Sur les traces du régiment disparu

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Adaes Thiemond
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Ven 13 Nov 2015 - 12:43
Le tribun était d'accord avec le baron, apparemment il se méfiait également des villageois à l'air si louche. Adaes acquiesça tout en écoutant le capitaine de la troupe parler. Il voyait juste, il était peu probable que le village accepte de parler et encore moins que la troupe de l'Arnor ait de quoi les forcer à parler. La situation ne plaisait pas au maître d'arme, vraiment pas. Il restait sur ses gardes, il n'avait aucune confiance en ces villageois, au grand bien qu'il aimerait pouvoir ne pas penser à ce qu'il imaginait.

Il tentait de se convaincre seul de l'idiotie de sa théorie, préférant la garder pour lui que d'émettre des doutes aussi importants sur les villageois... Mais... Et si... Et si c'était vrai... Ce gamin a trouvé de l'équipement dans une terre aussi déserte et ces villageois sont visiblement hostiles au groupe. Les pensées obscurcit par cette idée le maître d'arme ne pipa mot lorsque le tribun leur expliqua la suite du déroulement des opérations. Malgré la proposition de boire de la bière du tribun le vieux guerrier s'y refusa.

Il passa sa main sur sa propre bouteille mais n'en fit rien, il n'avait pas la tête à ça. S'il avait raison... La manière de terminer cette aventure serait la plus difficile pour un soldat. L'ancien maître d'arme tenta brièvement d'ouvrir le dialogue avec son collègue de cuisine, qui s'y refusa. La méfiance était également à l'intérieur du groupe, au plus grand malheur du maître d'arme. Il n'avait aucune confiance envers les personnes à l'extérieur, et ceux à l'intérieur ne semblaient pas tous dignes de confiance.

Le diner fut calme, l'ancien soldat restait cloitré à penser et à se méfier, à tenter, une fois de plus, de se convaincre et de chercher des preuves contredisant son idée. Il n'en trouva pas, mais ne put se résoudre à parler de sa théorie. Crowken finit par expliquer ce qu'était un Galgal. En bon chasseur d'esprit il croyait aux légendes dessus, et semblait en savoir beaucoup. Le maître d'arme peinait à les croire, néanmoins il ne pouvait pas nier que ces vieilles demeures lui faisaient froid dans le dos.

La nuit vint après un repas léger. Adaes avait le quatrième tour de garde, avec Crowken. Le maître d'arme avait l'épée sortit, enveloppé dans sa cape il polissait et aiguisait sa lame de longues minutes durant. Son regard se baladait autour de lui, à la recherche d'un danger, qui jamais ne vint. Le tribun se reveilla durant la nuit, il devait être fatigué après deux tours de garde mais visiblement autre chose l'empêchait de dormir paisiblement. C'était compréhensible, les responsabilités d'un capitaine peuvent être très lourde.

Le vieux guerrier respectait son supérieur, mais il se disait parfois qu'il craignait trop, que peut-être ses épaules avaient du mal à porter le poids de ce grade. Pourtant il lui fallait être solide, plus que jamais. Néanmoins il faisait les bon choix, là était la chose importante. A la fin de son tour de garde le maître d'arme retourna se coucher, son arme à côté de lui, une main dessus. Sa méfiance restait forte.

Lorsque l'heure de se lever vint le baron se redressa sans un mot, reprenant son équipement il se prépara à partir. En sortant son regard se porta sur les villageois déjà debout et sur leurs habitations. Sans un mot il passa, seul sa main posée non loin du manche de Thie signalait la méfiance permanente de l'ancien maître d'arme. Une fois dans la forêt la petite troupe se sépara sous l’initiative de Crowken, visiblement il semblait connaître les lieux. Pour le vieux noble il n'y avait pas grand chose à craindre que son épée ne pouvait tuer, il peinait à croire aux contes et légendes entourant les lieux.

Accompagné de Davron, le guerrier s'aventura dans une zone où la végétation avait poussé à souhait. Seul le crincement d'un acier sous la botte du jeune homme les interpella. Une épée. Adaes fronça les sourcils lorsqu'il tourna la tête. Le galgal était proche. Est-ce qu'il y avait quelque chose à voir ? Une mauvaise farce dans ce lieu mystique. Le guerrier dégaina son épée, bien qu'il ne croyait pas à ces histoires d'esprits il n'était pas pour autant des plus rassurés. D'un signe de la tête il intima à Davron de le suivre.


« Viens, allons voir de plus près ce Galgal, cette lame en est trop proche à mon goût. »

Sur les lieux le maître d'arme trouva au sol une nouvelle chose, une arme, une lance. Plissant les yeux le maître d'arme tenta de s'en saisir. Une main squelettique la retint, paniquant un peu le maître d'arme qui força pour prendre l'arme. En même temps une brume mystique se leva, semblant drainer vie et esprit des hommes. Le cœur de certains peut-être faible, mais le maître d'arme n'avait pas l'intention de laisser cette chose le tuer, encore moins d'abandonner à son sort le gamin qui le suivait.

Une voix semblant venir d'autre part apparut, donnant quelques paroles auxquelles le vieil homme ne porta pas vraiment attention, occupé à se reprendre pour faire face. Hurlant de rage le maître d'arme pointa son arme vers les yeux brillant, d'un coup de main il enfonça son arme dans ce qu'il assimilait le plus à un visage, puis lâche la lance tout en reculant. Il poussa le noble tout en se plaçant entre lui et ce qui ressemblait à un ennemi. L'entrée n'apparaissait plus à leur yeux, néanmoins il fallait faire quelque chose.


« Recule, évitons cette chose ! »

Le regard du maître d'arme se risqua à perdre de vue la créature, cherchant une autre autour d'eux ou quoi que ce soit pouvant les aider à fuir.
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Elendüril
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Jeu 17 Déc 2015 - 18:17
Lors de leur retour dans cette grange qui fut louée en ce village, où les habitants se méfiaient des étrangers. Bien sur cette crainte n’était pas injustifiée en ces terres sauvages. malgré tout Elen pensa qu’il leur faudrait juste du temps pour faire tomber cette méfiance ainsi que des efforts de part et d’autre mais cela était un luxe qu’ils ne pouvaient pas se permettre. Car la recherche des tous ces hommes disparu devait être pragmatique, même s’il devait veiller à ne pas se mettre en péril inutilement en froissant un groupe de personne déterminées à défendre leur village. Car même s’il n’est pas une plaque tournante de bien, il était leur bien le plus précieux.
A leur retour, le baron en compagnie de Shape et du jeune rôdeur dit à leur leader :

« Capitaine, les enfants du village sont en possession d'un heaume étoilé, un heaume de soldats. C'est ici que le régiment a été aperçu pour la dernière fois. Je n'aime pas les conclusions hâtives, néanmoins de toute évidence ils doivent avoir vu, entendu ou bien fait quelques chose pour obtenir ce casque et ils savent quoi. Je pense que l'on ferait mieux d'avoir une discussion avec le responsable du village. »

Il ne cacha pas sa surprise même si elle restait mesurée. Car l’information aussi bénigne soit elle confirma que le régiment était passé dans le coin, mais elle accrut aussi la méfiance que le tribun porta aux villageois. Il répondit à Adaes à voix basse : « Tu as raison, même si je crains qu’une discussion ne nous donnera pas les éléments que nous recherchons, vu la manière dont cet homme nous a accueilli tout à l’heure. Actuellement, nous n’avons ni les moyens de le menacer de manière efficace, ni de le soudoyer…Nous irons lui parler, mais pendant ce temps-là il faudra explorer les alentours de ce fameux galgal pour voir ce qui s’y est passé… »

Le temps passa pendant que le tribun réfléchissait, et il était possible de voir sur son visage que la réflexion était tout sauf un vagabondage de l’esprit dans des rêves ou de lointains souvenir. Il prit la parole :

« -Messieurs. Elendüril, Sharpe et Adaes nous ont dévoilé des informations précieuses. Les enfants du village sont en possession d’un heaume de soldat d’Arnor, qu’ils prétendent avoir trouvé dans les alentours du vieux galgal dans la forêt à l’Est d’ici. Il nous faudra enquêter cette piste, mais aussi nous entretenir avec le dirigeant de cette bourgade. Njall, tu m’accompagneras lors de la discussion avec cet homme demain matin. Sharpe, tu resteras avec Nroc, vous vous barricaderez dans la grange, afin que personne n’essaie de fouiller ni voler nos affaires pendant notre absence. Adaes, Crowken, Taness, Elendüril et Davron. Vous irez enquêter dans la forêt. Cela ne devrait pas être particulièrement dangereux, les soldats ont disparu il y a des mois. A cinq vous devriez être capables de vous en sortir en cas de danger, mais ne prenez aucun risque inutile. Nous nous retrouverons dans la grange demain à deux heures de l’après-midi au plus tard.  Le plan convient-il à tout le monde ?»

Il reprit après avoir laissé le temps à ses hommes de s’exprimer à ce propos.

-Ce n’est pas tout. Là où nous allons, les sources de nourriture se feront de plus en plus rares. Nous devrons surveiller nos provisions, et nous assurer que nous partons d’ici avec tout ce que nous pouvons prendre sans trop nous encombrer. Elendüril.  J’aimerais bien que tu assumes le rôle de notre quartier-maître. Tu seras responsable de renouveler nos provisions, de distribuer la nourriture, la boisson, les bandages et autres provisions tous les jours, de m’informer régulièrement de leur état, et de t’entretenir avec nos chasseurs, Njall et Taness, pour prévoir quelle proie on peut espérer selon l’endroit où on se trouve. Es-tu prêt à prendre cette responsabilité sur tes épaules ? »


Elendüril aurait sauté de joie au plafond en temps normal car c’était une marque de confiance qui lui était faite après le désaveu qu’il venait de subir de la part de ses supérieurs suite aux pressions de la veuve d’un chevalier de la Rose. Il savait également que ce rôle avait des responsabilités qui influerai sur tout le groupe et qu’ici, il n’était pas simplement un poste où il fallait maintenir les étagères des réserves pleines. Il devrait les remplir, et les vider le moins vite possible. Il devrait aussi s’entretenir avec Njall et Taness. Ce dernier paraissait assez étrange pour ne pas dire bizarre mais si Forlong avait choisi de l’intégrer il devait s’y plier. Elendüril espéra que son caractère ne serait pas trop exécrable pour mener à bien la mission que leur leader lui avait asssgné. Il fit part de son acceptation auprès du capitaine. Ce dernier continua son discourt :

« Pas d’entrainement ce soir, j’aimerais bien que tout le monde se repose. Nous nous ne lèverons pas à l’aube demain, mais pas plus tard que deux heures après le lever du soleil. Pour ce soir, je vous demanderai à tous de vérifier l’état de votre équipement, nettoyer et acérer vos armes, prendre soin de vos chevaux, et laver des vêtements au besoin, pour qu’ils aient le temps de sécher autour du feu avant demain après-midi. Taness et Adaes, vous cuisinerez ce soir. Vous ouvrirez aussi le tonnelet de bière, vous l’avez tous bien mérité. Je tiendrai la garde en premier avec Davron, ainsi qu’en deuxième avec Elendüril. Ensuite ce sera Taness avec Njall, Adaes avec Crowken, et Sharpe avec Nroc. »

Elendüril avait enfin à peu de temps à se consacrer. Enfin du temps à consacrer à son équipement. Il en profita pour passer le fil de sa lame sur la pierre à affûter une fois son épée affutée et légèrement huilée. Une fois qu’il en eut finit avec son épée il s’attarda sur son cuissard gauche qui avait été touché par cette maudite créature descendants des elfes ou d’hommes des temps anciens que Melkor le maudit tortura et transforma afin d’en faire de serviles créatures pour son projet de domination du monde.

L’entretien régulier fait par le jeune homme avait eu l’avantage d’absorber le coup sans rompre tel le roseau qui se tord mais ne casse jamais. Il n’y avait rien à faire si ce n’est que changer le cuissard de cuir. Mais l’hostilité du village faisait qu’il se passerait de ce luxe car il ne leur faisait absolument pas confiance. Et montrer un signe de faiblesse de façon aussi ostensible n’était pas la meilleure chose à faire alors il ne lui reste que l’espoir ne pas reprendre un coup aussi violent avec à peu près le même angle lors de futur affrontement si jamais il ne croise pas un forgeron ou un armurier de confiance d’ici là. Il prit quand même le soin de la graisser un peu avec de la graisse. Le cuir la bu et le jeune rôdeur racla le surplus qu’il remit dans son petit pot.

Il avait l’avantage de porter son armure en dessous de ses vêtement donc il était difficile voire impossible pour quiconque de savoir que son armure avait une faiblesse. Il préféra se taire à ce sujet car leur capitaine avait assez de problème comme ça sur ses épaules pour éviter d’en rajouter davantage. Il recousu son pantalon afin de refermer l’entaille qui laissa l’air frais du printemps rentrer. L’odeur du repas se dipersa dans la salle annonçant l’imminence de ce dernier. Adaes ou Taness annonça que le repas était prêt. Au bout d’un moment une persone demanda ce qu’était précisément un galgal.

Crowken en tant que spécialiste pris la peine de répondre. Bien qu’il ne parla pas avec une voix puissante tout le monde se taisait afin de l’écouter.

« Les galgals…qui étaient ceux qui les ont bâti, quels dieux vénéraient-ils, et quels pouvoirs étranges maîtrisaient-ils ? Ce sont des questions auxquelles nous n’avons pas de réponse. Nous savons que les hommes qui ont enterré leurs morts sous ces collines étaient là bien avant l’arrivée des Numénoréens. Nous savons aussi que les premiers Numénoréens les considéraient comme des lieux sacrés. Aujourd’hui, ce sont des lieux maudits. Maudits, car le Roi-Sorcier d’Angmar utilisa ses sombres sortilèges pour réveiller ceux qui y étaient enterrés, noircir leurs cœurs, tordre leurs esprits jusqu’à ce qu’ils deviennent fous, et terribles dans leur folie. Certains d’entre eux sortirent de leurs tombeaux et hantèrent les Dunedain, volant leurs âmes, semant la mort et le désespoir. Ceux qui avaient choisi la même voie que moi il y a des centaines d’années, réussirent enfin à sceller la plupart des tombeaux avec des sortilèges qui empêchent les spectres de les quitter…Mais gare à ceux qui tenteraient d’y rentrer, ou de s’aventurer trop près d’eux pendant la nuit. Il y en a eu beaucoup. Des hommes « civilisés » qui prétendent qu’il ne s’agit de rien d’autre que des histoires de grand-mère utilisées pour faire peur aux enfants. Des chasseurs de trésor attirés par l’or légendaire des habitants ancestraux de ces terres. Les jeunes ivres, convaincus par leurs amis d’accepter le défi et passer une nuit au galgal. La plupart ne revient pas. Ils servent à présent d’esclaves aux grands rois païens d’antan, et ne quitteront jamais ces tombeaux qui sont devenus les leurs… »

La réponse glaça l’air. Les hommes étaient tous fatigué car depuis l’attaque avant le lever du soleil, les hommes n’eurent guère le temps de se reposer un peu. Et la fatigue accumulée les jours précédents s’y ajoutait.  Aucun de ceux qui avait le privilège d’aller pouvoir se reposer ne tarda pas. Le jeune rodeur savait qu’il avait peu de temps devant lui afin de récupérer avant de prendre son tour de garde. Il se dit pour lui-même quelle folie pour Forlong de prendre les deux premiers tours car même s’il n’avait pas fait le sien la nuit précédente c’est lui qui devrait avoir les idées le plus clair possible et la fatigue n’aide pas à garder l’esprit loin des vapeurs de la brume.

Elendüril était intrigué par l’épée du tribun. En effet, elle ressemblait aux antiques lames elfiques du temps des anciennes alliances où Elfes, Hommes et Nains se battaient contre les Noirs Seigneurs et leur serviteurs. Sur un coup d’œil rapide, lors de l’attaque, lui avait permis d’apercevoir le rayonnement bleuté de lames. Elendüril pour briser le silence pesant lui demanda comment il est entré en possession de cette arme-là.

Le tribun resta silencieux encore quelques secondes avant de prendre la parole. Il avait pris le temps de réfléchir si cela était vraiment une bonne idée de le faire car Crowken avait expliqué un peu plus tôt ce qu’était l’endroit où il eut cette magnifique épée des temps anciens. Il dit :

« C’était, il ya des années. J’étais encore un jeune homme. J’arpentais les plaines sauvage que nous n’allons pas tardé à arpenter. Je chassais le gibier et les orques des montagnes proches. J’étais sur ce que je pensais être une colline mais cette idée se dissipa d’elle-même quand je suis tombé sur une entrée faite par le travail des hommes. Ma curiosité, ma jeunesse et mon côté aventureux m’ont occulté tout sentiment de peur et d’angoisse qui pouvait émanait ce genre d’endroit, cette crypte, ce tombeau, en murmurant, ce galgal. Malgré tout l’adrénaline était présente et le rythme de mon cœur s’accéléra car même si c’est ces tombeaux ne sont pas rare en ces terres, ceux qui osait y pénétrer l’était plus. Surtout qu’en tant que Dunadan je ne devais pas ignorer les légendes, héritages de nos pères, qui en parlaient. Je sais qu’il était mal vu d’aller troubler le sommeil des morts car depuis que le Roi-Sorcier les éveilla, les morts gardent leur tombent et emmènent volontiers ceux qui osent pénétrer dans leur demeures de pierres.  

Je suis arrivé dans la dernière salle, en son centre était apposé le sarcophage en pierre d’un roi ou d’un héros. Dessus était posée cette épée dont une lumière bleutée émanait de la lame. Ce moment-là restera gravé à toujours dans ma mémoire. Une voix venu d’outre-tombe me dit ceci : "Prends cette épée, Dunadan, et fais en bon usage, car ton bras est fort et ton cœur est pur". À ce moment-là, la peur était présente je pouvais ressentir chaque battement de mon cœur, la perte d’une certaine rationalité. J’ai pris cette lame qui reposait sur le tombeau de cette personne importante, ne voulant pas contrarier cette engeance plus puissante que moi. Je suis sorti de cet endroit sans comprendre ce qui m’était arrivé. Voilà j’espère avoir répondu à ta question.»


Plusieurs fois pendant cette discussion il lui avait semblait avoir entendu des bruit de pas et frissona comme si un courant d’air froid soufflait dans son dos. Du coup le jeune rôdeur se leva et inspecta la grange de fond en comble afin de s’assurer qu’aucun des villageois ne rôdait près de cette dernière. Il observe longuement aussi par le trou qui permettait de voir un peu ce qui se passait en dehors. Pendant cette inspection il tenta de calme ce sentiment irrépressible de peur qu’il se fût instillé dans son esprit.  Quand le moment fut venu FOrlong réveilla les suivants.

Elendüril s’allongea dans le coin qu’il s'était aménagé pour dormir. Les histoires rapportées par le vétéran et le chasseur d’esprit firent que cette nuit-là sera courte. Car Elendüril aimait les légendes de son peuple mais il croyait que ce qui touchait à certains aspects était davantage des histoires afin de laisser certains endroits en paix, comme ces tumulus. Une fois n’était pas coutume sa dague et son épée serait sorti de leur fourreau afin de pouvoir en faire usage simplement en les empoignant. sa dague était sous son oreiller tandis que son épée était entre deux couverture afin d’éviter qu’il se blesse en dormant. le coq chanta et réveilla le jeune rodeur qui se leva instinctivement et alla de finir se réveiller en saisissant un peu d’eau fraiche dans ses mains afin de l’appliquer sur son visage. Le choc thermique fini de reveiller le jeune homme. il alla s’habiller et s’équiper de son armure. Il ceint son ceinturon sur lequel étaient fixés les fourreaux de son épée et de sa dague. Il revêtit également sa cape.

Forlong et Njall sont allés voir ce qui semblait être le bourgmestre du village. Sharpe restera à veiller sur nos affaires et sur Nroc qui était blessé. Pendant que tous les autres iraient chercher des indices vers le galgal. Apres un moment de marche vers l’est i arrivèrent à l’ombre d’arbres centenaires trahissant la présence du galgal. Crowken décida qu’il était inutile que le groupe reste ensemble. Il le scinda en deux, l’un fera le tour par le nord tantdis que l’autre en fera autant par le sud.
Elendüril qui accordait une certaine légitimité aux récits qu’il avait entendu la nuit précédente gardait sa main sur le pommeau de son épée qui n’était pas enfoncé jusqu’au bout de son fourreau afin de gagner quelques précieux court instant lors du dégainage. La malchance se porta sur Taness qui fut bousculé par un être qui cria quelques chose dont seul les mots traître et meurtrier. il le renversa. A peine le choc de son corps avec le sol fut fait qu’il vit une lame fondre sur lui. Il n’eut pas le temps d’esquiver le coup qu’il se mit à hurler de douleur.  

