Esthel l'orgueilleux

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Esthel
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Jeu 26 Fév 2015 - 20:30
Salutations.

Je me permets quelques remarques préliminaires en en-tête de cette fiche. Tout d'abord, par acquit de conscience, je me permets de préciser que j'avais joué très brièvement Anaël ici même, il y a près de cinq ans - fichtre ! Je souhaite désormais reprendre sérieusement le RP.

Autre remarque, j'ai élaboré un personnage que je m'en vais vous présenter, mais qui, je l'espère, ne sera pas trop redondant avec le reste des joueurs. S'il existe un manque de jeu à combler quelque part, je suis prêt à donner un peu de flexibilité à la fin de mon background pour aider.

Sur ce, place à la fiche ! J'espère qu'elle vous siéra Smile
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   Nom/Prénom : Esthel, fils d'un autre.
   Âge : 22 ans environ.
   Sexe : Masculin
   Race : Homme
   Particularité : Aucune ... A première vue.

   Alignement : Neutre - Chaotique.
   Rôle : Ancien manoeuvre, mendiant en devenir.


   Équipement :

• Une dague en fer, de mauvaise facture, au manche entouré d'un cuir gras et puant.
• Quelques pièces. De quoi acheter un ou deux repas chauds, à peine.
• Une tenue d'homme du commun.

   Description physique :

Esthel est plutôt avenant, souvent souriant. Son physique assez avantageux a toutefois été altéré par le Rude Hiver et demeure marqué par son passé ouvrier : des mains calleuses, et des épaules trop carrées. Des cheveux noirs mi-longs balisent un visage fin aux yeux gris clair. Frôlant le mètre quatre-vingt, il pèse environ soixante-cinq kilos. Sa peau est marquée par l'air marin et le soleil des docks, rare ces dernières années. Il n'a aucun signe frappant, hormis une discrète boucle à l'air marin faite par l'un de ses amis manœuvres sur le port. Il revêt la plupart du temps une tenue simple d'ouvrier ou de marin. Relativement athlétique, il n'entend malheureusement rien au maniement des armes.
  Description mentale :

Ce point est plus délicat. En effet, Esthel a traversé plusieurs périodes qui font de lui ce qu'il est aujourd'hui.
Première remarque, Esthel est au moins orgueilleux, sinon mégalomaniaque. Persuadé qu'il n'a pas à gâcher son destin – ce sont ses mots propres – à clouer des madriers et coudre des voiles, il a du mal à réfréner ses rêves de grandeur. S'il est obnubilé par son propre destin, il n'en est pas moins capable d'un certain degré d'empathie, acquis grâce à ses années à discuter avec des marins, sait écouter – ou très bien faire semblant – et ne se débrouille pas trop mal lorsqu'il s'agit de parler.
Deuxième point notable, ses origines plus ou moins certaines l'ont marqué. Enfant, il était très remuant. Si la colère s'est calmée, elle dort toujours au plus profond de lui, et sa décision de partir pour Minas Tirith a tendance à l'agiter.  En fait, et c'est un troisième point, il est affligé d'une légère folie, passagère, qui peut lui faire perdre la mesure de ses actes – la folie des grandeurs. Il n'est pas toujours stable, même s'il parvient la plupart du temps à se contrôler.
Malgré tout, il demeure un compagnon plutôt agréable, souvent enjoué, qui aime conter des histoires de marins et joindre sa voix aux autres lorsqu'il faut chanter – encore faut-il qu'il soit stable à ce moment, mais sans raison particulière, tout devrait aller pour le mieux. Il apprécie parler, dès qu'il en a l'occasion, pour affûter ses talents oratoires. Il ne restera jamais silencieux, même lorsque les crises guettent.
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Histoire :



Prélude – Quelques volutes et puis s'en vont.

Quais de Dol Amroth – 279 IV A.

