Il sonne pour toi

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Aldarion
Roi d'Arnor
Roi d'Arnor
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Age : 27

~ GRIMOIRE ~
- -: Dunadan
- -: L'age ou l'on est fougeux mais déjà sage
- -:

Mer 4 Juin 2014 - 1:49
Le regard d'Aldarion se plante dans celui de Caleb. Il est terrible, ardent et pourtant... froid. Puis, tandis que le corps d'Aelas retombe mollement au sol, il rugit. Ce n'est pas un cri, c'est un rugissement qui vient du plus profond de lui.

"Priam Ressor. Je me souviens de ton nom. Je me souviens de la traîtrise de ton maître."

Sa voix est puissante et résonne dans le sénat.

"Oui j'ai commis une erreur."

Son regard est toujours planté dans celui de Caleb qui se dresse l'épée au poing en signe de défi.

"La mort est le seul châtiment pour les traitres !"

En ces circonstances, alors que plus loin la chasse à commencer, ces mots sonnent comme une terrible sentence qui doit s'abattre sur l'Arnor. Il y aura des morts, il y aura du sang.

"Priam Ressor. Moi, Aldarion, fils d'Eldarion, Roi d'Arnor je te condamne à mort."

Tandis qu'il prononce ces mots, il fait fait un moulinet avec son épée qu'il pointe dans la direction du traître. La sentence est irrévocable et la mort sera immédiate. Plusieurs soldats font un pas en avant mais Ballas, qui a suivi son Roi, les dissuade d'un geste. Caleb a la réputation d'être un bon bretteur mais Aldarion aussi. Ballas l'a affronté de nombreuses fois à l'entraînement sans jamais parvenir à prendre le dessus. Ils ne peuvent pas lui voler sa vengeance. Ils ne peuvent exécuter la sentence à sa place.

Un nouveau moulinet insouciant qui soudain, se transforme en un coup puissant qui s'abat lourdement sur Caleb. Il le bloque, accusant le choc dans ses épaules crispées par l'effort. Il se concentre pour repousser l'épée d'Aldarion mais celui-ci s'écarte sans opposer de résistance. Caleb tente de l'atteindre par de vastes mouvements d'épées mais Aldarion l'évite à chaque fois. Une nouvelle attaque, diaboliquement rapide et puissante s'abat sur lui. C'est un coup de semonce, comme quand un forgeron abat sa presse sur le métal. Caleb résiste, tente une botte mais est contré sans difficulté par Aldarion.

Vandadanath se lève une troisième fois et s'abat à nouveau. Caleb bloque la lame, mais d'un geste violent, Aldarion lui assène un coup de pommeau qui lui éclate l'arcade sourcilière. C'est un guerrier, il se redresse et tente une nouvelle attaque. Il y met toute la haine qu'il a accumulé, toute la foi qu'il a dans l'ordre. Mais cela ne suffit pas, il est trop lent à chaque fois. Aldarion frappe vite et fort. Trop vite pour qu'il puisse riposter et trop fort pour qu'il puisse s'économiser. Il fatigue et en face, son adversaire semble au mieux de sa forme. Les petites blessures s'accumulent, une entaille sur le bras, son crâne martelé de coups, une coupure profonde à la taille... Aldarion prend son temps, il peut conclure mais il joue avec Caleb.

Aldarion le sait, il aura tout une vie pour pleurer la mort de ses trois enfants et de sa femme tuée par l'Ordre. Il n'a pourtant qu'un combat pour profiter de sa vengeance. Il se nourrit du désespoir d'un Caleb impuissant. Il hésite, doit il l'achever ou le tuer publiquement ?

Caleb se redresse. Il n'attaque même plus, il est sur la défensive. Aldarion enchaîne une série de coups verticaux de droite et de gauche. Caleb recule sous la puissance de l'attaque, met un genou à terre. Puis, d'un mouvement rapide, Aldarion ratisse plus large, poursuit son mouvement et tranche le mollet de son adversaire. La douleur le fait hurler. Il tombe en arrière et se tord le genou. Aldarion abat son épée et lui sectionne la main droite. Caleb sens le sang qui coule de ses plaies. Il ne tiendra plus longtemps. Il est au sol, les bras écarté. Il attend la mort.

