Khal n'aidait en rien a garder des distances respectables.
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Amadeo du Rohan
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Appel à l'aide à Pelargir EmptyMer 19 Déc 2012 - 22:37
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PNJ : Garnaïl d'Umbar

Les dernières heures avaient été épuisantes pour tout le monde, et peut-être encore plus particulièrement pour Jamil et les trois autres hommes qui avaient dû servir d'arrière-garde durant toute la chevauchée. Par chance, lorsque la nuit tomba et que le campement avait été installé, c'est quatre silhouettes qui s'étaient dessiner dans le pénombre. Il n'y avait donc eu aucune perte. Garnaïl laissa échapper un soupir de soulagement, et se dirigea directement vers les quatre héros du jour.
Lorsqu'il arriva auprès d'eux, il remarqua alors la blessure d'Aki. Ils avaient donc du combattre soit les gondoriens soit les orcs. Le fait qu'ils soient tous revenus vivants était donc d'autant plus remarquable.
Sahid fit son rapport, puis tous prirent place près du feu. Elwyn avait eut le bon sens de laisser les flammes danser cette fois-ci, bonne chose pour le moral du groupe qui avait été mit à rude épreuve depuis Kir'Ur. Et ce n'était certainement pas fini ...

Nimrod était assis avec Murak et les autres kandhéens. A l'abris des brises glaciales derrière leur épaisse couverture, ils échangeaient des paroles qui semblaient tout aussi réchauffantes que le feu lui-même, en fumant le Khal.
Garnaïl, qui vérifiait si tout était en place, pensa un moment se joindre à eux. Puis il se résigna. Cependant, il s'approcha. Lorsqu'il arriva au coin du feu, debout, tous les regards se concentrèrent sur lui.

- Nimrod, Murak. Vous d'eux tout comme Sahid et Aki serez exempté du tour de garde pour cette nuit. Vous avez fait du bon boulot, vous avez mériter plus que tout autre ici votre nuit complète. Même si toi Jamil, te connaissant, tu n'arrivera pas à fermer l'oeuil plus de trois heures de suite - il lui adressa un sourire amical - bien sûr tu fais comme tu veux, mais en tout cas aucun devoir ne vous appel d'ici l'aube. J'assurerai personnellement le dernier tour de garde avec Taleb.

Le Politicien s'éloigna ensuite d'un pas lent. Derrière lui, les conversations reprennaient.

***

Alors qu'il était plongé dans ses pensée, Jamil interpella le fils d'Hiji.

**Les Gondoriens sont morts et je ne crains pas des orcs de montagne sans officiers humains pendant le jour. WalMelkor, comment ce chien peut il encore vivre!? Ou si il est mort, qui voudrait le voir vivant?**

Garnaïl lui lança un regard appuyé, traduisant une sorte de "je n'en sais pas plus que toi, hélas." Heureusement, il n'eut pas à répondre ; Jamil s'éloigna directement, tout en se confectionnant une nouvelle pipe à herbe. Décidément, lorsqu'il en avait l'occasion, ce type devait être un vrai fumeur. Garnaïl sourit à cette idée puis s'éloigna dans le sens opposé.

Après avoir été prendre des nouvelles d'Aki, Garnaïl pensa à Elwyn. Il ne l'avait pas beaucoup vue depuis qu'ils avaient fait halte ici. Et il aurait aimer lui parler. Il se souvint alors qu'elle était partie un peu plus tôt assurer la garde, sans doute du haut du petit promontoire. Le soleil allait bientôt montrer timidement ses premiers rayons. Le Politicien aurait aimer un peu parler à la femme avant de se remonter sur sa selle. Même quelques phrases. Il se dirigea donc vers la point de garde.

Garnaïl s'approcha puis entendit la voix de Jamil. Une voix mieleuse, beaucoup moins ferme et sèche que d'habitude. L'homme d'Umbar interromprit sa marche et tendit l'oreille.

- Une belle petite ville (...) Harad (...) Je suis a vos ordres, Talayi.

La dernière phrase interloqua encore d'avantage Garnaïl. S'approchant un peu plus, il pu alors assister à la scène sans pour autant que les deux autres chefs ne puissent le voir. Il s'efforça de capter encore d'autre brides de leur conversation, même si Jamil parlait de moins en moins fort.
Mais il sursauta lorsqu'il entendit le nom de son père, Hiji IV. Pourquoi parlaient-t-ils de lui ?

- Il faut tenir jusqu'a la midi (...) parlez moi un peu de vous Elwyn ...

Le regard de Jamil semblait s'attarder autre part que sur le visage de la jeune femme blonde, un peu trop bas même. Garnaïl sentit monter en lui une vague de colère. Chose absurde peut-être, mais c'était le cas. Et le regard d'Elwyn sur ce Nirmod, un regard brillant et rieur malgré sa peau bleue à cause du froid.

Garnaïl sentait que si il restait planté là une minute de plus, il allait finir par exploser. Faisant silencieusement demi-tour, il redescendit discrètement la pente. Arrivé en bas, il tenta de faire bonne figure afin qu'aucun ne puisse voir l'expression de douleur qu'il avait envie d'exprimer, mais qui était masqué par un visage en apparence serein et bon.

A présent, les rayons du soleil commençaient à éclairer le campement. La plupart des hommes étaient endormis au coin du feu. Jamil et Elwyn étaient toujours perchés la haut. Peut-être en train de .. de faire quoi ?

"Quel idiot tu fais Garnaïl, chasse donc ces sombres pensées de ta tête, ca finira pas t'empêcher de réfléchir à ta quête. Oui, ta quête. Et cette jeune femme peut se faire charmer par qui elle voudra, ça n'a pas d'importance."
Grogna-t-il intérieurement.

Le départ était prévu vers midi, lorsque l'Harnen se sera libérer de sa prison de glace. Et pourtant, malgré le mal de dos et la fatigue, Garnaïl avait déjà envie de repartir. Qu'on en finisse avec cette maudite rivière ...

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Ryad Assad
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Appel à l'aide à Pelargir EmptyLun 24 Déc 2012 - 16:33
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La chaleur discrète du soleil était bien incapable de chasser la froideur encore présente. La nuit semblait étirer indéfiniment ses effets, et Elwyn, assise inconfortablement au sommet d'une petite butte, doutait que le jour parvienne à les dissiper totalement. Elle se demanda un instant si la rivière en contrebas avait dégelé, ce qui aurait été un signe encourageant du réchauffement de l'atmosphère, en même temps qu'un problème difficile à régler, puisqu'ils n'auraient pas été en mesure de traverser. Toutefois, elle était par trop épuisée pour se donner même la peine de tourner le visage. Résolument concentrée sur ce qui l'entourait, ou plutôt sur ce qui lui faisait face, elle fixait obstinément le paysage, mordant l'intérieur de ses joues avec obstination pour se maintenir éveillée. Régulièrement, elle chassait de ses doigts fins une larme venue perler au coin de son œil, quand elle étouffait un bâillement. Elle faisait en sorte de ne pas s'étirer de trop, sans quoi elle risquait de succomber aux appels lancinants de son corps fatigué, qui voulait qu'elle s'allongeât, et qui attendait qu'elle s'endormît pour restaurer ses forces.

Elle avait entendu ce qu'il se disait parmi les hommes du groupe : que les Gondoriens avaient été massacrés, et que les orcs s'étaient éloignés. Cependant, ce n'était pas une raison suffisante pour baisser sa garde. En plein jour, elle savait qu'ils ne risquaient pas grand-chose de la part de ces créatures du Mordor, qui s'étaient probablement éloignées de chez elles pour trouver de la nourriture. Mais à la tombée de la nuit, elles pouvaient se révéler dangereuses. Et même si on pouvait considérer que les pertes essuyées les rendaient gérables, qui pouvait savoir combien de bandes en maraude trainaient dans les parages, lourdement armées et très déterminées ? Si quarante orcs les prenaient en chasse, il leur faudrait obligatoirement gagner une ville humaine pour survivre, car c'étaient des traqueurs infatigables, et la perspective d'une prise aussi alléchante qu'une douzaine de chevaux les motiverait à coup sûr.

Pour toutes ces raisons, Elwyn désirait demeurer concentrée. Mais elle avait également envie de s'isoler quelque peu pour réfléchir. Ce n'était pas facile de s'abandonner à des pensées compliquées lorsque l'on était entouré de gens. Il fallait parer aux problèmes, gérer les conflits, et veiller à maintenir le groupe motivé. Mais alors que tous dormaient et se reposaient, elle pouvait enfin se laisser porter par les courants de son esprit. Leur mission, tout d'abord, semblait de plus en plus difficile à mesure qu'ils avançaient, et elle se demandait quand les ennuis finiraient, s'ils devaient finir un jour. Les choix qu'ils avaient fait pour l'instant avaient davantage été dictés par les évènements que par un réel plan, et il paraissait difficile de trouver un seul point positif à leurs premières journées...Si ce n'était qu'ils étaient tous en vie, pour l'heure. Mais combien de temps la chance continuerait-elle à les servir ? Chaque fois qu'ils se croyaient sauvés, ils tombaient sur un nouveau danger, et à chaque fois qu'ils se croyaient perdus, ils s'en tiraient par miracle. Il leur fallait probablement repenser toute la stratégie, revoir leur itinéraire, recruter plus d'hommes pour les accompagner ou peut-être simplement renoncer à cette folie. Elwyn changea de position en fronçant les sourcils. Il était de son devoir de décider quand arrêter, pour le bien de ses hommes. Mais comment devait-elle savoir quand le moment serait venu ? Recevrait-elle un signe, une intuition ? Entendrait-elle une voix mystérieuse lui commander de ne pas faire un pas de plus ? Car pour l'heure, elle peinait à dissocier opinion personnelle et intérêt général. Elle se sentait perdue au milieu d'un tourbillon de sentiments contraires, et cela la perturbait plus qu'elle ne voulait l'avouer.

Une main se posa sur son épaule.

Elwyn sursauta, en quittant ses pensées, et se tourna rapidement vers l'auteur de cette frayeur. Elle aurait pensé qu'il s'agirait de Garnaïl, qui avait pris la mauvaise habitude de lui faire peur à chaque fois qu'il venait lui parler. Il s'amusait vraisemblablement à la tirer de ses pensées, et se délectait de son trouble. Mais cette fois, ce n'était pas lui. En son lieu et place, c'était Jamil qui se tenait là. Elle ne manqua de lui signifier par le geste qu'elle n'appréciait pas d'être surprise. Et puis d'ailleurs, que venait-il faire là, lui ? Avait-il besoin de quelque chose en particulier ? Elle l'ignorait, mais demanda :

- Je peux vous aider, Jamil ?

Visiblement là pour faire la conversation, il lui tendit la pipe qu'il utilisait plus que régulièrement pour agrémenter ses soirées de produits étranges qui provoquaient de doux éclats de rire. Elwyn n'y avait pour sa part jamais touché. Elle accepta néanmoins de tester, consciente que tout ce qui avait une chance de la tenir éveillée serait bénéfique. Elle porta le drôle d'instrument à ses lèvres, et inspira profondément, comme elle avait vu les hommes le faire. La fumée envahit sa bouche, lui piqua la gorge et le nez, et elle se mit à tousser bruyamment. Une drôle de sensation l'envahit, et le comique de la situation la fit pouffer malgré elle. Qu'elle était stupide ! Elle ne remarqua pas le regard de Jamil, trop occupée à prendre une autre bouffée de ce produit bienfaisant, mais suivit toutefois ses indications lorsqu'il lui indiqua dans quelle direction se situaient les villes. Elle l'écoutait d'une oreille distraite, non pas parce que ce qu'il racontait était indigne d'intérêt, mais bien parce qu'elle n'arrivait pas à se concentrer sur ses propos. Elle fit pourtant un effort, mais elle ne comprenait pas tout. Arwa, un port. Son père ? Il marmonna quelque chose qui parlait de verdure et conclut en disant qu'il était à ses ordres. Elle pouffa à nouveau, d'un rire pour une fois sincère, et lui répondit :

- Si vous étiez vraiment à mes ordres, Jamil, vous n'essaieriez pas de m'endormir avec votre tube à fumée, non ?

Pendant un bref instant, on put douter du sens de ses paroles. Simple blague, ou accès de lucidité impressionnant au regard de son état de fatigue et de l'influence des herbes ? La réponse vint dans la seconde quand elle partit d'un franc éclat de rire en se tenant les côtes, avant de tirer une nouvelle bouffée qui la fit tousser.

- Je plaisante, Jamil, je plaisante. Regardez-vous ! Vous êtes tout pâle !

La conversation avait pris un ton plus léger, et Jamil en profita pour interroger en douceur Elwyn sur son passé. D'ordinaire, elle se serait probablement montrée un peu réticente à lui révéler ce qu'il en était de sa famille, à lui parler de son passé ou de ses combats pour en arriver là. Mais, soumise à ce produit capable de délier les langues, elle faisait preuve de beaucoup moins de retenue, et lorsque son interlocuteur lui déclara sur le ton de blague qu'il pouvait être Sultan du Harad si Garnaïl était fils de Hiji IV, elle se mit à rire nerveusement :

- Vous ? Sultan du Harad ?

Elle rit franchement, cette fois, mais sans méchanceté aucune :

- Honnêtement, vous êtes trop gentil pour être Sultan de ce pays. Vous vous feriez marcher sur les pieds par tous les petits seigneurs locaux, et ne parlons même pas des autres pays.

Elle lui lança une tape amicale sur l'épaule, et poursuivit :

- Le Sud a toujours intéressé le Gondor, et sous couvert de pacification, je suis persuadée qu'ils aimeraient bien avoir le contrôle des populations du Harad. Vous, Sultan ? Vous auriez à composer avec le Haut-Roi Méphisto, et je ne vous donne pas une chance.

Elle sourit tranquillement, et acheva :

- Ne vaut-il pas mieux vivre libre et modestement, que vivre dans un palais, enchaîné à un seigneur vivant à des lieues de distance ?

Elle laissa la question en suspens, et tira une autre bouffée de la pipe. Cette fois, elle ne toussa pas, mais de petites larmes lui montèrent aux yeux, et elle les essuya de la paume de la main. Ecoutant d'une oreille distraite la réponse de Jamil, elle se laissa prendre au jeu de la conversation, et entreprit de lui parler un peu d'elle. Mais un sursaut de fierté la poussa à se défendre face aux accusations à peine voilées de son interlocuteur.

- Je fais pas semblant de tout savoir, c'est faux...!

Dans son ton on sentait qu'elle avait perdu toute volonté, et qu'elle pouvait dire n'importe quoi sur elle pour peu qu'on la poussât. La question qui restait à poser était : est-ce que Jamil était du genre à profiter de la situation ? En tous cas, Elwyn était la dernière à s'interroger à ce sujet, trop occupée à glousser de manière naïve.

