[RP Resynchro]Une histoire s'achève, une autre commence

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Forlong
Tribun Militaire d'Arnor
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Rôle : Vieux loup au service du Royaume du Nord

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Sam 7 Juin 2014 - 16:45
Le soleil venait de se lever, et certaines rues de la Cité Blanche demeuraient encore sous l'ombre des murailles. Cependant l'on pouvait déjà sentir que la journée serait chaude, comme souvent ces derniers temps. Certains s'en plaignaient déjà, mais le souvenir du Rude Hiver était encore vif dans la mémoire de la plupart.

Depuis quelques jours la ville était devenue une véritable ruche, avec des centaines de commerçants, artisans, voyageurs et soldats se préparant au mariage du roi Aldarion avec la princesse Dinael de Dale. Le général Cartogan, responsable de la sécurité, avait renforcé la garnison de la cité afin d'éviter tout incident. Tous les voyageurs et invités ne bénéficiant pas d'un permis signé par la main du gouverneur devaient s'installer sur les champs de Pelennor. Un océan de tentes était apparu devant les portes de Minas Tirith.

Et pourtant, l’événement qui avait attiré une petite foule sur la place en face de la caserne n'avait aucun rapport avec ces festivités. Un grand échafaud, dressé spécialement pour cette occasion, était entouré par un bataillon de Gardes de la Fontaine, la formation d'élite de l'armée du Gondor. Les spectateurs se tenaient à une distance raisonnable de leurs lances brillantes.

Une rangée de chaises fut installée sur un des côtés de la plateforme, recueillant un groupe plutôt impressionnant. Il y avait donc Alcide d'Illicis, le gouverneur de la Cité Blanche. Le célèbre général Cartogan, chargé de rétablir l'ordre dans le royaume, et à sa gauche le commandant de la Milice. Niklas Makiaveel, professeur réputé de l'Université de Minas Tirith, murmurait quelque chose à l'oreille de Tiber Goloth, juge et représentant de la Compagnie du Sud. Finalement, Dalia de Ronce, Grande Guérisseuse de la cité, se tenait droite dans son siège, son regard sévère scrutant la foule.

Il s'agissait du comité convoqué par le Roi Méphisto six mois auparavant, dans le but d'enquêter et juger les crimes de Warin, seigneur du Gondor.

L'accusé était debout face à eux, surveillé par deux Gardes de la Fontaine, les mains sur les pommeaux de leurs épées longues. Sa barbe était taillée et sa chemise noire propre, mais son visage portait des signes de fatigue et de désespoir. Il plissait les yeux, ayant perdu l'habitude de la lumière du soleil au cours des mois passés au cachot. Lors de son premier séjour dans les geôles, il avait réussi à s'enfuir et rejoindre l'Ordre de la Couronne de Fer. Cette fois, le général Cartogan avait pris des précautions. Warin était en permanence gardé par deux soldats d'élite, capables de faire face à un troll des cavernes si cela s'avérait nécessaire. Qui plus est, le prisonnier était transféré de cellule en cellule à des intervalles irréguliers, rendant pratiquement impossible toute tentative d'organiser une fuite.



Niklas Makiaveel fut désigné pour lire le verdict du comité. Il se leva et déroula un parchemin. Sa voix de professeur vétéran s'éleva, en faisant taire la foule:

Warin, ancien noble du royaume du Gondor. Une longue enquête nous a permis de découvrir la nature de vos crimes terribles. Jadis, vous fûtes condamné à la prison à vie par notre souverain le Roi Méphisto du Gondor, pour manigances et tentative de prise de pouvoir dans la Cité Blanche. Vous vous êtes enfui, en assassinant trois geôliers. Ce n'était que le début de votre activité sanguinaire. Vous avez tué, de sang froid, le Baron Wulfric Domontes et ses hommes. Avec l'aide de l'infâme Balthazar le Noir, vous avez bâti l'Ordre de la Couronne de Fer, une organisation vouée à la destruction du Royaume du Gondor et des Peuples Libres. Les meurtres, viols, et destruction de vos sont aussi votre responsabilité. Vos complots ont dépassé les frontières du pays, en semant le chaos et la discorde parmi nos alliés, au Rohan et en Arnor. En joignant les forces avec les ennemis du Gondor, votre lien renforcé par le culte infâme de Morgoth, vous avez planifié l'assassinat du prince Aleth, fils de Méphisto, ainsi que l'enlèvement de son frère cadet, Chaytann. Depuis la disparition de Numenor causée par la colère des Valar, notre peuple n'a jamais donné naissance à un individu aussi avide de pouvoir, cruel et venimeux. Pour trahison du plus haut degré, meurtres, complots, cultisme illégal et enlèvement, vous serez à jamais connu comme ennemi des Peuples Libres. Par la force de ce document, signé par le Roi Méphisto et les six jurés ici présents, je vous condamne à mort, Warin!

Au fur et à mesure que l'universitaire prononçait ces mots, la foule devenait de plus en plus agitée, et des insultes se firent entendre, adressées à Warin. Des centaines de Gondoriens avaient soufferts des mains de l'Ordre de la Couronne de Fer et de Balthazar, le Démon Noir. Certains avaient même ramassé des pierres, avec l'intention de les jeter dans la direction du condamné. Cependant lorsque le  capitaine des Gardes de la Fontaine donna l'ordre de resserrer les rangs et les lances furent pointées dans la direction de la foule, les têtes enflammées se refroidirent rapidement.



Ce fut au tour de Tiber Goloth, juge de la Compagnie du Sud d'Osgiliath, de se lever. Il prit la parole:

Il n'existe aucun châtiment suffisant pour punir des hommes comme celui-ci. Cependant, la terre du Gondor a bu assez de sang à cause des crimes de cet individu. Demain, le roi Aldarion du Gondor sera marié à Dinaelin, princesse de Dale, commençant une nouvelle ère de prospérité et de paix en Terre du Milieu. Il serait de mauvais augure de verser du sang la veille d'un jour pareil. Ainsi, nous condamnons Warin à être pendu par le cou jusqu'à ce que la mort s'ensuive. Maître bourreau, faites votre devoir.

Le regard de Warin était rempli de haine, lorsqu'il se tourna vers les jurés. La plupart l'ignorèrent, ou détournèrent leurs têtes avec dégoût, mais le général Cartogan le regarda droit dans les yeux, froid et impassible, un léger rictus déformant ses nobles traits. Il fit signe au bourreau de procéder.

L'homme encapuchonné mit la main sur l'épaule du condamné, et le guida vers le gibet. Il lui ligota les mains derrière le dos, et resserra la corde autour de son cou. Warin cracha dans la direction de la foule, en causant des nouveaux cris de colère et insultes.

D'un coup de pied habile, le bourreau dégagea le tabouret sur lequel se tenait le condamné. Les pieds de Warin se débattirent dans l'air pendant un moment, cherchant un appui inexistant. Sa nuque n'avait pas brisé immédiatement, il mourrait d'asphyxie.

Il se débattit pendant un moment encore, les yeux grands ouverts, puis son corps se raidit.

Le commandant de la Milice le regarda sans aucune compassion et grogna:

-On aurait du le pendre il y a longtemps...

Ce fut à Dalia de Ronce, Grande Guérisseuse de Minas Tirith, de confirmer la mort de Warin. La corde fut coupée par le bourreau, et le corps posé sur l'estrade. La guérisseuse vérifia l'absence du pouls pendant une trentaine de secondes, avant de déclarer le décès du condamné par asphyxie.

Le corps fut emballé dans un grand sac de tissu. Il serait brûlé et ses cendres enterrées dans un cimetière dévoué aux criminels, en dehors des frontières de la cité. La foule commençait à se dissiper peu à peu...les préparations pour le grand mariage attendaient.

Ainsi finit Warin, seigneur du Gondor, Edwen de la Couronne de Fer, traître et assassin, ennemi des Peuples Libres.



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Aldarion
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Dim 8 Juin 2014 - 16:46
Aldarion s'était levé à l'aube ce matin là. Il était descendu manger avec les rares personnes de sa suite qui avaient été autorisée à entrer dans la ville. Ballas avait choisi ses cinq meilleurs hommes parmi la fraction "blanche" de la Garde de la Rose. A côté de ça, Sirion avait également choisi des agents triés sur le volet dans la rose "noire".

Dès le matin, il avait trouvé les deux hommes en grande discussion avec Cartogan. Le général était devenu le "grand chef" de l'armée gondorienne.


Il avait eu énormément de difficultés à convaincre les arnoriens de laisser leur roi à sa garde. Il avait pour l'occasion fait renforcer tous les postes de garde et prévu une escorte particulièrement nombreuse. De plus, tout avait été fait pour limiter les déplacements d'Aldarion dans la ville.

Amusé par la discussion animée pour régler les derniers détails de la sécurité, Aldarion n'avait pas entendu la porte de la salle commune s'ouvrir et il fut surpris de sentir une main s'appuyer sur son épaule.

"Prêt pour le grand jour ? J'ai vu la mariée, c'est un bon choix à tous les points de vue..."


Sameon Havarian était dans un état bien plus reluisant que quand le roi l'avait déchargé de toute fonction à Dol Guldur. Il avait repris du poil de la bête, un peu de masse, il était coiffé et rasé proprement et portait des habits digne de son nouveau statut.

"Je tenais à te remercier d'avoir mis le manoir de Sora à notre disposition."

Saemon balaya les remerciements d'un geste de la main. Il était devenu Grand Maître de la Compagnie du Sud depuis quelques mois. Cela avait été l'objet de marchandages secrets et de pressions sur les gens bien placés. Il avait réussi à replacer la famille de Sora sur le devant de la scène et à éliminer tout ses rivaux. C'était une tâche tout à fait adaptée à ses compétences.

" Tu as vu Tiber Goloth hier ? Il a perdu se sa superbe... J'ai voulu le retirer du Jury pour mettre notre nouveau Vice-Gouverneur à la place mais je lui ai laissé une opportunité de tirer sa révérence dans la lumière."

Tiber Goloth avait été le principal adversaire de Saemon et, la défaite consommée, il avait tout perdu. La famille Oliri avait été la grande bénéficiaire de cette chute. Aldarion sourit aux dires de Saemon. Il était heureux de voir que tout allait pour le mieux.

"Des uniformes gondoriens ?!"

Le sergent Aicrag, un vieux briscard de la Garde de la Rose, choisi pour accompagner Aldarion tout au long de la cérémonie, semblait hors de lui.

" La règle est la même pour tout le monde. Deux gardes armés par délégation. Nous avons accepté la demande du Seigneur Ibn-Lahad d'augmenter le nombre pour vous, mais en conséquence vous devrez vous déguiser en soldats gondoriens... Sinon je vais avoir les pires difficultés à contenir les revendications des autres seigneurs."

Cartogan était ferme mais pédagogue, une qualité qui expliquait sans doute son arrivée au sommet de la hiérarchie militaire. Ballas ne dit rien, mais son visage impassible indiquait clairement qu'il comprenait le choix de Cartogan.

Aldarion se tourna à nouveau vers Saemon qui ne pouvait réprimer un léger sourire narquois.

"Nous nous verrons sans doute au banquet..."

Saemon plissa les yeux dans une grimace qui semblait indiquer le contraire.

"Je ne suis pas un grand partisan des mondanités. Je serai présent mais je ne m'éterniserai pas. Ma présence serait toujours désagréable pour certains..."

Saemon avait joué un jeu trouble durant la guerre contre l'Ordre. Tellement trouble que certains n'étaient pas parvenus à réellement comprendre ses objectifs.

***


Aldarion avait remonté la petite portion de rue qui menait du manoir à la citadelle de Minas Tirith. Les gens étaient massés dans les rues, maintenus à distance par un cordon ininterrompus de soldats du Gondor. Toutes les délégations étaient déjà passées, certaines jetant des cadeaux à la population. Seule la Princesse Dinael de Dale devait encore arriver et rejoindre son futur époux.

Aldarion était accompagné de Ballas et d'Adaes Thiemond qui s'était largement illustré lors de la reprise d'Annuminàs. Il avait été élevé au rang de Baron et s'était vu confié un fief à l'est d'Amon Sul qu'il avait exceptionnellement quitté pour la cérémonie. Derrière eux venait la petite troupe de garde de la rose "déguisés" en cavalier du Gondor.

Une large estrade avait été dressée devant le palais de Mephisto. Des bancs avaient été disposés devant celle-ci et étaient désormais occupés par les délégations étrangères et par les notables du Royaume Réunifié.

Derrière Aldarion et sa garde venaient les notables d'Arnor : Aleth Enon, l'Intendant, Vilyan, qui était le seul tribun encore en activité et Poppea, la désormais unique héritière du Trône. Ceux-ci s'installèrent au premier rang où des places leurs étaient réservées. Derrières les places d'honneur, le peuple en liesse s'était massé derrière les barrières dressées pour l'occasion.

Aldarion gravit le petit escalier qui menait à l'estrade. Là, il fut salué par le nouvel Intendant, le Comte Alcide d'Illicis. Il avait repris la fonction jadis dévolue à Radamanthe. Il avait été un des grands artisans du mariage et avait négocié âprement avec le Roi Gudmund et les cours du Royaume Réunifié. La rumeur voulait d'ailleurs que ce succès soit pour beaucoup dans la décision de Mephisto de le nommer à ce poste. Il constituait depuis un duo efficace avec Cartogan.

D'un geste ample, Aldarion, qui avait revêtu pour l'occasion une armure d'apparat, salua la foule qui l'applaudit. Rapidement le silence se fit. Un petit groupe arrivait de l'autre côté de l'esplanade avec, à sa tête, le Roi Gudmund et sa ravissante fille.


Rares étaient les Gondoriens, et même les dignitaires, à avoir vu la promise d'Aldarion. Elle se révélait être d'une immense beauté, son visage était doux et pure et ses grand yeux sombres invitaient à se noyer dedans. Son arrivée fut donc accompagnée d'un silence respectueux, presque religieux. A côté de sa fille, Gudmund ne pouvait pas cacher sa fierté.

Aldarion quant à lui avait déjà vu des portraits de la jeune femme mais il l'observait pour la première fois en chair et en os. La fine robe blanche qu'elle avait revêtu pour l'occasion ne faisait qu'accentuer sa beauté. Le roi se sentit d'un coup frustre et vieux devant tant de fraicheur. Son visage était marqué par la guerre et les soucis. Néanmoins, ses origines lui conférait un aspect noble et autoritaire que l'Elendilmir qu'il portait au cou rehaussait davantage encore. Ils formeraient un beau couple. Un couple que le peuple pourrait aimer.

Derrière Dinael et son père, venait une petite escorte de gondoriens ainsi que les deux hommes choisi par Dale pour leur sécurité. Ballas s'était renseigné sur chacun d'eux afin de s'assurer qu'ils ne présentaient aucun danger. Le premier était Sir Hector, un fier chevalier mercenaire qui avait participé à la destruction de l'Ordre. Originaire de Dale il avait été choisi pour le récompenser de ses faits d'arme. Il était de plus prêt à suivre la reine jusqu'à Annuminas. Le second était Felian, un chevalier de l'ordre du Cor Brisé. Il avait été parmi les vainqueurs du tournoi de Dale et recevait là également une récompense honorifique.

La jeune femme rejoint Aldarion sur l'estrade, son père lui tenant la main. Elle lança un sourire malicieux à son futur époux. Elle le trouvait plutôt bel homme et elle avait toujours rêvé de devenir une vrai reine dans un vrai royaume. Tout cela l'excitait beaucoup.

A ce moment, le Haut Roy Mephisto fit son apparition, gravissant un escalier derrière l'estrade. Il salua le peuple qui l'acclama plus fort que jamais. Pourtant, malgré un sourire qu'il voulait lumineux, Mephisto semblait avoir vieillit en quelques mois.

"Peuples libres !"

Sa voix était toujours puissante et portait sur toute la place qui s'était tue.

"Avant de célébrer, dans la joie que mérite pareil événement, le mariage de mon neveu. J'aimerais que nous puissions nous recueillir quelques instants. Ayons une pensée pour tout ceux qui ont périt dans les récents évènements tragiques qui ont secoués nos royaumes. Pensons plus particulièrement au Prince Aleth, mon fils, ainsi qu'aux Princes Aelas et Neolias et la Princesse Ordenia d'Arnor."

Un silence de mort s'abattît alors. Les cloches se mirent à sonner lentement dans le lointain. Tous avaient connu un proche qui avait laissé la vie dans cette tragique guerre. Dinael chercha le regard d'Aldarion, elle voulait lui apporter du réconfort. Cependant, le Roi d'Arnor semblait muré dans son chagrin. Son regard était fermé et semblait totalement inaccessible. Il avait perdu son amour de jeunesse et ses trois enfants. C'était un homme brisé à qui elle allait devoir ré-apprendre à aimer.

Mephisto releva la tête en premier.

"Les peuples libre ont résisté et sortent plus fort de cette épreuve! De tout temps les alliances nous ont permis de faire face à nos nombreux ennemis. C'est pourquoi, nous sommes heureux aujourd'hui de célébrer l'union entre Aldarion d'Arnor et Dinael de Dale, entre les Royaume Réunifié et le Royaume de Dale !"


A ces mots, Gudmund tendit la main de sa fille à Mephisto qui, saisissant celle de son neveu, les unit.

"Soyez donc unis désormais et à jamais ! Que votre mariage soit porteur d'amour et de prospérité pour nos peuples !"

La foule acclama et Aldarion frissonna au contact chaud de la main de Dinael. Sa main à lui était rendue rugueuse par les chevauchées et les combats à l'épée. Leurs regards se croisèrent et pour la première fois il lui sourit. Oui, il allait faire son possible pour être heureux avec elle.

On amena devant Mephisto un pupitre sur lequelle était fixé un parchemin. Le Haut-Roy signa, suivi d'Aldarion et du Roi Gudmund. Le mariage était officiel et la fête pouvait commencer. On amena sur la place de nombreuses tables remplies de victuailles et de boissons pour le peuple et pour les dignitaires.

Malheureusement, pour Aldarion et son épouse, le temps de la fête n'était pas encore venu. Avant cela, il allait devoir subir, dans une petite tente dressée à côté de l'estrade, le long ballet des cadeaux, remerciements et autres joyeusetés diplomatiques.


Invité, n'oublie pas que le regard des Rois d'Arnor porte au delà des frontières de leurs royaumes.[/center]



Dernière édition par Aldarion le Mar 10 Juin 2014 - 15:27, édité 1 fois
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Adaes Thiemond
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Dim 8 Juin 2014 - 22:25
Six mois. Six mois ce sont écoulés depuis le retour du Roi sur le trône de l'Arnor, la situation avait changé, le royaume avait été secoué mais malgré tout il s'en était remit. Le vieux soldat pensait en avoir terminé avec les grandes actions, il retourna dans sa boutique et reprit du service en tant que maître d'arme après avoir récupéré de ses blessures, mais finalement il semblerait que sa participation fut notifiée, bientôt il apprit qu'il pouvait récupérer des terres.

L'hésitation fut de courte durée, Adaes Thiemond, chef de la maison Thiemond décida d'accepter de gagner des terres à gérer. Ceci le rendit fier intérieurement, jadis maison de noblesse roturière les Thiemond allait gagner des terres plus importante que jamais, une autre forme de pression tomba sur Adaes suite à cette nouvelle, il allait obtenir des terres à charge ainsi qu'un rôle, ainsi que le fait de pouvoir prendre des décisions. Il tentait de s'imaginer baron, ceci était difficile.

Néanmoins à l'annonce de cette nouvelle il savait que désormais il allait pouvoir retrouver de l'honneur pour sa maison et faire avancer les choses, depuis son installation à Annùminas il s'entendait bien avec Lilana Ynmas, patronne d'une auberge non loin de sa boutique, une relation c'était installée entre les deux, le vétéran pensa à concrétiser leur relation à l'annonce de son nouveau rang, ceci se fit et peu de temps après elle devint Lilana Thiemond.

Malgré le temps qui passait l'ancien maître d'arme avait malgré tout du mal à s'habituer à se faire saluer et appeler baron dès le matin, cela faisait malgré tout un grand changement dans sa vie, à cinquante-deux ans il venait tout juste d'acquérir ça. Néanmoins il prenait au sérieux son nouveau rôle, si l'on oublie le fait qu'il n'aimait pas aller au sénat, ce qui lui valait par moment des critiques de la part de sa femme.

Tandis que la vie se déroulait dans le fief d'Isle-Grise la nouvelle du mariage du Roi d'Arnor arriva, et Adaes devait y participer, il avait même était appelé à être garde-du-corps du Roi à Minas Tirith. Pour ceci il laissa donc son fief et Tenit pour s'en occuper en son absence, Lilana elle suivit le Baron dans sa route jusqu'à Minas Tirith, représentant la famille Thiemond. Pour la première fois depuis qu'il l'avait obtenu l'ancien maître d'arme revêtit son armure complète, que ce soit pour l'aspect officiel ou celui de garde du corps.

Au final le maître d'arme suivit le Roi à sa sortie, à ses côtés se trouvait le capitaine Ballas, le second garde-du-corps du Roi. Les armes étaient interdites dans la cité durant le mariage, mais en tant que garde-du-corps Adaes avait l'autorisation de porter une arme, ainsi à sa ceinture se trouvait Thie, elle avait retrouvée son éclat d'antan et son tranchant de jadis. L'Armure nouvelle d'Adaes le gênait un peu, il n'était pas vraiment habitué aux armures pesant une tonne.

Malgré tout il maintenant sa marche droite en évitant de trahir la désagréable ascension. Il restait droit le visage dur, en garde-du-corps en soit. Il accompagna le Roi en silence, restant à proximité. Il s'arrêta finalement lors de la rencontre des époux. Droit il scrutait la foule calmement, cherchant toute personne susceptible d'être un danger pour le roi. Ses mains étaient croisées, mais la main gauche était posée sur le pommeau de son arme, prêt à dégainer si nécessaire.

Le Haut-Roi arriva alors, Adaes se risqua à tourner son regard un instant sur celui-ci, c'était la première fois qu'il le voyait et mine de rien c'était impressionnant. Un temps de silence arriva finalement, lorsque le haut-roi rendit hommage aux morts du conflit ayant prit fin il y a six mois. Le maître d'arme repensa un instant à cette journée, elle avait vu mourir le prince héritier d'Arnor, qui ne fut que le dernier de tous. L'ancien Maître d'Arme ferma les yeux un instant, ce jour bien que marquant une victoire restait sombre pour le vétéran.

Finalement le mariage eut lieu après quelques signatures et le banquet put commencer. Le garde-du-corps resta à côté de son souverain, celui-ci et sa femme devait recueillir les cadeaux des dignitaires ainsi que les félicitations. Adaes restait aux côtés du seigneur d'Arnor, calme et posé. Malgré tout le maître d'arme pensait là que c'était la partie chiante de son rôle, après tout il restait fixer à voir défiler des personnes plus ou moins influentes féliciter les mariés et leur offrir un cadeau. Néanmoins il restait à l’affût, une main sur le pommeau près à réagir.
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Sighild Baldrick
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Lun 9 Juin 2014 - 8:58
Les quelques lueurs du soleil caressèrent avec délicatesse les courbes nues de Sighild. La jeune mage était en train de se préparer pour la cérémonie de ce jour. Elle fixa un bref instant son corps, qui n'était plus le même depuis son retour d'Imladris. Les quelques cicatrices étaient la preuve d'une lutte acharnée et de son courage.

Cette guerre fut sanguinaire, tant de guerriers étaient tombés. La belle resta assise quelques instants sur son lit et repensa à tout ceci.

Son retour fut l'un des plus beau jour pour ses parents. Malgré sa grossesse, sa mère avait couru jusqu'à elle et tomba dans ses bras, le visage remplit de larmes. Son père quant à lui arriva calmement mais s'empressa à la dernière minute de prendre à son tour sa fille dans ses bras. Il fut cependant difficile d'annoncer le décès de son grand-père. La mère de Sighild tomba au sol et hurla de toute son âme,jamais la jeune elfe ne l'avait vu ainsi.

Le retour d'Imladris ne fut pas de tout repos pour la jeune mage. Sighild avait quitté la cité d'Elrond sans dire au revoir à ses compagnons. La guerre l'avait marqué à un tel point qu'elle n'en dormait plus. Elle rêvait sans cesse de ces combats incessants, de la mort de Nan et de son impuissance à ce moment là. Enfin, il lui arrivait de voir le regard fou de Lammath. Cet elfe qui l'avait à la fois fasciné et apeuré.
En revenant au Gondor, Sighild pensait retrouver cette paix intérieure qu'elle n'avait plus. Ce fut une erreur de le penser. Les jours passèrent et se ressemblèrent, elle n'arrivait pas à en parler, même pas à son maître, le sage Mithrandir. Peu à peu, Sighild se rapprocha de l'alcool. Ce brevage lui permit d'oublier ses faiblesses, sa culpabilité et mieux encore, de dormir sereinement. Inquiète et impuissante, Lorelin alla à la rencontre de Mithrandir et lui supplia d'aider son enfant. Le mage Mithrandir s'occupa donc de son élève. Ce fut un long travail.

Cela faisait plus d'un mois que Sighild était revenue à la raison, grâce au soutien de ses parents mais surtout grâce à l'aide de son maître. Elle devait beaucoup à cet elfe, qui avait désormais acquis sa plus grande loyauté.  

La jeune mage posa son regard sur ses tenues. Sa mère lui avait préparé une belle robe digne des Elfes de Fondcombe. La belle se contenta de mettre une tenue plus masculine. Ainsi, la semie elfe enfila une tenue argentée se composant d'un pantalon, d'une longue veste dont l'Arbre Blanc de la Cité Blanche était brodé dans le dos. Un corset vint donner plus de volumes à ses formes de dame et elle attacha ses cheveux en tresse.

Avant de descendre elle prit son bâton. Les armes étaient interdites pour la cérémonie, la jeune mage préférait cependant garder son artefact près elle, il valait mieux prévenir que guérir.

D'apparence simple, la jeune mage avait toujours cette élégance et cette grâce qui caractérisé bien les Noldors.

Elle descendit ensuite au rez de chaussée de son logement et y retrouva ses parents. Sa mère, dont la grossesse arrivait bientôt à son terme, ne put s'empêcher de la réprimander sur sa tenue beaucoup trop masculine à son goût. Une aussi belle elfe pourrait porter de si beaux atouts de dame. Son père vint aussitôt à sa rescousse en indiquant à sa chère épouse que leur fille était tout simplement magnifique.

La famille Baldrick prirent leur petit déjeuner ensemble et partirent ensuite à la cérémonie.

La mariée était d'une rare beauté, Sighild lui souhaita tout le bonheur que l'on puisse espérer.

Au cours de la cérémonie , la foule se recueillit. Fondcombe n'avait pas été le seul royaume en guerre, beaucoup de braves étaient tombés. Le regard de Lorelin devint soudain triste en repensant à son père mort au combat. Elle se blottit contre son époux. Albérick garda contre lui son âme et la consola avec tendresse.

Le banquet eut ensuite lieu. Tout le monde riait et s'amusait.

Sighild ne se sentait pas vraiment à sa place, elle n'était plus habitué à ce genre de festivité.La jeune mage garda cependant un œil sur le couple de jeune marié, qui semblait sous haute sécurité.

Elle décida donc de prendre congés de sa table et d'aller prendre l'air...
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Eliah Tandoril
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Lun 9 Juin 2014 - 12:19
L'hiver avait ses côtés difficiles, les récoltes périssaient, le froid faisait des ravages, des gens tombaient malade, se blessaient, mourraient. Mais lorsque le si long hiver cessa et laissa place à des rayons de soleil doux mais chauds, les habitants de la terre du milieux virent un espoir renaître, le commerce reprit, les gens avaient meilleure mine, mais certaines personnes qui n'étaient plus habitués à la chaleur eurent du mal à s'acclimater. C'était le cas d'Eliah à Aldburg qui était, elle, complètement épuisée par cette nouvelle température élevée (selon elle). Tout avait l'air d'être plus lourd, plus long, plus difficile, plus fatiguant. Elle avait chaud et cela s'en faisait ressentir sur son travail et également sur son humeur. La jeune femme ne s'habillait plus qu'avec des robes légères afin de ne pas avoir à traîner de longs et lourds bout de tissus chaque jour. Au début elle avait été exécrable, refusant même qu'on lui parle et rechignait à travailler. Mais plus les jours passaient, plus son corps s'adaptait à ce nouveau changement et elle trouva des solutions pour soulager son indisposition à la chaleur ambiante.

Ce jour là, la jeune femme était justement allongée à l'ombre d'un arbre, les mains derrière la tête et les yeux rivés sur le ciel d'un bleu éclatant. Aujourd'hui encore, il n'y aurait pas de nuages dans le ciel pour leur donner un peu de fraîcheur. Il faisait néanmoins doux à cet endroit précis et une légère brise venait parfois caresser son visage. Elle avait prit l'habitude de venir se réfugier ici depuis que le soleil était de nouveau bien présent dans le ciel. Elle s'y sentait bien, au frais et pouvait penser sans constamment être dérangée. La jeune femme ferma les yeux. Il s'était passé énormément de choses ces derniers mois et elle n'avait pas encore réussi à faire le tri de tout ces évènements. Depuis le jour où Rokh et Oemir s'étaient battus, depuis qu'elle s'était détourné et avait quitté la pièce. Depuis ce jour elle était hantée par tout ce qui s'était passé sans jamais avoir eu le courage d'arranger les choses.

Elle vivait dans la petite maison avec son frère, Snow et Maveli. Elle travaillait toujours dans la demeure du Maréchal et la jeune femme avait croisé de temps à autre qui lui aussi était en fonction au même endroit. Ou plutôt, elle l'avait aperçut parfois et s'était sauvée rapidement pour que lui, ne l'aperçoive pas. Elle avait réfléchit mille fois à la situation et jamais elle n'était arrivé à une solution satisfaisante.  Au mieux, ils pourraient faire comme si rien ne s'était passé, mais c'était au-dessus de ses forces. Elle s'en voulait, elle lui en voulait et elle en voulait également à Oemir. Mais son frère avait un tempérament trop fort pour qu'elle puisse lui tenir rigueur trop longtemps. Elle avait rapidement lâché l'affaire alors qu'il lui faisait ses yeux de chien battu. Quoi qu'il en soit si elle voulait être en paix avec toute cette histoire et avec elle-même, elle devait réagir. Oui elle devait aller confronter l'homme du Rhûn et mettre les choses au clair. Peu importe ce qui devrait se passer par la suite. Au moins elle saurait ...