"Regarde la mort qui vient..."

Aldarion pointe son épée juste au dessus de l’œil de Caleb. Puis, il l'enfonce d'un mouvement sec et la retire presque aussitôt.

"Plantez sa tête pour qu'elle soit visible de tous. Voilà le sort réservé aux traîtres et aux assassins."

Il se penche près du corps sans vie d'Aelas. L'enfant a l'air tellement petit, tellement perdu dans l'immensité du palais. Il pose sa main sur sa joue, profitant des derniers moments de chaleur. Il lui ferme les yeux délicatement. Cet enfant sera à jamais son plus grand regret.

"Emmenez son corps dans la crypte."


Invité, n'oublie pas que le regard des Rois d'Arnor porte au delà des frontières de leurs royaumes.[/center]

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Njall l'Indomptable
Garde Personnel de Poppea d'Arnor
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Rôle : Pélerin

~ GRIMOIRE ~
- -: Homme
- -: 26 ans
- -:

Mer 4 Juin 2014 - 10:04
Njall bondit dans l'escalier tandis que des coups brutaux résonnaient déjà contre la porte, faisant craquer le bois du verrou. Haletant, il gravit les marches aussi vite qu'il pouvait, ralentis par le poids de son arme. Mais alors qu'il posait le pieds sur la dernière marche, un son de cloche retentit. Il évita le corps d'un garde mort, arrivant au sommet du beffroi, le regard vif. Il fut rassuré de voir que c'était ses compagnons qui étaient agrippés aux cordes du clocher et en faisaient sonner les cloches avec puissance. Ici, au sommet de la tour, la puissance des coups vrillaient les tympans, mais l'adrénaline et la concentration des compagnons leur faisait oublier toute douleur. Il se rua sur la corde tenue pour la mercenaire, comme elle était la plus chétive, pour l'aider. Il ne la sous-estimait pas, mais il ne pouvait pas rester à rien faire, ainsi plaça-t-il ses mains au-dessus de celle de la suderonne pour tirer avec force sur la cloche. Un à un, les coups retentirent. Avec leur son métallique et puissant, Njall n'entendait plus rien venant d'en bas et commençait à s'en inquiéter. Mais aucun garde ne venait, ce qui était bon signe. Vint le quatrième coup, et le lossoth esquissa un sourire. Le cinquième, le sixième, et ainsi de suite jusqu'au dixième coup qui fut porté, après lequel les cloches s'immobilisèrent et ils lâchèrent les cordes, les mains éreintées par l'effort et la sécheresse de la corde.

Nous avons réussis...
dit simplement Njall.

Maintenant qu'ils l'avaient fait, la mission paraissait ridiculement enfantine. Pourtant, ils avaient été pétris de doutes avant de l'accomplir. Qui aurait crû que sonner des cloches fut un tel périple ? Ils avaient eu de la chance et n'avaient presque pas eu à se battre. Mais un fracas en contrebas, suivis des cris enragés de la garde fit revenir le lossoth à la réalité. Pour eux, c'était tout sauf terminé. Il détacha sa masse de guerre et s'avança jusqu'aux escaliers, écoutant s'il entendait venir. Et c'était le cas, des bruits de bottes rapides se rapprochaient à une vitesse inquiétante.

Ils arrivent !