Quand Crowken se retourna il sorti ses amulettes et commença à réciter un charabia étrange pour quiconque mais qui devait avoir une utilité pour qu’il le fasse. L’attaque fut si brutale et si courte qu’Elendüril ne pouvait rien faire d’autre que de voir la scène se dérouler car il était trop loin pour pouvoir porter assistance au chasseur.
Malheur à lui, qui voyait l’un de ses rares compagnons à pouvoir chasser en ces terres. Mais ça il ne s’en rendait pas compte car il l’urgence n’était pas à ça. Mais dans l’avenir cela pourrait lui jouer des tous.
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Njall l'Indomptable
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Ven 15 Jan 2016 - 0:31
Une fois de retour à la grange qui leur servait de camp, la soigneuse fut reçue par Forlong en personne qui pu lui remettre son salaire avant même que ne soient entamés les soins. Au moins, elle était ainsi sûre d'être payée. Njall était songeur, s'adossant à une botte de paille en observant la jeune femme s'affaire. La confiance des villageois allait être difficile à gagner. La situation était des plus désagréable, sur leurs propres terres, des hommes d'Arnor étaient les malvenus. Njall pouvait comprendre la posture de ces hommes du Nord, éloignés de tout et survivant seuls, regroupés en petites communautés, sans l'appui royal dont pouvait bénéficier les cités plus au Sud, plus proches de la couronne, mais cette hostilité lui semblait démesurée. Il y avait-il une raison particulière à cette défiance vis-à-vis des autorités arnoriennes ? Qui plus est, ils n'étaient pas ici pour longtemps et ne s'étaient pas présentés de manière hautaine ou pour faire ingérence dans les affaires locales, alors comment expliquer un tel rejet de leur présence ? La convivialité et l'hospitalité ne semblaient pas être des valeurs acquises dans ces contrées.

On ne pouvait qu'être sur ses gardes vu l'atmosphère qui régnait dans l'enceinte de la ville, et les nouvelles apportées par le reste de la troupe ne pouvait que rendre légitime cette méfiance. Des enfants du village étaient en possession d'un casque arnorien, qu'ils disaient avoir trouvé près des Galgals voisins. Njall ne connaissait pas encore les légendes et l'histoire autour de ces collines mystérieuses, et le récit que leur fit Crowken le fascinait comme lui glaçait le sang. Les vieux esprits et les mauvais sorts étaient monnaie courante dans le culture lossoth ainsi prenait-il très à cœur les paroles du chaman, les buvant avec une fascination infantile. Dans sa communauté, le rôle des chamans était primordial et leur parole sacré, ainsi la présence de Crowken lui paraissait être de bonne augure pour la suite du périple. Il ne pouvait que respecter ceux qui parlaient aux esprits.

Rapidement, Forlong désigna les différents tours de garde et l'informa du rôle qu'il aurait le lendemain : l'accompagner pour rencontrer le maître des lieux. Njall hocha doucement la tête. Il aurait l'occasion d'observer l'échange entre le chef de l'expédition et le chef de cette communauté, peut-être certaines choses seraient enfin tirées au clair et qu'un terrain d'entente pourrait être trouvé.

La nuit se déroula sans accroc, et son tour de garde se fit dans le plus grand silence, comme d'accoutumée avec Taness. Cet homme intriguant n'était pas d'agréable compagnie, mais le silence ne gênait pas Njall, et ce dernier devait lui reconnaître ses talents de chasseur, aller chercher du gibier en sa compagnie était une partie de plaisir. Voilà bien longtemps qu'il n'avait pas chassé avec quelqu'un de talentueux, et cette activité lui avait manqué pendant son long séjour à Fornost. Le contact avec la nature était des plus revigorant pour le lossoth, qui ne supportait plus d'être enfermé dans la forteresse de Poppea.

Le lendemain matin, Forlong et lui se rendirent comme prévu à ce qui semblait être la bâtisse principale de la ville, en témoigne ses gardes dotés d'un équipement militaire. Une sorte de milice ? En l'absence de garnison arnorienne, la ville avait visiblement organisée sa propre défense. Njall eut alors un mauvais pressentiment. L'indépendance farouche des habitants locaux était un véritable obstacle, plus qu'une différence culturelle, il y avait une haine farouche entre ces gens et le peuple d'Arnor, du moins, elle existait dans un sens et était perceptible. Ces gens-là ne se considéraient pas sous la tutelle de la couronne d'Arnor et le faisait sentir. Ils étaient fiers et audacieux, mais peut-être trop peu conciliant.

Lorsqu'ils furent face à l'homme au regard noir qui devait être le chef de la bourgade, Njall sentit un frisson parcourir son échine. Il venait réellement de s'adresser directement à lui ? Cela lui paru d'abord extrêmement irrespectueux, lui qui venait tout juste de se voir inculquer les règles de politesse et de hiérarchie des gens du Sud et de l'armée, il lui semblait que s'adresser au sous-fifre plutôt qu'au supérieur était une marque de défiance. Mais le lossoth ne se démonta pas face à son agressif interlocuteur, qui refusait pour l'instant tout dialogue avec un quelconque représentant de l'Arnor visiblement. En tant qu'étranger, Njall incarnait peut-être une sorte de compromis, malgré son affiliation à la couronne. Lorsque Forlong fut désigné comme son « maître », Njall haussa les sourcils, légèrement vexé par la phrase volontairement péjorative. L'homme cherchait bien à montrer que le lossoth était soumis à son supérieur, tel un chien à son maître. Mais il était inutile de s'emporter. Il restait de marbre. Il n'était pas un homme de mots et ne les maniait pas avec plus d'habileté que les autres, et prenait rarement la parole, mais savait parler de manière juste et brève. Il devait donc prendre les devants, pour une fois, et s'étendre plus que d'accoutumée.


« - Tout d'abord... Je vous salue. En effet, je suis un étranger. Aussi étrange que cela puisse paraître, hormis ma solde, l'Arnor ne m'a matériellement rien donné pour que je lui prête serment. Nous ne sommes pas si différents que cela... Je suis né dans le Grand Nord, bien au-delà des frontières de ce royaume, là où le sol est immaculé et la mer de glace. Je connais la dureté de ces environnements et que la survie n'est pas chose facile dans nos contrées. Comme vous, mon peuple vit reclus sur lui-même, traversant les âges au fil des hivers. Et pourtant, me voici ici, portant une armure arnorienne et prêtant mon glaive à leur cause. Ce qu'a fait l'Arnor est très simple... Il y a quelques mois, j'étais analphabète et inculte. Je n'étais riche que de ma culture, dont je suis ô combien fier. Les gens d'Arnor m'ont accueillis à bras ouvert lors de mes voyages, sont devenus des amis, pour certains, des frères d'armes. J'ai su trouver logis et chaleur humaine en ces contrées, et même formation. Pour les armes comme les lettres, tout cela en dépit d'une culture étrangère. Ils ont su la respecter tout en me faisant découvrir la leur. Peut-être est-cela qui fait la richesse de ce pays, sa diversité ? Quoi que vous en dites, vous participez à celle-ci. »


Le lossoth prit une pause. Tout cela ne lui semblait pas utile. Il essayait de ne pas s'enliser dans un discours moralisateur trop naïf, qui n'aurait aucun effet sur le pragmatique chef de la ville. Qui plus est, louer l'Arnor n'était peut-être pas également la bonne solution. L'homme en face de lui avait un avis bien tranché sur la question.

« - Dans le Nord, vous l'avez dit, nous sommes livrés à nous-mêmes. Pourtant, l'Arnor ne vous oublie pas. La preuve, nous voilà, et d'autres soldats avant nous. Nous sommes à leur recherche, vous le savez. L'Arnor ne vous rejette pas, la preuve en est : il fait appel à votre aide, comme il l'aurait fait pour n'importe quels autres citoyens. La Couronne n'est peut-être pas exempte de reproche, et la distance entre cette ville et la capitale fait que vous ne vous sentez peut-être pas fidèle à celle-ci. Mais de toute façon, il n'est pas question d'allégeance aujourd'hui. Nous venons d'égal à égal, en tant qu'hommes. Des soldats se sont perdus dans ces contrées, peut-être certains peuvent-il être encore sauvés, et pour les défunts, leur mémoire doit être honorée. Pour cela, lumière doit être faite sur leur sort. Je ne vous demande pas d'aimer l'Arnor, mais d'aimer les hommes. Vous savez comme moi qu'il n'y a rien de pire de perdre un frère dans la toundra, sans jamais avoir de réponses à ses questions. Et ce sont des familles entières qui attendent des nouvelles de ces hommes. »

Il espérait avoir parlé juste. Il avait été peut-être un peu trop long. Il espérait que son capitaine puisse le soutenir, mais pour l'instant, seul sa parole à lui serait écoutée. Il craignait que son interlocuteur ne soit trop têtu et n'entende pas raison malgré les ressemblances entre lui et Njall. Il n'y avait plus qu'à espérer que son petit discours fasse ses effets ou ouvre au moins la discussion. S'il acceptait la conversation, c'est qu'on pouvait le convaincre. S'il balayait les arguments de Njall du revers de la main, ce dernier ne saurait pas comment s'y prendre...
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Mardil
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Lun 1 Fév 2016 - 17:37

Davron avait veillé Nroc jusqu’au retour de ses compagnons puis avait laissé un autre s’en charger pendant que lui-même prenait un peu de repos. Seulement, il n’arrivait pas à trouver de quiétude. Il se préoccupait de ce qui allait arriver au jeune homme car, de toute évidence, ce dernier ne pourrait les accompagner plus en avant dans leur mission. Il craignait aussi ce qui pourrait lui arriver à lui. Il ne parvenait pas à comprendre l’hostilité des villageois et ne pouvait s’empêcher de se demander s’ils étaient déjà hostiles de nature ou si c’était la rencontre avec le régiment disparu qui les avait rendus ainsi. Qu’avait-il bien pu se passer entre les soldats et les habitants ?

Lorsque Forlong leur apprît l’avancement de l’enquête de ses compagnons, les nouvelles furent loin de dissiper les angoisses du jeune noble. Un galgal… Rien que le nom le glaçait d’effroi. Comme tout noble arnorien, il avait entendu nombre de récits terrifiants sur ces reliques du passé. Son père, comme la plupart de ses semblables, n’y accordait que peu de foi, laissant ce genre de légendes au petit peuple. Toute l’éducation que Davron avait reçue le poussait à affirmer qu’il s’agissait probablement de racontars ne se fondant sur rien de réel. Et pourtant... Enfant, ces histoires lui avaient fait plus que peur et même devenu adulte, il ne pouvait y repenser sans sentir un frisson glacé lui parcourir le dos. Peut-être que ces édifices funéraires n’étaient rien d’autre qu’un héritage d’un lointain passé que personne ne comprenait mais il n’était pas sûr d’avoir très envie de s’en approcher pour vérifier. Cependant, il ne pouvait laisser de vieux récits miner sa détermination. Il avait confiance en Forlong pour ne pas les envoyer inutilement dans un endroit possiblement dangereux.

Le tribun leur donna ensuite quartier libre pour s’adonner à l’entretien de leur équipement (ainsi que d’eux-mêmes) et leur assigna les tours de garde, lui-même en assurant deux. Clairement leur supérieur tenait à montrer l’exemple et exigeait toujours plus de lui-même que de ses hommes, ce qui ne fît que grandir le respect de Davron à son égard. Le jeune homme profita donc de ce temps afin de se laver et de s’occuper de son cheval puis il retourna au chevet de Nroc en attendant le moment de se sustenter avant de prendre son tour de garde.

Le repas fût l’occasion pour que le chasseur d’esprits leur conte ce qu’il savait des galgals. Le récit ne différait que peu de ce que Davron avait déjà entendu mais l’entendre prononcer par cet homme, qui manifestement savait bien de quoi il parlait, ne fît qu’ajouter encore à son trouble. Il prît alors la décision de prendre sur lui et de se montrer raisonnable. Il était un homme et ne pouvait laisser des peurs d’enfant lui dicter sa conduite. En aucun cas, son courage ne devait vaciller car leurs vies à tous dépendaient les uns des autres.

Il prît ensuite son tour de garde en compagnie du tribun. Celui-ci lui expliqua son ressenti envers les habitants de ce village éloigné de tout. Davron était soulagé de voir que l’inquiétude qu’il ressentait à ce sujet était partagé par son supérieur. Il n’était pas sûr que les villageois aient quelque chose à voir dans la disparition du régiment mais c’était une hypothèse qu’ils ne pouvaient exclure. Les conséquences seraient bien trop catastrophiques s’ils décidaient de fermer leurs yeux et leurs oreilles devant le comportement hostile des habitants.

Forlong en vînt rapidement à parler de Nroc. Peut-être avait-il perçu l’inquiétude palpable de Davron à ce sujet. Cela n’était en rien difficile à vrai dire. Depuis la blessure que le gobelin avait infligée au jeune homme, Davron avait passé l’essentiel de son temps à veiller son camarade. Il ne pût donc que se ranger à l’avis de son supérieur. Non seulement, il était trop dangereux que Nroc les accompagne mais il était également peu sage de le laisser, seul et blessé, dans un village manifestement hostile à la présence des soldats arnoriens. Il acquiesça donc à l’idée de Forlong d’écrire une missive pour qu’on vînt récupérer le malheureux et le reconduire dans un endroit plus civilisé. De même, les précautions prises par Forlong le rassurèrent sur l’avenir immédiat du jeune blessé. Il était même honoré de l’aide demandée par le tribun. Après tout, il avait l’habitude d’écrire et de lire des lettres pour ses camarades, bien que d’ordinaire ces dernières ne soient pas en elfique. A vrai dire il se demandait si Forlong avait réellement besoin de son aide ou s’il lui demandait cela dans le but de lui changer les idées et de lui permettre de faire quelque chose de concret pour Nroc. A vrai dire, cela importait peu et il accepta avec gratitude.

- Cela fait un moment que je n’ai pas eu à écrire dans cette langue mais mes connaissances devraient suffire à écrire un message succinct sans trop de difficulté.

Il minimisait grandement son talent en la matière et Forlong pût le constater de ses yeux. Davron écrivait avec fluidité les mots dictés par son supérieur et n’eût besoin de s’arrêter pour réfléchir qu’en deux courts instants. Il avait toujours aimé lire et écrire et, s’il y avait bien un point sur lequel il était d’accord avec son père, c’était bien que l’éducation était primordiale lorsqu’on était amené à occuper un poste important. Même s’il était certain de ne jamais succéder à son géniteur à la tête du domaine, il appréciait de voir qu’en des instants comme celui-ci, l’éducation qu’il avait reçue pouvait toujours servir à d’autres.

*******

Le lendemain, ils partirent en direction du galgal. Lorsqu’ils arrivèrent en vue de ce dernier, Davron oublia ses bonnes résolutions. Les contes de son enfance résonnaient plus que jamais en lui. Même à cette distance, il sentait une malveillance émaner de cet endroit maudit. S’en rapprocher davantage lui paraissait pure folie mais il ne pouvait pas faire demi-tour. A vrai dire, il semblait s’être dédoublé. Une partie de lui voulait fuir le plus loin possible de ces lieux et une autre semblait, au contraire, attirée par l’éminence recouverte d’arbres majestueux, de racines biscornues et de plantes.

Crowken proposa de se séparer et Adaes et lui se dirigèrent vers le nord du galgal. Les arbres se resserrèrent autour d’eux au fur et à mesure de leur progression et Davron avait presque le sentiment qu’ils cherchaient à les attraper et à les entraîner sous terre où rien ni personne ne pourrait entendre leurs hurlements. Il fût sorti de ces pensées délirantes en entendant un bruit métallique sous ses pas. Il leva le pied et aperçut une épée, manifestement en bon état et qui ne manifestait pas de traces de rouille trop évidentes. Il était bien possible qu’elle eût appartenu à l’un des soldats qui avaient disparus. Ils étaient donc passés par ici…

Adaes décida de se rapprocher du galgal et Davron le suivit sans grand enthousiasme. Il aurait préféré rester à bonne distance du mystérieux monument mais il ne pouvait pas laisser le baron y aller seul. Il marchait donc derrière lui, sursautant au moindre bruit et regardant compulsivement par dessus son épaule toutes les dix secondes. C’est alors qu’Adaes trouva une lance brisée en deux sur le sol. Lorsqu’il essaya de s’en emparer, une main squelettique s’y agrippa. Une créature de cauchemar était apparue devant le vieux guerrier qui ne paniquait pas pour autant.

Davron ne pût se targuer d’un même courage. Il lâcha un cri devant l’apparition qui leur faisait face. Deux yeux brûlants de rage brillaient au sein d’un visage malveillant et vicieux. Un brouillard épais semblait émaner de cette créature diabolique et bientôt, le jeune noble ne pût rien discerner d’autre que cet être qui leur faisait face. Une voix glaçante et caverneuse s’éleva autour d’eux, sans que Davron ne puisse savoir si elle venait de la créature ou d’ailleurs.

« Froide soit la main, froid soit le cœur,
Dans la cité des ténèbres tu seras mon serviteur,
Des bagues d’or, des couronnes d’argent,
Tout sera à toi entre la vie et la mort,
Oublie l’espoir et la chaleur à présent,
Car ne jamais revoir le jour : tel est ton sort… »

Davron se sentait plus faible qu’il ne l’avait jamais été et il s’effondra sur le sol glacé. Malgré le coup que lui avait porté le baron, la créature semblait avoir réussi à pénétrer dans son corps et son esprit et il était incapable de bouger ou même d’émettre le moindre son. La mort en personne venait les chercher et les emmener dans son royaume souterrain.
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Forlong
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Dim 14 Fév 2016 - 15:05
Au fur et à mesure que l'incantation était prononcée par la voix caverneuse, Adaes et Davron sentaient leur force et volonté faiblir. Un brouillard épais recouvrit le galgal, trompant leurs sens et dissimulant leur chemin.  Le Baron réussit, dans un sursaut de rage ou de détermination, à enfoncer son épée dans l’œil vicieux de l’être terrifiant. Ce dernier était-il vulnérable à l’acier ? Ou bien étaient-ce les origines ancestrales de la lame Thie qui la rendaient aussi efficace contre les créatures des ténèbres ? Quoi qu’il en soit, l’incantation du spectre fut interrompue par un cri strident de douleur et de colère et les flammes vertes disparurent, bien que le brouillard persistait. Adaes ressentit une vague de froid remonter le long de son bras droit jusqu’à son cœur, et trébucha à son tour sur le corps de Davron qui venait de s’écrouler sur le sol froid. Alors que sa vision devenait trouble, il aperçut une silhouette entourée d’un halo de flammes s’approcher d’eux…


***


Crowken sauta sur le dos de l’homme en armure et passa son amulette autour de son cou s’en servant comme garrot, ce qui lui permit de retirer l’adversaire du corps du malheureux Taness. L’assaillant tentait de se débattre sous l’emprise de fer du chasseur d’esprits, mais au fur et à mesure qu’il commençait à manquer d’oxygène son regard fiévreux se dissipait, remplacé par la confusion et la terreur. Sentant ce changement, Crowken relâcha sa prise, et poussa l’homme en armure sur le côté, puis dit, tout en se relevant :

-Qui es-tu ?! Parle de ta propre voix, maintenant que tu es libre de l’emprise des ténèbres !


-Où..suis-je ? Que..

L’homme étalé par terre avalait des grosses bouchées d’oxygène, désorienté et endolori, en regardant le chasseur d’esprits d’un air paniqué.

-Je suis…Belegond, soldat d’Arnor…le roi du galgal il…il a fait de moi son esclave, prisonnier sans volonté ni conscience…froid…tellement froid…


L’ancien soldat se mit à trembler, son corps secoué par des sanglots. Crowken s’approcha de Taness et inspecta rapidement sa blessure, puis cracha sur le sol :
-T’as de la chance, Œil-Vif ! Ce n’était pas une lame de Morgul ni une autre saloperie du genre…une simple dague noire. Tu vivras ! Même si je ne suis pas sûr de quand tu pourras bander un arc à nouv…


Ses paroles furent interrompues par l’arrivée d’un brouillard glacial qui semblait porter l’écho d’une voix caverneuse. Le chasseur d’esprits lâcha un juron et se mit à courir dans la direction de la colline, en criant juste quelques mots à Elendüril :
-Les deux autres, ils sont en danger ! Restez-ici, et évitez de respirer cette brume !



***


Le chef du village semblait clairement irrité par les paroles du Lossoth, justement parce que ses arguments étaient difficiles à contrer. Njall était la preuve vivante que l’Arnor n’était pas toujours un royaume injuste qui exploitait les peuples marginaux. L’homme tapa du poing sur l’accotoir de son siège, et répondit :

-Vous voilà, comme d’autres soldats avant vous ?! Oui, vous venez tous, en demandant notre aide. Vous prenez nos provisions, vous utilisez nos guérisseurs, vous cherchez un refuge et la chaleur d’un feu. Et ensuite vous continuez votre chemin, sans offrir votre aide, protection ou argent. Je  ne vous refuserai pas la nourriture et les autres provisions pour lesquelles vous payez, bien que  les pièces d’or dans votre bourse viennent de nos taxes. Toi, voyageur du Grand Nord, tu pourrais rester avec nous et je t’offrirais une place d’honneur dans cette salle, parmi les guerriers et chasseurs les plus respectés. Tu pourrais faire fortune sur ces terres inhospitalières mais riches en trésors cachés sous la glace, et prendre la femme de ton choix. Vivre ta vie comme elle devrait être vécue. Avec honneur et honnêteté, sans maître ni seigneur.

Forlong laissa le Lossoth répondre à la proposition du chef du village, et prit la parole par la suite:

-Le roi est un homme sage et puissant, mais pas omniscient. Si je reviens vivant à Annuminas, soyez certain que je lui ferai un rapport sur ce qui se passe sur ces terres, et sur les plaintes de son peuple. Vous ne devriez pas rester sans protection, et je vous fais serment d’y remédier une fois notre quête accomplie.  Que mon épée se brise et éclate en mille morceaux si je romps cette promesse. Afin d’accomplir ma quête, il me faut la vérité…Quand avez-vous vu le régiment de soldats d’Arnor pour la dernière fois, et comment est-ce possible que les enfants dans votre village jouent avec un heaume appartenant à un guerrier à la solde du roi Aldarion ?


