Bonnes manières et mauvaises moeurs

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Forlong
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Jeu 13 Aoû 2015 - 1:43

Artheyrn l'Affable, roi de Lossarnach et vassal du Haut Roy Méphisto descendit de son cheval puissant avec une certaine grâce, malgré son surpoids. Il était suivi par une poignée de dignitaires et membres de la cour, ainsi que quatre gardes trapus armés d'hallebardes.

Le roi fut accueilli à l'entrée des Caves d'Or par le maître des lieux en personne, Asthrabal le Bourgeois. Ce dernier s'inclina profondément devant le souverain, et dit:

-A quoi dois-je l'honneur de votre visite, mon roi?

-Il parait qu'il vous est arrivé un malheur, mon bon ami. Un bon seigneur ne laisse jamais les citoyens de son royaume seuls en détresse! Je viens donc vous voir afin de vous aider dans la mesure du possible.

Asthrabal s'inclina une fois de plus, et rétorqua:

-Votre bienveillance est sans limites, mon roi. Puis-je donc vous demander une audience privée dans le confort de ma demeure?

Le roi acquiesça, et suivit le Bourgeois à l'intérieur des Caves d'Or, en laissant ses compagnons et gardes dehors. Ces derniers échangeaient des regards avec les hommes du marchand, qui gardaient l'entrée de la bâtisse. Deux groupes de professionnels qui partageaient un respect mutuel, mais chacun convaincu qu'en cas d'une confrontation éventuelle, leur groupe ressortirait vainqueur.

***



-Qu'est ce qui t'arrive, Asthrabal?

Le roi, posé dans un fauteuil confortable dans le salon privé du marchand, regardait ce dernier marcher en rond dans la pièce.

-Dérobée! Ma chambre forte la mieux protégée, défendue par des portes naines, et soi disant les meilleurs gardes que l'argent peut acheter dans cette misérable campagne! Ils ont tout vidé, et je ne sais même pas comment, tu comprends?! Des objets que j'ai passé des années à rassembler, j'ai dépensé une fortune, et tout ça pour rien! Je les veux, tu comprends?! Je veux ces putains des voleurs, morts ou vivants, et je veux qu'on en fasse un exemple sanglant! Je veux que tout le monde se lance à leur recherche. Mes hommes, tes hommes, et tous les mercenaires du coin!  

Il n'y avait plus aucune trace de calme dans la voix d'Asthrabal, ni de respect envers le souverain, qu'il tutoyait à présent. Ce dernier fronça les sourcils, et répondit:

-Calme toi, Asthrabal. C'est en effet malheureux, même si je suis certain que tu es loin d'être ruiné. Mais chercher des voleurs d'artefacts ne fait pas partie des responsabilités de ma garde, pas quand il y a d'autres priorités, et quand la victime du vol a assez d'argent pour se payer sa propre armée. Je fermerai l'oeil à l'enquête menée par tes hommes, mais..

-Je crois que t'as oublié ta place, Artheyrn. Asthrabal l'interrompit, ses mots dégoulinant de venin. T'as peut-être le titre de roi et une couronne sur la tête, mais tu n'es qu'un petit seigneur local, sans pouvoir politique ni militaire. La seule source d'influence du Lossarnach est votre blé. Le blé que la Compagnie du Sud exporte dans toute la Terre du Milieu à des tarifs très avantageux pour vous, te rendant riche toi et ton petit peuple. Tu penses que je peux pas convaincre les autres Grands Marchands que le blé de la Comté ou celui de l'Enedwaith serait un meilleur investissement à long terme?! La Compagnie du Sud, et mon commerce ici,ce sont les veines de sang doré qui maintiennent cette région en vie. Alors réfléchis bien avant de me refuser ton aide.

Le roi se leva brusquement, le visage rouge à présent, une grimace de colère sur les lèvres.

-Du chantage, Asthrabal?! Tu es vraiment aveuglé par l'or. Qu'il en soit ainsi, la garde de Lossarnach mènera son enquête.