Il espérait que leur amie s'en était tirée et avait pu s'enfuir ou se dissimuler sur le côté de la porte avant qu'elle ne cède, ou qu'elle fut simplement arrêtée, et pas tuée sommairement. Il ne connaissait pas les lois de ce pays, mais s'ils passaient pour des traîtres la sentence devait être lourde, à son humble avis. Déjà, des gardes arrivaient, contraints d'avancer par deux de fronts dans les escaliers de pierre qui montaient de manière plutôt raide. Njall les accueillit en hurlant, balançant un coup sec en avant avec sa masse, venant heurter le plastron du premier garde et l'envoyant valser dans les escaliers. Sa chute vint faire chuter celui de derrière et provoquer un léger désordre dans les rangs des gardes. Le deuxième arrivait à sa hauteur et il esquiva un coup qui le frola avant de lui projeter son arme lourde dans le visage, l'envoyant également en arrière, le nez brisé, la peau lacérée et le visage en sang. Il serait aisé de les tenir d'ici, mais combien de temps ? D'autres venaient encore, et les quatre aventuriers sentaient déjà les premiers effets de la fatigue. Il fallait espérer que dame Nivraya ne les oublie pas et envoie des renforts.

Devant le flot de gardes qui arrivaient soudainement, Njall fut contraint de reculer et on en vint à se battre au milieu des cloches. Il était difficile de manier l'arme du lossoth, l'endroit n'était pas exigu mais la proximité des corps et des cloches rendaient les manœuvres délicates. Malgré cela, ils tenaient tête aux assaillants et il n'y avait que des corps de la garde qui jonchaient le sol du beffroi assiégé. Les bras du chasseur commençaient à être lourd et il abandonna sa masse sur le sol pour ramasser le glaive d'un mort, continuant le ballet mortel de sang et d'acier engagé au sommet de la tour.

Il semblait que dès qu'ils tuaient un garde, celui-ci était remplacé par un autre, comme s'il y eut une file d'attente dans les escaliers, et la fatigue commençait à tirailler le lossoth, qui se vu acculer sur le balcon, ripostant tant bien que mal aux attaques d'un jeune homme enragé, qui lui vociférait des insultes tout en se battant. Soudain, il s'effondra, abattu par un de ses alliés auquel Njall adressa un signe de la tête, reprenant son souffle. Des cris retentirent en bas, et Njall jeta un coup d’œil au-dessus du parapet.

Les hommes du Roi ! Ils arrivent ! Dit-il, discernant vaguement des blasons déjà vus lors de la rencontre avec Aldarion.

Presque immédiatement, les combats cessèrent et les gardes restant dans le beffroi arboraient un visage perplexe, tandis que les hommes du tribun et du roi investissaient les lieux, donnant certainement quelques explications et tuant les derniers enragés qui ne voudraient pas croire à la supercherie. Njall laissa tomber son arme et se laissa glisser jusqu'à être assis sur le sol, passant sa main sur son visage crasseux et tâché de sang, autant du sien que celui d'arnoriens. Sa lèvre était entaillée, son arcade avait reçu un violent coup et une plaie barrait sa joue, mais il souriait, les yeux fermés. Cette journée était enfin finie. Njall remerciait les dieux de l'avoir épargné.
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Adaes Thiemond
Baron d'Isle-Grise
Baron d'Isle-Grise
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Rôle : Baron d'Isle-Grise

~ GRIMOIRE ~
- -: Humain
- -: 52 ans
- -:

Mer 4 Juin 2014 - 22:29
Adaes tira, ses compagnons l'avaient rejoints un à un, se plaçant à chaque corde. Le vieux guerrier usait de toutes les forces que son corps usé lui offrait, ses muscles forçaient autant qu'ils le pouvaient, bientôt le Lossoth rattrapa les trois membres et les assista, soutenant la mercenaire sur sa corde. C'est vrai, sur les quatre membres de la compagnie seul deux venaient de l'Arnor, la mercenaire et le chasseur n'étaient pas chez eux mais faisaient plus d'efforts que certains Arnoriens ne l'avait fait, c'était tout à leur honneur.

« Plus que quelques coups ! »


Le gong sonnait enfin, le bruit sourd qu'il produisait réduisait les tympans des aventuriers en charpie, mais à chaque coup le visage d'Adaes se détendait et un sourire apparaissait peu à peu entre les rides de son visage. Le quatrième coup arriva et le maître d'Arme sentait la victoire arriver. Le cinquième, puis le sixième, tous les coups arrivèrent et finalement le dixième raisonna, celui-ci donné Adaes lâcha la corde, laissant ses mains se reposer de la friction contre une matière aussi sèche.