La brune ouvrit les yeux, elle s'était un peu assoupie mais ce moment lui avait fait du bien. Elle se releva et s'étira. Un petit somme le reste de l'après-midi ne lui aurait pas fait de mal mais elle avait encore du travail. Elle lissa les plis de sa robe, se recoiffa et descendit la pente de la petite colline pour retourner au village. La belle brune acheta un panier de légumes, Ô joie du soleil et de la chaleur et rentra chez elle pour préparer le repas du soir. Mais alors qu'elle s’apprêtait à pénétrer dans la maison, un homme à l'allure étrange se dirigea vers elle d'un air solennel. Curieuse, elle le regarda s'approcher d'elle et demande très poliment.

“Dame Eliah Tandoril ?”

Sa voix n'avait pas d'accent exotique, il parlait parfaitement mais elle avait l'impression qu'il ne venait pas d'ici. La jeune femme fut si surprise qu'il connaisse son nom et qu'il parle d'elle comme une Dame, qu'elle sursauta avant de balbutier, hésitante.

“Euh...O... Oui que puis-je faire pour vous ?”

L'homme lui tendit un parchemin avec un sceau, qu'elle prit d'une main tremblante. Que se passait-il donc pour qu'elle reçoive un message officiel, qu'on vienne lui transmettre ainsi ? Elle se demanda l'espace de quelques secondes si ce courrier était vraiment pour elle, mais l'homme avait prononcé son nom, il n'y avait pas de doutes. Elle défit le cachet, déplia doucement le papier et laissa ses yeux parcourir la feuille. Sa bouche s'ouvrit légèrement alors qu'elle finissait sa lecture.

Æ a écrit:
Dame Eliah Tandoril,

Bien que votre qualité vous amène sans nul doute des considérations bien différentes, nous aimerions pouvoir jouir de votre présence à Minas Tirith pour le mariage du Roi Tar-Aldarion. Vous trouverez une robe appropriée à la circonstance ainsi que de quoi financer le voyage.

Croyez-moi, cela en vaut la peine.

Æ.

La jeune femme n'ignorait pas les préoccupations royales actuelles qui étaient de faire des alliances et de reconstruire le royaume qui avait tant souffert ces dernières années, de la guerre et de l'hiver. Elle avait entendu parlé du mariage à Minas Tirith depuis plusieurs semaines déjà, elle avait entendu parlé de la défaite de la Couronne de fer, son frère rayonnait de bonheur depuis que la guerre avait pris fin. Mais si elle s'attendait à ça ! Une invitation personnelle... Des milliers de questions fusaient dans son esprit. Le doute, le bonheur, la surprise, se succédaient. Elle resta là pendant plusieurs minutes, ses yeux ambrés fixés sur le papier, sans réellement voir ou entendre quoi que ce soit. C'est seulement quand l'homme toujours debout devant elle haussa la voix qu'elle le regarda de nouveau. Il lui tendait un petit paquet. *La robe* supposa Eliah. Elle attrapa machinalement le paquet et déglutit avec peine. Elle avait tellement de questions ...

“Merci, mais est-ce que ...”

“Viendrez-vous ?”

“Pardon ?”

“Viendrez-vous au mariage ?”

“Euh... oui je suppose, mais avant je voudrais savoir qui ...”

“Alors à très bientôt peut-être” coupa l'homme avant de s'incliner. Il recula de quelques pas et monta sur un cheval qui était attaché non loin et que la rohirrim n'avait pas remarquée. Il partit au galop, la laissant là avec son panier, sa lettre et le fameux petit paquet. Son coeur battait la chamade, ses jambes tremblaient et elle avait du mal à respirer. Elle ne comprenait pas tout ce que signifiait cette histoire et maintenant que cet homme était partie, la seule façon de trouver des réponses était de se rendre à se fameux mariage. Après tout, n'était ce pas ce dont elle avait toujours rêvé ? Se retrouver au château ou dans la grande cité et voir des cérémonies aussi belles et grandioses ?
Il fallait qu'elle en parle à Oemir. Quoi qu'il en soit, pour le moment, il y avait plus important à faire. Essayer la robe !

* * * * * * *

Après de nombreuses disputes et plusieurs jours de négociations, Eliah obtenu l'accord d'Oemir pour se rendre au mariage, à condition qu'il l'accompagne. Recevoir une lettre d'un inconnu pour un mariage royal était plus que douteux et il ne pouvait décemment pas laisser sa soeur y aller seule. Au fond, Eliah était soulagée. Elle ne voulait pas l'avouer mais cette invitation la préoccupait. Elle ne connaissait personne qui aurait pu l'inviter à Minas Tirith et les initiales sur le parchemin ne lui disaient rien. Et la raison de l'invitation était plus qu'obscure. On essayer de la convaincre de venir en prétextant que cela était important et intéressant mais jamais le parchemin ne mentionnait pourquoi. Elle n'était qu'une femme sans importance aux yeux du monde, comme le précisait le message, sa condition ne l'amenait pas à avoir ce genre de considérations. Elle était donc à la fois inquiète, anxieuse et complètement remplie de bonheur. Elle était une jeune paysanne qui avait réussi à devenir Dame de Compagnie dans la ville d'Aldburg et la voici invitée à un mariage ! Et un mariage royale qui plus est ... il y avait de quoi déstabiliser la jeune femme. Mais peu importe ce que tout cela signifiait, elle s'y rendrait pour savoir ce qui au juste se passait.

Ils entreprirent donc le voyage vers Minas Tirith quelques temps avant le grand jour afin d'être sûr de ne pas arriver en retard et ils furent logés sous une tente comme de nombreux autres invités. Il y avait énormément de monde venu d'un peu partout, des personnages étranges qu'elle ne reconnaissait pas et dont elle n'avait jamais vu de semblable. La demoiselle était émerveillée par tant de diversités et tant de belles personnes.
Eliah avait découvert dans son paquet avec la robe, une petite bourse bien remplie qui lui avait permis de se payer divers atours et de financer comme prévu le voyage. Il y avait eu suffisamment d'argent pour deux. Oemir connaissait les environs pour être déjà venu plusieurs fois à la grande cité. Il fit découvrir les merveilles des lieux à la petite brune dont les yeux pétillaient. Puis le jour du mariage arriva.

Une fois parée de sa belle robe et coiffée, personne n'aurait pu soupçonner qu'elle avait été élevée dans une ferme aux milieu des prairies du Rohan. Elle avait toujours était différente des autres petites filles qui jouaient parfois avec elle. Ses longs cheveux bruns contrastaient avec le bond de leurs nattes et ses traits fins étaient incomparables. Elle avait l'air d'une petite noble qui s'était perdue dans les champs. C'était ce que Lothir lui répétait souvent avec amusement. Mais lorsque ce soir là elle se regarda dans le miroir, elle crut qu'elle avait une autre personne en face d'elle. La robe offerte était d'une beauté époustouflante. Le toucher du tissu était soyeux et contrairement aux apparences, elle était extrêmement légère de sorte que la jeune femme ne souffrait pas trop de la chaleur ambiante. C'était une longue robe verte émeraude, dont la jupe était plissée et effleurait un peu le sol. Elle était cintrée à la taille par une petite ceinture dorée sertie d'une pierre blanche d'un rare éclat. Elle avait ornée ses longs cheveux de quelques fleurs et les avaient à peine relevé, laissant de longues mèches brunes tomber sur ses épaules dénudées. Elle s'était également offert un petit collier simple avec une pierre verte qui tombait délicatement sur son cou. Le tout relevait ses yeux ambrés et le reflet du vert de sa robe laissait croire que ses yeux étaient d'un vert foncé. Eliah sourit alors que son coeur s'emballait dans sa poitrine. Elle n'avait de cesse de penser à cette invitation et la question qui revenait le plus souvent était “Qui ?”.

* * * * * * * *

Une fois prête, Eliah se rendit au mariage accompagnée d'Oemir qui ne lâchait pas sa sublime petite soeur d'une semelle. Si un homme osait la regarder un peu de travers, le regard seul de l'immense Rohirrim servait à leur faire détourner le regard et de chemin. Il avait toujours été d'une carrure généreuse et n'hésitait pas à en jouer pour intimider ses adversaires. En l’occurrence aujourd'hui, ils prenaient l'apparence de tout être humain de sexe masculin qui pourrait trop se rapprocher de sa princesse aux yeux ambrés. Il y avait énormément de monde et il aurait préféré rester aux abords des entrées ou à l'écart pour être sur qu'en cas de danger, ils puissent s'enfuir. En effet, le chevalier qu'il était avait remarqué chaque garde, chaque épée mais il ne pouvait faire confiance qu'à lui quand il s'agissait de la sécurité de sa soeur. Mais il n'était pas en fonction aujourd'hui et il avait eu interdiction de porter une épée à la cérémonie. Les gardes avaient été très clairs. Mais évidemment, Eliah ne voulait pas rater une miette du spectacle. Il céda donc et se fraya un chemin dans la foule à grand coup d'épaule, sous les cris d'indignement de certaines personnes. Mais il n'en avait cure et réussit à se trouver à une bonne distance de l'espace où se déroulerait le mariage. Eliah était aux anges et elle semblait heureuse. Il se détendit donc un peu et profita du spectacle lui aussi.
Les nouveaux mariés étaient très humbles et ils imposaient le respect, malgré la jeunesse de la reine. Mais les noces furent bien trop brèves au gout d'Eliah. A peine les consentements échangés que la cérémonie avait prit fin. Eliah ne put s'empêcher de s'exclamer :

“Quoi ?! C'est déjà terminé ?”

“Chut, un peu de tenu Eliah ! A présent le roi et sa nouvelle reine vont se rendre dans cette tente afin de recevoir les hommages et les présents de chacun.” Il ne se doutait pas de ce qui allait suivre et ne put que se résigner quand Eliah ordonna :

“Alors allons-y ! Qu'est ce que tu attends ?”

Elle l'attrapa par le bras et le tira à sa suite, prenant la direction du flux de personnes qui se bousculaient pour voir de plus près le roi et la reine. Eliah quant à elle comptait bien profiter des nombreuses festivités et ne partirait pas sans avoir eu des indices sur le (ou la) fameux Æ.
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Mardil
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Lun 9 Juin 2014 - 16:05
Comme beaucoup de mes compagnons d’armes, j’étais de service afin d’assurer la sécurité de la cité en ce jour particulier. Une foule immense s’était rassemblée pour tenter d’apercevoir le mariage royal et, si les armes étaient interdites à l’intérieur des murs de la capitale, la vigilance restait de mise. Les festivités venaient de commencer et je scrutais la foule qui s’amusait, essayant de repérer quoi que ce soit d’inhabituel. Mais autant essayer de repérer une aiguille dans une botte de foin. Il y avait tant de nouveaux visages qu’il était impossible d’identifier qui que ce soit. Je laissais donc mon esprit vagabonder, tâchant, à défaut de faire respecter l’ordre dans la cité, d’en mettre un peu dans mes pensées.

La chaleur était presque étouffante et j’aurais donné n’importe quoi pour retirer mes gants. Seulement je préférais ne pas poser le regard sur ce qui avait été autrefois ma main droite. Si la blessure avait guérie et que j’avais retrouvé ma dextérité habituelle, l’effroyable cicatrice me causait toujours autant de répulsion. Sans compter qu’elle constituait aussi un rappel douloureux des évènements de l’hiver passé.

Que je fusse toujours en vie tenait du miracle. Ou peut être qu’il était plus difficile de se débarrasser de moi que mes ennemis ne l’avaient cru. Ma soudaine disparition avait inquiété certains de mes camarades qui étaient partis sur mes traces. Ils avaient pu établir mon passage à Osgiliath mais rien de plus.  J’avais raconté que je m’étais fait attaquer par des bandits alors que je chassais en Ithilien. Les cadavres des hommes de Raïleh m’avaient servis de couverture. Et cela avait expliqué ma blessure. Je m’en étais tiré avec une remontrance pour avoir quitté la cité sans en avoir reçu la permission mais la mort des bandits avait limité la fureur de mes supérieurs. D’autant plus qu’ils avaient d’autres chats à fouetter. La mort de Mirallan avait provoqué un déchainement de violence entre ses différents concurrents et débiteurs. Il avait fallu le travail acharné de tous les hommes du Roi pour ramener le calme dans la cité.

Personne n’aurait pu prévoir les conséquences des actes de Mirallan. Officiellement, il était mort assassiné par des concurrents. Ses biens avaient été confisqués et il avait été reconnu coupable à titre posthume, ce qui avait permis à la couronne de faire main basse sur tout ce qui lui restait. Sa mort avait dans un premier temps mit un frein total à la vente de drogues dans la cité.  Mais comme il fallait s’y attendre, une place libre ne restait jamais vacante bien longtemps. Ainsi donc les activités illégales avaient reprises, au grand dam des autorités. Et pour le plus grand plaisir d’une partie des nobles de la cité. Même si le général Cartogan était bien plus strict (et bien plus efficace) que son prédécesseur, la noblesse débridée avait été ravie de constater que, si la tête pensante de l’organisation avait changée, la qualité de la marchandise était toujours au rendez-vous.

Le Cercle, comme il se faisait appeler, était maintenant en charge de la vente de drogues. Mais aussi de la contrebande de toutes sortes de produits, des paris clandestins, voire d’activités encore plus illégales. Les hommes du Cercle pouvaient se charger de toute sorte de missions, si on avait de quoi les payer. Mais  la politique agressive du général Cartogan faisait que les tarifs demandés dissuadaient la plupart des clients potentiels. Les mois qui avaient suivi la mort de Mirallan avaient été sanglants puis, à mesure que les clients récalcitrants étaient châtiés, tout le monde s’était mis à payer ses dettes.

Depuis le calme régnait. Bien que préoccupées par l’existence d’une nouvelle forme du crime organisé, les autorités reconnaissaient que le monopole du Cercle sur les activités illégales à Minas Tirith avait grandement fait chuter la violence, ces premiers mois de déchainement passés. On pouvait même dire que la cité blanche n’avait jamais été aussi sûre depuis les jours du roi Elessar. Les recherches pour identifier le ou les chefs de ce réseau étaient en cours mais pour l’heure les officiers chargés de l’enquête avaient fait chou blanc. Le Cercle restait insaisissable.  Des rumeurs avaient couru comme quoi un certain Méneï, petit truand de bas étage, dirigeait cette organisation mais il avait disparu presque six mois plus tôt. Dans les ruelles des quartiers mal famés, on parlait volontiers de Vipère, l’assassin légendaire mais personne ne prenait ces affabulations au sérieux. A part moi…

Ma sécurité dépendait entre autres choses, du contrôle de ces rumeurs, alors il valait mieux que j’y prêtât attention. Tout comme celles concernant le Cercle. C’était primordial car j’étais à la tête de cette organisation secrète. Enfin, disons plutôt que je partageais ces fonctions avec mes associés. Méneï s’était retiré de la vie publique mais continuait à tirer les ficelles depuis sa cachette. Quant à Emelyne…

Mon regard se posa justement sur elle. Vêtue d’une robe verte tout à fait splendide, elle évoluait avec grâce au milieu des notables influents de la cité. Son accession à ce rang avait fait jaser et un parfum de scandale l’entourait où qu’elle se rende. Mais c’était justement pour cette raison que tant de gens la côtoyaient. Officiellement, elle ne dirigeait plus sa maison close dans les bas quartiers. Mervine avait pris la tête de l’établissement et semblait parfaitement assumer son nouveau rôle.

Emelyne était désormais bien trop occupée pour gérer son ancien établissement. Tout le monde savait que la mort de Mirallan l’avait considérablement enrichie mais personne n’avait jamais pu prouver qu’elle ait pris part à sa chute. La maquerelle avait pris contact avec les autorités et avait révélé tout ce qu’elle savait du réseau du trafiquant. Grâce à ces informations, les autorités avaient démantelé l’empire de Mirallan bien plus vite que prévu. L’ancienne prostituée avait alors passé un marché avec les autorités. Si la prostitution était légale, il était de notoriété publique que les maisons closes favorisaient la violence et les trafics en tous genre. Emelyne avait utilisé sa fortune pour racheter tous les bordels de la cité. Lorsque les propriétaires refusaient de vendre, les autorités les y avaient fortement incité. Ainsi, une seule personne contrôlait la prostitution dans la cité. Cela voulait dire plus de sécurité à la fois pour les employés et pour les clients. Une taxe avait même été instaurée et Emelyne reversait une partie substantielle de ses immenses bénéfices à la couronne.

Cela avait également contribué à la nouvelle ère de paix et de sécurité qui régnait sur Minas Tirith et avait attiré les bonnes grâces des autorités sur Emelyne. Elle était d’ailleurs devenue la nouvelle coqueluche d’une partie de la bonne société de la cité. En la regardant plaisanter avec toutes ces personnes, je ne pouvais m’empêcher de me montrer admiratif. La femme craintive que j’avais rencontrée n’existait plus. Qui, parmi tous ces gens qui riaient avec elle, aurait pu se douter qu’elle était le membre le plus influent du Cercle ?

Peut être trop influent d’ailleurs. Je commençais à me demander si la disparition de Méneï n’était pas un moyen de se protéger. Emelyne avait pris trop de pouvoir et elle n’avait jamais caché son antipathie à l’encontre de notre associé. Pourrait-elle vouloir se débarrasser d’un joueur devenu trop encombrant ? Dans ce cas, étais-je plus en sécurité ? Je tâchais de me rassurer en me disant que sans moi, Emelyne n’aurait pas grand chose à vendre. Les livraisons étaient régulières et nous n’avions aucun mal à écouler la marchandise mais je m’étais bien gardé d’impliquer l’ancienne prostituée dans le processus. Il valait mieux qu’elle dépende de moi à cet égard si je voulais garder ma position actuelle.

Néanmoins, ma position actuelle n’avait finalement pas tellement changée en six mois. Officiellement j’étais toujours un simple rôdeur dans l’armée du roi Méphisto. Officieusement, j’étais toujours un espion à la solde de l’Est. Mon nouveau contact ne m’était pas spécialement sympathique mais je m’en accommodais fort bien. J’accumulais de nombreuses richesses mais afin de garder ma couverture intacte, il m’était impossible de les dépenser. La seule chose que j’avais obtenue grâce à cette promotion c’était de la fatigue supplémentaire.

J’avais l’habitude de mener une double vie mais jusqu’à ce que je me lance dans cette aventure, cela consistait surtout à ouvrir les yeux et les oreilles et répéter ce que j’avais appris. De temps à autre, une mission plus périlleuse m’était confiée mais cela était assez rare. Désormais mon identité de Vipère me prenait tout mon temps libre et surtout toute mon énergie. L’organisation d’un tel trafic était bien plus complexe que je ne l’avais prévue. Sans compter que la peur que j’avais toujours eu de me faire prendre était maintenant décuplée car les risques que cela arrivât étaient bien plus importants. Autant dire qu’il ne manquait plus que des dissensions au sein du Cercle pour me compliquer encore la tâche.

Pour l’heure, j’avais pu tout mener de front, en grande partie car les rôdeurs avaient été cantonnés à la capitale. A cause du Rude Hiver d’abord puis afin d’aider à pacifier la cité et enfin pour assurer la sécurité du mariage royal. Désormais que ces objectifs étaient remplis, nous allions très probablement être de nouveau envoyés en tous points du royaume. Autrefois, je m’en serai réjoui. La perspective de retourner dans la forêt aurait été plus que bienvenue. Mais maintenant…

Pouvais-je m’absenter pendant plusieurs mois ? Que feraient mes associés pendant que je serai au loin ? Comment continuer à assurer la distribution si je ne m’occupais plus d’aller récupérer la marchandise ? Plus j’y réfléchissais et plus je me disais que j’avais besoin de quelqu’un de confiance pour veiller à mes intérêts si je devais partir en mission. Bien sûr, j’avais maintenant des hommes qui m’obéissaient au doigt et à l’œil mais à quel membre du Cercle seraient-ils le plus loyal ?

Non, il me fallait quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui me serait entièrement dévoué et qui pourrait gérer mes affaires au mieux lorsque j’aurais quitté Minas Tirith. Il allait falloir me mettre à la recherche de la perle rare dès maintenant. Je repris ma surveillance attentive des festivités, mais cette fois-ci, j’avais quelque chose de précis à chercher.
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Ryad Assad
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Lun 9 Juin 2014 - 21:13
Un soleil nu dans un ciel sans nuage annonça le lever du jour, en cette matinée bien étrange pour nous tous, et plus particulièrement pour moi. Après tout, comment aurais-je pu deviner que les événements qui s'étaient déroulés allaient me mener ici, à Minas Tirith, capitale du Gondor, pour assister parmi les personnalités les plus importantes du monde à un mariage royal ? Même mon contact n'avait certainement jamais pensé à pareille promotion pour moi, et je me félicitais d'avoir été capable de jouer mon rôle jusqu'au bout, et d'avoir su me positionner de si belle manière. Toujours allongé dans mon lit, il ne me fallut qu'une seconde pour replonger dans mes souvenirs, et laisser mes pensées remettre de l'ordre dans l'enchaînement d'événements qui avait présidé à ma nomination.

Après notre sabotage réussi à l'intérieur des murs de Dur'Zork, capitale de l'émirat du Harondor, et tandis que nous assistions impuissants aux combats qui faisaient rage au niveau de la porte, et qui tournaient désespérément à l'avantage des défenseurs, Agathe et moi-même avions eu le choix de notre destin : fuir avec le gros des troupes, ou rester dans la cité pour continuer notre travail, quitte à nous mettre encore un peu en danger. J'avais opté pour la retraite prudente, mais elle avait choisi de rester, et je m'étais donc plié à sa décision - pas par affection, mais parce que ses arguments m'apparaissaient plus que raisonnables. Elle considérait en effet que les troupes de Taorin n'avaient pas engagé toutes leurs forces, et qu'il faudrait certainement encore les appuyer lors de leur second assaut. Sa présence d'esprit nous avait permis de rester embusqués dans la cité, et d'assister aux premières loges à la mobilisation des troupes de l'émirat, à leur contre-offensive audacieuse, et à leur funeste destin.

Pendant ce temps, nous n'avions pas chômé, désireux de nous mettre au travail aussi vite que possible. Nous avions dès lors fondu sur quelques patrouilles pour les neutraliser rapidement, ce qui n'avait pas été très difficile - après tout, nous choisissions bien nos cibles, isolées et vulnérables, et nous frappions avec la rapidité et l'efficacité d'une vipère du désert. Puis, considérant que des objectifs plus importants devaient être remplis, nous avions mis le cap sur le palais pour essayer de décapiter la chaîne de commandement de la capitale, en l'absence de l'Emir. Il nous fut impossible de trouver les officiers supérieurs, mais nous éliminâmes tout de même deux capitaines et un lieutenant qui allaient porter des ordres et des consignes, contribuant par là-même à affaiblir la défense de la cité.

Ainsi donc, quand les pirates arrivèrent, nous n'eûmes qu'à leur montrer diligemment quels étaient les points stratégiques dont il fallait s'emparer pour prendre le contrôle de la cité, maintenant que l'armée harondorim était en déroute. Une tâche simple, mais dont le chef de l'expédition avait probablement eu vent, car il n'avait pas tardé à nous convoquer Agathe et moi-même, afin de nous faire part de la suite de ses plans. Je demeurai avec Taorin pendant les six mois qui suivirent, tout d'abord en tant que simple intendant car il appréciait mes services - sans se douter que j'accumulai sur lui une masse d'informations considérables -, avant qu'il ne me chargeât officieusement de gérer son réseau d'espions - une tâche qui m'allait comme un gant. Pour assurer ma couverture, il me confia de manière très officielle la tâche de secrétaire-conseiller, qui me permettait de rester à ses côtés pour prendre des notes et lui donner des informations cruciales, tout en étant suffisamment discret pour que personne ne me remarquât.

C'était d'ailleurs en cette qualité que j'assistais au mariage du Roi Aldarion et de sa Princesse venue d'un obscur royaume du Nord. Je me tenais juste derrière Taorin, parmi sa suite non armée, tandis que celui-ci était encadré par deux Chiens du Désert parmi les plus fidèles - à défaut d'être compétents. Je ne pouvais pas voir son visage en cet instant, mais il était évident qu'il se sentait très à l'aise dans son nouveau rôle, après les élections qui l'avaient propulsées à la tête du territoire conquis, et qui avaient fait de lui un véritable monarque. Recevoir une invitation de la part des Royaumes Réunifiés n'avait fait que conforter sa position, et cela n'était pas pour plaire à Radamanthe, assis non loin, et qui paraissait contenir à grand peine son envie de sauter à la gorge du Chien Borgne.

Pour ma part, je me concentrai davantage sur une autre délégation, qui m'intéressait davantage. Celle en livrée sang et or, dont les gardes en armure impeccable et au regard inquisiteur escortaient la sublime Reine du Rhûn, Sa Majesté Lyra, loué soit son nom. Il faudrait que je trouve un moyen de les approcher avant la fin de cette semaine de festivités.


__________


L'ennui se peignait sur les traits de la femme la plus puissante de Rhûn, mais le protocole la poussait à rester assise le temps qu'il faudrait pour enfin présenter son présent et pouvoir rejoindre sa tente pour enfin se délasser. Le voyage depuis Blankânimad avait été long et éprouvant, et elle n'avait répondu à l'invitation formulée par les Royaumes Réunifiés que pour tenir la dragée haute à ses conseillers qui voyaient cela comme une insulte. Elle-même trouvait amusant de venir parader officiellement au milieu de ces sauvages, d'étaler la puissance de son royaume aux yeux de tous, et surtout de venir narguer les esprits pacifistes tandis qu'en sous-main elle ourdissait de sombres machinations.

Elle avait donc trié sur le volet les hommes chargés de l'accompagner, et n'avait fait appel qu'à des membres de la cavalerie d'élite, les Cataphractes. Les guerriers aux armures rutilantes et aux montures impressionnantes avaient traversé des terres vides d'habitants sur lesquels la Reine avait posé un regard plein de mépris, avant de pénétrer, après une longue chevauchée, en Gondor. Les habitants aux frontières avaient été surpris, effrayés par le passage de ces hommes brandissant des armes étranges, exotiques et menaçantes. Ils avaient détalé sur leur chemin, et s'étaient terrés dans leurs maisons en priant qu'on ne vînt pas les en déloger. Lyra avait souri, appréciant l'effet produit par son passage. Finalement, des cavaliers du Gondor étaient venus à leur rencontre, et elle avait dépêché un jeune lieutenant pour servir d'interprète, et pour s'assurer que personne ne sortirait l'épée. Tout s'était bien déroulé, et elle avait été conduite sans difficultés jusqu'à Minas Tirith.

Et voilà que désormais, la Reine attendait au milieu d'autres souverains, aussi radieuse qu'il était possible de l'imaginer. Elle ne se faisait pas d'illusions, elle n'était pas la principale attraction du jour, même si quelques murmures s'étaient élevés quand elle était arrivée, impériale, et qu'on avait annoncé bien haut son nom et son titre. Il fallait dire que sa robe était particulièrement luxueuse, et elle portait sur elle les symboles de la royauté en Rhûn, dont la couronne qui ceignait son front, faite d'or et d'argent, incrustée de pierres précieuses, ainsi que l'épée qui pendait à sa taille, et qu'elle arborait avec autant d'aisance que si elle était un homme. Les femmes de l'Ouest avaient été étonnées de ce fait, habituées qu'elles étaient à vivre au dépens de leurs maris pour ce qui était de leur protection.

Elle avait souhaité marquer son indépendance en ne convoquant pas de siège pour son défunt mari, afin de bien signifier qu'elle gouvernait seule désormais, et qu'elle n'était plus la femme du Roi, mais bien la Reine du royaume. C'était un message fort, mais qui avait un certain inconvénient qu'elle n'avait pas encore mesuré : il attirait des prétendants. Déjà, elle avait été saluée personnellement par quelques nobles assez jeunes, qui s'étaient montrés d'une galanterie et d'une mièvrerie presque insultante, visiblement intéressés à l'idée de monter sur le trône d'un royaume, fût-il étranger, fût-il un ancien ennemi. Certains ne reculaient décidément devant rien, et considérait que les femmes étaient de vulgaires objets dont on pouvait revendiquer la propriété.

Pour mieux représenter son royaume, la Reine avait choisi deux gardes du corps particulièrement redoutables, tous deux officiers de haut rang dans la cavalerie, mais surtout bretteurs de talent. Ils servaient ensemble depuis plusieurs années maintenant, mais la principale particularité de ce duo était qu'ils étaient mari et femme. Elle avait en effet décidé d'incorporer quelques femmes à sa garde personnelle, et si celle qui la flanquait portait un casque et un turban, comme il était de coutume, elle aurait l'occasion de révéler son identité au cours de la semaine, et de susciter encore davantage d'interrogations auprès des peuples de l'Ouest, enclins à s'émouvoir pour pas grand chose.


__________

 


Le guerrier contemplait Minas Tirith, les mains sur les hanches, observant l'architecture assez impressionnante des lieux. Il ne trouvait pas la cité fantastique en soi, mais il trouvait que parée de mille oriflammes, grouillant de vie et d'animations, la capitale du Gondor était belle à voir. En cet instant, elle était la capitale de la Terre du Milieu, car à la connaissance du soldat, aucune délégation n'avait refusé de venir, ce qui était un signe fort de réconciliation, après les événements qui s'étaient déroulés. Six mois s'étaient écoulés depuis, mais les blessures étaient toujours vives, et les plaies demeuraient à panser.

++ Rokh, tu viens ? ++

++ J'arrive ++, répondit le soldat en retournant auprès de ses compagnons d'armes.

Le guerrier réajusta son armure réglementaire, et se dirigea vers les tentes carmin de sa délégation. Il n'avait pas été convié aux festivités, en dépit de ses grandes qualités martiales, mais il trouvait déjà formidable que la Reine l'eût personnellement sélectionné pour faire partie de la compagnie chargée de l'escorter jusqu'à Minas Tirith. Après tout, son retour n'avait pas été des plus simples, et quitter Aldburg - il avait appris à bien le prononcer - n'avait pas été une mince affaire. Il se souvenait avec précision du jour où le Maréchal était rentré, totalement brisé. Ce n'était plus que l'ombre de l'homme qu'il était sur le champ de bataille, et il ressemblait à une coquille vide. L'Ordre semblait s'être acharné sur lui, de sorte à anéantir tout ce qui restait de noble et d'honorable chez cet homme. Il n'avait pas totalement réussi, mais les dégâts étaient considérables.