Il se dirigea vers la porte, qu'il poussa brusquement avec la force d'un vieil ours. Il se retourna encore en rajoutant:

-Tu sais que tu l'as mérité hein? Avec ton avarice, ton excentricité pompeuse, ton snobisme bourgeois. Tout le monde en avait marre. On dirait que quelqu'un de plus malin que toi a décidé de te donner une leçon.

Sur ces mots, il claqua la porte violemment, laissant le marchand d'artefacts seul avec ses pensées. Des pensées noires, impliquant une machine de torture élaborée d'origine gobeline qu'il avait acheté quelques années auparavant...



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Jeu 29 Oct 2015 - 19:55


La cité de Lossarnach n’était ni la plus puissante , ni la plus riche, ni la plus célèbre du Gondor. Si l’on demandait à un voyageur quelconque de citer une voire deux villes du Royaume de Mephisto il évoquerait la resplendissante Minas Tirith ou encore l’ancestrale Osgiliath peut-être même le port de Pelargir au coeur des discussions ces derniers temps à cause de la période troublée que la ville maritime traversait. Mais il y avait fort à parier qu’aucun d’entre eux ne citerait Lossarnach ; le bourg et la région qui l’entourait n’étaient pas des plus emblématiques. Quelques personnalités secondaires avaient fait irruption dans les ouvrages historiques comme Forlong le Gros ou encore Dame Morwen mais nul roi ou grand héros ne naquit en ces terres. Le  seigneur de la région avait beau porter le titre de “Roi” cela n’en faisait pas un monarque reconnu  et célèbre dans les Terres du Milieu pour autant ; d’ailleurs il se faisait voler la vedette par un certain marchand d’artefacts depuis quelques années.
Et pourtant c’était probablement l’un des endroits les plus agréable et paisible de cette partie du continent ; il y faisait bon vivre surtout depuis que le Rude Hiver avait cédé sa place à un printemps et un été resplendissants. Les caisses étaient loin d’être vide notamment grâce au commerce très fructueux du blé qui poussaient à foison dans les champs ; la terre fertile qui entourait la bourgade n’était pas étrangère à cette masse de production . La ville s’était développé sans prétention ; ici les rues n’étaient pas pavés d’or et les bâtisses n’étaient pas murées de marbres à part peut-être dans le quartier du  palais royal. Contrairement aux habitants de Minas Tirith , ceux de Lossarnach n’étaient pas des citadins à proprement parler . S’ils habitaient effectivement dans une ville en pleine croissance ils travaillaient encore pour beaucoup d’entre eux dans les champs et leurs demeures étaient agencés de manière à rappeler la ruralité et l’importance dans le développement de la cité. De la même manière il n’était pas rare de croiser divers animaux domestiqués dans les rues de la ville : certains Lossarnachois , parmi les plus aisés et les plus sédentarisés , commençaient à se plaindre des piaillements des poules dans les rues ou des bouses de vaches certes rares mais néanmoins dévastatrices pour l’odorat comme pour les souliers. Ici , les gens avaient le sourire et ne semblaient pas aspirer à mieux qu’à cette vie à mi-chemin entre campagne et ville dans laquelle ils se plaisaient si l’on excepté une minorité de nouveaux bourgeois vivant au centre ville qui avaient adopté un mode de vie beaucoup plus urbanisé.
Ils ne manquait ni de nourriture qui était abondante ni d’argent ; des pièces d’or entraient sans cesse dans les caisses.  Les habitants de Lossarnach étaient tout simplement heureux.
De toute évidence il y faisait bon vivre et le monde ne tarderait pas à comprendre qu’il y avait de bonnes chances de s’enrichir en faisant affaire ici à l’instar d’Asthrabal .

