Le nouvel Ordre

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Mardil
Espion de Rhûn - Grand Guru du Culte Nathanaïque
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Mardil

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Le nouvel Ordre EmptyLun 1 Juin 2015 - 14:48
Le nouvel Ordre Jawaha10


4 heures du matin. Un gong sonore résonna dans le temple. L’appel à la prière. Comme tous les jours, le temple s’activait de bonne heure. La célébration matinale n’était pas la plus importante de la journée mais elle était essentielle à l’harmonie des disciples. Il s’agissait de la prière la plus méditative. Le prêtre récitait les formules d’usage avant de sacrifier un animal (ce dernier changeait en fonction de la progression du cycle lunaire). En ce jour de nouvelle lune, le Seigneur Noir réclamait le sang d’un étalon. Les disciples se mettaient en ligne et défilaient devant le prêtre qui les bénissait d’une ligne sanglante sur le front. Chacun devait alors méditer en son for intérieur afin de parvenir à la communication avec Melkor. Le deuxième coup de gong marquait la fin de la prière et le début de la journée.

Peu de gens extérieurs au Temple assistaient à cette cérémonie. Le vieil homme ne la présidait plus que rarement. Sa santé était vacillante et il devait économiser ses forces afin de diriger les affaires communes du Temple et afin de présider à la cérémonie hebdomadaire de ce soir, celle qui attirait tant de monde.

Beaucoup plus longue, elle se composait de psalmodies, de louanges à Melkor (et plus récemment de louanges à son représentant en Terre du Milieu, le Grand Prêtre en personne) et des fameux sacrifices humains. Chaque mois à la pleine lune, la cérémonie la plus importante avait lieu. Les esclaves y étaient sacrifiés en masse. Le sang recouvrait entièrement le sol de la Grande Salle et les fidèles étaient invités à faire couler leur propre sang pour la gloire de Melkor, leur bienfaiteur, et pour hâter son retour vers ses vrais adorateurs.

Les rites étaient ainsi au temple Sharaman depuis des générations, aussi immuables que les montagnes qui entouraient l’édifice. Trois servantes entrèrent dans la chambre de Jawaharlal et l’aidèrent à se préparer après s’être occupées des nombreuses blessures et plaies qui parcouraient le corps du vieil homme. Elles sortirent peu après en silence. Tout le monde savait que le Grand Prêtre de Melkor appréciait la discrétion et chacun s’efforçait de ne le déranger que si cela s’avérait absolument nécessaire.

Il s’installa à son bureau et fît brûler un peu d’encens, autant pour se concentrer que pour chasser l’odeur désagréable de sang et de corps en décomposition qui semblait ne jamais quitter le Temple. Plusieurs rouleaux de parchemins étaient installés devant lui, couverts d’écritures qui ressemblaient à des lettres de sang. Cela était plus qu’une simple ressemblance. Il avait lui-même rédigé ce texte avec son propre sang. Une fois de plus, il pria longuement Melkor de lui donner la force nécessaire à l’interprétation de Sa Divine Parole puis il s’empara du couteau sacrificiel et s’entailla profondément le creux de la main gauche, récupérant le sang dans une petite coupole. Il trempa sa plume dans cette encre sacrée et se remit à écrire.

La tâche qu’il s’était confié depuis plusieurs mois aboutissait à sa fin. Il s’était rendu compte que le culte de Melkor souffrait d’un terrible handicap : l’absence d’un dogme unifié qui aurait permis une meilleure diffusion de la parole du Dieu Sombre dans le royaume. Plus d’un an auparavant, il avait lancé une vaste enquête sur les habitudes de prières de ses prêtres au sein du pays et les résultats s’étaient montrés décevants. Trop de prêtres enseignaient une version appauvrie (et quelques fois scandaleusement déformée) de la véritable foi.

Il lui fallait à tout prix corriger cela. Il ne pouvait laisser la Parole Divine être transformée à la guise de chaque petit prêtre itinérant. Il avait alors décidé de lancer une réforme en profondeur de la façon dont le Culte de Melkor devait être enseigné à chaque homme, femme et enfant de Rhûn. Et pour cela, il fallait codifier le dogme de la religion melkorite. D’où les parchemins qu’il était en train de finir d’écrire. Ces mots, la Parole Divine qu’il avait lui-même retranscrite à l’aide de son sang, définiraient bientôt la nouvelle orthodoxie que chacun devrait respecter.