- Enfin...peut-être un peu, parfois. Je sais que je suis parfois un peu froide, mais...si je ne le suis pas, vous et Garnaïl vous ne me prendriez pas au sérieux. Personne ne me prends jamais au sérieux, de toutes façons, et j'ai toujours le droit à des regards surpris. Même vous, vous devez me trouver incapable, j'en suis convaincue.

Elle marqua une pause lourde de sens. Elle n'avait même plus envie de tirer une bouffée pour se donner du courage. La fumée avait délié sa langue, mais c'était bel et bien son cœur qui parlait. Elle ne s'en rendait pas vraiment compte pour l'instant, mais elle s'était cuirassée pendant de longues années, et elle atteignait ses limites. Cette mission mettait ses nerfs et son corps à rude épreuve, et elle ignorait si elle parviendrait jusqu'au bout. Pour la première fois, elle commença à douter de pouvoir satisfaire la promesse qu'elle avait faite à Akbar : revenir en vie. Cette idée une fois formulée s'implanta dans son esprit à son insu. Les fumées ne faisaient rien pour l'aider à combattre cette intrusion, et lorsque le germe fut planté, elle oublia aussi rapidement qu'il avait existé. Elle lâcha un soupir résigné, et enchaîna sur une voix moins triste :

- Vous voulez savoir d'où je viens ? Du Rohan. Un petit village qui n'apparaît sur aucune carte, et qui n'a même pas de nom. Guère plus qu'un amas de maisons entourées par des champs. Si j'ai de la famille là-bas...je pense que oui, si mes parents n'ont pas été emportés par le temps, la maladie ou la guerre. J'avais aussi un frère, mais lui n'est plus depuis bien longtemps.

Elle aurait voulu dire à Jamil qu'elle avait fait son deuil depuis le temps, car cela faisant quand même une dizaine d'années, mais elle n'avait jamais pris le temps d'y penser. En réalité, elle avait mis un couvercle sur ce problème, et l'avait emprisonné au plus profond de son cœur. Elle avait du survivre, se battre et travailler dur pour continuer à avancer. Elle n'avait jamais eu le temps ou la tentation de penser de trop à son frère, admettre qu'il ne reviendrait jamais, et qu'elle n'y pouvait plus rien. Au contraire, elle continuait à ressentir une profonde culpabilité, qui s'était muée en une peine insidieuse et perfide, qui la rongeait de l'intérieur. Les mots restèrent bloqués dans sa gorge, et elle déglutit péniblement :

- Il est mort par ma faute, et j'ai été trainée dans la boue, humiliée par des hommes de ce pays que je voulais protéger.

Des larmes commencèrent à couler le long de ses joues, et elle ne fit cette fois rien pour les chasser. S'en rendait-elle même compte ?

- Alors j'ai fui...Je ne pouvais pas supporter la honte, le regard des gens. Le Rohan m'a pris mon frère, m'a pris ma dignité et m'a pris mes rêves. Jamais je ne pardonnerai à ce pays, et jamais je n'y retournerai en tant que Rohir.

Elle plongea son doux regard inondé de larmes dans celui de Jamil, à ses côtés, en quête de réconfort. En cet instant précis, elle se sentait tellement vulnérable, tellement fragile. Elle aurait payé cher pour être chez Akbar, dans la maison qu'elle considérait comme sienne. Pour être loin de ces tourments, loin de ces perspectives funestes. Elle désirait plus que tout se trouver en sécurité. Le Khal n'arrangeait rien, pas plus que le froid ambiant, pas plus que la monotonie du paysage, pas plus que l'étrange proximité qui les liait et les coupait du reste des hommes du camp. Qu'avait-elle à l'esprit en cet instant ? Personne, pas même elle, n'aurait pu le dire. Elle enroula ses bras autour du cou de Jamil, et enfouit sa tête dans le creux de son épaule. Il s'attendait peut-être à autre chose, peut-être pas. Elle serra les mâchoires pour retenir les sanglots qui menaçaient de la submerger, mais ses épaules furent agitées de tremblement nerveux.

- Je...Je suis désolée, répétait-elle inlassablement, comme si elle cherchait la force de se relever seule.

Mais cette fois, elle ne s'en sentait plus la force.


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Appel à l'aide à Pelargir EmptyJeu 27 Déc 2012 - 0:14
Les revelations se suivirent, et le khal aidant, elle en revela plus qu'il ne pensait qu'elle dirait. Encore une orpheline egaree, il pensa a Kalime quand elle evoqua le fait que personne ne l'ecoutait. Kalime, loin dans sa Fondcombe d'exil. Elwyn evoqua son village, son expulsion et son refus de revenir comme une Rohir. Il trouvait cela fascinant, mais moins que ses boucles blondes. Quand elle l'enlaca et commenca a pleurer dans ses bras il sut qu'il avait gagne plus que ce qu'il etait venu cherche. Il la serra plus fort et lui embrassa les cheveux, une main sur ses hanches pour la tenir et une autre sous sa jambe. Un combat commenca entre son corps et son coeur. Il pouvait l'avoir la, elle dirait oui, sans discuter, mais qu'adviendrait il du groupe? Leur survie a tous en dependait. Que voulait-il? Un matin de plaisir fugace ou un trone? Une enfant perdue abusee ou une princesse du desert? Il l'embrassa a nouveau sur le front et il parla, sans fard.

Vous endormir ne servirait ni pour vous faire parler, ni pour cela.

Il lui souleva legerement le menton et essuya ses larmes avant de l'embrasser sur chaque joue.

Il fut un temps ou vivait deux gamins de Harad, amis et allies, fils de deux freres d'armes. Ils aimaient le desert, les chevaux, les femmes et le combat. Le combat fini par les separer.

Il regarda droit dans ses yeux, et il decida que trois ans d'errance etait assez.

Jorkil congedia son demi elfe de pere, declara allegeance au mien et la guerre contre Gondor nous tomba dessus. Les orcs enfoncerent le Nord pendant dix ans. Puis Meakil revint et balaya tout. J'ai tue mes freres Haradrims pour l'un puis pour l'autre, puis pour moi meme et enfin pour Gondor au nom de tous les miens. Khand regne sur nos terres et votre empereur reve de nous envahir quand nos propres seigneurs revent de guerre et de sang. Chaque tombe de cette terre porte mon nom ou ma signature. Chaque veuve a partager mon destin. Mon nom est Yahardim, le vengeur, je pensais etre le vengeur d'un pere. Mais la mare de sang dans laquelle mon frere s'est noye a encore plus complique les choses. Et maintenant je dois rentrer chez moi deguise en simple soldat de fortune.

Ma gentillesse n'est pas la qualite pour laquelle le Harad se souvient de moi, ils se souviennent de ma bravoure et de mes erreurs. Ils se souviennent des promesses du Mahdi et de la colonisation par Gondor. Belle la liberte. Si j'etais libre, je vous ferais l'amour la sur ce rocher en regardant l'aube. Tant pis pour les orcs, tant pis pour le trone, tant pis pour Garnail et que Manwe et Mandos nous ait tous apres. Si j'etais libre...


Une main douce serra son poignet gauche, il se pencha en avant et l'embrassa. Pourquoi se demanda t'il. La reponse arriva fulgurante : pour se sentir vivant. Il vit les corps dechires de ses adversaires du jour dans sa tete et renforca son baiser. Il decrocha, se sentit idiot et ajouta.

Vous n'etes pas ridicule, ni incapable. Un chef de clan vous a fait confiance et le Sultan de harad est en train de tomber amoureux de vous. Vous etes l'une des plus belle creature que j'ai croise depuis que je respire. Votre fierte est admirable. Votre determination aussi. Soyez forte jusqu'a Arwa, Elwyn, et vous verrez Pelargir ou Raush, ou Umbar. Je vous y menerais pour, avec ou contre Garnail. Vos hommes ont besoin de vous et nous tous d'eux.

Il se pencha pour l'embrasser a nouveau.

===

La midi vint, le camp s'eveilla. Nimrod avait une petite flamme agreable au coeur en aidant des Khandiens a aiguiser les lames. Il avait fait ce qu'il devait pour la cause et il etait heureux. Un trone valait bien un peu d'effort. Il partit brieffe Aki sur des instructions pour apres Arwa et puis s'endormit pour quelques heures. La reunion des trois chefs avant le depart viendrait bien assez tot.
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Amadeo du Rohan
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Appel à l'aide à Pelargir EmptyJeu 27 Déc 2012 - 13:21
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PNJ : Garnaïl d'Umbar

Garnaïl bouillonnait intérieurement. Il était presque midi, et les deux tourteraux étaient toujours perchés sur leur rocher. La plupart des hommes dormaient encore, ne crachant pas sur un peu de repos supplémentaire. Le soleil était déjà haut dans le ciel et la couche qui recouvrait l'Harnen commençait à se craqueler légèrement. Taleb et Sahid étaient installés sur la rive, scrutant l'autre côté de la rivière. La menace orc était palpable.

Le Politicien se dirigea vers eux, et s'installa le plus confortablement possible à côté des deux hommes. Ils le saluèrent d'un signe de tête, puis les minutes passèrent avant que le chef ne prit la parole à voix basse, après s'être assurer qu'il n'y ait pas d'oreille distraite dans les parages ;

~~ Taleb, Sahid, écoutez-moi attentivement. Jamil est plus dangereux que je ne le pensais, d'ailleurs il est sûrement bien plus qu'un simple voyageur égaré. Je miserai sur un Sultan en exil, ou quelque chose dans le genre, bref un individu représentant une menace pour nous tous. Il a passer de nombreuses heures avec Talayi aujourd'hui, et vous savez comme moi qu'elle est terriblement affaiblie par le voyage. ~~


Il marqua une courte pause, faisant semblant de s'intéresser un buisson gelé qui se trouvait à côté de lui. Les deux khandéens scrutaient toujours l'horizon, faisant mine de ne pas l'écouter au cas-où un homme du Harad les épiait à travers les arbres, mais ils étaient plus qu'attentifs aux paroles du fils d'Hiji.

~~ Redoublez votre vigilance. Ce Jamil tentera de nous doubler un jour ou l'autre, quand exactement je ne pourrais le dire, mais soyez prêt à tirer vos lames. Ou vous tomberez sans même le savoir, une flèche ou un poignard enfoncé dans le dos. ~~

Sahid ne pu s'empêcher de jeter un regard inquiet à Garnaïl. Taleb frisonna, et la cause était autre que la brise fraîche qui venait de traverser le camp. L'homme d'Umbar leur tapa amicalement sur l'épaule avant de se redresser et de s'approcher de l'Harnen.
L'eau claire commençait à faire son apparition à certains endroits. Garnaïl était si proche de la rivière qu'un pas de plus le précipitait dans le courant glacial. Il scrutta les alentours, et remarqua un passage à gué pas trop loin. A cet endroit, la profondeur ne devait pas être trop importante, à hauteur de genoux maximum.

Garnaïl retourna vers le campement. Il croisa Jamil, l'air étrangement joyeux. Le camp se réveilla petit à petit, Elwyn les rejoignit et les trois chefs se rassemblèrent brièvement. Tout trois savaient qu'il fallait continuer vers Arwa, avant de prendre la route la plus directe possible vers Pelargir. Théoriquement, en tout cas. Les multiples obstacles qui les attendaient, et les trahisons potentielles également, pourraient bien en l'espace de quelques secondes changer tous les plans.

- Il y a un passage à gué un peu plus bas, si nous continuons a descendre le long de l'Harnen nous devrions l'atteindre rapidement. Nous pourrons traverser, la rivière se libère. Ensuite, nous pourrons faire escale à Arwa comme prévu et y rester un jour ou deux, afin de se reposer, ménager les montures, se procurer quelques vivres supplémentaires et pourquoi pas, faire de nouvelles rencontres.


Parce que l'amour pourrait me jouer des mauvais tours. Si vous décidez de m'évincer, qui pourra me protéger ? Les khandéens sont sous tes ordres Elwyn, et les autres sous ton commandement Nirmod. Voyager avec ce groupe-ci deviendra vite un coupe-gorge pour moi, et ce au plus que l'on se rapprochera de la zone d'influence de Jamil
- Pensa nerveusement Garnaïl


***

Les cavaliers se mirent rapidement en scelle et on redonna le signale de départ. Le rythme était assez doux, puisque les orcs ne s'étaient pas manifestés et qu' aucun danger de menaçait le groupe pour le moment. Ce qui n'était pas fait pour durer ...

En l'espace d'une demi-heure, ils arrivèrent au passage à gué. L'eau avait légèrement monter depuis le matin. Garnaïl et les deux chefs mirent pied à terre.

- La fonte de la couche de glace à fait monter le niveau de l'eau. Elle arrive à hauteur de hanche, environ. J'ai peut-être sous estimé la hauteur. Mais le courant n'est pas très puissant, je pense que l'on peux traverser.
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Ryad Assad
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Appel à l'aide à Pelargir EmptySam 29 Déc 2012 - 18:27
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Elwyn avait-elle imaginé que les choses se passeraient ainsi ? L'avait-elle souhaité derrière ses larmes et derrière sa détresse ? Avait-elle souhaité plus que tout, plus que réussir à rendre un trône à Garnaïl, trouver une personne qui lui accordât enfin un peu de tendresse ? Elle-même ignorait la réponse à cette question, mais peut-être qu'une partie de son esprit avait compris que la solitude et la peine ne pouvaient pas la conduire autre part qu'à la destruction. Aurait-elle raconté sa vie, son histoire, ses chagrins et ses peines à Jamil s'il ne lui avait pas fait fumer cet étrange produit ? Elle était persuadée que non. Sa logique aurait encore érigé un mur entre les autres et ses sentiments, la conduisant à se renfermer sur elle-même. Le Khal avait eu au moins le mérite de faire tomber cette première barrière, de l'aider à s'ouvrir. Et à partir de là, les choses avaient évolué très vite. Qu'avait-elle pensé lorsque les larmes avaient commencé à couler le long de ses joues ? Elle n'avait en réalité songé à rien, à part à son immense tristesse, aggravée de huit années de silence profond. Qu'avait-elle imaginé en se blottissant entre les bras virils de Jamil ? Rien, à part trouver enfin un peu de réconfort, un peu de paix. Un peu d'amour. Un tout petit peu d'amour.

Ses caresses avaient été douces et sincères, tellement éloignées de la rudesse dont il faisait preuve en temps normal. Il avait l'air transfiguré, profondément changé par l'atmosphère qui se dégageait de leur conversation. On aurait dit que lui aussi était sous le coup d'une émotion, mais une émotion qu'il parvenait à mieux contrôler. Il l'avait prise dans ses bras avec chaleur, lui transmettant toute la force de son soutien. Ses paroles pures avaient plongé jusqu'au cœur de l'Etrangère, et l'avaient touché comme jamais. Elle s'était sentie revivre, lorsqu'il lui avait parlé à cœur ouvert, et elle avait compris ce qu'il s'était jusqu'alors refusé à dire, ce qu'il ne disait encore qu'à demi-mot. Ses baisers tendres avaient été l'expression même de sa sincérité et de l'affection qu'il éprouvait à son égard. Sur sa tête, comme ceux d'un père qui réconforte, sur ses joues comme ceux d'un ami qui soutient, et enfin sur ses lèvres comme ceux d'un amant qui transporte. Elle avait été émue aux larmes, et même surprise par tant d'audace de sa part.

