Bonnes manières et mauvaises moeurs

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Forlong
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Jeu 13 Aoû 2015 - 1:43

Artheyrn l'Affable, roi de Lossarnach et vassal du Haut Roy Méphisto descendit de son cheval puissant avec une certaine grâce, malgré son surpoids. Il était suivi par une poignée de dignitaires et membres de la cour, ainsi que quatre gardes trapus armés d'hallebardes.

Le roi fut accueilli à l'entrée des Caves d'Or par le maître des lieux en personne, Asthrabal le Bourgeois. Ce dernier s'inclina profondément devant le souverain, et dit:

-A quoi dois-je l'honneur de votre visite, mon roi?

-Il parait qu'il vous est arrivé un malheur, mon bon ami. Un bon seigneur ne laisse jamais les citoyens de son royaume seuls en détresse! Je viens donc vous voir afin de vous aider dans la mesure du possible.

Asthrabal s'inclina une fois de plus, et rétorqua:

-Votre bienveillance est sans limites, mon roi. Puis-je donc vous demander une audience privée dans le confort de ma demeure?

Le roi acquiesça, et suivit le Bourgeois à l'intérieur des Caves d'Or, en laissant ses compagnons et gardes dehors. Ces derniers échangeaient des regards avec les hommes du marchand, qui gardaient l'entrée de la bâtisse. Deux groupes de professionnels qui partageaient un respect mutuel, mais chacun convaincu qu'en cas d'une confrontation éventuelle, leur groupe ressortirait vainqueur.

***



-Qu'est ce qui t'arrive, Asthrabal?

Le roi, posé dans un fauteuil confortable dans le salon privé du marchand, regardait ce dernier marcher en rond dans la pièce.

-Dérobée! Ma chambre forte la mieux protégée, défendue par des portes naines, et soi disant les meilleurs gardes que l'argent peut acheter dans cette misérable campagne! Ils ont tout vidé, et je ne sais même pas comment, tu comprends?! Des objets que j'ai passé des années à rassembler, j'ai dépensé une fortune, et tout ça pour rien! Je les veux, tu comprends?! Je veux ces putains des voleurs, morts ou vivants, et je veux qu'on en fasse un exemple sanglant! Je veux que tout le monde se lance à leur recherche. Mes hommes, tes hommes, et tous les mercenaires du coin!  

Il n'y avait plus aucune trace de calme dans la voix d'Asthrabal, ni de respect envers le souverain, qu'il tutoyait à présent. Ce dernier fronça les sourcils, et répondit:

-Calme toi, Asthrabal. C'est en effet malheureux, même si je suis certain que tu es loin d'être ruiné. Mais chercher des voleurs d'artefacts ne fait pas partie des responsabilités de ma garde, pas quand il y a d'autres priorités, et quand la victime du vol a assez d'argent pour se payer sa propre armée. Je fermerai l'oeil à l'enquête menée par tes hommes, mais..

-Je crois que t'as oublié ta place, Artheyrn. Asthrabal l'interrompit, ses mots dégoulinant de venin. T'as peut-être le titre de roi et une couronne sur la tête, mais tu n'es qu'un petit seigneur local, sans pouvoir politique ni militaire. La seule source d'influence du Lossarnach est votre blé. Le blé que la Compagnie du Sud exporte dans toute la Terre du Milieu à des tarifs très avantageux pour vous, te rendant riche toi et ton petit peuple. Tu penses que je peux pas convaincre les autres Grands Marchands que le blé de la Comté ou celui de l'Enedwaith serait un meilleur investissement à long terme?! La Compagnie du Sud, et mon commerce ici,ce sont les veines de sang doré qui maintiennent cette région en vie. Alors réfléchis bien avant de me refuser ton aide.

Le roi se leva brusquement, le visage rouge à présent, une grimace de colère sur les lèvres.

-Du chantage, Asthrabal?! Tu es vraiment aveuglé par l'or. Qu'il en soit ainsi, la garde de Lossarnach mènera son enquête.

Il se dirigea vers la porte, qu'il poussa brusquement avec la force d'un vieil ours. Il se retourna encore en rajoutant:

-Tu sais que tu l'as mérité hein? Avec ton avarice, ton excentricité pompeuse, ton snobisme bourgeois. Tout le monde en avait marre. On dirait que quelqu'un de plus malin que toi a décidé de te donner une leçon.

Sur ces mots, il claqua la porte violemment, laissant le marchand d'artefacts seul avec ses pensées. Des pensées noires, impliquant une machine de torture élaborée d'origine gobeline qu'il avait acheté quelques années auparavant...



