La première auberge après les terres sauvages

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Aldarion
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Sam 14 Sep 2013 - 14:13
Deux routes conduisent directement à Annuminàs. La première longe le Brandevin peu après le passage à Bree. La seconde coupe à travers des terres peu peuplées et sauvage en provenance de Fornost. Elles se rejoignent toutes deux à un carrefour central au coeur de l'ancien royaume d'Arthedain. Ce carrefour correspond également à la frontière entre la région du Centre, ou Breeland, et la région d'Annuminàs.


Malheureusement pour lui, l'arrière grand-père d'Anselme Einkaper n'avait pas compris l'intérêt stratégique d'une telle situation. Il avait donc décidé de construire une petite auberge sur la route entre Fornost et Annuminàs à quelques kilomètres du carrefour mais hors de vue pour les voyageurs en provenance de Bree. L'Auberge Royale, un nom pompeux pour un endroit au confort relativement sommaire, avait été construite peu après la Réunification. La légende, savamment entretenue par le tenancier, voulait que tant Elessar qu'Eldarion et Mephisto soient passés dans ses murs à l'occasion de leur tournée d'intronisation. Le Roi Aldarion manquait à la liste des invités de prestige de l'endroit, mais Anselme ne désespérait pas d'un jour l'accueillir.

L'hiver étant particulièrement rude depuis quelques mois, la fréquentation déjà famélique avait encore baissé. La plupart des voyageurs favorisait la route par Bree qui avait l'avantage d'offrir des possibilités d'hébergement plus régulières. Anselme disposait d'une clientèle relativement fidèle, faite de patrouille de la Milice Marchande ou de rôdeurs de la Vieille Garde. Cependant, les premiers se faisaient rares et les seconds étaient généralement d'une sobriété qui n'arrangeait pas les affaires de l'aubergiste. Celui ci avait tenté d'attirer le chaland en plantant des panneaux indicateurs au carrefour mais ceux-ci étaient régulièrement recouverts par la neige.

Alors qu'il astiquait ses chopes, qui prenaient la poussière à défaut de se remplir de bière, la porte de l'auberge s'ouvrit brutalement.

"Alors Anselme... ça marche les affaires ?"

L'aubergiste reconnut directement la livrée verte et orange de la Milice Marchande et cela le réjouit. C'étaient de bons consommateurs.

" Ca pourrait aller mieux... mais après une dure journée je pense que vous préférerez boire une bonne chope plutôt que d'entendre les malheurs d'un aubergiste !"

Les hommes en arme éclatèrent de rire. Ils étaient une dizaine et s'installèrent bruyamment près du feu qui brûlait au centre de l'auberge.

" Pour une dure journée ce fut une dure journée... enfin on a évité les manœuvres du Tribun Vilyan et ça ça n'a pas de prix !"

Anselme allait répondre une nouvelle fois à ses hôtes quand la porte s'ouvrit à nouveau.


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Dolan
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Dim 15 Sep 2013 - 14:09
HRP : Désolé pour la qualité médiocre, poster depuis un Ipad, ben c'est pas chouette. /HRP


Ce doux silence, la neige qui tombe régulièrement sur sa capuche rabattue, Is'd avançait doucement sur le chemin qui la menait, elle en était sûre, vers son destin. Elle appréciait énormément le calme de cet hiver éternel mais la caresse du froid commençait à se faire sentir. De nature persévérante, elle ne s'arrêta pas dans l'écurie que ses yeux d'aigles avait remarqués à sa droite. D'autant que, en tant que jeune femme, il lui serait facile de faire de mauvaise rencontres. Is'd se savait parfaitement capable de se défendre contre quelques parvenus trop audacieux mais elle n'aimait pas se battre. De nature épicurienne, elle préférait largement jouir du monde qui l'entoure que de s'acharner a le détruire. Elle passa donc sa route et laissa derrière elle cet accueillant foyer.
Quelques heures plus tard, la caresse s'est fait morsure. Le froid harcelait son corps fatigué et elle regretta amèrement son cheval. Celui s'étant enfui alors qu'un loup, étonnement seul, avait attaqué la jeune fille. Pas blessée mais incroyablement fatiguée, Is'd avait décidé que le prochain endroit susceptible de lui apporter un peu de repos serait le bon. Ses pas était devenu plus long et plus intense. Le froid prenait presque possession de son corps. Une branche recouverte de neige entrava alors sa marche et la fît trébucher. Elle sentait la totalité de ses forces partir et se demanda un instant si rester là et mourir n'était pas préférable. Puis son instinct de rebelle combattante repris le dessus.

-Delino Isidiell tu va bouger tes fesses de cette neige et tu vas continuer d'avancer ! Maintenant !

Poussé par son désir de continuer et son instinct elle se releva et accéléra la marche. Décidant d'ignorer la douleur de ses orteils et de ses doigts, ainsi que la fatigue lacérant tous les muscles de ses jambes, elle repris sa route. Ella avait décidé que rien ne l'arrêterais et il en serait ainsi.

2 minutes après, la nuit menaçait déjà de tomber et sa détermination, bien que toujours présente, avait baissée. Elle aperçue alors, comme un arc en ciel dans une tempête, une troupe d'hommes en armes. Elle voulut crier de toutes ses forces pour les avertir de sa présence. Ignorant la crainte qui lui avait, un peu plus tôt, fait refuser une chaude écurie. Extenuée elle n'avait d'autre choix que de s'en remettre au destin. Is'd, aussi étonnant que ça puisse paraitre pour une dunedaíne croyait beaucoup au destin. Elle rassembla alors tout ce qui lui restait de force et chargea un cri qu'elle voulut perçant et puissant, pouvant réveiller un dragon se dit-elle. Même un murmure ne daigna pas sortir de sa bouche. Elle s'effondra dans la neige, il ne lui restait plus assez de forces pour parler ne serait-ce qu'à voix basse. Elle n'avait pas cessée de marcher, si ce n'est pour assouvir quelques besoins naturels, depuis deux jours. Dormant uniquement lorsque c'était indispensable.  Il lui fallait se reposer et profiter d'un vrai repas. A défaut de pouvoir les prévenir Is'd suivit la petite cohorte des yeux et qu'elle ne fut pas son ravissement lorsqu'elle les vit se diriger vers une bâtisse qui jusqu’alors avait échappé à ses yeux.

Caché sous des couches impressionnantes de neige, le bâtiment était invisible pour qui ne savait pas qu'il se trouvait là. Poussée par l'espoir et son courage galvanisé par la vue de ce qui semblait être une auberge et réussie, dans un ultime effort, à se relever. Et elle clopina plus qu'elle marcha jusqu’à son paradis.

L'Auberge Royale



Elle avait quitté Bree il y a plusieurs jours et depuis lors c'est la première fois qu'elle n'eut aucune crainte à entrer dans une auberge. La lecture de cette ensigne, quoiqu'un peu ternie par le temps, suffit à rechauffer son coeur. Son instinct lui insuflait des vagues de sécurité. Poussant bruyamment les deux battant de la porte, elle remarqua que cette entrée avait capté l'attention. Seul les hommes qu'elle avait aperçu tout à l'heure, c'était des miliciens, et l'aubergiste était là. Nul autre client. Son pressentiment s'était-il trompé ? Étais-ce vraiment aussi accueillant. Passant de la façon la plus nonchalante qu'elle put et la plus mystérieuse devant le comptoir elle ne regarda même pas l'aubergiste lorsqu'elle lui héla

-Met moi le repas le plus copieux que t'as, patron ! Je vais m'asseoir au fond. Et pour répondre à ta fichue question silencieuse, j'ai de quoi payer.

Elle alla ensuite s'asseoir dans le coin de l'auberge d'où elle pouvait garder à l'œil quiconque était déjà présent ou  allait entrer, vieux réflexe…  Is'd posa ses pieds sur la table après s'être, bien sûr, débarrassée de sa veste trempée.
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Eliah Tandoril
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Mer 18 Sep 2013 - 19:28
Shaïa Dazanyïa



Il n'y avait pas âme qui vive dans les plaines de l'Arnor alors qu'il n'était pourtant pas loin de midi. La neige immaculée recouvrait toute trace de vie. Les arbres effeuillés, les rochers, les terriers. Il régnait une paix et un calme incroyable, tant et si bien que personne n'aurait pu soupçonner que quelque part sous cet amas de neige, il y avait des êtres vivants. Un rayon de soleil plus insistant que les autres vint caresser le sommet d'un bute, faisant ainsi fondre la neige accumulée au cours de la nuit. Il avait beaucoup neigé et tout avait rapidement était recouvert. Une gouttelette d'eau fraîche se forma et dégringola le long des parois jusqu'à tomber subitement sur le nez d'une jeune femme endormie, qui se réveilla aussitôt.

A l'abri du vent et de la neige, dans une crevasse aux milieu des rochers, Shaïa s'était endormie dès qu'elle avait sécurisé le périmètre de sa cachette. La fatigue l'avait finalement rattrapée et elle avait du se résoudre à se reposer correctement cette nuit. La route depuis le Rhûn était longue et elle n'avait pas pour habitude de faire tant de chemin en si peu de temps. Elle aimait prendre son temps et s'approprier chaque détail du paysage qui l'entourait. Mais voilà, cette fois-ci, tout était différent. Elle ne partait pas sans but et sans destination finale. Elle allait en Arnor pour rejoindre l'une de ses soeurs. La femme héla son cheval qui se reposait près d'elle et chargea ses affaires pour un départ éminent. La soleil était haut dans le ciel et elle pouvait à présent reprendre la route. Le temps était plus clément, il fallait en profiter.

La crinière noire ébène de Sïrtan brillait au soleil, lui donnant un air plus majestueux encore. Enveloppée dans un épais manteau de fourrure, la capuche sur la tête lui arrivant presque sur les yeux, la guerrière était montée sur son cheval et ils avançaient à présent à un bon rythme. Même si le soleil avait un peu fait fondre la neige, celle-ci était persistante et il était difficile de se frayer un passage dans ce dédale de boue froide. Elle laissa donc l'animal aller à son rythme. Elle profita du moment pour admirer les montagnes enneigées qui lui donnaient une impression d'immensité, d'invincibilité incroyable et de liberté. Il faisait très froid et elle ne regrettait pas d'avoir pu récupérer ce beau manteau dans le dernier village où elle était passée. Cela ne lui avait après tout quasiment rien coûté et il lui tenait presque aussi chaud qu'un bon feu.