La tension dans la salle était palpable. Forlong venait de dévoiler ses cartes, et si le dirigeant du village était responsable de la disparition du régiment arnorien, il ne laisserait probablement pas les deux hommes sortir vivants du bâtiment. Le chef répondit, en fronçant les sourcils :

-Je ne sais rien sur ce heaume dont vous parlez, arnorien. Oui, le régiment est passé par ici. Nous leur avons demandé de l’aide pour reconstruire une scierie en dehors du village, lourdement endommagée par un terrible orage. Sans ce bâtiment, nos hommes ne pouvaient par travailler efficacement en plein hiver…les soldats refusèrent, soi-disant car ils chassaient un groupe de gobelins et n’avaient pas le temps de s’arrêter. Lorsqu’une semaine plus tard quelques-uns d’entre eux revinrent en demandant qu’on leur fournisse plus de provisions, des hommes et des guérisseurs, nos portes restèrent fermées. Vous appellerez cela probablement de la trahison, «Tribun », mais je ne cède pas de ressources vitales à des vampires et des parasites. Je n’ai plus jamais revu de soldats d’Arnor par la suite, jusqu’à votre arrivée.

***


-Maudit démon, je t’ordonne de te retirer ! Je t’exorcise, créature infâme, le jour de ton supplice approche ! Sois voué aux flammes éternelles, afin que les terres que tu hantes soient exemptes de ta puanteur et ton vice ! Par la lumière des étoiles, je dissipe les ténèbres ! Par la lumière des étoiles, je t’ordonne !

L’homme qui prononçait ces paroles d’une voix forte et pure, entouré d’un halo de flammes, n’était nul autre que Crowken, le chasseur d’esprits. Il semblait n’avoir rien en commun avec cet homme sombre et maigre comme un clou qui sirotait bruyamment une bière dans la taverne lors de leur première rencontre. Son épée semblait brûler, et dans sa main gauche il tenait une petite lanterne en acier suspendue sur une chaîne, qui brillait d’une lumière aveuglante.

Comme par magie, le brouillard commença à se dissiper autour du chasseur d’esprits, et l’écho de sanglots de colère, douleur et frustration provenant d’un autre monde se fit entendre…Les rayons de soleil apparurent à nouveau parmi les couronnes des arbres, et Crowken baissa son arme, des gouttes de sueur recouvrant son front. Il s’approcha des corps de ses deux compagnons, et soupira avec soulagement en voyant qu’ils étaient encore vivants. Adaes était clairement le plus mal en point, frissonnant de froid et presque incapable de bouger son bras.

-Tenez, buvez ceci. Cela vous réchauffera.

Il leur tendit à tous les deux des petites fioles remplies d’un liquide émeraude au goût brûlant et aromatique.

-C’est une potion à baisse d’extraits d’absinthe, athelas, anis et poudre des étoiles, accompagnée des quelques gouttes de miruvor. La seule chose capable de réchauffer ceux qui ont été touchés par les ténèbres.

Crowken siffla par les dents en voyant le bras du baron.

-Tu as attaqué le spectre, n’est-ce pas… ? Courageux de ta part, mais dangereux…très dangereux. Quelques gouttes de potion ne suffiront pas pour te guérir de manière permanente. Davron, tu sembles intact. Aide-moi à soutenir Adaes, il nous faut rejoindre les autres.


***


-Des gobelins…nous pensions être les chasseurs, mais nous étions la proie…ils nous sont tombés dessus, et les pertes furent terribles bien que nous avons fini par les forcer à se replier…Le capitaine, il envoya quelques-uns d’entre nous réquisitionner des hommes et des provisions chez les habitants du village pas loin d’ici, mais ces maudits paysans nous refusèrent ! Sur le chemin de retour, mon compagnon Douvril insista pour prendre un raccourci et longer le galgal. Puis le brouillard arriva et…

La voix de Belegond craqua, ses yeux remplis de terreur alors qu’il se remémorait ces moments terrifiants.

-Vous devez retrouver le capitaine. Il…

Le brouillard dont le chasseur d’esprits leur avait dit de se méfier s’était approché de l’ancien soldat, et ce dernier en inspira une grande bouchée.

-Non…non..non non s’il vous plait…

L’écume commença à mousser sur ses lèvres, et ses yeux devinrent à nouveau fous. Le malheureux homme attrapa le poignard noir et se l’enfonça dans le ventre comme si ce n’était pas le sien, puis l’arracha et refit le même geste, encore et encore, plongeant la lame ensanglantée dans son propre corps une quinzaine de fois avec une brutalité terrible avant de s’immobiliser enfin, mort.


***


Lorsque Crowken, Adaes et Davron arrivèrent sur le lieu, le corps de Belegond était déjà froid. Le chasseur d’esprits demanda à Taness et Elendüril qu’est ce qui s’était passé, puis hocha de la tête et dit à ses compagnons :

-Rentrez au village pendant que le soleil est au zénith et le pouvoir des ténèbres est affaibli. Je vous rejoindrai plus tard, mais avant de rentrer il me faut sceller ce galgal. L’esprit qui le hante est dangereux, comme vous avez pu le constater, et mes serments de chasseur d’ombres m’interdisent de laisser un lieu pareil sans sceau…surtout si près d’un village. Partez.

En s’éloignant, les hommes purent voir Crowken avaler le contenu d’une fiole semblable à celle qu’il donna à Adaes et Davron, et s’asseoir sur le sol les jambes croisées, une amulette enroulée autour du manche de son épée, tout en marmonnant des formules étranges…


***


Lorsqu’ils revinrent au village, Forlong et Njall, Sharpe et Nroc les attendaient déjà dans la grange avec un repas. En les voyant, le Tribun s’aperçut immédiatement que quelque chose était arrivé, et il se releva en demandant :

-Où est le chasseur d’esprits ? Que s’est-il passé ? Faites votre rapport !

HRP: De retour de mon absence bien trop longue à mon goût. Promis, je ne vous ferai pas attendre aussi longtemps la prochaine fois. J'enverrai des mps à quelques-uns d'entre vous concernant des possibilités d'actions dans vos réponses. HRP



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Lithildren Valbeön
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Dim 14 Fév 2016 - 18:52
Etait-ce déjà la fin ? Non, cela ne pouvait être. Pas déjà, il lui restait tant de choses à accomplir, ces soldats à sauver, la couronne à protéger... Non, cela ne se pouvait !

Taness tentait de se débattre sous le poids de son assaillant. Celui-ci enfonçait un peu plus son poignard à chaque fois, le tournant pour agrandir la plaie. Taness saignait assez pour frôler la perte de conscience, mais aucun organe vital n'avait été touché... par chance. Si c'était de la chance, néanmoins. Le chasseur commençait aussi à étouffer sous le poids de son assaillant qui était plus large et plus costaud que lui. C'est alors que, alors que Taness voyait un peu flou et que ses forces se mettaient à l'abandonner lentement, le chasseur sentit le poids se défaire d'un coup. Le chasseur respira un grand coup en bombant le torse, comme s'il venait d'être sauvé de la noyade. Il se traîna vers l'arrière, appuyé sur l'épaule droite. Son bras gauche pendait lamentablement, et le chasseur était incapable de le bouger pour l'instant. Il ouvrit grands les yeux pour discerner quelque chose, et vit l'homme en armure devenir humain, ou au moins recouvrer un semblant de conscience. Les paroles devinrent un bourdonnement, et rien d'audible ne parvint aux oreilles du chasseur qui sentait ses forces le quitter. Il tremblait face à l'inconscience et son esprit luttait furieusement pour ne pas sombrer dans l'inconscience. Crowken s'approcha, et Taness trouva assez de force pour appuyer son dos contre un arbre. Ne pas quoi..? Le chasseur n'entendit rien, et alors que le visage inquiet d'Elendüril se présentait à lui, Taness Oeil-Vif tomba dans l'inconscience.

Il se sentait percé par mille épées, léger comme la plume et pourtant lourd comme la montagne. Il pouvait à peine bouger et aucun cri ne parvenait à franchir la limite de sa gorge. Il parvint tout de même à tourner le regard vers son épaule gauche, et la plaie d'abord petite commença à grandir et il crut un instant qu'il n'y aurait aucune limite à la propagation. Il se sentait disparaître, mourir, et puis...

Taness ouvrit les yeux brusquement, en prenant une bruyante inspiration. Elendüril fit un pas en arrière, surpris, et eut ce petit sourire en coin signifiant "J'ai bien cru que tu allais mourir, sale rat." tout en restant... amical ? Taness ne demandait aucune compassion de la part de ses compagnons, ni même qu'on s'occupe de lui. Par fierté, il préférait mourir qu'être aidé. Mais le rôdeur les ayant rejoint ne le savait pas, ou il n'aurait pas déchira un bout de tissu pour tenter un bandage rapide sur l'épaule du chasseur.

- C-... C'est grave ?

Le rôdeur hocha négativement, rassurant ainsi le chasseur qui laissa sa tête aller contre le tronc.

- Merci, Elendüril.

Le rôdeur allait répondre, mais une voix rauque s'éleva.

- Des gobelins…nous pensions être les chasseurs, mais nous étions la proie…ils nous sont tombés dessus, et les pertes furent terribles bien que nous avons fini par les forcer à se replier…Le capitaine, il envoya quelques-uns d’entre nous réquisitionner des hommes et des provisions chez les habitants du village pas loin d’ici, mais ces maudits paysans nous refusèrent ! Sur le chemin de retour, mon compagnon Douvril insista pour prendre un raccourci et longer le galgal. Puis le brouillard arriva et…

Il y eut un silence. Taness remarqua alors le brouillard qui semblait peu naturel au goût du chasseur. Elendüril tendit un linge au chasseur blessé et lui indiqua de ne pas respirer le brouillard. Le chasseur mit le linge devant son nez et sa bouche pour filtrer l'air alentour, de manière assez rudimentaire et peu efficace.

- Vous devez retrouver le capitaine. Il...

Le soldat inspira une grande bouffée d'air et se remit à changer. Son air bestial reprit le dessus, mais au lieu de se jeter sur Elendüril qui avait fait un pas en avant, il prit sa dague et se la planta dans son propre ventre à plusieurs reprises. Taness évita de regarder ce suicide, bien qu'il fut habitué à ce genre d'horreurs. Mais un sacrifice, et ici presque noble, n'est jamais beau à voir. Le rôdeur arnorien s'approcha alors et pour éviter qu'ils ne soient aussi infectés, il aida Taness à se relever et à marcher en le soutenant. Ils s'éloignèrent juste assez pour ne pas être sous l'influence du brouillard et être trouvables par Crowken.

Taness fixait le corps de l'ancien soldat d'Arnor. Il s'était suicidé avec une brutalité indicible au lieu de céder de nouveau à la bestialité le possédant. Peut-être que Taness aurait dû faire de même, lorsqu'il avait abusé de cette femme ? Le chasseur frémit presque d'horreur et ses démons revinrent le hanter. Il fixait le corps comme l'on fixe un ami décédé sous nos yeux, alors que nous survivons. Injustice cruelle. C'est ce que Taness ressentait. Ce genre de soldat, sage et obéissant, aurai dû rester en vie ; pendant que les traîtres et monstres au passé enterré dans les archives poussiéreuses des casiers de la garde comme le chasseur devaient périr. L'exemple de cet homme mort pour son pays et pour ne pas tuer de nouveau s'imprima. Le visage crispé par la rage et la douleur se fixa dans la mémoire du chasseur, dont la blessure le lança brutalement. Il devait impérativement obtenir des soins avant de s'évanouir de nouveau et pour éviter une infection. La lame n'avait pas percé de l'autre côté, mais était rentrée assez profondément pour empêcher le chasseur de bander son arc avant quelques jours, voire semaines. Il devenait un poids inutile. Non, ses talents de traqueur malgré son oeil borgne pourraient être utiles ! Le chasseur refusait d'être abandonné. Mais son soutien de loin, comme lors de l'attaque des Gobelins, ne serait pas disponible. Non, il lutterait et ferait de son mieux.

Crowken revint enfin avec Davron et Adaes en mauvais état, comme le chasseur. Deux blessés en une escapade. Génial ! Elendüril fit un rapport rapide sur ce qu'il s'était passé et notamment les paroles du soldat mort, avant d'aider à nouveau Taness à se lever. Puis Davron et Elendüril s'éloignèrent, laissant Crowken sceller le galgal.

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Taness appréciait le retour dans la grange. Le tribun et les autres n'étaient pas encore là. Elendüril aida Taness à s'allonger sur un lit de paille, ce qui fit grogner ce dernier. Il ferma les yeux et cessa enfin de lutter. Son corps se relâcha et tout devint un bourdonnement incessant, et Taness retomba dans l'inconscience.

- ...rapport !

La voix du Tribun fit difficilement ouvrir un oeil au chasseur, qui ne daigna même pas bouger. Un bandage neuf saillait son épaule, et la douleur était partie. Enfin partiellement, car une pointe douloureuse venait le piquer de temps à autres. Le chasseur écouta les différents rapports, et reconnut les voix de Davron et Elendüril, malgré quelques mots d'Adaes Thiemond. Lui, ne parla pas, et laissa les autres faire. Si... faible... Il eut une larme face à son impuissance et sa blessure.

- Ne... me... laissez pas... derrière... soupira-t-il dans un souffle, mais personne ne sembla l'entendre, à part les âmes d'ancêtres inconnus veillant encore sur les vivants...

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PS : Nous pardonnons votre retard, Sir Forlong. Mieux vaut un retard rattrapé qu'une absence prolongée.
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Adaes Thiemond
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Dim 14 Fév 2016 - 22:04
Le cri de rage du maître d'armure lui donna la force de frapper et un cri sombre et terrifiant survint après le coup. Avait-il touché ? Il avait combattu maintes et maintes fois à travers le temps, depuis sa carrière de soldats jusqu'aux derniers événements d'Annùminas. Pourtant jamais il n'avait fait face à une telle engeance. Ni le sang noir des gobelins ou la fureur d'un orc déchaîné n'avait pu lui faire ressentir ce qu'il sentait aujourd'hui.

Il hésitait tandis que sa lame perçait la chose. Tandis qu'il tentait de s'interposer le maître d'arme sentit son bras se geler et la douleur intense monta jusqu'à son cœur, son regard fut empreint d'une douleur certaine tandis qu'il tombait à la renverse, sur le jeune homme qu'il tentait de protéger, lâchant son arme par la même occasion. Sa vue se troubla, il doutait d'avoir vaincu cette chose, peu importe ce qu'elle est, il peinait à comprendre ce qu'il se passait.

Des paroles parvinrent à ses oreilles et une silhouette auréolée de flamme apparut. Comprenant que difficilement la situation le maître d'arme prit un certain temps à comprendre qui était l'individu. Son corps était engourdi, son bras immobile et son corps lourd. Aucune lame qu'il connaissait n'avait un tel pouvoir, lui qui avait toujours douté de l'influence des Galgals ne pouvaient nier que les ténèbres de ce lieu étaient dangereux.

Tombant encore un peu plus tandis qu'il essayait de se redresser Adaes distingua le visage du chasseur d'esprit qui incanter alors que les ténèbres disparaissaient. Le vieux soldat posa lourdement sa tête au sol, fermant les yeux, porté par le froid qui faisait trembler son corps. Tenant difficilement éveillé alors que le chasseur lui tender quelque chose à boire. De ce que le maître d'arme compris c'était un remède contre le mal qu'ils subissaient, mais qu'il ne suffirait pas seul.

Ayant à peine la force de parler le maître d'arme se laissa porter par les deux hommes, tendant mollement la main vers sa lame un peu plus au sol, à laquelle il pensait devoir la vie, cette fois et bien d'autres. Crowken avait bien diagnostiqué en affirmant que le vieux guerrier avait attaqué le spectre, il affirmait que cela était dangereux. Tandis qu'il était soulevé par ses compagnons le maître d'armes ne répondit guère, trop fatigué et trop endolori pour réellement pouvoir répondre autrement qu'en acquiesçant.

Sa tête tomba en même temps que son bras tendu vers son arme, son regard aperçu une dernière fois le sol tandis que son bras gelé le faisait toujours souffrir. Inconscient il se laissa porter sans pouvoir bouger ou parler, parfois lors de sursauts de consciences il tentait comme il pouvait de reprendre la marche, sans grand succès hélas. L'âge lui avait prit de sa vigueur d’antan, il n'aurait jamais cru qu'une simple blessure suffise à le mettre dans un tel état, si l'on considère ceci comme une simple blessure.

Une voix le sortit de sa torpeur, la voix du tribun. Il demandait un rapport, à la vue de son état il préférait laisser ses camarades répondre. Tentant de se remettre sur ses pieds il essaya de se mettre au sol, faisant signe à ses compagnons de le laisser là pour l'instant, il préférait se reposer pour l'instant, respirant vivement tout en écoutant comme possible rapport qui allait être fait donc il ne comprenait pas encore toutes les subtilités.
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Mardil
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Sam 20 Fév 2016 - 15:13


Il avait froid. Un froid tel qu’il n’en avait jamais connu de semblable. Les vents glacés du Rude Hiver arnorien ne pouvaient se comparer à la sensation glaciale qui s’était emparée de son corps. Ce froid là avait une présence malveillante et dérangeante. Il rongeait aussi bien le corps que l’esprit, paralysait les membres autant que la pensée. Il n’était pas désincarné mais possédait une substance consciente et cruelle. Il s’était emparé de son être et Davron essayait de le combattre mais ne tarderait pas à perdre ce duel par trop inégal. Il avait conscience du corps d’Adaes sur le sien. Le vieux guerrier s’était effondré mais avait tout de même dressé un rempart de son corps, inutile certes, afin de tenter de le protéger.

Alors que sa vision commençait à se troubler, une lumière chaude s’éleva près d’eux. Davron entendait les paroles anciennes prononcées par le chasseur d’esprit. Il sentait la chaleur émanant de Crowken faire rempart au froid venu de la créature. En cet instant, le chasseur d’esprit apparût au jeune homme tel Gandalf face au terrible balrog. Les contes de son enfance prirent soudain une dimension nouvelle alors qu’il était confronté pour la première fois de sa vie à l’un de ces êtres malveillants qui abondaient dans les récits anciens, relique d’un passé terrible et menaçant qui venait brusquement d’envahir sa réalité.

Comme par enchantement (et il s’agissait bien là d’un phénomène du même type), le brouillard se retira et le chasseur d’esprit fût près d’eux. Il leur tendit à chacun une fiole remplie d’un liquide d’un vert profond. Davron porta celle-ci à sa bouche. Le goût était indescriptible, doux et épicé à la fois. Le froid disparût complétement, terrassé par une douce chaleur qui se répandît dans ses veines à toute vitesse. Son cœur se gonfla sous l’effet du breuvage, le courage qui lui avait tant fait défaut réapparût et la confiance s’installa de nouveau en son être.

Il aida le baron à se relever et, accompagnés de Crowken, ils s’en furent retrouver les autres. Ces derniers leur expliquèrent qu’ils avaient aussi été victime d’une créature du même acabit et leur racontèrent les derniers mots du soldat qui avait été prisonnier de l’être enfermé dans le galgal. Davron jeta un coup d’œil à la dépouille. Il aurait voulu enterrer le pauvre soldat mais il leur fallait rejoindre le village au plus tôt. Le jeune homme n’avait pas regardé le galgal une seule fois depuis leur sauvetage mais il se retourna afin de voir Crowken, seul devant le monument funéraire. Leur compagnon lui apparaissait comme appartenant à un autre monde que le leur. Un monde plus ancien et incomparablement plus dangereux.

Sur le chemin du retour, le sentiment de puissance et de sérénité qu’il avait ressenti après avoir bu la potion du chasseur d’esprit s’estompa peu à peu. Il aidait Adaes à progresser mais le baron semblait toujours sous le choc de son combat. Personne n’avait vraiment envie de discuter et tous semblaient plongés dans leurs pensées, à commencer par Taness qui ne paraissait même pas se rendre compte de leur présence ni de quoi que ce soit l’entourant.

Davron était confronté à de biens sombres pensées. Ce n’était pas tant le fait de savoir que le monde était un endroit bien plus sombre et dangereux qu’il ne l’aurait cru que le fait d’avoir failli à sa promesse. Il avait assuré à Forlong qu’il ne serait pas un poids mort mais, à la première difficulté, il s’était écroulé. Le courage du baron ne faisait que mettre en exergue sa propre faiblesse. Il n’avait rien pu faire pour aider ses compagnons et ne devait la vie sauve qu’à l’intervention d’Adaes et de Crowken. Peut-être n’était-il pas de taille face à une telle expédition ? Il avait voulu découvrir ses limites et il était désespéré de les savoir si restreintes. Il avait tant voulu se croire capable de hauts faits, un véritable soldat arnorien, sans peur dans la bataille, un homme sur lequel on pouvait compter. Il était loin de tout cela.

Lorsqu’ils arrivèrent dans la grange, Forlong leur demanda de lui raconter tout ce qui s’était passé. Il laissa Elendüril commencer car ce dernier apportait les informations les plus importantes, à savoir que des gobelins étaient responsables de l’attaque sur le régiment disparu. Lorsque vînt son tour de parler, il resta laconique et se contenta d’un compte rendu fidèle dans lequel il insista sur la vaillance d’Adaes et le courage de Crowken. Il ne pouvait parler de son propre rôle dans cette histoire. Le tribun devait déjà regretter sa décision de l’autoriser à se joindre à l’expédition.