L'homme semblait usé. De fait, il l'était. Boitillant, il arpentait les docks de Dol Amroth alors même que le soleil s'effondrait à l'horizon, répétition rougeoyante d'un échec cuisant. La guerre, l'escarmouche, n'étaient qu'imprévisibilité, et l'homme en faisait l'expérience amère. Il continua sa route alors même que la pénombre gagnait le port, puis, avisant un quai désert, s'y assit en laissant pendre ses jambes dans le vide. D'une main tremblante, il posa le casque frappé du cygne et du navire, qu'il portait jusque-là sous son bras, puis tenta de se détendre.

Le clapotis de la mer n'arrivait pas à calmer les nerfs de l'homme, qui se vit contraint de sortir d'une sacoche qu'il portait toujours à son côté une vieille pipe grossière, dans laquelle il fourra un peu d'herbe à pipe sèche dont l'odeur s'était éventée. Le poids de l'escarmouche pesait sur ses épaules. Il se sentait vide. Comment cette bataille gagnée d'avance avait-elle pu tourner aussi mal ? Ils devaient simplement longer la côte, jusqu'à tomber sur le camp de quelques pillard isolés. Arrivés sur place, ils avaient enchaîné de nombreuses erreurs, perdu l'avantage de la surprise et deux hommes. Un bilan trop lourd pour les forces en présence.

Jurant à haute voix, il jeta le plus loin possible la chevalière qu'il avait prise d'Erem. Il lui avait promis de la rendre à sa femme. Elle attendrait. L'homme avait d'autres projets pour ce soir, et puis … La rage l'avait fait perdre tout sens commun. Alors même que ses frères d'armes étaient partis se soûler pour oublier les morts et fêter la victoire, lui avait choisi de s'éclipser discrètement. Qu'ils s'enivrent donc sans lui. Il finit sa pipe rapidement, se leva en ramassant son casque puis s'enfonça dans les ombres.

Il traversait les ruelles sans même y penser. Ses pieds le guidaient vers son objectif. Il ne pouvait plus résister à la passion qui l'embrasait depuis toujours, et sentait que le moment était venu – il sentait surtout qu'il frôlait le point de non-retour, que son avenir était désormais incertain. La façade, il la connaissait par cœur. Il l'avait tant de fois scrutée. Une humble demeure, celle d'un disciple charpentier, et de sa fille de quelques années plus jeune que l'homme. Cette femme, pour lui, qui hantait ses nuits hors de la cité, autour d'un feu le réchauffant à peine. Cette femme qui, ce soir, était postée à sa fenêtre. Et chez qui il allait passer la nuit, profitant de l'absence du père.

Le lendemain, l'homme retourna à son ouvrage, casque sur la tête et épée au côté. Le cœur un peu plus léger. Et disparut dans les ombres, à nouveau.


Premier mouvement – La force du vent.

Dol Amroth – 301 IV A.

La rupture était proche. Je crois que je ne supportais plus mon destin depuis plusieurs années déjà. Je crois aussi que la colère, ou au moins l'instabilité, s'étaient érigées en principes directeurs de ma vie jusqu'à cette année. J'aimais pourtant le vent marin dans mes cheveux lorsque je travaillais sur les chantiers navals, lorsque je m'aventurais à quelque distance de la ville dans cette coque de noix que j'avais l'orgueil d'appeler « mon navire ». J'aimais l'odeur du sel, le bruit des mouettes, les cris des ouvriers sur les docks, les falaises érodées par les assauts séculaires d'une puissance que nous, les Hommes, ne pouvions comprendre. J'aimais imaginer l'Ailleurs, de l'autre côté de cette Mer.

