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Learamn
Capitaine de la Garde du Roi du Rohan
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Mar 21 Juil 2015 - 15:41


Ah Bree ! Un petit coin de vie au milieu de terres plutôt hostiles , un oasis planté en plein désert. Eugénion et Lithildren était entré un peu plus tôt sans encombre dans la ville en empruntant le grand porche monumentale et un poil disproportionnée par rapport à la taille de la ville qui était en fin de compte relativement petite. En ce début de soirée , l’activité était intense aux portes de la cité ; beaucoup de voyageurs entraient dans la ville après de longues journées de voyage et se précipitaient vers les échoppes , magasins et auberges pour refaire leur stock , placer leurs animaux , se retrouver devant un bon plat et se reposer sur un vrai lit. L’étroitesse des rues augmentait encore l”effet d’intensité de là foule tant est si bien qu’Eugénion et Lithildren durent presque jouer des coudes pour se frayer un chemin ignorant les incessant regards étonnés des autres passants de voir une elfe par ici  car si jusqu’ici l’elfe et le Semi-Homme se partageait la vedette , à Bree où les Hobbits étaient en nombre c’était elle qui devenait le centre de toutes les attentions.   Si la route était déjà bruyante ce qu’il se passait dans les rues principales de Bree en ses heures de pointes  dépassait de loin la route au niveau sonore , entre les cris d’animaux , les exclamations diverses , les annonces des vendeurs qui comptaient bien vendre leur dernier non-vendus de la journée avant de fermer leur comptoir , bref c’était une véritable cacophonie .

Tout en avançant tant bien que mal Lithildren explorait de ses yeux si uniques et intrigant ce lieu qu’elle ne connaissait pas . Des maisons de bois , de briques et de pierre à l’architecture sensiblement identique se succédait dans des rangées qui créaient des rues plutôt étroites , il y avait peu ou pas de grandes places et encore moins de larges boulevards.  La foule était très hétéroclite mais essentiellement composé d’Hommes et d’hobbits qui vivaient ici en parfaite symbiose , on pouvait aussi noter la présence de quelque nain venu faire une halte ici avant de reprendre la route car rares étaient les nains à vivre en dehors de leur montagne , de leur communauté mais ces derniers n’hésitaient pas à voyager  , loin parfois.  Lithildren semblait être la seule elfe dans les environs bien que l’on n’était jamais à l’abri d’une surpris mais de tels êtres se faisaient rares à Bree. L’elfe amnésique en balayant les lieux du regard put remarquer un homme posté sur le toit  , un arc à la main ; c’était un Rôdeur du Nord , l’un de ces mystérieux guerriers qui veillaient sur la région. Les deux compagnons croisèrent également la route d’une milice : la Garde Marchande. Des soldats armés d’une lance et d’un bouclier et coiffé d’un casque circulaire ; ils ne paraissaient pas bien menaçants mais les malfaiteurs auraient tort de les sous-estimer , ils étaient tous des combattants entraînés.

Eugénion posa son bras sur celui de Lithildren comme pour lui signaler qu’il voulait lui parler et il s’exprima d’une voix forte pour se faire comprendre au-dessus du tumulte environnant.

-Suis moi , on va aller à la meilleure auberge de la ville ; elle doit être bondée mais si on y va maintenant on pourrait avoir une chambre et une table et puis le patron est un ami , on pourra s’arranger.


Quelque minutes de marches à travers les rues et la foules plus tard il se retrouvèrent devant une haute maison . Au dessus de la porte se trouvait une enseigne qui se balançait au gré du vent , un équidé était dessiné dessus et au dessus de la porte il était inscrit en lettre blanches “ Le Poney Fringant” ; la célèbre auberge de Bree serait donc la prochaine étape d’Eugénion et Lithildren.

Le Hobbit poussa la porte de l’établissement et laissa entrer l’elfe puis il se dirigea vers le comptoir et appela l’aubergiste, ce dernier , interpellé se retourna et chercha des yeux qui avait bien pu le héler mais il avait beau chercher personne ne l’attendait derrière le comptoir .
Levant les yeux aux ciel Eugénion reprit

-C’est moi Eugénion !


Le regard de l’aubergiste sembla alors s’illuminer et un large sourire se dessina sur son visage . Il posa son torchon et se pencha en avant sur le comptoir pour pouvoir voir son ami si particulier.

-Aha vieille crapule ! Tu es de retour de tes voyages hein? C’est bon de te revoir .


Il se serrèrent chaleureusement la main et alors que le tavernier se redressait pour regarder dans son registre quelle chambre était libre pour le Semi-Homme , ce dernier demanda

-J’aimerais deux chambres , sans odeurs et parasites s’il te plaît.

L’homme s’arrêta dans ses recherches .

-Deux chambres ? Pourquoi ça ?
-Une première pour moi et une seconde pour ma camarade.

Eugénion désigna d’un geste de la tête Lithildren qui patientait un peu plus loin , l’aubergiste eut un rire de surprise

-Ah ! Bah ça alors ! Une elfe dans mon établissement , qui l’eut crû? Quand je vais dire ça à Frida… Mais où t’as été la cherchée?
-Tu  doute de mon charme naturel?

Le tavernier éclata d’un rire bourru et sincère et tapa fortement , bien qu’amicalement sur l’épaule du Hobbit , qui vacilla.

-Franchement oui , j’en doute fort.

Eugénion répondit au tac-au-tac

-C’est un elfe que j’ai croisé au Rohan , elle est un peu perdue tu vois alors j’essaie de l’aider un peu .

-Ne me dis pas que tu lui rabâche tes théories philosophiques .


-Je ne les lui rabâche pas je lui les distille de façon inspirée .

-Ah t’es vraiment irrécupérable...enfin compte pas sur moi pour te laisser faire une nouvelle conférence ici , la dernière fois tu as manqué de te faire lyncher. Ce serait bête de te perdre.


Eugénion poussa un soupir de découragement et leva les bras au ciel

-Si les gens sont trop bêtes pour comprendre que veux-tu que j’y fasse?

-En même temps tu leur dis que leur existence n’a aucun sens , on peut comprendre leur emportment. Bon j’ai les chambres 17 et 18 qui pourraient convenir et il y a une table de libre près de la fenêtre là-bas vous y serez bien. Installez vous , la serveuse va venir pour que vous passiez commande.

Une dizaine de minutes plus tard Lithildren et Eugénion était assis face à face à leur table devant leur assiette qu’on venait de leur apporter . Il y avait une généreuse portion de ragoût accompagné de pain et de fromage pour le Hobbit et une grande chope de bière qu’il aurait tôt fait de vider ; pour le menu de Lithildren les cuisiniers avaient dû improviser un plat correspondant aux habitudes alimentaires elfique. Elle avait droit à une salade de jeune pousse d’épinard , de carotte , de topinambours et de brocoli le tout accompagné d’un simple pichet d’eau; un plat qu’Eugénion regardait étrangement , se demandait comment elle comptait reprendre des forces avec ça. Ils mangèrent une fois n’est pas coutume en silence.

L’auberge était quasiment pleine et les serveurs couraient entre les tables pour servir les clients à temps avant que ceux - ci ne s’énervent pour le temps d’attente avant de pouvoir se remplir la panse .

Alors qu’il entamait son pain Eugénion prit la parole

-Tiens ça me fait penser à une histoire , il y avait un roi dans une contrée lointaine. Il n’était ni fou ni foncièrement mauvais mais il avait un grand défaut il était extrêmement près de ses pièces d’or , avare oui c’est le mot . Si bien et tant bien que la moindre petite chose qu’il pouvait apparenter  du gaspillage et donc à une perte d’argent l’horrifiait . Il avait donc rédigé un code de lois pour régir le gaspillage : il était dorénavant obligatoire de manger les pépins de raisin , de boire les fonds de bouteilles , de manger les abats ou encore de manger la peau des légumes , de même il était bien sûr interdit d’arroser ses plantes plus d’une fois par semaine , de prendre des bains toutes les semaines ou de jeter des vêtements usagés .  Il fallait à tout prix que chaque produit soit entièrement consommé et utilisé sous peine d’amande ; il créa même une milice spéciale pour surveiller le taux de gaspillage , une troupe très originalement nommée : La Milice du Gaspillage.  
Une famille du royaume , pas riche mais pas non plus pauvre , disons modeste , s’était faite à ce mode de vie et ne se posait plus trop de questions quant aux questions de gaspillage , tout recycler était devenu naturel pour eux et ils s’y étaient fait . Mais un jour où le maître de maison revenait de chez le boulanger après avoir acheté du pain frais , sa femme lui dit qu’il en restait de la veille  ; ils mangèrent donc le pain dur de la veille et laissèrent le frais de côté. Le lendemain matin le mari se rendit à nouveau à la boulangerie et acheta du pain frais alors qu’il restait celui de la veille . Durant le déjeuner , devant le pain dur , l’homme râla mais se plia à la règle et il laissa le pain frais et il ne changea aucunement son habitude naissante. Ainsi chaque jour il continuait à acheter du pain frais et à manger le pain dur de la veille en râlant. Les années passèrent et ils vécurent donc ainsi , condamnés à manger du pain dur jusque dans leur tombe , faisant de ce geste , à savoir acheter le pain frais du jour et manger la rassis un bien désagréable habitude  ; la femme de l’homme mourut d’abord et quand ce dernier se trouva à son tour sur son lit de mort et qu’il fut entouré de ses héritiers il déclara

“Mes enfants , j’ai eu une longue et belle vie éclairée  mais une dernière question dont la réponse me reste obscure taraude encore mon esprit : Qu’est ce qui m’est passé par la tête quand j’ai acheté cette foutue baguette en trop? “

Ridicule tu me diras , ma jolie , l’homme n’avait qu’à ne pas acheter pendant un seul jour le pain frais et tout rentrerait dans l’ordre.  Je te dirais que ce n’est pas si simple , depuis qu’il était en mesure de marcher ce type accompagnait son père chaque matin à la boulangerie , et cette habitude devint presque sacrée , chaque matin il se devait d’aller acheter du pain frais ; jusqu’à ce jour où il commit l’erreur d’acheter trop de pain. Donc à partir de ce moment là il était condamné à ne manger plus que du pain dur.

L’histoire est caricaturale certes mais garde à l’esprit le message qu’elle transmet , la forme permet de raconter de beaux apologues mais c’est le fond qui compte. Les Hommes et les autres êtres en général sont entravés dans des habitudes inexplicables , absurdes , qu’ils transforment en rite sacré et ils sont incapable de prendre du recul sur la chose pour modifier leur routine et arranger les choses.

Eugénion , rassasié après son copieux repas et sa chope vidée , sortit sa pipe , la bourra et l’alluma une fois de plus du même geste expert qui commençait à devenir familier pour Litildren.



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De l’autre côté de la salle , dans un coin faiblement éclairé , et une chope de bière encore remplie devant lui Norfal scrutait l’Elfe et le Hobbit. Toujours encapuchonné il s’efforçait de se faire le plus discret possible car il savait que l’elfe connaissait maintenant sa silhouette et sa voix mais d’ici heureusement elle ne pouvait pas l’apercevoir.

Il avait choisi la bonne table .

L’homme avait reçu l’ordre de continuer à suivre ces deux là sans rien faire de plus avant que les autres ne le rejoigne pour lui transmettre les directives à suivre . Sous sa capuche se cachait des traits étonnamment jeunes et quelque peu crispés , s’il était un homme entraîné et plutôt talentueux il manquait encore cruellement d’expérience et il était très tendue . Lors de leur courte entrevue Norfal avait vu que l’elfe disposait de deux dagues , il ne savait pas avec quelle expertise elle les maniait mais ce qu’il avait entendu sur les talents de bretteur des elfes ne le rassurait guère quant à ses chances de victoire en duel frontal. Pour l’instant il allait devoir faire profil bas et attendre la suite des opérations .D’une main tremblante il porte la chope de bière à sa bouche , cherchant le réconfort dans l’alcool.



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Mar 21 Juil 2015 - 17:27
Bree.

Jamais je n'aurais pensé arriver un jour en ce lieu. Dans les contes et les histoires des exploits de la Communauté de l'Anneau, et dans d'autres récits oraux de mon souvenir, Bree était une jolie ville peuplée de Hobbits et d'Humains, parfois de Nains de passage. Rien d'extraordinaire. La vérité était toute autre, et bien désagréable.

Bon sang, mais quel chaos auditif ! A peine entrés, les "mythes" dans ma tête se sont volatilisés. Si le bruit sur la route m'était insupportable, il parut doux et caressant face à... à... à CA ! Des gens se bousculaient, criaient, juraient ; que ce soit au sol ou aux fenêtres. Les bêtes et les hommes se confondaient dans cet océan de masses piétinant un sol boueux, crasseux, où la terre, la boue et les excréments d'animaux se mélangeaient pour donner une chose insupportable à l'odeur et au pas. Ah, l'odeur ! Quelle plaie ! Déjà que mes yeux et mes oreilles d'elfe étaient saturés, mais mon nez délicat pourrait partir s'il en était capable ! L'odeur des gens, la transpiration, les bêtes puantes, tout cela me donnait la nausée. Ma tête tournait, et je devais me concentrer pour ne pas flancher. En plus de cela, les habitants de Bree, Humains ou Hobbits, me dévisageaient avec une curiosité primairement bestiale. Des questions se posaient à voix basse, des murmures se propageaient. Bonjour la discrétion... Je devrais y être habituée avec mes cheveux et yeux blancs, mais cette attention que les gens fixent sur mon peuple est très dérangeante.

Eugénion pose son bras sur le mien et je me penche un peu en avant pour l'écouter, et surtout l'entendre. Il m'indique que l'on va à une auberge célèbre, et je devine laquelle : le Poney Fringuant. Sur le chemin de l'auberge, la vision d'un Rôdeur sur le toit, et de la Milice sur la route, me laisse pensive. Cette petite ville nécessite, semble-t-il, une protection accrue. Se pourrait-il que quelque chose n'aille pas, ici ? J'écarte ces pensées pour le moment jusqu'à ce que nous arrivions devant la-dite auberge. ENFIN ! Enfin un repas, du repos, un peu de paix après toute cette agitation ! J'en ai assez de marcher près d'Aldranys, qui est aussi anxieux que je le suis.

En parlant de lui, je laisse mon cher compagnon équin aux écuries de l'auberge. Je le rassure que je serais bientôt de retour, et il reste tranquille. Je sais qu'il saura quoi faire s'il lui arrive malheur. Puis je suis Eugénion dans l'auberge. Je reste patiemment debout, supportant les murmures et regards fixés sur moi. J'observe Eugénion parler à l'aubergiste. Ils me regardent au bout de quelques secondes et paroles. L'aubergiste finit par rire, et après une dizaine de longues minutes, nous parvenons enfin à avoir une table. Je regarde avec un dégoût non dissimulé le plat devant Eugénion, tandis que je mange avec modération mon propre plat. Manger des légumes me revigore avec délice.

J'écoute attentivement, pour une fois, l'histoire loufoque d'Eugénion. Je stoppe ma bouchée de brocolis en le regardant presque fixement. Puis j'avale sans rien faire de plus, mon regard toujours fixe. Puis j'éclate de rire, toujours ce même rire clair et cristallin qui fait tourner plusieurs têtes. Je me calme facilement, un large sourire aux lèvres, puis je fais disparaître ce sourire.

- Etre coincé dans ce genre d'habitudes est en effet une chose étrange. Mais je reconnais que nous, les elfes, ne sommes points étrangers à ces pratiques routinières. Les elfes ne font pas grand chose de plus que leurs habituelles philosophies, et autres activités lointaines dans mes souvenirs. Cependant, j'ignore ce qu'il en est, ou plutôt, je l'ai oublié. De plus, sacraliser ce genre d'absurdités - car c'est en effet absurde - est bien plus étranges pour moi. A quoi cela sert-il de rendre sacré des pratiques routinières banales et absurdes ? Et plus important, puisque cet homme gaspillait du pain acheté, pourquoi... Je me mets à pouffer de rire en pensant à la question. Pourquoi n'a-t-il pas été puni pour ce gaspillage ?

Je finis par rire franchement un court instant avant de me calmer, gardant un sourire sur les lèvres. Ce geste de bourrer sa pipe devient habituel, et cela me fait garder le sourire. Je finis mon pichet d'eau et je ses mes oreilles frémir. L'atmosphère est très dérangeante pour moi. Ce soir, j'irais sur le toit. Les étoiles me manquent déjà. Et la nuit est le domaine parfait pour débusquer des ennemis. Ce mot dans ma tête me fait penser au cavalier fort étrange que j'ai croisé sur la route. Parti retrouver sa femme, disait-il. Excuse que, bien entendu, je n'ai pas cru. Je n'en ai pas parlé à Eugénion. Inutile de l'inquiéter, ni de semer la panique pour un rien. Si cela se trouve, ce n'était pas nous qu'il suivait. Car je pourrais mettre ma main à brûler qu'il nous suivait. De toute façon, si affront il y a, je suis prête à en découdre, et je suis bien plus douée qu'un humain. Sans me vanter, cela s'entend.

Toute marque de joie a disparu de mon visage pendant que je réfléchis sur cet humain étrange. Mon instinct d'elfe me dit que quelque chose va se passer. Quelque chose qui finira dans le sang et la douleur. Peut-être que ce voyage ne sera pas aussi paisible que je l'imaginais. Je m'en voudrais que quelque mésaventure n'arrive à Eugénion. Je me promets en silence de le mettre hors de danger si situation l'exige.
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Ven 24 Juil 2015 - 14:30


Le repas fut simple mais rassasiant et joyeux ; les voyageurs épuisés cherchant un peu de réconfort n’en demandait pas plus et c’est ce qui faisait sûrement le succès du Poney Fringant . L’aubergiste continuait à passer entre les tables , débarrassant ça et là assiettes vides et couverts sales , servant là quelques chopes de bière ou d’hydromel pour des clients désireux de digérer à l’aide de ce breuvage. Les discussions allaient bon train et l’atmosphère chaleureuse dégageait un sentiment de soulagement pour toutes les personnes présentes .
De son côté Eugénion prenait plaisir à discuter philosophie avec Lithildren , il appréciait sa finesse d’esprit , sa répartie et sa réactivité et puis il lui semblait qu’elle était quasiment sur la même longueur d’ondes que lui ce qui le comblait de bonheur ; pour une fois que quelqu’un ne raillait pas ses théories . De toute évidence il avait en face de lui plus qu’une disciple , il avait trouvé une véritable partenaire de réflexion , une personne qu’il avait cherché en vain durant de longues années et qui maintenant croisait sa route par hasard à Edoras alors qu’il commençait à baisser les bras. Tirant toujours sur sa pipe , il continua à discuter paisiblement avec elle pendant encore plusieurs minutes

-Oui c’est vrai ,
commença Eugénion , tu as raison . Notre comportement est parfois bien étrange à comprendre et ce que je m’évertue à répéter c’est que si nos moeurs apparaît dénués de toute cohérence il est inutile de chercher la logique car tout simplement il n’y a pas de logique car si notre comportement apparaît incohérent c’est qu’il est justement et précisément incohérent , rien de plus simple à comprendre.

Il lâcha une nouvelle bouffé de fumée

- Tu me parle des elfes , tu as oublié leur pratiques..eh bien , inutile de te faire du souci pour ça! Ne nous dirigeons pas vers eux à Fondcombe? Là-bas nous aurons tout le loisir de les observer et de les analyser et tout cela grâce à toi car si nos routes ne se seraient pas croisés je ne me serai jamais aventuré seul jusque là-bas et puis ils ne me laisseraient pas rentrer seul . Le hasard fait parfois si bien les choses.


Il se tut alors et s’installa un peu plus confortablement sur son banc et s’amusa à faire des ronds de fumée de tailles plus ou moins variées mais de tout évidence il maîtrisait la technique , chaque cercle était parfaitement formé. Il contempla un moment ces formes éphémères suspendues pour quelques secondes à peine dans les airs .

-Magnifique , non? J’aime dire que cette pratique est un art à part entière au même titre que la peinture , la sculpture ou la poésie . Un art encore plus intrigant et insaisissable car on ne peut ni le prendre dans ses mains ni contempler l’oeuvre plus de quelques secondes celle s’évanouissant dans le vent . Un moment hors du temps , une poignée de secondes d’éternité …

Le Hobbit , pris de fatigue , ne put alors s’empêcher de bailler . Un long bâillement qui en disait long sur son état d’épuisement actuel , il avait fait tout ce chemin à pied , traînant son poney et le reste de sa cargaison . Ses mollets et ses épaules le faisait souffrir et il ne désirait qu’un peu de repos .

-Allez viens , il se fait tard montons nous reposer .

Après avoir réglé la note pour eux deux Eugénion et Lithildren montèrent à l’étage où se trouvait leur chambres respectives , l’aubergiste , ami du Semi-Homme leur avait fait une généreuse réduction. Le Hobbit souhaita une bonne nuit à sa camarade de voyage avant d’entrer dans sa chambre où bien qu’épuisé il ne put résister à la tentation d’un bon bain chaud et puis il avait bien besoin d’un bon décrassage . Il resta donc de longues minutes dans la baignoire de bronze mise à sa disposition avant d’enfiler ce qui s’apparentait à une chemise de nuit , décidément même quand ils s’étaient mués en baroudeur les Hobbits conservaient des habitudes propres à leur peuple. Il se plongea sous les draps et se laissa rapidement gagner par le sommeil en espérant que dans la chambre d’à côté Lithildren en ferait de même pour pouvoir récupérer du voyage. Il était prévu qu’il reste encore à Bree le lendemain pour pouvoir faire leurs achats et prendre encore un peu plus de repos , ils reprendraient la route le surlendemain.

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Dans la salle à manger , au rez-de-chaussée , Norfal avait suivi du regard Eugénion et Lithildren jusqu’à que ceux-ci ne sortent de son champ de vision en montant à l’étage , il se détendit alors un peu ; s’il ne pouvait plus les voir alors eux non plus il ne risquait donc plus d’être repéré du moins jusqu’au lendemain matin. Il finit d’une traite sa chope de bière encore à moitié pleine et grignota même un morceau de pain tout en interrogeant le serveur sur le curieux duo .
Quelque minutes plus tard la porte s’ouvrit avec fracas et trois hommes de grande taille entrèrent . Sans un mot ils scrutèrent rapidement la salle et allèrent s’asseoir à la table de Norfal . Parmi eux se trouvait l’homme qui se trouvait sur la route avec Norfal avant de faire demi-tour et qui avait failli percuter Lithildren . Ils étaient de grande taille et de forte carrure contrairement à l’homme chargé de suivre le curieux duo , eux étaient des guerriers puissants quand Norfal était plus svelte , petit , c’était un espion , un traqueur habitué à rester dans l’ombre .

-Alors ils sont où? fit l’un des guerrier
-Ils ont pris une chambre à l’étage ils y dormiront aussi la nuit prochaine…
-Alors ils seront à Bree à demain…
-Exact
- Nous devrions agir demain alors .
-Dans la ville ça me paraît compliqué , il y a plein de monde .
-Laisse nous nous occuper de ça , d’ailleurs on va prendre le relais sans toi ; tu risquerai d’être repéré .
-Ah et euh quelles sont les instructions ?


L’homme émit un petit rire méprisant à l’égard de Norfal , ce dernier n’aimait pas beaucoup ces trois lascars. Sous prétexte qu’ils étaient des guerriers puissants ils se croyaient supérieurs et étaient souvent hautain mais l’espion se disait que sans son travail les gros bras ne servaient à rien

-Oropher a été très clair , la fille on l’enlève et on essaie de la garder à peu près entière ; il a une revanche à prendre sur nos amis de Fondcombe et il pense pouvoir en tirer une belle rançon.

-Ah oui !

Norfal espérait qu’il aurait aussi droit à une part égale aux autres , heureusement qu’Oropher appréciait le travail de l’espion sinon cela ferait longtemps qu’il aurait été rejeté du groupe.
Il reprit d’une voix hésitante

-Et le...le Hobbit?
-Il ne nous sera d’aucune utilité , c’est bête il ne pourra pas profiter de sa deuxième nuit à l’auberge qu’il a payé , il dormira dans un autre lit.


L’homme éclata alors d’un rire gras avant de taper sur la table et de réclamer bruyamment trois chopes de bière . Norfal soupira , ces types risquaient de réveiller tout le village. Quels abrutis ! Décidément ils ne savaient vraiment pas ce que signifiait le mot “discrétion” .