Il décida de monter la garde à l’extérieur, guettant de l’œil le retour du chasseur d’esprits. Il avait confiance en Crowken pour ne pas prendre de risques excessifs mais il ne pouvait chasser de son esprit la peur qu’il avait ressentie à l’ombre du galgal. A côté de ce qu’ils venaient de vivre, la perspective de se retrouver de nouveau face aux gobelins semblait presque réconfortante.
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Elendüril
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Lun 29 Fév 2016 - 20:25
Les mystères entourant les chasseur d’esprits allaient être un peu moins épais, et encore. Crowken sauta sur cette créature ressemblant à un homme. Il lui mit autour du cou une amulette, étranges objets de pouvoir venus des temps anciens. Il étrangla le malheureux ce qui lui permit de retirer cet esclave du galgal du chasseur qui s’est pris un coup de dague, elle avait une lame noire.

L’homme manquait d’air et la lueur étrange s’éteignit. Crowken sentant l’homme s’affaiblir relâcha sa prise et le jeta sur le côté.  Il lui dit :

« Qui es-tu ? ! Parle de ta propre voix, maintenant que tu es libre de l’emprise des ténèbres »

Le soldat si on peut l’appeler ainsi répondit :

« Où..suis-je ? Que.. Il était désorienté, souffrait et reprenais son souffle à grande bouffée. Je suis…Belegond, soldat d’Arnor…le roi du galgal il…il a fait de moi son esclave, prisonnier sans volonté ni conscience…froid…tellement froid… »

Crowken examina rapidement la blessure du chasseur et prit la parole :

« T’as de la chance, Œil-Vif ! Ce n’était pas une lame de Morgul ni une autre saloperie du genre…une simple dague noire. Tu vivras ! Même si je ne suis pas sûr de quand tu pourras bander un arc à nouv… »

Le chasseur d’esprit fut coupé dans son élan quand une brume étrange apparue, on aurait dit que la brume parlait d’une voix caverneuse. Cela déplu fortement à Crowken qui lâcha un juron il s’addressa eu jeune rôdeur tout en courant vers le galgal. Elen comprit les mots suivants :

« les autres… danger… pas respirer… brume »

Le jeune rodeur, le chasseur étrange et le soldat Belegond. Devait rester éloigné autant que possible du galgal afin de ne pas rester près de cette brume maléfique. Ce dernier prit la parole :

«  Des gobelins…nous pensions être les chasseurs, mais nous étions la proie…ils nous sont tombés dessus, et les pertes furent terribles bien que nous avons fini par les forcer à se replier…Le capitaine, il envoya quelques-uns d’entre nous réquisitionner des hommes et des provisions chez les habitants du village pas loin d’ici, mais ces maudits paysans nous refusèrent ! Sur le chemin de retour, mon compagnon Douvril insista pour prendre un raccourci et longer le galgal. Puis le brouillard arriva et…
Cela se voyait que les récents événements avaient marqué l’homme derrière les couleurs de l’Arnor.
-Vous devez retrouver le capitaine. Il…
Ce brouillard maudit apparut et Belegond en respira une grande quantité.
-Non…non..non non s’il vous plait… »

Le roi du galgal reprit de son influence sur ce pauvre homme et l’obligea à se poignarder l’abdomen encore et encore jusqu’à s’effondrer mort sur le sol. Le sang de ses multiples blessures colora le sol d‘un rouge vermeil. LE jeune rodeur fut horrifié par le funèbre spectacle.

Une fois fini, Elendüril releva le chasseur afin de l’aider à s’éloigner de ce foutu brouillard.
Lorsque Crowken revint accompagné du maitre d’arme et du jeune noble. Bélégond gisait sur les sol pavé de feuilles mortes avec une teinte rouge. Le corps était froid. depuis longtemps. Que s’était passé pour qu’il soit si long cela était un mystère. Elendüril répondit à Crowken. Ce dernier leur ordonna de rentrer au village pendant que le soleil était haut dans le ciel ce qui affaiblissait le pouvoir du galgal. Il leur dit également qu’il était tenu de par son appartenance à sceller ce galgal afin que plus aucune personne ne soit prise dans les griffe de ce roi des temps anciens.

Le groupe rentra au village dans un silence religieux. Losqu’ils passèrent les portes de la grange, Forlong Neldoreth, leur posa une question :

« Où est le chasseur d’esprits ? Que s’est-il passé ? Faites votre rapport ! »

Elendüril prit la parole :

« Sur le conseil de Crowken nous nous sommes séparés en deux groupe afin de trouver plus rapidement des trace du régiment que nous recherchions. Adaes et davron d’un côté et de l’autre Crowken, Taness et moi-même. Alors que nous contournions le tertre par le sud un servant de l’esprit du galgal qui se trouve être un soldat porté disparu se jeta sur Taness qui se retrouva au sol avec cet homme, sans que nous ayons eu le temps de réagir ce dernier ce prit un coup de dague à l’épaule.

Heureusement pour lui c’était une simple lame en acier qui n’a aucune incidence en dehors de la blessure commise par la morsure de l’acier sur la chair.  Crowken a réussi à repousser l’emprise du roi du galgal sur cet homme. il s’appelle Belegond. Le régiment est bien passé par ici en poursuivant un groupe de gobelin mais les chasseurs n’étaient pas le régiment mais bien les gobelins.

Ils ont livré bataille où beaucoup d’entre eux périrent bien qu’ils réussirent à repousser l’assaut une fois. Leur capitaine envoya plusieurs hommes afin de ramener des hommes en arme, des guérrisseur et des provisions. Mais ils trouvèrent les portes fermées et ils sont repartis pour annoncer la triste nouvelle à leur capitaine. Ils décidèrent de couper par le galgal pour éviter un détour mais ils furent happés par l’esprit y résidant. Il est probable que le régiment a été décimé par les orcs. Une brume émaniat du tertre quand soudain Crowken annonça que l’autre groupe avait des problèmes, il nous dit de ne pas respirer cette satanée brume. Belegond en respira, retomba sous les ordres de l’esprit et se planta de façon inhumaine la dague plusieurs fois d’affiler avant de s’écrouler mort sur le sol. Puisse-t-il reposer en paix.

Alors j’aidai Taness à se déplacer afin de nous éloigner de cette colline maudite par la faute d’Angmar.  Au bout d’un temps interminable, je vois Crowken revenir avec Davron et Adaes dans un sale état. Et là Crowken nous a dit qu’il devait sceller le galgal car c’était son devoir en tant que chasseur d’esprit. Il but une potion contenu dans une fiole dégaina son épée et s’assis par terre en récitant des incantations dans un langage qui m’est incompréhensible. Pendant que nous, nous en allions en directions du village.

Maintenant je vais laisser la parole à Davron pour qu’il vous explique ce qu’il s’est passé et je voudrais rester seul un moment. S’il vous plaît. »


Elendüril se retira dans un coin. Enleva tout son équipement qu’il laissa tomber à terre. Il commença par sa dague, puis son épée, puis les divers éléments de son armure de cuir. Il prit une bosse et commença par brosser son armure, puis à la graisser et essuya le surplus. Il affûta ses lames. Il sorti une grande fiole d’huile. Il disposa de quelques gouttes sur sa pierre à affuter et la passa le long du fil de la lame. Les armes bien que toujours bien entretenues n’ont jamais eu un tranchant aussi effilé.

Une fois l’entretient fini. Il mit son capuchon de voyage, le capuche sur sa tête. Il s’assit dans un coin dans un silence profond. Car il commença la digestion du suicide barbare qu’il venait de voir. Rien ne l’avait préparé à ce geste violent. Il resta assis, là, seul avec ces images qui repassaient en boucle devant ses yeux. Le baptême du feu venait d’être passé.

Maintenant, il dut se faire à ces événements et de passer à autre chose assez rapidement. Mais là, seul l’avenir le dira.
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Njall l'Indomptable
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Mar 15 Mar 2016 - 21:13
Njall fut surpris par l'animosité soudaine de l'homme en face de lui. Il manqua même de sursauter quand celui-ci heurta violemment la table de son poing. Il ne s'attendait pas à ce que ses paroles aient un tel impact. Au pire s'attendait-il à une réplique moqueuse ou méprisante, mais certainement pas à de la colère. Cet homme avait visiblement un ressentis particulièrement vif à l'égard de l'Arnor et ses représentants, et il l'exprimait très clairement. Certains de ses arguments étaient compréhensibles, et le lossoth entendait la rage désespérée de ce meneur d'hommes, face aux difficultés quotidiennes de la vie dans cette région. Ce premier n'était d'ailleurs pas au bout de ses surprises, car après avoir exprimé sa colère, ce fut une proposition qu'il formulait à l'égard du guerrier nordique. La fortune, la liberté et l'argent, rien que ça ? C'était ce que lui promettait l'homme, qui venait de perdre la sympathie que lui avait porté Njall quelques instants. Il avait cru reconnaître en cet individu quelqu'un proche de son vécu, près de la baie de Forochel, et partageant un destin similaire, mais finalement il s'en éloignait terriblement. Était-ce là tout ce qui motivait ces gens ? Les femmes, l'argent ? La liberté inconditionnelle ? C'était un tout autre sens que le lossoth voulait donner à sa vie, mais il n'avait pas le temps d'argumenter. Ils avaient d'autres priorités que de philosopher. Ainsi, il se contenterait d'une humble et courte réponse, mais qui se voulait marquée par l'élan de solidarité qui l'avait pris plus tôt. On était loin au Nord, et si cette communauté se sentait si isolée, peut-être pouvait-il la guider jusqu'à la Baie, où ses frères sauraient commercer avec ceux-là et une union fructueuse pourrait naître pour les deux peuples.

« - Une femme m'attend ailleurs, et je n'ai goût pour l'argent. Mais si d'aventure vous cherchez de nouveaux partenaires, sachez que vos voisins de la Baie de Forochel pourraient être enclins à échanger avec vous. Gagnez Marstrand, au Sud de la Baie, et venez aux nouvelles de la part de Njall Nanuq... Nous partageons votre quotidien. »

C'était la première fois qu'en pèlerinage, il pouvait se rendre utile auprès des siens. Le Rude Hiver avait été pénible et nombre de clans, dont le sien, avaient été grandement affaiblis. Leur expérience leur avait permis de le surmonter, mais leurs réserves avaient été épuisées et comme leur mode de vie le demandait, ils étaient soumis à la nature et son bon vouloir. Ainsi, commercer avec des étrangers ne seraient pas inutile. Et Njall souhaitait que ses pairs aient la même chance que lui, celle de découvrir le monde extérieure, et s'ils ne venaient pas à lui, alors il tâcherait de l'envoyer vers eux. Il savait son peuple bienveillant mais austère et refermé sur lui-même, alors il fallait que les hommes du Sud viennent en son nom pour avoir plus de chances d'établir des relations durables. Il espérait qu'il avait tendu une opportunité à son peuple, et qu'il saurait la saisir en son absence.

Au moins eurent-ils des réponses. Le régiment était bien venu ici, et on en savait plus concernant les conditions de leurs visites. Le chef prétendait ne pas être impliqué dans leur déroute mais assumait ne pas leur avoir porté assistance, avec les convictions qu'on lui connaissait. Lumière était en partie faite, du moins sur le rôle de ce village. Encore fallait-il que toute la vérité leur ait été révélée.

Ils purent alors rentrer, après un entretien plus long qu'en apparence. Ils furent alors surpris de retrouver Sharpe et Nroc à la grange, près d'un repas et Crowken manquait à l'appel. Leur mine trahissait qu'un incident s'était passé, et l'inquiétude gagnait les deux hommes. Immédiatement, le Tribun s'enquit d'avoir des nouvelles. Tous avaient l'air bouleversés. Certains étaient blessés. Cela ne présageait rien de bon. Elenduril prit alors la parole, leur délivrant un récit qui fit frémir le lossoth et lui rappelait ceux du chasseur d'esprits, le seul absent. Njall ne dit mot, se surprenant à réciter à voix basse de vieilles prières de ses contrées, par superstition. Visiblement, le destin du régiment avait été scellé par les esprits. Triste sort. Est-ce que tout s'arrêtait là ? Tous avaient-ils été condamnés par ces terres maudites ? Aucun n'avait-il réchappé à ce funeste sort ? Njall sentait son sang se glacer après ces terribles nouvelles. Pareil voyage pour découvrir d'aussi sombres nouvelles lui rappelait que rien n'était rose dans ce monde. Lui qui avait été éloigné du spiritualisme et des mythes de son pays, cette excursion lui rappelait maints contes et expériences terrifiantes des terres du Nord. Parfois, la vie des hommes leur échappait.
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Ryad Assad
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Ven 20 Mai 2016 - 20:55
HRP : Je réponds pour Fo, qui est un peu booké en ce moment ! J'ai essayé de faire au mieux ! N'hésitez pas à faire interagir vos personnages entre eux également /HRP

________


Ils étaient passés à deux doigts du désastre le plus complet. Forlong observait ses hommes, hagards, éreintés, blessés tant dans leur chair que dans leur âme. C'était un petit miracle si aucun d'entre eux n'avait encore perdu la vie, et l'expédition autour du galgal aurait pu prélever un tribut beaucoup plus lourd dans leurs rangs. Le Tribun était conscient que sa responsabilité n'était pas engagée dans cette affaire. Il avait envoyé ses hommes enquêter, mais comment aurait-il pu prévoir qu'ils allaient se retrouver face aux esprits des temps anciens qui rôdaient dans la lande arnorienne. Ces spectres blafards et évanescents qui emportaient les braves et les fous dans leurs repaires pour les asservir… Comment penser qu'ils auraient pu se trouver si proche d'un village habité par d'aussi farouches individus ? Il y avait des choses troublantes, et à son retour de la négociation Forlong se rendit compte que jamais le chef du village ne lui avait mentionné la présence d'épouvantables créatures là où ses soldats étaient susceptibles de se rendre. Il ne pouvait pas formellement l'accuser d'avoir voulu du mal à sa compagnie, mais le doute qu'il éprouvait déjà ne fit que se renforcer.

Il y avait quelque chose de dérangeant chez ces gens qu'il ne parvenait pas à expliquer. Il ressentait un profond malaise, partagé par l'ensemble de sa troupe. Ils étaient affaiblis, et voilà que deux hommes d'expérience et de valeur venaient compléter la trop longue liste de leurs blessés. Perdre Adaes était un coup dur pour l'expédition, car l'homme était vaillant et expérimenté, peut-être davantage que tous les autres ici. Forlong lui-même devait reconnaître qu'il avait un grand respect pour le maître d'armes, sur lequel il aurait pu s'appuyer en situation difficile. Il devrait faire autrement désormais.

En vérité, il y avait beaucoup de choses qu'il devrait faire autrement. Il sentait que son unité était en train de se désintégrer sous ses yeux. Alors qu'il espérait comprendre ce qu'il venait de se passer, Elendüril lui fit un compte-rendu particulièrement précis, avant de s'excuser et de partir.

- Elendüril, attendez ! Cria le Tribun, qui ne souhaitait pas perdre le contrôle de ses hommes.

Le soldat n'écouta pas, et se mura dans un silence obstiné qui reflétait sans doute la confusion de ses pensées. Il avait décrit des scènes horribles, et dans ce cas Forlong savait que les mots étaient à des lieues de rendre une représentation fidèle de ce qu'il s'était réellement passé. Il avait parlé d'un homme, un soldat d'Arnor possédé, qui s'était transpercé de son propre poignard… La vision d'un tel spectacle resterait gravée dans la mémoire du guerrier pour toujours, et le transformerait à jamais. Il y avait eu un avant galgal, il y aurait un après, mais il ne serait plus la même personne, assurément.

La compagnie était plus atteinte que le Tribun l'avait d'abord suspecté, en réalité. Alors qu'il se retournait vers Davron en quête de davantage d'informations, il put lire dans les yeux de ce jeune noble plein d'allant et de générosité que quelque chose s'était brisé en lui. Il paraissait ailleurs, et son regard filait fréquemment vers le Baron Thiemond qui gisait aux limites de l'inconscience. Son corps semblait intact, mais la froide morsure des ténèbres avait pénétré sa chair, ses os, sa moelle jusqu'à entailler profondément son cœur et son âme. Même un vétéran comme lui ne pouvait pas ressortir indemne d'une telle bataille.

- Davron, que s'est-il passé ? Où est passé le chasseur d'esprits ? Racontez-moi.

Il y avait volontairement de la bienveillance dans le ton du vieux Loup, qui percevait le trouble de son vis-à-vis. Il avait vu assez de batailles, assez de sang versé et assez de larmes dans sa vie pour savoir ce que le noble avait sur le cœur. Il avait honte. De là à savoir honte de quoi, c'était une autre affaire dont il était important de parler. Avait-il honte de quelque chose qu'il avait fait, ou bien de quelque chose qu'il n'avait pas fait ? Face à la mort, les hommes se découvraient souvent des ressources insoupçonnées, et pouvaient surmonter les pires difficultés pour leur échapper. Mais face à l'appel grinçant de l'obscurité, et à la corruption insidieuse des êtres des galgals, les gens avaient tendance à réagir de façon profondément différente. Avoir peur de la mort était une chose, mais avoir peur de la damnation… Avoir peur d'être retenu éternellement prisonnier de ces tumulus putrides, n'en sortant qu'à la nuit tombée pour rôder, semer la mort et la désolation… Avoir peur d'errer sans but et sans espoir jusqu'à la fin de cet âge et du suivant, de se perdre soi-même progressivement comme une mosaïque se déferait pièce par pièce, morceau par morceau… C'est une autre forme de peur. C'est une peur qui paralyse, qui tétanise… Une peur qui pousse à tout abandonner, à commettre des actes que nul ne ferait en temps normal.

Forlong s'approcha de Davron, qui paraissait choqué, brisé. Il posa ses mains pleines d'expériences, rendues sèches et calleuses par le contact prolongé avec le manche d'une épée familière, sur les épaules tout à coup devenues bien frêles du noble. Les yeux dans les yeux, il lui souffla :

- Davron, j'ai besoin de savoir ce qu'il s'est passé. Nous en avons tous besoin.

Son regard se porta sur les autres membres de la compagnie, qui paraissaient vouloir comprendre, vouloir savoir. Il fallait dissiper l'angoisse dans leur cœur, la remplacer par des éléments tangibles qu'ils pouvaient maîtriser, dominer et finalement vaincre. Le Tribun écouta Davron exprimer lentement ses pensées, et expliquer à la compagnie ce qu'il avait vu et ressenti. Ce n'était plus vraiment un rapport, c'était presque une confidence, pour ne pas dire une confession.

Une fois que Davron eût terminé son récit, un silence s'installa parmi le groupe, et Forlong décida de le rompre. Il devait à tout prix maintenir la cohérence, et permettre à ses hommes d'avancer. Ils avaient foi en lui, bien plus que de raison, mais pour l'heure ils avaient un genou à terre et il était de son devoir de les aider à se relever :

- Njall, voulez-vous expliquer à nos compagnons ce que nous avons pu tirer de notre discussion ? Je reviens.

Qu'y avait-il à dire de toute façon ? Si les cinq hommes partis explorer les environs étaient revenus avec peine de leur excursion, les négociations ne s'étaient pas non plus passées sans heurts. Forlong avait d'ailleurs été contraint de laisser la main à Njall, conscient que le chef du village ne souhaitait pas s'entretenir avec un homme qui se présentait comme un représentant direct du Roi d'Arnor. Mais qu'avaient-ils gagné dans tout ça ? La conversation avait tourné court, quand Forlong avait abattu ses cartes :

« - Vous ne souhaitez pas prêter assistance à ceux qui vous refusent leur aide, je le conçois davantage que je ne l'accepte. Cependant, si vos portes doivent rester closes à de braves soldats dans le besoin, aidez-nous au moins à poursuivre notre route pour les retrouver. A quoi cela vous avancerait-il de nous en empêcher ? »

L'homme avait regardé le Tribun un long moment, avant de jeter un regard à Njall. Il avait semblé voir dans le Lossoth un homme assez bon pour mériter qu'il accordât son aide à sa compagnie. Il avait eu l'air partagé, comme s'il ne n'avait pas vraiment souhaité donner sa réponse, comme s'il avait plutôt voulu la garder pour lui et chasser ces importuns de son village. Toutefois, il avait dû lire dans le regard des deux hommes qu'ils iraient jusqu'au bout, et il avait fini par desserrer les mâchoires, lâchant sans aménité :

« - Au Nord. Ils sont partis vers le Nord. A deux jours de marche d'ici. Les Gobelins sortent toujours de là-haut, d'une montagne qu'on appelle « Le Pic ». Sur la route, vous verrez un pont. Ne le prenez pas, il y a toujours des éclaireurs Gobelins dans les parages. Traversez la rivière en amont, et prenez le défilé qui vous conduira en surplomb. Si vous êtes discret, les Gobelins ne vous verront pas. »

Son regard avait paru dur et froid, et il avait immédiatement mis fin à la conversation, sans même un mot pour le Lossoth dont, cependant, il garderait le nom en mémoire. La proposition qu'il venait de lui faire de négocier avec les peuples de Forochel n'était pas à oublier, et il se souviendrait de son nom après… après tout ça. Njall Nanuq.

Alors que Forlong se remémorait la conversation, au fur et à mesure que le Lossoth la contait à ses compagnons, en y adjoignant ses propres commentaires et ses propres observations, le Dunadan rejoignit Elendüril qui s'était débarrassé de son équipement et s'était assis, le regard dans le vague. Le vétéran vint s'asseoir à côté de lui, défaisant sa ceinture pour poser son épée entre ses genoux.