Le maître d'arme posa ses mains sur ses genoux, respirant à vive allure, il n'avait pas fait un tel exercice depuis longtemps, mais cela faisait aussi longtemps qu'il n'avait pas été aussi fier de lui. Le large sourire qui ornait ses lèvres le montrait bien, il avait accompli la mission la plus importante qu'il n'avait jamais eu, ironiquement celle-ci était arrivée alors qu'Adaes était à la retraite et jamais lorsqu'il était dans l'armée.

En soit s'il avait toujours était militaire peut-être même n'aurait-il pas eu vent de ça, peut-être même aurait-il était dans le mauvais camp... Tant de choses sont possibles, penser à ça dégoûta le maître d'arme un instant, il ne voulait pas y songer, mais au moins il avait fait ce qu'il devait faire et en était fier. Il fut tiré de ses rêves par Njall, affirmant que des hommes arrivaient, au vu du bruit rapide des bottes ils n'étaient pas alliés.


« Ce n'est donc pas encore fini. »


Adaes se retourna et alla saisir sa vieille lame au sol, la dressant de nouveaux, mais plus pour sauver un royaume et un roi, mais pour sauver sa vie de ceux qui devaient simplement faire leur travail. Faire couler le sang ainsi ne l'enchantait pas, malheureusement il n'allait pas se laisser tuer ainsi. Lorsque les premiers assaillants arrivèrent Njall fut le premier à réagir, combattant férocement. Mais bientôt le nombre parvint à le dépasser et des gardes franchirent le Lossoth.

Adaes frappa alors un premier coup dans le genou d'un garde, entaillant celui-ci et faisait trébucher le garde. Le maître d'Arme profita de ça pour porter un second coup au niveau du flanc, l'entaillant de nouveau en espérant malgré tout qu'il puisse survivre à sa blessure. Un autre garde vint attaquer le maître d'arme, ce dernier leva son épée instinctivement, parant l'attaque de son adversaire tant bien que mal, faisant retomber au sol lourdement l'épée de son adversaire et enchaînant avec un coup de poing.

Le combat qui s'en suivit fut difficile pour le vétéran, ainsi que pour ses compagnons en large sous-nombre. Bientôt Adaes encaissa un coup de pommeau dans le torse le plaquant contre un mur, il se laissa tomber au sol pour esquiver un coup d'épée qui vint se planter dans le mur, Thie fendit l'air et vint frapper les côtes de son adversaire qui tomba alors au sol. L'ancien soldat se releva alors tant bien que mal, faisant face aux combats suivants.

Njall alerta alors la petite troupe de l'arrivée des gardes du roi, les gardes cessèrent bientôt le combat, perplexe. Seul certains voulant absolument éliminer les intrus durent être éliminer. Njall se laissa tomber contre un mur, le vieux guerrier rengaina et resta droit, tant bien que mal. Il avait une entaille à la jambe, et le torse douloureux, son corps était fatigué mais au moins : ils l'avaient emportés. La bataille était finie.


« Puisse à jamais ce jour rester comme étant la victoire de la vérité sur le mensonge, aussi funeste soit-il de par les morts de valeureux ayant péris pour leur devoir ou leur cause. »


Le maître d'arme était sérieux et calme, mais un petit sourire ornait toujours son visage : ils avaient gagnés.
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Thorondil
Maître Fauconnier du Roi
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Rôle : Maître Fauconnier du Roi d'Arnor

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- -: Dùnadan
- -: 35
- -:

Sam 7 Juin 2014 - 2:27
Les premiers coups avaient été les plus éprouvants pour Thorondil. Pas pour l'effort physique, loin de là, mais l'instant fatidique, la course effrénée qui avait précédée et l'importance capitale de cette simple action rendait ce simple geste oppressant. Dans sa tête, seul comptait plus désormais que le nombre de coups qui vrillaient ses oreilles sensibles.