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Eugénion se leva tard ce matin là , alors que les chauds et lumineux rayons du soleil illuminaient depuis plusieurs heures sa petite mais confortable chambre. Il s’étira lentement et alla se rincer le visage . Passer une nuit dans un vrai lit était un luxe auquel il n’avait pas goûté depuis un petit moment et cela faisait plaisir de pouvoir en profiter à nouveau même pour deux nuits seulement . Il s’habilla rapidement , enfila rapidement des nouveaux habits de rechange puisqu’il avait sommairemnt lavé ceux de la veille et ils étaient en train de sécher car oui comme tout Hobbit qui se respectait Eugénion était propre sur lui ; il aimait avoir une odeur agréable , de beaux habits bien lavés et repassé et de la nourriture de qualité. Certes il avait du revoir certaines exigeances du confort Hobbit de la Comté à la baisse car cela aurait été compliqué pour un voyageur mais dès qu’il faisait une halte dans un endroit civilisé il devait retrouver un certain confort. On ne peut complètement changer sa nature.

Il descendit à la salle à manger où l’attendait déjà Lithildren qui se tenait droite et comme perdue dans ses pensées . L’aubergiste s’empressa de leur amener un petit déjeuner digne de ses clients de marque : il y avait une cruche de lait , du pain , des oeufs , du beurre , de la confiture et même une minuscule portion de chocolat , un met rare et outrageusement cher mais il fallait croire que le gérant du Poney Fringant avait pu s’en procurer mais de toute évidence il ne vendait que de toutes petites portions à prix d’or et les villageois simples appréciaient que modérément cet aliment prisé par les nobles , sûrement trop amer à leur goût .

-Ce pain ! Sens son odeur ...quel fumet , ça ne te rappelle rien de ce que tu aurais pu manger avant tes ...euh… tes soucis ? Fit Eugénion encore à moitié réveillé qui faisait ainsi une tentaive quelque peu hasardeuse pour que Lithildren se remémore d’anciens souvenirs.

Un peu plus loin l’aubergiste discutait avec sa femme à propos d’un nouveau comptoir plus grand et plus beau que l’actuel

-Cela fait des semaines qu’on l’a commandé , qu’en va-t-il arriver? fit la femme
-L’ébéniste m’a dit qu’il a eu quelque soucis ce qui l’a retardé mais il doit le finaliser ce matin , il nous le livrera en fin d’après-midi.
-J’espère qu’il nous fera une réduction pour son retard ton ébéniste là !


D’une oreille distraite Eugénion écoutait à moitié la conversation de son ami avec son épouse sans plus y prêter attention . Une demi-heure plus tard ils sortirent de l’auberge , prêt à faire le tour du village pour acheter tout ce dont ils avaient besoin pour la suite de leur périple. Le philosophe Hobbit tenait dans sa main une longue liste qu’il avait rédigée , le type de liste que seuls les Semi-Homme avaient le don d’écrire

-Alors , il nous faut de la nourriture , le primeur n’est pas loin pour les fruits et les légumes malheureusement il les vend frais , ça fera l’affaire pour les premiers jours mais après c’est fini ; il faut donc aller chez l’épicier pour trouver des fruits secs , des gâteaux et des céréales qui peuvent se conserver , on prendra le pain à l’auberge. Je voudrai aussi faire un tour chez le boucher pour prendre un peu de viande sechée . Un petit passage chez l’apothicaire semble primordiale pour y acheter quelques bandages et plantes médicinales en cas de pépin , peut-être le cordonnier aussi pour trouver des nouvelles bottes de marche , les miennes ont beaucoup souffert . J’espère aussi pouvoir trouver un endroit où je puisse acheter un nouveau mouchoir et un petit chapeau si le soleil tape trop fort. Pour le reste on verra en se baladant si quelque chose nous intéresse . Je pense avoir assez d’argent pour tout ça.


Il leva les yeux vers Litildren

-Alors , par quoi veux-tu commencer ma jolie?




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Lithildren Valbeön
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Ven 24 Juil 2015 - 21:18
Je n'écoutais plus ce que baragouinait mon ami Hobbit. Je ne pensais qu'à la nuit qui s'annonçait. Dormir était un luxe que je refusais sévèrement de m'offrir. Les rêves, les souvenirs étaient assez douloureux. La marche n'avait pas été pénible pour moi : seul Aldranys avait plus ou moins souffert. Je tiens beaucoup à ce cheval, et je serais affligée si je devais le perdre. Je cessais de penser lorsqu'Eugénion se leva. Je me levais à mon tour et le suivais.

Arrivée dans la chambre, je posais ma cape et mes armes sur le lit. Je retirais ensuite prudemment mes habits afin de me dénuder. Je regardais l'état de mes vêtements et vint à la désolante conclusion que je devrais les changer. Je soupirais. Je possédais une autre tenue dans mes sacs de selle que j'avais pris avec moi. Je fouillais dedans et trouvais une tunique longue et légère, presque une robe, un peu transparente malgré sa couleur bleue sombre. Puis je sortis de ce sac une autre tenue de cuir similaire à celle que je portais jusqu'alors. Satisfaite, je pris de l'eau dans mes mains et me mouillais le corps entier. Alors que j'attendais que ma peau soit sèche, j'entendais un vacarme en bas. Nous n'étions pas si loin du "hall" où nous avions mangé, et ma sensibilité auditive me permettait d'entendre juste une porte claquer. Entrée ou sortie, je n'aurais su le dire, mais le tout est que ce bruit était dérangeant.

J'enfilais ma tunique outremer lorsque ma peau fut sèche. J'ouvris la fenêtre et me glissais agilement sur le toit de l'auberge, sans un bruit. Je regardais le ciel. Une pure beauté... cette beauté simple et pure me fit sourire. La lune, tel un oeil d'argent bienveillant, caressait Bree de ses rayons. Même la nuit, l'agitation demeurait. Des marchands déambulaient le plus silencieusement qu'ils le pouvaient avec leurs chargements. Les étalages du lendemain se préparaient déjà. Une nuit presque calme. J'entendis un faible hennissement, et je me souvins d'Aldranys. J'avais promis de retourner le voir. Je descendis donc du toit avec agilité pour me retrouver dans le box de mon cheval. Il redressa la tête et appuya son chanfrein contre le creux de mon épaule. Je le caressais pendant de longues minutes. Lorsque le moment vint pour moi de rentrer, je repassais par le toit afin d'être directement dans ma chambre. J'en profitais pour prendre mes lames et les faire tourner dans mes mains avec un jeu de poignet parfaitement maîtrisé.

Je tournais ainsi, frappant ou tranchant des ennemis invisibles. Mon jeu de jambes, de bras et de poignets était parfait et optimal. Une personne extérieure pourrait croire à une danse avec des lames, et je reconnais que c'est presque une danse. Mes longs cheveux blancs ondulaient autour de moi à chaque mouvement, se rabattant sur mes épaules ou mon dos. Dans ces moments d'entraînement, je me sentais libre, je me sentais bien. Je fermais les yeux et des images me revinrent.

Il faisait encore jour alors que la jeune Lithildren s'entraînait dans une combe d'entraînement. Aucun elfe n'était là pour juger sa performance. Médiocre, d'ailleurs. La jeune elfe n'était pas spécialisée dans l'art de l'épée, et préférait l'art équestre à tout autre. Alors qu'elle tournait et tournait en améliorant seule ses mouvements de jambes et de poignets, quelque chose bloqua une de ses deux demi-épées. Elle regarda et un large sourire illumina son visage. Un jeune elfe aux longs cheveux blonds de blé était là, et avait pris une seule épée dans une main, l'autre main dans son dos. Il souriait également.

- Belle Lithildren, votre jeu de jambe est effroyable !sourit-il en taquinant l'elfe aux cheveux blancs.
- Je ne vous permet pas de me rabrouer ainsi, Geraïnh !

Elle tourna et donna un puissant coup avec ses deux lames, qui fit reculer l'autre elfe. Il garda son sourire. Le combat amical qui s'ensuivit dura une bonne heure. Lithildren s'épuisait et Geraïnh brisa une défense afin de la faire tomber sur le dos. Il aida la jeune elfe à se relever et lui tendit ses armes.

- Vous êtes très douée, Lithildren. Je suis ravi de partager ma vie à vos côtés. Je n'aurais pu espérer ni trouver meilleure guerrière que vous.

Elle sourit, gênée, et inclina légèrement la tête en signe de remerciement. Il se pencha ensuite sur elle et ils partagèrent un tendre et passionné baiser.


Je rouvris les yeux en entendant un bruit d'objet qui se brise. Je transpirais abondamment, étalée au sol. Ma chute avait fait tomber un pot de terre qui s'était brisé. Je fixais le plafond, d'un air hébété.

- Je commence à me souvenir... Je commence à me souvenir...!

Mon coeur se mit à battre plus fort. Je me souvenais de SON nom, du nom de cet elfe obsédant et hantant ma mémoire sentimentale. Je savais désormais comment cet elfe sans visage réchauffant mon coeur se nommait. Geraïnh, Geraïnh, Geraïnh... ce nom résonna dans ma tête et me fit sourire. Cette sensation de délice en retrouvant un souvenir perdu se propagea dans tout mon être. Je me redressais et plaça les débris du pot en terre dans un coin de la pièce. Je m'allongeais ensuite sur le lit afin de me mettre en quête de sommeil. Sommeil qui tarda à venir. Mais qui vint après avoir ressasser ce souvenir délicieux dans ma tête.

~~
Le lendemain matin, je me levais au lever du soleil. Après avoir remis de l'eau sur mon corps et m'être habillée, je rattachais mes lames en me disant que je devrais en parler à Eugénion. Cela lui ferait certainement plaisir d'apprendre que j'avais retrouver mes souvenirs. Enfin, un tout petit fragment, mais c'était déjà ça.

J'attendais un long moment dans ma chambre avant de descendre. Je ne laissais rien dans la chambre, à part deux sacs de selle ne contenant aucun objet, juste une gourde vide et des "emballages" d'aliments vides, ainsi que des habits abîmés. Je signalais au passage à l'aubergiste un pot de terre cassé avec les débris dans un coin. Il opina et envoya quelqu'un nettoyer. Je passais aux écuries afin de saluer Aldranys. Je restais un moment avec lui. Puis je retournais à l'auberge. J'attendais patiemment Eugénion, humant les odeurs de nourriture chaude embaumant le lieu déjà animé. Mon compagnon de route finit par pointer le bout de son nez, alors que je réfléchissais à la manière d'introduire mon fragment de mémoire retrouvé dans la conversation que nous aurons. Nous nous asseyons à une table, et je souris un peu en voyant son air endormi. Il me demande de humer ce parfum qu'exhale le pain. Il ne récolta que mon sourire, et je mangeais en silence, pour changer.

Une demi-heure plus tard, il me proposa ce que nous pourrions faire. Je réfléchis.

- Le plus logique serait d'aller à l'épicerie d'abord. Ensuite, j'irais chez l'apothicaire me charger des produits de soins, pendant que vous iriez chez le boucher et le cordonnier. Je pense que nous devrions acheter les légumes le plus tard possible, afin de les conserver frais même pendant le voyage. Pour votre mouchoir et votre chapeau, vous pourrez y aller pendant que je ferais un tour avec Aldranys. Ce cheval aura bien besoin de marcher un peu.

Je baissais mon regard vers le Hobbit, accompagnant mon regard blanc brillant avec un sourire rayonnant.

- Qu'en pensez-vous, maître Hobbit ?
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Learamn
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Mar 28 Juil 2015 - 15:41


Vraisemblablement l’elfe aux cheveux d’argent avait une idée très précise du programme de la journée  . Eugénion s’était donc vu accordé la tâche de se rendre seul chez le boucher et le cordonnier après un tour chez l’épicier en compagnie de sa nouvelle amie amnésique, celle-ci se chargerait des produits de santé chez l’apothicaire. Le Hbbit ne trouve rien à y redire , sûrement trop impressionné par la capacité et la rapidité de réflexion de l’elfe pour pouvoir objecter quoi que ce soit.

-Très bien , on fera comme ça . Nous achèterons les légumes demain avant de reprendre la route . Selon le plan de la ville l’épicier est à quelques minutes de marches , allons-y.

Ils avancèrent donc dans les rues de Bree sous l’air frais du matin qui était loin d’être désagréable  . Le village venait à peine de se réveiller depuis une ou deux heures que déjà les rues étaient animés et que les commerçant ouvraient leurs étalages ; décidément Bree était vraiment un petit village unique , à la croisée des chemins , où il fallait obligatoirement passer une nuit .  Après un virage , les deux compagnons de voyage purent apercevoir au fond de la rue un grand magasin : l’épicierie générale. Contrairement à la plupart des étalages douteux placés en plein air , l’épicerie se trouvait à l’intérieur et était d’une taille inhabituellement grande pour ce genre de magasin.  Lithildren et Eugénion pressèrent le pas et entrèrent dans la boutique. Une atmosphère chaleureuse y régnait , quelques clients parlaient à haute voix en se baladant entre les rayons généreusement garnis . Les parfums des différentes préparations se mêlaient dans les airs et les effluves qui parvenaient aux narines du Semi-Homme sentaient délicieusement bon sans que ce dernier ne puisse préciser avec exactitude la source de cette odeur . D’un côté du magasin était disposées les épices en tout genre dans des grandes boîtes où l’on se servait à l’aide d’une pelle pour remplir son petit sachet ; il y en avait pour tout les goût : herbes aromatique , cannelle , poivre , sel et aussi des denrées plus rares et exotiques et donc plus cher comme le curry ou le paprika . Il ne manquait que le safran , “l’or rouge” une plante fortement aromatisée que l’on ne trouvait que dans l’Est Lointain et qu’aucune personne dans la région ne pouvait se targuer d’en avoir goûter . Eugénion se demandait même si les rois Mephisto du Gondor et Aldarion d’Arnor en avait déjà mangé.  De l’autre côté on pouvait trouver une multitude de fruits secs et à coques ; les raisins et autres noisettes étaient en nombre mais en cherchant bien on pouvait trouver des pommes sechées , des poires et abricots secs . Il y avait même des fruits exotiques comme des dattes ou des bananes là aussi vendus à prix d’or .  Le Hobbit tapa sur le bras de son amie elfe et lui désigna la rayon, cet étal risquait de l’intéresser.
De plus il y avait plusieurs rayons qui se succédaient dans la boutique , l’un était consacré aux conserves en tout genre ; fruits en sirop, légumes aux vinaigre etc. Dans un autre était disposés  des bocaux de confiture de la région et de miel . Les rayons se suivaient ainsi mais ne se ressemblait pas , l’endroit était une véritable mine d’or entre les immenses sacs de farine , les gâteaux et autres biscuits traditionnels de la région comme le pain d’épice ou les tonneaux de bière et de cervoise ; tout le monde devait y trouver son bonheur .

Eugénion et Lithildren flânèrent donc entre les rayons et prenaient tout leur temps pour choisir leur produit . Il fallait qu’ils gardent à l’esprit qu’ils devaient voyager léger .
Ils achetèrent donc une quantité non négligeable de sachets de fruits secs et des biscuits ainsi que quelques conserves mais pas en trop grand nombre à cause de leur poids conséquent. Au comptoir de chêne sculpté la bourse du marchand ambulant commença à se dégarnir , et ce n’était que le début . Mais le fameux philosophe ne s’en souciait pas outre mesure car après tout l’argent n’était-il pas fait pour être dépensé?  

Ils sortirent de l’épicerie , chargé avec plusieurs sachets et se séparèrent . Lithildren partait garnir leur pharmacie de voyage tandis qu’Eugénion allait chez le boucher . L’étalage de ce dernier se trouvait juste en face ; l’homme était un individu bien en chair , grand et large et portant fièrement une impressionnante moustache qui courait le long de ses joues et remontait jusqu’à ses pommettes rouges.

-Bonjour Maître Hobbit !
fit le vendeur d’un ton jovial

Eugénion lui rendit son salut avec un sourire et le boucher reprit

-Alors dites moi mon cher , qu’est ce qui pourrait bien vous faire plaisir ?
-Je pars en voyage après-demain , je voudrai quelque chose qui se conserve et qui a du goût.
-Pour le voyage je vous conseille de regarder du côté de nos charcuteries , viandes fumées et autres viande salée spécialement prévues pour la route . Quant au goût , eh bien je peux vous assurer que c’est la meilleure viande de la région. Je peux aussi vous découper une belle pièce de viande que vous ferez cuire sur la route mais il ne faudra pas trop traîner avant de la manger et bien la garder emballé.
-Oui ce serait bien.
-Je vais la découper et la saler , revenez la chercher dans la soirée ou demain.

Eugénion quitta le boucher avec quelques saucissons et lards fumés sous le bras et continua ses petites emplettes chez le cordonnier. Une course tout aussi agréable que les autres , l’artisan lui prit la mesure de ses pieds velus et disproportionnés et entama immédiatement la confection de nouvelle bottes de voyage sur mesure . Vu l’état des chaussures du Hobbit cet achat s’imposait ; les nouvelles bottes seraient prêtes le lendemain selon le fabricant ; il reviendrait aussi les chercher.

Quand il sortit du cordonnier le soleil était à son zénith et la fraîcheur matinale n’était plus qu’ un lointain souvenir ; les puissants rayons lumineux chauffaient les rues qui étaient un peu protégés grâce aux ombres des bâtisses. La chaleur n’empêchait pourtant pas les travailleurs de faire ce qu’ils devaient faire. Midi était passé et Eugénion se dirigea vers le Poney Fringant où il s’attabla et ouvrit un livre d’histoire sur la ville que l’aubergiste lui avait prêté . Il attendait que Lithildren n’arrive avant de commencer à manger ; simple question de tact. Celle -ci traînait, visiblement elle avait alongée la promenade de son magnifique cheval et l’estomac du Hobbit commençait à gargouiller. Ce dernier picorait discrètement  et furtivement des minuscules portions dans son assiette tiède sans toutefois oser s’attaquer franchement au plat avant qu’elle n’arrive . Il attendit ainsi pendant plus d’une demi-heure avant qu’elle ne se manifeste enfin  . Ils mangèrent alors tout en discutant tranquillement de leurs achats et des préparatifs qui restaient . Eugénion ne jugea pas utile de vérifier les achats de Lithildren chez l’apothicaire , il lui faisait confiance pour ce genre de produit d’autant plus que ses seules compétences en médecine reposaient sur les conseils plus ou moins assidus de sa regrettée grand-mère. Les courses étaient finies pour aujourd’hui et pour passer l’après midi le Semi-Homme alla emprunter au comptoir un jeu d'échec qu’il posa devant l’elfe aux cheveux d’ivoire

-Les échecs ! Le jeu de stratégie , de guerre et de réflexion par excellence. Tu sais y jouer?


Plusieurs heures et plusieurs parties plus tard , Eugénion prétexta avoir besoin de récupérer quelque chose dans sa chambre pour finalement s’affaler sur son lit et faire une sieste . Lithildren l’attendit un moment dans l’atrium , comme perdue dans ses pensées puis elle finit par comprendre que son compère s’était sans aucun doute assoupi et elle décida d’aller prendre un peu l’air dehors . Derrière elle une petite équipe d’hommes faisaient péniblement sortir le vieux comptoir de l’auberge avant d’en faire rentrer un neuf . La porte était donc encombrée et le passage impossible , l’elfe dut donc attendre que l’on ait complètement sorti le meuble pour se faufiler dehors avant que l’on ne fasse rentrer le nouveau . Alors qu’elle passait le seuil de la porte elle heurta un homme d’une taille plus ou moins similaire à la sienne . Celui ci perdit l’équilibre et dut agripper le linteau de la porte pour ne pas tomber avant de relever les yeux vers l’elfe.

-Excusez moi je ne vous avais pas vu , j’étais encore plongé dans mes pensées.

De toute évidence il avait remarqué que c’était une elfe qu’il venait de bousculer , Lithildren put percevoir un peu de surprise sur son visage car il était peu courant de voir ces êtres ici . Cependant l’homme ne la scruta pas sous tous les angles comme une bête de foire l’aurait fait , on aurait presque dit que le visage des elfes lui étaient familier et qu’il en avait déjà rencontrés.

-En tout cas c’est un vrai casse-tête pour eux de faire rentrer ce comptoir , l’aubergiste le voulait imposant alors forcément il est lourd. Moi je suis bien content d’avoir fini ma part du boulot … Je l’ai fabriqué.


C’était l’ébéniste aux frais trop important au goût de l’aubergiste ; un jeune homme au teint mat inhabituel dans la région , il était sûrement né dans des contrées plus lointaines, et aux cheveux sombre qui lui tombait sur ses épaules et à la barbe mal rasée. Il était doté d’une belle carrure et d’une musculature honorable , chose peu commune chez des artisans sédentaires ; on ne façonnait pas un corps puissant en restant à l’atelier tout la journée . Toutefois Lithildren n’avait pas vraiment à se méfier ses muscles n’étaient pas non plus extrêmement visibles et bien dessinés comme c’était le cas pour la plupart des guerriers en activité et son air semblait pour le moins amical.  L’ébéniste fit volte face et pénétra alors dans l’auberge sans un mot de plus .  
L’elfe amnésique marcha donc dans les rues qui commençaient lentement à se vider petit à petit , elle était plongée dans ses pensées , réfléchissant à ses souvenirs qui refaisaient surface. Sa situation était pour le moins troublante ou tout du moins déstabilisante.  
Alors qu’elle continuait à avancer sans se diriger vers aucune destination, le soleil commençait à décliner et sa lumière prenait une belle teinte orangée qui annonçait le crépuscule prochain . Alors sans qu’elle ne la voit une ombre inquiétant se dessina derrière elle , la silhouette encapuchonné avançait vers l’elfe à pas de loup si bien que cette dernier si concentrée ne la vit pas venir avant que l’ombre ne soit sur elle. Brusquement une main osseuse se posa sur son épaule , la faisant immédiatement sursauter . Lithidlren se retourna , prête à se battre avec ses dagues , elle s’était entraînée pour ce moment . Elle faisait face à une vieille et grande dame d’une maigreur extrême et à qui il manquait un oeil et plusieurs dents.  La borgne prit la parole d’une voix tremblante en tendant son autre main prise de tremblements

-S’il vous plaît ma belle , une petite pièce pour pouvoir manger un peu , cela fait si longtemps que je n’ai pas mangé . S’il vous plaît.

L’elfe pouvait souffler , le danger n’était pas encore tombé sur elle mais ce n’était qu’une question de temps car à quelques dizaines de mètres de là une curieuse bande s’organisait.

-----------------------------------------------------------------------------







Tapi dans un coin d’une bâtisse , Norfal observait silencieusement les trois guerriers préparaient leurs armes avec orgueil et fierté . Il les les polissaient et les cajolaient du regard et certains même caressaient tendrement leur épée . L’espion réprima un rire moqueur , ces brutes ne montraient aucune compassion envers leur prochain mais avec leur arme c’était autre chose , leur épée c’était comme leur femme , leurs panoplies guerrières c’étaient leurs familles. Au fond tout homme avait besoin d’exprimer de l’amour , seul la nature de cette expression variait d’un individu à un autre . Le chef des guerriers , sûrement à ce poste car il était le plus grand et le plus fort et sans aucun doute le plus idiot prit la parole

-Ok ! Alors elle est là ! On fonce les gars?


Exaspéré Norfal intervint alors

-Oui, oui , oui foncez et faites tout foirer . Les rues sont moins fréquentés mais il y a encore des passants , il est trop tôt pour que vous agissiez , vous vous ferez prendre.


Le chef des guerriers lui lança

-Ouais et si on attend elle va rejoindre le nabot à l’auberge et là on pourra rien faire.
-Sauf s’ils sortent une fois la nuit tombée …
-Ah oui et comment tu comptes t’y prendre pour les faire sortir ? Tu vas te déguiser en gitan et les inviter à une soirée dansante?

Les trois soldats éclatèrent  à nouveau d’un rire gras  , Norfal leva les yeux au ciel sans que personne ne remarque son exaspération grâce à sa capuche qui dissimulait son expression faciale.

-J’ai un plan , et si vous ne voulez pas subir la colère d’Oropher pour votre incompétence vous feriez mieux de m’écouter.

Face à cette menace , bien réelle , les hommes écoutèrent à contre coeur le plan de l’espion car ils savaient qu’Oropher appréciait l’espion et qui ne tolérerait aucun échec de la part des trois brutes épaisses.



