Joyaux que gemme

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Nathanael
Espion de l'Arbre Blanc
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Jeu 21 Mai 2015 - 11:46

Forgé par plusieurs années d’avidité et de conquêtes victorieuses, l’Extracteur avait vogué de cavernes  en cavernes, traversé des grottes obscures, de vastes palais souterrains, de petits couloirs tortueux et foulé les plus grandes cités naines. Ses relations avec les nains étaient des plus ambiguës, tantôt amicales et arrosées de bière, tantôt orageuse et arrosée de sang. Il était réputé pour être un fin négociateur, un vil escroc, un brillant voleur, un excellent minier, un voyou des profondeurs. Chaque nain qui le connaissait de près ou de loin avait son avis sur l’Extracteur et pas un seul de ces avis ne se ressemblait. « L’homme-nain » laissait derrière lui un brouillard opaque. Il était une musique dissonante, une longue suite de notes sans harmonie, un chant de guerre fait de victoire et de discorde dont les échos se perdaient dans les ténèbres sous les montagnes. A la lumière du soleil personne ne le connaissait, son accoutrement étrange le faisait passer pour un être d’un autre monde, un étranger extravagant à qui on n’accordait peu la parole. Il ne fréquentait ni les tavernes ni les auberges des hommes, trouvant leurs breuvages insipides et mal fermentés alors qu’il connaissait les douceurs alambiquées  des boissons naines. Les marchands et les joailliers avec qui il commerçait étaient peu nombreux, de rares connaisseurs des richesses naines, avec qui il signait quelques contrats pour leur rapporter les joyaux les plus convoités des profondeurs.

C’était en Moria qu’il avait entendu parler des Cavernes Etincelantes et de leur histoire impétueuse. Colonisées par les nains sous l’impulsion de Gimli, l’ami des elfes, les cavernes avaient été suffisamment exploitées pour fournir à Minas Tirith de hautes portes en mithril, puis leur ambition s’était essoufflée et depuis plusieurs années plus personne n’avait de nouvelles des cousins et des oncles qui s’étaient lancés dans cette aventure. De drôles de bruits circulaient à leur propos, un tissu d’inepties pour l’Extracteur, mais il voulait en avoir le cœur net. Certains prétendaient qu’un monstre inconnu du peuple nain avait poussé les nouveaux venus à quitter rapidement l’endroit en abandonnant derrière eux des trésors opulents. En Erebor les avis divergeaient, les nains parlaient d’un voisinage intolérable avec des Rohirrims trop curieux à l’odeur forte dont le royaume faisait continuellement pression sur celui des nains pour leur soustraire leurs richesses en échange de rares vivres inconsommables et indignes d’un nain. L’Extracteur avait même rencontré un vieux nain fatigué qui lui avait simplement expliqué que les Cavernes Etincelantes ne possédaient que des filons superficiels et peu importants qui s’étaient rapidement révélés inexploitables. Quant aux Rohirrims, ils narraient l’histoire d’une migration importante de nains une centaine d’années en arrière, marchant tels de pauvres hères, retournant dans leurs contrés natales, mais aucun d’eux ne savait pourquoi les nains étaient partis. Les plus vieux se souvenaient simplement de paiement en pépites d’or, en poussière de mithril et en joyaux inconnus aux facettes rougeoyantes brillant de milles feux.

Il n’en fallait pas pus à l’Extracteur pour mener une expédition vers les Cavernes rohirrimes afin de tirer au clair une histoire trouble mais des plus intrigantes. Il s’était arrangé pour laisser derrière lui des rumeurs à propos de riches récompenses pour qui le suivrait, et plusieurs hommes avaient été émoustillés après son passage à Edoras. Malheureusement la plupart de ces hommes n’avaient ni la carrure ni l’esprit assez affûté pour le suivre, et il avait du s’en défaire avant de reprendre ses recherches. Il ne savait nullement ce qu’il trouverait dans ces grottes, et les histoires naines se contredisant toutes, il préférait être méfiant. Il avait toujours su bien s’entourer et même si ses « amis » avaient quelques fois laissés traîner leur cadavre dans une rivière souterraine, sa verve attirait toujours les plus aventureux et les plus naïfs. Il ne manquait jamais d’hommes pour l’accompagner.

Il avait installé son campement non loin des portes du Gouffre de Helm. Il lui avait fallu plusieurs jours pour négocier avec l’armée rohirrime et obtenir un droit de passage, l’échange s’étant achevé par un joli pot-de-vin qui avait acheté le silence d’un groupe de gardes et d’un jeune lieutenant manquant apparemment de zèle. Quelques émeraudes et une jolie pépite d’or avaient suffit pour changer le refus de cette troupe en dévouement sincère. Il s’était ainsi rendu compte que les Rohirrims devaient vraiment être pauvres au point de ne pas faire la différence entre une vraie pépite et un morceau de cuivre roulé dans quelques grammes d’or fondu. L’Extracteur avait laissé ses instructions à la capitale. Il savait que la rumeur ferait le reste et qu’il aurait rapidement sous la main assez d’hommes pour reconquérir les Cavernes Etincelantes.
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Edawyn
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Ven 22 Mai 2015 - 1:49
HRP : Les éléments en lien avec Viglo proviennent d’une discussion que nous avons eu IRL. Ce genre d’exception au règlement ne se fait que parce que c’est en quelque sorte une explication de notre rencontre, explication que nous n’avons pas pu faire dans notre fiche de présentation.

Ses jambes le meurtrissaient, son coup souffrait et il était certain d’avoir accumulé une grande quantité  de cloques sur ses deux pieds. Néanmoins, Edawyn était heureux. Il savourait depuis une quinzaine de minutes son salaire transformé en une délicieuse bière épaisse et  ressassait les souvenirs de sa longue marche.

C’était la première fois qu’il sortait d’Annùminas. Certes, de petits boulots l’avaient déjà amené à sortir de la ville, mais ce n’était jamais pour très longtemps. Cette fois-ci, ce fut différent. Un bourgeois au nom sans importance craignait qu’un long voyage puisse être dangereux pour lui, ses biens et sa femme, en ordre d’importance. Il fit alors l’annonce qu’il désirait de «braves gens» pouvant l’escorter d’Annùminas jusqu’à Edoras où il aurait quelque affaire commerciale à accomplir. Malgré son aversion pour les riches de son genre, Edawyn accepta l’offre pour le moins alléchante du marchand de 780 pièces d’or.

Cette escorte était aussi une première puisqu’il n’avait jamais travaillé avec quelqu’un d’autre pendant autant de temps. Un jeune combattant fut sa seule compagnie pendant les semaines de marche, puisque le bourgeois, malgré les grands mots qu’il avait utilisés dans son annonce, se sentait trop supérieur pour adresser la parole aux «braves» pouilleux qui l’accompagnaient. Heureusement pour Edawyn, ce sentiment était parfaitement réciproque.

Ce fut donc avec un autre Arnorien, dénommé Viglo, qu’il passa le plus clair de son temps. La discussion n’était visiblement pas son fort, mais il en dit tout de même un peu sur sa personne. C’était un mercenaire à l’enfance malheureuse qui avait suivi un parcours similaire à celui d’Edawyn.

Tous deux ne purent pas prouver leur talent au combat puisque l’escorte se déroula sans le moindre incident. Ils étaient désormais installés à Edoras pour prendre du repos. Sans aucune attache à Annùminas, Edawyn pouvait goûter à son répit sans penser à son retour. Certes, il reviendra tôt ou tard, puisque son employeur principal se situait là-bas. Toutefois, tant que sa bourse tintait, il était libre de rester tant qu’il le voulait.


Une voix brisée le tira de ses réflexions et il se retourna. Un vieil homme atteignant visiblement les 60 ans se trouvait sur la table derrière celle du mercenaire. Il était entouré d’hommes murs et de plus jeunes, tous ayant fini de se rassasier et entamant la digestion grâce à un alcool fort. L’ainé avait fait taire les autres et parlait d’un ton ne dissimulant en rien son état d’ébriété. Il faisait allusion aux Cavernes Étincelantes et aux minerais qu’on y trouverait. Il expliquait que les nains avaient cru épuisés les gisements, mais que c’était loin d’être le cas. À l’entendre parler, on croirait qu’il suffirait d’apporter une pioche et un peu de patience pour être capable par la suite de manger à l’aide d’ustensiles en mithril.

Un des hommes l’entourant répliqua en frappant sur la table son verre vidé de son alcool. «C’est un monstre qui les a fait partir! Les nains ont fui un danger se terrant dans les Cavernes Étincelantes» dit-il pour ensuite éructer les dernières traces de sa boisson.

Ce à quoi répondit un jeune roux à l’air rieur : «Oncle, le danger du moment, c’est vous sous l’effet de l’alcool.» S’ensuivit un rire partagé par tous, excepté le vieillard qui semblait frustré que la discussion ait pris un tournant autre que celui qu’il désirait.

Lorsqu’ils eurent fini de rire et après avoir rassuré l’oncle vexé, ils reprirent le sujet et continuèrent de se contredire sur les raisons ayant poussé les nains à quitter leurs mines sous les montagnes blanches. Puis vint l’Extracteur. Tous étaient d’accord que c’était un voyou et qui ne parviendra pas à soutirer la moindre valeur des Cavernes Étincelantes.

Edawyn avait lui aussi entendu parler de cet homme. Il avait pourtant eu une tout autre description de lui. Il serait un fin connaisseur des minerais ayant réussi à bâtir sa richesse et sa réputation sur ce qu’il sortait de la pierre. Tout riche qu’il devait l’être, il ne semblait pas être une personne insupportable comme bien des gens de sa situation financière. Il avait aussi eu vent de son offre alléchante qui ne le laissait pas insensible. Après tout, tant qu’à être à Edoras, autant en profiter et saisir l’occasion lorsqu’elle se présente. Pour ce qui est du risque de rien y trouver, l’Extracteur n’a tout de même pas acquis sa réputation pour rien. Entre faire confiance à un expert en la matière ou croire quelques soûlards, le choix devenait simple. Et puis, ça ne semblait en rien être une mission ennuyante. La longue marche qu’il avait fait pour le marchand arnorien l’avait laissé sur sa soif d’adrénaline, et l’occasion semblait  bonne pour compenser.  

Bref, Edawyn avait fait son choix. Après avoir payé l’aubergiste, il se dirigea vers la sortie dans le but d’aller proposer à Viglo de l’accompagner. Après tout, il était endurant, intelligent et surtout discret. Son tempérament lui plaisait bien et, tout comme Edawyn, il ne devait pas avoir d’obligation à Annùminas qui l’empêcherait de partir avec lui.

De plus, son compagnon était ce qu’il possédait de plus proche qu’un ami. Ni son employeur ni son père qu’il avait quitté depuis quelques années n’avait une quelconque affinité avec lui, alors qu’il s’entendait plutôt bien avec Viglo et appréciait sa présence.

La fraîcheur du début de soirée changea le mercenaire de l’air lourd de sueur et de fumée de l’intérieur de la taverne. Il se mit à marcher en direction de l’auberge dans laquelle ils avaient tout deux pris une chambre. Ayant passé plusieurs nuits côtes à côtes dans les prairies du Rohan, Edawyn savait maintenant que Viglo se trouvait fort probablement dans son lit, même si le soleil n’était pas couché depuis longtemps.


Edawyn entra dans l’auberge, salua le propriétaire des lieux et se mit à monter les escaliers pour ensuite cogner à la porte de la chambre de son compagnon. Cette dernière venait à peine de s’ouvrir que le mercenaire entra et, excité par l’aventure en perspective, il s’adressa à son compagnon.

- Viglo, je présume que tu as entendu parler de l’Extracteur. Il recherche des hommes pour aller explorer les Cavernes Étincelantes et potentiellement y trouver des trésors. J’irai que tu viennes ou non, mais je te propose un boulot qui promet autant au niveau du revenu qu’à celui des aventures qu’on pourrait y vivre!
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Viglo
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Mer 27 Mai 2015 - 0:53
J’aimais bien ce type. C’était quelqu’un qui tenait ses engagements, et il était près à tout sacrifier pour ses affaires, même son mariage. Un homme tout à fait respectable. Ce commerçant m’avait engagé pour l’escorter dans un voyage commercial qui nous amena d’Annùminas à Edoras. Je  ne compris jamais si cet employeur avait besoin de protection due à l’importance de sa marchandise ou s’il était simplement paranoïaque, mais à force de côtoyer la racaille des bas-fonds d’Annùminas, je ne me posais plus trop de questions. Nous étions accompagnés pour ce faire, chose nouvelle pour moi, d’un certain Edawyn. Je l’appréciais : il était calme et ne posait pas trop de questions.

Ce voyage fut fantastique. Bien que nous n’ayons jamais croisé un quelconque ennemi, je pus contempler de merveilleux paysages du Rohan. Je passai des jours à contempler ces vastes prairies qui me rendaient si détendu, si apaisé. Jusqu’à là, mes missions ne m’avaient jamais conduites très loin d’Annùminas. Je profitai donc de ce temps libre pour relaxer, et pour me rendre compte que c’était la première fois depuis très longtemps que je n’avais pas à me battre pour gagner des sous.

Durant ce voyage, et après mon arrivée, je pus pleinement me consacrer à une activité que j’appréciais : apprendre à lire et à écrire. En effet, venant d’une pauvre famille campagnarde et n’ayant jamais eu l’accès à une vraie éducation, j’avais pris sur moi d’apprendre la lecture et l’écriture. Je ne voulais pas être un inculte : question d’honneur.

J’étais d’ailleurs en train de faire des exercices de calligraphie, dans une petite chambre d’une auberge pas si miteuse que ça, vu la prime que je venais de recevoir. Elle était d’une superficie bien plus spacieuse que ce que j’avais connu avant. Il y avait une fenêtre avec une magnifique vue sur Edoras. Je me suis souvent perdu en pensée depuis cette ouverture sur le monde.

Soudainement, cet énergumène d’Edawyn entra en trombe dans ma chambre, sans prévenir. Je déteste quand les gens entrent sans prévenir, c’est extrêmement désagréable, et très malpoli. Avant même que je ne puisse répliquer à son arrivée impromptue, Edawyn s’exclama :

- Viglo, je présume que tu as entendu parler de l’Extracteur. Il recherche des hommes pour aller explorer les Cavernes Étincelantes et potentiellement y trouver des trésors. J’irai que tu viennes ou non, mais je te propose un boulot qui promet autant au niveau du revenu qu’à celui des aventures qu’on pourrait y vivre!

Je le regarde, incrédule. Il me faut quelques temps pour assimiler toute cette information. Edawyn a l’air très enthousiaste. J’ai déjà vaguement entendu parler de l’Extracteur, qui semble être un voleur de la pire espèce. Néanmoins, je n’ai eu que très rarement des employeurs honnêtes, d’après ce que je me souviens.
Je me dis alors que si j’accepte cette mission, je pourrais faire suffisamment d’argent pour penser à une nouvelle orientation de carrière. Mes discussions avec mon dernier employeur m’ont en effet fait réaliser que je pourrais vivre une autre vie que celle de mercenaire, une vie moins dangereuse. Il m’arrive même de m’imaginer vivant du commerce, voyageant de ville en ville pour découvrir le monde, sans avoir à regarder dans mon dos pour ma sécurité.

J’accepte donc son invitation, espérant que je pourrais toujours revenir sur mes pas si les choses tournent mal…
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Dwolin
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Jeu 28 Mai 2015 - 21:08

Garlm baissa les yeux pour voir le résultat du lancer. Encore un trois et plus d'un tiers de sa solde qui s'envolait.

-Ahah ! Allez Garlm, allonge la ferraille !

-Écoute, je reçois ma paie dans moins d'une semaine...

-Non, tu vas pas me refaire le coup, la dernière fois c'était le lendemain et je l'ai attendue trois mois ma monnaie.

-D'accord, d'accord. Je te donne la moitié maintenant et le reste la semaine prochaine, juré.

-Hum... Bon, c'est bien parce que je sais que tu seras encore dans les parages d'ici là.


Le sourire moqueur de Halem fit soupirer Garlm. Mais il avait raison, il ne risquait pas de bouger des vingts prochaines années. Sans avancement possible et sans plus aucune volonté c'était le destin qui l'attendait. Il se força à sourire et répondit :

-Merci, sans ça je survivais pas de la semaine.


La « survie » de Garlm était en fait lié à sa consommation d'alcool qu'il achetait à prix plus que malhonnête dans l'enceinte du gouffre. Étant un bâtiment militaire elle était assez rare car prohibé pendant le service. Garlm avait d'ailleurs déjà eu quelques remontages de bretelles avec ce problème... Néanmoins, le soir en quartier libre, les soldats s'en donnaient à cœur joie.

Il sortit la somme de sa bourse et se leva. Il était midi passé et son tour de garde allait commencer.
Après avoir s'être rendu au rapport, il entama sa longue marche le long des murailles sans même regarder l'horizon. Après tout, aucun danger n'était signalé et personne ne verrais la différence.

Le soleil déclinait en même tant que la lassitude de Garlm croissait jusqu'à ce que son couché signe sa libération. Il rejoint rapidement les baraquements où il put se déséquiper avant de rejoindre ses camarades. Quand il arriva les regards convergèrent vers lui. Son regard se concentra sur le tonneau dans le coin de la pièce qui lui arracha un sourire. Autour de la table se trouvait d'autres soldats dont certains avaient été sous ses ordres dans le passé. Il le saluèrent tous d'un air méprisant auquel il s'était accoutumé. Il s'assit tout de même et rentra dans la discussion. Bien qu'il ne les appréciait guère, il s'en accommodait, il n'avait que cela. La discussion reprit entre les trois jeunots de la tablée :

-Comme je disais, mon cousin faisait parti de la délégation à Minas Tirith et il est sur la route du retour, j'ai hâte qu'il me raconte ce mariage !

-Les quelques voyageurs qui en revenaient le contait comme somptueux et grandiose !


-Ils ont de la chance, là-bas c'est pas aussi monotone !


Garlm se servit une chope et commença à la descendre.

-Pas si sûr, apparemment il commencerait à y avoir quelques troubles...


-Mouais, enfin c'est déjà mieux que de rien faire.


S'en suivit un blanc qui dura quelques secondes pendant lequel un vétéran fit son entrée et s'assit près de Garlm après avoir salué tout le monde ce qui le sortit de son demi-sommeil. Ensuite, la discussion put reprendre:

-D'ailleurs, vous êtes au courant pour ce type, l'extracteur ?


-Moi j'en ai entendu parler ! Apparemment il a réussi à convaincre le chef de s'installer ici avant de se lancer dans l'exploration des cavernes.

-Mais elles ont été abandonné par les nains ? Qu'y reste t-il ?


Garlm fit sa première intervention :

-T'étais pas là quand ils sont partis ! Les nains avaient pas l'air de partir de plein grès mais ils ont jamais voulu nous dire pourquoi. Ils n'étaient pas très nombreux et paraît même que certains étaient blessés.

-Et bizarrement, personne n'a voulu voir la cause de cette débandade...
Renchérit le nouvel arrivant.

Garlm alla se resservir tout en écoutant ses camarades converser avec attention.

-Ça devait être sacrément grave pour qu'ils quittent leurs richesses.

-C'est vrai ! Les nains sont réputés assez bornés.

-Raison de plus de ne pas aller là-dessous !

-Je crois que le commandement recherche quelqu'un pour suivre l'extracteur et le « surveiller », ils n'ont pas beaucoup confiance en lui.

-Ça se comprend, il a plus l'air d'un brigand que d'un honnête commerçant.  


Garlm voulut se resservir mais le tonneau était vide. Il fit la grimace et répondit :

-D'un autre côté, c'est pas d'une grand d'aide d'être un honnête marchand là-dessous.

-Personnellement, bien que la récompense puisse être élevé, je n'ai pas vraiment envie de mourir maintenant dans des cavernes obscures en suivant un bandit.  


Il n'en fallait pas plus à Garlm. La perspective d'assez de richesse pour laisser ce trou sans avenir et sans guère alcool derrière lui le motiva assez pour se décider. Il quitta la pièce et monta vers le bastion de commandement. Après avoir grimpé les marches, il hésita un instant à se présenter. Derrière la porte se tenait le capitaine du fort, autrefois son subalterne, qui lui avait volé le poste qui lui revenait de droit.  Alors qu’auparavant son sang n'aurait fait qu'un tour, sa lassitude le laissa flegmatique et calme. Il s'annonça au garde qui lui ouvrit la porte. Il ne semblait pas trop déranger le capitaine assit somnolent sur un siège. Il se mit au garde-à-vous et débita :

-Bonsoir capitaine.

Son vis-à-vis se réveilla à moitié et répondit marqué par la lassitude :

-Repos soldat !
Une petite pointe d'ironie se fit sentir dans la voix du capitaine. Qu'y a t-il ?

-Il paraîtrai que vous recherchez un homme pour accompagnez l'extracteur dans les cavernes.

-C'est exact ! Tu postules ?

-Oui chef !

Le capitaine resta pensif quelques instants :

-Mais puis-je avoir confiance en toi ?

-Ma loyauté a toujours été au Rohan capitaine !

-Certes... Bien ! Tu partira avec lui ! Tu es dispensé de service jusque là. Rentre maintenant !


-Merci chef !


Le capitaine s'en retourna à ses occupations aussi inexistantes soient-elles, bien content de pouvoir éloigner Garlm, espérant même ne plus le revoir du tout.