Cela faisait déjà plusieurs semaines que la jeune femme avait quitté le Rhûn. Elle avait hésité longtemps à franchir les frontières,  redoutant les terres hostiles qui pouvaient se dresser au delà des montagnes. Mais ce dont elle avait le plus peur, c'est de ne pas trouver ce qu'elle cherchait en vain depuis tant d'années. Tout se passait plutôt bien pour elle, jusqu'à ce qu'elle se rapproche de la Trouée du Rohan. Les chevaliers étaient nombreux dans les environs et voyager à découvert n'était pas raisonnable pour une femme étrangère. Elle avait donc décidé de faire le tour, même si cela était beaucoup plus long et de passer par les prairies. Le froid était moins glacial à l'époque, moins mordant, moins traitre. L'air était plus doux et les rayons du soleil suffisaient à réchauffer tendrement sa peau bronzée. Aujourd'hui les choses étaient bien différentes, la neige tombaient à tout va, sans crier gare et les tempêtes se faisaient de plus en plus ardues et fréquente. L'hiver durait encore et encore, comme annonçant une période d'infamie.

Alors que sa monture avançait bon gré mal gré, elle se remémora les paroles du messager qui était venu la trouver quelques jours auparavant. Aujourd'hui encore, elle n'avait aucune idée de la véracité de ses propos, s'il s'agissait d'un piège ou d'une réelle requête. Et étant donné qu'il était mort, il lui serait bien difficile de lui demander plus de détails sur la chose. Elle maudit sa facilité à dégainer son épée et se promit que la prochaine fois, s'il devait y en avoir une, elle laisserait son informateur lui raconter les choses jusqu'au bout. Mais il fallait avouer que celui-ci n'était pas vraiment doué. Jeune, idiot et incompétent, Shaïa avait pu voir ses jambes trembler quand il posait ses yeux bleus sur sa peau, puis sur ses armes. Des yeux bleus, des cheveux blonds ... elle fit une grimace. Il devait être rohirrim à n'en pas douter ! Elle détestait tout ces hommes frêles à la tête blonde qui pensaient qu'ils étaient supérieurs. C'était surement une des raisons qui l'avait poussé à le décapiter d'un geste magistral. Il n'avait pas souffert, ou si peu ...

Quoi qu'il en soit, ses paroles tournaient encore et encore dans l'esprit de la mercenaire, tentant de capter un détail qui pourrait l'aider dans ses réflexions. Mais rien qu'il n'avait dit ne semblait être un quelconque code. “Rejoins-moi en Arnor, à l'Auberge Royale. Je sais que tu peux y être dans 10 jours. C'est important”. Et il avait prononcé le nom de son amie, peut-être bien sa seule amie “Sirka”. Alors elle avait dégainé et elle lui avait tranché la tête avec une précision effroyable, laissant apparaître une lueur d'horreur dans son regard avant qu'il ne s'écroule à terre dans une mare de sang. Mais elle avait aussitôt regretté son geste. A présent personne ne pourrait plus lui dire à quoi tout ceci rimait. La Rhûnadan dû alors faire un grand détour, plus grand qu'elle ne l'espérait, mais qu'importe. Elle pourrait toujours rejoindre le Rohan plus tard. Mais s'il s'agissait d'un piège, elle s'y dirigeait tout droit. Je sais que tu peux y être dans dix jours ... cela signifiait que quelqu'un savait où elle se trouvait, à la vitesse à laquelle elle se déplaçait. Elle était donc très certainement suivie, pistée.

Depuis plusieurs jours, elle observait avec l'oeil d'un aigle les alentours des chemins, chaque bruissement, chaque cri d'animal attirait son attention. Elle explorait les pas dans la neige, les odeurs suspectes mais pour le moment aucune trace d'un quelconque prédateur, hormis les loups. Elle avait remarqué qu'un ou deux loups solitaires se promenaient dans les environs à la recherche d'une proie facile pour affronter le dur hiver, mais à aucun moment elle ne s'était inquiétée. Elle savait très bien se défendre et Sïrtan savait réagir à ce genre d'attaques. Il n'était pas comme les autres animaux, peureux et bêtes. Il était loyale, courageux et il avait une frappe des pattes arrières que tout cheval qui se respecte devait lui envier. Ce n'était pas une sale bête aux crocs acérés qui lui donnerait des sueurs froides.

Au fur et à mesure que les heures passaient et qu'ils avançaient, la neige se fit moins épaisse et ils purent avancer de plus en plus vite. Shaïa avait prévu d'arriver au point de rendez-vous avant la tombée de la nuit et elle pourrait ainsi se restaurer sur place. Durant le trajet, ils ne firent pas de pause, Sïrtan lancé au galop donnait le meilleur de lui même. Bientôt ils arrivèrent dans une sorte de petit village, où quelques maisonnées de poupées semblaient avoir poussé ci et là. Fouillant dans un de ses sacs, la Rhunadan récupéra son foulard rouge flamboyant et le noua sur son visage, couvrant ainsi son nez et sa bouche. Seuls ses yeux pouvaient encore être aperçus et ils y brillaient une lueur malsaine. Elle était dans le doute le plus total. Ou elle se dirigeait vers une mort certaine, ou elle s'apprêtait à retrouver une amie. Dans les deux cas c'était problématique pour la suite et elle se surprit même à se demander dans quelle situation elle aurait préféré se retrouver.  Mais au moins emmitouflée dans son manteau, parée de son foulard, personne ne pourrait la reconnaître. Sauf si c'était par son foulard qu'on l'avait repéré. Mais si c'était la guerrière qu'ils voulaient, ils allaient être servi !

A peine avait-elle atteint le petit village, que la neige se mit à tomber de nouveau, recouvrant de son manteau blanc le paysage grotesque qui s'étendait sous ses yeux. Les flocons tombaient de plus en plus  vite et très vite le vent se leva, irritant le cheval qui ne pouvait plus avancer à sa guise. Le chemin n'était plus très long et elle préféra mettre pied à terre afin de soulager son compagnon de route. Elle le couvrit d'une petite couverture pour le protéger de la neige et l'aida à avancer dans cet amas glacé. Il n'y avait pas âme qui vive au dehors, à son plus grand soulagement d'ailleurs, et chaque petite maison laissait échapper des volutes de fumées par leur cheminée. Les habitants devaient être bien à l'abri chez eux à se réchauffer les pieds devant les flammes, à se raconter des histoires. Elle s'arrêta quelques secondes devant une fenêtre éclairée et aperçut des enfants courir après un chien dans la maison. Son coeur manqua un battement, puis elle reprit sa route. La brune n'avait strictement aucune idée du nom de ce village mais cela lui importait peu. Tant que la direction qu'elle prenait était la bonne pour se rendre à l'auberge, cela était suffisant. Elle s'arrêta afin de consulter ses notes, puis reprit son périple qui ne devait plus durer très longtemps.

“L'Auberge Royale... Puh!” ricana la jeune femme à la vue de la bâtisse délabrée et mal entretenue. La route ne devait pas être très fréquentée par ici. Quelle hérésie d'appeler son établissement ainsi alors qu'il se trouvait dans un coin perdu et que les clients non seulement rares, ne devaient être que des brigands de grand chemin.

“Parfait pour nous Sïrtan, n'est ce pas...”

Elle alla placer son cheval fatigué dans une sorte de grange qui devait être réservé à cet effet et entreprit de retirer la neige qui s'était accumulé dans sa crinière. Elle le caressa un moment, lui donna à manger et lui assura qu'elle reviendrait très vite. Elle n'avait pas besoin de ses affaires, juste de ses armes qu'elle portait toujours sur elle, ou presque. Mais pour ce soir elle était assez bien équipée. Avec une grande discrétion, Shaïa ouvrit la porte et pénétra dans l'Auberge qui comptait plusieurs client déjà, à son grand étonnement. Elle pensait que l'endroit serait vide et abandonné, mais ce soir il n'en était rien. Elle se rapprocha du patron qui était au bar.

“Je voudrais de votre meilleur breuvage et de quoi me restaurer. Et ne trainez pas !” ordonna-t-elle d'une voix menaçante. Son regard s'était assombrit et la faible luminosité de l'endroit ne faisait qu'accentuer son côté dangereux. Son manteau couvrait chacune de ses armes, mais elle n'avait pas besoin de ça pour faire comprendre à l'homme qu'elle ne plaisantait pas et qu'elle comptait bien se faire obéir. Elle alla s'asseoir dans un coin au fond de la salle, près d'une fenêtre sale et observa les clients présents. Une bande de soldats et une femme. Mais pour le moment, aucune trace de Sirka, si dut-elle apparaître un jour.
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Aldarion
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Mer 25 Sep 2013 - 11:46

Anselme n'en croyait pas ses yeux... Il venait en quelques minutes de doubler la fréquentation mensuelle de son auberge. Tentant de faire bonne figure et de donner l'impression que tout était "normal" il s'activa au fourneau pour servir l'ensemble de la compagnie.

Il réactiva le feu sous la marmite dans laquelle mijotait sa "potée royale" et entreprit de servir une dizaine de bières qu'il amena aux soldats puis aux dames. Il n'était pas persuadé que cela leur plairait mais il n'avait pas encore préparé de vin chaud et ne le ferait qu'à la demande. Tandis qu'il remuait sa potée, l'auberge était animée par les chants des soldats. Cela amusait le propriétaire.

" Si tu me donnes quat'sous
J'irai pas jusqu'au bout !
Si tu me donnes dix sous
J'me mettrai à genoux !
Si tu oublies mes sous
J'te briserai le cou !

Mais de toute manière
On va à la guerre
Sous ta bannière
Oh Roi du Lac au bout
Et notre paie c'est les poux !
Et notre paie c'est des poux !"


Le petit groupe de soldat s’esclaffa alors. Cependant, l'un d'eux remarqua que durant leur tour de chant, un homme avait ouvert la porte sans qu'ils s'en aperçoivent. A son épaule une broche qui, aux yeux d'un militaire d'Arnor, était très significative. D'un coup les rires cessèrent et les chants aussi.


Ballas ne leur jeta même pas un regard. Il se dirigea directement vers Anselme qu'il attira à lui d'un geste. L'aubergiste connaissait également la signification de cette broche et sentait que le destin tournait décidément en sa faveur.

" As-tu l'espace suffisant pour loger une trentaines de soldats ? As-tu une chambre digne du nom de ton auberge ?"

Anselme acquiesçât. Ballas s'éloigna du comptoir et ressortit prestement. Il revint rapidement accompagné d'une troupe importante. L'auberge risquait vite de devenir trop petite. Parmi ces soldats vétérans se trouvait un homme à la haute stature qui portait un long manteau de fourure brune et une capuche verte qui recouvrait un visage encadré par de longs cheveux sombres qui s'accordaient avec sa barbe. Sous son manteau on devinait une lourde armure ouvragée.

Ballas prit alors la parole.

" Soldats vous êtes réquisitionnés au nom du Roi ! Quant à vous Mesdames... je vous prierai de ne pas quitter cette auberge sans notre autorisation."

Comme pour matérialiser cette consigne, chacune des deux jeunes femmes se fit rejoindre à sa table par un garde.
Anselme se demandait s'il allait avoir assez de potée pour tout le monde.


