Première étape du voyage

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Solanum
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Lun 5 Jan 2015 - 17:11
Le soleil commençait déjà à redescendre dans le ciel lorsque Solanum franchit les portes de Bree. Il marchait d'un pas sûr, un sourire aux lèvres. Il faut dire qu'il était plutôt fier de lui : la première étape de son voyage était atteinte. Pippin, son âne, le suivait nonchalamment, dodelinant de la tête d'un air indéchiffrable (Sol avait toujours essayé de lui attribué des expressions humaines mais, si ce n'est les quelques coups de pied qu'il avait balancé pour signifier un refus catégorique, il faut bien avouer que le hobbit n'avait jamais pu être certain de son humeur).

Ce n'était pas la première fois qu'il mettait les pieds à Bree, car son père s'était autrefois beaucoup déplacé pour rencontrer ses fournisseurs et le jeune Solanum ne ratait pas une occasion de l'accompagner. Aujourd'hui, l'épicerie de Grand'Cave était tellement rentable que son père pouvait se permettre de payer un employé pour faire les voyages (qu'il jugeait trop fatigant) à sa place.

Sol se dirigea donc, de mémoire, vers la célèbre auberge du Poney Fringant où il espérait passer la nuit. Il pourrait ainsi profiter du confort d'un lit douillet après les nuits qu'il avait passées à la belle étoile.
Il lui fallait cependant d'abord trouver un endroit pour laisser Pippin (et sa marchandise) aux soins d'un palfrenier. Après quelques échanges avec des passants on lui conseilla Olgar en lui indiquant le lieu de l'écurie. Il pu lui laisser l'âne et, en échange d'un petit supplément, ce dernier promis de veiller sur son « précieux stock » (Olgar eut une moue dubitative en se demandant ce qu'un amas de casseroles, poêles, chapeaux et autres bottes de carottes pouvait avoir de précieux). Sol pris la peine de retirer du tas une boîte en bois ouvragée contenant ses fameuses herbes à pipe, qu'il garda avec lui. Il reprit ensuite, seul, le chemin de l'auberge non sans avoir laissé une ribambelle de recommandations au palfrenier et à Pippin lui-même (qui le regarda avec le même air indéchiffrable…).

Il poussa enfin la porte de l'établissement, chargé de ses affaires de voyage et de sa grande boîte en bois, et se dirigea vers le comptoir où le patron semblait en grande discussion avec des clients.
Ne voulant s'immiscer dans la discussion en cours, Solanum pris sur lui de se trouver un table libre dans la salle principale où il s'installa en sifflotant. Il posa sa boîte sur la table, et le reste de ses affaires aux pieds de celle-ci avant de s'affaler sur une chaise, attendant que quelqu'un puisse venir prendre sa commande.


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Calion Palantir
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Lun 5 Jan 2015 - 21:52
L'air était chaud grâce au feu dans l'âtre. Il s'était levé de bonne heure sans raison et était resté dans son coin toute la journée, les pieds sur sa table habituelle. Cela faisait quelques jours qu'il logeait à l'Auberge du Poney Fringant. Le patron ne l'appréciait guère mais l'homme payait et c'était le principal selon lui. L'homme, âgé d'une quarantaine d'année était toujours habillé de la même façon, tel un rôdeur du Nord avec un capuchon qui couvrait toute sa tête et une partie de son visage et une tunique sombre ainsi qu'une cape mais il avait laissé celle-ci dans sa chambre ainsi que le reste de ses armes. Oui il existait encore des rôdeurs du Nord mais ils n'entouraient plus la Comté comme jadis, ils s'occupaient généralement des Terres Sauvages ou du Chemin Vert où des incursions de pillards et de Gobelins avaient lieu. À heure fixe, l'homme sortait de l'auberge afin de prendre l'air avant de manger car ça ouvrait l'appétit et le soir avant le diner. Il se baladait dans Bree, il allait jusque la mairie et revenait, c'était sa façon de se dégourdir les jambes. Cependant ce jour-là, il n'alla pas marcher le soir comme à son habitude, car au coucher du soleil un Hobbit était entré dans l'auberge. Certes un Hobbit dans Bree, rien de bien étonnant. Celui-ci était bien habillé comme ses congénères de l'auberge mais avec plus de couleurs et il s'assit à une table auparavant occupée par quatre hommes qui n'avaient pas l'air fréquentables (mais ils payaient aussi) qui étaient partis dehors, sous le porche, derrière l'auberge. Le patron, qui pensait à tort qu'ils avaient quitté pour de bon l'auberge, avait débarrassé la table et l'avait nettoyé.

Le Hobbit patientait, le rôdeur ne s'en préoccupait pas, il buvait sa bière brune tout en pensant changer l'itinéraire de sa ballade cette fois. Il voulait passer par les escaliers de bois qui traversaient Bree du Nord au Sud cette fois. Le tenancier s'approcha du Hobbit et lui demanda son nom car il lui trouvait des airs à un autre qu'il avait connu plus jeune. Le tenancier fut surpris de savoir que le Hobbit était le fils du plus grand épicier de Grand'Cave. Il se ramena alors avec une belle assiette d'agneau et de pommes de terres servies avec une pinte de bière blonde, le tout ramené par l'aubergiste.

"Je l'ai bien connu votre père, un sacré bout en train héhé. Il s'attirait toujours des problèmes en venant ici. Mais je crois que je t'ai déjà vu ici, tu permets qu'on se tutoie hein. Pardon d'avoir oublié ton prénom. Enfin bref tu étais petit et tu venais avec ton père. D'ailleurs comment il va ?"

Le Hobbit avait l'air quelque peu gêné de la situation. Être reconnu et ne pas reconnaître était difficile à cacher. Mais il fit semblant.

"Et pourquoi tu es là ? Tu as repris l'affaire de ton père ?"

Le tenancier ne resta pas plus longtemps puisqu'il fut interpellé par un autre nouveau client. Le Hobbit commença alors à manger dans le calme.

Cepedant, alors que tout allait dans le meilleur des mondes possible, les quatre hommes revinrent dans l'auberge et allèrent tout naturellement à leur tablée. Or, ils se rendirent compte arrivée à celle-ci, alors qu'ils plaisantaient ensemble qu'elle était désormais occupée. L'un d'eux dit.

"Dis donc toi si tu veux pas finir avec ta tête dans les latrines décarre d'ici."

Un sourire carnassier se dessina sur le visage de ce lui qui parla. Le Hobbit n'y prêta pas attention alors que le reste de l'auberge s'arrêta.

"J'ai dit dégage nain d'jardin."

Le Hobbit fronça les sourcils et alors qu'il allait répondre, le rôdeur, dans le fond de la salle intervint.

"Et vous si vous ne voulez pas finir sous terre déguerpissez d'ici. Il termina sa bière d'une traite. Maintenant."

"Pfff on est quatre le vieux tu vas faire quoi ?"

Il était vrai que la barbe grisonnante du rôdeur ressortait mais de là à dire qu'il était âgé ...

Celui-ci se leva et s'approcha de celui qui parlait.

"Allez partez !"

Le rôdeur décrocha une droite au premier qui s'écroula sur place, assommé. Le Hobbit sursauta. Les trois autres hésitèrent pendant deux secondes mais sautèrent sur l'homme qui les endormit vite fait. Le rôdeur s'assit et posa son regard sur le Semi-Homme.

"Vous fumez ?"

Le rôdeur sortit sa pipe de la poche de son pantalon. Sa question était plutôt à comprendre sous : vous avez de l'herbe à pipe ? Quelques secondes passèrent.

"Jolie cassette ... J'ai du flair pour ça, vous m'en offrez ?"

Peu après, il frotta une allumette sur la table, elle s'embrasa. L'herbe à pipe chauffa et brula. La fumée sortit délicatement de la bouche du rôdeur.

"Alors ? Qu'est-ce que vous faites ici ... Monsieur ... Monsieur ?"

Le calme revint dans la salle principale. Les corps endormis avaient été enlevés et jetés dans la porcherie voisine.




Dernière édition par Calion Palantir le Mer 14 Jan 2015 - 12:44, édité 1 fois
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Solanum
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Lun 5 Jan 2015 - 23:11
Il ne fallu attendre bien longtemps avant que l'aubergiste ne s'intéresse à Solanum et lui demande son nom, ce que ce dernier s'empressa de lui donner. Il fut surpris que son fusse si connu ici, et surtout que le tenancier se souvienne de lui.

« Oui, tout à fait, je suis en effet déjà venu ici. Mon père va bien, et son commerce aussi, merci. »

Le jeune hobbit n'attendait que l'occasion de parler de son commerce, et la question suivante la lui offrit.

« Je suis ici pour les affaires, mais il ne s'agit pas de l'épicerie de Grand'Cave. J'ai monté mon propre commerce : Solanum Touque, colporteur. Je vends mes marchandises, là ou mes pieds me guident et... »

Il s'interrompit en voyant que l'aubergiste ne l'écoutait plus et qu'il était déjà parti vers un autre client. Il tourna alors son attention vers la belle assiette que lui avait apporté le patron et surtout la pinte de bière dont il s'empressa d'avaler quelques gorgées. Il commençait à déguster sa viande quand quatre hommes s'approchèrent en riant de la table. Ils semblèrent surpris… ou plutôt agacés, de trouver Solanum installé là.

"Dis donc toi si tu veux pas finir avec ta tête dans les latrines décarre d'ici."

Le Hobbit se contenta de machonner une autre bouchée en observant le visage de l'homme, avait même de l'avoir avalé il s'entendit répondre le plus naturellement du monde :
« Et… Chest comme cha que vous vous êtes fait cha ? »

Il tournait sa fourchette autour de son propre visage voulant par là parler des cicatrices sur le visage de son interlocuteur.

"J'ai dit dégage nain d'jardin."

Solanum allait répondre qu'il ne voyait pas bien ce que pouvait faire un nain dans un jardin, puisqu'en toute logique ils préféraient les mines, quand un autre homme intervint.
Tout se passa ensuite très vite et avant même que quiconque puisse esquisser le moindre geste les quatre hommes étaient repartis, quelque peu amochés, et le nouvel arrivant s'était installé à la table du hobbit. Habillé à la mode des rôdeurs (sans vraiment beaucoup de goût selon Sol… Mais en matière de goûts vestimentaires il n'était pas vraiment un critère), il sortit sa pipe et lorgna sur la boîte en bois posée sur la table.