Cette dose d'humilité prise, Garlm se réjouis au moins que le capitaine ait accepté sa demande mais également à la pensée des bouteilles qui l'attendaient près de son lit.
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Nathanael
Espion de l'Arbre Blanc
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Mer 3 Juin 2015 - 19:50

Silence nocturne. L’Extracteur continuait de préparer son expédition. La veille, il avait obtenu l’autorisation d’approcher de l’entrée des Cavernes Etincelantes. Depuis plusieurs années les Rohirrims avaient de nouveau investi les premières grottes pour stocker alimentation et fourrage. En l’absence de certitude vis-à-vis des nains, les vieilles habitudes avaient repris le dessus. Quelques chevaux paissaient ici et là dans un large paddock tandis que trois soldats entraient et sortaient pour fournir à la garnison le repas du soir. L’entrée de l’Aglarond n’avait rien d’extraordinaire. Crottins, fumier, paille, tonneaux, sacs entassés les uns sur les autres, amoncellement de caisses remplies de fruits et de légumes, quelques jambons couverts de toiles de jute ; un garde manger humain sur le pas de la porte d’un royaume nain. Rien ne présumait les richesses ensevelis sous le Thrihyrne. Si richesses il y avait. A l’abri des regards, l’Extracteur sortir un court parchemin d’une de ses poches et le déroula entre ses doigts. Le bord droit était abîmé, comme s’il avait été arraché, quelques lignes écrites à la plume, peut-être des runes ou des signes s’y apparentant, un dessin aux contours incertains, mais il en manquait une grande partie. L’Extracteur observa longuement les inscriptions et le schéma, puis il tourna les yeux vers les Cavernes en poussant un soupir. Seul, il ne pourrait rien faire.

Il revint sur ses pas, traversa les fortifications du Gouffre de Helm et gravit une volée de marches pour parvenir sur les hauts remparts qui donnaient sur la vallée. Au loin des tourbillons de fumée signalaient les camps de bergers voisins. Dans l’enceinte du Gouffre quelques odeurs alléchantes lui parvenaient aléatoirement, mais il savait que les repas étaient bien souvent décevants, pas de quoi remplir les espoirs d’un homme. Une jeune recrue effectuait sa ronde non loin de là, lui jetant quelques coups d’œil intrigués sans oser engager la conversation. L’Extracteur l’ignora un moment avant de lui adresser la parole de sa voix grave, portant fort.

- Tu te demandes ce qu’un drôle de bonhomme comme moi vient faire dans le coin hein ?

Le visage de la recrue s’illumina et le jeune cavalier ne chercha même pas à dissimuler sa joie de parler enfin avec l’Extracteur. Il se rapprocha à grands pas, oubliant presque la mission qui lui avait été confiée.

- Y a pas mal de choses qui se disent sur vous, vous savez ? Enfin, je veux dire, pas du mal forcément, mais, des choses un peu étranges. Vous êtes spécialistes des joyaux, des pierres et tout c’est ça ?
- Mhhh
… un petit sourire étira les lèvres de l’étranger. A peu près oui.

« Et de tant d’autres choses » … Il regarda au loin les volutes de fumée qui louvoyaient dans l’air, serpentins de coton sur le pastel de l’azur. La jeune recrue interrompit la contemplation de l’Extracteur.

- A ce qu’on dit y a un gars de chez nous qui serait partant pour vous accompagner. Un ancien cavalier, ou quelque chose comme ça. Je le connais pas personnellement, c’est qu’il y a pas mal de cavaliers ici, alors … enfin, il serait partant quoi.

Le jeune homme dissimulait mal le fait qu’il aurait été bien partant également mais le devoir le poussait à conserver son poste. Il était mal vu au Rohan d’abandonner ses obligations pour partir à l’aventure. Plus encore quand il s’agissait d’une aventure grotesque à la fin incertaine. L’Extracteur laissa le silence retomber entre eux quelques temps. La jeune recrue ne savait plus tellement que dire ou que faire, se contentant de regarder droit devant lui comme si une armée en marche approchait. L’Extracteur laissa divaguer encore son esprit un moment avant d’en venir au fait.

- On m’a dit qu’un régiment de cavalerie retournait à Edoras ce soir.
- Oui m’sieur, j’en fais partie. Changements de garde, on retourne à la maison pour quelques temps et à la prochaine saison on reviendra ici.
- Vous êtes de repos à partir de ce soir ?
- Pas vraiment, c’est pas une saison de repos, mais ce soir on a quartier libre, du coucher au lever du soleil. On reprend les entraînements seulement demain matin.
- Alors il y a bien quelque chose que tu pourras faire pour moi gamin !
Il n’en fallut pas plus pour faire naître un sourire rayonnant sur le visage de la recrue. Je cherche des hommes pour m’accompagner dans les Cavernes. Si tu pouvais faire passer le message à Edoras. Dis leur où se trouve mon campement. Dans deux jours je descendrai dans les profondeurs des montagnes, avec ou sans compagnons. Dis leur bien que ce qu’on trouvera sera partagé en parts égales. Alors si je descends seul, le tout sera pour moi. Dis leur bien.

La jeune recrue acquiesça avec fébrilité comme si la mission la plus importante de sa vie venait de lui être confiée. Il semblait ne plus pouvoir tenir en place et finir sa tournée de surveillance serait semblable à une torture, sans doute, jusqu’à ce qu’il ait délivré le message de l’Extracteur. Ils se séparèrent sur les remparts, et chacun regagna ses quartiers.

Plus tard dans la soirée l’Extracteur regarda partir le régiment de cavalerie qui retournait à Edoras. Les hommes ne semblaient pas malheureux de quitter l’ombre des montagnes et la menace permanente du Thrihyrne. Le sommet éternellement enneigé dardait un doigt menaçant au-dessus de la tête des hommes, une mise en garde. L’Extracteur délaissa ses affaires personnelles et son petit camp pour rejoindre une escouade de cavaliers à proximité des remparts. On l’avait finalement renseigné sur l’identité du volontaire qui souhaitait se joindre à lui et il avait convenu d’un point de rendez-vous à la tombée de la nuit. En échange d’un peu de compagnie, il avait proposé d’apporter quelques ressources inhabituelles pour délier les langues et alléger les cœurs : une bouteille d’hydromel et du jambon fumé longuement affiné, ainsi que du fromage frais sans odeurs rances ni asticots en surplus. Des mets introuvables en Rohan à moins de loger à Meduseld. Les soldats l’accueillirent donc à bras ouverts, chantant presque déjà, certains ayant réussi à sortir quelques bouteilles de vin des profondeurs du Gouffre. Le dénommé Garlm se trouvait parmi ses comparses, apparemment concentré sur le contenu d’une chope largement remplie. L’Extracteur échangea quelques boutades avec des gardes qu’il connaissait depuis quelques jours avant de se rapprocher de ce curieux Rohirrim.

- Cavalier ! Me voici, l’Extracteur en personne. On m’a parlé de toi et de ta folie à vouloir m’accompagner dans mon entreprise. Quel est ton nom ?

L’Extracteur eut un rapide coup d’œil sur la chope que tenait Garlm. Il espérait que l’homme ne soit pas un alcoolique aux mœurs débridées qui lui causerait de malheureux ennuis. Les hommes désespérés avaient quelques fois des ressources inattendues mais ils pouvaient également se montrer pénibles à supporter quand ils n’avaient pas leur ration d’alcool. Et il était absolument certain que les ruisseaux des Cavernes Etincelantes ne charriaient pas de la bière.

***********************************

Le régiment de cavaliers arriva a Edoras à la tombée de la nuit. Les chevaux furent dessellés, pansés et libérés de leur fardeau pour quelques jours. Les soldats furent astreints encore quelques temps à ranger leur matériel et leur paquetage avant d’être libérés de leurs occupations à une heure où les tavernes étaient déjà bondées. La jeune recrue quitta rapidement ses pairs pour délivrer le message que lui avait confié l’Extracteur. Il avait à cœur d’accomplir rapidement et dignement sa mission tout en se désaltérant dans la taverne la plus réputée d’Edoras, chez Fulda. Les bancs dépassaient déjà tous largement le maximum de personnes qu’ils pouvaient soutenir, certains formant une courbe menaçante sous le poids de Rohirrims confortablement installés, une chope à la main. Les dernières rumeurs de la cité allaient bon train, certaines narrant d’ailleurs, que le Vice-Roi du Rohan serait plus rapidement père que le roi d’Arnor et que Gallen Mortensen en personne pourrait faire honneur aux peuples libres en expliquant les ficelles du métier à Aldarion. Le pauvre homme avait perdu la main sans doute, après de longues années de célibat, alors que le Maréchal n’avait pas même attendu le décès de sa femme pour s’envoyer en l’air avec une pauvrette des plaines du Riddermack. Des hommes s’esclaffèrent, le ton monta, l’esclandre fut évité grâce à une nouvelle tournée de bière.

La jeune recrue s’installa à proximité d’un groupe d’hommes fort en gueule qu’il supposait être les meilleurs émissaires pour que le message soit porté à travers tout Edoras. Plus un Rohirrim braillait fort, plus il avait de chance d’être crédible auprès des siens. L’un des hommes regarda la recrue s’installer.

- Alors le juvénile, on vient voire ce qu’on vaut à la Taverne ? Est-ce que tu as l’âge de boire au moins, et de quoi te payer une chope ? La maison fait pas de cadeau hein ! T’es pas chez ta mère ici.
- Ma mère, au moins, m’a transmis une éducation et de bonnes manières.


Le jeune homme avait les joues rouges jusqu’aux oreilles, mais il s’était permis l’audace d’une réponse incisive et sans équivoque, sa jeunesse n’étant pas synonyme de niaiserie. Les hommes rirent face à la déconvenue de leur compagnon et l’un d’eux offrit une tournée à la jeune recrue pour en savoir d’avantage sur ce petit malin.

- Je reviens du Gouffre, et il y a de drôles de choses qui se passent là-bas. Un gars qui s’appelle l’Extracteur cherche encore des hommes pour l’accompagner dans les Cavernes Etincelantes. Son campement est situé au pied des remparts du Gouffre, et c’est même lui qui m’a demandé de vous transmettre le message. Je sais pas ce qu’il veut aller faire dans les grottes et tout ça, mais y a déjà un de nos gars qui est sur le coup. Apparemment y aurait encore de quoi s’en mettre plein les poches là-bas dessous.

Les hommes continuèrent de poser des questions une grande partie de la soirée à propos de l’Extracteur, des Cavernes, des nains et de leurs royaumes, du temps passé et de la grandeur du Rohan. Les sujets dévièrent progressivement mais le message était clairement passé de bouche à oreille, et la rumeur gonfla de plus belle à propos des richesses et des promesses de l’Aglarond.
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Edawyn
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Mer 24 Juin 2015 - 15:09
Viglo ayant accepté son offre, c’était maintenant le temps pour Edawyn de préparer le nécessaire pour le lendemain. L’offre de l’Extracteur s’était vite répandue à travers la ville et les diverses tavernes et auberges amplifiaient sans cesse les promesses d’argent, d’or voir même de pierres précieuses que l’Extracteur aurait faites. Soudards de toutes provenances se laisseront tenter par l’appât du gain et se présenteront à son campement dans les jours qui suivront et seulement certains d’entre eux l’accompagneront dans son expédition. Il devenait donc impératif pour les deux mercenaires d’arriver parmi les premiers au gouffre afin de s’assurer une place à ses côtés, et pour ce faire, le plus sûr serait de partir aux petites heures du matin.

D’un pas rapide, il se dirigea vers sa chambre, située non loin de celle de Viglo. Il jeta dans son vieux sac à bandoulière quelques pains enroulés dans sa deuxième tunique. Une gourde d’eau à grande capacité venait compléter son léger équipement de voyage.  Bien que la température du récent été soit encore fraiche, les sources d’ombre manquaient à travers les vastes prairies du Rohan et le soleil piégeait trop souvent les voyageurs imprudents ayant négligé une réserve significative d’eau, d’où la nécessité de transporter une large gourde, malgré l’important poids que, remplie, elle pouvait apporter.

Edawyn ferma grâce aux lacets son sac et le glissa en dessous de son lit, par précaution. Certes, il pourrait partir sur l’heure et voyager de nuit, chose à laquelle il était habitué, mais la journée même, il avait terminé une escorte s’étant étendue sur plusieurs semaines et qui ne s’était aucunement déroulée dans le confort. Une nuit de repos n’était donc pas un luxe et en partant tôt à cheval et en voyageant léger, l’heure d’arrivée ne devrait pas être un problème.

En faisant cette réflexion, Edawyn s’en fût inspecter ses armes. Son arbalète de chasse, pourtant vieille et vétuste, fonctionnait encore à merveille et c’était une chance étant donnée le prix élevé de ces armes. Le coût de son arbalète et des carreaux était d’ailleurs la raison pour laquelle il n’avait su acquérir qu’une dague de piètre qualité en guise d’arme corps à corps. Inesthétique et à demi-émoussée, elle avait été vendue à quelques 100 pièces d’or au mercenaire débutant qu’était Edawyn en ce temps. D’ailleurs, maintenant qu’il avait fini l’escorte et que sa bourse produisait à nouveau un son agréable, c’était peut-être le temps de la changer…

Le reître prit son sac à l’épaule, ses armes et quitta sa chambre pour se diriger vers celle de Viglo. Contrastant avec sa dernière entrée, il cogna calmement à la porte pour énoncer d’une voix calme : « Viglo, je te laisse à tes préparatifs et je vais faire un tour dans les armureries du coin pour remplacer ma vieille dague. ». Cet avertissement fait, il descendit l’étage pour ensuite sortir de l’auberge.  Étant frileux de nature, la pilosité d’Edawyn se dressa au contact de l’air frais de soirée. Subtilement, il ramena donc vers son corps l’ample cape qu’il portait et se dirigea vers la seule forge de la ville qu’il connaissait : la forge d’Edoras.

Après quelques minutes de marche dans la capitale, Edawyn arriva devant l’enseigne du bâtiment. Il entra et pu constater la grande superficie de la boutique ainsi que la variété de son offre. Son premier réflexe fut de se diriger vers les dagues semblables à ce qu’il avait auparavant, mais il changea d’avis pour plutôt se diriger vers les épées courtes. Moins encombrantes que les épées à lame longue, tout particulièrement dans des espaces pouvant êtres restreints tels que les cavernes, et plus polyvalentes que les dagues, c’était donc un choix plus judicieux à ses yeux. Il avait devant lui différentes épées qu’il classa d’un coup d’œil en deux catégories : les épées de riches et les épées du peuple. La dernière chose qu’Edawyn souhaitait, c’était l’achat onéreux d’une arme ornée de joyaux ou de filaments d’or. Inutile, prétentieux, c’était concordant avec sa vision des riches. D’un autre côté se trouvait ce qu’il voulait, soit des armes de qualité respectable à un prix respectable, soit un peu plus de 200 pièces d’or. Il saisit une épée donc la taille lui correspondait. Quant à la forme ou à la couleur du manche, un vert-de-gris sans intérêt, il n’en avait cure, la qualité étant son unique critère.

Saisissant l’arme, il fit patiemment la file derrière un client bavard. Lorsque le mercenaire remarqua que le présumé client qui se trouvait devant lui parlait d’un ton amical au vendeur et qu’il ne trimballait aucun achat, Edawyn s’apprêta à le dépasser, mais il se retint en entendant le nom de l’Extracteur. Certes, tout le monde en parlait depuis quelques temps, mais cet homme parlait de son campement, dont Edawyn ne connaissait que très vaguement l’emplacement.

- …Ouais, moi mon fils pense peut-être à y aller, mais j’veux pas qu’il y aille, parce que c’présumé Extracteur, ’rien qu’un arnaqueur si tu veux mon avis. Il s’est renseigné sur son campement et compte partir dans les jours qui suivent. Une tête vide et du sang bouillant, q’c’est ce gars-là.

Notre reître prit alors la parole et s’adressa à l’homme en avant de lui :

- Pardonnez-moi monsieur, je pourrais parler à votre fils ? J’ai justement besoin d’information concernant le campement de l’Extracteur.

L’homme se retourna tranquillement et Edawyn en profita pour signifier au vendeur l’achat qu’il comptait faire.

- Si tu veux aller t’suicider au gouffre, mieux vaut t’adresser à la petite recrue de la taverne au fond de la rue, chez Fulda, elle l’a rencontré, ton homme, et elle sait où y’est, son campement.

Edawyn acquiesça à l’homme et le remercia pour ensuite ouvrir sa bourse et y retirer l’argent nécessaire afin d’effectuer son achat. Lorsque ce fut chose faite, il sortit de la boutique, l’épée insérée dans un fourreau également acheté et il marcha lentement vers la taverne en question, facilement repérable en raison du bruit, voire de l’odeur, qu’elle dégageait.

Il poussa la porte du bâtiment et fut surpris par le peu d’éclairage qui y régnait. Toutefois, la recrue dont le père parlait fut facilement reconnaissable car, vêtue de l’équipement du régiment, elle était confortablement assise, une chope bien remplie à la main, et parlait à une demi-douzaine de personnes qui l’écoutaient avec avidité. Visiblement, l’intérêt que suscitait l’Extracteur était hors-normes. Edawyn s’approcha lentement de la recrue qui devait résumer pour l’énième fois ce qu’il connaissait à propos du mystérieux personnage.

«…C’est ça, au pied des remparts du Gouffre de Helm. C’est pas très loin des portes de la forteresse, ça devrait être facile à trouver.»

Le Gouffre de Helm, forteresse réputée impénétrable. Edawyn en avait souvent entendu parler et visiter cette forteresse immense et glorieuse le tentait énormément.

« …Je vous le dis : vous ne pouvez simplement pas le manquer ! Il est toujours vêtu de façon étrange et après tout, au gouffre, il n’y a pas grand-chose d’autre que des soldats vêtus de l’uniforme. »

Edawyn en avait suffisamment entendu, d’autant plus que la discussion commençait à dévier quelque peu du sujet. Il ramena la lanière de son sac sur son épaule et quitta paisiblement la taverne. Les buveurs, qui n’avaient visiblement pas remarqué sa sortie, continuaient leur tintamarre habituel, audible depuis la rue. Il était maintenant temps qu’Edawyn retourne voir Viglo, afin de lui résumer ce qu’il avait entendu au sujet de l’Extracteur et de son campement.

HRP : Maintenant que mes examens finaux sont terminés, je vais pouvoir augmenter significativement le rythme de publication!
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Viglo
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Dim 28 Juin 2015 - 20:34
Viglo accepta l’offre d’Edawyn et, non sans un certain regret pour le confort qu’il devait abandonner, commença à paqueter ses affaires. À la vue de ce qu’il y avait dans sa chambre, il se rendit d’ailleurs compte qu’il ne possédait que très peu de choses, et ce n’était que des armes et du matériel de survie. Le mercenaire était fier de lui-même : il avait  su se débarrasser de tout besoin ou attachement à du matériel superflu.

Ayant finit ses bagages, ce qui lui prit seulement une dizaine de minutes, Viglo tenta de se replonger dans ses exercices d’écriture pour y retrouver le calme. Alors qu’il commençait tout juste à se détendre, Edawyn revint le voir :

« Viglo, je te laisse à tes préparatifs et je vais faire un tour dans les armureries du coin pour remplacer ma vieille dague. »

Cette interruption dérangea le mercenaire, très taciturne. Il décida donc de mettre en veille son étude pour se reposer. Aussi, plus d’une heure de travaux intellectuels le fatiguait toujours, lui qui avait grandi dans une famille rurale où les travaux physiques primaient.

Ainsi, Viglo s’allongea et pensa à sa prochaine mission qui l’attendait le lendemain. Une chose pourtant l’empêchait de se reposer : dans sa plus tendre enfance, il avait vécu dans les grandes prairies et forêts du Nord de l’Arnor, puis dans la capitale et ses grandes avenues. Il se demanda alors s’il supporterait de passer plusieurs jours, voire plusieurs semaines enfermé dans de lugubres grottes étroites, sombres et sentant la moisissure, tel qu’il s’imaginait les cavernes étincelantes.

Le mercenaire rejeta rapidement cette pensée. Après tout, pensa-t-il, il était un homme, un vrai, qui ne redoute rien. Pourtant cette crainte le tracassait, et ses paroles de bravoure ne semblaient pas le convaincre. Il ressassa ces pensées jusqu’à tomber endormi, cette fatigue due à son long voyage.
Au petit matin, Viglo et Edawyn se préparèrent pour le départ. Ils prirent à peine le temps de déjeuner, par empressement. En effet, les deux compagnons savaient que les rumeurs étaient nombreuses concernant l’Extracteur et son offre. Nombreux seront ceux qui seront appâtés par le gain, et les premiers qui arriveront seront servis. Ainsi, les deux mercenaires prirent leurs affaires et leurs chevaux et partirent dans les rues désertes d’Edoras, car tout le monde devait avoir la gueule de bois après avoir festoyé toute la nuit.

Alors que les deux compagnons traversaient la sortie de la cité, ils furent appelés par un homme du haut du mur. Il était petit, bedonnant et semblait vieux, vu son dos courbé et ses cheveux blancs.  «Un garde» comprit Viglo, de par son uniforme. Le guerrier ne comprenait pas pourquoi un homme de cet âge était toujours garde. Il était lent et ne pourrait vraiment pas se battre pour protéger la ville.

Celui-ci s’approcha d’eux et leur demanda :

-Alors les mômes, où vous allez?