- Vous ressassez, déclara-t-il.

Il marqua une pause, soupirant légèrement, avant de reprendre :

- Je ne vous le reproche pas. Vous avez vu des choses que bien des hommes d'Arnor ne verront jamais, et heureusement. Vous avez vu le Mal sous sa vraie forme, répugnante et vile. Mais vous avez aussi vu le Bien sous sa vraie forme : le courage, le sacrifice… Il vous appartient maintenant de savoir ce que vous voulez garder en mémoire.

C'était peu, c'était peut-être moins éloquent qu'il l'aurait voulu. Le vieux Loup savait qu'en temps normal, il aurait octroyé à un soldat qui avait subi pareille épreuve au moins quelques jours de repos actif, de quoi lui occuper l'esprit et les mains pour lui permettre de digérer. Mais il ne pouvait pas se permettre de se priver d'un autre compagnon, quand il en manquait cruellement. Entre les blessés et les traumatisés, il n'y avait plus grand-monde capable de tenir une épée, et de partir retrouver ce maudit régiment. Bon gré mal gré, Elendüril devait tenir le choc.

- Taness a besoin de vous, allez le voir. C'est ensemble que nous traverserons cette épreuve, Elendüril. Ensemble.

Le vétéran se leva en appuyant sur ses genoux, comme si ses épaules avaient soudainement été lestées par un immense fardeau. Le poids du commandement. Le poids de toutes ces vies qui dépendaient de lui, de ses décisions. Pendant une seconde, il se demanda s'il les emmenait à la mort. La seconde suivante, il se résolut à ne pas y penser. Il devait regarder le Bien que son action apporterait, et laisser de côté le Mal, sous sa vraie forme, qui cherchait à se frayer insidieusement un chemin jusqu'à lui. Il inspira profondément. Le fardeau parut s'alléger un peu.

Oui. Il pouvait le faire.


Membre des Orange Brothers aka The Bad Cop

"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"

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Elendüril
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Sam 20 Aoû 2016 - 9:34
Elendüril, ce jeune edain, était à des lieues de s’imaginer ce qu’il verrait dans l’exercice de ses fonctions. Le pouvoir de l’imagination est grand mais il censure ce que notre esprit ne peut supporter afin de ne pas nous traumatiser. Or la réalité, est, violente, sans pitié, aussi implacable qu’est la mort.

Elendüril ressasse ce premier mort bien qu’il ne lui a pas donné cette dernière cela restera, pour lui et à jamais, comme le premier mort qu’il verra. Et ceci, de par sa faute, il aurait dû réagir plus vite en entendant les mots de Crowken. Mais ce qui le perturbe le plus, c’est la violence des coups de poignard dans l’abdomen et tout ce sang qui coulait alors que le poignard se plantait encore et encore faisant couler davantage de sang, à chaque coup. Puis la chute du corps inerte, mort.

Elendüril en avait parlé avec son père mais il était loin de s’imaginer à quel point de voir la mort d’un autre homme aurait eu un tel impact. Le rôdeur ne peut décrire ce qu’il ressent si ce n’est qu’une chose cela le trouble davantage qu’il ne l’aurait cru. Mais en même temps, que pouvait-il faire face à cette magie venu des temps anciens et que rares sont ceux en mesure de l’affronter en ayant une chance de s’en sortir vivant.

Le jeune rôdeur n’entendit pas venir le vétéran venir vers lui le novice. Il déclara :
« Vous ressassez ».

Elenduril surpris, sursauta quand les mots se firent entendre. Il était tellement concentré dans ce cercle infernal qu’il fut surpris que le vieil homme vint à lui pour lui parler.
Forlong reprit :

« Je ne vous le reproche pas. Vous avez vu des choses que bien des hommes d'Arnor ne verront jamais, et heureusement. Vous avez vu le Mal sous sa véritable forme, répugnante et vile. Mais vous avez aussi vu le Bien sous sa vraie forme : le courage, le sacrifice… Il vous appartient maintenant de savoir ce que vous voulez garder en mémoire.
Taness a besoin de vous, allez le voir. C'est ensemble que nous traverserons cette épreuve, Elendüril. Ensemble. »


Les paroles de Forlong Neldoreth résonnèrent comme le dernier coup du glas, grave, incitant à la réflexion voir à l’action. Même si son esprit était tourmenté il se devait aller de l’avant, son chef, son capitaine, le lui demanda.

Comment faire pour aller parler avec cet énergumène qu’est le chasseur sans se faire ballader sur les roses ? Car son caractère est loin d’être facile, et là avec sa blessure à l’épaule cela ne vas pas s’arranger car il ne peut plus utiliser son arc ni pour chasser ni pour nous épauler en cas de conflits armés.

Elendüril chassa ces pensées de son esprit et alla vers le blessé. Il tenta de briser le silence assez maladroitement et se fit repousser assez froidement par l’archer. Alors il retourna à la place où il était en essayant de parer à ce qu’il pensait improbable : la perte de l’un de leurs trop rares chasseurs. Bien que Taness puisse encore aider dans une certaine mesure le fait était qu’il ne pouvait plus bander son arc pour décocher une flèche sur le gibier. Il savait que cela allait leur porter préjudice plus tard quand ils seront loin de toute civilisation qui voudrait ou pourrait leur porter assistance en l’échange d’un quelconque tribut.

En qualité de quartier-maître cela commençait à lui peser sur ses épaule, lui qui fut exilé de son régiment au sein de la Vieille Garde vers ce régiment de bas étage où il ne pouvait plus évoluer et voilà que maintenant il devrait endosser la responsabilité du bien-être de ses compagnons et cela il n’était plus habitué. La hantise qu’il risquerait fortement de manquer de vivre commençait à se faire sentir.
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Lithildren Valbeön
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Sam 20 Aoû 2016 - 10:57
Blessé. Il était blessé, autant dans son orgueil que dans sa chaire. Le poignard enfoncé dans son épaule avait eu un impact bien plus grand qu'il ne l'avait pensé. Taness Oeil-Vif devait se rendre à l'évidence, l'inévitable, l'imparable : il ne pourrait plus jamais bander son arc. Une vérité cruelle, qui rendait le chasseur inutile. Il ne lui restait que son œil et ses sens de vétéran, mais cela n'allait pas suffire. Une attaque, et l'Oeil-Vif ne serait d'aucun secours à ses camarades d'expédition.

Les choses avaient mal tourné bien rapidement, comme si le destin souhaitait s'acharner pour les faire échouer. Mais l'esprit est plus fort qu'on ne le pense, et que ce soit par la présence galvanisante de Forlong, l'esprit de groupe rendant plus unis, ou la volonté de ne pas trahir la couronne arnorienne, aucun des membres présents n'allait rebrousser chemin, sauf peut-être le plus jeune et inexpérimenté. Et malheureusement, il n'existe aucun remède pour les maux de l'esprit, à part le temps. Une bien cruelle ou ironique chose, que les maux les plus futiles soient guérissables, mais que ceux qui ont le plus d'impact n'aient aucun traitement possible. Taness sentait qu'il allait devoir faire des concessions s'il voulait continuer de participer à l'expédition, et s'il voulait porter secours à ses camarades, puisque sur le plan physique, il ne pourrait rien faire de plus. Abandonner son égoïsme, faire preuve d'altruisme. Cela lui donnait la nausée, néanmoins, pour la cohésion du groupe, et pour le moral de certains, il devrait faire cet effort.

Le chasseur arnorien se redressa pour s'asseoir, et un léger vertige accompagné d'une douleur cinglante le prirent soudainement. Il grimaça de douleur, et porta sa main libre sur son front, appuyant comme un forcené dans l'espoir que cela fasse partir le mal de tête. Il mit un moment avant d'aller un peu mieux, et il entendait sans comprendre Njall parler de quelque chose dont il ne comprenait pas le sens. Une sorte de brouhaha insupportable, un bourdonnement à ses oreilles, et rapidement le son devint plus net mais tout autant douloureux. Il appuya son dos contre une poutre de bois voisine, et respira profondément. Son épaule était douloureuse, mais heureusement la seule séquelle serait de ne plus bander son arc. Un peu plus à côté, et sa vie aurait été un grave danger, pour ne pas dire qu'il aurait pu la perdre. Taness avait beau être un homme peu recommandable, il tenait un temps soit peu à la vie, même un minimum. Il se dit en ricanant pour lui qu'il voulait la gloire finale, la récompense durement acquise.

Le chasseur perçut des pas lourds. Il reconnut le pas caractéristique d'Elendüril, un pas plus léger que les autres, même si là il était traumatisé par ce qu'il avait vu. Voir la mort n'est jamais chose facile, encore moins quand elle est de cette violence extrême. Le chasseur leva les yeux vers le rôdeur, et son visage confirma ses soupçons : Elendüril était gravement atteint psychologiquement. Le rôdeur s'accroupit près du blessé, et vint vérifier son état physique. Mais, à peine il tenta de briser le silence, le chasseur l'envoya balader ailleurs, par fierté. Elendüril ne chercha pas plus longtemps et retourna vers un poste isolé. Taness le regarda s'éloigner, et il fut prit de... remords ? Pouvait-il encore ressentir cela, lui, l'Oeil-Vif ? Visiblement, oui. Taness s'appuya sur son bras valide et se releva dans un grognement étouffé. Il rejoignit Elendüril et se posa lourdement près de lui. Le rôdeur allait partir, mais Taness posa une main sur l'épaule de l'arnorien.

- Je vous suis reconnaissant de m'avoir aidé. Mine de rien, vous m'avez sauvé de la folie en m'éloignant de cette brume. Essayez de voir cela : vous avez sauvé la vie d'un homme, même si un autre a périt. C'est le risque, et c'est un risque que nous avons choisit délibérément de prendre, tous autant que nous sommes. Personne n'ait jamais préparé à la mort. A l'armée, on nous parle de sacrifice, d'honneur, de courage, et l'on nous dit qu'entre sauver une vie et la reprendre, il vaut mieux la sauver sauf si elle est condamnée. Beaucoup, en voyant la mort sous leurs yeux, prennent la fuite. Mais dites-vous une chose, Elendüril : vous avez tenu bon. Vous n'avez pas tourné les talons malgré l'horreur qui se déroulait sous vos yeux, et sous les miens. Vous êtes resté – que ce soit pour moi ou pour une autre raison – et vous avez fait preuve d'un courage que peu de gens auraient trouvé en eux. Je vous dois la vie sauve, grâce à votre bravoure, même si vous ne la voyez pas.

Elendüril et le chasseur échangèrent un regard, puis Taness regarda le sol.

- Libre à vous de prendre ou de laisser mes paroles, mais sauver la vie d'un homme est plus important que laisser un homme se sacrifier. Cet homme au Galgal... Il a donné sa vie en échange de la liberté. Il était... prisonnier d'une force ou d'un maléfice et au terme de sa vie, il a préféré se donner la mort plutôt qu'en tuer deux. Il a fait preuve de courage et son sacrifice doit nous permettre de retrouver ses camarades disparus. Si vous avez besoin de moi, vous pouvez compter sur moi.

Taness resta assis là. D'une part, il n'avait pas l'envie de bouger ; d'autre part, même si Elendüril mettait un certain avant de répondre, Taness n'allait pas le priver de se livrer, ou de simplement parler. Pour le bien du groupe, de l'expédition et celui de cet esprit hanté par le souvenir, Taness devrait faire preuve de plus de... d'ouverture, voilà. Ne pas se livrer ou devenir altruiste, mais au moins faire comprendre que malgré son caractère difficile, le chasseur restait un ancien soldat fidèle et loyal à la couronne. Et puis, s'il faisait cela, la récompense en serait peut-être plus juteuse, et les louanges, les compliments... Taness eut un sourire intérieur en pensant que ce simple geste de sympathie lui vaudrait peut-être bien plus qu'il ne l'avait pensé en premier lieu.
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Forlong
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Mar 23 Aoû 2016 - 23:34


Forlong laissa les hommes se reposer, demandant à Sharpe de raviver le feu sur l’âtre, et de distribuer aux hommes de la nourriture et de l’alcool. Il fallait réchauffer les corps et les esprits après cette expérience glaçante. Le vieux loup savait très bien que dans les jours à venir, ils repenseraient souvent avec nostalgie à la chaleur et la sécurité de cette grange. Plusieurs de ses hommes finirent par succomber à la fatigue liée à la chute d’adrénaline, et un silence interrompu seulement par quelques chuchotements et les crépitements du feu s’installa dans la grande pièce sombre.

Le Tribun sortit dehors et regarda le soleil en fronçant ses sourcils blancs. Cela faisait plusieurs heures que les guerriers étaient revenus de leur mission. Crowken, quant à lui, manquait toujours à l’appel. Il inspira l’air frais et mit la selle sur son cheval, y attachant le fourreau avec sa longue épée. Il passa ses doigts sur la pierre qu’il gardait dans une petite poche près de son cœur, un artéfact trouvé dans les obscurs couloirs de l’ancienne forteresse du Roi Sorcier. Il monta habilement en selle, et se dirigea vers l’entrée du village. Les habitants l’évitaient ou le regardaient avec méfiance, une méfiance dont il comprenait de mieux en mieux les raisons. Il se dirigea vers l’Est.

La forêt qui l’entourait semblait calme, presque endormie. Le dunadan restait néanmoins sur ses gardes. Il avait commis cette erreur une fois déjà, la veille, en disant à ces hommes que leur enquête près du vieux galgal ne serait probablement pas dangereuse. Ils étaient dans le Rhûdaur, une contrée sauvage et malveillante, et l’oublier pouvait facilement leur coûter la vie.

En s’approchant de la colline, il sortit à moitié Lunerill du fourreau. La lame brillait d’une faible lumière bleue, indiquant la proximité des forces  maléfiques. L’homme aux cheveux blancs donna un léger coup de talon à son cheval, qui accéléra le pas. Il le découvrit face à la colline, écroulé sur le sol. Le chasseur d’esprits semblait frêle et vulnérable dans cette position, maigre et pâle comme la mort. Forlong dégaina son épée. Malgré la proximité du galgal, la lueur bleue était toujours faible. Son regard se porta sur la colline, et devant l’entrée écroulée du tombeau antique il put apercevoir des chaînes d’un alliage de métal qui lui était inconnu, reliées par un cadenas en forme d’étoile. Il n’était pas un expert, mais il avait déjà vu ce symbole sur les tombeaux des rois d’antan. Crowken avait réussi à sceller le galgal…mais à quel prix ? Le tribun descendit de son cheval et s’approcha de l’homme inconscient. Prudent, il souleva la paupière de Crowken avec son doigt et inspecta son œil, puis approcha son oreille de ses lèvres pour vérifier sa respiration. Il soupira, soulagé. Le chasseur d’esprits était à moitié mort d’épuisement, mais il était toujours humain. La crainte de découvrir son compagnon possédé par un démon et de devoir le tuer était une des raisons pour lesquelles Forlong était venu seul au galgal. Il souleva le corps inerte de Crowken et le mit sur la selle, s’installant à son tour derrière lui, puis se dirigea vers le village en jetant un dernier coup d’œil inquiet à la sinistre colline alors que le ciel commençait à s’assombrir annonçant l’arrivée imminente de la nuit.
***

Il ne donna pas une journée supplémentaire de repos à ses hommes. Certes, certains étaient blessés et d’autres épuisés par les évènements de la veille, mais le capitaine vétéran savait très bien que l’inactivité permettait au doute et à la faiblesse de s’installer dans les cœurs des guerriers même les plus braves. L’effort physique et la concentration nécessaire pour survivre en ces terres hostiles détourneraient leurs pensées du cauchemar qu’ils avaient vécu au galgal. Il y avait également une autre raison pour le départ rapide…

Lorsqu’ils quittèrent le village, ayant payé une somme tout à fait respectable à la jeune guérisseuse pour qu’elle s’occupe de Nroc le temps que les hommes de Poppea de Fornost viennent le récupérer, Forlong approcha sa monture de celle d’Adaes. Il inspecta attentivement l’ancien maître d’armes, qui semblait secoué par l’expérience de la veille. Pouvait-il toujours compter sur lui ?

-Vous m’aviez parlé de la possibilité que les hommes du village aient un rapport avec la disparition du régiment. Je ne pense pas qu’ils soient directement impliqués, mais je crains néanmoins que cette bourgade fortifiée cache un terrible secret…Nous avons pu voir nous-mêmes à quel point ces terres sont infestées par les gobelins, qui apparemment n’hésitent même pas à s’attaquer à un régiment des soldats du roi. Comment est-ce qu’un village perdu au milieu de nulle part a pu survivre indemne jusqu’à là ? Ce peuple a certes l’air belliqueux, mais ne dispose pas d’un arsenal nécessaire pour faire face à une horde de peaux vertes. Je pense que ces malheureux villageois ont été obligés de faire un pacte avec les tribus gobelines locales…la survie du village en échange d’un tribut régulier et d’informations sur les déplacements des troupes arnoriennes. C’est triste ce que deviennent les hommes face à des choix impossibles…trahir leur royaume ou permettre le massacre de leurs femmes et enfants ? Je ne peux pas leur en vouloir…C’est pour cela que j’ai préféré partir dès le lendemain de notre échange avec le chef, sans le prévenir. Il n’aura pas le temps d’informer les gobelins de notre arrivée, si jamais il est emmené à leur faire un autre rapport…


*A moins qu’il ne nous mène tout droit dans un piège* ajouta-il dans ses pensées,  mais préféra garder ses doutes pour lui.
***

Il donna l’ordre de s’arrêter pour la nuit assez tôt. Le chef lui avait dit que leur destination était à deux jours de marche du village, c’est-à-dire un peu plus d’une journée de cavalcade. Forlong comptait arriver au niveau du fleuve vers midi le lendemain, conscient du fait que les gobelins étaient sensibles à la lumière du jour et que même les sentinelles chercheraient probablement refuge dans les cavernes lorsque le soleil serait au zénith. Le tribun fit travailler ses hommes dur au moment de faire le camp, et donna lui-même l’exemple en retroussant les manches de sa chemise et se mettant à tailler des pieux en bois qui, une fois plantés dans le sol, formeraient une barricade laissant seulement un passage étroit à tout assaillant potentiel. Lorsqu’il fut satisfait de l’état du campement, Forlong dégaina son épée et invita ses hommes à participer à l’entrainement du soir.

Conscient du fait que l’épaule du baron le faisait encore souffrir, l’homme aux cheveux blancs décida d’enseigner à son tour quelque chose aux guerriers. Il n’était pas un bretteur formé dès l’enfance par des maîtres d’armes, connaissant les techniques subtiles et les appellations de chaque garde ou passe d’armes. Cependant les batailles, escarmouches et duels innombrables qu’il avait survécus au fil de ses années en tant que mercenaire et chevalier faisaient de lui un adversaire redoutable. Aujourd’hui, il décida de leur enseigner une passe d’armes qu’il avait appris d’une maîtresse d’armes talentueuse de nom de Silka Sorge, lors de sa première année au Gondor. Cette attaque consistait à exploiter le moment où l’arme d’un assaillant se trouvait le plus loin de son centre de gravité pour le désarmer. Une méthode risquée face à un bretteur expérimenté, mais efficace face à la plupart de soldats, brigands ou orcs que l’on pouvait rencontrer dans les Terres Sauvages. L’entrainement dura une bonne heure, et lorsqu’ils s’arrêtèrent enfin, ils purent se reposer au milieu de leur campement fortifié, trop fatigués pour la plupart pour repenser aux évènements de la veille.
***

Lorsqu'il se réveilla le lendemain matin Forlong découvrit que ces terres hostiles leur avaient réservé une fois de plus une mauvaise surprise. Plutôt que d'être accueillis par les rayons timides d'un soleil matinal, ce fut un ciel menaçant et gris comme le plomb qui les attendait lorsqu'ils quittèrent le refuge de leurs tentes. Un temps particulièrement apprécié par Les Gobelins, qui n'hésitaient pas à s'aventurer dehors dans ce genre de conditions.

Et pourtant ils n'avaient pas d'autre choix que d'avancer. Le tribun donna l'ordre de lever le camp, et ils reprirent leur chemin vers le Nord.
***

La montagne appelée le Pic se dressait à leur gauche, de l'autre côté de la riviere sauvage. Forlong avait dit à ses hommes de rester sur leurs gardes; ils étaient en territoire ennemi. Il finit par arrêter son cheval lorsqu'il aperçut au loin la silhouette d'un ancien pont en pierre quî rejoignait les deux rives. Il s'agissait d'une construction impressionnante qui semblait dater d'un passé lointain, avant l'avènement du Roi Sorcier. Sur leur droite, une petite forêt s'étendait sur quelques lieues. Il décida que continuer leur chemin sous les arbres, à l'abri des regards ennemis, serait un choix judicieux.
***


Cela faisait deux heures qu'ils voyageaient après avoir laissé le pont surveillė par les éclaireurs gobelins derrière eux. Le terrain devenait plus rocailleux et plus sauvage. Forlong envoya Njall et Taness en éclaireur; ces derniers lui annoncèrent en revenant qu'ils s'approchaient d'un guė.

Il fut le premier à traverser, assis sur son cheval mais prêt à tout moment de sauter de la selle si jamais l'eau devenait trop profonde et l'animal commençait à se noyer. Forlong réussit à traverser sans trop de problèmes, bien que ses vêtements étaient trempés jusqu'à la ceinture par l'eau glacée. Les autres commencèrent à leur tour la traversée, mais lorsque Davron se trouvait à mis chemin, son cheval glissa sur une pierre recouverte d'algues et commença à être emporté par le courant, alors que le cavalier essayait de rester à la surface.