Tous les muscles bandés, le fauconnier tirait sur la corde. L'importance de rester parfaitement synchronisé avec ses compagnons rendait les choses plus difficiles. Les mains serrées autour de l'épaisse corde, il sentit l'air vibré sous le son puissant de la cloche jusqu'au plus profond de ses entrailles.
Un coup...

Le visage concentré, il tira une nouvelle fois sur la corde. L'élan précédent rendit la tâche plus aisée. Si la garde arrivait à pénétrer dans le beffroi à cet instant précis, c'en était fini. De leur vie, de leur mission, du règne de Tar-Aldarion et de l'Arnor qu'ils avaient toujours connus.
Deux coups...

Les yeux fermés, les traits plus tendus que jamais, la mâchoire crispée, l'ombre de l'angoisse marquant sa face, Thorondil en avait oublié de respirer. Les trois coups que tout le monde attendait allaient retentir. Sans doute n'y avait-il jamais eu d'instant aussi mortellement crucial dans sa vie. S'ils tombaient maintenant... Il ne préférait pas y penser. Autour de lui ses compagnons affichaient sans doute la même mine que lui.
Trois coups...

Une grande bouffée d'air s'engouffra soudain dans ses poumons. Enfin... Le coup de grâce. Ce quatrième coup qui allait faire basculer Annùminas dans le doute et l'interrogation, qui allait ébranler la victoire de l'Ordre et la légitimité du Prince, agiter les mendiants comme les sénateurs. Un seul coup de trop pour faire toute la différence. Il y en avait encore six à sonner. Six. Mais celui-là était de loin le plus important !
Quatre coups !

Au fur et à mesure qu'il se ramassait sur lui-même pour tirer encore et encore la corde de chanvre qui lui brulait les paumes, au fur et à mesure que ses muscles protestaient sous l'effort intense, au fur et à mesure que résonnaient les coups puissants de l'énorme cloche jusqu'au delà des murs de la cité, son visage s'éclairait. Un sourire de victoire s'accroissait sur la figure balafrée. Trop concentrés à leur tâche aucun d'entre eux n'auraient pu voir, encore moins entendre, arriver l'ennemi dans leur dos s'il était apparu.
Neuf coups...
Dix coups ! Enfin !

Relâchant la corde dans un long soupire de soulagement, Thalion fit jouer ses doigts et les muscles de ses bras pour tenter de leur redonner vie. Il peina quelques secondes à refermer les poings. Un long silence se fit. Ses épaules s'affaissèrent. Ils avaient réussi ! Ils avaient menés à bien leur mission, aussi improbable que cela puisse être, ils étaient victorieux ! Sa poitrine fut secouée d'un étrange rire étouffé.  Que c'était bon ! Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas ressentit cette fierté si particulière qui montait face au devoir accompli.
Hélas, il était encore trop tôt pour se réjouir...

"Ils arrivent !"