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Lithildren Valbeön
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Mar 28 Juil 2015 - 20:41
Alors que nous flânions dans la rue en route vers l'épicerie, je ne cessais de penser à ce rêve. Bon sang ! Enfin un souvenir net, précis, clair et réel. Un vrai souvenir. J'étais aux anges, et rien n'aurait pu gâcher ma journée. Du moins, je le pensais. Et l'espérais. Je me promettais d'en parler plus tard à Eugénion, mais quand ? Il faudrait que je trouve le moment approprié. Le temps ne manquait pas, et nous avions un voyage entier afin d'en parler.

Arrivés à l'épicerie, je regardais mon compagnon court sur jambes. Nous commençâmes à arpenter les rayons remplis de produits exotiques ou locaux, de toutes sortes, de toutes couleurs et de toutes odeurs. Mon nez avait tantôt une odeur alléchante,tantôt désagréable. Ce mélange d'odeurs me fit légèrement tourner la tête. Je redescendis sur terre lorsqu'Eugénion me tapota le bras pour me montrer des aliments secs. Je me dirigeais vers eux et en choisis une belle quantité sans en abuser. Puis nous prîmes différentes choses pour nous sustenter pendant le voyage. Il fallait bien prévoir, le chemin risquait d'être long et ardu. Manquer de nourriture serait une mauvaise chose.

Nos emplettes à l'épicerie terminées, nous nous séparâmes. Il alla vers le boucher tandis que j'allais chez l'apothicaire. La boutique était simple et épurée. Les étagères contenaient des bocaux de plantes : racines, feuilles, tiges ou fruits de plantes.

- Nos produits sur les étagères de gauche sont tous des produits locaux. Nous parvenons aussi à importer quelques produits exotiques, parfois à prix d'or. Que puis-je faire pour vous, mademoiselle ?

La voix était celle d'une vieille femme portant une robe violette sombre, un châle gris et des sandales. Ses cheveux gris et blancs étaient attachés en une tresse relevée en chignon sur le sommet de son crâne. Des cheveux rebelles donnaient un léger volume à sa masse capillaire déjà rebelle en elle-même. Je regardais cette vieille femme que les âges avaient pas trop mal conservée : un corps mince mais frêle, avec un dos à peine voûté, une peau ridée. Je lui donnais environ soixante ans d'années humaines.

- Oui, je le pense. Je pars vers ma cité d'enfance, et je souhaite obtenir auprès de vous des pantes de soins.
- Vous tombez bien, jeune fille. Je viens de recevoir un bocal de consoude. Idéal pour...
- Stopper les hémorragies.
- Oh, je vois que vous avez quelques connaissances ! Eh bien, je suis certainement en mesure de vous aider. Voyons voir... Un voyage, dites-vous ? Alors, je pense que... Où est ce bocal-là ? Ah, voilà ! Elle prit un bocal avec des citrons dedans.Le citron. Mettez-en quelques gouttes sur une plaie contre les infections ; prenez quelques gouttes lorsque vous avez soif afin de vous déshydrater. Je pris le bocal et le posais sur une table à côté. La vieille femme revint avec trois bocaux. Voici de la lavande macérée dans du vinaigre depuis un mois. Elle est très utile contre les plaies, la migraine et les spasmes musculaires, ou encore les douleurs et piqûres d'insectes. Elle me tendit un sachet de lavande. tenant dans ma main. Ce sachet vous permettra de dormir paisiblement, mais vous devez le mettre sous un oreiller ou toute chose sous votre tête durant votre sommeil. C'est bon pour les maux de tête nocturnes, aussi. Elle posa le bocal de lavande macérée et regarda l'autre dans sa main droite. Voici de la grande camomille. C'est un peu pareil que la lavande. La vieille femme mis l'autre bocal près des autres. Je pense que cela devrait suffire. Je vous rajoute simplement des herbes fortifiantes et un pot d'argile.
- Je vous remercie. Tout cela sera très utile.
- Oh, je le conçois, jeune fille ! Eh bien. Je vous offre les herbes fortifiantes, le sachet de lavande et l'argile. Ne me payez que les bocaux, je vous prie.

Après m'avoir indiqué le prix, je payais et m'en allais. L'achat avait été plus rapide que prévu. Aussi, je rentrais à l'auberge ranger mes achats puis je retournais aux écuries. Aldranys m'attendait, tout fringuant. Je lui enfilais la bride et sautais agilement sur son dos. Son pelage blanc était propre, lisse et soyeux. Je fis marcher mon cher destrier dans la ville pendant un long moment. Cela lui faisait beaucoup de bien de sortir un peu. Il n'aime pas être enfermé, tout comme moi. Les cages ou les espaces clos me rendent nerveuse et agressive. C'est certainement un élément de mon passé qui fait cela. La balade dura, et dura. Le soleil était plus loin que son zénith lorsque je fis attention à l'heure. Je rentrais mon Aldranys aux écuries de l'auberge et rejoignais Eugénion. Nous mangeâmes en discutant. Je fronçais le nez quand il me parla de viande, et il ne sembla pas intéressé par les herbes achetées, bien que j'en dis quelques mots. Juste que nous avions le nécessaire pour se soigner. Le repas s'acheva, et Eugénion alla chercher un jeu d'échec. Nous commençâmes à jouer. Je perdais au début, puis, rapidement, je gagnais les parties. Eugénion semblait satisfait de mon rapide apprentissage. Il prétexta ensuite un oubli dans sa chambre pour monter. J'attendais un long moment.

Je me sentais mal de rester ainsi plantée là, seule à ma table, à épier l'escalier en me demandant si mon compagnon de route finirait par descendre. Il doit dormir, c'est la seule solution plausible. Je me lève, amusée, et me dirige vers la porte. Bouchée. Bon sang. Ils sortent le bar, et je ne m'en suis même pas rendue compte. Bah, peu importe. J'attends patiemment - en fait, impatiemment - puis je passe. Un homme me bouscule. Il ne m'observe pas comme une bête, ce qui est rare. Il prétend être l'ébéniste, et continue son chemin. J'ignore cet homme et marche dans la rue. Plongée dans mes pensées, je marchais dans la rue. Je scrutais la moindre chose m'indiquant un danger. Peut-être cet homme étrange sur la route qui a menti ? Ou cet autre qui m'a bousculée avec son cheval - ou a failli me tuer ? Ou les deux. Alors que je vois des ombres suspectes au coin d'une bâtisse, je sens une main se poser sur mon épaule. Je me retourne dans un hoquet de stupeur - car j'ai horreur d'être prise par surprise - et je met une main sur le manche d'une lame. Je regarde ensuite une vieille dame qui demande l'aumône. Je lâche un soupir de soulage et de honte, et lui offre généreusement deux pièces.

Puis je continue ma route. L'ombre à l'angle du bâtiment a disparu, ou peut-être n'a-t-elle jamais existé. Je soupire et reste là. Je met absolument tout mes sens elfiques en alerte et analyse tout autour de moi : odeurs, sons, tout ce que je vois et entends ou sens ; des grattements de rat dans les ruelles jusqu'au cri d'un passant se faisant bousculer, de l'odeur discrète du pain jusqu'à la forte odeur de foin.
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Jeu 30 Juil 2015 - 14:40



Eugénion ouvrit lentement un oeil quand un vent frais traversa sa chambre par la fenêtre laissée grande ouverte . Le Hobbit se redressa péniblement en position assise , ses membres tout engourdi , l’esprit encore embrumé et un curieux goût dans la bouche . Autant de conséquences désagréables d’une sieste qui avait duré trop longtemps . Il s’était laissé avoir de manière classique , cela lui arrivait tout le temps . Fatigué , il s’était allongé sur son lit pour reposer ses jambes , “juste pour cinq minutes…” s’était il promis et puis finalement il avait fermé les yeux et s’était laissé glisser dans le sommeil . Dehors la nuit était déjà tombée et la lune illuminait le village de sa pâle lueur , il avait dormi plusieurs heures . Le bruit qui se faisait entendre en dessous de lui  signalait qu’au rez de chaussé on commençait à servir le souper .  Il s’étira lentement et resta un moment assis sur son lit , le regard perdu dans le vide encore à moitié endormi , sa pensée divaguant à souhait bien qu’elle divaguait aussi quand il était en pleine possession de son esprit.  Au bout d’une bonne dizaine de minutes il décida de se secouer ; il se leva et alla laver son visage à l’eau froide pour mieux se réveiller . Le marchand voyageur réajusta ses vêtements quelque peu froissé après sa sieste imprévue  . Ah ! Mais que dirait Lithildren ? Il avait délaissé l’elfe pendant au moins deux heures , il espérait qu’elle ne continuait pas à l’attendre patiemment en bas ; car après tout les elfes avec leur patience éternelle était capable de tout. Une centaine d’années n’étaient-elles pas qu’un battement de cils pour ces êtres , alors deux heures pensez vous...Peut-être ne s’était elle même pas rendu compte qu’autant de temps “humain” était passé. Toutefois il doutait fortement que sa nouvelle amie l’ait attendue sans rien faire , il la savait différente des autres , spéciale et unique. Il n’avait jamais vraiment fréquenté les elfes mais il avait l’impression que Lithildren agissait de manière différent , sûrement cela était dû à sa perte de mémoire. Il voyait en elle une certaine vivacité et ouverture d’esprit ; les voyageurs elfes étaient rares , ils ne quittaient pas beaucoup leur cité mais elle vagabondait depuis longtemps maintenant entre le Rohan et la Comté  ; une elfe certes mais bien singulière.

Eugénion sortit de sa chambre et traversa le corridor , il emprunta les escaliers de bois et alors qu’ils descendaient il s’arrêta après quelques marches . De là où il se trouvait il pouvait avoir une vision d’ensemble de la salle à manger . Avec ses petits yeux malicieux il observa l’endroit un moment , cherchant où se trouvait Lithildren . La salle était comble , plus que la veille c’est dire . Les clients buvaient sans aucune modération aucune au plus grand plaisir de l’aubergiste qui se remplissait un peu plus les poches à chaque chope vendue ;un peu moins pour le plaisir des serveuses qui devaient subir les sifflets ,les avances maladroites  et les sobriquets des hommes éméchés.  Celles-ci se contentaient de faire leur travail ; elles marchaient rapidement entre les tables , débarrassaient rapidement les verres et les écuelles vides , le tout la tête baisse sans répondre aux ivrognes ; cela aurait été bien imprudent de provoquer des hommes plus fort quel ayant abusé sur la bouteille.
Le Hobbit , perché sur son poste d’observation , put constater que le nouveau comptoir si chèrement payé et livré dans la journée avait déjà souffert ; on avait vomi dessus. En colère , l’aubergiste commença à menacer un client bien trop ivre pour comprendre quoi que ce soit ; fulminant le propriétaire demanda à sa femme de nettoyer au plus vite. L’atmosphère qui régnait restait cependant festive et il n’y eut aucun véritable débordement , certains clients cependant contrastaient avec les autres . Ainsi le prétendu philosophe nota la présence de deux nains à la barbe sombre , l’air bougon qui vidaient leur assiette à une vitesse ahurissante sans faire attention au vacarme environnant . Visiblement ils préféraient s’amuser avec leur semblables qu’avec des humains , question de culture et de fierté naine aussi. Au fond , tapi de l’ombre et tirant sur un long calumet se tenait un homme grand et svelte qui observait silencieusement la joyeuse assemblée de ses yeux perçants . Un arc était posé à coté de lui et Eugénion ne doutait pas qu’une lame était ceinte  à sa ceinture. De par sa tenue ,l’érudit Semi-Homme identifia immédiatement l’étrange personnage comme un ranger qui veillait à ce qu’il n’y ait pas de débordements , prêt à agir si cela devait toutefois arriver . Le Hobbit eut beau chercher il ne trouvait pas son amie elfe , visiblement elle ne se trouvait pas ici ; elle devait être sortie . Il finit de descendre les escaliers et s’attable à une table en espérant qu’elle ne tarde pas trop , sinon il n’y aurait bientôt plus rien à se mettre sous la dent.  Son souhait ne tarda pas à être réalisé , quelques secondes à peine après qu’Eugénion ne s’assoit la porte s’ouvrit et la mince mais néanmoins resplendissante silhouette elfique se faufila jusqu’à la table d’Eugénion , impassible aux regards soutenus de certains convives .  

On leur servit un repas plus léger qu’à l'accoutumée  , on leur avait expliqué que pour la soirée ils devraient revoir leur portion à la baisse sinon il n’y aurait plus rien à manger d’ici peu de temps . C’était le soir que le Poney Fringant accueillait le plus de monde , le matin et le midi la salle était moins remplis , mais cette nuit là il y avait encore plus de clients que les autres nuits . Quelle en était la raison? Eugénion n’en avait tout bonnement aucune idée .
Ils commencèrent à manger  une fois n’est pas coutume en silence ; le vacarme environnant les empêchaient de partir dans de nouvelle discussions philosophiques , il y avait trop de bruit pour réfléchir convenablement  et réfléchir dans des conditions inappropriées pouvait amener à l’erreur de raisonnement ; en somme une catastrophe de l’ordre universel. Ils restaient donc taiseux , échangeant simplement de temps à autre un regard exaspéré quand un homme proférait un juron particulièrement grossier à l’égard d’un de ses “ami” ou d’une serveuse.  Alors que le repas touchait à sa fin pour les deux étranges compagnons de route , l’aubergiste se présenta à leur table  ; les joues encore rouge de colère.

-Tu te rends compte Eugénion? Un comptoir tout neuf et voilà qu’en une soirée on me l’endommage . Il était hors de prix ce meuble , tu te rends comptes ? Non mais tu te rends compte? Aucun respect les jeunes de nos jours…


Eugénion à moitié amusé par la situation et désolé pour son ami répondit

-Oh oui quel manque de politesse ; il faudrait leur apprendre à agir avec tact.

L’aubergiste sembla quelque peu décontenancé

-C’est qui ça “Tact”?

Le Hobbit pouffa de rire devant le manque de vocabulaire de son ami , évidemment c’était un aubergiste et pas un homme de lettre . Un sourire sur les lèvres Eugénion lui fit un signe de la main .

-Personne , oublie. Le commerce tourne en tout cas ,  et les portions sont revues à la baisse.

-Comment ça ? Ma femme vous a aussi réduit vos portions? Ah ! Elle va m’entendre , je lui avait bien dit d’en mettre beaucoup pour mon ami Hobbit .


-Inutile de te fâcher avec elle , cela nous a suffit à moi et à euh.. ma collègue.

-Ouais….Au fait y’a un type qui m’a dit de faire passer le mot à mes clients qu’il a retrouvé une tabatière de la Comté remplie de feuilles de Longoulet égarée par son propriétaire . J’ai pensé que ça pouvait être à toi.


-Ah oui ? Voyons j’ai bien du Longoulet sur moi mais je ne l’aurai jamais perdu.

Le Hobbit fouilla ses poches mais effectivement la petite bourse qui s’y trouvait toujours d’ordinaire avait disparue . Voyons ! Il l’avait toujours sur lui , c’était impossible. Il avait dû posée dans la chambre mais c’était quand même étrange ; il était persuadé que la tabatière était sur lui .

-Veuillez m’excuser.

Il monta quatre à quatre les escaliers , terriblement inquiet , sans son herbe à pipe il pouvait se sentir mal et ne pourrait pas continuer le voyage sans en avoir racheté ; c’était comme une partie indispensables de lui ; un organe vital.  Quand on lui posait la question il se vantait que la pipe était un simple petit plaisir loin de toute addiction et qu’il pouvait très bien s’en passer mais maintenant qu’il était devant le fait accompli il devait bien avouer qu’il ne pouvait pas du tout s’en passer. Eugénion entra en trombe dans le chambre et en fouilla tous les recoins , sans succès ; sa tabatière était vraiment introuvable.  Bon il restait un espoir de la retrouver , un homme avait trouvé une bourse égarée ; ce ne pouvait être un hasard ce devait être la sienne . Le Hobbit était loin de savoir à quel point il avait raison   , effectivement c’était loin d’être un hasard.

Il descendit le plus promptement possible et mit sa veste, prêt à aller rencontrer cet homme.

-Il est où cet homme?
demanda Eugénion.
-Il a dit que l’on pourrait récupérer l’herbe à pipe au coin de l’Impasse des Conteurs .

-Pourquoi un coin perdu comme ça?
-Je ne sais pas moi ,  il doit habiter là-bas.

-Quelle idée d’habiter là-bas aussi…
-Que veux tu? Pas tout le monde ne peut se permettre de dormir toutes les nuits au Poney Fringant.


L’aubergiste bomba le torse , fier de la réputation de son établissement

-Chacun sa gamme.


Eugénion n’écoutait plus son ami , il était déjà parti en direction de la porte ;Lithildren ,  silencieuse mais attentive sur ses talons.  Ils sortirent dans la nuit  .


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-Alors c’est ça ton plan? Les attirer avec de l’herbe? T’en as trop fumé ou quoi?

Norfal , le visage toujours caché sous sa capuche , jouait avec la tabatière ; il la lançait dans les airs avant de la rattraper d’un geste expert avec un sourire satisfait sur ses lèvres. D’une vois calme il répondit au colosse armé qui lui faisait office d’acolyte et qui empestait la transpiration de plus en plus à mesure que les heures passaient . D’une voix calme et posée l’espion répondit

- Ils viendront , soyez en certain , inutile de vous en faire pour ça . Faites simplement ce que vous devez faire , rien de plus.

- Ouais le blanc-bec mais prend pas ce petit air hautain.

Norfal soupira , décidément rien ne pourra changer ces abrutis ; pas même le plan génial qu’il avait élaboré . Durant ses missions il se devait de réfléchir beaucoup car c’était sur ses épaules que reposait la lourde tâche de réfléchir pour quatre ; les trois autres étant incapables de le faire.  Aujourd’hui il n’avait pas chômé , s’il était resté loin de l’elfe qui aurait pu prématurément le reconnaître il avait suivi de près le Semi-Homme quand ils s’étaient séparés pour leur achat sans que ce dernier ne le remarque. Norfal était un  espion accompli , un artiste de la discrétion et des coups bas et si certain voyaient sa tâche comme déshonorante et lâche lui trouvait qu’il n’y avait rien de plus beau et de plus excitant que ce qu’il faisait.  Il avait réussi à subtiliser la tabatière d’Eugénion en plongeant sa main dans la poche d’un Hobbit trop perdu dans ses pensées pour y faire attention ; il avait observé ce dernier durant son voyage et son addiction était évidente . Norfal avait ensuite alerté l’aubergiste que l’un de ses clients avait peut-être perdu l’un de ses précieux biens et qu’il devait venir le récupérer à une adresse précise où l’attendait un comité d’accueil bien particulier. Il était persuadé que le Hobbit viendrait et que l’elfe suivrait , il en avait l’intuition , ses plans fonctionnaient toujours . La seule crainte qu’il avait était au sujet de l’intervention des trois guerriers qui l’accompagnaient , même avec l’effet de surprise ces incapables étaient capables de tout faire rater . Si le Hobbit ne représentait pas une menace réélle , il serait rapidement liquidé  ; capturer l’elfe serait une tâche plus délicate , il ne fallait pas la blesser grièvement car Oropher la voulait en un état correct et de plus Norfal avait remarqué qu’elle était armée et donc potentiellement dangereuse. Et puis il fallait agir le plus discrètement possible pour ne pas rameuter la garde ou les rangers. L’espion détestait ne pas être seul maître de la réussite ou non d’une mission et il répugnait à l’idée de devoir s’appuyer sur des sous-fifres mais lui n’était pas un guerrier et il avait donc besoin d’eux pour la basse besogne.

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Eugénion et Lithidren avançaient lentement dans les sombres ruelles très faiblement éclairés par de trop rares lanternes . Il n’ y avait pas un chat dans les rues , enfin si il y avait bien un chat. Un chat noir qu’ils avaient croisés , un félin que les plus superstitieux auraient interprété comme un mauvais présage mais le Hobbit ne s’en souciait pas ; il voulait récupérer son bien c’est tout. Ils arrivèrent alors à l’adresse indiquée , très très faiblement éclairé . Une silhouette sombre se tenait au fond de l’impasse : une silhouette encapuchonnée. Eugénion prit la parole

-On m’a dit que vous avez récupéré une tabatière , c’est gentil . Je suis venu la récupérer merci.

-Hmmmm… je ne sais pas ...Que  me proposez vous?

La voix  , inconnue d’Eugénion , était reconnaissable entre milles pour la fine ouïe de Lithildren ; oui c’était bien le cavalier qu’elle avait croisé sur la route lors du festin des gitans.
Prise de surprise elle ne réagit pas immédiatement et Eugénion, en colère, reprit

-Quoi ? Vous me réclamez quelque chose pour que je puisse récupérer ma tabatière? MA propriété ! Quel culot ! Elle est à moi je n’ai pas à payer quoi que ce soit.

Pas qu’Eugénion soit foncièrement avare , il était plutôt du genre dépensier d’ailleurs si l’inconnu insistait  le Hobbit finirait certainement par céder et lui donner la somme réclamée . Non le Semi-Homme n’aimait tout simplement pas les hommes qui profitaient de chaque opportunité pour gagner quelques pièces d’or.

-Vous savez ,
continua Eugénion , si vous m’aviez rendu ma tabatière sans rien réclamer je me serai dit “Oh quel homme serviable et attentionné “ et j’aurai insisté pour que vous acceptiez un petit quelque chose . Mais là vous n’aurez rien , rien de chez rien !

Norfal , sous son capuchon , affichait toujours un grand sourire ; son plan se déroulait à merveille , comme toujours. Le Hobbit était venu avec l’elfe et il s’était emporté .

-Voyons maître Hobbit , inutile de lever le ton  . Le marché est simple : donnez moi ce que je veux et je vous rend votre précieux bien sinon eh bien je crois que sans herbe à pipe vous ne pouvez pas continuer votre route. Ah ! L’addiction et ses travers.

Le Hobbit rougit , à la fois de colère et de honte , comment cet homme osait-il? Bien heureusement dans l’obscurité ambiante personne ne remarque le changement de couleur brusque du petit être.

-Que qu..Qui vous a parlez d’addiction?
-Ce fut aisé à deviner .


Dans ses houleuses négociations , Eugénio était face à une impasse ; cet inconnu l’avait mis en face de ses soucis et il le tenait à la gorge ; le Hobbit ne pouvaity qu’accepter le marché. Il sortit sa bourse de la poche et demanda

-Combien d’or voulez vous ?

Le sourire de l’espion s’élargit encore un peu plus et ses yeux semblèrent s’allumer d’une lueur inquiétante. Il gardait à l’oeil l’elfe qui accompagnait le Semi-Homme et quand celle ci se pencha pour chuchoter  l’oreille de son ami il comprit qu’elle le mettait en garde contre un homme qu’elle avait déjà croisé . Il devait agir maintenant .

-De l’or? Qui vous a dis que je voulais être payé en or? Je ne veux ni or ni argent ni quelconque pierre précieuse.


Il marqua une pause , prêt à prononcer le signal

-Payez avec votre sang.


Alors de l’obscurité , trois hommes robustes et puissants surgirent des coins où ils étaient terrés . Ils se jetèrent sur Eugénion et Lithildren ; le Hobbit surpris fut pris de panique  . Tétanisé il ne pouvait pas crier ou dire un  traître mot , il était comme pétrifié sur place les bras ballants le long du corps , ne sachant que faire . La peur le paralysait au sens littéral et il semblait au bord de l’évanouissement. De son côté Lithildren fut plus réactive, elle sortit ses dagues et se plaça à côté d’Eugénion ; voulait-elle le protéger? Le premier homme qui ne s’attendait pas à une défense aussi féroce de la part de la jeune elfe en apparence si frêle manqua de peu de se faire égorger. Par pur réflexe il avait reculé d’un pas quand Lithildren avait d’un geste gracieux mais mortel retiré sa dague de son fourreau et attaqué directement après , un réflexe qui lui sauva sans doute la vie l’arme passa à quelques millimètres du colosse .

Malgré ses talents il n’était pas aisé pour une elfe d’affronter simultanément trois immenses adversaire tout en protégeant son compagnon de route  . Elle faisait tournoyer ses dagues autour d’elle , tenant à distance leurs agresseurs qui paraissaient hésitants . Norfal , toujours dans l’ombre , observait la scène ; quel bande d’incapables! Ils ne réussissaient pas à neutraliser l’elfe et n’avaient même réussi à approcher le Hobbit ; leur réputation de guerrier était elle surfaite? Lithildren semblait en confiance dans le combat qui s’engageait et les trois attaquants étaient bien capables de se faire tuer tous les trois , il devait agir et vite avant que la situation ne tourne mal . Il plongea sa main dans son ample cape e voyage et en sortit un petit flacon rempli d’un liquide transparent : du chloroforme ; il mouilla avec  ce produit une large bande de tissu. Puis tel une ombre il se glissa derrière l’elfe qui était trop prise dans son combat inégal pour voir arriver l’espion , ce dernier bondit par derrière enroula un de ses bras autour du cou de Lithildren et lui posa avec son autre main le tissu imbibé de chloroform destiné à lui faire perdre connaissance en l’espace de quelque secondes . Elle ne sébattrait plus pour longtemps .