-Njall, Taness, aidez-le !

S'écria le tribun, impuissant car trop éloigné pour aider le noble malchanceux. Son soulagement lorsque ses compagnons réussirent enfin à atteindre l'autre rive ne dura pas longtemps, car lorsqu'il jeta un dernier regard derrière lui, la vue lui glaça le sang. Une trentaine de silhouettes noires recroquevillées s'approchait en courant de manière animale, et lorsqu'il entendit leurs cris stridents il n'avait plus aucun doute. Leur tentative d'éviter les sentinelles gobelines avait échoué, et une petite horde les suivait á present, assoiffée de leur sang.
***


Le défilé que le chef du village leur avait conseillé de prendre s'étendait devant eux, un chemin assez étroit sur le côté de la montagne. Dans d'autres conditions ils seraient probablement descendus de leurs chevaux pour continuer la route à pied, afin d'éviter une chute qui pourrait s'avérer fatale. Cependant avec les gobelins à leurs trousses, leur seul espoir était que la rapidité de leurs chevaux leur permettrait de prendre de l'avance et de perdre leurs ennemis quelque part dans les terres sauvages. Sharpe et Taness étaient les premiers à éperonner leurs montures et commencer l'escalade périlleuse, suivis de près par Njall et Davron, puis Adaes et Crowken. Forlong et Elenduril formaient la garde arrière, jetant de temps à autre des regards nerveux derrière eux; Les gobelins étaient déjà en train de traverser la riviere.
***

Soudainement, un vent terrible se leva, qui faillit les souffler droit dans le gouffre telle une poignée de feuilles mortes. Un éclair les aveugla alors que la pluie s'abattit les trempant jusqu'aux os dans l'espace de quelques secondes. Lorsque le grondement du tonnerre retentit, multiplié par l'acoustique naturelle de la montagne, leurs chevaux paniquèrent. Celui d'Elenduril hennit, affolé, et glissa sur le gravier mouillé, chutant sur le sol. Le cavalier tomba á son tour lourdement, et se tordit douloureusement la cheville. Le tout sembla se dérouler au ralenti aux yeux du tribun, qui sauta à son tour de la selle. Il ne s'agissait pas là d'un acte de bravoure inutile mais d'un calcul qui lui semblait parfaitement logique. Il n'y avait aucune chance pour qu'ils arrivent à sauver le rôdeur avant que les gobelins arrivent, et il doutait fortement qu'ils avaient des chances de semer les assaillants dans ces terres qu'ils connaissaient a peine. Simultanément, il était incapable de donner l'ordre à un ou deux de ses hommes de se sacrifier. Il cria donc dans la direction d'Adaes et de Crowken, qui s'étaient arrêtés eux aussi :

-Vous avez fait serment de mener cette mission á bout, vous savez quoi faire !


Puis il donna un léger coup du plat de son épée a son cheval, l'incitant à suivre les autres; il ne voulait pas que son fidèle destrier finisse comme repas gobelin.

Le Tribun dégagea ses cheveux mouillés de son visage et aida le malheureux Elenduril á se relever tant bien que mal. En face d'eux, ils pouvaient déjà distinguer les traits difformes des gobelins armés jusqu'aux dents. Forlong dégaina Lunerill qui brillait telle une flamme bleue parmi les torrents de pluie. Il serra les dents, rassuré par le fait qu'ils allaient faire gagner du temps à des hommes expérimentés, capables de mener leur mission á bout. La conscience qu'il allait mourir ne le laissait pas indifférent, mais il avait toujours su qu'il finirait par périr l'épée à la main. Il posa une main sur l'épaule d'Elenduril et lui dit:
-Êtes vous prêt pour une dernière épreuve ensemble, soldat?

Le grondement de tonnerre recouvrit le bruit des armes et les cris lorsque la première ligne des gobelins se heurta contre les deux guerriers.
***

C'était difficile, mais les plus expérimentés parmi les membres de l'expédition savaient très bien qu'ils n'avaient pas d'autre choix que de laisser leurs compagnons derrière et avancer, car même tous ensemble ils n'avaient aucune  chance face aux forces écrasantes des assaillants. Ils découvrirent d'ailleurs rapidement qu'ils n'étaient pas encore en sécurité. Le sacrifice de Forlong et Elenduril avait permis d'arrêter temporairement les fantassins gobelins, mais quelques chevaucheurs de loups blancs avaient contourné les deux hommes en escaladant de manière risquée la montagne afin de se lancer à la poursuite des autres cavaliers.
Ils avaient à peine parcouru quelques centaines de mètres, perdant de vue leurs compagnons laissés derrière, lorsque deux chevaucheurs de loup leur barrèrent le chemin, et l'aboiement de plusieurs autres créatures se fit entendre au dessus de leurs têtes.

Sharpe dégaina son épée et s'écria:

-Nous devons continuer! Je connais un endroit sauf á quelques lieues d'ici! Pour l'Arnor!



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Adaes Thiemond
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Jeu 25 Aoû 2016 - 15:19
Combien de combats avaient été nécessaire avant qu'il ne croit à ces forces mystiques ? Il avait fallut qu'il plonge son bras dans un spectre pour qu'il ne comprenne ce que certains pouvaient craindre. Tandis que tous discutaient de ce qui était arrivé Adaes hésitait de lui-même. Il avait toujours refusé de croire en ces forces obscures, mais il était là devant la triste réalité de la chose, les Galgals étaient bien hantés. Une vérité qu'il peinait encore à accepter à cet instant.

Son regard se déplaça ensuite entre tous les membres d'équipes, ils seraient sans doute tous marqués par ce qu'ils avaient vu. Un bref sourire apparut sur ses lèvres tandis qu'il tentait tant bien que mal de trouver une position dans laquelle il serait mieux. La potion administrée par Crowken faisait effet, la douleur semblait rapidement s'éteindre, mais s'il en croyait les dires du chasseurs ce ne serait pas suffisant. Tandis que tous avaient des mines sombres il prit la parole, haussant la voix autant qu'il pouvait le faire.


« Pourquoi toutes ces têtes ? Laissez les à ceux qui ont perdu la vie, vous, vous vivez encore. Ceux qui sont morts ont au moins droit à ce que l'on ne se fasse pas plus plaindre qu'eux. Vous êtes toujours vivant alors en aucun cas vous n'avez le droit de penser cela pire à la mort. Vous encore de beaux jours devant vous, seulement lorsque vous n'en aurez plus vous pourrez tirer une telle tête. Rien ne sert de pleurer les morts, contentez vous d'agir pour qu'ils ne soient pas mort en vain. »

Puis il reposa la tête contre le mur sur lequel il s'appuyer. Fermant les yeux et tentant de se reposer comme il pouvait, oubliant ce qui le faisait souffrir. Il finit par se laisser emporter dans un profond sommeil. Il n'entendit pas le tribun partir, ni même revenir. Son bras droit le faisait souffrir et son bras gauche le tenait, comme si cela pouvait changer quoi que ce soit. Lorsque le maître d'arme fut réveillé une nouvelle grimace naquit sur son visage, malgré la potion il avait toujours mal.

Le temps du départ était venu, Adaes se releva et enfourcha son destrier, il était temps de quitter son village. Il plaça le fourreau de son arme sur son destrier, vu son état il doutait simplement de pouvoir combattre tout de suite, il resta quelques secondes à observer son arme. A la vue de l'état de son bras, est-ce que sa vieille lame n'avait pas été altéré ? Ou sinon, pourquoi avait-elle résister à ce froid de mort qu'avait ressenti le maître d'arme. Il préféra oublier ces pensées et monta sur son cheval.

Tandis que le départ se faisait Forlong vint parler avec le maître d'arme, il émit quelques doutes sur le village, apparemment il semblait penser que ces villageois avaient un accord avec les gobelins. Adaes grimaça, comment certaines personnes pouvaient s'allier avec ces choses. Hors de question de laisser cela ainsi pour le vieux guerrier, comment est-ce qu'ils peuvent laisser cela être ? Comment certains pouvaient trouver normal de vendre son âme à ces monstres ? Adaes acquiesça puis releva son regard jusqu'à son supérieur.


« Je comprends. Je ne peux vous dire si vous voyez vrai, mais tôt ou tard il faudra que vérité soit faite et que les choses soient... Mise au clair. »

Adaes fronça les sourcils en terminant sa phrase, c'était là les mots les plus gentils qu'il ait trouvé pour signifier que chacun doit tôt ou tard rendre des comptes pour ses actes. SI jamais ces gens avaient bel et bien pactisé avec des créatures comme ça... Ils devraient tôt ou tard payer. Le baron chassa calmement ces idées de son esprit tandis qu'ils reprenaient la route. Il y avait encore à faire et le maître d'arme n'avait aucune envie d'être un poids et encore moins de rebrousser chemin, il était bien trop fier pour ça. Et puis avec un peu de chance Crowken saurait lui rendre son bras. Le vieux baron s'approcha du chasseur d'esprit sur la route et prit la parole.

« Vous savez... Avant ça je n'avais jamais cru aux forces des Galgals, même là j'ai encore un peu de mal à y croire. Mais merci quand même pour votre intervention Crowken. Dans le Galgal... Vous m'avez dit que votre potion ne suffirait pas pour... Ce que j'ai. Qu'est-ce qui... Va arriver ? Vous savez comment soigner ça ? »

Il baissa quelques peu les yeux, il n'aimait pas en être réduit à demander à ce qu'on utilise des trucs qu'il ne comprenait pas tout à fait pour le soigner, mais si la potion ne suffisait pas, il fallait bien trouver quelques choses à faire. Lorsque vint l'heure de monter le camp le baron participa autant qu'il pouvait le faire, si une grimace venait parfois stopper ses mouvements il fit son possible pour aider le camps à se monter. Lorsque le temps de l'entraînement vint Adaes céda volontiers sa place à son supérieur, s'asseyant sur une côté et observant l’entraînement avec un fin sourire aux lèvres. S'il avait choisi d'être maître d'arme c'était pour aider les jeunes à apprendre ce qu'il savait, mine de rien c'était là quelque chose qu'il appréciait beaucoup aujourd'hui.

Lorsque le lendemain ils reprirent la route le temps lui-même semblait être contre eux, un ciel gris et une ambiance morne régnaient. Adaes monta sur son cheval, le bras droit toujours posé contre sa monture, la douleur redevenait plus vive. Lorsqu'un pont se présenta devant eux le choix fut prit de le contourner, sans doute surveillé et tenu par les gobelins il était hors de question de s'exposer encore plus à ce qui pouvait arriver. Le groupe décida de traverser à guet un peu plus loin. Si globalement tout le monde parvint à passer Davron manqua d'être emporter par le courant. Les deux éclaireurs parvinrent à l'extraire de l'eau, pour le soulagement du reste du groupe.

Adaes resta de marbre quelques secondes lorsqu'il vit des gobelins commencer à les chasser. Par réflexe il porta sa main à son arme et laissa un léger bruit de douleur s'échapper lorsqu'il empoigna le manche de l'arme. Il dut se résoudre à laisser son arme à sa place et suivit le convoi vers l'endroit évoqué par le chef du village. Un canyon et un fin rebord de pierre qu'il serait plus prudent de traverser à pied qu'à cheval. Mais le temps jouait contre eux. Les hommes de l'Arnor s'avancèrent sur le rebord, si la traversée sembla plutôt bien s'engager un bruit fit s'arrêter Adaes et le chasseur d'esprit tout près. En se retournant ils virent le jeune rodeur manquant de tomber. Le Tribun l'aidant. L'ordre fatal arriva, continuer la mission, envers et contre tout.


« Les ordres sont les ordres. L'on fera en sorte qu'ils soient respecter jusqu'au bout Tribun, vous avez ma parole. »

Pour le peu de réconfort que cela pouvait être. Sans plus d'hésitation Adaes tourna le dos aux deux hommes et reprit sa route. Il se mordait la lèvre tout en avançant, il avait juré et ferait ce qu'il avait juré de faire, accomplir sa mission. Malgré la présence de deux guerriers derrière eux le groupe n'était toujours pas sauf. Des chevaucheurs de loup leur bloquer toujours la route, des cri se faisaient entendre dans tous les sens, il leur fallait aller vite. A l'avant du groupe Sharpe hurla, il connaissait un endroit ou aller, puis il se jeta dans le combat. A l'arrière Adaes dégaina tout en grimaçant.

« Alors allons-y, nous devons quitter ce ravin, ou nous finirons en bas ! Visez la tête ! »

Adaes éperonna son destrier et avança à son tour sur son cheval, son bras était fébrile et il peinait à manier son arme comme il le voulait, mais hélas il n'avait guère plus de choix que ça. Un chevaucheur arriva à sa hauteur, les deux lames s'entrechoquèrent, le bras fébrile du maître d'arme manquant de lâcher à chaque échange de coup. Il le tint plus à distance qu'il ne combattait pour tuer. Avec seulement un bras blessé pour combattre il ne pouvait que se défendre. Il avançait tant bien que mal en retenant les coups.
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Lithildren Valbeön
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Dim 2 Oct 2016 - 13:38

Aucun homme ne peut savoir ce que ça fait. D'être près de la mort, à deux doigts. Au bord de ce gouffre immense et avide de nouvelles âmes. Pas même le chasseur Taness Œil-Vif. Nroc, lui, n'en était pas loin. La jeune et belle guérisseuse prenait bien soin de lui. Il serait un jour sur pieds, mais quand ? Elendüril avait l'esprit brisé, traumatisé par des images horribles fonctionnant comme un manège. Adaes Thiemond gisait, blessé, contre le mur. Il adressait parfois un regard alentours puis se reposait contre ce mur. Un soutien moral et physique au vu de sa blessure. Le moral était bas. Trop bas. Pour avoir été soldat jadis, Taness savait que le moral bas n'était pas bon du tout pour les militaires. Les hommes faisaient des cauchemars, hantés par les images de la veille ou par les visages affreux des ennemis assoiffés de sang et de violence.

Le départ sonna à la fois comme une délivrance de cet endroit mais aussi comme le marteau s'abattant sur un bras coincé dans un étau. Taness savait que dans ces terres désolées, il ne pourrait plus chasser. Plus comme avant. Son épaule le gênait pour bander son arc, il avait essayé une fois en selle. Cela l'angoissait. Les doutes étaient immenses quant à leur destination réelle, leurs chances de survie. Adaes et Taness ne pouvaient plus se battre. Plus vraiment. Deux infirmes parmi des découragés. Leur mission semblait déjà vouée à l'échec. Le chasseur arnorien déprimait. Son orgueil était blessé, tout comme son désir de loyauté. D'une part, la mission échouée ne lui apporterait rien. Ensuite, il ne serait vu que comme un des acteurs de la déchéance, de la défaite. Cela, il ne pouvait le supporter.

- - -
Le chemin semblait interminable. Envoyé en éclaireur avec Njall, il rapporta au Tribun la présence d'un gué. Forlong traversa en premier. Adaes traversa en second, puis Njall, Taness et Davron. Le cheval de ce dernier glissa et le courant manqua de l'emporter au loin. Taness et Njall, les plus près du jeune homme en difficultés, l'aidèrent. La traversée se termina avec un noble se confondant en excuses discrètes, un chasseur trempé et gelé et enfin Njall.

Comme si cela ne suffisait, ils étaient désormais poursuivis par des Gobelins. Une cohorte entière à leurs trousses. Avec Sharpe, Taness lança sa monture sur le chemin escarpé qui se défilait devant leurs yeux. Le chasseur ignorait qui suivait derrière, mais il n'avait pas le cœur à prendre son arc. Le chemin était déjà assez escarpé ainsi, il devait maintenir le contrôle sur sa monture. Le vent faillit le faire basculer, puis vint l'éclair qui fit hésiter sa monture et enfin la pluie s'abattit. Le jour gris s'était changé en jour infernal. Les Gobelins apprécient particulièrement ces temps-là. Un hennissement et un bruit se firent entendre. Taness se retourna et à travers le rideau de pluie, il vit Elendüril au sol et Forlong se précipitant sur lui. L'ordre fatal fut lancé. Taness n'en croyait pas ses oreilles ni ses yeux. Elendüril et Forlong se sacrifiaient pour la mission. Adaes pressa Sharpe et Taness pour avancer, alors qu'ils bloquaient le chemin. Sharpe cria alors, dégainant son épée, qu'il connaissait un lieu sauf. Il n'aurait pas pu le dire avant ?! Taness prit son arc et une flèche, lança son destrier à la suite de celui du jeune homme.

Taness regarda autour de lui, sa vision de borgne étant brutalement handicapante. Il ne vit pas arriver le loup blanc sur sa droite qui se jeta sur lui. Le chasseur bascula de cheval alors que ce dernier ruait en bondissant vers l'avant. Taness donna un coup d'arc dans la tête du loup blanc mais le coup fut ridicule. Se jetant sur lui, Taness lui mit l'arc dans la gueule. La pièce de bois se brisa comme une brindille dans les mâchoires puissantes de la bête. Il fut miraculeusement sauvé par Sharpe qui planta son épée dans la tête de la bête avant de tuer son cavalier. Le chasseur se mit à haleter, paniqué. Il s'éloigna rapidement du loup blanc qui avait manqué de le manger tout cru. Le chasseur se redressa. Il tenait encore sa flèche dans une main crispée. Un des chevaucheurs avait un arc, lui. Et il était mort. Le chasseur prit l'arc de fortune et y mit sa flèche. Il tenta de bander l'arc mais son épaule le fit souffrir. Il mit l'arc à l'horizontal et tira rapidement sa flèche qui se logea dans le pied d'un gobelin-cavalier. Celui, furieux, s'avança vers Taness. Il prit l'épée d'un chevaucheur mort. Le loup blanc se jeta sur le chasseur à l'épaule désormais inutilisable à cause de la douleur lancinante, mais par chance glissa sur le sol trempé. Taness utilisa cet instant court pour planter l'épée dans l’œil du loup blanc. Puis il fut à la merci du gobelin.

Le chasseur se mit à genoux, résigné à mourir. Son épaule blessé s'était rouverte et saignait, provoquant une vive douleur. Taness avait eu de la chance, mais désormais, il n'était plus certain d'en avoir. Il repensa à sa vie qui se mit à défiler devant ses yeux, comme des mirages. Il attendait le coup fatal.
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Elendüril
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Lun 3 Oct 2016 - 20:08
Alors qu’Elendüril était pris dans ses pensées voilà que le vétéran a l’épaule blessée vint à s’asseoir et lui parlé alors qu’auparavant il l’avait envoyé sur les roses. Encore sur les nerfs, il voulait esquiver la compagnie de l’archer mais celui-ci apposa sa main sur l’épaule du jeune homme et commença à parler :

« - Je vous suis reconnaissant de m'avoir aidé. Mine de rien, vous m'avez sauvé de la folie en m'éloignant de cette brume. Essayez de voir cela : vous avez sauvé la vie d'un homme, même si un autre a périt. C'est le risque, et c'est un risque que nous avons choisit délibérément de prendre, tous autant que nous sommes. Personne n'ait jamais préparé à la mort. A l'armée, on nous parle de sacrifice, d'honneur, de courage, et l'on nous dit qu'entre sauver une vie et la reprendre, il vaut mieux la sauver sauf si elle est condamnée. Beaucoup, en voyant la mort sous leurs yeux, prennent la fuite. Mais dites-vous une chose, Elendüril : vous avez tenu bon. Vous n'avez pas tourné les talons malgré l'horreur qui se déroulait sous vos yeux, et sous les miens. Vous êtes resté – que ce soit pour moi ou pour une autre raison – et vous avez fait preuve d'un courage que peu de gens auraient trouvé en eux. Je vous dois la vie sauve, grâce à votre bravoure, même si vous ne la voyez pas. »

Les deux hommes échangèrent un regard lourd de sens puis Taness détourna le regard en direction du sol avant de continuer :

« Libre à vous de prendre ou de laisser mes paroles, mais sauver la vie d'un homme est plus important que laisser un homme se sacrifier. Cet homme au Galgal... Il a donné sa vie en échange de la liberté. Il était... prisonnier d'une force ou d'un maléfice et au terme de sa vie, il a préféré se donner la mort plutôt qu'en tuer deux. Il a fait preuve de courage et son sacrifice doit nous permettre de retrouver ses camarades disparus. Si vous avez besoin de moi, vous pouvez compter sur moi. »

Taness resta assis sans mot dire. Elendüril ne savait pas comment prendre cette soudaine bonté mais une chose était sûre : cela été fait dans un intérêt mais à savoir lequel il n’aurait jamais pu le deviner.  Il prit la parole à cette oreille qui semblait vouloir bien l’écouter :

« C’est juste que … Je ne voyais pas la mort comme quelques chose d’aussi brutale. Je ne pensais jamais voir un homme se donnait la mort … il marqua une pause pendant laquelle les larmes coulèrent sur son visage.  Je comprends mieux le regard des vétérans en parlant des combats que la beauté des récits n’est que poudres aux yeux pour le peuple afin de maintenir une raison d’avancer alors que ceux qui la vivent en ont un tout autre regard. »

Le rôdeur resta silencieux un moment. Forlong demanda à Sharpe de s’occuper du feu dans la cheminée. Puis de distribuer à manger et un peu d’alcool. Le jeune dunadan suite aux récent événements ainsi que la fatigue ressenti les effets de l’alcool plus qu’il ne l’aurait fait en temps normal. Le jeune homme alla se coucher car la fatigue se fit ressentir. Il passa une mauvaise nuit car même si l’alcool le coucha ses effets ne se firent pas sentir éternellement, et le suicide du soldat revint le hanter dans son sommeil. Il se réveilla en sursaut, en sueur, apeurés car dans son cauchemar il ne voyait plus le soldat presque inconnu mais il se voyait, lui plantant encore et encore. Le souffle encore rapide alors qu’il tentait de se calmer. Il vit la porte de la grange s’ouvrir et la fraîcheur entra.

