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Mardil
Espion de Rhûn - Grand Guru du Culte Nathanaïque
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Rôle : Espion de Rhûn

~ GRIMOIRE ~
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Dim 19 Mai 2013 - 23:37
HRP pour connaître les événements précédents c'est de ce côté HRP


La soirée était glaciale comme toutes les nuits ces derniers temps. J’avais ôté mon uniforme de ranger, bien trop reconnaissable, contre une simple tenue sombre qui, si elle avait l’avantage d’être discrète, n’était absolument pas adaptée à la saison. Je rentrais dans la maison déserte et avançais jusqu’à la pièce du fond.

Ma cible dormait encore, les mains liées derrière le dos. Tandis que je contemplais cet homme que j’allais tuer dans quelques heures, les événements de ces derniers jours défilèrent devant mes yeux.

Après mon entrevue avec mon contact, j’avais eu toutes les peines du monde à trouver le sommeil. Et lorsqu’enfin celui ci vînt à moi, il ne m’apporta que des cauchemars. Ou plutôt des souvenirs que j’avais passé des années à tenter d’oublier. La pièce humide et sombre, le manque de nourriture, les coups à toutes heures du jour ou de la nuit, la proximité de ces hommes et ce qu’ils m’avaient fait subir. J’étais entré dans cette pièce un enfant et c’était un être brisé qui en était ressorti. Brisé et malléable. Ce qui était bien sûr le but de tout ça.

Comprendre le pourquoi n’aidait malheureusement pas à accepter le passé. Mais ce n’était pas un hasard si ces rêves avaient refait leur apparition ce soir. Ma cible était l’un de mes anciens geôliers, l’un de mes anciens tourmenteurs. Ce qui m’amenait à une question essentielle : pourquoi Rezlak tenait-il tant à ce que ce soit moi qui s’occupe de lui ? Etait ce une excuse, une sorte de prix de consolation pour racheter ce qu’il m’avait fait ? Ou bien avait-il d’autres motifs cachés, des raisons qui pourraient s’avérer dangereuses pour moi ?

Quoi qu’il en soit, je n’aurais pas de réponse à moins de m’acquitter de ma mission. Je me mis à surveiller ma cible. Il retournait presque tous les soirs à la taverne de Mazarbul. Ce soir je l’y avais suivi et discrètement versé une dose de poison dans son verre. Ce poison provoquait une grande faiblesse physique et immanquablement le sommeil dans les deux ou trois heures suivant son ingestion. Il m’avait suffit de frapper alors qu’il titubait pour rentrer chez lui. Je l’avais ensuite amené dans cette maison déserte, propriété d’un marchand qui était en visite chez des proches à Cair Andros. Je savais qu’il ne rentrerait pas avant plusieurs jours, ce qui était parfait car je n’en avais que pour quelques heures.

L’homme commençait à s’agiter, signe d’un réveil proche. Je pris le temps de l’examiner. Même s’il avait vieilli (et pour cause, quinze années s’étaient écoulées), il était bien l’un de ceux qui m’avaient torturé durant mes premiers mois à Vieille-Tombe. Enfin il ouvrit les yeux. Il ne cria pas lorsqu’il comprit qu’il était attaché. Il se contenta de me dévisager puis il eut un rire bref, un rire sans joie.

- Qu’y a t’il de si amusant ?

- Je savais bien que tôt ou tard Rezlak enverrait quelqu’un pour moi, même si j’espérais que cela n’arrive pas. Je n’ai pas fui assez loin. Mais je ne pensais pas que ce serait à toi qu’il confierait cette mission. Il a décidemment un sens de l’humour bien particulier.

- Comment pouvez savoir qui je suis ? Je n’étais qu’un enfant la dernière fois que l’on s’est vu.

- Tes yeux ne sont pas faciles à oublier. Et je n’ai jamais pu sortir ton regard de ma mémoire.

Tremblant de rage, je m’approchais de lui et le frappais violemment à la tête.

- Je ne veux pas t’entendre dire que tu es désolé, tu m’entends ?

- J’ai dit que je ne t’avais pas oublier, pas que j’étais désolé. Mais je ne faisais qu’obéir aux ordres.

- Il est des ordres qui ne méritent pas qu’on leur obéisse.

- Ah oui ? Qu’en est il de celui auquel tu t’apprêtes à obéir ?

Je sortis un couteau de chasse de ma poche.

- As tu parlé à qui que ce soit depuis ton arrivée à Minas Tirith ?

- En dehors du tavernier tu veux dire ?

- Sache que je n’apprécie guère l’humour. Si tu veux rester entier, tu ferais bien de me répondre maintenant.

- Mais si je te réponds, je signe mon arrêt de mort.