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Jeu 29 Oct 2015 - 19:55


La cité de Lossarnach n’était ni la plus puissante , ni la plus riche, ni la plus célèbre du Gondor. Si l’on demandait à un voyageur quelconque de citer une voire deux villes du Royaume de Mephisto il évoquerait la resplendissante Minas Tirith ou encore l’ancestrale Osgiliath peut-être même le port de Pelargir au coeur des discussions ces derniers temps à cause de la période troublée que la ville maritime traversait. Mais il y avait fort à parier qu’aucun d’entre eux ne citerait Lossarnach ; le bourg et la région qui l’entourait n’étaient pas des plus emblématiques. Quelques personnalités secondaires avaient fait irruption dans les ouvrages historiques comme Forlong le Gros ou encore Dame Morwen mais nul roi ou grand héros ne naquit en ces terres. Le  seigneur de la région avait beau porter le titre de “Roi” cela n’en faisait pas un monarque reconnu  et célèbre dans les Terres du Milieu pour autant ; d’ailleurs il se faisait voler la vedette par un certain marchand d’artefacts depuis quelques années.
Et pourtant c’était probablement l’un des endroits les plus agréable et paisible de cette partie du continent ; il y faisait bon vivre surtout depuis que le Rude Hiver avait cédé sa place à un printemps et un été resplendissants. Les caisses étaient loin d’être vide notamment grâce au commerce très fructueux du blé qui poussaient à foison dans les champs ; la terre fertile qui entourait la bourgade n’était pas étrangère à cette masse de production . La ville s’était développé sans prétention ; ici les rues n’étaient pas pavés d’or et les bâtisses n’étaient pas murées de marbres à part peut-être dans le quartier du  palais royal. Contrairement aux habitants de Minas Tirith , ceux de Lossarnach n’étaient pas des citadins à proprement parler . S’ils habitaient effectivement dans une ville en pleine croissance ils travaillaient encore pour beaucoup d’entre eux dans les champs et leurs demeures étaient agencés de manière à rappeler la ruralité et l’importance dans le développement de la cité. De la même manière il n’était pas rare de croiser divers animaux domestiqués dans les rues de la ville : certains Lossarnachois , parmi les plus aisés et les plus sédentarisés , commençaient à se plaindre des piaillements des poules dans les rues ou des bouses de vaches certes rares mais néanmoins dévastatrices pour l’odorat comme pour les souliers. Ici , les gens avaient le sourire et ne semblaient pas aspirer à mieux qu’à cette vie à mi-chemin entre campagne et ville dans laquelle ils se plaisaient si l’on excepté une minorité de nouveaux bourgeois vivant au centre ville qui avaient adopté un mode de vie beaucoup plus urbanisé.
Ils ne manquait ni de nourriture qui était abondante ni d’argent ; des pièces d’or entraient sans cesse dans les caisses.  Les habitants de Lossarnach étaient tout simplement heureux.
De toute évidence il y faisait bon vivre et le monde ne tarderait pas à comprendre qu’il y avait de bonnes chances de s’enrichir en faisant affaire ici à l’instar d’Asthrabal .

D’ailleurs le bruit courrait que de curieux étrangers se serait installé dans une grande étable située un peu à l’extérieur de la cité. Certains disaient les avoir aperçus dans les rues et dans la taverne ; ils racontaient que ces hommes étaient contact avec Palvan Jillar. Qu’est ce que ces étrangers pouvait-il vouloir à ce banquier reconnu et réputé pour être sans histoires? Cela avait tout d’une belle escobarderie visant à amplifier l’importance de l’arrivée de ces intrigants étrangers.

Cet après-midi là , les derniers sceptiques , qui ne croyaient pas même à l’existence de ces hommes sur qui ont disait tant d’affabulations , purent constater qu’ils se trompaient : ces gens existaient bel et bien et ils étaient tout sauf banal.
 Tous les regards convergeaient vers les trois silhouettes qui s’avançaient d’un pas sûr sur l’allée centrale ; les artisans qui travaillaient dehors s’interrompirent tous dans leur besogne pour suivre du regard les nouveaux venus . Certains se précipitaient même au fenêtre pour assister  à ce curieux défilé . De toute évidence ces trois individus n’étaient pas des espions infiltrés puisqu’ils n’avaient pas peur de sortir ainsi en public et d’être observé par tous.

Il fallait avouer que ces trois hommes avaient de quoi attirer le regard. Sur la gauche se tenait une véritable force de la nature ; un géant de plus de deux mètres à la carrure impressionnante : son large poitrail était au moins deux fois plus grand que celui d’un homme normal . Il était vêtu d’une lourde et splendide  cuirasse dorée surmontée d’un col de fourrure  qui devait certainement peser plusieurs dizaines de kilos mais le poids de l’armure ne semblait pas le déranger outre mesure. L’homme avait la peau sombre et le crâne rasé et son air taciturne n’inspirait pas la sympathie .
Et pourtant le guerrier à la peau d’ébène était encore le moins inquiétant du trio .

La silhouette qui s’avançait à droite n’était pas celle d’un homme , ni même celle d’une femme d’ailleurs. Non il s’agissait d’un elfe . Croiser un représentant de cette race légendaire à Lossarnach était déjà quelque chose d’exceptionnel mais il fallait ajouter à ce fait que cet elfe avait une allure plus atypique. Sa chevelure était presque intégralement rasée si l’on exceptait une crête iroquoise qui trônait sur son crâne meurtri et sa peau presque jaunie était bardée d’une multitude de cicatrices qui montaient jusqu’à son visage. D’ordinaire les elfes inspiraient plutôt confiance mais celui-ci effrayait plus qu’autre chose.