« Ha ! Effectivement, vous avez du flair ! La meilleur herbe que vous pourrez trouver dans la région. Et d'ailleurs celle-ci est à vendre… Intéressé ? Je vais vous en faire goûter de ma réserve personnelle.
Il sortit de son sac à dos sa propre blague à tabac en cuir et la tendit au rôdeur. Tenez, servez vous, je vous dois bien ça ! »

« Je suis Solanum Touque, marchand itinérant, colporteur et fournisseur en artisanat hobbit. Je suis sur les routes avec pour objectif de voyager un maximum tout en menant ma petite affaire. J'ai certainement, parmi mes marchandises, des articles qui pourraient vous séduire. Mais en fait, permettez moi de vous offrir une pinte et… A qui ai-je l'honneur ? »


Solanum agita un bras en direction du patron puis grâce à de grands signes explicites signifia qu'il désirait une boisson pour son nouveau compagnon.
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Calion Palantir
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Mar 6 Jan 2015 - 21:34

Le rôdeur continuait de fixer le Hobbit et souffla un peu de fumée. L'évacuation des corps dus à la bagarre avait relancé toutes les conversations dans la salle.

"C'est une bonne herbe que vous avez là. Elle est de chez vous alors ? Je viendrais vous rendre visite à Grand'Cave ... Et je m'y installerai. Il sourit. Toutefois, je n'ai pas de bourse suffisante pour m'acheter un tel produit."

Le Hobbit sourit à son tour. Il se présenta sous le nom de Solanum Touque. Touque ... Touque ... Le rôdeur fronça des sourcils.

"On doit souvent vous poser cette question, souligna-t-il de sa voix rauque, mais y a un Touque qui me revient en tête. Bon je l'ai pas connu par contre. Un Pipo ou Pipon. Non ?"

Le Hobbit continua. Il se disait colporteur et marchand itinérant et spécialiste de l'artisanat hobbit.

"C'est intéressant ... Je ne suis pas féru de l'artisanat de votre peuple donc gardez votre marchandise rangées."

Le Semi-Homme offrit alors une pinte au rôdeur et il lui demanda son nom.

"Magor, moi c'est Magor. Mais vous voulez aller où exactement ? Parce que moi je vais au Sud. Je vais emprunter le Chemin Vert car des brigands sévissent le long de la route et j'ai l'ordre de m'en occuper. Ensuite vous pourriez passer par la Trouée de Rohan et nos chemins se sépareront. Vous pourriez aller à Edoras. J'y suis jamais allé ... Les toits de chaume et la bouse ce n'est pas ce que je préfère. Je peux vous amener jusque Tharbad mais vous ne trouverez rien là-bas ... Des ruines je crois. Je n'y suis jamais allé."

Le Hobbit eut l'air d’acquiescer. Le rôdeur goutta sa bière.

"Bon par contre on part dans deux jours donc je vous laisse vaquer à vos occupations jusque là. Allez vendre vos ... Trucs. Moi je vais me coucher. Merci pour la bière."


Il termina d'une traite son breuvage.

"Bonne nuit maître Hobbit."


Le rôdeur se leva et partit de la salle pour grimper dans sa chambre par les escaliers.


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Solanum
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Ven 9 Jan 2015 - 12:12
Le hobbit sourit en voyant l'homme apprécier la feuille de Longoulet qu'il fumait, et acquiesça tout en précisant "La meilleure."
Toutefois, il cessa de sourire à l'évocation de son lointain ancêtre et grommela en se préparant lui aussi une pipe.
"Pippin... Peregrin Touque... En effet, mais c'est un très lointain ancêtre. Aujourd'hui Pippin est un âne. Enfin... Je veux dire... C'est mon âne. L'animal. Celui qui se trouve dans l'écurie d'Olga.... bref..."

Sur le refus de voir ses merveilleux objets d'artisanat il ne fit pas trop de commentaires... Si ce n'est un simple "Vous ne savez pas ce que vous ratez!" avant d'allumer le foyer de sa pipe.

En revanche il s'intéressa fortement à la proposition du rôdeur.
L'idée de voyager encore plus loin lui plaisait depuis le début. Il s'imaginait déjà exporter ses marchandises hobbites aux quatre coins de la Terre du Milieu. Mais, si l'expérience était tentante, elle n'en restait pas moins dangereuse. Il savait qu'il devait trouver de l'aide... Et cet homme venait de lui proposer spontanément de l'accompagner jusqu'aux portes du Rohan. Que demander de plus? Sa décision fut vite prise. Mais il fit mine de réfléchir, se grattant le menton imberbe tout en tirant de longues bouffées de sa pipe. Il lâcha quelques ronds de fumée...
"Mmm... Votre proposition semble intéressante. J'ai entendu des histoires sur Edoras. Ca me plairait bien d'aller y faire un tour. Cependant, je suis commerçant, et sur le chemin je ne vous serai pas dans grand secours. Quoique je me débrouille plutôt bien avec un arc dans les mains..."

Les deux jours avant le départ procuraient à Solanum l'occasion de tenter de vendre la totalité de ses denrées périssables (légumes, vin,...) et, de ce fait, de faire un peu d'argent avant d'entreprendre le voyage. Il agita donc la tête en signe de contentement, l'esprit déjà occupé par la meilleure façon de vendre ses victuailles.
C'est donc un distrait "bonne nuit" qu'il adressa au rôdeur qui prenait congé, avant de replonger dans ses pensée et vers sa pinte. Il termina son repas tranquillement puis alla demander une chambre au patron. Il fut ravi de retrouver un peu de confort et ne mit pas bien longtemps avant de plonger dans un profond sommeil...
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Calion Palantir
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Mer 14 Jan 2015 - 2:12


Les deux jours étaient passés très vite. Le rôdeur n'avaient pas changé pour autant ses habitudes durant ce temps. Il s'était en revanche levé tard et avait fait la grasse matinée dans l'auberge. Des petits gâteaux, des jus de fruits, du lait. Deux jours de suites, des petits-déjeuners d'enfants. Mais il en était ravi, la nostalgie l'envahissait petit à petit même s'il se souvenait que sa jeunesse n'était pas remplie de copieux petits-déjeuners.

"Je profite avant de devoir courir comme un idiot." se disait-il.

Il s'était promené plus qu'à l'accoutumée aussi. Il ne voulait pas que les petits-déjeuners ne l'emportent sur sa silhouette mince. Alors Magor marchait. Il avait découvert de nouveaux endroits du bourg. Notamment ce qu'on appelle dans le coin la "salle des ventes". En entrant à l'intérieur, il put admirer une foule dense dans laquelle des mains se levaient constamment et à tour de rôle. Magor découvrit les commissaires-priseurs, chose ou plutôt personne qu'il n'avait jamais vu. Ils tapaient sur un bloc de bois avec des marteaux de même matériau.

"Intéressant ..."

Le premier lot qu'il vit remporté était une tête de sanglier ayant appartenu à un Hobbit de renom. Celui-ci l'aurait apparemment, selon les dires du commissaire, assommé d'une claque et l'aurait rôti sur place.

"Curieux ces Hobbits ... M'enfin."

Il continua de regarder le cérémonial des ventes. Peu d'objets intéressants par la suite, rine de bien exotique. Le rôdeur fila de la salle des ventes, il devait rentrer à l'auberge, il se faisait déjà tard. Le lendemain, il ne fit rien. Ah si ... Il s'enivra comme un pochtron car il voulait profiter. Mais le tenancier du Poney Fringant ne dit rien, le rôdeur avait débarrassé de quatre loubards ... En plus il buvait à crédit ... Effacé depuis cet événement.

Enfin c'était le jour du départ. Le rôdeur attendait en bas, déjà prêt. Il espérait que le Semi-Homme s'était débarrassé de son surplus. Déjà que le jeune homme ne marchait surement pas vite et en plus ... EN PLUS il avait un âne.

"J'ai pas des siècles devant moi ..."

Il alla commander une brune histoire de se réveiller. Cependant, à peine eut-il les lèvres mouillés par le liquide brun qu'il fut interpellé par le Semi-Homme. Magor se retourna et plongea son regard sur son nouveau compagnon.

"Ah bah quand même ... Il est déjà 10h du mat' ... J'ai faim moi."

Il en fallut peu pour que les deux s'installent à une table, commandant chacun une belle assiette garnie.

"Bon après ça, ça filoche."

__________


Vers 13h, ils sortirent de table pour enfin partir de l'auberge du Poney Fringant.

"Curieux nom quand on y pense ..." se dit Magor.

Ils passèrent à l'entrée Ouest de Bree afin de récupérer Pippin, l'âne de Solanum. Ils traversèrent le bourg pour emprunter la sortie Sud, là où se trouvait la salle des ventes.

"Vous devriez y faire un tour une fois ..." dit le rôdeur.

C'est sur ces paroles qu'ils sortirent de Bree. Ils prirent la direction du Sud. Très vite, une distance importante sépara les deux compagnons. Deux mètres, puis cinq puis une dizaine et enfin une cinquantaine avant que Magor ne se rende compte qu'il parlait viande tout seul depuis une heure et demie. Grommelant, il remarqua.

"Vous pourriez presser le pas maître Hobbit. On ne serra jamais à Tharbad avant au moins quatre ans avec vous et votre âne. D'autant plus qu'entre temps je dois m'occuper de brigands sur la route."

Mais ils continuèrent de marcher. C'était déjà la fin de la journée. Ils avaient rencontré des marchands sur la route. Ceux-ci ne racontèrent pas grand chose à part que le mariage d'Aldarion d'Arnor se déroulait à Minas Tirith.

"Vous n'avez pas été attaqué sur la route par hasard ?"

"Non non la chance a été avec nous jusque là. Et puis au cas où nous avons nos dagues, rôdeur."

"Oui ... Des dagues ... Très utiles. ironisa-t-il. Bon poursuivons Monsieur Touque."

Ils descendirent plus au Sud pendant une heure trois quarts mais le soleil se couhait et les deux hommes se devaient de trouver un bout de terrain afin d'y planter leurs tentes.

"Dites-moi Monsieur Touque ... Vous avez une tente hein ?"


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Solanum
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Ven 16 Jan 2015 - 18:59
Solanum profita un maximum de ses deux jours à Bree... Enfin, disons qu'il profita surtout du lit et de la nourriture du Poney Fringant... Lorsqu'il n'était ni sous sa couette, ni à table (ce qui ne représentait plus qu'une poignée d'heures dans la journée), il allait rendre visite à Pippin et s'évertua à vendre les marchandises qu'il avait apporté de Comté.