Elle en était restée muette d'ébahissement et, submergée par l'émotion, n'avait pas su trouver de réponse convenable à lui apporter. Il lui promettait un avenir merveilleux, il lui promettait de lui montrer les plus beaux endroits du Harad, et de toujours rester auprès d'elle. Elle aurait simplement voulu lui dire de l'embrasser encore, car en cet instant, elle ne désirait que lui. Au diable leur mission, aux orties leur fatigue et leurs peines. Elle avait besoin de lui pour se sentir vivante. Elle avait besoin d'amour pour se sentir complète. Voilà ce qui lui avait manqué durant toutes ces années. Lorsqu'il se pencha à nouveau vers elle pour l'embrasser, elle retrouva l'usage de son corps, et son esprit était clair, comme débarrassé des vapeurs du Khal. Cette fois, elle n'était plus soumise aux envoûtements des fumées. Elle était elle-même, pleine et entière, heureuse et triste à la fois. Elle rendit le baiser qu'on lui offrait, laissant courir ses doigts sur le visage de ce sultan déchu, dont la vie n'avait guère été simple. Elle l'embrassait de tout son cœur, de toute son âme. Elle éprouvait une sensation qu'elle n'avait plus éprouvée depuis trop longtemps. Une sorte d'énergie qui crépitait en permanence au creux de son ventre, quelque chose d'incontrôlable, de puissant et de foncièrement positif.


~ ~ ~ ~


Sahid était installé sur les rives de l'Harnen, les yeux fixés dans le lointain. Il se demandait encore si les orcs les suivaient. C'étaient des créatures qui ne sortaient pas le jour, car elle ne supportaient pas le soleil, mais on avait entendu tellement d'histoires étranges qu'il valait mieux être prudent. Leur groupe eût été composé d'une centaine de cavaliers qu'il aurait fait preuve de la même prudence. Mais alors là... Il jeta un coup d'œil à Taleb, à ses côtés. Le jeune homme était un brave guerrier dont l'esprit était droit et honnête. Il combattait bien, et il avait le don de remonter le moral de ses camarades grâce à son humour désarmant. Pourtant, en cet instant précis, il ne riait pas. Le début de leur voyage avait été quelque peu catastrophique, et la plupart des guerriers commençaient à se demander s'ils avaient la moindre chance d'arriver à destination en étant si peu, et si mal préparés. Ils n'avaient pas le matériel pour affronter un tel froid, et il ne semblait pas envisageable de faire halte dans une ville, sans quoi on risquait de les tuer. Ils avaient déjà échappé au pire en laissant les hommes du Gondor se faire massacrer, mais la chance ne frappait qu'une seule fois. La prochaine situation tendue risquait d'être leur dernière.

Sahid se retourna à demi en entendant des pas derrière lui, et il salua de la tête Garnaïl, qui venait prendre place près d'eux. Personne ne dit mot, et chacun laissa ses pensées s'égarer. Mais visiblement, les inquiétudes de Garnaïl étaient assez pressantes pour qu'il se sentît le besoin d'en parler à ses deux compagnons de route. Etrange, se dit Sahid, car ils n'avaient jamais été particulièrement proches. On pouvait même dire que si le colosse barbu s'était embarqué dans cette histoire, c'était avec l'idée de surveiller le Politicien. Quel retournement de situation pouvait désormais conduire ce dernier à venir lui parler sur un ton de comploteur ? Les deux Khandéen l'écoutèrent attentivement, comme il le leur avait demandé, jusqu'à ce que Taleb prît la parole, sur un ton un peu acide :

~~ Nous savons tous pourquoi vous vous inquiétez pour elle, Garnaïl. Mais ne confondez pas vos sentiments personnels avec l'intérêt du groupe. Si vous voulez assurer le succès de cette mission, plantez un couteau dans le cœur de Jamil et de ceux qui le suivent. Le problème sera réglé. Si vous voulez l'empêchez de conquérir Talâyi, outre le fait que vous ayez plusieurs heures de retard, vous devriez aller lui parler à elle. ~~

Taleb soupira pour lui-même, cherchant ses mots. Ce fut Sahid qui enchaîna :

~~ Elwyn - et je vous demanderais de l'appeler ainsi - est une personne courageuse, droite, mais seule. Peut-être a-t-elle cru à un moment que vous pourriez être celui qui allait briser sa solitude. Je l'ai moi-même cru. Peut-être même l'ai-je espéré...~~ Il s'arrêta un instant, les yeux dans le vague. ~~ Cependant, Elwyn est notre priorité à tous. Si elle trouve le bonheur auprès de Jamil, je ne peux que vous conseiller de rester à l'écart. ~~

Son ton était apaisant, lorsqu'il parla, mais il était clair que l'on pouvait y lire une certaine forme de menace. Et de la part d'un Khandéen, celle-ci était lourde de sens. Les habitants de cette région avaient pour habitude de ne pas parler à la légère, et s'il avait pris soin de prévenir Garnaïl des éventuelles conséquences de ses actes, c'était aussi parce que, dans un certain sens, il le respectait. D'ailleurs, il ajouta sur un ton un peu moins effrayant :

~~ Néanmoins, rassurez-vous. Nous garderons bien entendu ce Jamil à l'œil. Si jamais il devait agir contre nous, il serait le premier à le regretter. Mais c'est bien entendu valable pour chacun ici. ~~

Taleb, un peu moins charismatique que son comparse, se contenta de hocher la tête en prenant un air aussi sérieux que possible. Sa jeunesse transparaissait encore plus sur ses traits fatigués, mais dans le fond de son regard, on lisait une grande détermination. Il adressa pourtant quelques mots d'encouragement à Garnaïl :

~~ Ne vous laissez pas abattre par la vie du groupe. Tant que vous resterez concentré sur la route à suivre, nous serons derrière vous.~~

Des paroles réconfortantes, sur lesquelles les trois hommes se séparèrent. Nul doute que Garnaïl devait avoir beaucoup de questions en tête, désormais...


~ ~ ~ ~


Elwyn se mordit la lèvre, se souvenant encore du contact doux de celles de Jamil sur les siennes. Etrangement, elle ne se sentait plus du tout l'envie de dormir, et c'était tant mieux car elle devait monter la garde. Lui était redescendu au camp quelques minutes auparavant, la laissant seule avec ses pensées. Elle regardait l'horizon, un sourire adorable dessiné sur son visage d'ordinaire assez froid. Elle resta là un moment, à ressasser ce qu'il venait de se passer, tout en essayant de combattre la petite voix qui essayait de la convaincre qu'elle avait peut-être fait une erreur en cédant aux avances de Jamil. Elle n'en tint pas compte, et décida de se lever pour faire quelques pas. Ses jambes étaient un peu engourdies, et bien qu'elle bouillonnât d'énergie, la fatigue n'avait pas totalement disparue pour autant. La journée à venir serait pénible, et elle le savait.

Dans son dos, elle entendit du mouvement. Les bruits caractéristiques d'un campement qui s'éveille après un repos pas aussi réparateur qu'on aurait pu le souhaiter. Comprenant que le départ était pour bientôt, Elwyn empoigna ses affaires, et descendit souplement de son petit promontoire. Elle se prit à saluer d'un petit signe ou d'un mot toutes les personnes qui croisaient sa route. La joie de vivre transparaissait dans chacun de ses mouvements, sans qu'elle pusse rien faire pour le dissimuler. Elle nota que les chevaux étaient toujours là, et que nul ne semblait manquer à l'appel. C'était déjà bon signe. Rapidement, elle avisa Garnaïl et Jamil qui semblaient l'attendre pour définir la suite de leur escapade. Elle se rapprocha d'eux, et salua le Politicien d'un signe de tête. En tournant les yeux vers Jamil, elle se sentit rougir, et détourna le regard rapidement, tout en se morigénant pour sa stupide timidité.

Garnaïl n'en tint pas compte, ou tout du moins si tel était le cas, il ne le montra pas. Il se contenta d'exposer la situation de manière calme et claire, comme à son habitude. L'escale à Arwa était une excellente idée, car ils ne pourraient pas tenir encore très longtemps à ce rythme-là. Il leur faudrait se poser quelque part, sans quoi ils risquaient de tomber les uns après les autres, à cause de la fatigue, du froid, des patrouilles du Gondor ou des maraudeurs orcs. Les dangers ne manquaient pas sur ces terres, et il valait mieux être prudent, dormir quand on le pouvait, et profiter du moindre répit pour refaire ses forces. Elwyn était davantage sur cette logique, et lorsque Garnaïl parla de "faire de nouvelles rencontres", elle ne songeait pas à la même chose que lui :

- Vous pensez que l'on peut trouver des membres de votre famille à Arwa ? Cela nous faciliterait grandement la tâche s'ils pouvaient nous apporter un peu d'aide pour gagner Pelargir, j'en suis persuadée.


~ ~ ~ ~


Après avoir pris la route, non sans avoir démonté leur campement en laissant le moins de traces possibles, ils chevauchèrent une petite demi-heure, à un rythme assez lent pour qu'Elwyn pusse somnoler sur sa selle. Cela ne la reposa guère, mais elle eut au moins la satisfaction de garder les yeux fermés pendant un moment, ce qui n'était pas du luxe. Le bruit de la rivière qui redevenait peu à peu liquide avait quelque chose de berçant. C'était un bruit que tous les Khandéens du groupe appréciaient, à l'unanimité, et qu'ils auraient importé dans leur propre pays s'ils l'avaient pu, pour le faire écouter à leurs femmes et à leurs enfants. Elwyn pensait déjà à la manière dont ils en parleraient, une fois rentrés de cette mission. Elle imaginait à quel point il serait difficile de retranscrire la réalité, mais combien cela donnerait envie aux petits de se lancer à leur tour dans de telles aventures. Elle les voyait déjà, courant dans les rues en mimant l'attaque des orcs, en mimant la cavalcade pour leur échapper, et en changeant la fin, transformant la fuite effrénée en un combat héroïque et glorieux duquel tous s'en étaient tirés sains et saufs. Ah...L'enfance...

Ils arrivèrent bientôt au gué que leur avait indiqué Garnaïl, et les trois chefs descendirent de selle, pour examiner la situation. Pour Elwyn et la plupart des Khandéens, cela avait l'air profond. Le courant n'était pas très fort, heureusement, mais aucun des hommes de l'Est - ni Elwyn, d'ailleurs - ne savait nager. Ils déglutirent tous en imaginant ce qu'il se passerait s'ils tombaient à l'eau, s'ils étaient emportés par le flot glacial et implacable. On les retrouverait des milles en aval, le visage livide, les poumons pleins d'eau. Une fin peu enviable pour un habitant du désert. Comme la morale d'une mauvaise fable. Garnaïl ne rassura personne en disant que le niveau était peut-être plus haut que prévu. L'eau arrivait à hauteur de hanche, et c'était largement suffisant pour emporter quelqu'un.

- Rester en selle me semble être la seule chose à faire mais surtout, il ne faut pas paniquer. Ce n'est pas quelque chose qu'on trouve beaucoup par chez nous, et j'ai peur que la moindre chute soit...enfin vous voyez...

Elle lança un bref coup d'œil aux hommes du groupe, qui n'avaient pas tout compris en détail, mais qui avaient sûrement vu où elle voulait en venir. On aurait dit qu'ils la suppliaient de trouver une alternative. Malheureusement, elle n'en avait pas. Il fallait avancer. Ils ne pouvaient pas se laisser arrêter par la peur. C'était la dernière chose qui devait les arrêter. Elwyn remonta en selle souplement, et s'avança vers l'Harnen qui lui semblait tout à coup beaucoup plus dangereux qu'auparavant. Etait-ce une illusion, ou bien les flots mugissants semblaient-ils réellement plus rapides ? Impossible de le savoir. Devant l'hésitation générale du groupe, l'Etrangère prit les devants. Elle fit avancer son cheval droit vers la rivière, avec une grande prudence. Elle ne sentait pas fière à partir ainsi à l'aventure, d'autant que nul ne savait ce qu'il pouvait bien se trouver de l'autre côté, mais Garnaïl ne pouvait pas partir seul devant, Jamil...elle ne pouvait pas se résoudre à le laisser risquer sa vie pour elle. Et les autres...les autres avaient besoin de suivre un chef.

Elle sentit la morsure du froid s'infiltrer dans ses bottes, à mesure que sa monture s'enfonçait dans l'eau. C'était particulièrement désagréable, d'autant que l'idée de se trouver seule au milieu de la rivière n'avait rien pour rassurer. Elle sentit son cheval peiner, guère habitué à progresser dans un élément qui lui opposait une telle résistance. Il avançait courageusement, cela dit, posant ses sabots avec précaution au fond de l'eau, sur le sol meuble. Elwyn l'encouragea de la voix, en lui murmurant des paroles qui rassuraient autant le cheval que sa cavalière. Elle arriva finalement de l'autre côté, épuisée et gelée, mais bien vivante, ce qui n'était pas peu dire. Après avoir jeté un coup d'œil aux alentours, pour être certaine qu'ils n'étaient pas attendus, elle fit signe aux autres qu'ils pouvaient la suivre sans risque. Elle sourit pour elle-même. L'absence de risque était une notion étrange, sur ces terres.


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Appel à l'aide à Pelargir EmptyMar 8 Jan 2013 - 11:26
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Elwyn avait traversé. Tout le reste du groupe était resté sans réaction en admirant son courage et sa détermination. Une fois sur l'autre rive, elle fit signe que tout allait bien. Inspirant profondément, Garnaïl talonna sa monture et entama la traversée glaciale aux côtés de Nimrod, suivit de Taleb et des autres guerriers. La sensation mouillée qui dévora petit à petit les pieds puis les chevilles était tout sauf agréable.
Au bout de quelques minutes qui avaient semblé durer une éternité, tout le monde se retrouva de l'autre côté de la rivière. La traversée de l'Harnen n'était plus qu'un très mauvais souvenir, qui restera sûrement gravé à jamais dans l'esprit de plusieurs Khandéens.

"Nous sommes officiellement en Harondor"
murmura Garnaïl

Après une petit temps de réflexion, il compléta néanmoins sa phrase ;

"En ésperant que ce soit une bonne nouvelle ..."

***

Arwa devrait être en vue en début de soirée. La progression du groupe n'était pas très rapide, sans non plus être lente. Les flocons de neige s'étaient soudainement transformés en gouttes de pluie, gouttes qui se faisaient de plus en plus nombreuses au fil des heures. En fin d'après-midi, le ciel s'obscurcit d'avantage et le vent s'intensifia.