Des copies seraient réalisées dans le Temple par ses disciples, toutes écrites en lettres de sang bien entendu, et seraient envoyés dans les autres temples du pays. De plus, il avait commencé plusieurs mois auparavant la formation d’une nouvelle caste de prêtres. Ces derniers seraient chargés de faire entendre sa voix dans le pays et de faire respecter le dogme du culte de Melkor en tous points du royaume. Pour l’heure ces fidèles disciples perfectionnaient leur apprentissage à Sharaman mais bientôt l’heure viendrait où ils répandraient la véritable foi à travers chaque ville, chaque village et chaque demeure de Rhûn.

On frappa doucement à la porte et le vieil homme donna l’autorisation d’entrer. Un jeune disciple lui amena deux rouleaux de parchemins frappés de sceaux aisément reconnaissables. Il remercia le messager d’un signe de tête et ce dernier sortit en silence. Jawaharal s’empara des deux lettres portant le sceau de la religion melkorite. Ce dernier était constitué de deux attributs de Melkor qui s’entrecroisaient, la Couronne de Fer et Grond, sur un dessin représentant le temple d’où provenait le message. Pour Sharaman il s’agissait d’une montagne surmontée d’un temple stylisé.

Il brisa le premier sceau, où le symbole de Melkor se trouvait au dessus d’un palais stylisé, signe que la lettre émanait du temple de Blankânimad, et commença sa lecture.

Citation :

A Jawaharlal, Grand Prêtre de la religion melkorite et représentant de Melkor en Terre du Milieu.

Monseigneur,

Cela fait désormais trois mois que vous m’avez envoyé au temple de la capitale et, conscient de l’honneur et du devoir qui m’incombe de prêcher la parole de Melkor, Loué soit-Il, il est temps que je vous livre mes conclusions sur la piété des officiels de notre grand et noble royaume.

Je tiens d’abord à préciser que, conformément aux informations que vous m’aviez données avant mon départ, il m’apparaît clairement que mon prédécesseur n’était pas des plus orthodoxe dans sa vision de notre sainte religion. J’ai trouvé le temple bien démuni en terme de disciples et ceux-ci bien tolérants face à l’impiété des rares fidèles. A ma grande consternation, un seul esclave était sacrifié sur l’autel de Melkor, Loué soit-Il, lors de la grande cérémonie hebdomadaire. Les incantations incitant au retour du Noir Ennemi étaient, de plus, réduites à leur minimum.

Les deux premiers mois, je n’étais qu’un prêtre parmi tant d’autres au sein du temple et j’ai eu de nombreuses conversations avec mon prédécesseur qui m’ont permis de comprendre à quel point ce dernier s’était écarté du chemin de la foi véritable. Si, en son cœur, il restait un fervent croyant, il n’avait pas le courage de froisser l’aristocratie de la capitale.

Car tout le problème est là. J’ai pu me rendre compte de mes yeux que, si la Reine a déclaré le culte de notre bien-aimé Melkor, Loué soit-Il, religion d’état, rien n’est fait pour encourager les fidèles à la piété. Les conseillers de la Reine sont peu nombreux à être assidus et la Souveraine elle-même ne participe que rarement aux célébrations, encourageant par son exemple ses subordonnés à ne pas se plier aux fondements mêmes de la foi. Vous trouverez à la fin de cette missive une liste des conseillers qui nous sont fidèles et de ceux qui ne sont, de toute évidence, pas religieux. Plus grave encore, j’ai eu vent de cultes non autorisés qui se dérouleraient en privé chez certains nobles, qui suivraient encore les fausses religions qui gangrènent notre pays.

J’ai reçu votre précédente lettre me demandant de reprendre la direction du temple peu de temps après le départ de la Reine pour le Gondor. Afin d’expier pour son impiété, mon prédécesseur a été le premier sacrifié lors de la Grande Cérémonie. Tous les conseillers avaient été conviés et, rares sont ceux qui ne sont pas venus. J’ai tenu à leur rappeler leurs devoirs envers le Royaume et envers Son Guide Melkor, Loué soit-Il. Certains m’ont paru réceptifs à ce discours et d’autres non.

La Reine n’est pas encore revenue de son voyage mais j’entends bien lui demander audience à son retour afin de lui demander d’appuyer plus ouvertement l’enseignement du culte de Melkor, Loué soit-Il, à tous les fidèles de la capitale. J’ai bon espoir de voir une société plus pieuse à Blankânimad dans les mois à venir. Quoi qu’il en soit, je reste votre fidèle serviteur et ferai de mon mieux pour répandre la gloire de Melkor, Loué soit-Il.