Imaginer l'autre côté du monde. Je m'étais toujours perdu dans ce rêve d'enfant. Depuis le début de ma vie. Ma mère, séduite par quelqu'un dont on ignorait tout – quoique mon grand-père ait quelque idée de l'identité du soudard, comme il me l'avait subtilement fait comprendre – avait fait face à la plus classique des déconvenues. La disparition de l'être aimé. Appel à de plus hautes fonctions, mission loin de Dol Amroth, ou bien mort au combat ? Elle ne cessait de se torturer avec cette question, même une vingtaine d'années après. Ce ressassement était pour elle comme une prison, consumant toute son énergie. Elle passait ses journées dans la maison de famille, à regarder par la fenêtre les gens tenter de vivre. Pour lui éviter la honte d'un enfant sans géniteur, mon grand-père l'avait mariée à son cousin, fils d'armateur déchu et charpentier accompli.

Mon père adoptif passait ses soirées et ses nuits dans les tavernes, à chercher la chair et l'alcool. Je ne pouvais pas lui en vouloir : ma mère était physiquement présente, mais partie depuis des années. Au moins, il avait réussi à me faire embaucher sur les chantiers navals. Lui-même y travaillait sous la direction d'un constructeur de navires. Dès que j'eus l'âge de travailler, je me mis à l'ouvrage. Manœuvres et transports, parfois un clou ou deux. Les maîtres d'oeuvre étaient exigeants et peu patients – ce poste m'apprit à endurer. Mais je ne comptais pas devenir charpentier. Je conservais la place aux chantiers pour pouvoir vivre, et endurcir mon corps, mais aussi continuer à profiter de l'air des docks.

Là où mes camarades manœuvres, aussi jeunes que moi, se pâmaient devant les brillants chevaliers des princes de Dol Amroth, traversant régulièrement la ville sur leurs montures caparaçonnées d'argent scintillant, cape bleutée sur leurs épaules, menés par un étendard bleu et argent face auquel tous inclinaient la nuque en signe de respect, mon instabilité et les doutes qui pesaient sur mes origines me poussaient à détourner le regard. La plupart rêvaient de devenir soldats. Je ne le nie pas, tenir une épée entre ses mains m'attirait, moi aussi. Mais j'avais d'autres projets d'avenir. J'étais peut-être trop orgueilleux, mais je ne voulais pas m'engager, contrairement à la plupart de mes camarades. Je visais une autre cité.

Le travail sculptait peu à peu mon corps, et cela me déplaisait parfois. J'admirais les princes, les grandes familles de Dol Amroth, et leurs fils vêtus de tissus rares, qui apprenaient à lire et écrire, à chevaucher, à se battre comme des princes, lance à la main. Un monde inaccessible. Et pourtant, c'est ce même monde qui m'attirait le plus. Lorsque je demandais à mon père adoptif s'il était possible que je voie un précepteur, il m'avait répondu de sa voix bourrue :

- Tu sais bien qu'on n'a pas l'argent. Retourne au boulot.

Et j'avais repris mon marteau, planté mes clous face à la Mer qui m'appelait, me proposait ses rêves d'évasion, les horizons d'Umbar, des côtes de l'Extrême-Harad, ces récits de marins qui circulaient sur les quais, pour peu qu'on sache tendre l'oreille. Contrairement à mes camarades qui s'entraînaient avec des épées en bois et aspiraient au recrutement, je traînais sur les marchés, dans les tavernes, pour glaner des informations. Les marins étaient intarissables dès lors qu'ils avaient bu un peu plus que de raison. Et je me montrais auditeur particulièrement respectueux.

Peu à peu, j'appris à connaître la vantardise des hommes. A savoir lorsque le marin enjolivait son récit, à sentir les pointes de sincérité percer sous les vapeurs de l'alcool. Parfois, je parvenais à les pousser à la confidence. Après tout, qu'est-ce qu'un gosse pourrait bien faire du récit d'un désastre, d'une petite contrebande ? Vers dix huit ans, je parvenais ainsi à me faire une certaine image des royaumes des Hommes à partir de leurs côtes. La géographie me passionnait. Un marin m'avait même montré quelque chose de rare et surprenant : une carte, un tracé malhabile des côtes qu'il avait suivies à l'occasion d'une expédition qui l'avait fait remonter jusqu'à l'embouchure de l'Isen, sur une peau tannée de mauvaise qualité, parcheminée et trouée par les hasards du voyage. Quelque chose restait toutefois fermé pour moi. Ces signes qui, d'après le marin, étaient des noms de villes, de caps et de rivières.