L’homme qui marchait au centre n’avait ni d’oreilles pointues ni une taille exceptionnelle. Ses cheveux grisonnants étaient coupés courts et un bouc ornait son menton . Son apparence était moins inhabituelle que celle de ses deux acolytes mais son teint clair et ses yeux gris trahissaient son origine étrangère.  Il portait sur ses épaules une ample cape de voyage qui dissimulait la majeure partie de sa silhouette.

Tout trois avançaient d’un pas sûr et décidé , de toute évidence ils savaient où ils allaient . Ils avaient un objectif précis.




Ald’ar Omenuir n’avait pas perdu son temps depuis son arrivée à Lossarnach ; lui et ses deux lieutenants s’étaient déjà établis dans leur quartier général et ils s’étaient immédiatement mis en quête d’un premier contrat pour lancer leur entreprise. Palvan avait beau leur fournir des fonds  il fallait que les résultats viennent rapidement non seulement pour garder la confiance du créancier mais aussi pour soigner la réputation du groupe naissant. Il pensait avoir enfin trouver une affaire intéressante bien que celle ci avait réellement besoin d’être clarifiée.
C’était Nomuas qui avait recueilli  , la veille , les quelques informations qu’un garde éméché lui avait confiés en l’échange d’un nouveau verre de vin. Les détails étaient encore floues mais ce qui était certain c’était qu’il y avait de l’agitation du côté des Caves d’Or .

Le Roi Artheyrn s’était en effet rendu dans la demeure du Bourgeois et il en était ressorti dans un état de colère noire; l’on disait déjà que les deux personnalités les plus influentes de la cité avaient eu un litige . Dès le lendemain on avait pu croiser des hommes de la garde qui s’activer dans les rues de la ville. Cette affaire était encore bien imprécise mais elle avait le mérite d’exister. Ald’ar comptait bien saisir l’occasion d’autant plus qu’il ne pouvait pas rêver mieux qu’un contrat avec Asthrabal pour commencer.

En recueillant ses précieuses données , Nomuas avait déjà montré au Bras de Fer que ce dernier avait eu raison de lui accorder sa confiance . L’elfe , fort de centaines d’années d’expérience , connaissait sa valeur et il comptait bien profiter de cette première mission pour que celle-ci éclate aux yeux du monde.

Quant à lui Lagor avait bien conscience qu’il serait d’une utilité relative durant la partie “diplomatique” de la mission . Il n’était pas le plus doué pour négocier un contrat mais si la tâche requérait un combattant émérite sur le terrain le mercenaire savait qu’il aurait un rôle important  jouer.

Cette curieuse trinité marcha ainsi dans les rues de Lossarnach pendant plusieurs dizaines de minutes ; en constatant l’attention qu’il suscitaient , le Lossoth esquissa un sourire. Cela n’avait pas été un hasard s’il avait décidé de se montrer lui et ses lieutenants en plein centre ville à la vue de tous. Il fallait que les gens sachent et voient qui venaient de s’installer à proximité de leur demeure . S’il ne se manifestait pas l’organisation était appelée à mourir dans l’oeuf ; il était primordial que le visage du Glaive et des Sabres soient gravés dans les mémoires .
Rester reclus et barricadé dans son bastion n’était pas une solution , bien au contraire cela empêchait tout développement . Le groupe de mercenaires n’avaient pas vocation à rester secret comme des espions voudraient le rester ; les contrats seront plus nombreux si tout le monde avait eu vent de leur existence et de leurs compétences.

Lorsqu’ils arrivèrent à proximité de la splendide bâtisse dans laquelle résidait ce fameux Asthrabal des gardes vinrent à leur rencontre et leur barrèrent la route. Ces hommes portaient un uniforme différent de celui que portait l’armée régulière de la ville ; c’était une milice dissidente. Ainsi le Bourgeois disposait de son propre corps de garde indépendant ; l’influence du personnage sur la région devait être démesurée pour que le Seigneur de la cité tolère une telle chose. De toute façon pouvait-il seulement faire quelque chose à l’encontre d’un autre groupe armé?

-Halte ! Qui va-là?
les héla un des gardes sur un ton peu commode .

En effet , les guerriers semblaient prêt à intervenir contre ces curieux visiteurs qui ne semblaient pas être de paisibles négociants venus échanger avec Asthrabal à propos des hausses du cours du blé vert .  

D’un geste Ald’ar indiqua à ses compagnons de s’arrêter et de ne pas faire le moindre geste pouvant être perçu comme une agression. Calmement,  le Bras de Fer répondit au militaire:

-Nous avons entendu dire que le maître de ces lieux avaient besoin d’aide ; nous avons donc accourus pour solliciter une audience.

Les gardes quelques peu décontenancé par le langage calme et courtois des visiteurs abaissèrent leurs hallebardes et échangèrent des regards. L’un deux , sûrement le plus vaillant , leur demanda:

-Bien , et ...et qui dois-je annoncer?