Votre dévoué,

Alâgh

Les nouvelles étaient meilleures qu’il ne l’espérait mais il se doutait bien que tout dépendrait de l’attitude de la Reine lorsqu’elle reviendrait de son voyage diplomatique à l’Ouest. Le grand prêtre n’avait aucune confiance dans la soi-disant piété de Lyra. Elle n’avait déclaré le melkorisme religion d’état qu’en remerciement de l’aide fournie par les prêtres dans sa prise de pouvoir.

Cependant Jawaharlal se savait investi d’une mission divine qui transcendait les ambitions politiques quelles qu’elles soient. Il avait pourtant conscience que la Reine risquait d’être un frein à ses projets d’unification du dogme melkorite. Il était probable que Blankânimad ne rentre pas tout de suite dans le rang mais cela viendrait en temps et en heure. Une fois que le reste du pays serait fidèle à l’orthodoxie qu’il comptait bien installer dans les mois à venir, la capitale n’aurait d’autre choix que de suivre le mouvement.

Il devait pourtant s’avouer que les choses auraient été simplifiées si la Reine et ses conseillers montraient l’exemple à tous. Il étudia attentivement la liste des officiels de la capitale et fût atterré de voir qu’il comptait si peu d’alliés sûrs à Blankânimad. Sans surprise, le conseiller le plus pieux n’était autre que son neveu. Ce n’était pas pour lui faire plaisir qu’Alâgh l’avait placé en tête de liste car ce dernier, à l’instar de presque toute la capitale, ignorait leur lien de parenté. Oui, sans aucun doute, il avait au moins un allié en la personne d’Akko. Cependant il ne comprenait pas toujours l’attitude de son neveu et ses apparentes contradictions. Comme tous les autres, il était avant toute chose un politique. Autrement dit un homme de la Reine. Il valait mieux s’en tenir à son plan initial et garder la capitale pour plus tard.

Il s’empara de la deuxième lettre, où les attributs de Melkor se trouvaient dessus un dôme surmonté d’une coupole, le symbole du temple de Vieille-Tombe.

Citation :

A Jawaharlal, Grand Prêtre de la religion melkorite et représentant de Melkor en Terre du Milieu.

Monseigneur,

Conformément à vos attentes, j’ai pris en charge la direction du temple de Melkor, Loué soit Son glorieux nom, à Vieille-Tombe. Vous m’aviez prévenu qu’il ne serait pas aisé de détourner les fidèles de leurs fausses idoles et de les ramener dans le droit chemin mais je ne pensais pas trouver un tel niveau d’impiété dans la cité. Le temple est quasi-désert et même la Grande Cérémonie hebdomadaire n’attire que peu de fidèles. Il est évident que les habitants de la cité ont été corrompus par l’Ouest avec lequel ils commercent régulièrement, malgré que cela leur soit interdit.

Les marchands font la loi dans la ville et leur arrogance et leur irrespect envers le culte de Melkor, Loué soit-Il, sont sans limite. Aucun des rites traditionnels n’est célébré ici et, tout au plus, les habitants se contentent de quelques louanges approximatifs ici ou là. J’entends bien remettre de l’ordre dans la cité mais je crains qu’il ne faille davantage que des discours afin de faire prendre conscience à ces infidèles de l’erreur monumentale qu’ils font en rejetant la parole de notre bien-aimé Melkor, Loué soit Son nom.

Pour l’heure, j’ai remis les disciples dans le droit chemin et puisque la population ne daigne pas assister aux cérémonies, j’entends bien faire en sorte que la Divine Parole de Melkor, Loué soit-Il, aille jusqu’à eux. J’ai bien conscience que la formation des prêtres de l’Ogdâr prend du temps mais je vous demande, respectueusement, de les envoyer ici le plus vite possible. Leur soutien me sera indispensable afin de remettre les habitants dans le droit chemin et faire de Vieille-Tombe une cité où tous respecteront et craindront le nom du Noir Ennemi.