Garnaïl, qui chevauchait en tête en côtés d'Elwyn, leva son coude devant son visage pour protéger ses yeux de la tempête qui se levait. Les montures réchignaient à avancer, si bien que la progression devenait horriblement compliquée.

- C'est inutile de continuer dans ces conditions, arrêtons nous près de ces rochers !!

Avec l'accord des deux autres chefs, le groupe fit halte pour déposer les affaires dans leur refuge naturel ; trois énormes rochers qui formaient une sorte de demi-cercle. La pause n'était pas faite pour durer, on ne monta pas le campement mais un petit feu vit le jour, permettant aux hommes de sécher leurs bottes humides.
Murak et deux khandéens se chargèrent de la garde, Jamil profita du moment de repis pour somnoler un peu.
Garnaïl rejoignit Elwyn, qui scrutait tant bien que mal l'horizon ravagé par la tempête.

- Sacré bourrasque hein.

Les deux compagnons échangèrent un bref sourire.

- Ca ne devrait cependant pas poser problème, Arwa n'est plus très loin. Les hommes par contre semblent exténués, la passage en ville devrait leur faire du bien. Concernant les membres de ma famille potentiels, je n'ai pas beaucoup d'informations dans la région. Mais c'est possible d'y trouver quelqu'un, oui.

Garnaïl bu une gorgée d'eau. Il sentait son corps déjà affaiblis depuis leur départ du village. Même si il ne le montrait pas, la fatigue commençait à investir plusieurs de ses muscles. Mais le plus dur à tenir, c'était l'état psychologique. Garnaïl pensait que, au fur et à mesure qu'ils avançeraient, ses idées deviendraient plus claires. Au contraire, il n'avait que plus de doutes encore. Et chaque soir, seul à seul avec ses pensées, il avait de plus en plus de mal à trouver le sommeil. Ses cernes mauves et creuses en étaient la preuve physique.

- Elwyn .. Je vous ai vu, toi et Jamil. Sur le rocher.


Le visage d'Elwyn se figea.

- Je ne te reproche rien, j'espère seulement que le Khal n'a pas eu l'effet trompeur qui fait sa renommée. Depuis le début, ce Jamil, Nimrod, m'inspire peu confiance, et j'aurai eu quelques frissons à t'imaginer dans ses bras.

La conversation prennait une tournure délicate, et le Politicien était bien conscient qu'il marchait sur des oeufs. Il redoubla de concentration pour choisir soigneusement ses mots.

- Cependant, c'est un homme remarquable, déterminé, intelligent. Si tu trouve ton bonheur avec lui, je ne peux que m'en réjouir, car tu mérite d'être heureuse. Cela fait maintenant plusieurs semaines que je te côtoie quotidiennement, et je voit bien qu'il te manque la présence d'un homme dans ta vie. Loin de moi la prétention de tout connaître de toi, il est possible que je me trompe.


Au loin, la tempête semblait se calmer quelques peu. Elwyn restait de marbre, si bien que nul ne pourrait dire ce qu'elle ressentait en ce moment.

- Toi comme moi nous aimons l'aventure. L'action. Les combats. Mais comme tout être humain, nous avons aussi besoin d'affection, de douceur, de tendresse. Et si tu trouve ça chez Nimrod, je suis content pour toi.

Garnaïl se surprenait lui-même. Lui, parler d'émotion ? De bonheur ? Après tout, qu'est-ce qu'il en savait ? Il esperait simplement qu' Elwyn n'interpreterait pas tout dans ce sens, qu'elle ressentait au moins le fait qu'il ne tentait en rien de la duper.

Du moins en apparence ...


//HRP: Nimrod, vu ton absence prolongée on a passer ton tour cette fois-ci mais sans trop avancer, on en profte simplement pour approfondir les relations entre les personnages Wink A+ //
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Ryad Assad
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Appel à l'aide à Pelargir EmptyJeu 10 Jan 2013 - 15:17
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Traverser en premier avait des avantages, parfois. Certes, Elwyn était maintenant trempée et gelée, mais elle sècherait la première, et ce n'était pas du luxe. L'air était frais, et ses jambes qui avaient été plongées dans l'eau semblaient être exposées à la morsure cruelle du vent qui s'était levé. Elle resta un moment sur la berge, à regarder les hommes passer un par un. Elle aurait aimé pouvoir les aider depuis l'endroit où elle se trouvait, mais elle ne pouvait pas grand-chose, à part attendre avec une impatience et une anxiété croissante que tout le monde ait traversé. De toutes ses forces, elle priait pour qu'il n'arrivât rien à ses compagnons d'armes, qui avançaient avec une extrême prudence. Leurs chevaux, plus petits que ceux des occidentaux, n'étaient guère habitués à traverser un fleuve, et ils risquaient d'être pris de panique si la situation venait à évoluer trop brusquement. Le cheval de Taleb avait même fait un refus au moment de s'enfoncer dans l'eau, et il avait résisté pendant une bonne minute, malgré les paroles réconfortantes de son cavalier, qui avait dû céder sa place à un autre homme. Finalement, la bête avait accepté à contrecœur de faire la traversée, mais tout le monde avait craint qu'elle ne paniquât au milieu des eaux glacées. Fort heureusement, Taleb était bon cavalier, et il avait su la contenir avec douceur et fermeté, pour l'emmener jusque de l'autre côté.

Finalement, au grand soulagement d'Elwyn, tout le monde se retrouva sain et sauf de l'autre côté de l'Harnen, cette maudite rivière qui leur avait posé tant de soucis. Les Khandéens avaient mauvaise mine, et beaucoup tremblaient de manière incontrôlable, à cause du froid. Pour autant, ils semblaient tous satisfaits de laisser derrière eux ce cours d'eau tumultueux, et nul n'ignorait qu'ils avaient déjà eu de la chance d'échapper aux orques en maraude et aux Gondoriens sur leurs traces. Après avoir marqué une petite pause, le temps de faire souffler les bêtes épuisées, le groupe repartit à petite allure. Personne ne se sentait d'humeur à parler pour ne rien dire, et chacun se contenta d'économiser ses forces, et de laisser son esprit vagabonder au gré de ses pensées, pour s'éloigner d'un corps qui souffrait atrocement. Le groupe, étiré en une longue colonne, progressait de plus en plus difficilement. Le vent, la pluie et les quelques flocons étaient de moins en moins supportables, brouillant la vue et refroidissant les corps malgré les tenues épaisses qu'ils portaient tous. Elwyn avait plissé les yeux et baissé la tête. Elle faisait confiance à son cheval pour suivre celui de Jamil, qui ouvrait toujours la voie. Garnaïl, non loin, éleva la voix pour demander une halte. Elle aurait bien ajouté son approbation pour l'appuyer, mais elle n'en avait pas la force, et cela n'aurait pas été nécessaire. Tous les regards imploraient une pause, et il n'y eut cette fois nulle concertation verbale. Les seules attitudes suffisaient, et après un petit hochement de tête, la colonne bifurqua vers des rochers qui leur fourniraient peut-être un abri providentiel.

Les hommes soupirèrent de soulagement en trouvant un coin un peu abrité. Le vent ne pouvait pas les atteindre, et la pluie ne tombait plus que par fines gouttes. Un des hommes de Jamil pensa à tendre un morceau de toile retenu par des piquets, qui procura à tous un coin sec. Elwyn était exténuée. Elle avait la peau pâle, un profond besoin de se réchauffer, et l'impression horrible que ses pieds baignaient dans l'eau. Elle s'approcha du feu qui était en train d'être allumé, s'assit par terre, et entreprit de retirer ses bottes. Effectivement, elles étaient pleines des restes de l'Harnen.

- Retirez vos bottes, mettez vos pieds au sec, ordonna-t-elle à tous.

Les Haradrim comprirent ce qu'il fallait faire en voyant les Khandéens procéder, et tout le monde se retrouva bientôt assis, à faire sécher ses bottes et ses pieds. Le trajet serait déjà assez difficile, autant éviter les éventuelles maladies qui pouvaient se déclarer. Plus pour conserver l'habitude que par réelle nécessité, Murak et deux Khandéens furent envoyés monter la garde. Elwyn sautait son tour, elle qui était restée éveillée toute la journée de la veille. Elle aurait aimé se reposer davantage en selle, mais la traversée du fleuve et la pluie avaient eu le don de la tenir éveillée. Elle se sentait incroyablement lasse, et elle se demandait même si elle aurait la force de repartir. Elle sourit pour elle-même en imaginant les hommes la hisser en selle comme un poids mort. Assise par terre, Elwyn jouait nonchalamment avec les brins d'herbe qu'elle trouvait par terre. Elle en avait arraché un, et était occupée à l'enrouler distraitement autour de son index, tout en contemplant l'horizon et la pluie battante. Incroyable que ce temps.

Elle sursauta en entendant la voix de Garnaïl dans son dos. Pourtant, elle aurait du avoir l'habitude. Elle lui sourit, alors que son cœur retrouvait peu à peu un rythme normal, et lui répondit :

- Oui, c'est fou de voir les éléments aussi déchaînés. Même au Nord, je n'ai jamais vu pareille tempête. Sommes-nous à ce point près de la côte ?

Elwyn ne connaissait guère leur position, elle qui ne savait pas lire, mais elle imaginait qu'un tel vent ne pouvait souffler que dans un endroit proche de la mer, sans grande protection. Elle écouta ensuite Garnaïl lui dire que tout irait bien. Effectivement, ils avaient déjà affronté bien des dangers, et ils avaient probablement laissé le pire derrière eux. Le reste serait plus facile à affronter. Ils devaient gagner la ville d'Arwa, qu'elle ne connaissait pas, mais elle imaginait déjà un bon lit, et un endroit sec et abrité. C'était son rêve, pour l'instant.

- Une fois en ville, je pense que tout le monde aura besoin d'une journée entière de repos. Si nous ne prenons pas le temps de refaire nos forces, continuer sera impossible. Une fois prêts, nous pourrons rechercher des membres de ta famille.

Elle marqua une pause, se rendant compte que ce qu'elle allait dire risquait d'être mal perçu, mais elle se jeta tout de même à l'eau :

- Garnaïl...Une fois que nous serons arrivés à Arwa, n'oublie pas que tu ne dois jamais sortir seul, c'est compris. Quelle qu'en soit la raison. J'insiste pour que tu sois en permanence accompagné par au moins deux personnes. Je sais que c'est contraignant, mais c'est pour ton bien...et puis dis-toi que les hommes qui te suivent sont prêts à tout pour te protéger : donne-leur au moins l'occasion d'essayer.

Elwyn lui adressa un sourire réconfortant. Elle voyait bien qu'il était fatigué. Il avait erré longtemps dans le désert, et il n'avait pas eu vraiment le temps de récupérer. Enchaîner sur un tel voyage avait de quoi épuiser même le plus solide et le plus déterminé des hommes. Mais il ne le montrait pas, et il faisait de son mieux pour ne pas retarder l'expédition. Il savait très probablement que tous les hommes avaient hâte d'en finir, et de retrouver leur famille. Ainsi pensait l'Etrangère. Son sourire disparut immédiatement quand Jamil fit allusion à ce qu'il avait vu entre Jamil et elle. Elle ouvrit grand les yeux, et sa respiration se bloqua bien malgré elle. Dans sa tête, un millier de questions fusèrent, sur le comment, ce qu'il avait vu, ce qu'il en avait pensé, et ainsi de suite, mais elle ne trouva pas la force de desserrer les mâchoires pour lui en poser ne fut-ce qu'une seule. Au lieu de quoi, elle resta à le regarder avec une froideur bien involontaire. Peut-être vit-il que son approche directe avait déstabilisé la femme aux cheveux blonds, car il parla avec davantage de douceur et de précautions par la suite.

Néanmoins, son ton avait beau être plus apaisant, ses paroles ne l'étaient pas du tout. Ainsi, il connaissait la véritable identité de Jamil ? Il savait qu'il était Nimrod, sultan déchu du Harad ? Il devait probablement connaître ses plans, alors. Qu'en pensait-il, lui qui envisageait de faire exactement la même chose ? Elle suivait la conversation en décalé, comprenant à peine la moitié de ce qu'il lui racontait, tant elle était absorbée par le besoin de digérer ses premiers mots. Choquée et presque outrée par ce qu'il osait lui dire, elle reprenait ses propres termes, sans pouvoir en faire une phrase cohérente :

- Dans ses bras...? Il manque un homme dans ma vie...?

Elwyn ne comprenait plus rien. Elle était absolument perdue, et l'image qu'elle avait de Garnaïl semblait se fissurer. Elle avait certes traversé un moment difficile, et sa blessure au bras l'avait rendue plus faible, plus vulnérable. Probablement qu'elle avait effectivement manqué d'affection, et sûrement qu'elle aurait apprécié qu'il lui parlât comme Nimrod l'avait fait. Mais là était le problème. Il ne l'avait pas fait. Il était demeuré distant, froid, et en même temps il n'avait cessé de jouer avec elle. Chaque fois qu'elle avait cru qu'un courant passait entre eux, il s'était replié dans sa coquille, refusant de lui adresser la parole autrement que pour discuter stratégie et politique. Et lorsqu'elle avait essayé de faire la même chose, il l'avait manipulée en jouant avec ce qu'elle pouvait ressentir à son égard. Et le voilà maintenant qui piquait une crise de jalousie ! Ca c'était fort ! Il osait lui dire qu'il était content pour elle, alors que cela crevait les yeux qu'il aurait tué pour avoir été à la place de Nimrod. Comment pouvait-il lui faire cela ? Aimait-il la faire souffrir, juste pour le plaisir, ou bien ne se rendait-il simplement pas compte qu'il agissait comme un idiot ? Elwyn, qui sentait une émotion vive s'emparer d'elle, répondit avec beaucoup d'amertume dans la voix.

- Ce que tu fais est dégueulasse, Garnaïl !

Elle sentit des larmes se masser au bord de ses yeux bleus, mais contrairement à l'épisode avec Nimrod, ce n'étaient pas des larmes de désespoir ou de tristesse. Non. C'étaient des larmes de frustration, de colère et de déception. Elle était déçue, oui.

- Comment oses-tu me dire cela ? Pourquoi faut-il toujours que vous vous mêliez de ma vie ?

Elle avait involontairement utilisé le pluriel, et n'avait même rien remarqué. Elle était si aveuglée par ses larmes que cela n'était qu'un détail qu'elle ne prenait pas le temps de considérer, mais qui avait en réalité son importance. Elle passa sa manche sur ses yeux, et chassa ces perles salées :

- Je...je...Tu joues avec les sentiments des gens, et tu te plais à venir briser ce que tu ne peux pas avoir. Tu agis comme un enfant pourri, Garnaïl d'Umbar. Comme un enfant !