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Eliah Tandoril
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Mar 15 Oct 2013 - 17:41



L'auberge n'était pas très grande et pas très accueillante. Le vent froid de l'hiver venait s’immiscer dans les petits interstices que le propriétaire des lieux n'avaient pas pensé à refermer et l'air y était à la fois chaud, à cause du feu qui brûlait dans la cheminée et froid. Mais la voyageuse qu'elle était ne se plaignait pas de ces détails sans importance. Non, Shaïa accordait bien plus d'attention au groupe d'homme armé qui avait presque tous lâché arme et bouclier pour ceux qui en possédaient. Certains riaient d'un rire tonitruant, attendant avec impatiente la bière qu'on aurait l'amabilité de bien vouloir leur apporter. Et puis finalement elle arriva dans des cris de joie à peine voilés. Les soldats occidentaux n'étaient rien d'autre que des ivrognes sans cervelle !
C'était pour cette raison qu'ils étaient si incompétent au combat.

La jeune femme essaya de se demander lequel d'entre eux aurait pu être assez idiot et couard pour essayer de s'en prendre à un enfant plutôt qu'à un adulte et elle en déduit que chacun d'eux pouvait très bien l'être. Ils étaient certes bien battis pour la plupart, mais cela était évident qu'aucune cervelle ne venait renflouer leur cerveau. À part peut-être leur chef ...
Mais ces constatations ne fit que renflouer la haine qu'elle ressentait à l'égard de ces soldats blonds. Si elle le pouvait, elle les abattrait les uns après les autres et les regarderait mourir sans pouvoir faire quoi que ce soit. Mais elle n'était pas lâche, elle ne les tuerait qu'en combat d'égal à égal. Et elle n'était pas folle non plus, de sorte qu'elle estimait que seule contre une bande d'homme armée, elle ne serait pas en position de force.

Bientôt l'aubergiste lui apporta également une bière, interrompant ses pensées. Elle la réceptionna et retira son foulard, dévoilant son fin et beau visage à quiconque se tournerait vers elle. Elle rabattit sa capuche et laissa ses longs cheveux bruns se déverser en cascade dans son dos. Elle s'installa un peu plus confortablement sur sa chaise et trempa ses lèvres dans un breuvage qu'elle qualifia de sans goût et sans saveur. Un peu d'eau aurait été bien plus agréable à son palais. Faisant une mou de dégout, elle reposa la chope sans mot dire. Il n'y avait rien à dire de plus. Ce pays était sans intérêts. Du moins aucun intérêt autre que celui pourquoi elle y était venue. D'ailleurs elle se demandait si son amie allait tarder. Au même moment la porte s'ouvrit mais sa déception fut telle qu'elle détourna immédiatement les yeux. Un nouveau soldat qui ne devait pas avoir plus d'intérêts que les premiers !

Pourtant, le silence se fit presque immédiatement après l'entrée de l'homme, ce qui signifiait  qu'il devait avoir une certaine importance, ou que les autres avaient peur de lui. En un geste rapide, Shaïa remit sa capuche et noua son foulard autour de son nez afin de dissimuler une bonne partie de son visage. Qui que soit ces hommes, elle devait prendre toutes ses précautions. Elle n'entendit pas ce que le nouveau venu demandait à l'aubergiste, mais d'autres hommes rentrèrent bientôt, remplissant le petit endroit, lui donnant presque l'air accueillant. Elle s'aperçut immédiatement que l'un d'entre eux semblait plus important que les autres. Il était entouré, comme protégé et il avait une allure différente. Le premier soldat annonça aux soldats qu'ils étaient réquisitionnés. Au non de qui, de quoi ?! Avait immédiatement pensé la jeune femme. Mais personne n'avait bougé le petit doigt. Il s'adressa ensuite aux femmes, dont elle faisait partit et elle se raidit instantanément sur sa chaise. Sa première pensée fut pour son cheval. Si l'un d'entre eux touchait à un seul poil de sa crinière, il le regretterait. Puis elle se mordit la langue afin de ne pas hurler sa haine envers ces hommes qui se prenaient pour des seigneurs.

Une sorte de garde vint se poser à sa table et Shaïa devint plus sombre que jamais. Son regard devint noir et brillait d'une lueur de haine intense. Son coeur se mit à battre dans sa poitrine et le sang vint lui taper dans les tempes. Elle ne pourrait pas rester assise là sans rien faire, en attendant simplement qu'ils décident de faire quelque chose d'elle. D'un geste rapide et discret, elle s'assura que chacune de ses armes se trouvait à sa place puis évalua rapidement la situation. Le premier groupe de soldat semblait terrifié ou impressionné et l'aubergiste l'était tout autant, bien qu'heureux de voir autant de monde dans son auberge. L'autre femme ne semblait pas non plus en mener large. La brune trépignait et elle se leva tout d'un coup, son regard perçant recherchant le premier homme rentré.

“Et qui êtes-vous donc pour nous donner ainsi des ordres ?”

Son caractère explosif l'avait encore emporté, mais cette fois, elle n'était pas en bonne position pour prendre ce genre de liberté. Étrangère et seule, elle aurait peut-être mieux fait de se taire. Mais pour le moment il était trop tard. Elle allait devoir jouer plus finement et assumer son audace.
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Sirka
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Mar 22 Oct 2013 - 23:58

Peste soit de ce temps de chien, de cette neige trop blanche et trop froide, de cette humidité glaciale, de ce vent, de ce pays, de ce silence, de ces averses, de ce pays. Peste soit de cette ignominie. Cette saleté d’hiver.

- Courage, ma sœur. L’auberge est proche.

Alors on ne peut même plus être tranquille, seule dans ses pensées. Sirka jeta un œil à l’adresse de Thaïs, qui comme à son habitude arborait une inexpression macabre. Angoissante. Cette femme, cette « sœur » bien que toutes deux ne soient liées que par le sang qu’elles ont versé, lui donnait froid dans le dos. Tout en lui procurant un certain sentiment de sécurité. Il était très déplaisant de voyager avec elle, mais c’était rassurant. Pour avoir une idée du personnage, il fallait lui retirer trois ou quatre pommes. Par rapport à Sirka. Quatre ou cinq sourires. Et une infinité d’émotions. Il fallait aussi lui dessiner un regard en amande. Et la peindre d’arabesques noires si denses qu’Albyor elle-même espèrerait que ce fût plutôt une blancheur pleine d’espoir tracée précipitamment sur une peau trop sombre. A cela on ajoutait une connaissance martiale proprement écœurante, une expertise difficilement égalable dans le domaine de l’assassinat froid et silencieux, et un goût prononcé pour le sang humain.




- Je te ferai le henné, grogna-t-elle dans un langage approximativement commun. Ta peau trop blanche.

Sirka leva les yeux au ciel. Décidément cet hiver rendait fou. Elle referma son épaisse fourrure contre sa poitrine. Se demanda si finalement l’auberge était trop éloignée.

- Shaïa est passée.

Elle ne put que compléter sa phrase face à l’interrogation qu’elle suscitait de la part de celle qui supportait déjà ces tirades sans queue ni tête –en l’occurrence, plutôt sans queue, mais l’expression fonctionne beaucoup moins bien amputée de la sorte- depuis trois longs jours. Thaïs explicita donc sa pensée :

- Son parfum. A peine deux heures.

Par Melkor, enfin une lueur d’espoir dans cet enfer de neige. La promesse d’une forme un peu plus évoluée de civilité. Shaïa. Elle aurait pu inspirer autant de crainte que Thaïs si elle… Non en fait les deux se valaient. C’étaient les mêmes machines à tuer. L’une plus froide que l’autre. L’autre peut-être plus impulsive –donc prévisible- que la première. Mais globalement, On avait affaire au même genre de vilaine bestiole, catégorie barbare primitive, option hématie à profusion. Shaïa offrait l’avantage d’une conversation relativement rationnelle, saine à ses jours. Et Sirka restait persuadée que son enfant, qui bénéficiait encore de la présomption de vie, n’était pas étranger à cette dernière parcelle d’humanité. En fait, il n’y avait que cette hypothétique existence qui maintenait Shaïa dans un état de… Raison, toujours très discutable. Le reste n’était que haine et cruauté. Bref, elle faisait peur.

L’Auberge se dessina sous un rayon de soleil qui pointait timidement le bout de son nez. Sirka ne doutait pas que Thaïs était pour beaucoup dans cette réserve.

Les deux femmes stoppèrent leurs montures. Se regardèrent. La plus réfléchie des deux –nul besoin de vous la nommer- mit pied à terre, imitée par sa sœur, et alla attacher les chevaux derrière ce qui semblait être un poulailler, sous un pied de neige. Puis elle resta en retrait de son aînée –oui, la petite est âgée d’à peine vingt-deux ans, c’est prodigieux- pour entrer. Elle connaissait moins bien que Sirka les us et coutumes de ce pays, et serait beaucoup plus à même de trancher les nez qui s’approcheraient d’un peu trop près. Le Soleil avait ses raisons.

Sirka poussa la porte, suivie presque d'aussi près par son ombre que par sa sœur. Haussa un sourcil de méfiance. Trop de foule par ici. Et trop d'hommes. Ces créatures sont aussi puantes en dedans qu'en dehors, et apportent le risque perpétuel de voir les choses dégénérer par la simple présence de femelles. Lesquelles étaient déjà en surnombre dans la situation initiale des choses. Elles venaient de doubler leur effectif. Le pire était à craindre.

Armée de son plus hautain faciès, Sirka fendit la salle sans accorder le moindre regard à autre que Shaïa, qu'elle fixait depuis son entrée. Arrivée à sa table, il lui fallut tout de même diriger son attention vers le soldat qui semblait "escorter" son amie. Elle posa la main gauche sur le pommeau de son épée. Communication non-verbale des plus efficaces. Derrière elle, Thaïs était stoïque. Une main soigneusement dissimulée dans la manche de sa fourrure caressait déjà l'acier d'une lame de taille et de forme inconnue, mais dont la mise en application se passerait de questionnement superflu. Aucune volonté d'intimidation. C'est ce qui la distinguait de Sirka qui, malgré l'assurance de son regard, avait tout de même besoin de se mesurer aux mâles par le seul appendice auquel ils portent crédit. Evidemment leur épée. Faut tout vous expliquer...

- La dame est entre de meilleures mains à présent. Vous pouvez disposer.

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Aldarion
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Mer 23 Oct 2013 - 0:56
Personne ne l'avait perçu. Ca n'avait duré qu'un tout petit instant. Ballas avait vécu un nombre incalculables d'aventures. Il avait patrouillé dans la Vieille Garde pendant des années. Il avait passé son enfance au nord parmi les vétérans. Il avait été de toutes les batailles que l'Arnor avait mené. Il avait combattu aux côté de Mephisto quand les Royaumes Réunifiés étaient partis à la guerre de concert.