Viglo su tout de suite, par la mine du bonhomme, que celui-ci posait la question plutôt par curiosité que par devoir. Il semblait seul pour faire la garde, et avait sûrement envie d’un peu de compagnie. Il détestait ces gens qui, à défaut d’avoir une vie, voulant s’insérer dans celle des autres et  de ce fait même, gâchent celle des autres. Néanmoins, le guerrier voulut lui répondre pour éviter de l'offenser et qu'ils puissent partir rapidement.

Le garde apprit ainsi que les deux mercenaires allaient voir l’Extracteur au Gouffre de Helm. À ces mots, son visage s’illumina.

-Eh bien, si ce que vous dites est vrai, pourquoi vous êtes les seuls depuis ce matin à y aller que je croise? Hein, si ça va vous rendre si riche que ça, pourquoi personne y va?

À ces mots, Viglo et Edawyn se regardèrent, soulagés. Ils devaient donc être logiquement les premiers à y aller. S’ils arrivaient parmi les premiers à atteindre l’Extracteur, ils auraient plus de chance d’être choisis par celui-ci.

Après cette brève discussion, les deux compères reprirent leur chemin vers le Gouffre de Helm. Le voyage se fit sans encombre. Ils traversèrent maintes prairies, des rivières et ruisseaux, de petits boisés. Durant le trajet, les deux Arnoriens parlèrent un peu de leur vie respective, mais la plus grande partie du voyage se fit dans le silence. Viglo put tranquillement observer les vastes prairies du Rohan et se dit que ces visions lui manqueraient une fois qu’il serait coincé dans de sombres grottes.

Les deux amis traversèrent quelques petits villages et bourgs. À chaque fois, les habitants, agriculteurs pour la plupart, les regardaient d’un air louche et suspicieux. Viglo se souvint de sa jeunesse en campagne, et de la crainte qu’inspiraient de tels voyageurs à ses parents. Le mercenaire était désormais de ces vagabonds en quête d’aventure. Était-ce Annùminas qui l’avait changé ainsi, ou était-il tout simplement né pour vivre dans l’action des combats?

Les vagabonds voyagèrent du matin jusqu’au soir et s’arrêtèrent quelques heures durant la nuit pour reprendre des forces. Ils avaient été un peu plus rapides que prévu et devraient arriver en fin de soirée au campement de l’Extracteur. Pressés d’arriver, ils ne se s'arrêtèrent même pas, se disant qu’ils pourraient se reposer arrivés à destination. Heureusement, habitués à des missions éprouvantes, ils purent facilement gérer l'épuisement d'une journée complète de voyage.

Alors que le Soleil commençait paresseusement à se coucher, Viglo et Edawyn arrivèrent au campement. Ils virent tout d’abord personne. Des tentes, un feu de camp éteint mais personne pour les accueillir. Heureusement, au loin s’entendait des bruits de voix accompagnés d’une lueur, près des remparts. Les mercenaires s’approchèrent et rejoignèrent le petit groupe, qui se trouva à être des gardes buvant et chantant. Le silence se fit lorsqu’ils arrivèrent. Viglo, un peu déçu de ne pas avoir trouvé l’Extracteur et un peu irritable à cause de sa longue journée à de dos de cheval, leur demanda cordialement s’ils sauraient où se trouvait celui-ci. Les gardes, un peu mal léchés, les regardèrent d’un oeil plein de suspicion. L’un deux leur répondit qu’il était en effet présent, mais qu’il s’était absenté quelques temps pour une raison inconnue. Les deux amis, ainsi rassurés, repartirent vers le campement de l’Extracteur pour y attendre ce dernier.

L’aventure pourrait enfin commencer.
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Nathanael
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Mar 14 Juil 2015 - 11:25
HRP : je passe le tour de Dwolin, il est en vacances, il reprendra le train en route.


La nuit étirait ses ombres sous la lune dans la vallée du Gouffre. Les soldats se réchauffaient les mains devant le feu crépitant au pied des remparts, luttant contre la fraîcheur nocturne et la lassitude de leur tour de garde. La venue de l’Extracteur les avait quelque peu distraits mais il avait disparu un moment avec Garlm pour « expliciter les termes du contrat ». Le Rohirrim semblait méfiant, même si une certaine envie se lisait dans ses yeux ; la promesse de gains importants, de joyaux aux reflets d’or et de cobalt, de pierres précieuses qui le rendrait riche. L’Extracteur coupa néanmoins court à toute imagination débordante et fut très clair à propos de ce qu’ils allaient trouver. Garlm écouta avec attention, à l’abri des oreilles indiscrètes et des langues bien pendues. L’Extracteur essayait de murmurer mais sa voix grave semblait multiplier les échos à l’intérieur des hautes enceintes de pierre.

- Nul ne sait ce qui se trouve réellement dans les profondeurs des Cavernes Etincelantes. Nul ne sait pourquoi les nains en sont partis. Je sais quelles sont les questions qui hantent les esprits les plus simples : « pourquoi seraient-ils partis s’ils avaient vraiment trouvé des richesses ? ». Je ne peux répondre à cette question. Et les réponses peuvent être multiples.

L’Extracteur marqua une pause. Il s’abstint de citer, parmi ces réponses, celle qui inquiétait son esprit : quelques créatures belliqueuses pouvaient se terrer dans les profondeurs des Cavernes et avoir mis en déroute le peuple de Gimli fils de Gloïn. Sous les montagnes, aucun autre nain n’avait pu lui donner de précision et ceux qui semblaient savoir quelque chose demeuraient muets tout en lui lançant des regards emplis de dédains et de mépris.

- Mais je suis un éternel optimiste ! Pensons aux meilleures et évitons au pire de s’insinuer dans nos esprits ! Les nains avaient bien d’autres montagnes à explorer et d’autres cavernes à exploiter. Tant mieux s’ils sont partis, ça nous fera un peuple en moins dans les pattes pour trouver mithril et belles pierres. Les portes de la Cité Blanche ont été conçues avec le précieux métal des nains, tout droit extrait de ces cavernes. Alors, pensez-donc, il doit bien rester quelque chose !

L’Extracteur mit une grande claque amicale sur l’épaule de Garlm sans se soucier de sa réaction. Il l’invita à retourner auprès des gardes qui festoyaient aux portes du Gouffre et à reprendre un verre ou deux avant le lever du soleil. Ils partiraient le lendemain matin avec le zénith.

- Dans les cavernes, rien ne sert de courir, le soleil n’a aucune importance là-bas en dessous, on pourrait bien partir maintenant que ça ne changerait pas grand-chose !

Les soldats accueillirent le retour de l’Extracteur avec moult railleries canailles en l’invitant à leur raconter d’autres histoires sombres mais exaltantes à propos des peuples qui vivent sous terre et loin de la lumière du jour. Ils continuèrent ainsi de rire et de discuter avant qu’un des soldats ne rappelle tout le monde à l’ordre et qu’une sentinelle, faisant son tour de garde sur les remparts, signale qu’un lieutenant inspectait inopinément les divers baraquements. L’affolement gagna la petite assemblée, le feu fut éteint dans la précipitation, piétiné par les bottes des cavaliers, la nourriture et les bouteilles qui restaient disparurent sous les vestes et les chemises, cachées dans quelques poches. Le dernier soldat quitta le camp sur les talons de ses comparses, mais, avant que de franchir les portes qui menaient à l’intérieur du Gouffre, il jeta un regard en arrière et héla l’Extracteur qui riait à gorge déployée de les voir fuir devant l’autorité d’un titre.

- Y a deux petits gars qui sont passés plus tôt dans la soirée au fait, à propos des Cavernes !

Et le soldat disparut derrière les immenses portes, comme avalé par les murailles. L’Extracteur jeta un œil aux hautes parois qui s’élançaient au-dessus de lui, la lune reflétant sa lumière vacillante sur la pierre lisse et noire. Le Gouffre semblait avoir été construit par des mains de géants, disproportion merveilleuse, création architecturale imprenable. Dans le lointain, une chouette hulula, perdue dans les vestiges d’une forêt mouvante, qui, dit-on, était venue au secours des Rohirrims pendant la Guerre de l’Anneau. Les histoires et les contes allaient bon train à propos du Gouffre et des Cavernes : il était temps de mettre un terme aux affabulations et de découvrir la vérité.

L’Extracteur rejoignit son camp au milieu de la nuit, restant sur ses gardes vis-à-vis des deux étrangers dont lui avait parlé le soldat. Deux chevaux broutaient en effet à côté de sa tente. L’un d’eux releva la tête, les oreilles pointées vers ce curieux personnage, avant de se remettre à manger calmement. Les jeunes gens se trouvaient non loin de là, assis sous les étoiles, mi-éveillés, mi-somnolant. La lueur nocturne ne permettait pas de distinguer grand-chose, à peine des traits tiraillés par la fatigue, mais impossible de mettre un âge sur ces visages, pas plus que de deviner leurs intentions dans leur regard. L’Extracteur rentra dans le vif du sujet comme à l’accoutumée, sans détour ni ambages.

- Hola la compagnie ! On se laisse porter par le vent de l’aventure et on arrive devant ma porte ? Vous venez pour les Cavernes et tout le reste hein ? C’est que la rumeur va vite dans ce pays de chevaux et de cavaliers. Allez, levez-vous que je vois un peu vos caboches. Et venez vous réchauffer auprès du feu, ça sert à rien de se geler les os maintenant, on aura bien le temps de prendre froid sous les montagnes.

Et ce faisant, l’Extracteur s’agenouilla lourdement devant le petit amas de pierres et de branches qui constituaient son foyer, rassembla quelques copeaux de bois, un peu de mousse sèche, et alluma le tout avec son briquet à amadou. Une faible flamme lécha les branchages avant d’embraser l’ensemble et de former un feu sans fumée éclairant les visages et les expressions de chacun. Malgré l’heure avancée de la nuit l’Extracteur semblait en grande forme. Les derniers jours passés auprès du Gouffre n’avaient pas été très éreintant et il s’était largement contenté de discuter, de négocier, de manger et de plaisanter avec les gardes les plus ouverts d’esprit et ceux qui avaient un penchant plus marqué pour l’alcool. Il sortir d’ailleurs d’une besace posée au pied de sa tente une gourde en cuir qu’il porta à ses lèvres avant de la tendre aux deux voyageurs.

- C’est un peu comme le Miruvor des elfes, si vous en savez quelque chose, en moins bon et moins revigorant, mais ça fait son petit effet quand même !

Il s’assit ensuite à côté du feu en attendant que les deux hommes expriment ouvertement leurs attentes et posent des questions. Il saurait assez vite s’ils tenaient la route ou pas. Ses longues pérégrinations de par le monde lui avaient appris à se faire une idée rapide et assez juste des gens qu’il rencontrait sur sa route.


Dernière édition par Nathanael le Mer 21 Oct 2015 - 17:26, édité 1 fois
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Viglo
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Sam 12 Sep 2015 - 0:07
Il faisait nuit noire. Le sol était parsemé des douces lueurs des lucioles, et le ciel de celles des étoiles. Les doux crépitements des criquets berçaient tendrement Viglo, qui luttait contre le sommeil. Il tenait à être éveillé lorsque son employeur arriverait, afin de faire bonne impression. Pour passer le temps, le mercenaire regardait les astres, les reliant par des lignes imaginaires pour ensuite donner des noms à ces constellations inventées. Il faisait pourtant attention à ce qu’Edawyn ne le remarque pas dans cet état. Ce dernier le verrait alors comme un rêveur, un penseur et donc comme un être fragile, et il ne voulait pas être perçu comme tel.

Alors que Viglo commençait à s’impatienter, l’Extracteur arriva en trombe dans le campement, tout en s’exclamant :

- Hola la compagnie ! On se laisse porter par le vent de l’aventure et on arrive devant ma porte ? Vous venez pour les Cavernes et tout le reste hein ? C’est que la rumeur va vite dans ce pays de chevaux et de cavaliers. Allez, levez-vous que je vois un peu vos caboches. Et venez vous réchauffer auprès du feu, ça sert à rien de se geler les os maintenant, on aura bien le temps de prendre froid sous les montagnes.

Viglo fut tout d’abord surpris par cette interruption un peu trop brusque à son goût. Il n’en montra pourtant aucun signe, et se retourna lentement. Le guerrier aperçut alors l’Extracteur pour la première fois, à la lumière du petit feu de camp. Celui-ci avait une apparence tout à fait unique. Ses habits semblaient venir de régions lointaines. Il marchait lentement vers les deux jeunes Arnoriens et ne semblait pas du tout pressé. Viglo en profita pour tenter d’analyser son comportement. En effet, il avait appris à Annùminas que la simple démarche d’un individu pouvait déterminer toute sa personnalité. C’était d’ailleurs pour cela que le mercenaire contrôlait toutes ses réactions, pour éviter de donner trop d’informations à  ceux qui pourraient devenir ses ennemis.

L’Extracteur dégageait une aura de tranquillité mais aussi de dominance, autant par son allure que par tous les mythes qui l’entouraient. Viglo avait entendu dire qu’il était un excellent chasseur de reliques et que son flair imbattable le guidait sans faute dans des lieux remplis de trésors et d’innombrables richesses. Pourtant, d’autres le décrivaient comme étant un voleur, un être sans scrupule qui n’hésitait pas à dépouiller d’honnêtes mineurs nains. Ces rumeurs inquiétaient particulièrement le guerrier, qui avait entendu dire que certains soldats étaient rentrés bredouilles, sans richesses ni même avoir été payés. Apparemment, certains n’étaient même jamais revenus…

D’ailleurs, il prit la résolution en observant cet étrange personnage de ne jamais succomber à son charme ou à son autorité. Viglo avait d’énormes soupçons concernant cette mission. Il ne croyait pas que les nains étaient repartis les mains vides, car ils auraient raconté leur échec et le mythe de tant de richesses n’aurait pas subsisté. De plus, si les nains y étaient toujours, ils n’auraient pas pu s’isoler aussi longtemps sans que quelqu’un soit au courant de leur présence. Après tout, les nains ne sont pas des gens très discrets…

Viglo était persuadé qu’ils avaient rencontré quelque chose d’affreux, une quelconque créature, et qu’aucun n’avait pu en sortir vivant. Il avait déjà entendu parler de cavernes exploitées par les nains qui abritaient des orcs et des démons de feu. Et Dieu sait que Viglo n’aime pas les orcs.

Le fils de fermier commençait à soupçonner l’Extracteur de savoir ce qui se cachait réellement dans ces cavernes. Il ne prendrait sûrement pas la peine d’engager trois guerriers pour le suivre s’il n’avait que quelques soupçons. De plus, s’il était aussi expérimenté que ce que l’on racontait, il devrait tout savoir sur sa destination. Que savait-il vraiment?

Faisant fi de ses craintes, l’épéiste vint à la rencontre de son employeur et se présenta, de la manière la plus courtoise, tout en cachant sa méfiance. Il se souvint d’utiliser un langage des hommes importants, pour faire bonne impression.

-Enchanté monseigneur. Je me présente, je m’appelle Viglo et je suis ici pour vous accompagner. Moi et mon compagnon sommes venus aussi vite que possible d’Edoras après avoir entendu parler de votre expédition. J’espère ne pas être déçu.
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Edawyn
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Sam 12 Sep 2015 - 14:46
Le sol froid et ferme n’avait rien d’agréable, mais les nombreux déplacements à travers le pays qu’Edawyn avait dû effectuer au cours des derniers mois l’avaient habitué à se contenter de peu. D’ailleurs, il troquait volontiers les longues chevauchées de nuit, devenues trop fréquentes depuis, contre un peu de sommeil, aussi inconfortable soit-il. La tête posée sur un sac faisant office d’oreiller, le mercenaire avait les yeux clos, mais ne dormait pas pour autant. Il se contentait d’écouter la nuit, apaisante et sereine, sachant qu’il n’y avait aucun risque qu’il ne s’endorme avant l’arrivée de l’Extracteur, vu la difficulté qu’il avait à tomber dans les bras de Morphée.

Le sentiment de solitude absolue qu’offrait la nuit était tout particulièrement envahissant ce soir-là, et Edawyn n’était pas celui qui s’en plaindrait. Il avait toujours cru qu’il était quelque peu misanthrope, puisque le premier humain qu’il aurait dû aimer, son père, s’était vite métamorphosé en son pire ennemi et que, depuis ce temps, il n’avait pas eu de lien stable avec quiconque. Certes, au cours de sa carrière, des personnes de qualités avaient croisés son chemin par grand nombre, mais peu s’arrêtaient auprès d’un mercenaire au caractère si banal, si commun dans le métier et même lorsqu’ils le faisaient, les contraintes du boulot forçaient invariablement le jeune homme à se séparer d’eux.

Après tout, misanthrope n’était peut-être pas le terme approprié, puisqu’il n’éprouvait pas d’aversion pour le genre humain. Toutefois, les années successives de solitudes avaient fini par le convaincre que mieux valait être seul. Comme le dit le dicton : « on n’est jamais mieux servi que par soi-même », et c’était ce qu’Edawyn avait pu constater maintes et maintes fois. Tout lucide qu’il était, il savait que l’amitié pouvait être un atout majeur, mais ça c’était réservé aux autres, aux extravertis, aux talentueux, aux nobles, mais probablement pas au jeune mercenaire pessimiste et taciturne.

Dans tous les cas, Edawyn avait longtemps cru détester l’être humain, mais ce n’était plus le cas. On ne pouvait pas parler d’amitié ni même de camaraderie, mais la relation qu’il entretenait avec Viglo lui avait à tout le moins prouvé qu’il pouvait apprécier le côtoiement de certains, et c’est ce qu’il commençait tout juste à réaliser. Les deux  hommes n’étaient pas de grands bavards - ce qui lui convenait parfaitement – mais ils s’entendaient facilement et il était rassurant de penser que Viglo faisant partie de l’expédition, les chances de tomber sur un autre de ces vaniteux soudards étaient réduites d’un.

Alors que notre mercenaire poursuivait ses réflexions existentielles, un tintamarre le tira de son repos. Comparé au silence qui précédait, Edawyn entendait un brouhaha là où il n’y avait qu’un Extracteur débordant d’enthousiasme. Au moins, le réveil brutal le porta promptement sur ses deux jambes, attentif.

- Hola la compagnie ! On se laisse porter par le vent de l’aventure et on arrive devant ma porte ? Vous venez pour les Cavernes et tout le reste hein ? C’est que la rumeur va vite dans ce pays de chevaux et de cavaliers. Allez, levez-vous que je vois un peu vos caboches. Et venez vous réchauffer auprès du feu, ça sert à rien de se geler les os maintenant, on aura bien le temps de prendre froid sous les montagnes.

En quelques secondes, Edawyn avait fini de se faire une opinion de l’homme et tout ce qui lui venait à l’esprit était de l’admiration. Que ça soit par le ton, la gestuelle ou même l’allure, l’Extracteur dégageait une puissante aura d’assurance qui était d’autant plus fascinante qu’elle ne provenait pas d’un regard menaçant, d’une imposante carrure ou d’une double hache, mais simplement de la force d’un esprit confiant et déterminé.

Peu lui importait maintenant les rumeurs douteuses et les mises en garde qui l’avaient accompagné tout au long de son voyage jusqu’au gouffre, puisque pour la première fois de sa carrière, Edawyn avait l’opportunité de travailler pour un employeur qui méritait son respect.

En pensant cela, il vit son compagnon  s’approcher de l’Extracteur et prendre la parole. C’était quelque peu surprenant, puisque non seulement Viglo était le plus introverti des deux, mais lorsqu’ils parlaient ensemble de leur futur employeur, il était évident que les rumeurs à son sujet ne le rassuraient point. Mais ce que Viglo lui dit était aussi poli que banal.

- Enchanté monseigneur. Je me présente, je m’appelle Viglo et je suis ici pour vous accompagner. Moi et mon compagnon sommes venus aussi vite que possible d’Edoras après avoir entendu parler de votre expédition. J’espère ne pas être déçu.

Lorsque son camarade eut fini de se présenter, Edawyn se rendit à ses côtés afin de se présenter à son tour.

- Bonsoir, dit-il calmement, mon nom est Edawyn et je serai ravi d’être à vos côtés afin de percer les secrets des cavernes étincelantes.

Sur ce, il fixa le regard de son interlocuteur et attendit sa réponse.
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Dwolin
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Dim 4 Oct 2015 - 21:17

Garlm regardait le feu danser doucement sous ses yeux penseurs. Chaque petit vacillement de la flamme captait son regard qui s'enfonçait de plus en plus profondément dans cet être familier et pourtant si mystérieux. La journée avait été on ne peut plus ennuyeuse pour le soldat. Bien qu'on lui avait épargné les tours de garde pour préparer son départ, le vétéran avait encore dû subir les railleries et les regards condescendants des jeunes soldats. Quant à ses affaires, il avait empaqueté le peu qu'il possédait en quelques minutes. Quelques provisions, des torches, une corde et une couverture. Il avait également préparé sa vieille armure, son arc court  et affûté son épée pendant une bonne partie de l'après-midi. Il était ensuite sorti de l'enceinte la nuit tombée afin de rencontrer le fameux extracteur.

Dès le premier regard, Garlm s'était montré suspicieux, l'homme-nain avait été étonnement souriant et sûr de lui. Il avait néanmoins mis tout de suite les choses au clair quant aux dangers que comporteraient l'expédition et quant aux doutes existants sur le trésor annoncé. Cela n'avait pas pour autant refroidit les ardeurs du Rohirrim qui avait senti son cœur palpiter plus fortement en entendant parler de mithril et de pierres précieuses. Tout ce dont il avait besoin pour quitter cet endroit sans avenir et tant qu'à faire, ce pays où il ne serait plus jamais rien qu'un rejeté. Cela faisait des années que Garlm n'avait plus pensé son avenir avec optimisme, c'est tout juste s'il n'avait cessé d'y penser.

