Un négoce pour le Sud

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Evart Praven
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Lun 16 Juin 2014 - 2:41

Ainsi quelqu'un lui envoyait un pli suffisamment urgent pour qu'on vienne l'importuner en pleine cérémonie de mariage du Roi d'Arnor. Le cachet de la lettre était étrange et, en tout cas, totalement inconnu aux yeux, il avait un aspect étranger, légèrement oriental ou suderone. Tachant de le préserver au mieux, il ouvrit la lettre et remarqua l'invitation de l'émir Taorin à souper au Repos du Bon Prince, une auberge de bonne renommée à Minas Tirith. Taorin … Le nouvel dirigeant de Dur'Zork, c'était pas peu de chose. Même si « condition » de nouveau monarque me rendait peu légitime, une invitation de la sorte ne se refusait pas surtout quand il s'agissait d'affaires.

A la vérité le lieu de l'invitation le fit tiquer car le lieu était inhabituel. Généralement les hommes importants logeaient chez des amis, des relations ou des affidés. Si cet émir était obligé de dormir dans une auberge, c'est bien qu'il n'avait aucune relation ici en Gondor et qu'il cherchait ici des alliés. C'était bien sa chance car il avait l'occasion de devenir l'intermédiaire quasiment exclusif dans les relations commerciales avec son pays. Cependant il pouvait se demander pourquoi il avait été choisi par l'émir. Certes il avait eu un début de carrière prometteur mais il était de condition et de richesse bien inférieure à nombre d'autres marchands. A vrai dire Evart ignorait s'il agissait ainsi par méconnaissance, ne connaissant pas la véritable puissance du jeune homme il surestimait sa position dans le Gondor, ou par calcul politique, en donnant pareil privilège à un petit marchand, il gagnerait un allié solide qui serait entièrement dans ses mains. Ainsi donc s'il parvenait à arracher un accord commercial avantageux, il ne lui faudrait pas s'attacher trop à cet émir qui pourrait devenir dangereux et encombrant. Quoiqu'il en soit, il lui faudrait jouer serrer pour obtenir le mieux de la situation et il devait pour cela se dépêcher. Il s'esquiva en vitesse de la cérémonie pour rejoindre son serviteur Harlaus qui attendait un peu et il lui donna quelques ordres :


- Nous avons rendez-vous ce soir avec le nouvel émir de Dur'Zork, il faut nous changer au plus vite et trouver un présent convenable.

Les deux hommes eurent grand mal à rejoindre la résidence Praven. La ville était encombrée des gens qui venaient assister à ce mariage royal et, en plus, ils convergeaient tous vers le sommet  de la cité alors qui lui essayait précisément d'aller dans l'autre sens. Même les petites rues détournées qui servaient de raccourcis aux habitués de Minas Tirith, les gens se pressaient et vaquaient à milles occupations. Il lui fallut donc deux fois plus de temps pour rejoindre sa maison qu'à l'accoutumée et une fois arrivé, il put donner des ordres à Harlaus :

- Prends de beaux habits pour ce soir mais sobres. Nous devons simplement paraître plus riches que nous le sommes, cela devrait nous aider dans nos négociations. Prends également le bâton de mon ancêtre Andriet. Il faudra ensuite préparer un cadeau convenable pour l'émir.

Après ces quelques instructions, le jeune homme fila dans sa garde-robe pour se changer. Il préféra opter pour son pourpoint de velours bleu nuit aux fils d'argent avec le pantalon du même velours et une belle broche d'argent. Cette tenue présentait l'avantage d'être à la fois discrète par la couleur mais également élégante par la qualité des étoffes et la coupe. Puis il se mit à la recherche d'un présent à offrir à ce Taorin. Normalement il aurait bien offert une arme à ce guerrier presque barbare mais il était interdit de transporter des armes dans la cité blanche. Par contre les guerriers du Sud devaient apprécier la boisson comme les guerriers du Nord. Il se décida pour un excellent vin de l'Ouest du Gondor qui ferait honneur à l'émir qui lui faudrait prendre sur les réserves de sa boutique.

Lorsqu'il redescendit, il croisa à nouveau Harlaus qui avait lui aussi revêtit des habits adaptés. Il portait un pourpoint léger d'un gris presque noir avec des chausses de même couleur. Au dessus, il portait une longue cape de velours bleu nuit fermé par une broche argentée, ces vêtements n'étaient pas sans rappeler ceux du jeune marchand. Sous cette belle cape, il portait le fameux bâton d'Andriet. A la vérité, c'était un porte parchemin assez épais qui tenait bien en main, fait d'un solide bois, il était suffisamment long pour mettre un parchemin de bonne taille et pouvait donc servir de bâton pour se défendre. Après avoir glissé divers parchemins de contrats dedans, ils purent récupérer la coupe qu'il allait offrir ainsi qu'un petit coffret dans laquelle il la plaça. A la suite de cela, ils purent filer jusqu'au commerce d'Evart pour y trouver une forte cohue, malgré l'heure tardive. Se dirigeant vers l'arrière-boutique, il récupéra l'un des tonnelets qu'il réservait pour les grandes occasions. D'une contenance d'un gallon, il était fort beau à voir grâce à quelques peintures dorées, à un cerclage ouvragé et une cannelle sculptée qui représentait un chien bondissant. Il prit donc la peine de le remplir d'un excellent vin de sa région natale.

Une fois ces quelques affaires terminées, ils partirent jusqu'au Repos du Bon Prince. Cette auberge était de bonne renommée. D'extérieur, elle ressemblait à une maison cossue aux hautes fenêtres de verre. La première salle était assez grande où se mêlaient un certain nombre de marchands et nobles qui n'avaient pas d'amis en la capitale et qui venaient tous pour assister au mariage du Roi Aldarion. Quoiqu'il en soit, il se dirigea vers le comptoir où le gros aubergiste apparut comme par enchantement :


- Que puis-je faire pour vous mon bon seigneur ?

- J'ai quelque affaire avec Son Altesse Taorin de Harondor.

- Son Altesse m'a prévenu. Je vous ai réservé une alcôve pour vous entretenir au secret le plus complet.

- Je vous remercie.


Alors un serviteur le mena à travers nombre de teintures pour le mener jusqu'à une petite alcôve avec, en son centre, une table assez grande autour de laquelle il y avait deux chaises de bois ouvragé ainsi que quelques autres meubles. S'asseyant autour de la table, le jeune homme se mit à attendre l'émir. Il trempa ses lèvres dans une coupe avant que Taorin ne vint. A la vérité, c'était un homme de petite taille aux cheveux courts et au visage affreusement balafré avec même un bandeau pour cacher son œil gauche. Ces vêtements, s'ils étaient assez légers comme cela sied aux peuplades du désert, ne semblaient pas vraiment dignes de son titre. Quoiqu'il en soit, Evart se leva et s'inclina par respect vis à vis d'un chef d'état puis déclara avec déférence.

- Votre Altesse, je suis extrêmement honoré de vous présenté aujourd'hui. Avant toute chose, permettez-moi de vous offrir ce modeste présent en gage de ma bonne foi. Puisse-t-il faciliter nos échanges.

Alors il se dégagea quelque peu et dévoila Harlaus qui portait le tonnelet qu'il présenta au nouvel émir (d'une moitié) du Harondor. Il ne leur fallut pas longtemps pour s'installer autour de la table que des serviteurs vinrent garnir richement. Vins blanc, rouge, épicé et même du vin des roses tenaient bonne place sur la table tandis qu'on apportait également plusieurs plats : un potage au lait d'amande, un autre au petits pois, une tourte à la viande, une épaule d'agneau braisée accompagnée d'une bonne potée, quelques cailles grillées à la Braveroc dont la peau luisante semblait croustiller comme il se devait mais aussi un poulet en carapace d'écrevisse et plusieurs poissons d'eau douce et de mer cuits de diverses façons. Après que les serviteurs eurent tout placer, Evart congédia le sien et son hôte fit de même avec son garde du corps. C'est alors que le jeune homme reprit :

- Votre Altesse. Puisse que tout cela ne semble attendre que nous, je pense qu'il est grand temps de discuter des affaires dont vous vouliez m'entretenir.
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Taorin
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Mar 24 Juin 2014 - 15:32
Le Chien Borgne suivit le serviteur, qui le mena jusqu’à une alcôve discrètes, protégeant des regards indiscrets ou des oreilles attentives, où attendait l’objet de sa visite, le noble Praven, l’un des marchands de premier plan de la Cité Blanche et de ses environs. Le gondorien avait revêtu des habits luxueux, bien que sobres pour un homme de sa condition. Face à lui, Taorin, qui s’était paré des habits traditionnels du désert, plus adapté à la chaleur estivale que les lourdes fourrures si prsées par les nordiques, n’apparaissait pas aussi riche et puissant, mais faisait l’effet d’un étranger perdu, incongru en ces lieux plus prisés par la haute société gondorienne que par les voyageurs venus des régions considérées comme moins civilisées. Le marchand se leva, et les deux hommes se saluèrent tout en se jaugeant du regard. Après s’être incliné, le gondorien présenta un tonnelet au nouveau maître de Dur’Zork, qui sourit et le remercia chaleureusement : son amour des vins et de la bonne chère était donc connu, pensa-t-il, légèrement amusé à l’idée de l’image qu’il devait refléter auprès de ces barbares du Nord, celle d’un chef de guerre aviné, tout juste bon à écumer les tavernes et non pas à diriger un pays. Qu’ils le sous-estiment donc, et s’en mordent les doigts une fois qu’il aurait assis son pouvoir et pris l’ascendant.