Il commença par se séparer des denrées périssables: charcuterie, légumes, biscuits,... Il ne lui fut pas bien difficile d'écouler son stock, les hobbits étaient réputés pour leur amour de la bonne chair et du soin qu'ils apportaient à tout ce qui s'y rapportait. Ils clamaient eux-même que le pire de leurs charcutiers, ferait toujours une meilleure saucisse que n'importe quel autre peuple. Et ne parlons pas des navets, carottes et autres céleris, cultivés avec tendresse dans une terre riche.... Bref, il réussi donc à en tirer un bon prix.
Il rechigna cependant à vendre le reste de l'artisanat hobbit. Il se disait qu'à Bree les objets venant de Comté n'étaient pas rares, alors qu'ils auraient tout de suite une valeur exotique une fois sur les terres du Rohan. Il se sépara donc des objets les plus lourds ainsi que de ceux qui seraient invendables trop loin de la Comté (comme les couvertures, certainement trop petites pour les rohirrims) et conserva le reste: quelques écharpes de laine, des accessoires divers, des ustensiles de cuisine (mais pas les marmites - trop lourdes) et surtout, une magnifique série de pipes en bois et corne. Il espérait secrètement convertir de nouveaux adeptes à l'art de fumer l'herbe à pipe et avait prévu de garder tout le matériel nécessaire (pipe, briquet, amadou,...) pour le vendre sous forme de "lots d'initiation"... Il avait donc bien évidemment évité de vendre son stock d'herbe qui s'arracherait à prix d'or à Edoras.

Une fois le ventre et ces deux journées bien remplies (ainsi que sa bourse d'ailleurs...), Solanum était fin prêt pour entamer réellement son aventure...

Au matin de son départ, il se leva plus tôt qu'à son habitude, ce qui pourtant ne sembla pas satisfaire son guide. Solanum eu soudain peur que ce dernier décide de partir immédiatement... Sans déjeuner... Rendez vous compte!
Heureusement l'homme semblait, tout autant que lui, apprécier les joies d'un bon repas...

-----------------

Une fois sortis de table, il était temps pour eux de reprendre la route. Ils passèrent donc récupérer Pippin (Solanum prétendit qu'il était ravi de les retrouver, mais l'animal affichait toujours son expression indéchiffrable) ainsi que le reste des marchandises du hobbit qui avait, il faut le dire, nettement diminué.

En passant devant la salle des ventes, d'où provenaient de nombreuses voix enflammées, Magor (puisque tel était son nom) lui fit la remarque qu'il devrait y passer.
"Excellente idée. A mon retour du Rohan je pourrais y troquer une partie de ma marchandise. Je suis sûr que l'artisanat rohirrim s'y arracherait à un bon prix!"


A peine sortis de la ville, le rôdeur prit un rythme de marche bien différent de celui du hobbit. Pourtant Solanum avait l'impression d'avancer d'un bon pas, bien plus rapide que celui qu'il avait eu pour venir jusque Bree mais rien n'y faisait... Il se faisait largement distancer. En plus de devoir accélérer sans cesse, il se retrouvait seul avec son âne (qui lui avançait avec nonchalance) et ne pouvait discuter avec l'homme. Il avait pourtant espérer pouvoir échanger sur certains sujet comme la géographie du Rohan, les cours du prix du vieux Toby là-bas,...
D'ailleurs notre pauvre hobbit se retrouva rapidement entièrement concentré sur son pas qu'il devait maintenir à bonne vitesse. Il ne prit même pas le temps d'échanger avec les marchands qu'ils croisaient. Il voyait bien Magor discuter avec eux mais, le temps qu'il les rejoigne, la discussion était généralement close.

Lorsqu'enfin, le soleil déclina à l'horizon, le rôdeur fit halte pour installer le camp. Sans un mot, ce qui était plutôt rare chez Solanum, le hobbit détela la marchandise et retira le bât de son âne avant de rejoindre l'homme.
En arrivant, la question "Dites-moi Monsieur Touque ... Vous avez une tente hein ?" le prit au dépourvu.

"Et bien... Euh... Comment dire... Non. En fait j'ai toujours pensé que les vrais aventuriers dormaient à la belle étoile. Et c'est ce que j'ai fait jusque là. Je dois vous avouer que c'est particulier dans un premier temps, pour nous hobbit qui vivons sous terre... La lumière des étoile, le vent. Mais on s'y fait..."


Remarquez que, malgré sa fatigue, notre colporteur ne pouvait formuler de phrase simple et courte.
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Calion Palantir
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Jeu 22 Jan 2015 - 22:57

Le rôdeur ne put s'empêcher de grimacer.

"La lumière des étoiles hein ... C'te blague ... Bon bah vous dormirez sous le "joli ciel étoilé" ironisa-t-il moi j'ai qu'une place sous ma tente."

Il pensa alors au Rude Hiver qui avait frappé toute la région quelques mois auparavant et se rappela que la seule fois où il dormit dehors il avait failli mourir congelé. Il avait d'ailleurs perdu l'usage de son bras gauche durant une journée.

Le rôdeur s'éloigna un peu de la route pour s'enfoncer dans un champs. Il disparut dans les hautes herbes et revint quelques secondes après. L'homme indiqua au Hobbit qu'ils allaient pouvoir camper dans ces hautes herbes, à l'abri.

Le Hobbit suivit le rôdeur dans l'herbe qui le dépassait largement. Les deux aplatirent une petite parcelle afin de s'installer.

"Je reviens je vais chercher un peu de bois pour le feu. On va pas commencer à taper dans les provisions je vais aller chasser un coup. Vous n'avez qu'à préparer le terrain. Je reviens avec le bois dans 5 minutes. Faite nous un bel emplacement." dit-il.

Magor marchait aussi silencieusement que possible à travers l'herbe devenue sombre sous l'effet du crépuscule. Il avait son arc et une flèche encochée. Le rôdeur s'arrêta. Il banda son arc et lâcha sa flèche. Il alla récupérer sa flèche.

"J'ai un lapin Monsieur Touque. Dit Magor, tenant la bête par les oreilles. J'espère que ça vous va. Vous pourriez vous en occuper s'il vous plaît. Je hais dépecer un animal ... J'suis un sentimental voyez ..."

Magor disparut à nouveau quelques minutes une fois le lapin déposé. Le Hobbit put se charger du lapin.

"Désolé. Besoin pressant."
se justifia Magor bien qu'il ne doutait pas que Solanum n'avait aucunement envie de savoir quoi que ce soit à ce propos.

"Vous l'avez dépecé ? Ca y est ? Je vais le découper si vous voulez bien."

Le rôdeur sortit un couteau d'un fourreau à sa ceinture et découpa l'animal.

Quelques minutes plus tard, les morceaux de lapin cuisaient lentement au feu.

"Mmmmmm ça s'annonce délicieux. dit Magor.
Puis il surenchérit une fois la viande en bouche. Ouais ... C'est trop bon !"

Plus tard il fut l'heure d'aller se coucher. Ils avaient une longue route le lendemain. Alors que le rôdeur entrait sous sa tente précédemment montée, le Hobbit s'installait avec son âne près du feu qu'il se devait de maintenir allumé. Un "bonne nuit" s'échangea entre les deux hommes qui s'endormirent facilement.

Le jour suivant ils se remirent en route. La nuit avait été très calme, le feu s'était éteint tout seul, des morceaux de lapin restaient, ce qui était bénéfique.

Le rôdeur et le colporteur se remirent en route. Direction le Sud. Ils continuèrent d'emprunter le chemin vert. Une journée entière passa. Ils s'étaient tout de même arrêtés à midi afin de déguster encore de ce fameux lapin.

"Mmmmmm"


Le soir, le rôdeur et le Hobbit finirent l'animal et comme la veille installèrent un camp.

Ils n'avaient vu personne ce jour-ci.

"C'est triste le Chemin Vert Monsieur Touque ... C'est triste." dit Magor. Puis ne voyant personne sur la route et ne distançant plus le Hobbit, le rôdeur lança la conversation, afin de mieux connaître son compagnon de voyage.

"Pourquoi colporteur ? Vous auriez pu reprendre l'entreprise de votre père, non ?"

Magor écoutait attentivement le Semi-Homme qui expliquait alors sa situation avec beaucoup de précision.

"Moi je suis rôdeur car je voulais faire comme mon père, il était aventurier vous voyez, mais moi je voulais servir mon roi. Je suis un fervent patriote. Mais maintenant, j'avoue que je préfèrerai revêtir une armure luisante de la garde royale. J'en ai un peu marre de parcourir l'Arnor de long en large. Même si j'adore ce pays de tout mon cœur, je suis fatigué ..."

Cependant, sa ferveur se raviva lorsque les deux hommes croisèrent la route d'une dizaine de brigands. Armés de gourdins et d'épées ils se présentèrent.

"Pas de crainte. Donnez nous votre bourse maître Hobbit et vous vos armes rôdeur et tout se passera bien." dit leur chef. Un grand homme aux cheveux noirs et au visage mât qui tenait une épée à une main.

Le rôdeur n'eût pas le temps de répondre, le Hobbit s'en chargea vivement.

"Non merci."

"Tant pis pour vous alors. À l'attaque les gars !"

Et c'est ce qu'ils firent. Ils se ruèrent sur les deux qui ne purent que s'enfuirent. Magor prit le Semi-Homme et le posa sur l'âne sur lequel il frappa fort. Celui-ci disparut à toute vitesse le long du chemin. Le rôdeur se retrouva à courir face à cette dizaine de personnes.

"Racailles ... Je reviendrai."


Magor était très rapide, il réussit à semer ses poursuivants et réussit même à retrouver le Solanum et Pippin.

"Il va me falloir y retourner Monsieur Touque. Je ne prendrai pas le risque de vous prendre avec moi, mais si vous le voulez vous pourrez m'assister. Ca vous dit ?"


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Solanum
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Jeu 5 Fév 2015 - 13:26
Le hobbit fut intrigué, et même presque déçu, de constater que le rôdeur avait besoin de son confort... En fait, il était surtout déçu de ne pas avoir pensé lui-même à la tente! Mais peu importait, il avait déjà pris une certaine habitude.

Lorsque Magor revint avec un lapin, Solanum ne put s'empêcher de saliver. Il ne se fit pas prier pour dépecer la bête et était même près à préparer un petit ragout quand le rôdeur se proposa de le découper. Le hobbit ne put toutefois s'empêcher de saupoudrer l'animal de quelques herbes et épices avant de le mettre sur le feu.
Ils se régalèrent de la chair cuite à point avant d'aller se coucher, sans avoir eu de grande discussion. Le colporteur était fatigué de ses journées et i avait parfois l'impression d'agacer l'humain en tentant de lancer une discussion (en fait, il parlait surtout seul).

C'est pourquoi, le lendemain, une fois repartis il fut surpris (et ravi) que le rôdeur tente d'engager la conversation. Il ne se fit donc pas prier pour répondre...
"Oh, pourquoi colporteur? Mais pour l'aventure bien sûr! De nombreuses histoires circulent dans ma famille, vantant les mérite de tel ou tel ancêtre parti sur les routes. Mais cela fait des génération que personne n'a pris la moindre route! Si ce n'est pour venir se fournir en marchandise pour le commerce... Je rêvais donc de voir du pays. Et puis j'ai toujours eu un certain sens des affaires, je sais d'ailleurs que mon père aurait bien aimé que je reprenne la boutique. Mais non, je voulais quelque chose à moi, MON entreprise. Lorsque je me ferai trop vieux, peut-être retournerais-je au bercail pour reprendre l'affaire familiale... Mais en attendant: à moi les routes des Terres du milieu! Et vous Magor... Qu'est-ce qui vous à mené sur cette voie?"