Le Lossoth fit mine de réfléchir pendant un instant

-Dites au Bourgeois que le Glaives et les Sabres mettent leurs compétences à son service.



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Jeu 25 Fév 2016 - 1:49


-Mon Seigneur, les Glaives et les Sabres souhaitent se mettre à votre service.

-Les Glaives et les Sabres, les Chiens et les Chats, les Poings et les Griffes, les Aigles et les Vautours, les Furies et les Héros, j’ai déjà tout entendu. Et ça m’est complétement égal, tu comprends Geoff ? Qu’ils soient humains ou orcs, qu’ils soient même de cette satanée Couronne de Fer, je veux juste des gens compétents, capables de retrouver mes biens perdus, et surtout faire de ceux qui les ont dérobés un exemple pour les futurs amateurs. Faites-les donc  entrer, en espérant qu’ils ne soient pas là pour me faire perdre mon temps !

Ils furent désarmés par des hommes qui étaient sans aucun doute des véritables professionnels, et qui remarquèrent rapidement la prothèse d’Ald’ar et le danger qu’elle représentait. Celui qui dirigeait les gardes, le dénommé Geoff, avait clairement un passé dans l’armée ou dans la garde d’une grande ville. Avec un sourire mauvais, il fit passer une espèce d’attelle rigide  par-dessus de la tête du Lossoth, immobilisant son bras de fer.

-Pas d’armes…sans exception.

Les deux hommes et l’elfe furent emmenés dans le salon où Asthrabal accueillaient généralement sa clientèle richissime. Un elfe scarifié, un colosse d’ébène et un homme au bras immobilisé, au regard plus froid que les eaux de la baie de Forochel ; ils formaient très certainement un trio très exotique. Et être considéré comme exotique dans ce cabinet de curiosités contenant des artefacts de tous les âges et contrées de la Terre du Milieu qu’étaient les Caves d’Or. Le salon était impressionnant, avec des meubles de bois tropical, des œuvres d’art, des tapis épais. Tout dans la démesure. Le maître des lieux cependant n’était pas le bon-vivant éloquent mais réservé dans ses émotions que ses clients avaient l’habitude de voir. Ses sourcils argentés étaient froncés en permanence, ses yeux sombres brûlaient d’une colère sombre, et ses lèvres étaient déformées par une grimace. Il n’y aurait pas de formules de politesse aujourd’hui, ni de longues négociations arrosées par des breuvages coûteux.

-Les Glaives et les Sabres. Le nom insinue que vous êtes au moins quatre. Dois-je donc suppose que vous êtes les représentants d’une compagnie plus grande ?  Je n’ai jamais entendu parler de vous, soit vous venez de loin soit vous manquez cruellement de notoriété.

Après avoir écouté la réponse des guerriers, Asthrabal se leva de son fauteuil et se dirigea vers une porte qui menait vers les entrailles des Caves d’Or.

-Il est temps pour vous de voir pourquoi vous êtes ici. Suivez-moi.
Ils descendirent un escalier, illuminé par des lampes qui semblaient briller de leur propre lumière sans flamme. Geoff, le chef de la garde d’Asthrabal, les suivait de près, alerte mais confiant. Etant employé par un des hommes les plus riches de la Terre du Milieu comme garde de corps personnel, il avait sans aucun doute des raisons valables de croire en ses capacités martiales.

Asthrabal les guida jusqu’à une porte de métal qui donnait l’impression d’être aussi impénétrable que la Porte Noire qui jadis gardait l’entrée du royaume de Sauron. Il utilisa une clef étrange pendue autour de sa nuque pour ouvrir un premier mécanisme, puis dit à Geoff d’ouvrir le deuxième avec la clef que le garde du corps sortit de sa tunique. Lorsque la porte s’ouvrit sans aucun bruit, les mercenaires purent apercevoir l’intérieur du coffre-fort du Bourgeois. Les murs de pierre épaisse étaient recouverts de tapisseries coûteuses, mais les nombreux coffres et étagères étaient à moitié vidés, bien que ce qui restait suffirait pour acheter assez de nourriture pour un banquet de sept jours pour tous les habitants de Lossarnach.

-Dérobé. Des objets d’une valeur indescriptible ont disparu d’un jour à l’autre, ils n’étaient plus là quand je suis entré dans la pièce il y a trois jours, au matin. Aucune trace d’entrée forcée sur la porte, aucune fenêtre dans la pièce. Et la clef n’a pas quitté mon cou depuis des mois.

***

La femme vêtue de rouge et de noir soupira en se tordant dans une position improbable pour se faufiler dans le trou pas plus large qu’un baril de Vieux Toby.

-Tu aurais-pu faire un trou plus grand, tu crois pas ?

L’homme aux gants rouges répondit :

-Pas vraiment, Mo. Mais j’aurais pu demander à Maindor de venir à ta place, si tu es trop grosse…

La femme se contenta de lui lancer un regard froid de ses yeux gris avant de disparaître dans le trou. Quelques minutes plus tard, elle commença à y faire passer des objets emballés dans du tissu noir.

