[RP Resynchro]Une histoire s'achève, une autre commence

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Aldarion
Roi d'Arnor
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- -: L'age ou l'on est fougeux mais déjà sage
- -:

Sam 14 Juin 2014 - 16:17
Nivraya et Justar avaient amenés des cadeaux très personnels aux souverains. Le bouclier de Justar était un présent qui allait droit au coeur du Roi. Il voulait protéger son peuple mais appréciait également l'idée que celui-ci le protège. Il n'avait pas l'habitude de combattre avec un bouclier, mais l'objet en lui-même était assez beau que pour être placé à une place d'honneur au palais.

" Soyez remercié Seigneur Justar, de même que vos excellents forgerons et vos braves citoyens."

Nivraya offrit alors un tableau fort bien exécuté à la nouvelle Reine d'Arnor. Un tableau qui représentait avec une certaine poésie la fin de l'hiver. Dale était une ville très artistique, Dinael en connaissait donc un rayon et, de toute évidence, la jeune assistante n'avait pas à rougir de son oeuvre.

"L'hiver fût sans doute plus dur en Arnor qu'à Dale. Et votre courage en ces circonstances égale votre talent de peintre. Je vous remercie et me réjouit de pouvoir converser avec une dame aussi brave et sensible à la cour."

Après les courtoisies d'usage, le couple se retira, laissant la file reprendre ses droits et le ballet des félicitations se poursuivre.

***

[Je fais dans l'ordre des délégations, pas spécialement du RP]

Il ne fallût pas longtemps pour que la délégation elfe se présente à son tour. Le Haut Prince avait déjà prévenu Aldarion par courrier qu'il ne serait pas présent pour la cérémonie. Il avait beaucoup de chose à faire et perdu le goût des mondanités. Néanmoins, il avait tenu à envoyer un elfe digne de le représenter.

Ce fut donc sans surprise que le Roi d'Arnor vit pénétrer le Seigneur Palantir, un elfe qu'il avait déjà croisé lors d’événements importants. Même si, comme tout les gens de sa race, il dégageait un sentiment de puissance et de noblesse, il paraissait physiquement diminué. Son nez portait les stigmates des combats et il traînait lourdement la jambe, s'aidant une canne finement sculptée.

"J'ose espérer que cette canne n'est pas en réalité une épée cachée..."

Aldarion avait le sourire en cette belle journée, l'elfe ne sembla pas réagir, sa sagesse légendaire le dissuadant sans doute de répondre à la plaisanterie.

L'elfe le salua alors respectueusement, faisant valoir qu'il représentait Rustor et le conseil des elfes.

"Votre présence ici nous honore Seigneur Palantir de la Maison du Roi. Soyez remercié."

Il offrit alors une paire de chaussure finement ouvragée ayant appartenu à Galadriel elle même. La reine saisit le présent et remercia le seigneur elfe. Bien que très délicates elles semblaient particulièrement confortable et ferait sans doute la fierté de la Reine lors des soirées de la cour. Elle remercia l'elfe chaleureusement pour ce présent exceptionnel.

Calion remit alors le cadeau au Roi. Une magnifique armure elfique au style particulièrement fin. En entendant l'évocation d'un compartiment prévu pour y sertir une pierre, Aldarion pensa directement à l'Elendilmir qu'il n'osait jamais emmener au combat.

"Vos cadeaux sont somptueux seigneur elfe. J'espère que la paix et la prospérité me permettront de ne point m'en servir avant longtemps."

Calion salua le couple et le bénit avant de quitter la tente.

***

Vinrent ensuite la famille du nouveau Maître Fauconnier d'Aldarion. Un homme plein de caractère et de compétence. Sa nomination n'était, à l'origine, qu'honorifique mais s'était, avec le temps, révélée plutôt productive.

Sa famille faisait partie de la noblesse, une chose qu'Aldarion avait ignoré longtemps. Il connaissait le père de Thorondil, un ancien militaire qui avait bien servi le Roi Irimon. Ce fut donc sans surprise qu'il entendit le seigneur de Kervras énoncer chacun de ses titres. Le cadeau au Roi, bien que modeste d'apparence, se révélait d'une grande utilité. Le chien, d'une lignée pure était grand et élancé. Son poil clair et brillant était court à l'exception de ses oreilles poilues et de sa queue. Un animal rapide et noble qui serait sans doute d'agréable compagnie et d'une grande utilité. Il était, de plus, réputé pour être l'ami des enfants. Aldarion avait souvent entendu parler de ces nobles animaux, spécialisé dans la chasse des biches.

"Vous m'aviez déjà fait un présent inestimable en mettant au monde un serviteur dévoué de l'Arnor comme votre fils. Ce cadeau est également précieux et saura certainement faire valoir ses qualités. Je le nommerai Kervras en l'honneur de votre domaine."

Le frère du fauconnier s'avança alors, tendant un magnifique ouvrage contant l'histoire de l'Arnor. En sus, il offrit une gravure tout en finesse représentant la ville du lac d'où provenait Dinael.

"Le peuple de l'Arnor est généreux et aimant. Vos somptueux cadeaux me vont droit au cœur."

La reine était sincère, son visage trahissait d'ailleurs son émotion.

***

L'invité suivant était plus surprenant. Pourtant, sa venue réchauffa réellement le cœur d'Aldarion. Forlong n'avait pas beaucoup changé, il paraissait toujours n'avoir pas d'âge. Le capitaine d'Arnor était en exil depuis des années et le voir revenir auprès du Roi était particulièrement inattendu.

Cependant, un regard appuyé d'Aleth Enon lui fit comprendre que l'occasion pouvait être belle. Le seigneur de Dol Amroth offrit un magnifique présent à la reine qui le remercia chaleureusement. Elle ignorait tout de l'étranger et ne savait pas ce qui pouvait exister entre les deux hommes.

Forlong s’adressa alors à Aldarion. Il s'excusa pour ses erreurs du passé, nommant indirectement la reine Elaera.

" Seigneur Forlong, tout homme peut faillir à son devoir et un Roi doit pouvoir le pardonner. Néanmoins, ce qu'il est plus difficile d'accepter c'est qu'un homme fuie ses responsabilités."

Dinael semblait embarrassée par la scène qui se jouait devant ses yeux. Elle était tout à fait ignorante des affaires politiques et ne se sentait pas vraiment à sa place.

"J'ai suivi votre parcours depuis lors. Mes yeux vous ont toujours suivi, attendant le moment où vous viendriez à nouveau à moi. Et, comme vous me l'indiquez, vous vous remettez à ma disposition avec l'intention de me servir jusqu'à la fin, il s'agit en effet d'un beau cadeau. Soyez demain à midi au Palais de Mephisto dans la salle des statues. Nous verrons alors ce que vous pouvez faire pour moi..."

Le ton s'était radouci au fil du discours et Aldarion arborait maintenant un véritable sourire. Dans un coin de la pièce, Aleth souriait aussi.


Invité, n'oublie pas que le regard des Rois d'Arnor porte au delà des frontières de leurs royaumes.[/center]

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Taorin
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Sam 14 Juin 2014 - 20:23
Taorin écouta attentivement Salem, qui, toujours imperturbable, parlait de Lyra, la puissante reine du Rhûn, évoquant son accession au pouvoir et ses qualités de dirigeante. Puis le conseiller personnel du Chien Borgne lui proposa de servir d’interprète en cas de discussion avec elle. Taorin lui jeta un rapide coup d’œil, puis lui répondit :

« Je ne pense pas qu’une entrevue soit nécessaire ni souhaitable en l’état. Je compte néanmoins sur vous pour qu’elle apprenne l’intérêt qu’elle suscite, de manière indirecte bien sûr. Et nous verrons comment évoluera la situation à ce moment là. »

Là-dessus, la délégation sudiste avança, son tour étant presque arrivé d’offrir ses hommages à leurs Majestés Aldarion et Dinael. La jeune reine avait frappé par sa beauté, étincelante au milieu de figures non moins gracieuses. Les femmes du Nord avaient décidemment leurs charmes, pensa Taorin, charmes exotiques forts plaisants. Mais il aurait tout le loisir d’apprécier ces plaisirs là une fois ses devoirs accomplis et sa position sécurisée. Les Neufs commençaient à organiser leurs complots en vue de limiter son influence grandissante, lui, un parvenu de marcheur, incapable de diriger un navire en mer. Et les incursions de l’Est sapaient peu à peu son autorité et sa légitimité, fragilisant sa position déjà instable à cause de la présence des troupes encore loyales à Radamanthe à Djafa. De nombreux ennemis, de toutes parts. Il allait falloir agir vite, et décapiter le serpent avant qu’il ne morde.

Taorin fût tiré de ses pensées par ses alliés qui avancèrent vers la tente du roi, lui indiquant que leur tour était venu. La dizaine d’hommes pénétra sous le toit de toile colorée, et se retrouva face à leurs deux Majestés assises sur leurs trônes. Sans chaleur pour ces nordistes traditionnellement alliés au Gondor, les pirates présentèrent leurs cadeaux et hommages, puis, rapidement, prirent congé. Une entrevue ultérieure serait peut-être organisée, mais la position de l’Arnor sur la question du Harondor étant négligeable, Taorin n’en voyait pas la nécessité immédiate.

En sortant, les umbarites se retrouvèrent sur une place toujours bondée, des centaines de badauds encore présents malgré la fin de la cérémonie. Certains les regardaient avec étonnement, stupéfaits de voir des individus aussi étranges, rarement vus au nord de Pelargir. Quelques unes des délégations étaient encore là, mais la plupart avaient quitté la place pour rejoindre leurs quartiers. Les Neufs imitèrent ces dernières, et prirent la direction de l’auberge où leur délégation logeait pendant les quelques jours des cérémonies liées au mariage et à la signature du traité de paix, ne pouvant se permettre de rejoindre, chaque matin et chaque soir, leurs navires amarrés aux docks de la Cité Blanche, de l’autre côté des Champs du Pelennor. Ils occupaient toute la petite auberge du troisième cercle, une poignée de Chiens non armés assurant la sécurité des émissaires venus de la Cité du Destin.

Une fois arrivés, chacun se rendit à sa chambre. Les vêtements de cérémonie, trop lourds, étaient étouffant : l’occasion leur étant donnée, les Seigneurs Pirates souhaitaient changer de costume afin d’en revêtir un plus adapté à la température locale et aux activités de la soirée à venir. Montant à l’étage pour rejoindre sa chambre, le Chien Borgne fit signe à Salem de lui emboiter le pas : il fallait qu’il lui donne ses instructions…

*** *** *** *** ***

Le Chien Borgne se présenta à la porte de l’auberge chic avec un seul garde du corps, le second étant resté avec Riordan, Reznor et Yse. Désarmé, le flanc comme nu sans le sabre de Castamir l’Usurpateur au côté, Taorin pénétra dans l’établissement réputé pour sa bonne chère : ce soir, il devait rencontrer un riche noble gondorien, un certain Evart Praven, grâce auquel il pourrait sans doute commencer à établir des relations commerciales profitables. Un serviteur s’inclina, et, une fois que le nouvel émir de Dur’Zork se fût présenté, le guida jusqu’à a table où attendait le jeune marchand qui, peut-être, ferait la fortune du suderon borgne…


500£+850£ pour le maître d'armes
Capitaine des Chiens du Désert et Seigneur (Pirate) d'Umbar.
"Memento mori"
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Voronwë Amnel
Héraut d'Imladris
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- -: Elfe
- -: Très bonne question!
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Sam 14 Juin 2014 - 23:48
-Maman... Maman !  Criait l’enfant, perdu.

Toute la population avait disparue, et lui était resté devant cette magnifique fille aux cheveux d’or. Elle avait plus ou moins son âge, cela ne lui importait peu, seule sa beauté occupait son esprit. Ce sourire, un sourire si fantastique, si mystique, incroyable. Puis elle se retourna, laissant l’enfant du Gondor seul. Sa mère avait aussi disparue, à l’instar de tous les artisans et marchands présents. Les stands, les ateliers étaient vides, à l’abandon. Un silence glacial envahit la citée. Seuls quelques bruits de sabots attirèrent l’attention du jeune enfant. Toute la population était là, silencieuse, à quelques pas de gardes plus somptueux les uns que les autres. Ils dégageaient un sentiment de protection, de respect mais aussi de peur chez la populace : c’était les gardes de la fontaine, l’élite du Gondor.
Mais ce qui rendait la population si silencieuse, ce n’était pas les gardes mais un spectacle bien plus magnifique, bien plus impressionnant, bien plus divin. En effet, se tenaient devant eux la délégation elfe. Leur beauté était sans pareille. Leurs montures d’un blanc éclatant illuminaient les yeux de nombreux Gondoriens. L’enfant ne pourrait oublier cette scène royale, elle restera gravée à jamais dans son cœur comme étant la plus belle et la plus fière représentation d’êtres vivants.