Il écouta attentivement son compagnon jusqu'à ce qu'il aperçoive le petit groupe de personnes en travers du Chemin Vert. Il ne put s'empêcher de leur lancer un aimable "Bonjour!" même s'il avait repéré les mines patibulaires et les armes... Puis, à leur demande il s'empressa de répondre "Non merci". Après tout, cet argent il l'avait gagné!

Sans trop comprendre ce qui lui arrivait, lorsque les choses se précipitèrent, il se retrouva à cheval sur Pippin, au milieu des marchandises, et l'âne se mis à galoper...
Lorsque Magor le rattrapa enfin, le hobbit semblait un peu sonné.
"Et bien... Cela était tout à fait... Inattendu"
"Il va me falloir y retourner Monsieur Touque. Je ne prendrai pas le risque de vous prendre avec moi, mais si vous le voulez vous pourrez m'assister. Ca vous dit ?"
" Comme je vous l'ai dit, je ne me débrouille pas trop mal avec un arc... Si je peux être d'une quelconque aide, ce sera avec plaisir. Ces hommes m'ont passablement agacé, ils méritent une leçon! En revanche, Pippin ne nous sera d'aucun secours, nous ferions mieux de le laisser en arrière"

Sur ces paroles, le colporteur s'empressa d'attacher son âne à un arbre en faisant en sorte qu'il soit masqué par des buissons. Il sortit des marchandises un arc ouvragé et ancien, ainsi qu'un carquois avec six flèches qu'il accrocha à sa ceinture. Il vérifia que sa dague y était également suspendue puis rejoint le rôdeur... Il était prêt.
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Ryad Assad
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Jeu 12 Fév 2015 - 13:26
HRP : En l'absence de Calion, je reprends ton RP Sol', j'espère que tu n'y vois pas d'inconvénient langue.

______



Magor passa une main dans sa barbe de dix jours, et se gratta le menton. La situation était un peu plus délicate qu'il ne l'avait imaginé au premier abord, et il regrettait de moins en moins la présence du jeune Hobbit volubile à ses côtés. Ce drôle de petit bonhomme était peut-être son seul allié dans cette sale affaire, et il risquait fort de trouver une utilité rapidement. En effet, le rôdeur avait été mandaté pour nettoyer le Chemin Vert des brigands qui y avaient élu domicile, rien de plus que des malandrins que l'on pouvait rosser facilement, et mettre en déroute en quelques coups d'épée bien placés. Tout du moins, c'était l'idée qu'il s'en était fait a priori. Il commençait seulement à changer d'opinion sur la question. La première altercation qu'ils avaient eue avec les bandits lui avait déjà fourni quelques indices, mais il n'avait pas voulu y croire vraiment. Certes, ils avaient quelques épées, et ils avaient réussi à tromper sa vigilance, mais ce devait être uniquement parce qu'il avait été distrait par sa conversation avec le Hobbit. Ce drôle de petit personnage avait le don de prendre la parole n'importe quand pour parler de tout et de rien, à tel point qu'il aurait fait manquer sa cible au meilleur archer elfe sans utiliser autre chose que des mots.

Fort de la conviction que les bandits n'étaient pas dangereux, il avait demandé à son petit compagnon s'il voulait le suivre dans cette aventure étrange, un et demi contre dix, mais deux cœurs vaillants contre dix êtres effrayés. La défaite n'était clairement pas envisageable, et s'ils n'avaient eu l'effet de surprise, les dix gredins auraient déjà goûté à l'herbe fraîche du Chemin Vert, rossés proprement par un rôdeur qui en avait vu d'autres. Solanum avait déclaré qu'il savait se servir d'un arc, et de toute évidence il était prêt à en faire usage s'il y était contraint. Ce serait différent de tirer pour le sport, sur de belles cibles immobiles, mais le petit homme avait l'air plein de ressources, et surtout particulièrement confiant. Il fallait espérer que ce fût pour le meilleur, qu'il allait en effet réussir à faire mouche, sans quoi son faible stock de munitions risquait de constituer un réel problème le moment venu.

Déterminés et prêts à rendre la monnaie de leur pièce à cette dizaine de maraudeurs qui avaient réussi à les surprendre, le rôdeur et le Hobbit abandonnèrent l'âne nommé Pippin, qu'ils attachèrent soigneusement à un arbre un peu à l'abri des regards – car après tout, Solanum laissait derrière lui toutes ses précieuses marchandises –, et retournèrent dans la direction d'où ils étaient venus. Magor garda le silence, conscient que le moindre bruit pouvait les trahir et les faire passer de vie à trépas. Curieusement, le Hobbit en fit de même. A quoi pouvait-il bien penser en ce moment ? A l'excitation de la chasse qu'il ressentait peut-être pour la première fois ? A la peur qui lui tenaillait l'estomac ? Ou bien à toute autre chose ? Lui seul pouvait le dire. Magor, lui, était concentré sur sa mission. Il avait trop souvent été dans cette situation, en infériorité numérique contre des hommes certes idiots, mais nombreux et dangereux, pour encore s'en inquiéter. Il avait récolté quelques belles cicatrices quand il était jeune, zélé, et encore un peu audacieux sur les bords. Maintenant, il était devenu plus mature, plus consciencieux, et il ne se laisserait pas marcher sur les pieds aussi facilement. Certes non.

- Par ici, indiqua-t-il au Hobbit, en lui désignant un petit talus qui s'élevait doucement.

Les arbres n'étaient guère denses, et ils prenaient bien soin de se cacher, regardant autour d'eux pour repérer une éventuelle sentinelle. Mais pour l'heure, il n'y avait personne. Ils avaient grimpé le long de cette butte, s'aidant parfois de leurs mains pour franchir les obstacles les plus ardus – qui paraissaient doublement plus haut à Solanum, eu égard à sa petite taille – avant d'arriver enfin au sommet. Magor, qui tenait la tête, se jeta à plat ventre sans trop se soucier de ses vêtements déjà tâchés, et le Hobbit fit la même chose à ses côtés. Se fichait-il de son pourpoint coloré, ou était-il si concentré sur le danger qu'il en oubliait tout le reste ? Difficile à dire. Le rôdeur observa la situation d'un œil avisé, et ses lèvres s'ouvrirent légèrement :

- Intéressant…

Qu'y avait-il à dire de plus ? Les bandits avaient trouvé une nouvelle cible, et ils étaient en train de lui tendre un piège. Ils avaient arrêté un chariot sur la route, et immobilisé les deux cavaliers qui l'escortaient. Le chef de l'attelage s'était levé, portant une main à son épée qui pendait à sa ceinture. Il avait l'air particulièrement en colère, et il criait de sa grosse voix, comme pour intimider les dix hommes qui l'avaient cerné. Il leur montrait avec ostentation le blason qui ornait son pourpoint, aux armes du Roi d'Arnor, et leur annonçait sans doute qu'ils risquaient la peine capitale s'ils s'attaquaient à des représentants d'Aldarion. Les deux cavaliers n'avaient pas dégainé non plus, mais ils paraissaient moins confiants, douloureusement conscients de leur infériorité numérique. Une attitude qui n'échappait pas aux brigands, qui avançaient doucement, comme des prédateurs patients autour d'une proie vulnérable, qui cependant pouvait mordre encore.

- Mais ils font quoi, ces zozos ? Ils vont se faire étriper… Pourquoi ils négocient avec eux, autant les attaquer tout de suite…

Ç'aurait été la meilleure solution, en effet. Trois soldats en uniforme, bien entraînés et bien formés, pouvaient facilement avoir raison de dix hommes armés de gourdins. Enfin, pas tous les dix, mais en quelques passes ils pouvaient neutraliser au moins la moitié du groupe, et mettre l'autre moitié en déroute. Alors pourquoi ne voulaient-ils pas accepter le duel ? La situation dégénéra rapidement. De là où ils étaient, Solanum et Magor purent voir les brigands passer à l'attaque, et sauter sauvagement sur les cavaliers. Ceux-ci, curieusement lents et effrayés, n'eurent même pas le temps de se défendre. Ils furent roués de coups, jetés à terre, jusqu'à ce que mort s'en suivît. Le premier eût le crâne brisé, et le second se retrouva avec une épée plantée dans l'abdomen. Quand au conducteur du chariot, il essaya de lancer ses chevaux au galop, mais une flèche tirée en pleine poitrine perça son pourpoint, et le fit retomber en arrière, sur son précieux chargement.

Le rôdeur leva une main, pour interrompre le mouvement du Hobbit. Il n'était pas encore temps d'attaquer :

- Ils vont d'abord vérifier le butin, ce sont des voleurs après tout. Ensuite, je parie qu'ils vont l'emmener dans leur repaire, bien à l'abri. Nous on les suit, et on les attaque quand ils seront en train de faire la fête. Ils ne s'attendront pas à ce qu'on leur tombe dessus comme ça, c'est clair.

Le plan était simple, mais Magor ne le trouvait pas moins ingénieux. Les bandits de cette trempe étaient souvent stupides, clairement arrogants, et convaincus de leur supériorité. Ils venaient de tuer trois hommes en uniforme, et ils allaient se sentir tout-puissants. Il fallait dire que, même avec le retour des températures normales et la fin de cet hiver de malheur, il demeurait encore des régions du royaume où il était dangereux de circuler. Le Chemin Vert en faisait partie, même si personne ne se doutait à Annùminas de la gravité de la situation. Solanum et Magor, toujours allongés par terre, observaient les brigands occupés à ouvrir une large boîte en bois, qui ressemblait un peu à un grand cercueil, fermé par un cadenas. Jusqu'à preuve du contraire, on n'enfermait pas les morts, si bien qu'on pouvait parier sur un grand trésor à l'intérieur, peut-être des joyaux ou des pierres précieuses. Ils tremblaient d'excitation, comme des enfants, mais craignaient aussi d'être surpris par d'autres voyageurs, si bien qu'ils jetaient un œil effrayé autour d'eux, pressés de regagner leur cachette.