Elle avait élevé légèrement la voix, mais pas assez pour crier. Les autres membres du camp avaient bien remarqué que la discussion étaient animée, mais il fallait croire que les joutes houleuses étaient devenues courantes, car tous continuaient à converser à voix basse, sans se préoccuper de trop de ce qu'il se passait. Pourtant, ils gardaient un œil sur la situation, prêts à intervenir. Elwyn, quant à elle, n'avait pas conscience de ce qu'il y avait autour. Quelques jours auparavant, elle aurait été tellement chagrinée qu'elle aurait été se réfugier dans la solitude pour se remettre. Mais là, malgré la fatigue qui la tenaillait, elle faisait face. Ses yeux plongés dans ceux du Politicien, elle attendait des explications.


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Nimrod Ben Elros
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Appel à l'aide à Pelargir EmptyJeu 10 Jan 2013 - 19:20
La traversee fut calme, le groupe semblait perdu entre la pure trouille et l'epuisement complet. Nimrod n'avait jamais eu aussi froid en traversant l'Harnen. Ce gue etait l'un des nombreux qui parsemait le fleuve quand il n'etait encore que riviere et le dernier, le grand gue, le point vital, etait a Arwa, le lieu de leur repos planifie. Nimrod ne crut pas ses propres yeux quand il vit la coupe du fleuve qui partait vers le grand meandre... La a quelques lieues, Arwa. Et il etait vivant. Alors qu'il avait somnole en tete jusqu'a ce que la halte soit demandee, il ne savait meme plus par qui. Aki lui dit que ce fut Garnail lui meme qui avait donne l'instruction. Nimrod avisa sa selle, une vieille couverture a peu pres seche et se laissa partir.

Dans son sommeil leger il entendit Aki raconter comment il avait failli mourir, pour remonter le moral de la bande sans doute. Puis on entendit des bruits de toilettes venant des fourres, ce qui detendit tout le monde et le reveilla definitivement. A sa gauche, vers le Nord, tout etait blanc. A sa droite, vers le sud, la tempete semblait se calmer aux environs du meandre, mais jamais de sa, courte certes, vie il n'avait vu cela. Harondor enneige. Il pensa que des expressions comme "le jour ou il gelera a Raush" perdait tout un coup tout leur sens, ou plutot combien de promesses et de serments devraient dorenavant trouver une fin.

Puis il considera ses folies du matin. Garnail etait maintenant clairement son rival amoureux, et peut etre politique. Leur survie a tous dependaient neanmoins de leur cohesion et des evenements en cours. Il avait pris un risque, mais il avait su s'attacher la Rohirrim et donc ses freres d'armes. Il ny avait rien de desagreable a cela et politiquement c'etait tres bon. Ses anciens hommes servaient deja a Dur'Zork, comme prisonniers, pendant la grande invasion, il ne ferait aucun cas de combattre au cote des Khandiens. Il restait le probleme Garnail. Comment eviter que ce petit homme ambitieux ne fasse voler sa couverture, de plus en plus trouee, en eclat. Peut etre en la jetant lui meme serait il plus en securite...

Il n'y avait d'ordinaire pas beaucoup de crebains ni de pigeons dans ces regions. Or, ils en voyaient plusieurs vole en ce moment au dessus de la vallee.

Les seigneurs se preparaient au combat.

Nimrod ne donnait pas cher de Jorkil, sauf si l'empereur de Khand realisait son vieux reve, couper Harad de Gondor en envahissant Harondor puis Nurn. La passe de Dur'zork et la passe d'Ungol sous ses ordres, Mordor, Harondor, et pourquoi pas Ithilien conquis, qui ne serait pas tente? Mais Nimrod avait combattu Bekkaqil. L'homme avait battu en retraite chaque fois que le gain couterait plus cher qu'un peu d'or. Khand etait un pays grand, mais vide, et unir une armee de 100000 hommes etait pour un Khandien un exploit qu'on ne reverrait pas de sitôt. Les 10000 qui avait servi sous ses ordres etaient un genre de cadeau d'alliance de l'empereur, et avaient servis en des temps ou le Harad etait plus peuple d'hommes que de veuves elevant le fruit de leur viol comme heritier. Il allait prendre son epee pour se chauffer quand il entendit une voix familiere de l'autre cote du bivouac.


Je...je...Tu joues avec les sentiments des gens, et tu te plais à venir briser ce que tu ne peux pas avoir. Tu agis comme un enfant pourri, Garnaïl d'Umbar. Comme un enfant !

Il hesita un quart de seconde. Rengaina l'arme, encore debloquee cependant, ramassa la vieille couverture et fit un signe de tete a Aki, Abd'ul, Sahib et Taleb qui signifiait clairement que protection et ecoute etait attendue et s'avanca vers les deux autres.

Garnail D'Umbar, Ani Haradyyi? (Tu es Haradrim?) Ani Khandiyyi? (Tu es Khandeen?) Ani Rajulyyi?(Tu es un homme?) Je te suis depuis une semaine, en esperant que sous ton auguste conduite nous atteindrions cette terre vivant. Nous y sommes, tous, moins un demi nez. Par Ilu, qu'il est bon d'etre chez soi! Bienvenue dans le domaine de nos ancetres! HARADWAITH!
Que tu diriges ce groupe comme un empote, oui parce que malgre tous les commandement communs que tu puisses revendiquer, tu pouvais donner les ordres jusqu'a maintenant et nous aurions obei jusqu'a un certain point, passe encore.
Que tu fuis avec le groupe plutot que de faire face comme un homme, soit.
Que tu fasse du mal a Elwyn, Physiquement ou moralement... OUK!!!(NON!!!)
Je combats sous tes ordres pour nous ramener vivant, je te prodigues conseils et experiences, te donnent des renforts et pourraient te donner bien plus.

Mais Garnail veut ce qui est deja pris.

Il veut Harondor quand Gondor, et Khand, et Umbar! la convoite. Il veut l'Harnen quand il ignore jusqu'a son climat! et il voudrait al raush si elle etait encore debout! Mais plus que tout, il veut la femme qui est notre point d'union et notre chef de guerre. J'ai erre trois ans, pensant ne jamais revoir cette terre, je pensais rentrer seul et sans freres d'armes. Je pensais rentrer seul et sans soutien, seul et sans une personne a mon cote. Tu ne me prendras pas ca. Que cela te plaise ou non. Le Sultan de Harad ne donne pas, il offre. Le Sultan de Harad ne vole pas, il conquiert. Le Sultan de Harad ne pardonne pas, il amnistie. Est tu pret a avoir l'attitude d'un Sultan? d'un Roi? meme d'un Emir d'oasis perdue (=insulte) ?
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Amadeo du Rohan
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Appel à l'aide à Pelargir EmptyJeu 10 Jan 2013 - 22:11
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PNJ : Garnaïl d'Umbar


Peut-être pour la première fois de sa vie, Garnaïl n'avait pas choisit ses mots assez soigneusement. Pire encore, ses paroles avaient eu l'inverse de ce qu'il aurait souhaité. Il voulait qu'Elwyn se sente un peu réconforté, même si au fond de lui il savait que ce n'était pas très important, mais au lieu et en place de cela il avait transformé la jeune femme en véritable Furie.

- Je...je...Tu joues avec les sentiments des gens, et tu te plais à venir briser ce que tu ne peux pas avoir. Tu agis comme un enfant pourri, Garnaïl d'Umbar. Comme un enfant !

Le regard complètement perdu, cherchant sans succès un point à fixer pour remettre les idées au clair, Garnaïl ne savait que faire. Fort heureusement, les hommes ne semblaient pas entendre. C'est du moins ce qu'il pensait, jusqu'à ce que Jamil fit son apparition.

** Garnail D'Umbar, Ani Haradyyi? Ani Khandiyyi? Ani Rajulyyi? **

Les poings du natif d'Umbar se serrèrent. Il n'avait qu'un seule envie, étaler cet imbécile par terre comme un vulgaire mendiant. La suite du discours ne vallait sans doute même pas la peine d'être entendu, mais malgré lui Garnaïl écouta la suite.

- HARADWAITH! Que tu diriges ce groupe comme un empote (...) tu fuis avec le groupe plutot que de faire face comme un homme, soit.

Fuir ? Le souverain déchu eu un petit rire intérieur. Sur les rives de l'Harnen, qui avait ordonné qu'il devait partir en avant, sous prétexte qu'il était la pièce maîtresse ? Nimrod se contredisait lui-même. Mais c'était sans doute fait exprès. Le but n'était pas d'argumenter sa position, mais de bousculer le Politicien. Peut-être pour impressionner Elwyn, faire le pan en quelque sorte, mais surtout il savait que à la moindre réaction il avait des hommes prêt à l'aider. Piètre courage.

- Le Sultan de Harad ne pardonne pas, il amnistie. Est tu pret a avoir l'attitude d'un Sultan? d'un Roi? meme d'un Emir d'oasis perdue ?


Ainsi donc, l'homme à peine entrer en Harondor se voyait déjà sur le trône ? Garnaïl étouffa un second rire. Si il était là, c'était grâce à lui. Autrement, il serrait sans doute en plein désert à errer comme un chien, dans sa petite caravane.
Le fils d'Hiji aurait pu faire abstraction de cette discution, et aller se coucher comme si de rien n'était. Si seulement on ne l'avait pas insulté et salis comme personne ne l'avait encore fait.
Lorsque le silence retomba, Elwyn était toujours en larme, le fusillant du regard.
Garnaïl répondit tout doucement, mais d'une voix sûre.

- Arwa n'est plus très loin. Faisons bonne convenance encore quelques heures, une fois en ville nos chemins se sépareront.



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Appel à l'aide à Pelargir EmptyVen 11 Jan 2013 - 2:59
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Elwyn n'avait pas entendu Jamil approcher derrière elle. Elle avait cru avoir parlé suffisamment bas pour que personne ne comprît en détail la teneur de ses propos, et même dans ce cas, elle n'imaginait pas quelqu'un venir s'immiscer dans leur conversation. Mais c'était sans compter sur l'aplomb extraordinaire de Nimrod. Elle n'avait pas compris un traître mot de ce qu'il avait déclaré en suderon, mais à en juger par le visage et la réaction de Garnaïl, ainsi que par la hargne que déployaient les mots en commun, il y avait là lieu d'imaginer le pire. Peut-être utilisait-il la langue du Sud parce qu'il ne souhaitait pas choquer l'Etrangère, ou peut-être parce qu'il ne se contrôlait pas vraiment. Quoi qu'il en fût, cela ne pouvait que laisser présager le pire. Mais au fond d'elle-même, la femme blonde savait que c'était un mal nécessaire. Un orage purificateur qui mettrait à plat tous leurs différents une bonne fois pour toutes, et qui aurait au moins le mérite de leur permettre de repartir sur des bases saines.

Elle aurait souhaité une explication franche et directe, une discussion à cœur ouvert, au cours de laquelle il aurait enfin pu s'ouvrir à quelqu'un. L'intervention de Nimrod avait quelque peu précipité les choses, et avait, semblait-il, mis le feu aux poudres, dans des proportions qui paraissaient difficiles à imaginer pour l'instant. Elwyn avait cru que les deux allaient en venir aux mains, et dans un sens, elle l'espérait. Ils ne s'appréciaient pas depuis le début, se méfiaient l'un de l'autre comme des chiens de combat se tournant autour sans jamais montrer un signe de faiblesse. Maintenant qu'ils étaient face à face, et que l'un avait porté le premier coup, elle avait cru qu'ils allaient s'entredéchirer pour au final mieux se pardonner. Cela aurait fait du bien à tout le monde.

Mais ce ne fut pas ce qui se passa. Au grand désespoir de l'Etrangère, Garnaïl demeura assis, comme sous le choc de tout ce qu'il venait d'entendre. Elle avait l'impression qu'il se repliait encore davantage sur lui-même, qu'il limitait ses mots au strict minimum, alors que l'objectif de tout cela était bien de le faire sortir de cette gangue qui l'emprisonnait et qui piégeait ses émotions. Et il était à ce point incapable de s'ouvrir à qui que ce fût qu'il annonça même que leurs chemins se sépareraient une fois parvenus à Arwa. Qu'espérait-il, au fond ? Réussir à gagner Pelargir en un seul morceau, avec l'appui hypothétique de membres de sa famille qui pouvaient tout aussi bien l'abattre à vue ? C'était fou, et c'était insensé. Pour un homme qui se targuait de faire preuve de bon sens, c'était illogique.

- Toi et ta fierté ! Lança Elwyn d'un ton acide.

Elle le regarda avec un mélange de déception et de frustration. Ne se rendait-il vraiment compte de rien ? Ne se rendait-il pas compte que s'il décidait de s'ouvrir, même s'il ne s'agissait que de laisser parler sa rage pour attaquer Nimrod, personne ici n'interviendrait pour le contrarier ? Les hommes du Clan Aqil ne répondaient qu'à Elwyn, et s'ils désiraient éviter que le sang coulât inutilement, quelques hématomes n'étaient pas assez pour les pousser à intervenir. Et ils se débrouilleraient pour empêcher les hommes de Nimrod de le faire à leur place. Ils respectaient le combat, car c'étaient de vrais guerriers, et ils honoraient la valeur.

Elwyn avait les larmes aux yeux, outrée et affligée par le comportement buté de Garnaïl. Il semblait se complaire dans la solitude, et il ne semblait pas capable d'exprimer autre chose que cette indifférence aristocratique, ce détachement vis-à-vis des choses matérielles, et cette résignation fataliste qui le rendait incroyablement motivé lorsqu'il le voulait, mais qui lorsqu'il le fallait le laissait sans la moindre énergie. Nimrod l'avait provoqué, et était en train de l'humilier publiquement, remettant ainsi en cause sa légitimité, mais cela ne semblait pas suffisant pour le pousser à répondre, à s'imposer. L'Etrangère serra les poings à s'en faire blanchir les jointures. Elle ne pouvait pas supporter cela, alors que leurs vies à tous dépendaient de sa propre résolution :

- Tu serais prêt à abandonner maintenant, Garnaïl ? Lâcha-t-elle brutalement. Tu serais prêt à tout abandonner à Arwa, après avoir échappé aux griffes de l'Harnen, aux orcs et aux patrouilles du Gondor ? Et ne me parle pas de continuer, car je sens que tu n'en as pas la force.

Elle avait le souffle court, emportée par son discours qu'elle voulait suffisamment puissant pour ébranler cet homme au cœur fermé jusque dans les tréfonds de son âme. Elle reprit, de plus en plus déterminée :

- Tu es incapable de nous mener jusqu'à destination, alors que nous sommes à peine une dizaine ! Quand bien même aurais-tu une armée derrière toi que tu hésiterais, Garnaïl, car le vrai problème vient de ce qui bloque derrière ce masque insipide que tu nous sors !

Elle inspira profondément, et reprit d'une voix moins dure, plus compatissante :

- Pensais-tu que reprendre un royaume serait si facile ? Pensais-tu réellement que tu allais y arriver sans avoir à faire face ? Comment peux-tu abandonner après si peu, après seulement quelques jours de voyage, alors que tous sont prêts à continuer ? C'est toi qui est le moteur de notre quête, Garnaïl, et si tu n'es pas toi-même déterminé, nous ne pouvons pas agir à ta place.