Voronwë avait passé ces derniers mois à Imladris, lui qui avait tellement attendu ces moments de paix au sein de sa citée natale. Tout était devenu calme, comme si rien ne s’était passé, ainsi les jours défilaient aussi rapidement qu’un clin d’œil. Les gardes faisaient leurs rondes, les artisans recommençaient à travailler, et les artistes avaient rejoint leurs ateliers. Tout allait bien dans le meilleur des mondes. Après un certain temps, il était temps de remercier les héros de cette guerre. Voronwë eut alors l’immense honneur de devenir Héraut d’Imladris. Il revêtit alors une cape montrant ce titre. Cette dernière était argentée et était ornée des armoiries d’Imladris tissées en files d’or, une superbe œuvre. Voronwë en était si fier ! Il avait tant donné pour sa citée, il avait tant sacrifié, il s’était battu encore et encore. La justice des Valars était bien là, il était récompensé pour son dévouement. Certes ce titre n’était qu’honorifique mais il représentait tellement pour ce capitaine. C’était une récompense, une preuve que son peuple le reconnaissait comme un courageux soldat qui pourrait les représenter. Son père serait tellement fier ! Après tout ce qui s’était déroulé, Voronwë en avait les larmes aux yeux, tout son corps ressentait cette fierté, cette reconnaissance. Le capitaine souhaitait que ces moments de paix durent indéfiniment, loin des guerres et de la misère. Cependant il savait pertinemment qu’il devrait combattre de nouveau, mais l’heure n’était pas au futur funeste, mais bien au présent jovial.

Les mois passaient rapidement, Voronwë était plus respecté qu’avant, même si ses pouvoirs et son grade restaient identiques. Il pouvait souvent voir des pères de famille ou des mères le remercier pour être revenu les délivrer. Il n’était ni le général de l’expédition, ni le seul à combattre, mais il était le plus haut gradé d’Imladris à être revenu. Les autres étant emprisonnés par ces mystérieux hommes. Tout était redevenu normal, enfin !
Voronwë était bien sur inquiet sur la blessure de son ami Calion. C’est pourquoi il décida de voyager en direction de Gar Thulion. Il y trouva son ami sur le départ. Etant maintenant héraut d’Imladris, il décida donc de suivre son ami afin de représenter au mieux le peuple elfe et ses citées.

Voronwë repensait à tout cela pendant que continuait l’apogée des créatures à la beauté indescriptible. Le silence était violent, tous les yeux étaient fixés sur eux, les humains étaient tellement prévisible. Ils étaient ensorcelés par leur magnificence, comment pourrait-il en être autrement ? La gloire, la fierté, la puissance, la grandeur, les elfes dégageaient autant de qualités qu’une immense cascade. Fiers sur leurs chevaux blancs, ils défiaient amicalement la cité.

Allant jusqu’à leurs appartements sous les yeux du peuple gondorien, ils descendirent de leurs montures qui furent conduites à l’écurie. Ils étaient bien sur démunis d’épées et d’armures vu l’importance du mariage. Leurs appartements étaient à la hauteur de leur délégation.
Le capitaine de cavalerie profita de voir son ami protégé, car il devait l’être vu son état temporaire, pour aller dans la bijouterie de la citée afin d’obtenir une tiare argentée.

Contrairement à Imladris, les journées à Minas Tirith étaient longues et incroyablement chaudes, ou serait-ce le long hiver qui avait habitué le capitaine au froid ? Les journées suivirent et se ressemblaient. Puis il y eut l’exécution. Voronwë regardait la tête haute le meurtrier, il était heureux de voir la mort de cet immonde individu.
Enfin le mariage commençait, la mariée était d’une beauté incroyable, presque comparable à une elfe ! Le capitaine était fier d’être à ce mariage royal, c’était beau et jovial. Les mariages chez les elfes étaient rares et cela était toujours particulier de voir celui d’un membre de la famille royale, qui plus est du Gondor. Ils passaient un peu plus inaperçu même si certains continuaient de fixer leur beauté inégalable.
Les cadeaux défilaient alors de toutes sortes, mais celui qui attira le plus l’attention du héraut fut le Méaras. Il ne put décoller son regard de l’animal pendant que son ami Calion rentrait boitillant dans la tente avec les cadeaux.
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Sighild Baldrick
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Dim 15 Juin 2014 - 9:08
Sighild contemplait l'horizon tout en écoutant les festivités qui continuaient de plus belle.  Elle sentait un immense vide au plus profond de son âme. Était-elle vraiment à sa place ?  Devait-elle rester au Gordon, auprès de son Roi à qui elle avait prêté allégeance ?
La comté lui manquait. Autrefois, la manière de vivre des Hobbits l'avait à la fois fascinée et lui avait également apporté de la sérénité...cela était si loin. Mais il n'y avait pas que cela, la jeune elfe n'avait pas encore tout vu de ce Monde, c'était cela ce manque.

« Il m'est impensable de savoir qu'une aussi belle dame soit seule. »

Elle n'avait pas à se retourner, son père était arrivé à ses côtés en lui souriant. Malgré son âge, Albérick était resté un bel homme, ces traits de vieillesse n'avaient que développer son charme.

« Tu es bien songeuse. »

« Je ne suis plus habituée à assister à ce genre de festivités père. »


Il fut un temps où Sighild était une vraie petite dame. Toujours habillée avec de belles robes, les cheveux détachés et bien coiffés. Il en était tout autrement aujourd'hui.

« Ta mère non plus, du moins, c'est son état qui la rend ainsi. Je venais t'apprendre que nous nous retirions, elle est très fatiguée et je souhaiterais la ménager avant l'arriver de notre second enfant.»


La belle s'inclina respectueusement, son père lui tourna les talons et s'en alla. Il se stoppa d'un coup, tourna uniquement sa tête vers elle et reprit :

« Ne te force pas à paraître ce que tu n'es pas Sighild. Je connais ce regard mieux que quiconque. Attend seulement l'accouchement de ta mère pour prendre ta décision. »

C'est ainsi qu'ils se quittèrent. Lorelin comprendrait la décision de sa fille mais une mère préfère généralement garder ses enfants prés d'elle. La jeune mage espérait cependant que l'accouchement se passe bien et que l'enfant soit en bonne santé. Qu'importe son genre, l'enfant sera aimé comme elle le fut.

Elwing resta là encore quelques minutes et décida de retourner au centre de la fête. Les Nobles du Gondor la connaissaient d'apparence et ils avaient appris ses combats. Aujourd'hui, elle n'était plus considérée comme « l'apprentie mage de Mithrandir » mais comme « la jeune mage de la Cité Blanche ». Depuis Imladris, les pouvoirs de Sighild s'étaient développés, elle était devenue un espoir dans le Monde de la Magie. En retournant au banquet, Sighild chercha du regard son maître, qu'importe son absence, elle ira le voir plus tard.

La jeune mage décida à son tour d'aller voir les mariés. Une fois arrivée à leur hauteur, elle s'inclina avec la grâce réputée des Elfes. Bâton en main, elle prit la parole :

« Que vos Majestés reçoivent tous mes vœux de Bonheur. Je n'ai pas de bien matériel à vous offrir, uniquement ma loyauté envers votre famille.»


Sighild se redressa et écouta la réaction du couple. Elle prit à son tour congés et se retrouva parmi les invités. Ce fut un chemin périlleux pour essayer de trouver quelqu'un mais aussi un peu d'air pour respirer.

La belle se heurta à plusieurs invités, notamment à un étrange homme aux cheveux blancs, elle lui présenta bien entendu ses excuses. Les cris, les rires ne cessaient de continuer, elle entendait toute sorte de chose, il y avait tellement d'inconnu.

Soudain, la jeune mage se retourna et vit sur le côté deux silhouettes qui ne lui étaient pas étrangères.

Sans plus attendre, Elwing avança vers Calion Palantir et Vonronwé Amnel qui lui tournaient le dos.

« Je suis heureuse de vous revoir mes amis. »


Alors qu'ils se retournaient, Sighild s'inclina avec respect. Tant de temps avaient passé depuis leur dernière bataille. La belle posa un regard furtif sur Calion, elle constata que sa blessure n'était toujours pas guérie. Ce fut l'une des causes du départ de Sighild, la jeune mage soigna son ami comme elle le put mais ses blessures étaient très profondes. La belle se souvint qu'elle s'en était voulu de ne pas avoir pu le protéger.

Mais il ne fallait plus y penser. Calion était en vie et c'était tout ce qui comptait...
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Learamn
Capitaine de la Garde du Roi du Rohan
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Localisation : Rohan, Edoras. ( et en mauvais état )
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Dim 15 Juin 2014 - 20:30
Learamn fut réveillé par les puissant rayons de soleil  pénétrant dans les quartiers qu'ont lui avaient attribués dans la Cité Blanche. Le soleil et la chaleur étaient revenus sur les Terres du Milieu et cela plaisait énormément au jeune homme , amoureux du beau temps et  des belles étendues vertes . Il se mit en position assise et examina son avant-bras gauche et l'intérieur de ses cuisses constatant avec satisfaction que les cicatrices dûes aux blessures éprouvées durant son périple avaient presque disparu. En face de lui Eofend , son compagnon d'armes dormait à poings fermés , le jeune rohirrim décida de ne pas l'importuner et se dirigea silencieusement vers la bassine d'eau . Il se lava le visage et s'observa dans le miroir. Cela ferait bientôt un an et demi que Learamn avait quitté Edoras et sa famille pour rejoindre les rangs du maréchal Mortensen et depuis son retour de Vieille-Tombe sa transformation physique était impressionnantes . Ses derniers trais adolescents avaient complètement disparu laissant place à un visage plus adulte , il avait perdu beaucoup de poids durant son périple dans l'Est et son visage s'était affiné , s'il avait depuis repris un minimum ses traits étaient restés adultes. Ses joues s'étaient creusées et une barbe naissante mangeait la partie inférieure de son visage . Il la caressa doucement , cela faisait un moment qu'il ne l'avait pas rasé mais aujourd'hui il allait bien de voir le faire pour l'occasion. Pour un mariage de ce type il fallait être impeccable d'autant plus quand on faisait partie de la délégation rohirrim. Car Learamn n'était plus un capitaine lambda , il avait été propulsé par Gallen Mortensen , à présent Vice-Roi , capitaine de la garde royale. Sa nomination en avait fait jaser plus d'un , on lui reprochait d'être trop jeune , trop peu expérimenté mais Mortensen savait pertinemment qu'avec tout ce qu'il avait traversé Learamn était bien plus aguerri que de nombreux officiers vétérans. Sa musculature s'était également développé , résultat des entraînement quotidiens avec Gallen Mortensen ; entraînement assez physiques.Learamn était enfin devenu le soldat fier et fort qu'il avait rêvé être un jour alors qu'il était gamin. Sa toilette finie il se décida à réveiller Eofend ainsi que les reste de la garde sous ses ordres qui dormaient dans la pièce voisine. Puis il enleva sa chemise de nuit et enfila un chemise en lin ainsi qu'une légère tenue en cuir qui optimisait le port de son armure , cette armure en question il ne put s'empêcher de l'admirer avant de l'enfiler. Elle brillait de mille feux et étaient vraiment époustouflantes de beauté , aux épaules des têtes de chevaux d'argent avaient été sculptés . De peur de l'abîmer et aussi parceque , il devait bien l'avouer , bien que résistante cette armure était lourde et entravait certains de ses gestes il ne la portait que pour les grandes occasions et aujourd'hui se déroulait le mariage du roi Aldarion d'Arnor en personne. Il était encore tôt et Learamn en profita pour aller faire un rapide tour aux écuries en contrebas. Depuis son arrivée il avait suivi le vice-roi Mortensen et sa nouvelle compagne : Dame Aelyn , Farma étant décédée . Aelyn était une femme de grande beauté et remplis de qualités , elle était bien digne de partager la vie du Vice-Roi , mais avec tous ces déplacements il avait à peine eu le temps de rendre visite à son fidèle destrier : Ouragan . Ce magnifique étalon à la robe blanc vermeil l'avait accompagné depuis ses errances dans le Riddermark à la suite de sa désertion des rangs d'Hogorwen , cela faisait à peine plus d'un an mais dans l'esprit de Learamn une éternité s'était écoulé depuis. Il bichonna donc comme il se devait sa monture qu'il considérait plutôt comme un véritable ami. Quelques minutes plus tard il remonta aux étages supérieurs afin d'escorter le Vice-Roi Mortensen et Dame Aelyn. Il les attendit patiemment dans le couloir en compagnie d'Eofend son second et de trois autres gardes. Le coupe presque royal ne tarda pas et très vite ils se retrouvèrent à l'extérieur sur les lieux des festivités. La foule étai au rendez-vous , des milliers de paires de yeux fixaient l'estrade où se déroulait les noces. On avait interdit à Learamn de porter ses armes et même s'il trouvait cela bien triste le jeune capitaine se sentait presque nu sans son épée qui ne l'avait plus quitté depuis un moment.  Le mariage en lui même fut assez rapide ce qui surprit légèrement Learamn. Tant de préparatifs , tant d'invités venu des quatres coins du monde  pour à peine une minute et un échange de vœux. Le jeune homme escorta alors Gallen et Aelyn jusqu'à la tente où se trouvaient les nouveaux mariés dans laquelle entraient une à une les délégations officielles pour la remise des cadeaux. Le Rohan ,allié éternel du Gonder et du Royaume Réunifié , faisait partie des premiers , Mortensen entra avec sa compagne dans la tente mais Learamn et ses hommes restèrent dehors. Le roi Aldarion allait être content , Mortesen lui avait ramené de Rohan un authentique Mearas . Learamn observait les différentes délégations présentes ; ils étaient tous là Rohirrim , Gondorien , Haradrim , Rhûnien , Elfe  , Hobbits , Nains et même les pirates et encore beaucoup d'autres dont Learamn ne connaissait pas l'origine , toutes ces présences étaient le signe d'une paix retrouvée et qui se voulait durable. Quelque minutes plus tard le couple sortit de la tente et reprirent la direction de leurs appartements , comme il se devait Learamn les accompagna jusqu'à la porte là le Vice-Roi Mortensen lui parla sur un ton on ne peux plus amical en lui conseillant d'aller profiter des festivités , il lui glissa également qu'il attendait un visite de l'ex Comte d'Esgaroth : Erco Skaline , en entendant ce nom Learamn ne put réprimer un léger sourire , si cela faisait quelque moi qu'il n'avait plus revu Skaline  , le jeune capitaine se savaient à jamais liés à cet homme qui l'avait mené à l'autre bout du monde et avec qui il avait traversé tant d'épreuves pour vaincre l'Ordre de la Couronne de Fer. Ecoutant les conseils de son protecteur le rohirrim sortit dehors pour prendre part  aux festivités...