Spontanément, Rokh avait décidé de repousser la date du duel, qui devait avoir lieu au retour du Maréchal. Mais qui pouvait défier un homme à peine capable de tenir debout, et en tirer une quelconque gloire ? Il s'était donc proposé pour assurer sa sécurité en plus de celle de sa femme, et avait fait preuve d'une certaine efficacité pour détourner les attentats contre le Maréchal - il avait éliminé trois individus qui avaient tenté de forcer le passage jusqu'à la chambre des deux seigneurs, et en avait dénoncé un quatrième à la garde qui avait fait son travail avec efficacité. Toutefois, il n'avait pas été en mesure de protéger la Dame contre elle-même, et cet échec lui restait profondément en travers de la gorge.

Pendant un temps, il avait accompagné le Maréchal presque partout, tandis que celui-ci réglait des affaires politiques propres au Rohan, et auxquelles le guerrier ne comprenait rien. Il y avait une histoire de trahison, de double jeu, et de fidélité à l'Ordre. Des lames avaient été tirées, du sang versé, bref, rien d'extraordinaire dans le quotidien du cavalier oriental. Et puis était venue l'heure du duel tant attendu. On avait aménagé un espace dans la cour d'Aldburg, pour que les deux combattants puissent se mesurer l'un à l'autre. Epée et bouclier étaient leurs armes, et sous les yeux d'une foule de spectateurs inquiets, ils avaient commencé à s'affronter sans la moindre retenue, comme si ces mois de coexistence pacifique n'avaient été qu'une parenthèse dans un duel qui ne s'était jamais vraiment terminé, comme si tout à coup ils se retrouvaient dans la boue et le sang devant Aldburg, au milieu d'un océan de morts, d'un concert de cris déchirants.

Sans surprise - aux yeux du guerrier oriental -, le duel avait tourné à son avantage. Il avait eu le temps de récupérer, de reprendre des forces, et surtout de bien s'entraîner. En face, le Maréchal avait peut-être précipité son retour, surestimé ses capacités... à moins qu'il eût volontairement décidé de s'opposer à l'oriental alors qu'il n'était pas encore totalement remis. Quoi qu'il en fût, la victoire de Rokh fut incontestable, et à l'issue d'un combat acharné, il parvint à désarmer le rohirrim, et à placer le fil de son épée sur sa gorge. Toutefois, pour des raisons qu'il ne s'expliqua pas immédiatement, il retint son bras, et laissa la vie sauve à son adversaire. Ce n'était pas dans ses habitudes, mais il avait reconnu chez le Maréchal Mortensen - cela aussi, il avait appris à le dire - une certaine noblesse d'âme qui faisait écho à ce qu'on lui avait enseigné. Il n'avait pas pu lui prendre la vie ainsi, car il ne voyait pas l'intérêt de tuer un lion blessé. Non. Ce qu'il voulait en vérité, c'était obtenir sa liberté et retourner chez lui, quitter le Rohan et retrouver sa vie. Et qui sait, peut-être un jour, retrouver Gallen Mortensen et l'affronter à nouveau pour déterminer franchement qui serait le meilleur.

Il était rentré en Rhûn par la suite, sans se retourner, et avait retrouvé miraculeusement une place dans l'armée. Il fallait dire que sa famille avait fait pression pour qu'il soit réengagé parmi les Cataphractes, et que les révélations qu'il avait à faire concernant son passage par l'Ordre ne tenaient pas à être rendues publiques. Il fallait étouffer l'affaire en haut lieu, et puisque sa seule demande était de retrouver son grade et son affectation parmi la cavalerie d'élite du royaume, on considéra qu'il s'agissait d'un petit prix à payer. Ainsi se retrouva-t-il à Minas Tirith, perdu au milieu d'un océan de tentes, occupé à surveiller un campement luxueux pour le protéger des autres délégations, des voleurs, des assassins et de tous les rebuts de la société qui pouvaient se trouver dans les parages. Toutefois, il avait entendu dire que la délégation du Rohan se trouvait non loin, et il envisageait sérieusement d'aller y faire un tour pour rendre visite au Maréchal, en dépit des consignes strictes qui avaient été données aux soldats, ordonnant notamment de ne pas provoquer de bagarre inutile auprès des autres peuples.

__________


Evoluant au milieu de la cité blanche avec une grâce qu'un danseur lui aurait enviée, Sinove se rapprochait de son objectif tranquillement, tandis que la foule l'entourait comme l'eau entoure un nageur. Elle se déplaçait facilement, silencieusement, sans jamais avoir à pousser qui que ce fût. C'était comme si son corps ondulait pour épouser le moindre espace libre, et se plier aux contraintes de son environnement, plutôt que de le tordre à sa volonté. Elle allait à une allure naturelle, rapide sans être anormale, et elle ne laissait dans son sillage qu'un parfum épicé, légèrement poivré en vérité, pour éviter qu'un chien ne puisse suivre sa trace au flair. Il faisait chaud pour la saison, probablement par contraste avec le terrible hiver qui s'était abattu sur la Terre du Milieu, mais la jeune femme portait une tunique de cuir sobre boutonnée jusqu'à la base du cou, avec des manches longues. Elle avait un chapeau à larges bords sur la tête, autant pour se protéger du soleil que pour dissimuler ses traits sous une chape d'ombre à quiconque aurait jeté un regard dans sa direction. En fait, elle était habillée comme une servante, une domestique, et elle était venue à Minas Tirith en tant que cochère.

La couverture était idéale. Il y avait plusieurs milliers de personnes dans la Cité Blanche, dont un bon nombre venant d'ailleurs. Les attelages étaient arrivés en masse, et les cochers circulaient donc dans la capitale du Gondor pour profiter pleinement des festivités, avant de repartir sur les routes. Nul ne faisait attention à eux, car tout le monde était concentré sur les principaux invités, les riches et les puissants qui s'entouraient de gardes et de mercenaires pour assurer leur protection. Certes, les armes étaient interdites dans la cité, mais pour la plupart ces combattants savaient se débrouiller avec leurs poings, et ils prendraient volontiers un coup d'épée à la place de leur patron si d'aventure quelqu'un enfreignait la règle. Sinove, en tout cas, appréciait de pouvoir déambuler de la sorte sans risquer d'être agressée par un individu suspect, et elle allait et venait à Minas Tirith comme une habituée des lieux, ce qu'elle était sans aucun doute.

Depuis la mission catastrophique avec Mirallan, il s'était passé du temps, mais elle avait suffisamment arpenté ces rues, de jour comme de nuit, furtivement ou pas, pour connaître leur agencement pratiquement par cœur, et pour savoir quel trajet il valait mieux emprunter pour se rendre à destination. En l'occurrence, elle avait choisi le chemin le plus fréquenté, pour éviter d'être suspecte, et pour compliquer la tâche à quiconque voudrait la suivre. Une précaution qui n'était pas nécessaire au vu de ses capacités martiales, mais elle avait pour la première fois de sa vie laissé des individus potentiellement hostiles en vie à Minas Tirith, et elle ne se sentait pas aussi à l'aise que d'ordinaire, lorsqu'on l'affectait sur une mission. Surtout que ces adversaires étaient talentueux... en attestaient les nombreuses blessures que son corps avait récolté dans la bataille, et qui avaient mis du temps pour guérir.

Elle se faufila tranquillement jusqu'à l'assistance qui applaudissait le Roi, en tapant des mains machinalement pour se fondre dans la masse, mais en focalisant toute son attention sur les signes. Le billet reçu dans le temple d'entraînement était clair : venir seule et attendre la fin de la cérémonie. Pour le reste, il n'y avait aucune précision. Elle était habituée aux fantaisies d'employeurs tous plus scrupuleux sur la sécurité les uns que les autres, et cela ne la choquait pas outre mesure. En règle générale, elle attendait pendant un bon moment, jusqu'à ce qu'il n'y eût plus personne. Alors, un colosse bien armé venait la voir en lui demandant d'une voix grave si elle était là pour le contrat. Elle ne répondait pas, et se contentait de lui emboîter le pas, pour aller étudier le cas, et signer l'accord passé entre les deux parties.

Mais ici, les choses ne se passèrent pas exactement comme prévu. La cérémonie venait de s'achever, et la remise des présents démarrait. Une partie de la foule s'était dirigée vers la tente officielle, afin d'y voir des personnalités importantes, tandis que plusieurs autres retournaient en ville pour célébrer à leur façon le mariage, profiter des tavernes et des bars, faire de bonnes affaires chez les marchands qui s'étaient installés là récemment, et qui venaient de toutes les régions de la Terre du Milieu. Plusieurs gardes se détachèrent du lot, et emboîtèrent le pas à la foule, pour maintenir l'ordre, canaliser les déplacements, et éviter les cohues. De toute évidence, les mesures de sécurité étaient une question cruciale pour les autorités. Sinove demeura un instant immobile, ignorant si elle devait se rapprocher des badauds, ou filer avec les ivrognes. Durant sa seconde de réflexion, elle balaya les environs, et son regard croisa celui d'un homme qu'elle n'avait pas particulièrement envie de rencontrer.

Il portait une belle armure du Gondor, et une belle épée au côté, mais elle ne se trompait jamais sur un visage, et même s'il avait troqué ses vêtements ensanglantés et ses blessures abominables contre une tenue d'apparat et une paire de gants, il n'en demeurait pas moins le même homme au fond, le même serpent insaisissable, toujours prêt à mordre. Elle savait qu'il y avait un risque pour que ses pas la menassent à lui, mais sur les douze envoyés à Minas Tirith, elle était la seule à être revenue, et elle était celle qui connaissait le mieux la ville, désormais. Elle n'avait pas eu le choix. Comprenant que sa présence n'était pas une coïncidence, elle tourna les talons en rabattant son chapeau, et s'éloigna en direction des étages inférieurs de la cité, suivant pour l'instant le gros de la foule, avant de bifurquer dans une ruelle proche, où elle attendit dissimulée dans l'ombre. Elle n'avait pas l'intention de l'attaquer, car il était armé et elle non, mais il y avait une chance pour qu'il voulût signer un contrat, et elle n'avait pas le droit de fuir pour des motifs personnels sans avoir pris le temps de vérifier la faisabilité d'une mission. Telle était la règle.


Membre des Orange Brothers aka The Bad Cop

"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"

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Nivraya
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Lun 9 Juin 2014 - 21:23
Nivraya applaudit chaleureusement au moment de la prestation des vœux, rejoignant ainsi la liesse populaire qui se déchaîne derrière elle, ponctué par des vivats lancés joyeusement, emplissant l'air d'un concert de bonne humeur faisant un vacarme à en faire trembler les fondations de la majestueuse Minas Tirith. Elle, plus mesurée que la roture, s'interrompt avant les autres, puis glisse affectueusement son bras autour de la taille de son mari, tandis que celui-ci referme galamment la main autour de ses épaules. Elle savoure ce contact et cette proximité, peut-être la seule chose qui manque de lui faire renoncer à sa vie citadine. Cela fait longtemps qu'ils ont été séparés, et elle ne peut pas cacher qu'il lui a manqué, même si durant les derniers mois, elle a été fort affairée, et qu'elle n'a pas eu le temps de s'ennuyer. Il réside toujours sur le domaine familial, s'occupant de ses parents âgés qui malheureusement n'ont pas pu faire le déplacement jusqu'en Gondor pour assister aux festivités "plus de leur âge", mais qui seront probablement présents au retour du couple royal en Arnor. Il a fait le déplacement jusqu'à Annùminas en apprenant ce qu'il s'est passé, et a eu la surprise de découvrir que son épouse a joué un rôle décisif dans le retour du souverain légitime sur son trône, même si cela s'est réalisé au prix de la vie du dernier fils d'Aldarion, assassiné par Caleb, sbire de l'Ordre de la Couronne de Fer.

Ce nom, tout le monde l'a désormais à la bouche, et l'invoque pour justifier tous les malheurs du monde. Certains leur attribuent des vols, des enlèvements, ou des meurtres qui se sont déroulés sur les chemins et routes encore pratiqués alors que l'hiver était là. La jeune femme préfère passer son chemin, plutôt que de chercher à leur expliquer que l'Ordre de la Couronne de Fer a beau avoir été une organisation tentaculaire, leurs objectifs ont été bien loin de voler des charriots de vivres. Quant à ceux qui leur attribuent le Rude Hiver qui s'est abattu sur l'ensemble de la Terre du Milieu, elle fait un effort pour ne pas en rire, tout en se demandant toutefois jusqu'à quel point ils n'ont pas raison. Après tout, le soleil semble être revenu, et c'est presque une canicule à laquelle doivent faire face les habitants de Minas TIrith qui, massés sur un petit espace, transpirent à grosses gouttes. Nivraya, pour l'occasion, a revêtu une robe légère et élégante, et elle se rafraîchit régulièrement à l'aide d'un petit éventail qui ne la quitte jamais, et qu'elle se plaît à ouvrir et à refermer avec un claquement sec. C'est un objet que l'on trouve plus fréquemment dans le Sud, mais qu'elle a eu l'habitude d'utiliser lorsqu'elle a séjourné là-bas. En Arnor, il n'est curieusement pas à la mode, mais elle a eu l'opportunité d'en acheter un en arrivant dans la capitale du Gondor, et ne regrette pas son investissement, surtout en voyant les regards jaloux de certaines femmes distinguées et fort ravissantes, à l'exception des perles de sueur qui décrédibilisent leur maquillage.

- La mariée était ravissante, tu ne trouves pas ? Glisse le mari à sa femme.

Elle le regarde en coin, et lui pince la hanche :

- C'est la femme de ton Roi, je te rappelle. Mais c'est vrai, elle était très belle...

Il sourit légèrement, et lui indique de la tête les différentes personnalités qui passent, et qu'elle aperçoit après lui, étant moins grande. Le Roi Méphisto est là, toujours impressionnant bien que paraissant usé. Ses gardes sont attentifs et ils scrutent la foule avec insistance, pour déjouer toute tentative malveillante à l'encontre du souverain. Les autres monarques sont escortés par une paire de gardes personnels, et par quelques soldats du Gondor qui les suivent partout, leur montrent la voie à suivre, et les aident à respecter le protocole. On retrouve dans un petit espace les personnalités les plus influentes de la Terre du Milieu, à commencer par les familles du Royaume Réunifié, qui dominent l'assistance et qui sont au centre de toutes les attentions. Viennent ensuite les Elfes, majestueux et figés, qui posent sur tout cela un regard neutre, et distant. Probablement une conséquence de leur grand âge, et du nombre de mariages humains qu'ils ont dû célébrer. Ensuite, les royaumes alliés, avec en tête le Rohan qui sort à peine d'une guerre civile, d'après ce que l'on en dit. Radamanthe est là aussi, malgré les nouvelles que l'on rapporte du Sud, et de sa défaite contre les pirates. Ceux-ci sont d'ailleurs placés assez loin dans la file, aux côtés des royaumes étrangers de l'Est et du Sud, dont les représentants paraissent considérer tout ce faste d'un œil critique. De la jalousie, certainement.

C'est donc l'heure des cadeaux officiels, offerts en une longue procession par les proches, puis les souverains accompagnés de leurs délégations respectives, et enfin par les nobles qui le souhaitaient, à titre individuel. Pendant que la longue colonne se met en place, et que le peuple se masse pour observer le défilé des personnalités, sous le regard acéré des gardes de la cité, Nivraya et Justar se fraient un chemin jusqu'à l'Intendant Enon, entouré par plusieurs membres de la délégation Arnorienne en train de discuter. Il abandonne les autres nobles pour venir saluer sa nouvelle assistante, prise sous son aile quelques mois plus tôt, après les tragiques événements d'Annùminas. En effet, le statut de Nivraya a quelque peu changé à l'issue du retour d'Aldarion. L'Arnor repris, il a été question de reconstruire une administration efficace et, surtout, loyale. L'Intendant Enon a joué un grand rôle dans tout cela, et il a très rapidement demandé à Nivraya de l'assister dans ses tâches, en lui confiant des responsabilités prestigieuses qui ont contribué à faire exploser sa carrière. Simple perceptrice au nom du Roi, elle a passé les six derniers mois à contribuer à rebâtir le royaume, signant des ordres de mission pour autoriser la traque et la capture d'hommes et de femmes suspectés d'être fidèles à l'OCF. Quel que soit leur rang, roturier, bourgeois, noble mineur ou d'importance, tous les traîtres ont été pourchassés et mis en état d'arrestation pour ceux qui ont été pris vivants, et Nivraya a travaillé jour et nuit pour aider l'Intendant Enon à coordonner le travail des Tribuns, des soldats, et des chasseurs de prime désireux de s'engager pour gagner un peu d'argent. Six mois de travail acharné et intense qui ont révélé tout le potentiel qui se cachait en elle, insoupçonné : une capacité de travail importante, un cerveau brillant, et surtout une loyauté sans faille à la main qui lui a donné sa place.

Naturellement, personne n'a été dupe de son ambition, mais qui parmi la noblesse peut se targuer de n'avoir aucune ambition personnelle ? Elle a simplement exploité l'opportunité qui lui était donnée de prouver sa valeur, et elle fait désormais partie des proches collaborateurs de l'Intendant Enon, second personnage du royaume :

- Eminence, le salue-t-elle avec la même déférence qu'au premier jour, imitée par son époux.

- Ah, Nivraya, Sire de Gardelame, vous êtes là. Qu'avez-vous pensé de la cérémonie ?

C'est lui qui répond, d'une voix calme et posée :

- Nous l'avons trouvée parfaite. L'organisation et la sécurité sont au maximum, et nous sommes ravis que tout se soit bien passé. Après les tragédies que nous avons connues, notre principale crainte était qu'un sursaut de nos ennemis ne vienne gâcher ce jour de fête.

La jeune femme hoche la tête avec solennité, pour appuyer les propos de son mari. Il n'est pas courant qu'il réponde à sa place à une question, car il sait qu'elle n'est pas d'un naturel effacé et soumis, mais il s'agit ici de sauver les apparences. En Arnor comme dans beaucoup de royaumes de l'Ouest, la place des femmes est bien définie, et elles ne sont en général pas invitées à parler de politique au milieu des hommes, sinon pour lancer des commentaires dans l'air du temps, à la mode, et surtout politiquement corrects. D'ailleurs, pour ne pas froisser les sénateurs et les autres nobles, Nivraya a été recrutée comme une simple assistante, et personne ne se doute réellement qu'elle fait plus que du simple travail de secrétariat, et qu'elle entretient des conversations très intéressantes avec l'Intendant en personne, au sujet de la politique, du royaume et des affaires de l'Etat.

- En effet, répond ce dernier. Avez-vous un présent pour le couple royal ? Je peux dire aux gardes que vous m'accompagnez, cela vous épargnera une longue attente. Par ce temps, vous risquez une insolation.

Elle n'a pas le temps de répondre que Justar s'empresse d'accepter pour deux, et ils emboitent ainsi le pas de l'Intendant pour procéder à la remise des présents. Nivraya se réjouit de cette proximité, tout en la trouvant gênante. Après tout, elle n'est qu'une simple assistante aux yeux de tous, et si on peut comprendre qu'elle soit professionnellement proche de l'Intendant, qui parmi les Arnoriens pourra comprendre pourquoi elle prend le pas sur le protocole strict qui veut que les nobles de première importance soient placés parmi les premiers dans la file. Elle préfère éviter de se poser trop de questions, et se satisfait d'afficher ostensiblement son prestige et la considération que lui porte l'Intendant, tout en se demandant s'il s'agit pour cet homme d'une simple maladresse, ou bien d'un signe qu'il envoie aux autres nobles. Quoi qu'il en soit, la réponse n'a pas d'importance pour l'heure, et tandis qu'elle suit de près son époux et son supérieur hiérarchique, s'excusant de droite et de gauche avec un grand sourire, elle garde serrée précieusement contre elle le cadeau qu'elle a préparé pour la nouvelle Reine : un tableau d'une grande simplicité, représentant la fonte des neiges sur la plaine environnant Annùminas, qui a la particularité d'avoir été réalisé par la jeune noble elle-même. Un cadeau personnel, donc, qui saura probablement toucher la nouvelle épouse d'Aldarion, amatrice d'art d'après ce qu'en disent les rumeurs.
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Gallen Mortensen
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Lun 9 Juin 2014 - 22:19
Gallen fixait , torse nu les premiers rayons de lumière toucher les plaines de Pelennor. Le rohirrim se trouvait dans un des plus luxueux appartement de la cité Blanche. sa dernière visite à Minas thirith avait été moins glorieuse, il était sorti à demi mort des mines du Gondor avec ses amis Etelion et Sirion suite au terrible combat contre Balthazar Penser à ce monstre ramena le cavalier aux événements d'hier, il dut assister à la mascarade de l’exécution de ce minable de Warin pour sceller définitivement la victoire sur l'Ordre. Les affres de la politique restaient bien opaques pour Gallen et comme toujours les vrais héros restaient dans l'ombre. Il eut même le déplaisir d'apercevoir Saemon Havarian. Mortensen vouait une animosité certaine pour l'âme damnée de Tar Aldarion. Mais surtout voir cet home renvoyait la culpabilité de Gallen lors de la lutte contre l'OCF.

Gallen prit une coupe ouvragée de vin dorée. Le rohirrim eut de nouveau un léger sourire. Il y a quelques temps il aurait à son habitude mis sa tête dans un tonneau d'eau froide pour se réveiller. Aujourd'hui le vin précieux faisait cet office. Puis il se tourna légèrement, entendant la femme dans son lit bouger. Il vit son corps couturé de blessures dans une glace et notamment celle faite par Rohk lors de leur dernier duel à Aldburg, Son épaule gauche avait été fracassée mais le guerrier du Sud l'avait épargné. Seul le sombre soldat connaissait la raison de ctte étonnante clémence. Mais Gallen avait découvert un Rokh bien différent à son retour du Rhun. Un authentique guerrier sans nul doute mais avec une âme.Farma avait elle.. ? Un coup au coeur cueillit Gallen qui finit la coupe d'un trait.

Le rohirrim scruta son corps un instant. Il reprenait des forces rapidement. Il s’astreignait depuis trois mois un entraînement journalier avec le nouveau capitaine de la garde royale: Léaramn.. Le jeune homme était devenu un des dignitaires les plus importants du Rohan,et c'était le fait de Gallen car c'était en son pouvoir dorénavant . Léaramn n'était plus le jeune soldat épeuré arrivé à Aldburg suite à la nuit des lances noires, c'était un guerrier , un vétéran, la lutte contre l'Ordre l'avait fait grandir, l'avait changé comme tous. Gallen pensa à Etelion, il se demanda o`u le kuduk pouvait bien être . En comté peut être, fumant de la bonne herbe ? Il avait aperçu Sirion hier dans l'ombre mais les deux "frères" d'armes s'étaient "évités"......Les derniers épisodes contre l'OCF les avaient éloignés d'une certaine façon, bien qu'ils soient liés à jamais.Puis il avait vu Erco Skaline, le pourfendeur de l'Orchal, mais qui avait été destitué de son titre de comte d'Esgaroth. Mais Erco était ici à Minas thirith en tant que dignitaire, car lui Gallen Mortensen l'avait nommé Ambasadeur de Rohan dans la ville du Lac. Car aujourd'hui Gallen Mortensen avait ce pouvoir il était ......Vice Roi du Rohan

Gallen avait une pensée pour le jeune roi du Rohan Fendor resté à Isengard pour se former à son futur règne. Le jeune homme l'avait nommé à sa surprise : Vice Roi du Rohan. Pourtant Il était persuadé que Fendor allait l’exécuter. En effet ,après son retour au Rohan, Gallen avait marché sur Edoras avec Orwen et ses troupes ainsi que le jeune Fendor. Il s'était fait ouvert les portes de la ville et avait provoqué en duel Eoseld. Fendor avait acepté ce duel fratricide. Après un âpre combat, Gallen avait exécuté en rendant honneur à sa bravoure le légendaire Eoseld. Dans la foulée Fendor avait nommé Gallen à sa place pour diriger le Rohan en attendant sa majorité.

Depuis Gallen avait découvert un garçon plus mature que son âge, prêt à se sacrifier pour son peuple et sa contrée. Il devait l'avouer il aimait son jeune roi...

Un nouveau mouvement dans le lit. Gallen aperçoit les boucles blondes et la silhouette parfaite . Il dépose un baiser sur les lèvres pulpeuses. Une réponse passionnée s'ensuit. Gallen s'abandonne alors dans les bras de son.... Aelyn


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Quelques heures plus tard, Gallen a revêtu les attributs du Vice roi du Rohan,. Seule entorse au protocole c'est son épée kaya qui est à son coté. Gallen observe Aelyn. Et comme un coup de massue il s’aperçoit qu'il aime cette femme plus que tout. Comme est ce possible ? Farma est morte depuis environ six mois? Gallen à cette pensée a une remontée de bile mais il ne laisse rien transparaître.Il n'aime pas moins ou plus Aelyn il l'aime autrement mais d'un véritable amour. Il aime son corps son âme... C'est une révélation en ce jour. Elle est resplendissante dans ses atours somptueuse. Gallen a su l'imposer comme compagne officielle. Deux capitaines ont payé de leur vies leur impudence face à le jeune femme. Depuis les commentaires déplacés ont disparu. Mais surtout Aelyn effectue ses missions de compagne de Vie roi avec abnégation et justesse, elle est aimée du peuple.

Le couple sortit de ses appartements. Léaramn le capitaine de la garde royale en armure dorée étincelante les attend avec cinq gardes triés sur le volet.

Le Rohan va rendre hommage à L'Arnor et ensuite Gallen devra rencontrer Méphisto roi du Gondor pour une demande de son roi Fendor fils de Firion.

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Selon l'Ordre protocolaire Le Rohan arrive juste après le Gondor pour rendre hommage à Aldarion. Gallen est un peu stressé il n'a pas l'habitude de ce genre de cérémonie mais la présence d'Aelyn le rassure. Ils passent devant la délégation du Rhun et le vice roi aperçoit dans la suite de la reine Lyra , Rokh il effectue un signe de tête respectueux vers le guerrier. Il croise Erco, il se sont promis une bonne bière dans les appartements de Galen tout à l'heure, cela fait un bien fou de voir son ami.

C'est enfin leur tour.

Gallen et Aelyn entrent donc . Léaramn et les gardes restent à l'extérieur .

Après les révérences d'usage, Gallen fixe un instant le regard d'Aldarion. Les deux hommes se connaissent et s'apprécient peu. Gallen a du respect pour Aldarion mais il considère son rôle dans la lutte dans l'OCF comme plus que trouble. Mais la perte d'un être cher lors de cette lutte rapproche d'une certaine façon les deux hommes

De sa voix de stentor, Gallen déclame

"Roi Aldarion d'Arnor veuillez recevoir en cet instant les félicitations du Rohan ,de son peuple et de son roi Fendor fils de Firion. Permettez nous de déclamer nos hommages à votre jeune épouse. Que cette union apporte paix et cordialité dans les Terres du Milieu"


Puis Il tend vers la jeune reine un coffret de bois

"Pour vous Reine d'Arnor, une broche à cheveu ayant appartenu à Eowyn, la femme qui représente la plus notre peuple"


Et pour vous Tar Aldarion, votre présent vous attend dehors

Un hennissement se fait alors entendre

"Un authentique Méaras. Seuls les véritables rois peuvent le monter. Qu'ils rapprochent nos deux peuples !!"


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Aelyn
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Mar 10 Juin 2014 - 4:53
Aelyn s'était enfin réveillée. Elle avait longtemps trainé au lit, encore dans les limbes du sommeil. Elle repensait aux six derniers mois qui l'avaient mené jusqu'ici. Le destin faisait parfois étrangement les choses. Toutes ces horreurs et toutes ces belles choses qui étaient arrivés en une année seulement. C'était comme vivre plusieurs vies à la fois. Mais alors qu'elle tournait et retournait son esprit, elle fut tirée de ses songes de la plus agréables des manières, les lèvres de Gallen contre les siennes. Elle sentait qu'elle ne pourrait jamais s'en lasser, c'était le baume qui apaisait ses peurs. Elle s'y abandonnait toujours avec une ferveur que d'aucun aurait qualifié d'excessive peut-être... mais peu lui importait. En 5 ans de veuvage, elle avait fini par oublier qu'elle n'était pas qu'une mère et il avait fallu Gallen pour qu'elle s'en rappelle enfin, elle n'était pas prête à l'oublier de nouveau. Qu'importe les cicatrices de son corps et de son esprit, elle l'avait accepté comme il était et caressait l'espoir de les apaiser un jour, n'était-elle pas guérisseuse après tout ? Elle sourit contre le baiser, passa ses bras autour du cou de l'ancien maréchal et l'attira vers elle.

***
Ils avaient fini par se préparer enfin, l'heure approchant. Il faisait une chaleur éprouvante ces jours-ci. Après le Rude Hiver, les saisons avaient été particulièrement chaudes. Le printemps avait semblé céder son tour au profil d'un été qui n'avait dès lors pas cessé de réchauffer la Terre du Milieu. Le climat du Gondor, bien plus chaud que celui du Rohan avait fait souffrir la jeune rohirrim dans les premières heures de leur arrivée dans le royaume. Plus habituée aux grandes plaines balayées par les vents frais qu'à la chaleur étouffante de la cité, elle s'était prise à regretter en silence d'être coincé entre les murs de Minas Tirith et non à l'air libre des Champs de Pelennor. A présent elle se sentait mieux, un bain à l'eau mentholée l'avait grandement rafraichit et elle était prête pour l'épreuve du mariage.
Du coin de l'œil, elle observa son compagnon. Elle avait sentit son regard sur elle et lui répondit d'un tendre sourire avant de reprendre ses préparatifs. Alors que le Vice Roi était déjà apprêté, elle continuait à nouer savamment les nombreux liens qui maintenaient sa somptueuse robe de cérémonie. Quelques mois auparavant, elle n'aurait jamais cru ne serait-ce que possible d'effleurer un tel chef-d'œuvre, commandé et réalisé spécialement pour l'occasion par les meilleurs artisans du Rohan. Elle se serait contenter d'une robe un peu plus modeste mais tous avait été clair, elle représenterait le Riddermark aux yeux de toutes les délégations de la Terre du Milieu, impensable de se contenter de si peu. C'était une robe dans le plus pur art rohirrim dans ce qu'il avait de plus noble, toute de soie et de lin délicat, brodée d'entrelacs dorés et de minuscules têtes de chevaux, et incrustées de fils d'argent. Si délicate qu'elle avait à peine osée l'essayer lorsqu'elle lui fut livrée. Elle mettait en valeur sa silhouette tout en dissimulant élégamment la trop grande cicatrice de son dos. Elle était parfaite.
La jeune femme se regarda dans le miroir pour juger de l'effet. Pour le reste de sa tenue, elle était restée plus sobre. Oui elle représentait les rohirrim, et les rohirrim n'étaient pas des gens noyés dans le faste et l'apparence, c'était un peuple sincère qui ne se dissimulait pas sous des maquillages et des coiffures extravagantes. Ses cheveux formaient une couronne tressée autour de sa tête, juste agrémentée de quelques fils d'argent semblables à ceux qui décorait sa robe et à son cou seul trônait l'émeraude d'Hengest. Qu'importe l'importance de sa relation avec Gallen, elle n'avait jamais pu se résoudre à se séparer de ce collier. Alors même qu'elle avait confié sans trop de difficulté la clé du coffre contenant les affaires de son ancien époux à son fils aîné. Elle avait gardé le pendentif. Il faisait partit d'elle et comme Gallen n'avait jamais exprimé le souhait de le voir disparaitre au fond d'un tiroir, elle s'autorisait à le porter encore. Elle se tourna enfin vers son compagnon, l'éclat dans ses yeux était plus sincère et flatteur que le reflet du miroir.