-Le Bourge aura une sacrée surprise demain matin…

Lorsque tous les paquets se retrouvèrent de l’autre côté du trou, la femme y repassa à son tour en faisant preuve d’une agilité hors de commun, tout en remettant en place la tapisserie qui dissimulait le tunnel. L’homme aux gants rouges sortit une petite figurine sculptée en bois peint, représentant un paon avec la queue en éventail. Il la posa dans le trou, avec un petit sourire au coin des lèvres...

***

-Des idées pour élucider ce mystère, messieurs Glaives, ou messieurs Sabres ?



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Jeu 3 Mar 2016 - 20:01


Asthrabal était un homme prudent , et les gardes désarmèrent donc le trio de mercenaires qui s’étaient pompeusement présentés quelques minutes plus tôt à l’entrée des Caves d’Or.  Celui qui semblait être le chef des gardes fit bien attention à immobiliser la prothèse métallique du Bras de Fer qui pouvait rapidement être utilisée comme une arme. Ald’ar , considérablement gêné par le port de cette encombrante attelle , ne protesta pourtant pas ; il valait mieux ne pas froisser le Bourgeois avant même de l’avoir rencontré ; le Nordique se laissa donc faire.  
Les mercenaires furent dépouillés de leurs innombrables armes et  de divers objets que des gardes très zélés avaient considéré comme étant potentiellement dangereux ; de toute évidence la prudence du maître des lieux était assez proche de la paranoïa.

On les conduisit ensuite dans un somptueux salon richement ornementé et qui renfermait des reliques inestimables provenant des quatre coins du continent. Asthrabal se tenait devant eux, visiblement inquiet . Ald’ar examina rapidement celui dont il avait tant entendu parler et qui détenait une grande part du pouvoir économique de la région ; c’était un homme d’un âge assez mûr et de taille moyenne , pas réellement impressionnant physiquement mais les traits de son visage et son attitude reflétaient un certain rayonnement qui pouvait partiellement expliquer son succès.
Le Bourgeois prit la parole et argua que la manière dont ses invités du jour s’étaient présenté insinuait la présence de quatres guerriers or il n’était que trois. Effectivement la langue d’Ald’ar avait fourché et il aurait dû dire “ Le Glaive et les Sabres”  mais à présent que son interlocuteur soulevait de tels questions , le Lossoth se mit à vouloir jouer sur son lapsus.

“Nous nous sommes installés dans la région il y a peu et le groupe armé que nous dirigeons et encore en formation. déclara le Bras de Fer.  Quant à la notoriété , eh bien… j’ai bon espoir qu’elle viendra très rapidement. “

Le marchand d’artefacts , sans prendre la peine de répondre aux indications du mercenaire , se leva de son luxueux fauteuil et les invita à le suivre.  Ils descendirent  alors un escalier éclairé par d’étranges lumières ; tout ici semblait être pensé pour émerveiller et fasciner les visiteurs. Lagor qui n’avait pas côtoyé une telle aisance de vie depuis longtemps observait avec étonnement tous les recoins ; Ald’ar quant à lui se contentait de jeter de brefs regards mais ce qu’il vit suffit à lui faire comprendre que les Caves d’Or était peut-être l’un des lieux les plus captivant du royaume si ce n’est des Terres du Milieu.  De son côté Nomua ne semblait pas vraiment impressionné et il se contentait simplement d’avancer juste devant Geoff ; il regarda seulement la lame qui ceignait à sa ceinture avant hausser les épaules avec une pointe d’insolence.

Le petit groupe très hétéroclite s’arrêta devant une immense et épaisse porte en métal qui semblait bien impénétrable . De toute sa carrière Ald’ar n’avait jamais vu une paroi aussi importante pour garder des reliques dans une demeure privée.  Pour le coup le Lossoth était réellement impressionné et cette protection extraordinaire parvint même à attirer l’attention de l’elfe qui l’examinait sous toutes les coutures de son regard vert cobalt .
A l’aide d’étranges clés Asthrabal et Geoff actionnèrent deux mécanisme qui firent ouvrir la porte sans aucun bruit. L’intérieur de la pièce était là aussi somptueusement aménagée avec de grandes tapisseries et de grands tapis ; de nombreux coffres et écrins abritaient les fameux artefacts qui avaient rendu le commerce du Bourgeois si fructueux mais de toute évidence certains manquaient à l’appel ce qui provoquait , à raison , la colère et le désarroi d’Asthrabal.  Il n’y avait rien de plus cruel que de perdre en un instant tout ce que l’on avait amassé pendant des décennies ; Ald’ar , Lagor ou même Nomuas avait déjà pu expérimenté cela .

Ald’ar analysa rapidement l’état des lieux avant de se tourner vers son potentiel employeur.


“Comme vous le dites la porte n’a pas pu être forcée ; l’enfoncer aurait laissé des traces. Et j’aimerai bien voir qui pourrait la forcer , elle me semble bien impénétrable”.


