Un messager

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Nathanael
Espion de l'Arbre Blanc
Espion de l'Arbre Blanc
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Localisation : Pelargir
Rôle : Espion

~ GRIMOIRE ~
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Mer 10 Déc 2014 - 14:16
Douce atmosphère. Le vent du Sud transportait avec lui le souvenir de la chaleur des dunes. L’air tiède berçait ses pensées et Nathanael les laissait vagabonder avec plaisir. Devant lui s’étendaient les champs et les cultures où ondulaient des dos courbés dans la lumière grise de l’aube. Paysans de la Cité Blanche, fourmis besogneuses. Lointaines réminiscences enfantines où de rares Rohirrims autour des cités s’échinaient à labourer le sol pour ensemencer la terre. Il se demanda où pouvait se trouver Harding, et s’il s’était remis de ses blessures. La lutte contre ce mystérieux Ordre n’avait épargné personne.

Il rêvassa encore quelques temps tandis que l’aurore prenait possession de la plaine ; l’or du soleil et l’ocre de la terre repoussaient avec langueur les derniers reflets argentés de la nuit. Plus haut dans le ciel les vents tourmentés déchiraient les nuages en de curieux dessins. Il soupira. Son retour à Minas Tirith s’était passé sans encombre mais la route avait été longue. Son aversion pour les eaux mouvementées du fleuve lui avait imposé de prendre la voie terrestre pour revenir et les détours s’étaient multipliés. Il avait emprunté en partie la route du Sud, vaste voie de commerces s’il en est. A Pelargir il avait acheté un cheval et une mule pour transporter quelques marchandises et passer ainsi inaperçu. Un petit marchand ambulant attirait moins l’attention qu’un voyageur au grand galop. Et pour tenir son rôle, il avait du s’arrêter dans de multiples petites bourgades, tripots, tavernes et petits camps de marchands nomades ce qui l’avait considérablement retardé. Ces déambulations marchandes l’avaient néanmoins quelque peu enrichi et il n’en était pas peu fier.

Il avait laissé ses compagnons de route aux mains d’un paysan à la bonhomie singulière qui lui avait promis d’en prendre soin jusqu’à ce qu’il revienne les chercher. Les écuries de la Cité étaient, de toute façon, trop chères pour un petit marchand de son acabit et sa mule aurait outrageusement entachée le somptueux tableau des fiers étalons et des juments au noble regard qui piaffaient dans leur prison dorée.  

Il avait repris possession des ruelles sinueuses et des petites allées sombre du bas de la Cité depuis deux jours. Il était temps à présent de remonter les étages pour transmettre ses salutations à un vieux barbu, si jamais il parvenait à le trouver. Sans tête pour porter la couronne, l’Ordre s’était effondré mais n’avait pas disparu pour autant. Dehors les badauds vaquaient à leurs occupations, la vie suivait un cours à peu près paisible, et nulle menace ne pesait sur l’esprit du petit peuple. Il n’était pas certain pourtant de retrouver le vieux fou farfelu. Son extravagance le rendait  insaisissable, et des faits inconnus de lui pouvaient l’avoir poussé à quitter la Cité, ou, du moins, ses anciennes fonctions. Il refoula ses interrogations ; le moment venu, il improviserait, comme de coutume.

Adossé contre les hautes parois de Minas Tirirth, il attendait. Ses yeux balayaient la piste qui menait aux portes. Sa commande de marchandise du Sud devait arriver dans la matinée. Il profitait largement de cette attente imposée pour se délasser. Quelques bières avaient délié les langues la veille au soir et des nouvelles qu’il trouvait un tantinet originales lui étaient parvenues aux oreilles. Les entrailles de la Cité Blanche étaient agitées par un vers étranger… Un nuage de poussière brouilla la netteté de l’horizon. Une petite caravane cahotante constituée de carrioles branlantes et de chevaux toussoteux avançait péniblement vers les portes. Un homme râblais aux muscles noueux menait la troupe. Le soleil caressait encore à peine les pieds de la Cité lorsque l’étranger arriva devant les gardes en faction. Ces derniers procédèrent à de vagues vérifications, demandèrent à l’étranger de décliner son identité, puis retournèrent à leur poste, apparemment un peu grincheux d’avoir été dérangés pour si peu. L’homme croisa le regard de Nathanel, s’approcha de lui et lui tendit une main chaleureuse. Quelques pièces changèrent discrètement de propriétaire à ce moment là. Nathanael lui offrit un franc sourire en retour accompagné d’une claque amicale sur l’épaule.

- Quelles nouvelles du Sud vieux chacal ?  Je pensais que tu arriverais plus tôt, je t’ai attendu tout le jour hier, et celui d’avant aussi. Tu as pris du retard !

L’homme répondit vaguement par un grognement étouffé tandis qu’il prenait ses chevaux par la bride pour les mener dans la Cité. Une accumulation d’objets divers et dépareillés, rendus poussiéreux par la route, croulait sous une bâche de toile dans la carriole.

- Un ou deux soucis en cours de route…

Tandis qu’ils prenaient une ruelle montante pour rejoindre la place du Marché, l’homme lui tendit un petit paquet roulé dans un tissu grossier. Nathanael n’y prêta presque pas attention et le rangea distraitement dans une poche intérieure.

- Et la chose ?

L’homme secoua la tête mollement.

- Rien… t’es bien le seul à avoir vu ce machin là. L’alcool n’a pas que du bon tu sais.
- Je n’étais pas seul, je te l’ai déjà dis.
- Et ben plus on est de fou, plus on rit hein ! Ton camarade devait être aussi rond que toi. Dans le Sud ils ont des breuvages qui valent bien les nôtres hein !


Nathanel ne dit rien mais n’en pensa pas moins. Il chassa le souvenir d’une créature effroyable de son esprit. Il ralentissait le pas alors que l’homme continuait d’avancer paisiblement avec ses chevaux. Ils échangèrent un rapide regard puis Nathanael prit une petite rue adjacente pour se soustraire aux regards indiscrets et rejoindre les passages secrets qui menaient au sommet de la Cité. Il sortit l’objet de sa poche, défit le tissu et contempla un petit poisson en terre cuite qui le regardait d’un œil vide. Il le brisa négligemment contre un mur et récupéra un pli, dissimulé à l’intérieur, où étaient griffonnés quelques mots succincts. Tout en marchant il l’étudia rapidement, le lu, puis accéléra le pas.

H. a écrit:
Le poisson pourrit toujours par la tête.

Les nouvelles n’étaient pas bonnes.
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