Eugénion , voyant son amie en difficulté et ne comprenant plus rien à la situation , sortit de sa paralysie . Il devait réfléchir vite : il avait deux solutions soit prendre la poudre d’escampette mais les trois guerriers auraient tôt fait de le rattraper , soit se battre  mais les trois guerriers auraient tôt fait de l’écraser.  Quoiqu’il en était il se jura de ne plus jamais se rendre à l’adresse indiquée par un homme qui ramassait des tabatières hobbits perdues.  Ce fut seulement quand il vit que justement l’homme en question , en retrait jusque là , avait bondi sur Lithildren qu’Eugénion finit par agir. Mû par une rage stupidement courageuse et suicidaire qu’il ne se connaissait pas il fonça sur Norfal et commença à le frapper de toutes ses forces de ses petits poings et ses larges pieds . L’espion fut déstabilisé par cette manoeuvre mais ne lâcha pas son emprise sur l’elfe qui perdrait bientôt connaissance .

-Tuez le Semi-Homme bande d’abrutis !
cria Norfal .

Depuis l’intervention imprévue de l’espion dans le combat les trois guerriers avaient été un peu désorientés ne sachant vraiment que faire. Décidément il n’avait aucun capacité d’adaptation ou de réflexion . Le plus grand des trois s’approcha alors du Hobbit terrorisé par son immense adversaire qui brandissait son épée au-dessus de lui prêt à la rabattre pour décapiter un Eugénion de nouveau comme paralysé.  Sa dernière vision serait elle donc celle d’un visage hirsute affichant un sourire en tout point sadique et  qui en plus empestait . Franchement  même les méchants pouvaient se laver , ce serait plus agréable pour les gentils lors des combats . Pourquoi fallait ils que les mauvais soient tous hideux et sales? Du moins dans les histoires…. Même dans ses derniers instants la pensée du petit philosophe continuait à se mouvoir , car cette pensée c’était ce qu’il était profondément. Alors que le coup fatal aurait dû arriver Eugénion entendit bien un bruit de choc mais sa tête était toujours là , il ouvrit alors un oeil et distingua dans la nuit la silhouette d’un homme qui avait rageusement bondi sur le bandit . Les deux hommes roulèrent à terre et se relevèrent rapidement , le nouveau venu , qui avait des airs d’ange providentiel pour Eugénion et Lithildren semblait être prêt à en découdre une longue épée à la main . Visiblement il n’en était pas à son coup d’essai au niveau affrontement au vu de sa cicatrice au nez .  

Le guerrier hirsute surpris par l’arrivée surprise de cet homme pouvait clairement voir les cheveux blonds et le regard bleu de son adversaire , un étrange pendentif brillait sur ses vêtements .  Le bandit se reprit , il avait un nouvel adversaire en face de lui et il comptait n’en faire qu’une bouchée ; il chargea le nouveau venu avec une discrétion toute relative a grand désespoir de Norfal.
La vue de cet être immense avait de quoi effrayer n’importe qui , mais le sauveur du Hobbit ne bougea pas d’un cil devant son adversaire ; il n’était justement pas n’importe qui : il était Erennel et il combattrait ce soir face à  trois sinon quatre adversaires de taille.





Dernière édition par Learamn le Lun 22 Aoû 2016 - 12:35, édité 1 fois
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Erennel
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Ven 31 Juil 2015 - 12:53
Erennel était à Bree depuis quelques jours déjà.

Il lui avait fallut faire une halte plus qu'indispensable. Ses réserves de nourriture s’appauvrissaient dangereusement.
Il avait franchi l'immense porte de la cité impressionné. La ville grouillait de monde. Il n'en avait jamais vu autant ; voyageurs, marchands venus de tout horizon et des… hobbits ?
Il n'avait pas eu l'occasion d'en croiser jusque là. Son père, quand il n'était pas saoul, lui en avait déjà parlé. Il lui avait même conté une histoire d'une communauté rassemblant hommes, nains, elfes et hobbits. Une légende pour enfants, un mélange si hétéroclite n'était pas imaginable. Ne serait-ce que penser qu'un elfe soit capable de s'associer avec d'autres espèces que la sienne... Ils étaient bien trop fiers.

Les rues étroites ne rendaient pas la circulation très fluide. L'axe principal était bloqué par deux chars venant en sens inverse et personne n'était disposé à céder le passage. Leur dispute mêlée à la cacophonie ambiante étaient des plus désagréables.
Décidément, il n'aimait pas cette ville.
Il s'adressa à une femme tenant un jeune enfant dans ses bras. Elle lui indiqua l'adresse du forgeron local.

Sa bourse faisant grise mine, il comptait lui demander s'il n'avait quelques travaux à lui confier.
Un homme imposant l'accueillit. Il devait avoir une cinquantaine d'année, son teint était hâlé et les rides qui marquaient son visage trahissaient le poids des ans.
Il éclata d'un grand rire qui secoua son épaisse chevelure bouclée argentée

- Si j'ai besoin d'aide ? Sûr, mon ami, du travail, y'en manque pas. Mais j'te préviens, faut pas être fainéant !

Erennel le savait, dans une forge, il y avait toujours beaucoup à faire.

Ainsi, contre le gîte, le couvert et quelques pièces d'or, il fut engagé.

Si la femme du forgeron était une hôtesse fort accueillante, sa cuisine, d'allure suspecte, était ce qui s'éloignait le plus du terme comestible. Même le chien de la maison, dont l'instinct de survie devait être très développé, n'en voulait pas. Il avait bien déjà essayé de lui donné son assiette en douce... bête ingrate !

Ainsi, un soir, prétextant une visite chez un ami, Erennel délaissa le couple dans l'espoir de dénicher quelque chose qui ne fit pas mal au ventre.
Il trouva une table au Poney Fringant, auberge dont le nombre débordant de clients laissait supposer une nourriture acceptable.

Il s'installa dans un coin sombre de la salle. Toute cette animation ne l'intéressait pas. Il voulait être tranquille.
Il commanda une soupe, une grosse part de viande et une bière pour faire passer le tout.
On tarda à le servir mais son attente fut récompensée.
Un délicieux fumet s'échappait de la soupe. Il porta sa cuillère à la bouche et fut totalement conquit. Il n'avait pas mangé d'aussi bon plat depuis... depuis... Merenda cuisinait si bien...

Un éclat de rire le sortit de ses pensées, un rire clair et pur. Il en chercha la provenance. C'était une elfe...
Ah, parce qu'ils savent rire, pensa-t-il.
Elle avait une magnifique chevelure blanche.
C'est sûr qu'ils sont très soucieux de leur apparence.
Elle était accompagnée d'un hobbit.
Tiens donc...
Il en avala un morceau de rutabaga de travers. Après avoir bu une gorgée de bière pour faire passer le légume récalcitrant, il reprit tranquillement sa soupe.
Ça se mélange donc maintenant. Décidément, le monde change.

Bientôt, il ne s'en intéressa plus. Il venait de finir sa soupe et décida de s'attaquer à sa viande.
Son goût était irréprochable, il s'en délecta quand il entendit la porte s'ouvrir bruyamment.
Trois hommes dont personne ne serait assez fou pour aller leur chercher des histoires au vu de leur impressionnante carrure venaient d'entrer.
Ils se dirigèrent vers une table proche de la sienne où se trouvait déjà un autre homme qu'il n'avait pas remarqué auparavant.

- Jamais la paix, Souffla-t-il.

Apparemment, ils ne l'avaient pas vu non plus étant donné les propos qu'ils échangèrent. Ils complotaient contre l'elfe et le hobbit. Ils avaient prévu d'enlever la fille et de tuer le semi-homme.
Il ne bougea pas tant que les quatre hommes furent présents. Heureusement, ils ne restèrent que le temps d'une bière, ils avaient visiblement d'autres choses à faire...

Quand il repartit dans la nuit, Erennel était songeur. Devait-il les prévenir ? Non, ce n'était pas ses affaires après tout et puis, l'elfe devait savoir se défendre armée comme elle l'était.

Il avait décidé de consacrer sa dernière journée aux achats du départ. L'histoire de la veille était sortie de sa tête et ça l'arrangeait bien.
Il se rendit chez le boucher où il prit une bonne réserve de viande séchée puis chez l'épicer pour faire le plein de fruits secs et gâteaux.
Il poursuivit ses achats ainsi, plutôt satisfait.
C'est alors qu'il croisa le hobbit qui sortait de chez le cordonnier.
Il décida de l'ignorer et partit en sens inverse.
Mais ses pensées l'envahirent

Elle sait se défendre mais lui...

Il s'arrêta songeur un instant puis fit volte-face et retourna sur ses pas.

Le hobbit avait disparu.
De toutes façons, tout cela ne le regardait pas et il avait un voyage à préparer.

Le soir venu, il s'esquiva une dernière fois lâchement avec une excuse encore plus mauvaise. Il n'en était pas fier mais il partait le lendemain, il fallait prendre des forces et son estomac comptait sur lui pour le protéger des repas soupçonneux de son hôtesse.
Il avait bien mangé la veille au Poney Fringant et voulait renouveler cette merveilleuse expérience.
La soirée était bien avancée déjà, le forgeron et sa femme avait longtemps insisté pour le garder auprès d'eux.

Par cette belle nuit étoilée, Erennel arpentait les rues, ravi du repas qu'il allait faire, il souriait presque.
Ses pensées absorbaient tellement son esprit qu'il ne se rendit pas compte immédiatement qu'il s'était perdu.

Il ragea contre lui-même d'arriver à se perdre dans une si petite ville et maugréa quelques paroles de colère intranscriptibles ici pour éviter de heurter la sensibilité du lecteur.
Plus il avançait et plus il était perdu. Il imagina la distance qui éloignait de plus en plus son délicieux repas de son estomac et cela le mit davantage en colère.
Il ne croisait personne qui aurait pu l'aider à retrouver son chemin et ce n'était pas plus mal car le vide de son estomac augmentait sa tension et son mauvais caractère.

Et c'est dans cet état d'esprit-là qu'il entendit du bruit au fond d'une impasse.
Il en prit la direction

- Enfin quelqu'un, j'espère qu'ils connaissent le Poney Fringant parce que...

Il ralenti le pas quand il comprit ce qu'il se passait. L'elfe de l'auberge et le hobbit étaient attaqués par les trois brutes.
De toute évidence, l'elfe connaissait son affaire, elle s' imposait, dagues en main, face aux colosses qui semblaient désemparés.

J'ai bien eu raison de ne pas m'en mêler, Oreilles Pointues se défend bien toute seule.

Mais ce qu'il vit ensuite le fit sortir de ses gonds.
Un type, celui du Poney Fringant, pensait-il, sortit de l'ombre et passa derrière l'elfe et lui mit un morceau tissus sur le visage. Le hobbit voulut la défendre mais inutilement, la fille s'évanouit.
L'homme de l'ombre cria aux autres

-Tuez le Semi-Homme bande d’abrutis ! 

Mais Erennel n'avait pas attendu ça, il avançait déjà rageusement , l'épée à la main. Ce qu'il détestait par dessus tout, c'était la lâcheté, ça l'énervait et ce soir-là, il était déjà très à cran.

Profitant de la surprise, il se rua sur le premier. Ce qui eut pour effet de faire tomber tout deux.
Dans la bousculade, le médaillon elfique sortit de son manteau.
Il se redressa immédiatement, n'y prêtant pas attention.
Son adversaire était debout face à lui.
Après un bref instant, le colosse se jeta sur Erennel.

Il ne bougea pas. Cet abruti n'avait aucune stratégie, il le déstabilisa sans problème, il n'eut plus qu'à l'assommer. Ce fut si facile qu'il en fut surprit lui-même.

Pendant tout ce temps, les deux autres regardaient la scène, ahuris. La vivacité d'esprit ne semblait pas être leur fort.
Erennel avait faim, son ventre gargouillait. Il était temps que ça se termine.
Il s'avança vers le deuxième, épée en main. L'homme réagit finalement et riposta. Enfin un combat normal !

Le troisième entra dans la danse. Erennel ne regrettait pas les leçons de lames que son cousin lui avait donné autrefois.
Par bonheur, ses adversaires n'étaient pas très habiles, ce n'était vraiment que des tas de muscles sans cervelle et sans rien d'autre.
Il eut tôt fait de désarmer l'un d'eux et, le menaçant de la pointe de sa lame, il lui dit :

- Vous avez intérêt à filer d'ici rapidement.

Son compagnon, figé par la peur, le regardait, ne sachant que faire. Erennel, agacé et pressé, cria :

- Déguerpissez !

Ils filèrent sans demander leur reste.
Il chercha le dernier du regard, il n'était déjà plus là.

- Bien, dit-il.

Il remit le pendentif sous ses habits, chargea Lithildren évanouie sur ses épaules et se retourna vers le hobbit médusé.

- Bon, le Poney Fringant, c'est où ?

Il avait faim.
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Lithildren Valbeön
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Ven 31 Juil 2015 - 14:28
Après mes perceptions à cette rue et une "agression" de vieille dame, je rentrais à l'auberge. Je n'avais toujours pas trouvé le moyen de parler à Eugénion de ses souvenirs. Cela reviendrait certainement sur le plateau.

La journée se termina plutôt bien, sans rien de plus. Le soir venu, Eugénion discutait avec l'aubergiste au sujet d'une tabatière. Je vis mon compagnon de route filer dans sa chambre et descendre, un air soucieux sur le visage. Il s'en alla après quelques mots échangés. Je le suivais de près, demi-lames à portée de main. Et j'eus raison.

Lorsque nous arrivâmes, je reconnus l'homme de la route. Je plissais les yeux. Je savais qu'il mentait, j'en étais si persuadée ! Les trois colosses tentèrent de tuer mon ami et de me prendre. Je sortais d'un geste vif mes lames, manquant d'égorger le plus près d'entre eux. D'un jeu de poignet parfaitement maîtrisé, je tenais les trois guerriers éloignés. J'entaillais les bras ou les joues de temps à autre. Ils se rétractèrent en voyant que j'étais prête à en découdre. Les tuer ne me dérangeait pas, j'en prendrais même un léger plaisir. Qu'ils osent toucher le...-

Qu'est-ce donc ? Je sens un bras se refermer autour de mon cou, et un tissu sur ma bouche et mon nez. Je bombe le torse en tentant de me débattre, mais je me sens divaguer rapidement. Je dois sortir de là, et vite...!! J'essaye d'agripper quelque chose, n'importe quoi. Je griffe l'espion dans mon dos avec mes ongles, près de l'oeil, juste assez pour faire une marque dont il se souviendra. Juste avant de plonger dans les ténèbres, j'entrevois et pense entendre un autre homme se battre pour sauver Eugénion des trois brutes. L'homme dans mon dos desserre son emprise, pris d'un coup de peur, et je tombe lourdement au sol. L'aile noir me recouvre enfin, et je sombre dans un abysse sans fin.

Elle ouvrit les yeux. Elle était dans une vaste forêt sombre. L'air ambiant était chargé, lourd. Elle mit un moment avant de voir un combat non loin. Sans contrôler quoi que ce soit, elle se dirigea vers le combat et se combattit avec hargne. Elle sombra de nouveau dans des ténèbres.

Elle mit un long moment avant de se réveiller. Elle était cette fois-ci dans un lieu sublimement décoré. Elle portait des habits orientaux, typiques de Rhûn, car c'est là qu'elle se trouvait. La jeune elfe jeta un oeil autour d'elle. Sa tête la faisait souffrir. Des femmes vinrent vers elle, mais Lithildren les repoussa.
- Où sont mes armes ? Mon cheval ? Où sont-ils ?!
Personne ne lui répondit. Ils rirent, au contraire. Lithildren sauta sur une jeune femme brune et la frappa. Des gardes entrèrent en criant et maîtrisèrent l'elfe rapidement. Lithildren était encore faible, et ne tint pas longtemps.

Elle fut enfermée dans une cage et exposée dans un grand hall, comme une bête de foire. D'autres femme s'y trouvaient aussi, exposées comme des colonnes. Une musique déchirant les tympans de l'elfe résonnait, et les femmes enfermées dansaient sensuellement. Les hommes passant à côté ouvrait parfois une cage, sortait la fille et allaient dans une chambre. Plus tard, ils revenaient et remettaient une jeune femme étourdie dans la cage, et le manège recommençait, avec des hommes différents pour chaque fille. L'un d'eux tenta de s'approcher de Lithildren l'elfe, alors qu'elle tentait de comprendre et de remettre ses idées aux claires. En tentant de passer une main sur ses yeux, Lithildren entendit un bruit de chaîne et comprit que ses poignets étaient attachés. L'homme devant elle avait le nez tordu et bleu. Il souriait.
- Quelle délicieuse diablesse ! Une délicate furie, une divine forcenée !
Elle grogna férocement et le foudroya du regard. Elle fit un mouvement en avant, comme pour bondir, mais les chaînes la stoppèrent, de même que les barreaux de cette immonde cage.
- Votre douleur semblera bien douce à la mort, lorsque je sortirais de cette immonde prison.
La haine montait en elle. Il éclata d'un rire gras et s'éloigna. Elle fut la seule sans eau, ni nourriture, ni plaisirs charnels. Chaque homme s'approchant lui riait au nez, l'insultait, la narguait, ou prenait plaisir à s'adonner à des actes charnels sur eux-mêmes.

Après plusieurs jours, elle fut de lâchée au milieu d'autres prisonniers. La rage explosa en voyant les gardes en rond autour d'eux. Lithildren s'approcha d'un garde et d'un geste rapide, elle prit une épée et attaqua violemment les gardes. Elle égorgea deux gardes et blessa gravement huit autres gardes, tranchant des artères à trois d'entre eux. Les prisonniers étaient apeurés et s'étaient joints à elle. Mais une autre volée de gardes arriva et maîtrisa Lithildren en l'assommant encore une fois. Elle fut attachée en suspension dans une cellule moisie, humide, puante. Un homme lui donna de la nourriture. Elle était si affamée qu'elle mangea. Le monde se mit à tourner autour d'elle ; ses yeux se révulsèrent et, après une série de spasmes, elle tomba dans l'inconscience jusqu'au lendemain.


J'ouvris les yeux en prenant une longue et bruyante inspiration. je regardais autour de moi, affolée. Je mis un moment à me rendre compte que je me trouvais dans une chambre inconnue de mes souvenirs. J'étais allongée dans un lit, sans ma cape ni mes armes ni mes bottes. J'étais habillée de mon débardeur et mon pantalon seulement, ainsi que mes protections aux avant-bras. J'haletais, et transpirait. Ma respiration se fit normale après un moment. J'étais seule dans la chambre, avec un atroce mal de crâne, et une question : Où suis-je ?
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Learamn
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Dim 2 Aoû 2015 - 13:41


C’était la fin ; les fabuleuses aventures d’Eugénion prendraient donc fin dans une sombre ruelle de Bree . Égorgé sans sommations , était-ce ainsi que le sage Hobbit devait finir? Lithildren ne pouvait plus le défendre à présent , un homme avait surgi de l’ombre dans son dos et l’avait attaqué par surprise ; le Semi-Homme se retrouvait seul face à ces trois colosses et il ne faisait assurément pas le poids . Tetanisé et incapable de faire un geste face au guerrier qui lui faisait face , Eugénion ferma les yeux et attendit le choc de l’épée qui séparerait sa tête du reste de son corps ; mais il ne sentit rien . La mort était elle si peu douloureuse? Ce n’était pas si terrible d’être décapité en fin de compte , il n’avait rien senti. Prudemment il ouvrit les yeux et se toucha le visage comme pour s’assurer que sa tête était bien en place ; il était toujours vivant et sans la moindre égratignure. En effet un homme mystérieux venant d’il ne savait où était intervenu de façon miraculeuse pour sauver la vie d’Eugénion. Le nouveau venu qui avait des airs d’ange salvateur aux yeux du philosophe voyageur neutralisa avec une aisance déconcertante le premier adversaire qui s’était retrouvé étendu sur le sol sans avoir compris ce qui lui était arrivé , un dernier coup de pied bien placé l’assomma violemment. Les deux autres guerriers mirent un temps certain à réagir , de toute évidence ils n’étaient pas de grands et redoutables combattants , ils finirent tout de même par attaquer ensemble cet intrus qui n’était pas prévu dans le plan ; un intrus qui se défendait d’ailleurs fort bien. Les deux brutes attaquaient à deux certes , mais de façon individuelle , sans aucune coordination dans leurs attaques si bien qu’Erennel aurait pu avoir l’impression d’affronter un seul adversaire peu doué. D’une parade habile , il désarma l’un de ses vis-à-vis et pointa sa lame en dessous de sa gorge et il les conseilla de filer au plus vite. Les deux agresseurs ne se firent pas prier et filèrent sans demander leur reste , disparaissant dans la nuit de Bree . Eugénion encore tout tremblant et profondément choqué par la scène inattendue à laquelle il venait d’assister dut s’asseoir par terre ; ses jambes flageolantes ne pouvaient plus le soutenir. Il avait été attaqué par surprise par trois agresseurs peu commodes ; il avait vu son amie se faire malmener par un homme inquiétant et il était passé à deux doigt de la mort avant l’arrivée salvatrice d’un inconnu bienvenu . C’en était sûrement trop pour son petit coeur de Hobbit qui battait la chamade . Il eut toutes les peines du monde à balbutier un timide remerciement au nouveau venu qui semblait plus préoccupé par l’adresse du Poney Fringant. Une adresse que le Semi-Homme était bien incapable de lui donner dans son état actuel . Et ce n’était pas Lithildren qui risquait de l’aider , l’elfe aux cheveux d’argent était au sol , étourdie par le chloroforme qui lui avait fait perdre connaissance ; de son côté l’espion avait filé en toute discrétion . Un silence pesant s’installa pendant quelques secondes , puis en voyant qu’il n’obtiendrai pas plus de renseignements Erennel s’apprêta à repartir en quête d’un bon plat chaud . Mais il n’avait pas encore bougé que de nombreux bruits de pas se firent entendre et une voix forte résonna dans la ruelle

-Holà ! Qu’est ce qui s’est passé ici ? Répondez ou je vous fait arrêter !

Ce n’étaient pas des menaces en l’air qui venaient d’être prononcés car l’homme qui venait de parler était un sergent de la Garde Marchande qui commandait une patrouille d’une demi dizaine de soldats . Ceux ci étaient entraînés et prêt à intervenir si la situation l’imposait. La patrouille avait été alertée par des bruits de lutte alors qu’elle faisait sa ronde nocturne habituel , ils avaient accourus ici au plus vite mais l’affrontement était déjà terminé . A présent le sous-officier arnorien était décidé à tirer la situation au clair . D’un signe de la main il ordonna à l’un de ses hommes qui tenait une torche de s’approcher pour éclairer un peu plus le lieu . Le sergent observa silencieusement ce qu’il avait sous les yeux et fronça les sourcils ; tout ceci était bien étrange. Deux individus étaient étendus sur le sol , évanouis : un colosse sale et hirsute et une frêle jeune femme à la beauté trop inhabituelle pour être humaine ; un Hobbit terrifié et tremblant de peur s’était assis sur le sol et un homme blond se tenait debout . Le sous-officier se gratta la tête ; c’était bien la première fois qu’il était confronté à une telle situation ; d’ordinaire son travail de patrouille se limitait à calmer ou arrêter quelques ivrognes devenus violents mais là la scène était plutôt atypique et il n’avait strictement aucune idée de la procédure à suivre et s’il fallait croire ce que l’homme lui dirait .

Ils étaient dans de beaux draps…

Alors qu’il attendait les explications d’Erennel , le soldat réfléchissait à ce qu’il ferait dans l’immédiat ; la solution la plus logique serait d’embarquer tout le monde et attendre les directives du capitaine et les résultats d’une potentielle enquête. C’est alors qu’une nouvelle voix , plus apaisée et calme , se fit entendre

-Enur ! Cet homme n’est pas responsable !

Le sergent , surpris d’entendre son prénom et une voix familière , fit volte-face. Une silhouette avançait dans leur direction dans l’obscurité , le visage du sous-officier se fendit alors d’un honnête sourire

-Nunne ! Diable ! Que fais -tu ici?