Lagor acquiesça , même la Panthère d’Esgaroth se semblait pas être en mesure de la faire vaciller d’un iota malgré son imposante carrure.  Les trois mercenaires se mirent alors à ausculter la pièce de manière rigoureuse ; les voleurs étaient bien entrés par quelque part et comme ils n’étaient pas passés par d’inexistantes fenêtres ou par la porte il fallait bien qu’il y ait des indices sur le mode d’entrée qu’ils avaient utilisé car toute effraction laissait des marques ; les pillards les plus doués ne pouvaient que les atténuer en espérant que quand on les remarquerait ils seraient déjà loin mais il était impossible des les effacer complètement.  Les trois mercenaires avaient l’expérience avec eux et Nomuas et Ald’ar avait été plusieurs fois amenés à s’infiltrer dans des endroits où ils n’auraient pas dû se trouver : pour reconstituer les méthodes d’un malfaiteurs il fallait impérativement réfléchir comme un malfaiteur ce que le  Nordique , l’Eldar ou le colosse pouvait naturellement faire.

Ald’ar étudia le sol , poussant certains tapis en cas de besoin ; il savait que dans certains bâtiments d’anciennes trappes désaffectées et inutilisées depuis des lustres étaient parfois reéxploitées par des cambrioleurs. Mais ce fut finalement Nomuas qui découvrit le pot aux roses ; depuis quelques minutes l’elfe examinait les murs de l’antichambre et vérifiait ce qui se trouvait derrière les tapisseries. Il ne tarda pas à trouver un tunnel étroit qui de toute évidence n’aurait pas dû être là.

"-Un tunnel ...murmura-t-il avant de s’exclamer à haute voix. Les voleurs ont construit un tunnel dans la pierre!

Il écarta la tapisserie d’un geste brusque dévoilant le passage exigü.

-Ils ont creusé un tunnel dans la pierre ?
Fit un Lagor dubitatif qui frappait la roche comme pour en tester la solidité.

Le Bras de Fer se tourna alors vers le Bourgeois

-Les pillards sont venus il y a trois jours et ils doivent déjà être loin à l’heure qu’il est , si nous voulons préserver une chance de les retrouver il faut agir maintenant sans plus tergiverser. Nomuas ; emprunte ce tunnel et regarde où il conduit , veille à nous tenir informé de chaque indice que tu trouveras. "



L’elfe était le seul capable d’entrer dans ce passage trop petit pour Lagor qui avait les épaules bien trop larges ou même pour Ald’ar trop robuste et considérablement importuné par le port de cette attelle de sécurité.  Le choix se porta donc sur Nomuas qui ne semblait pas vraiment effrayé à l’idée de s’engouffrer dans cette sombre galerie sans ses armes qui étaient restées à l’entrée du domaine.  Le Nordique avait jugé bon de rappeler à l’elfe de les tenir au courant; les vélleités d’indépendance de l’elfe était parfois un peut trop affichées il fallait veiller à les contrôler tout en lui laissant assez d’espace pour le frustrer.

“En attendant de voir où ce tunnel débouche et de potentiels indices je dois savoir qui est au courant de ce vol et si d’autres personnes enquêtent déjà dessus. Et il faudrait également songer aux modalités du contrat pour que notre collaboration devienne officielle si vous voyez ce que je veux dire.”


----------------------------------------------------------------------------------

Nomuas avançait dans le noir total et dans un conduit où l’air était assez rare et où il fallait prendre garde à ménager ses efforts et son souffle mais l’elfe ne semblait nullement paniqué et il avançait tranquillement à l’aide de ses coudes et de ses jambes. Parfois une pierre lui égratignait la peau mais il ne bronchait pas ; la seule chose qu’il semblait avoir perdue était la notion du temps. Il ne sut pas combien de temps il s’était engagé dans son tunnel mais même pour un elfe pour qui une décennie ne signifiait pas grand chose , il lui semblait s’être passé un temps assez important. C’est alors enfin il vit la lumière au loin...



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Ven 5 Aoû 2016 - 2:06

Lorsque Nomuas découvrit le tunnel caché, le visage du Bourgeois s’assombrit davantage, et ses poings se resserrèrent involontairement. Geoff quant à lui grimaça, une étrange expression faciale qui semblait indiquer un mélange de surprise et de gêne. Après tout, ils auraient pu découvrir l’entrée du tunnel tous seuls s’ils avaient pris le temps de fouiller les murs, mais la possibilité qu’un cambrioleur puisse creuser, inaperçu, à travers des dizaines de mètres de terre et de roche leur avait semblé tellement improbable qu’ils étaient restés fixés sur l’énigme de la porte intacte.
Lorsque l’elfe s’enfonça dans les abysses, le Bras de Fer et Asthrabal commencèrent les négociations. Lagor et Geoff quant à eux demeuraient silencieux ; on ne les payait pas pour parler.
Asthrabal répondit à Ald’ar :

-Au courant de ce vol…Lossarnach est une petite région, et il y a deux types de personnes qui y vivent : les agriculteurs et les nobles venus ici pour se détendre. Les uns comme les autres raffolent des rumeurs et des scandales de toute sorte. Pratiquement personne ne sait qu’est ce qui a été volé, à quel moment exact et dans quelle pièce, mais pratiquement tout le monde a entendu parler d’un cambriolage dans les Caves d’Or…la jalousie des hommes n’a aucune limite ! Quant aux autres personnes qui enquêtent dessus…il n’y a pas d’autres mercenaires avec qui j’ai signé de contrat pour l’instant. J’ai envoyé quelques-uns de mes hommes à la recherche d’informations, et la garde du roi Artheyrn mène sa propre enquête – le Bourgeois grimaça en remémorant sa conversation avec le monarque- cependant je doute fortement de leur efficacité ou leur bonne volonté.