Avant de sortir des appartements, elle replaça délicatement le col de Gallen, s'assura d'un coup d'oeil qu'il avait bien pensé à prendre le cadeau pour la reine et lui offrit un baiser. Une main posée sur sa joue, elle tenta de lire dans ses yeux ce qu'il avait en tête.

« - Tout se passera à merveille. » affirma-t-elle doucement.

En vérité, elle n'était pas sûre de qui elle tentait le plus de convaincre, son compagnon ou elle-même. Bien qu'elle ne laissait rien paraitre, elle était horriblement stressée par cette perspective. C'était sa première véritable rencontre officielle avec les grands seigneurs et rois de l'étranger. Sa plus grande angoisse était de voir niée sa légitimité devant toutes ces personnes qui l'intimidaient et l'écrasaient de leur pouvoir. Gallen et elle n'étaient pas mariés, hérésie pour le plus grand nombre. Pour certain elle n'était qu'une maîtresse, un jouet, parfois la qualifiait-on de prostituée ou d'arriviste !  Les plus cruelles étaient sans doute ces familles nobles qui aurait rêvé voir leur propre fille au bras d'un si beau parti, pour qui la pauvre guérisseuse n'était qu'une paysanne pouilleuse qui avait profité de la détresse du maréchal pour parvenir à ses fins. Quant aux militaires, ils n'avaient guère été plus tendres... Ces insultes lui donnaient la nausée. Si à force d'effort et de patience, elle était parvenue à se faire reconnaitre du peuple du Rohan, elle devait surtout ce prodige à l'acharnement de son compagnon. Et même s'il fallait bien avouer que couper des têtes n'avait absolument rien de romantique, le combat de Gallen pour la faire reconnaitre Vice Reine à part entière et lui faire valoir la même considération qu'une épouse avait été sa meilleure motivation à ne pas simplement baisser les bras sous la violence des attaques qu'elle avait dû subir. De quelle autre preuve d'amour aurait-elle donc besoin après avoir vu cet homme se démener pour pouvoir la garder à ses côtés malgré toutes les pressions ? Un mariage aurait sans doute été plus radical mais Aelyn avait accepté le fait que Gallen n'était pas prêt pour ça. Qui l'en blâmerait après ce qui s'était passé avec cette pauvre Farma... Et maintenant il était temps d'assumer ce choix devant le monde entier.
C'était en partie à cause de cette peur qui la rongeait que la jeune femme avait préféré laisser ses fils chez eux. Les prétextes n'avaient pas manqués : la plus facile était l'importance de continuer à étudier auprès de leur précepteur mais celle qui avait eu le plus d'impact sur les jumeaux avait été de "rester tenir compagnie au roi". Ce n'était pas vraiment ce qui se passait car malgré leur faible différence d'âge avec le souverain du Rohan, celui-ci avait grandit trop vite et la différence de maturité était écrasante malgré les efforts des enfants d'Aelyn. Et les Valar savaient à quel point ils s'y affairaient ! Bien qu'Eogast s'en sorte bien mieux à ce jeu-là que son frère, Eofyr, plus guerrier et moins prompt à la sagesse... Et il était vrai qu'Aelyn elle-même prenait beaucoup sur elle pour ne pas paraitre trop maternelle avec Fendor, malgré l'intelligence et les compétences certaines du garçon, elle ne pouvait s'empêcher de voir tout autant le roi que l'enfant trop jeune et trop seul qui portait trop de responsabilités. C'était un combat de tous les instants contre elle-même pour rester à sa place face au jeune souverain.

Dans une grande et profonde inspiration, la jeune femme se força à relever la tête, détendre ses épaules et apaiser les traits de son visage. Finalement elle prit le bras offert qui la guida vers l'extérieur. Là les attendait le tout jeune Capitaine de la Garde Royale, fier dans son armure rutilante. Aelyn le salua gracieusement de la tête. Son respect pour le jeune homme s'était rapidement calqué à celui de Gallen tant celui-ci était élogieux à son sujet. Ils avaient vécu tout deux ce genre de combat qui lie par le respect et une confiance indestructible que la compréhension d'Aelyn ne pouvait qu'effleurer en surface. Un lien que seule une expérience similaire permettait de comprendre.

Gallen et Aelyn, après avoir remonté avec le reste des officiels la rue qui montait au palais, s'installèrent aux places qui leur étaient réservées. La présence de haradrim aussi proche hérissa la jeune femme tandis que celle de la Reine Lyra lui tira la chair de poule. La seule présence de cette femme suffisait à réveiller l'instinct de survie de la rohirrim. Alors que son esprit rationnel lui soufflait le ridicule de cette angoisse, son corps lui signalait qu'elle ne tarderait pas à poignarder quelqu'un dans le dos. Heureusement pour elle, elle fut rapidement divertit de son inquiétude par l'arrivée de la mariée. Elle était d'une grande beauté, digne d'une reine, pensa-t-elle bien qu'Aelyn ne soit pas la dernière à penser qu'il nécessite plus d'intelligence que de beauté pour se tenir au côté d'un roi. Mais la première impression de la princesse semblait avoir fait mouche aussi bien sur le peuple que sur les dirigeants venus assister à la noce. Tous semblaient subjugués, à raison d'ailleurs. Dinael n'avait pas l'air malheureuse de son sort visiblement, et c'était au mieux. Aelyn n'était pas sans savoir qu'il était rare dans les hautes sphères qu'on demande leur avis aux futures épouses. Et il ne manquait pas d'histoires pour conter ces terribles déconvenues, mais ça ne semblait pas être le cas de cette union.

Avant toute célébration, le Haut-Roi réclama quelques minutes de recueillement à la mémoire de toutes les victimes des tragédies qui avaient accompagnés le Rude Hiver, tous ceux qui avaient péri suite à ces horribles évènements. Aelyn aurait sans doute eu le cœur retourné à l'évocation des enfants royaux atrocement assassinés si une image plus forte que tous les autres ne s'était pas imposée à son esprit. L'espace d'une seconde, elle se revit maintenir la tête de Farma qui la fixait le regard fou, les cheveux en bataille et le visage rouge. Elle battit des paupières et l'image disparue. Elle n'en resta pas moins perturbée durant les dernières minutes de silence si bien qu'elle chercha discrètement la main de Gallen pour y glisser la sienne. Si elle était hantée par ce souvenir, elle n'osait imaginer ce qui se passait derrière les paupières closes de son compagnon. Elle sera un peu plus ses doigts pour tenter de lui transmettre un peu de réconfort.
Puis les réjouissances reprirent. On maria bien vite le couple, en moins de temps qu'il n'avait fallu à son frère pour prononcer ses vœux à son propre mariage trois mois plus tôt. Cela laissa à Aelyn un goût d'inachevé mais ne l'empêcha pas de participer à la liesse générale, le sourire aux lèvres mais avec toute la retenue qui seyait désormais à son rang. Il fut alors temps de trouver sa place dans la file interminables de dignitaires et de notables empressés de présenter leurs cadeaux.  Fort heureusement pour eux, il s'avérait que dans l'ordre défini par le protocole strict qui régissait ce genre d'évènement, le Rohan avait bonne place et leur attente ne fut pas si longue. Gallen semblait agité, il n'était pas encore habitué de ce genre d'évènement et avait toujours quelques réserves vis-à-vis du roi d'Arnor qui rendait le moment encore plus pénible. Et sa compagne ne pouvait pas faire grand chose sinon se tenir à ses côtés.

Aelyn salua d'abord Tar-Aldarion en tâchant de faire montre de la plus grande élégance et la plus grande noblesse. Sa démarche et son port naturels lui furent d'un grand secours. Puis elle fit de même avec la toute nouvelle reine, se permettant un sourire avant d'énoncer ses voeux de bonheur et de prospérité en son nom propre puisque Gallen se chargeait évidement des félicitations officielles. Elle s'écarta ensuite d'un pas vers l'arrière pour laisser le Vice Roi présenter les cadeaux du Riddermark. La broche sembla faire son effet chez la jeune reine. Sa valeur était inestimable et moins par son prix que par son histoire et sa signification. Outre le fait de représenter Eowyn, femme rohirrim, modèle entre toute, elle symbolisait également l'union du royaume d'Elessar et celui d'Eomer. Quant au Mearas... Aelyn n'en revenait toujours pas. Les Seigneurs des Chevaux étaient réservés aux Rois du Rohan exclusivement et le furent tous à l'exception de Gripoil qui fut la monture d'un Istar. C'était là un cadeau au dessus de toute valeur qui avait été le théâtre de négociations houleuses à la Cour. Mais la promesse de paix durable qui était lié à ce cadeau exceptionnel avait fini par décider les plus réticents. Les affres de la guerre avait trop violement frappé la Marche pour que quiconque puisse dédaigner la Paix, quelqu'en soit le prix à payer tant qu'il ne déshonorait pas les Rohirrim. Et c'était là au contraire un présent qui leur faisait honneur. Et un immense gage de confiance. Elle sourit intérieurement en pensant à quel point l'idée de céder un de ces précieux chevaux à un autre royaume déplairait à sa mère. Elle espérait qu'au moins l'animal serait traité avec égard et non pas comme n'importe quel poney ou mule. De toute façon, ils le sauraient assez vite, un Mearas ne saurait rester auprès d'un cavalier qui ne lui accorde pas tout son respect.
Les cadeaux présentés, le couple put se retirer après de nouvelles révérences et la répétition des vœux d'usages. Il était grand temps de se montrer aux festivités, il n'était pas encore temps de s'adresser au Haut-Roi. La chaleur était toujours harassante et Aelyn espérait trouver de quoi se rafraichir un peu à leur table.

Pour le moment tout se passait à merveille et cela allégea nettement le poids qui pesait sur ses épaules. Elle adressa un sourire lumineux à son compagnon, espérant le divertir un peu de ses soucis.



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Aldarion
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- -:

Mar 10 Juin 2014 - 17:31
La lente procession avait commencé sous la tente. Des gardes de Minas-Tirith veillait à ce que les différents dignitaires entre les uns après les autres. Malgré le boucan sur la place, cela permettait de conserver un minimum le caractère privé des entrevues.

La tradition voulait que le premier à féliciter le couple soit le Roi du Gondor, premier parmi les alliés de l'Arnor. Cependant, aucun fils de Mephisto n'étant en âge de le représenter, on passa directement au Rohan. En effet, Mephisto en tant que Haut-Roy se devait de féliciter les mariés en dernier, juste après le père de Dinael.

Aldarion vit donc, sans surprise, le nouveau Vice-Roi du Rohan se présenter devant lui. Aldarion connaissait les qualités de l'ancien maréchal mais il avait également eu à se plaindre de ses défauts. Un homme souvent impulsif et irréfléchi. Néanmoins, il était convaincu qu'il ferait un excellent mentor pour le jeune Fendor. Par contre, il ne connaissait pas la jeune femme qui l'accompagnait.

"Sa nouvelle compagne, Dame Aelyn", lui glissa Vilyan qui avait eu l'occasion de prendre ses renseignements.

Dinael, à côté de lui, rayonnait totalement. Elle sourit aux invités d'une manière tout à fait sincère. Gallen declama alors les félicitations d'usage.

"Nous vous remercions de votre présence et des bons vœux de votre Roi."

Le tout était particulièrement officiel et manquait de tout évidence de chaleur. Gallen présenta alors le magnifique cadeau qu'il offrait à la nouvelle reine d'Arnor. Celle-ci se dressa et saisit le petit coffret en bois que lui tendait le maréchal.

"Je vous remercie. Nous avons beaucoup à apprendre de nos illustres ancêtres et en particulier de la fière Dame Eowyn. Une digne représentante de votre peuple héroïque qui ne fut jamais épargné par l'histoire."

Elle salua alors Gallen, des paroles qui étaient indéniablement sincère et qui pourrait mettre un peu d'huile dans les rouages des relations entre les deux hommes.

Le Vice-Roi fit alors s'avancer le cadeau à Aldarion. Un magnifique mearas, le roi n'en avait jamais vu d'autre que celui de Rustor, le Prince Elfique. C'était un animal splendide qui respirait la majesté.

"Soyez mille fois remercié."

Aldarion se leva et sortit devant la tente pour admirer l'animal qui forçait l'admiration de tous.

"Je serai fier de monter pareil cheval. Il sera le symbole de l'union sans cesse renouvelé de nos peuples."

Le Roi saisit la main de Gallen qu'il secoua avec force. Ils rentrèrent dans la tente, avant que le couple du Rohan ne prenne congé.

"Allez ami, et sachez qu'il y aura toujours au Nord un refuge pour vous."

Alors que la délégation rohirrim quittait la tente, Aleth fit des signes étrange à Aldarion. Puis fermant les pans de la tente, il annonça à l'extérieur que le Roi et la Reine prenait un rafraîchissement. Puis, par un côté dérobé, il fit entrer Nivraya et son époux.

"Ma Reine, laissez moi vous présenter mon assistante Nivraya et son époux, vous aurez sans nul doute l'occasion de la rencontrer souvent dans votre nouveau palais."

***

Alors qu'Eliah et son frère tentaient de se glisser dans la file des personnes qui cherchaient à voir le couple, un homme bouscula distraitement Oemir. Il se retourna, affichant soudain un large sourire. Il portait une tenue d'officier du Rohan et était accompagné d'une petite troupe rohirrim. Il semblait pour le moins heureux de croiser son compatriote.


"Oemir ! Ou plutôt Capitaine Oemir ! Comment vas-tu ?"

Bien que le visage de l'officier lui dise quelque chose, Oemir ne semblait pas capable de se remémorer le nom de l'inconnu. Celui-ci sembla remarquer le trouble de son interlocuteur.

"Nomeas ! Capitaine Nomeas Ellentsen de la Marche de l'Est ! On s'est croisés à notre formation! Viens, suis moi ! Tous les autres sont réunis par là ! Tu as bien le temps pour une petite bière ?"

Voyant l'hésitation d'Oemir qui portait son regard sur Eliah, Nomeas dissipa ses doutes.

"Si elle fait la file elle en a au moins pour une heure... On sera revenu à ce moment là promis !"

Sans même lui laisser le temps de répondre, les autres compagnons de troupes de Nomeas saisirent fraternellement Oemir et l'attirèrent en direction du buffet, laissant Eliah pantois.

Avant que celle-ci ne puisse décider de le suivre ou de garder sa position dans la fille, une dame à l'aspect noble s'approcha d'elle.




"Dame Tandoril ?"

Eliah n'avait pas encore répondu que la femme avait confirmé son pronostique d'un regard sur la bague qu'elle portait au doigt.

"Suivez-moi si vous voulez les réponses à vos questions..."

Sans laisser un instant de plus à la jeune femme, la dame avait fait volte face et était partie à travers la foule dans la direction opposée à celle que venait d'emprunter Oemir, qui était désormais hors de vue, et ses amis.


Invité, n'oublie pas que le regard des Rois d'Arnor porte au delà des frontières de leurs royaumes.[/center]

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Njall l'Indomptable
Garde Personnel de Poppea d'Arnor
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~ GRIMOIRE ~
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- -: 26 ans
- -:

Mar 10 Juin 2014 - 19:34

Prenant une grande inspiration, Njall franchit les portes du manoir de Sora, anxieux. Le soleil lui martelait le crâne et cette migraine était aggravée par les clameurs de la foule amassée dans la rue. La lueur du monde extérieur qui contrastait avec la pénombre du manoir, plongé dans l'obscurité à cause de la chaleur écrasante qui se serait insinuée à l'intérieur, aveugla momentanément le lossoth qui couvrit son regard du plat de sa main mat, observant d'un œil plissé la rue qu'il fallait remonter pour rejoindre la Citadelle. Ne pouvant s'arrêter plus longtemps pour apprécier le spectacle particulièrement formidable de l'architecture gondorienne, le guerrier dû avancer pour emboiter le pas du reste de la suite du roi d'Arnor, Tar-Aldarion, et plus particulièrement celui de Poppea, avec qui il avait dû se familiariser durant les six derniers mois, qui avaient été riches en émotions pour le pèlerin. Il se les remémorait tout en marchant, épongeant de son bras son front trempé de sueur. Il fallait dire que la température caniculaire de ce jour de mariage changeait radicalement des habitudes du lossoth qui vivait autrefois dans une région où l'on côtoyait l'autre extrême des températures, et où l'eau avait tendance à geler plutôt qu'à s'évaporer. Il l'avait quitté depuis presque 7 mois bientôt, et dès le premier mois de son périple, ce dernier s'était transformé en véritable succession d'aventures et de défis pour le chasseur. S'il était renommé comme un grand chasseur et un marcheur endurant dans son pays, il avait dû rapidement se familiariser à l'art de la guerre, qui n'en était qu'à ses prémices autour de la rude mais pacifiques baie de Forochel. Aidé par sa forme physique, le jeune guerrier avait dores et déjà affronter de nombreux périples et même participé à un événement majeur malgré lui, de fils en aiguilles. Tout avait commencé quand il avait rencontré Adaes Thiemond ainsi que d'autres voyageurs autour d'un feu de camp, aux limites nordiques du royaume d'Arnor. Après un repas partagé, ils étaient tombés dans le piège d'une bande de gobelins et avaient dû défaire un troll, un véritable baptême du feu pour le lossoth, qui s'en était sortis vivant au prix de quelques plaies douloureuses venues se rajouter à son lot de cicatrices. Ils avaient ensuite gagné Annunimas où ils avaient pris part aux événements opposants le roi Aldarion à un complot de ce que Njall avait appris être l'Ordre de la Couronne de Fer, une sombre organisation dont il ne comprenait pas les rouages si ce n'est qu'elle avait un réseau tentaculaire. Njall, Adaes et deux autres aventuriers avaient été chargés pour le roi de préparer son retour en s'infiltrant dans la cité aux mains des traîtres.

Une mission qu'ils accomplirent avec brio après d'intenses combats au sommet du clocher. Mais ils s'en étaient sortis vivants, une fois de plus, et endurcis. Il avait ensuite pansé ses blessures, hébergé par sire Thiemond, car le noble avait désormais rétablis le prestige de sa famille, récompensé par le Roi pour sa fidélité à la Couronne. Njall quant à lui eut le temps de mettre de l'ordre dans ses affaires et même gagner un peu d'argent en aidant le maître d'arme devenu noble avant d'être contacté par les services du Roi. Malgré le fait qu'il soit étranger et ignorant tout ou presque du monde dans lequel il évoluait, sa bravoure avait été remarquée et on lui proposait un rôle de garde rapproché pour la dernière héritière d'Arnor, la Dame Poppea.

Le chasseur mit quelques jours à accepter la proposition royale. En effet, il devait faire un point sur son parcours jusqu'ici, qui avait bien dérivé de ses objectifs premiers. Il avait découvert le monde car ce dernier était venu à lui de manière violente, bien loin du voyage qu'il pensait effectuer en quittant son village. Mais il était loin d'être prêt et son pèlerinage ne faisait que débuter, ainsi, si devenir garde du corps de la noble ne lui permettrait pas de voyager dans les différentes contrées d'Arda, cela lui permettrait de se familiariser avec les coutumes locales et d'en apprendre toujours plus sur ce fascinant Sud qui éblouissait le naïf nordique. Ainsi il accepta et prit ses maigres bagages pour Fornost, disant au revoir à Adaes. Pas un adieu, car quoi qu'il advienne, ils se reverraient sûrement au mariage du Roi, à Minas Thirit, où tous étaient déjà conviés, mais Njall sentait que son voyage prenait un nouveau tournant désormais. Il s'intégrait réellement à la société arnorienne et commençait à en entrevoir les rouages.Quelle ne fut pas sa surprise lord de sa première rencontre avec la femme. Bien sûr, même si il avait connu une certaine « promotion » en passant de simple vagabond à protecteur de l'héritière aux yeux de la société, il demeurait assez insignifiant dans l'esprit de tous, et relativement anonyme, mais la femme avait quand même tenu à rencontrer celui qui la suivrait désormais partout.

Ce qui marqua premièrement le lossoth fut la masculinité de Poppea, qui contrastait avec les femmes maniérées comme Nivraya, qui était devenue le modèle de la femme noble arnorienne dans son esprit, car la seule qu'il avait vraiment côtoyé. Elle n'en était pas pour autant viril, mais le lossoth devait avouer avoir une certaine admiration pour elle. Elle savait se battre et était dotée d'un fort caractère. Il savait intérieurement qu'il apprendrait beaucoup après d'elle, beaucoup plus qu'auprès de n'importe quelle autre femme. Voilà maintenant 6 mois qu'il était l'ombre de Poppea, et il avait troqué son armure de cuir et de fourrure pour celle de fer aux couleurs de l'Arnor, forgée à Fornost.

Il n'avait pour autant pas abandonné ses affaires de lossoth et il les conservait précieusement, telles des reliques. Sa masse ainsi que ses autres affaires étaient restées à Fornost, bien qu'il utilisait encore quotidiennement cette première, il n'avait pas eu le droit d'être armé au sein de la cité gondorienne et était aussi désormais versé dans le maniement des épées, car si la masse de guerre était adaptée aux combats d'envergure, elle était peu pratique quand il s'agissait de protéger quelqu'un. Ainsi, il suivait quotidiennement des entraînements avec le maître d'arme de Fornost et était un élève assidu et curieux. Il commençait à connaître Poppea et ses habitudes, et elle semblait l'apprécier pour sa discrétion et sa discipline. La vie à Fornost avait quelque chose de solennelle, la forteresse avait vécue et même survécus à bien des choses, ses murs éreintés en témoignait, et Njall se plaisait dans ce climat qui s'adoucissait avec le recul de l'hiver tout en restant frais. Quant à la chaleur de ce jour, en Gondor... Elle était intenable pour l'homme du Nord. Ses cheveux bruns étaient attachés en une épaisse queue de cheval et il marchait fièrement sous les façades blanches de Minas Thirit. Il restait derrière Poppea, attentif malgré la chaleur qui lui tourmentait l'esprit, et portait de manière plus que régulière la main à la gourde qui pendait à son flanc.Le mariage se déroula sans incidents et Njall continua à jouer ce rôle de garde dans lequel il se plaisait.

Il portait des responsabilités raisonnables – la vie de l'héritière d'Aldarion tant que sa nouvelle femme n'avait pas enfantée – et pouvait continuer son observation minutieuse de tout ce à quoi il s'assistait, tout en mettant de l'or de côté pour son voyage et en bénéficiant d'une formation au combat. Une situation plus qu'idéale pour un étranger qui vivait de la chasse il y a six mois encore. Durant le reste de la cérémonie, le lossoth resta en retrait, comme à son habitude, mais toujours à moins de deux mètres de sa protégée. En effet, même désarmé, le champion du Nord, même s'il était court sur patte demeurait potentiellement mortel et ne se pardonnerait pas qu'il arrive la moindre chose à Dame Poppea, ne serait-ce une égratignure.
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Eliah Tandoril
Dame de compagnie
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Localisation : Edoras
Rôle : Dame de Compagnie

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Mer 11 Juin 2014 - 15:19
La grande place de Minas Tirith était noire de monde. Si, au moment de la cérémonie chacun avait trouvé une place et avait patiemment attendu dans le calme et le silence, les choses étaient tout autre à présent que les jeunes mariés se trouvaient sous la tente. Les invités et autres badauds se bousculaient afin d'apercevoir de plus près le Roi et la Reine. Le groupe se resserrait aux abords de la tente alors qu'une file immense commençait à se former. Les soldats triaient les invités et faisaient entrer les plus important d'abord. Eliah dans sa grande robe verte commençait à suffoquer. La chaleur et la foule ne faisait pas bon ménage et elle était de taille moyenne de sorte qu'elle n'arrivait pas à capter autant d'air qu'elle ne l'aurait voulu. Elle fut tentée un moment de s'éloigner et d'aller festoyer en direction du buffet, comme le suggérait son frère, mais elle était trop curieuse et excitée à la fois. Elle voulait être au plus proche du couple royal afin de mieux discerner leurs traits. De loin, elle vit entrer une femme magnifique qu'elle reconnut aussitôt comme étant Aelyn au bras de son compagnon qui n'était autre que le nouveau vice-roi du Rohan, Gallen Mortensen.

Elle sourit en voyant Aelyn aussi resplendissante. Ces six derniers mois avaient été compliqués pour la jeune femme qui avait du faire face à la mort de Farma, la peine de Gallen et les critiques qui s'en suivirent. Eliah qui préférait la jolie dame bien plus que son ancienne maîtresse l'avait aidée du mieux qu'elle avait pu dans ces moments. Elle se plaisait à penser qu'elles étaient comme des amies bien que cela fut impossible puisqu'elle n'était qu'une simple Dame de Compagnie et non une noble. Un sourire aux lèvres, elle se demanda si Dame Aelyn la reconnaîtrait en la voyant habillée ainsi. Cela était peu probable, car elle ne savait même pas qu'Eliah avait été invitée.
Oemir aperçut lui aussi le couple, remerciant intérieurement son nouveau capitaine de lui avoir laissé une journée de repos. Il aurait tout autant aimé faire partie de la garde royale aujourd'hui, mais accompagner ce petit joyaux était bien plus agréable.

Eliah serrait le bras d'Oemir afin de ne pas le perdre. Ils étaient constamment bousculés par les passants qui tentaient de se frayer un chemin au plus près et au plus vite. Tel un mur, Oemir repoussait toutes les tentatives des fraudeurs et les relayaient à l'arrière. Mais la file était déjà longue et ils devraient attendre longtemps avant d'arriver à la tente. La demoiselle n'était pas d'une infinie patiente, mais elle essaya de ne pas s'énerver en observant ce qui se passait autour d'elle afin de se distraire. Les hauts dignitaires étaient rassemblés. Certains attendaient pour rendre leurs hommages au Roi alors que d'autres attendaient comme s'il s'agissait d'une punition qu'ils espéraient vite terminée. Il y avait des délégations venue d'un peu partout avec des armures et des uniformes de couleurs différentes qu'Eliah trouvait magnifiques. Il y avait aussi certains personnages qui avaient l'air de barbares et il fallait l'avouer, de brigands ce qui la mit particulièrement mal à l'aise. Quels étaient ces peuples à l'air si sévères ?

Son frère se pencha légèrement et lui indiqua en lui chuchotant à l'oreille à qui appartenait les différentes couleurs, les différents fanions et les différentes maisons. Il savait que tous pensaient qu'Eliah et lui même étaient des gens de bonne naissance grâce à leurs beaux atours. Ils ne voulaient pas que sa sœur soit démasquée. Elle était si sublime et rayonnante ainsi. Il aurait voulu lui donner cela chaque jour. Les rohirrims étaient les plus beaux selon la brune, leur armure brillait fièrement au soleil et celui qui semblait être leur capitaine était lui même entouré de lumière et éblouissait la plupart de ceux qui se trouvaient à sa proximité. Un homme fort et fière pensa la jeune femme qu'elle admira un moment avant de détourner le regard vers le Mearas que le Roi du Rohan venait d'offrir au Roi Aldarion. Cela fit grand bruit alentours et Oemir lui même était estomaqué de voir de ses propres yeux un si beau spécimen.

Mais ce qui capta l'attention d'Eliah plus que tout autre chose fut la délégation du Rhûn qu'Oemir lui présenta d'un hochement de tête. Leur armure était plus sombre et les soldats également. Quand à leur Reine, il était impossible de la décrire tellement elle paraissait complexe. Si Eliah devait donner des adjectifs elle dirait belle, belle et froide. Certains d'entre eux lui rappelaient le guerrier qu'elle avait rencontré à Aldburg. Surtout l'un d'entre eux qui semblait avoir la même carrure, les même traits, la même posture. Rokh ... Oui cet homme lui ressemblait vraiment beaucoup.

“Rokh ?” le murmure s'échappa de ses lèvres, si faible que son frère n'entendit rien. Son coeur se mit à battre la chamade et elle fut prise de sueur froide. Elle dut serrer plus fort le bras d'Oemir pour ne pas s'écrouler. Ce n'était pas possible qu'il soit là... et s'il était là, que faisait-il avec ces gens à l'air mauvais du Rhûn. Ses lèvres s'entrouvrirent et se refermèrent. Elle se mit à réfléchir à toute vitesse, se demandant depuis quand elle ne l'avait plus aperçu. Et la réponse la frappa comme une évidence. Son duel à mort avec le Maréchal. Elle n'avait pas réussi à assister à la scène se trouvant bien trop mal. Non pas qu'elle doutait des qualités du guerrier, mais cela lui avait été insupportable de regarder un tel gâchis de temps et d'énergie. Et au fond elle avait peur. Mais contre toute attente, alors qu'il avait le dessus, il avait épargné la vie du Maréchal. Et depuis ce jour, elle ne l'avait plus revu, bien que l'idée de le revoir avait commencé à la hanter et à la tourmenter justement à ce moment. La réponse était claire comme de l'eau de roche à présent, il était retourné chez lui, au pays de Rhûn, avec les siens. Il l'avait oublié, il avait oublié sa promesse. Les traits de la jeune femme se figèrent et elle se redressa, fière et froide, respirant à grandes goulées afin de retrouver son calme et de chasser la panique qui l'avait prise. Elle détourna le regard et fixa la tente avec insistance. Elle ne devait plus regarder dans cette direction. Bientôt, elle eut moins chaud et son corps reprit peu à peu une température à normal, eu égard du soleil qui la faisait souffrir. La file avança un peu.