L’homme s’approcha un peu plus ; c’était un homme encore jeune , ayant entre vingt et trente ans , il avait le teint mat et des cheveux auburn coupés mi-long . Ses yeux couleur noisette semblait appeler le calme et l’apaisement . Si elle avait été consciente Lithildren aurait pu reconnaître cet homme , c’était l’ébéniste qu’elle avait brièvement rencontrée un peu plus tôt dans la journée. Le dénommé Nunne répondit au sergent Enur

- Je rentrais d’une livraison tardive quand je suis passé pas loin d’ici , alerté par des bruits de combat je me suis empressé de venir observer ce qui se passait sous mes yeux .

-Ah et qu’as tu vu ?

-Trois hommes ont agressé le Hobbit et l’elfe , ils étaient venus pour tuer et le sang aurait coulé si cet homme n’était pas intervenu pour leur sauver la mise .

-Tu es sûr de ce que tu avances ?
Fit Enur presque convaincu par la parole d’un ami de confiance mais dont le professionnalisme militaire le forçait à garder une ultime point de suspicion .

- J’en suis au moins aussi certain que la table de ta cuisine est faite en chêne.

Le sergent Enur se mit alors à rire et tapa amicalement sur l’épaule de son ami ébéniste .

- Je suis heureux que tu sois là , j’étais vraiment trop fatigué pour m’occuper d’enquêter sur une telle histoire moi !

-Embarque le grand barbu là et c’est tout ; les autres sont innocents .

-Bon ! Allez - y!


Les gardes marchands s’empressèrent alors d’aller soulever , non sans peine le colosse , et de le transporter jusqu’au poste de commandement . Le jeune ébéniste , qui apparaissait dorénavant comme un second ange salvateur pour un Eugénion de plus en plus désorienté , s’approcha et il indiqua d’un signe à Erennel de ne pas s’éloigner . Les soldats embarquèrent l’agresseur et disparurent le plus promptement possible sous les ordre du sergent Enur , bien heureux de ne pas avoir à s’occuper d’une telle affaire qui l’aurait ennuyé en pleine nuit alors qu’il ne songeait plus qu’à la relève. L’ébéniste promena son regard sur la scène , ce dernier s’attarda sur l’arme de l’agresseur qui se trouvait au sol ; il s’en approcha lentement et la prit dans ses mains . Il l’observa de façon minutieuse et ses yeux s’écarquillèrent de surprise et de crainte quand il vit le sceau qui marqué sur la garde de la lame ; un blason qu’il aurait reconnu entre mille : une couronne cerclée de fer .

-C’est impossible...
murmura-t-il en laissant retomber l’épée .

Le jeune homme , indiscutablement troublé était dans un état proche de celui d’une personne qui aurait vu apparaître des fantômes. Et c’était plus ou moins ce qu’il venait de voir. Il observa ensuite l’elfe étendue sans connaissance au sol et mit peu de temps à reconnaître Lithildren qu’il avait bousculé involontairement un peu plus tôt ; il avait aussi aperçu le Semi-Homme à l’auberge mais pour l’instant seul Erennel semblait être en mesure de lui répondre .

-Vous ne devez pas rester ici ni retourner au Poney Fringant , pas pour l’instant c’est trop risqué . Les hommes qui en ont après vous sont des personnes dangereuses et s’ils en ont après vous d’autres guerriers plu doués rappliqueront .

Il sembla hésiter quelques secondes avant de reprendre d’une voix décidée .

-Venez chez moi , vous y serez en sécurité .

Il y eut à nouveau un moment de silence pesant ; Eugénion se remettait peu à peu de ses émotions et Erennel semblait sceptique et puis il commençait à avoir vraiment faim . De plus il fit comprendre à l’ébéniste que ce n’était pas à lui qu’il fallait demander de porter l’elfe . Soulever une Oreille Pointue? Et puis quoi encore ? La sauver était largement suffisant .
Le jeune artisan comprit le message et alla soulever délicatement l’elfe amnésique sans être réellement intimidée, si le contact avec les elfes avait toujours quelque chose de particulier l’homme lui semblait le connaître , l’avoir déjà vécu à l’inverse de l’écrasante majorité des habitants du village. Lithildren dans les bras il prit donc la direction de sa maison , Eugénion était déjà sur ses talons ; le petit Hobbit ne désirait pas être séparée de l’elfe et dans un sens l’ébéniste le rassurait un peu plus que le guerrier blond , certes ce dernier l’avait sauvé d’une mort certaine mais il était tout de même un peu inquiétant .
Derrière Erennel hésita un moment , il mit un certain temps à se décider. D’abord il voulut se remettre en quête du Poney Fringant puis finalement il se rendit compte que dans l’obscurité ambiante il n’avait strictement aucune idée du chemin à emprunter et finalement peu de monde pouvait à cette heure-ci le renseigner . S’il voulait avoir un endroit où il pourrait peut-être manger convenablement c’était peut-être chez ce curieux ébéniste , tant qu’il évitait la mixture immonde qui n’avait de “repas” que le nom que préparait la femme du forgeron c’était déjà ça . Il leur emboîta donc le pas. Sur le chemin , le jeune artisan répondit à la question silencieuse qu’Eugénion et Erennel se posaient sûrement

-Je n’ai pas été tout à fait honnête avec le sergent Enur , je n’ai pas pu voir toute la scène ; si j’étais arrivé à temps je serai intervenu . Tout ce que j’ai pu voir c’est deux hommes à la large carrure fuir le plus rapidement possible dans les rues du village puis je suis tombé sur vous et la patrouille . Quelques secondes d’observation m’ont permis de me faire une idée de la scène . Quant à vous , il se tourna vers Erennel , je vous avais croisé quelques minutes plus tôt dans les rues en quête du Poney Fringant ; il me semblait évident que vous ne fassiez pas partie du complot . Et puis votre arme et différente de la leur .


Ils marchèrent ainsi pendant quelques minutes puis s’arrêtèrent devant une porte ouvragée , le plus silencieusement possible le jeune homme glissa la clef dans la serrure et poussa la porte. Il leur chuchota

-Ma femme , Amiel , doit dormir à l’heure qu’il est . S’il vous plaît évitez d’être trop bruyant . Je vais monter l’elfe dans une chambre . Attendez moi ici .

Il porta l’elfe à l’étage sans encombre , la frêle Lithildren était remarquablement légère . Il la plaça avec attention dans la chambre d’invité et la défit de sa cape de voyage sans toutefois oser la déshabiller plus ; il était un homme respectueux et jamais il ne s’imaginait pouvoir ainsi profiter d’une telle situation et puis il était marié et bientôt père et il devait accepter toutes les responsabilités qui allaient avec.

Il redescendit dans l’âtre et voyant l’état d’Eugénion il conclut que bien qu’intact physiquement le Hobbit avait lui aussi besoin de repos . Le philosophe , encore en état de choc , était pour une fois étonnamment silencieux , incapable de prononcer une phrase un tant soit peu cohérente. Une bonne nuit de repos devrait l’aider à se remettre les idées en places , quoique les idées d’Eugénion n’ont jamais vraiment été en place. L’ébéniste conduisit donc le marchand ambulant dans une autre minuscule chambre déjà aménagée pour le futur nourrisson puis il revint vers Erennel silencieux bien que les gargouillis de son ventre en disaient long.

-Vous avez faim?

Le forgeron blond répondit à l’affirmative d’un hochement de tête . L’ébéniste s’empressa alors de sortir une miche de pain qu’il tendit à son invité et il alla remplir une chope de bière . Puis il sortit deux petites sardines encore fraîches qu’il mit à griller sur le feu avant de les placer dans une assiette et de les tendre avec Erennel qui calmait déjà son appétit avec le pain.

-Je suis Nunne , Nunne Adelne . Et vous êtes?

Il marqua une pause .

-Je suis curieux de savoir ce qui vous a poussé à intervenir en faveur de ce curieux duo de voyageurs et si vous avez déjà rencontré les agresseurs par le passé. Mais pou l’instant mangez et reposez vous sur le divan vous en avez bien besoin . Nous aurons tout le temps de discuter de cela demain.


Le dénommé Nunne se leva alors et monta à l’étage pour se coucher au côté de sa femme et lui annoncer le plus calmement du monde qu’il avait invité à dormir une elfe , un Hobbit et un homme inconnu chez eux.



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Le lendemain matin , la belle Amiel ; une jeune femme aux longs et ondulés cheveux blonds , s’affairait à préparer une belle table pour le petit déjeuner de leurs invités . Erennel s’était réveillé avant tout le monde et il attendait pensif sur le divan ;Lithildren et Eugénion n’avait pas encore quitté leur chambre . Nunne s’approcha alors du forgeron et s’asseoir à côté de lui .

-Avez vous bien dormi?
Lui demanda-t-il .

Sans vraiment attendre de réponse l’artisan enchaîna

-Alors êtes-vous prêt à me parler de vous et de la raison de votre présence et de votre intervention ? Vous avez été courageux en intervenant ainsi mais il se pourrait qu’en faisant cela vous veniez de plonger dans quelque chose de plus grand qui risque de vous suivre un moment .

Les deux hommes se regardèrent dans les yeux , décidés à percer les mystères de l’autre.

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Dans la nuit un cavalier solitaire galopait à toute allure sur un petit sentier peu emprunté par de rares voyageurs . Norfal fulminait intérieurement : ils avaient échoués . Ces trois abrutis avaient échoués à neutraliser l’elfe et à tuer le Semi-Homme et ces couards , ces lâches avaient fui devant un inconnu qui les avaient ridiculisés au combat , l’un d’eux avait même réussi à se faire prendre . Un inconnu qui avait réussi à contrer leur plan , il était si près du but , il tenait l’elfe et avait réussi à lui faire perdre connaissance . Une histoire de quelques secondes ; que dirait Oropher ? Il arrêta sa monture devant ce qui semblait être une ancienne casemate militaire désaffectée . Alors qu’il s’approchait de la porte un garde lui barra la route

-Mot de passe ?
fit-il d’une voix qui ne souffrait d’aucune forme de politesse ou de courtoise .

-Plat froid
. Répondit l’espion en entrant dans la petite bâtisse .

Celle-ci était composée d’une grande pièce centrale et d’autres petites salles annexes dans des état plus ou moins importants de délabrement . La salle principale avait été relativement épargnée par les années et était à peu près intacte , elle était éclairée de quelques chadelles posées sur de vieux lustres accrochées au plafond ; au fond quelques personnes discutaient entre elles autour d’une silhouette assise au centre . Alors que tous n’avaient ni vu ni entendu l’arrivée de Norfal , silencieux comme son ombre , l’homme assis au centre l’avait lui bien perçu . D’une voix autoritaire il ordonna

- Sortez d’ici ! Sortez tous !

Les hommes s’échangèrent bien quelques regards incrédules devant cet ordre soudain et violent mais il ne protestèrent pas , de toute évidence l’autorité de la personne assise ne souffrait d’aucune contestation . Et si ce dernier avait pu voir arriver Norfal alors qu’aucun homme ne l’avait aperçu c’était justement car ce n’était pas un humain. Alors que les hommes sortirent de la pièce les uns après les autres , l’espion s’approcha du chef ; un elfe assis sur son trône de fortune , à savoir une chaise en frêne . Il était grand , ses longs et lisses cheveux bruns tombaient sur son torse , ses yeux verts brillaient dans la pénombre , il était vêtu d’une armure très légère mais protectrice et un bel arc elfique était posé à ses pieds avec un carquois bien fourni . L’elfe aurait pu être beau et inspirait la confiance si une grande et profonde cicatrice qui courait depuis la temps jusqu’à sa gorge ne défigurait la partie gauche de son visage , il aurait été agréable à regarder si sa fine et belle bouche ne se déformait pas dans un rictus vengeur et hostile , il aurait inspiré la confiance à quiconque si ses beaux yeux ne brillaient pas d’une lueur meurtrière : c’était Oropher Elanessë .

-Quelles nouvelles m’apporte tu Norfal ?
Fit l’elfe de sa voix suave

- J’avais réussi à localiser l’elfe et le Semi-Homme et à les isoler mais les trois guerriers ont échoué . Ils n’ont pas été capable de les neutraliser notamment à cause de l’intervention d’un homme armé et robuste .

-L’intervention d’un homme? Un homme a fait reculé nos trois colosses?

Les traits d’Oropher se durcirent alors , et toute trace d’apaisement avait disparu de ses traits . Il fulminait intérieurement , la colère le rongeait ; il arrivait la plupart du temps à la canaliser mais parfois elle ressurgissait sans crier gare car les blessures du passé étaient trop profondes. Mais toujours cette colère restait différente de celle des humains , elle semblait plus pure ; le coeur des elfes était bien différent

-Ah ! Les incapables ! Les couards! Les lâches! Les traîtres ! Je savais qu’on ne pouvait pas leur faire confiance. Sommes-nous toujours obligé de tout faire nous même?

Il se leva alors et se saisit de son arc et de ses flèches

-Norfal , tu es un des meilleurs éléments de notre petit groupe ; viens avec moi et demande à Gommer et Prash de se préparer , ils viennent aussi . Nous allons nous occuper de ces trois là …

Oropher enfourcha son cheval , le regard fixé vers l’horizon ; décidé à régler cette histoire une bonne fois pour toute .



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Erennel
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Mar 4 Aoû 2015 - 14:20
Erennel attendait la réponse du semi-homme mais celle-ci ne venait pas. Il semblait complètement perturbé par les événements et ça ne faisait pas son affaire.

Il est pas très loquace.

Il attendit encore quelques instants pour se donner l'illusion qu'il était patient. Puis, d'un air désespéré, leva les yeux au ciel.

Faut croire que c'est pas mon jour.

Il se décida alors à partir jugeant qu'il ne pourrait rien en tirer quand...

-Holà ! Qu’est ce qui s’est passé ici ? Répondez ou je vous fait arrêter !

Vraiment pas mon jour.

Des soldats venaient d'arriver, sans doute attirés par  les bruits de lutte. Ils  éclairèrent la scène à l'aide d'une torche. L'officier semblait dépassé par ce qu'il voyait. Il attendit une explication d'Erennel. Mais il ne voyait pas ce qu'il pouvait lui dire. Et puis, il n'en avait pas envie. Tout ceci ne le regardait pas, il avait juste fait une ''petite intervention'' et n'avait pas envie de se justifier. Seulement, au fond de lui, une petite voix lui fit comprendre que le sergent ne se contenterait pas de ce point de vue. Il voulut faire une tentative d’explication mais l'homme en uniforme donna l'ordre de les arrêter avant même qu'il eut ouvert la bouche.

Mais pourquoi ne s'était-il pas contenté de l'horrible pitance qui lui était destiné ?
Une nouvelle personne intervint.

Décidément, il y a du monde. Et dire qu'il n'y avait personne quand j'en avais besoin.

-Enur ! Cet homme n’est pas responsable ! 

Quel homme sympathique, Songea-t-il, surtout soulagé.

Il écouta attentivement la suite des propos qui pouvaient peut-être changer leur avenir immédiat.
Le type, qui s'appelait apparemment Nunne, avait assisté à toute la scène. Le sergent semblait bien le connaître et lui fit confiance.
Finalement, ils n'embarquèrent que celui qu'il avait assommé.
L'affaire était réglée, Erennel s'apprêtait à repartir.
Mais, c'eut été trop simple, l'homme qui venait de les sauver, lui fit signe de na pas bouger. Maugréant un peu, il obéit toutefois. Les soldats s'éloignèrent.

L'ébéniste ramassa l'arme de l'adversaire, la regarda avec attention et la relâcha, extrêmement troublé.
Il leur annonça qu'il ne fallait pas retourner au Poney Fringant, que c'était risqué et que les personnes qui en avaient après eux étaient très dangereux.

Erennel avait l'impression qu'il lui avait enfoncé la lame dans le ventre.

Ne pas retourner au Poney Fringant ? Mais il avait faim, lui, et puis, c'était après eux qu'ils en avaient.

-Venez chez moi , vous y serez en sécurité, ajouta t-il

Il n'avait pas vraiment envie de les suivre, il ne les connaissait même pas et puis, il pouvait toujours rêver s'il s'imaginait qu'il allait porter l'autre fardeau, il les avait sauvés, ça s'arrêtait là.

Le jeune homme prit en charge l'elfe. Il le fit avec une grande délicatesse. Erennel ne comprenait pas l'intérêt de tant de manière.

Le hobbit le suivit.

Lui, préférait se rendre au Poney Fringant, il n'avait plus rien à faire avec eux.

Oui, mais... par où ?

Il avait encore moins de chance de croiser quelqu'un maintenant. Peut-être qu'il y aurait quelque chose à manger chez cet homme.
Et puis...  une petite voix au fond de lui, une toute toute petite voix bien sûr, voulait savoir quel mystère se cachait derrière toute cette histoire.
Mais il aurait préféré mourir plutôt que de l'admettre.

Sur le chemin, l'artisan leur avoua :

-Je n’ai pas été tout à fait honnête avec le sergent Enur , je n’ai pas pu voir toute la scène ; si j’étais arrivé à temps je serai intervenu . Tout ce que j’ai pu voir c’est deux hommes à la large carrure fuir le plus rapidement possible dans les rues du village puis je suis tombé sur vous et la patrouille . Quelques secondes d’observation m’ont permis de me faire une idée de la scène . Quant à vous , il se tourna vers Erennel , je vous avais croisé quelques minutes plus tôt dans les rues en quête du Poney Fringant ; il me semblait évident que vous ne fassiez pas partie du complot . Et puis votre arme et différente de la leur .

Et il m'a vu... Et il n'a pas compris que j'étais paumé, dans un lieu comme ça, j'étais forcément paumé. Ça ne lui serait pas venu à l'esprit que j'avais besoin d'aide pour retrouver mon chemin. Et je ne serais pas là. Et je serais en train de manger.

Ils arrivèrent et entrèrent en silence pour ne pas réveiller la femme de l'ébéniste. Celui-ci porta l'elfe à l'étage et conduisit le hobbit encore choqué dans une chambre.

Il proposa ensuite à manger à Erennel dont les gargouillis affamés de son ventre n'avaient rien de discret.

Hum, quel plaisir était-ce de sentir ces morceaux de pain descendre tout doucement le long de son œsophage. Il but une gorgée de bière qui compléta cet effet bienheureux.
L'odeur des sardines qui grillaient lui grattouillait délicieusement le nez.

L'ébéniste en lui tendant l'assiette lui dit :

- Je suis Nunne. Nunne Adelne. Et vous êtes ?

Erennel le dévisagea un instant, hésita et répondit :

- Erennel Golvan.

Et il replongea dans son assiette sans rien ajouter d'autre. D'une oreille distraite, il l'écouta poursuivre :

-Je suis curieux de savoir ce qui vous a poussé à intervenir en faveur de ce curieux duo de voyageurs et si vous avez déjà rencontré les agresseurs par le passé. Mais pou l’instant mangez et reposez vous sur le divan vous en avez bien besoin . Nous aurons tout le temps de discuter de cela demain. 

Il termina tranquillement son repas pendant que Nunne montait se coucher.
Rassasié et content d'avoir pu satisfaire les désirs de son estomac, il s'étira longuement et rejoignit le divan.
Avant de s'endormir, il songea aux derniers événements de la journée et se demanda dans quoi il avait pu se fourrer.
Décidément, les elfes ne lui apportaient que des ennuis.

--------------------------

Le soleil étirait déjà ses premiers rayons quand Erennel ouvrit les paupières. Il lui fallut quelques instants pour se rappeler de l'endroit où il se trouvait.
Il s'assit sur le divan, observa la pièce d'un œil nouveau. Le lieu était très modeste mais bien entretenu et coquettement décoré.
La maîtresse de maison avait sans aucun doute beaucoup de goût.
Celle-ci descendait justement. Elle lui adressa un sourire et lui souhaita la bienvenue.
Erennel la dévisagea et marmonna quelque chose qui, pour lui, signifiait bonjour.

Amiel s'activa pour préparer le petit-déjeuner en se demandant quel genre d'invités avait ramené son mari et si les autres seraient aussi agréables.

Il observait pensivement la malle magnifiquement décorée dans le fond de la pièce qui lui rappelait qu'il se trouvait chez un ébéniste quand Nunne entra. Il s'assit auprès de lui en lui demandant s'il avait bien dormi et poursuivit :

-Alors êtes-vous prêt à me parler de vous et de la raison de votre présence et de votre intervention ? Vous avez été courageux en intervenant ainsi mais il se pourrait qu’en faisant cela vous veniez de plonger dans quelque chose de plus grand qui risque de vous suivre un moment.

Ils s'observèrent longuement tous les deux, le forgeron n'était pas décidé à raconter sa vie à l'ébéniste. Alors il lui demanda :

- Et l'épée que vous aviez en main hier, qu'a-t-elle de particulier ?

Nunne semblait hésiter. Il réfléchit un instant.
C'est à ce moment que l'elfe aux cheveux argentés apparut.
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Lithildren Valbeön
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Mar 4 Aoû 2015 - 22:32
Je restais un moment allongée, immobile, sans rien faire. mes membres étaient douloureux, engourdis. Combien de temps avait-elle dormi ? Au vue des rayons du soleil, elle n'était inconsciente qu'une nuit. Néanmoins, le souvenir qui était remonté à la surface avait filé. De même que le souvenir précédent devenait flou. Ce que l'espion avait utilisé pour m'endormir avait réveillé en moi des souvenirs, et autre chose. Comme si je revivais le passé. Mon esprit semblait avoir effacé la soirée d'hier.

Je dû faire un effort douloureux pour me rappeler le combat d'hier. Mes muscles me firent un mal de chien lorsque je tentais de me redresser. Mes membres engourdis me tiraillaient, et je manquais de crier de douleur, mais un grognement franchit mes lèvres. Je me redressais pour enfin m'asseoir, mais cette simple action me coûta de l'énergie et me rapporta de la douleur. Je restais assise, le temps que mes vertiges cessent et que la douleur s'atténue. Quelques minutes passèrent. Lorsque je me sentis mieux, je posais mes pieds au sol et tentais de marcher. Le simple fait de me tenir debout me fit tomber.

Mais que se passe-t-il ? Des flashs douloureux se présentèrent à ma mémoire. Des flashs violents de mon passé me revenaient. Je grognais et pressais ma tête entre mes mains. Ce chloroforme avait eut l'effet d'une drogue violente, ou alors, avait réveillé des effets passés d'une chose similaire. Je suis incapable de comprendre cette violence dans ma tête. Je reste allongée sur le sol un long moment avant de me redresser.

Je me lève et titube, puis finis par rester debout plus de quelques secondes d'affilées. Je reste debout un moment, immobile. Puis je regarde autour de moi. La pièce est joliment décorée, bien que ce soit simple. Des meubles en chêne avec des décorations gravées, des statuettes en ébène ou en bouleau et une décoration étrange en buis. J'eus un sourire face à cette simple beauté. Une chose simple est parfois bien plus belle qu'une chose compliquée.

La, ou les, personne(s) vivant ici ont un goût pour le bois et la jolie décoration. Peut-être un client de l'ébéniste aperçut la veille ? Ou lui-même en personne. J'hausse les épaules à cette idée. Puis je sens enfin un courant d'air frais sur mes épaules. Je regardais mon corps sans cape, et me sentit nue. J'eus une pensée qui me fit vivement rougir : est-ce que la personne m'ayant retiré mes bottes et ma cape m'a touchée plus ?! Cela me fait frissonner de dégoût en imaginant un homme me toucher plus qu'il ne le devrait. Cela me remplit aussi d'une inexplicable haine, et me fait tressaillir. Bon sang, je devrais me calmer. Maintenant. Respirer un bon coup, se détendre... voilà, c'est mieux.

Je repère ma cape sur une chaise et décide de ne pas l'enfiler. Mon débardeur laisse à peine voir mon nombril, ça ne fait rien. Je remets cependant mes bottes et sort de la chambre. Je ne croise personne à l'étage. l'escalier n'est pas loin. Je descends dans un silence de mort l'escalier et arrive à entendre une bribe de discussion.

- ...plonger dans quelque chose de plus grand qui risque de vous suivre un moment.

Un silence s'abat entre la personne ayant prononcer ces mots, que je reconnais être l'ébéniste de la veille, et la personne à qui il a dit ces mots. En m'approchant, je distingue un grand homme blond assis sur un divan avec l'ébéniste assis près de lui. J'entends une jeune femme très belle et visiblement enceinte s'affairer pour faire de quoi manger.

- Et l'épée que vous aviez en main hier, qu'a-t-elle de particulier ?