Lorsque le dernier verrou sauta, et que la boîte s'ouvrit, il se passa quelque chose auquel personne ne s'attendait. L'homme qui se tenait au-dessus du coffre au trésor partit soudainement en arrière, et bascula du chariot, se retrouva par terre dans la poussière, en tenant son visage dans ses deux mains. Une silhouette sortit du cercueil, et essaya de s'enfuir à toutes jambes, sans demander son reste. Les bandits, toutefois, étaient bien trop vifs, et l'un d'eux cueillit le fuyard d'un solide plaquage. Il y eut un cri féminin strident, qui s'interrompit net lorsque le loubard adressa à sa prisonnière un redoutable coup de poing en plein visage. Cueillie au menton, elle s'évanouit dans ses bras, renvoyée à l'inconscience par la violence sauvage et gratuite de cet homme. Magor et Solanum se regardèrent, conscients que leur plan venait de changer brutalement. Avec cette nouvelle donnée dans l'équation, la situation devenait tout à coup plus difficile. De là où ils étaient, ils purent entendre le rire gras du chef de bande, qui vint examiner la jeune femme d'un œil critique, la poussant du pied comme on l'aurait fait avec un animal mort :

- Celle-là, les gars, elle dort avec moi cette nuit !

Magor se tourna vers Solanum, et lui glissa :

- Eh bien mon cher Hobbit, vous en avez de la chance ! Vous voilà passé de colporteur à sauveur de damoiselles en détresse. Quelle promotion ! Dépêchons-nous de les suivre avant qu'ils ne nous mettent la main dessus.

- Tu crois pas si bien dire.

Cette dernière phrase n'avait pas été prononcée par le rôdeur, ni par le Hobbit. A dire vrai, ils ne l'avaient jamais entendue. Elle provenait de derrière eux, et était clairement celle d'un homme adulte de belle taille, un superbe spécimen nourri avec autre chose que des carottes. La brute épaisse, au sens propre du terme, tenait un massif gourdin à la main. Lequel alla s'écraser prestement sur la caboche du rôdeur, qui s'écroula sur le côté, un mince filet de sang coulant le long de sa tempe. Solanum n'eût pas le temps de se relever qu'une main gigantesque – déjà gigantesque à l'échelle humaine, mais encore plus immense pour lui – venait se refermer sur le col de sa veste. Le mastodonte le souleva de terre comme un fétu de paille, et le secoua dans tous les sens, jusqu'à lui faire perdre pied. Sonné, le Hobbit cessa de se débattre, et lâcha ses armes. Sans cesser de rire, le géant ramassa les effets de ces deux prisonniers supplémentaires, les rangea dans son épais sac de jute, avant de traîner ses prises à l'abri, dans le repaire secret des bandits du Chemin Vert.


~ ~ ~ ~


Magor émergea d'un sommeil long et douloureux. Il ouvrit péniblement les yeux, et se rendit compte immédiatement qu'il était ligoté, les poignets attachés dans le dos, les jambes liées. Il reposait sur le sol, dans un campement aménagé, situé dans les bois qui environnaient la route. Quelqu'un parla à côté de lui, mais il était si comateux qu'il ne comprit qu'un charabia qui n'avait pas le moindre sens. Ce devait être le Hobbit, toutefois, qui lui disait quelque chose. Mais quoi ? Impossible à dire, dans son état. Une voix rugissante déchira le voile de brume qui obscurcissait l'horizon de ses perceptions, et il perçut un « Silence » tonné d'une voix de stentor. De toute évidence, les bons mots du semi-homme n'étaient pas du goût de tout le monde. De nouveau, Solanum glissa quelque chose à voix basse à Magor, qui ne comprit toujours rien, mais qui commençait à émerger peu à peu.

Et puis soudain, ce fut le silence. Le rôdeur, gromelant dans sa barbe, commença à sortir de ses sombres rêveries. Il avait la bouche pâteuse, et l'impression d'avoir été piétiné par un cheval fougueux. Une sensation des plus désagréables. Il se redressa en position assise, non sans grimacer, et regarda sur sa droite. Le corps toujours inconscient de la jeune femme reposait là. Il n'en voyait pas le visage, que recouvraient ses longs cheveux roux, mais il savait qu'elle était vivante. Il percevait son souffle régulier même de là où il se trouvait. En face de lui, se trouvaient les malfrats, qui avaient allumé un feu pour se réchauffer. Leur campement était bien à l'abri, et nul ne les verrait depuis la route, c'était certain. Ils étaient en train de se préparer à passer la nuit, discutant sans doute du crime qu'ils avaient commis : s'attaquer à des hommes en uniforme, quelle audace ! Enfin, Magor jeta un coup d'œil sur sa gauche, pour constater non sans une certaine surprise que personne ne s'y trouvait.

Pas trace de son Hobbit ! Solanum s'était tout bonnement volatilisé ! A la place, demeuraient les liens qui l'avaient jadis entravés, déposés sur le sol négligemment alors que le semi-homme s'empressait de rejoindre un abri. Magor se dit qu'il devait avoir l'oreille bien abîmée, pour ne pas avoir entendu partir son jeune compagnon. Mais après tout, il n'avait pas non plus perçu l'arrivée du géant… Toutefois, demeurait une question : où se trouvait le Hobbit, et qu'allait-il faire ? Il ne pouvait certes pas aller chercher de renforts, car la nuit était tombée, et il lui faudrait trop de temps pour trouver des hommes en armes qui accepteraient de venir secourir un infâme rôdeur et une belle inconnue. Etait-il tout simplement parti, enfui pour sauver sa peau et ses précieuses marchandises ? Après tout, il aurait pu décider de laisser derrière lui problèmes et dangers, pour profiter de la brèche. Pendant que les bandits festoyaient, il pouvait continuer sa route sur le Chemin Vert, et rejoindre le Rohan. Magor, cependant, était plus optimiste, et il voulait croire que le semi-homme avait un plan, qu'il allait venir le sauver. Aussi, quand les gardes s'aperçurent de la disparition du Hobbit, et qu'ils en vinrent à l'interroger de manière musclée, il répondit simplement :

- J'crois qu'il a dû partir prévenir toute la compagnie. Quarante hommes du Roi, de la Garde Marchande. Dès qu'ils sauront où vous vous cachez, ils vous donneront la chasse, croyez-moi !

Cette bravade coûta un redoutable coup de poing à Magor, qui se tut. Ils ne le croiraient pas, assurément, mais le doute était permis, et tant qu'ils n'auraient pas mis la main sur le Hobbit, ils continueraient à craindre pour leur sort. Le chef arriva, visiblement contrarié après ses hommes qui n'avaient pas bien fait leur travail de surveillance, et donna des ordres de manière impérieuse :

- Rassemblez-vous ! Je veux que quatre d'entre vous aillent me traquer cet avorton, et me le ramènent ici mort ou vif. Les autres, sur vos gardes ! Surveillez les prisonniers, et surtout gardez l'œil ouvert.

Magor avisa l'arc et les flèches du Hobbit, qui traînaient dans un coin, là où les bandits entreposaient leur butin. Solanum était donc seul et désarmé, contre une horde de brigands qui s'élançaient déjà à sa poursuite entre les arbres, l'épée brandie et la fureur dans le regard. Que pouvait bien faire un si petit individu contre tant de violence ? Magor trouva tout cela fort intéressant, et il se prépara à agir, commençant déjà à jouer des poignets pour essayer de se libérer de ses liens...


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Solanum
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Lun 23 Fév 2015 - 16:22
HRP: Pas de soucis, au contraire!

Solanum emboîta le pas du rôdeur qui rebroussa chemin, bien décidé apparemment à faire payer les malotrus pour leur affront. D'habitude très loquace, le hobbit fit cette fois silence, bien conscient du danger environnant. S'il aimait parler, parfois pour se sortir de situations délicates, parfois pour vendre, souvent pour rien, il savait aussi quand le temps était venu de se taire.

Il suivit donc Magor jusqu'à une petite colline, que tout homme de taille normale aurait appelé "butte", avant de l'escalader. Si l'humain paraissait à l'aise, le hobbit s'en sortit plus difficilement. Il dut s'agripper aux racines et aux branches pour pouvoir escalader l'escarpement. Une fois au sommet ils avaient une vue imprenable sur la scène qui se déroulait de l'autre côté..
Voyant que les bandits étaient présents, Solanum tira délicatement l'une des flèches de son carquois pour armer son arc... Au cas où... Habitué au commerce, il ne l'était pas à l'aventure et cette tension, quasi palpable, faisait battre son coeur si fort qu'il avait l'impression que, malgré le fracas de l'affrontement qui avait lieu en contrebas, les bandits aurait pu l'entendre.

Quand le colporteur voulut bander son arc, Magor lui fit signe de rester discret.
Il ne put cependant pas s'empêcher de hoqueter de surprise en voyant une demoiselle sortir d'un coffre ouvert par les bandits.

- Eh bien mon cher Hobbit, vous en avez de la chance ! Vous voilà passé de colporteur à sauveur de damoiselles en détresse. Quelle promotion ! Dépêchons-nous de les suivre avant qu'ils ne nous mettent la main dessus.

Solanum sourit à l'idée de secourir la demoiselle... Sourire qui s'effaça très vite en entendant une voix qu'il ne connaissait pas...

- Tu crois pas si bien dire.

Il vit d'abord Magor s'écouler lui, soudain, un géant était au-dessus de lui, le décolla de terre par le col et le secoua comme un prunier, sans cesser un instant de rire. Le pauvre marchand ne put que laisser tomber ses armes en grommelant. Sonné, il fut alors entrainé, avec son comparse, vers le repaire des brigands.

--------------------

Une fois là-bas il fut ligoté et jeté dans un coin, à proximité de son compagnon rôdeur. Ce dernier avait été méchamment sonné et mettait un peu plus de temps que le hobbit à émerger.  Ce dernier en profita pour observer les alentours. Toujours regarder ce qu'il pouvait mettre à profit... C'était une règle chez lui...
Le campement était au coeur de la forêt, à l'écart de la route.En face de lui, les bandits étaient en train d'allumer un feu... A côté de lui il y avait le rôdeur, encore dans les vapes, et de l'autre côté de celui-ci se trouvaient la jeune femme, évanouie. Ils étaient tous les trois parqués avec le reste des marchandises volées, qui se trouvaient en vrac derrière eux.
Lorsqu'il Magor fit quelques mouvements, Solanum se pencha vers lui.
"Ces imbéciles ont oublié de me fouiller... Mon père m'a toujours dit qu'il fallait toujours être prêt à dîner n'importe où. J'ai donc toujours mes couverts sur moi..."
Un retentissant "SILENCE" fit taire le semi homme qui passa alors à l'action. Se tortillant comme il le pouvait il attrapa son couteau de table, rangé dans un étui de cuir au fond d'une de ses poches. C'était un couteau tout ce qu'il y avait de plus basique, mais s'il pouvait couper un gigot, il s'en sortirait avec de la corde. Il entreprit alors de sectionner ses liens, non sans devoir se contorsionner. Il glissa alors un "je sens que ça y est presque" à Magor au moment où la corde cédait.