                                                                             ___________

Au milieu de la foule joyeuse un homme vêtu d'une large cape noire avançait . Son visage trahissait sa fatigue et les épreuves qu'il avait dû endurer ces derniers mois. Il ne semblait pas vraiment concerné par le mariage et il ne passait par Minas Tirith que pour récupérer des biens qu'ils lui appartenaient chez une vieille connaissance avant de reprendre son périple, il avait fait un tour par le mariage afin de sustanter un tant soit peu. A l'interieur de ca cape un cliquetis métallique résonna. Ce qui faisait ce bruit c'était sa prothèse métallique. Son Bras de Fer.



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Calion Palantir
Elnaith de la Maison du Roi - Premier Nez
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Rôle : Régent d'Imladris/Elnaith de la Maison du Roi

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Dim 15 Juin 2014 - 21:25
Les présents ont eu l'air de faire plaisir au roi et à la reine. Calion était satisfait, les cadeaux offerts plaisaient au roi et à la reine. Il espérait bien sûr ne jamais voir Tar-Aldarion portant l'armure lors d'une bataille.

Au sortir de la tente, les parapets s'ouvrirent et laissèrent passer l'Elfe boitant, derrière lui, on pouvait voir encore les cadeaux des autres délégations ainsi que ceux qu'ils venait d'offrir ainsi que les sacs blancs cassés qu'il laissa là-bas pour que des serviteurs puissent y mettre les présents. Là encore, tous le regardèrent. Il entendait encore les murmures "c'est lui ... Fondcombe ...". Mais Calion continuait de marcher en direction de sa délégation. Voronwë et les deux autres gardes patientaient, ils voyaient leur représentant arriver avec douleur et élégance et regardé par une majorité de gens. Un dialogue commença entre les deux Elfes derrière Voronwë.

"Regarde ... Ils le dévisagent. À croire qu'ils n'ont jamais vu d'Elfe ..."
"C'est la canne qui fait ça ... Et il faut dire que depuis Imladris il a acquis une certaine renommée. En même temps il a mis fin à la bataille."
"Je suis content d'être là, et de le voir lui. Regarde comme il est concentré, cette canne lui confère tellement de prestige je trouve. Tu crois qu'il fait attention à tout ce qui se dit autour de lui ?"
"Je ne sais pas ... J'ai entendu dire qu'il aimait savoir ce que l'on pensait de lui."
"J'avais entendu ça aussi. Je me demandais aussi ... Tu sais l'âge qu'il a ? Il est plus tout jeune ..."
"Je lui avais déjà demandé une fois. C'était il y a deux mois. Il m'a dit en riant qu'il avait arrêté de compter lui-même. Tout ce que je devais savoir c'était qu'il avait vu les deux arbres ..."
"Laurelin et Telperion ?!"
"Oui."
"Mais ça lui fait dans les ... Dans les ... Attends ... 7 400 !"
L'Elfe fit les gros yeux à son camarade.
"À peu de chose près ouais ..."
"Tu imagines tout ce qu'il a vu ?!"
continua-t-il toujours surpris.
"Il est resté à Valinor tout le Second Âge je crois, ou alors il est revenu en Terre du Milieu avant la défaite de Sauron ... Par contre pour le Troisième Âge j'en ai aucune idée. Bon allez arrêtons-nous il arrive."

L'Elnaith vint à ce moment là comme le dit le garde. Il sourit à ses hommes et à Voronwë.

"J'espère ne pas avoir été trop long mes frères, dit-il presque riant. Les présents que nous avons offerts ont eu l'air d'avoir fait plaisir à leurs majestés. Par contre je ne sais pas ce que nous allons faire maintenant. Il réfléchit tandis que ses hommes se regroupèrent près de lui, ils tournaient le dos à la tente et aux autres délégations, regardant vers l'extérieur de la cité. Jolie vue vous ne trouvez pas ? continua-t-il, souriant. Les Elfes acquiescèrent. Je ne sais pas vous mais moi sous cette chaleur je meurs de chaud et je me déshydrate. J'étais habitué au Rude Hiver, j'aimais bien ce froid pénétrant, ce lui qui vous tenait éveillé, tremblotant ... Les trois Elfes se prirent à sourire. Allons boire un coup."

À peine eut-il fini sa phrase qu'il entendit dans son dos une voix qu'il reconnut tout de suite. Tous se retournèrent en même temps. Ils virent une jeune femme s'inclinant respectueusement devant eux.

"Tien donc Sighild ... Je suis assez surpris de vous voir ici" dit l'Elnaith, se reposant sur sa canne et inclinant sa tête en réponse à la jeune elfe. Il remarqua que la jeune mage scrutait sa jambe.

"Merci encore pour la jambe, vous avez fait ce que vous avez pu à Imladris. Mais ne vous inquiétez pas, dans quelques mois ma jambe sera comme neuve. Et ça me fait du bien de bouger, je suis resté deux mois cloué dans mon lit. Il continua. Nous étions parti pour aller boire quelque chose. Nous ferez-vous l'honneur de nous accompagner ?"

Sans attendre de réponse de la part de la jeune Elfe, il commença à marcher avec Voronwë à sa droite et les deux gardes derrière lui vers ce qui semblait être un bar sous une large tonnelle. Alors que la petite troupe marchait à une allure assez lente du fait que Calion se déplaçait en canne, celui-ci entendit grâce à son ouïe fine d'Elfe des cliquetis métalliques à quelques dizaines de mètres de lui. Il n'y prêta pourtant pas grande attention, il s'agissait pour lui de gardes gondoriens qui patrouillaient parmi la foule.

Le Noldo s'accouda sur le bar et demanda si le tenancier avait l'eau, pour s'hydrater ses hommes et lui ainsi que Sighild car la chaleur s'intensifiait.

"Et puis je prendrai quelque chose de plus fort, vous auriez de l'hydromel elfique ? Le tenancier acquiesça d'un signe de tête. Alors un verre pour moi s'il vous plait. Il se tourna vers Voronwë puis vers Sighild. Vous voulez quelque chose ?"

Alors que tous buvaient leur verre d'eau, sans pour autant que les gardes ne relâchent leur attention, Sighild complimenta l'ex-ambassadeur des rois Noldor sur sa canne. Celui-ci la remercia et continua le dialogue.

"Alors Sighild, que nous racontez-vous de beau au bout de ses six mois ? On ne vous a plus vu depuis Imladris et vous avez l'air si triste en ce jour de fête ..."


Calion venait de terminer son verre d'eau et demanda alors son hydromel qu'il reçut immédiatement.

"Je vous voulais dans cette délégation Sighild."


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Aelyn
Compagne du Vice-Roi du Rohan
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Rôle : Compagne du Vice-Roi du Riddermark - Guérisseuse

~ GRIMOIRE ~
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- -:

Lun 16 Juin 2014 - 1:14
Aelyn, malgré tous ses efforts, se sentait terriblement mal à l'aise au milieu de toutes ces délégations et ces nobles avides de plaire. Elle s'ennuyait. Les conversations de leurs voisins n'étaient que minauderies et courbettes. Tout semblait sujet à comparaisons entre personnes de même rang : à qui avait offert le cadeau le plus cher, à qui avait le plus souri la nouvelle reine, à qui prévoyait la dot la plus élevée pour sa fille ou la terre la plus rentable pour son fils... Et quand ils s'adressaient à mieux né qu'eux ou plus aisé, ils n'avaient rien à envier aux paons. Pour d'autre un mariage royal était l'occasion idéale pour négocier quelques unions arrangées avec leurs alliés au grand dam des jeunes gens concernés.
Aelyn tenta bien d'engager une ou deux fois le dialogue, ce fut peine perdue. On ne lui parlait que du prestigieux mearas ou tentait de lui extorquer des exclusivités politiques sur son pays... Et ce fut encore pire quand Gallen reçu la missive royale. Une bande de vautours humains se resserrèrent "discrètement" pour tenter d'en saisir une bride de contenu... et tous s'éloignèrent en comprenant que l'ancien maréchal n'avait nullement l'intention de l'ouvrir pour le moment.
D'autre part, les multiples épaisseurs de sa robe d'apparat la faisaient souffrir de la chaleur et ce malgré la finesse des tissus. Mais il était vrai qu'en regardant autour d'elle, elle s'estimait heureuse de son sort et bénissait la relative simplicité vestimentaire du Riddermark. En comparaison certaines dames d'autres royaumes n'avaient pas hésité à ajouter profusion de fourrures à leurs toilettes en signe de prestige et d'étalement de richesse et s'étaient ensevelirent le cou et les bras de perles et de pierreries. Elles suaient désormais à grosses gouttes et s'éventaient avec tout ce qui leur passait sous la main. La compagne du Vice Roi ne pouvait même pas les regarder tant elle suffoquait pour elles.
Et puis il y avait les haradrim. Qu'elle détestait ce peuple ! Le récit de la mort de son premier époux avait définitivement entaché son avis sur ce peuple qui trainait déjà derrière lui une histoire chargée. Parmi eux, les Pirates d'Umbar dégageaient la pire des impressions. Les voir penchés les uns vers les autres lui donnait le sentiment qu'ils préparaient un mauvais coup. C'était stupide bien sûr, ils ne seraient pas venu ici si c'était réellement le cas, trop risqué. Mais voilà, la jeune femme n'arrivait pas à se débarrasser de ce pressentiment tenace. C'était comme la Reine du Rhûn un peu plus tôt qui lui avait donné froid dans le dos, plus elle essayait de les ignorer, plus elle ressentait leur présence.
En clair : elle avait hâte de pouvoir s'éclipser.

Enfin Gallen estima qu'ils avaient suffisamment fait acte de présence. La jeune femme se retint à grand peine de soupirer de soulagement quand il lui signifia discrètement qu'ils prenaient congés. Enfin. Elle fut plus qu'heureuse de s'excuser auprès de sa voisine la plus proche, une femme d'une quarantaine d'années terriblement bavarde qui lui rebattait les oreilles depuis près d'un quart d'heure avec son soi-disant cousinage au cinquième degrés avec Dame Dinael et de l'espoir qu'elle portait pour son fils de le voir intégrer la Cour d'Arnor après ce mariage. Il était assez amusant de constater que les hommes pouvaient être aussi pointilleux que les hobbits en matière de généalogie quand il s'agissait de lien de sang avec le pouvoir en place. Puis il fallu saluer chaque délégation suivant les usages avant d'enfin faire route vers leurs appartements. Derrière eux suivait Learamn et les autres rohirrim affectés à leur protection. La jeune femme gageait qu'ils auraient pu faire cuire des galettes sur leurs armures !

"Ambassadeur Skaline, nous avons besoin de vous voir séance tenante pour une affaire extrêmement urgente. Venez d'ici vingt minutes. Venez seul. Dame Otarina Skaline mes hommages, je vous arrache votre époux mais les affaires du Rohan n'attendent pas !! "

Aelyn lança un regard interrogateur vers son compagnon. A aucun moment il n'avait été question d'affaire urgente. Gallen ne rajouta rien et le couple reprit son chemin à travers la foule jusqu'à leur demeure désignée.

[Suite pour Gallen, Erco et Aelyn : Diplomatie parallèle]



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Evart Praven
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Lun 16 Juin 2014 - 2:34
Après une longue attente et le défilé des dignitaires étrangers puis des vassaux d'Arnor, ce fut aux dignitaires des pays hôtes de venir présenter leurs hommages au nouveau couple. Lorsque vint le tour des épiciers de Minas Tirith, ils purent se mettre en marche et la procession entra dans la tente. A leur tête, il y avait le grand maître quelque peu ridicule avec son long manteau de velours et ses manches bouffantes. En guise de félicitations :

- Que vos majestés me permettent de leur adresser mes hommages les plus respectueux au nom de l'ensemble de la Corporation des Épiciers de Minas Tirith. Souhaitons tous que le mariage de vos majestés apportent bonheur, prospérité et grandeur à tous les peuples de la Terre du Milieu.