Oemir lui, n'avait rien vu de l'état de la jeune femme et avait encore moins fait attention aux soldats rhûniens. Il était accaparé par le présent fait au roi et Eliah l'entendit dire à demi mot que c'était du gâchis de laisser une telle bête sortir des belles terres de Rohan pour une contrée inconnue. C'était le dernier des soucis de la jeune femme. La file avança encore un peu. Bien trop peu.
Elle commença a trépigner et l'ennui fit subitement son apparition. Apprendre le nom de telle ou telle personne ne l'amusait plus et Oemir soupira, agacé lui aussi. Il essaya de l'encourager mais rien n'y fit, sa bonne humeur s'était comme volatilisée. Et il se demandait si cela était réellement du au fait qu'il y avait beaucoup de monde. Après tout c'était un mariage royal, à quoi s'attendait-elle ?

La file avança encore un peu puis comble de tout, la tente fut fermée pour une durée indéterminée. Le Roi et la Reine souhaitaient prendre un rafraîchissement et avaient fait cesser les visites pour un moment. Eliah s'indigna et se plaignit qu'ils allaient devoir attendre encore longtemps dans cette chaleur infernale et se mit à regretter l'espace de quelques secondes l'hiver et l'air froid. Mais cette pensée s'envola rapidement lorsqu'un groupe de rohirrims s'approcha d'eux l'air enjoués. L'un des hommes héla Oemir, ce qui surprit autant la soeur que le frère. Le chevalier ne pensait pas retrouver une connaissance dans cette foule et en l'occurrence, cet homme qui l'appelaient ne lui revenait pas. Il l'avait déjà rencontré, certes, mais l'endroit et le moment étaient flous jusqu'à ce que celui-ci se présente. Son visage s'éclaira alors et il s'exclama :

“Nomeas ! Comment vas-tu ? En effet cela fait très longtemps. Je n'ai pas eu l'occasion de te rencontrer de nouveau depuis des années !”

Il se rappelait à présent avoir travaillé avec lui dans sa jeunesse lors de leur formation. Cela faisait effectivement beaucoup de temps qui avait coulé sous les ponts. Cette rencontre le ravissait mais la demande de Nomeas ne l'enchanta guère. Il posa un regard plein de tendresse sur la sublime jeune femme vêtue de vert qui était à ses côtés et refusa d'un geste de la main. Il était venu ici pour la protéger. Cette histoire de lettre anonyme (des initiales n'avaient aucune valeur à ses yeux) n'était pas pour le rassurer et la laisser seule dans une foule pareille était beaucoup trop dangereux. Il allait la perdre à coup sûr.

“Je suis désolé, mais je suis accompagné. Je ne peux pas ...”

Mais l'homme tenta de chasser ses doutes et ce fut Eliah qui le persuada. Elle voyait bien que son frère en avait envie et qu'il allait sans aucun doute refuser à cause d'elle. Elle lui sourit et le poussa donc à y aller.

“Il a raison, je ne vais surement pas bouger de plus de deux mètres vu la vitesse à laquelle la file avance et...”

Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Oemir tourna donc les talons sous l'impulsion du groupe mais avec hésitation. Un doute s'installa dans son coeur et il espéra qu'elle ne serait pas inconsciente et qu'elle ne ferait pas quelque chose qui pourrait lui nuire. Il avait un étrange sentiment qui lui pesait l'âme. Eliah lui cria avant qu'il ne disparaisse, absorbée par la foule :

“Mais... ramène moi quelque chose à boire je n'en peux plus de cette chaleur !”

A présent qu'elle était seule, la jeune femme se sentit extrêmement fatiguée et vide. Sa tête était douloureuse et elle était un peu chamboulée. Elle se demandait à présent ce qu'elle était venu faire ici. Après tout il s'agissait de personnes de hautes importances, ils avaient tous une fonction plus ou moins importante, mais elle, qui était-elle ? Une simple servante. Ce sont ces pensées qui furent interrompues lorsqu'une femme fort élégante l'interpella. Elle resta un moment interdite, oubliant tout le reste, le mariage, la foule, la chaleur. Il n'y avait plus que cette élégante inconnue et la proposition qu'elle venait lui faire. Sa curiosité venait d'être piquée à vif. Elle hésita un moment, cherchant son frère dans la foule. Elle aurait aimé lui faire un signe, mais il y avait tant de monde qu'il était impossible qu'elle le retrouve à cette distance. Elle avait à peine tourné la tête une seconde que la femme était déjà partie dans la direction opposée. Mais elle marchait à une allure modérée pour que la brune puisse la suivre. Sans avoir même réfléchit à ce que tout cela pouvait signifier, aux conséquences que cela pouvait avoir, la jeune femme se lança à sa poursuite sans jeter un regard en arrière. Elle voulait savoir, elle voulait comprendre. Pourquoi avait-elle été invitée ici ? Pourquoi lui avait ont donné cet argent, cette si belle robe ? Qui ?
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Daix
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Mer 11 Juin 2014 - 16:31
    La jeune femme se releva brusquement et sorti du lit avec précipitation dès que son affaire fut faite. Daix soupira et lâcha un juron en se redressant péniblement sur ses coudes, ruisselant de sueur animale. Il regarda la créature qui se dressait devant lui, totalement nue, à la recherche de ses habits. Petite, potelée, elle n'avait rien d'un canon de beauté aux yeux de l'assassin. Pourtant, ce n'était pas la première fois qu'il la visitait elle en particulier et ça ne serait pas la dernière.

    -T'es pressée ou quoi ? Pourquoi j'ai toujours l'impression de me faire arnaquer avec toi ?

    La prostituée, Leila de son prénom, un pseudonyme certainement, lui lança un regard noir en remettant péniblement sa robe au décolleté affolant. Cela faisait maintenant plusieurs semaines qu'elle acceptait encore de coucher avec Daix, là où toutes les autres avaient abandonné. Dans cette maison de passe peu commune, les prostituée pouvait refuser un client. Mais Leila, elle, prenait toujours son argent et faisait son affaire, malgré la froideur, la sécheresse et la mauvaise odeur de son amant. Si Daix n'était pas attiré par cette femme, ce n'était rien a côté du dégoût que lui provoquait chez elle. Ses cheveux gras et son sourire malsain le rebutait, lui donnait des frissons. Elle en avait même cauchemarder une fois.

    Mais ce qui l'énervait le plus chez l'assassin c'était son inaction. Sa flemmardise. Elle ne le voyait qu'autrement que comme une espèce de grosse limace, sans but précis dans la vie. Mais des hommes comme ça, elle en voyait des dizaines tous les jours. Les habitués des maisons de passes étaient rarement des hommes dynamiques. Pourtant, Daix n'était pas tout à fait qu'un homme de plus parmi tant d'autre. C'était l'homme avec qui elle couchait le plus souvent. Incapable de s'expliquer pourquoi, elle continuer à prendre son argent et ils leur arrivaient même de discuter. Rarement, certes mais ça leur arriver. S'ils ne s’aimaient pas beaucoup mutuellement, ils ne se détestaient pas pour autant... et surtout, chacun avaient dans un sens besoin de l'autre.

    Leila était une femme très seule, très triste. Sa vie, ce n'était que ce bordel ; pas miteux certes, mais un bordel restait un bordel. Sa vie n'était que sexe. Pas d'homme pour l'aimer, pas d'enfant à chérir, la tendresse ne faisait pas partie de son monde. L'amour non plus. Elle vivait et vivrait probablement jusqu'à la fin de ses jours dans cet endroit sordide et en avait conscience. Daix lui assurait un revenu régulier et une certaine protection. Elle était sa "putain préférée" comme il le disait si bien. Personne n'osait porter la main sur elle depuis qu'il avait émasculé un ivrogne frustré dans sa sexualité, qui s'en était prit à Leila.

    Quant à lui, le Loup n'était plus que l'ombre de lui-même. Il avait besoin de Leila pour exister et pour s'oublier dans les plaisirs charnelles. La jeune femme faisait très bien son office et ça lui suffisait. Depuis son retour à Minas Tirith, l'assassin s'était laissé allé sans même qu'il ne s'en rende compte. A peine arrivé, 5 mois auparavant, il s'était éclipsé sans un revoir pour ses anciens compagnons de route et avait tenté de retrouver sa vie d'assassin d'antan. Il s'aperçut vite que les blessures reçu à Veille-Tombe l'en empêchait. Une douleur lancinante à l'épaule et à la cuisse l'assaillait dès qu'il faisait un effort trop intense physiquement. Dans ces conditions, impossible de réaliser des contrats d'assassinat d'intéressant et il s'était contenter de contrat médiocre pour assassin médiocre. Son train de vie était devenu ennuyeux et c'est ainsi qu'il avait doucement sombrer dans l'alcool et le sexe. Par ennui ; il avait eu son moment de gloire, et le voilà coincé à Minas Tirith, sans argent, sans ami et sans talent.

    Cette situation précaire avait néanmoins eu un avantage : il ne sentait plus sombrer dans la folie. Il se sentait peu à peu moins animal, moins avide de sang. Plus raisonnable tout en étant totalement déraisonnable. Disons simplement qu'il n'avait plus jamais écraser le crâne de quiconque à coups de poings depuis ses aventures à Carrock. Seul point positif. Son inaction lui avait fait prendre du poids. Son corps autrefois sec et musclé était recouvert d'une légère couche de graisse qui atténuait ses réflexes, le rendant moins rapide. Il n'était plus l'Ombre.

    Daix passa sa main dans ses cheveux sales et longs. Il les laissait pousser maintenant, ce qui accentué le côté négligé de sa personne. Il se laissa retomber dans le lit poisseux en soupirant de dépit devant l'absence totale de réponse de sa partenaire. Cette dernière ouvrit avec une certaine violence la fenêtre, en espérant faire entrer un peu d'air frais. A défaut de fraîcheur, les bruits de la rue assourdissant leur parvinrent. Un monde fou qui faisait une cacophonie folle.

    -C'est jour de fête aujourd'hui. Je ne veux pas rater ça, c'est pas tout les jours qu'il y a autant d'activité en ville, annonça mélancoliquement Leila en se penchant a la fenêtre.

    -Et qu'est-ce qu'une putain irait foutre là bas ?

    Un nouveau regard noir, suivit d'un sourire sans joie. Elle aimait les piques de l'assassin, en sachant pertinemment qu'il avait raison. Mais son ton froid et ironique avait quelque chose d'assez comique pour un homme rabaissé que lui.

    -Crache autant que tu veux, j'ai autre à chose que de perdre du temps avec toi.

    Et avec un dernier sourire mutin, elle sorti de la pièce, laissant Daix nu sur le lit, une expression dépité peinte sur son visage. Il se leva en jurant contre les femmes du monde entier et décida de la suivre sans trop savoir pourquoi. De toute façon, il n'avait rien d'autre à faire. Il se rhabilla rapidement, glissant un petit poignard dans un étui caché sous sa manche et sorti en hâte du bâtiment, qui s'était vidé d'une partie de sa population. Dans la rue, il aperçut la robe blanche et miteuse de sa prostitué et courut pour la rattraper, ce qu'il fit assez facilement.  Il lui adressa un sourire qui n'avait rien de charmeur et ils marchèrent côte à côte sans un mot, suivant docilement la foule qui se dirigeait dans les hauts quartiers, là où avait lieu le mariage.

    A mesure que la foule s'épaississait, ils durent ralentir le pas, jusqu'à s'arrêter complètement. La foule était bien trop dense pour être franchit et les deux amants ne voyait rien de ce qui se passait à quelques mètres d'eux. Impossible également d'atteindre le buffet, plus loin. Rapidement, Daix se demanda ce qu'il pouvait bien foutre ici.

    -Tu veux pas qu'on retourne perdre du temps autrement plutôt ?

    Troisième regard noir. Il sourit et essaye de reporter son attention sur ce qu'il se passait devant dans  la tente du roi. Rien du tout. Il observa la foule et reconnu de loin quelque ancien de ses camarade Passeur avec lesquels il avait sauvé tout ces gens autour de lui. Ils s'en sortaient tous avec les honneurs. Mais on ne faisait pas d’honneur à un assassin. Daix s'était isolé lui-même de ses compagnons, à Minas Tirith, mais il en avait éprouver une frustration qui n'avait fait qu'accentuer son mal être depuis 6 mois. Cette frustration avait certainement contribué à ce qu'il était devenu maintenant. L'ombre de lui-même. Il se demandait franchement comment réagirait les Passeurs s'ils le revoyaient tel qu'il était à présent. Ils ne le reconnaîtraient probablement même pas.

    Une bourse attira son attention, juste devant lui. Pendante, tentante, à la ceinture d'un noble replet trop occupé à courtiser une jeune fille qui devait être deux fois plus jeune. Daix la subtilisa sans soucis et en profita pour glisser quelques pièces dans la main de Leila avec un sourire. L'homme n'avait rien remarquer. Il fallait être inconscient pour afficher tant de richesse dans un endroit aussi peuplé. Il avait certes perdu de sa superbe, mais subtiliser une simple bourse était toujours dans ses cordes. Sur ce, il s’apprêta à faire demi-tour.

    -Tu ne souhaites pas assister à la fin du mariage ?

    -J'ai déjà rentabilisé ma journée, répondit-il avec un sourire en montrant la bourse.
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Nivraya
Assistante de l'Intendant d'Arnor
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Rôle : Double compte de Ryad

~ GRIMOIRE ~
- -: Humaine
- -: 27 ans
- -:

Mer 11 Juin 2014 - 18:27
Angoisse, impatience, excitation et crainte. Un curieux mélange d'émotions tourbillonne dans l'esprit de la jeune noble d'Arnor, tandis que l'Intendant Enon les fait pénétrer dans la tente royale, interrompant par l'autorité qu'il incarne la file des plus hauts dignitaires de la Terre du Milieu venus rendre visite au Roi et à la Reine d'Arnor. Le simple fait de se trouver en présence de personnages si puissants est déjà impressionnant en soi, mais le fait de savoir qu'on a le privilège de les approcher de si près dans un moment aussi solennel en passant devant rois et reines est profondément troublant pour Nivraya, qui doit faire un effort pour dissimuler un grand sourire ravi. En effet, l'invitation de l'Intendant la fait rentrer officieusement dans le cercle privé du Roi, chose extrêmement rare pour des nobles mineurs comme la famille de Gardelame. Il s'agit d'un privilège qu'elle pourra utiliser pour mieux se défendre contre d'éventuels concurrents, car les membres de la noblesse se battent toujours pour conserver leur pouvoir et leur prestige, et elle sait que son ascension fait des jaloux, et soulève quelques questions. Seule la protection royale peut lui assurer la légitimité nécessaire pour combattre efficacement toutes les tentatives pour la discréditer, pour mettre en doute ses capacités, ou pour exhumer de son passé trouble des éléments qui peuvent se retourner contre elle.

Chassant de son esprit toutes ces pensées qui n'ont rien à faire dans sa tête un jour de fête, elle pénètre en présence de ses suzerains, et pose un genou à terre, comme l'exige le protocole royal en vigueur même sur un territoire étranger. Justar à ses côtés fait de même, et ils baissent tous deux religieusement la tête, en attendant d'être invités par le Roi à se relever. Une telle démonstration de fidélité peut être considérée comme de la servilité, mais en dépit du rôle qu'elle a eu à jouer dans le retour d'Aldarion à Annùminas, la jeune femme est parfaitement consciente de n'être qu'une petite noble parmi tant d'autres, et elle ne se risquerait jamais à afficher une confiance excessive en présence d'un individu capable de la défaire d'un simple geste. Depuis son retour, la noblesse d'Arnor a été bouleversée, remise dans le droit chemin par l'action énergique d'un Roi déterminé à remettre la main sur son royaume, et en tant qu'assistante de l'Intendant, elle a pu constater de ses yeux que les sanctions prononcées à l'égard des traîtres ont été expéditives et exemplaires. La mort pour les cas de haute trahison, la dépossession pour les comploteurs, et le déshonneur et la disgrâce pour ceux qui ont fermé les yeux. De puissantes familles qui ont choisi le mauvais camp ont ainsi été privées de leur titre de noblesse détenu depuis plusieurs siècles parfois, et contraintes à l'exil. Nivraya se souvient avoir signé pour certaines d'entre elles l'ordre d'arrestation au nom du Roi.

Pourtant, d'aucuns pourraient penser que sa crainte est déraisonnable. Après tout, le Roi est venu la remercier en personne - quoique de manière très officielle et très protocolaire - pour son action. Elle se souvient parfaitement de la scène, elle allongée sur un lit dans une des maisons de guérison de la ville, en train de récupérer de sa vilaine blessure à la hanche infligée par assassins de l'Ordre dont personne n'a d'ailleurs retrouvé la trace ; lui debout, vêtu de pied en cap comme un monarque, accompagné de certains de ses conseillers dont l'Intendant Enon. Elle se souvient qu'il a pris de ses nouvelles, puis qu'il a posé sa main sur son épaule - geste rare également, probablement pour marquer la jeune femme très attachée au protocole -, avant de la remercier au nom du royaume. Rien de très personnel, certes, mais une reconnaissance officielle qui a fait du bien à la famille de Gardelame, et qui a aidé Nivraya à reprendre le travail encore plus activement, quand l'Intendant lui a proposé de l'assister.

Depuis, elle n'a pas eu l'occasion de voir le Roi, même si comme l'a très justement souligné l'Intendant, elle déambule dans le Palais pour porter des courriers, et accélérer les procédures en donnant certains ordres en personne. Les entrevues ont toujours été gérées par l'Intendant seul, et elle a été cantonnée à des tâches administratives complexes, qui ont eu le mérite de lui donner une bonne connaissance des problèmes du royaume, et des solutions à apporter, à défaut de lui permettre de se hisser encore plus haut dans les sphères de l'Etat. Elle ne peut pas se targuer d'être devenue proche d'Aldarion, et serait même surprise qu'il se souvienne d'elle après tout ce temps, mais puisqu'elle est présentée officiellement et par son prénom, elle suppose que le Roi n'a pas oublié sa modeste personne, et c'est avec beaucoup de déférence qu'elle prend la parole après y avoir été invitée :

- Votre Altesse, permettez-moi de vous adresser mes plus sincères vœux de bonheur. Puissiez-vous régner encore de longues et belles années sur votre royaume.

Elle incline la tête respectueuse, et s'efface devant son mari. Un Arnorien aurait froncé les sourcils en voyant qu'elle a osé prendre la parole avant son époux, mais Justar semble s'accommoder très bien de cette situation, et il enchaîne :

- Votre Altesse, je me joins aux vœux de mon épouse. Veuillez accepter ce modeste présent. Il s'agit d'un bouclier réalisé par notre meilleur forgeron, et sur lequel sont gravés les noms de cent enfants de notre domaine, qui s'associent à nous en pensée. Puisse-t-il vous protéger longtemps, et à travers vous les enfants de l'Arnor tout entier.

Malgré son bras manquant, Justar révèle adroitement le bouclier, merveille d'artisanat. Il brille de mille feux et réfléchit le mince rayon de soleil qui s'infiltre discrètement par l'interstice entre les deux pans de toile qui ferment l'entrée de la tente. Les noms sont gravés sur l'intérieur de celui-ci, permettant à celui qui le porte de les lire tandis qu'il combat. Un cadeau qui n'a certes pas la valeur d'un Mearas, mais qui symbolise parfaitement l'attachement des provinces à leur Roi, bien que les habitants les plus modestes ne puissent pas le voir physiquement. Ce cadeau, une idée de Justar, a suscité une vive émotion dans les villages qui se trouvent sur les terres de Gardelame, et la perspective de savoir que leurs noms pourraient être lus par le Roi en personne a suffi à convaincre le jeune noble de la pertinence de son idée. Nivraya, légèrement en retrait, attend sagement son tour, puis s'approche de la nouvelle Reine d'Arnor :

- Votre Altesse, je suis honorée d'être parmi les premiers à vous appeler Ma Reine. Puissent les étoiles quitter le ciel avant que vous trouviez une seule raison de douter de la loyauté des gens d'Arnor. Je vous en prie, veuillez accepter ceci : il s'agit d'un tableau que j'ai peint moi-même, évoquant le retour du Printemps sur notre beau royaume. Qu'il vous aide à vous souvenir que, quelle que soit la dureté de l'hiver, il finit toujours par céder la place à des jours meilleurs.

La jeune femme tend révérencieusement le tableau à la Reine, qui l'observe pendant un instant. Nivraya n'a pas beaucoup de loisirs au milieu de tout son travail, et la peinture constitue certainement son moyen le plus courant de se détendre. Elle a acquis, à force de pratiquer et de s'entraîner, un certain talent qui lui vaut en général les louanges de son époux, un des seuls à qui elle expose ses créations. Bien qu'elle l'ignore, n'étant pas femme à afficher publiquement ses passions - craignant avant tout qu'on utilise cette information contre elle d'une manière ou d'une autre -, elle n'a pas à rougir de son talent, et sa représentation des plaines entourant Annùminas, des arbres en train de refleurir et des neiges en train de fondre est d'un réalisme saisissant, bien qu'un expert puisse y trouver à redire sur quelques points.

Malgré tout un peu gênée d'oser offrir un cadeau aussi personnel à une souveraine dont elle ignore tout ou presque, Nivraya recule à une distance respectable, et incline le buste devant les deux monarques qui, à n'en pas douter, sont pressés de terminer le long défilé des invités, la présentation des cadeaux, et les félicitations d'usage. Elle et son époux attendent donc les commentaires royaux, avant d'être invités à sortir pour que puisse reprendre le ballet protocolaire auquel doivent se soumettre les jeunes mariés.
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Erco Skaline
Ambassadeur du Rohan à Dale
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Rôle : Seigneur d'Esgaroth

~ GRIMOIRE ~
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- -:

Mer 11 Juin 2014 - 19:14

Otarina

Lorsque Erco se réveilla en sursaut dans un lit double d'un style anciennement à la mode qui ornait encore quelques chambres de l'ambassade de Minas Tirith, il sentit étrangement perdu. Ce n'était pas la première fois qu'il était accueilli dans ce grand bâtiment, mais cette fois il avait perdu un degré d'importance, et la chambre le laissait sentir. Même s'il devait bien l'avouer c'était bien plus agréable que la moitié des chambres qu'il avait fréquenté tout au long de sa vie. Il pouvait encore sentir la chaleur du feu mourant posté à quelques mètres du lit. Il respira cette odeur de bois brûlé et ne put que fermer les yeux... C'était assez drôle comme les sens font remonter des sentiments et des souvenirs qu'on se serait jurer d'avoir oublié. Les yeux fermés pour ne plus penser à son passé, le rohirrim se tourna et se retrouva à heurter un corps féminin. Il se rappela alors soudainement la présence d'Otarina. Sa belle et charmante épouse comme il s'efforçait de la considérer depuis le début de leur mariage arrangé. Mais en réalité c'était une sorte de dégout envers elle qu'il éprouvait. Paradoxalement il s'en voulait de la considérer ainsi, car au final elle n'y pouvait rien, elle n'avait rien choisi. Otarina était une cousine éloigné du Roi Gudmund qui ne trouvait pas d'époux au vue de son absence frappant de beauté. Elle n'était pas horrible, mais elle était très loin d'être exceptionnelle avec son corps bien en chair et son visage banal. Ce mariage était en quelques sorte une punition pour l'absence répétée d'Erco à la ville du Lac. Gudmund aurait été bien moins clément si le chevalier Skaline n'avait pas été nommé ambassadeur du Rohan suite à sa destitution du rang de Comte. Il y avait eut de longue heure de négociation et au final Erco s'en sortait pas trop mal, mais était à présent enlisé dans un mariage qui le dégoutait et le bloquait à Esgaroth en tant que ambassadeur. En quelques mois il avait plus ou moins tous perdu. Son influence dans le Rhovanion avait prit un sacré coup et sa réputation de même. Ses compagnons d'armes étaient quasiment tous mort ou ne lui parlaient plus ayant eut aussi subit la colère de Gudmund. Il repensait souvent à l'Ordre de la Flèche Noir, il avait été le dernier capitaine et avait été la cause de leur défaveur. Il ne restait que trois membres vivants en plus de lui. Rhor et Galarin, les deux frères, vendaient leur savoir faire de guerrier aux plus offrants à présent. D'après ses informations, Rhor et son frère avaient surtout des contrats pour la protection de convois commerciaux vers le sud, et quand la paie était à la hauteur ils escortaient jusqu'au Rhun.Erco savait qu'il y avait une amertume certaine en ses deux compagnons. Ils avaient perdu encore plus que lui au final…. Quand à Alarthor, il avait disparu pendant plusieurs mois, et encore aujourd'hui l'ancien Comte ignorait ou il se trouvait. L'éloignement de son frère d'arme lui pesait encore. Plus que tous les autres membres, Alarthor avait été le plus important et celui dont il s'était le plus attaché. Il avait été son maître d'arme, et entre eux était né une relation privilégie crée sur presque six années ou ils avaient tous partagé. Allant du repas misérable prit sur le bord d'un sentier envahit par la neige au combat d'Aldburg en passant par mille deuil de compagnons.

La chute de l'Ordre n'avait clairement pas amené que du positif, pour lui cela avait plus été une perte total de sa vie de Comte. Seul les gens présents savaient son implication dans cette mission désespéré, pour tous les autres il avait abandonné ses responsabilités envers Esgaroth. Durant les premiers mois, il l'avait vraiment mal vécu, à présent il commençait à l'accepter à laisser les gens parler. Il ne pouvait que s'en vouloir à lui-même après tous, en partant pour le Rhun il savait qu'il prenait le rôle du soldat de l'ombre, et qu'il n'y aurait nul remerciement... mais s'il avait su, il se demandait s'il l'aurait quand-même fait...

Cette question il l'avait souvent demandé  à la personne la plus importante de sa vie, elle lui avait toujours répondu la même chose: Bien sûr que si tu l'aurais fait. Le phénix!!! Un sourire se peint sur le visage d'Erco en pensant à son amante. Leur relation avait commencé au début de son retour à Esgaroth lorsque son sort n'était pas encore assuré et qu'il apprenait la mort d'Erelion assassiné par le Bard. Le phénix avait été là pour lui et petit à petit une relation s'était crée. La voleuse et le chevalier. C'était vraiment cliché, mais Erco ne pouvait s'empêcher d'apprécier ce qu'ils vivaient ensemble. Il y avait juste Otarina qui était entre les deux et Erco se retrouvait à devoir voir son aimé en cachette. Il ne pouvait pas se permettre de faire un faux pas, il avait échappé déjà de peu à la colère de Gudmund et à présent en plus il représentait le Rohan. Un incident diplomatique ne ferait pas bonne figure. C'était donc dans l'anonymat que leur relation vivait depuis plus de trois mois. En ce moment même, Erco donnerait tous pour que ce soit le PHénix à ses côtés, plutôt que sa chère femme.

Il se retrouva à devoir se lever en vitesse envahit par du dégout et de la culpabilité envers Otarina. Il fit plusieurs fois le tour de la pièce avant de devoir aller ouvrir une fenêtre et respirer l'air frais de l'extérieure. Une voix cassé par une longue nuit de sommeil l'interrompit:

-Mais que fait mon cher mari debout? Viens te recoucher, il est encore tôt l'exécution n'est que cette après-midi


Erco se retourna et soupira. Elle ne pouvait pas comprendre.

-Oui je sais, mais je n'arrive pas à dormir. Rendors toi! je vais faire un tour.

L'exécution de Warin était un parodie de jugement. Un os à donné à rongé aux peuples. Il était le mieux placé pour le savoir, mais de bons amis lui avaient fortement conseillé de ne jamais parler de ce qui s'était passé dans les catacombes. Secret d'état comme on dirait. La vérité était gardé par les rois et leur chiens armés. Le peuple n'avait que ce qui arrangeaient le gouvernement. C'était une vision qu'il avait toujours su, mais qu'il en prenait que seulement pleinement confiance. Il avait été un chien armé durant toute sa vie. Courir après les méchants, les tuer et ne jamais en parler était l'une de ses activité préférée. Il sourit amèrement alors qu'il enfilait ses vêtements au couleur du Rohan. Pour une fois Amdir ne pendait pas à son flanc. Nul armes n'étaient autorisés dans la cité. C'était une des nouvelles prérogatives de Cartogan. Bien que Erco ne le connaissait pas, il avait bien l'intention d'essayer de lui parler au mariage. Cet homme intriguait fortement l'ancien Comte.

***

Erco se présenta au mariage arborant fièrement les couleurs verte de sa patrie d'origine. C'était la première fois qu'il portait cette uniforme de cérémonie, et trouva ça un peu étrange. Il avait servit le Gondor, puis s'était retrouvé à dirigé Esgaroth et ainsi au moment de sa vie ou il était le plus abandonné, le vert du Rohan ornait son torse. On n'abandonne jamais ses origines pensa-t-il. Il avait prit soin de se raser convenablement et avait laissé Otarina le coiffer. Sa femme tenait énormément à ce que son mari fasse bonne figure. Qu'est-ce qu'elle espérait? Qu'on lui fasse un bon accueil? Il avait rit sous cape. Il ne devait pas être apprécier par grand monde au final. Que ce soit au Gondor, en Arnor, au Rohan ou au Rhovanion, il avait toujours été présent pour des évènements tragiques. Le regard vague il salua de loin une connaissance et senti Otarina tiré son bras et lui soufflé:


-Regarde, c'est ton ami Gallen!


Erco leva les yeux et croisa ceux de son vieux compagnon. Un sourire franc et amical s'échangea rapidement. Cela redonna le sourire à l'ambassadeur Skaline qui au final détestait ces réunions de dignitaire qui buvaient et rigolaient aux frais du peuple. Mais ce mariage allait changer la donne politique dans toute la Terre du Milieu, toutes les nations venaient ici pour se reconstruire après ce rude hivers et la chute de l'Ordre. Personne ne savait vraiment sur qui compter, quelle alliance existait encore, qui était un ancien de l'Ordre. Cela devait être un véritable bordel à gérer. Et sous l'excuse d'un grand mariage, on s'enivrait pour adoucir des relations conflictuelles. Un bien jolie bal de corruption pensa Erco. Il aperçu Saemon dans un coin qui ne fit que raffermir son intuition sur les réelles objectifs de ce mariage grandiose.