La nuit était maintenant sombre et fraîche, les ombres bougeaient en même temps que les hommes se déplaçaient autour du feu. Garlm tourna son regard vers le fond de sa chope qu'il trouva vide et alla se resservir. Il but cette dernière d'une traite et la remplit dans la foulée, ça lui économiserait un aller-retour. Il essuya grossièrement sa barbe imbibée de bière d’un revers de la main et alla se rasseoir. Un sourire se dessina sur son visage rien qu’à la pensée de toute la boisson qu'il allait pouvoir ingurgiter une fois riche. De sa richesse il n'en doutait pas, il y aurait forcément des trésors dans cette montagne. Ce dont il doutait plus c'était sa capacité à rentrer avec. Il soupçonnait l'extracteur de tout vouloir garder pour lui, de par sa réputation il n'avait pas l'air de partager beaucoup et bizarement dans ses histoires les rares compagnons qu'il avait avaient une fin tragique.  Tant de mystères restaient à éclaircir sur ce personnage. Il avait raconté des histoires toute la soirée que Garlm avait écouté à moitié tandis que la grande majorité de son auditoire était accroché à ses lèvres. Il était maintenant en retrait avec deux jeunes hommes qui venaient d'arriver d'Edoras attirés par les cavernes. Des mercenaires apparemment. La compagnie dont rêvait Garlm...    

Sur sa droite, l'un de ses compagnons de beuverie à qui il n'avait jusque-là pas vraiment attention commença à s'agiter :

-Alors com hips… alors comme ça c’est toi le…le dégé...dégénéré qui va dans ces cavernes de malheur ?

-Peut-être bien et alors ?
Répondit Garlm sans trop prêter attention à son vis-à-vis.

-L’endroit est maaaaaaauuuuudit !

-Ah, si ce n’est que ça, on m’a déjà prévenu !
Garlm voulu se lever afin de mettre un terme à la discussion qui l’ennuyait déjà. Mais l’autre le retint.

-J’y était ! Dans l’expédition qui y est rentré.

Garlm se rassit, intrigué. Il avait entendu des rumeurs sur une expédition qui était partie après le départ des nains mais qui n’était jamais revenue.

-Comment est-ce possible, ils ne sont pas tous morts et enterrés ?              


-Je ne sais pas… hips

-Donc tu ne sais rien de l’expédition.
Conclu Garlm avec un brin de déception.

-Si, j’en faisais parti! Réaffirma le soldat avec fierté.

-Alors pourquoi tu ne sais pas s’ils sont morts ?

Son interlocuteur laissa son regard se perdre dans le vide un instant, rassembla ses esprits et débita :

-Après la fuite des nains nous nous demandions tous la cause de cette débâcle, et puis rapidement certains ont pesés les risques et les gains potentiels. Le capitaine a bien sûr refusé d’envoyer une quelconque expédition, il avait trop besoin de ses hommes au vu des troubles qui parcouraient le Rohan. Mais avec quelques gars on avait d’autres plans et on s’est enfoncé dans la montagne à son insu.

Le soldat qui se tenait en face de lui, qui, quelques instants auparavant avait du mal à s'exprimer parlait maintenant clairement avec un sérieux qui captiva Garlm.

-Et alors qu’est-ce qu’il y avait ?

-Je sais pas. C’est que j’aimais pas ces cavernes, quelque chose clochait et on avait toujours rien trouvé. Alors, dès que j’ai pu, j’ai fait demi-tour mais l’un de ceux qui étaient là, Jeorlm, m’a suivi et j’ai cru qu’il voulait m'en empécher. Quand il a commencé à gagner du terrain, j’ai paniqué. J’ai tiré mon épée et je lui ai enfoncé dans la gorge en me retournant. Pendant qu’il se vidait de son sang j’ai entendu dans ces derniers mots qu’il voulait juste rentrer avec moi. J’étais fou, je venais de tuer un camarade sans aucune raison. Alors je me suis perdu dans les cavernes en courant pour fuir ce qui venait de se passer et par chance j’ai retrouvé l’entrée. Quand on m’a demandé ce qui s’était passé j’ai dit qu’ils étaient tombés dans une crevasse et que j’étais le seul survivant. Après tout ils ne sont jamais revenus. Au final je m’en suis bien sortit, personne n’a été vérifié ce qui s’était passé, après tout ils avaient désobéi... Moi j’ai écopé de quelques corvées disciplinaires et on m’a oublié. Mais je n'ai pas oublié comment c'était là-bas et vraiment ça vaut pas le coup.

Le soldat soupira un coup et recommença à boire.

Garlm hocha la tête :

- Sale histoire…

Il salua son interlocuteur, se leva et se dirigea vers son couchage. Au final le récit du soldat était plutôt décevant, il n’en savait pas vraiment plus sur les cavernes et leur contenu. Et ce n’était pas cette histoire de soldats perdus qui allait le faire renoncer. Il s’allongea et étala la couverture sur son corps. Il fallait s’endormir rapidement, à partir de demain, il n’allait sûrement pas en avoir souvent l'occasion .
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Nathanael
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Jeu 22 Oct 2015 - 14:11

Tandis que les grillons répondaient avec vigueur au crépitement du feu au milieu du silence nocturne, l’Extracteur s’appliquait à dévisager avec plus de minutie les deux jeunes hommes qui se présentaient devant lui. Ils n’avaient pas l’accent du pays, ils n’employaient pas tout à fait les mêmes termes que les Rohirrims et leur façon de prononcer certaines consonnes lui laissaient penser qu’ils venaient d’Arnor, sans savoir d’où précisément dans ce royaume. Il avait assez fréquemment traversé les terres de Tar Aldarion pour passer d’une montagne naine à une autre, usant de ses jambes ou de quelques carrioles de marchands accueillants. Les routes du Nord étaient poussiéreuses et froides, comme les gens du pays, traditionnalistes introvertis et peu enclins à lier des amitiés nouvelles. Il n’avait que peu d’amis, ou plutôt de relations amicales, avec les Arnoriens, mais il appréciait leur sens pratique et leur flegme là où le sang Rohirrim faisait défaut lors de discussions mouvementées. Il avait certes connus des Arnoriens au sang chaud, mais ils n’étaient plus de ce monde pour faire encore quelques moulinets de bras ou offrir leur poing au nez du premier venu. Il offrit donc un visage affable aux deux hommes en leur répondant.

- Laissez le monseigneur et les sieurs aux nobliaux qui s’attardent à trouver des noms tordus pour se faire nommer. Appelez-moi Thorek, si le besoin s’en fait ressentir. Laissez l’Extracteur pour les légendes et les gens de peu d’esprit. Les images et les fariboles leur font plaisir, mais ce qui nous attend demain est différent des balivernes racontées par les commères de village ou de caserne.

Un militaire ou une femme en guenille n’étaient guère différents, la vie et la guerre les avaient fatigué tous deux, sans pour autant que leur esprit ne sache se résoudre à abandonner les grandes histoires et les fééries des temps jadis. Les premiers se donnaient du courage pour aller au front ou pour astiquer leur armure et leurs armes ; les secondes s’en servaient pour éduquer les hommes de demain en leur donnant un peu d’espoir et quelques figures légendaires auxquelles se raccrocher quand la réalité échappait à toute emprise. Il en avait assez entendu lui-même, de ces contes pour enfants qui font luire devant des yeux naïfs des promesses de richesses et de gloire faciles. Les paroles ont l’avantage de demander peu d’efforts et de ne blesser personne. Et il n’était pas sûr que la moitié des légendes portaient un quart de vérité en elles, transformées au cours des siècles et des kilomètres, embellies sans doute, car nul héro ne pouvait être parfait et aimé de tous. Tout homme portait une part d’ombre en lui. Et c’était cette part d’inconnu qu’il cherchait à extraire d’un regard chez Viglo et Edawyn. Ils étaient plus difficiles à cerner que le Rohirrim aux portes du Gouffre qui sentait l’alcool à plusieurs toises à la ronde. Il avait vu l’étincelle qui s’était allumée dans le regard du soldat quand il avait parlé de richesses possibles. En revanche, les deux hommes qui se trouvaient non loin de sa tente ne semblaient pas uniquement là pour l’argent. Le premier qui l’avait salué avait l’air particulièrement jeune, et il avait du franchir l’échelon de la majorité depuis peu. Le second portait quelques années de lassitude supplémentaires, mais pas suffisamment de quoi décourager l’ambition et l’esprit d’aventure.

L’Extracteur leur désigna d’un geste de la main un endroit où ils pourraient s’installer pour la nuit. Malgré une entrée en matière franche et joviale il s’était ensuite enfermé dans un silence presque religieux, se contentant de regarder les flammes, ponctuant son mutisme de quelques « hum, hum », gutturaux. Les Arnoriens disposaient de peu de matériel. Des mercenaires ou de jeunes gens en quête d’aventure. L’un dans l’autre, il s’en moquait, tant qu’ils se contentaient d’obéir à ses requêtes au moment opportun. Puis, comme si de rien n’était, il reprit la conversation comme s’il n’avait jamais cessé de parler.

- Vous laisserez vos chevaux aux hommes du Gouffre demain, afin d’être sûr de les retrouver à la sortie. Ils nous laisseront de quoi entreposer l’équipement inutile. Le reste se trouve déjà sur place. Un autre homme se joindra à nous, un Rohirrim de souche, cavalier du Rohan pour autant que je sache, même si je ne suis pas sûr qu’il tienne en selle une fois la nuit tombée.

Et il partit d’un grand rire joyeux et clair. Les Rohirrims tenaient bien le vin et la bière, mais certains dépassaient toujours les bornes et ils retrouvaient bien souvent le chemin de leur baraquement avec force coups de pieds au cul de la part de leur lieutenant. Ils finissaient avec quelques seaux d’eau glacée sur la tête et étaient soumis à des corvées inutiles et fatigantes jusqu’à ce qu’ils finissent de dessaouler complètement. Il était loin le temps des fiers cavaliers au heaume brillant, portant fièrement leur bannière et montant dignement leurs chevaux. Aujourd’hui les soldats étaient plus souvent à quatre pattes que leur monture, à rouler sous les tables ou à trousser des donzelles fatiguées par le travail. Et plus on quittait le giron de la capitale dorée, plus les mœurs des cavaliers semblaient se détériorer. Telle en était sa vision du moins.

- Vous prendrez de quoi vous défendre, je ne sais absolument pas ce que l’on trouvera là-dessous en dehors des pierres et des gemmes, il se peut que les cavernes grouillent de gobelins ou de je ne sais quoi. Je n’en sais rien moi-même et c’est pourquoi je cherchais des compagnons d’infortune. Ne vous faites pas d’idées décousues sur ma personne. Je ne suis ni tout à fait parfait, ni tout à fait malhonnête.

Et il repartit d’un grand rire, l’autodérision étant claire dans ses propos. Plus il parlait et moins il semblait évident de leur cerner. Et il était impossible de savoir s’il parlait franchement et sans réfléchir ou si chacun de ses mots étaient savamment pesés. Il ne s’éternisa pas au dehors et rejoignit rapidement l’intérieur de sa tente jusqu’au lendemain matin.


************

Après les violents orages des jours précédents, la chaleur écrasante et les pluies diluviennes, le soleil resplendissait de mille feux et semblaient offrir ses rayons à chaque recoin du paysage. Au sommet des remparts du Gouffre des soldats jetaient un œil interrogateur et curieux par-dessus les parapets de pierres tandis que l’Extracteur, suivi de Viglo et Edawyn, entraient par les grandes portes. Entre les hauts murs fondés par Helm et les siens, ils retrouvèrent un Garlm avec des yeux qui manquaient de fraîcheur et qui semblaient encore embué par le trop plein d’alcool que son organisme n’avait pas encore réussi à imbiber. Ils franchirent sans cérémonie le labyrinthe de couloirs et d’escaliers qui serpentaient traitreusement entre des chemins de guet qui servaient en temps de guerre à malmener les ennemis en contrebas si jamais ils parvenaient à pénétrer entre les murs. Fort-le-Cor dominait fièrement les constructions de sa pierre lisse et noire sur son éperon rocheux. Ils durent traverser les entrepôts de matériel et de nourriture qui s’étalaient des derniers contreforts du Gouffre jusqu’aux premières cavités des Cavernes Etincelantes. Des enclos accueillaient des chevaux rustiques et solides à la crinière foisonnante et au regard fier. Nul Mearas ne foulait plus les terres du Riddermark mais leurs descendants portaient encore la fougue sauvage de ces créatures légendaires.

- C’est ici que vous laisserez vos montures et votre matériel, selle et tout le fatras. J’ai grassement payé un jeune soldat pour qu’il garde un œil dessus et il se prendra un peu plus qu’un coup de pied au cul s’il manque à son devoir.

Il portait lui-même l’essentiel. Deux lourdes pioches ceintes de chaque côté d’une large bande de cuir qui lui servait de ceinture et un paquetage conséquent accroché dans le dos où deux cordes tressées étaient lovées. Il ne portait nulle armure et nul bouclier. Ses mains étaient libres, comme son âme.

- J’espère que vous n’avez pas le vertige et que vous grimpez mieux que les singes du Sud. Tous les couloirs ne doivent plus êtres entretenus comme à l’époque et ça ne m’étonnerait pas qu’on ait quelques crevasses à franchir ou des parois à gravir si certains sentiers se sont écroulés.

Et sur ces mots, il pénétra en tête dans la première caverne. Les cavités étaient éclairées ici et là par des torches vulgaires que les Rohirrims entretenaient pour garder une certaine visibilité sur le matériel qu’ils entreposaient. Plus loin, les torches disparaissaient et un long couloir, obscur et sans fin, offrait sa gueule béante aux aventuriers.

Une fois dans l’obscurité totale, palpable, ils avancèrent en ligne derrière l’Extracteur qui avait pris soin d’allumer un brandon qui crachotait des étincelles à chaque pas. Dans les pièces hautes, il le savait, les nains avaient du aménager des ouvertures pour offrir un peu de lumière, mais tant qu’ils se trouvaient dans les niveaux inférieurs, il leur faudrait compter sur cette faible lueur. Il en avait donné deux à chacun de ses compagnons en espérant que cela suffise, ensuite, ils aviseraient. Il n’en avait pas dit un mot, mais il ne savait absolument pas combien de temps l’expédition durerait et si les vivres qu’ils transportaient seraient suffisants. Il savait se serrer la ceinture, il espérait que les autres en feraient autant. Les premières centaines de mètres furent aisées et sans déconvenues. Ils franchirent plusieurs salles et couloirs assez semblables où des traces de pillages étaient clairement visibles : statuettes démises de leur socle ou grand coup de pioche dans la pierre pour y extraire quelques cailloux de peu de valeur. Les nains n’étaient pas partis avec tous leurs biens, et cela laissait supposer qu’ils étaient partis vite. Un peu trop vite. L’Extracteur connaissait suffisamment bien les nains pour savoir qu’ils étaient aussi pingres que des rats et qu’ils n’auraient laissé aucun objet de valeur derrière eux, surtout pas entre les mains des hommes. Ce détail l’inquiéta quelque peu mais il n’en laissa rien paraître.

Après une grande demi-heure de marche à tâtons à la lueur de la faible torche, ils parvinrent dans une salle plus spacieuse et plus hautes que les précédentes. Plusieurs tables de pierre y étaient taillées dans une disposition géométrique parfaite. Peu de Rohirrims ou de courageux avaient du s’aventurer jusque là puisqu’il y avait encore ici et là des traces de l’occupation naine : quelques vieilles assiettes rouillées, des lanternes cassées et poussiéreuses, divers objets de peu de valeurs comme des plumes, des encriers, des cadres en bois ou encore des babioles en fer. Impossible de savoir s’il s’agissait d’un lieu de réunions ou d’un semblant de salle de commune pour les repas spéciaux, tout était entremêlé et rien ne semblait cohérent. Ce qui étonna peu l’Extracteur qui savait assez comment des réunions politiques se terminaient en beuverie monumentale chez les gens de la race de Durin. Il parla pour la première fois depuis qu’ils étaient entrés sous la montagne.

- Et bien soyons heureux de n’avoir croisé personne sur notre route pour le moment. Je vous propose de fouiner ici et là pour découvrir ce qui a pu arriver et si quelques documents peuvent nous en apprendre plus, autant sur la fuite des nains que sur leurs ressources minières. Ils sont très administratifs en matière de gestion, il doit bien y avoir quelque part des parchemins qui recensent ce qu’ils ont récolté et ce qu’il reste. Si on ne trouve rien ici, on continuera plus loin.

Il posa sa torche dans un anneau en fer qui devait autrefois soutenir une flamme naine et commença à chercher au sol des objets qui pourraient les aider à avancer dans leur exploration.
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Viglo
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Jeu 12 Nov 2015 - 3:49
Viglo avait eu du mal à cerner les réelles intentions de l’Extracteur. La première impression donnée par celui-ci avait un grand contraste avec ce que le jeune homme s’était imaginé. S’attendant à croiser le regard d’un dur-à-cuire autoritaire, soudard et froid, l’employeur s’était montré jovial, franc et direct. Bien que cela ait plu au mercenaire, qui détestait tout ce qui avait un lien de près ou de loin avec l’administration et la bureaucratie, il restait méfiant, sur ses gardes et le cœur rempli de suspicion et de doute.

Il en connaissait des gens qui tentaient la franchise pour amadouer la camaraderie. De plus, Viglo était toujours persuadé que ce « Thorek » en savait long sur ces cavernes, plus que ce qu’il en disait. Peut-être avait-il des informations plus fiables, plus précises qu’en apparence. Peut-être aussi qu’il était déjà venu auparavant et qu’il savait ce qu’il cherchait. Peut-être qu’il était revenu chercher quelque chose qu’il avait laissé autrefois…

De plus, par expérience, il pensait que cet air gentil n’était peut-être qu’une façade. L’Extracteur était un homme de profits, et ce côté sympathique était possiblement un masque pour avoir la confiance de Viglo. Celui-ci resta prudent pour ne pas tomber dans le panneau, et fit de son mieux pour donner le moins d’informations possibles, par ce qu’il dirait et par sa gestuelle, lors de la nuit avant le départ et pendant tout le trajet. Il ne dormit pas bien cette nuit-là, plus que d’habitude, sentant le poids du regard de l’Extracteur sur sa personne.

Au matin, Viglo fut prompt à se réveiller, et rangea rapidement les quelques objets qu’il avait sorti. Il tenait à faire bonne impression en cet horrible matin ensoleillé. La lumière du jour lui faisait mal aux yeux, et l’Arnorien sentait venir une terrible migraine. Il n’était pas encore sûr si c’était dû à ses origines nordiques ou à sa nature taciturne, mais il savait que le beau temps, comme les gens de bonne humeur, lui donnait mal à la tête.

La migraine de Viglo se multiplia par cent lorsqu’il aperçut Garlm pour la première fois. Au début, il pensa même que c’était une blague. Comment quelqu’un d’aussi professionnel que l’Extracteur pouvait-il accepter d’amener un soldat à moitié saoul avec eux? Ce serait vraiment sur lui qu’il faudrait compter en cas de danger de mort? Néanmoins, il n’en laissa rien paraitre et fit de son mieux pour rester le plus courtois possible avec le cavalier du Rohan.

Puisqu’il ne pouvait avoir réellement confiance qu’en Edawyn dans ce groupe, Viglo s’arrangea pour être à la fin de la file qui s’engouffrait dans le Gouffre, et ainsi s’assurer d’avoir dans son champ de vision ses compagnons. Aussitôt qu’ils furent à l’abri des bruits de la ville et que la bande entra dans la montagne, les maux de tête du jeune guerrier s’envolèrent spontanément. L’humidité dans l’air lui rappelait les douces pluies torrentielles du Nord. Il se sentait à l’aise dans ces recoins sombres. Il se sentait chez lui, après des années d’errance. Enfin. Il en oublia le fait qu’il avait laissé presque tout son matériel à un inconnu, qu’il était avec une personne qui empestait l’alcool, que son employeur était louche, qu’il était terriblement seul. Un sourire se dessina sur son visage. Il était convaincu que ce voyage serait rempli d’émotions fortes et d’aventures, mais qu’il en sortirait plus fort, plus puissant et pus redoutable que jamais. Il laissait derrière lui son passé de faible proie, il reviendrait en étant le prédateur.

Ils arrivèrent dans une grande pièce, et s’arrêtèrent. L’Extracteur prononça ses premières paroles depuis qu’ils étaient entrés :

- Et bien soyons heureux de n’avoir croisé personne sur notre route pour le moment. Je vous propose de fouiner ici et là pour découvrir ce qui a pu arriver et si quelques documents peuvent nous en apprendre plus, autant sur la fuite des nains que sur leurs ressources minières. Ils sont très administratifs en matière de gestion, il doit bien y avoir quelque part des parchemins qui recensent ce qu’ils ont récolté et ce qu’il reste. Si on ne trouve rien ici, on continuera plus loin.