Elle sentait qu'il était réceptif à ses paroles, même si elle avait assené ses coups sans trop mesurer s'ils étaient les bons ou non. Cela dit, elle vit une ouverture et choisit de jouer une carte qu'elle n'aurait jamais voulu jouer si elle n'en avait pas été contrainte. Une carte qui semblait cruelle et qui faisait appel aux sentiments, qui était particulièrement mesquine, mais aussi qui témoignait de sa volonté de voir le natif d'Umbar remonter la pente. D'une voix plus douce que jamais lors de cette conversation, elle souffla :

- Oh...Garnaïl...Mais que penserait ton père de tout cela...?

Elle se mordit la lèvre, attendant sa réaction avec une impatience mêlée de crainte. Elle priait pour ne pas être allée trop loin, mais s'il daignait la regarder dans les yeux, il verrait alors qu'elle n'avait à son égard aucune animosité, seulement la frustration de le voir si mal et incapable de se relever seul, contrairement à ce qu'il pouvait croire lui-même. Ce qu'elle venait de faire était brutal, mais à l'instar d'un médecin qui coupe la jambe d'un blessé pour lui sauver la vie, elle était prête à le faire souffrir si c'était pour sauver au moins une partie de son âme.

Pitié, implora-t-elle. Faites qu'il comprenne !


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Nimrod Ben Elros
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Appel à l'aide à Pelargir EmptyDim 13 Jan 2013 - 21:22
- Arwa n'est plus très loin. Faisons bonne convenance encore quelques heures, une fois en ville nos chemins se sépareront.

Nimrod se retourna vers ses hommes, degoute de si peu de repondant. Nimrod avait voulu en venir au main, meme sans degats irreparables, mais qu'au moins le tete a tete de coq se termine dans le sable, comme deux hommes doivent le faire dans ce genre de situation. Il s'attendait moins a la colere d'Elwyn. Elle commenca par rappeler a Garnail son role, puis surtout, ce a quoi il s'etait engage.


Pensais-tu que reprendre un royaume serait si facile ? Pensais-tu réellement que tu allais y arriver sans avoir à faire face ? Comment peux-tu abandonner après si peu, après seulement quelques jours de voyage, alors que tous sont prêts à continuer ? C'est toi qui est le moteur de notre quête, Garnaïl, et si tu n'es pas toi-même déterminé, nous ne pouvons pas agir à ta place.


Le coup de massue qu'elle assena ensuite a Garnail le fit lui meme reflechir. "Que dirait mon pere de tout ca?" Nimrod regarda la vallee qui lui faisait maintenant face, et il enchaina froidement et calmement.

Garnail, Si tu es un haradrim, tes hommes devraient pouvoir fumer avec toi et pourtant te respecter. Si tu es un homme de Khand, il devrait t'aimer et te craindre a la fois, car tu es le pere de leur clan. Si tu es un homme, tu ne devrais pas chercher a diminuer la valeur d'un autre, mais a prouver la tienne.

Dans leur etat de colere a tout les deux, comprendrait-il? Nimrod hesita encore un peu puis devant les trois secondes de silence qui suivirent il enchaina, passant d'ennemi a conseiller colereux.

Mon nom est Nimrod Yahardim Ben Elros, comme vous le savez tous deux, comme tous ce groupe sans doute. Nous avons quitte Khand, ici, je peux etre ce que je suis et en accepter les consequences. Si je meurs je mourrais sur ma terre. Je pensais d'abord t'utiliser comme paravent Garnail. Je pensais ne pas te mener a Pelargir. Mais je me souviens d'un pere qui m'a un jour dit que si ton honneur vaut moins que la merde du chameau, alors ton royaume vaudra encore moins. Ce n'est pas comme ca que je reconquererais Harad, dans son entierete, ni que nous te ferons un royaume sur sa frontiere Est, n'est-ce pas?

Il refit face a Garnail et Elwyn, l'un toujours aussi contenu mais proche de l'explosion, l'autre medusee.

Ani Ibna Hiji? Es-tu sur? Ton pere ou toi avez vous fait la grande guerre des Melkorites, la croisade du nord? Khand soumise a une theocratie du lointain Est, tu dois t'en souvenir? Toi, un Khandien d'adoption. Tu pourrais etre un grand chef, un meneur excellent, ta double culture fait de toi un emissaire ou...un chef hors pair, mais le fils d'Hiji panique devant chaque danger. Pourquoi?

Si dans ta quete tu as peur de mourir, oublie tout de suite. Je ne te dis pas de ne pas craindre la mort. Mais si tu crains que la mort t’arrête en route alors tu n'iras nulle part.


Il defit son ceinturon et laissa son epee tombe au sol. Puis il defit sa cape et la jeta vers Aki. Il jeta ensuite son plastron au sol, ne gardant que sa tunique et son pantalon de voyage.

Que vois-tu? Un homme? Un simple faquin? Une opportunite? Pourquoi crois tu que tous ceux qui m'ont suivi m'ont suivi? Car j'etais beau? Certains sans doute. Car j'etais l'un des meilleurs bretteurs durant la grande guerre? Certains autres aussi. Garnail!!! Tu as perdu une fois au jeu de la seduction et tu ronchonnes comme un petit homme du peuple! Pourquoi m'ont ils suivi ? Pourquoi? Parce que j'ai su reconnaitre mes defaites et proclames mes victoires quand ie le fallait!!! Parce que quand ils avaient faim ou froid ou peur, j'ai ete leur compagnon ET leur leader. Parce que quand ils ont du fuir j'ai tenu leurs arrieres aussi longtemps que possible. Hiji IV, S' il a vecu, fit tomber ma capitale, les Khandiens du nord-est marchaient avec mon frere, Denethor, honni soit son nom! Un homme qui a sacque et mit fin au reve du mien aurait il voulu voir son fils si faible? Dis-moi? Dis-moi!!!

Aurais t'il voulu d'un fils qui rends les armes apres deux ou trois malheureux contretemps et une deception sentimentale? DIS-NOUS!!! GARNAIL OTH UMBAR!!! DIS-NOUS POURQUOI NOUS DEVRIONS TE SUIVRE?




Dernière édition par Nimrod Ben Elros le Dim 13 Jan 2013 - 22:51, édité 1 fois
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Garnaïl tentait de garder la tête froide. Il devait se sortir de cette boue gluante dans laquelle il s'était empétré, sans toutefois perdre la face. Mais à chaque fois qu'il essayait de se débattre, il s'enfonçais un peu plus. Que faire à présent ? S'excuser ? Comme un petit enfant qui aurait fait une bêtise ? Et contredire ce qu'il venait à peine d'annoncer il y a quelques minutes, tel un homme qui n'avait ni caractère ni volonté ? Cependant, l'entêtement semblait être la pire solution. Au fond de lui, il savait que ces deux-là avaient raison sur toute la ligne. Il devait ravaler sa fierté, et se comporter comme un vrai chef. Pour le moment, il n'avait réussit qu'à les convaincre de les suivres, mais il n'avait pas encore prouver sa valeur.

- Oh...Garnaïl...Mais que penserait ton père de tout cela...?

- DIS-NOUS!!! GARNAIL OTH UMBAR!!! DIS-NOUS POURQUOI NOUS DEVRIONS TE SUIVRE?

Les pensées se bousculaient. Nimrod avait donc laisser tomber le masquer et révéler ouvertement son identité. Ce n'était pas plus mal. Dans ce cas, autant jouer carte sur table. Les cris de l'Haradrim avait cette fois alerté les hommes, et tous se regroupaient à présent pour assister à la scène. Il n'y avait néanmoins aucune hostilité dans l'air, personne n'avait posé la main sur le fourreau, et ca ne suffit pas même à arrêter la faim de Sahid qui croquait dans sa pomme en admirant le spectacle.

Le spectacle, oui. C'en était un. Garnaïl était au pied du mur désormais, tous les regards étaient braqués sur lui. Il ne pouvait pas confirmer sa décision de la séparation à Arwa, car à lui tout seul il n'avait que peu de chance de réussir son projet. Et ce Nimrod, si il arrivait à redevenir assez puissant, était même peut-être une occasion rêvée pour lui. Le train ne passait qu'une fois, il ne fallait pas le rater. Et ce train c'était lui, Nimrod Ben Eiros. Il fallait trouver un moyen de ravaler ses paroles, sans perdre toute légitimité auprès du groupe.

Il n'y avait pas deux mille solutions. Comme l'homme en face de lui, le fils d'Hiji détacha son plastron, son ceinturon et sa cape, qu'il jeta un peu plus loin. Il fixa Nimrod, sur un air de défi, mais sans agressivité. Ou disons plutôt, une agressivité saine. Mais d'abord, il s'adressa à Elwyn ;

- Elwyn .. Je donne raison à tes paroles. Je me suis comporté comme un idiot. Je ne te demande pas de m'excuser, mais je voudrais juste te dire ceci ; je n'ai aucunement chercher à t'espionner. Si j'ai vu ce que j'ai vu, c'était parce que je venais malencontreusement prendre de tes nouvelles et que je suis arrivé au mauvais moment. J'espère que tu comprendras.

Il se tourna enfin vers l'ex-Jamil.

- Nimrod Ben Elros, battons-nous à la force des bras. Mettons à plat nos rancoeur dans ce duel. Le gagnant pourra choisir notre prochaine destination, selon celle qui sert au mieux ses intérêts. Puisque nous savons à présent que nos buts divergent, celui qui remporte cette lutte aura ce droit de choisir l'itinéraire. Ou que ce soit, nous suivrons le gagnant. Si tu dois te rendre à Umbar ou à Dur'Zork, je te suivrais, nous te suivrons. Si je l'emporte, nous irons sans plus de détour à Pelargir. Acceptes-tu ?

Il fallait peut-être que le sang coule, pas de trop évidement, afin de calmer les esprits.
Garnaïl le savait. D'une manière ou d'une autre, tous ici étaient à bout de nerfs.

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Ryad Assad
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Appel à l'aide à Pelargir EmptyMar 15 Jan 2013 - 2:24
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Elwyn avait craint d'avoir trop brusqué Garnaïl. Elle savait que c'était un homme solide et fier, qu'il n'était pas facile d'atteindre avec des mots. Autour de son cœur, il s'était construit une coquille qu'il voulait impénétrable, et quelle que fut la situation, il essayait toujours de se préserver du monde extérieur. Son engagement était toujours empli d'une certaine réserve, qui prenait parfois le pas sur l'efficacité. Elle avait craint d'être allée trop loin pour le réveiller. Elle avait supposé qu'un choc lui permettrait de se rendre compte de la réalité telle que tous dans le groupe la percevaient. Mais Nimrod était allé encore plus loin. Le haradrim avait décidé de tomber les masques, sans faire dans le détail. Aux yeux de tous, même s'il avait parlé en commun, il s'était présenté comme Nimrod Ben Elros, ancien sultan et descendant d'une prestigieuse lignée. Parmi les hommes du Clan Aqil, certains avaient déjà entendu ce nom, ce qui laissait augurer de la réputation du personnage. Mais Nimrod ne s'était pas contenté de cela. Il avait simplement proposé un duel aux poings à Garnaïl, afin d'une part de régler leur contentieux, leur différend, mais aussi de donner l'occasion au natif d'Umbar de prouver sa valeur en tant que meneur d'hommes inspirant.

Garnaïl avait accepté, pour le plus grand soulagement de l'Etrangère, qui n'avait pas réussi à cacher ce sentiment. Un petit soupir avait franchi ses lèvres, et elle avait regardé cet homme désespérément seul qui lui avait confié, peut-être avec une pointe de regret, qu'il n'avait jamais voulu l'espionner. Elle savait, au fond d'elle-même, qu'il ne lui souhaitait pas de mal, et qu'il était sincère dans ses paroles. Mais elle était contente qu'il ait lui aussi accepté son point de vue. D'une voix pleine de douceur et de bienveillance...la voix d'une mère aimante...elle lui répondit :

- Je te comprends, Garnaïl d'Umbar, je te comprends. Fais-moi confiance. Tu t'es comporté comme un bel idiot, comme toujours quand tu te refermes sur toi-même...mais je sais que tu es un homme d'honneur et de valeur. Nous sommes prêts à te suivre jusqu'au bout...même si nous devons y laisser notre vie...si tu nous donnes une raison de croire en toi, et que tu entretiens cela. Donne-nous cette raison, Garnaïl. Donne-la-nous.

Elwyn avait dit cela avec une grande conviction, car elle était certaine que, quelle que soit l'issue de leur combat, il allait leur montrer à tous qu'il était un guerrier qui méritait d'être suivi. C'était ce qu'Akbar avait vu en lui dès les premiers instants, ce qu'elle avait découvert peu à peu par la suite, et ce que ses compagnons de route devaient désormais constater de leurs propres yeux. En pensant à l'éventualité qu'il pusse perdre, elle fronça les sourcils. Elle avait engagé ses hommes dans une vaste mission qui avait pour objectif Pelargir. Partir à Umbar ou à Dur'Zork, elle ne pouvait pas l'imposer à ses hommes. Arrivés à Arwa, s'ils devaient changer de trajet, il faudrait trouver un moyen de les indemniser, puis elle les laisserait rentrer avec leur paie. Par contre, qu'importe comment ce duel décisif allait évoluer, elle continuerait avec eux jusqu'à ce qu'elle estimât qu'elle en avait fait assez. Elle inspira profondément, résolue, mais n'en dit pour l'heure mot aux autres chefs, qui étaient concentrés sur leur combat à venir. Elle ramassa leurs armes, et les écarta de l'endroit où ils allaient jouter pour l'honneur et pour prouver leur courage. Les hommes se répartirent naturellement en cercle, formant une arène toute tracée pour permettre à l'affrontement de se dérouler dans les meilleures conditions.

Elwyn, sans s'en rendre compte, assumait en quelques sortes le rôle d'arbitre. Elle s'approcha de Nimrod, et s'assura rapidement qu'il ne cachait aucune arme sur lui. C'était une coutume du désert, lorsque les gens combattaient à mains nues. On vérifiait que personne ne préparait de coup en traître. Ne trouvant aucune arme susceptible de nuire, elle plongea son regard attendri dans celui de l'ancien sultan. Sa main vint s'égarer sur sa joue, mais elle n'osa pas en faire davantage devant tout leur groupe. Elle se détourna, les joues rosies, et s'approcha de Garnaïl, dont le visage trahissait la concentration extrême. Il savait que son avenir se jouait en cet instant. L'Etrangère appliqua les mêmes précautions avec lui qu'avec le haradrim, s'assurant qu'il était désarmé. Une fois le combat terminé, elle posa une main sur son épaule, de manière assez familière sans être déplacée. C'était un geste de soldat, qu'elle voulait encourageant et rassurant. Quoi qu'il puisse se passer, elle serait avec lui. C'était le message qu'elle voulait qu'il comprît.