De sa main libre, il prit une belle coupe d'un vin tiède. Après l'avoir mit en bouche, il décela un côté exotique qu'il n'avait plus senti depuis des années et su que ce vin devait provenir de Dol Amroth. Il le finit d'une traite et posa sur une petite table rectangulaire. Un serveur passa presque instantanément le prendre. C'était vraiment un mariage parfait. Ce fut à ce moment là qu'ils croisèrent la route d'une partie de la délégation de Dale, automatiquement Erco effaça son sourire et se détacha de sa compagne et lui lança:

-Va t'amuser avec eux, je vais faire un tour.

Avant même qu'elle puisse ouvrir la bouche pour rétorquer quelques choses, il avait déjà disparu entre deux personnes. L'ambassadeur se dirigea prestement vers un coin un peu tranquille ou l'on pouvait voir la file de dignitaire s'avancer pour offrir leur cadeau au roi et à son épouse. Peut-être aurait-il du prévoir un cadeau lui aussi, après en même temps il n'était que un petit ambassadeur rohirrim placé à Esgaroth. Rien de bien important. D'un regard passif il se mit à observer la file d'attente. Dans sa tête mille questions se bousculaient, et en même temps il n'arrivait pas vraiment à en saisir l'interrogation.

Ce fut ainsi qu'il se retrouva alors bientôt en train de se placer dans la file d'attente pour voir le couple. Ce fut à ce moment là que ré-apparut Otarina:


-Haa tu essaies de voir le couple royal sans moi? Ce n'est pas très courtois de ta part mon amour!


"Mon amour", il se sentit comme traversé par une vague de frisson. Comment allait-il faire pour vivre avec elle?

-Mais non, je te cherchais justement du regard… Mais impossible de te voir dans cette foule… Mais tu es là, alors tout va bien.
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Taorin
Capitaine des Chiens du Désert
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- -:

Mer 11 Juin 2014 - 19:59
Les nefs noires approchèrent lentement des docks du Harlond, le port de la Cité Blanche. Les deux navires corsaires, arborant les bannières des Havres d’Umbar et du Harondor, entamèrent les manœuvres d’amarrage. A leur bord, Taorin, Riordan, Reznor et Yse se préparaient à débarquer, sous le regard attentif des gardes en poste. La délégation sudiste venait assister au mariage de Tar-Aldarion et de la Princesse de Dale, avant de signer les accords de paix entre les deux puissances du Harondor, accords ayant fait l’objet d’âpres négociations durant les six mois précédant, face à l’incapacité des deux camps à continuer une guerre si coûteuse en hommes et en or.

Dans sa cabine, Taorin prépara sa tenue de cérémonie, un uniforme rehaussé de fils d’or, et passa à son côté son sabre qui, jadis, avait appartenu à Castamir l’Usurpateur, ancien roi du Gondor au règne tumultueux. Puis, une fois prêt, il monta sur le pont, rejoignant Riordan et Salem, cet ancien serviteur qu’il avait promu au rang de secrétaire personnel, chargé avant tout de collecter des renseignements. Le talent de cet homme, d’origines rhûniennes, avait frappé le Chien Borgne : grâce à lui, les portes de Dur’Zork s’étaient ouvertes devant l’armée des Neufs, et il avait grandement participé à la pacification ultérieure des territoires conquis. Une dizaine de Chiens du Désert formaient son escorte personnelle, à laquelle devait s’ajouter les équipages des trois Seigneurs Pirates. Yse et Reznor voguaient sur le navire de ce dernier, évitant ainsi de transformer ce voyage en agression : trois navires auraient eu d’immenses difficultés à justifier leur présence auprès des hommes de Pelargir, en dépit des invitations délivrées par la royauté.

Les pirates étaient arrivés deux jours avant la cérémonie, un peu plus tard que ce qu’ils prévoyaient en raison de vents peu favorables durant une partie du voyage. Ils logeraient à bord de leurs nefs, évitant ainsi de se mélanger à la foule qui s’amassait devant les remparts de Minas Tirith. Seuls deux hommes en armes escorteraient la délégation, deux Chiens ayant servi plusieurs années sous les ordres directs de Taorin, deux vétérans de nombreux combats aptes à se défendre face à presque n’importe quel adversaire.

La délégation sudiste débarqua sous le regard attentif des gardes gondoriens, et, les trois Seigneurs Pirates, le nouveau maître de Dur’Zork et leurs suivants prirent la direction de la Cité Blanche…

*** *** *** *** ***

Le Chien Borgne se tenait patiemment debout, immobile, dans la file des monarques venus présenter leurs hommages au roi nordique. Le soleil illuminait cette procession de têtes couronnées, étouffant les nordistes peu habitués à de telles températures, surtout après un hiver aussi long et terrible. Devant lui, les représentants ou dirigeants de tous les royaumes des Terres du Milieu prenaient lentement la direction de la tente où s’étaient abrités Tar-Aldarion et la princesse, non, la reine Dinael : le nouveau vice-roi du Rohan, un guerrier né semblait-il, venait de pénétrer dans la tente, précédant Radamanthe, l’Usurpateur qui, de temps en temps, jetaient des regards noirs en direction du groupe umbarite, les Elfes, créatures que Taorin n’avait connues qu’à travers Nimrod Ben Elros, puis venait Lyra, Reine du Rhûn, maîtresse d’une nation des plus puissantes, et qui, par sa présence, se démarquait des autres individus présents. Quant à eux-mêmes, les dirigeants des Havres du Destin venaient en dernier, en tant que représentant d’un pays presque ennemi et qui était encore peu affirmé parmi les autres.

Chaque délégation avait apporté de nombreux cadeaux : Taorin avait de son côté déniché un collier d’or incrusté de lapis-lazuli pour la Reine, parure impressionnante qu’il avait trouvé chez l’un des meilleurs joailliers de sa nouvelle capitale, ainsi qu’un magnifique cimeterre au pommeau d’ivoire et à la lame incrustée d’or et une robe de nomade faite de la meilleure soie du Sud, brodée de fils d’or et d’argent dessinant des motifs abstraits et envoûtants, pour Tar-Aldarion.  Les trois Seigneurs Pirates avaient apportés quant à eux diverses caisses, sans vouloir en dévoiler le contenu, maintenant le suspens jusqu’au bout.

Taorin se tourna vers son nouveau secrétaire personnel, Salem, et, murmurant presque, lui glissa : « Lorsque l’occasion se présentera, je veux que vous fassiez en sorte d’avoir le moyen d’obtenir tout type d’informations ou services dans l’enceinte de la Cité. Notamment en ce qui concerne des affaires… létales. Il vous faudra agir avant que nous ne repartions. » Regardant le visage indéchiffrable de son homme de confiance, il continua : « Vous venez du Rhûn, n’est-ce pas ? Que pouvez-vous me dire sur votre ancienne souveraine ? »


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Capitaine des Chiens du Désert et Seigneur (Pirate) d'Umbar.
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Thorondil
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Jeu 12 Juin 2014 - 3:29
6 mois... 6 mois qu'il n'avait pas vu passer. Pour Thorondil, il y avait eu une vie avant les évènements d'Annùminas, et une vie après comme il y avait eu une vie à la mort de sa mère et une vie après. Jusqu'à ce jour il avait vécu sa vie avec lenteur et nonchalance, voyageant au gré de ses envies et des batailles, au jour le jour, ne trouvant une raison d'être qu'à travers le combat. Il avait la guerre dans le sang et on lui avait appris la guerre. Et à partir de cette instant où, épuisé et en sang, il avait accomplit sa mission pour le roi, avec ses trois compagnons, sa vie avait été entièrement et irrémédiablement bouleversée.

La reconnaissance de Tar-Aldarion l'avait propulsé dans un univers qu'il avait fui toute son existence durant. Maître Fauconnier du Roi... un titre qui n'était que la partie visible de l'iceberg de responsabilités et de devoirs dont il s'était vu confier la charge. A 35 ans, pour la première fois de sa vie depuis qu'il avait quitté son maître, il se trouvait sous les ordres de quelqu'un, et exerçant l'autorité sur une poignée d'hommes, fauconniers de métier. Ce bouleversement, bien qu'il en ait accepté l'honneur, ne s'était pas passé sans quelques anicroches. Rien de surprenant, il n'avait jamais eu le caractère facile et toutes ces années de solitudes dans les terres sauvages et les frontières inhospitalières n'avait guère arrangé les choses. Il avait donc fallu pour tout le monde s'adapter les uns aux autres et Thalion avait bien dû apprendre à brider son caractère misanthrope.
Il lui avait fallu prendre ses marques, faire valoir ses compétences autant auprès de ses supérieurs que de ses subalternes. Puis, à sa manière, il avait donné un grand coup de pied dans la fourmilière. En quelques mois il avait tout pris à bras le corps pour révolutionner l'existant suivant ses propres engeances. Il ne s'était pas fait que des amis durant cette période, il était vrai, mais cela ne le perturba pas outre mesure et ses hommes pouvaient bien le maudirent en silence que cela ne l'empêcha pas de dormir la nuit. Mais autant de bouleversement lui avait causé de terribles maux de tête qui avaient duré toute une semaine durant.
Sa première action avait été de remettre de l'ordre dans la Fauconnerie Royale laissée dans un assez mauvais état trop longtemps négligée au profil de problèmes plus graves. Remise en état des installations et inventaire minutieux des oiseaux (si peu même en comptabilisant les rapaces personnels des fauconniers...) et de leurs capacités, avait pris deux mois entier d'efforts acharnés. Il avait également fallu s'organiser pour la rendre le plus indépendante possible, financièrement parlant, car il n'était pas question de gaspiller de l'argent alors que tant restait à faire et refaire en Arnor. Les oiseaux n'étaient donc pas achetés mais dénichés et élevé "à la manière elfique" comme l'appelait son ancien mentor. En effet, les rapaces élevés de façon traditionnelle étaient trop dépendants, incapable de chasser pour eux-mêmes et tentaient trop souvent de s'enfuir ou s'attaquer entre eux s'ils n'étaient pas attachés et encapuchonnés. L'exemple d'Elei avait convaincu ses collègues du bien fondé de cette méthode plus contraignante. La Fauconnerie nourrissait ses propres pensionnaires d'elle-même et ne réclamait que quelques planches pour sa réflexion et le salaire des fauconniers.
Le plus délicate des tâches de Thalion fut de réorganiser sa petite troupe en équipages spécialisés afin que chaque rapace soit entrainé dans les meilleures conditions pour une efficacité optimale. Il était malheureux que le travail des fauconniers ait été trop souvent sous-estimé voir jugé à peine utile, quant à beaucoup, ils le résumaient à la chasse, terrible erreur. Il était bien décidé à le prouver ! C'est à ce moment qu'il avait regagné pour une part l'affection de ses hommes, estimant et appréciant chacune de leurs expériences, leurs capacités et leurs atouts avec justesse. Un groupe fut affecté à parer au plus urgent, le contre-espionnage, qui gérait les plus petits rapaces chargés de reconnaitre et d'intercepter, sans les tuer, les pigeons messagers ennemis. Après une telle période de trouble, c'était une mesure indispensable, et tout message suspect était immédiatement adressé à Sirion pour analyse. Une autre équipe, plus réduite, fut affectée aux transmissions importantes, dédié à des oiseaux rapides et fiables, et par là même difficile à dresser. Une autre encore, dite de surveillance, fut éclatée à travers le royaume, en des points stratégiques sous la tutelle d'unités militaires locales, avec des buses et des aigles arnoriens en début de formation ayant apprit à adopter certains comportements inhabituels face à des menaces flagrantes telle que des mouvements de troupe ou une présence particulièrement hostile. Un tour assez facile à apprendre qui relayait l'information plus vite qu'un éclaireur à cheval et couvrait un plus large secteur. Certains furent également affecté à la chasse tant substantielle, qui consistait simplement à ramener de quoi nourrir les habitants du château, que de loisir si d'aventure le Roi décidait de se joindre à la partie.... Et ainsi de suite... Mais enfin Thorondil s'assura que tous pouvaient être polyvalents d'un groupe à l'autre pour renforcer tel ou tel effectif en cas de besoin. Il s'avérait à son grand étonnement que chacun de ses nouveaux hommes était parfaitement compétent dans son domaine et il en ressentait une étrange fierté. Ils avaient fait un excellent travail avant même son arrivée ce qui lui avait permis de rapidement mettre en place ce qu'il avait en tête, et ce malgré les moyens considérablement réduits qu'ils avaient eu à leur disposition en ces temps de trouble.
En parallèle, le Maître Fauconnier se devait de suivre l'entrainement militaire exigeant de la Garde de la Rose qui épuisait le reste de son temps libre, s'attacher à remplir les diverses missions qui lui avaient été confié alors et enfin aménager le logement qu'il occupait désormais à Annùminas.

Lorsque son rythme de vie s'était un peu ralenti, il avait fait venir sa fille auprès de lui. Ses revenus enfin régulier et son existence plus ordonnée lui permettait enfin de s'occuper lui-même de son enfant de presque trois ans et demi. Il avait embauché une jeune gouvernante d'excellente réputation pour prendre soin de sa fille en son absence et qu'il hébergeait dans un petit logement séparé du reste de la maisonnée si ce n'est par une unique porte. La jeune femme, qui répondait au nom de Verica, discrète et particulièrement patiente, avait réussi à supporter son employeur et son éternelle misanthropie, contrairement à trois prédécesseures qui avaient claquées la porte en quelques jours. De plus, elle adorait Merilin qui le lui rendait bien. Thalion avait d'abord émit nombre de réserve à son égard de par son jeune âge pour une telle fonction. Mais Verica, avec sa chevelure brune acajou désordonnée en grosses boucles, ses yeux noisette, ses tâches de rousseur et son délicat sourire avait aussitôt séduite sa fille qui avait argué pour lui laissé une chance. Tout s'était bien passé et Verica était restée, partageant la vie de la petite famille sans jamais s'immiscer trop loin. La jeune femme avait d'ailleurs profité de leur départ pour le mariage royal, et avait prit un congé pour rendre visite à son frère à Bree.


Thorondil s'était sentit honoré d'avoir été désigné pour participer à la protection du Roi lors de cet évènement historique, signe que tous ses efforts avait payé. Il était partit plusieurs semaines avant la délégation officielle avec un groupe de ses fauconniers triés sur le volet pour leurs compétences et celles de leurs oiseaux afin de s'organiser au mieux avec les autorités du Gondor et coordonner leurs actions respectives. Il avait su convaincre le Roi, Sirion et le général Cartogan de l'intérêt stratégique de la présence de ses rapaces sur le terrain pour prévenir toute agitation suspecte ou tout mouvement extérieur inattendu. Il avait si bien vanté les mérites de ce système de façon claire et concise, qu'il avait rapidement reçu carte blanche pour mettre à bien son projet à la condition que le reste de ses hommes restent à l'extérieur des remparts. Il ne s'agissait pas d'attirer l'attention et la méfiance des délégations et encore moins leur courroux. Malgré tout, le Maître Fauconnier avait dû supporter la présence agaçante - et totalement inutile et ignorante de son point de vue - d'un gondorien chargé de la liaison avec les chargés de la sécurité. Il n'aurait jamais supporté ce petit homme dans ses pattes plus longtemps que la strict nécessité et ne se gênait pas pour lui faire savoir. Heureusement, l'homme semblait doté d'un flegme et d'une patience à toute épreuve que la mauvaise humeur de Thorondil n'avait pas suffit à entamer... ce qui avait eu le don d'agaçer encore plus ce dernier. Il avait été ravis de pouvoir repartir en Arnor afin de faire parti de la suite du Roi, laissant derrière lui quelques hommes pour terminer les préparatifs particuliers et gérer l'agaçant personnage.

Il avait eu le plaisir de revoir Njall, lorsque celui-ci accompagna Poppea qui s'était jointe au convoi royal vers le Gondor, qu'il n'avait pas eu l'occasion de croiser depuis que celui-ci avait été mit au service de l'héritière en titre. Les deux hommes avaient pu reprendre de vieilles discussions et échanger quelques mots dans la langue natale de l'étranger. Bien que Thalion ne la maîtrise que difficilement et avec un vocabulaire relativement enfantin, il avait prit plaisir à converser ainsi. La première fois qu'il avait parlé sa langue, le lossoth avait été particulièrement surpris et s'était montré très enthousiaste à l'idée discourir avec ses propres mots si loin des siens.
Thorondil avait été plus embêté sur la façon de se conduire avec Adaes Thiemond. Depuis que le vieux maître d'arme avait redoré son blason familial et recouvré des terres, il avait eu l'occasion d'être présenter de nombreux autres nobles... dont un particulièrement qui l'avait beaucoup apprécié : Aratan, seigneur de Kervras et, chose évidente quand on le regardait, père du fauconnier. Sa place dans la noblesse arnorienne avait donc été révélée à Adaes, ce qui n'avait pas été pour plaire à Thorondil. Même s'il avait en quelque sorte enterré ses vieilles rancœurs, il n'était pas prêt à redevenir ce qu'il était à l'âge de 10 ans. Mais comme évidement, Aratan ne pouvait qu'apprécier le compagnon d'arme de son fils aîné et l'un des héro du pays, le vieux noble s'était vite vu présenter son autre fils Elendîn ainsi que l'épouse de celui-ci Sigil, pour qu'enfin le fauconnier lui-même en vienne à présenter sa propre enfant, Merilin. Mais la distance géographique et la faible assiduité des deux seigneurs au Sénat rendait sporadique les rencontres entre les deux familles. Si bien qu'au bout de quelques heures de chemin, l'atmosphère s'était détendue entre les deux hommes.

Le reste des préparatifs pour la cérémonie du côté des arnoriens s'était soldés par diverses consignes, une vigilance accrue et quelques compromis qui furent difficile à faire entendre. Désormais, en voyant ses collègues cuire dans le four de leur armure gondorienne sous le soleil de plomb, le dùnadan appréciait le statut spécial dont il bénéficiait. Malgré tout, comme le voulait la règle instaurée spécialement pour l'occasion et surtout pour préserver les apparences, il ne portait pas d'épée. L'absence de Sûliavas à son flanc lui manquait cruellement. Cela faisait des années qu'il n'avait pas quitté son épée aussi longtemps. Il se sentait presque nu sans sa vieille compagne contre sa cuisse. Oh, elle n'était pas si loin, bien à l'abri dans ses affaires personnelles... mais cela n'arrivait pas à le rassurer. C'était son bien matériel le plus précieux, bien plus encore lorsqu'il avait apprit la mort de son mentor Lainion Hûndoron, qui s'était éteint de vieillesse alors qu'il rédigeait une lettre dans la petite bâtisse loin de tout qu'il habitait depuis sa retraite du monde de la guerre. Son âge très avancé avait finalement rattrapé le vieux guerrier. Ayant appris la nouvelle bien trop tard, il n'avait pu rendre un dernier hommage à l'homme qui avait été presque un père pour lui de nombreuses années durant, un compagnon d'arme et un maître a qui il devait tout. Ces derniers mois, il avait regretté de ne pas avoir pris le temps d'aller le voir ou prendre de ses nouvelles. Et l'antique épée à tête d'aigle était la dernière chose qu'il lui restait de cet homme extraordinaire.

Puis la Cérémonie commença. Très concentré sur son travail, surveillant à la fois la foule et le ciel de derrière la tribune des représentants étrangers, il prêta à peine attention à la profusion de luxe des délégations ou à la beauté de la mariée. Il pouvait deviner ces détails par la réaction des foules mais ne s'y attacha guère lui-même.
L'ambiance si joyeuse se refroidit brusquement lorsque le haut-Roi Mephisto annonça le recueillement général. L'énonciation des enfants lui laissa une bile amère au fond de la gorge. Les yeux posés sur le souverain d'Arnor, il pouvait y voir la souffrance terrible sous les traits fermés. Le pauvre homme avait perdu ses trois uniques enfants. Il n'avait pu que ressentir de l'admiration pour cet homme qu'il avait vu évoluer depuis et s'étonnait de la force avec laquelle il tentait de surmonter cette horreur. Si jamais lui-même venait à perdre sa très chère Merilin, dans de si atroces circonstances, il était bien incapable de dire comment il pourrait réagir. Il était persuadé qu'il en aurait tout bonnement perdu la raison après avoir traqué le meurtrier pour le pendre avec ses propres entrailles. La guerre était la guerre, elle amenait toujours dans son sillage les pires horreurs, mais rien au monde, quelque soit les intentions bonnes ou mauvaises qui se cachaient derrière ce geste, ne pouvait justifier de s'en prendre à des enfants de la sorte. La mâchoire du Maître Fauconnier se contracta brusquement. Il n'y avait aucun crime au dessus de celui-là ni aucune sentence suffisante pour le punir. Ce genre d'assassins renonçait par leur geste à leur statut d'être humain, ne devenant que de simples bêtes, plus bas que les orques et les gobelins même. Ils n'avaient même pas l'excuse de leur nature maléfique pour se justifier. Rapidement, il braqua son regard vers les nobles qui occupaient les premiers rangs de la foule et chercha la petite tête brune qui se trouvait quelque part dans la multitude. Evidemment il ne la trouva pas, le nombre de personnes présentes étaient bien trop immense. Il se rassura pourtant en se répétant qu'elle était tranquillement à l'abri avec sa famille au complet. Tous ayant fait le déplacement. Enfin il reprit totalement son rôle afin de veiller au mieux à la sécurité des lieux. La tête levée vers le ciel, il suivit le sol concentrique d'Elei au dessus de la Cité. Rien à signaler pour le moment.

Le Roi et la Reine avaient désormais pris place dans la tente pour recevoir leurs présents de mariage. Placé à l'extérieur, à quelques pas des gardes qui géraient les entrées, il jetait de temps en temps un œil curieux vers la très longue file d'attente. Chacun avait sa place car le protocole exigeait un ordre précis de passage suivant les alliances, les rangs et les liens de parenté. ça se bousculait et ça bougeait, les retardataires prenaient leur place légitime en bousculant ceux qui s'y trouvaient déjà, certains nobles se ridiculisaient même à se battre pour une petite place devant un comte ou un baron, d'autres faisaient preuve de détachement et regardaient, comme le fauconnier, ce spectacle entre indifférence et moquerie. Ce triste spectacle le confortait dans son désir de ne pas faire partie de ces hommes ridicules.
La délégation du Rohan fut la première à se présenter et leur cadeau plaçait la barre très haute. Un véritable Mearas. C'était la première fois que Thorondil avait l'occasion d'en admirer un et il ne s'en priva pas. Il n'était d'ailleurs pas le seul. Il aimait beaucoup Lith, sa jument, mais bien qu'elle appartienne à l'une des meilleures races de Terre du Milieu, elle n'avait rien à voir avec la sublime bête qui se tenait devant lui, rayonnante de noblesse. Tout chez ce cheval était l'incarnation de la perfection équine. Il ne pouvait même pas imaginer quelles sensations pouvaient naitre en chevauchant cet animal. Une monture dévolue aux Rois et aux Grands, il prenait finalement pleinement conscience de la raison de cette exclusivité.

Sa famille finit par passer, après une très longue attente. Trop occupés ou trop stressés, aucun d'eux ne le remarqua. Son père tenait en laisse un gros chien courant d'un gris sombre. L'animal était encore jeune et venait visiblement de finir sa période de dressage mais il se tenait tranquillement à côté du seigneur de Kervras, les yeux braqués sur lui en attente d'un ordre. Son corps était tout en muscle et ses mâchoires semblaient avoir la force de broyer une tête humaine sans la moindre difficulté. Le vieux seigneur borgne avait longuement songé au cadeau approprié pour un tel évènement. Son fief n'était pas le plus riche d'Arnor et ses moyens étaient limités. Mais Kervras était un domaine plein de ressources et il avait fini par s'arrêter sur des cadeaux simples mais sûrs. Derrière Aratan, c'était Elendîn qui portait les cadeaux pour la nouvelle épouse. Quant à Sigil, l'épouse d'Elendîn qui tenait la main de la petite Merilin, elle marchait en retrait.
Le fauconnier se rapprocha discrètement de l'une des parois en tissu de la tente pour entendre ce qu'il s'y passait. Après avoir nommé les titres du Roi et présenter ses vœux et félicitations d'une voix qui laissait entrevoir l'ancien militaire qu'il était, le vieux seigneur présenta ses cadeaux.

« - Au nom de ma famille et des habitants de Kervras, mon domaine, je vous offre ces modestes présents pour célébrer votre union. Pour vous, Votre Altesse, ce chien dont la lignée a été sélectionnée avec le plus grand soin. Il a été dressé par le meilleur de mes veneurs pour pouvoir faire face à un sanglier ou même un ours si tel est votre désir. Et si vous consentez à le garder près de vous, il saura, j'en suis sûr, vous protéger d'individus malveillants car il a été également formé à réagir aux attitudes agressives qui viseraient son maître. »

Thorondil entendit le petit trot du chien qui changeait de main. L'animal était l'unique fils du meilleur chien d'Aratan, qui, à sa naissance, avait prévu d'en faire le remplaçant. L'annonce du mariage lui avait fait revoir ses plans. En offrant au roi le symbole vivant de la loyauté, Aratan entendait transmettre un message fort au souverain. Puis son père reprit la parole, accompagné des pas de son frère qui s'avançait.

« - Pour notre reine, voici un livre contant l'histoire notre beau pays qui l'a adopté au premier regard. Puisse cette lecture vous faire aimer l'Arnor autant qu'elle vous aime déjà... Mais nous n'oublions pas d'où vous venez Votre Majesté (on pouvait entendre un léger sourire dans les paroles du noble) et si le mal du pays vous gagne malgré tout, j'espère que ce dernier cadeau allègera votre cœur. »

Le deuxième présent pour la reine avait beaucoup plu à Thalion quand son frère le lui avait montré. Il était vrai qu'on trouvait à Lossost, le chef-lieu de Kervras, parmi les meilleurs sculpteurs sur pierre et les trois artisans que son père avait retenus étaient les plus doués de tous et surtout, pour deux d'entre eux, venaient du même royaume que Dinael. Ce présent était en effet une simple tablette de marbre de la taille d'une petite fenêtre, ni trop fine pour ne pas être fragile, ni trop épaisse pour garder en légèreté. La cité de Dale y avait été sculptée en léger bas-relief au centre tandis que le reste du paysage était gravé tout autour avec une grande précision. Si ce n'était la couleur, on aurait pu croire admirer l'original en fixant ce chef-d'œuvre de l'artisanat local. Son père avait beaucoup misé sur ce cadeau pour impressionner la nouvelle reine.
Le fauconnier resta un instant pour écouter les réactions avant de s'éloigner pour laisser les autres familles présenter leurs cadeaux de mariage. Il se fichait bien de ça et il avait un travail sérieux à faire. En sortant de la tente, Merilin l'aperçu et lui adressa un grand sourire en agitant ses petites mains dans sa direction. Il lui répondit d'un grand sourire qui eu le don d'inquiéter légèrement le soldat posté à côté de lui, tant il n'avait pas affiché depuis le début de la cérémonie le moindre sentiment positif sur son visage. Mais le gondorien détourna bien vite les yeux vers des personnes plus "suspectes" en rencontrant le regard noir qui lui était adressé.... La journée était loin d'être finie.


Dernière édition par Thorondil le Lun 16 Juin 2014 - 2:25, édité 2 fois
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Adaes Thiemond
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Jeu 12 Juin 2014 - 12:02
Le Baron d'Isle-Grise commençait à regretter d'avoir prit une armure complète comme tenue officielle, la température commençait à le faire souffrir, au final il regrettait sa vieille armure matelassée dans des moments que ceux-ci. Heureusement pour lui il n'avait de casque pour encore augmenter la température et la ente le protégeait un peu, un maigre réconfort vu la chaleur qui l'étouffait. Malgré les quelques gouttes de sueurs qui perlaient sur le vieux guerrier son regard restait attentif sur la longue liste de responsables qui venaient remercier les deux nouveaux souverains.

La Famille Thiemond devait également être présente dans la longue file d'attente, représentée par la Baronne. Si un ou deux gardes l'avaient accompagnés jusque là pour le voyage l'interdiction du port d'arme dans la ville les avaient fait rester en dehors de la cité, attendant le retour de la Baronne et du Baron. L'idée de la savoir seul ne rassurait pas vraiment l'ancien Maître d'Armes, mais la vue des nombreux soldats du Gondor inspectant la foule l'air concentré calma un peu son anxiété à propos de son épouse.

Le Garde-du-corps du Roi d'Arnor, malgré sa qualité de baron, n'avait pas son mot à dire et ne le faisait pas. Il n'était pas encore bien habitué à sa qualité de Noble autre que juste roturier, se trouver en présence de personnes aussi importantes était malgré tout assez unique, voir oppressant. La première délégation à arriver fut celle du Rohan, le vice-roi offrit au seigneur d'Arnor un présent d'une valeur inestimable, un Méaras. Adaes resta figé quelques instants en observant l'animal de légende depuis son coin de la tente, il revint rapidement à la réalité, reprenant calmement son rôle.

Après le passage de la délégation Rohirrim, les portes de la tente furent fermés, un moment sans voir la foule au moins. Puis suite à cela l'Intendant d'Arnor fit entrer dans la tête un couple qu'il voulait sans-doute présenter lui-même. Il les présenta comme étant l’assistante de l'Intendant et son époux. L'ancien Maître d'Arme la reconnut rapidement, Dame Nivraya qu'il avait côtoyé dans le nord, celle-ci leur avait apporté les plans pour leur réussite. Elle avait meilleure mine que lors de leur dernière rencontre, il faut bien dire qu'à ce moment là elle avait été agressée et poignardée.

Adaes fit un signe de la tête léger, passant inaperçu mais par politesse un minimum. Le couple d'Arnor fit ses cadeaux au couple Royal, si ceux-ci n'avaient pas la rareté d'un Méaras ils étaient tout autant remarquable, d'autant plus à la vue de la différence de moyens entre un vice-roi et une petite famille noble. Un magnifique bouclier et un tableau tout aussi beau, deux nouveaux cadeaux pour le Roi d'Arnor. Mais bientôt les portes de la tente rouvraient et le défilé pouvait reprendre.