C'est à cette époque que je commençai à fréquenter Maredor. Un déchu, très certainement. L'homme, bedonnant, le visage ravagé par l'alcool et sûrement une ou deux maladies honteuses qui avaient tracé de profonds sillons dans sa peau, se révélait particulièrement intelligent, surtout lorsqu'il manquait de tomber de son tabouret après avoir forcé toute la nuit durant sur la boisson. Je le récupérais au petit matin, ivre à faire peur, sur le bord des quais ou dans la pénombre d'une taverne populaire, et nous discutions de politique.

Il devait trouver cela comique, Maredor, de voir un jeune homme comme moi, aspirant charpentier de son état, d'extraction populaire – bien qu'inconnue – et passionné par les choses du monde. Si comique que parfois, il me payait le déjeuner en riant et puis passait son temps à conter. Poèmes, lais, chansons grivoises. Un vrai répertoire de ménestrel. Mais ce qui m'intéressait le plus, c'est quand il sortait de sa sacoche un ouvrage abîmé, qui avait l'air d'avoir traversé des décennies. Les livres n'étaient pas un bien commun, j'étais impressionné d'en voir un entre les mains de celui qui, pour nombre d'habitants de Dol Amroth, n'était qu'un déchet.

Lorsqu'il sortait cet ouvrage, c'était un signe. Celui que la leçon allait commencer. Il avait décidé, sur un coup de tête, d'accomplir un de mes rêves : m'enseigner. Pendant les quelques années que durèrent nos rencontres, il tenta de m'enseigner les rudiments de la lecture, de l'écriture et du calcul. Je n'avais aucune difficulté à comprendre le calcul, mais pour ce qui était des lettres, la tâche était autrement plus ardue. La colère et l'instabilité, qui s'étaient effacées grâce à mes rencontres avec les marins, refaisait surface.

J'avais parfois du mal à me contrôler. Lorsqu'un mot me résistait, il n'était pas rare que je brise ma coupe, me privant par la même occasion de quelques pièces que je devais à l'aubergiste. Plus les mots et les nombres s'imposaient dans ma tête, plus mon esprit commençait à calculer, peser, ajuster les poids de mon destin. Je devenais de plus en plus instable et, même si mon air charmeur parvenait à reprendre le dessus, je devais souvent faire l'effort de le conserver lorsque je discutais affaires. Et plus je grandissais, plus je voyais les travers des bas-quartiers.

Lorsque j'arrivais à maîtriser un nouveau caractère, c'était autre chose. Ma névrose prenait d'autres formes, celle d'une fierté opiniâtre qui ne cédait pas un pouce de terrain à quiconque – me valant d'ailleurs parfois quelques ecchymoses à la suite d'un mot prononcé plus haut que l'autre. Avant le départ de Maredor, j'arrivais à lire un texte simple, à en déchiffrer un plus compliqué, et à composer des lettres rudimentaires. S'il n'avait pas forcé une fois de trop sur la boisson, et fait cette crise qui l'avait arraché à la vie quelque part entre une chambre d'auberge et un quai poisseux, je n'aurais peut-être pas pris la décision qui allait changer ma vie.

Celle de partir. De renoncer à mon destin de charpentier, de prendre la route pour Minas Tirith. Le monde bougeait. Le Rude Hiver nous avait fait souffrir, nous aussi, mon grand-père y avait laissé sa vie, mon père adoptif son travail, et ma mère le peu de santé mentale qui lui restait. Moi-même, j'avais changé. Le froid et les privations avaient fait fondre mon corps, qui était devenu fin mais solide. Les cals de mes mains, eux, étaient restés. Quelque part, cet hiver avait été pour moi une bénédiction. En altérant mon corps, il avait dissimulé en partie les stigmates physiques de mon travail populaire. Le roi s'était marié. Des opportunités nouvelles allaient sûrement s'ouvrir, et si je voulais satisfaire ma folie des grandeurs, j'allais devoir sauter sur l'occasion.