Les serviteurs apportèrent rapidement les nombreux plats et les disposèrent sur la table pendant que les deux hommes discutaient de banalités. Les verres se remplirent de vins blancs et rouges, les assiettes de mets luxueux, dont l’odeur appétissante laissait présager d’infinis délices. Mais, apparemment, le jeune noble gondorien souhaitait passer aux choses sérieuses dès à présent. Après avoir congédié leurs serviteurs personnels, les deux hommes réunis de part et d’autre de la table lourdement chargée purent engager la conversation qu’ils attendaient tout deux, la raison même de cette réunion étrange entre un riche marchand de la Cité Blanche et un ancien pillard qui s’était hissé à la tête de la moitié du Harondor.

« Seigneur Praven, j’ai demandé à vous voir ce soir afin de pouvoir discuter de la renaissance économique du Harondor, et du rôle que j’aimerais que vous jouiez dedans. Le Sud a cruellement souffert des guerres qui l’ont ensanglanté récemment, et les caisses ont été vidées par le conflit contre l’Usurpateur. Mais le Harondor et le Harad regorgent de richesses introuvables au Nord : des tapis d’une incroyable qualité, des épices rares, de l’or, et de nombreuses autres choses dont le Nord raffole, n’est-ce pas ? »

Taorin découpa un morceau de poisson et l’avala tout en regardant son interlocuteur de son dernier œil valide. La chair blanche fondait en bouche, et le Chien Borgne s’autorisa un bref moment de relâchement avant de reprendre.

« J’aimerais vous proposer une offre qui vous intéressera particulièrement, je pense. Je peux en effet diminuer fortement les droits de douanes sur d’éventuelles expéditions commerciales entre le Harondor et le Gondor, tout en vous garantissant la protection associée à mon nom et à mon statut, que ce soit contre des brigands dans le désert ou des pirates en mer : peu oseraient s’opposer aux Neufs et à l’Emirat. Vous auriez ainsi un net avantage par rapport aux autres marchands qui souhaiteraient s’implanter dans le Sud, et vis-à-vis de ceux qui souhaiteraient importer des biens du Harondor. »

Laissant le jeune marchand réfléchir aux gains d’une telle offre, Taorin prit quelques gorgées d’un vin blanc gondorien particulièrement bon, puis attrapa quelques mets pour flatter son palais. Face à lui, le marchand devait se demander pourquoi une telle offre lui était proposée, quel en était le prix. Pourquoi lui, et pas un marchand bien plus riche, bien plus influent ? Auraient-ils été trop difficilement contrôlables ? Trop dangereux pour le Sud, trop aptes à se rendre irremplaçable et à gagner un pouvoir trop important ? Après avoir repris une autre bouchée, le Chien Borgne continua.

« De plus, afin de consolider les liens entre nos deux peuples, afin de mieux nous comprendre et de préserver la paix, je souhaiterais que vous vous associez avec un marchand harondorim pour toutes vos entreprises entre le Nord et le Sud. Vous bénéficierez tous deux des mêmes avantages, ainsi, par cette association, tout le monde profitera de ces échanges commerciaux. » Le borgne riva son regard dans celui du noble gondorien, et demanda : « Qu’en pensez-vous ? »

HRP : Désolé pour le retard :/


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Evart Praven
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Dim 13 Juil 2014 - 20:13
Ainsi le seigneur haradrim essayait de l'appâter en faisant miroiter les formidables richesses du Sud, en effet, quel marchand ne rêvait pas de sacs pleins d'épices de monceaux d'or, de sculptures de corail, … Cependant Evart n'était pas dupe, les ressources du Nord était tout autant sinon plus vitale aux suderons pour survivre et se maintenir face aux puissants royaumes voisins. Tout naturellement il répondit :

- Et ils nous sont tout autant nécessaires que le sel, le bois de construction, les minerais de fer, de cuivre, d'étain ou d'argent, les armes ou les draps de laine et de chanvre vous le sont.

Le suderon borgne n'était évidemment pas idiot et avait certainement compris que ces ressources étaient absolument vitales alors que ce qu'il proposait n'était, au final, que de « l’agrément » même s'il se vendait fort cher. Ce faisant, le jeune marchand pouvait établir un « rapport de force » en mettant tout le monde d'accord sur le commerce que chaque pays faisait. Portant son verre à ses lèvres, Evart écouta avec attention le Seigneur Taorin lui faire son offre. Il commençait bien évidemment par la partie intéressante de l'opération qui se révélait tout à fait intéressante justement ! Certes ces rêves les plus fous auraient été un monopole du commerce entre son émirat et le Gondor mais une clause de marchand le plus favorisé était une opportunité rare et très intéressante.

Le jeune homme ne chercha pas à répondre pour laisser l'occasion au suderon de continuer sa proposition par l'aspect moins intéressant qui était en effet très agaçant pour Evart en « l'associant » à un marchand local. C'était typique de l'ineptie commerciale des dirigeants de ce monde, le commerce n'était pas de la politique. Il ne suffisait pas d'additionner les alliances entre peuples pour gagner une guerre. Quoiqu'il en soit il comptait bien négocier au mieux cette proposition et déclara au Seigneur Taorin :


- Nous sommes entre nous, Votre Altesse, et nous parlons affaires alors inutile de jouer de rhétorique, nous pouvons parler franchement. Avant toute chose, je désirais savoir de quel type d'association vous parler.

A la vérité, c'était ce que craignait le gondorien puisqu'il devrait partager la tête de la compagnie. Le jeune homme comprenait tout ce que cela impliquait et c'était complètement hors de question puisque ces bénéfices seraient divisés d'autant, d'ailleurs Taorin placerait certainement un homme de paille qui lui reverserait les bénéfices. D'une voix enjouée, il répondit :

- Votre Altesse, je dois avouer que votre affaire est particulièrement alléchante et très généreuse mais, sa voix se coupa puis reprit doucement, je ne peux l'accepter. Comprenez. Je prends beaucoup de risques puisque je dois investir de fortes sommes pour armer des navires, recruter des équipages et engager des capitaines compétents et probes tandis que Radamanthe et ses hommes feront tout pour empêcher le commerce entre votre émirat et le Nord, et cela, malgré toute la protection que vous m'offrez. Plus encore je ne peux espérer des gains suffisants pour amortir l'investissement nécessaire. En effet, avoir deux dirigeants à la tête d'un commerce n'a jamais été gage de son bon fonctionnement et, éloignés de centaines de lieux, le dysfonctionnement sera inévitable et engendrera des pertes bien supérieures à toutes les baisses de taxes que vous pouvez nous offrir. A moins bien sûr que vous souhaitiez nous proposer le monopole de ce commerce.

L'émir Taorin sembla esquisser un mouvement de tête comme s'il allait protester ou même accepter mais Evart le prit de vitesse car son objectif n'était pas d'obtenir ce monopole, il visait plus loin.

- Non, non. Ne vous inquiétez pas. Je sais bien que cela porterait préjudice à votre commerce et que cela n'est donc pas envisageable. Mais comprenez bien que ce problème est absolument central et, d'autant plus, qu'à l'issue de cela, vous me demandez de partager avec lui la moitié des bénéfices que nous pourrions réaliser. Malgré toute ma volonté de faire affaires avec votre pays, le prix est bien trop élevé pour moi.