Il vit le tribun porter Crowken. Il semblait être inconscient. Que lui était-il arrivé ? Lui cet homme mystérieux que beaucoup de personnes préfèrent éviter et qui pourtant sauve la vie des arnoriens. Tel était leur quotidien, identique à celui des rôdeurs protégeant la Comté. Mais c’étaient surtout des hommes d’une force de volonté énorme et des guerriers redoutables alors voir ce chasseur d’esprit si mal en point ne faisait qu’inquiéter le jeune rôdeur. La mission, il se savait, était dangereuse mais jamais, au grand jamais il aurait imaginé qu’elle le fût autant. La question qui le terrifiait fut sans doute : qui sera le prochain ?

Il essaya de penser à autre chose car le moment n’était pas venu pour s’apitoyer et laisser la faiblesse prendre possession de son corps. Mais cela reste quelque chose de plus facile à dire qu’à faire. Il le faisait mais les terribles images revenaient constamment à la charge.
Le lendemain, le capitaine ordonna le départ du village pour aller enquêter plus en avant dans les terres sauvages. Elendüril ne comprenait pas pourquoi apres le choc qu’ils venaient d’encaisser ils repartaient aussi vite mais il n’y réfléchit pas trop car il n’avait pas la tete à le faire et surtout qu’il faisait confiance au vétéran. S’il avait jugé bon de partir ce n’était pas sans raison. Le premier jour ils avancèrent sans encombre. Le camps se fit relativement tôt afin de pouvoir le dresser dans la rassurante clarté du jour avant que les ténèbres de la nuit les enveloppèrent. Une fois le camps levé, Forlong leur apprit une passe d’arme qui disait qu’elle était risquée de tenter face à un fin bretteur mais que la plupart de leur opposant ne le seront jamais.

La malchance resta avec eux, le temps couvert permettait aux gobelins de glissaient hors des cavernes pour fouler le royaume normalement baignée par la lumière du soleil, ce précieux alliés face aux orcs. Mais rien d’insurmontable pour le moment pour le petit groupe. La montagne solitaire était de l’autre côté de la rivière, devant eux se profilait ce qui ressemblait à un pont. Le tribun préféra continuer par l’abri que pouvait apporter les arbres et surement de traversé à gué pour éviter tout embuscade de la part des peau-verte.

Environ deux heure plus tard, Njall et Taness furent envoyé en éclaireur, à leur retour ils annoncèrent la proximité d’un gué. Forlong le traversa en premier. Il devait surement être l’un des plus habitués à ce genre d’exercices qui ici doit être impérativement réussi sous peine d’être lourdement sanctionné par l’implacabilité de la nature. Ce qui arriva à Davron qui a eu la chance que Njall et Taness réussirent à le sortir de l’eau, évitant ainsi la noyade.
Maintenant ils étaient arrivés au défilé que leur avait indiqué le chef du village. Les chasseurs ouvraient la voie tandis que Forlong et Elendüril la fermaient. Plus loin dans le défilé, les éléments se déchainèrent une grande bourrasque de vent poussa suivi d’une forte pluie et du tonnerre. Le cheval d’Elendüril prit peur et s’emballa. Il tomba et fit chuté le jeune rôdeur qui dans sa chute se tordit la cheville. Le tribun sauta de son cheval sachant qu’il ne pourra pas sauver le jeune homme autant permettre aux restant du groupe de continuer tout en emmenant autant que possible de ces infâmes créatures dans les plus profondes ténèbres de la création. Le vétéran ordonna au restant du groupe de continuer sans se retourner en leur rappelant leur serment qu’ils avaient fait il y a plusieurs jours maintenant.

Le vétéran releva le novice, les gobelins étaient assez proche pour que les deux hommes puissent voir leurs silhouettes se détacher de l’horizon. Le vieux sortit son épée elfique qui s’était enflammé d’une teinte bleue comme si elle désirait les anéantir. Le jeune voyait sa mort imminente mais le fait que leur leader fut resté avec lui le galvanisa. Malgré la douleur il serra les dents, dégaina Honneur, son épée à deux mains. Le Loup Blanc apposa sa main sur l’épaule du jeune dunadan et dit :

« Êtes-vous prêt pour une dernière épreuve ensemble, soldat ? »

Le jeune homme lui répondit :

« Peu importe ce qui va nous arriver, ils ne passeront pas ! »  

Juste avant le choc avec la première ligne gobeline il lança un puissant cri avant d’entamer cette macabre chorégraphie qu’exige la bataille.
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Ryad Assad
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Dim 22 Jan 2017 - 22:43
HRP : Sorry pour le retard Elen ! Je débloque le RP pour Elen étant donné qu'il a été séparé du groupe, mais n'hésitez pas à contacter Forlong de votre côté pour voir ce qu'il en est et faire avancer les choses /HRP

________


- Courez, courez !

La main de Forlong appuya puissamment sur le dos d'Elendüril pour l'encourager à continuer, sans savoir exactement où ils se dirigeaient. Leur univers s'était réduit à leurs pas qui glissaient sur les graviers humides, à leurs mains gantées qui s'accrochaient aux rochers acérés pour ne pas tomber, et à leur souffle irrégulier qui étouffait presque tout autre son. Les cascades d'eau qui s'écrasaient sur leurs cuirasses bien trop lourdes rendaient leur progression pénible, limitaient leur champ de vision, et transformaient chaque nouvelle aspérité en un piège mortel. Pour ne rien arranger, le ciel s'était paré d'obscurs motifs et d'étranges fresques qui leur cachaient la lumière du soleil, laquelle était la seule à pouvoir congédier la menace qui grognait sur leurs talons. Ils n'étaient pas au bout de leurs peines, car leur course effrénée et désespérée les avait menés vers un passage escarpé qui montait en pente de plus en plus raide entre d'immenses blocs de pierre.

- Allez, ne vous arrêtez pas !

La voix de Forlong était pressante, car les Gobelins plus agiles gagnaient du terrain. Les deux guerriers s'étaient battus comme de beaux diables, mais ils n'auraient jamais pu se débarrasser de toute la horde qui s'était lancée à leur poursuite. Derrière eux, combien de corps gisaient dans la nuit, la gorge ouverte vomissant un sang noirâtre ? Pas assez, hélas, pour leur garantir la paix.

Un éclair déchira le ciel, comme une flèche d'argent soudainement descendue des nuées pour rugir sa colère sur le monde. Les hommes en profitèrent pour prendre un peu d'avance sur leurs poursuivants qui, temporairement aveuglés, avaient dû marquer un temps d'arrêt. Ce n'était qu'un maigre coup de pouce des Valar, mais s'il leur permettait de grappiller quelques secondes supplémentaires, il était bon à prendre. Alors que Forlong continuait à pousser son compagnon d'armes, son pied dérapa malencontreusement sur une poignée de petits rochers instables. Il trébucha lourdement, et l'espace d'un bref instant son choix fut réduit à deux options : perdre l'équilibre pour tomber dans les ténèbres qui les talonnaient furieusement, ou bien tenter de se raccrocher à ce qu'il pouvait en abandonnant son bien le plus précieux. La raison l'emporta sur l'émotion. L'instinct de survie, puissante mécanique broyeuse de souvenirs et d'émotions, avait oblitéré purement et simplement la symbolique de cette lame, cette amie d'acier qui avait servi Forlong fidèlement et qui n'avait cessé de luire d'une lumière bleutées depuis que leurs ennemis avaient surgi.

Lunerill sombra, et Forlong émergea.

Trempé, épuisé, mais toujours campé sur ses deux jambes, il s'était raccroché au bras d'Elendüril le rôdeur. Ils échangèrent un regard lourd de sens, comprenant que leurs chances de victoire venaient de s'évanouir purement et simplement. La lame rebondit avec un tintement curieusement audible dans le vacarme des éléments déchaînés, avant d'être avalée par les ombres goulues qui se rapprochaient inexorablement. Les deux hommes reprirent alors leur course effrénée, soudainement plus légers mais le cœur plus lourd. Ils bifurquèrent soudainement, et sans s'en rendre compte se glissèrent dans une des nombreuses cavités qu'abritait la montagne. Leurs pieds cessèrent de fouler les graviers traîtres pour se poser sur des branches qui craquèrent sous leurs bottes. Les restes de nids que des oiseaux de grande taille devaient concevoir pour s'abriter de la pluie et du vent. La cavité était de belle taille, suffisamment grande pour que les deux combattants pussent se tenir debout.

Ils auraient pu vouloir avancer, mais les tréfonds de ce passage demeuraient insondables, et il n'était pas question de s'aventurer plus avant dans l'inconnu. De toute façon, ils étaient anéantis physiquement, leurs muscles étaient tétanisés par l'effort surhumain qu'ils venaient de produire. Ils n'avaient ni la force ni le courage d'affronter cette nouvelle épreuve. Forlong inspira profondément, et observa autour de lui à la recherche de quelque chose, n'importe quoi qui lui permettrait de se battre. Il ne trouva rien d'utile, et se rabattit en désespoir de cause sur son poignard. Une arme dérisoire face aux épées et aux lances que brandissaient les Gobelins. Elendüril, quant à lui, tomberait l'épée à la main.

- C'est ici que notre chemin s'arrête, j'en ai bien peur… Lâcha le Tribun laconique.

Il aurait voulu pouvoir en dire davantage, pouvoir trouver les mots exacts que l'histoire coucherait sur le papier à jamais. Les derniers mots d'un personnage qu'il s'était toujours efforcé de mener sur le droit chemin d'une vie trop souvent chaotique. Le Loup Blanc… Était-ce ainsi qu'il avait rêvé sa mort ? Désarmé ou presque, trempé jusqu'au os comme un mendiant, acculé dans une galerie sombre, faisant face à une petite armée avec pour seul compagnon un rôdeur envoyé lui aussi dans une mission suicide ?

Peut-être bien…

- Elendüril. Ça a été un honneur.

C'était déjà mieux.

Il y eut soudainement un cri, et puis le premier Gobelin se présenta dans l'ouverture, hululant un drôle de cri de guerre. Forlong n'hésita pas, et il se jeta sur son adversaire sans crainte, ceinturant la créature pour mieux la jeter à terre et faire jouer son gabarit. Si le rôdeur songea un seul instant à l'aider, il se rendit rapidement compte qu'il ne pourrait rien faire pour le guerrier aux cheveux blancs. Deux ennemis venaient de bondir sur lui, dont l'un brandissait une lance aiguisée qui lui permettait de faire valoir une allonge supérieure. Fort heureusement, l'entrée de la cavité était assez étroite, et il ne serait pas possible au reste de la troupe gobeline de pénétrer à l'intérieur si quelqu'un bloquait le passage. C'était peut-être leur seul espoir.

Celui d'emporter autant d'adversaires que possible avant de succomber héroïquement.

Leur ultime bataille.


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Lun 23 Jan 2017 - 22:46
Les deux hommes se battirent comme de beau diables. Malgré que sa chevilles fut endolorie Elen ne ressentait aucune douleur à cause de la décharge d’adrénaline et d’endorphine mais il ressentait quand même une gêne au niveau de son appui sur sa jambe. Bien que les gobelins furent en surnombre, les deux arnoriens les abattaient sans grande difficulté. Mais les deux hommes s’épuisaient à cette tâche ce qui faisait gagner du temps au reste de l’expédition mais si leur désir était de leur donner un maximum de temps il fallait qu’il changèrent de lieu ou se battre afin de réduire le désavantage qu’ils subissaient.

Forlong hurla de courir à Elen tout en le poussant dans le dos afin de lui signifiait de ne pas s’arrêter. Le terrain avec la pluie est devenu extrêmement glissant et nombreuse furent les fois où les mains gantées se raccrochèrent aux rochers prêt à mordre la moindre chaire qui se présenterait sans protection, Pour ne rien arranger à leur malheurs le chemin monter de plus en plus. Forlong encouragea Elendüril a ne pas s’arrêter mais Elen ne comprit rien à ce qu’avait dit son capitaine tellement préoccupé à ne pas tomber et le bruit de sa respiration l’empêchait d’entendre bien des sons.

Les gobelins, ces êtres bien plus agiles que les deux humains, gagnaient du terrain sur leur cibles. Bien que les soldat arnoriens en firent tomber sur le champs de bataille, il en restait encore trop pour qu’il tentèrent un face à face. Le moment présent devint critique et là, heureux hasard ou coup de pouce des valar, un éclair pourfendit en deux le ciel, aveuglant les créatures du serviteur du Mal. Ce n’était que peu de chose mais cela leur permit de reprendre un temps soit peu de l’avance sur leurs assaillants.

Elendüril continua d’avancer sur le chemin étroit et escarpé suivi de près par le vétéran. Quand celui dérapa perdant l’équilibre. Sa réaction fût de lâcher son épée elfique afin de sauvé sa vie. Etaient ils tous deux à ne vivre qu’un temps ensemble comme l’Unique avec Gollum ? Personne ne pourrait le dire, même parmi les plus sages des sages chez les Belles Gens. Le vétéran se accrocha au bras du jeune homme et ce dernier grimaça car ses membres commençait à lui faire mal. Ils échangèrent un regard qui en dit plus long qu’un long discours. La perte de l’épée venait de mettre à mal leur maigre chance survie.

Ils continuèrent leur chemin et finirent par arriver dans l’un des nombreux abris que propose la montagne, à ce moment précis le sol devint ferme. Au moins s’il devait se battre ici le terrain ne sera pas contre eux. Elen entendit le son de branches sèches craquaient sous son poids et se rendit vite compte qu’ils étaient dans quelque chose ressemblant à un nid d’oiseau géant, Elen se demanda si les histoires qu’on lui contait enfant à propos des Grands Aigles étaient véritables mais apparemment elles l’étaient.

Forlong semblait chercher quelque chose qui ne semblait pas trouver et il sorti son poignard, les gobelins se rapprochaient. Un poignard une arme pour commettre un crime quand on connaît la personne et que vous êtes sûr de lui ôter la vie mais dans le combat avec les gobelins cela devenait une arme dérisoire à la vue de leur état, la fatigue physique et musculaire n’allait pas les aider dans leur tâche.

Elen resta silencieux tentant de récupérer autant que possible, le vétéran tenta de trouver des mot de circonstance mais il peinait. Dans la tête d’Elen, la fatigue occultait la peur à moins qu’il avait accepté son sort et qu’il ne craignait pas d’aller à la rencontre de Mandos tout en emmenant autant que possible ces immondes créatures.

Un premier cri précéda le premier gobelin sur lequel fondit le vétéran, Elen n’eut pas le temps de prendre la décision que deux de ces immondes créations dont l’un avait une lance et donc voyait son allonge augmentée. Elen réussi à tuer celui qui porter une épée sur un coup de chance en parant la lance du gobelin qui finit par se planter dans le cou de son ennemi maintenant restait le tour du lancier et là ce ne sera pas la même chanson...
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Ryad Assad
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Mer 25 Jan 2017 - 13:25
Était-ce la fatigue qui rendait ce Gobelin si difficile à tuer ? Ou bien était-il simplement plus costaud que ses compagnons ? La réponse était impossible à trouver dans ces circonstances, car Elendüril s'épuisait à parer les coups incessants qui pleuvaient sur lui. Un à droite, un en haut, le troisième vers la jambe. Une feinte, une esquive, et puis il revenait à la charge avec un cri suraigu. S'il n'avait pas porté une arme mortelle, il aurait presque été ridicule avec ses grands yeux globuleux ouverts pour capter le moindre rayon du clair de lune, et sa langue dépassant stupidement de sa bouche. Pourtant, en cet instant, il représentait le plus grand défi du monde pour l'homme qui lui faisait face, et qui était incapable de prendre l'avantage. Le lancier était bien plus rapide que l'on pouvait le supposer en le voyant au premier abord, et sans doute un peu plus intelligent aussi. Il avait prudemment choisi de ne pas se jeter à corps perdu dans l'affrontement, bien conscient que même blessé, un soldat d'Arnor représentait encore un formidable adversaire. Au lieu de quoi, il profitait de sa petite taille et de son agilité pour harceler le lourd rôdeur, qui peinait à tenir sur ses deux jambes. Le fer usé filait comme une flèche, se glissait sous une garde imparfaite, et venait prélever son dû à chaque fois qu'il entaillait la chair. La furie de la petite créature était impossible à arrêter, et seule la présence de l'épée dans son champ de vision la décourageait de laisser libre court à ses pulsions meurtrières.

A nouveau, il esquiva une riposte de l'Arnorien, laquelle manqua largement sa cible. Chaque coup dans le vide était presque plus frustrant encore que de devoir se défendre contre les assauts dangereux mais malhabiles. Autant d'énergie gaspillée, autant de forces jetées dans le vide, sans pouvoir savourer le plaisir de sentir le crâne adverse se fendre sous une estocade létale. Psychologiquement, se battre comme une ombre intouchable était éreintant. Les représailles ne se firent pas attendre, et la hampe la lance vint s'abattre sur la mâchoire du rôdeur qui ne s'y attendait pas. Le coup était si puissant que Elendüril recula de plusieurs mètres. Ce faisant, il laissa béante l'ouverture de leur petit abri de fortune, et de nouveaux Gobelins pénétrèrent à l'intérieur, emplissant l'air de leur puanteur et de leurs immondes cris de guerre.

Le temps semblait se dilater dans le feu de la bataille, et en une fraction de secondes, le rôdeur se retrouva cerné de toutes parts. Alors qu'il allait porter un coup fatal au lancier, des doigts griffus surgirent et s'emparèrent de son bras pour le retenir. Un monstre se jeta sur sa jambe et planta des crocs sales et jaunis dans ses chausses, mordant indifféremment le cuir, le tissu et la chair. Le goût du sang sembla exciter la créature qui, se comportant comme un chien de chasse ayant refermé ses mâchoires sur le jarret d'un puissant chevreuil, refusait se lâcher prise malgré les coups et les ruades. Une autre se jeta sur le dos du guerrier, tirant sa tête en arrière pour exposer sa gorge, laissant de longs sillons sanguins sur la trajectoire de ces ongles qui cherchaient désespérément une prise où s'accrocher. Pendant ce temps, un autre s'était jeté sur le torse du guerrier, le rouant de coups vicieux, dans le visage et le ventre, pour le jeter à terre.

Et au milieu de cette déferlante, Elendüril n'avait que son bras gauche, désarmé, pour essayer de repousser cette vague de douleur et de hurlements qui s'abattait sur lui. Il ressemblait, de loin, à un naufragé en train de lutter désespérément contre les flots déterminés à l'entraîner par le fond. Et ces flots dotés d'une volonté propre, animés par une noirceur infinie qui seule donnait un sens à leur vie, riaient comme des esprits frappeurs surgis des profondeurs de la terre. Ils riaient aux éclats, animés d'une joie indescriptible, tandis que les hurlements de souffrance de leurs victimes résonnaient à leurs oreilles tendues.

Un peu plus loin, il y eut soudainement un bruit sourd, et un cri victorieux qui se répercuta en écho. Le Tribun était tombé. Seul et désarmé face à une marée aussi hostile, il n'avait pu que sombrer vaillamment, et désormais ses bourreaux se jetaient sur lui pour l'ensevelir sous leurs corps décharnés. Les Valar seuls savaient quelles atrocités on ferait subir à son corps, et il n'était plus qu'à espérer que la Mort viendrait le cueillir rapidement.

Elendüril ne pouvait pas l'aider à en finir.

Il avait ses propres problèmes à gérer, et les Gobelins qui continuaient de l'assaillir comme une meute de Wargs s'étaient désormais munis de pierres qu'ils entendaient frapper furieusement contre son crâne dans l'espoir de le fracturer. D'autres s'étaient regroupés derrière ses jambes pour le faire basculer, essayant d'éviter de se faire piétiner par les mouvements erratiques du guerrier. L'un d'entre eux, par une chance malheureuse, frappa la cheville déjà affaiblie du rôdeur. La lutte était terriblement inégale, mais si en plus ils frappaient là où Elendüril était vulnérable…

La horde n'aurait de cesse de le mettre à terre, et ils se massaient toujours plus nombreux autour de lui à l'instar d'une nuée d'abeilles vengeresses. Hélas, si quiconque aurait pu prédire que le rôdeur finirait par chuter, qui pouvait dire avec certitude ce qu'il adviendrait de lui une fois qu'il aurait basculé ?


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Mar 14 Fév 2017 - 0:18
Les yeux jaunes et globuleux du gobelin qui, malgré sa petite taille, dominait sur le chasseur agenouillé, étaient remplis d’une haine terrifiante. Etait-ce la mort de son compagnon loup qui l’avait tant affecté, ou bien s’agissait-il d’une malveillance plus profonde, plantée dans les cœurs de tous les représentants de cette race par Melkor ? Des interrogations futiles, qui n’avaient que peu d’importance pour Taness alors qu’il s’apprêtait à périr par la lame noire de son adversaire. Mais le coup de grâce ne vint jamais, et la haine dans le regard de la créature fut remplacée par la surprise lorsque Crowken l’égorgea d’un geste brutal. Il poussa le cadavre dans le ravin qui s’étendait d’un côté du chemin rocailleux, puis tira Taness vers le haut par le col.
-Réveille-toi soldat, la mission n’est pas finie- grogna-t-il.