- Si tu parles tu meurs, si tu refuses de parler tu meurs également. Mais laisse moi te dire que tu regretteras de ne pas m’avoir parlé.

- Alors parlons ! Mais pas d’une éventuelle rencontre entre moi et un officiel de la cité. Je n’ai rien dit à personne.

- Et je suis censé te croire sur parole ?

- Je hais Rezlak mais je suis toujours un soldat de Rhûn. Je ne trahirai jamais mon pays.

Il n’y avait pas de trace de mensonge dans ses yeux. Néanmoins l’envie de me servir de mon couteau me démangeait de plus en plus. Je fis taire les voix de la vengeance en moi et l’incitais à continuer.

- Tu dis que tu hais Rezlak. Pourquoi vouloir le tuer ?

- Ils ne te l’ont pas précisé bien sûr. J’ai travaillé pour lui pendant plus de vingt ans. Vingt ans de bons et loyaux services. Et une seule erreur, une seule négligence en vingt ans. Crois tu qu’il l’aurait laissé passer ? Ou même qu’il m’aurait puni d’une façon appropriée ? Non l’erreur n’est pas permise avec lui. Et le châtiment est si élevé qu’il décourage quiconque de commettre une faute, quelle qu’elle soit.

- Quelle était ta faute ?

- J’avais de graves dettes de jeu et il se peut que j’aie emprunté de l’argent à Rezlak sans l’en avertir. En guise de représailles il a…

Sa voix se brisa sur ces derniers mots et je vis des larmes apparaître dans ses yeux.

- Qu’a t’il fait ?

- Il a livré mon fils aux melkorites.

J’abaissais mon couteau et regardais cet homme méprisable pleurer sur le destin de son enfant. Une part de moi se réjouissait de sa souffrance. Mais une autre part criait son indignation devant tant de cruauté. Inconsciemment des images se mirent à défiler devant mes yeux. Le jeune garçon qui pleurait, son regard d’incompréhension lorsque le couteau pénétra dans sa chair, mes mains pleines de sang que je ramenais vers mon visage. Je chassais ces pensées parasites de mon esprit et me tournais vers mon captif.

- Je suis désolé pour ton fils. Il ne méritait pas cela. Mais toi plus qu’aucun autre devrait savoir que les enfants sont toujours les premières victimes dans un conflit. Peut être comprends tu maintenant la douleur que tu as infligé à d’autres.

- Ca n’a rien de comparable.

- Et pourquoi cela ?

- Ce n’était que des esclaves.

Je lui jetais un coup d’œil méprisant.

- Merci beaucoup. Ta dernière réponse vient de m’éviter un choix difficile.

Je levais mon couteau et m’apprêtais à frapper mais avant que je ne puisse comprendre comment il avait fait, son bras surgit de derrière la chaise et une douleur fulgurante transperça mon avant bras. D’un bon il se leva de sa chaise et s’approcha de moi. Je fus plus rapide et me déplaçais hors de sa portée.

Nous étions tous deux aux extrémités de la pièce et nous affrontions du regard. Je jetais un œil sur ma blessure et vis qu’elle était heureusement superficielle. Mon adversaire tenait dans sa main une lame minuscule mais très aiguisée. Je me maudissais de ne pas l’avoir trouvée et de m’être laissé distraire par ses larmes. C’est un soldat de Rhûn que j’avais devant moi. Je n’aurais jamais dû le sous-estimer.

L’arme que je tenais dans ma main était bien plus dangereuse que la sienne mais il était plus grand et plus fort que je ne l’étais. Je scrutais la pièce du regard et évaluais mes chances de fuir. Il se tenait entre moi et la sortie. L’affrontement était inévitable. Un sourire carnassier apparut sur sa bouche et il s’élança vers moi.

Arrivé à ma hauteur il lança le bras qui tenait la lame vers moi mais j’avais prévu son mouvement et d’un coup de pied je déviais son attaque. La lame tomba par terre et je me retournais. De toutes mes forces je dirigeais mon couteau vers sa gorge sans protection mais il intercepta mon attaque et me tordis le bras derrière le dos. Je lâchais mon couteau qui tomba sur le sol. Je lui donnais ensuite un coup de coude dans les côtes pour le faire lâcher prise mais il me tenait solidement. L’attaque lui fît perdre l’équilibre et nous tombâmes, enlacés l’un à l’autre, sur le sol dur.

Il se plaça au dessus de moi et ses mains trouvèrent ma gorge. L’odeur acre de sa sueur m’emplissait les narines tandis qu’il resserrait ses mains comme un étau autour de mon cou. A tâtons je cherchais frénétiquement mon couteau, tombé non loin de moi. L’air se faisait de plus en plus rare et je commençais à suffoquer.

HRP et la fin HRP
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