Le jeune noble marqua une pause pour lui laisser le temps de réfléchir puis il reprit. Au cours d'une négociation il fallait savoir la diriger là où on voulait qu'elle aille. C'était le risque quand un homme de guerre prétendait s'élever parmi les gens civilisés. Il ne maîtrisait pas les codes. Mais il y avait une autre possibilité qu'il cherche à le manipuler. Quoiqu'il en soit, il continua:

- Si vous étiez prêt à revenir sur ce point, vous trouveriez en moi votre plus indéfectible allié à Minas Tirith … et nous n'avons pas encore parlé de ça. Vous ne voulez pas que des rentrées d'argent dans vos coffres et je suppose que vous ne m'avez pas choisi au hasard. Vous m'avez choisi parce que je suis sans scrupules dans la poursuite des mes intérêts et, qu'au regard de ma fortune actuelle, les bénéfices du commerce avec votre émirat me placeront à votre disposition. Vous ne trouverez jamais un homme avec plus d'avenir qui est susceptible de travailler avec vous et nous le savons tous les deux. Vos immenses talents de guerrier et de général ne vous suffiront pas pour diriger le pays.
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Taorin
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Sam 30 Aoû 2014 - 18:28
Taorin écoutait silencieusement le jeune noble gondorien tout en continuant à déguster distraitement son assiette. Son interlocuteur semblait relativement enthousiaste concernant son offre, mais avait, bien entendu, ses propres conditions. Il refusait ainsi de s’associer avec un harondorim pour mener ses affaires avec le Sud, mais proposait en échange ses services pour un certain nombre de tâches sans doute peu légales afin de soutenir le nouvel Emirat encore fragile. Le Chien Borgne sourit : même s’il avait espéré profiter des entreprises commerciales du noble gondorien pour permettre au Harondor et à Dur’Zork de s’enrichir plus rapidement, gagner un tel agent, avec de telles relations, valait bien quelques milliers de pièces d’or. Et même s’il perdait un moyen de pression, il lui en resterait suffisamment pour s’assurer une parfaite loyauté de son nouvel allié.

« Il serait en effet bénéfique à l’Emirat de posséder des amis tels que vous. J’abandonne donc l’idée de cette association avec un marchand harondorim. Cependant, je vous demanderais de prêter une oreille attentive à diverses requêtes qui pourraient vous parvenir du Sud : rien d’impossible ni de dangereux, bien sûr, juste quelques menus services de temps en temps. Quelques hommes à engager, quelques informations à rassembler, guère plus. Rien de répréhensible ni de déshonorant, bien sûr. Je pense qu’un tel accord pourrait vous convenir. »


Taorin scruta Evart, impassible. Il serait toujours possible de le manipuler grâce à l’appât du gain, et, plus tard, par la menace de révéler ses trahisons au gouvernement du Gondor et aux services de l’Arbre Blanc, bien que cela ne risque de condamner une majeure partie des opérations que pourrait mener l’Emirat au cœur du plus puissant des royaumes de l’Ouest. Enfin, après que son entreprise commerciale ait été infiltré par un grand nombre d’agents de l’Emirat, le jeune noble du Gondor se rappellera plus facilement les intérêts que le Sud et lui partagent. Ainsi, grâce à un menu sacrifice sur les revenus des taxes commerciales, l’Emirat gagnait un agent au cœur même du Gondor, un agent dont le rang et le domaine d’activité offriraient de nombreuses occasions de rendre un service au Sud.

« Si vous acceptez ces termes, je vous demanderais alors un petit service : vous n’êtes sans savoir que je possède de nombreux intérêts à Umbar, et n’ignorez pas le principale activité de nombreux des puissants des Havres du Destin. Il s’agit bien entendu d’activités déplorables, mais, en les canalisant, je ne doute pouvoir transformer ces entrepreneurs libres, comme nous pourrions les appeler, en honnêtes marchands et honnêtes capitaines. Bref. Etant donné que les navires que vous affréterez seront intouchables, certains au sein des Neufs pourraient s’élever contre de tels avantages : il me faudrait donc rediriger leur possible colère vers d’autres individus. Vos rivaux en commerce, par exemple. Je souhaiterais donc que vous vous procuriez les itinéraires du plus de navires de commerce possible traversant la Baie de Belfalas. Je suis certain que vos relations dans le milieu des affaires vous permettront d’avoir facilement accès à ces informations qui, pour tout autre individu, se révéleraient inaccessible. »

Le Chien Borgn,e sourit, et resservit du vin, attendant la réponse d’Evart Praven…

*** *** *** *** ***

Le noble gondorien et le nouvel émir de Dur’Zork sortirent dans la rue, éclairée par plusieurs torches et par la lumière de la lune. Leurs serviteurs les suivaient, quelques pas derrières. Allant dans la même direction, ils marchaient en discutant, profitant de la clémence du temps après cet hiver si rude.

« Messire Praven, je m’aperçois être ici dans un cité que je connais à peine. Je n’ai eu l’occasion de venir à la Cité Blanche qu’une seule fois, il y a cinq ans déjà, en mission pour l’Emir Meakil oth Duzingi, qui, alors, souhaitait demander l’aide du Gondor pour lutter contre les Orientaux. Je n’avais alors guère eu le temps de découvrir cette forteresse. Peut-être accepterez-vous de m’indiquer quelques lieux particulièrement… » Taorin s’arrêta brusquement et se retourna, scrutant les ombres des ruelles derrière eux, avant de reprendre : « Excusez-moi, j’ai cru voir quelque chose… Je disais donc : accepteriez-vous de m’indiquer quelques lieux que je ne saurais ignorer alors que je suis ici ? »


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Ryad Assad
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Dim 31 Aoû 2014 - 20:34
- Allez, j'te parie q-que j'te bats au bras d'fer... T'as p-peur ou quoi ?

L'absence de réponse fit froncer les sourcils au type franchement éméché qui venait de prendre la parole. Il n'était pas particulièrement costaud, mais de toute évidence l'alcool lui donnait autant d'ailes que de muscles. Il n'avait malheureusement pas prévu la boîte contenant le cerveau, et il avait l'air parfaitement ridicule, à chercher querelle lors d'un jour aussi heureux. Le Roi Aldarion et la Princesse Dinael avaient décidé d'officialiser leur union à Minas Tirith, ce qui était un symbole fort et une magnifique occasion de ramener la paix en Terre du Milieu. Qui pouvait encore vouloir l'affrontement, alors qu'on célébrait de toutes parts l'union de deux êtres pour le meilleur, espérait-on ? Mais de toute évidence, certaines personnes ne pouvaient pas s'en empêcher. L'homme, assis tranquillement à sa table, paraissait plus qu'ennuyé par ce vacarme dérangeant, et quand il vit arriver une patrouille de gardes au loin, il les interpela du geste. L'ivrogne parut outré :

- Q-quoi ? T'ap-ppelles les z'autres ? Allez voir ailleurs si j'suis pas là-bas !

Il se tourna vers les gardes, qui s'occupèrent rapidement de son cas. Deux hommes vinrent le saisir par les bras, sans violence mais avec fermeté, et l'emportèrent au loin. Il allait probablement passer la nuit dans un endroit où il ne dérangerait personne, à moins qu'on décidât de le raccompagner chez lui. Cela dépendait de l'humeur des soldats qui l'encadraient désormais, et qui l'aidaient à marcher sans tituber de trop. L'homme assis à sa table le regarda s'éloigner, avec un léger sourire aux lèvres : quel acteur, tout le monde n'y avait vu que du feu.

Il reporta son attention sur le centre de son attention, qu'il apercevait encore péniblement à une soixantaine de mètres, en dépit de l'obscurité régnant à l'extérieur. Il plissa les yeux, tandis que les autres clients se désintéressaient progressivement de lui, maintenant que l'orage était passé, et le malotru parti. Lâchant une poignée de pièces sur la table, en guise de pourboire, il se leva avec souplesse, rajusta son pourpoint de cuir, et quitta l'établissement miteux qui avait installé des tables à l'extérieur pour permettre à ses clients de profiter de la chaleur estivale. Ah, qu'il faisait bon en cette saison, après l'hiver terrible qu'ils avaient souffert. Le Général Cartogan avait autorisé les débits de boisson à installer des terrasses en extérieur s'ils le souhaitaient, et il régnait une bonne humeur communicative dans les rues. Certains dansaient, d'autres chantaient, d'autres jouaient d'un instrument avec l'air absent de ceux qui sont dans leur bulle et qui font abstraction du monde. A certains, on offrait volontiers des applaudissements nourris, à d'autres on donnait quelques sous pour récompenser et encourager leur talent. C'était vraiment une ambiance superbe.

Derrière l'homme, trois individus se levèrent tranquillement, sans cesser de le fixer du regard. Ils étaient tout de noir vêtus, et ils rabattirent instantanément leur capuche sombre sur leur tête, dissimulant leurs traits à la vue de quiconque. Puis, sans cesser de fixer l'autre type, ils lui emboîtèrent le pas, tandis qu'il filait dans la rue à la recherche de quelque chose. Il ne jeta pas un regard en arrière, et se contenta d'écouter les informations que ses oreilles lui transmettaient. Les trois hommes restaient à une distance constante, et ne semblaient pas avoir envie de l'approcher outre mesure. C'était tant mieux. Ils auraient regretté tout geste menaçant à son égard, c'était certain. Les armes n'étaient pas autorisées dans la ville, mais il n'en avait pas besoin pour se défendre, et ces trois types ne paraissaient pas de taille à rivaliser avec lui.