Asthrabal invita le Bras de Fer à le suivre vers une autre pièce, laissant Geoff et Lagor seuls dans la chambre forte à attendre le retour de Nomuas. Le marchand et le mercenaire se retrouvèrent bientôt dans un petit salon, des deux côtés d’un bureau sur lequel des feuilles de papier ainsi qu’un encrier étaient posés.


-Vous avez prouvé que vous n’êtes pas des amateurs. Ceci est suffisant pour moi pour signer un contrat préliminaire avec vos Glaives et Sabres. Nous pouvons nous mettre d’accord sur une récompense pour trouver et capturer les coupables, ainsi qu’un pourcentage de celle-ci pour des informations clefs permettant la capture des voleurs. Quels moyens mettez-vous à ma disposition, et quel est votre prix ?

***

Pendant ce temps, Nomuas s’enfonçait dans les ténèbres. Il put s’apercevoir que la première partie du tunnel semblait plus récente et plus étroite, finissant par déboucher sur un couloir plus large lui permettant d’avancer debout, bien que penché. Des poutres en bois soutenaient même le plafond par endroit. Il finit par se retrouver face à une vieille porte entrouverte qui laissait rentrer quelques rayons de soleil. La porte menait vers l’intérieur d’une vieille maison à moitié en ruine. Les fresques à moitié effacés sur les murs indiquaient que la bâtisse avait jadis appartenu à un propriétaire assez riche. Soudainement, le bruit de pas se fit entendre. Un homme d’une soixantaine d’années armé d’un gourdin apparut devant Nomuas et dit, d’une voix menaçante :

-Qui va là ? Que faites-vous ici ? C’est une propriété privée !



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Learamn
Capitaine de la Garde du Roi du Rohan
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Dim 14 Aoû 2016 - 13:00



Ainsi l’idée de vérifier les murs et ce qui se trouvait derrière les tapisseries n’avait effleuré l’esprit de personne ici avant l’arrivée des trois mercenaires.  A priori les méthodes de travail de la garde des lieux ainsi que de l’armée régulière étaient à revoir ; mais quoiqu’il en était ils n’étaient pas là pour tergiverser sur ce qui aurait dû être fait. D’ailleurs cette erreur arrangeait plutôt bien les affaires du Bras de Fer et de ses acolytes qui venaient au moins de montrer que eux ils avaient les bons réflexes.  Le Bourgeois s’était montré assez méfiant à leur égard depuis leur arrivée ce qui était un réaction plutôt compréhensible quand se présentaient sur le seuil de votre porte un Lossoth avec une arme à la place du bras, un colosse à la peau sombre et un elfe plutôt atypique; tous sortis de nulle part; c’était assez peu commun.  Là ils venaient de marquer des points dans l’esprit du riche marchand d’artefacts et avaient peut-être par la même gagné un peu de sa confiance ce qui était suffisant lorsque l’on voulait  se faire grassement payer pour services rendus.

Asthrabal l’informa que le bruit d’un cambriolage s’était plus ou moins répandu dans la région et que plusieurs factions menaient l’enquête tout en émettant certaines réserves sur l’engagement complet des forces du Roi. Les relations entre l’Affable et le Bourgeois étaient-elles devenues houleuses?  C’était en tout cas ce que voulaient les rumeurs qui se répandaient aussi dans le coin et il se pouvait bien qu’elles disaient vraies.

D’un geste Asthrabal invita le Nordique à la suivre à l’extérieur de la chambre forte mais Lagor ne fut clairement pas convié et ils laissèrent donc la Panthère d’Esgaroth en compagnie  de Geoff.

Le commerçant conduisit le mercenaire jusque dans une belle pièce parfaitement agencée et meublée; il s’assirent chacun de part et d’autre d’un magnifique bureau en bois ouvragé : le dur des négociations allait pouvoir commencer et Ald’ar s’en délectait déjà; la signature d’un premier contrat pour son groupe était imminente et ce serait sûrement le premier d’une longue liste ; la première étape qui les mènerait à la gloire, au succès et à la richesse.

“Nous avions à coeur de vous montrer que nous ne sommes pas des branquignoles venus vous faire perdre votre temps ; des “amateurs” comme vous dites. Nous avons tous trois assez d’expérience pour pouvoir prétendre avoir les capacités de vous ramener vos biens.”

Le Bourgeois lui demanda alors quel était le prix à payer pour s’allouer les services des mercenaires et bien qu’il était loin d’être un expert en commerce et négoce une idée vint à l’esprit d’Ald’ar pour rendre leur contrat encore plus solide.