La voix de Njall lui parvint comme étouffée sous des tonnes de coton. Ce n'était pas encore fini, non ! Dans un grognement bestial, le fauconnier dégaina Sûliavas et son poignard, prêt à affronter les malheureux qui avaient l'impudence de le défier. Le lossoth fut le premier sur eux, jetant sans remord plusieurs gardes au bas des escaliers d'un seul coup parfaitement calculé. Puis ce fut une déferlante d'hommes en arme qui les frappa de plein fouet. A moins d'un miracle, ils seraient bientôt submergés par le nombre sans aucune chance de survie. La lame elfique du fauconnier fendait l'air accompagné d'un sifflement macabre. Si plus tôt, en traversant la place, il avait pris soin d'éviter de blesser mortellement ses compatriotes, il ne s'encombra plus longtemps de ses états d'âme. Désormais c'était les gardes ou ses compagnons. Habitué des batailles, Thorondil savait où frapper. L'épée et la dague se plantaient dans les défauts d'une armure ou d'un casque, ouvrait l'aine ou tranchait les carotides.
L'entonnoir formé par l'escalier leur permit pourtant de tenir bien plus longtemps qu'il n'aurait pu l'imaginer. Mais après leur périple, leur course à travers les souterrains et les ruelles, leurs batailles et l'effort des cloches, chacun fatiguait rapidement alors qu'un garde venait sans cesse remplacer son collègue tombé. Le dùnadan remarqua que Njall et Adaes étaient en difficulté. Se débarrassant de son adversaire d'un coup de pied, il fut d'un bond sur l'adversaire de l'homme du Grand Nord, le plus près, et ficha sa dague en travers du cou de l'infortuné jeune homme. Trop jeune pour mourir, s'attrista sur le coup le fauconnier. Il tenta de retirer l'arme mais seule la poignée resta. La lame usée, trop souvent affutée et de piètre qualité, resta dans la chair. Un juron lui échappa et cet instant d'inattention faillit bien lui couter un bras. Un cri l'avertit du danger à temps pour que Sûliavas pare le puissant coup d'épée qui lui était destiné. Son poignet protesta sous la violence du choc mais ne céda pas. Encore une fois, il repoussa son adversaire qui réussit pourtant à lui asséner un coup de gantelet qui fendit son arcade, rouvrant sa vieille cicatrice et l'aveuglant en quelques secondes d'un flot de sang. Cela lui rappela une situation identique. Aveuglé, à la merci du prochain coup... il allait mourir. Rendre son dernier souffle en ayant sauvé l'Arnor, l'épée à la main... ce n'était pas si terrible que cela finalement. Merilin allait lui en vouloir...

Il n'était peut-être finalement pas destiné à mourir ici. L'arrivée providentielle des hommes du roi légitime mit brusquement fin aux hostilités. Les gardes, complètement déstabilisés, reculèrent. Un puissant cri de victoire s'échappa des lèvres du dùnadan, guerrier et sauvage. Avec lui s'envola toute la tension, toute l'adrénaline et tous les instants de combat. Enfin... enfin, c'était fini. Il était vivant... Ils étaient vivants ! Il songea à la jeune femme restée en bas. Avait-elle survécu ? Dans l'agitation, il l'avait complètement oublié. Il vacilla. A bout de force, il se laissa tomber en arrière, contre le garde-fou. Son épée pendait mollement au bout de son bras. Son visage était baigné de son propre sang, ses main et ses bottes étaient poisseuses de celui des autres, sa cotte de maille était brisée en plusieurs endroits et son poignet l'élançait mais cela n'avait aucune importance, vraiment...

« - Longue vie à Tar-Aldarion et à l'Arnor... » marmonna-t-il.
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Eliah Tandoril
Dame de compagnie
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Nombre de messages : 89
Age : 28
Localisation : Edoras
Rôle : Dame de Compagnie

~ GRIMOIRE ~
- -: Rohirrim
- -: 22 ans
- -:

Dim 8 Juin 2014 - 18:01
[HRP : L'ordre de passage semblant être devenu aléatoire, je me permets de poster mon RP. Désolée, j'ai un peu de retard, j'ai eu pas mal de choses à faire ces derniers jours !]


Shaïa se réveilla de bonne heure, restant un moment allongée près de la cheminée encore fumante. Quelques braises rougeoyaient toujours dans l’âtre, dégageant une faible chaleur et une odeur de bois brûlé. Bien que ses yeux étaient bel et bien ouverts, elle resta un moment sans bouger, silencieuse, écoutant les bruits discrets venant de la pièce encore endormie. La soirée de la veille avait été pleine de rebondissements et la nuit fut plus courte qu’elle ne l’avait espérée. Alors qu’ils discutaient, ils avaient été soudainement interrompus par l’entrée fracassante de la Dame qui était visiblement amochée. La brune s’était levée, la mine sombre, regardant les hommes qui s’activaient autour de son corps frêle. En l’espace de quelques secondes, cette femme était remontée dans son estime. Non pas parce qu’elle avait été blessé (pour cela, ça aurait été plutôt de la satisfaction) mais elle démontré par là qu’elle avait une certaine valeur en tant que combattante et qu’elle savait se défendre. La guerrière ne s’était pas mêlé de tout cela, car ses méthodes de soin était pour le moins bien trop rustique pour une noble telle que celle-ci. La jeune femme se contenta donc de rester en retrait le reste de la soirée.