La pluie battait le pavé lorsque je décidai de quitter Dol Amroth. Elle frappait les tuiles, nettoyait les rues, et jouait avec les eaux du port déjà bien agitées. Le jour était déjà bien avancé, et les nuages sombres couvrant les cieux n'arrangeaient rien à l'affaire. Si l'agitation du ciel correspondait bien à celle de mon esprit, elle ne facilitait pas pour autant mon entreprise. Je n'avais jamais entrepris de voyage réellement important – autant dire que l'appréhension de ce qui pourrait arriver le disputait à la joie de quitter Dol Amroth et mon triste destin. J'avais fureté pendant plusieurs jours avant de trouver une caravane de marchands se rendant à Osgiliath en faisant une halte à Minas Tirith, qui acceptait de m'emmener contre quelques pièces, et une participation active à la défense de la caravane en cas d'attaque.

- Un jeune gars, robuste comme toi, ça ne devrait pas te poser de problèmes !

Visiblement, malgré le Rude Hiver, ce qui restait de ma carrure faisait encore une certaine impression. Mais je ne savais pas me battre, hormis à mains nues, et je n'étais pas persuadé que ce genre de talents me serait très utile face à des malandrins un minimum entraînés. Malgré cela, c'était ma seule chance de faire le voyage. Le marchand me trouva une petite place sur le banc d'un des chariots qu'il guidait jusqu'à Osgiliath, et nous partîmes donc sous la pluie battante.

Le convoi n'était pas très grand. Trois chariots, pour une vingtaine de personnes, conducteurs compris. Une dizaine de cavaliers se répartissaient autour du convoi, et le marchand, le seul à avoir l'air un tant soi peu aisé, ouvrait la marche, monté sur un cheval de race qui donnait le change à côté des bêtes de somme de la plupart de nos compagnons, mercenaires au rabais cherchant à renflouer leurs bourses. Dans les chariots, tonneaux de poisson séché, clous et fourrage. Rien d'une valeur exceptionnelle.

Ce fut ce qui causa la perte du convoi. L'ensemble de la route se déroula paisiblement. Presque trop : nous perdîmes du temps inutilement en bivouaquant parfois plus que de raison. La route royale était parfaitement calme, mais son tracé était long. Au bout de plusieurs jours de marche, le marchand décida qu'il faudrait couper à travers bois pour rattraper le temps perdu. La nuit tombait tranquillement, le vent agitait les feuilles et gommait les sons. Le sifflement d'une flèche, par exemple, qui vint se ficher dans le crâne de mon voisin, tenant les rênes du chariot. La violence du coup lui arracha son chapeau mou de cuir et un morceau de joue.

Puis ce fut l'explosion de bruits, de sons, de hurlements. Plusieurs hommes avaient été abattus par des flèches venues de nulle part. Hommes ? Orques ? Probablement des brigands, les incursions orques n'étant certainement pas assez téméraires pour pousser jusqu'aux abords du Pelennor – du moins le pensais-je. Des scintillements de lames tirées du fourreau dans la pénombre grandissante, les hurlements de colère et de douleur, éclataient de tous côtés. La panique, mais aussi l'instabilité, s'emparèrent de moi, et je perdis contenance.

Saisissant le corps qui était resté assis à mes côtés, je me fis tomber au sol puis roulai sous le chariot en traînant le cadavre, dont les humeurs commençaient à se répandre. Mes yeux furent aveuglés par du sang qui avait coulé sur mon visage lors de la chute, et je les essuyai vivement dans ma manche pour essayer de prendre la mesure de l'opération en cours. Mon sang bouillonnait. J'étais tiraillé entre une panique grandissante et l'envie incompréhensible de me battre, de plonger mes mains dans un corps encore chaud.