Il prit à droite, et avisa des torches qui brûlaient, dispensant une lumière faible mais suffisante pour permettre de voir qui allait et venait dans ces rues. Une mesure sage de la part du Général Cartogan, qui rendait les rues un peu plus sûres. Tout du moins en apparence, car ceux qui voulaient réellement commettre un quelconque forfait ici avaient tout le loisir de le faire. Toute la politique du duo qui gouvernait la cité, à savoir Cartogan et l'Intendant Alcide d'Illicis, reposait sur l'illusion. Ils n'avaient certainement pas assez d'hommes pour quadriller comme il l'aurait fallu les rues de Minas Tirith, mais ils faisaient de leur mieux pour donner une impression de sécurité, qui se répandait comme une traînée de poudre. Les gardes n'étaient pas plus nombreux, mais plus visibles, et on offrait de beaux discours aux habitants, sur les vertus d'une sécurité accrue, sur le grand pas en avant de l'interdiction des armes à la capitale, pour éviter que se reproduisît un événement aussi tragique que l'assassinat du Prince. Mais en réalité, qui voulait s'offrir une arme pouvait en trouver une : il suffisait de savoir où demander, et de mettre le prix.

En l'occurrence, les trois hommes n'avaient pas d'armes, c'était certain. Ils n'avaient pas les moyens de s'en payer une, par les temps qui couraient, et ils n'auraient jamais pris le risque d'être pris en possession d'une dague ou d'un poignard. Les prisons de Minas Tirith étaient remplies de petits malins qui avaient cru pouvoir défier le système, et désormais la leçon avait été comprise. Cela réduirait probablement le nombre de crimes dans la Cité Blanche, mais pour un temps seulement. Quand les bandits, malfrats et truands en tout genre auraient compris comment s'approvisionner, tout cela s'effondrerait comme un château de cartes balayé par le vent.

L'homme seul avisa quatre silhouettes qui se trouvaient en face de lui. Deux semblaient en grande discussion, deux autres paraissaient un peu en retrait. Il se permit un petit sourire, et il força l'allure pour se rendre jusqu'à eux, avec sur le visage une expression aussi naturelle et détendue que possible. Ils tournèrent une nouvelle fois, et le sifflement qu'il leur adressa, ténu, demeura sans réponse. Peut-être l'avaient-ils perçu, mais tout au plus devaient-ils l'interpréter comme un souffle de vent particulièrement angoissant. Jetant un regard derrière lui, l'homme vit que seulement deux des hommes qui le suivaient étaient encore là. L'autre devait être parti sur une autre route, pour barrer le passage. Assurément, ils entendaient faire une battue, et bloquer toutes les issues à leur proie, pour ne lui offrir aucun échappatoire. Les gardes avaient été distraits de manière fort habile, et ils étaient dorénavant trop loin pour intervenir. Dommage. L'homme força encore l'allure, et s'approcha des quatre silhouettes qui marchaient côte à côte.

- Bonsoir, messires ! Pardonnez-moi, mais vous avez fait tomber ça...

Il tendit sa main ouverte, et les quatre silhouettes s'approchèrent pour regarder. Il en profita pour les dévisager intensément. De toute évidence, ils allaient par paire. Le premier, jeune, de bonne naissance, paraissait tout à fait intrigué par cette interruption, et peut-être légèrement agacé. Avait-il été coupé en plein milieu d'une phrase de la plus haute importance ? Comment savoir ? Il avait avec lui un serviteur qui n'avait rien de très impressionnant, tout au plus un individu chargé de prendre des notes pour lui. Un duo fort intéressant. Le second type, lui, avait l'air dangereux. Il ressemblait à un pirate, avec son bandeau qui lui cachait l'œil qu'il avait probablement perdu à la guerre, et avait sur le visage un certain nombre de cicatrices qui attestaient d'un parcours taillé à la pointe de l'épée. C'était le fameux Capitaine Taorin, récemment nommé Gouverneur de Dur'Zork. On ne parlait que de lui au mariage, et de sa rivalité avec l'Emir Radamanthe, dont le territoire avait été en parti conquis. L'homme qui l'accompagnait, de belle taille, était de toute évidence son garde du corps. Il avait les muscles noueux, l'air peu amène, et la carrure qui convenaient tout à fait au poste.

Les quatre hommes s'approchèrent de cette main tendue, signe universel d'amitié, et plongèrent le regard dans ce que contenait cette paume amie. Et, lorsqu'ils y virent une pièce de piètre valeur, ils eurent un moment d'hésitation. Moment qui leur coûta cher. L'homme laissa tomber sa pièce, et adressa un superbe coup de poing au Chien Borgne, en pleine mâchoire. Un uppercut d'une violence terrible qui par chance n'avait pas déchaussé de dent au Capitaine, mais qui devait lui donner l'impression d'avoir été piétiné par un Mûmak. Taorin se retrouva à terre immédiatement, complètement sonné, du sang plein la bouche, tandis que les trois silhouettes noires sortaient de toutes parts pour parachever l'assaut.

Deux d'entre elles jaillirent depuis les arrières de leur chef, et sur l'ordre de celui-ci, se ruèrent sur le garde du corps, qui paraissait être le plus menaçant des trois restants. Un redoutable corps à corps s'engagea, alors que le Haradrim était fermement saisi à la taille, tandis qu'un autre le rouait de coups à s'en faire saigner les jointures. Les assauts n'étaient pas précis, mais étaient d'une férocité extrême, à faire pâlir. Ces hommes compensaient l'absence d'arme blanche par une détermination sans faille, et une volonté de fer. Ils allaient tuer leurs adversaires à mains nues.

Celui qui s'était éclipsé arriva de derrière, et plongea sur le valet du nobliau. Il le plaqua au niveau des reins, et l'envoya à terre sans ménagement, retombant de tout son poids sur sa pauvre victime. Sans lui laisser le temps de se relever, il lui saisit fermement les cheveux, et abattit sa tête sur le pavé. Le premier choc fut d'une violence extrême, et on entendit distinctement les os craquer contre la pierre. Le deuxième fut accompagné d'une gerbe de sang, qui éclaboussa l'assassin, se répandit sur le sol avec un bruit visqueux. Le troisième fut de loin le plus horrible, et le bruit atroce qui en résulta ne laissa pas de doutes sur le sort du malheureux qui, pris par surprise, n'avait eu aucune chance. Mais le fou furieux qui le tenait continua son œuvre, et entreprit de détruire méthodiquement ce qu'il restait du visage du serviteur.

Pendant ce temps, le chef s'était approché du Gondorien qui traitait avec un Haradrim, traître à sa patrie et à sa race. Son poing se détendit à une vitesse fulgurante, et vint frapper le marchand au nez. Il n'y eut pas de cassure, mais le sang se mit à couler comme un torrent que rien ne pouvait arrêter. Le nez était un point extrêmement sensible, et il était particulièrement incapacitant de recevoir un coup à cet endroit précis. Tandis qu'il reprenait ses esprits, l'homme lui adressa un redoutable crochet du droit, qui l'envoya au tapis. Le marchand ne pouvait tout simplement pas rivaliser avec un adversaire de son calibre, et l'assassin le savait. Il lança un coup de pied vicieux à sa victime du jour, en plein dans l'estomac, pour lui couper la respiration. Puis il asséna un coup de talon au niveau de son genou, avec l'espoir de le briser. Raté, même si la douleur devait être terrible. La souris se débattait contre le chat qui cherchait simplement à s'amuser. Levant son talon au-dessus de la tête du Gondorien, avec la ferme intention de faire s'abattre sur son crâne quatre-vingt kilos de muscle, le tueur ne vit pas venir la menace.

Un adversaire qu'il avait peut-être un peu rapidement considéré comme hors combat venait de faire son apparition. Il s'était relevé, et s'était jeté sur lui au niveau des hanches pour le faire tomber par terre. Au sol, le chef des tueurs se débattit et réussit à échapper à l'étreinte du Haradrim. Toujours sur le dos, il vit le marchand ramper près de lui. Essayait-il de s'enfuir, ou bien d'aller chercher de l'aide ? Pas le temps de le deviner. Sa jambe partit brusquement, et son talon vint heurter le visage dressé devant lui. La lèvre éclatée sous la puissance de l'impact vomit à son tour son flot de sang, tandis que la pommette du Gondorien venait de s'ouvrir, laissant une belle marque sombre. Délaissant cet adversaire, l'assassin se remit debout, et envoya une succession de coups aussi précis que puissants à Taorin, qui finit par céder. Un crochet au foie, un crochet au menton, et le pirate se retrouva au sol.