Les minutes ou heures qui s’ensuivirent ressemblèrent à un cauchemar surréaliste. Aveuglés par la pluie torride, les hommes suivaient Sharpe, s’attendant à tout moment à ce qu’un de leurs chevaux glisse et chute dans le ravin, ou qu’une flèche noire vienne se planter dans leur dos.  Lorsque le déluge s’arrêta enfin, ils furent soulagés de voir que les ennemis avaient abandonné la course-poursuite. Ils étaient tous-là : Adaes le maître d’armes, Njall le Lossoth, Tanness le chasseur, Davron le noble, Crowken le chasseur d’esprits ainsi que Sharpe, le vétéran. Tous, sauf Elendüril et Forlong dont le sacrifice en partie involontaire avait permis au petit groupe dirigé par le baron Adaes Thiemond de poursuivre sa mission.

Les hommes tremblaient tous, même ceux qui étaient le plus habitués au froid mordant du Nord. La chute d’adrénaline après le combat, le choc de la perte de leurs compagnons ainsi que la pluie glacée n’avaient laissé personne indifférent. Le chemin montagnard qu’ils avaient traversé débouchait dans une vallée qui semblait partiellement abritée des intempéries par les montagnes qui l’entouraient. Sharpe, dont les lèvres avaient pris une teinte bleutée, pointa du doigt dans la direction d’un objet qui se dressait à quelques centaines des pas plus loin. Lorsqu’ils s’en approchèrent, ils purent distinguer trois pieux en bois sur lesquels des têtes des gobelins étaient empalées. Crowken examina l’artéfact étrange avec une certaine dose de curiosité puis cracha, sa salive atterrissant dans l’orbite oculaire d’un des crânes.
-Il semblerait que les peaux-vertes que l’on a croisé ne sont pas les bienvenues ici…reste à savoir si celui qui a planté cet avertissement serait plus enclin à accueillir des soldats d’Arnor. Il pourrait très bien s’agir d’une tribu gobeline rivale…dans quel cas nos têtes ne tarderont pas à faire partie du décor.

Ce fut Sharpe qui répondit, d’une voix tendue, en posant la main sur le pommeau de son épée :

-Tu te trompes, Crowken, à moins que les gobelins aient appris à monter à cheval…

Les autres voyageurs se tournèrent dans la direction que fixait le vétéran ; une dizaine de cavaliers s’approchait à vive allure. Des survivants du régiment perdu ? Des brigands ? Des déserteurs ? Des marchands ambulants ? Rien n’était certain sur ces terres sauvages…
Bientôt, les deux groupes se retrouvèrent face à face. Les cavaliers n’étaient très certainement pas des marchands ambulants, ni des gobelins d’ailleurs. Barbus et musclés, ils étaient vêtus de cottes de maille, des boucliers ronds pendus dans le dos. Certains brandissaient des haches, d’autres des lances larges. Des armes peu élégantes, des véritables outils de violence. Leurs chevaux étaient trapus, et seraient sans doute l’objet des moqueries des chevaliers à la cour d’Annuminas. Mais Adaes et ses compagnons étaient loin de la capitale, et les huit guerriers qui leur faisaient face ne semblaient pas être des amateurs de plaisanterie. Un d’eux, dont la barbe était parsemée de mèches blanches, et qui tenait une lance ornée d’un étendard représentant trois têtes de sanglier, leur demanda :

-Qui êtes-vous, et que venez-vous faire sur les terres du seigneur Ratibor ? Sachez, que ceux qui souillent la vallée en venant semer le chaos et la destruction subiront le même sort que les gobelins des Monts Brumeux.



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Adaes Thiemond
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Mer 15 Fév 2017 - 21:40
La route était difficile. Le temps était dur. Le moral était au plus bas dans le groupe. Le regard du Baron d'Isle-Grise se balada entre les hommes de l'expédition, certains avaient frôlés la mort, pour la première fois peut-être. Ils avaient vu deux camarades se sacrifiaient et certains pouvaient perdre leur moral avec cela, ne pas être prêt à continuer la mission après le sacrifice de camarades, alors que ce n'était que rendre vain leur sacrifice.

Malgré tout le vieux soldat ne dit mot. Son bras le faisait souffrir et les chocs entre les épées furent difficiles à tenir, le froid ambiant n'arrangea rien. Les vêtements chauds du Baron ne le protégeaient plus aussi loin au nord, son corps semblait se raidir un peu plus à chaque instant. Le souffle court du vieil homme lui rappelait sa dernière escapade loin au nord, celle durant laquelle il avait rencontré le lossoth avant de finir contre d'autres gobelins.

La pluie venait compléter le parfait ensemble, tandis qu'ils suivaient le rôdeur les hommes du Nord ne pouvaient qu'imaginer ce qui se cachait derrière le voile tombant du ciel. Ceci ne manquait pas de déclencher un frisson chez le vétéran, à chaque fois qu'il pensait avoir tout vu quelque chose venait le surprendre. Le vieux soldat n'avait pas, de mémoire, parcouru une terre aussi difficile avec une météo si dangereuse. Accroché comme il pouvait à son destrier Adaes manquait de chuter à chaque nouvelle bourrasque, la pluie rendait le sol glissant et s'engouffrait au plus profond des hommes, un climat comme celui-là était aussi dangereux que les poursuivants gobelins, voir même pire peut-être.

Mais finalement la pluie se calma, un maigre soulagement lorsque l'on observait l'état du petit groupe. Ils avaient perdu deux compagnons, dont le chef d'expédition. Certains n'étaient peut-être pas près à entendre la vérité, mais d'autres sans doute. Il ne leur fallait pas rester ici, qu'importe la difficulté de l'acte. Sharpe menait le groupe à travers les terres, le rôdeur montrait une utilité certaine dans ce combat contre la nature, la vallée dans laquelle ils atterrirent semblait leur offrir un minimum de protection, le minimum possible en soit.

Adaes ne dit mot, laissant le rôdeur devant guider le groupe, accompagné par le chasseur d'esprit, deux hommes habitués à la vie dans la nature, nul doute qu'ils allaient se montrer précieux dans la suite de cette mission. Tout en continuant le groupe tomba sur un objet inattendu, des têtes de gobelins empalés, des alliés ? Ou des ennemis ? Chacun semblait se poser la question. Si Crowken se demandait si ce n'était pas l’œuvre de gobelins rivaux Sharpe confirma que non, pointant des cavaliers en approche.

Le Baron fit bouger légèrement son cheval vers ceux arrivant, faisant signe de la main au rôdeur de rester calme, chacun était sur les nerfs mais le groupe était tout sauf prêt à un affrontement contre de nouveaux ennemis en pleine forme. Le Baron se plaça en avant du groupe tandis que les cavaliers arrivaient. Visiblement ils avaient à faire à des combattants, habitués des combats et équipés plus pour tuer que pour se pavaner comme nombre de nobles.

Ceux-ci prirent la parole, affirmant que le seigneur de ces terres était Ratibor, tout comme il affirmait qu'ils attaqueraient tous ceux ayant des intentions mauvaises, tout comme ce qu'ils avaient faits aux gobelins. Adaes tourna sa tête vers les piques, au moins étaient-ils ennemis des créatures au sang noir. Le Baron reporta son attention sur les cavaliers puis prit la parole.

« Nous ne sommes pas là pour causer chaos ou destruction, nous avons fuit une horde de gobelin, à travers la pluie la froid, jusqu'à arriver ici. Nous sommes à la recherche de frères perdus. Nos respects au seigneur Ratibor, néanmoins nous ignorons arriver sur les terres d'un seigneur. Pourrions-nous le rencontrer ? »


Adaes doutait fort que son interlocuteur accepte, mais l'état des arnoriens demandaient du repos ainsi que de la chaleur, rester dans ce froid et cette humidité ne mènerait qu'à la mort.
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Lithildren Valbeön
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Lun 27 Mar 2017 - 22:52
[HRP] : Un post court, mais j'ai pas su quoi mettre d'autre et il fallait bien que je poste un de ces quatre. Désolée du post ridiculement court... [/HRP]


Il faisait froid. Il faisait faim. La pluie battait violemment sur les habits de cuir et de toile du chasseur blessé. Il fixait le pommeau de sa selle, son cheval suivant machinalement Sharpe. L'Arnorien repensait à la tête du Gobelin qui tombait au sol, à sa course vers son cheval parti rejoindre Sharpe. Il s'en était tiré de justesse. Désormais, recroquevillé dans sa cape et sur sa selle, il se laissait balancer par le pas de son destrier.

Il en avait assez. Vraiment assez. Arc brisé, volonté pliée, corps mis à rude épreuve... Il ne savait même pas si à son retour il serait vivant ou assez "beau" pour aller dans les bordels de la capitale. Il voulait retourner là-bas, reprendre une vie normale... Mais seul, le retour serait un suicide pur et simple. Il voulait rester en vie encore assez longtemps pour sentir la chaleur d'une femme, entendre leurs cris de plaisir et sentir les palpitations cardiaques sous ses doigts, la peau douce et chaleureuse... Le retour à la glaçante réalité eut l'effet d'une douche froide.. et littéralement vu la situation et le ciel en larmes.

Les heures, les jours peut-être passèrent comme d'interminables secondes. Le déluge cesse enfin et le compte fut fait. Taness était si recroquevillé sur lui-même, le sang se mêlant à son habit trempé, qu'on le prendrait pour une boule d'habits sombres. Ça parlait, pas loin. Têtes coupées et empalées ? Quoi encore ? Il entendit avant de voir les cavaliers arriver. La terre mouillée, les clapotis... Il entendait et releva à peine la tête, serrant son épaule blessée comme l'on étrangle quelqu'un. Les terres d'un seigneur. Adaes parle. Lui, le chasseur, se tient dans l'ombre du Baron. Il ne bouge pas, ne parle pas, et tenter de ne pas penser relève de l'impossible. Il ne cessait de ressasser les images terrifiantes de la mort auxquelles il fut confronté depuis leur départ. Son corps, son âme et son cœur étaient brisés, piétinés par des hordes de Gobelins et éparpillés aux quatre vents.

L'on attendait que les cavaliers étrangers répondent à Adaes. Taness se plongea dans ses pensées. Il voulait un bon plat chaud, des vêtements secs, une épaule en bon état, un arc neuf et surtout, SURTOUT, du repos. Un repos bien mérité pour toutes ces batailles contre des fous furieux, des gobelins et maintenant la pluie. Enfin, même si la pluie avait cessé et que le ciel était couvert de nuages qui menaçaient d'imploser... Il n'en pouvait plus. Il pourrait dormir des jours s'il le pouvait ! La récompense féminine n'en serait que plus délicieuse. Il désirait la compagnie féminine et celle d'un bon lit. Les deux ensemble ne seraient pas de refus. Oh ça non. Penser à cela le réchauffait pendant qu'il gelait sur place...
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Elendüril
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Dim 2 Juil 2017 - 11:25
Elen était un combattant au dessus de la moyenne mais il lui restait le baptême du feu afin de vraiment savoir ce qu'il valait. La première échauffourée avec les gobelin se passa remarquablement bien mais le second affrontement ne fût pas la même partie de plaisir. La fatigue, physique et morale, commençait à peser. Et voilà qu'il se retrouva seul avec son capitaine à faire face à une armée de gobelin, dans le fol espoir de permettre au restant du groupe de s'enfuir et de connaître le destin du régiment perdu.

Le jeune homme ne cessa pas de parer les coups quand il avait de la chance et au pire de bloquer les coup en prenant le risque de se faire mordre par le fer froid et dur de la lance ennemie. Rare furent les gobelin à utiliser une lance et encore plus ceux qui furent aussi agile avec.

Elendüril riposta mais il fut trop prévisible et la misérable créatures l'esquiva. Toutes ces attaques ratées eurent le don d'agacer le rôdeur, qui ne supporta plus la vision de ce gobelin. Car il savait que chaque coup raté était autant d'énergie dépensée qui lui ferait défaut tôt ou tard. La contre-attaque du gobelin fût sans appel,  le manche vint s'abattre sur la mandibule de l'humain. Le choc fût terrible, l'homme étourdi recula afin d'éviter de se faire blesser plus qu'il ne le fût à ce moment-là.

Sa tête vibrait comme une cloche le fît quand le marteau venait à son encontre pour prévenir d'un danger proche. Le petite êtres noirs entrèrent en grand nombre dans la grotte. L'étranglement de la grotte n'était plus là pour réduire le désavantage. Le combat devint beaucoup plus ardu qu'il ne l'était auparavant.

Il réussit à retrouver son esprit après plusieurs longs moments. Pendant ce temps-là il fût encerclé par ses adversaires. Un coup de chance ou un moment de lucidité, nul ne saurait dire, il se trouva qu'Elen pût enfin parer et contre-attaquer de façon si violente que le glas s'apprêtait à sonner pour le lancier. Mais la seul sensation qu'il eût c'était son bras qui se faisait stopper et une douloureuse morsure au niveau de la jambe. Plusieurs gobelin se jetèrent sur lui afin d'en finir. Il lui sembla qu'il allait bientôt tomber mais il était décidé à en emporter autant qu'il le pourrait dans sa dernière chute.  

Il perdit son épée, il se retrouva seul et désarmé face à cette armée. Malheureusement pour lui, il avait beau se débattre tel le Diable qu'il n'arrivait pas à se défaire de ses ennemis. Quand dans son malheur, un vicieux coup arriva dans sa cheville. La douleur qu'il avait oublié fût réveillée tel le Balrog le fût, en Hadhodrond. Il ne pouvait plus gérer son équilibre incertains avec tous ces opposants. Le moment fatidique arriva et il tomba après avoir marché sur quelques créature à la peau noire.

Il tomba au sol, il se débattit comme il le pouvait mais ce fut la fin de son errance sur Arda. Sa volonté le poussa à prendre sa dague afin de continuer son combat. Aucun des gobelins ne vit la lame avant qu'elle ne s'enfonça dans la chair de l'un des leurs et en lui arrache un long cri de douleur. Dans la stupeur générale, Elen en profita pour en blesser plusieurs autres. Mais il ne fallut pas attendre longtemps pour qu'il fusse assommer.  

Dans toutes cette agitation, il avait compris que son chef était tombé mais il ne pouvait rien faire pour lui venir en aide,  mais maintenant qu'allait lui arriver, lui qui était à peine conscient et endolori partout où il pouvait encore ressentir la douleur. Il lui sembla qu'il fût emmené mais au final il ne savait pas s'il faisait un cauchemar ou si c'était la réalité.
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Forlong
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Mar 11 Juil 2017 - 1:12
[HRP : Elen', pour faciliter la chose, je vais créer un autre topic où on va continuer l'histoire de nos personnages, et je laisse celui-ci ouvert pour ceux qui ont échappé aux gobelins. HRP]

Le porte-étendard étudia le visage du Baron en fronçant ses sourcils poivre et sel, puis dit :

-Nous avons appris à nous méfier de la parole des voyageurs venus de loin. Sachez, que si vous cachez vos vraies intentions et si votre but est de piller ou de tuer, vous feriez mieux de rebrousser chemin tout de suite, car une hache bien tranchante sert de justicier à la cour du seigneur Ratibor.

L’homme se racla la gorge, avant de continuer :

-Il est vrai cependant que les Peaux Vertes semblaient bien agitées ces derniers jours. Nous avons entendu le grondement de leurs tambours de guerre, et vu une de leurs bandes sortir de la terre, puis se diriger vers la rivière. Si vous étiez leur cible, vous avez de la chance d’être toujours en vie.  La garde du Seigneur Ratibor protège la vallée, mais peu importe le nombre de gobelins décapités, on ne semble pas pouvoir les décimer. Les portes secrètes qui mènent vers leurs cavernes continuent à recracher des nouvelles hordes de ces créatures nuit après nuit. Les gobelins sont peut-être en voie de disparition loin au Sud et à l’Ouest d’ici, mais dans ces terres, ce sont les Hommes qui doivent combattre pour leur survie.

Le cavalier s’arrêta tout d’un coup, se rendant compte qu’il en disait peut-être trop face à ces étrangers dont il ne savait que très peu.

-Nous vous emmènerons jusqu’au seigneur Ratibor, mais pas sans quelques précautions supplémentaires. Je ne vous demanderai cependant pas de vous débarrasser de vos armes, car seul un fou traverserait ces terres à mains nues.

A la place de les désarmer, les guerriers barbus utilisèrent une longue corde pour relier les selles des chevaux de Taness, Adaes et de leurs compagnons, ce qui les obligeait à avancer lentement et près l’un de l’autre, tout en empêchant toute tentative éventuelle de charger sur leur escorte ou de s’enfuir au galop. Entourés par les huit cavaliers, les voyageurs se dirigèrent vers la demeure du mystérieux seigneur de la vallée.

Ils finirent par arriver devant une longue bâtisse en pierre et bois, entourée de quelques maisons plus petites et de bâtiments utilitaires. Pas de palissade ici, contrairement au village dans lequel ils avaient séjourné quelques jours auparavant. Les hommes du seigneur Ratibor semblaient déterminés à tenir les peaux vertes loin de leurs habitations, et leurs montures, bien que petites, leur donnaient un avantage tactique non-négligeable leur permettant de patrouiller la vallée et procéder
Ils furent accueillis aux portes du bâtiment par quelques autres guerriers lourdement armés. Ces derniers se joignirent à leur escorte et les guidèrent vers l’intérieur de la bâtisse. Des boucliers ronds étaient pendus sur les murs, accompagnés de quelques trophées de chasse. Une température agréable régnait dans la salle, un véritable plaisir pour les voyageurs encore trempés après le déluge qu’ils avaient subi quelques heures auparavant.

L’homme qui les attendait sur une chaise sculptée au fond de la salle était beaucoup moins imposant que son porte-étendard. Il avait sans doute plus de soixante-dix ans, ce qui était plusieurs décennies au-dessus de la durée moyenne de vie dans le Rhûdaur. Ses épaules encore larges trahissaient son passé de guerrier, mais ses yeux pâles ancrés dans son visage recouvert de rides étaient à moitié aveugles. Le seigneur Ratibor avait établi les frontières de son minuscule domaine en arrachant chaque pied de terre à la nature sauvage et aux gobelins. Aujourd’hui, il dépendait sur la force des bras de ses guerriers pour défendre ses frontières et assurer la survie de son petit peuple.

Le porte-étendard s’agenouilla devant son seigneur, et lui fit son rapport :

-Seigneur Ratibor, nous avons croisé ces six voyageurs aux frontières de la vallée. Ils disent qu’ils fuient une horde de gobelins, et souhaitaient obtenir une audience avec vous.

Le vieil homme se pencha en avant et plissa les yeux, en inspectant de près les voyageurs, puis prit à son tour la parole, le ton de sa voix dévoilant que malgré l’âge il avait gardé beaucoup de son intelligence et de son autorité :

-Les traits de visage, les armes, les tenues…vous êtes des hommes d’Arnor n’est-ce pas ? Sachez, que bien que nous ne sommes pas des ennemis du royaume, l’autorité du roi Irimon n’est pas reconnue dans cette vallée.

Le vieillard avait utilisé le nom du défunt père d’Aldarion, le frère ainé du Haut Roy Méphisto. S’agissait-il d’un trouble de mémoire, ou bien le temps s’était-il arrêté dans ces terres perdues ? Etait-il possible qu’aucune nouvelle des évènements géopolitiques en Terre du Milieu ne parvienne jusqu’ici depuis presque une décennie ?

-Cependant, votre apparition sur mes terres arrive à un étrange moment. Il y a une journée à peine, mes hommes m’ont fait parvenir les nouvelles d’un malheureux incident. Un fermier tué et trois vaches disparues. Bien sûr, on avait pensé qu’il s’agissait d’un raid gobelin. Mais les gobelins ne laissent pas de traces de sabots dans la terre, et leurs sabres courbés ne laissent pas de blessures aussi régulières dans la chair de leurs victimes. Non, messieurs, le crime avait été commis par des humains. Une de mes patrouilles finit par tomber sur un des assaillants, blessé et laissé pour mort par ses compagnons. Un jour plus tard, six Arnoriens armés sont interceptés par une autre patrouille…un simple hasard ? Nous verrons bien.

Après avoir prononcé ces dernières paroles quelque peu menaçantes, le seigneur fit un signe de la main à deux de ses hommes, qui disparurent dans un couloir sur le côté de la salle. Ils revinrent quelques instants plus tard, en portant un brancard primitif sur lequel se trouvait un homme pâle. Les bandages qui recouvraient son ventre et son torse ne suffisaient pas pour cacher la blessure qu’il avait subi ; cet homme avait dû recevoir un coup de fourche à foin dans l’abdomen au moment de s’attaquer au fermier. Il semblait conscient, bien que très faible. Lorsqu’il vit les voyageurs, ses yeux s’élargirent, et il s’écria d’une voix faible mélangeant crainte et haine, en pointant du doigt dans la direction de Crowken :

-Le chasseur, le chasseur.. !

Ce dernier resta bouche-bée un instant, ne s’attendant pas à une telle réaction, puis recula d’un pas en agrippant ses amulettes. Les hommes du seigneur Ratibor, confus par la situation, resserrent leur prise sur leurs armes ; il semblait qu’il y avait un lien entre l’assaillant blessé et le groupe de six voyageurs, ce qui ne jouait point en la faveur de ces derniers…



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