A jamais votre serviteur pour la gloire de Son Nom,

Khalibân

Jawaharlal resta pensif un long moment. Il se doutait bien que l’impiété menaçait les habitants de la grande cité de l’ouest du pays et c’est pour cette raison qu’il avait envoyé son serviteur le plus dévoué reprendre en main la situation. Khalibân avait été son second à Sharaman pendant plus de trois ans, une place qu’il avait amplement méritée même si son allégeance à Melkor était plus récente que celle de bons nombres de prêtres du Temple.

Même le Grand Prêtre ignorait ce qu’avait pu être la vie de son protégé avant qu’il ne rejoigne le Temple. Tout au plus ce dernier lui avait dit être un soldat dans sa précédente vie. Il était passé très près de la mort et avait fait le serment de dédier sa vie à Melkor, si ce dernier lui donnait la force de se relever et de détruire ses ennemis. Le Dieu Sombre avait accédé à ses prières et Khalibân était resté fidèle à sa promesse. Il avait été complètement défiguré à la suite de la bataille et personne, même Jawaharlal, n’avait jamais vu son visage.

Celui qui était désormais le Grand Prêtre du temple de Vieille-Tombe, avait récupéré les crânes de ses ennemis et les portait en guise de masque. L’effet en était très dérangeant et ceux qui assistaient à ses sermons en restaient souvent marqués par la conviction qui animait le disciple de Melkor. De tous ses fidèles, il était celui en qui Jawaharlal avait le plus confiance, celui dont la foi en Melkor était la plus pure. Il était dénué de toute ambition autre que celle de participer à la Gloire du Noir Ennemi. Il était aussi le seul au courant des grands projets que le Grand Prêtre de Sharaman avait mis en place.

Les Ogdâr-Sahn, ou prêtres de l’Odgâr, étaient un secret bien gardé même s'il serait bientôt temps de le dévoiler au monde. L’Ogdâr en lui-même était presque terminé et Jawaharlal comptait bien l’inaugurer d’ici à la fin du mois. Il ne lui restait plus que quelques détails à régler pour la cérémonie qu’il comptait donner à cette occasion. Il sonna une petite clochette et, presque aussitôt, un serviteur entra dans sa chambre.

- Fais venir le capitaine Durno. J’ai à lui parler.
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Le nouvel Ordre EmptyVen 5 Juin 2015 - 19:28
Le nouvel Ordre Durno10

Le capitaine Durno se présenta dans les appartements du Grand Prêtre avec la célérité qui le caractérisait. Il était extrêmement honoré de pouvoir servir le représentant de Melkor sur Terre et, depuis qu’il était entré au service de ce dernier, il n’avait pas ménagé ses efforts afin d’apporter son soutien à Jawaharlal, même s’il ignorait encore les projets qu’avait faits ce dernier pour ses hommes et lui.

Cela faisait plusieurs mois qu’il se chargeait de veiller sur les nombreux soldats qui avaient constitué l’ossature de l’OCF. Le Grand Prêtre leur avait de nouveau donné une raison d’être après la chute de l’Ordre, même si cette dernière leur restait inconnue. Officiellement, cette armée aux ordres de Jawaharlal n’existait pas mais il y avait de nombreuses rumeurs à ce sujet. Rumeurs que le Grand Prêtre n’avait pas essayé de stopper car c’étaient grâce à elle que d’anciens membres de l’OCF continuaient à trouver le chemin du temple Sharaman jusqu’à eux.

Bien entendu, un tel afflux d’hommes ne pouvait pas passer inaperçu et, afin d’éviter d’éveiller les soupçons du gouverneur d’Albyor, une partie de ces soldats avait été envoyée vers d’autres temples de la région, tous à moins d’un jour de marche de la cité. Le mot d’ordre était la discrétion et, si l’oisiveté actuelle était la plus grande menace qu’ils devaient affronter pour l’instant, le capitaine avait fait en sorte de maintenir l’entraînement de ses guerriers, aussi bien pour les occuper que pour être sûr qu’ils seraient prêts lorsque Jawaharlal aurait besoin d’eux.

Il se demandait justement si le jour en question n’était pas venu lorsque le Grand Prêtre prît la parole.

- Capitaine, j’aurais besoin que deux bataillons se tiennent prêts à partir pour Vieille-Tombe dans moins d’un mois. Ils accompagneront les Ogdâr-Sahn qui se rendront dans la cité.

Durno n’avait pas la moindre idée de ce qu’était un Ogdâr-Sahn mais son rôle ne consistait pas à poser des questions mais à obéir efficacement lorsqu’on lui demandait. Cependant, il restait une difficulté qu’il devait aborder avec le Grand Prêtre s’il voulait mener cette mission à bien.