Vif comme l'éclair, l'homme se jeta sur le Seigneur Pirate, et referma ses mains autour de son cou, serrant de toutes ses forces, appuyant de tout son poids pour écraser sa trachée, pour broyer sa nuque sur le pavé. Il n'était pas là pour plaisanter, et Taorin avait moins d'une vingtaine de secondes pour réagir, sans quoi il risquait de perdre connaissance, et en définitive d'y laisser la vie. Un sourire carnassier apparut sur les traits de celui qui s'estimait déjà vainqueur, et il détourna son attention une fraction de seconde, pour crier :

- Arrête de t'acharner sur ce corps, et occupe-toi de l'autre !

Un petit saut de concentration. Une petite seconde d'inattention. Une petite faille dans une garde jusque là parfaite. Une seule opportunité pour un condamné de changer son destin...


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Taorin
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Lun 10 Nov 2014 - 0:42
L’agresseur l’écrasait de tout son poids, ses deux mains fermement serrées autour de son cou, écrasant sa trachée, empêchant le moindre filet d’air d’atteindre ses poumons. Penché sur lui, son souffle rance lui réchauffant le visage, le malandrin semblait apprécier la mise à mort, ses yeux pétillant d’amusement alors que la vie de sa victime arrivait à son terme. Se débattant faiblement, le borgne riait intérieurement de l’ironie de la situation : ainsi, après avoir vaincu les armées de ses ennemis, il périrait de la main d’un vulgaire meurtrier de pacotille, d’une petite frappe des bas-fonds de la Cité Blanche.

Mais soudain, une occasion se présenta : l’homme se redressa quelque peu, tournant la tête vers son compagnon qui l’appelait, et relâcha très légèrement sa prise sur le cou du nouvel Emir. Il n’en fallait guère plus pour que ce dernier ne saisisse sa chance, et il profita de la distraction de son assassin en puissance pour le frapper violemment de sa main gauche, son poing s’écrasant contre la mâchoire de son ennemi, la lourde chevalière qu’il portait imprimant son motif dans la peau crasseuse du meurtrier. Le coup manquait de puissance, mais il fit tout de même lâcher prise à l’assassin, laissant l’opportunité au Chien Borgne de le repousser de sa main droite et de se redresser quelque peu. Son adversaire tomba, se réceptionnant sur son avant-bras qui heurta les pavés, et se retourna juste à temps pour voir la botte de l’Emir s’écraser sur son visage en un craquement sinistre, le nez éclatant sous l’impact. Taorin profita de la confusion de son ennemi pour se relever, encore sonné, certes, mais prêt à se battre. Face à lui, l’assassin, la main gauche plaquée sur son visage, du sang coulant entre les doigts jusqu’à sa tunique, reculait, ses fesses trainant sur les pavés, cherchant à s’écarter suffisamment de sa proie devenue prédateur pour pouvoir se relever et, peut-être, revenir dans le combat.

Bien qu’haletant et souffrant des multiples coups reçus, le Chien Borgne s’avança vers son adversaire et lui décocha un coup de pied circulaire avec toute la force qui lui restait : le tueur leva son bras pour se protéger, mais il ne put qu’absorber une partie du coup et sa tête partit heurter durement les pavés, les salissant du sang qui s’écoulait désormais aussi de sa tempe. Le considérant hors de combat pour l’instant, Taorin tourna son attention vers les trois autres ennemis encore debout : l’un était accroupi par-dessus le corps sans vie du serviteur du jeune noble gondorien, fracassant méthodiquement le visage du pauvre hère avec un ricanement de fou à chaque fois que la bouillie sanglante qui avait été une face heurtait les pavés ensanglantés ; un second était aux prises avec le garde du corps de l’Emir, un Chien du Désert vétéran de plusieurs campagnes, qui faisait ici preuve de ses talents pour le combat ; le troisième et dernier opposant se relevait lentement, durement touché par les coups du haradrim, mais encore apte à se battre.

Taorin s’avança pesamment vers ce dernier, et, alors que son adversaire se relevait à peine, les bras pas encore en position de garde, le Chien Borgne lui décocha un crochet du droit, pivotant autour de son pied gauche pour ajouter encore un peu de force à son coup. Mais son ennemi réussit à reculer sa tête, évitant de justesse le poing menaçant du haradrim. Malheureusement, la manœuvre le déséquilibra légèrement, l’empêchant de saisir l’occasion de frapper le côté dégagé de l’Emir, et laissant même à ce dernier le temps de se remettre en garde. Taorin chercha à conserver son avantage, et pressa son adversaire, enchaînant les coups, le souffle court et le visage crispé par la douleur des contusions laissées par l’autre meurtrier en puissance qui gisait désormais sur les pavés, hors de combat. Plusieurs coups réussirent à passer la garde du second tueur, mais chaque attaque e faisait légèrement moins vive, légèrement moins puissante que la précédente : la fatigue commençait à se faire sentir, la douleur à le ralentir. Il allait lui falloir terminer rapidement ce combat s’il souhaitait pouvoir venir en aide à son garde du corps qui affrontait le chef des assassins. Mais son adversaire n’entendait pas se laisser faire, et, sentant instinctivement le léger relâchement dans les attaques du Chien Borgne, passa à l’offensive et répondit violemment aux uppercuts et autres attaques du haradrim.

Affaibli par son précédent combat contre le truand désormais gémissant à terre, le capitaine des Chiens du Désert céda du terrain face à son nouvel opposant, tentant de protéger ses côtes déjà douloureuses des coups de poing du malandrin qui lui faisait face. Il bloqua une attaque du bras gauche, sentant le coup se répercuté dans toute la moitié gauche de son corps, et tenta de contre-attaquer avec une droite rapide, qui, par chance, réussit à passer la garde de son ennemi pour heurter ses côtes avec un bruit sourd. Le tueur grimaça de douleur, mais, malheureusement, le coup n’avait pas été porté avec suffisamment de force pour pouvoir lui briser un os ou l’handicaper sérieusement : tout au plus aurait-il un hématome guère étendu suite à l’impact. Le combat continua donc, les deux hommes fatiguant peu à peu, mais l’aîné des deux, Emir de son état, risquant d’arriver plus rapidement à ses limites.

Non loin, le dernier assassin cessa de s’amuser avec la tête défoncée du serviteur d’Evart, et, semblant prendre conscience de la situation, se releva au-dessus du cadavre ensanglanté du pauvre gondorien et l’enjamba tout en souriant, les poings poisseux du sang versé, son regard fou rivé sur le jeune noble du Gondor…


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Evart Praven
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Jeu 15 Jan 2015 - 21:29
Alors que le dîner traînait en longueur, Evart convenait des modalités et de divers détails avec le tout nouvel émir. On aborda tout d'abord la question des reconnaissances des marchands et navires du jeune marchand et on convint que les bateaux portant une bannière convenue et les marchands devraient disposer de lettres marqués. On se décida pour délivrer une quinzaine de lettres, ce qui semblait amplement suffisant pour faire un bon et solide commerce avec le Harad. On régla ensuite un certain nombre de détails jusqu'à la fin du repas. Lorsque celui-ci fut fini, le jeune homme indiqua tout de même au seigneur du Sud :

- Concernant notre affaire, il me reste encore quelques points qui pourraient poser problème.Tout d'abord, je dois m'assurer que ce contrat respecte en tout point le droit marchand et ne pas risquer d'être dans l’illégalité. En outre, je dois obtenir une autorisation pour exporter certains matériaux et biens pour un autre pays, même si je suis prêt à beaucoup pour l'obtenir, je ne suis pas certain de l'obtenir. Je ferai au mieux dès demain.

Le repas avait été particulièrement fameux. Bien qu'aisé et appréciant la bonne chère, Evart avait l'esprit économe et mangeait d'habitude assez simplement. Un bon dîner était donc assez rare et le jeune homme en avait profité. Ils poussèrent donc les lourdes teintures qui barraient l'entrée de l'alcôve et parcoururent rapidement les diverses tables de l'auberge. A la réflexion, c'était un excellent établissement et le jeune homme se sentait prêt à y revenir de temps à autres. Sortant de l'établissement, Taorin et Evart purent discuter de choses plus banales.