Il était le compagnon d'entrainement préféré d'Aldarion : vif, puissant et imprévisible. Le roi d'Arnor l'avait obligé à suivre une éducation sur le tard, pour que la bête de guerre devienne également un homme fin et subtil. Malgré tout, malgré le sang glacé qui lui coulait dans les veines, il avait été à deux doigts d'en coller une à cette chienne étrangère. Il détestait l'arrogance, surtout quand elle était l'oeuvre d'une personne qui ne pouvait s'en offrir le luxe. Ballas ne sous estimait jamais ses adversaires. Il partait toujours du principe qu'il pouvait trouver plus fort que lui. Cependant, à trente contre deux, trois si la femme déjà sur place se joignait à elles, le combat risquait vite de tourner court. Surtout si les trente soldats avaient tous étés choisis et triés sur le volet parmi tous les régiments d'Arnor pour composer la garde personnelle du roi Aldarion. Dans ces circonstances, se permettre de jouer la carte de l'intimidation paraissait pour le moins suicidaire.

Le regard de Ballas avait changé pendant quelques secondes. Il était réellement prêt à mourir pour son roi. Nombreux sont les hommes qui jurent fidélités à un prince ou à un seigneur et qui, le moment venu, tournent les talons afin de sauver leur peau. Ballas avait la certitude depuis qu'il avait rejoint Aldarion qu'il mourrait pour lui. Il ne cherchait pas la mort, il n'était pas tête brulé... il était juste prêt. Se montrer ostensiblement agressif dans la même pièce que son souverain était dès lors une très mauvaise idée. Heureusement pour Anselme, le Roi d'Arnor avait capté l'intention de son garde du corps et, d'une main posée sur son bras, il l'avait dissuadé d'entrer dans le jeu des deux femmes. Il voulait autant que possible éviter de perdre inutilement des forces dans une bagarre de taverne. C'était le poids de la responsabilité royale. Il leva les mains en signe d'apaisement.

" Calmons nous."

Sa voix était posée et puissante. Elle se voulait cependant apaisante, une nouvelle facette qu'Aldarion tendait à développer depuis quelques mois, en parfaite adéquation avec les aspects plus fermes et autoritaires de sa personnalité.

"Je suis Aldarion, fils d'Irimon, Roi d'Arnor."  

Aldarion laissa sa phrase flotter dans l'air quelques instants. Tous les regards se concentraient désormais sur lui.

" Ma présence dans cette auberge est pour le moins... fortuite. Sachez simplement que certains individus semblent en vouloir à ma vie et à mon royaume. C'est pour cette raison que nous nous devons d'être très prudents. Notre position est secrète, et nous ne tenons pas à ce que vous la transmettiez volontairement ou non. De là vient notre ordre de demeurer ici et de ne pas vous éloigner. "

Le roi d'Arnor était persuadé que la diplomatie était adaptée à la situation. La raison d'état suffisait à justifier beaucoup de choses.

" Si vous restez calmes, il n'y aura pas de problèmes. Vous pourrez même discuter tranquillement comme si nous n'étions pas là. Par contre, si vous estimez que des personnes doivent mourir ici et maintenant, soyez assurées que vous en ferez partie."

Le ton était toujours identique, mais la dernière phrase ne manquait pas d'une certaine fermeté. Il attendait désormais la réponse de ses interlocutrice. Cependant, il fut interrompu par une nouvelle apparition dans l'auberge. Deux vétérans venaient de l'ouvrir, faisant pénétrer un vent glacé dans l'établissement d'Anselme. Ils encadraient un homme, vêtu comme un rôdeur.

"On l'a trouvé sur la route, il se dirigeait vers l'auberge."

Décidément, Anselme allait vraiment manquer de nourriture.


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Thorondil
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Sam 26 Oct 2013 - 10:46
[EDIT : Suite à quelques erreurs dans mon récit, j'ai édité certains passages.]

La route depuis la Lorien s'était faite d'une traite, dans la hâte. Plusieurs passages avaient été rendus impraticables par les chutes de neige. Et plus les détours se multipliaient, plus Thorondil perdait patience... Elei aurait pu rejoindre son pays natal en un ou deux jours tout au plus. L'Arnor était si proche et il se retrouvait bloqué encore et encore quand il constatait que le manteau neigeux avait condamné les cols et les chemins de traverse dans la montagne. Chacun de ses raccourcis se révélait pur perte de temps les uns après les autres à sa plus grande frustration.
Quand, enfin, il avait réussi à trouver une voie libre, il avait avancé d'un pas vif, sautant les étapes, se reposant peu et avalant le maximum de kilomètres à la lumière de la lune quand celle-ci et le temps le lui permettaient. Il faisait froid, et humide, et sombre, mais le dùnadan n'était guidé que par un seul but : enfin revoir sa fille et la serrer dans ses bras. Les enfants de la Lothlorien lui avaient rappelé à quel point Merilin lui manquait.

L'arrivée en terre d'Arnor marqua pourtant les débuts des ennuis.
Lith, sa jument, glissa contre une plaque de verglas alors qu'ils traversaient au galop une plaine rocailleuse et peu enneigée. L'incident n'était pas grave mais conjugué à la fatigue d'une longue route, au froid terrible et aux engelures qui ornaient déjà le pourtour des solides sabots, l'animal se mit à boiter. Doucement d'abord puis de façon plus marquée au fur et à mesure de leur progression. Ils durent faire rapidement halte mais un peu de bricolage, un vieil onguent maison et un bandage bien serré suffirent à remettre les compagnons en route.
Le lendemain, ce fut au tour d'Elei de céder. Le pauvre faucon frigorifié refusait obstinément de quitter la chaleur salutaire de son maître, refusant même de partir chasser et obligeant Thalion à partager sa maigre part de viande séchée qui ne pu alors remplir leur estomac à tout deux.
Et pout finir, Thorondil fatiguait lui aussi. Ses réserves du pays de elfes avaient été épuisées par ses multiples détours et il ne mangeait désormais plus que du pain rassis et humide, de la viande fumée et quelques petits fruits secs qu'il avait encore réussi à économiser jusque là.
Il finit par se rendre à l'évidence : il devait faire halte. Un bon repas chaud, la chaleur d'un feu entretenu ainsi que des écuries propres et sérieuses suffiraient à continuer le voyage sans risque. La boiterie de Lith le ralentissait déjà énormément, il fallait que sa fidèle compagne se repose et reprenne des forces.

Il y avait dans cette région une petite auberge au nom ronflant mais peu de classe qui pourtant avait tout pout plaire à Thalion. Un petit coin discret à l'écart des grandes routes et des curieux où l'on pouvait écouter tranquillement les dernières nouvelles de la région de ses voisins de tablée devant un bon repas dans un relatif calme. C'était exactement ce qu'il lui fallait à cet instant précis !
Après avoir consulté la position du soleil et sa carte mentale de la région, il mit le cap vers l'ouest.

Alors qu'il arrivait en vue de l'auberge, Thorondil fut prit d'un étrange sentiment, comme si quelque chose clochait. Il fut rapidement fixé. A peine pouvait-il distingué la porte du bâtiment, que deux hommes lui barrèrent la route fermement, armes pointées vers lui. Leurs habits ressemblaient à ceux de soldats.

« - Pieds à terre et suivez-nous ! » exigèrent-ils avec une autorité qui semblait leur être habituelle.

Il tenta d'abord de se défendre, amorçant un léger mouvement vers son épée, mais remarqua rapidement le symbole qu'arboraient les individus.  Impossible !... La sagesse lui dicta donc de les suivre sans résistance.
Il sauta à terre, les mains levées en signe de reddition. Il ne dit pas un mot, se contentant de faire passivement ce que les vétérans lui ordonnaient. Ses yeux de mithril les suivaient du regard, analysant le moindre mouvement, le moindre indice. Il restait sur le qui-vive. Dans tous ses voyages, il en avait croisé des hommes se faisant passer pour d'autres. Particulièrement parce que son père avait été un militaire et qu'il avait apprit jeune à reconnaitre leur symbole. Que faisait donc la garde royale dans ce coin reculé ?!

Arrivé aux portes de l'établissement Thalion obtint l'autorisation des hommes de confier sa jument au palefrenier de l'auberge mais l'obligèrent sans ménagement à attacher le magnifique faucon qui trônait encore sur son épaule. Sans doute craignaient-ils que l'animal puisse délivrer un quelconque message. Cette paranoïa laissait effectivement à penser qu'une personne de haute importance se tenait dans cette auberge. Après tout la Gardes de la Rose était la garde personnelle du Roi d'Arnor lui-même.
Elei se rebiffa par deux fois avant de céder enfin et laisser Thorondil passer les liens de cuir autour de sa patte, la privant d'une liberté qu'il lui avait rarement refusé. Et le fauconnier savait qu'il allait regretter longtemps ce geste, les rapaces savaient à merveille se montrer rancunier.
Il soupira longuement avant de se laisser escorter à l'intérieur, encadré par les deux soldats qui le serrait de près. Bien trop près à son goût...

Dans la salle se tenait bien plus de monde qu'il n'en avait jamais vu de toutes ses visites dans ce bâtiment. Quelques femmes dont des étrangères, beaucoup d'hommes d'arme et tous ces regards convergés sur un seul homme, droit, au port noble. Thalion n'avait, contrairement à son jeune demi-frère et son père, jamais vu le roi de sa vie, il était donc dans la plus totalement impossibilité de reconnaitre celui qui centralisait toute l'attention. Mais il savait que se tenait face à lui un homme important d'Arnor. Il était bien difficile de concevoir que le souverain d'Arnor puisse se trouver dans pareil endroit. Thorondil ne parvenait même pas à en accepter l'idée.
Pourtant, il le salua d'un bref signe de tête en signe de respect. Quoiqu'il en soit, les hommes d'arme faisaient preuves d'un respect muet envers cet homme, ce n'était donc pas un simple voyageur. Mais, comme avec les soldats, il ne baissa ni ne détourna le regard.