Privé de ses liens, il lui restait encore à savoir que faire... Il n'était pas sûr de pouvoir fuir: il ne saurait pas où aller! Et puis avec ses courtes pattes, les malfrats auraient vite-fait de le rattraper. Et surtout: il devait rejoindre Pippin! Son âne était seul dans la forêt. Sans compter qu'il n'allait pas laisser les deux autres prisonniers aux mains de ces brigands.
Le temps qu'il réfléchisse il vit l'un des hommes près du feu se relever, il fonça donc vers le seul endroit où il pouvait se cacher: le tas de marchandises derrière lui. Il se glissa sous une toile, parmi diverses victuailles, coffres et autres objets. il fut tenter de mettre quelques marchandises dans ses poches, mais se dit que ce ne serait peut-être pas très discret... Surtout que les malfrats avaient repéré son absence et interrogeaient déjà Magor de façon... Musclée.
Son arc était hors de portée, mais non loin de lui se trouvait l'arme du rôdeur... S'il pouvait la glisser jusqu'à ce dernier, peut-être pourrait-il défaire ses liens...

Les bandits s'organisèrent et plusieurs d'entre-eux foncèrent dans les bois à sa poursuite. Les autres restaient sur leurs gardes mais, fort heureusement, ils avaient tous les yeux braqués sur la forêt, et non sur le tas de marchandise. Il vit alors que Magor était quasiment parvenu à défaire ses liens. Il en profita pour s'extirper à quatre pattes de sa cachette, attraper l'épée du rôdeur et la lui glisser jusqu'à ce qu'elle touche le bout de ses doigts.
Quant à lui, son arme se trouvant trop loin, il attrapa le premier objet lourd et contondant (une louche) qui lui passait sous la main... En espérant sincèrement qu'il n'en aurait pas à faire l'usage et qu'il pourrait plutôt se précipiter récupérer son arc, avec lequel il serait plus à l'aise et surtout... Loin.
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Ryad Assad
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Sam 28 Fév 2015 - 22:13


Magor voyait de petits papillons lumineux danser devant ses yeux, et il avait l'impression que ses paupières voulaient se fermer toutes seules, comme si un grand soleil lui était apparu devant le nez, le forçant à détourner le regard. C'était seulement le contrecoup du redoutable coup de poing qu'il avait pris en plein visage, et qui fort heureusement ne lui avait pas déchaussé de dents. Il en était heureux, car il tenait à son petit sourire charmeur, qui faisait toujours de l'effet. Ecartant de son esprit cette considération, ainsi que les jolies femmes qui hantaient ses rêves la nuit, et parfois la journée, il préféra se concentrer sur le moment présent, sur l'action à venir, et surtout sur la position des hommes qui continuaient d'occuper le camp. Il n'en restait plus que six désormais, dont le chef et la brute épaisse qui leur était tombée dessus un peu plus tôt. Le type était vraiment immense, bâti comme un taureau, avec un cou si épais que le bras du rôdeur aurait peiné à en faire le tour. Inutile de préciser que pour le Hobbit, il devait ressembler à un troll. D'ailleurs, il ressemblait à un troll, un peu. Surtout avec cette lumière. Le chef paraissait tout aussi menaçant, bien que son gabarit fût plus humain. C'étaient surtout ses petits yeux vicieux qui lui donnaient cet air-là, et peut-être aussi la longue dague qui pendait à sa ceinture, et l'épée qu'il tenait en main.

Les autres hommes, quant à eux, paraissaient un peu moins dangereux, même s'ils avaient pour l'instant l'air déterminés. Il fallait dire qu'ils traquaient un Hobbit seul, et qu'ils avaient de toute évidence tous les avantages pour eux : le nombre, la taille, le poids, l'armement. S'ils avaient craint pour leur sécurité à ce moment, alors Magor se serait redressé en dépit de ses pieds ligotés, et serait contenté de leur crier un « Bouh » retentissant, avant de filer en bondissant maladroitement entre les arbres. S'ils avaient peur de Solanum, ils se seraient sans doute terrés dans leurs tentes, et n'en seraient sortis que lorsqu'il aurait atteint Tharbad. Hélas, ils n'étaient pas de cette veine-là, et les rêves d'évasion du rôdeur s'évanouirent rapidement dans la réalité qui l'entourait. Il était en train de réfléchir à une nouvelle solution plus adaptée, quand soudain il capta un léger mouvement sur sa droite. Au départ, il n'y prêta pas attention, et puis finit par repérer des fesses de Hobbit qui se faufilaient sous une toile, pour se soustraire à son regard.

- Intéressant…

Magor jeta un œil à l'arc, et constata qu'il se trouvait trop loin. Solanum devait déjà être arrivé à la même conclusion, mais il ressortit du tas de marchandises avec un objet bien plus important encore : l'épée du rôdeur. En demeurant caché aux yeux des bandits, il réussit à faire glisser cette bonne vieille compagne, plus fidèle que la plus fidèle des épouses, jusqu'aux mains caleuses du guerrier. Ce dernier avait continué de jouer des poignets pendant qu'il réfléchissait, et il avait finalement réussi à s'extirper à demi de son entrave. Levant les yeux, il vit le Hobbit brandir une louche qui semblait un peu lourde pour lui, et surtout qui ne lui offrirait aucune protection contre les épées des brigands. Son désir de se battre était courageux, mais il y avait des situations où il valait mieux fuir, et ne pas demander son reste. De la tête, Magor fit « non » à Solanum, pour lui signifier que rentrer dans la bataille n'était pas la meilleure des solutions. Au lieu de quoi, il lui désigna du menton l'arc qui reposait par terre. Le signal était clair. Trop clair.

- Hey ! Hey toi, à qui tu fais signe là ?

Les brigands tournèrent la tête vers le rôdeur, et commencèrent à s'approcher de lui. Suffisamment près pour repérer l'épée qui avait changé de place, et qui se trouvait présentement à portée de main. Suffisamment près pour repérer qu'il était sur le point de se défaire de ses liens. Suffisamment près pour que Solanum pût les contourner tous discrètement afin de récupérer son arc.

- Maintenant ! Cria le rôdeur, en libérant ses mains, et en empoignant son épée.

La première chose qu'il fit fut de trancher les liens qui lui entravaient les pieds, pour se remettre debout. Toutefois, il préféra rouler sur le côté quand un redoutable coup de gourdin s'écrasa là où aurait dû se trouver sa tête. Les autres guerriers fondirent sur lui dans le plus grand désordre, alors qu'il se redressait péniblement pour faire face à ses adversaires. Son épée brandie vint bloquer un coup de taille, et il repoussa brusquement son agresseur, qui trébucha et tomba sur le dos au milieu de ses compagnons. Un peu de répit gagné. Assez pour voir que le Hobbit avait réussi à se faufiler jusqu'à son arc, et qu'il s'escrimait à en récupérer les flèches pour ajuster son premier tir. Magor recula vivement pour éviter une nouvelle attaque, et il en profita pour crier à pleins poumons :

- La fille ! Emmenez la fille !

Ce n'était pas vraiment de l'héroïsme, en vérité, car le rôdeur savait que les chances de survie du petit Hobbit n'étaient pas plus élevées que les siennes s'il entreprenait de tirer la demoiselle en détresse hors du camp des brigands. Toutefois, il préférait de loin disperser les bandits plutôt que de les voir se concentrer. Si Solanum parvenait à l'emmener assez loin, et à se cacher habilement, il augmentait considérablement ses chances de survie. A l'inverse, s'il lâchait son premier trait dans le dos d'un des malandrins, il en neutraliserait un sans doute, mais les autres lui fondraient dessus avant qu'il eût le temps de bander son arc de nouveau. Non, il valait mieux qu'il tentât sa chance séparément. Et puis lui qui aimait bien les bonnes histoires, il se retrouvait confronté à ces fameux choix moraux que les héros devaient faire.

Conscient que son cri pouvait avoir alerté les maraudeurs sur la présence du Hobbit, Magor les chargea derechef. Il usa de son brassard pour accompagner son esquive d'une lame ennemie, et donna un coup de pied dans l'entrejambe de son adversaire qui se plia en deux subitement, lâchant un grognement de douleur. Le rôdeur l'aurait bien envoyé dormir d'une gentille caresse du talon en plein menton, mais les autres bandits étaient là, et ils étaient bien déterminés. Parmi eux, il y avait le colosse qui paraissait vouloir écraser purement et simplement son adversaire sous son immense gourdin, qu'il baladait de droite et de gauche comme s'il s'agissait d'un hochet. Un troll avec un hochet… Oui, voilà à quoi il ressemblait. Magor était, fort heureusement, assez rapide pour se faufiler hors de portée quand le coup fonçait sur lui, et cela lui donnait le temps d'attirer ses adversaires, qui l'acculaient progressivement. Mais chaque seconde gagnée était précieuse, car elle permettait au Hobbit de s'éloigner un peu plus. La dernière chose que le rôdeur vit fut Solanum, tirant l'inconnue par les aisselles, à l'abri des arbres. Il avait réussi à passer inaperçu, mais les profonds sillons que laissaient les bottes de la jeune femme dans la terre meuble seraient des traces faciles à suivre, quand la vaillante résistance de Magor arriverait à son terme.


~ ~ ~ ~


De là où se trouvait Solanum, la seule chose qu'il pouvait percevoir était sa respiration, celle de la jeune femme et les bruits étouffés d'un combat acharné au loin. Des épées qui s'entrechoquaient, des cris et des mugissements sauvages. La guerre. Mais il avait une autre mission, et il traînait donc courageusement la jeune femme, qui pesait sans doute plus lourd que Magor n'avait pu l'imaginer pour un jeune Hobbit. Alors que ce dernier continuait à serpenter entre les arbres, cherchant un endroit approprié pour se cacher, la prisonnière se réveilla.

Elle ouvrit timidement les yeux, et se sentit instantanément nauséeuse. Dans sa tête, tout était flou, et elle se souvenait simplement avoir couru à toute allure pour essayer d'échapper à ses geôliers, avant de recevoir un coup. Puis c'était le trou noir. Et maintenant, elle se réveillait ici, dans une forêt qu'elle ne connaissait pas, de toute évidence tractée par quelqu'un. Un frisson la parcourut… Allait-on encore lui faire du mal ? Allait-on l'emmener dans un endroit sordide pour la torturer ? Pire ? Elle se débattit furieusement, en dépit de ses poings et de ses pieds attachés, au point qu'elle fit lâcher prise au Hobbit, et qu'ils s'écroulèrent tous les deux lourdement dans les feuilles et l'humus. La jeune femme aux cheveux roux, visiblement perdue, essaya de se retourner sur le ventre pour ramper hors de portée de celui qu'elle identifiait comme un agresseur, mais celui-ci la rattrapa bien rapidement. Il parlait, mais elle se refusait à l'écouter, hurlant inlassablement, appelant à l'aide de toutes ses forces, alors que des larmes commençaient à couler le long de ses joues :

- Pitié ! Pitié ! Laissez-moi !