Mais elle apprit néanmoins de nombreuses choses en écoutant les hommes discuter. Il était question d’un plan et de souterrains. Ils allaient devoir se faufiler dans la ville, jusqu’au clocher pour sonner dix coups. La mission semblait simple en l’état, emprunter les souterrains à l’insu de tous, pénétrer dans le bâtiment et sonner le signal. Shaïa se demandait si c’était là l’intention du roi depuis le début. Si c’était effectivement le cas, il devait attendre avec impatiente de franchir les murs de la ville pour reprendre son trône. La jeune femme se demanda également pourquoi il l’avait envoyé ici en mission politique plutôt que de le garder auprès de lui pour la bataille. Elle se releva lentement sans faire de bruit et récupéra son épée qu’elle se mit à lustrer d’un geste machinal. C’était plus pour réfléchir que pour réellement nettoyer l’arme déjà étincelante.  Il y avait de quoi réfléchir en effet. Il était possible que le roi se méfie et ait peur d’un éventuel retour de manche et sa raison ici était possiblement entièrement justifiée. Elle soupira et continua à réfléchir et à travailler jusqu’au « petit-déjeuner ». Avant de partir, la troupe entière se prépara afin minutie. La guerrière prépara chacune de ses armes avec soin, enfila son manteau et noua le tissu rouge sang autour de son visage.  Elle était redevenue de marbre, elle était prête à se battre.

Shaïa s’était à présent habitué à la présence de ses compagnons et elle appréciait qu’on la laissa tranquille dans son coin. Chacun avait visiblement envie de dire adieu à la belle Dame, mais ce ne fut pas le cas de la femme du Rhûn. Elle lui était reconnaissante de les avoir accueillit, mais peut-être son égo jouait-il, elle ne pouvait pas éprouver de sympathie pour cette femme. Néanmoins, elle avait prit le géant de muscle à la bonne et le salua de la tête avant de quitter la pièce derrière ses compagnons. Elle n’était pas du genre très démonstrative de ses sentiments, elle n’en avait jamais eu l’habitude depuis ce jour où pour elle tout avait basculé. Sa vie actuelle lui convenait totalement et on l’acceptait telle qu’elle était ou pas du tout.

Le parcours dans le souterrain fut assez désagréable mais bien plus rapide qu’elle ne le pensait. Mais la surprise fut grande pour tout le monde quand ils débarquèrent au beau milieu de ce qui semblait être une rue. Clignant des yeux et rabattant sa capuche sur ses cheveux et sa peau sombre, elle jeta un coup d’œil rapide dans les environs. Pas de gardes dans les parages qui accouraient, ils n’avaient donc pas été vus. Néanmoins, ils pouvaient apercevoir des ombres sur les toits et s’ils pouvaient les distinguer eux aussi pouvaient distinguer la compagnie. Shaïa ne pipa mot, mais elle se demandait sur leur chère noble ne les avait pas indiqué un mauvais chemin afin de les piéger. Mais puisque les environs étaient vierges de tout soldat armé, elle se détendit quelque peu. Une simple erreur de parcours tout simplement. Mais ils n’avaient pas réellement le temps  de s’attarder.

« Que faisons-nous à présent ? »

Le plus avantageux aurait été de se séparer en deux groupes afin de faire diversion, néanmoins, elle avait bien précisé qu’il fallait trois personnes pour sonner cette maudite cloche. La brune serra les dents et continua à surveiller les alentours, les doigts posés avec prudence sur la garde de son épée. Combien d’hommes pourraient-ils tenir en respect à eux seuls ? Un peu plus d’une dizaine elle n’en doutait pas. Mais vingt ? Cela restait plus que discutable. Mais après tout, elle était là pour se battre. Elle n’avait aucune idée de la direction exacte qu’il fallait prendre, elle était donc dépendante des natifs de la cité, mais elle les suivrait au combat sans rechigner s’il le fallait. Pour la première fois depuis le début de leur aventure, elle se rapprocha du plus proche de ses compagnons qui se trouvait être Thorondil et lui posa un main sur l’épaule.