Alors il fit un pas de coté pour laisser passer le Secrétaire du Conseil suivi d'un des commis de la Corporation qui portait une coussin de velours rouge sur lequel était posé une lourde broche d'or. Bien que pouvant servir à accrocher un manteau, l'objet n'avait pas qu'une fonction utilitaire au vue des ornementations qui l'ornait. L'extérieur représentait un cercle d'or ciselé émaillé de six pierres rouges qui était des grenats. Le haut de l'aiguille portait quand à lui un lourd rubis parfaitement cubique. C'était un véritable présent pour un roi même s'il n'égalait certainement les cadeaux d'autres personnages plus prestigieux. Alors le Secrétaire du Conseil déclara solennellement :

- J'espère que Votre Majesté est prête à accepter ce modeste cadeau en guise de notre immense respect et notre profonde affection pour Votre Majesté.

A la vérité Evart aurait pu s'étrangler à cette annonce. Pour la corporation, ce présent n'avait rien de « modeste » au regard de sa situation financière. Même si le jeune homme avait mis tous ses talents pour éponger une partie de cette lourde dette et repousser les échéances à des jours meilleurs, le coût de ces « modestes cadeaux » étaient faramineux même s'ils étaient nécessaires. La seule chose qu'il avait pu faire avait été réduire leur coût exhorbitant au moyen de divers expédients. Par la suite le grand maître se décala de deux pas de l'autre coté pour présenter le Trésorier de la corporation suivi d'Evart qui portait le cadeau destiné à la reine Didael. Il s'agissait d'une splendide rose d'or dont les pétales et les feuilles étaient représentés avec le maximum de fidélité, au centre de celle-ci, on pouvait trouver une petite coupe de jaspe qui abritait un baume aux senteurs de rose. C'était là un cadeau délicat et honorable pour une reine. Le trésorier annonça donc :

- Permettez-moi de présenter à Votre Majesté un présent pour ce si beau jour en vous souhaitant de trouver joie et bonheur dans votre nouveau royaume.

Intérieurement, Evart soupira. On ne naissait pas reine, ou roi, pour être heureux mais pour régner. Quoiqu'il en soit il présenta cette belle rose d'or puis, après quelques formalités, l'attroupement put se retirer après de nombreuses déférences. Une fois dispersés, les marchands se mirent à discuter affaires et tandis qu'il conversait avec le trésorier Araval Tigrund sur les finances de la corporation, un messager lui remit un pli avec un cachet qui lui était inconnu.



Dernière édition par Evart Praven le Lun 16 Juin 2014 - 18:56, édité 1 fois
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Ryad Assad
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Lun 16 Juin 2014 - 15:15
Je n'admirai pas le Seigneur Pirate Taorin, tout comme je n'admirai pas ses acolytes tous plus menteurs et traîtres les uns que les autres. En revanche, si je devais bien lui reconnaître une qualité, c'était qu'il n'avait pas froid aux yeux. Ou à tout le moins, à son dernier œil valide. L'homme était un parvenu de première classe, hissé au rang de Seigneur par des manigances et des arrangements douteux, promu chef d'une expédition militaire qu'il avait eu le culot de remporter à l'aide d'une bande hétéroclite et désorganisée, contre une armée occidentale bien mieux préparée - mais que nous avions contribué, Agathe et moi-même, à déstabiliser. Désormais qu'il venait d'être élu - quel mode barbare de désignation d'un chef ! -, j'avais cru qu'il calmerait ses ambitions, et qu'il accepterait bien sagement de rester dans son coin, sur le morceau de territoire qu'il avait déjà eu du mal à conquérir avec l'armée d'autres que lui, qu'il avait su fédérer en leur promettant richesses et pillages. Mais non. Le voilà qui avait carrément des vues sur la Reine de Rhûn, Lyra, qui était à mon humble avis complètement hors de sa portée. S'il avait pu le faire sans risquer d'être tué dans l'instant, je suis persuadé qu'il serait monté sur l'estrade pour en pousser Aldarion, et épouser la Princesse de Dale avec un sourire jusqu'aux oreilles. Un rustre, certes, mais qui avait un certain style, et ce n'était pas déplaisant. Tout du moins, ça ne l'était pas quand ça concernait d'autres pays que le miens, et d'autres personnes que ma Reine, louée soit-elle !

Lorsqu'il me parla de lui souffler l'intérêt qu'elle pouvait susciter, je lui répondis par un sourire entendu, qui dissimulait parfaitement ce que je pensais de lui en cet instant. Non mais s'était-il vu ? Lui, un pirate malodorant et malpoli, une raclure de caniveau sortie de sa condition par les armes et la guerre, et qui reviendrait à sa nature première de la même façon, oser prétendre à intéresser une femme d'un raffinement sans pareil, noble de naissance, mais également de corps et d'esprit, d'une beauté à couper le souffle et d'une force à nulle autre semblable ? Si le ridicule pouvait tuer, alors il serait devenu le plus grand meurtrier de cette ère, car ridicule il l'était bel et bien. Je ne tentai toutefois pas de le décourager, conscient que la Reine pouvait trouver un intérêt certain à négocier avec le Sud - et c'était d'ailleurs le but premier de ma présence sur ces terres perpétuellement en conflit : m'assurer que les intérêts du Trône de Rhûn étaient défendus efficacement. Je ne l'imaginais pas s'enamourer d'un pirate, mais elle pouvait le lui faire croire, et je la croyais assez fine pour y parvenir, bien qu'il lui fallût pour cela songer à s'abaisser au niveau de Taorin, ce que j'aurais tout donné pour ne pas la voir faire.

Nous poursuivîmes notre attente terrible sous ce soleil de plomb, et finîmes par être admis en présence des monarques. Je me tins respectueusement derrière mon Seigneur, au même niveau que tous les autres membres de la délégation, la tête légèrement penchée dans un signe de respect évident. Si nous avions été des esclaves, nous aurions même posé les genoux et les mains au sol dans un signe de soumission total, mais les pays du Nord étaient moins à l'aise avec cette question, et il avait été décidé d'un commun accord que, pour ne pas offenser les traditions locales et singulières des royaumes de l'Ouest, il était préférable de laisser les esclaves à bord des navires, et de débarquer avec des hommes libres. Ce fut donc en homme libre que j'observai les deux souverains, sans vraiment m'émouvoir. Lui avait l'air grave et fier, et dégageait une certaine force de caractère dans ses traits de marbre. La délégation du Sud ne lui tira pas même une esquisse de sourire, et il se contenta d'accepter les présents avec raideur, comme si la perspective de se tenir si proche d'ennemis potentiels était dérangeante. Qu'il se rassurât, la réciproque était vraie.  Elle, de son côté, paraissait déjà plus intéressée par qui nous étions. Elle observait nos atours avec une certaine curiosité, et il fallait dire que nous avions adopté pour l'occasion les tenues traditionnelles des serviteurs du Harad, richement décorées comme aux temps glorieux des grands seigneurs. L'or et l'ivoire étaient partout, du liseré fin qui serpentait sur ma tunique aux entrelacs délicats qui rehaussaient les épaules et le col. Les boutons étaient d'un blanc éburnéen, doux au toucher, et parfaitement ciselés des mains d'un artisan de grand talent. Ce présent de Taorin avait été fait à tous ses proches serviteurs, car en plus de vouloir s'imposer comme un chef respectable, il tenait à entretenir une cour fastueuse qu'il arrosait régulièrement de cadeaux et d'or. Je ne m'étais pas plaint de recevoir un si beau présent, dont chaque centimètre valait une petite fortune.

L'échange de politesses entre les souverains et le seigneur de guerre furent d'une brièveté exemplaire, et la délégation quitta la tente avec le sentiment d'avoir accompli son devoir, et de pouvoir enfin respirer et profiter des animations du mariage. En effet, des festivités étaient prévues, et il y allait avoir de la vie à Minas Tirith dans les prochains jours, avec un certain nombre de bouteilles vidées et de flaques de vomi dans les rues pavées. Très attrayant... Nous regagnâmes une petite auberge dans laquelle nous avions décidé de nous loger, tandis que les serviteurs de bas étage devaient faire la navette quotidiennement entre la cité et le navire amarré à Osgiliath. Oh, certes, la traversée n'était pas très longue à cheval, mais il valait mieux ne pas avoir à supporter la poussière et les cahots de la route pour arriver présentable face aux individus qui se rassemblaient dans la capitale de Gondor. Taorin, décida de monter rapidement pour se délester de ses lourds vêtements de cérémonie, imité en cela par les autres Seigneurs Pirates, qui firent monter leurs assistants et commandèrent au propriétaire des lieux - trop content de voir tout cet or couler à flots dans son établissement - trois bains propres et frais, pour se délasser. J'emboîtai le pas du Chien Borgne sur un signe de sa part, et nous nous retrouvâmes bientôt seuls dans ses appartements privés, gardés par un Chien du Désert en faction devant la porte. Ici, nous pouvions parler sans être entendus... Cela faisait partie des conditions qui avaient présidé au choix de cet établissement-ci, et pas d'un autre.