Sa voix était un peu éraillée, comme celle d'une personne qui n'avait pas bu depuis trop longtemps. L'homme qui la traînait s'approchait toujours à pas lents, et il n'avait pas l'air agressif, mais elle se méfiait. Elle avait vu des gens au visage avenant venir à elle, pour l'enfermer dans une boîte pendant de longues journées, n'ouvrant sa cellule que pour lui jeter un peu de nourriture moisie qu'elle devait manger sous peine de mourir d'inanition. En dépit de sa peur, elle remarqua qu'il était de petite taille mais de solide constitution. Dans son esprit, elle s'imagina immédiatement qu'il devait s'agir d'un Nain. Elle ignorait pourquoi, mais dans ses souvenirs embrumés, elle se rappelait d'un Nain qui ne lui inspirait pas confiance. Il était malveillant, et il la regardait avec méchanceté. Elle le craignait, sans trop savoir pourquoi. Et maintenant qu'elle se retrouvait face à ce représentant de sa race – du moins le croyait-elle – elle éprouvait la même sensation de méfiance absolue. Elle battit des pieds pour le forcer à reculer sans cesser de crier.

Ce qu'elle ne savait pas, c'était que ses hurlements avaient atteint des oreilles humaines, qui se trouvaient non loin. Des hommes qui, une épée encore couverte de sang dans la main, forcèrent l'allure dans leur direction, conscients que ces appels désespérés finiraient par cesser. Leurs pas rapides les conduisaient à travers la forêt, et ils s'arrêtaient parfois pour tendre l'oreille afin de s'assurer qu'ils allaient toujours dans la bonne direction. Puis, ayant déterminé qu'ils ne s'étaient pas trompés de beaucoup, ils reprenaient leur cavalcade furieuse, écartant les branches qui se dressaient sur leur route, comme des limiers sur la trace d'un gibier inconscient du danger.

La jeune femme, à court de souffle, finit par s'arrêter de crier, et par essayer de se relever. Elle se savait ridicule, car ainsi attachée elle ne pouvait pas aller bien loin, mais son désir de fuite était plus grand que tout le reste. Elle se mit à sauter à pieds joints, profitant de ce que le Hobbit paraissait réfléchir à la meilleure manière de la protéger de sa propre crainte qui lui faisait perdre tout sens commun. Toutefois, ce qui devait arriver arriva, et ses pieds dérapèrent sur le sol instable de la forêt. Si ses chevilles n'avaient pas été liées par une solide corde de chanvre, elle aurait pu retrouver son équilibre en un instant, et si ses poignets n'avaient pas été collés ensemble, elle aurait très certainement pu se raccrocher à la grosse branche d'un chêne massif. Au lieu de quoi, elle glissa sans pouvoir se raccrocher ou freiner sa chute. Si, dans les premiers mètres, elle ne fit que glisser le long d'un talus sur les fesses, sa dégringolade s'accéléra quand elle arriva vers un à-pic particulièrement raide. Pas très haut, certes, mais suffisant pour lui faire prendre de la vitesse. Devant les yeux de Solanum, qui n'avait pas vu cette irrégularité du terrain, elle fut avalée dans une chute qui l'entraîna par la suite dans un roulé-boulé incontrôlable. Sonnée depuis longtemps, l'inconnue acheva sa course dans une rivière qui courait au milieu des arbres, une dizaine de mètres en contrebas. Elle ne bougeait plus du tout.

Alors que Solanum observait la situation, cherchant peut-être comment descendre rejoindre le corps inanimé de la jeune femme, ou bien se demandant s'il ne valait pas mieux filer d'ici prestement, une main se posa sur son épaule, et le força à se retourner. Un des brigands, un tueur assoiffé de sang et de carnages, un redoutable combattant armé d'une solide épée d'acier prête à pénétrer dans l'estomac du Hobbit, un homme sans morale et sans l'ombre d'un remords, déterminé à faire passer de vie à trépas le jeune marchand innocent, aurait pu se tenir là dans son dos, et achever promptement l'aventure de Solanum. Toutefois, lorsque ce dernier se retourna, il découvrit le visage épuisé de Magor, le rôdeur. Il était en vie !

- Maître Hobbit, que faites-vous encore là ? Vous devriez être loin ! Les cris ont sans doute alerté les autres…

Le rôdeur était vivant, mais il semblait blessé. A moins que ce ne fût le sang d'un ennemi qui avait coulé sur sa veste de cuir. Comment savoir ? Il n'en dit mot, comme si la chose n'était présentement pas importante, et interrogea Solanum :

- Et la fille… Où est-elle ? Ils vous sont tombés dessus ? Vous n'avez rien ?

Ses questions étaient un peu décousues, et il s'en rendit compte. Le stress du combat lui avait fait perdre toute mesure, et s'il ne paniquait pas véritablement, son cerveau devait traiter trop d'informations en même temps. Il voulait se soucier de tout et de tout le monde, alors que son esprit était préoccupé par l'endroit où pouvaient se trouver ceux qui le traquaient. Il avait couru longtemps pour leur échapper, et avait finalement bifurqué net en entendant les cris de détresse de la jeune femme. Dans sa tête, il s'attendait presque à retrouver le Hobbit mort, égorgé par un vil adversaire. Il ne s'attendait certainement pas à le trouver à découvert, planté au milieu des arbres. Inspirant profondément pour se calmer, Magor jeta un regard derrière lui, cherchant à repérer d'éventuels mouvements :

- Je ne sais pas ce que vous attendiez, maître Hobbit, mais je vous suis. Trouvez-nous une cachette, un endroit sûr. Et surtout, dites-moi où se trouve cette fille...


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Solanum
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Lun 9 Mar 2015 - 17:06
Lorsque Solanum prit la louche, Magor lui fit signe que c'était une mauvaise idée... Du moins, c'est ce que le hobbit en compris. Le geste suivant, montrant son arc et ses flèches, étaient tout aussi explicite et il n'attendait qu'une occasion de se précipiter dessus.
Cette occasion, le rôdeur lui la fournit, et il ne se priva pas pour en profiter. Lorsque les brigands se jetèrent sur Magor, il couru vers son arme, enfila son carquois par dessus l'épaule et se saisit d'une flèche qu'il ajusta. Au moment où il allait la décocher le rôdeur hurla:

- La fille ! Emmenez la fille !

Il fit ce que lui demandait son compagnon, remit la flèche dans son carquois, passa l'arc en bandoulière et profita de la cohue pour foncer vers la jeune fille, toujours dans les vapes. Ne sachant comment réveiller la belle au bois dormant, il réfléchit intensément à la meilleur méthode, avant de lui asséner une grande claque... Qui n'y fit rien. Il se décida donc à la saisir sous les aisselles pour la trainer à l'écart du camp.
Elle était bien plus lourde qu'il ne s'y était attendu... Et il n'hésiterait pas à le lui dire lorsqu'elle se réveillerait. Il la traina donc sur quelques centaines de mètres à travers bois, avant que celle-ci commence à remuer... enfin...
Le fracas du combat que Magor menait semblait lointain maintenant. Il s'autorisa à faire une pause pour la laisser se réveiller mais, au moment où il s'arrêtait, la jeune fille se débâtit vivement dans ses bras si bien qu'ils tombèrent tous deux au sol.

Le prenant pour l'un de ses ravisseurs, elle paniquait et hurlait.
"Calmez vous voyons, je ne vous veux aucun mal... Je suis un ami."

Rien y fit. Il avait beau prendre son ton le plus enjôleur, celui qu'il servait à ses possibles clients, la demoiselle ne cessait de bouger et remuer. Etant toujours attachée, elle risquait de se faire mal. Le hobbit lui proposa donc de la délier, et approcha de la demoiselle le couteau à la main. S'en fut trop pour elle. Elle tenta de se relever... Pour retomber immédiatement et dégringoler le long d'une pente herbeuse.
Solanum resta sur place, surpris et extrêmement embêté qu'on le prenne pour un brigand (même si, au fond de lui, il savait que vendre certains produits hors de prix, était une forme de vol). Il regarda donc la jeune femme dévaler la pente pour finir sa course dans une rivière en contrebas. C'est alors qu'il revint à lui se disant que, après une si longue chute, la maladroite risquait de se noyer.

Une main se posa soudain sur son épaule, le faisant sursauter. En se retournant il fut très soulagé de voir son compagnon de voyage, couvert de sang certes, mais vivant.


- Et la fille… Où est-elle ? Ils vous sont tombés dessus ? Vous n'avez rien ?


Le hobbit bredouilla quelque chose d'inintelligible ressemblant à "Euh... Non... Non, ça va..."

- Je ne sais pas ce que vous attendiez, maître Hobbit, mais je vous suis. Trouvez-nous une cachette, un endroit sûr. Et surtout, dites-moi où se trouve cette fille...


Il avait perdu de précieuses secondes et se ressaisit bien vite, espérant qu'il n'était pas trop tard.

- La jeune fille vient de chuter dans cette rivière en contrebas! Il nous faut nous hâter pour aller la repêcher!

Il se précipita alors dans la pente, ne regardant pas si Magor le suivait et rejoint le bord du cours d'eau en peu de temps. Le courant y était fort et le hobbit sentit son coeur se gonfler de désespoir en voyant les nombreux rochers et le débit de l'eau. Il longea la berge au pas de course, dans le sens du courant jettent le moindre signe de la fille.
D'un coin de l'oeil il aperçut alors un éclat couleur feu. Les cheveux roux de la prisonnière apparaissaient à la surface de l'eau. Ses liens semblaient s'être pris dans la branche d'un aulne à demi immergé. Ces liens qui avaient provoqués sa chute, l'avaient peut-être sauvés... Encore fallait-il pouvoir la secourir.
Solanum frissonna en observant la rivière... Les hobbits et l'eau étaient difficilement compatibles...
Il se retourna alors vers son compagnon.

"Vous savez nager?"
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Ryad Assad
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Lun 16 Mar 2015 - 1:20

Le soulagement de Magor était perceptible, et il se laissa aller à un demi-sourire ravi. Le jeune Hobbit était décidément plein de ressources, et il avait réussi à échapper à ces brigands avec un certain talent. Il avait traîné la jeune fille hors de la zone dangereuse, sans se faire répérer, et il réussissait à conserver son sang-froid. On sentait qu'il était un peu perdu, mais ce n'était pas la panique qui s'emparait de lui à l'heure où il fallait prendre des décisions importantes. Décidément, ce peuple était bien surprenant. Leur petite taille n'était pas le reflet de leur courage, et on pouvait dire qu'ils étaient bien plus preux que la plupart des chevaliers en armure qui se promenaient en Arnor. Car eux, d'armures, ils n'en avaient point et ils entendaient défendre ce en quoi ils croyaient avec une louche et des bons mots. Magor s'était pris d'affection pour Solanum, et il ne laisserait personne lui faire le moindre tort, dût-il il laisser la vie.