Le groupe se sépara. Viglo décida de se diriger vers un coin de la pièce qui semblait rempli de babioles de tout genre. Peut-être que quelques unes aurait une quelconque valeur. Il trouva quelques meubles de bois pourri et des correspondances de nains, sacrément abîmées par l’humidité ambiante. Viglo, ne comprenant pas ce qui était écrit, empocha les documents, se disant que l’Extracteur pourrait sans doute les déchiffrer, et continua son investigation. Par une chance inouïe, en fouillant l’intérieur d’une sorte de petit bureau, il trouva ce qui semblait être une carte d’une partie des cavernes environnantes. Il ne sut pas déchiffrer toutes les inscriptions et annotations sur celle-ci, que ce soit à cause de cette langue incompréhensible ou de tous les trous, déchirures ou autres traces de l’usure du temps, mais c’était déjà un très bon début. Il continua sa fouille, mais ne trouva rien de très intéressant, du moins rien de vraiment revendable.

Néanmoins, il trouva sur une table de pierre un petit calepin de cuir brun jaunâtre, rempli de petits dessins semblant avoir été faits par un gamin. Il y avait des animaux, des guerriers ou des monstres. Le mercenaire fut submergé par une vague de nostalgie, se souvenant du petit garçon qu’il était qui s’amusait à dessiner les moutons qu’il voyait par la fenêtre de sa chambre. Bien qu’il s’étai juré de ne jamais s’attacher à des objets, le jeune homme décida de faire une exception à la règle et de ranger le petit calepin dans son petit sac qu’il avait gardé avec lui et qui était rempli de vivres et de matériel nécessaire.

Les genoux de Viglo commençaient à lui faire mal, à force de s’accroupir dans des tas de petits objets pour tenter de comprendre pourquoi il n’y avait personne. Il allait se lever pour aller parler à ‘Extracteur lorsque son regard s’arrêta sur une petite boîte, criarde par son silence de détails et par son élégance. Le mercenaire, s’assurant que personne ne le regardait, l’ouvrit et vit à l’intérieur quelques pièces d’or, une petite émeraude et un élégant anneau métallique. Il sourit. Il se mit dans un angle étroit de la pièce pour être sûr qu’aucun de ses compagnons ne le voient et glissa les pièces, le joyau et le bijou dans une petite poche à sa ceinture. Puis il alla voir l’Extracteur pour lui montrer la carte et les lettres qu’il avait trouvées, espérant qu’elles pourraient lui expliquer ce qui avait pu pousser les nains à disparaître ainsi.
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Edawyn
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Jeu 19 Nov 2015 - 5:11
- Laissez le monseigneur et les sieurs aux nobliaux qui s’attardent à trouver des noms tordus pour se faire nommer. Appelez-moi Thorek, si le besoin s’en fait ressentir. Laissez l’Extracteur pour les légendes et les gens de peu d’esprit. Les images et les fariboles leur font plaisir, mais ce qui nous attend demain est différent des balivernes racontées par les commères de village ou de caserne.

Telles étaient les paroles de l’Extracteur aux jeunes aventuriers et Edawyn en était fort satisfait.  Au cours de sa carrière, il n’avait pas eu à lécher trop de nobles postérieurs, car même si les offres souvent les plus alléchantes venaient de ce côté, sa haine pour la haute société l’avait toujours retenu. Il était donc ravi de voir que son point de vue sur les richissimes était partagé, d’autant plus que le franc-parler de cet homme était rafraichissant.

C’est donc d’humeur optimiste qu’il se coucha ce soir-là, même si plusieurs craintes dominaient toujours son esprit. D’abord, il y avait la description peu élogieuse que Thorek avait faite du rohirrim. Les allusions à un tempérament de soûlard, appuyées par les nombreuses rumeurs sur les soldats du Rohan, n’avaient rien de rassurant pour Edawyn. Ensuite, et surtout, les évocations des créatures et des périls  que pourraient contenir les cavernes n’annonçaient rien de bon. Évidemment, ça ne serait pas les premiers dangers à croiser le chemin du mercenaire, mais il avait l’habitude des humains, de leurs qualités, de leurs faiblesses, or, ce ne sont pas des humains qui grouillent dans les profondeurs de la terre et peu importe ce qu’il rencontrera – s’il rencontre quoi que ce soit – il ne pourra certainement pas se fier à ses expériences passées.

***

Le soleil était encore couché, quoique on pouvait voir pointer une faible lueur à l’horizon qui annonçait à coup sur une belle journée, lorsque Edawyn se réveilla. Ce n’était donc pas les rayons du jour qui l’avaient levé, mais bien le stress qu’il ressentait à l’idée de quitter la lumière pour une durée indéfinie. Il essaya  donc de se ressaisir, de se calmer, mais surtout de profiter du temps qui lui restait avant que ses compagnons se mettent en route. Lorsque tous furent levés, l’Extracteur leur désigna un endroit où entreposer leur matériel et leurs chevaux. Il ne garda donc que son arbalète, sa courte épée ainsi que son sac dans lequel quelques items qui pourraient s’avérer utiles se trouvaient.


Et voilà qu’il faisait face aux cavernes. Déjà imposantes par leur taille, le lot de légendes les entourant les rendait grandioses et intimidantes. Edawyn serait resté là une éternité, à les contempler sans toutefois y entrer, mais Thorek alla de l’avant et le jeune homme dut suivre.

Plus les aventuriers progressaient dans ces sombres couloirs, plus les sources de lumières se faisaient rares et bien que le Nord ne soit pas réputé pour ses longues journées de soleil, l’obscurité quasi-totale était difficilement supportable. Dans le noir, il avait l’impression d’être démuni et ce n’était pas pour rien qu’il avait toujours eu l’habitude de refuser les travaux de nuit. Certains préféraient les ténèbres du soir pour se dissimuler tandis qu’il optait pour la discrétion grâce à la masse. Rester inaperçu parmi des dizaines et des dizaines de personnes était une tâche facile, et Edawyn avait su profiter de cela maintes et maintes fois. Mais les récompenses l’attendant à la fin de cette quête en valait probablement le coup, il essaya donc de s’y faire.

À la pâle lueur de leurs torches, le mercenaire observa le visage des hommes à ses côtés. C’est d’abord sur l’Extracteur qu’il voulait poser le regard, tout intrigué qu’il était face à cet étrange personnage qui, bien qu’il lui plaisait, restait mystérieux et indéchiffrable. Son visage ne trahissait pas ses émotions et il était impossible pour Edawyn de déduire quoi que ce soit de son langage corporel : il fallait donc, pour en apprendre sur lui, se fier à ses paroles, ce qui n’était pas aisé tant l’homme cachait habilement son jeu au travers de son charisme et de sa forte personnalité. Garlm, quant à lui, était plus facile à décoder puisqu'il semblait proche du rohirrim classique. Buveur mais d’une bonne constitution, il paraissait lassé de son travail au Gouffre et l’aventure hors du commun proposée par l’Extracteur représentait probablement une bonne occasion pour lui de diminuer la taille de son abdomen. Mais outre cela, il était encore trop tôt pour juger de ses aptitudes, il restait donc à voir s'il deviendrait pour eux un compagnon ou un boulet. Et finalement, Viglo était sans aucun doute celui qui méritait sa confiance. Il avait passé suffisamment de temps avec lui pour constater que sous son caractère ténébreux ne se cachait rien de menaçant ou de trompeur. Suivant cette logique, notre homme se plaça devant son compagnon afin de poursuivre son voyage dans les grottes.

Ils marchaient depuis probablement un peu moins d’une heure lorsque les étroits couloirs se transformèrent soudainement en une large pièce. Toute encombrée par divers objets témoignant du passage des nains, on y respirait pourtant mieux et la lueur des torches, pour la première fois, éclairait plus loin que le bout de leur nez.

C’est à ce moment que l’Extracteur se tourna vers le groupe et parla :

- Et bien soyons heureux de n’avoir croisé personne sur notre route pour le moment. Je vous propose de fouiner ici et là pour découvrir ce qui a pu arriver et si quelques documents peuvent nous en apprendre plus, autant sur la fuite des nains que sur leurs ressources minières. Ils sont très administratifs en matière de gestion, il doit bien y avoir quelque part des parchemins qui recensent ce qu’ils ont récolté et ce qu’il reste. Si on ne trouve rien ici, on continuera plus loin.

Edawyn hocha calmement la tête et se dirigea vers une de ces massives tables de pierre qui occupaient la pièce. Au-dessus de ces dernières, la paperasse était poussiéreuse et grandement abimée par l’humidité, mais avec un peu de chance, quelques documents pourraient être utiles.  Mis à part les documents rendus totalement illisibles par le temps, ce que trouvait Edawyn était sans intérêt, puisque l’écriture était en caractère propres aux nains et même si c’était fort probable que l’Extracteur sache la lire, il serait inutile qu’il gaspille son temps à déchiffrer tous ces papiers, d’autant plus que cette table n’était pas la seule à en contenir. Ce que le mercenaire cherchait, c’était donc des cartes plus qu’autre chose, et pour en avoir, il y en avait. Plusieurs documents représentaient des lieux, parfois gribouillés à la hâte et parfois écrits avec délicatesse, mais tous montraient des endroits différents, et rien ne certifiait qu’aucun de ces papiers illustrait les environs.

Étant donc incapable d’effectuer le tri par lui-même, Edawyn saisis le paquet de cartes ramassées et s’approcha de Thorek, lui aussi occupé à démêler ce désordre, en espérant que les connaissances de ce dernier en matière de lieux souterrains lui permettraient de déterminer s’il y avait quoi que ce soit qui en vaille la peine.

- J’ai trié ce qu’il y avait sur cette table, voici toutes les cartes pas trop mal en point, en espérant qu’il y ait quelque chose d’intéressant, dit-il en tendant le produit de ses recherches.


Dernière édition par Edawyn le Mer 6 Avr 2016 - 2:12, édité 2 fois
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Dwolin
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Mer 16 Déc 2015 - 10:09


-Plus vite, bande de sacs à merde !

Une belle journée ensoleillée dans les plaines du Riddermark avec un petit vent balayant l'herbe qui s'agite en rythme comme bercée. Un convoi traverse le décor. Il est escorté par quelques mercenaires au courage relatif. Cachés derrière un amas rocheux, un groupe de cavaliers vient vers eux.
Garlm est sur sa jument bai, le sourire au lèvre, sans doutes la perspective du butin futur. Ses hommes l'entourent, l'arme au point, galopant vers la cible.

-Chargez !

Les bandits joignent leur cris à celui de leur chef tout en accélérant l'allure en vu de percuter les adversaires apeurés. L'épée bien haute, l’excitation des combats parcourant tout son corps, Garlm s’apprête à séparer la tête de son opposant en deux parties distinctes lorsqu'on le secoua.

Une droite partit instinctivement à l'encontre du malheureux soldat penché sur Garlm. Celui-ci recula en se tenant le nez :

-Salaud ! Tu m'as cassé le nez !

Garlm sonda son esprit embrumé : pourquoi est-ce qu'on le réveillait ? Une attaque ? Non, il n'entendait pas l'agitation qui aurait dû être présente dans ce cas. Il avait raté son tour de garde ? Non, il n'avait plus de tour de garde depuis qu'il avait décidé de partir dans cette expédition sous la montagne. L'expédition ! Bien sûr c'était pour ça qu'on l'avait secoué. Il se leva doucement et s'adressa au tout juste défiguré qui se tenait le nez , ou plutôt une chose maintenant difforme au milieu de son visage :

-Tu vas t'en remettre, t'inquiète pas .

Il posa sa main sur l'épaule du blessé et le renvoya avec une pointe d'ironie :

-Mais merci tout de même.

Son interlocuteur eu cependant le dernier mot, lâché au milieu du sang qui coulait sur son visage :

-Je n'ai fait ça uniquement parce que tu ne reviendras pas, garde les tes remerciements !


Garlm se rassit et soupira un grand coup, peut-être n'avait-il pas tord. Enfin il n'avait plus à hésiter, de toute façon c'était trop tard, il ne pouvait plus reculer et sa bonne fortune était dorénavant devant lui, enfin plutôt dans des cavernes sous la montagne.  Il avait préparé ses affaires la veille et il n'eut qu'à enfiler son équipement avant de rejoindre le lieu de rendez-vous, devant les cavernes. En y allant, il croisa l'extracteur accompagné des deux jeunes recrues. Sans un mot il les suivi jusqu'à l'entrée des cavernes. Il n'y avait pas grand monde debout à cette heure-ci mais ceux qui l'étaient avaient leurs yeux rivés sur l'instigateur de cette expédition et le moindre de ses mouvements, comme si quelque chose d'effroyable et de surnaturel émanait de lui.  

Pendant que les mercenaires déposaient leurs affaires, Garlm lança un dernier regard mélancolique vers l'horizon. Le soleil apparaissait timidement au loin dévoilant les plaines aux reflets rouges s'étendant au delà du mur du gouffre. Il était Rohirrim et était fait pour vivre au grand air le vent caressant son visage. Il profita encore un peu de cette sensation un instant avant de suivre le petit groupe à l'intérieur des montagnes, résigné à ne plus la connaître avant un moment. Ils ne perdirent pas de temps et, une fois les torches allumées, ils avancèrent résolus dans les ténèbres devant eux.

Les cavernes étincelantes méritait amplement leurs réputations et au fur et à mesure de leur avancée ils pouvaient admirer cette merveille naturelle sublimée par l'art des nains. Le groupe, mené par l'extracteur ou Thorek , suivit des deux Arnoriens puis de Garlm qui fermait la marche, restait néanmoins très silencieux. Le soldat était encore un peu embrumé et n'avait pas vraiment envie de fraternisé avec les jeunes recrues. Leur meneur, quant à lui était toujours autant source de mystères et de suspicions, aussi Garlm ne savait pas vraiment encore comment il allait adapter son comportement avec lui. Ainsi il restait pensif derrière le groupe tout en restant raisonnablement à l’affût de mouvements ou de bruits suspects. Après tout c'était pour cela si on l'avait engagé.

Les anciennes salles des naugrims s’enchaînaient, apparemment toutes déjà visitées. C'est seulement après une demi-heure de marche qu'ils pénétrèrent dans une salle plus large et moins saccagée que les autres bien que la précipitation du départ de ses occupants était toujours visible.

Le chef d'expédition proposa une halte afin de fouiller celle-ci en quête d'informations, plus que de richesses pour le moment, qui pourraient faciliter leurs recherches. Alors que Viglo et Edawyn se ruèrent sur tous les papiers et tous les coffrets apparents, Garlm analysa la salle du regard. C'était une sorte de salle de réunion avec une grande table centrale entourés de fauteuil de pierre. Nul doutes que les réunions naines devaient être accompagnées de quelconques victuailles au vu de la largeur de la table sur laquelle on pouvait servir un banquet royal. Après un instant,  le vétéran se mit au bout de la table à un endroit où il n'y avait pas de siège. Ses mains passèrent sous la table et sondèrent la roche. Un petit clic se fit entendre et une partie du soutient de la table s'ouvrit. Garlm esquissa un sourire radieux, son instinct ne l'avait encore une fois pas trompé et il avait trouvé ce qu'il cherchait. Il posa ses trouvailles sur la table, se servit une chope et but à longues gorgées. Quelle sensation incroyable ! La bière naine était vraiment la meilleure de toutes ! Les arômes qui défilaient dans sa bouche était d'une saveur particulièrement agréable et si ses compagnons ne lui avaient pas lâchés des regards noirs, Garlm en aurait reprit jusqu'à plus soif.

Triste, il se contenta de vider deux de ses outres qui étaient remplies d'alcool médiocre et le remplaça par ce délicieux nectar. Alors que ses compagnons commençaient à rassembler de la paperasse et que l'extracteur lançaient des regards méprisants au Rohirrim pendant qu'il s'exécutait, ce dernier en reposant le tonnelet dans son emplacement d'origine remarqua un carnet dans le fond du compartiment. Il l'ouvrit, et bien qu'il ne comprit rien à ces caractères, il vit qu'il avait devant lui une sorte de livre de comptes. Pensant que cela pouvait être utile à la quête, mais également pour ne pas rien amener à l’œuvre collective de collecte d'informations, il le donna à l'extracteur pour qu'il puisse juger de son utilité. Ce dernier avait du travail avec tout ce que ses compagnons venaient de lui apporter. Garlm décida donc de s'asseoir dans l'un des fauteuils en attendant. Il était néanmoins pressé de repartir, il n'aimait pas ces cavernes et plus vite il en sortirait mieux ce serait.


Dernière édition par Dwolin le Dim 7 Fév 2016 - 19:58, édité 1 fois
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Nathanael
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Ven 18 Déc 2015 - 21:42

Cent années de poussière et de souvenirs s’étalaient devant eux, bribes de vie, éclats fragmentés de l’histoire d’un peuple. L’Extracteur ne parvenait pas à reconstituer une chronologie claire des évènements. Il contemplait les cartes que les jeunes Arnoriens lui avaient rapportées, jetant quelques fois un œil curieux à la correspondance naine, mais rien de tout cela ne permettait d’élucider le mystère. Les cartes étaient fragmentaires, certaines étaient très précises et détaillées, représentant chaque recoin de quelques pièces à un niveau précis, mais il était impossible d’avoir une vue d’ensemble des Cavernes Étincelantes. Il aurait su retourner sur ses pas, sans soucis. Mais il ne savait pas où aller. Dans le vaste hall où ils se trouvaient, en dehors de la porte qu’ils avaient franchie se trouvait une seule autre ouverture : un trou béant dans la roche où des battants avaient été arrachés et abattus. Seuls les gonds, rouillés et tordus, demeuraient à leur place. Une prodigieuse violence s’était déchaînée pour arracher cette œuvre naine. Pourtant le reste de la pièce semblait avoir été simplement abandonné, sans traces de lutte. Rien ne concordait et ce n’était pas pour lui plaire. Il déroula les cartes les unes à côté des autres sur une commode branlante sous la lumière de la torche. Il donna quelques explications en montrant certaines zones.  

- Là, et là, ce doit être les cavernes creusées lors des dernières excavations. Il y a des couloirs qui ne mènent nulle part, sans doute car les filons se sont épuisés. Ici, et
… il fouilla pour retrouver la bonne carte. Là, ce sont, je pense, les niveaux supérieurs. Il y a des ouvertures dessinées, et les espaces sont plus petits…

Il s’enferma de nouveau dans le silence. Tandis qu’il contemplait les dessins et les runes, il continuait à chercher une explication plausible, une hypothèse, une piste, n’importe quoi. L’agitation qui s’abattait sous son crâne ne transparaissait sur son visage que par le battement intempestif d’une veine sur sa tempe. Les parchemins ne lui apportèrent pas plus de réponses. Il s’agissait de lettres de correspondances d’une banalité naine : nouvelles sur le commerce du fer et des métaux, de la bière, indications pour mener un recensement, prix du mithril, cours des denrées alimentaires … rien de très excitant. Le livre de comptes était juste plus précis. Garlm avait simplement trouvé la liste de tout ce que les Cavernes avaient pu contenir jusque dans les années 200 du Quatrième Âge. Date approximative où les Rohirrims avaient perdu tout contact avec les nains ne les voyant plus que rarement, puis, plus du tout.

- C’est étrange. Chacune de ces lettres, chaque … ligne de ce livre...
Il montra le livre comptes… les nains ne manquaient de rien et vivaient avec abondance de minerai et de vivres. Pas de guerre, pas de monstres, pas de perte de revenus…

Encore et toujours des questions. Plus il extrapolait pour savoir ce qui s’était passé pour que les nains se décident à partir, plus l’incertitude se dessinait sous la forme d’une brume opaque au milieu de ses pensées. C’était tout bonnement inimaginable. Incohérent. Rien dans la diplomatie du dernier siècle pas plus que dans les conflits qui avaient opposé les nains à d’autres races ne pouvait expliquer ce revirement de situation. D’autant que personne ne consentait jamais à partager son savoir sur la question, les nains demeuraient muets à jamais à propos de l’abandon des Cavernes Etincelantes. Ce qui était aussi énervant qu’inquiétant. Ils étaient pourtant si près du but.

- Il y a forcément quelque part de quoi en apprendre plus. Continuons.


L’Extracteur se saisit des parchemins qu’il trouvait les plus utiles, certaines cartes notamment, conservant dans sa poche le livre de comptes. Une fois dehors il pourrait approfondir son analyse à la lumière du jour. S’ils ressortaient jamais.

Loin au-dessous d’eux, il y eu un écho sourd, muet. Un bruit lointain qui leur parvenait des profondeurs des cavernes. L’Extracteur se tourna vers ses acolytes afin de s’assurer que ce triste son ne provenait pas de l’un d’eux. Mais leur visage l’informa aussi tôt qu’ils étaient aussi abasourdis que lui à ce propos. Le bruit recommença. Comme si l’on frappait lourdement deux surfaces solides et dures l’une contre l’autre. Comme un énorme tambour de pierre. Puis le son disparut, évanescence dans les ténèbres. Il y eut un silence pesant, comme si chacun avait senti ses tripes se recroqueviller brutalement en eux, comme un coup de poing dans le ventre, violent et inattendu. L’Extracteur n’en menait pas plus large qu’aucun d’entre eux, pourtant, un sourire étrange naquit sur ses lèvres. Celui de la folie douce de l’aventure et de la découverte, celui de la témérité et de l’extravagance des explorateurs … aller toujours plus loin malgré le danger.

- Il faut continuer.


Il n’en dit pas plus. Il les toisa tous d’un regard dur et froid, se saisit de la torche, et continua son avancée sous la montagne, les mettant au défis de faire demi-tour. Thorek pensait sans cesse au bruit qu’ils avaient entendu. Ce pouvait être un éboulement soudain dans les profondeurs. Mais alors ils ne l’auraient entendu qu’une fois, pas deux. Deux éboulements successifs, de même intensité, faisant le même bruit, c’était improbable. Mais quoi ? L’Extracteur les mena encore un certain temps à travers de nombreux couloirs, s’arrêtant ici et là dans des pièces adjacentes pour chercher des documents ou des explications, mais ils restaient bredouille. Ils continuèrent ainsi durant ce qui leur sembla plusieurs heures, longues et infructueuses, éreintantes. Le bruit n’avait pas reparu et l’Extracteur avait même fini par l’oublier un peu.