Tandis que j'aidai le Capitaine à se débarrasser de sa tunique, des foulards et des bijoux précieux qui l'ornaient comme on décorerait un totem, il m'expliqua d'abord difficilement, puis avec de plus en plus de détails, quel était son plan pendant qu'il se trouvait à Minas Tirith. Ses pensées mégalomanes, j'y étais habitué depuis longtemps, mais c'était bien la première fois qu'il me demandait d'agir directement, et je ne pouvais que m'en réjouir. Les choses allaient enfin bouger, il y avait trop longtemps qu'elles étaient figées en l'état, et qu'aucune décision d'importance n'avait été prise. Enfin il y allait avoir du changement ! Je m'éclipsai de la chambre du Pirate, chargé de missions de la plus haute importance, que, pour une fois, j'allais prendre plaisir à mener à bien.


~~~~


Les tentes de la délégation du Rhûn étaient somptueuses. Sang et or, dressées fièrement sur les plaines du Pelennor, elles semblaient irradier la gloire et la puissance de tout un peuple trop longtemps méconsidéré. Je restai un moment à les observer, pris par une fierté difficile à contrôler, qui n'était pas pour me déplaire. Il y avait trop longtemps que je pataugeais dans la boue et les excréments, dans le quotidien de ces rustres de pirates. Apercevoir l'élégance et la magnificence des armures dorées de mes compatriotes, leur posture noble et leur traits fiers, c'était comme redécouvrir le soleil après avoir vécu dans une caverne pendant des semaines. Cela faisait du bien. Avant même d'avoir pu parler aux gardes, j'entendis les sonorités exotiques de ma langue natale. Ici, on parlait Rhûnien, et retrouver des sons familiers, des expressions sans équivalent en Commun me remplissait de joie et de satisfaction. J'avais l'impression, ici, d'être rentré chez moi. Mais pour l'heure, je devais maintenir l'illusion. Je m'approchai des sentinelles, qui vinrent à ma rencontre avec l'air sévère. Quelle majesté dans leur déplacement, quelle grâce dans leur manière subtile d'incliner leurs armes vers moi, sans toutefois se montrer totalement menaçants. Seul l'un des deux, tête nue et assez jeune, semblait parler le Commun :

- Que voulez-vous ? Demanda-t-il avec encore moins d'accent que moi, ce qui était surprenant.

- Je souhaiterrais m'entrretenirr avec votrre Rreine, lieutenant, au nom de la délégation du Seigneurr Taorrin de Durr'Zorrk.

Le jeune homme, le visage fermé, haussa un sourcil interrogateur en constatant que je ne m'étais pas trompé sur son grade. Lieutenant, avais-je dit. Il parut un instant hésiter sur la marche à suivre, mais s'il avait eu la moindre raison de me congédier sans cérémonie, elle venait de s'envoler face aux doutes qui venaient de s'élever dans son esprit. Il finit par adresser quelques mots en Rhûnien à son camarade - lui demandant de ne pas bouger et de me surveiller pendant qu'il allait en informer la Reine -, puis s'excusa et partit à grandes enjambées vers la tente royale, qui trônait au centre du campement. Il en revint cinq minutes plus tard, et nous fit signe d'approcher.

Les pans de la toile se soulevèrent, et je pénétrai dans ce que je pouvais sans honte appeler la demeure royale de Sa Majesté Lyra. La tente était immense, richement meublée et décorée, avec tout le confort disponible. Un lit à baldaquins reposait au centre, suffisamment isolé pour permettre à une poignée de gardes d'en assurer la sécurité pendant la nuit. Sur un côté, la Reine avait pris place sur un fauteuil élégant, et elle avait troqué sa sublime robe de cérémonie contre une tenue plus légère et plus adaptée à ce climat chaud et sec. Il me fallut un effort de volonté pour garder les yeux levés en sa présence, et il fallait dire que c'était la première fois de ma misérable existence que j'avais l'honneur de rencontrer en personne notre suzeraine. Cachant difficilement mes tremblements, je la laissai ouvrir la conversation comme il était de coutume :

- Que voulez-vous, émissaire ? On m'a dit que vous veniez de la part des Pirates du Sud.

Sa voix était pure et claire, acérée comme une lame. Elle parlait un Commun sans défaut, rehaussé par les accents chantants qu'on entendait rouler sur sa langue. Ses yeux vifs n'avaient pas quitté ma personne, et elle me scrutait avec attention, cherchant à comprendre quelle menace ou quel intérêt je pouvais bien représenter. Je répondis, la gorge sèche :

- Votrre Majesté, cet endrroit est-il sûrr et à l'abrri de toutes orreilles indiscrrètes ?

- Naturellement, vous pouvez parler.

Dès lors, c'en fut trop pour moi. Je m'écroulai à genoux, et posai les mains au sol, mon front par-dessus, en un signe évident de soumission. Ce geste spécifique n'était pas, à ma connaissance, pratiqué ailleurs qu'en Rhûn, et même si elle avait quitté mon regard, j'imaginais la surprise qui se peignait sur ses traits désormais que la vérité lui apparaissait. Reprenant en Rhûnien, ma langue... notre langue, je lançai :

++ Votre Majesté, ma Reine, puissiez-vous être protégée de tout mal, je suis votre humble serviteur, Ryad Assad de la Tribu de la Vipère à Cornes. Je suis un de vos fidèles soldats, envoyé en tant qu'espion pour défendre et protéger les intérêts de votre noble Trône. C'est un immense honneur que de pouvoir me tenir en votre présence. ++

J'aurais pu continuer ainsi longtemps, car notre tribu était ancienne, et nos prédécesseurs avaient pour habitude de renouveler leurs vœux d'allégeance la première fois qu'ils se trouvaient en présence d'un monarque qu'ils n'avaient pas eu la chance de pouvoir voir. En règle générale, la cérémonie se faisait à Blankânimad, et durait assez longtemps car les paroles étaient rituelles et la prestation de serment pouvait durer de longues minutes sans interruption. C'était une preuve de notre fidélité, car aucun de nos enfants à la vipère tatouée à la base du cou n'oubliait ces paroles sacrées prononcées très jeune en hommage au souverain qu'ils s'engageaient à défendre. Mais il n'était ni l'heure ni l'endroit de telles démonstrations, et la Reine m'ordonna doucement de me relever.

++ Que venez-vous faire ici, maître Assad ? Vous avez piqué ma curiosité. ++

++ Votre Majesté, ma Reine, je n'ai pas menti. La mission qui m'a été confiée m'a permis de me hisser jusqu'au poste prestigieux de conseiller du Seigneur Taorin, et j'ai par ailleurs la charge de son réseau d'espionnage. Il m'a chargé de vous envoyer pour témoigner de l'intérêt que vous suscitez. ++

Elle sourit légèrement.

++ C'est flatteur, et quelque peu audacieux de sa part. Je suis certaine qu'il ne vous a pas demandé de vous montrer aussi direct. Quoi qu'il en soit, maître, vous méritez des félicitations pour votre travail, et des remerciements pour votre dévouement à ma personne. Vous répondrez à Taorin que j'ai eu l'air flattée et touchée par son intérêt, et que j'ai été impressionnée par ses conquêtes. ++

++ Votre Majesté, ma Reine, ce seront mes mots exacts, puissent les dieux en être témoins ! ++

Je n'avais pas juré par Melkor, et je m'en rendis compte un peu tard. Chez nous, cela aurait pu être mal interprété, car la religion officielle était de le vénérer lui et seulement lui. J'avais, pour ma part, du mal à oublier les anciennes traditions qui étaient celles de ma famille, et qui reconnaissaient l'existence de dieux naturels, présents aussi bien dans les plantes et les animaux que dans l'air, le ciel et la terre. La Reine n'était pas sans savoir que la religion Melkorite n'avait pas fait disparaître toutes les croyances plus anciennes, mais j'espérais qu'elle n'allait pas m'en tenir rigueur. Je fus surpris de voir, sur son visage parfait, s'élargir légèrement son sourire, comme si elle était au contraire amusée par mon impair. Sans attendre d'elle qu'elle me congédiât très officiellement, je m'inclinai bien bas, et sortit de la tente en compagnie du jeune lieutenant, qui m'adressa la parole avec un demi-sourire :

++ Alors comme ça vous êtes des nôtres ? Je ne l'aurais jamais cru en voyant votre tenue. C'est bien la première fois que je rencontre un espion de Sa Majesté. ++

++ Et moi un lieutenant des Cataphractes aussi jeune, membre de l'escorte royale, et parlant le Commun couramment de surcroît. A quelle tribu appartenez-vous ? ++

Il bomba le torse, visiblement fier des compliment que je lui adressais - et qui n'étaient que stricte vérité, après tout. La jeunesse avait toujours envie d'être confortée, et j'avais passé l'âge de le rabaisser a priori, simplement parce qu'il était moins vieux que moi. On trouvait de fines qualités chez des esprits encore enfantins, et même si celui-ci paraissait avoir été taillé dans l'acier, il avait encore la fougue et le zèle qui manquaient parfois à certains officiers plus âgés :

++ J'appartiens au clan Visuni, je m'appelle Rokh. ++

++ Rokh du clan Visuni. Je connais de réputation vos ancêtres, et si vous marchez dans leurs pas vous deviendrez un grand guerrier. Peut-être aurons-nous l'opportunité de nous recroiser, mais si tel est le cas, ne m'approchez jamais le premier. Ma mission passe avant tout. ++

Il hocha la tête avec raideur, habitué à ce qu'on lui donnât des ordres, et je m'éloignai de lui sans une poignée de mains - cela aurait été déplacé de la part d'un ambassadeur du Harondor que de serrer la main comme un comploteur à un soldat du Rhûn. Il valait mieux rester discret et professionnel. Surtout que j'avais une autre mission à accomplir, et celle-ci serait bien moins simple à réaliser...


Membre des Orange Brothers aka The Bad Cop

"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"

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Radamanthe
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Mar 17 Juin 2014 - 12:08
Il avait joué et il avait perdu. C’est ce que les regards en coin qu’on adressait à Radamanthe devaient signifier. Et encore cela était fort indulgent que de penser cela. Quelques coups d’œil avaient un ton méprisant qui indiquait plus certainement tout le dédain que cet homme qui avait contrôlé plus de la moitié du territoire de Méphisto et l’avait laissé échappé leur inspirait. L’Emir avait voulu s’élever plus haut que le Roi, à vouloir garder la mainmise sur son territoire d’Ithilien malgré ses nouvelles terres étendues, et c’était sans surprise qu’il avait perdu la moitié de ses dernières.
De regards méprisants, l’ancien Intendant était capable d’en distribuer aussi. Qui était responsable de l’invitation adressée à la moitié des ennemis des peuples libres ? Était-ce une folie d’Aldarion ou de Méphisto ? Rhûn avait servi de quartier-général à l’Ordre de la Couronne de Fer, malgré cela leur souveraine se pavanait parmi les membres de la cour avec un petit sourire moqueur. Mais ce n’est pas cette beauté ténébreuse de Lyra qui le dérangeait. Passe encore que la reine de Rhûn soit invitée pour tenter de relancer des négociations de paix avec elle. Mais que diable les pirates venaient-ils faire ici ?

Ils se démarquaient de toute la cour avec leur attitude insolente. On avait eu le front de non-seulement inviter ce chien de Taorin, mais même des Seigneurs Pirates avaient fait le déplacement. Cette vermine de Reznor y compris ! Le fléau d’Arzawa, le Retourneur de Batailles comme il se plaisait à s’appeler avait lancé plusieurs regards amusés en direction de Radamanthe. C’était lui qui avait renversé l’affrontement devant Dur’Zork, lui qui lui avait pris la moitié de son Emirat et sa capitale de par son arrivée providentielle. Il ne s’était manifestement pas contenté de cela. Radamanthe était certain que plusieurs des atours que portait le forban aux cheveux blancs et la seigneur Pirate, cette Yse qui l’accompagné provenaient des propres coffres de Radamanthe et de sa femme.

L’Emir chasse les pirates de ses pensées et de son champ de vision, et ses yeux se portèrent sur Alcide d’Illicis. Peut-être l’invitation des ennemis de Gondor était-elle en fait une idée du nouvel Intendant ? Le regard d’Alcide croisa celui de l’Emir mais le premier se détourna si vite que le second en fut étonné. Cela signifiait-il que son intuition avait été bonne ? Ou bien Alcide éprouvait-il simplement de la gêne à l’idée d’occuper ce poste qui avait jadis été sien. Radamanthe avait entretenu des bonnes relations avec la famille d’Illicis, mais principalement via le frère aîné qui s’était battu au Harad à ses côtés. Il n’avait jamais eu beaucoup l’occasion de côtoyer le cadet. Et voilà que ce dernier se retrouvait le deuxième homme le plus puissant de Gondor. Ou le troisième ? Radamanthe pouvait-il encore se targuer d’être seul maître à bord après Méphisto, avec sa principauté et son émirat ? Probablement pas, vu comme le deuxième de ses territoires avait été fortement amputé et le premier ne valait pas grand-chose sans le titre d’Intendant qui l’accompagnait traditionnellement. Était-ce cela ? Alcide projetait—il une manœuvre politique pour s’emparer de l’Ithilien ? C’était facile pour Méphisto de lui laisser son titre de prince tant qu’il n’avait pas trouvé un Intendant remplaçant, mais et si le cadet était-il prêt à trahir l’amitié qu’il y avait eu entre sa famille et Radamanthe, pour assouvir quelque ambition politique ? L’Emir soupira en songeant que ses ennuis n’étaient peut-être pas encore terminés.

Pour l’heure, ses pensées ne devaient pas être à la préoccupation cependant. Il était ici pour célébrer la mariage d’Aldarion, et pour marquer la fin de la Couronne de Fer. Devait-il vraiment s’en réjouir, se demanda l’Emir. S’il n’avait pas pris part à la lutte contre ce maudit Ordre, peut-être aurait-il encore eu son Emirat en entier. N’était-ce pas l’attaque stupide d’Assabia qui avait déstabilisé le pays, en rompant la paix avec Khand et en suscitant des incursions qui n’était sans doute pas étrangères à l’émergence des envies de soulèvement que le peuple n’avait pas auparavant ? Il avait du trahir son Roi deux fois à Assabia, et cela n’avait laissé ses terres que plus faibles que jamais. Et cette escapade à Dol Guldur ne s’était-elle pas imposée au plus mauvais moment possible, alors même que les pirates se mettaient en branle et gagnaient plusieurs coups d’avance dûs à son absence ? Il aurait du être là, à protéger ses terres, et il aurait maté cette attaque avant-même qu’elle ne franchisse l’Harnen. Aldarion pouvait être tout sourire de son mariage, il n’avait pas perdu la moitié de ses terres, lui, et il gagnait même une nouvelle alliance politique importante en plus d’une épouse jeune et belle. S’était injuste de penser ainsi et il le savait. Le Roi d’Arnor avait vu son absence être utilisée contre lui également, et sa famille en avait été ravagée.