“Pour les informations, inutile de nous payer...Nous nous sommes présenté ici avec la ferme intention de vous ramener ce qui vous a été volé et c’est ce que nous ferons dans le cas contraire ce serait un échec sur toute la ligne et nous ne mériterions pas votre or.  Voici ce que je propose : nous voulons un pourcentage d’environ 10 % de la valeur des artefacts que nous vous ramènerons. Cela peut paraître cher mais au moins vous serez garanti que nous ne serons payé qu’en fonction de la réussite de notre mission.

Bien entendu une estimation des biens rapportés devra être effectué par une tiers personne, experte en ce domain et qui n’aura aucun préavis sur la question.

Cependant si vous voulez continuer et revoir les termes du contrat plus longuement et dans des considérations plus techniques je vous invite à le faire avec mon associé qui est plus qualifié dans ce domaine. On l’appelle la Pièce mais vous devez sûrement  le connaître sous le nom de M.Jillar...non?”



-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Dans la chambre forte, Lagor semblait bien dubitatif et ne cessait de parcourir la pièce en long, en large et en travers à la recherche d’un autre indice qu’ils auraient pu rater.  Geoff lui ne bougeait pas d’un iota.  Le colosse de Lacville tapota alors un des murs de pierre et se gratta le crâne, toujours aussi circonspect.

“Mais comment peut-on construire un tunnel dans cette roche? Ça a dû prendre des mois, voire des années à moins que ce passage ne soit bien plus ancien qu’on ne le pense…”


La panthère d’Esgaroth était difficilement impressionnable mais là il semblait bien interloqué devant l’exploit qu’avait réalisé les cambrioleurs. A moins qu’il ne s’agissait pas d’une simple prouesse technique ; et si cette galerie avait été là depuis bien longtemps sans que personne n’y prête attention? Elle était probablement  loin d’avoir délivrée tous ses secrets.  

Malheureusement , coincé dans cett vaste pièce en compagnie de Geoff et bien trop robuste pour pouvoir glisser ne serait-ce que son buste à l’intérieur de l’ouverture; Lagor n”était pas vraiment en mesure de faire avancer l’enquête.

En l’état actuel des lieux seul un pouvait recueillir de nouveaux indices.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Au cours de ses six siècles d’existence Nomuas avait connu des accueils plus bienveillants que celui qui lui fut réservé à la sortie de la galerie.  Un vieillard s’était présenté à lui , un gourdin à la main, et l’avait invectivé en lui signalant qu’il se trouvait dans une propriété privée.

Instinctivement l’elfe porta sa main à son ceinturon ou d’habitude se trouvaient toutes ses lames mais il n’en trouva aucune. Asthrabal leur avait confisqué toutes leurs armes avant qu’ils puissent entrer dans les Caves d’Or. Il jura intérieurement  avant de rétorquer au vieux propriétaire des lieux qui se rendait tout doucement compte que son visiteur indésirable était un intrus plutôt particulier.

“Et cette galerie  qui part de chez vous conduit également à un propriété privée. Et j’ai toutes les raisons du monde de croire qu’elle a été récemment empruntée.



Nomuas jeta un coup d’oeil dans son dos, où se trouvait l’entrée de cette fameuse galerie. Le trajet à l’intérieur de celle-ci avait été pour le moins intrigant , en plus d’avoir été éprouvant. Si le corridor était étroit et assez “ sauvage” au début, il s’élargissait progressivement à mesure que l’on s’éloignait des Caves d’Or. Le tunnel finissait même par devenir un véritable couloir, plutôt large et haut et même aménagé à l’aide de poutre en bois pour soutenir le plafond. Le tout paraissait ancien , vieux de plusieurs années : soit les voleurs avaient préparé leur rapt depuis longtemps soit ils avaient utilisé un passage bien plus ancien que leur projet.

Nomuas analysa rapidement la bâtisse dans laquelle il se trouvait  à présent : l’endroit était en ruine mais tout indiquait qu’autrefois cela avait servi de splendide et luxueuse demeure. Qu’est ce que cela pouvait bien signifier? Et qui était ce vieillard au comportement agressif?

“Très cher... Ne vous inquiétez pas ;  je m’en irai dès que j’aurai ce que je suis venu chercher. Je vous conseille donc vivement de me dire tout ce que vous savez à propos de ce tunnel et de ceux qui l’ont utilisé récemment.”


L’elfe adressa un sourire pas vraiment rassurant à l’homme; le jeu de manipulation et d’intimidation commençait pour l’Eldar qui s’en délectait d’avance. Heureusement que c’était lui qu’on avait mis sur le coup ; Lagor aurait déjà décapité le pauvre bougre avant qu’il ne puisse parler et Ald’ar aurait trop vite perdu patience.

“Ah ...et  il est inutile d’essayer de me mentir. Je le saurai tôt au tard et alors je vous le ferai payer  par un lourd tribut. On ne ment pas à un Premier Né sans en subir les conséquences non?”



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