Si les hommes qui l’accompagnaient pensaient que l’Extracteur cherchait quelques richesses, joyaux ou pépites, ils se trompaient. L’ardeur qui brillait dans ses yeux n’était pas celle d’un chasseur de trésor, mais bien d’un homme qui cherchait la vérité. Mais la nuance était trouble dans son regard agité et son sourire énigmatique. Et une vérité naine ressemble souvent à un amas de richesse entassé au fond d’une grande salle. Ils s’arrêtèrent bientôt dans une énième salle vide et poussiéreuse au milieu de couloirs sans fin et de multiples portes qui se ressemblaient toutes. Peut-être tournaient-ils en rond après tout. Comment être sûr que l’Extracteur savait où ils se trouvaient ? Il ne regardait jamais aucune carte, ne s’arrêtait jamais pour réfléchir au chemin à prendre, il continuait inlassablement à prendre une volée de marches ou à tourner, ici à droite, là à gauche. Où étaient-ils d’ailleurs ?

- Nous nous arrêterons ici pour cette nuit. Si je puis dire. L’on perd rapidement le sens du temps qui passe sous terre. Mais la lune a du sortir sur les plaines et il est l’heure de prendre un peu de repos et de manger autre chose qu’un bout de viande sèche à la va-vite.

Il posa son sac au sol. Ils étaient dans une pièce sans ornement, sans fioriture, taillée dans la roche brute, sans décoration. Un ancien garde-manger ? Une ancienne cellule ? Ce pouvait être tout et n’importe quoi. Il n’y avait plus trace de l’occupation naine, si ce n’était deux maillons enfoncés dans le roc qui devaient servir à soutenir des torches. Comme un peu partout où ils étaient passés. L’Extracteur sortit ce qui ressemblait à une fine couverture qu’il coucha au sol. L’air était frais et il était douteux qu’un drap aussi fin lui tienne véritablement chaud, quoi que la texture en fût étrange. Ce n’était ni de la laine, ni du lin, pas plus que du coton ou de la soie.

- Je pense qu’il doit rester du bois ici et là dans les pièces d’à côté, de quoi se réchauffer pour la nuit et de faire cuir un peu de bouillon.

Il y avait non loin une ancienne réserve d’eau. Un bac en pierre cassé où la source continuait de s’écouler sans se soucier du temps passé pas plus que de clui à venir. Leur guide sortit un petit sac contenant du gruau et un saucisson aussi gros qu’un gourdin. Ils n’auraient pas faim ce soir là. Le repas fut cependant assez expéditif. L’Extracteur avait narré quelques bonnes histoires à propos des Cavernes et de leur splendeur passée, mais il n’avait pas donné d’explication sur leur état actuel. Chacun rejoignit sa couche, dure et froide, accompagné par le crépitement du feu. Ils s’endormirent plus ou moins rapidement. Mais leur sommeil fut de courte durée.

Boum, boum … deux fois. Un son terrible venu des profondeurs.
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Viglo
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Lun 18 Jan 2016 - 23:03
La déception se faisait ressentir dans la voix de l’Extracteur. Viglo comprit que les quelques parchemins qu’il avait ramenés ne serviraient pas. Il aurait dû les observer plus longtemps pour s’assurer de leur pertinence. Sa bévue avait fait perdre du temps à son employeur. Il devrait se reprendre.

Le mercenaire avait l’impression d’en savoir encore moins que lorsqu’il s’était aventuré dans les souterrains, avec ses compères. Chaque couloir traversé, chaque salle explorée, chaque minute passée dans les tunnels sans nouvelle information possiblement révélatrice rajoutait du mystère concernant l’absence des nains, et de la brume dans la tête de l’Arnorien.

Celui-ci, pour éviter de s’enfoncer dans la déprime amenée par l’impuissance, arrêta de farfouiller dans les objets éparpillés pêle-mêle et s’accota à l’un des murs de la pièce et fit le point. Edawyn et « Thorek » semblaient aussi perdus que lui, ne sachant ni où regarder, ni que penser. Garlm, lui non plus, ne semblait pas avancer dans ses recherches, mais au moins il avait su profiter du moment présent et se servait presque sans gêne de ce vin trouvé par une chance inouïe.

Viglo savait ce que toutes ces pensées signifiaient. Il ne faisait que constater l’inévitable. Pour en savoir plus et possiblement s’enrichir, ils devraient continuer leur descente. À cette pensée, le jeune homme du Nord porta son regard sur le trou béant à l’extrémité de la pièce par lequel ils devraient passer pour continuer leur exploration. Était-ce de la peur qu’il ressentait? Ridicule, les gens qui ont peur sont ceux qui ont quelque chose à perdre, et rien en ce bas monde ne retenait Viglo. C’était d’ailleurs sans doute pour cela qu’il avait choisi un mode de vie si dangereux.

Non. Il était impatient, une sorte d’excitation enfantine à l’idée de continuer l’expédition. Il ressentait de la hâte à l’idée des richesses et de l’héroïsme qui l’attendaient dans les entrailles de pierre. Que de bardes chanteraient leurs louanges lorsqu’ils ressortiraient! La gloire n’était plus bien loin. Des richesses incommensurables l’attendaient, lui, Viglo, fils du Nord, le loup solitaire, le…

Boum, boum.

Des entrailles du sol se fit entendre un son des plus lugubres. On aurait dit un battement du cœur de la montagne, les pas d’un géant ou d’un valar. C’était aussi effrayant que la noirceur elle-même, peut-être aussi dangereux que les flammes d’un dragon. Et le pire, c’est que ce bruit était ce qui les attendait, eux, une petite bande d’insignifiants avides d’or.

Néanmoins, l’Arnorien savait qu’il était à la croisée des chemins. Il pouvait sortir, tout de suite, sans que personne ne l’en empêche. Il vivrait comme avant sans se soucier de ce qui serait arrivé à ses congénères. Par contre, pour le restant de ses jours, il serait troublé. Troublé, car ce son resterait gravé dans sa mémoire. Il chercherait toujours à savoir ce que c’était, ce qui avait su le vaincre par sa crainte. Le mercenaire devait vaincre ses peurs. Les narguer, leur cracher au visage. Il était le plus puissant.
Il n’avait plus peur. Viglo descendrait dans les Cavernes Scintillantes, et serais prêt à affronter tous ceux qui se mettraient en travers de son chemin. Quoi qu’il advienne.

L’expédition continua, dans le silence car tous ne faisaient que penser à ce qu’ils avaient entendu. Viglo pouvait alors entendre l’écho de leurs pas résonner dans les couloirs qu’ils empruntaient. Il ne pensait pas à où il allait, ne faisant que suivre le groupe. Il était surpris par l’assurance avec laquelle l’Extracteur se déplaçait dans ces corridors sans fin. Le guerrier commençait vraiment à croire que leur employeur ne leur avait pas tout dit, qu’il en savait plus. Il était surement déjà venu auparavant, avait peut-être même grandi sous ces mêmes terres que le groupe voyait désormais au dessus de leurs têtes. Suivant cette logique, sans doute était-il venu dans les Cavernes pour une raison précise, cherchant un butin spécifique. Mais bon, tout cela n’était que d’hasardeuses théories, et mieux valait continuer sans trop y penser.

Enfin, ils arrivèrent dans une salle semblable à toutes les autres quand soudainement l’Extracteur décida qu’ils y dormiraient. Après un repas simple mais apprécié, sans trop de conversations inutiles, ce qui plut à Viglo, les quatre hommes se préparèrent pour la nuit. Le jeune adulte se demandait bien ce que leur réserverait leur prochaine journée, avec la frénésie d’un enfant s’apprêtant à recevoir un cadeau plutôt qu’avec l’appréhension d’un condamné.

Après un rapide repas agréable, c’est à dire sans placotage inutile, et de longues minutes passées dans son lit à tenter de ne pas penser à ce qui les attendrait le lendemain, il finit par tomber endormi, rêvant de deux loups, l’un noir et l’autre blanc, combattant dans la neige. Brusquement, les deux prédateurs se dissipaient, tout comme la forêt leur servant de décor. Alors que réapparaissaient les parois mornes et sans vie de la grotte, le bruit se fit à nouveau entendre.

Boum, boum.

Alors que parvenaient à ses oreilles le bruit de ce tonnerre souterrain, Viglo finit de se réveiller. L’aventure arrivait à grands pas.
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Edawyn
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Lun 25 Jan 2016 - 4:53
Dans la noirceur des cavernes, dans le silence oppressant qui régnait, Edawyn aurait souhaité à tout le moins être muni d’une carte. Ou plutôt, il aurait voulu que l’Extracteur en ait une, car malgré l’assurance toujours constante que celui-ci dégageait, notre Arnorien décelait tout de même une certaine hésitation quant au chemin à emprunter. Il était d’ailleurs étrange qu’aucun plan, même imprécis ou incomplet, n’ait été amené par Thorek, et même si l’opacité entourant les grottes était connue de tous, il aurait été fort surprenant qu’aucune information pouvant orienter nos aventuriers ne circule nulle part.

C’est donc empli d’espoir qu’Edawyn guettait la réaction de l’Extracteur après lui avoir remis ses documents. Les déchiffrant à la lueur de la torche, leur guide ne semblait pas satisfait de ce qu’il lisait, mais il prit tout de même la parole peu après. Selon ses dires, il semblait avoir été tout de même capable de tirer quelques informations utiles, quoique toujours rien concernant l’énigmatique disparition des nains.

Plutôt déçu du fruit de ses recherches, Edawyn n’en tirait pourtant qu’une envie de continuer plus forte que toute sa raison et bien qu’il se sentît aisément intimidé par les lourdes parois de pierre qui le cernait peu importe l’endroit où qu’il fut, il se sentait en confiance avec l’Extracteur. Ce dernier était certes fort singulier, mais il paraissait être un homme capable, à l’instar d’un certain Rohirrim… Bon, Garlm restait jusqu’à nouvel ordre un membre de leur expédition. Considérant cela, il restait un allié malgré son tempérament de soûlon et il méritait d’être respecté, d’autant plus que des querelles n’aideraient en rien leur quête. Toutefois, Edawyn souhaitât qu’aucune nouvelle cachette de boisson ne croise leur chemin, histoire de le forcer à la sobriété.

C’est alors qu’ils continuaient à progresser dans les grottes qu’un bruit sourd se fit entendre. L’écho le rendait confus mais le transformait aussi en vacarme épouvantable, susceptible de faire trembler même le plus confiant d’entre eux. Le cœur d’Edawyn était divisé entre la peur et l’anxiété. D’ailleurs, l’Extracteur lui-même n’arbora plus pendant un moment son habituel air téméraire. C’était plutôt de la surprise qui régnait sur son visage, une surprise emplie d’inquiétude et ce même sentiment s’était rapidement installé chez ses compagnons et avait vite fait sa place dans le cœur d’Edawyn. S’en remettant à Thorek et à son expérience, le mercenaire scrutait son visage et fut rassuré de voir que l’ambition y avait refait sa niche. Il était évident que celui qui les menait avait été aussi troublé qu’eux par le tapage venu des profondeurs, voir plus, puisque sa longue carrière lui avait probablement fait voir des horreurs que même l’imagination de l’Arnorien ne pouvait concevoir, mais ce qui importait, c’était sa réaction, et cette dernière satisfaisait Edawyn.

- Il faut continuer, déclara-t-il

Rien de plus n’était nécessaire pour revigorer l’âme des compagnons, et bien que leur cœur fût tourmenté, la volonté de continuer n’en était pas moins au rendez-vous.

Ils avancèrent donc, s’enfonçant toujours plus dans ce qui pourrait bien être leur tombeau, mais plus ils progressaient, plus le silence ayant suivi le tintamarre leur pesait. L’adrénaline les ayant emplis voilà quelques temps était redescendue et le moral avait suivi. Où était-ce uniquement l’impression d’Edawyn ? Il était difficile de déterminer quel était l’état d’esprit de ses camarades, mais il aurait été surprenant qu’ils furent sereins. Quant à l’Extracteur, toujours meneur du groupe, il semblait être guidé par l’ambition seule, laissant de côté cartes et documents. Impénétrable comme toujours, il semblait néanmoins avoir gardé son sang froid.

Continuant leur marche, ils arrivèrent dans une salle où la décoration était absente et laissait sa place aux gros murs de pierre grossièrement taillés. L’Extracteur annonça au groupe qu’ils passeraient la nuit à cet endroit, ce qui n’était pas une si mauvaise idée. En effet, le corps et les émotions d’Edawyn lui pesaient de plus en plus sur les jambes et un peu de répit serait bienvenu. Aussi, il fallait prendre en compte la source d’eau qui, non loin de là, leur fut profitable.

Ils mangèrent donc et lorsque ce fut chose faite, ce qui ne tarda pas, ils allèrent s’étendre pour la nuit. En temps normal, le silence était souhaitable et aidait le mercenaire à trouver le sommeil. Or, dans les cavernes, tout était différent. L’absence de bruit laissait place aux réflexions, toutes plus horrifiques les unes que les autres. Les autres étaient probablement tombés depuis quelques temps dans leurs rêves – ou cauchemars – tandis qu’Edawyn tentait vainement de se reposer.

Il avait donc abandonné l’espoir de dormir, se résignant à monter la garde pour être de quelque utilité, lorsque le même bruit vint à ses oreilles.

Boum, boum

Alors que ses compagnons étaient tirés de leur sommeil, Edawyn, lui,  aurait eu le temps de réagir, mais il n’en fit rien. Trop abasourdi par ce son qui ne pouvait maintenant être du au hasard, il se retourna et attendit.


Dernière édition par Edawyn le Mer 6 Avr 2016 - 2:11, édité 2 fois
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Dwolin
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Dim 7 Fév 2016 - 20:13

Garlm était assis, le tonnelet à ses côtés. Pendant que Thorek triait les informations récoltées et que les deux Arnorien vaquaient à leurs occupations, lui ne se lassait pas du breuvage qu'il avait trouvé. Après tout, le tonnelet était trop lourd pour être transporté, il avait déjà pris tout ce qu'il pouvait dans ses gourdes et il était donc bien obligé par pur respect de ses principes moraux anti-gaspillage de s'atteler à laisser le récipient le plus vide possible lorsqu’ils repartiraient. Pas tout de suite en tout cas si l'on se fiait au regard de l'extracteur plongé dans les écrits nains. Parfois il parlait en désignant certaines des cartes mais Garlm ne l'écoutait qu'à moitié, lui-même plongé dans ses pensées désormais quelques peu embrumées. Il comprit tout de même les grandes lignes, c'est à dire qu'ils n'avaient rien trouvé de très intéressant, et que la plupart des écrits posaient des interrogations plus qu'ils n'en résolvaient.

Lorsque la troupe se remit en route, le rohirrim laissa le tonnelet sur place avec une petite pointe de désarroi et se leva. Heureusement pour lui, ses compagnons avaient pris un peu d'avance et n'assistèrent pas à la scène pitoyable de Garlm perdant l'équilibre et se cognant lamentablement la tête contre la table en pierre. Il n'avait pas songé que la bière naine en plus d'être bien meilleure que ce qu'il buvait habituellement était également bien plus forte. Ses sens étaient donc perturbés et le coup qu'il venait de prendre n'arrangerait vraiment rien. Il se leva tout de même en s'aidant de la table et se dépêcha de rejoindre les autres membres de l'expédition. Il passa les heures suivantes à suivre péniblement le groupe s'appuyant sur les parois pour ne pas tomber et en essayant de conserver une clarté minimale dans son esprit au prix d'un effort extrême de concentration, mais avec moins de succès cependant. Il resta donc silencieux, condamné à suivre aveuglement Thorek, chose très frustrante pour l'ancien capitaine. Mais il n'avait strictement rien à redire, il ne comprenait rien aux nains, était fait pour vivre à l'air libre et n'avait pas, à cet instant précis, l'esprit très clair. Il était de ce fait tout sauf l'homme de la situation, il fallait bien l'admettre .

Tout à coup ses compagnons s'arrêtèrent un instant et tendirent l'oreille comme s'ils cherchaient à savoir  précisément s'ils avaient entendus quelque chose ou non. Le vétéran, lui n'avait rien perçu mais l'attitude des autres l'inquiéta tout de même quand à ses propres capacités. Il tâcherait d'être plus vigilant à l'avenir, comme il le pourrait au vu de son état toutefois...  Ils continuèrent d'avancer  dans les ténèbres mais le silence habituel, qui n'était dû qu'au peu de sujets de discussion que pouvaient avoir les protagonistes entre-eux, était cette fois renforcé d'un silence plus lourd dans lequel on percevait crainte et vigilance ainsi qu'une petite pointe de pessimisme quand à leurs chances d'éviter les ennuis si ce n'était de rester vivant encore longtemps. Leur périple continua néanmoins sans embrouilles jusqu'à une salle où Thorek jugea qu'il faisait bon d'y bivouaquer.
Garlm s'effondra sur le sol comme une brique et ses compagnons eurent un mal fou à le faire se lever aller chercher du bois pour le feu. Une fois cela fait il se rallongea pas trop loin de celui-ci et d’endormi rapidement après avoir rapidement avalé un morceau.

Ses rêves le portèrent dans les prairies sur sa juments en chef triomphant, tantôt avec sa bande de brigands, tantôt avec ses hommes au service du roi Hogorwen. Soudain on le pousse si violemment qu'il tombe de sa monture, mais au lieu de s’arrêter dans l'herbe, sa chute continue sous terre où seul dans le noir, il est cerné par des gobelins. Il les charge avec rage, mais aucun de ses coups ne semble les atteindre si bien que ceux-ci se rient de lui jusqu'à ce que des tambours résonnent poussant tous les gobelins à le massacrer sans qu'il puisse opposer de résistance.

Boum ! Boum !


Sauf que les tambours n'étaient pas dans son rêve mais bien dans la réalité. Garlm se leva en sursaut. Il avait mal à la tête et n'arrivait pas à clarifier la situation. Il réussit néanmoins à savoir de quel tunnel venait le bruit des tambours. N'écoutant que ses pulsions et certainement pas sa raison il dégaina son épée d'un large geste et chargea dans cette direction :

-Sus à l'ennemi ! Yaaaa !

Sans même une torche, juste avec son armure et une gourde remplie de bière naine avec lesquelles il avait dormi, il fonça tête baissée, tournant plusieurs fois à la recherche de quelque chose à trancher jusqu'à ce qu'il ne distingue plus rien. Il s'arrêta alors pour reprendre son souffle, en quête d'une direction qui pourrait le mener à quelque chose de suffisamment vivant et de suffisamment hostile afin qu'il puisse l’occire.

Ce n'est qu'à ce moment là que Garlm fit réellement surface. Il avait mal à la tête, un goût de sang dans la bouche, il avait dû se mordre la langue, mais surtout aucune idée de son emplacement, de celui où il aurait dû se trouver et donc d'une direction où aller. Il s'assit. Mais qu'avait-il dont fait ?  Qu'avait-il eut à l'esprit ? Où était ce jeune capitaine toujours affûté et lucide qu'il voyait dans ses rêves et qu'il avait été autrefois ? Il n'était plus rien et c'est bien pour cela que Garlm était venu ici, pour changer de vie car la sienne était vide et le détruisait. Il se releva, résista un instant à une gorgée de bière mais succomba quelques secondes plus tard et entreprit de retrouver son chemin. Il remonta le couloir par lequel il était arrivé, enfin croyait- il,  il n'en était plus vraiment certains. A la première intersection qu'il croisa, ce fut plus compliqué, mais après quelques instants de réflexion il partit dans le tunnel où l'air y était le moins nauséabond, il était presque sûr d'avoir lu quelque chose comme quoi dans ces cas là il fallait toujours suivre son flair. Il continua de remonter les salles naines jusqu'à un autre embranchement. Il n'en avait bien entendu aucun souvenir et s'assit un instant, pour essayer tout de même de faire appel à sa mémoire. En plein exercice intellectuel, il entendit un bruit qui sonnait comme l'acier qui frappait contre une paroi, à moins que ce ne soit des combats. Peu importait, le rohirrim se leva et courut dans cette direction, l'épée sortit, mais cette fois-ci,  il savait ce qu'il faisait. Du moins l'espérait-il.
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Nathanael
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Lun 29 Fév 2016 - 10:34

Il se releva brutalement sur sa couche, hébété. Il dormait rarement d’un sommeil profond mais les coups sourds l’avaient sorti d’un rêve qui s’effilochait à présent devant ses yeux. Il n’arrivait même plus à en rappeler le souvenir. Il vit une paire de jambes lui passer sous le nez avant de comprendre qu’il s’agissait du Rohirrim qui partait à bride abattue dans le couloir. Avait-il vu quelque chose ? Il n’en fallut pas plus pour qu’il regroupe ses affaires de quelques gestes lestes et rapides. Il exigea des deux Arnoriens qu’ils en fassent autant. Le silence avait repris possession des lieux et les bruit de pas de Garlm se perdaient dans les profondeurs de la montagne.

- Levez-vous, vite !