« Il faut y aller maintenant. Par où devons-nous passer ? »

Il devait connaître le meilleur chemin pour arriver à leurs fins. Sinon tout ceci n’aurait servit strictement à rien. Mais à peine eut-elle prononcé ces mots que Njall avait déjà pris les choses en main et élaboré un plan. Elle s'apprêtait à répliquer quand un vacarme de fer et d'acier se fit entendre sur un toit proche. Quelque chose se passait et même si elle ne comprenait pas réellement ce qui se passait, elle réagit comme les autres à l'ordre qui fut donné. La diversion était là, au bon moment, comme ci tout cela était prévu et ils se mirent donc à courir en direction du bâtiment qui renfermait les précieuses cloches. La première partie du chemin se fit sans encombre, puis les gardes qui n'était pas si idiots que cela, se rendirent compte qu'un petit groupe hétéroclite se précipitait vers le beffroi. Ils hésitèrent un instant de trop, laissant le groupe prendre l'avantage. Un coup d'oeil sur le toit permis à Shaïa de voir une femme se battre contre les archers. La stupeur faillit lui fit perdre de l'allure, mais elle n'avait pas le temps de se questionner.

Une fois à l'intérieur, les quatre compagnons montèrent à toute vitesse en haut et se débarrassèrent de ceux qui avaient déjà commencé à actionner les cloches. Les trois hommes se saisirent des cordes et commencèrent à sonner. Un coup, deux, trois... et ainsi de suite jusqu'au dixième coup. La guerrière avait dégainé sa plus longue épée et se tenait debout devant les escaliers, attendant le moment où les gardes arriveraient pour les empêcher de continuer. Entendre les cloches tinter procura presque du plaisir à Shaïa, elle était excitée à l'idée qu'ils allaient reprendre cette citée, que cela serait grâce à eux. Même si ce n'était que pour sonner des cloches. Le dixième coup sonna avant que le premier garde n'arrive et celui-ci fut instantanément transpercé par l'arme de la Rhunienne. Enfin les choses sérieuses allaient commencer. L'étranger arriva le premier à ses côtés, suivit de près par ses autres compagnons. Mais ceux-ci avaient usés beaucoup de leurs forces afin de sonner les cloches et elle se demanda s'ils pourraient faire face, car d'autres gardes arrivèrent encore et encore. Ils étaient très nombreux et à eux quatre, il serait difficile de tous les éliminer. Car pour elle, il n'y avait pas de questions à se poser. Il fallait les tuer pour ne plus avoir à s'en soucier. Ils réussirent à contenir le flot, mais furent bientôt submergés. Chacun des compagnons étaient séparés et combattaient férocement, avec acharnement. Njall avait été repoussé au milieu des cloches, Adaes se battait comme un lion et le fauconnier ... Il était presque à terre et en mauvaise posture. Shaïa soupira et s’apprêtait à lui prêter main forte malgré sa fatigue et ses membres engourdis.
C'est à ce moment que Njall cria quelque chose qui les soulagea grandement. Les hommes du roi arrivaient vers eux. Shaïa recula jusqu'au mur et s'y adossa. Des gouttes de sueur perlaient sur son front, mais elle était soulagée.

Les hommes du Roi réussirent à rétablir l'ordre. Shaïa rangea son épée et retira le tissu de son visage. Elle était à bout de souffle d'avoir autant combattu. Elle se rapprocha instinctivement de ses compagnons. A présent, elle n'avait aucune idée de ce qu'ils devaient faire. Était-ce si simple ? Le Roi d'Arnor était donc toujours Aldarion grâce à dix coups de cloches ?
Elle jeta un regard en direction de ses compagnons. Ils avaient tous besoin de repos...
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