- Ce sera fait Monseigneur. En revanche, ces bataillons se devront d’être armés et nous serons dans l’obligation de puiser dans les armes que nous gardons au Temple. Nos propres forces dans la cité vont se retrouver quelque peu démunies.

- Quantifiez « quelque peu ».

- Nous avons suffisamment d’armes pour équiper 5 bataillons au complet.

- Combien de bataillons jusqu’à présent ?

- Les deux pour Vieille-Tombe, trois dans la région et, avec les dernières recrues, six ici-même.


Le nombre d’hommes que le Grand Prêtre avait désormais sous ses ordres était désormais impressionnant. Une fois équipée convenablement, l’armée de Melkor, comme les hommes avaient commencé à s’appeler, serait une force sur laquelle il faudrait compter.

- Si tout se passe comme prévu, un arsenal complet devrait nous être livré dans les semaines à venir. En attendant, armez trois bataillons du Temple et que les hommes se tiennent prêts. L’heure est venue pour nous de remettre les habitants de cette ville dans le droit chemin. Vos hommes assureront la sécurité le jour de l’inauguration de l’Ogdâr… ainsi qu’une ou deux missions avant cet événement.

Le capitaine hocha la tête en un signe d’assentiment. Jawaharlal s’était montré délibérément vague mais Durno savait qu’il serait mis au courant lorsque le Grand Prêtre le jugerait utile. Il avait toute confiance dans le jugement de son supérieur. Ce dernier resta silencieux un long moment, semblant perdu dans ses pensées. L’ancien Canthui resta en place, n’ayant pas reçu l’autorisation de partir. Lorsque Jawaharlal reprît la parole, ce fût d’une voix à peine audible. Il se parlait autant à lui-même qu’à son subordonné.

- Il y a tant à faire et il me reste si peu de temps pour y arriver.

Durno se demanda brièvement si cette réflexion attendait une réponse de sa part ou si le Grand Prêtre ne faisait que soliloquer en sa présence. Le capitaine se voyait comme un bon commandant (ce qui était une réalité, ayant un talent et une autorité naturelle qui le faisait respecter de tous ses hommes) mais pas vraiment comme un conseiller. Il savait que son supérieur avait la lourde tâche d’accomplir l’œuvre de Melkor et, s’il était prêt à donner jusqu’à sa vie au service du Grand Prêtre, il ne se sentait pas apte à prendre des décisions de cette envergure. C’était un travail qui incombait à Jawaharlal seul et il était là afin de faciliter la tâche du vieil homme du mieux qu’il le pouvait.

Ce dernier sembla soudain se souvenir de sa présence et il le regarda droit dans les yeux. Le capitaine ne pût s’empêcher de sentir un frisson remonter le long de sa colonne vertébrale. Les yeux de Jawaharlal avaient la particularité de figer sur place n’importe qui. On aurait dit qu’il transperçait de son regard tous ceux sur qui il fixait son attention, dépassant les corps pour voir directement les pensées de ses interlocuteurs.

- Savez-vous ce que le mot Ogdâr signifie capitaine ?

Durno secoua la tête en signe de négation, bien que la question du Grand Prêtre ait été purement rhétorique.

- Il n’y a pas vraiment d’équivalence en langage commun et, même en Rhûn, le terme est inusité depuis fort longtemps. Il y a de ça plusieurs siècles cependant, il désignait un certain type de tribunal. Je pense que la traduction la plus proche serait « tribunal de piété » ou « tribunal moral ». Voyez-vous, cela fait trop longtemps que, par ignorance ou par malveillance, les habitants de ce pays offensent notre Dieu Melkor, Loué soit-Il.

- Loué soit-Il
, répéta machinalement le capitaine.

- Dans très peu de temps, les choses vont enfin changer. J’ouvrirai les yeux de tout un chacun dans le royaume. Et ceux qui refuseront de se plier à la volonté du Noir Ennemi en souffriront les conséquences. Telle est la mission des Ogdâr-Sahn. Et telle sera votre mission capitaine.

Le Grand Prêtre fît ensuite un signe de tête, signifiant ainsi que leur entretien était terminé. Le capitaine médita longuement sur ces paroles après qu’il eût donné ses ordres à ses soldats. L’heure approchait où son rôle dans la volonté de Melkor serait révélé.
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