- J'ignorais que vous fûtes un temps un allié précieux du Gondor, comme quoi, les choses changent. Il y a beaucoup de lieux que vous pouvez visiter à Minas Tirith, je vous conseille particulièrement notre majestueuse cathédrale, les bibliothèques ou, si vous voulez quelque chose de plus original, je vous conseille vivement les maisons de guérison, elles sont tout à fait charmantes. Tant qu'on est au sommet de la Cité, vous pouvez tout autant visiter le Palais Royal, un ouvrage fameux avec une vue splendide sur les champs du Pelennor et, à coté, la nécropole de Rath Dinen où reposent nos rois.

Lorsqu'ils furent assez loin de l'auberge, un étrange et impoli personnage les interpella pour leur tendre une bourse que le jeune homme n'avait jamais vu. Mettant quelques secondes à comprendre, Evart se rendit compte que ces hommes n'étaient pas des ivrognes rentrant de quelque festivité mais bien des coupe-jarrets. Ayant à peine le temps de réaliser, ce fut tout à coup un cataclysme … l'apocalypse. Celui qui semblait être leur chef lui projeta un violent coup de poing dans le nez qui projeta un flot de sang. Une fraction de seconde plus tard, ce fut au ventre du jeune homme de recevoir un coup de poing qui le projeta à terre. Une fois au sol, l'homme continua de le rosser d'un violet coup de pied. Par chance quelqu'un se jeta sur le chef et Evart tenta de ramper pour s'enfuir péniblement et appeler à l'aide mais il n'eut guère le temps de réfléchir puisqu'on le frappa à nouveau.

Ce passage à tabac créa une sentiment de panique chez le jeune homme. Pas seulement à cause de la douleur qui était intense mais aussi à cause du choc « psychologique ». Il avait fui l'Ouest pour échapper à la violence de ses frères qui n'hésitaient pas à l'humilier et à le frapper régulièrement avec grande violence pour se retrouver ici malmené par des écorcheurs. A mesure que les souvenirs remontaient à son esprit, il se tétanisait jusqu'au moment où le choc fut tel que son esprit sembla vagabonder sans comprendre la douleur que son corps ressentait. Puis, tout à coup, il fut atteint d'une rage incontrôlable.

Apercevant que l'une des brutes s'amusait à écraser toujours plus la tête de son honnête serviteur, le nobliau récupéra une grosse pierre par terre et se jeta sur lui. La colère qui l'atteignait brouillait ses sens et l'empêchait de ressentir quoique ce soit. Le plus brutalement possible, il abattit la pierre sur le crâne du criminel qui tenta de se retourner. Le jeune homme le frappa encore une fois puis une autre fois, cette fois-ci en plein visage. Le meurtrier saignait abondamment mais reprit l'avantage en donnant un grand coup de poing dans le visage du garçon qui laissa tomber son caillou. Immédiatement Evart tenta de parer au plus pressé en tentant d'étranger son adversaire mais celui-ci riposta en décidant de faire de même. Petit à petit, le jeune noble suffoquait tandis que le criminel semblait rire de la situation :

- Alors mon petit. On se débat ? Ne t'inquiète pas, je te tordrais le coup d'ici quelques minutes.

Malgré son halètement, son ton était arrogant et il se moquait ouvertement de le physique chétif du petit noble. Décidément tout lui rappeler sa vie à Padraig et ses grosses brutes de frères. Voyant sa rage décuplée, Evart relâcha son emprise sur le coup de son adversaire et lança ses pouces sur les yeux de son ennemi qui s'enfoncèrent dans leurs orbites comme dans du beurre. Dans un excès de rage bienvenu, l'homme le repoussa violemment et, maintenant aveugle, tenta de le retrouver pour l'achever. Evart était péniblement allongé quelques pas plus loin et se défendit par de grands coups de pied qui achevèrent d'écraser la face de cet assassin. Retrouvant son caillou, il finit le travail en se projetant sur l'homme pour l'achever d'un grand coup à l'arrière de la tête qui acheva de disloquer son crâne.

La mort de cet homme agit comme un coup de tonnerre pour le jeune homme dont le stress commençait à redescendre avec lui, la rage. A contrario, la douleur et la fatigue refaisait son apparition et commençait à le paralyser. Essayant de profiter au maximum de l'énergie qui lui restait, il se leva et se dirigea péniblement vers le pirate qui assaillait Taorin. Avec raison, le criminel décida qu'il était plus intéressant d'éliminer son ennemi le plus faible avant de s'attaquer au gros morceau. Il envoya donc un violent coup de pied dans le genou du garçon qui s'affaissa avant de le repousser d'un coup de genou dans le sternum. Evart s'attendait à ce résultat mais espérait avoir donné suffisamment de temps à l'émir du Harondor pour agir.

Pour le moment, la douleur l'envahissait et sa vue se troublait. Encore conscient, il se traîna péniblement un ou deux mètres plus loin pour éviter de recevoir un coup malencontreux. Parvenant à s'adosser contre un mur, le jeune homme entra dans un état d'hébétude où son esprit flottait au gré de ses douleurs. N'ayant plus guère de notion du temps, il lui sembla qu'une seconde était passé avant de voir le Seigneur Taorin se planter devant lui. S'il lui parlait, Evart n'entendait rien d'autre que le bruit ambiant comme si la vie continuait autour de lui sans que personne ne s'intéresse à lui. Quelqu'un passait devant ses yeux mais il avait le regard vide fixant un point à l'horizon. Puis, tout à coup, un réveil brutal, Taorin venait de lui donner une gifle pour le réveiller. Il l'aida à le relever puis le secoua à nouveau pour lui faire reprendre à nouveau ses esprits. Ne parvenant guère à le faire sortir de sa torpeur, il l'emmena jusqu'à la fontaine la plus proche où il l'aspergea à grandes volées. Reprenant difficilement ses esprits, Evart balbutia :

- Je vous prie de m'excuser, je n'ai pas vraiment l'habitude.

Prenant les choses en main, l'émir lui proposa de se rendre jusqu'à son auberge où ils pourraient passer la nuit. Voyant milles objections, Evart reprit ses esprits et sa vivacité pour objecter :

- Je pense qu'il serait plus intéressant de nous rendre chez moi, ce n'est pas très loin et nous y serons plus en sécurité. Déjà je ne suis pas un marchand auquel il faudra quelques sous pour ouvrir sa porte aux spadassins qui veulent notre mort. Surtout, je dispose d'armes qui sont stockées chez moi. Une fois barricadé et armé, je doute que nous ayons à craindre quoique ce soit de la nuit.

Convaincu par ce bref argumentaire, ils se décidèrent d'aller jusqu'à la demeure des Praven. Prenant bien soin de vérifier de ne pas avoir été suivi ou qu'il n'y ait aucune embuscade sur le chemin.Ils arrivèrent sur le pas de la porte et frappèrent lourdement à la porte. Un petit clapet s'ouvrit et le jeune homme reconnut son serviteur qui ouvrit la lourde porte. Une fois entré, ils fermèrent la lourde porte à clefs puis la barrèrent de lourdes poutres avant de faire de même avec la seconde porte. C'était la seule entrée de la demeure et elle était maintenant solidement protégée. Ne craignant rien, ils se dirigèrent donc vers le salon où ils s'installèrent autour d'une petite table. Convoquant rapidement son serviteur, il commanda :

- Va réveiller notre servante qu'elle nous prépare une boisson chaude pour nous remettre de cette agression puisqu'elle vienne nous porter quelques soins. Quant à toi, va chercher les armes qui sont rangées à la cave.

Alors que son serviteur partait à toute jambe, Evart écouta avec patience le Seigneur Taorin qui s'énervait petit à petit. Comme pour le jeune homme, l'excitation du combat semblait redescendre et il laissait plus libre cours à sa colère. En même temps, se faire agresser par des hommes travaillant, au moins contre lui, pour le Roi Mephisto alors qu'il avait un sauf conduit n'était pas banal encore moins élégant. Se pressant de fermer les volets pour éviter d'être épié, le petit noble se retourna et prit une voix posée :

- Votre Altesse, reprenez vos esprits. Sorti indemne, plus ou moins en tout cas, de ce guet-apens vous offre une opportunité tout à fait exceptionnelle. Franchement, enrôler des spadassins pour assassiner quelqu'un a qui l'on remet un sauf-conduit n'est pas une attitude tout à fait digne du plus grand souverain de la Terre du Milieu. C'est une force pour vous dans les négociations qui s'annoncent.

C'est alors que sa servante débarqua en leur amenant un vin chaud aux épices qui fit grand bien à Evart puis il ordonna à son serviteur d'aller fermer l'ensemble des volets de la demeure et barricader la porte d'entrée avant d'amener trois épées puis le jeune homme lui ordonna d'aller préparer des chambres pour ses invités.