Le tour vint à Radamanthe de rendre ses hommages aux mariés. Il ignora un petit ricanement provenant des pirates lorsqu’on l’introduisit comme Emir d’Harondor. Au mois éprouva t-il un certain réconfort à l’idée qu’il ait au moins la préséance sur ces derniers. Il s’avança, posa un genou au sol et s’efforça d’afficher le sourire le plus franc possible.

« Vos Majestés, permettez-moi de vous adresser mes plus sincères félicitations, et puisse la paix marquer l’entièreté de votre union et de votre règne. »

Était-ce seulement possible ? Combien d’années de paix l’ancien Intendant avait-il compté depuis son entrée au service du Gondor. Peu et encore moins, assurément. Pour le Roi Aldarion et l’Arnor, la paix semblait possible. Pour lui-même, il savait être encore loin du compte.
Des serviteurs apportaient maintenant les présents destinés aux mariés. Ils allaient paraître bien ridicule, par rapport aux autres. Dur’Zork était tombée, et les richesses personnelles de l’Emir avait été emportées par ses maudits assaillants. Arzawa était tombée, et avec elle le domaine familial de sa femme. Radamanthe espérait qu’Aldarion soit au courant, et que dès lors le Roi ne ‘attende pas à recevoir un Oliphant. L’Emir n’en avait jamais possédé, et les seuls qu’il ait jamais vu s’étaient toujours trouvés dans le camp d’en face. Il avait cependant gagné un certain sens tactique de comment affronter ces bêtes et plusieurs avaient péris devant Dur’Zork. Nul doute que ses soldats auraient été mieux avisés de continuer à gagner la bataille plutôt que de piller les immenses carcasses, mais cela lui était bénéfique aujourd’hui.

« Roi Aldarion, je vous présente un arc en ivoire de Mûmak. Puisse la férocité de ses bêtes du sud vous aider sur les champs de bataille ! »

La pièce était admirablement travaillée, avec des gravures rappelant les armoiries d’Arnor. Ce n’était certes pas le genre d’arme le plus adapté à un réel combat, mais cela restait un objet d’apparat impressionnant.
Il aurait été tentant de réutiliser le même matériau par soucis d’économie, mais cela aurait paru comme particulièrement radin. C’est pourquoi la parure qui fut présentée à Dinael ne comportait qu’en partie de l’ivoire. Elle était rehaussée d’argent, de de perles d’ébène qui s’accordait bien avec ses yeux sombres et d’un rubis foncé qui n’était pas sans rappeler la couleur de ses cheveux. L’ivoire lui-même allait bien avec sa peau. Ainsi, songea Radamanthe, au moins son cadeau de pingre s’accordait au moins à la nouvelle reine d’Arnor.

« Puisse votre avenir se révéler plein de félicité, et puisse ces présents symboliser l’amitié que vous porte le seigneur d’Ithilien et d’Harondor. »
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Erco Skaline
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Ven 20 Juin 2014 - 13:00

Délégation d'Esgaroth: Comte Dauert Saule et le Conseil Martial Toras

L'homme se présenta en tête de la délégation d'Esgaroth qui devait être la plus petite de toute celle présente. Le Comte Saule marchait, fièrement, la tête haute. Il était plus que content de sa promotion quelques mois en arrière. Accéder au pouvoir comme ça par presque pur hasard à trente-cinq ans c'était une aubaine. Installé depuis deux mois au chateau d'Esgaroth, il n'était pas beaucoup sorti prendre l'air et avait profité pleinement des plaisir d'être Comte. En parallèle on ne pouvait pas dire qu'il n'avait fait que profiter gratuitement, il avait du ré-organiser tous Esgaroth. Après tous les mois d'absence de l'ancien Comte, la ville du lac s'était déréglé et la remettre au goût du jour n'était pas de tous repos. L'une des premières action de Dauert fut mettre une limite au conseil de la ville qui à son arrivé décidait de tous sans en aviser personne. Ce n'était pas acceptable pour Dauert. Le vide fut fait et les nouvelles fonctions de ce conseil était clair à présent: S'occuper à faire passer des messages venant du peuple au Comte, pas décider pour le peuple. La seconde chose qu'il avait géré avait été d'instaurer un contingent spécial dirigée par le fidèle Toras. Cet homme là était incroyable, d'origine de Dale, il avait voyagé une grande partie de sa vie du côté de l'Arnor et était revenu changé du tous au tous. A présent il arborait des vêtements blanc et noir d'un style tous à lui. Etant le seul garde du corps de Dauert, il avait un fleuret qui pendait sur son flanc. Le Comte se rappelait de toute la discussion entre eux lorsque son Conseiller martial avait du abandonner son second fleuret et son arbalète de poing dans leur chambre. C'était un de ces hommes qui vivait pour combattre et servir. Chose que Dauert ne comprenait pas vraiment, il avait passé sa vie sans jamais tuer quelqu'un et en était quasiment fier. Mais il avait du en revanche montrer à ses opposants plus d'une fois qu'il n'était pas à prendre à la légère. Il portait du reste des vêtements assez sombre pour faire référence à sa poigne de fer. Sobriété, élégance et volonté. C'était ainsi qu'il se définissait.

Il regarda passer une demoiselle et ne pu empêcher ses yeux se balader le long de son dos et de descendre vers les jambes. A trente-cinq ans, il était encore célibataire, mais avait entendu parler de source sûr que le Seigneur de Dale lui réservait quelqu'un. Il espérait vraiment se voir offrir une petite fille de noble qui lui rapporterait une dote acceptable et un panier de plaisir.... Il sourit et continua d'avancé vers la queue pour parler au roi.

Lorsqu'il s'y plaça, il entrevu passer à bonne distance Erco Skaline qui partait d'un pas précipité. Dauert faillit vouloir aller saluer son prédécesseurs juste par politesse. Après tous ils allaient devoir travailler ces prochains mois. Il trouvait étrange que l'ancien Comte se retrouve ambassadeur du Rohan dans la même ville qu'il a dirigé pendant quelques années. Il savait aussi que l'histoire s'était terminé de manière difficile et que des arrangements avaient été passer entre le Roi Gudmund et Gallen Mortensen, grand ami d'Erco. Le nouveau Comte n'appréciait pas tellement le rohirrim Skaline. Du temps ou Saule était dans le conseil d'Esgaroth et Skaline encore Comte, les deux avaient eut des discutions houleuses. Le premier se considérait comme politicien et l'autre comme guerrier: C'était comme essayer se faire vivre un chien et un chat ensemble. En revanche, il savait que Toras avait un grand respect pour le noble Skaline. Les deux appartenaient au même monde de la guerre.

-Comte Saule, bonjour, comment était le voyage?

Il se retourna et se trouva face à Otarina Skaline. Il eut un sourire mi surpris, mi forcé et lui répondit d'un ton douceâtre:

-Mes hommages Dame Skaline. Long et fort ennuyeux. Enfin vous savez ce que c'est. Et votre mari a-t-il osé venir?  

C'était une petite pique facile et gratuite, mais Dauert voulait bien montrer qu'il était le Comte à présent que Erco devait être embarrassé. Il y avait une sorte de compétition entre les deux hommes.

-Oui oui, il est ici, et en fort bonne humeur... Il a une réunion d'une grande importance avec le vice-roi du Rohan... Vous savez ce que c'est les responsabilités...

-Ha une réunion, il a donc encore une importance après ces évènements tragiques... J'en suis un peu étonné, mais allons donc. Les amitiés persistent apparemment....

Il fit une pause le temps de regarder la réaction d'Otarina. Il se redit compte qu'il avait peut-être été trop loin. Il s'empressa alors d'ajouter:

-Je dois m'en aller. Le Roi m'attend aussi d'urgence.. Je vous souhaite une bonne journée et saluer votre mari de ma part.

Et ainsi la délégation d'Esgaroth disparu de la vision d'Ocarina Skaline qui, elle, s'en-alla vers le reste de ses compatriotes de Dale positionné plus loin à parler à voix trop haute et à rigoler à une blague de mauvais goût.
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Alcide d'Illicis
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Mer 25 Juin 2014 - 14:09
Les applaudissements et les vivats de la foule étaient étouffés par la distance, coupés par le verre de la fenêtre qui donnait sur le parterre où s'étaient réunis en ce jour des délégués de tous les peuples de la Terre du Milieu, mais aussi des habitants des environs venus assister à un événement rare et spectaculaire. Sitôt la présentation des vœux au couple royal tout juste uni terminée, le nouvel Intendant du Gondor avait été rappelé à ses devoirs, et avait dû s'éclipser avec toute la délicatesse possible, évitant avec l'élégance qui caractérise l'habitude les nobliaux désireux de se rapprocher de lui. Les affaires de l'Etat n'attendent pas, surtout quand il s'agit d'assurer la sécurité de tous les monarques de la Terre du Milieu ou presque. Voilà en résumé ce qu'il leur avait servi comme excuse, s'attirant des regards compréhensifs quoique déçus de la part d'hommes et de femmes qui vivaient du peu d'attention que des gens comme lui consentaient à leur porter. Mais tout était vrai, il n'avait pas menti : en tête de liste, il y avait la délégation Arnorienne, bien entendu, au centre du dispositif de sécurité. Alcide avait eu l'occasion de croiser Aldarion, à l'époque où il était chargé de représenter le Gondor à Annùminas, avant le mariage officiel, et avait découvert en lui un homme épuisé par les guerres mais toujours fort, qui respirait la droiture et l'honnêteté. Il incarnait tout ce qu'il y avait de royal, en dépit des pertes qu'il avait subies, et qui avaient frappé son côté homme. La Princesse... ou plutôt la Reine Dinael avait été enchantée de le revoir lors de la remise des présents, après qu'ils se fussent croisés lors du tournoi de Dale, auquel il avait été courtoisement invité par le Roi Gudmund.

- J'ose espérer que vous vous souvenez de moi, Votre Majesté, avait-il dit en s'inclinant élégamment, un demi-sourire aux lèvres. Je suis celui qui vendrait des peintures à un aveugle.

Elle avait ri en se souvenant l'avoir appelé ainsi par le passé. C'était la première fois qu'Aldarion devait l'entendre rire, et probablement pas la dernière, Alcide était prêt à en prendre le pari. Quand il l'avait rencontrée pour la première fois, elle lui avait donné l'impression d'être une jeune femme pleine de joie de vivre sans être sotte - loin de là ! -, et de toute évidence son caractère n'avait pas évolué avec son statut. L'échange avec le Roi d'Arnor fut cordial sans être chaleureux, car après tout les deux hommes ne se connaissaient pas vraiment, et il y avait fort peu à parier que le monarque se souvînt d'un ambassadeur qui avait pris quelques années depuis. Le nouvel Intendant accompagnait la délégation du Gondor, et avait donc pris congé parmi les premiers, laissant le couple royal recevoir les nombreux hommages qui allaient de pair avec un événement de cette importance. Certains invités avaient fait des milliers de lieues pour assister aux épousailles, et ils devaient donc être introduits en présence des monarques, offrir présents et vœux, profiter des festivités, et repartir par la suite. Alcide, de son côté, devait veiller à ce que tout se passât sans difficulté. Un travail de l'ombre bien difficile, mais qui n'allait pas sans un prestige et un pouvoir considérables.

Il jeta brièvement un regard par la fenêtre, regardant en contrebas la foule en liesse, et les nobles de moindre importance qui défilaient en ordre protocolaire, attachés à leur position sociale. Quelques mois auparavant, il aurait été parmi eux, désireux de faire bonne figure pour son Comté de Linhir, dans le Sud du Gondor, espérant probablement trouver un bon parti pour ses nièces, les filles de son défunt frère dont il avait la charge désormais. Il était amusant de constater qu'à présent, il n'avait plus besoin de lever le petit doigt pour qu'on vînt lui présenter de jeunes hommes célibataires dans la fleur de l'âge, qui pouvaient constituer de bons partis pour ses nièces. Que celui qui voulait lui parler d'amour véritable allât s'enterrer avec ses idéaux. Il eut un soupir las en pensant au souvenir de son frère Sylphide, décédé cinq ans plus tôt sur le champ d'honneur pour permettre à la Terre du Milieu de vivre en paix, et indirectement à ce genre de mariages d'exister. C'était lui qui aurait dû se trouver là, dans cette salle de réunion superbe, au cœur du Palais de Méphisto. Mais le fardeau était retombé sur les épaules d'Alcide, le cadet, qui avait dû gérer les affaires familiales en lieu et place de son modèle, de celui qui lui avait tout appris, et pour qui il aurait tout donné. La vie pouvait réserver bien des surprises...

La porte au fond de la pièce s'ouvrit, et l'Intendant se tourna vivement dans cette direction, faisant virevolter ses cheveux blonds impeccables, dont certains commençaient à pâlir légèrement. Après tout, il vieillissait comme tout un chacun, et il avait certainement laissé la moitié de sa vie derrière lui. Mais son regard d'un bleu intense n'avait rien perdu de son acuité et de sa force. Il marcha d'un pas souple et énergique vers le Général Cartogan qui venait de pénétrer dans la pièce. Ce dernier était un soldat dans sa plus pure expression. Le corps aussi dur que l'âme, le port droit et altier, l'air sévère sans être agressif. Il portait comme toujours sa tenue d'officier frappée au torse du symbole de l'Arbre Blanc, et ses épaules étaient parées d'une cape superbe rappelant son rang. Il avançait tête nue, mais du coin de l'œil, le Comte aperçut un casque ornementé entre les mains d'un des gardes à l'entrée, juste avant que la porte ne se refermât. L'heure était à la parade et aux grands uniformes. Alcide revint à l'homme et lui serra la main avec conviction. Le militaire n'était pas le genre de personne à apprécier la faiblesse, et la manière de dire bonjour pouvait en dire long sur la force d'âme d'un homme. Alcide avait travaillé cela, pour ne pas avoir à rougir devant un individu doté d'un tel charisme.