De nouveau le Maître d'Arme songea à sa femme, qui devait sans-doutes être parmi les derniers de la file, sur les deux cadeaux l'un était porté discrètement par le Maître d'Arme, une dague forgée pour cette occasion, l'interdiction du port d'arme empêchait la baronne de la porter, alors l'avait-il prit lui-même pour pouvoir l'offrir le moment venu. Sa femme portait le second cadeau, un service de vaisselle gravé au nom des deux époux.

L'ancien soldat repensa rapidement à ses cadeaux, il effleura de sa main la dague afin de vérifier qu'elle était toujours à sa place. Plus le temps passait plus délégations arrivaient, le vieux guerrier n'en reconnaissait pas beaucoup, ses connaissances du monde de la noblesse étaient loin d'être ce qu'il y a de plus importantes. Il put néanmoins noter les provenances d'à travers tout Arda il ne pouvait pas donner de nom ou de titre précis à pratiquement chaque invité.

Il put reconnaître malgré tout dans les invités le seigneur du domaine de Kervras, ainsi que sa petite famille. Il salua calmement et discrètement la petite délégation. C'est vrai qu'il avait fait la connaissance de la famille de son compagnon Thorondil, ceci n'avait d'ailleurs pas trop plus au fauconnier qui aurait préféré qu'Adaes l'ignore, l'ambiance entre les deux hommes fut malgré tout assez froide au début, jusqu'à ce que le temps adoucisse les relations durant le voyage. La fauconnier n'était néanmoins pas là, sans-doutes occupé à faire autre-chose. Les présents était toujours recherchés et impressionnant, peu importe de qui ils venaient.

Adaes repensa quelques instants à ce qui l'avait amené là, au final sur tous ceux qui avaient participé à la mission du beffroi il n'y avait que la mercenaire qu'il n'avait pas revu, en effet il avait hébergé Njall le temps qu'il ne reçoive une proposition royale de protéger l'héritière du trône d'Arnor, ainsi sans-doute était-il là aussi à ce mariage, néanmoins leurs chemins ne s'étaient croisés que brièvement lors du voyage jusqu'à Minas Tirith.
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Ryad Assad
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Jeu 12 Juin 2014 - 15:01
La fête battait son plein, et la cérémonie bien plus courte que ce à quoi s'attendait la majorité des gens venait de s'achever quand nous eûmes enfin le droit de nous lever de nos sièges pour prendre notre place dans la file. Il y avait fort longtemps que nous étions assis là, en attendant la présentation du couple royal, et le protocole très strict avait probablement été conçu pour éprouver la patience des invités, et les faire souffrir sur leur séant. J'avais supporté sans broncher cette torture, me retranchant dans mes pensées pour essayer d'oublier un temps le vacarme de la foule en liesse, la chaleur étouffante du soleil de plomb qui tombait sur nos épaules et nos têtes, et le sentiment désagréable d'être particulièrement surveillé par les gardes de la cité. Oh certes, nous étions la délégation des Pirates d'Umbar, récents vainqueurs de Radamanthe l'Usurpateur comme on se plaisait à l'appeler dans le Sud, mais était-ce la peine de nous encadrer aussi formellement ? Nous n'étions pas armés, et d'après ce que j'avais pu apprendre, Taorin n'avait pas d'intentions hostiles à l'égard du Roi de l'Arnor - sinon, pourquoi serait-il venu se jeter dans la gueule du loup sans une armée pour le sortir de ce mauvais pas ? -, ce qui faisait de nous des invités parfaitement respectables.

Pour l'occasion, les quatre Seigneurs Pirates invités, censés représenter leurs camarades demeurés au pays, s'étaient parés de leurs plus beaux atours et exhibaient sans vergogne l'opulente richesse qu'ils avaient pillée dans les cachettes de Dur'Zork. La bataille s'était jouée à peu de choses - à l'arrivée providentielle des renforts de Reznor, en vérité -, et l'émir n'avait pas eu le temps de rapatrier son trésor sur sa nouvelle capitale, Djafa. Les Seigneurs avaient mis la main dessus, et avaient immédiatement rentabilisé l'opération, conscients que s'emparer du joyau du Harondor faisait d'eux l'égal des rois et des reines qui se tenaient ici. La seule différence était qu'ils étaient neuf pour gouverner un territoire, et qu'il leur manquait l'unité de décision qui caractérisait l'efficacité d'un royaume stable comme le Rhûn, par exemple.

Si j'avais été à la place de Taorin, je me serais empressé de faire disparaître mes anciens alliés. Sa position était précaire, et s'il avait été élu avec une très large avance au Harondor, les Pirates avaient fait pression pour qu'il lâchât son siège de Seigneur Pirate, au profit de son second Ezhel. Bien entendu, dans les faits, le Chien Borgne demeurait membre des Neufs, et ses ordres seraient exécutés fidèlement par son homme de main qui était, d'après les rumeurs, un ancien esclave. Mais officiellement, Taorin avait renoncé à ses prérogatives pour se concentrer exclusivement sur le Harondor, qu'il devait défendre contre une éventuelle riposte du Nord - ce mariage était l'opportunité d'apaiser les relations, et de donner le temps à Dur'Zork de se renforcer -, mais également contre les incursions du Khand. Au moment où nous étions partis, la situation était inquiétante mais pas désespérée, et j'avais chargé Agathe de régler ce problème en priorité, pour assurer la stabilisation des frontières orientales.

Revenant à des considérations plus immédiates, je mis ma connaissance poussée des monarques de la Terre du Milieu, peaufinée durant le voyage, au service de Taorin afin de lui indiquer le nom et le titre de toutes les personnes qu'il rencontrait. Il en connaissait la plupart, notamment des gens du Gondor et de l'Est, mais pour ce qui était des royaumes tels que le Rohan, qui représentaient un intérêt stratégique mineur, il était bon de lui rappeler que le Maréchal Mortensen avait été nommé Vice-Roi, et qu'il représentait Fendor devenu souverain de la Marche quelques mois auparavant. Les choses changeaient vite en Terre du Milieu, et mon rôle était de surveiller ces évolutions pour les retransmettre aussi fidèlement que possible, afin d'éviter que mes supérieurs ne commissent des impairs impardonnables.

Applaudissant sans chaleur, nous nous levâmes pour saluer le départ du couple nouvelle formé, dont l'union venait d'être officialisée par serment et devant une foule de témoins qui s'empresseraient de porter la nouvelle aux quatre coins du monde lorsqu'ils rentreraient dans leurs pays respectifs. Je m'emparai du coffre contenant les magnifiques présents de Taorin, qui reflétaient à merveille la puissance nouvellement acquise par cet homme décidément bien étrange, qui ressemblait toujours à un chef de guerre malgré son intelligence politique. Son œil manquant, sa démarche chaloupée de marin et sa tunique typiquement sudiste lui donnaient l'air d'un conquérant venu explorer une prochaine proie - et je ne devais pas être loin de la vérité, eu égard à l'ambition démesurée du personnage.

Me plaçant aux côtés du Pirate, je me penchai légèrement lorsque celui-ci me confia secrètement, à la faveur du brouhaha ambiant qui nous isolait plus sûrement que la plus sécurisée des salles secrètes, la mission pour laquelle il m'avait fait venir ici. Je hochai la tête une première fois, réfléchissant profondément à la manière dont j'allais pouvoir procéder. Obtenir des informations dans la Cité ne serait pas une grosse difficulté en soi, car les délégations étaient libres de pénétrer dans Minas Tirith, tant qu'elles le faisaient sans armes et qu'elles ne semaient pas le désordre. J'aurais simplement à aller récupérer les informations nécessaires, ou à payer d'éventuels informateurs pour tendre l'oreille à ma place. Rien de très compliqué, et j'avais déjà eu à accomplir des tâches bien plus compliquées - comme par exemple participer de l'intérieur à la prise d'une capitale harondorim.

Concernant les meurtres, la chose risquait d'être plus compliquée, considérant la dureté des contrôles de sécurité dans la ville. Les seuls habilités à porter une arme étaient les soldats du Roi Méphisto, qui patrouillaient en redoublant de vigilance pour s'assurer que rien ne viendrait troubler la cérémonie et les festivités à suivre. Introduire une arme quelconque dans l'enceinte de la Cité Blanche était un gros risque, et il valait mieux éviter d'être pris en flagrant délit, sans quoi c'était toute la délégation qui se retrouverait accusée. Et au milieu de tant de nations hypocrites appelant à la paix, il ne valait mieux pas être le premier à tirer l'épée. Non, pour ce qui était des "affaires létales" pour reprendre l'expression élégamment tournée de Taorin, il allait falloir procéder à l'ancienne, et à mains nues. Je pouvais tuer pratiquement n'importe qui sans avoir besoin d'une arme, et si j'avais la certitude que mes adversaires seraient également désarmés, alors les choses n'en étaient que plus faciles. Je pouvais également me reposer sur mon contact, qui était doué de facultés prodigieuses pour se fondre dans la masse sans être repéré. Il n'était pas un vulgaire mercenaire, mais pour le bien de ma mission, il accepterait peut-être de me rendre ce petit service et de faire disparaître une ou deux cibles.

Au pire des cas, je pouvais toujours essayer de recruter discrètement un tueur local. Il y avait suffisamment de représentants étrangers pour qu'adopter leur tenue fût un jeu d'enfant, et je n'aurais ainsi aucun risque de faire rejaillir une quelconque responsabilité sur les Pirates. Restait simplement à savoir quelles seraient mes cibles, car il y avait des personnes que je ne pouvais pas éliminer, naturellement. La Reine de Rhûn venait en tête, suivie par toute sa suite et sa garde personnelle. Taorin comprendrait bien qu'en m'attaquant à d'anciens compatriotes, je risquais un conflit moral, et il n'était certainement pas du genre à m'envoyer au devant de cruels dilemmes, alors qu'il avait besoin de moi pour d'autres missions, et que je pouvais lui être utile de bien d'autres façons - en plus, s'il se révélait être une menace pour Sa Majesté, je n'aurais d'autre choix que de lui planter moi-même une dague dans le cœur à la première occasion, et plus d'un Seigneur Pirate me récompenserait largement pour ce geste.

Il ne s'était passé qu'une seconde dans le temps réel, mais j'avais déjà envisagé un panel d'options qui me permettraient de répondre aux besoins de Taorin dans les plus brefs délais. Afin de le mettre en confiance, je lui demandai même sur un ton extrêmement sérieux :

- Ce serra fait, Seigneurr. Qui rretient votrre attention ? Je pourrais sans peine me débarrasser de ce Marréchal, parr exemple... Ou plus prrobablement de sa compagne si tel est votrre souhait.

Je faisais référence au couple qui venait de sortir de la tente royale pour présenter leur cadeau. Un magnifique étalon royal, un Méaras du Rohan, une des créatures les plus fantastiques qu'il m'eût été donné de voir. Je n'étais pas particulièrement attiré par ce qui venait de l'Ouest, mais je savais reconnaître la beauté quand je l'avais sous les yeux, et l'animal qui se tenait devant son nouveau propriétaire était parfaite en tous points. Ses yeux pétillaient d'intelligence, et en dépit du bruit et de la foule, il semblait calme comme la forêt. Mes yeux se portèrent sur la jeune femme blonde qui se trouvait proche du Maréchal, et je l'analysai brièvement. Sa tenue était somptueuse, quoique plus simple que celles des autres dames de la noblesse, mais c'était bien la seule chose qui la rapprochait de la noblesse. Elle souriait avec une trop grande sincérité, couvait son époux des yeux de manière trop visible, et en fait, elle agissait avec un trop grand naturel pour pareilles circonstances. Les autres nobles se pliaient au protocole, demeuraient à la bonne distance, s'inclinaient respectueusement à chaque fois qu'il leur était permis de le faire. Cette femme semblait faire fi des conventions, et je devinai sans peine qu'elle n'était pas née noble. Une cible facile donc, dont l'esprit plein de naïveté était enclin à tomber dans les pièges les plus grossiers.

Cachant le sourire de Ryad derrière le masque impassible de Salem, je prêtai de nouveau l'oreille à Taorin, qui semblait se désintéresser de la femme du Rohan, du Maréchal et de son cadeau, pour porter son regard sur une personne bien plus mystérieuse. Sa question me laissa un instant perplexe, et je trouvais que parler de Lyra comme d'une "ancienne souveraine" était amusant, voire même audacieux de la part d'un homme qui prétendait acheter la loyauté de ses seconds en leur promettant monts et merveilles, titres et richesses, victoires et conquêtes. Lyra, elle, n'avait nul besoin de promesses : la seule aura éclatante qui l'entourait suffisait à galvaniser les centaines de milliers d'âmes qui vivaient sous sa protection, louée soit-elle.

Toutefois, le Pirate posait la question à Salem son secrétaire et conseiller personnel, et non pas à Ryad le fidèle serviteur du Trône de Rhûn, et je devais me fondre dans le personnage. Cherchant la délégation de ma terre natale des yeux, je la localisai non loin devant nous - nous étions relégués à la fin de la file des souverains, peu avant les nobles de petite importance et le peuple. Lyra, somptueuse dans sa robe d'apparat, la main nonchalamment posée sur l'épée à son côté - incartade au règlement, certes, mais l'arme avait été soigneusement contrôlée par les autorités, qui avaient dû émousser lame et pointe, afin de la rendre inoffensive. C'était une arme cérémonielle, que Sa Majesté avait sans doute insisté pour porter au mariage, comme pour provoquer un peu plus le protocole ridicule de ces Occidentaux vaniteux. En tout cas, elle resplendissait au milieu de la foule de rois et reines pleins banals qui se massaient devant la tente, et les deux gardes du corps qu'elle avait choisis - dont la silhouette me disait quelque chose, sous leur armure complète - maintenaient à l'écart l'ensemble des gêneurs. Répondant à Taorin, je lançai d'une voix monocorde, comme il y était habitué désormais :

- Il s'agit de la Rreine Lyra, dont le marri notrre défunt rroi a été empoisonné parr des Elfes. Elle rrègne surr le Rrhûn depuis son décès, et d'aprrès ce qu'on en dit, c'est une bonne souverraine...

J'aurais pu m'arrêter là, mais je sentais que Taorin voulait en savoir plus. Sinon, pourquoi me demander de lui présenter particulièrement Lyra en cet instant précis ? D'ailleurs, il me semblait la lui avoir présentée brièvement tandis que nous étions en train de regarder les délégations arriver. J'enchaînai donc :

- Ce n'est pas une femme comme vous en rrencontrrerrez au Sud ou ici au Gondorr, Seigneurr. Elle a toutes les qualités des hommes, l'intelligence et la tempérrance des femmes, et le rrespect de tout notrre peuple. Songez à Agathe quand vous la voyez...

J'avais convoqué l'image de la jeune femme impétueuse et pleine de bravoure que j'avais prise à mon service. Taorin avait eu l'occasion de lui parler à de nombreuses reprises, et elle n'avait jamais mâché ses mots en sa présence, n'hésitant pas à envoyer promener deux de ses officiers dont les rapports étaient faux. Ils avaient voulu la corriger, mais elle leur avait tenu tête sans ciller, et ils avaient finalement dû partir. La jeune femme au caractère bien trempé, qui ne baissait la tête ni devant un homme, ni devant un Roi, ressemblait aux femmes de Rhûn, fières et fortes. J'ajoutai finalement, pour aider le Pirate à réfléchir, et pour m'ouvrir de nouvelles portes :

- Si vous le souhaitez, je pourrais vous serrvirr d'interrprrète si d'aventurre vous vouliez la rrencontrrer. Je peux sans doute vous obtenirr une entrrevue avec elle.

Laissant à Taorin le soin de juger de ma proposition, je reportai mon attention sur la longue colonne à laquelle nous appartenions, désormais bloquée car le Roi et la Reine s'offraient, au détriment de leurs admirateurs et des monarques venus les saluer, un petit rafraîchissement. Je regardai le soleil poursuivre sa course dans le ciel, en me disant que la journée toucherait bientôt à sa fin, et que je pourrais enfin me mettre au travail, pour exécuter les basses besognes du Seigneur Pirate que je suivais comme son ombre.


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"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"

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Evart Praven
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Jeu 12 Juin 2014 - 20:48
Petit hors-RP : La resynchro se fera gentillement en flashback !

Aujourd'hui était un grand jour à Minas Tirith. Un mariage royal n'était pas une chose commune, d'autant plus qu'il survenait après une longue période de malheurs. La guerre, la mort, la maladie et le froid avaient frappé l'ensemble de la Terre du Milieu pendant trop longtemps. Les gens avaient maintenant besoin de joie et d'espoir pour oublier les ténèbres qu'ils venaient de traverser. Le retour du Soleil et ce mariage entre deux des plus puissants états de la région ne pouvait annoncer que des jours meilleurs que tout le peuple espérait. Désormais il ne pouvait plus rien arriver de mal à quiconque et, tous, nous pourrons profiter des fruits de la paix.

Profiter était le terme juste pour Evart. En réalité, il ne pouvait imaginer une situation plus enviable. Avec la venue d'étrangers des quatre coins du monde, il n'avait jamais vu ses commerces aussi remplis. Des dunedains du Nord aux umbarites en passant par des habitants de Dale, tous avaient besoin de boire et manger. Choses que le jeune marchand pouvait leur fournir en abondance. Les premières récoltes avaient remplis les greniers et tonneaux du royaume. Lui-même avait fait de grands stocks de ces précieuses denrées dont il tirait grand bénéfice. En effet, la Corporation des Épiciers avait obtenu du Roi que les prix ne soient plus réglementés après l'aube. Se faisant les habitants de la ville pouvaient toujours acheter leur pain à bon prix tandis que les marchands pouvait afficher des prix prohibitifs aux visiteurs étrangers. Dès lors ce commerce s'avérait des plus lucratifs pour tout le monde.

Comme certainement beaucoup de gens, Evart profitait des premières lueurs de l'aube pour s'habiller dignement pour le mariage de Leurs Majestés. Le jeune homme avait passé un pourpoint damassé de couleur bordeaux dont les manches fendues et la doublure laissait apparaître du noir. Il s'était presque ruiné pour acheter des vêtements dignes de son rang mais c'était un mal nécessaire. En effet, les corps constitués de Minas Tirith avaient obtenu d'envoyer des représentants au mariage et la puissante corporation des Épiciers avait obtenu d'envoyer onze personnes, outre le grand maître de la guilde, deux représentants des clercs de la guilde, deux du trésor et six représentants des maîtres et compagnons. En tant que l'un des secrétaires au Trésor, Evart avait obtenu une place. A la vérité ce n'était pas tant son poste que ses actions -et sa condition noble- qui lui avaient permis d'arracher cela. Après tout il avait permis à la guilde d'échapper à une dette qui semblait insurmontables grâce à divers montages financiers quelque peu amoraux -enfin, il avait volé aux pauvres pour donner aux riches, c'était donc dans l'ordre des choses-. Quoiqu'il en soit, ce petit fait d'armes lui avait valu toute la reconnaissance des dirigeants de la guilde et un poste enviable.

Par contre sa demeure était désormais remplie de membres de sa famille : ses parents, ses frères ô combien détestés, des cousins et des oncles à ne plus savoir qu'en faire, … Avant que tout le monde ne fut bien réveillé, il s'esquiva et rejoignit le siège de la guilde. Le Soleil perçait doucement de lointains nuages et Evart pouvait sentir les premiers rayons de la journée sur son visage. Après des mois à affronter un astre pâle, froid et sinistre, ce Soleil éclatant était une véritable renaissance. S'autorisant à laisser son esprit vagabonder, le jeune noble repensa à tout ce qu'il avait pu se passer depuis le temps où il avait quitté ces ridicules terres à l'Ouest du royaume. Il devait avouer qu'il pouvait être assez fier du chemin qu'il parcourut, il lui avait fallu deux mois pour s'installer convenablement et six de plus pour obtenir un poste plus que convenable dans la guilde et des relations avec des gens puissants -Oliri, Heagon ou Ismaren-. Il espérait bien pouvoir obtenir un poste encore plus prestigieux d'ici six mois et arrêter de vendre ses choux et sa piquette pour des choses plus lucratives.

Lorsque enfin il arriva au siège, il put remarquer la magnificence des lieux. Les grands maîtres successifs avaient voulu montrer leur puissance en embellissant sans cesse les lieux tant et si bien qu'il était maintenant recouvert de statues, moulures et autres travaux de maçonnerie. Comme il n'y avait pas encore grand monde, il préféra rejoindre les caves qui dissimulaient la chambre-forte de l'ordre. Celle-ci était protégé par l'un des gardes-trésor, compagnons ou maîtres qui avaient reçu l'honneur d'assurer la protection des biens les plus précieux de la guilde. Ensemble ils purent inspecter les pièces que la Guilde allait offrir aux souverains d'Arnor. Elles étaient splendides et feraient honneur à la réputation de la corporation. Après être remontés dans le grand hall où les représentaient attendaient le grand maître qui apparut cinq minutes plus tard. Ainsi ils purent répéter une dernière fois le rituel de l'offre des cadeaux de mariage. En tête de la procession, il y aurait le grand maître qui avancerait devant deux colonnes. A la tête de chacune d'entre elle, il y aurait le Trésorier et le Secrétaire du Conseil suivi des deux porteurs de cadeaux -dont Evart-, de trois autres représentants du Trésor à gauche et trois du Secrétariat à droite tandis qu'ensuite il y aurait vingt représentants dans chaque colonne. Une fois cela terminé, ils purent vaquer quelque peu à leurs occupations avant de partir à la cérémonie.

Le parcours pour aller jusqu'au Palais fut bien long aux yeux du jeune homme. Solennelles et majestueuses, toutes les délégations se devaient de faire bonne figure et montrer leur puissance. A la tête du cortège, les dignitaires et nobles de Gondor ouvraient la voie puis on trouvait les corps constitués du Gondor au prestige suffisamment bas pour ne pas avoir de place de choix. Derrière eux et à bonne distance, on trouvait quantités de délégations étrangères à fière allure avant de tomber sur Dale, l'Arnor puis Leurs Majestés. Une fois disposés, ils purent écouter l'adresse du Roi Mephisto. Celle-ci commença par un recueillement assez solennel, le Haut-Roi put unir les deux époux. Le jeune homme ne pouvait nier que le couple avait une certaine prestance. Sa Majesté Aldarion avait de l'allure à revendre, il était grand et puissant, son visage carré montrait toute sa détermination et son autorité. La princesse Didael était belle, ce qui ne gâchait rien mais n'avait rien de nécessaire pour être une bonne reine, mais il ignorait ses qualités. Ne la connaissant pas, même de réputation, il ne pouvait absolument pas la juger. Quoiqu'il en soit, ce fut une très correcte cérémonie sans intérêt majeur mais convenable.

Ensuite vint la longue procession des cadeaux, là encore tout était codifié et chacun avait sa place. D'abord tous les émissaires étrangers comme ceux du Rohan ou de Rhun. Ensuite il y eut une foule de dignitaires divers et variés puis les corps constitués auxquels appartenait Evart. Lui-même, en tant que Secrétaire au Trésor, avait la chance de porter le cadeau qu'ils feraient à la nouvelle reine d'Arnor. En réalité, le jeune homme n'était en rien honoré, les souverains oublieraient son visage sitôt qu'il serait sorti de la tente et cela ne porterait strictement aucun intérêt en soi, par contre, son prestige au sein de la corporation ne pouvait qu'être amélioré. Ce serait donc particulièrement profitable. Mais alors que la cérémonie de remise des cadeaux commençait à peine, un chambellan sortit pour annoncer que leurs majestés prenaient un rafraîchissement. A la vérité s'était d'une grande inconvenance et on ne pouvait qu'espérer que cela ne durerait pas longtemps. S'ils n'étaient pas capables de résister plus de quelques minutes à des mondanités inutiles de la sorte, qu'en serait-il plus tard ?
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Calion Palantir
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Ven 13 Juin 2014 - 2:08
Imladris semblait déjà si loin ... La victoire avait d'un côté affaibli les Elfes de part leur pertes mais avait renforcé leur moral d'une autre part. L'Elnaith n'était pas sorti indemne de cette bataille ... De son dernier combat. Une sévère fracture de la jambe l'avait immobilisée, il avait du rentrer à Gar Thulion sans poser sa jambe droite sur le sol. Le voyage avait été très long en plus. S'il avait pu rester à Fondcombe, il l'aurait sans nul doute fait mais il devait rentrer à Gar Thulion, il devait se soigner. Fondcombe n'était plus en état pour accueillir des blessés de cette ampleur.

À Gar Thulion, il retrouva Anagarwen, celle qui s'occupait de sa maison lors de ses nombreuses absences. Mais là, elle était heureuse de le voir de retour, vainqueur et surtout elle allait le voir tous les jours puisque désormais il devait se reposer et qu'elle allait très bien s'occuper de lui.

Un médecin venait tous les jours au domicile du Noldo afin de réparer la fracture. Deux mois à rester dans un lit avec un plâtre. L'Elnaith recevait parfois la visite de son nouvel ami Arminas, lui-même un ami du Haut-Prince Erumelgos. Arminas venait mettre en confiance Calion qui avait sa victoire amère pour certaines raisons, il devait reprendre du poil de la bête. Calion recevait aussi la visite de certains de ses soldats qui s'inquiétait de ne plus voir le représentant de leur maison, il leur souriait et leur promettait qu'il allait vite se remettre sur pied.

Des mois plus tard, il fut invité au palais de Gar Thulion, le Haut-Prince le demandait. Le seigneur Palantir apparut boitant, s'appuyant sur une canne de mallorn, ce bois précieux que seuls les ébénistes elfes de la Lothlorien maîtrisaient parfaitement. Le travail sur cette canne était minutieux, des feuillages étaient sculptés le long de la canne et le pommeau ressemblait à un palantiri, l'une de ces pierres de vision légendaires, en onyx pour respecter la couleur, ce palantiri faisait bien sûr écho au nom du Noldo. La surprise fut intéressante pour l'assemblée composée d'Elfes de toutes les cités qui voyait l'Elnaith arriver avec douleur tout en gardant une prestance digne des aînés. Brièvement, Calion apprit qu'il allait représenter officiellement tous les Eldar lors du mariage du roi d'Arnor Aldarion. Le Noldo remercia humblement l'assemblée et son suzerain et faisant demi-tour, reparti chez lui. Ils auraient mieux fait de m'envoyer un coursier, ça m'aurait éviter de subir cette douleur, pensa-t-il.

Le mois d'après, Calion arriva avec une suite d'Elfes qui lui servait de gardes. Parmi eux Voronwë Amnel qui était revenu juste pour voir son ami. Ils arrivèrent en vue des champs du Pelennor quelques jours avant l’exécution de Warin le traitre. Minas Tirith était entourée de tentes. Celles-ci regroupaient des voyageurs et des délégations étrangères qui venaient assister au mariage d'Aldarion d'Arnor de la princesse Dinael de Dale. La délégation elfique menée par Calion Palantir apparut aux portes de la cité, un garde les stoppa.

"Je suis désolé maître Elfe mais à moins que vous ayez un permis d'entrée signé par le gouverneur de la cité, vous ne pouvez pas rentrer."

Calion sortit d'une sacoche qu'il avait sur sa ceinture le fameux permis en souriant amicalement au garde.

"Veuillez m'excuser seigneur, je vous en prie vous pouvez passer ... Puis alors que la délégation avançait, le garde les arrêta à nouveau. Mes seigneurs, avant de pouvoir entrer je dois vous fouiller."

Ainsi les hommes de Palantir descendirent de leurs destriers blancs en même temps. Ils ôtèrent leurs capuches vertes liées à leurs capes vertes de Lothlorien et écartèrent les bras, laissant découvrir une magnifique tunique verte et grise que chacun portait. Seul Voronwë précipita sa marche en direction d'Aranwë, le cheval de son ami, afin de l'en faire descendre. Le garde ne comprenait pas trop pourquoi l'aider lorsqu'il vit que Calion, alors appuyé sur son ami, saisit sa canne accrochée à son cheval.

"Je suis désolé maître Elfe je n'avais pas vu que vous étiez handicapé."

Calion fronça ses sourcils et dit.

"Je ne suis pas handicapé, ce n'est que temporaire, mais merci quand même."

Le garde gêné, passa alors à la fouille avec ses comparses. Il demanda ce qu'il y avait dans les sacs sur les chevaux. Calion leur répondit qu'il s'agissait là du restant des vivres du voyage car ils venaient de très loin mais aussi de vêtements ainsi que des cadeaux pour sa majesté le roi d'Arnor et la presque nouvelle reine. Le garde ne chercha pas plus loin, le visage amical de Calion et de ses hommes rassura surement ce garde et ses homologues. Les Elfes purent enfin rentrer en la cité d'Anarion.

La petite troupe avança alors vers le haut de la cité, elle devait retrouver son logement pour les quelques jours qui suivaient. Calion reconnut certaines rues pour y être déjà passé quelques années voire quelques mois auparavant, il se rappela qu'il termina même en prison à l'issu d'une altercation avec des gardes et un mercenaire du nom d'Unirann ... Tout ceci remontait en effet. Calion eut une pensée pour cet homme, il se demanda ce qu'il devenait. Peut-être était-il mort, peut-être pas. Cette pensée fut chassée par une autre, il voulait retrouver un ami qu'il s'était fait en la cité de Minas Tirith, le maître assassin Hasharin, c'était le seul ami étranger qu'il avait en ces murs.

Les Elfes ne passaient pas inaperçus le long de leur remontée dans la cité, les capes vertes faisaient très elfiques ainsi que les tuniques de voyage. Calion lui portait en guise de cape celle de sa maison, celle de la Maison du Roi, une cape au bleu royal et aux fils d'or et avait couvert ses cheveux de la capuche liée à sa cape. Une aura de prestige semblait émaner du groupe, ils attiraient les regards, pourtant ils n'étaient pas les seuls Elfes en ville.

Arrivés à leur hôtel particulier, les Elfes furent conviés à intégrer leurs chambres.

"C'est le seigneur Erumelgos qui paie ..." dit un Calion souriant en donnant de l'argent à un page.

*


Quelques jours plus tard avait lieu l'exécution de Warin, un ancien noble gondorien qui avait des liens avec l'Ordre de la Couronne de Fer. L'Elnaith voulait vraiment voir cette exécution, voir l'un des derniers membres de l'OCF mourir. Il s'était levé bien avant l'aube et avec Voronwë ils descendirent dans la cité vers la caserne, lieu de la future exécution. Les deux Elfes y arrivèrent les premiers mais ils furent suivis de près par les curieux de la cité ou d'ailleurs. Appuyé sur sa canne, Calion, habillé plus sobrement, dans des teintes plus grises que vertes, accompagné de son ami Voronwë Amnel écoutait le verdict de l'assemblée de notables qui avaient jugé Warin. En même temps, Calion scrutait les gardes en face de lui, ces fameux gardes de la fontaine qu'il voyait pour la première fois. Leurs armures réfléchissantes et leurs lances argentées inspiraient le respect. Au fur et à mesure que le verdict était dicté, la foule gagnait en agitation, la garde dut alors pointer ses lances vers la foule avec pour intention de la calmer.