- Voila qui devrait nous permettre de passer une nuit en sécurité, je pense que vous devriez partir seulement au petit matin quand les rues seront plus sûres, non ?
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Taorin
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Dim 15 Fév 2015 - 12:36
Après avoir mis en fuite leurs agresseurs, le jeune noble gondorien et le nouvel émir de Dur'Zork se hâtèrent d'aller se réfugier derrière les murs épais de la demeure familiale des Praven. Là-bas, ils auraient enfin des armes pour se défendre contre d'éventuelles nouvelles attaques, et pourraient se reposer un peu, récupérer après le combat éprouvant. Boitant, couverts d'ecchymoses, les rescapés arrivèrent enfin au havre tant espéré. La demeure était spacieuse, digne d'une famille noble de la Cité Blanche. Mais, plus important encore, ses murs étaient hauts, ses portes épaisses et les entrées peu nombreuses : le Chien Borgne, son hôte, ses serviteurs et le Chien éclopé, souffrant vraisemblablement de plusieurs côtes cassées ainsi que de multiples hématomes sur tout le corps, le visage boursouflé, se barricadèrent à l'intérieur. Les serviteurs de la famille Praven apportèrent armes et vin chaud, tout le nécessaire pour tenir durant cette fin de nuit. Taorin s'assit, reposant ses muscles meurtris, profitant du répit si durement acquis.

La nuit se passa sans autres incidents. Les blessures du Chien furent soignées du mieux possible, étant donné les conditions : il aurait sans doute à rester immobiliser quelques temps, après être passé entre les mains plus ou moins expertes du médecin de la compagnie des Chiens du Désert. Profitant de l'hospitalité imprévue d'Evart Praven, le jeune noble et le nouveau maître de Dur'Zork purent continuer à discuter des tenants et aboutissants de leur futur accord, afin d'offrir au Sud un renouveau économique qui le rendrait plus fort, plus apte à défendre son intégrité et à rivaliser avec les Etats plus puissants du Nord et de l'Est. Il était temps que le Harad et le Harondor obtiennent une place de premier rang, qu'ils se tiennent derrière une même bannière.

Lorsque le soleil se leva, et que les rues furent de nouveau sûres, Taorin demanda à l'un des serviteurs d'aller chercher une demi douzaine de ses hommes, afin d'avoir des nouvelles fraiches en même temps qu'une escorte pour retourner à ses quartiers. Il était impératif qu'il obtienne des informations quant à ce qui s'était déroulé cette nuit-là. Tant de choses en dépendaient... En attendant le retour des Chiens, Taorin aborda le sujet du serviteur décédé durant l'attaque, et dont le corps sanglant avait été abandonné dans la ruelle, en compagnie des corps des assaillants mis hors de combat : comment le jeune noble gondorien comptait-il réagir lorsque la garde viendrait frapper à sa porte pour lui demander des explications ? Qu'une telle attaque ait lieu pendant les festivités du mariage d'Aldarion ferait mauvaise impression, et ce genre d'incident aurait tout intérêt à être étouffé dans l'œuf afin de préserver l'image immaculée de l'union entre Dale et l'Arnor. D'autant plus que les motifs de cette attaque restaient flous : avaient-ils réellement osé s'attaquer à un chef d'état en visite diplomatique, ou bien s'agissait-il d'une attaque visant Evart Praven et ayant eu lieu au mauvais moment ? Ou bien n'était-ce qu'une malheureuse coïncidence, et avaient-ils eu à faire à des truands quelconques ? Le Chien Borgne en doutait, sa mâchoire se rappelant douloureusement des coups de ces hommes bien trop déterminés pour être de simples voleurs.

Après plus de deux heures d'attente, huit hommes revinrent enfin : le serviteur gondorien accompagné de sept Chiens du Désert, visiblement sur le qui-vive mais apparemment non armés. Ils pénétrèrent rapidement dans la demeure, refermant la lourde porte derrière eux. Taorin remarqua la présence de Walid, l'un des caporaux des Chiens, bras droit de Khalid, le second lieutenant des Chiens. Sa présence était intrigante : il n'aurait pas dû quitter le gros de la troupe. Seules de graves nouvelles auraient pu justifier sa présence en ces lieux, par cette matinée radieuse. Alors que deux hommes se précipitèrent vers le blessé, le caporal se mit au garde-à-vous, et prit la parole :

« Majesté, nous sommes venus dès que nous avons su où vous vous trouviez. Nous avons fait patrouiller quelques hommes cette nuit dans la Cité pour vous retrouver, mais ils n’ont malheureusement pu vous suivre. J’ai de graves nouvelles à vous apporter : cette nuit, de violentes attaques ont eu lieu contre les Seigneurs Pirates et leurs escortes. Les Seigneurs Reznor et Yse ont pu mettre en fuite leurs agresseurs, et même en capturer un, mais le Seigneur Riordan et son garde du corps ont été tué avant que nous n’ayons eu le temps de réagir : les attaques étaient bien coordonnées, et nous n’avons pu en avoir vent avant le retour des Seigneurs Reznor et Yse. J’ai personnellement dirigé le détachement parti à la recherche du Seigneur Riordan, et nous l’avons trouvé égorgé dans une ruelle non loin du restaurant où il était allé dîner, son garde du corps gisant à ses côtés, le crâne fracassé. Nous avons rapatrié les corps à l’auberge dans la plus grande discrétion, en attendant de vos nouvelles. Nous avons crains le pire. »
Le caporal fit une courte pause, puis continua : « Les Seigneurs Reznor et Yse ont commencé à interroger le prisonnier, et vous attendent le plus vite possible afin de prendre une décision. Nous nous sommes barricadés dans l’auberge, ne pouvant prendre le risque d’en sortir le corps du Seigneur Riordan. Nous avons néanmoins réussi à faire passer quelques coutelas sans que la garde ne les remarque, et le reste de hommes se tient prêt à venir nous aider à quitter la Cité si jamais le besoin s’en fait sentir. »

Une chape de plomb tomba sur le Chien Borgne : tous, ils avaient tous été attaqués. En plein cœur de la Cité censément la mieux gardées des Terres du Milieu à l’heure actuelle. L’identité du commanditaire ne faisait aucun doute : qui pouvait souhaiter la mort de ses ennemis juré, si ce n’était l’ancien Intendant du Gondor ? Mais une attaque si grossière ? Que pouvait-il bien chercher avec de tels actes ? Ne se rendait-il pas compte que sa position serait fortement affaiblie après la révélation de ses actes ?

Il fallait néanmoins quelques éléments de preuve, la rumeur et les accusations ne pouvaient faire totalement perdre pied au Prince d’Ithilien. Il fallait se hâter de découvrir ce que savais le tueur capturé, et faire connaitre ces actes aux bonnes personnes. Taorin se tourna vers son hôte, et lui dit :

« Merci de votre accueil, Seigneur Praven. Je m’excuse pour la mort de votre serviteur, il semblerait que j’ai été la cible de cette attaque hier soir… Que les Neufs aient été visés par ces attaques hier soir… Je vous prie cependant de ne pas ébruiter cela : la nouvelle sera rendue publique lorsque nous aurons pu consolider notre position et pris nos précautions pour éviter de nouveaux incidents aussi dramatiques. » Le Chien Borgne se tourna vers ses hommes, et leur lança quelques ordres en haradrim, avant de se retourner vers le jeune noble gondorien : « Je m’excuse, mais il me faut maintenant prendre congé. Je dois retrouver le reste de la délégation, et nous devons réfléchir à notre riposte face à cette attaque qui ne saurait rester sans conséquences… »

Escorté de ses hommes, l’Emir quitta la demeure de la famille Praven, et se hâta de rejoindre ses anciens pairs…


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Lun 16 Fév 2015 - 0:32
Alors que le cours de la nuit s'écoulait lentement, Evart put finaliser les quelques points qui restaient en suspens dans le contrat qu'il passait avec l'émir. Il venait certes de se faire agresser mais il restait avant tout un marchand intéressé. Rapidement, son invité s'endormit et un serviteur, aidé par un des gardes, l'amena jusqu'à une des chambres pendant qu'Evart partait dans son propre lit. Malgré ses blessures, le choc l'empêcha de trouver le sommeil et, ne parvenant décidément pas à dormir, il prit une position plus confortable pour lire des livres de compte et se permit d'écrire quelques lettres dont une pour le Maître de la Guilde des Épiciers en lui demandant de venir pour s'entretenir des affaires de la Guilde parce qu'il ne pourrait pas se déplacer.