- Général, salua-t-il avec respect.

- Intendant. Comment se passe le mariage ?

Les deux hommes se connaissaient aussi bien que deux collègues de travail peuvent se connaître, mais il n'existait pas tout à fait de familiarité entre les deux. Ils travaillaient de concert avec une grande efficacité, mais d'un accord tacite, ils avaient convenu qu'il valait mieux ne pas devenir trop proches, pour le bien de leur mission délicate : redresser un Royaume en lieu et place de son souverain légitime. Alcide sourit légèrement à la question du militaire :

- Idéalement. Il fait un grand soleil, et tous les invités m'ont l'air de respecter le protocole. L'organisation est parfaite, et je pense que le couple sera ravi à la fin de cette journée. Et de votre côté ?

Le Général s'était approché d'un meuble bas, et en avait sorti une bouteille de ce qui devait être un bon cognac. Il servit deux verres, en tendit un à son interlocuteur, but au sien, et répondit avec une précision et une concision toutes militaires :

- Rien d'important à signaler. Quelques armes confisquées, mais rien de suspect. Les hommes meurent de chaud, par contre, et j'ai ordonné à la relève de prendre son quart immédiatement, avant que nous ayons des malaises.

Alcide hocha la tête. Que pouvait-il répondre de toute manière ? Il était Intendant du Royaume, et donc chargé des affaires politiques. L'armée était placée sous le contrôle direct de Cartogan, et il était de sa responsabilité de leur donner des directives. De toute façon, il n'y avait rien d'illogique à maintenir une surveillance efficace autour des délégations venues des quatre coins de la Terre du Milieu, et pour le bien de la cérémonie, il valait peut-être mieux un défilé de gardes au dernier niveau de Minas Tirith plutôt que de devoir gérer un évanouissement soudain. Mais pour l'heure, ils n'avaient eu à se plaindre d'aucun incident, d'aucun impair diplomatique, et d'aucune tentative d'assassinat, ce qui était prodigieux au regard des individus convoqués à la cérémonie. D'ailleurs, c'était à ce sujet que Cartogan avait demandé à rencontrer le Comte d'Illicis dans les plus brefs délais. Sans détours, le militaire aborda la question qui les avait réunis :

- Si je vous ai fait appeler, c'est parce que j'ai reçu une plainte de la part de l'Emir du Harondor au sujet des Pirates.

Alcide haussa un sourcil, assez surpris :

- Radamanthe ? Pourquoi ne pas m'en parler directement ?

Cartogan haussa les épaules, se fichant de toute évidence de ces considérations politiques. Mais pour Alcide, il y avait véritablement lieu de s'interroger. Est-ce que celui dont il occupait désormais la fonction avait simplement saisi l'opportunité de rapporter son mécontentement en croisant le Général, ou bien avait-il délibérément choisi de ne pas venir lui parler, alors que leurs rangs respectifs les autorisaient à s'entretenir en privé ? Leurs deux familles avaient toujours entretenu de bonnes relations, mais peut-être Radamanthe voyait-il dans la nomination du Comte d'Illicis une forme de trahison. Il faudrait nécessairement tenir compte de ce point à l'avenir, mais en parler au militaire n'aurait servi à rien de toute façon, aussi le politicien décida-t-il d'éluder et de revenir à des affaires de première importance :

- En quoi consistait sa plainte ?

Le Général s'était approché de la fenêtre, regardant le défilé des nobles, un léger sourire aux lèvres. Il était souvent strict et austère, mais il lui arrivait parfois d'afficher un rictus satisfait sans raison apparente. Alcide avait appris à composer avec, mais il ne pouvait pas s'empêcher de se demander ce qui pouvait bien rendre heureux à ce point l'homme en armure. Ce dernier, sans se retourner, lâcha :

- C'est la présence des pirates qu'il ne comprend pas. Selon lui, ils ne représentent pas un Etat à part entière, et ils n'ont rien à faire ici. Surtout pas depuis la prise de sa capitale, naturellement.

Alcide prit un moment pour réfléchir. Il comprenait parfaitement les arguments de Radamanthe, mais avait pensé que l'ancien Intendant saurait accepter la réalité en face. Pour l'heure, la situation au Harondor était catastrophique, et il valait mieux une paix précaire qu'une guerre ouverte contre le Sud. La campagne d'Assabia avait été un désastre, et beaucoup au Gondor se demandaient si le plus puissant royaume des Hommes pouvait encore écraser sous sa botte les armées du Harad. Officiellement, personne n'en doutait, mais officieusement, personne n'était pressé de le vérifier sur le terrain. La prise de Dur'Zork avait été une surprise majeure, et l'audace des Pirates avait suscité de vives craintes. On rapportait que Reznor, invité de la délégation de Taorin, avait réussi à s'emparer des cités du Nord, dont la magnifique Arzawa que l'Intendant actuel connaissait bien. Sa famille y avait une villa, et il devait encore aujourd'hui faire un effort de volonté pour garder son calme en pensant à ce qui avait dû arriver aux biens et aux personnes qui s'y trouvaient, quand la vague de pirates assoiffés de sang s'étaient déversée à l'intérieur de ses murs parcourus de tableaux, entre les colonnes sculptées, sous les plafonds ornementés.

La ville entière avait dû être ravagée, incendiée, dévastée, et tous les habitants avaient certainement été tués ou fait prisonniers. Alcide sentit son cœur se serrer, en pensant à Vedraï. La fille de son défunt frère avait disparu du jour au lendemain à Arzawa, et la famille entière s'était fait un sang d'encre, pensant qu'elle s'était simplement perdue. Et puis les jours avaient passé, et on n'avait toujours pas retrouvé sa trace. Des recherches avaient été menées, des mercenaires engagés pour la trouver, sans résultat aucun. Pas même un témoignage, rien. Il n'y avait plus aucun signe de vie de la petite sœur d'Amelaï, à qui Alcide avait confié la gestion du domaine de Linhir en son absence. Les recherches avaient finalement été abandonnées, par lassitude ou parce qu'il était temps de passer à autre chose, et tout le monde avait fini par croire à sa mort. Elle avait peut-être été enlevée par des bandits sans scrupules, qui l'auraient éliminée avant de pouvoir demander une rançon. Elle avait peut-être fait une mauvaise rencontre dans la ville, et on se serait débarrassé de son corps. Alcide, lui, n'avait jamais désespéré de la revoir en vie. Il l'imaginait, prisonnière dans une cave sombre, dans Arzawa, aux mains d'hommes animés d'intentions obscures. Des gens comme l'Ordre de la Couronne de Fer dont on venait de décapiter le chef, qui pouvaient agir au mépris de toute logique. Il s'était presque attendu, en apprenant la vérité sur l'OCF, à voir ressurgir sa nièce, en haillons et amaigrie, mais vivante. Il avait lancé des recherches six mois auparavant, et demeurait persuadé qu'elle ne pouvait pas avoir quitté la ville, car les gardes veillaient au grain à l'époque de son enlèvement, et ils auraient repéré facilement une jeune femme en tenue noble, si elle avait voulu passer les portes de la ville. Mais désormais, avec le passage de Reznor et de ses hommes avides de sang, il ne se faisait plus d'illusions. S'il restait un infime espoir qu'elle eût été en vie, alors les Pirates l'avaient trouvée et mieux valait ne pas penser à ce qu'ils lui avaient fait subir avant de la tuer.

- Intendant ?

- Je réfléchis, Général, répondit Alcide du tac-o-tac pour dissimuler le fait qu'il était perdu dans ses pensées. Nous ne pouvons pas nous permettre de faire un faux-pas, au risque de raviver les flammes de la guerre dans le Sud. Je pense les armées de Radamanthe capables de défaire les troupes de Taorin, sauf si nous leur donnons une bonne raison de mobiliser tout le Harad contre l'émirat. En aucun cas nous ne devons commettre la première erreur.

Il inspira profondément. La situation était précaire, et il avait l'impression de marcher sur une corde raide tendue au-dessus d'un précipice. Le moindre souffle de vent un peu trop fort risquait de le faire chavirer, et avec lui tout le Gondor, car il représentait l'autorité de Méphisto. Il n'était donc pas question de se tromper, mais encore moins question d'hésiter, au risque de décrédibiliser le blason qui ornait son pourpoint. Il se devait de prendre une décision :

- Cependant, commença-t-il, l'émirat est notre principale protection contre le Sud, et il serait folie que d'abandonner le soutien que nous offrons à Radamanthe. C'est un pion dont nous avons encore besoin, même s'il a perdu de sa valeur. Combien de temps dure le sauf-conduit de nos invités ?

- Les délégations de nos alliés peuvent rester autant qu'elles le souhaitent, naturellement, bien que les festivités ne s'étendent que sur une semaine. Les autres, Orientaux et Suderons, ont des laissez-passer valables dix jours. Cinq jours avant, et cinq jours après le mariage.

Alcide hocha la tête. Son cerveau bouillonnait :

- Cinq jours, donc. C'est peu, mais cela nous laisse le temps d'agir, et de tirer profit de la situation. A nous de jouer finement.

Cartogan semblait perdu, mais il en avait l'habitude. Il était plutôt un homme d'action, du genre à se mettre dans la lumière, à mettre en place des opérations au grand jour pour débusquer les bandits, confisquer les armes et ramener l'ordre dans la Cité Blanche, qui n'avait jamais aussi bien porté son nom, depuis que la noirceur avait déserté ses rues - du moins, en grande partie. Alcide était son pendant, plus discret, homme politique travaillant dans l'ombre, et opérant souvent via des intermédiaires - au nombre desquels Cartogan occupait la première place. Ils se complétaient, et leur collaboration avait été fructueuse, capable d'apporter à la capitale du Gondor une sécurité et une paix rarement atteintes dans l'histoire de la cité. Habitué, donc, à ne pas totalement saisir les plans de l'Intendant, le Général se contenta de demander :

- Que puis-je faire pour vous aider ?

- Hmm... Il nous faut des négociations. Oui. Nous devons rapprocher Radamanthe et Taorin. Ils doivent trouver un terrain d'entente. Essayez de mettre la main sur un négociateur, quelqu'un qui pourra les aider à se parler sans s'entretuer.

Tandis qu'il parlait, il s'était éloigné en direction de la porte, l'air très affairé, mais Cartogan le rappela, un peu interloqué :

- Et vous, que faites-vous ?

- Je vais essayer de préserver le peu que Radamanthe a pu sauver, Général. Et croyez-moi, je n'ai pas une seconde à perdre.
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Forlong
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Ven 27 Juin 2014 - 22:46

Eradan, fils de Garion, descendant de Faramir et commandant de l’Ordre des Chevaliers du Cor Brisé pénétra dans la tente. Le jeune homme charismatique avait récupéré de ses blessures après les affrontements à Vieille Tombe, mais les morts de ses amis avaient laissé une empreinte sur lui. Il était accompagné par Aglahad, son frère d’armes originaire de Dol Amroth ; ce dernier était devenu son lieutenant le plus fidèle après les évènements à Rhûn.

Le Gondorien regarda Felian, son compagnon d’armes, qui se tenait derrière la reine Dinael en tant que son protécteur. Eradan fronça les sourcils ; il n’appréciait pas vraiment le choix du chevalier. Les membres de l’ordre du Cor Brisé devaient servir les Peuples Libres plutôt que les rois et reines, bien que leur dirigeant avait lui-même risqué sa vie pour sauver le fils de Méphisto à Vieille Tombe.

-Roi Aldarion, Reine Dinael. Je suis ravi de voir que vous avez choisi un des chevaliers de notre ordre afin d’assurer votre sécurité. Je suis certain qu’ensemble nous pourrons rétablir l’ordre et la paix dans les quatre coins de la Terre du Milieu, et assurer aux Peuples Libres une prospérité semblable  à celle qu’ils ont connue sous le règne du roi Elessar. Veuillez accepter ce cadeau de notre part.

Aglahad, habile malgré les trois doigts manquants à sa main gauche, apporta deux superbes carapaçons, ornés d’étoiles et de dragons.





Le Roi Gudmund n'avait pas rejoint la file d'invités qui s'était formée devant la tente des jeunes mariés. En tant que père de Dinael, il serait parmi les derniers à féliciter la paire, juste avant le Haut Roy Méphisto. Il rejoignit donc le banquet avec plaisir; souverain d'une capitale culturelle, il avait toujours apprécié les festivités de ce genre.

Svelte mais imposant, aux traits nobles de son ancêtre Bard, le roi était facile à distinguer dans la foule. Il avait choisi une tunique ornée d'un dragon rouge pour cette occasion, mais l'épée pendue à sa ceinture-privilège de son sang royal-ainsi que sa posture lui donnaient un air de guerrier. Gudmund prit avec un sourire la coupe de vin blanc frais apportée par un garçon, et lui tendit en échange une pièce d'une valeur non négligeable.

Un groupe de nobles de Dale discutait avec des dignitaires des autres contrées de la Terre du Milieu pas loin, et le roi s'en approcha aussitôt. Le sujet de la conversation était naturellement lié au domaine militaire, ce qui réjouit Gudmund qui n'avait pas de goût particulier pour la politique. Les hommes débattaient sur les avantages relatifs des armes et armures forgées dans les différentes régions d'Arda, certains louant la légèreté de l'acier elfique, d'autres la solidité des armures du Rhovanion, d'autres encore la fiabilité des épées gondoriennes.

Le roi but une gorgée de vin blanc gondorien, et s'apprêta à intervenir. Soudainement, il se fit pâle, et laissa tomber sa coupe par terre, s’attrapant par la gorge. Un silence choqué s’empara de ses compagnons. La plupart des participants au banquet n’avaient rien remarqué dans le chaos général, mais deux Gardes de la Citadelle vigilants s’approchaient déjà d’un pas rapide…


Gudmund attrapa un des Bardides par le bras, et pointa du doigt vers son dos. Le noble le frappa fortement entre les omoplates, et le roi toussa violemment, se pliant en deux. Il se releva, et la toux se transforma en rire.

-Une saloperie de mouche s’est noyée dans mon vin, j’ai failli m’étouffer avec. Ma foi, je ne garderai pas un bon souvenir de la gastronomie gondorienne !