Il se racla la gorge, dégagea son visage balafré de ses longs cheveux de lin et s'adressa d'abord au propriétaire des lieux de sa voix grave :

« - Voilà une bien mauvaise façon d'accueillir tes clients, Anselme. Un repas chaud et de l'hydromel. »

Puis il s'adressa directement au roi pensant avoir à faire au plus gradé :

« - Messire. J'espère qu'il y a une bonne raison à tout ça. Je n'aime pas spécialement être traité de la sorte. »

Les yeux de l'homme à côté de son interlocuteur semblèrent s'enflammer de colère. Thorondil reconnu immédiatement celui qui devait diriger tous ces soldats. Un capitaine peut-être, mais un garde du corps surtout.  Respectable et fidèle, et dangereux. De quoi éveiller l'intérêt du fauconnier. Il sentait l'homme capable de mourir pour sa cause. Il s'était donc trompé sur l'identité de celui à qui il s'était adressé. Et soudain tout s'éclaira. Il comprit enfin qui était l'homme au capuchon vert. Et bien qu'il garda la même attitude, un éclair d'inquiétude et d'insécurité le traversa. Il avait besoin de comprendre la situation. Le Roi d'Arnor en personne se tenait au milieu de la pièce, devant lui. Il regretta le peu de déférence de ses paroles qui, il en avait désormais pleine conscience, risquait de lui attirer bien des ennuis.
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Eliah Tandoril
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Lun 9 Déc 2013 - 17:18
[hrp : Je suis désoléééééée pour le retard ! J'ai fait un RP rapide, ne m'en veuillez pas si c'est plein de fautes et de coquilles ! je me rattraperai la prochaine fois Very Happy]




S'il ne s'agissait pas d'un piège qu'on lui avait tendu, cela y ressemblait fortement. Depuis le début de son périple, la jeune femme était mal à l'aise et n'arrivait pas à comprendre les raisons de son voyage et voilà que comme par hasard, tout à fait à l'endroit complètement abandonné ou elle venait se restaurer, il arrivait une troupe nombreuse et hargneuse. Elle ne put s'empêcher de rouspéter au ton autoritaire qui ne souhaitait pas son départ. Son tempérament et son éducation ne lui permettait pas de prendre ce genre de situation calmement. Son sang bouillonnait dans ses veines mais même pour une guerrière expérimentée, seule contre tout ces soldats, c'était du suicide. Elle se posta donc devant le garde et toisa du regard celui qui semblait commander. Quitte à rester prisonnière ici, autant en savoir d'avantage.

Alors qu'elle s'apprêtait à relancer une nouvelle fois ses assaillants, la porte s'ouvrit avec fracas et dans une entrée magistrale et très remarquée, deux femmes qui ne lui étaient pas inconnues entrèrent à grande enjambée. Le visage de Shaïa s'illumina. A défaut de voir son sourire caché par son foulard, ses yeux lançaient des éclairs aux soldats alentours. A présent les forces s'équilibraient et même si elles n'étaient que peu nombreuses, ces trois là n'auraient pas de mal à se frayer un passage entre la mêlée désordonnée et pitoyable que formait les soldats. Les nouveaux arrivants semblaient plus préparés que ceux attablés, mais qu'importe. Elles avaient l'agilité, la férocité et la détermination.

Revoir Sirka lui mit du baume au coeur. Elle n'arrivait pas à se souvenir quand pour la dernière fois elle avait sentit son coeur aussi léger. La solitude pesait, même si la jeune femme ne voulait pas l'admettre. Elle reconnaissait également l'inchangée et inchangeable Thaïs qui fidèle à elle même ne laisser passer aucune émotion. Sirka elle non plus n'avait pas changé. Son caractère explosif ne tarda pas à ressortir quand elle fit face aux soldats avec des menaces à peine voilées. Les trois femme, la main sur leurs armes respectives n'attendaient plus que le moment propice pour taillader ces bougres et partir aussi loin que leur permettrait cette satané neige. Mais visiblement, l'homme qui se trouvait au centre de tout ce petit manège paraissait plus sage que les autres et il daigna parler afin de présenter la situation. De se présenter lui ...

D'une voix calme et puissante, il se présenta comme le roi d'Arnor. Un roi ... s'il pensait qu'il allait susciter le respect ou l'admiration devant les étrangères, il se fourvoyait. Shaïa se renfrogna juste un peu plus, fixant du regard chacun des soldats. Était-ce de ceux là qui des années auparavant avaient croisés sa route et gâché sa vie à jamais. Mais elle n'arrivait pas à se rappeler clairement. Ils auraient bien pu être présents, mais ils pouvaient aussi ne pas avoir été mêlés à cette histoire. Non, elle devait faire confiance à ses sens et à son instinct. Ces hommes là n'étaient pas les ravisseurs de son fils. Elle laissa échapper sa main du pommeaux de son épée et regarda Sirka. Si les intentions du roi d'Arnor étaient nobles, elles ne correspondaient pas à ce que les femmes du Rhûn avaient pour dessein. Shaïa joua la carte de la sûreté. De son accent délicat elle s'adressa directement au roi sans autre forme de politesse.

“Nous concevons que votre vie soit en danger. Mais combien de temps devront nous rester en ces lieux ? Nous avons à faire et devrons repartir une fois la neige calmée. Vous n'avez aucunement le droit de nous retenir ici !”

Ses dernières paroles étaient plus féroce et son regard s'était plongé dans celui de l'homme. Elle n'arrivait pas à distinguer s'il était vieux ou juste fatigué par le temps. Mais son visage marquait une grande sagesse et un tempérament incroyable. Un homme respectable de ce qu'elle pouvait en juger. Malheureusement, cela ne suffisait pas à attendrir un coeur aussi dur que celui de la jeune femme. Elle devait s'entretenir avec ses compagnes afin de savoir pourquoi elles l'avaient fait venir dans cet endroit isolé. Puis elle devraient trouver un moyen de quitter ce lieu. Mais pour le moment, Shaïa reprit place à sa chaise et s'adresse cette fois-ci au soldat qui était venu la surveiller.

“Je vous prie de nous laisser seules. Nous n'avons pas besoin d'un chien de garde ! Vous n'avez cas nous observer de loin si cela vous chante, mais ne nous dérangez pas ou cela risquerait d'être la dernière chose que vous feriez dans votre vie”

les yeux bruns de Shaïa étaient aussi froids que la neige qui tombait au dehors. Aucune émotion, aucun remord. Juste une triste vérité qu'elle n'hésiterait pas à appliquer. Peu en importait les conséquences. Alors qu'elle invitait ses soeurs à prendre place tout autour de la table, la porte s'ouvrit de nouveau laissant passer deux soldats et un homme à l'allure étrange. Shaïa n'avait jamais vu de pareil créature. Elle fronça les sourcils et détailla la nouvelle scène qui s'offrait à elle. Décidément, la journée ne se terminerait pas sans embûche. Ou pire ...
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Sirka
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Dim 15 Déc 2013 - 18:21

Petit discours clarificateur. Annonciateur, également, de nombreux problèmes. Sirka et sa sœur avaient pris place à la table de Shaïa. Le tavernier, probablement gagné par une immense fierté relative à la présence du monarque en son humble troquet, n’avait pas même pris la peine de leur demander ce qu’elles souhaitaient consommer. Il leur faudrait se déplacer. Plus tard. Lorsque les choses auraient repris leur cours normal. Sirka détailla sans autre forme de discrétion ledit roitelet. Plutôt charismatique, relativement à ses sbires en armures. Qui eux formaient une piètre représentation de l’ « élite » arnorienne - comme les occidentaux se plaisaient à la nommer. Insuffisante pourtant à impressionner même les humbles miliciennes orientales présentes en ces lieux. Enfin, il était toujours intéressant de mettre un visage sur l’entité trop souvent abstraite qui gouvernait. Une spécialité des occidentaux, encore. Aldarion. Un chef de guerre plus qu’un aristocrate, c’était déjà ça. Il semblait proche de ses hommes. Tout du moins de celui qui passait pour le capitaine de cette meute. Et qui aboyait bien trop fort au goût des silencieuses jeunes femmes. Fort heureusement pour elles, Aldarion semblait inquiet quant aux possibles déviances qui ne manqueraient pas d’attirer l’attention sur sa personne dans la région. Il n’avait donc pas que des amis par ici. C’était intéressant. Sa stratégie l’était tout autant. Pourquoi s’entourer d’une troupe de grotesques et bruyants soldats, repérables à des milles même par des étrangers venus des terres lointaines de l’Est… si le but de la manœuvre est de traverser ses propres terres sans se faire remarquer ? Etrange. Stupide. Il eut mieux fait de se vêtir plus chichement et de voyager de nuit, accompagné d’un ou deux rôdeurs expérimentés et de chevaux rapides et endurants. Là, il ne manquait plus que les cors et l’étendard. Ridicule.

Une main posée sur l’avant-bras de Shaïa suffit à la faire asseoir. Thaïs, silencieuse, était comme plongée dans ses pensées. Absorbée par quelque rêverie, le mal du pays, ou simplement une inattention passagère. Rien de tout ça. La concentration lui fit fermer les yeux. On aurait pu croire qu’elle se fût assoupie, trop fatiguée par le voyage. En vérité elle ne perdait pas un seul mouvement, une seule bribe de phrase, un seul tintement de pièce d’or ou d’arme que l’on pose sans ménagement sur un banc ou contre une table, dans cette foutue taverne. Plongée dans une sorte de transe que Sirka n’était jamais parvenue à expliquer, elle offrait un parfait exemple de sentinelle immobile, sombre gargouille que seul un danger imminent pour celles de sa tribu pourrait sortir de sa torpeur. Ni Sirka ni Shaïa ne s’en formalisèrent plus que ça, habituées qu’elles étaient à cet étrange phénomène.


- C’est vraiment plaisant de te voir par ici. Cinq ans que je n’ai pas vu le pays. Il me tarde de rentrer. Et… j’aimerais beaucoup que tu viennes avec moi. Quoi qu’il arrive…


Elle baissa les yeux un instant. Chercha ses mots. Ses sourcils froncés. Contrariée. Elle avait promis à Shaïa de l’aider à retrouver son fils. Elle ne nourrissait pas beaucoup d’espoir à son sujet, mais si ce gamin était encore en vie, alors elle regretterait toute sa vie de ne pas avoir remué ciel et terre pour le retrouver. Après tout, il faisait partie de la famille. C’était ainsi à Rahjna. Mais les nouvelles n’étaient pas particulièrement réjouissantes. Les trafics d’esclaves allaient bon train en ces sombres années. Les marchandeurs d’humains exerçaient probablement l’activité la plus lucrative de ces temps, avec le mercenariat. Et il y avait fort à parier que dans le meilleur des cas, et dans l’hypothèse qu’il soit toujours en vie, le garçon servait de domestique à quelque gras et vulgaire aristocrate occidental.

- Je dois regagner Vieille-Tombe au plus tard à la fin de l’été… ça nous laisse moins de six mois pour clore cette affaire. Après je ne pourrai plus t’aider. J’espère que d’ici là, nous aurons une réponse. Parce qu’il est hors de question que je te laisse seule dans la nature. Kerlem m’a demandé de te ramener saine et sauve, avec ou sans le petit. S’il n’est plus de ce monde, il faudra te faire une raison.

L’assurance avait soudain regagné ses mots. Il fallait au moins que l’une d’entre elles se montre un tant soit peu rationnelle. Bref coup d’œil vers Thaïs. Toujours au même stade. Rien de préoccupant, donc. Elle n’avait pas relevé un seul mot de la conversation, jugeant cela trop « léger ». Telle que Sirka la connaissait, elle se fichait pas mal de l’entreprise de Shaïa. Non pas qu’elle soit totalement dépourvue d’affect. Quoique… On pourrait vraiment se pencher sur la question… Quoi qu’il en soit, elle considérait comme une perte de temps la poursuite de ce genre de chimères. D’après ses calculs, les chances pour que le petit soit encore vivant étaient trop maigres pour qu’elle daigne risquer sa vie dans une telle aventure. Elle préférait protéger les vivants, plutôt que courir après de vains espoirs potentiellement devenus poussière entre temps. C’était… d’un pragmatisme à faire froid dans le dos.