Thorek tenait dans ses deux grosses poignes les pioches qu’il portait habituellement à la ceinture. Ces outils présentaient l’avantage de faire autant de dégâts dans la roche que dans la tête d’un adversaire. Ils furent rapidement prêts et partirent sur les traces du Rohirrim prit de folie. La bière naine avait du lui embrumer l’esprit jusque dans son sommeil et il courrait à présent après des ombres ou des chimères. Il était impensable de rencontrer quoi que ce soit de vivants aussi loin sous terre. C’est du moins ce qu’il espérait. Aucune mention d’attaques de gobelins ou d’autres créatures souterraines n’avait été mentionnée par les Rohirrims des Montagnes Blanches qu’il avait rencontrés. Les soldats du Gouffre n’avaient pas été avares en histoires bizarres mais aucun d’entre eux n’avaient évoqué le sursaut de monstres des profondeurs. Des objets disparaissaient ici et là dans la nuit, des provisions et quelques fois de menus objets du quotidien comme des couteaux, des assiettes en bois ou des torches.  Il s’était bien abstenu d’en parler aux mercenaires. Mais ces détails n’avaient que peu d’intérêts. Toutes les casernes regorgeaient d’histoires rocambolesques, les soldats laissaient toujours vagabonder leur imagination à défaut de combattre.

Il n’y avait aucune trace de Garlm. Les bruits de tambour géant surgissaient parfois des profondeurs en laissant derrière eux l’écho de leur terrible musique. L’Extracteur était habité par une tension extrême. Il était plus difficile de redouter ce qu’il pouvait arriver que de faire face à une réalité concrète et tangible. Il aurait préféré voir les couloirs grouiller de gobelins ou de chauves-souris géantes plutôt que de devoir contrôler ses nerfs en permanence. Le moindre bruit le faisait sursauter et il se retournait avec une agressivité non feinte, se tenant prêt à utiliser ses pioches. Il leur était impossible de relâcher leur attention. Pourtant, rien ne se passa. Et nulle trace de leur compagnon.

- Restez sur vos gardes. On ne sait jam…

Il ne finit pas sa phrase. Un sifflement aigu se fit entendre dans le noir et une pointe de flèche vint se briser juste au-dessus du crâne de l’Extracteur. Il enfonça la tête dans les épaules et partit à grandes enjambées pour se réfugier derrière un éperon rocheux en criant « A couvert, A couvert » . La puissance du tir ne pouvait signifier qu’une chose : leurs agresseurs avaient des arbalètes. Lentes à recharger, mais promptes à les transpercer de part en part. S’ils étaient touchés, ils ne s’en sortiraient pas. L’Extracteur tenait toujours sa torche. Il s’était brûlé la main en fuyant, mais ce n’était qu’une blessure superficielle. Il hésita, un court instant, avant de la jeter haut et loin devant lui. La torche parcourut une longue courbe en tournant sur elle-même avant de disparaître dans les profondeurs d’un grand lac souterrain. Ils étaient au milieu d’une vaste caverne dont les limites étaient invisibles. L’arbalétrier devait se trouver sur un promontoire quelque part plus haut. Mais où ? La torche éteinte, ils sombrèrent dans le noir le plus complet. Des gouttes d’eau brisaient parfois le silence. La tension était insupportable. L’Extracteur se retourna vivement. Ils avaient tous clairement entendu des bruits de pas. Peu nombreux. Deux ou trois individus peut-être. Mais suffisamment de quoi les inquiéter.

Thorek tâtonna dans le noir, ses pioches tendues devant lui, prêt à encaisser les coups et à les rendre. Une forme le frôla, petite et rapide, et fit tomber Viglo qui se tenait derrière lui. La chose lui assena un grand coup de pied dans le tibia au passage et repartit aussi vite qu’elle était venue. Ils aidèrent Viglo à se relever, aux aguets.

- Avez-vous vu de quoi il s’agissait ? Avez-vous vu quelque chose ?

Thorek parlait en murmurant. Ils se devaient d’être le plus discrets possibles pour ne pas donner d’indications trop précises sur leur position. Mais ses précautions furent insuffisantes, et une nouvelle flèche siffla dans la nuit. Elle frôla la jambe d’Edawyn. Ils entendirent distinctement le bruit du cuir de ses chausses se déchirer. L’Extracteur ramassa la flèche en tâtonnant et les entraîna dans une nouvelle course dans le noir pour fuir ceux qui jouaient avec leurs nerfs, et avec leur vie. Ils courraient comme des âmes damnées sans regarder où ils allaient. Thorek mémorisait le nombre de couloirs, de portes, de croisements, mais dans l’urgence il en perdit rapidement le compte. Il oublia un instant Garlm et sa folie. Sans doute était-il déjà mort.

Leur course les mena jusque dans une autre grande caverne où il leur était possible de distinguer de hautes formes. Des piliers, ou de hautes statues. Difficile de le dire. Une très faible lueur permettait de nuancer le noir. Loin au-dessus d’eux devait se trouver un puits de lumière, ou une profonde faille qui menait jusque sous la montagne le souvenir du jour. Il y eut de nouveau des bruits de pas. Aussi peu nombreux. C’était à n’y rien comprendre. Un groupe restreint de gobelins qui défendaient leur territoire ? Quelques monstres qui se jouaient d’eux avant de les tuer ? Mais quoi ? Thorek reprit le contrôle de ses nerfs et retint sa respiration. Il écoutait attentivement le moindre bruit, les yeux fermés. Les pas se firent plus proches et, d’un large moulinet des bras, il réussit à faire rebondir sa pioche sur quelque chose de solide et de dur. Il y eut quelques étincelles, un bruit sourd, un cri et les bruits de pas s’enfuirent avec leurs propriétaires.

- Est-ce que ça va ?

Mais personne ne semblait être touché. Une parole de trop. Une nouvelle flèche. Celle-ci vint se ficher dans le sac de l’Extracteur. La puissance du tir le fit chanceler et sa chute se finit contre la paroi de la caverne. Il se releva, tremblant, conscient que la mort était venu de le chatouiller de prêt. Il était difficile de se protéger de ces tirs, invisibles, sournois. Plus difficile encore de déterminer d’où ils provenaient, le tireur semblait se déplacer en même temps qu’eux. Les tambours se firent plus puissants, plus réguliers, faisant trembler la montagne comme si quelques dragons des profondeurs s’apprêtaient à sortir de leurs grottes.

Encore les bruits de pas. Mais cette fois leurs yeux avaient réussi à s’habituer au clair-obscur de la pièce, et ils purent voir clairement quatre ou cinq petites formes se glisser vers eux, vives et furtives. Ils ne voyaient pas ce que c’était, mais ils en distinguaient les contours. Il leur était à présent possible d’engager le combat. L’Extracteur le premier fonça sur ces ombres et chercha à en empaler une avec ses pioches. Ses armes rebondirent contre une surface en métal, lourde et épaisse. Il tenta un nouveau coup, mais il fut paré par une grande lame solide et forgée dans un métal des plus résistants. Au milieu de l’obscurité se jouait un combat étrange où les étincelles se multipliaient à chaque coup sans qu’aucun des partis ne pût clairement identifier son adversaire. Edawyn et Viglo se battaient eux aussi en aveugles, parant et donnant des coups, suivant leur instinct plus que leurs sens.


**************************

Garlm était quant à lui seul dans le noir. Il avait entendu, sans doute, le bruit de ses pairs en train de combattre. Mais il lui fût impossible de les rejoindre. Une forme noire, haute et trapue se présenta devant lui dans un bruit de métal. Des pas lourds et lents s’approchaient, et dans la faible lueur qui émanait du sommet des Montagnes, il put voir distinctement une pâle lumière se refléter sur une arme. Hache, épée, cimeterre, pique ? Son imagination était sans doute trop faible pour pouvoir dessiner les contours de cet instrument de torture. Il y eu un bruit. Celui d’une masse d’air qu’on déplace. Et il sentit une douleur lancinante lui étreindre les côtes. Il était saisi par les flancs et fut soulevé du sol. Un poing s’abattit sur sa face endormie de soudard. Le coup finit de le réveiller. A défaut de savoir ce qui se trouvait en face de lui, il pouvait encore choisir s’il souhaitait vivre ou mourir …  ou du moins, s’il voulait mourir lâchement ou mourir en brave.  
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Viglo
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Sam 26 Mar 2016 - 4:06
Alors que les dernières fumées de ses songes se dissipaient, Viglo tenta de comprendre d’où venait ce chaos ambiant si menaçant. Les deux coups de tonnerre avaient encore retenti, or, ce qui causa le plus de désordre n’était pas tant ce présage de l’apocalypse, mais bien la sortie impromptue de Garlm, qui courait s’enfoncer dans les entrailles de la montagne, sans aucune retenue. L’Arnorien se releva lentement, pour se ménager. Effectivement, il supportait de plus en plus difficilement l’humidité étouffante des profondeurs.

Il n’avait à peine eu le temps de ramasser son épée que déjà lui et ses camarades avançaient dans les Cavernes à la recherche de la brebis égarée. Ils savaient tous que cet élan de fol du Rohirrim était dû à l’alcool et en son for intérieur, Viglo se dit qu’au moins, si les explorateurs perdaient Garlm, celui-ci ne pourrait pas les mettre en danger avec un tel comportement pendant le reste de l’expédition, alors que la situation serait vraiment périlleuse, lorsque le vrai danger serait présent.

Le mercenaire se ressaisit. Bien que le comportement du soudard fut condamnable, il n’en restait pas moins qu’ils formaient une équipe solide soudée, et qu’ils ne survivraient pas s’ils laissaient l’un de leurs compagnons derrière, ce dernier pouvant leur être utile par la suite. En effet, le bonhomme semblait savoir se battre, et son expérience militaire pourrait être utile. De plus, après de nombreuses dangereuses missions avec d’autres mercenaires tels que lui-même, Viglo avait appris que souvent, démontrer ou du moins faire semblant de se préoccuper de ces coéquipiers pouvait lui faire gagner leur confiance lors des moments où il en aurait vraiment besoin.

Tout était si effrayant dans le noir. Chaque lueur, chaque courant d’air, chaque odeur devenait un spectre vengeur cherchant à se nourrir de la chair, du sang, de la bravoure et des espoirs des pauvres victimes passant entre ses griffes. Un goût amer emplissait la bouche de l’Arnorien. Il n’avait peur, mais ne pouvait s’empêcher de frissonner alors que les battements de tambour de l’Armageddon continuaient. Au plus profond, de la montagne, quelque chose l’épiait, il le savait, le sentait, tandis qu’au plus profond de lui-même se réveillait une bête, canalisant toute sa peur pour en faire de la rage, tel le cuivre transformé en or. Une boule de colère, de violence s’entassait dans son âme, dans son cœur et au moindre sursaut, elle se libérerait, et Viglo serait prêt au combat.

Soudain, il fut distrait par le sifflement d’un carreau d’arbalète passant proche d’atteindre l’Extracteur. Le guerrier oublia ses fantasmes, dans lesquels il massacrait sans remords les monstres des Cavernes, pour se mettre à couvert - si cela faisait vraiment du sens, étant donné qu’il n’y voyait rien dans cette obscurité opaque. Ses ennemis le voyaient peut-être très bien d’où ils étaient. Viglo détestait cette situation : il était contraint de se battre à l’aveuglette. Il se les imaginait, eux, avec leurs arbalètes, se moquant de ses déboires. Le mercenaire savait qu’il ne sortirait jamais vivant de ces Cavernes sans avoir eu la satisfaction de briser la nuque de ces minables, de ces vauriens qui…

Il n’eut pas le temps d’achever sa pensée qu’il était emporté, bousculé par une ombre, une silhouette, un fantôme qui le projetai durement au sol. Il s’érafla le visage et des gouttes de sang coulaient le long de son jeune visage. Aussitôt relevé, l’homme du Nord dégaina, prêt à répliquer mais l’intangible menace était repartie aussi rapidement qu’elle était venue. Viglo était mécontent. Non seulement avait-il été défié si facilement devant son employeur mais en plus, il avait été incapable d’identifier ce qui l’avait touché.

Les trois aventuriers durent se décider à fuir pour éviter les projectiles, toujours plus nombreux et plus précis qui menaçaient à tout instant de toucher leur cible. Alors que la menace des tireurs se faisait encore plus sentir, il y eut des bruits de pas fonçant d’on ne sait où. Néanmoins, cette fois-ci, un filet de lumière jaillissant tout droit d’une quelconque fissure menant aux cieux leur permit de voir des formes belliqueuses se mouvoir autour d’eux.

Viglo se préparait à frapper le premier, voulant dès le début de l’affrontement prouver à ses adversaires que malgré l’obscurité, le désarroi, leur position d’infériorité numérique et leur ignorance du terrain, c’était lui qui jouait avec eux en les narguant par sa pédante bravoure, son courage à toute épreuve…

Un coup, contondant, violent, puissant, lui fut asséné à l’arrière de la nuque. Viglo tomba. Autour de lui, l’Extracteur et Edawyn combattait avec l’énergie du désespoir. Le guerrier sentit le sang coulant d’une égratignure atteignit ses lèvres. Le goût de rouille réveilla quelque chose en lui, le Monstre.

Le Monstre, c’était lui, Viglo, mais sans toutes ces  peurs, toutes ces faiblesses, tous ces doutes, toutes ces hésitations. Le Monstre était apparu lorsque le mercenaire avait commencé à tuer. C’était l’accumulation de la peur d’avoir à éteindre l’instantanéité d’une existence, réprimée en frustration face à cette vie injuste qu’était la sienne, de n’avoir jamais été aimé, ni même compris, qui réveillait habituellement le Monstre. Cette frustration devenait une rage folle, meurtrière, psychopathe. Chaque fois que Viglo s’y perdait, il perdait toute notion d’humanisme, de temps, d’espace. Il perdait la raison à un tel point que, lorsqu’il sortait de cette folie destructrice, il ne se souvenait jamais de ce qu’il avait fait, ne devenant que le spectateur de ces massacres qu’il perpétrait, s’étonnant de l’engouement avec lequel il venait tout juste de mutiler ses victimes. L’Arnorien ne savait quoi penser du Monstre. D’un côté, celui-ci lui permettait d’oublier la peur et de devenir plus puissant que ses ennemis. De l’autre, sa sauvagerie l’épouvantait parfois lui-même et il craignait que les quelques rumeurs sur ses carnages dans cet état second fassent fuir les potentiels employeurs et clients. Néanmoins, ici, dans les Cavernes Étincelantes, nul ne pouvait l’empêcher de laisser libre cours à sa haine.

Le Monstre prit le contrôle. Viglo frappait désormais avec la force de dix hommes, la conviction de cent, et la rage de mille. Ses coups étaient parés par son adversaire, mais celui-ci reculait, ne trouvant même pas le temps de contre-attaquer, tant le rythme des coups du mercenaire était chaotique, désordonné. Finalement, il eut raison de la garde de son adversaire et il frappa de toutes ses forces dans ce qui semblait être le corps de l’ennemi, bien que Viglo n’y vit pas assez pour en être sûr.

Ainsi, dans les tréfonds des Cavernes, à travers les entrechoquements des lames et les grognements des combattants, un long cri de douleur et d’agonie se fit entendre, suivi d’un rire fou, diabolique, surgissant des entrailles de l’âme humaine. Un cri de monstre.
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Edawyn
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Mer 6 Avr 2016 - 2:11
Le Rohirrim chargeait devant l’arnorien avec force d’énergie, mais la vigueur de son action venait plus de l’alcool que d’une réelle détermination. Certes, il n’était pas impossible qu’il eût vu une quelconque créature, mais le cas échéant, un esprit sobre serait plutôt allé consulter ses compagnons au lieu de partir en pleine course. Une offensive semblable aurait stimulé Edawyn si elle n’avait pas été aussi insensée que suicidaire; le mercenaire ne pouvait donc faire autrement que rester ébahi face à, d’un côté, un geste les mettant tous en danger et, de l’autre, une deuxième apparition de ce son terrifiant à l’origine inconnue. Il reprit ses esprits lorsque les deux autres eurent fait de même et un rapide regard vers le visage de ses camarades lui confirma la gravité de la situation. Il eut tôt fait de ramasser son matériel, ou du moins ce qui se trouvait à portée de main et il se retourna vers Thorek, souhaitant voire la confiance émaner de son employeur.

- Levez-vous, vite!


Et ce n’est pas ce qu’il vit.  Peut-être était-ce uniquement le produit de son anxiété, mais l’Extracteur ne présentait rien de rassurant. Rationnel autant que possible, Edawyn tenta donc de ne laissa rien transpirer de sa nervosité. Si les deux hommes qui l’accompagnaient ne cédaient pas à la panique, il deviendrait bien plus aisé pour le jeune combattant de garder son sang froid, et c’est suivant la même logique qu’il tenta de dissimuler lui-même sa peur. Les trois partirent à la poursuite du dernier membre, lui même lancé au trousses de cauchemars souterrains. C’est donc dans le son étouffé de leurs pieds sur la froide pierre qu’Edawyn réussi à calmer quelque peu son esprit. Ils ne pouvaient pas être trop enfoncés dans la montagne, sans doute restait-il de nombreux couloirs bien plus profonds que ceux parcourus. De nombreux autres imprudents avaient sans aucun doute déjà franchi les premières salles des cavernes, ils ne pouvaient donc être réellement les premiers. Par conséquent, qu’ils tombent sur une créature monstrueuse comme l’imaginait plus tôt le cerveau perturbé de l’arnorien était improbable, car dans le cas contraire, une information aussi troublante serait inévitablement sorti des cavernes d’une manière où d’une autre. À moins que les témoins eussent été tués avant de retrouver la lumière du jour…

La pensée fut vite chassée par son auteur. C’était l’exemple parfait de réflexions alarmantes auxquelles il ne fallait pas céder. De toute manière, courir dans les couloirs comme ils le faisaient était le moyen par excellence de savoir tôt ce que recelaient les cavernes… Mais que faire d’autre?

Ils continuèrent leur cheminement apparemment sans queue ni tête dans le sous-sol. Le silence oppressant était sans doute leur pire ennemi, susceptible de faire craquer les nerfs d’Edawyn à tout moment. Même si le mercenaire avait maintes fois travaillé de nuit, la ville présentait continuellement son lot de bruits, dérangeants d’abord, puis appréciés lorsqu’on s’y habitue. Après tout, un bruit en cache un autre, chose fort utile pour les sales besognes qu’il y avait à accomplir. La campagne, bien qu’elle n’offrit pas la même cacophonie si avantageuse, faisait pour sa part régner les sons de la nature. Criquets, bruissement de feuillages, écoulement de l’eau, chaque bruit dans le genre ne pouvait pas cacher l’égorgement d’un pécheur mais gardait celui qui pratiquait le meurtre sain d’esprit, apaisé. Au contraire, dans les tréfonds de la terre, l’absence de sons angoissait et, surtout, amplifiait les rares  bruits de telle manière à les rendre permanents dans les esprits.

Le tambour cognait encore, le cri d’assaut du rohirrim résonnait toujours dans les esprits.

Edawyn sursauta. Un projectile vint percuter la pierre, à deux doigts de l’Extracteur. Celui-ci réagi promptement et mena les aventuriers à l’abri derrière la pierre. D’où venaient ces flèches? De quelles armes provenaient-elles? Les connaissances de l’arnorien étaient limitées au matériel d’usage à Annùminas et ses environs, l’empêchant de reconnaître efficacement tout objet d’origine extérieure. Mais qu’importe la créature les attaquant, elles avaient l’avantage de l’armement, de la connaissance des lieux et possiblement du nombre. Il s’agissait donc de tenter de les battre à leur propre jeux, d’abandonner la lumière, bien trop risquée, au profit de la noirceur, même si les lieux leurs étaient parfaitement inconnus. C’est ce que l’Extracteur avait compris. Il projeta la seule torche du groupe loin devant, révélant une dernière fois les environs. L’air légèrement plus frais, auquel personne n’avait fait attention plus tôt, concordait avec la pièce spacieuse dans laquelle ils se trouvaient.

Puis le noir vint.

Étrangement, l’esprit d’Edawyn s’apaisa quelque peu. La situation stagnant, il sentit sa respiration saccadée se calmer, mais il n’en restait pas moins conscient de la menace qui les guettait. C’est à ce moment que leur guide se tourna brusquement, sans doute après avoir vu ou entendu le danger. Le jeune homme réalisa alors que les ennemis approchaient, suffisamment subtils pour qu’on ne les vît pas, mais pas assez pour passer inaperçus. Viglo fut le premier percuté, dégainant son arme en guise de riposte, mais trop tard. Craignant être le prochain, Edawyn passa la main à la taille et tira son épée hors du fourreau. Le geste pressé signala sa position et la maladresse fut rapidement punie par un carreau le manquant de près. La panique refaisait progressivement le nid dans l’esprit des compagnons, les menant à fuir les tirs dans une course folle. La salle dans laquelle ils aboutirent présentait un avantage notable : la lumière se faufilait tant bien que mal de la surface et leur permettait de s’orienter bien plus aisément. Leurs yeux s’habituaient progressivement au changement de luminosité et il devint bientôt possible de distinguer grossièrement leurs ennemis.