Une fois qu'elle eût terminé de préparer symboliquement et rituellement leur duel, elle s'inscrivit dans le cercle qui entourait les duellistes. Tous les hommes la regardaient désormais, attendant la suite. D'un geste ample et plein de noblesse, Elwyn dégaina son épée, et la planta dans la terre à ses pieds. Tous l'imitèrent. Ils signifiaient par là qu'ils se refusaient à passer à l'action, même si c'était là une personne qu'ils estimaient énormément qui combattait. Les haradrim avaient imité les Khandéens, mais pour être certaine que tous avaient compris, elle jugea utile de leur préciser les règles de ce combat :

- Pas d'armes, rien que votre cœur et vos poings ! Pas d'aide, rien que votre courage et votre volonté ! Pas de mort, au premier abandon ou au premier incapable de se relever !

La jeune femme marqua une pause, cherchant l'assentiment de tous pour être certaine que nul ne briserait le cercle. Lors d'un duel entre deux hommes, si un tiers venait à briser le cercle pour intervenir, cela pouvait rapidement tourner en un véritable carnage. Le jeu des clans et des alliances faisait que chacun allait empoigner son épée et tuer son ennemi sans réfléchir. Le respect de cette tradition était peut-être ce qui garantissait la survie des tribus, sans quoi elles se seraient décimées entre elles depuis des années. Une fois qu'Elwyn eut obtenu une confirmation par un hochement de tête de la part des spectateurs et des combattants, elle déclara d'une voix solennelle :

- Que le meilleur l'emporte !

Elle fronça les sourcils en sentant la tension parcourir les deux hommes, gorger leurs muscles d'une énergie sauvage et indomptable qu'ils allaient bientôt libérer l'un contre l'autre dans un déferlement bouillonnant. Elle savait qu'il y aurait de la casse, des blessures et du sang. Elle l'appréhendait, dans un sens, car elle détestait avoir recours à cette méthode, mais elle était certaine que c'était un mauvais moment à passer, et que s'ils survivaient tous à cette épreuve pour gagner Arwa, leur cohésion n'en serait que renforcée. Tout autour d'Elwyn, absorbée par ses pensées, les hommes se mirent à brailler. Nul n'applaudissait son favori, chacun saluait la valeur des deux combattants, et rendait hommage par des vivats à un assaut audacieux ou à une esquive habile. C'était un beau duel, pour l'avenir des terres du Sud.


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Appel à l'aide à Pelargir EmptyMar 15 Jan 2013 - 19:17
(hrp//A, Garnail, j' ai ete oblige de te "forcer les mouvements", un minimum, desole.
Et puis ce sera court, comme ca je fais pas tout le combat tout seul. //hrp)

Que le meilleur l'emporte !

Nimrod apprecia que ce cri la ait mis fin au gloussements amuses de Aki dans son dos. Tout le monde n'avait pas le meme respect des coutumes et des rangs par ici. Il chargea Garnail en souriant. Il etait simplement Nimrod le combattant en cet instant, rien que du muscle et du reflexe en action. Garnail commenca par le regarder arriver, puis esquiva son premier coup de poing, mal dirige, et releva son gauche. Nimrod l'enveloppa de sa main droite, voulut le crocheter, mais Garnail lui envoya un droit dans l'epaule qui le fit reculer et lacher sa prise. Il n'etait peut etre pas le plus grand mais il savait cogner. Nimrod riposta d'un beau gauche vers la machoire qui atterrit dans l'avant-bras que Garnail levait pour parer. Nimrod repartit du gauche au niveau de la poitrine et cette fois toucha sa cible. Garnail recula sous le coup mais riposta aussi sec, Nimrod dut rouler de cote pour eviter le coup tournant qui arrivait de l'autre bras de l'Umbarite. Il n'eprouvait deja plus aucun regret pour sa decision, aucun d'eux deux ne paraitrait ridicule apres ce combat. Il revint au contact, cette fois tete en biais et poings en avant, Garnail voulut parer et Nimrod eut l'ouverture qu'il voulait, empoigna le gaillard et l'envoya dans le sable. Il s'appretait a le bloquer au sol quand un coup de coude bien ajuste lui coupa le souffle et le fit rouler de cote.

Ou tu l'avais cache ce Garnail la? Sous tes airs affaires? Sous tes envies de meurtres, ALLEZ Viens!!! Mahib Ani Rajul Hafayifa! (Puisque tu es un homme,un vrai).

Ils retournerent au corps a corps. Nimrod se concentrait sur son adversaire, aussi ne vit-il pas les trois sentinelles qui revenaient en trainant un homme assomme. Il continyait de charger, esquiver, feinter, sautiller et frapper. Un moment il realisa qu'il avait un gout sale, puis deux sur les levres. Son sang et celui de son adversaire. Garnail d'Umbar n'etait plus un etre en particulier, juste un adversaire a mettre a genoux. Un adversaire honorable, certes, mais pas un frere d'armes, en tout cas pas encore. Il sentit un uppercut lui dechausser la machoire un quart de seconde, rendit a peu pres le meme, puis repartit a l'assaut.

Il se demanda depuis combien de temps ils se battaient quand il realisa qu'il etait couvert de sable et que sa tunique allait pouvoir servir de loques a chevaux. S'ils continuaient ils allaient se retrouver nus devant la compagnie entiere. Pas que ca l'aurait choquer lui, il en avait fit de spires devant une armee entiere a Al Raush dans une autre vie. Nimrod realisa qu'il pensait trop et frappait trop peu quand il sentit sa tempe gauche dechiree de douleur. Il n'aurait jamais du rater celui-la, il repartit comme une furie, laissant la rage de ses cinq ans d'humiliation et de deshonneur le mener.
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Appel à l'aide à Pelargir EmptyMar 15 Jan 2013 - 20:10
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PNJ : Garnaïl d'Umbar

Garnaïl reprit sa respiration, profitant du court instant de repis. Les deux hommes se battaient depuis bientôt une dizaine de minutes, et l'intensité du combat était digne de celle que l'on pouvait observer sur les vrais champs de bataille. Si on disait à un spectateur fraîchement arrivé que ces deux hommes se cotoyaient plutôt amicalement depuis des jours, il ne l'aurait pas cru une seule seconde. Les deux gaillards avaient tout l'air de deux molosses affamés, rendant coup pour coup, le regard remplis d'agressivité et de concentration.

- Mahib Ani Rajul Hafayifa!


Garnaïl ne répondit rien. Son adversaire par contre pouvait continuer à gaspiller son oxygène. Après quelques secondes restés à distance, les deux chefs se jetèrent à nouveau l'un sur l'autre, redoublant de vitesse et de puissance. Leurs muscles saillants s'entrelaçaient tel des serpents du Harad, reluisants de transpirations, leurs tuniques sales et déchirées.

Le rythme du combat commençait à diminuer quelque peu. Nimrod semblait tout à coup ailleurs, pensif. Son regard n'était plus fixe, il passait de gauche à droite sans arrêt. Garnaïl profita de cet instant d'inattention pour envoyer un crochet droit particulièrement violent vers la tempe de son adversaire. Comme il l'ésperait, Nimrod ne vit même pas le coup arriver. Le choc fût brutal, le cercle de guerriers s'agita. Mais il en fallait plus pour faire tomber un Ben Eiros. Le Haradrim, bien que sonné, sembla à nouveau porter toute ton attention sur le fils d'Umbar, et le chargea une fois de plus.

Le duel entre les deux mâles semblait s'éterniser, et aucun ne semblait réellement prendre l'ascendant sur l'autre. Dès que l'on pensait que Garnaïl prennait le dessus, c'est son adversaire qui arrivait à placer un bon coup. Et vice-versa. Mais au bout d'un moment, la fatigue se fit nettement ressentir, des deux côtés. Halettants, les deux hommes peinaient de plus en plus à reprendre leur souffle, et à avoir suffisement de lucidité pour frapper avec force et précision.

Après un nouveau marathon au corps à corps, Garnaïl et Nimrod s'éloignèrent pour reprendre leurs esprits. Cela devait faire une bonne vingtaine de minutes qu'il se battaient, et le natif d'Umbar souffrait d'un horrible mal de dos. Il s'appuya sur ses genoux pour mieux récupérer, fixant le sol rocailleux qui blessait les corps à chaque fois qu'ils tombaient dessus.

Choc.

Garnaïl se retrouva couché sur le dos, à la limite de l'inconscient. Il ammena lentement sa main à la bouche, et remarqua que celle-ci saignait abondament, ainsi que son nez. Sa vision était floue, il devinait à peine la silhouette de Nimrod se dresser devant lui.

Et lui tendre la main.

- Anta Ida Tafahilna, Benyyi a waith (tu as bien combattu, fils du Désert)

Garnaïl tendit son bras droit avec difficulté, pour empoigner la main tendue. Nimrod le tira et le fils d'Hiji, une fois debout, faillit à nouveau perdre l'équilibre. Elwyn s'était approchée d'eux, et annonça avec soulagement.

- Nous avons un vainqueur !!

Tous les hommes sans exeptions laissèrent s'échapper des cris de félicitation. Mais cela ne faisait aucun doute ; ils étaient adressés aux deux combattants.
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Ryad Assad
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Appel à l'aide à Pelargir EmptyJeu 17 Jan 2013 - 15:06
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Elwyn assistait au combat qui se déroulait avec un air particulièrement concentré sur le visage. Elle observait les deux lutteurs qui s'affrontaient sans merci, à grands renforts de cris et de grognements sourds. La violence de leur duel contrastait avec leur réserve et leur calme habituel, ce qui était d'autant plus excitant à voir pour les hommes présents. Tels deux chiens se lançant à corps perdu l'un contre l'autre, les deux chefs s'entredéchiraient avec une sauvagerie incroyable. Les coups pleuvaient, d'un côté comme de l'autre, et rien que le bruit des impacts dans la chair indiquait qu'ils y mettaient tout leur cœur. Cela n'avait rien de très étonnant, vu comment la pression entre les deux était montée, et vu à quel point ils étaient déterminés à imposer leurs vues sur la petite compagnie. Garnaïl avait ses objectifs propres : aller à Pelargir, y trouver sa famille et commencer la reconquête de son héritage. Nimrod avait les siens, aller plutôt à Dur'Zork réclamer son trône et chasser l'Emir en place. Les deux allaient dans des directions opposées, alors que leurs destins étaient parallèles, et ils étaient obligés de combattre pour savoir qui allait l'emporter. C'était en quelque sorte une métaphore de la vie, lutte permanente pour choisir le chemin à emprunter. Si Garnaïl venait à perdre, il devrait suivre la voie de Nimrod et se lancer dans une quête qui n'était pas la sienne pour un homme qui était probablement prêt à mourir plutôt que d'abandonner. S'il venait à l'emporter, alors il trainerait avec lui, vers le Nord, un Haradrim qui ne cesserait pas pour autant de regarder vers le Sud, vers sa patrie perdue. Quel que devait être le résultat, il serait un déchirement pour l'un des deux.

Elwyn les observait attentivement, comme un précepteur pose les yeux sur ses élèves. Elle avait toujours su faire preuve d'une grande adresse au combat au corps à corps, mettant à profit sa taille modeste et sa hargne. Devant la brutalité dont ils faisaient preuve, elle ne pouvait que froncer les sourcils, mais elle devait reconnaître que leur style était diablement efficace, même si les deux ayant un niveau proche, la lutte s'éternisait. Tout se serait terminé plus rapidement s'ils avaient chacun eu une épée. Le premier sang versé aurait été le dernier, et le vaincu n'aurait pas eu à suivre le vainqueur. Son corps aurait pourri dans les vastes plaines du Sud, abandonné aux charognards et aux éléments qui l'auraient fait disparaître sans laisser la moindre trace. Mais lorsque deux colombes s'affrontent, privées de bec et de serres acérés, le combat n'en est que plus long et plus douloureux... C'était un peu ce à quoi assistait Elwyn en cet instant, et elle aurait préféré que tout cela se terminât bien plus vite.

Mais les deux combattants avaient beaucoup à perdre dans ce duel apparemment anodin, et ils semblaient déterminés à tout faire pour remporter la victoire. Les coups qui les faisaient reculer d'un pas blessaient autant leur orgueil démesuré que leur corps affaibli par le voyage, et ils trouvaient en eux la force d'avancer de deux pas, pour compenser. La détermination dont ils faisaient preuve se lisait sur leurs visages épuisés mais fermés, dans leurs yeux focalisés sur leur adversaire et sur rien d'autre. Entendaient-ils seulement les cris d'encouragement lancés par leurs compagnons de route ? Avaient-ils conscience que la tempête s'abattait toujours plus violemment à l'extérieur, et que le vent hurlait en tentant de s'infiltrer dans l'abri qu'ils avaient monté ? Probablement que non. Ils se livraient une lutte acharnée et impitoyable, qui les avait conduit à un état de concentration les menant hors de leurs corps. C'était presque comme si leur âme avait jailli pour aller s'opposer directement à celle de l'autre, comme s'ils ne faisaient plus partie du monde des vivants, et qu'ils se battaient sur un plan intermédiaire, dans un univers qui n'appartenait qu'à eux seuls, et dont les coups, les bleus et le sang n'étaient que la manifestation physique, offerte aux spectateurs.

Alors que le combat semblait parti pour durer, Garnaïl parvint à décocher un superbe crochet qui alla cueillir la tempe de Nimrod. Les vivats cessèrent brutalement, en voyant l'héritier des Ben Elros vaciller sur ses pieds. Tout le monde crut qu'il allait tomber, assommé, et que le combat allait se terminer là. Mais tandis qu'il reculait quelque peu, son pied se posa sur le sol avec une détermination nouvelle. Les acclamations reprirent, et Nimrod repartit à l'attaque. Le combat reprit de plus belle, avec un avantage certain pour Garnaïl.

Mais le natif d'Umbar était loin d'être au mieux de sa forme. Leur combat d'une durée exceptionnelle avait puisé considérablement dans leurs réserves, et particulièrement dans celles, bien maigres, de Garnaïl. En cet instant, il devait sentir plus que jamais la fatigue liée à son errance dans le désert se déverser dans ses muscles, embrumer son esprit et ralentir ses mouvements. Après un nouvel assaut d'une férocité rare, il recula, et essaya de reprendre son souffle. Elwyn vit immédiatement qu'il était arrivé à ses limites, et qu'il allait craquer. Elle se retint violemment d'intervenir, sans quoi ce combat n'aurait pas eu de sens, et pourtant elle ne pouvait pas supporter de voir Nimrod achever son adversaire alors qu'il était évident qu'il était éreinté. Mais le combat n'avait pas épargné l'ancien sultan, qui devait avoir perdu sa lucidité. Son uppercut vint s'écraser droit sur le visage de Garnaïl, qui se retrouva projeté en arrière, et qui demeura étendu sur le dos. Tout le monde se tut immédiatement.