- Cinq mois. Pas un jour de plus, répéta Sirka à l’adresse de son amie. Je commence à connaître cette région. Si nous voyageons assez léger et sans faire de détour, en minimisant les haltes, nous pouvons atteindre le Rohan en deux ou trois semaines. Elle leva les yeux vers la compagnie de soldats qui les entourait. Enfin, si on arrive à sortir d’ici rapidement.
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Aldarion
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Sam 18 Jan 2014 - 19:21
Alors que les étrangères s'étaient attablées, sous le regard sévère de leurs gardes, le fauconnier paraissait pour le moins déconfit. Peut être venait il de comprendre face à qui il se trouvait. Chaque homme possède son honneur et sa loyauté, mais à côté de cela chacun dispose d'une certaine capacité à comprendre les dangers qu'une prise de position peut entraîner.

Cependant, Aldarion était bien loin de ces préoccupations. Son royaume était déstabilisé et on tentait de prendre sa place. Sans aucune prétention, il savait que dans l'intérêt de son royaume et de ses sujets il valait mieux que l'Ordre ne prenne pas le pouvoir. Il allât s’asseoir à une large table à laquelle Anselme ne tarda pas à apporter une bonne assiette de potée. Il avait fait un effort considérable pour dresser l’ensemble de manière à lui donner un aspect agréable. Pourtant, de toute évidence, le mélange de fayots, de pommes de terre et de lardons avait mijoté de trop longues heures. Cette cuisson prolongée avait fait perdre toute forme aux ingrédients qui se mêlaient désormais en une seule mixture.

Aldarion n’en avait cure, il n’avait plus eu de repas chaud depuis deux jours et il accueillait cette pitance avec bonne humeur. Alors que l’aubergiste servait les différents clients à tour de rôle, un homme fit son entrée. Sans un regard pour le reste de l’assemblée il s’approcha du Roi et s’assit à sa table.

« Les éclaireurs rapportent que Vilyan est à vingt kilomètres d’ici. Il aurait près de cinq cents membres de la Milice Marchande. »

Aldarion acquiesçât se servant à nouveau une cuillérée de potée.

« Nous pourrons difficilement rassembler plus d’hommes sans prendre un fâcheux retard. Nous devons tabler sur la fidélité des gardes du lac d’Annuminas. Une fois qu’ils auront compris la situation ils se rangeront à nos côtés. »

Ballas secoua la tête.

« Pour peu qu’ils la comprennent. L’Ordre sème le doute depuis des semaines… Nous devons intervenir avant le couronnement. »

L’homme qui était arrivé en dernier reprit la parole.

« J’ai peut-être un plan… Votre fils doit être couronné sous dizaine. Cela ne devrait plus tarder désormais. Les cloches de la ville sonneront trois coups pour annoncer votre mort. Sauf si nous parvenons à leur en faire sonner dix coups ce qui annonce… »

Aldarion termina sa phrase.
« … Le retour du Roi. »

Le roi sourit, c’était un excellent plan. Les dix coups de cloches combinée à son arrivée permettrait de reprendre la ville sans coup férir.

« Parfait, nous devons rejoindre Vilyan au plus vite. »

Son regard se tourna alors vers les trois femmes de l’auberge et vers l’homme arrivé depuis peu. Il se leva, invita le fauconnier qui se tenait en retrait à le rejoindre à la table des mercenaires.

« J’ai un problème : vous. Je ne peux pas vous laisser derrière moi en courant le risque de vous voir dévoiler ma position à mes ennemis. Je crois que certains d’entre vous sont des mercenaires, je dois avouer que j’aurais bien besoin de bras en plus. Vous avez le choix : combattez pour moi et, quand la ville sera reprise je vous couvrirai d’or ou… refusez et vous serez trainés de force à la suite de mon armée. »

Il n’y avait aucune agressivité dans la voix du souverain, il espérait sincèrement que ses interlocuteurs allaient se montrer raisonnables.


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Eliah Tandoril
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Mar 28 Jan 2014 - 16:56



Toute cette situation n’avait plus aucun sens pour les trois femmes qui se préoccupaient du roi et de ses désirs autant que s'il s'agissait d'un simple palefrenier. Si elles avaient été plus curieuses, elles auraient pu se demander ce qui l’amenait ici, la raison pour laquelle il se trouvait dans une auberge sans confort en plein hiver avec ces hommes, mais cela ne semblait pas les intéresser outre mesure. Quant à Shaïa, toutes ses pensées furent captées sur l'instant par les mots de Sirka. Cette dernière semblait vraiment heureuse de l'avoir retrouvé. Et sa proposition n'était pas des moindre. Elle avait écouté avec patiente et politesse la proposition de sa sœur, mais quand elle eut entendu l’ensemble, un frisson glacé lui passa dans le dos, tel que le pire vent d’hiver n’aurait pu être capable de lui faire ressentir.

Ce que lui demandait la jeune femme était tout simplement impossible, hors de sa portée pour le moment. Elle avait débuté sa quête pour une raison, une seule. Elle n’avait qu’un but et qu’un désir et si on lui enlevait cet espoir, que lui resterait-il ? Le plaisir du combat et des bonnes choses, du pouvoir même parfois ne pouvait suffire à la femme qu’elle était. Même la guerrière ne pouvait se contenter de quelques missions avec des mercenaires sans cervelles pour se sentir vivante. Pourtant elle comprenait le raisonnement de celle qui était son amie et qui lui était restée fidèle après nombres de tempêtes. Cela faisait trop longtemps que Shaïa courrait après un fantôme, après une ombre qu’elle ne rattrapait jamais et pourtant … elle se sentait à présent si près du but. Pourrait-elle tout gâcher pour le désir de Kerlem ? Dans un accès de rage ou de faiblesse, la brune frappa de sa main sur la table, faisant trembler ce qui s'y trouvait et attirant par la même occasion le regard de la plupart des hommes encore censés.

Elle ferma les yeux un instant afin de faire le vide, de se calmer. Elle ne pouvait accepter ou refuser la proposition de Sirka sans y avoir réfléchit un certain temps. Cinq mois ... Mais si elle abandonnait sa quête, ce ne serait certainement pas pour retourner en Rhûn, ce pays de tous ses malheurs. Non, si elle devait cesser de chercher l’enfant, elle partirait tout de même vers le sud, vers les terres sauvages peut-être, pour savoir ce qui s’y passait. Les choses bougeaient dans ce coin là du pays disait-on et même au Rohan de grands combats étaient menés. En s’engageant dans quelque armée, elle serait certainement assez occupée pour oublier son chagrin. Ses yeux bruns plongèrent dans ceux de son interlocutrice.

"Je ne peux accepter. Pas encore. Mais je ne le refuse pas. Sache néanmoins que mon désir n’est pas de retourner dans le Rhûn et d’y demeurer. Y retourner et reprendre des forces avant de repartir, pourquoi pas, mais je refuse de rester là bas. J’irai au sud, quoi que tu en dises !  Mais d'ailleurs, pourquoi dois-tu te rendre dans ce délai auprès de Kerlem ?"

Shaïa baissa la voix avant de reprendre : “Tu es en mission ?”

Mais pour l’heure, les trois guerrières n’iraient nulle part si elles ne s’occupaient pas de tout ces oiseaux là. Les soldats déjà installés lors de l’arrivée de Shaïa ne représentaient que du menu fretin. Elle seule aurait pu en venir à bout après qu’ils eurent vidés quelques pintes de bières. Pour les autres néanmoins, c’était autre chose. Elle était perdue dans ses pensées, observant les hommes en présence quand le roi d'Arnor prit la parole s'adressant directement à elles, ainsi qu'au nouveau venu. Surprise, Shaïa tourna les yeux vers lui. Il fit alors une proposition ou une menace implicite (ou pas d’ailleurs), aux étrangères. Il n’avait certainement aucune idée à qui il s’adressait. Qu’est ce qu’un homme d’Arnor pouvait connaître du pouvoir des gens du Rhûn ? Rien certainement ou si peu. Des mercenaires avait-il dit ... Un petit sourire aux lèvres, elle se leva et fit une révérence grotesque devant l'homme qui venait de parler :

"Rejoindre votre armée messire, mais pourquoi ferions-nous cela ? Nous couvrir d'or dites vous, mais rien ne nous assure que vous en ayez assez pour même payer vos propres hommes !"

La brune s'appuya légèrement sur la table et se saisit d'une des boissons laissées la. Elle trempa ses lèvres dans la chope qui lui avait été remise et fit une grimace. Pas étonnant que cet endroit était aussi désert si les vivres étaient aussi peu gouteux ! Elle reprit sarcastique.

"Mais je me demande néanmoins, combien de pièces d'or on offrirait à ceux qui rapporterait la tête d'un roi déchu !"


La jeune femme sentit un frémissement dans les rangs et un rapprochement à ses côtés et elle fut prise d'une excitation soudaine à l'idée qu'un combat allait peut-être éclater. A quoi servait la prudence à présent, puisque le roi leur avait donné un choix qui ne les satisfaisait pas. Et elle était certaine de parler aux noms de ses amies également en disant qu'aucune d'elles n'avaient envie de suivre cette troupe désarticulée où que ce soit. Mais déclencher un combat ici et maintenant était aussi dangereux que de sortir nu dans ce froid après avoir été trempé dans un baquet d'eau. Shaïa posa ses doigts sur un petit poignard qu'elle avait à sa ceinture et le caressa du bout des doigts.

“Les choses sont simples. Vous l'avez dit vous même, vous avez besoin de bras pour votre armée. Si vous engagez un combat maintenant, malgré votre nombre vous pouvez être sur que nombreux de vos hommes tomberont. Je vous propose autre chose. Vous nous payez correctement et nous partirons en prétextant ne jamais vous avoir vu ! Ou alors nous pouvons dire que nous vous avons tué ! Mais nous mener de force dans votre armée ne serait pas non plus la meilleure des idées, croyez-moi”.

Sa voix roulait comme un tonnerre et ses yeux lançaient des éclairs. Elle aurait aimé finalement savoir ce qui se passait ici, pourquoi il devait se cacher et contre qui exactement il se battait. Elle ne doutait pas que ce roi là soit un homme d'honneur, mais quand un homme avait tout perdu, que lui restait-il ?
Shaïa s'était rapprochée de Sirka et Thaïs. Cette dernière paraissait plus vive qu'à son arrivé. Elle ne savait pas ce que ses amies décideraient, mais quoi qu'il arrive, elle les suivraient. La tension était à son comble et un seul geste mal interprété pourrait couter à la vie à de nombreux hommes ...
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Thorondil
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Mar 28 Jan 2014 - 17:58
[HRP : Je suis désolée de mon retard, j'ai eu un peu de mal à écrire ce post mais Eliah, je sais que j’aie été un peu longue mais ça aurait été sympa de me laisser au moins une semaine avant de sauter mon tour.]