Il fit un geste aux Gardes de la Citadelle afin de les réassurer, et demanda qu’on lui apporte de l’eau. L’incident fut vite oublié, et la conversation reprit aussitôt.


***


Une heure plus tard le roi de Dale entra dans la tente royale. Aldarion et Dinael avaient l’air satisfaits, mais épuisés par le flux incessant d’invités importants. Gudmund regarda Aldarion ; le roi d’Arnor n’était pas jeune, mais le Bardide éprouvait des sentiments paternels envers lui ;  le descendant d’Elessar était un guerrier comme lui, et avait connu lui aussi l’amertume de la rude vie dans le Nord.

L’homme de Dale sortit un petit coffret en bois de cerisier, et l’offrit aux jeunes mariés. A l’intérieur se trouvaient deux magnifiques broches en forme de rose, forgées en mithril et aux pétales faites de pierres précieuses blanches. Il s’agissait d’une œuvre d’art mélangeant le savoir-faire des nains d’Erebor et des artisans de Dale. Qui plus est, la rose était un symbole important en Arnor, et la porter publiquement ne ferait qu’augmenter la loyauté de la garde personnelle d’Aldarion.

-Dinael, je suis fier de toi, tu es resplendissante. Que les Valar te protègent lors de ton séjour  à Annuminas, et que t’y sois heureuse, mais saches que nous t’attendrons toujours avec impatience dans la cité de Dale. Une tâche difficile t’attend, mais je ne doute pas que tu l’accompliras. Rappelles-toi, ma fille. Un peuple respecte son roi, et le suivra jusqu’à la mort s’il le faut. Mais l’amour du peuple est réservé pour sa reine.

Une ombre passa sur le visage de Gudmund lorsqu’il se rappela de l’enterrement de son épouse, emportée par une maladie ; le royaume de Dale fut plongé dans le deuil pendant plusieurs semaines après cet évènement tragique…

-Aldarion…je sais que tu sauras prendre soin de ma fille, et ce ne sont pas des mots qu’importe quel homme aurait pu entendre de ma part. Beaucoup d’émissaires t’ont rendu visite aujourd’hui, et je sais que plusieurs d’entre eux veulent t’attirer dans des intrigues de toute sorte. Ici, au sud, rien n’est simple. Les hommes se poignardent dans le dos, la loyauté est douteuse tout au plus. Toi et moi, nous venons du Nord.  Là où la vie est dure, et où la discorde ne pardonne pas. Lorsqu’une horde de gobelins se trouve en face, il faut savoir faire confiance à ses compagnons d’armes. L’Arnor et Dale ont besoin de ce genre de confiance, de ce genre de fraternité. Je suis confiant que ce jour marque le début d’un tel lien entre nos deux peuples.

Le ton du roi était sincère et sérieux, et il tendit sa main vers son beau –fils.

-Assez parlé de ces choses-là. Aujourd’hui, c’est votre jour. Profitez. Profitez !

Gudmund les salua cordialement, avant de quitter la tente.



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Aldarion
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- -: L'age ou l'on est fougeux mais déjà sage
- -:

Ven 18 Juil 2014 - 11:38
La journée touchait à sa fin, la partie "officielle" des consultations se terminait. Les jeunes mariés allaient profiter de la fête. Néanmoins, l'apparition au banquet risquait d'être assez courte. Le Roi et la nouvelle reine d'Arnor étaient las et désiraient se reposer.

Après ce rapide passage parmi les invités de marque, le couple royal serait reçu en privé par le Haut Roy Mephisto qui ne manquerait pas de leur assurer sa bénédiction. La suite se passerait dans la suite princière du palais, en privé également.

Aldarion était solitaire depuis de nombreuses années. Sa première épouse, la belle Elaera, était son amour de jeunesse. Une femme qu'il avait aimé avant de l'épouser. Ils avaient passé leur enfance ensemble avant de se perdre de vue à l'adolescence. Aldarion était parti dans le grand nord et Elaera était restée à Fornost. Il avait rencontré d'autres femmes mais sans jamais tomber amoureux. Quand Fornost avait été prise par l'ennemi, le jeune roi avait alors réalisé qu'il ne pouvait supporter l'idée de perdre Elaera. Il l'avait épousée dès la libération.

A son décès, il s'était enfoncé dans le deuil. Il avait bien connu quelques courtisanes mais, hormis pour satisfaire des besoins humains, il n'avait jamais réussi à s'attacher à l'une d'elle. Le décès de ses trois enfants, outre le drame personnel que cela représentait, posait également un grave problème politique. Sans héritier, outre sa belle-soeur Poppea, il plaçait l'Arnor dans une situation problématique et fragile.

Dès lors, il avait accepté d'épouser la jeune Dinael. Contrairement à Elaera, il l'avait épousée avant de l'aimer. Il aurait certainement pu tomber plus mal, la jeune femme était magnifique et paraissait douce et aimable. Il espérait réellement que leurs caractères pourraient s'accorder et qu'ils finiraient par tomber amoureux l'un de l'autre. Cependant, ce n'était pas la priorité, la jeune femme devait lui donner un héritier.

Au départ de Gudmund, Aldarion se leva, signifiant leur départ vers leurs dernières obligations.Ensuite, ils pourraient enfin se retrouver seuls...


Invité, n'oublie pas que le regard des Rois d'Arnor porte au delà des frontières de leurs royaumes.[/center]

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Sighild Baldrick
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Rôle : Mage/Sorcière

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- -: 115 ans (23 ans humain)
- -:

Mer 30 Juil 2014 - 8:59
A sa première question, elle lui répondit que Minas Tirith était tout comme Imladris sa demeure. Son magnifique regard était le signe d'un « mélange de race » (elle n'aimait guère employer ces mots). Son père était né au sein de la cité Blanche, sa mère quant à elle fut bercée par les beautés de Fondcombe, son cœur était donc partagé par ses deux villes et elle y tenait beaucoup.

La jeune mage suivit le groupe d'elfe et s'installa entre Voronwë et Calion. Elle parla un faible instant à Vonronwë pour prendre tout simplement de ses nouvelles. Ils furent interrompus par Calion qui passait commande auprès du tavernier. Sighild se contenta d'un verre d'eau, elle ne souhaitait pas consommer à nouveau des boissons alcoolisées.

En attendant que la commande arrive, Sighild complimenta Calion sur la canne qui le soutenait. Il lui demande à son tour :

"Alors Sighild, que nous racontez-vous de beau au bout de ses six mois ? On ne vous a plus vu depuis Imladris et vous avez l'air si triste en ce jour de fête …"

Elwing marqua une pause un court instant. Il était inutile de lui expliquer ses « dérives  de retour » et les difficultés qu'avaient eu son maître pour la remettre dans le droit chemin. Avant de réponse à son ami, la belle but avec délicatesse son verre d'eau et répondit :

« Je suis retournée auprès des miens, je devais m'assurer que mon père était bel et bien arrivé en ce lieu pour retrouver ma mère. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j'appris qu'elle attendait un second enfant. J'ai donc décidé de rester auprès de ma famille, le temps que cet enfant naisse. C'est pour cela que je ne suis pas revenue vous voir. »


Une manière bien détournée d'expliquer ses faiblesses et son mal-être à son égard et à l'égard de cette guerre. Sighild avait beaucoup perdu, dont son grand-père mort au combat et son cheval tué avec froideur sous ses yeux. Le reste...elle ne préférait pas y penser.

Elle but une nouvelle fois et reprit :


« J'extériorise beaucoup mon ressenti, c'est un trait de caractère que je tiens de mon père et je ne puis m'en cacher. Je ne suis tout simplement plus habituée à participer à ce genre de festivités. Il est temps pour moi de repartir à l'aventure. Mon don s'est amélioré depuis notre dernière rencontre et il faut que je voyage pour le parfaire. »


Sighild termina son verre d'eau et en demanda un autre. Calion lui parla à nouveau. Elle le regarda droit dans les yeux et lui sourit faiblement :


« Ma présence était-elle vraiment nécessaire ? Vous vous en êtes plutôt bien sorti sans mon aide mon ami. »


Son nouveau verre vint et elle le but d'un seul coup. Elle reprit ensuite :

« J'ai entendu dire qu'Imladris avait retrouvé sa beauté d'antan. Est-ce vrai ? »


Une manière habile de changer de sujet. Calion l'avait à la fois touché et apeuré par son affirmation. Touché car elle aurait eu probablement une utilité, apeuré car elle était une guerrière et une mage avec peu d'expériences...
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Voronwë Amnel
Héraut d'Imladris
Héraut d'Imladris
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Age : 21

~ GRIMOIRE ~
- -: Elfe
- -: Très bonne question!
- -:

Lun 27 Oct 2014 - 20:40
Tel un aède écoutant sa muse, Voronwë avait parcouru une partie de l’histoire. Elle était infime, certes, mais il savait qu’il avait encore du chemin à parcourir, des routes à prendre, une épopée à terminer. Sa vie n’était pas une scène de teichoscopie, il était bien devant la muraille, arme à la main. A chaque bataille concernant Imladris, à chaque injustice, à chaque fois qu’il devait remplir son devoir de capitaine, il était là. De ce point de vue, sa vie fût aussi réussie que détruite. Voronwë ne vivait qu’à travers le bonheur des autres, qu’à travers leurs sourires qui reflétaient l’espoir d’un monde de paix. Voilà tout ce à quoi il aspirait, un monde meilleur, une entente entre les peuples. C’était un noble combat. Le cavalier avait aussi eu des heures de gloires. A l’instar du héros possédé par le menos, Voronwë avait accompli des aristies. Pourtant il n’avait jamais été récompensé, même s’il ne demandait rien. La paix retrouvée était sa plus grande fierté, un grade supérieur n’avait aucun intérêt à ses yeux.
Imladris était si calme après la guerre, et la reconstruction avait commencée. Il était certain qu’elle serait plus mentale que matérielle. Ainsi recommençait la vie dans la cité elfique. Mais un évènement vint perturber l’habitude perpétuelle du soldat. En effet, après toutes ses années de combats sous la bannière d’Imladris, il fut récompensé. Et cette récompense fut l’une des plus belles pour lui. On lui accorda le titre honorifique de héraut d’Imladris, le rendant capable de représenter Imladris. C’était un grand honneur d’avoir été choisi pour être ce héraut. Ce titre montre qu’il est une sorte de fierté de la cité et qu’il la représente parfaitement. Cela le toucha profondément. Son père serait si fier ! Ainsi, Voronwë fut invité à ce mariage afin de représenter sa cité.

Les cadeaux étaient plus que somptueux, et il paraissait tout à fait normal que les elfes offrent des présents à la hauteur de l’importance de cet évènement. Que dire du mariage ? Il était somptueux, magnifique, grandiose, royal. Le peuple était heureux, du moins il le paraissait à l’entrée de la cité. Les nobles et autres invités distingués venaient des quatre coins de la terre  du milieu.
Les gardes du capitaine Palantir, voyant que ce dernier prenait son temps à livrer les présents elfes, commencèrent à discuter. Leurs interrogations à propos de vieil elfe firent sourire Voronwë, il était vrai que son ami était des plus âgés. Le seigneur Calion sortait alors et leur proposa d’aller se déshydrater. Il avait lu dans les pensées du capitaine de cavalerie. La chaleur était aussi accablante qu’étouffante. L’horrible transition entre le rude hiver et la continuité des choses. Voronwë commençait juste à apprécier ces longues dunes de neige s’étalant à l’horizon, le soleil nuageux éclairant les plaines de sa lueur pâle. Aucun signe de vie, la mort rodait derrière chaque arbre nu, la mort mais aussi la liberté. Les feuilles abandonnées reposaient aux pieds de chaque tronc tels des soldats tombant face à l’assaut d’hommes du nord. L’air, glacial, avait été purifié, le monde entier était purifié par la neige éternelle. Un tableau parfait.
Plongé dans ses pensées, Voronwë fut réveillé par une voix familière. Sighild ? Oui c’était bien elle, après tous ces mois. Elle paraissait s’être remise de la bataille, même si elle semblait toujours aussi triste. Après de rapides salutations, ils se dirigèrent vers le bar. A l’instar de Calion, le capitaine s’accouda contre ce dit bar. Par reflexe et habitude, il porta sa main sur le pommeau de son épée. Ne la trouvant pas, il commença à paniquer avant de se souvenir que les armes étaient interdites au mariage. Le capitaine Palantir commanda alors pour eux de l’eau et de l’hydromel elfique, ce qui était une excellente idée. Voronwë adorait, un peu trop d’ailleurs, cet élixir. En boire à la cité blanche était vraiment une aubaine, du moins il n’en avait jamais vu dans ce royaume. Après la guerre et la restauration d’Imladris, le commerce devait maintenant être important dans toute la terre du milieu. Ainsi continuait la vie, ainsi les vivants oubliaient les morts.
Le Héraut d’Imladris se plongea avec intérêt dans les paroles de la magicienne. Calion la voulait avec eux, Voronwë était tout à fait d’accord avec cela, elle avait tous les droits d’être dans cette délégation. Changeant subitement de conversation, elle demanda comment se portait Imladris. A cette question, Voronwë fut le plus apte à répondre :

« Elle renait de ses cendres. Il y a encore du travail, mais nos frères mettent de l’ardeur à la tâche. Imladris sera plus somptueuse et éblouissante que jamais. Les plus grandes blessures sont bien-sûr mentales, mais on s’en remet petit à petit, c’est un désir commun de vouloir restaurer la gloire et la beauté de notre mère. Notre armée a été reformée, l’attaque a entrainée des flux d’engagement. Toute la population veut participer, les derniers mois ont été vraiment riches. C’est la première fois que je vois des elfes aussi solidaires. Ainsi la cité est plus vivante que jamais. »

Voronwë avait dit ces mots avec un petit sourire, il était tellement heureux, tout était bien dans le meilleur des mondes.

« Si tu veux repartir à l’aventure, saches que tu auras toujours un accueil royal à Imladris. »

Le Héraut ne pouvait que l’inviter. Elle avait participé avec courage à la guerre. Cette magicienne était l’un des héros d’Imladris, le capitaine l’admirait beaucoup. C’était le genre de personne qui pouvait changer le monde.
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