Quand l'ébéniste allait répondre après une grande hésitation, il leva les yeux et me vit. Il se raidit, enfin je le sentis ainsi. L'homme blond, un grand gaillard bien en forme, se retourna vers moi et son regard me glaça le sang. Un regard plein de mépris, presque de la haine, mais teinté d'indifférence. J'ignore si ce fût à cause de mes cheveux, de mes yeux, ou de ma race. Quoi qu'il en soit, je suis un peu gêné sans le montrer d'être sans ma cape. Mon corps est bien plus svelte et gracieux, sans me vanter, que les humaines classiques. Je descends totalement les marches et regarde les deux hommes.

- Navrée d'interrompre votre discussion, certainement intéressante, au demeurant.
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Learamn
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Jeu 6 Aoû 2015 - 14:06


Il est courant de dire que la nuit porte conseil , en l'occurrence pour Eugénion elle avait surtout apportée le repos et l’apaisement après une soirée très agités , sans nul doute trop agité pour son petit coeur qui avait du battre des recordes de vitesse de battements à la seconde. Le Hobbit avait bien cru y rester dans cette sombre impasse et ce malgré la vaillance de Lithildren qui s’était battue avant d’être maîtrisée ; s’il était en vie c’était grâce à l’intervention providentielle d’un homme grand , robuste et blond qui avait affronté les agresseurs , et s’ils ne croupissaient pas dans une geôle en train de subir un interrogatoire c’était encore grâce à un seconde intervention miraculeuse et bienvenue d’un citoyen qui les avaient amené jusque chez lui pour qu’ils y passent la nuit. Le philosophe se redressa sur son lit , de toute évidence trop grand pour lui bien que ce ne soit pas particulièrement désagréable de dormir dans une large couchette.  De fins rideaux de dentelles accrochés à la fenêtres filtraient les rayons d’un soleil matinal qui avait déjà bien amorcé son ascension quotidienne ; la chambre dans laquelle il se trouvait était petite mais coquette . Les propriétaires n’avaient pas encombrés l’espace de bibelots et décorations grandiloquentes inutiles ; il y avait simplement une belle étagère de chêne sculptée sur laquelle était posée quelques livres , au fond de la pièce il y avait une grande armoire , elle aussi en bois . Près de la fenêtre se trouvait un beau bureau avec un peu d’encre et de papier , une chaise elle aussi faite de bois était posée devant et puis il y avait ce grand et beau lit de cyprès dans lequel Eugénion , encore en état de choc , s’était assoupi la veille au soir.

En cette matinée , le Semi-Homme avait retrouvé ses esprits et semblait s’être bien remis de ses éprouvantes péripéties nocturnes . Ses étranges pensées commençaient à se reformer et à voyager dans les tréfonds de sa conscience.   Il était passé si près de la mort et ce qui s’était produit relevait presque du miracle. Se pourrait il que les Valars ou qu’une quelconque force divine et supérieure soit intervenue pour sauver sa vie? Était-ce seulement une hypothèse potentiellement envisageable? Non , non ,non et non ! Voyons ! Il fallait qu’il se reprenne ; les dieux et autres anges n’existaient pas , un point c’est tout. Ce ne sont que des des croyances populaires entretenues par les puissants et qui sont bonnes  à jeter aux orties.  Mais alors qu’est ce qui avait poussé cet homme mystérieux à intervenir rageusement? Et pourquoi cet ébéniste était il venu leur sauver la mise ? Que cachait ces deux hommes ? Quelles étaient leurs intentions ? Quelles étaient leurs motivations? Les questions étaient légitimes et Eugénion comptait bien récolter des réponses au plus vite .

Ses larges pieds velus ne touchaient pas le sol alors qu’il était assis sur le matelas , il descendit donc d’un habile bond  et s’habilla en vitesse avec une attention particulière . Quelque soient les circonstances ; il restait un invité dans la demeure d’un citoyen et en tant qu'invité il se devait de conserver un minimum d’allure .  Il replaça son mouchoir qui reposait sur sa table de nuit dans sa poche et embarqua sa pipe avec ; au final l nuit n’avait pas été si malheureuse car dans l’agitation le bandit avait lâché sa bourse d’herbe à pipe et le marchand ambulant avait pu la récupérer aussitôt.  Il sortit de la chambre et entendit des voix à l’étage inférieur , quelques mètres devant lui il pouvait voir Lithildren qui descendaient gracieusement les marches et qui s’adressait à deux hommes installés en contrebas . Elle descend totalement les escaliers et Eugénion la suit alors le plus promptement possible et descend à son tour .  Sous ses pieds les marches grincent un peu , le Hobbit fronce les sourcils , quand l’elfe était passé les marches étaient restées silencieuse ; était elle à ce point plus gracieuse et délicate que lui ? Il n’était pourtant pas un sauvage du Nord ou un Orc.
La belle Amiel sourit aux deux invités qui venaient de descendre depuis l’étage avant de les informer qu’ils pouvaient s’installer à table . Erennel et Nunne , qui semblait plongés dans leur discussion levèrent les yeux en direction de l’elfe aux cheveux d’argent qui s’étaient adressés à eux .





               Nunne


Nunne avait été un peu surpris par la réponse d’Erennel , ce n’était pas vraiment ce à quoi il s’attendait et pour cause il avait “répondu” à sa question par une autre interrogation . Visiblement son invité n’était pas forcément enthousiaste à l’idée de se confier à l’ébéniste ; il semblait plutôt renfermé sur lui-même , l’on pouvait aisément deviner à ses vêtements et ses traits profondément marqué que c’était un homme éprouvé sûrement solitaire qui voyageait beaucoup sur les routes.  L’artisan ne voulait cependant pas prendre rigueur de la politesse toute relative d’Erennel et il lui répondit calmement

-Cette épée , vous me demandez ce qu’elle a de particulier. Vous vous demandez sûrement pourquoi j’ai été saisi de stupeur et d’effroi en la voyant . Je voulais justement vous en parler mais vos compagnons ont aussi le droit de savoir ; ils courent à présent le même danger que vous.  Installons nous à table.


Les deux hommes rejoignirent la table où les attendaient déjà Eugénion et Lithildren tandis qu’Amiel posait les mets sur la table. La générosité semblait être le maître mot de cette future famille , s’il vivait aisément il ne vivait pas dans le luxe et disposait de moyens limités . Il était ébéniste et elle était infirmière ; des métiers honorables qui leur permettaient de vivre dignement mais pas luxueusement . Et pourtant la table débordait de mets en tout genre , tout semblait être fait au mieux pour accueillir et satisfaire ces invités pour le moins particulier.  Il y avait des oeufs durs , des omelettes , du pain , du beurre , de la confiture, des fruits  et du lait à volonté ; les voyageurs ne pouvaient pas rêver mieux comme petit déjeuner. Celui qui leur était offert rivalisait avec celui du Poney Fringant . Alors qu’ils commençaient à se servir Nunne prit la parole

-Ces hommes qui vous ont attaqués,  ils sont … ils sont…

Il paraissait hésitant , ne trouvant pas vraiment les mots pour traduire ses pensés , il reprit alors en s’adressant à Eugénion.

-Maître Hobbit , racontez moi tout s'il vous plaît.


Le Hobbit qui avait depuis la veille largement retrouvé l’usage de la parole ne se fit pas prier par deux fois pour entamer son récit.

-Nous logeons au Poney Fringant et nous y étions attablé pour le souper moi et mon amie Lithildren quand l’aubergiste qui est un ami m’a annoncé qu’un homme avait trouvé une tabatière égarée dans la rue or il se trouvait que c’était la mienne . Nous nous sommes donc rendu à l’adresse indiquée pour pouvoir récupérer mon bien quand ces quatres brigands nous sont tombés dessus ; Lithildren parvenait à les maintenir à distance jusqu’à ce que le plus discret d’entre eux , le voleur de ma tabatière , ne réussise à la maîtriser . Je croyais alors que c’en était fini de moi et c’est à ce moment que ...que …

Eugénion s’arrêta un instant , il venait de se rendre compte qu’il ignorait tout bonnement le nom de l’homme qui lui avait sauvé la vie .

-Que notre sauveur blond est intervenu , et la suite vous la connaissez.

Nunne écoutait attentivement le récit du Hobbit et reprit alors la parole , un air grave sur le visage.

-C’est bien ce que je pensais ; ces hommes ne vous sûrement pas agressés par hasard . Ils vous ont tendu un piège , allez savoir pourquoi . Mais  vous ne devez pas considérer ce mal comme derrière vous . L’épée que portait l’un d’eux , cette épée je la connais….

Nunne s’arrêta pendant quelques secondes et dévisagea chacun de ses invités jusqu’à ce que son regard ne s’arrête plus longuement sur Erennel . Ses yeux noisettes étaient presque humide et ses lèvres semblaient trembler , de toute évidence la vue de cette arme avait ravivé en l’ébéniste des souvenirs douloureux .

-Cette épée , elle était marquée d’un sigle que j’aurais reconnu entre mille . Un symbole que j’ai déjà malheureusement trop vu et que je n’espérais plus jamais croiser : une couronne cerclé de fer .

Il y eut un bruit lourd , Amiel qui arrivait avec une cruche d’eau laissa s’échapper le récipient qui se fracassa sur le sol . Le regard de la belle blonde croisa celui de son mari , on pouvait  y lire la terreur et l’effroi. De toute évidence elle était dans la confidence avec son mari au sujet de ce symbole ; ils étaient persuadés d’être en danger .  L’ébéniste tenta de rassurer sa femme et il se leva pour lui laisser sa place afin qu’elle puisse s’asseoir et se reprendre. Désormais debout Nunne reprit

-Ce sigle c’est celui de l’Ordre de la Couronne de Fer ; un ordre maléfique et tentaculaire qui tentait de répandre sa loi sur toutes les Terres du Milieu . Il fut un temps où il était puissant et organisé , ils avaient réussi à s’infiltrer partout ; au Rohan , à Pelargir ou à l’Est et par un tour de force ils ont réussi à conquérir la ville de Fondcombe face au troupe du Seigneur Sombre Chêne lors d’une bataille sanglante . Puis ils ont pillé et massacré les villages alentours , si c’est à Fondcombe que vous vous rendez vous verrez bien la désolation qui règne dans les villages alentours et l’émotion qui doit être encore forte dans la cité après tout ces morts et ces destructions . La ville ayant dû faire face au pillage des sbires de l’Ordre , on dit même que l’un d’eux aurait incendié les écuries millénaires de Fondcombe. Toujours est il qu’il y a un moment déjà l’Ordre est tombé , ses principaux dirigeants ont été arrêtés , Fondcombe a été reconquise , le Rohan s’est libéré et les agissements de l’organisation ont été démasqués et mis à nu. Le Roi Aldarion a lancé il y a peu une grande purge des derniers combattants de l’Ordre en Arnor et aujourd’hui des sbires refont surface. Je n’irai pas jusqu’à dire que l’Ordre renaît de ses cendres mais vous devez savoir que de nombreux petits groupes se sont organisés après la chute de l’Ordre et s’en réclament toujours ; ils sont peu nombreux et ne représentent pas de réelles menace pour le royaume mais pour des voyageurs comme vous il pourrait en être tout autre.

Un silence pesant régnait , l’émotion était forte dans la voix de Nunne et Amiel , le visage caché dans ses fines , étaient au bord des larmes . Les trois invités , légèrement surpris par ce déluge d’information restèrent silencieux et pensifs . Ils réfléchissaient à l’enjeu de la situation ; Erennel devait sans doute se maudire de s’être jeté tête baissé dans ce guêpier alors qu’il était juste sorti pour manger un ragoût  ; Lithildren pensait sûrement aux dangers qu’elle devrait braver pour rallier Fondcombe et aussi aux blessures de sa ville natale et de sa région alentour , décidément le destin n’épargnait cette pauvre elfe . Eugénion quant à lui sentit la tensions remonter en flèche en lui , il lâcha sa fourchette et ne touchait plus à ses yeux brouillés . Alors oui il aimait voyager mais là franchement c’était trop , il ne fallait pas pousser le poney dans les orties non plus . Comment aurait-il pu se douter qu’il se ferait attaquer par les sbires d’une ancienne organisation secrète? C’était impossible , les champignons du Poney Fringant devaient être hallucinogène , il allait enfin se réveiller voyons! Il fallait qu’il sorte de ce maudit cauchemar ! Car oui ce devait être un rêve car après tout comment un simple ébéniste pouvait être détenteur d’autant d’informations? C’était plus ou moins la question que devait aussi se poser Lithildren et Erennel , il était étrange qu’un modeste et jeune  artisan de la trempe de Nunne en sache autant , c’était presque suspect. Face à cette interrogation silencieuse , le jeune homme réagit .

-Vous savez je n’ai pas toujours été ébéniste et je n’ai pas toujours résidé à Bree . Mon allure et mon physique vous ont peut être déjà renseigné ; je ne ressemble pas vraiment un homme originaire de la région.  Autrefois j’étais un guerrier , dans l’armée arnorienne : je suis originaire du sud du royaume et durant ma carrière militaire j’ai croisé à plusieurs reprises la route de cette Ordre que j’ai combattu avec vigueur. Aujourd’hui j’ai rangé mon épée et j’ai décidé de quitter l’armée pour mener une vie plus paisible.  Mais croyez moi si de survivants de cet Ordre en ont après vous , vous devrez vous montrer prudent .

Amiel leva alors les yeux et son regard croise à nouveau celui de son mari . Les deux mariès se mirent silencieusement d’accord , la situation et le passé  du jeune ébéniste était bien trop complexe pour être raconté à leurs invités dans son intégralité ; seule deux personnes la connaissait dans son intégralité ; sa femme Amiel à qui il avait jurée de tout dire et peut importe qui était la seconde personne puisqu’elle était morte. A vrai dire il y en avait peut-être trois car un inquiétant personnage qui avait trop longtemps plané sur la vie de Nunne la connaissait en détails , d’ailleurs aucun détails en ce monde ne semblait échapper  à cet être maléfique. Dehors un croassement de corbeau se fit entendre , un oiseau que l’on disait de mauvaise augure …

Il s’était donc mis d’accord avec sa femme , il valait mieux ne pas leur révéler toute la vérité ; ils risquaient de mal la comprendre . A vrai dire il aurait peut être revélé à l’elfe et le Hobbit qui lui inspiraient confiance et qui semblaient mesurés et réfléchis mais l’homme malgré sa vaillance et sa bonté de coeur semblait quelque peu impulsif , la réaction à sa véritable histoire pourrait le faire réagir et Nunne n’avait nullement l’envie d’en découdre avec un tel homme. L’ébéniste était un ancien guerrier certes et il en avait gardé quelques réflexes mais il n’en avait plus la condition physique .  Tout ce qu’ils devaient savoir c’était qu’il était de leur côté . L’oeil avisé d’un érudit aurait pu toutefois percevoir que Nunne mentaient partiellement puisque un connaisseur aurait reconnu en ses traits un Homme du Sud Lointain , un vrai Haradrim , un Suderon de sang qui se serait retrouvé par quelque sortilège du côté de Bree. Mais Erennel n’était qu’un forgeron et un voyageur et Eugénion était un peu trop troublé pour remarquer ce détail , un elfe avec leur expérience et savoir millénaires auraient pu le voir mais Lithildren était amnésique donc incapable de découvrir sa véritable origine.


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Oropher cavalait en tête , son arc en bandoulière et ses trois hommes le suivant comme son ombre . Parmi eux se trouvait Norfal qui suivait de près son supérieur comme son ombre. Légèrement en retrait se trouvaient Gommer et Prash . Cette fois ci l’elfe n’avait pas choisi des brutes sans intelligence ; les hommes qu’il avait choisi étaient certes moins imposants ou robustes mais ils maîtrisaient parfaitement leur art. Mortellement discrets et efficaces ces hommes étaient également plus loyaux et ne fileraient pas devant le moindre adversaire . Alors qu’ils arrivèrent en vue de Bree Oropher fit signe à ses hommes de s’arrêter et s’adressa à son espion

-Norfal , retourne à Bree , trouve les et surveille les. Prévions moi quand et par où ils sortiront de la cité avant leur départ . Nous nous trouverons à l’est de la ville.


-Oui Oropher.

Norfal fila donc seul vers Bree qui commençait à s’animer sous le soleil matinal quand trois autres silhouettes partaient un peu plus loin vers l’est avec à leur tête un elfe imprévisible et magnifique  animé par la rage .



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Erennel
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Lun 31 Aoû 2015 - 18:44
L'arrivée de l'elfe ne lui fit ni chaud ni froid. Enfin voulait-il s'en convaincre.
En vérité, il y avait une onde de haine bouillonnait en lui qu'il essayait de ne pas laisser paraître. Il savait bien qu'elle n'était pas tournée vers elle directement mais son esprit en pleine confusion haïssait la race elfique dans sa totalité alors il choisit d'ignorer l'elfe, tout simplement.

Pour l'heure, ce qui l'intéressait, c'était d'en savoir plus sur cette fameuse épée. Il attendit la réponse de Nunne avec une impatience qu'il était hors de question de laisser paraître.

L'ébéniste lui proposa de discuter de tout cela à table en présence des deux autres.
En effet, il avait le droit de savoir tout autant que lui, même si déjeuner en compagnie d'Oreilles Pointues ne l'enthousiasmait pas.
Les mets généreusement disposés sur la table lui fit oublier cet inconvénient.

Nunne prit la parole, il semblait réellement ému. L'affaire paraissait très grave. Il demanda au hobbit de raconter comment tout cela avait commencé.

Pendant que le semi-homme relatait les faits, Erennel songea à la conversation qu'il avait surprise au Poney Fringant mais n'en dit rien.

-Que notre sauveur blond est intervenu , et la suite vous la connaissez, acheva  Eugénion

« Sauveur », comment il peut s'imaginer que j'aurai voulu « sauver » une elfe, c'est juste un... « accident » qui m'a mit dans un sacré pétrin, de toute évidence.

L'air grave qui se dessina sur la visage de Nunne confirma ses propos.

-C’est bien ce que je pensais ; ces hommes ne vous sûrement pas agressés par hasard . Ils vous ont tendu un piège , allez savoir pourquoi . Mais  vous ne devez pas considérer ce mal comme derrière vous . L’épée que portait l’un d’eux , cette épée je la connais….

Depuis des mois qu'il voyageait, il n'avait jamais eu de problèmes ou des petites choses sans importance. Son périple ne lui avait apporté aucune réponse, aucun indice mais au moins, aucun ennui.
Et il fallut qu'il croisa le chemin d'une Oreilles Pointues pour se retrouver dans une situation qui semblait plutôt grave.

Il jeta, l'espace d'un instant, un regard noir à l'elfe.

Cependant quand il vit le trouble de l'ébéniste, il se calma bien vite. Nunne poursuivit :
-Cette épée , elle était marquée d’un sigle que j’aurais reconnu entre mille . Un symbole que j’ai déjà malheureusement trop vu et que je n’espérais plus jamais croiser : une couronne cerclé de fer . 

Brusquement un bruit de fracas interrompit le récit.
C'était Amiel qui venait de lâcher la cruche qu'elle tenait. Elle aussi semblait particulièrement troublée. Nunne se leva pour la rassurer et lui céda sa place. Le regard remplit de peur, elle regarda son mari qui poursuivit son récit.

-Ce sigle c’est celui de l’Ordre de la Couronne de Fer ; un ordre maléfique et tentaculaire qui tentait de répandre sa loi sur toutes les Terres du Milieu . Il fut un temps où il était puissant et organisé , ils avaient réussi à s’infiltrer partout ; au Rohan , à Pelargir ou à l’Est et par un tour de force ils ont réussi à conquérir la ville de Fondcombe face au troupe du Seigneur Sombre Chêne lors d’une bataille sanglante . Puis ils ont pillé et massacré les villages alentours , si c’est à Fondcombe que vous vous rendez vous verrez bien la désolation qui règne dans les villages alentours et l’émotion qui doit être encore forte dans la cité après tout ces morts et ces destructions . La ville ayant dû faire face au pillage des sbires de l’Ordre , on dit même que l’un d’eux aurait incendié les écuries millénaires de Fondcombe. Toujours est il qu’il y a un moment déjà l’Ordre est tombé , ses principaux dirigeants ont été arrêtés , Fondcombe a été reconquise , le Rohan s’est libéré et les agissements de l’organisation ont été démasqués et mis à nu. Le Roi Aldarion a lancé il y a peu une grande purge des derniers combattants de l’Ordre en Arnor et aujourd’hui des sbires refont surface. Je n’irai pas jusqu’à dire que l’Ordre renaît de ses cendres mais vous devez savoir que de nombreux petits groupes se sont organisés après la chute de l’Ordre et s’en réclament toujours ; ils sont peu nombreux et ne représentent pas de réelles menace pour le royaume mais pour des voyageurs comme vous il pourrait en être tout autre. 

Erennel resta pensif. Son esprit s'était surtout arrêté sur les pillages et les massacres des villages. Cela lui rappelait sa femme et son fils tués sans la moindre pitié. Le reste des informations le dépassait, c'était trop pour lui. Il n'était, après tout, qu'un modeste forgeron qui avait vécu, jusqu'ici, une vie simple et sereine.

Mais, songea-t-il, Nunne est juste un ébéniste. Comment peut-il détenir autant d'informations ? Peut-être n'est-il pas ce qu'il affirme être...
Il observa l'artisan d'un air méfiant.
Nunne, qui avait perçut le malaise ambiant, expliqua qu'il avait autrefois été guerrier dans l'armée arnorienne et avait rangé son épée pour mener une vie plus paisible. Il leur rappela également à quel point l'elfe l'avait mis dans une mauvaise situation enfin, que si des membres de cet ordre en avaient après eux, qu'il faudrait qu'ils soient très vigilants.

Erennel observa le couple échanger un regard. Que pensaient-ils ? Il l'ignorait. Mais il ressentait un profond malaise qu'il ne pouvait expliquer, ce n'était pas lié à la menace qui planait sur eux mais il avait le sentiment qu'on ne leur avait pas tout dit. Que l'ébéniste cachait quelque chose. Mais quoi ?
La situation présente était bien plus urgente pour qu'il s'en préoccupe.
Il ne savait que penser de tout ça et surtout, que fallait-il faire ?
Cela le dépassait.

Plus embêtant encore, il ne pourrait affronter ce danger seul. Qu'il le veuille ou non, son destin était lié aux deux autres. Il songea avec amertume qu'il faudrait supporter l'elfe encore quelques temps.
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Lithildren Valbeön
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Lun 31 Aoû 2015 - 23:34
Eugénion descendit les marches juste après moi. Je me retournais pour le regarder. Le Hobbit se tourna vers les marches et fronça les sourcils. Les marches en bois furent silencieuses lors de ma descente, mais pas sous le poids raisonnable du Hobbit. Son air à la fois surpris et renfrogné l'arrache un léger sourire. Je me tourne ensuite vers l'ébéniste qui répond enfin à l'homme blond. La jeune femme enceinte et très belle, pour une humaine, l'invite à l'installer à table. Bras croisés mais l'air Derain et impassible, j'accepte d'un léger hochement de tête et m'installe en bout de table, en face de l'ébéniste.

L'Ordre de la Couronne de Fer. Ce nom résonne comme un glas à mes oreilles. Le nom seul voyait présager des crimes atroces, des pillages et des conquêtes par la terreur et le sang. L'agressivité du nom de l'organisation me fit frémir. Ce nom ne m'était pas non plus étranger. Pendant ma captivité dans le passé - captivité déduite de mes souvenirs - j'avais entendu ce nom une fois ou deux. L'Ordre était désormais disloqué mais des groupes rassemblés faisaient rage un peu partout dans les différentes nations conquises auparavant. Le pire fut la descritpion de Fondcombe. Je me raidissais lorsque l'ébéniste énonça les crimes faits autour et dans ma cité natale. Comment avaient-ils pu oser abimer des siècles de mémoires, de sagesse et de noblesse ? Cela m'emplit d'une haine et d'une détresse telles que je m'en effondrais sur ma chaise. La tête me tournait, comme ressentant la tristesse de mon peuple, les cris des miens me vrillant les tympans, comme si j'étais sur les lieux du crime. Je dû faire un effort pour ne pas tomber au sol. LD bruit de quelque chose de brisé me permit de casser ces sensations désagréables. Je regardais d'un air vague et perdu l'homme blond aider la jeune femme et lui céder sa place. L'ébéniste poursuivit son récit. Je n'avais même pas entendu Eugénion parler, un peu plus tôt.