Il fallait que je trouve un moyen de m'en sortir. Ne pas finir bêtement cette escapade égorgé par quelque malandrin. Frénétiquement, je fis les poches du mort, et récupérai ainsi quelques pièces et un coutelas de mauvaise facture. Cela pourrait toujours servir. Je le glissai à ma ceinture puis rampai de sous ma cachette. J'entrevis le marchand, acculé dans un coin, encadré par cinq hommes qui le menaçaient en riant. La plupart des hommes de la caravane gisaient, morts ou assommés, mais certains résistaient encore au niveau du chariot de queue.

J'aurais pu leur venir en aide. Peut-être. Mais mes mains tremblaient bien trop. La panique et la folie grimpaient petit-à-petit, et je craignais de faire quelque chose de stupide. Désolé, mes compagnons, mais ma vie est plus précieuse que la vôtre. C'est la pensée qui m'avait traversé l'esprit à ce moment-là. J'avais encore de grandes choses à réaliser.

Je me glissai dans les ombres, essayant de disparaître discrètement entre deux arbres. Une flèche se planta dans l'écorce rugueuse peu après ma fuite, signe que mes capacités de dissimulation étaient encore à travailler. Personne, cependant, ne me poursuivit – ou ne parvint à me retrouver. Qui pouvais-je bien intéresser ?

Encore une petite journée de marche jusqu'à Minas Tirith. J'essaierais de rentrer dans la cité, et d'y trouver un travail. De mettre en valeur mes maigres talents d'homme de lettres. Peut-être de mendier pour pouvoir me nourrir. Au début. Je portais avec moi mes espoirs. Ceux d'une fin d'hiver.
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Comment trouves-tu le forum ?
: Mmmm ... De la diplomatie, des complots, du jeu de qualité, un monde évolutif dans lequel il faut trouver sa place ... Que dire de plus ?

Comment as-tu connu le forum ? : L'ami Google, devenu entre-temps Startpage.


Voilà qui est donc fait. Je vous souhaite une bonne lecture (quoique cette phrase devrait se trouver en en-tête), et attends vos commentaires avec curiosité Smile
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Taorin
Capitaine des Chiens du Désert
Capitaine des Chiens du Désert
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Localisation : Minas Tirith

~ GRIMOIRE ~
- -: Humain (Haradrim)
- -: 36 ans
- -:

Jeu 26 Fév 2015 - 21:33
Bienvenue sur le forum (ou plutôt, re-bienvenue ^^) !

J'aime beaucoup cette fiche et le personnage, et la valide sans soucis !

Tu peux demander un "métier", et commencer le RP Wink Je t'invite à me contacter ou à contacter un autre membre du staff par MP ou via la ChatBox si tu as des questions ou si tu souhaites un peu d'aide pour débuter le RP.

A bientôt !
Tao'


500£+850£ pour le maître d'armes
Capitaine des Chiens du Désert et Seigneur (Pirate) d'Umbar.
"Memento mori"
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Forlong
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Rôle : Vieux loup au service du Royaume du Nord

~ GRIMOIRE ~
- -: Dunadan d'Arnor
- -: Quarante Ans
- -:

Jeu 26 Fév 2015 - 21:47
Je rejoins mon collègue, la fiche est excellente, le style d'écriture agréable à lire et sans fautes, le personnage est équilibré et laisse énormément de possibilités d'évolution.

Bon jeu à toi, je suis content de voir que tu n'as pas oublié MT Wink



Membre des Orange Brothers aka The Good Cop
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Esthel
Mendiant
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Nombre de messages : 23
Age : 25

~ GRIMOIRE ~
- -: Humain
- -: 22
- -:

Jeu 26 Fév 2015 - 22:27
Merci pour vos réponses sympathiques ! L'accueil est toujours aussi chaleureux et rapide ici Wink

En passant, les newsletter ont fait leur office puisqu'elles m'ont rappelé au bon souvenir de MT. Bref, c'est re-parti pour l'aventure !

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