Il n’en fallut pas plus pour que Thorek engagea le combat. S’était rué vers les ennemis, le martèlement de sa pioche réveilla en Edawyn l’instinct de survie le plus tenace, celui qui l’habitait dans les moments les plus terrifiants. Viglo suivit immédiatement la marche, la rage au coeur, dévoilant une facette qu’aucun n’avait vu auparavant. Et tous comprenaient pourquoi. Il semblait que toute l’énergie retenue sous sa couverture taciturne jaillissait et bien que le tout eut une allure épeurante, c’était surtout une montée d’adrénaline revigorante que ressentit Edawyn. Le dernier du groupe fit donc son entrée dans l’affrontement obscur, portant une première attaque sur l’ennemi. Esquivée, il tenta un estoc, mais l’épaisse armure lui enleva toute illusion. Les seuls coups efficace contre un équipement pareil étaient ceux venant de mouvements amples et violents. Or la courte épée du mercenaire n’aidait pas à la puissance des coups, sa masse étant significativement moins grande que celle de la pioche de son employeur. Il y mit donc toutes ses forces et profita du noir pour se mouvoir continuellement lorsqu’il parait et répliquait aux coups.

D’un saut de côté intentionnellement large, il se rapprocha de l’Extracteur et vint tenter d’asséner un coup à l’adversaire de ce dernier, espérant qu’avoir délaissé le sien ne se retourne pas contre lui. Contre des adversaires manifestement habitués à la pénombre et au terrain accidenté d’un souterrain, mieux valait tenter. Il laissait Viglo à sa furie meurtrière et n’eut même pas de pensée pour Garlm, trop préoccupé par sa propre situation. Ce dont il ne se doutait pas, c’était que, contrairement à eux, le rohirrim se trouvait face à une menace encore plus impitoyable…
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Dwolin
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Ven 6 Mai 2016 - 14:22

Les bruits avaient cessé. Garlm ne savaient plus d'où ils étaient venu, il était encore une fois bel et bien perdu. Il avança au gré des couloirs, d’abords en trottinant, puis en marchant au fil que l'espoir de retrouver ses compagnons s'amincissait. Il se sentait terriblement mal à l'aise, comme étouffé dans ces couloirs de pierre. Garlm avait tout de même laissé son épée en dehors de son fourreau, des ennemis pouvaient survenir à tout instant. Peu à peu, les couloirs s'élargirent pour laisser place à une salle dont il avait du mal à percevoir la taille à cause de l'obscurité.

Le Rohirrim s'assit contre un mur pour réfléchir un instant. Il était seul, dans le noir, sans aucune idée vers où aller. Il n'avait rien à manger, et rien sinon de la bière à boire. Ce qui n'était pas si gênant tous comptes faits. Il reprit une gorgée de ce breuvage et entreprit de se relever à l'aide de son épée. De toute façon il n'avait pas le choix, il devait continuer jusqu’à trouver quelque chose, fut-ce la mort. Dans son mouvement, sa tête se cogna contre un objet solide. Garlm frotta sa tête quelques instants et s'empressa de découvrir ce que c'était. Un support de torche, rien de bien hostile, il était rassuré. C'est que, dans cette obscurité, on pouvait s'attendre à tout.

En revanche, lorsqu’il se tourna il distingua une forme monstrueuse, immense, trapue, en face de lui. Quelques gigantesques pas plus tard, elle était en face de lui, sans qu'il n'ait réagit d'aucune manière. Il se fit littéralement cueillir par une main immense, qui le souleva dans les airs et commença à serrer. L'autre main de la créature alla frapper la tête du pauvre Rohirrim dont le réveil fut achevé.

Ce dernier rattrapa son épée de justesse, avant qu'elle ne lui glisse des mains, et dans une poussée d'adrénaline, alla la planter dans la main de son vis-à-vis. Ce dernier poussa un cri de rage et le lança contre le mur. Encore une fois, le choc fut rude, et Garlm manqua de peu de tomber dans les pommes, mais il tint bon. Alors qu'il fonçait tout droit vers le sol et un nouveau choc, il se rattrapa sur le porte-torche contre lequel il s'était cogné juste avant. Celui-ci glissa vers le bas dans un crissement avant de se bloquer, lâchant un « clic ».

Tandis que le soldat retombait sur le sol, la créature s’apprêtait à le piétiner. En cet instant critique, Garlm releva la tête et aperçu une ouverture qui n'était pas là avant. Il avait dû déclencher un mécanisme ouvrant un passage. Sans plus réfléchir, il fonça dedans afin de se mettre hors de danger. En effet, l'ouverture était trop basse pour la créature qui ne pourrait pas le suivre. Il plongea la tête en avant, et alors qu'il croyait être sauvé, une douleur immense le prit à sa cheville gauche. Il n'avait pas été assez rapide, le coup de la créature l'avait tout de même atteint. Dès que celle-ci relâcha la pression, Garlm s'extirpa au prit d'une souffrance extrême. Son poursuivant était trop massif pour le suivre mais le Rohirrim rampa encore quelques mètres pour se mettre hors de porté de ses immenses bras. Il roula sur le côté, ferma les yeux et tenta de retrouver son calme. Une fois cela fait, il sombra, éreinté .

Encore une fois, il y a le vent qui souffle sur son visage tandis qu'il chevauche avec ses hommes.
C'est la guerre, et les Rohirrims se battent entre-eux. Lui est capitaine et suit l'étendard du roi Hogorwen. Malgré sa vaillance, la bataille tourne-mal et il en vint à être désarçonné violemment.


D'abord, la douleur. Comme si un couteau enfoncé tournait continuellement dans sa cheville. Il ouvrit les yeux. L'adrénaline était partie, le laissant souffrant et délirant. Après quelques instants qui purent durer quelques minutes, ou quelques heures,  il releva légèrement la tête et les épaules qu'il appuya sur la paroi.

Cela fait, un petit point sur sa situation était nécessaire. Il était seul, perdu, dans le noir, un monstre à ses trousses, sans arme ,ni aucune idée d'où aller, et sa jambe... La douleur était vraiment atroce. Un diagnostique grossier lui fit savoir que son appui gauche ne lui serait plus d'une grande utilité. Tous ses os en descendant à partir de la cheville devaient être cassés .  Il n'avait pas grand chose pour nettoyer la blessure, il fit néanmoins ce qu'il put avec des lambeaux de tissus et le reste de bière naine qui avait le mérite d'être assez forte.

Ne voulant décidément pas mourir ici, il rampa plus en profondeur dans le conduit. Chaque mouvement lui arrachait un rictus de douleur qui faisait peine à voir. Il sentit des choses craquer sous lui. Il passa sa main pour savoir ce qu'il en était. C'était des ossements. Un frisson le traversa. Son espérance de survie, déjà mince, venait d'en prendre un coup. Il n'arriva cependant pas à déterminer la nature des os qui se trouvaient en dessous de lui. Après-tout, c'était peut être juste des animaux...

Dans ses fouilles sa main s'arrêta sur un objet en bois, une flèche. Son hypothèse fut confirmée lorsqu'il trouva l'arme associée un peu plus enfouie. Lui qui était désarmé, cela tombait bien. Malgré le dégoût que ça lui inspirait, il fouilla un moment les ossement en quête d'objets utiles. Il en sortit une demi-douzaine de flèches ainsi qu'un petit couteau rouillé, rien d'extraordinaire mais c'était déjà ça. Il continua ensuite d'avancer dans le conduit. Il réussit à se mettre à quatre pattes, ce qui lui permit d'aller plus vite. Au bout d'un moment il perçu des reflets de lumière, sûrement la fin du conduit. Il se hâta comme il put et osa un coup d’œil.

Il se trouvait quelques mètres au-dessus du sol. Sur la droite, un escalier descendait, tandis qu'en face de lui se trouvait une salle immense, dont le faible éclairage était assuré par quelques torches dispersées.
De petites formes s'agitaient dans la pénombre. Garlm ne sut dire ce que c'était, en tout cas rien de ce qu'il connaissait. Son instinct présuma néanmoins quant à l'hostilité de ces choses.
Du coin de l’œil, son regard, maintenant habitué à l'obscurité, en vit une qui était différente, des symboles étranges luisaient à la lumière. Ils étaient sûrement gravés sur ce qui devait être une armure.

Le Rohirrim, de par son expérience, se trouva en train de penser que c'était peut être leur chef  et qu'il ferait bien de le tuer.
Sans trop réfléchir, de toute façon il était un homme d'action et il ne souhaitait pas mourir sans rien avoir tenté, il encocha une flèche et banda son arc en direction de sa cible. Il avait de la chance, elle restait immobile.

La flèche siffla dans l'air et toucha sa cible de plein fouet si bien qu'elle fut renversée. Garlm, sans plus se soucier d'être vu, leva la tête et en voyant sa cible à terre, lança un cri de triomphe :

-Yaaah !

Hélas le guerrier s'était encore bercé d'illusion.

Déjà, sa cible se releva, plus vivante que jamais. À ses côtés d'autres formes avec les mêmes symboles étaient apparues, balayant l'hypothèse que son attaque eut pu servir à quelque chose. Tous les ennemis des environs l'avaient maintenant repéré et convergeaient vers lui. Les tambours reprirent leurs battements :

Boom ! Boom !

Mais qu'avait-il donc bien cru faire ?
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Nathanael
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Lun 30 Mai 2016 - 18:49

Il n’y avait aucune échappatoire. Se battre ou mourir. Ils n’avaient plus que deux options. Cette pensée traversa subrepticement l’esprit de l’Extracteur tandis qu’il parait un coup violent. Ceux qu’ils affrontaient étaient particulièrement fourbes et frappaient régulièrement en dessous du niveau de la ceinture. Petits et rapides. Tenaces aussi. Ses pioches ne rencontraient que le métal ou le vide. Les grands moulinets de bras semblaient être la technique la plus efficace pour atteindre un ennemi. C’est donc sans aucun sens tactique et aucune stratégie particulière qu’il avançait aux côté de Viglo et d’Edawyn en faisant tourner ses grandes pioches autour de lui. Thorek sentait les courants d’air glacés s’insinuer sous son col entraînant la désagréable sensation d’être brûlé par le froid. Ses articulations craquaient sous l’effort et ses genoux de vétéran des profondeurs étaient douloureux. Insidieusement la fatigue prenait le dessus sur la vigueur de ses jeunes années et chaque nouveau coup porté l’affaiblissait un peu. Il n’en paraissait rien, car il avançait avec obstination sur ses adversaires, mais sans doute son ennemi sentait-il que chacun de ses coups était moins puissant et moins vif. Edawyn ne sut jamais, sans doute, ô combien fût bénéfique son intervention.

Pris de surprise, la créature que l’Extracteur affrontait fut jetée au sol et chut dans un tintement assourdissant de métal. Les monstres des profondeurs pouvaient-ils posséder de si solides armures ? A moins qu’il ne s’agisse de quelques unes de ces bêtes faites de métal même. Les vieux contes nains n’en parlaient-ils pas quelque part ? La situation ne lui permettait pas d’excaver plus longtemps ses souvenirs. Edawyn engageait de nouveau le combat tandis que Thorek essayait de reprendre son souffle. Mais leurs opposants ne semblaient pas vouloir les laisser tranquilles. Et c’est avec une respiration sifflante et douloureuse qu’il se servit de nouveau de ses pioches.

A ses côtés le jeune Viglo se battait comme un beau diable, ne laissant aucune chance à l’ennemi. Il prenait toutes les initiatives, même les plus dangereuses et les plus incertaines, frappant avec une rage meurtrière. L’Extracteur se sentit faillir en entendant le rire de damné de son mercenaire. Sa folie du combat s’arrêterait-elle ou le pousserait-elle à se retourner contre ses compagnons ? Les monstres qu’ils affrontaient étaient bien assez nombreux pour ne pas avoir besoin d’en compter un de plus dans leurs propres rangs. L’issue du combat changea imperceptiblement lorsque le Rohirrim se jeta au-devant d’eux. Le bougre n’était pas mort ! Mais son intervention ne fut ni bénéfique ni salvatrice. Le son de ses pas indiquait qu’il claudiquait comme un misérable au milieu du champ de bataille. S’il avait souhaité mourir comme un brave homme, il avait obtenu l’effet escompté. Plusieurs des créatures qu’ils affrontaient se rassemblèrent autour de Garlm en l’encerclant. Trois formes courtes et trapues l’empêchaient de s’échapper et l’une d’elle assena au pauvre homme un violent coup de masse derrière le crâne. Sous le choc, le Rohirrim sombra et les Valars seuls surent où son esprit s’égara pendant les minutes qui suivirent.

Rapidement le combat tourna à leur désavantage. L’Extracteur fut mis à terre par une créature plus petite que les autres contre laquelle il avait bien du mal à combattre. Ses coups trop bas l’obligeaient à se plier en deux pour se défendre réveillant de vieilles souffrances dans son dos et ses reins. Il ne tint pas longtemps avant de sentir un objet de métal lui faire ployer le genou en lui arrachant un cri rauque. Edawyn était aculé contre une haute tourelle de pierre par deux solides gaillards. Seul Viglo dont la démence ne décroissait pas parvenait encore à tenir bon en maintenant ses ennemis à bonne distance. Les coups d’épée étaient de moins en moins nombreux, de moins en moins rapides. Tous se fatiguaient tandis que la mort avançait à pas feutrée sur la dalle lisse et noire de la vaste caverne.

- Cessez de vous battre, ou nous tuons vos deux amis.


La vois était nasillarde, désagréable à écouter. Les mots étaient presque incompréhensibles tant l’accent qui les prononçait était étrange, d’un autre temps, d’un autre lieu. Dans le clair-obscur qui baignait l’espace souterrain, une main munie d’une longue lame menaçait la gorge de l’Extracteur et du Rohirrim. Garlm, évanoui, n’avait pas conscience du danger qui le menaçait. Il en était autrement pour Thorek qui sentait la lame contre son cou, sous son oreille, là où le sang s’épanche si rapidement quand les chairs sont tranchées. Il eut bien de la difficulté à déglutir. Mais il ne flancha pas. Il connaissait les orcs et les gobelins. Des créatures ignobles et perverses. Elles joueraient d’abord avec eux avant de les tuer ou de les donner à quelques monstres plus effrayant pour se divertir. Mais les gobelins aimaient aussi l’or et les pierres précieuses et bien des leurs acceptaient des échanges avec les hommes s’ils pouvaient en tirer profit. Et Thorek demeurait maître en matière de négociations.

- Cessez de vous battre, ou nous tuons vos deux amis.

Edawyn s’était rendu mais Viglo continuait de marteler de coups son adversaire. Il était aveugle, mais  l’obscurité des lieux n’y était pour rien. L’accent si étrange, et pourtant si familier. Les « r » étaient trop roulés, les voyelles trop longues. Thorek réfléchissait à toute vitesse. Il connaissait cet accent, il connaissait ceux qui l’avaient utilisé autrefois. Mais ils devaient être morts ou oubliés. Ceux qui parlaient encore ainsi avaient rejoins la Moria ou Erebor depuis plusieurs centaines d’années. Les réflexions de l’Extracteur s’emballèrent tandis que les individus qui les menaçaient échangeaient dans leur propre langue. Ce n’était ni du parler noir ni le dialect grossier des créatures de Morgoth. C’était des …

- …ce sont des gn…

Thorek ne put finir sa phrase. Le même objet métallique qui l’avait frappé au genou lui défonça le crâne et il abandonna lui aussi pour un temps le monde de la conscience. Edawyn et Viglo avaient été maîtrisés avec plus ou moins de difficulté. Les jeunes Arnoriens ne comptaient pas se laisser faire aussi facilement, mais que pouvaient-ils espérer si loin sous la montagne, seuls et sans repères ? Même s’ils parvenaient à s’échapper des griffes de ces drôles de créatures, ils ne parviendraient sans doute jamais à regagner la lumière du jour.

On leur attacha les mains solidement dans le dos. Certains d’entre eux étaient vraiment petits et courbés, tordus, d’autres arboraient des armures épaisses et solides où se reflétaient des dessins rocambolesques et indéchiffrables. Garlm fut transporté comme un vulgaire cochon sauvage, attaché aux poignets aux chevilles, et jeté négligemment sur l’épaule d’un robuste adversaire. Sans autre forme de procès, ils furent poussés ou tirés au milieu d’autres couloirs et d’autres salles. Leurs ennemis les encadraient devant et derrière. Cinq créatures encore vaillantes les surveillaient scrupuleusement, les blessés suivaient à la traîne en claudiquant et en gémissant. Aucun d’eux ne parla.

Ils arrivèrent devant une porte aux lourds battants en bois. Malgré le temps passé les gonds ne firent aucun bruit quand la porte s’ouvrit. Aucun bruit. Les lourds battements de tambour s’étaient tus dans les profondeurs. Mais les dangers les plus menaçants ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Ils pénétrèrent dans un hall éclairé par de profondes échancrures dans la roche. Une lumière blafarde parvenait à repousser l’obscurité dans les recoins de la large pièce. Elle était presque éblouissante après avoir passé si longtemps dans le noir. Une forme munie d’un long bâton s’agita devant un âtre où brulait un petit feu crépitant.

- Tout ce vacarme pour si peu de choses. Les humains ne cesseront-ils donc jamais de venir nous emmerder ?

Le même accent. Mais la voix était plus aiguë. Et pour cause, cette voix appartenait à une femme…
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Viglo
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Lun 27 Juin 2016 - 18:31
Des échos du combat subsistaient dans sa tête, mais s’amenuisaient peu à peu. Ces bruits de tonnerre s’éloignaient, mais fracassaient toujours son crâne. Viglo retrouvait progressivement la mémoire et reprenait conscience, mais chaque souvenir était une gifle de plus à son honneur bafoué.

Le sol était glacé, et ce froid semblait même pénétrer dans ses os. En ouvrant les yeux, il ne vit que des tâches multicolores qui cachaient l’entièreté du monde. Celles-ci s’estompant, il put s’apercevoir, s’aidant d’une lueur venue d’on ne sait où, du pétrin dans lequel lui et ses compagnons d’infortune étaient. Le seul indice pouvant laisser présager qu’ils n’étaient pas aux enfers était un léger parfum, que Viglo n’arrivait pas à reconnaître, mais qui lui semblait familier.

Il perdait du temps à s’interroger sur ce fumet, mais savait très bien qu’il ne le faisait que pour ne pas penser au combat qu’il venait de perdre. Il avait fait preuve de faiblesse, et la honte le submergeait. Il s’était montré vulnérable devant ses ennemis, en perdant toute forme de rationalité devant l’ennemi, et en échouant devant ses compères avec cette défaite.

Il tenta de se souvenir de leur capture, mais seuls des vagues cris et bruits et chocs de lames lui revinrent en mémoire. Quand il se déchaînait, il perdait toute notion de temps et d’espace. Néanmoins, il se rappelait du goût de son propre sang dans sa bouche et de la douleur de chaque petite cicatrice sur son corps.

Il se trouvait piégé d’ennemis inconnus, dans les profondeurs incommensurables d’un trou perdu sans savoir comment sortir de ces Cavernes s’il arrivait à s’échapper des griffes de ses tortionnaires. S’il avait été une personne ordinaire, il aurait été désespéré et apeuré. Mais il n’en était point question. Il était de ces êtres au regard sans vie mais sans peur qui ne font que regarder devant eux, sans jamais tourner la tête vers le passé, et qui ne voient ce qui leur arrive que comme divers obstacles à affronter, quitte à en mourir. Certains auraient dit que c’était du fatalisme. Viglo n’aimait pas que l’on nomme des sentiments. Ça leur donnait de l’importance.
Viglo se mit à tenter d’analyser ses adversaires pour arrêter de se concentrer sur sa condition. Ces individus étaient hiérarchisés. Bien, cela voulait dire qu’il y avait des larbins, donc des faibles. Ils connaissaient parfaitement le terrain. Bien, ils connaissaient donc la sortie. Ils avaient ligoté les aventuriers. Bien, ils les croyaient hors d’état de nuire. Leur chef, du moins leur représentant, était une femme. Bien, ils pourraient converser intelligemment sans que l’honneur de ceux que Viglo avait mutilés ait été à défendre. Ils étaient nombreux. Bien, ils étaient donc moins courageux et responsables individuellement. Ils n’étaient pas humains. Bien, ils seraient donc plus sensés.

Viglo put aussi avoir un aperçu de leurs objectifs. Ils défendaient leur territoire. Cela voulait dire qu’ils n’étaient pas guidés par la haine. Ils étaient donc plus prévisibles.

Suivant ses constats, il ne restait plus que deux choses à faire. Les identifier pour connaître leurs faiblesses et les vaincre, et leur parler, pour comprendre comment ils interagissaient, comment leur société fonctionnait, où trouver les trésors et, surtout, gagner du temps.
Ainsi, lorsque la chef s’exclama :

« Tout ce vacarme pour si peu de choses. Les humains ne cesseront-ils donc jamais de venir nous emmerder ? »

Viglo en profita pour lancer une boutade et ainsi les faire parler, sans  vraiment songer aux conséquences. En effet, il pourrait très bien vexer ses interlocuteurs. Néanmoins, puisqu’il se fichait complètement de leur sensibilité, tout comme pour qui que ce soit, il ne prit même pas la peine de prendre un ton un tant soit peu respectueux, et garocha sa remarque sans aucune forme de préoccupation pour leur réaction.

« Eh bien, si vous voulez que les hommes arrêtent de vous embêter, faites comme les elfes : montrez à quel point vous êtes emmerdants! »

De la surprise. Un silence. Puis des grands éclats de rire. Pas parce que la blague était drôle. Parce qu’ils se moquaient de ce mortel osant les défier.

« Bien, pensa Viglo. Ils sont orgueilleux, et ce sera leur perte. »

Lui aussi s’amusait, car, pendant une fraction de seconde, ses ennemis avant de s’esclaffer, avaient sérieusement songé à ce qu’il avait dit.
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