Nous étions en danger, et je le sentais. Je commençais à réfléchir. Mon état semblait meilleur. Un corbeau croassa dehors et cela me fit frémir. Un orage aurait mit la cerise sur le gâteau du mauvais présage. L'ébéniste avait dit être un ancien soldat, mais pour en savoir autant, la seul possibilité était qu'il fût lui-même de cet Ordre. Je gardais mes doutes pour moi, car si mes soupçons étaient justes, alors ils étaient inutiles. Cet homme nous avait aidé, hébergé et nourris. S'il était de l'ordre même maintenant, il n'aurait pas pris de tels risques, sauf s'il était manipulateur au plus haut point, ou contraints pour sauver sa femme. Je m'emmêlais dans mes pensées et revint à l'essentiel. Pendant que j'étais au bord de l'inconscience, j'avais pu comprendre que nos agresseurs voulaient tuer Eugénion. Cela signifiait que leur cible était... moi. Ils me voulaient inconsciente, mais le Hobbit leur était inutile. Alors la seule option possible fût que leur cible n'était autre que ma personne. J'avais conduits Eugénion près de la mort, et le destin avait mit l'homme blond sur notre route à ce moment-là pour nous aider, enfin surtout Eugénion. Ma quête de savoir mettait en danger le Hobbit que j'appréciais, et mon coeur se mit à refuser que je le mette plus en danger.

- Ces hommes... Ils s'en prennaient à moi. J'ignore encore pourquoi, mais ils ont tenté de me prendre en vie. Cela signifie qu e seule ma vie est importante à leurs yeux. Ma voix tremblait, malgré mon ton serein et certain. Je refuse de mettre en danger d'autres vies que la mienne. Ceci est ma quête vers ma vérité. Je connais la route vers Imladris et je saurais me défendre seule. Je refuse que d'autres se mettent en péril par ma faute. je regarde l'homme blond. Je ne saurais jamais vous remercier d'avoir sauvé mon ami. Rien ne vous retient ici, et rien ne vous oblige d'ailleurs à de nouveau risquer votre vie. Puis je tourne le regard vers Eugénion. Ami Hobbit, je ne peux pas risquer votre vie dans ma route. Ceci est ma quête, ma voie. Je souffrirais que votre âme quitte ce monde pour m'avoir suivie. Alors je vous demanderais de ne pas me suivre dans la suite vers Imladris. Restez en vie, et mon coeur en sera suffisamment comblé et satisfait. Je regarde ensuite l'ébéniste. Vous dont j'ignore tout, merci de nous avoir hébergé. Je ne puis rien vous offrir à part une bénédiction elfqiue et tout ma reconnaissance ainsi que mon amitié, mais j'estime que vous avez assez joué avec votre vie en nous dévoilant ceci.

Lorsque j'eus terminé, je me levais et me dirigeais d'un pas lourd vers ma chambre. La première marche grinça sous mon poids, bien que ce fût léger.
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Learamn
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Mar 1 Sep 2015 - 17:30


Eugénion ne put s’empêcher de frémir en entendant les dires de Nunne ; il avait beau être un poil plus vaillant que les autres représentants de sa race il n’en était pas pour autant un grand courageux ; et l’évocation de cet Ordre maléfique qui répand mort et destruction sur son passage avait de quoi effrayer le Hobbit philosophe qui prenait peu à peu conscience que sa vie ne tenait plus qu’à un fil . Erennel de son côté restait impassible et silencieux , il devait sûrement se demander dans quel pétrin il s’était encore fourré , de son côté Lithildren semblait avoir déjà pris la mesure des choses. Après un temps de réflexion certain elle parla de sa voix claire et harmonieuse dans laquelle transparaissait une pointe d’émotion ; elle avait compris que la cible principale n’était autre qu’elle même , en vie ; et dans un élan de noblesse l’elfe aux cheveux d’argent affirma ne pas vouloir mettre en danger d’autres vies que la sienne : elle désirait continuer son périple seul , sans Erennel ou Eugénion. Le Semi-Homme se sentit étrange , pour une fois il ne savait pas trop comment réagir ; Lithildren était son amie à présent et il désirait sincèrement vouloir rester avec elle et l’accompagner jusqu’au bout de son voyage , Eugénion détestait l’inachevé qu’il trouvait si absurde ; d’un autre côté si le danger était aussi important il ne voulait pas retrouver face à une nouvelle bande de tueurs . Le pseudo-philosophe essaya de dire quelques chose mais il ne put exprimer autre chose que sa confusion en bafouillant quelques mots sans connecteurs logiques .

La décision de Lithildren de se séparer de ses compagnons de route pour le reste du voyage était forte et courageuse ; en décidant de continuer seul elle augmentait les risques de se faire prendre et diminuait ses chances de se défendre . Mais la question résidait ailleurs , l’elfe avait elle encore un quelconque pouvoir de décision dans cette affaire? Rien n’était moins sûr et Nunne semblait l’avoir compris ; alors que Lithildren s’apprêtait à remonter les marches le Suderon prit la parole

- Votre intention est noble mais je crains fort que ce que vous dites soit au mieux inutile au pire dangereux.

Interpellée l’amnésique fit volte-face et fixa l’ébéniste qui continua à parler sans ciller

-A peine serez vous sorti de la ville qu’ils vous cueilleront , seule vous n’irez pas bien loin . Et puis il n’est pas dans les habitudes de l’Ordre de laisser des ennemies et témoins derrière eux; ils vous traqueront un par un pour vous éliminer et si vous vous retrouvez seuls je ne donne pas cher de votre peau . Fondcombe est sûr , la route qui y mène est loin de l’être ; à présent que vous avez trempé de cette histoire vous n’avez perdu le luxe du choix : si vous voulez survivre il va vous falloir tous continuer ensemble jusqu’à ce que la menace ne disparaisse.
Ensemble vous survivrez peut être , seul vous trépasserez.

Eugénion , en écoutant Nunne , se sentit d’un coup ragaillardi comme si les paroles de leur hôte lui avaient donné un coup de fouer . Parbleu ! Comment avait il pu songer une seule seconde à abandonner son ami amnésique? Comment avait-il pu seulement envisagé l’éventualité de la laisser continuer seule? Non ! Il lui avait dit qu’il irait jusqu’à Fondcombe à ses côtés et il comptait bien tenir sa parole ; le contraire serait trop absurde et puis imaginez une seconde ce qu’il se passerait en Comté si le mot passait qu’Eugénion Ionescgrin n’honorait pas ses promesses , déjà que la réputation du philosophe n’était pas au beau fixe. Frappant la table de bois de son poing ridiculement petit il s’exclama

-Ma foi ! Je ne laisserai assurément pas mon amie seule ! J’irai jusqu’au bout avec elle et je serai prêt à défendre nos vies corps et âme .


Des paroles bien vaillantes et un peu prétentieuse dans la bouche d’un marchand ambulant , amateur d’herbes à pipe de bonne nourriture et de philosophie à ses heures perdues qui était à peine capable de soulever un glaive . Cependant son courage et sa volonté étaient sincères et Lithildren pouvait compter sur un soutien indéfectible à défaut d’être indestructible . Un petit peu gêné par sa soudaine réaction , le Semi-Homme se reconcentra sur son assiette qui ne demandait qu’à être finie ; il avait l’impression qu’il n’avait pas mangé depuis une éternité.
Les dires d’Eugénion arrachèrent un sourire au Suderon qui échangea un regard amusé avec Amiel . Celle-ci s’assit alors avec eux autour de la table et s’adressa à Lithildren de sa voix douce .

-J’ai appris auprès de mon mari qu’il ne faut pas se fier aux apparence ; le Semi-Homme vous sera sans aucun doute d’un grand secours durant votre voyage .

Nunne but une gorgée de lait chaud et reprit la parole tout en mâchonnant un bout de pain agrémenté de confiture .

-Quoiqu’il en soit il vous faudra partir au plus vite , dès aujourd’hui ; qui sait si les sbires de l’Ordre n’ont pas déjà cherché du renfort….

Les regards se tournèrent alors vers Erennel ; c’était à son tour de décider. Le forgeron blond mettrait il sa haine des elfes de côté et continuer le voyage avec les deux aventuriers ou au contraire s’enfermerait-il dans sa rancoeur pour ne plus jamais en sortir et les laisser partir sans lui. Quoiqu’il en soit son choix était crucial pour son propre avenir et pour celui de Lithildren et Eugénion.





Norfal avait reçu une mission très claire de la part d’Oropher , localiser l’elfe et ses compagnons , retrouver leur trace . Une tâche bien loin d’être aisée ; Bree était un village d’une taille conséquente et l’espion savait qu’il avait peu de temps pour les retrouver avant qu’ils ne partent . Par chance la présence inhabituelle d’une elfe accompagnée d’un Hobbit facilitait les choses ; de tels phénomènes ne passaient pas inaperçus. Il n’avait pas attendu une seule seconde pour commencer son enquête , glanant des informations ça et là auprès des habitants . Norfal avait remarqué de son oeil expert que l’homme qui était intervenu auprès de la garde ne semblait pas venir de la région ; il donna son descriptif à plusieurs habitants avec l’espoir que ceux ci lui cèdent son nom et son adresse ce qui finit par arriver quand il interrogea une vieille femme qui faisait du tricot juste devant sa porte sur un tabouret de fortune . Dissimulé dans la foule il se rendit jusque dans la rue indiquée et se faufila derrière la maison qui devait être celle de d'ébéniste . L’espion glissa silencieusement contre le mur jusqu’à arriver en dessous d’une fenêtre ; d’ici il pouvait clairement étendre des voix qui dialoguaient entre elles . Norfal s'agrippa au rebord de la fenêtre et d’un mouvement fluide qu’il pouvait se permettre de réaliser grâce à ses capacités physique et ses compétences en escalade , il se hissa au niveau de la vitre . A travers cette dernière il aperçut clairement les individus qu’il traquait , tous attablés autour d’un repas : l’elfe et le hobbit étaient assis côte à côté , l’ébéniste était auprès de sa femme et un peu plus en retrait se trouvait l’homme blond qui était intervenu durant le rapt raté. De cette position il pouvait entendre ce qui se disait sans être repéré . La discussion était forte intéressante , ils débattaient pour savoir si l’elfe continuerait seul son périple ou si elle serait accompagné ; sous son capuchon l’espion esquissa un sourire , la chance était de son côté cette fois ci et il était décidé à ne pas la laisser s’échapper . Toujours tapi dans l’ombre il attendait patiemment de recueillir les dernières informations nécessaires



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Erennel
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Jeu 3 Sep 2015 - 20:20
Lithildren prit la parole. D'une voix légèrement troublée, elle expliqua que, de toute évidence, les hommes qui les avaient agressés n'en voulaient qu'à elle et qu'elle refusait de mettre la vie d'autrui en danger.

Profondément stupide, pensa-t-il, elle n'a aucune chance.

Il replongea dans son assiette pour ne pas donner l'air d'y accorder de l'importance tandis que l'elfe retournait dans sa chambre. Il se sentait profondément agacé.

Maintenant elle donne dans l’héroïsme, le sacrifice. On aura tout vu. Elle n'aura pas quitté la ville qu'ils seront déjà sur elle.

Il regarda le hobbit un instant. Il avait l'air extrêmement troublé.

Elle a réussi son effet théâtral.

Il s'énervait sur son assiette sans trop savoir pourquoi quand Nunne prit la parole.

- Votre intention est noble mais je crains fort que ce que vous dites soit au mieux inutile au pire dangereux.

C'est le moins qu'on puisse dire.

L'elfe se retourna pour écouter l'ébéniste. Il lui expliqua qu'elle n'avait aucune chance seule, que l'Ordre n'avait pas pour habitude de laisser des survivants et que, par conséquent, ils devraient continuer ensemble s'ils voulaient survivre.
Ensemble... ce mot sonna comme un glas dans sa tête. Continuer avec ces deux-là ne l'enchantait guère. Et puis, il avait un objectif.
En même temps, Fondcombe, cela pourrait être intéressant. Peut-être y trouverait-il ce qu'il cherche...
Cependant, passer du temps en compagnie d'une oreilles pointues... la mort semblait plus douce à côté.

-Ma foi ! Je ne laisserai assurément pas mon amie seule ! J’irai jusqu’au bout avec elle et je serai prêt à défendre nos vies corps et âme .

Les dernières paroles d'Eugénion le sortit de ses pensées.
Décidément, ils n'iraient pas loin tous les deux. Un hobbit comme protecteur... quel duo de choc !

-J’ai appris auprès de mon mari qu’il ne faut pas se fier aux apparence ; le Semi-Homme vous sera sans aucun doute d’un grand secours durant votre voyage .

Ils délirent tous. C'est leur problème après tout. Ils se lanceront à leur poursuite et moi, je pourrais poursuivre tranquille. Ils n'auront aucune chance. Le hobbit sera tué et je ne sais pas ce qu'ils feront de l'elfe... Ce ne sont pas mes affaires.

Il réalisa soudainement que tous les regards s'étaient tournés vers lui.

Mais qu'est-ce qu'ils s'imaginent ? Ils partiront sans moi, je ne veux pas être mêlé à leurs histoires.

Il tourna la tête en direction de l'assemblée. Son attention fut attirée par l'air interrogateur de l'elfe et du hobbit.
C'est à l'instant même où il ouvrit la bouche qu'il comprit qu'il allait dire une énorme bêtise.

- Bon, je pars avec vous. Marmonna-t-il.

Il l'avait dite. C'était sûr, il allait s'en mordre les doigts.
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Lithildren Valbeön
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Ven 4 Sep 2015 - 19:18
Après m'avoir écouté, Nunne lança que c'était stupide, au mieux dangereux. Je le savais. J'étais loin d'être stupide. Bien qu'animée d'un élan de sacrifice, je savais cela inutile et ridicule. Je n'irais guère loin, seule. Je me retourne et écoute Nunne. Je suis complètement stoïque, impassible. Je regarde les personnes à table. Je vois bien, et ressens parfaitement, la haine, le mépris et le jugement de l'homme blond. Il ne peut même pas me regarder sans penser que je suis coupable de bêtise, stupidité, voire même que je suis une absurdité ambulante véhiculant des idées toutes aussi absurdes. J'ignore ce qu'il a contre moi, mais je compte bien ne pas faire plus de chemin avec lui. Cette énergie noire émanant de cet homme me fait froid dans le dos. Je ne reste là que parce qu'il a sauvé mon ami Hobbit, mais si le choix dépendait de moi, je l'éjecterais de cette maison. Je ne peux supporter longtemps la présence d'un tel homme.

Néanmoins, c'est la réponse d'Eugénion qui m'émeut intérieurement. Il souhaite rester avec moi, pour me défendre. Je trouve cela louable de la part d'un être aussi petit, qui ne sait rien à l'art du combat, et qui prétend défendre ma vie à n'importe quel prix. Je suis bien mieux placée que lui pour défendre qui que ce soit. Mon orgueil elfique me dit que, avec ou sans eux, je réussirais. Mais mon expérience m'assure que seule, je suis fichue. Comment me suis-je retrouvée captive, dans le passé ? Certainement par solitude. Mais je suis amnésique, et mes souvenirs deviennent de moins en moins ma priorité. Survivre est plus important, maintenant que l'Ordre est revenu. J'ignore ce qu'ils ont fait dans le passé, et cela ne m'intéresse pas tant que cela ne touche pas mon peuple - et je sais qu'Imladris fut victime de cette bande de barbares odieux. Ce qui m'intéresse, c'est d'atteindre Imladris sans trop d'encombres, bien que cela soit mal parti. Je ne puis faire confiance à ce Nunne, car le fait qu'il détienne autant d'informations est louche. Cependant, il nous a sauvé, et aidé. Alors je lui dois tout de même cela. Quant à l'homme blond, il a sauvé Eugénion, mais pas par intérêt, plutôt par... accident. Cela m'arrange, j'aurais été meurtrie de perdre mon ami.

Les paroles d'Amiel me laissent toujours aussi impassible. Oui, je suis bien consciente qu'Eugénion est d'une grande aide. Il m'a d'abord aidée à trouver le chemin vers Bree, à avoir de quoi nous sustenter, dormir... Je lui dois que le voyage se soit bien passé jusqu'à la nuit dernière. Je me rapproche d'à peine quelques pas, toisant durement l'Humain blond. Mon regard devient plus neutre en regardant les autres. Ils attendent que cet Humain haineux et méprisant réponde. Je ne veux pas qu'il vienne, nous n'avons pas besoin de lui. Pourtant, il est fort, grand et il a réussit à faire fuir trois guerriers sans aide aucune. D'un côté, il peut aider à défendre. Si mon agilité doublée de sa force peuvent s'entendre, nous pourrions survivre. Mais cette aura noire... je ne peux supporter sa simple présence, tellement il me fait frémir. J'ignore si c'est de la peur, de la crainte, ou dû à des souvenirs antérieurs, mais c'est une sensation fortement désagréable qui me force à me tenir loin de lui.

- Bon, je pars avec vous.

Cette petite phrase, marmonnée sans volonté et à contrecoeur ne me rassura aucunement. S'il ose ne serait-ce que de toucher un cheveu d'Eugénion, je lui trancherais la main. Je me le jure intérieurement. Il n'aime pas les elfes ? Je n'aime pas ce genre d'Hommes. Cela est équitable, j'imagine. Enfin, plus ou moins. J'ai déjà eut affaire à un Humain de grande taille, et il ne lui reste qu'une seule main. L'autre fut tranchée par mes lames, et les cris de cet être furent aussi aiguës que les couinements d'une souris. Je sens une certaine colère, rancoeur et un léger mépris monter en moi. Je n'aime vraiment pas cet homme. Je regarde néanmoins Eugénion, Amiel et Nunne. Sans un mot, je reprends ma route silencieuse vers l'escalier et m'enferme dans ma chambre sans rien dire de plus.

Je me plonge dans une intense réflexion. Nous devrons survivre jusqu'à Imladris, en évitant les routes trop fréquentées - ou justement les emprunter pour passer inaperçus ? - puis trouver l'entrée de la cité, qui ne sera pas chose aisée. Une fois là-bas, que devrais-je faire ? Trouver mes parents et leur demander des nouvelles ? Trouver cet homme elfe qui fit battre mon coeur il y a longtemps de cela ? Ou errer sans but à la recherche de quoi, des fragments de souvenirs ? Je me demande de plus en plus à quoi va me servir d'aller à cette cité. Ah, je sais. Retrouver le chemin qui m'a conduite jusqu'en Rohan, puis à Edoras, puis ici, à Bree. Pourquoi étais-je là-bas, sans souvenirs ? Pourquoi n'étais-je pas à ma cité ? Je vais vers la fenêtre, et, une seconde après l'avoir ouverte, j'aperçois une ombre - peut-être un humain, ou un chien, voire un chat - se fondre dans l'obscurité d'une ruelle voisine de la maison...
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Learamn
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Lun 7 Sep 2015 - 22:01


Eugénion se détendit sur sa chaise , il était vraiment soulagé d’entendre qu’Erennel les accompagneraient. Pas que le Semi-Homme ne faisait pas confiance à Lithildren mais quelque part la présence de l’homme blond qui lui avait sauvé la vie la veille le rassurait . Aussi antipathique qu’il pouvait l’être Erennel était intervenu au moment propice pour les venir en aide au mépris des risques et du danger. Oui , continuer avec lui n’était définitivement pas une mauvaise chose . Non , non , non et encore non cela ne pouvait qu’être positif . Il en était certain ou du moins se forcer il à en être certain : les différends flagrants entre le forgeron et l’elfe? Le marchand ambulant se voilaient volontairement les yeux et les mettaient rapidement de côté ; après tout , tout allait s’arranger face à l’ennemi commun . Du moins il l’espérait.
Il se resservit allègrement des oeufs brouillés, son moral allait mieux ; beaucoup mieux et donc par conséquent son appétit aussi. Ah ! Il en faut parfois si peu pour remonter un moral au plus bas ; les trois mots d’Erennel avait soudain donné un regain de vitalité au Semi-Homme.

Lithildren , Erennel et Eugénion ; à eux trois ils formaient une équipe invincible , ensemble ils pourront braver tous els dangers imaginables et nul ne pourra se mettre sur leur chemin.

Cependant le philosophe autoproclamé semblait bien être le seul à se montrer aussi enthousiaste face à ladite situation . Visiblement préoccuppée l’elfe aux cheveux d’argent s’était retiré sans un mot dans un chambre tandis que l’homme blond ne s’était toujours pas séparé de sa mine grave et de so air bougon qui inspirait tout sauf la jovialité. Même le visage de Nunne semblait s’être assombri , comme s’il prenait petit à petit conscience du danger auxquel ces invités étaient exposés et de leur chances de survie ; assurément trop faibles pour s’en réjouir. Leurs agresseurs il ne les connaissaient que trop bien , et il n’en était ni fier ni heureux. Ils connaissaient leur violence , leur cruauté et leur ténacité .

Il y eut alors un long moment de silence pesant durant lequel Eugénion , comprenant progressivement que tous ne partageaient pas sa gaieté , perdit progressivement son sourire.
Les convives s’échangeaient quelques regards discrets mais il se passa plusieurs minutes sans que le moindre mot ne fut formulé. Chacun réfléchissait à la suite des événements et à la tournure que pourrait prendre toute cette aventure.

-Il ne faut pas attendre plus longtemps
, dit alors le Suderon , vous devez partir au plus vite . Erennel allez chercher vos effets au plus vite et rejoignez nous ici prêt à partir avec votre cheval ; Maitre Hobbit je vais vous accompagner au Poney Fringant pour récupérez vos affaires ; il vaut mieux que l’elfe reste ici pour l’instant moins elle sera exposé mieux ce sera. Allez ne traînons pas!

Saisissant sa ceinture , Nunne se précipita à l’extérieur tandis qu’Eugénion finit son assiette au plus vite avant de lui emboîter le pas en faisant de son mieux pour tenir le rythme. Erennel était lui aussi partit prestement et ils l’avaient perdus de vue , le Hobbit espérait simplement que l’homme blond n’avait pas changé d’avis et ne leur fausserait pas compagnie en disparaissant dans l’ombre. L’ébeniste se dirigeait vers l’auberge la plus fameuse du village au pas de course et le Semi-Homme éprouvait toutes les peines du monde à le de près. Ses jambes étaient trop courte pour faire d’aussi grand pas et puis tout cette histoire ce n’était pas bon pour la digestion après un repas si copieux. D’habitude il s’allongeait sur une colline en fumant sa pipe tout en écartant avec plaisir ses larges et velus doigt de pied mais là il fallait courir , trébucher , se relever et continuer à courir pour perdre le moins de temps possible. Eugénion avait peut-être l’esprit plus aventurier que l’écrasante majorité de ses congénères mais il ne fallait pas pousser le bouchon de cidre trop loin , il y avait des limites à ne pas dépasser pour le Hobbit qu’il était. C’est donc a bout de souffle et complètement exténué qu’il atteignit l’auberge avec plusieurs minutes de retard sur Nunne ; il s’arrêta à moment et s’appuya contre le linteau de la porte pour reprendre sa respiration. Puis après avoir rapidement salué l’aubergiste d’une petite voix il suivit le Suderon à l’étage ; il courut dans sa chambre et rassembla prestement ses affaires dans son sac de voyage . Il n’oublia rien : ses pipes , ses nombreux sachets d’herbes à pipe , ses encas en cas de petits ou moins petits creux , quelques vêtements de rechange , plusieurs livres et bien d’autres choses encore , la liste de ses effets étaient bien longues . Pendant ce temps Nunne s’était occupée des bagages de Lithildren qui , habituée à voyager sur les routes , voyageait très léger ; l’ébéniste eut donc tôt fait d’achever sa tâche et dut attendre que le Semi-Homme ne le rejoigne avec son énorme baluchon pendant presque dix minutes. Quand enfin il aperçut la silhouette trapue du Hobbit son visage au teint mat se fendit d’un sourire.

-Maître Hobbit ! Allez ne traînons pas il faut rentrer et vite !
s’exclama-t-il en lui donnant une tape derrière le dos.

Sans plus attendre l’homme s’élança dehors et prit la direction de sa maison . Si le premier trajet avait été difficile à supporter pour le pauvre petit philosophe celui du retour s’apparentait plus à une véritable torture . Nunne ne s’était toujours pas décidé à ralentir la cadence et Eugénion était obligé de ne pas le perdre de vue car il ne se rappelait plus très bien comment l’on se rendait à la bonne adresse ; de plus son énorme sac de voyage n’arrangeait pas les choses. A chaque foulée supplémentaire qu’il effectuait il avait l’impression que son dos était sur le point de se briser en deux. Heureusement pour lui rien de tout ceci n’arriva et il arriva à bon port en un seul morceau et plus ou moins indemne.