"Ainsi, nous condamnons Warin à être pendu par le cou jusqu'à ce que la mort s'ensuive. Maître bourreau, faites votre devoir."

Les paroles du vieil homme debout glacèrent le sang de Calion. Non pas que la pendaison l'offusquait, loin de là étant donné la personne qui allait subir ce châtiment, mais c'était un sentiment bizarre que d'ordonner la mort d'un homme, quel qu'il soit, sans défense, à la merci de tous.

"Ainsi va la vie ..." dit Calion.

Alors que Warin se débattait les pieds dans le vide, les deux Elfes s'éloignèrent. Ils lancèrent un dernier regard en arrière, voyant une dame confirmer la mort de l'homme.

*


Le lendemain avait lieu le mariage, la raison pour laquelle les Elfes venaient. Dans l'hôtel particulier, on se préparait. Seulement deux gardes de Calion allaient pouvoir porter à leur ceinture une épée. La délégation avait lâché ses vêtements de voyage pour des tuniques argentées, tout en gardant les capes qui les distinguaient des autres délégation, seul Calion n'en portait pas mais avait sur sa tête son bandeau elfique orné d'une émeraude. Ses cheveux étaient attachés et dans certains cas tressés. Aldarion d'Arnor était très beau dans son armure d’apparat, il fut largement applaudi par la foule ainsi que par la délégation elfique et par l'Elnaith de la Maison du Roi qui tapa contre le sol sa canne. La future reine, Dinael était d'une beauté physique rarement égalée chez les humaines. Enfin apparut Mephisto, le roi du Gondor et Haut-Roi du Royaume Réunifié. Il mentionna alors les récentes guerres qui avaient ensanglanté la Terre du Milieu. Tous baissèrent leurs têtes par respect envers les morts. Cependant l'heure n'était plus au recueillement mais bien à la fête, le mariage fut proclamé et la foule entra en délire, applaudit et acclama les mariés. Calion fut heureux à ce moment, le large sourire qu'il affichait était sincère, au fond de lui, il espérait que ce moment dure jusqu'à la fin des temps, loin des guerres, loin des tourments, juste le bonheur dans les yeux, sur les visages, dans les rires et dans les acclamations.

L'heure était à la remise des présents, comme le voulait la tradition. Le Noldo demanda alors à l'un des gardes de lui donner les sacs contenant les deux cadeaux qu'il devait offrir aux nouveaux mariés. Celui qui en avait la charge s'empressa de les lui donner. L'Elfe vit alors la personne représentant le Rohan ainsi que sa compagne entrer dans la tente dans laquelle les deux mariés attendaient chaque représentant des délégations.

"Un Méaras ? Eh bien ..." Calion ne savait pas quoi rajouter d'autre, c'était une agréable surprise que de voir un tel animal ici.

Vint le tour de la délégation elfique de rencontrer le couple royal après une longue attente. Calion attirait les regards sur lui, sa réputation le précédait. Il entendait les murmures derrière lui qui parlaient de la Bataille d'Imladris et de son dernier combat. Le Noldo ne montra pas d'intérêt à cela et entra seul dans la tente lorsque les pans de celle-ci s'écartèrent. Boitant et s'appuyant sur sa canne à chaque pas, il se révéla gracieux lorsqu'il s'arrêta devant eux et les saluèrent, malgré son handicap. Il remarqua à cet instant la foule de cadeaux présents dans la tente.

"Mes hommages les plus respectueux Dinael et Aldarion, reine et roi d'Arnor, il baissa sa tête par respect ce qui fit tomber ses cheveux, et au nom de tous les Quendi et de sa majesté le Haut-Prince Rustor Erumelgos, moi Calion Palantir, Elnaith de la Maison du Roi, vous adresse toutes mes plus sincères félicitations. Que votre mariage soit prolifique pour nous tous, qu'il apporte la paix tant demandée. Nous vous souhaitons la meilleure des prospérités."

À ses pieds se tenaient deux sacs blancs cassés dans lesquels se trouvaient les deux présents. Le premier d'entre eux était dans un autre paquet léger. Calion se pencha et le sortit du sac.

"Ceci ma reine, vous est adressé avec l'amour de tous les Elfes pour votre majesté."

L'ex-ambassadeur des rois Noldor ouvrit la boîte qui laissa apparaître de splendides ballerines blanches ayant appartenu à la plus illustre de son peuple, Galadriel ...

L'Elnaith, le dos recourbé et s'appuyant toujours sur sa canne, laissa la reine saisir doucement la boîte contenant les ballerines. Il put ainsi se tenir à nouveau droit et avec grâce annoncer le présent que sa majesté Erumelgos offrait à son homologue d'Arnor.

"Monseigneur, c'est avec une immense joie que je vous offre ... il se pencha à nouveau et ouvrit le second sac. La seule armure que Celebrimbor, fils de Curufin lui-même fils de Fëanor, fabriqua lorsqu'il s'établit en Eregion. Elle fut sauvé lors du sac de la cité d'Ost-in-Edhil perpétré par le lieutenant de Bauglir, Sauron. Et permettez-moi de vous indiquer que cette armure faite d'argent et d'acier ainsi que de pièces de mithril possède un réceptacle sur la cuirasse pour un joyau particulier ..."

Calion, salua une dernière fois la reine ainsi que le roi et les béni.

"Que les Valars vous aient en leur Sainte garde."




Dernière édition par Calion Palantir le Sam 6 Déc 2014 - 12:42, édité 2 fois
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Forlong
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Sam 14 Juin 2014 - 2:08
Forlong s’étira, constatant avec plaisir l’air matinal déjà chaud. Il regarda l’océan de tentes de toutes les tailles, couleurs et formes imaginables dressé sur les champs de Pelennor; le campement de l’armée du Gondor sous les murailles d’Assabia aurait paru petit à côté. Qui plus est les invités n’avaient pas fini d’affluer, après tout il restait encore un jour avant le mariage. Plusieurs seigneurs et marchands avaient choisi de s’arrêter dans la ville d’Osgiliath, et profiter des auberges confortables, augmentant ainsi les fortunes déjà absurdes des membres de la Compagnie du Sud. Le dunadan aurait peut-être suivi leur exemple, n’appréciant guère le bruit et la foule qui régnaient au campement, mais il n’était pas ici uniquement pour le plaisir.

Il avait passé la plupart de l’hiver dans le fief Beauclair, au Belfalas. Tel un loup, il s’était retiré dans un endroit sauf pour guérir. Le repos dans un lit confortable et les doigts habiles de la guérisseuse elfe avaient fait des merveilles pour soigner sa terrible blessure. Calimehtar…Forlong sourit légèrement en y repensant, gêné. Après des années passés avec comme uniques compagnons une bouteille de vin et son sens du devoir, la rencontre de l’elfe fût un réveil rafraîchissant. Il s’en voulait d’avoir été victime de sentiments impossibles. Une femme elfe, si différente de lui. Même si elle avait accepté ses avances, que feraient-ils par la suite? Au fond de son cœur, il savait que la vie sédentaire n’était pas faite pour lui. Néanmoins, la présence de la guérisseuse avait été un baume non seulement pour ses blessures, mais aussi pour son âme. Ils s’étaient quittés en bons amis, et Forlong espérait la revoir un jour. Il fut bouleversé en apprenant les nouvelles du mariage imminent du roi Aldarion d’Arnor. Le dunadan se rendit compte qu’il devait s’y rendre, bien qu’il ignorait encore pourquoi.

Avant de partir, il avait investi une partie non négligeable de sa petite fortune dans le fief, qui avait souffert pendant l’hiver. Des réparations furent faites, des moutons et porcs achetés au marché de Dol Amroth, et la veille de son départ une grande fête fut organisée pour accueillir le printemps. Les habitants du village avaient apprécié sa générosité, même s’il savait très bien qu’il ne serait jamais vraiment leur seigneur. Le guerrier aux cheveux blancs les avait peut-être jadis sauvés du joug d’un maître cruel, mais c’était l’intendant Mhoram qui veillait sur leur bien-être au quotidien. Forlong avait d’ailleurs décidé de profiter de sa visite à la Cité Blanche pour voir un notaire, et désigner l’intendant en tant que son héritier si jamais il mourrait sans descendants. Ceci semblait d’ailleurs probable étant donné son manque de succès avec les femmes et son style de vie hasardeux.

Ainsi, lorsque l’Arbre Blanc lui proposa un autre contrat consistant à veiller sur l’ordre dans le campement sur les champs de Pelennor, Forlong accepta volontiers. La tâche n’allait pas être facile…des représentants de tous les peuples de la Terre du Milieu s’étaient rassemblés ici, et les patrouilles des soldats du Gondor étaient bien plus rares ici qu’à  l’intérieur de la ville. Pendant cinq ans, le Loup Blanc avait été le justicier anonyme du Bas de la Cité Blanche, ce qui lui avait permis d’acquérir des connaissances non négligeables sur le monde criminel gondorien. Il était certain que des dizaines de voleurs circulaient dans la foule…des voyageurs riches, des biens précieux laissés dans des tentes…tellement de possibilités. Ainsi, en arrivant au campement il avait payé cher pour une place aux écuries pour ses deux chevaux, le fidèle Erwin et le fougueux Asulf. Un peu plus tard, deux chariots impressionnants avaient attiré son regard. Il s’agissait de véritables forteresses sur roues : des énormes coffres de chêne renforcés en acier y étaient posés, avec des serrures d’une complexité qu’il n’avait jamais vue auparavant. Six nains armés jusqu’aux dents avaient dressé un petit campement à côté. Le dunadan comprit aussitôt de quoi il s’agissait; les voyageurs pouvaient, pour un prix scandaleux, laisser leurs biens les plus précieux  dans cet endroit sans avoir à craindre les voleurs. Il n’hésita pas, et finit par se mettre d’accord avec le chef de la troupe naine sur un prix douloureux de 1000 pièces d’or pour trois jours de stockage.

Ce matin, il avait décidé de s’offrir un déjeuner dans un des stands dressés sur le champ ; l’odeur de nourriture était parvenue à ses narines et son ventre grogna sourdement. Attachant Lunerill dans son dos comme à son habitude, il se dirigea vers l’établissement en souriant légèrement, s’imaginant du pain fraîchement sorti du four accompagné de tranches de lard et une pinte de cidre léger.  
Il fut tiré de ses rêveries lorsqu’un coup de poing puissant lui coupa le souffle, et se tordit en deux sous le choc et la douleur. Les réflexes prirent rapidement le dessus, et le dunadan fit un pas en arrière et se mit en garde avant que son cerveau n’ait le temps de récupérer de l’attaque soudaine. Sa veste en cuir avait absorbé une partie de la force derrière le coup, mais cela n’avait pas suffit.

Son adversaire portait des gantelets renforcés d’acier…Forlong se maudit un instant pour son inattention; si l’ennemi avait tenté de le poignarder, il serait déjà mort. Son regard se porta sur l’homme en face de lui, alors qu’il tentait de calmer son souffle. Il remarqua d’abord le pommeau caractéristique d’une épée d’un vétéran de la Grande Bataille du Nord ; il avait confié une arme semblable aux nains la veille.  Une cotte de maille sur une silhouette musclée, un visage aux traits dissimulés par une barbe épaisse…mais qui ne lui était pas inconnu. Tout cela avait duré une poignée de secondes, et son corps se tendit en anticipant une autre attaque…

-Salaud !- L’homme se précipita sur lui en une tentative de le pousser brutalement. Il y a six mois, le Loup Blanc aurait été mis à terre avec le premier coup de l’inconnu…mais beaucoup avait changé depuis. Il avait entièrement récupéré de sa blessure, et les exercices quotidiens lui avaient permis de regagner sa forme d’il y a six ans. Le dunadan fit un pas sur le côté, et attrapa le bras de son adversaire afin de le déstabiliser. Ce dernier ne se laissa pas faire, mais la manœuvre donna un moment de répit à Forlong. Il  regarda l’assaillant plus attentivement…et ouvrit grand les yeux, choqué. Bannor?! Il reconnut enfin les traits du guerrier, son ancien écuyer, qui l’avait suivi de Dol Amroth jusqu’en Arnor, qui lui avait sauvé la vie en Comté, et qui avait combattu à ses côtés lors de la Grande Bataille du Nord…

Sa surprise aurait pu lui coûter très cher, et il eut juste le temps de lever son avant bras pour parer, non sans peine, un autre coup de poing destiné à son visage.
-Lâche! –Bannor grogna, furieux. Le Loup Blanc sentit la colère l’envahir à son tour. Lorsque son ancien compagnon tenta une autre attaque, il riposta avec un coup de pied vicieux juste au dessus de son genou.  

-T’es devenu complètement fou ? Qu’est-ce qui te prend ?!

-Qu’est-ce qui me prend ? Six ans ! Six ans sans aucune nouvelle, je te croyais mort ! Tu as fui, sans te justifier, sans même faire tes adieux, au moment où nous avions le plus besoin de toi. Quand le roi avait le plus besoin de toi ! Tu crois peut-être que c’était noble de ta part, de t’exiler ?  C’était l’action d’un lâche ! Tu n’étais pas responsable de la mort de la reine, aucun d’entre nous ne l’était. Elle est morte sous la protection de l’escorte elfique, et même eux ont donné leurs vies en essayant de la défendre. Nous sommes arrivés trop tard, c’est tout…et tu as fui plutôt que d’affronter les responsabilités et le deuil. Le royaume avait besoin de toi pendant ces années, mais  tu n’étais pas là.

Les quelques spectateurs qui observaient cette scène de loin retinrent leurs souffles en voyant la colère terrible qui était apparue dans les yeux de l’homme aux cheveux blancs au fur et à mesure que son adversaire continuait sa tirade. Les muscles du dunadan étaient tendus, on aurait cru qu’il allait sortir l’épée pendue dans son dos et abattre le barbu sur place.

Il ne le fit pas. Il relâcha un soupir, et la tension disparut de ses épaules. D’une voix fatiguée, distante, il dit:

-Un lâche…peut-être…mais il y a des choses que l’on ne peut fuir. Viens Bannor, je te paye un déjeuner…

L’homme en face de Forlong resta bouche bée un instant, le souffle encore court après son monologue, les poings serrés. Il ne s’attendait pas à cette réaction. Désorienté, il hocha de la tête et accepta de suivre son ancien maitre.

Ils mangèrent, dans le silence d’abord, puis se mirent à parler. Méfiants au début, ils furent presque surpris de la facilité qu’ils éprouvaient à partager leurs histoires. Les liens qui les avaient liés jadis n’étaient pas complètement rompus, et le cidre favorisait l’élocution. Forlong lui conta sans fierté mais sans fausse modestie ses années en tant que justicier du Bas de la Cité Blanche, l’expédition à Assabia, sa blessure et sa convalescence. L’histoire n’avait pas laissé son ancien écuyer indifférent. Bannor expliqua à son tour son adoubement, ses difficultés à trouver sa place parmi les nobles pompeux d’Annuminas, sa participation aux affrontements contre les gobelins dans les Montagnes du Nord et son service temporaire dans la Garde de la Rose qu’il finit par quitter après une dispute avec un de ses supérieurs. Il évita le sujet de la raison exacte de sa présence à Minas Tirith, et Forlong ne le pressa pas. Le Loup Blanc regardait son ancien écuyer attentivement; il avait grandi et ses épaules étaient larges à présent, habituées à manier une arme. Le dunadan était fier de Bannor et des éperons en forme d’étoiles accrochées à ses bottes, mais l’ombre dans son regard et l’amertume dans sa voix l’inquiétaient quelque peu. Toujours est-il que lorsqu’ils se séparèrent au bout de plus d’une heure, il n’y avait plus de rancune entre les deux hommes. Ils se dirent au revoir avec un salut de guerrier, serrant chacun l’avant bras de l’autre. Avant de partir, Bannor dit encore, sur un ton hésitant :

-Ca fait six ans, Forlong…il est temps d’arrêter de vivre dans le passé.

Le dunadan le regarda s’éloigner, pensif.

***

Forlong ne dormit pas beaucoup cette nuit, anxieux. Cependant les cauchemars si récurrents de ces dernières années ne vinrent pas le hanter, et lorsqu’il se réveilla à l’aube il se sentait frais et déterminé, bien que le poing de Bannor ait laissé un bleu imposant sur son ventre. A son plus grand regret, il fut obligé de laisser Lunerill auprès des nains ce matin, le port d’armes étant interdit dans la cité.

L’homme qui sortit de la tente ce matin n’était pas Lost Ore, un rôdeur vêtu de cuir, mais Forlong Neldoreth d’Arnor, seigneur de Dol Amroth et Chevalier du Loup Blanc. Il portait une armure argentée, un chef d’œuvre de l’art elfique du Quatrième Age. Relativement légère et permettant une liberté de mouvement adaptée à son style de combat, elle était néanmoins d’une solidité surprenante. Malgré sa beauté, quelques rayures sur l’acier argenté montraient qu’elle avait déjà connu un champ de bataille. Il ne portait pas d’heaume, ses longs cheveux blancs attachés avec un ruban noir. Une belle cape noire coulait dans son dos, ornée d’un grand loup blanc; une médaille de vétéran de la Grande Bataille du Nord lui servait de broche pour tenir la cape en place. D’un pas décidé, Forlong se dirigea vers les Portes de la Cité.

Deux kunaï étaient dissimulés dans sa botte gauche, une fiole d’huile d’évanouissement dans la droite. Il ne fut cependant pas fouillé par les gardes à l’entrée. Au pire des cas, il pourrait leur montrer une lettre avec un sceau qui l’identifiait en tant qu’agent de l’Arbre Blanc. Forlong se félicita de s’être réveillé aussi tôt; le passage à travers les rues étroites de la cité était encore relativement facile à cette heure-ci. Il finit par s’arrêter dans un troquet à quelques rues du lieu de la cérémonie. Le chevalier profita volontiers de l’ombre et commanda une boisson rafraîchissante, en ravalant un juron lorsqu’il entendit le prix exorbitant demandé par le marchand. Il passa une bonne heure dans cet endroit avant de rejoindre la foule.

Il y a quelques années Forlong n’aurait pas supporté le port d’armure par une chaleur pareille. Cependant, après la campagne militaire dans les déserts de Khand il avait développé une bien meilleure résistance au soleil. Le dunadan sentait de nombreux regards sur lui. Son armure attirait l’attention, et beaucoup de vétérans d’Assabia se trouvaient dans la cité aujourd’hui, se rappelant sans doute du mystérieux Chevalier du Loup Blanc. Heureusement pour lui, les délégations de toutes les contrées de la Terre du Milieu détournèrent bientôt l’attention des curieux.

Il écouta attentivement les paroles du Roi Méphisto, aux côtés duquel il avait eu l’honneur de combattre, et ses muscles se serrèrent en pensant à ceux qui avaient péri ces dernières années. La cérémonie fut brève à son soulagement, car la foule et la chaleur commençaient à laisser leur empreinte sur lui. Forlong laissa les dignitaires importants prendre les meilleures places dans la file qui s’était formée devant la tente royale, et alla boire une grande coupe d’eau froide au banquet avant de la rejoindre.

L’attente fut longue, et le dunadan se distrayait comme il le pouvait en observant les invités venus des quatre coins de la Terre du Milieu, en essayant de deviner leurs rangs et origines. Il admira aussi l’équipement et la posture des Gardes de la Citadelle qui surveillaient l’entrée du pavillon.
Lorsque son tour vint enfin, il sentit son cœur battre plus vite. Il franchit le seuil de la tente…

C’était étrange, mais la première chose qui attira son regard étaient les gardes présents dans la salle. Il fut surpris de découvrir qu’il s’inquiétait pour le roi Aldarion et son épouse. Deux chevaliers imposants se tenaient près de l’entrée, un portant l’armure de la Garde de la Rose, l’autre clairement d’origines gondoriennes. Deux autres hommes étaient postés plus près des mariés. Forlong reconnut la manière de se tenir détendue et la tenue originale d’un d’entre eux: un mercenaire sans aucun doute. Quant à l’autre…il portait une armure de noble toute neuve, mais son visage était celui d’un guerrier vétéran. Il se sentit rassuré ; ces hommes savaient ce qu’ils faisaient.

Le dunadan se concentra à nouveau en entendant un homme annoncer son entrée : « Forlong Neldoreth, seigneur de Dol Amroth ».

-Reine Dinael…voici le Pendentif Sacré, un collier ayant appartenu à la Reine Beruthiel. L’on dit qu’il rend le visage de celui qui le porte noble aux yeux de tous, mais vous n’en aurez pas besoin. Beaucoup de joyaux sont sortis des mines d’Erebor, mais seul l’Arkenstone pourrait égaler la beauté de votre sourire. Qu’il puisse réchauffer les cœurs du peuple d’Arnor pendant des longues années à venir.

Spoiler:
 

Son regard se porta enfin sur le Roi Aldarion. Il ne dit rien pendant un moment, en regardant la posture noble du souverain, son visage marqué à jamais par la tristesse…

-Mon Roi...Je n’ai rien à vous offrir, hormis mes excuses. Je vous ai servi loyalement jadis, bien que je me sois avéré incapable de protéger votre trésor le plus précieux. A présent, mon sort est entre vos mains…

Prononcer ces paroles à son souverain après six ans d’exil sans perdre contrôle de sa voix avait exigé un effort monumental de la part du dunadan. Il sentit sa gorge se nouer, et baissa la tête, en espérant que la pénombre de la tente empêcherait aux personnes présentes de voir les larmes briller dans ses yeux…Le chevalier attendait le jugement de Tar-Aldarion d’Arnor. Allait-il subir le même sort que le seigneur Warin ?



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Gallen Mortensen
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Sam 14 Juin 2014 - 13:52
Gallen pouvait respirer. Il ne montra aucune émotion, il était satisfait que cet entrevue avec Tar Aldarion se soit apparemment bien déroulée. Et l'idée de Fendor de donner un Méaras en présent était une stratégie payante: le jeune roi avait un sens développé de la politique , une bonne chose. En tant que Vice Roi Gallen attendit un moment au coté de sa compagne. Il en profita pour observer les différentes délégations. Voir les délégations du Sud ramenèrent le Rohirim aux sombres épisodes de la lutte contre l'OCF. Mais la présence de ces lointaines contrées démontraient l'importance des événements récents. Ou alors? Gallen maudit le manque de réseau d'espionnage au Rohan, ce n'était pas dans la tradition rohirrim, mais cela devait changer, il était impensable d'être aussi aveugle vis à vis du monde. Il en avait déjà échangé avec le roi, il était tombé d'accord mais c'était u long travail de fond.

Gallen n'aima pas les regards oblique du nouvel emir Taorin, un pirate qui avait réussi le tour de force de faire fléchir Radamanthe lui même.Mais le Vice roi oublia vite les tracas poilitiques, lorsqu'il fut interpellé poar un jeune page royal du Gondor qui lui remit une missive du sceau du Roi Méphisto. gallen savait à quoi ce document correspondait, sa demande d'audience pour demain midi auprès du roi Méphisto avait été acceptée, Le Rohan avait une demande à faire au Gondor. Ainsi Gallen ne décacheta pas la missive et laissa les autres personnes présentes tergiverser sur le contenu de l'enveloppe. Puis après avoir patienté suffisamment longtemps, le vice roi s'était renseigné au préalable sur le protocole. Gallen entreprit de quitter les lieux et de retourner dans ses appartements luxueux.Il caressa rapidement la main droite d'Aelyn pour qu'elle le suive. Il salua les différents délégations. Puis il stoppa devant Erco Skaline

Il l'interpella d'un air sérieux

"Ambassadeur Skaline, nous avons besoin de vous voir séance tenante pour une affaire extrêmement urgente. Venez d'ici vingt minutes. Venez seul.Dame Otarina Skaline mes hommages, je vous arrache votre époux mais les affaires du Rohan n'attendent pas !!"

Puisle couple reprit sa marche lente , suivi de Léaramn et ses cavaliers certes désarmés mais leurs armures étincelantes reflétaient les rayons du soleil avec ferveur.

Gallen aperçut un soldat aux chevaux blancs, il le reconnut par la descriptio faite par d nombreux témoins: Forlong. Il tait donc de retour, il devait savoir pourquoi.....

Le vice roi avait espéré voir Sirion mais celui-ci devait à son habitude être dans l'ombre à surveiller les ennemis potentiels de l'Arnor. Dommage.

Le couple parvint dans ses appartements. Gallen ordonna

"Capitaine , faites relever la garde. Prenez du repos. Donnez l'ordre que seul l'Ambassadeur Erco Skaline vienne nous déranger"

Puis d'un ton plus amical

"Allez va profiter un peu Capitaine"


Puis Gallen referma la porte, il admira le profil d'Aelyn devant le miroir en train de délacer les noeuds complexes de sa splendide robe. Avec vivacité Gallen fit de même il retira ses atours. Il mit un pantalon de cuir et il admira de nouveau Aelyn. Il avança vers elle et se mit derrière elle il enlaça ses hanche et l'embrassa dans le cou.

Puis il lui dit en les regardant dans le miroir

"Tu sais , cela ne me dérange pas que tu gardes ton pendentif "

Puis un nouveau baiser

"Je crois, non je sais que je t'aime dame du Rohan"

Gallen eut le plaisir de voir la surprise chez Aelyn, c'était la première fois que Gallen lui disait ces mots.

Puis il recula de quelques mètres et revetit prestement sa tunique rouge cramisie. Ils se sentait mieux ainsi.

Sur un ton anodin il continua

"Il va falloir former Eofyr et Eogast, si tu le permets je serai honoré de le faire"

Les yeux bleus cobalt fixaient la jeune femme, ce n'était pas anaodin pas du tout. C'était une requête importante au Rohan

Il ajouta suite à sa réponse

"Demain je vois le Roi Méphisto du Gondor pour une demande de Fendor, tu pourras rester ici si tu veux ou te balader dans la ville mais pas sans Léaramn"

Gallen était intransigeant, Aelyn devait toujours avoir une escorte pour le prestige de son rang et sa protection.

Puis le Vice Roi fouilla dans ses affaires et sortit un petit tonnelet. Une petite chaînette à laquelle était attachée une hachette de mithril pendait. Un tonneau de bière naugrim offert à Gallen par Hadohd de Croix de Fer lui même à l'issue de la bataille d'Aldburg

Il expliqua

Ah voilà j'attendais une bonne occasion.


Gallen perça le tonneau. Puis il sortit un coffret de bois ouvragée, Aelyn découvrit 4 gobelets ouvragés en argent , ils avaient une forme de flammes. Aelyn reconnut immédiatement le trvail de l'orfèvre d'Edoras.

Gallen murmura en fixant les objets précieux

"Oui pour Et, Sirion, Erco et moi, nous sommes les gardiens des flammes...."

Aelyn n'entendit pas la suite.

Galen prit une coupe ouvragée en Or pour sa compagne

"Pour toi ma Belle"

Gallen prit alors un coupe papier sur le bureau, il joua avec celui -ci en des moulinets experts et le lança de toutes ses forces contre la porte. Un bruit mat envahit la pièce. Il aurait été incapable dire pourquoi il avait fait ce geste. Mais son épaule allait mieux et il avait besoin d'exercice. Ce n'était pas très diplomatique d'abîmer le mobilier de son hôte mais bon il était Vice Roi après tout.

Gallen riait comme un enfant. Aelyn ne l'avait jamais vu ainsi.

Puis on toqu à la porte, c(était Erco. La porte se referma . Un instant de silence géné

Puis Gallen se rua sur son ami et en une accolade digne d"'un ours déclara

"C'est bon de te revoir mon ami"


Il fixa un instant son ami et dit

"Je te présente Aelyn ma compagne"

Erco connaissait Farma , il l'avait sauvée lors des évenemnts de l'enterrement de Thénéor.

Puis Gallen présenta la coupe en forme de flamme qui symbolisait tant pour les deux hommes, il donna sa coupe à Aelyn et il déclara

"Madame Monsieur, Buvons au Rohan"



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Saemon Havarian
Grand Maître de la Compagnie du Sud
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Nombre de messages : 81

~ GRIMOIRE ~
- -: Humain
- -: impossible à dire
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Sam 14 Juin 2014 - 13:58
Oemir avait suivi, un peu forcé mais avec les encouragements de sa sœur, le groupe de Nomeas. Il n'avaient pas mis longtemps à rejoindre un petit groupe de rohirrims attablé auprès d'un bar dressé sous une tonnelle. S'il était persuadé d'avoir déjà vu le visage de Nomeas quelque part, les autres compagnons ne lui disaient absolument rien.

Néanmoins, il se retrouva vite avec une bière bien fraîche entre les mains. Nomeas leva haut sa chope.

"Au Rohan et à ses capitaines !"

Tous les hommes l'imitèrent, suivis également par Oemir, et engloutirent rapidement de longues gorgées du breuvage rafraîchissant. Oemir avait subi une éducation militaire et la bière du sud était particulièrement légère. Pourtant, il senti rapidement sa tête qui lui tournait. Un voile passa devant son visage. Des étoiles apparurent devant ses yeux et ses jambes se firent étonnamment faibles.

Il tituba et manqua de tomber, rattrapé de justesse par Nomeas. Tout ses sens se troublaient d'un coup. Il sentit deux hommes qui le prenaient par dessous leurs épaules. Nomeas passa devant lui, amenant son visage en face du sien. Ce visage lui était familier pourtant, il en était convaincu désormais, il ne l'avait pas connu à l'académie militaire... C'était sur des affiches placardées dans toute la ville qu'il l'avait déjà vu. Puis, il sombra.

"Il a son compte Maître Havarian."

Autour d'eux la fête continuait à battre son plein. Personne ne faisait attention à un ivrogne porté par ses amis.

Saemon passa sa main dans ses cheveux. Il avait bien exécuté sa mission.

"Emmenez le à Osgiliath, discrètement. Il ne devrait pas se réveiller avant quelques heures. Attachez-le dès que vous serez hors de vue."

Le petit groupe acquiesçât avant de prendre la direction des bas quartiers, Oemir sous les bras.
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