Alors que la table du Roi commençait à être servie par l'aubergiste empressé, Thorondil n'avait toujours pas décidé de l'attitude à adopter. Il avait bien conscience d'avoir commis un impaire mais ignorait la meilleure façon de rattraper sa situation. Puis, voyant que le souverain ne prenait visiblement pas ombrage de sa réflexion bien qu'il se soit abstenu d'y répondre, il se détendit un peu. En attendant d'y voir plus clair sur la situation, il décida de s'installer seul à une petite table, comme il l'aurait fait en toute autre occasion.
Servi après la tablée royale, son assiette fut exclusivement composée du fond de marmite : ce qui avait dû être des légumes ne formait plus qu'une purée compacte à la couleur douteuse, trempant dans un bouillon gras et fade. Quant à l'assaisonnement, il semblait avoir été bonnement et simplement oublié dans la précipitation nerveuse d'Anselme... Le fauconnier soupira en jouant machinalement de sa cuillère avec deux bouts gras de viande minuscules et une rondelle de carotte qui flottaient paresseusement autour du cratère de haricots et de pommes de terre écrasés. Ce plat n'avait décidément de potée que le nom... Mais force était de constater que l'aubergiste avait honoré sa commande : le tas informe était effectivement, il ne pouvait le nier, un repas chaud... Et après un voyage éprouvant et jonché de déconvenues, chaque bouchée de cette triste bouillie lui réchauffait les entrailles tandis que l'hydromel, étrangement de meilleure qualité qu'à son dernier passage en ces lieux - sans doute sorti de la cave personnelle du patron pour le Roi -, couvrait de son goût sucré celui, flotteux, que le plat laissait en bouche. Et l'homme se laissa gagner par le réconfort d'un bon feu et d'un repas fumant.

Tout à son diner, il n'en laissa pas moins son oreille affutée trainer entre les tables à l'affut de la moindre bride de conversation susceptible de lui apporter un semblant d'explication. Tous les moyens étaient bons pour mettre un peu de lumière sur sa situation actuelle, bien surréaliste à son goût... Aucune discussion ne se révéla véritablement intéressante jusqu'à l'arrivée d'un éclaireur, ou du moins ce qu'il semblait être à première vue, qui fonça directement vers le Roi, empressé de délivrer ses nouvelles. L'ouïe fine de Thalion lui permit d'en saisir toute la substance et ce qu'il entendit lui fit froncer les sourcils. Il n'avait pas grand intérêt ni même grande connaissance du domaine politique, c'était une corvée qu'il laissait bien volontiers à son demi-frère, mais malgré cela, il sentait l'approche d'ennuis imminents. Avec le temps il avait appris à détecter rapidement ce genre de choses. Le fils du Roi, qu'il croyait pourtant toujours disparu aux dernières nouvelles, allait être couronné alors même que son père se tenait là, bien vivant et en pleine possession de ses esprits, dans cette auberge aux limites de nulle part. Cela allait bien au delà de son entendement ! Etait-il resté si longtemps éloigné de chez lui qu'il en avait loupé tant d'évènements importants ?
Le fauconnier termina son repas dans un silence méditatif, comprenant que le hasard l'avait entrainé bien malgré lui dans une affaire qui le dépassait mais dont, il en avait la vague intuition, il ne pourrait échapper. Il n'aurait jamais été fermement trainé dans l'auberge, escorté de soldats d'élite, si l'intention était de tous les laisser partir tranquillement le lendemain à l'aube. C'était peu probable.

Son intuition se confirma quand le Roi en personne se leva et l'invita à prendre place à la table des étrangères, sans doute des mercenaires à en croire leur allure, leurs accoutrements et leurs armes. Alors, Aldarion parla. Calmement, posément mais fermement, comme il sied à un roi et surtout, surtout, il ne chercha pas à dissimuler la menace de ses mots. Il n'avait pas besoin d'hausser la voix ou de balancer ses bras de grands gestes pour mettre du poids à ses paroles, c'était inutile, les simples mots suffisaient dans sa bouche pour bien se faire comprendre.
Thorondil eut un petit rictus amusé en se voyant désigné de problème. Cette scène avait un air de déjà vu dans son esprit qui l'amusa. Mais il redevint vite sérieux. Ce n'était ni le lieu ni l'endroit pour une petite rétrospective nostalgique.
Il fixa alors le souverain avec fierté, presque avec défi, voyant également là le moyen de réparer sa bévue précédente :

« - Votre Majesté, je ne suis pas un mercenaire, ni un soldat. Je n'en suis pas moins un guerrier. Je suis également arnorien et ma loyauté va à l'Arnor. Je n'ai que faire de l'or que vous offrez, vous êtes le roi de mon pays et mon épée est votre si tel est votre désir... »

Il resta un bref instant silencieux à réfléchir. Certes l'or ne lui était d'aucune importance dans son propre mode de vie, pas plus pour sa famille qui était noble et qui n'avait nul besoin de plus de richesse... Mais si le Roi d'Arnor lui était redevable d'un service ? Que pouvait bien être une simple promesse faite pour un homme prêt à ouvrir grand ses coffres à des mercenaires ? Peut-être alors pourrait-il tirer quelques avantages de cette fâcheuse mésaventure sans trahir son précieux code d'honneur.
Servir son pays, le fauconnier le ferait pour rien évidement, car il n'était pas question d'autorité ou d'allégeance à ployer l'échine, mais bien du devoir de chacun à servir sa patrie et porter assistance à son roi. Et, sinon une cause juste, c'était là la mémoire de ses ancêtres, qui s'y étaient acquittés depuis l'aube du royaume d'Elendil, qu'il honorait. Il avait déjà combattu auprès de tant d'autres peuples qu'il aurait été bien mal aisé de ne pas venir en aide à son propre souverain... Et puis cela lui permettrait sans doute d'observer d'un peu plus près le chef de la Garde du Roi qui lui semblait un homme à connaitre.
Il reprit donc très calmement, en cherchant soigneusement ses mots. Il était hors de question de froisser le roi maintenant que son identité était clairement établie.

« - Mais si Votre Majesté me permettait cette demande... Lorsque vous aurez repris sur le trône la place qui vous revient de droit, j'aurais alors une requête à vous soumettre. Et s'il était de votre bon vouloir alors de m'accorder cette faveur,je vous en serais éternellement reconnaissant. Car c'est une demande que je ferais au nom de ma fille et non pour moi, à titre de... hum... compensation. Il se trouve que c'est elle que j'allais rejoindre lorsque vos hommes m'ont arrêté. Mais je vous le réaffirme, ma loyauté vous est acquise et vous servir est pour moi un honneur quelque soit votre réponse. »

Thalion était totalement ignorant langage de la Cour, n'ayant jamais fait le moindre effort pour s'en informer, et avait bien du mal à savoir si sa façon de s'adresser au roi était exacte ou simplement ridicule, c'était difficile à dire. Lui, du moins, se sentait ridicule. Sur les champs de bataille ou au milieu de nul part, on n'utilisait guère de termes ronflants pour s’adresser à son prochain. Il espérait surtout que sa prestation, bien qu'hésitante dans la forme, ne comportait pas trop d'erreurs qui feraient perdre tout poids à sa revendication. Il n'en rajouta cependant pas plus sur la nature de sa demande future. Mais l'occasion était trop belle pour la laisser échapper. Ainsi comptait-il tirer un étrange profil de cette noble quête : ni or, ni honneur, juste le moyen d'assurer un avenir à sa fille, handicapée par son statut de bâtarde, de faire de lui un bon père pour une fois.

Thorondil avala une grande gorgée d'hydromel pensant la conversation terminée. Mais les étrangères avaient un avis bien différent sur le sujet et elles aussi savaient menacer :

"Mais je me demande néanmoins, combien de pièces d'or on offrirait à ceux qui rapporteraient la tête d'un roi déchu !"

Entendant cela, Thalion se leva lentement et se tourna vers les femmes, une main sur le pommeau de Sûliavas, la dégainant que quelques millimètres, comme une menace mais le visage impassible. Par principe, il refusait de croiser le fer avec une femme mais rien ne laissait présager les véritables intentions qui se cachaient réellement sous cette phrase et il était hors de question de prendre le moindre risque.
Les gardes du Roi avaient eux aussi réagit et la tension avait nettement monté.
Ces trois femmes croyaient-elle vraiment qu'elles pouvaient se permettre de négocier ainsi leur sortie ? Tant bien même étaient-elle des guerrières, et cela ne faisait aucun doute quant à leur attitude, à trois contre les meilleurs soldats de l'armée de l'Arnor, une poignée de miliciens, Thorondil et le Roi lui-même, elles n'avaient aucune chance de s'en sortir vivantes. Thalion avait du mal à distinguer les variations d'attitudes des jeunes femmes et les mimiques de leurs visages car les ombres mouvantes du feu aggravaient son défaut de visibilité, mais il sentait, ressentait, entendait le bruissement de leurs vêtements quand elles bougeaient et leurs respirations. Il aurait bien juré que leur interlocutrice avait apprécié son effet sur l'assemblée... et il n'aimait pas ça du tout. Il plissa les yeux et fronça les sourcils pour mieux distinguer son environnement, lui donnant un air encore plus menaçant que ses cicatrices et son visage fermé ne lui conféraient déjà.
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Aldarion
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Jeu 20 Fév 2014 - 19:44
Ballas siffla entre ses dents. Son corps s'était tendu instantanément aux paroles de la femme. Il ressemblait à un chat prêt à bondir sur sa proie. Mais un gros chat, un chat armé jusqu'au dent et rompus aux multiples disciplines de combat. Sa main était posée ostensiblement sur la garde de son épée. Trois gardes avaient instantanément pointés des arcs en direction des femmes. La tension était sans doute arrivée à son paroxysme. Aldarion quant à lui n'avait pas bougé. Il fixa Shaia dans les yeux. Il n'y avait rien de plus terrible que de lire la colère dans les yeux d'un roi descendant en droite ligne des numénoriens.

" Mes hommes mourront pour moi, aujourd'hui, demain ou dans dix ans. Ils ont signé de leur sang un pacte qui les lie à moi. Ils ont accepté l'idée qu'ils ne vivraient pas vieux. J'ai accepté l'idée de les voir mourir les uns après les autres."

Sa voix était toujours calme mais il avait cessé de faire des efforts pour se rendre sympathique. Il était redevenu l'homme qui avait déjà tué de sang froid de nombreux opposant. Sans pitié.