-------------------------------------------

Pendant ce temps là Amiel débarrassait la table avec des mains tremblantes qui trahissaient son état troublé. Elle fit la vaisselle avec un regard vide , perdue dans ses pensées . Toutes ces histoires que lui avaient racontés son mari ; elle avait fait l’erreur de les croire lointaines et révolues et voilà que les démons du passé ressurgissaient sans crier gare . Comme dans un cauchemar , oui elle était dans un cauchemar . Ils avaient aidés et hébergés des personnes recherchées par ces malfaiteurs; par conséquent ils étaient eux aussi exposés au danger. Et puis s’ils apprenaient le passé de Nunne, si l’un d’entre eux l’avait déjà aperçu par le passé et le revoyait maintenant en train d’aider l’elfe aux cheveux argentée. Oh ; elle n’osait même pas songer ce qui arriverait alors ! Si jamais son mari venait à être tuée elle ne tiendrai pas le coup et leur enfant non plus ; oh leur enfant , leur enfant rêvé . Aurait il la chance d’entrevoir la lumière du jour ou était il condamné à la nuit. A chaque seconde qui passait elle craignait de voir une troupe de brutes épaisses armées jusqu’aux dents défoncer la porte en bois sans ménagement et tuer et vandaliser tout sur leur passage. Quand Nunne était là , elle se sentait inexplicablement plus en sécurité ; sa seule présence la rassurait mais à présent qu’il était parti elle n’espérait plus qu’une chose : le voir revenir en vie. Ne pouvant pas continuer à affronter cette solitude déprimante , la belle blonde monta à l’étage et frappa à la porte de la chambre qu’ils avaient temporairement prêtés à l’elfe. Elle entra. Lithildren assise sur son lit semblait profondément plongée dans ses pensées presque en état de méditation ; Amiel dut signaler sa présence en s’éclaircissant la gorge. D’un mouvement gracieux , l’elfe amnésique tourna la tête en direction de son hôtesse.

-La maison vous plaît ?
demanda la jeune femme avec un sourire un peu gênée . A vrai dire elle ne savait pas vraiment comment aborder une conversation avec un tel être ; elle n’avait jamais rencontrée d’elfes auparavant . Quand nous l’avons acheté elle était en piteux état mais nous avons fait quelques travaux Nunne et moi et nous l’avons aménagé et décoré à notre goût .

La jeune femme leva la tête et contempla un moment les ornements et les gravures effectués par son époux.

-C’est plutôt simple et loin du luxe des plus nobles bâtisse mais c’est coquet et confortable. Et puis c’est notre chez nous . Il n’ y a rien de plus important que d’entretenir et de chérir sa demeure.

Elle s’assit alors à côté de l’elfe

-Vous savez , quand je vous ai vu je me suis demandé si c’était une bonne idée de vous accueillir. Après tout vous aviez des ennuis et j’étais effrayé à l’idée de devoir affronter un danger aussi grand que celui que vous encourait mais en y réfléchissant je ne regrette en rien mon acte car vous n’avez plus de “chez vous” et il est important de tout mettre en oeuvre pour que vous la retrouviez : votre maison.

Prise d’un élan de compassion soudain et ne réfléchissant pas vraiment à son geste elle posa ses mains sur les épaules de Lithildren.

-Vous devrez être courageuse pour aller au bout de votre périple mais du peu que je sais de vous sachez que je ne doute pas une seule seconde de vos talents.

C’est alors qu’ils purent entendre la porte s’ouvrir au rez-de-chaussée et la voix de Nunne qui annonçait son arrivée dans la maison . Amiel se leva et sortit de la chambre pour rejoindre son mari , Lithildren la suivant de près. Le Suderon donna à l’elfe ses effets puis il avisa d’un regard amusé l’énorme baluchon d’Eugénion.

-Je crains bien qu’il vous sera impossible de transporter tout ça Maître Hobbit .

Ce dernier émit alors un petit rire avant de répondre d’un ton qui se voulait rassurant.

-Ne vous inquiétez pas , je vais mettre tout ça dans ma charette que va tirer mon fidèle poney.

L’ébéniste haussa un sourcil

-Une charette? Un poney? Je crains bien que cela soit impossible mon cher ami ; il vous faudra voyager léger pour plus de rapidité ; avec un poney et une charette vos ennemis auront tôt fait de vous rattraper. Laissez les donc ici je les confierai au prochain Hobbit de passage qui les ramènera en Comté.

Eugénion se sentit désemparé , il n’avait jamais été question de se séparer de tout ça ; cela représentait bien trop à ses yeux . Il avait beau philosopher sur l’absurdité et la superficialité du monde , cette charrue et son contenu représentaient beaucoup pour lui. Mais il allait devoir se faire violence et accepter la proposition de Nunne même si cela ne l’enchantait guère ; quel autre choix avait il ? C’était ça ou se faire trancher la gorge alors bon …

Alors que le Semi-Homme choisissait soigneusement ce qu’il prendrait avec lui ou pas ; Nunne adressa un signe discret de la tête à l’intention de Lithildren pour qu’elle le suive. Il la conduisit dans une pièce exsangue en contrebas , une sorte de cave où était disposé de multiples objets et outils . Le Suderon se retourna alors et parla d’une voix basse qui restait pour autant parfaitement audible pour l’ouïe fine de l’elfe.

-Avant que vous partiez et parceque vous semblez être la convoitise des membres de l’Ordre , ou des ex-membres qu’en sais-je ; il faut que je vous confie quelque chose.

Nunne soupira , il savait pertinemment que ce qu’il s’apprêtait à révéler était un sujet extrêmement délicat mais il avait l’obligation de le lui dire car elle devait savoir ce qui pourrait l’attendre pour mieux se défendre.

-Mais d’abord vous devez me promettre de garder cela secret , n’en parlez à personne ; surtout pas à l’homme blond. J’ai confiance en vous , un peu moins en lui même s’il ne sera pas votre ennemi.

Il jeta des regards stressés dans tous les sens comme pour s’assurer que personne ne s’était caché pour l’entendre ; mais il n’y avait qu’eux deux dans la pièce . Norfal n’était plus dans le coin et les rats avaient été éradiqués par le Suderon et sa femme quand ils avaient emménagés.

-Si je connais tant de choses au sujet de cet Ordre ce n’est pas parceque je l’ai combattu par le passé mais c’est car j’en ai fait partie. Oui j’ai été l’un de leurs combattants ; ils m’ont recruté et endoctriné quand j’étais encore un gamin ; orphelin errant sous le soleil de plomb du Sud. Pendant longtemps je les ai suivis car ils m’avaient donné une nouvelle chance de vie , j’étais complètement dévoué à leur cause ; sans une aide précieuse je n’aurai probablement jamais ouvert les yeux et je n’en serai parti.


Les lèvres tremblantes , Nunne peinait à continuer ; l’évocation de ce sombre passé était toujours aussi douloureux ; la plaie était loin d’être cicatrisée.

-Vous ne devez surtout pas les sous-estimer ; il est possible qu’un elfe soit à la tête de vos poursuivants , il y en avait plusieurs dans l’Ordre . Pour l’instant ils vous veulent en vie mais si vous opposez trop de résistance , ils n’hésiterons pas à vous planter un poignard dans le dos dans l’obscurité pour vous faire taire. Vous devez rester sur vos gardes , et puis j’ai pu voir que vous étiez armé de deux superbes dagues mais celles ci risquent de vous être inutiles lors d’un duel à l’épée.


Nunne se baissa alors et fouilla en dessous de quelques sacs de sable ; il trouva alors ce qu’il cherchait. Une belle lame solide et ornementée , sa structure , sa couleur et l’aura qu’elle dégageait ne laissaient pas planer le doute quant à son origine : elle sortait des forges d’Imladris.

-Je l’ai volée à Fondcombe après que nous ayons envahi la ville. Cette lame a des siècle de noble histoire mais récemment elle a commis beaucoup de méfaits entre mes mains , beaucoup trop . J’espère que vous saurez lui redonner sa noblesse d’antan.



---------------------------------------
Quelques minutes plus tard ils étaient tous réunis au seuil de la porte : Eugénion et Lithildren étaient prêt à partir. L’elfe était debout à côté de son cheval ; la mule du Hobbit et sa charette était restées aux écuries . Eugénion ne transportait plus que le nécessaire qui comprenait tout de même plusieurs collations et sachets d’herbes à pipe. Il monterait sur le même cheval de Lithildren. Nunne et Amiel se tenait main dans la main près dans la porte , et ils souhaitaient bonne chance à leurs invités. Le départ était imminent , il n’y avait plus qu’à espérer qu’Erennel ne vienne pas trop tard ou juste qu’il vienne tout court.



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Erennel
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Jeu 10 Sep 2015 - 18:26
Erennel resta un instant pensif.

Tout se bousculait dans sa tête mais pourquoi avait-il fait ça ? Il avait un objectif beaucoup plus important et puis, il n'avait rien à voir avec eux. Ils étaient plutôt une entrave pour lui. Mais bon, c'était fait et il allait devoir en subir les conséquences.
Il était tellement figé sur ces idées que le véritable danger paraissait totalement secondaire ou peut-être refusait-il de le voir.

Il observa ses futurs compagnons de route. Le semi-homme s'était détendu à ses paroles et l'elfe s'était crispée.

T'inquiètes ma jolie, je n'aime pas ça non plus. Ce n'est que provisoire, après tout. Dès que nous nous serons quittés, je t'oublierai instantanément et je suis sûr que tu en feras de même.

Lithildren se leva et s'éclipsa. Erennel eut le temps de scruter son visage un instant. Il reflétait ses soucis et son combat intérieur. Il regretta d'avoir été aussi froid mais il se reprit vite. Il manquerait plus qu'il se  montre gentil, c'est une elfe après tout et elle s'en remettrait.

Eugénion ne semblait plus aussi détendu à présent. A vrai dire, personne ne l'était. Comment l'être face à une telle situation ?
Amiel attira particulièrement son attention. Bien qu'elle essayait de la cacher, son angoisse était évidente.

C'est vrai, en restant ici plus longtemps, nous les mettons en danger. En espérant que ce ne soit pas trop tard, il faut que nous les quittions très vite.

Comme s'il lisait dans ses pensées, Nunne leur fit remarquer qu'ils devaient partir immédiatement.
Pendant qu'il irait chercher son cheval et ses affaires, l'ébéniste et le hobbit se rendrait au Poney Fringant.

Il ne se le fit pas dire deux fois. Il sortit aussitôt.

Tout en marchant à grandes enjambées, il se demandait ce qu'ils pouvaient bien vouloir à cette elfe. Elle n'avait rien d'intéressant ou peut-être cachait-elle quelque chose...

Au coin d'une rue, un groupe de garçons qui voulaient jouer les durs terrorisaient une petite fille. Erennel s'approcha. Il n'eut rien d'autre à faire qu'à les fixer durement pour qu'ils se sentent mal à l'aise et déguerpissent. Cela l'amusa beaucoup. Il ramassa la poupée de la petite et lui tendit puis lui tapota gentiment la tête pour la rassurer.

Ça, heureusement que l'elfe ne l'a pas vu.

Et c'est en se retournant qu'il crut voir furtivement quelqu'un qui l'observait. Il se dirigea à l'endroit mais rien.

Cette situation travaille mon imagination.


Il reprit son chemin et arriva chez le forgeron.

Il fut accueilli à bras ouvert. Ils s'étaient fait du soucis et puis avait-il mangé ? Il avait une petite mine. Il fallait qu'il mange pour reprendre des forces. Il avait déjà pris son déjeuner ? Oh, sûrement pas assez, cela se voyait.

On le fit s'asseoir, on lui mit une écuelle devant lui et on y versa une étrange mixture verdâtre où flottaient quelques éléments (des légumes ?) bizarroïdes. Il n'osa pas demander ce que c'était.

Allez courage, c'est la dernière fois.

Avec un héroïsme indéfinissable, il prit la cuillère posée à sa droite et l'enfonça dans la préparation. Il lui fallu un effort supplémentaire pour la porter à sa bouche.

Non. Ses talents culinaires ne s'étaient pas améliorés depuis la dernière fois comme il l'avait espéré dans une pensée fugitive.

Les morceaux (peut-être de la viande?) étaient flasques, il n'osa pas mâcher. Il les avala d'une seule traite dans l'espoir de ne pas avoir le temps d'en sentir le goût. Mais l'horrible odeur restait marquée dans sa bouche. Il en eut un haut-le-cœur. Il finit son repas avec peine. Après ça, il était près à affronter n'importe quel danger. Cela ne pouvait pas être pire.

Il expliqua ensuite qu'il devait les quitter.
Déjà ? Il ne pouvait partir les mains vides. Il fallait qu'il emmène quelques provisions. Elle avait justement fait des conserves. Il prétexta qu'il ne pouvait se charger davantage, que ses amis (hum...) avaient déjà tout prévu.
Après un temps infini de négociations, il réussit à partir sans rien (ouf!).

Il récupéra sa jument qui, elle, avait été bien nourrie.

- Allez ma belle, on repart. Fini la belle vie !

Il la caressa tendrement en songeant que l'elfe allait bien se moquer de lui en voyant sa « magnifique » monture.

Tenant Olann par la bride, il rejoignit le groupe qui était déjà là

- Ma pauvre, tu ne sais pas ce qui nous attend.

Olann tourna la tête vers Erennel, il crut voir une pointe de malice dans son regard, elle semblait lui répondre :

- Et toi qui croit tout comprendre,tu le sais encore moins que moi.

Erennel détourna les yeux. Vraiment, son imagination lui jouait de sacrés tours en ce moment.
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Lithildren Valbeön
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Ven 11 Sep 2015 - 22:08
[HRP : Je change un peu ma façon d'écrire, je suis navrée mais j'ai prit l'habitude de réécrire en mode objectif. Je précise que les mots "un médaille elfique finement taillé" sont en fait un lien vers le médaillon en question.
/HRP]

- La maison vous plaît ? Quand nous l’avons acheté elle était en piteux état mais nous avons fait quelques travaux Nunne et moi et nous l’avons aménagé et décoré à notre goût .


L'elfe était seule depuis un moment, assise en tailleur sur son lit. Elle était sans sa cape, ni ses bottes. Ses longs cheveux blancs donnant l'impression d'être de soie tombaient en cascade dans son dos droit. L'elfe était assise sur le lit, en tailleur, non pas perdue dans ses pensées, mais bel et bien dans un état de méditation qui l'aidait à réfléchir.La jeune femme blonde s'était raclée la gorge pour signaler sa présence que l'elfe avait déjà sentie dès qu'elle avait posé un pied devant la chambre. Néanmoins, pour ne pas la décevoir, Lithildren se tourna légèrement vers la jeune femme, qui parut troublée. L'elfe lui adressa un léger sourire pour la rassurer.

- C’est plutôt simple et loin du luxe des plus nobles bâtisse mais c’est coquet et confortable. Et puis c’est notre chez nous. Il n’ y a rien de plus important que d’entretenir et de chérir sa demeure. Vous savez , quand je vous ai vu je me suis demandée si c’était une bonne idée de vous accueillir. Après tout vous aviez des ennuis et j’étais effrayée à l’idée de devoir affronter un danger aussi grand que celui que vous encourait mais en y réfléchissant je ne regrette en rien mon acte car vous n’avez plus de “chez vous” et il est important de tout mettre en oeuvre pour que vous la retrouviez : votre maison.

L'elfe répondit d'un ton calme, posé et serein.

- J'ai perdu la mémoire, et je suis partie loin de chez moi, il est vrai. Mais même si j'avais un chez moi, je n'aurais personne avec qui partager ma demeure, ma vie, mes habitudes. Je suis une elfe des chemins, voyageant sans cesse à la recherche de ses souvenirs. J'ai pris goût et plaisir à cette vie aventureuse. Vivre comme mon peuple, cloîtrée dans une cité par peur de l'extérieur ou mépris des autres races, cela ne me sied guère. Je n'ai pas de chez moi, certes, mais c'est aussi un choix délibéré.

L'élan de compassion, et la main sur l'épaule de l'elfe toucha celle-ci. La gentillesse, Lithildren apprenait désormais que tout les Hommes l'avait en eux. Elle qui pensait que la cupidité, l'égoïsme, et autres habitaient les Hommes, eh bien son aventure lui prouvait le contraire. L'elfe eut un léger sourire de remerciement lorsque la jeune femme blonde ajouta :

- Vous devrez être courageuse pour aller au bout de votre périple mais du peu que je sais de vous sachez que je ne doute pas une seule seconde de vos talents.

Nunne annonça ensuite son retour. Amiel se leva assez vite et descendit rapidement. L'elfe suivit la femme de leur hôte d'assez près. Nunne et Eugénion se trouvaient en bas, le guerrier blond était absent. Après avoir redonné ses affaires à l'elfe, le Suderon adressa un signe à Lithildren. Elle le suivit dans une pièce isolée. Il paraissait inquiet, habité d'un secret. L'elfe savait de quoi il s'agissait, mais laissa le jeune homme parler pour se libérer du poids du passé.

- Avant que vous partiez et parce que vous semblez être la convoitise des membres de l’Ordre , ou des ex-membres qu’en sais-je ; il faut que je vous confie quelque chose. Nunne soupira.Mais d’abord vous devez me promettre de garder cela secret , n’en parlez à personne ; surtout pas à l’homme blond. J’ai confiance en vous , un peu moins en lui même s’il ne sera pas votre ennemi. Il jeta des regards stressés dans tous les sens, comme paniqué à l'idée que quelqu'un d'autre ne surprenne la conversation.Si je connais tant de choses au sujet de cet Ordre ce n’est pas parceque je l’ai combattu par le passé mais c’est car j’en ai fait partie. Oui j’ai été l’un de leurs combattants ; ils m’ont recruté et endoctriné quand j’étais encore un gamin ; orphelin errant sous le soleil de plomb du Sud. Pendant longtemps je les ai suivis car ils m’avaient donné une nouvelle chance de vie , j’étais complètement dévoué à leur cause ; sans une aide précieuse je n’aurai probablement jamais ouvert les yeux et je n’en serai parti. Vous ne devez surtout pas les sous-estimer ; il est possible qu’un elfe soit à la tête de vos poursuivants , il y en avait plusieurs dans l’Ordre . Pour l’instant ils vous veulent en vie mais si vous opposez trop de résistance , ils n’hésiterons pas à vous planter un poignard dans le dos dans l’obscurité pour vous faire taire. Vous devez rester sur vos gardes , et puis j’ai pu voir que vous étiez armé de deux superbes dagues mais celles ci risquent de vous être inutiles lors d’un duel à l’épée. Nunne se baissa alors et fouilla en dessous de quelques sacs de sable ; il trouva alors ce qu’il cherchait. Une belle lame solide et ornementée , sa structure , sa couleur et l’aura qu’elle dégageait ne laissaient pas planer le doute quant à son origine : elle sortait des forges d’Imladris.Je l’ai volée à Fondcombe après que nous ayons envahi la ville. Cette lame a des siècle de noble histoire mais récemment elle a commis beaucoup de méfaits entre mes mains , beaucoup trop . J’espère que vous saurez lui redonner sa noblesse d’antan.

Lithildren, en prenant la lame, prit également le poignet de cet ancien adepte de la secte.

- Ne vous inquiétez pas, votre secret est bien gardé. Je me doutais déjà de votre passé, et sachez que cela n'a aucune influence sur le présent. Je vous fait confiance, car vous m'avez sauvée et vous avez sauvé mon ami. De plus, vous nous aidez à poursuivre notre route en sécurité, et cela n'a pas de prix.

L'elfe prit la lame franchement et la mit dans son sac, bien qu'elle dépasse franchement. Puis elle sortit de la pièce avec Nunne. Eugénion lança un regard peu confiant à la grande lame de Lithildren, mais n'en dit rien. L'elfe posa son sac sur la table, puis fouilla dedans. Elle en sortit un médaillon elfique finement taillé et le mit dans sa main. L'elfe se dirigea vers Amiel et lui enfila le médaillon autour du cou.

- Ce bijou appartenait à ma famille. Il est vôtre, désormais. Puisse-t-il vous apporter une once de sagesse de mon peuple, un sentiment de sécurité et notre bénédiction.

L'elfe sourit à Amiel. Lithildren prit ensuite son sac après avoir mit sa cape d'un geste maîtrisé, ample et rapide, ce qui lui donna l'air d'être un peu plus grande, sage et mystérieuse. Elle sortit de la maison, précédée d'Eugénion et alla vers son cheval. Aldranys attendait, et redressa les oreilles et la tête à l'arrivée de Lithildren. L'elfe aux cheveux blancs sourit à son cheval et lui adressa quelques mots en elfique. Elle caressa Aldranys et patienta pendant que le couple leur disait au revoir. L'elfe espérait, bien qu'elle n'appréciait pas trop cet homme, que le blond viendrait. Il était une force de plus indispensable pour leur survie.
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Jeu 17 Sep 2015 - 23:38


               Nunne

En donnant cet arme à Lithildren Nunne, ne lui avait pas seulement une magnifique arme pour se défendre il s’était aussi totalement coupé de son passé par ce geste symbolique. Enfin l’épée avait trouvée preneur et l’ébéniste ne serait plus hanté par la présence de cette lame qui dans sa main avait massacrée tant d’innocents. Il avait appréhendé la réaction de l’elfe quand il lui avait fait son aveu mais celle-ci s’était révélée étonnamment compréhensive ; s’il lui avait révélé ce secret que peu de monde connaissait c’est parce qu'il sentait en elle quelque chose de différent ; elle lui avait fait confiance et il sentait que le sentiment était réciproque. Avant qu’ils ne se quittent il se devait de lui dire la vérité , elle devait savoir quel genre d’homme lui avait sauvé la mise .
Alors qu’ils attendaient devant la porte l’arrivée d’Erennel , l’elfe aux cheveux d’argent se dirigea vers Amiel qui se tenait auprès de son mari. Lithildren passa alors autour du cou de la belle blonde un magnifique pendentif elfique qu’elle présenta comme appartenant à sa famille et elle accompagna son présent d’une bénédiction . Le visage d’Amiel s’illumina alors d’un large sourire ; elle contempla un moment le bijou avec des yeux admiratifs.

-Co..Comment pourrais-je accepter ?
bégaya-t-elle.

Qu’avait elle fait pour mériter un tel cadeau? Ce médaillon devait représenter tellement de choses pour l’elfe ; une dernière relique de son passé oublié et elle était prête à s’en séparer pour remercier ses bienfaiteurs. Nunne posa sa main sur l’épaule de sa femme

-Amiel
, fit il d’une voix douce , personne ne le mérite autant que toi …

Un peu confuse et presque au bord des larmes la jeune femme noya Lithildren sous un déluge de remerciement sincères.

Devant ce geste exemplaire Eugénion s’empressa d’offrir à son tour quelque chose à ses hôtes en guise de remerciement ; il fouilla un peu dans sa sacoche et en sortir la chose la plus précieuse qui s’y trouvait , du moins à ses yeux : un petit sachet de Vieux Tobie de la Comté . Son herbe à pipe préférée qu’il avait payé à prix d’or chez le meilleur producteur de la région ; s’en séparer lui déchirer littéralement le coeur mais le Hobbit ne devait pas se montrer cupide ou égoïste après les fiers services dont il avait bénéficiées.

-Monsieur ; je voudrais , avec ce hem...euh “maigre” .. présent vous remercier de votre aide et de votre hospitalité.

Le Semi-Homme lui tendit le Vieux Tobie que Nunne accepta avec un sourire aux lèvres ; toutefois au moment où il voulut saisir son cadeau Eugénion flancha et sans s’en rendre vraiment compte il ne lâcha pas le sachet qu’il tenait ferment dans sa petite main tremblante. Le Suderon se mit alors à rire

-Ce n’est pas grave Maître Hobbit , gardez votre herbe ; de toute façon je n’en fume pas .

Les deux chevaux partirent alors simultanément au galop en direction de la sortie de la ville ; il n’y avait plus une seconde à perdre .

Nunne et Amiel les regardèrent s’éloigner pendant plusieurs secondes et quand leurs invités ne furent indentifiable que sous la forme d’un lointain nuage de poussière soulevé par les sabots de leur monture les deux futurs parent se retournèrent et entrèrent dans leur maison pour y reprendre leur vie paisible , ils n’avaient pas plus d’espérances.



La suite ici : Entre deux pensées , il n'y a plus le temps de se prélasser.



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