Tout à coup, il entendit un bruit étrange. Sautant péniblement de son lit, il attrapa une de ses cannes pour se déplacer péniblement vers la porte. Tenant son bâton à deux mains, il sortit de sa chambre et se dirigea vers l'escalier. Il n'osait même pas demander si quelqu'un était là, ce qui était idiot de toute façon, et il descendit les escaliers -un véritable calvaire- pour se retrouver face à sa porte d'entrée, toujours lourdement barrée. Prenant à droite, il alla vers le salon pour vérifier s'il y avait quelqu'un. Brutalement, il entendit une voix derrière lui :

- Messire, que faites-vous là ?

Sursautant à cause de la surprise, il s'apprêta à frapper son serviteur avant de se reprendre :

- Je vous prie de m'excuser. Vous m'avez fait peur. Que faites-vous de si bonne heure ?

- Je prépare le déjeuner pour vous et vos invités.

- Ne lésinez pas sur la qualité, ce sont des invités de grande marque.

- Bien, Messire. Avez-vous besoin de moi pour autre chose ?

- Oui. Comme l'a demandé Son Altesse Taorin, vous irez chercher ses hommes dans son hôtel et, au passage, vous remettrez cette lettre à Maître Heagon.

- Bien, messire. Avec vôtre permission ?


Faisant signe de la tête, le jeune homme lui tendit le pli et remonta à l'étage pour se préparer pour cette rude journée. N'ayant pas le temps de prendre un bain, il se débarbouilla longuement avec un linge humide puis il s'habilla en prenant tout son temps : une chemise propre, des chausses beiges et un pourpoint clair. Bien qu'il s'habilla généralement avec des vêtements sombres, il avait aujourd'hui besoin d'être moins blafard que d'habitude. Pour dissimuler ses blessures au nez, à l'arcade et à la joue, il se poudra le visage assez légèrement pour que la couche dont il plâtra la cicatrice qu'il avait sur la joue et le nez puisse paraître naturelle, enfin discrète en tout cas.

Alors que le Soleil commençait à apparaître, il descendit au salon où une bonne partie du petit-déjeuner était installé. Peu de temps après, les suderons descendirent et on put commencer le repas. Si les hommes du Sud avaient un certain appétit, le jeune homme se contenta d'un simple bouillon, il n'avait décidément pas faim. On aborda alors quelques questions comme ce qu'Evart comptait raconter pour le meurtre d'Harlaus puis le jeune noble demanda à l'émir s'il pouvait accepter de faire un prêt à la Guilde des Épiciers -il ne pourrait que se faire un allié de cette puissance corporation, à peu de frais en plus-. Il fallut près de deux heures pour que les pirates viennent chercher leur maître à la résidence Praven. A la vérité, Evart fut un peu effrayé de voir près de dix hommes débarquer chez lui et ce d'autant plus que ces barbares restaient malgré tout des pirates et des mercenaires.

Quoiqu'il en soit, ce qu'il apprit fut dès plus intéressant. C'était même assez imprudent. L'émir Taorin n'était pas le seul seigneur pirate a avoir été attaqué puisque deux seigneurs : un certain Reznor et un autre Yse ou Yze avaient été violentés mais avaient réussi à capturer un de leurs agresseurs tandis que le Seigneur nommé « Riordan » avait été tué lors d'un affrontement. Il semblerait d'ailleurs que les pirates aient été un peu plus organisés que Taorin et lui-même puisqu'ils avaient faits disparaître les corps et ramener quelques armes dans la ville. Cette nouvelle refroidit l'assistance car, décidément, c'était bien une tentative d'assassinat voir même, on pouvait le dire, de déstabilisation. Réussi, cela aurait été un coup bien mené, toute la caste supérieure de la société pirate anéantie d'un coup. Mais cela avait échoué et les états capables d'organiser un assassinat comme ça étaient nombreux. Les premiers coupables possibles étaient bien sûr l'émir Radamanthe voire le Royaume du Gondor, tuer tous les Seigneurs Pirates était un excellent moyen de reprendre la main et de lancer une offensive au Sud. Pour voir plus loin, le Royaume du Khand était un commanditaire tout à fait pertinent, au mieux il affaiblissait suffisamment les pirates pour envahir facilement leurs contrées, au pire, il créait une guerre qui affaiblirait assez les protagonistes pour envahir plus facilement leurs terres. De manière générale, on pouvait imaginer tous les pays qui avaient intérêt à affaiblir le Gondor ou le Sud voire les deux.

Tandis que l'émir lui demandait d'observer la plus grande discrétion, Evart s'inclina gravement et souhaita la meilleure journée possible dans ses circonstances. Retournant travailler, il reçut la visite de Maître Heagon de la Guilde des Epiciers qui lui demanda :

- Evart, pourquoi diable me faites vous venir chez vous au lieu de venir jusqu'à notre siège ?

- Je vous prie de m'excuser Messire mais j'ai été agressé hier soir.

- Par les Valar, vous allez bien ?

- Je vous remercie. Concernant les affaires de notre métier …

- Attendez Evart ! Que s'est il passé hier soir ?

- J'étais en discussion avec un éminent personnage qui était prêt à accorder un généreux prêt à la corporation. Alors que je me retournai chez moi, j'ai été violemment agressé par une troupe d'écorcheurs.

- Par tous les Valars ! Pendant que vous serviez si loyalement nôtre antique guilde ! Il me faut en parler de ce pas au Conseil.

- Mon Seigneur, mon seigneur. Laissons aux hommes du Roi le temps d'enquêter, il sera tout à fait opportun de s'en inquiéter d'ici quelques jours.


Tandis que le teint de son interlocuteur passait du pourpre à une couleur plus classique, le jeune homme l'invita à rejoindre le salon où ils purent discuter des affaires qui les concernaient. Depuis qu'il était secrétaire du Trésor de la guilde, le jeune homme n'avait pas chaumé et il présenta la proposition de ce mystérieux mécène qui n'était personne d'autre que Taorin, elle était très généreuse et Maître Heagon semblait particulièrement ravi. A la suite de cela, il informa le maître de l'état des finances de la corporation et elles n'allaient pas trop mal. Grâce aux expédients qu'il avait utiliser, il avait permis d'éviter la banqueroute et les « prêts des vivres » qu'il avait institué étaient déjà presque rentables. Une fois qu'il fut parti, le jeune homme prit le temps de se reposer quelque peu jusqu'à attendre un lourd battement sur la porte d'entrée.

Sursautant d'effroi, le jeune noble avança péniblement jusqu'à la porte. A la vérité, il craignait que cela ne soit encore des tueurs qui viendraient finir le travail mais, fort heureusement, ce n'était que des gardes de la cité. Décidément, ils avaient mis moins de quatre heures pour trouver le corps, ce qui n'était pas très dur, et remonter jusqu'à lui, ce qui était déjà moins simple. L'un d'eux étaient assez âgé, il portait une brigantine blasonné de l'arbre du Roi et une barbe grise, c'était probablement un officier. Les deux autres étaient de simples gardes, probablement des miliciens affectés à des tâches secondaires en ces temps de mariage royal. Le noble les invita à rejoindre le salon pour leur offrir un verre de vin, une simple piquette. Buvant une lampée de vin, l'officier commença :

- Nous avons retrouvé votre serviteur ce matin.

- Par les Valars, où est ce faquin ?

- Actuellement, dans les baraquements de la garde en haut de la Cité …

- Ne me dites pas qu'il s'est fait arrêté pour ivrognerie ?

- Non Messire. Il a été retrouvé mort ce matin.

- Mort ? Où ça ? Comment ?


L'officier lui expliqua tout ce qu'il savait de la situation et les conclusions auxquelles il était arrivé. C'était évidemment bien peu mais ils étaient en bonne voie. Après cela, il lui demanda bien évidemment ce qu'il savait et tout naturellement Evart répondit :

- J'étais sorti hier soir pour rencontrer une personne importante au nom de la Guilde des Épiciers, vous pouvez bien entendu demander confirmation à Son Excellence, Maître Heagon. Je suis par la suite revenu jusqu'ici et craignant d'avoir oublié des documents à l'auberge où nous nous étions restauré, j'ai empressé Harlaus d'aller les chercher à l'auberge. Je ne l'ai plus revu depuis lors.

- Je vois Messire. Voudriez vous bien venir avec moi jusqu'au siège de la garde pour vérifier l'identité de votre serviteur ?

- Bien entendu. Si vous me laissez le temps de me préparer.


Enfilant un manteau, Evart prit également une canne sur laquelle il pouvait s'appuyer pour marcher. Après tout, il allait falloir grimper pour rejoindre les baraquements de la milice. Lorsque l'officier le vit, il fronça quelque peu le sourcil. Ce à quoi le jeune homme répondit :

- Je vous prie de m'excuser. Une récente chute a eu la bonté de rouvrir une vieille blessure.

Mettant son chapeau, ils sortirent de la demeure pour rejoindre péniblement le haut de la ville.

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