Les questions du rôdeur trouvèrent finalement une réponse, et ils se penchèrent tous les deux pour observer en contrebas, la rivière qui courait silencieusement. Le Hobbit s'élança et Magor le suivit, en se rattrapant comme il le pouvait aux branches et aux arbres, faisant bien attention de ne pas tomber, de ne pas glisser sur les feuilles, de ne pas se prendre le pied dans une racine qui aurait dépassé du sol. Le jeune colporteur, pieds nus, paraissait ne pas éprouver la moindre difficulté à se déplacer, peut-être parce que ses courtes jambes le soumettaient à moins de risques, et que son corps n'était pas aussi encombrant que celui d'un homme grand et élancé. Sitôt arrivé au bord de l'eau, Solanum se dépêcha de suivre le cours de la rivière, jetant des regards inquiets en direction de celle-ci comme s'il cherchait sa prisonnière. Magor le suivait d'un bon pas, ayant finalement réussi à le rattraper désormais qu'ils étaient en terrain plat. Ils repérèrent ensemble la jeune femme, qui avait été fort heureusement accrochée à une branche par les liens qui lui entravaient les poignets. Les deux compagnons se regardèrent, et le Hobbit posa la question faditique. Il était vrai qu'on disait des semi-hommes qu'ils n'aimaient pas l'eau…

- Il va bien falloir, jeune Hobbit, il va bien falloir.

Avec un empressement certain, Magor se débarrassa de sa cape, de son épée et d'une dague qui pendait à sa ceinture. Il retira ses bottes, sans doute pour les garder sèches, et finalement plongea dans la rivière. Le courant était plus fort que ce à quoi il s'attendait, et il dut lancer de puissantes brassées pour réussir à remonter vers l'inconnue aux cheveux roux. Elle ne respirait plus du tout, et son visage était bleui par le froid. Arrivé jusqu'à elle, le rôdeur s'agrippa à la branche, et se saisit de la jeune femme qu'il chargea sur son épaule. Poussant du pied, essayant de garder la berge en vue, il revint douloureusement vers le Hobbit. A chaque mètre gagné en avant, il se décalait de deux mètres sur le côté, emporté peu à peu par le courant. Il se battit férocement contre les éléments, et parvint finalement à poser les pieds sur les pierres qui couvraient le fond de la rivière. Grâce à cet appui, et non sans s'être décalé encore, il parvint à retrouver la terre ferme, sur laquelle il s'écroula à genoux, épuisé. Le Hobbit était là, et il avait dû suivre son trajet sur la berge, se décalant en même temps que lui pour l'accueillir. Magor le remercia d'un signe de tête, incapable pour le moment d'en dire davantage. Il inspira profondément, et finit par lâcher :

- Elle doit avoir bu la tasse, attendez…

Sans ménagement mais sans violence, le rôdeur se mit à appuyer fermement sur la cage thoracique de la jeune fille. Elle demeura sans réaction pendant un instant, jusqu'à ce que les efforts du guerrier finissent par payer. Son corps se convulsa légèrement, puis puis violemment par la suite, jusqu'à ce qu'elle se mît à tousser bruyamment, crachant l'eau qu'elle avait avalée au cours de sa baignade improvisée. Roulant sur le côté, sa respiration stridente n'était que le témoin de sa fragilité à l'heure actuelle. Elle avait survécu par chance, mais les épreuves subies n'avaient pas été des plus faciles. Son corps garderait quelques semaines encore les stigmates des coups reçus, et son séjour dans l'eau n'avait fait que fragiliser cette inconnue de toute évidence soumise aux privations et à des sévices qu'elle seule pouvait connaître. Elle ouvrit les yeux légèrement, revenant progressivement à la vie, pour découvrir penchés sur elle le Hobbit et le rôdeur, qui la regardaient d'un drôle d'air.

Son cri suraigu fut interrompu par le bâillon improvisé que Magor lui fourra entre les dents. Il avait anticipé cet état de fait, conscient qu'après tout ce qu'elle avait subi, la jeune femme serait sans doute terrorisée. Il avait donc discrètement déchiré un pan de sa tunique rapiécée, qui devait être plus propre que jamais après qu'il eût été la chercher à la nage, et le lui avait fourré dans ménagement dans la bouche. Rapidement, il se saisit d'une cordelette qu'il gardait dans sa poche, et l'enroula autour de la tête de l'inconnue aux cheveux roux pour l'empêcher de se débarrasser de cette sécurité. Le Hobbit devait se poser des questions, mais le rôdeur savait ce qu'il faisait : s'il laissait du temps à la jeune femme pour se reprendre, elle donnerait involontairement l'alerte, et attirerait à eux les brigands qui devaient continuer à les traquer. Se tournant vers Solanum, Magor glissa :

- Je suis pas comme ça d'habitude, mais là, pas le choix… Elle risque de nous chanter un drôle d'air si on lui enlève ça…

Pourtant, en dépit du bon sens, il était difficile de se résoudre à laisser cette jeune innocente dans cet état. Désormais que son épuisement avait repris le dessus, elle s'était mise à sangloter et de grosses larmes roulaient le long de ses yeux que ses mains ne pouvaient pudiquement couvrir. Elle paraissait désespérée, effrayée comme jamais, et pourtant ils ne pouvaient pas encore la laisser filer. Elle ignorait le danger qui les menaçait, et de toute évidence elle ne voulait rien entendre. Magor, insensible à ses protestations et à ses gesticulations énervées, s'acharna à soulever ses mains ligotées pour s'assurer qu'elle n'avait pas reçu de grave blessure. Elle avait pu se cogner sévèrement, et le froid l'empêcherait de s'en rendre compte avec un moment. S'il voulait éviter qu'elle se vidât de son sang, il lui fallait en passer par là, en dépit de ce qu'elle pouvait penser de lui en ce moment. Alors qu'il retenait ses mains liées dans une seule des siennes, le rôdeur ne put s'empêcher de formuler ses pensées à voix haute :

- Intéressant… Je me demande quand même pourquoi ils l'avaient enfermée comme ça…

Il acheva son examen sommaire sans trouver d'indices inquiétants : ni traces de sang, ni déchirures suspectes sur ses vêtements. Satisfait, il se redressa, et attrapa son manteau. Son état de concentration extrême l'avait empêché de se rendre compte qu'il avait froid, mais désormais qu'il était resté immobile, il lui paraissait être transpercé par mille aiguilles. Tandis que le Hobbit lui passait diligemment ses bottes, il prit le parti d'expliquer quelle était leur situation, de sorte que les choses apparussent clairement à Solanum :

- J'ai tué un des bandits, mais les autres sont toujours sur nos traces, je pense. Ils ont peur que nous les dénoncions, et ils ne cesseront pas facilement de nous traquer, c'est certain. Je pense qu'ils vont venir nous chercher par ici, en pensant que nous allons continuer tout droit. Moi, je propose qu'on retrouve le Chemin, qu'on mette la main sur votre âne, et qu'on descende jusqu'à Tharbad. Je pense qu'ils auront arrêté de nous chasser d'ici là. Comme ça, vous pourrez aller vendre vos marchandises, et vous faire un joli pactole !

La plaisanterie était sincère, et si elle était peut-être un peu malvenue en la circonstance, elle avait au moins l'intérêt de détendre l'atmosphère, et de relativiser. Ils étaient en vie, et même si une dizaine de bandits assoiffés de sang se dressaient face à eux, ils s'en tiraient à bon compte. Que seraient-ils devenus si Magor s'était fait poignarder traîtreusement dans le camp des bandits ? La jeune femme ne serait pas en train de pleurer silencieusement, et serait probablement morte noyée. On aurait retrouvé son corps loin en aval, et personne n'aurait compris la raison de son décès. Quant au Hobbit, il se serait soudainement retrouvé très seul en chemin, privé de sa monture et de ses biens, privé de son compagnon de voyage, et isolé au milieu d'une forêt hostile peuplée de tueurs fous. Finalement, ils échappaient tous au pire, dans une certaine mesure.

- Allons, cher Hobbit, gardez espoir et n'ayez pas les idées noires. Les aventures sont souvent moins reluisantes que celles que l'on peut lire dans les contes, mais elles valent la peine d'être vécues. Vous pourrez dire que vous avez sauvé une demoiselle en détresse, quand vous arriverez au Rohan.

En disant cela, il se rendit compte que ladite demoiselle était en train de se faire la malle, rampant péniblement sur le sol. Discrète mais pas assez, il remarqua les quelques mètres qu'elle avait gagnés, et se leva pour l'empêcher d'aller plus loin. D'une main puissante, il la saisit par le bras et la releva comme si elle ne pesait rien, avant de la charger sur son épaule comme on l'aurait fait d'un vulgaire sac de légumes. Elle se débattit furieusement, ses jambes attachées s'agitèrent un instant, mais l'épaule du rôdeur qui s'enfonçait douloureusement dans son abdomen rendait la manœuvre aussi épuisante que douloureuse. Il la laissa s'agiter quelques instants, essayant de retrouver sa stabilité, avant de se tourner vers Solanum :

- Vous prendrez la tête, cher Hobbit. Faites bien attention où vous marchez, et si vous repérez un brigand, pas de zèle. Notre objectif est de les éviter autant que possible. Allons allons, avant que le soleil ne se lève totalement et ne nous fournisse plus aucun abri.

Magor s'était équipé de son épée, mais il avait laissé la dague à disposition du Hobbit. Elle était assez grande pour qu'entre ses mains, elle parût être un petit glaive. Surtout, elle était tranchante et bien entretenue, si bien que la moindre caresse ferait couler le sang du premier malandrin venu :

- Prenez-la, et gardez-la près de vous à chaque instant. Elle vous servira mieux qu'une louche, je pense. En voici le fourreau. Bon, ne traînons pas, cette donzelle pèse plus qu'il n'y paraît !

Il adressa à l'intéressée une tape sur la cuisse, alors qu'un sourire franc étirait les plis de son visage. Emboîtant le pas à Solanum, qui tenait toujours son arc et ses flèches, il tendit l'œil et l'oreille, conscient que dans la situation actuelle, leurs vie à tous dépendaient de la façon dont le Hobbit allait les guider à travers les arbres, à travers les brigands qui les pourchassaient, pour retrouver le Chemin Vert. Si le semi-homme parvenait à y retourner avant le point du jour, et qu'ils retrouvaient son âne, ils avaient de bonnes chances de semer les bandits pour de bon. Un pas après l'autre, Magor se répétait inlassablement qu'ils allaient y arriver. Et curieusement, avec ce drôle de petit personnage qui lui ouvrait la voie et qui gardait le nez levé à la recherche d'un danger potentiel, il croyait plus que jamais en ce qu'il souhaitait...


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