" Tu m'insultes femme. Et rien que pour ça je devrai te couper la langue et la donner à manger aux chiens. Je t'ai proposé de l'or et tu l'as refusé. Pour qui me prends tu ?"

Il écarta sa cape et lança au pied de la femme une lourde bourse qui contenait plus d'or que ce que quiconque aurait pu espérer.

" Tu ne sembles pas tenir à ta vie... Mais qu'en est t'il de celle de tes amies ?"

Instantanément, en réponse à ses paroles, les archers qui visaient déjà les femmes tirèrent un peu plus sur la corde. A cette distance ils ne les louperaient pas.

" Alors parle... Que me proposes tu pour que je les épargne ?"


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Ven 21 Fév 2014 - 19:39

Shaïa était assez fière de l'effet qu'elle avait provoquée chez tout ces hommes. Parfois, la force physique n'était pas la plus puissante, il fallait aussi faire preuve de force morale. Elle avait montré qu'elle n'avait pas peur et qu'elle ne se laisserait pas faire et que perdre la vie en combattant lui importait peu. Après tout, qu'est ce qui lui importait vraiment dans ce monde ? Tout ce qu'elle avait de plus précieux lui avait déjà été pris. Elle trouva très drôle le comportement de l'homme nouvellement arrivé. Il voulait se faire bien voir du roi et de ses hommes et certainement désirait-il en obtenir quelque chose en échange, bien qu'elle ne puisse deviner quoi. Combattre pour l'honneur ou l'amour de son pays, de son roi était quelque chose qui lui était complétement inconnu. Elle se battait pour elle, ou pour ceux qui avaient la chance d'être assez riche pour se payer ses services. Cela était suffisant et elle avait déjà bien à faire. Les actes de courage, d’héroïsme... quel intérêt si l'on avait rien à gagner ?

Quoi qu'il en soit, elle et ses sœurs devaient débattre pour savoir ce qu'elles devaient faire. Après tout, si elles avaient une chance d'être payées et de se divertir, la proposition du roi devait être examinée. Néanmoins, elle ne s'attendait pas à se qui se passa ensuite. Elle ne se doutait pas que le roi devait être outré et elle voyait son valet se dandiner d'impatience. S'il le pouvait il aurait croisé le fer avec la belle orientale, mais il attendait les ordres. Elle avait bien envie de lui cracher dessus tellement elle avait pitié. Il n'était même pas capable de prendre une décision seul, c'était un homme qui avait besoin de commandement, qu'on lui dise quoi faire. Cela ne l'étonnerait pas d'apprendre que sa femme soit celle qui commandait à la maison ! Mais c'est le roi qui prit la parole, parlant d'une voix forte et puissante. Une fois n'est pas coutume, Shaïa tendit l'oreille et écouta ce qu'il avait à proposer. Elle sourit en entendant son discours. Clair précis et aucune mièvrerie. Un vrai roi, a vrai dire, un vrai chef. Il savait qu'il ne pourrait pas sauver chacun de ses hommes, il ne leur mentait pas et ne leur permettrait pas de penser que tout se déroulerait sans encombre. Alors donc ils se battaient en connaissance de cause...

Mais avant qu'elle ne parte plus loin dans sa réflexion et qu'elle ait le temps de ressentir un peu de respect pour cet homme fatigué par le temps et les épreuves, il la menaçait déjà de lui couper la langue. Ses yeux pétillèrent alors que son sourire s'élargissait, mais cela, le roi ne pouvait le voir grâce à son tissu noué. Il y avait parfois un peu de prudence à avoir lorsque l'on ne savait pas maitriser ses sentiments. Et la brune n'avait pas pour habitude de garder pour elle se qu'elle pensait, alors quand on lui posa la question, elle eut très envie de lui répondre franchement, mais la bourse remplie et clinquante qui atterrit à ses pieds la fit taire. Elle sentait la tension dans la pièce et avait très bien conscience des flèches pointées vers elles. Elle n'avait pas regardé les archers, mais elle devinait que tous devaient être prêt à tirer à au moindre mouvement. Ainsi, la guerrière lâcha l'arme de son épée, mais ne fit aucun geste pour récupérer la bourse qu'elle lorgnait du coin de l'oeil. S'il s'agissait d'or, il y en avait assez pour qu'elle mène la belle vie pendant un moment. Assez pour faire le voyage qu'elle avait prévu depuis longtemps et assez pour tromper chacun de ses ennemis voire se payer des amis. C'est alors que lui vint une idée et quand le roi s'adressa à elle pour lui demander ce qu'elle comptait faire pour racheter son impolitesse et sauver ses amis, la chose était tout à fait décidé.

Shaïa ne jeta pas un seul regard sur Sirka, mais elle savait ce qu'elle aurait vu dans les yeux de cette dernière. Une surprise totale, une lueur de rage et d'incompréhension puis l'espace peut-être de quelques secondes de la tristesse. Car en faisant cela, elle les sauvait certes, mais elle trahissait aussi Sirka, elle revenait sur la proposition qu'elle lui avait faite et elle signait là peut-être son bannissement de son propre pays. Car Shaïa ne rentrerait pas avec ses amies, elle continuerait et mourait en essayant de le retrouver, peu importe ou sa quête la mènerait. Elle fit un pas en avant et sentit que les flèches se tournèrent vers elle et entendit que quelques hommes avaient tirés leurs épées. Mais elle se pencha simplement et récupéra la bourse qu'elle ouvrit tranquillement, sans qu'inquiéter de ce qui se passait autour. Puis elle se tourna vers le roi et s'adressa à lui directement, car elle ne voulait aucun autre interlocuteur et surtout pas l'un de ses sous-fifres.

“Mon roi...” dit-elle en s'inclinant légèrement, comme elle pensait qu'il faille le faire, bien que son geste soit maladroit, presque parodique. “Je vous ai sous-estimé semblerait-il” continua t-elle d'une voix forte, avec un accent délicat et roulant aux oreilles.

“Je me nomme Shaïa, guerrière des terres de l'est c'est tout ce que je vous dirai pour le moment. Et quand à sauver la vie de mes amis je vous propose ceci. Votre or semble être bien suffisant, pour moi en tout cas...” et sur ce, elle accrocha la bourse à sa ceinture et la fourra sous sa tunique dans une quelconque cachette.

“Et je vous propose donc mes services. Comme vos hommes, je n'ai pas peur de mourir au combat et quand j'offre mes services à quelqu'un, je ne fuis pas au combat et je mourrai s'il le faut. En revanche, contre mes services et ma loyauté jusqu'à le fin de tout ceci, en plus de votre or, je vous demanderai de laisser partir mes amies. Je gage d'elles et si elles devaient parler ou vous trahir, je vous donnerai ma propre épée pour que vous preniez ma vie”.

Sur ce, elle se tourna vers ses amies avec un air solennel. Elles ne devaient pas refuser, elles devaient partir car la décision de Shaïa était prise et qu'elle était sais appel. Encore fallait-il que le roi accepte, mais une seule d'entre elle suffisait à lui donner un avantage dans la bataille à venir, c'était un fait. L'étrangère aurait pu penser à s'excuser si elle avait eu une quelconque éducation, car c'était la moindre des choses. Mais pour elle ce genre de tergiverses ne servaient strictement à rien et elle s'était présenté, c'était déjà une preuve de bonne foi. Car elle ne donnait pas son nom ainsi à des inconnues. C'était une forme d'intimité ou de soumission, cela dépendait de la personne à qui on le révélait. Dans ce cas, il s'agissait d'autre chose, peut-être une forme de respect ou d'engagement de sa part. Ses yeux bruns se posèrent sur le roi, le dévisageant d'un regard pénétrant.

“Et... si je vous sers loyalement, vous m'accorderez une faveur de mon choix...”

Elle avait quelque chose de bien précis en tête, mais d'ici la il se passerait bien des choses. Soit le roi acceptait de laisser ses amies partir en se contentant d'elle seule, soit un combat impitoyable risquait de débuter et même s'il s'attendait à perdre des hommes, Shaïa se doutait bien que s'il pouvait l'éviter, il le ferait sans aucun doute. Peut-être se trompait-elle après tout, mais elle ne pouvait revenir en arrière. Une fois encore, elle avait raté une occasion de se taire mais après tout, quelle importance ?
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Aldarion
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Sam 1 Mar 2014 - 14:30
Aldarion afficha un léger sourire. Il avait trouvé une brèche dans l'arrogance et l'évidente assurance de la jeune femme. Même si elle donnait l'apparence de céder à l'appât du gain, le roi percevait également une banale envie de survivre. Il la croyait quand elle annonçait être prête à mourir au combat... cependant il ne lui offrait même pas un combat, seulement une mort "stupide" dans un bouge infâme perdu au fin fond de l'Arnor. Malgré son imprudence cette fille semblait taillée pour survivre, une qualité qui serait sans doute des plus utiles dans l'affaire qui l'intéressait.
Elle lui demandait une faveur, sans préciser davantage ce qu'elle attendait. L'arnorien qui s'était également joint à la troupe demandait également un retour non monétaire au terme de leur aventure.

" Je reprendrai mon trône. Il s'agit uniquement d'une question de temps et de morts pour y parvenir. L'ennemi a frappé trop tôt et à sans doute laisser passer sa seule occasion de se débarrasser de moi."

Aldarion n'avait pas pour habitude de se surestimer ses chances. Cependant, la défaite de l'Ordre à Dol Guldur combinée à son incapacité à l'éliminer à Amon Sul avait sonné le glas de leurs ambitions. L'Ordre ne disposait pas de troupes en nombre en Arnor et Aldarion serait bientôt protégé par la Garde Marchande.

" Sachez également que le Roi d'Arnor n'oublie jamais ses alliés... Quant à vous.. "

Il se tourna vers Sirka et sa compagne, il n'avait pas encore officiellement accepté le marché de Shaia .

" J'accepte de vous laisser partir libres. Néanmoins vous n'êtes pas les bienvenues en Arnor. Un de mes hommes vous raccompagnera à la frontière de votre choix. Il me tiendra au courant de votre avancée. Malheur à votre amie si je cesse de recevoir de ses nouvelles."

Aldarion était convaincu que les amies de Shaia mettraient tout en oeuvre pour éviter pareil malheur à celle ci. Sans un mot de plus il s'approcha d'Anselme qui s'était stratégiquement replié derrière son comptoir. Il lui tendit une bourse pleine d'or.

"Nous ne passerons pas la nuit ici finalement, prends ceci comme remerciement pour ta loyauté."

L'homme s'inclina maladroitement devant son souverain avant d'empocher rapidement la coquette somme d'argents.

" On lève le camp ! Estan, tu accompagneras les étrangères jusqu'à la frontière. Procédure de communication habituelle."


Un des hommes du Roi se dressa acquiesçant aux paroles de son Roi. Aussitôt, le reste de la troupe se leva, y compris les hommes de la garde marchande. Le Roi retournait chez lui.

> Suite dans un prochain sujet <


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