Les yeux dans le vague, le Politicien n'était pas encore totalement inconscient, mais il semblait incapable de continuer. Il porta une main à son visage, couvert de sang frais, puis essaya de cerner Nimrod qui se penchait vers lui pour l'aider à se relever. Ses paroles, Elwyn ne les comprit pas explicitement, mais elle devina que venait de se créer entre eux une sorte de respect mutuel fondé sur la reconnaissance des capacités de l'autre. Entre deux politiciens et fins tacticiens comme eux, c'était ce qui pouvait se rapprocher le plus de l'amitié. Elwyn rompit le cercle, et s'approcha des deux hommes qui tenaient à peine debout.

- Nous avons un vainqueur, lança-t-elle plus comme un constat que comme une harangue.

Alors, les hommes lancèrent des hourras et des félicitations qui apaisèrent au moins les âmes, sinon les corps, car ils étaient adressés aux deux lutteurs. Deux Khandéens vinrent s'emparer de Garnaïl, le prenant sous les épaules pour l'amener vers sa tente où il pourrait se reposer et se soigner quelque peu. Les hommes l'allongèrent sur sa couchette, lui donnèrent à boire et nettoyèrent son visage couvert d'ecchymoses et de sang pour constater que, outre les bleus qui commençaient à apparaître, il avait la lèvre fendue, la pommette ouverte, ainsi que le nez. Fort heureusement, ce dernier n'était pas cassé, et il n'y aurait pas besoin de le remettre en place. Au niveau de son corps, les coups avaient été d'une rare violence, et il souffrirait probablement le martyr une fois l'adrénaline descendue, et une fois la nuit passée. Mais c'étaient les lois du combat.

Taleb arracha la tunique en lambeaux du Politicien, et vérifia que dans l'histoire, il n'avait pas eu de côtes cassées ou quoi que ce fût qui put les ralentir sérieusement pour la suite. Il n'avait rien. Le Khandéen sourit en regardant Garnaïl revenir peu à peu à lui :

~~ Vous avez bien combattu, Garnaïl. Vous avez fait honneur aux vôtres. Et je suis persuadé que ces blessures de guerre vous donneront un charme fou quand nous arriverons à Arwa ~~

Le guerrier sourit plus largement encore, mais apaisa d'une main le blessé qui semblait s'agiter :

~~ Restez allongé, nous ne sommes pas pressés. Reposez-vous tant que vous le voudrez. Je vais rester dans les parages, donc si vous avez besoin de moi, n'hésitez pas à m'appeler. ~~

Et effectivement, Taleb resta auprès de Garnaïl. Il appliqua une huile à l'odeur particulièrement forte sur les bleus du Politicien, qui devait accélérer la récupération du corps. Pour les coupures, il forma un petit cataplasme qu'il mit en place avec un certain talent. Il demanda au natif d'Umbar de ne pas trop bouger, puis s'affaira à préparer de quoi veiller le guerrier blessé. Le Khandéen se retourna alors, une question lui brûlant les lèvres :

~~ Dites-moi, Garnaïl...Je me demandais...Cela restera entre vous et moi, mais...Que ressentez-vous exactement pour Elwyn ? ~~

On aurait pu croire que la question était simplement là pour faire la conversation, mais le regard de Taleb trahissait quelque chose de plus profond, une sorte d'inquiétude qui le taraudait. A travers cette simple question, il attendait de Garnaïl autant de sincérité qu'il était possible d'en avoir.


~ ~ ~ ~


Elwyn avait regardé Garnaïl partir avec une pointe d'inquiétude. Elle n'appréciait pas de savoir qu'il était blessé, et elle aurait aimé prendre de ses nouvelles pour s'assurer qu'il allait bien. Cependant, ses hommes étaient avec lui, et elle savait qu'ils prendraient soin de ses blessures. Le combat avait été violent, mais il s'était déroulé dans les règles de l'art et avec de l'honneur. Normalement, à part souffrir, aucun des deux combattants ne risquait rien.

L'Etrangère se dirigea vers Nimrod, qui tenait encore sur ses deux jambes, mais à grand peine. Le pauvre avait également tout donné, et il était épuisé bien que vainqueur. Elle l'aida à gagner sa tente, et demanda à Sahid de venir la chercher si quelque chose d'urgent survenait. Le colosse accepta, puis s'éloigna en direction des sentinelles. Elwyn haussa un sourcil : la relève, déjà ? Elle chassa ces pensées de son esprit et se concentra sur l'ancien sultan qui réclamait des soins, lui aussi. Le premier qu'elle se permit de lui offrir venait du cœur, et le réconforterait probablement davantage que les pansements et les remèdes qu'il allait devoir accepter. Lorsque leurs lèvres se séparèrent, à regret, elle lui adressa un sourire presque désolé :

- Tu es dans un sale état, maintenant. Regarde-toi.

Elle l'autorisa à rester assis, tandis qu'elle examinait son visage marqué par les coups, et sa lèvre ouverte qui ne saignait presque plus. Elle passa un doigt dessus, en faisant attention à ne pas lui faire mal, mais constata que c'était moins grave que ça en avait l'air, et qu'elle n'avait guère besoin d'y toucher. Pour le reste, son visage avait été plutôt épargné, si ce n'était la bosse qui poussait sur sa tempe, conséquence directe du crochet magistral que lui avait administré Garnaïl. Elwyn se saisit d'une bande de tissu, et sortit de sa poche une pièce d'or qu'elle fit tourner entre ses doigts, sous les yeux de l'ancien sultan :

- Tu n'oublieras pas de me la rendre, hein ? Demanda-t-elle avec un clin d'œil complice.

Puis elle plaça la pièce à plat sur la bosse naissante, et enroula un bandage serré autour. Cela devrait l'apaiser un peu, et aider à la guérison. Rien de plus qu'un remède de grand-mère, mais elle n'avait pas beaucoup pour soigner Nimrod, et il fallait se satisfaire du minimum et de la débrouille. Elle ne put s'empêcher de sourire en voyant la tête étrange que lui faisait le bandage, mais il ne comprit probablement pas ce qui provoquait cela.

Elle força ensuite le Haradrim à s'allonger, et lui ôta sa tunique complètement fichue. Dessous, son corps était marqué par les traces de coups, qui avaient laissé des zones rougies, qui ne tarderaient pas à prendre une jolie couleur violacée. Sentant ses joues rougir au regard de la situation dans laquelle ils se trouvaient tous les deux, elle fit en sorte de se comporter aussi naturellement que possible, et ouvrit un petit coffret rempli d'un baume apaisant, le même que celui de Taleb, qui sentait tout aussi fort. Elle avait les mains glaciales, après être restée si longtemps à observer le combat, et elle espérait que cela n'allait pas trop gêner Nimrod, dont le corps bouillant après son duel n'avait pas encore eu le temps de retrouver une température normale. Elle appliqua le baume avec délicatesse, partout où elle voyait la marque d'un hématome à venir.

Dans cette situation particulièrement intimiste, elle choisit de parler à Nimrod de quelque chose qui lui tenait vraiment à cœur, et qu'elle n'avait encore pas dit à qui que ce fût :

- Nimrod...maintenant que tu as remporté ce combat, il faut que tu saches quelque chose...

Elle marqua une pause, cherchant soigneusement quels mots elle voulait utiliser. Elle ne savait pas encore ce qu'il allait en penser, ni ce qu'il allait lui répondre, et c'était ce qui lui faisait le plus peur :

- Je me suis engagée pour une mission, et j'ai juré d'aider Garnaïl à remplir son objectif en allant jusqu'à Pelargir. S'il se détourne de cet objectif, alors...

Elle inspira profondément :

- ...Alors notre mission n'a plus de raison d'être...

Elle l'avait dit, et contrairement à ce qu'elle avait imaginé, c'était encore plus difficilement maintenant qu'avant. Elle plongea son regard dans celui de Nimrod, cherchant à lire ses émotions, et à comprendre où il voulait en venir. Très honnêtement, elle ne souhaitait pas le quitter et elle était prête à partir avec lui et Garnaïl à l'aventure. Mais d'un autre côté, elle ne pouvait pas engager la vie de ses compagnons d'armes pour ses désirs personnels. Cela, elle en avait fait la promesse à Akbar, et bien qu'elle se fût prise d'affection pour ces deux chefs de guerre, elle ne pouvait pas trahir sa parole. C'était contraire aux règles des siens, et contraire à tout ce en quoi elle croyait. Son trouble était grand, et probablement que Nimrod avait lu en elle quel dilemme était le sien. Au fond d'elle-même, elle se demandait une seule chose : tenait-il davantage à elle, ou bien aux hommes qui la servaient ?

Elle avait peur d'entendre sa réponse.


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Appel à l'aide à Pelargir EmptyJeu 17 Jan 2013 - 18:17
Nimrod ne realisa pas tout de suite que l'Umbarite etait au sol, le melange adrenaline et fatigue le garda dans une semi extase. Il lui tendit la main pour le relever et le congratula, mais l'homme ne daigna pas bouger jusqu'au moment ou deux Khandiens le souleverent et lui firent quelques commentaires dont il ne comprit pas un traitre mot. Quand Elwyn lui prit la main pour l'emmener vers la tente, il put encore entendre un gloussement d'Aki et un grand eclat de rire d'Abd'ul qui terminerent de le reveiller. Il n'eut pas la force de faire un signe de silence a ses hommes et se laissa emmener. Dans la tente il la laissa faire. Il ne dit rien et luttait simplement pour ne pas s'endormir tout net, saper par ce combat qui etait le premier d'une longue serie, Aujourd'hui, il n'y avait pas eu de mort. Il la laissa continuer et commenca a reflechir a ses options. Il realisa que l'Umbarite l'avait surpris. Il ne pourrait jamais le considerer comme un chef, sans doute jamais comme ami, mais comme allie, il serait tres , tres supportable.

La piece d'or ressemblait etrangement a celles qu'ils avaient donnes a Garnail le premier jour, une vieille piece de Florandor qui ressemblait a celles obtenues a Bab-al-Khandiyyi (HRP:voir terres sauvages).
Il ne lui dit pas combien son contact meme gele lui faisait du bien. Mais il commenca a sourire en coin, jusqu'a ce que sa levre meurtrie lui rappelle qu'il venait de combattre pendant pres de vingt minutes contre...


Je me suis engagée pour une mission, et j'ai juré d'aider Garnaïl à remplir son objectif en allant jusqu'à Pelargir. S'il se détourne de cet objectif, alors...


Nimrod imagina poursuivre la route a cinq seulement, sans elle, sans ses hommes et dans ce temps pourri...
...Alors notre mission n'a plus de raison d'être...

Son cerveau bouillonna une demi seconde. Il devait prendre une decision. Soit Raush et le grand appel, soit Arwa et un pigeon a Djahar-mok. Qui soupçonnerait un marchand qui louait une escorte, aussi prestigieuse ses hommes eussent ils pus etre? Seul Jorkil et ses sbires devaient savoir qu'il etait vivant, et ils ne donneraient pas cette information la a n'importe qui. Il voulait continuer a discuter quand il entendit grommeler un "Passe non" dans un Suderon approximatif par Sahib. Murak finit quant meme par appeler du dehors.

*Si son sérénissime bachour Barouk( non traduisible Beni) Ben Elros est reveille, On a intercepter un homme qui dit que le Sultan le reconnaitra, mais qui refuse de dire son nom.*

Nimrod sursauta, entre la douleur, les mains d'Elwyn sur sa poitrine et ses reflexions il avait completement oublie qu'ils les avaient vu trainer un homme vers le camp pendant le combat.

Qu'il soit amene! Sans armes, et nu si necessaire.
Hai!

Il regarda Elwyn dans les yeux, revenant aux problemes urgents.

Si je prends Garnail a mon service,il sera le meilleur ministre aux affaires Khandiennes que j'ai jamais eu, mais pourquoi un mercenaire aurait il besoin d'un ministre? AKI!!! DIHUB!!!(L'or!!!)

Le fils du forgeron grommela quelque chose dix metres plus loin et revint avec la caissette de bois, seule possession emmenée du chariot abandonne. Il poussa delicatement les mains d'Elwyn de son torse et s'assit. Il ramassa la caissette et l'ouvrit. Puis froidement, il dit :

Mes hommes marcheront a la fidelite. Ceux d'ici comme ceux que nous rencontrerons bientot. Mais pour votre fidelite a Garnail voici votre salaire, 170 pieces d'ors aujourd'hui plus les parts du butin. Le contrat est dorenavant regi par moi et...

Nous allons a Pelargir. Cet homme ne demandera plus l'impossible et en combattant et levant nos troupes ensemble nous avons beaucoup a gagner. Mais je le lui dirais moi-meme. Ainsi j'ai decide.

Nimrod eut la facheuse impression que depuis ce lit il tenait cour, une derniere chose a faire et puis le sentiment passerait.

~~Sahib, Amener Homme~~ *Murak, le prisonnier!*

Quand l'homme entra, Nimrod cru a un mirage. Il voulait lui dire "Frere, que fais-tu ici?", lui donner amanger, une femme pour la nuit et une bonne couche, mais il ne dit rien, se forca a se lever et prenant l'homme dans ses bras comme il le pouvait, lui dit en commun:

Quelle banniere es-tu venue portee Yoshra?
La notre, Ahi(frere). La notre. Ahina.(Mon frere)
Ce n'est pas une heure pour demander l'hospitalite(Salutation), mais il doit y avoir un bout de pain et un peu d'eau pour toi. Asalamu Alaykhum, A Eru Salamu Alaykhum Ahina!(La paix soit sur toi, la paix d'Eru soit sur toi mon frere). Murak, Sahib, trouvez-lui a manger.Cet Homme est Yoshra Ibn Al Khadirryia, Yoshra Ak-Khader. C'est mon Sam Gamegie, qu'il soit traite comme tel.
Quand tu voudras sortir , j'ai quelque chose pour toi. La lune est toujours venimeuse, mais elle brille moins.

Nimrod sourit et laissa son ami repartir avec les deux autres. Il se tourna vers Elwyn, et se pencha en avant de telle maniere a l'oblige a s'allonger au fur et a mesure qu'il avancait.

Je veux mon trone, je veux mon pays sans Gondoriens et sans le maudit empereur dont tu es vassale occupant tout le cour inferieur de mon seul fleuve. Mais tout ca, je ne le veux pas autant...

que je te veux...

Toi.


Il l'embrassa comme un fou, et il oublia la nuit, la fatigue, le combat, et le retour de Yoshra. Il voulait vivre cet instant et plus rien d'autre.

(Hrp//Yoshra Ak-Khader est l'ancien porte banniere de Dur-Zork et l'un des gardes personnels de Nimrod et Jonak apres l'exil. Libre a vous de le questionner dans vos posts.//)


Dernière édition par Nimrod Ben Elros le Jeu 17 Jan 2013 - 20:54, édité 1 fois
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