D’ailleurs le bruit courrait que de curieux étrangers se serait installé dans une grande étable située un peu à l’extérieur de la cité. Certains disaient les avoir aperçus dans les rues et dans la taverne ; ils racontaient que ces hommes étaient contact avec Palvan Jillar. Qu’est ce que ces étrangers pouvait-il vouloir à ce banquier reconnu et réputé pour être sans histoires? Cela avait tout d’une belle escobarderie visant à amplifier l’importance de l’arrivée de ces intrigants étrangers.

Cet après-midi là , les derniers sceptiques , qui ne croyaient pas même à l’existence de ces hommes sur qui ont disait tant d’affabulations , purent constater qu’ils se trompaient : ces gens existaient bel et bien et ils étaient tout sauf banal.
 Tous les regards convergeaient vers les trois silhouettes qui s’avançaient d’un pas sûr sur l’allée centrale ; les artisans qui travaillaient dehors s’interrompirent tous dans leur besogne pour suivre du regard les nouveaux venus . Certains se précipitaient même au fenêtre pour assister  à ce curieux défilé . De toute évidence ces trois individus n’étaient pas des espions infiltrés puisqu’ils n’avaient pas peur de sortir ainsi en public et d’être observé par tous.

Il fallait avouer que ces trois hommes avaient de quoi attirer le regard. Sur la gauche se tenait une véritable force de la nature ; un géant de plus de deux mètres à la carrure impressionnante : son large poitrail était au moins deux fois plus grand que celui d’un homme normal . Il était vêtu d’une lourde et splendide  cuirasse dorée surmontée d’un col de fourrure  qui devait certainement peser plusieurs dizaines de kilos mais le poids de l’armure ne semblait pas le déranger outre mesure. L’homme avait la peau sombre et le crâne rasé et son air taciturne n’inspirait pas la sympathie .
Et pourtant le guerrier à la peau d’ébène était encore le moins inquiétant du trio .

La silhouette qui s’avançait à droite n’était pas celle d’un homme , ni même celle d’une femme d’ailleurs. Non il s’agissait d’un elfe . Croiser un représentant de cette race légendaire à Lossarnach était déjà quelque chose d’exceptionnel mais il fallait ajouter à ce fait que cet elfe avait une allure plus atypique. Sa chevelure était presque intégralement rasée si l’on exceptait une crête iroquoise qui trônait sur son crâne meurtri et sa peau presque jaunie était bardée d’une multitude de cicatrices qui montaient jusqu’à son visage. D’ordinaire les elfes inspiraient plutôt confiance mais celui-ci effrayait plus qu’autre chose.

L’homme qui marchait au centre n’avait ni d’oreilles pointues ni une taille exceptionnelle. Ses cheveux grisonnants étaient coupés courts et un bouc ornait son menton . Son apparence était moins inhabituelle que celle de ses deux acolytes mais son teint clair et ses yeux gris trahissaient son origine étrangère.  Il portait sur ses épaules une ample cape de voyage qui dissimulait la majeure partie de sa silhouette.

Tout trois avançaient d’un pas sûr et décidé , de toute évidence ils savaient où ils allaient . Ils avaient un objectif précis.




Ald’ar Omenuir n’avait pas perdu son temps depuis son arrivée à Lossarnach ; lui et ses deux lieutenants s’étaient déjà établis dans leur quartier général et ils s’étaient immédiatement mis en quête d’un premier contrat pour lancer leur entreprise. Palvan avait beau leur fournir des fonds  il fallait que les résultats viennent rapidement non seulement pour garder la confiance du créancier mais aussi pour soigner la réputation du groupe naissant. Il pensait avoir enfin trouver une affaire intéressante bien que celle ci avait réellement besoin d’être clarifiée.
C’était Nomuas qui avait recueilli  , la veille , les quelques informations qu’un garde éméché lui avait confiés en l’échange d’un nouveau verre de vin. Les détails étaient encore floues mais ce qui était certain c’était qu’il y avait de l’agitation du côté des Caves d’Or .

Le Roi Artheyrn s’était en effet rendu dans la demeure du Bourgeois et il en était ressorti dans un état de colère noire; l’on disait déjà que les deux personnalités les plus influentes de la cité avaient eu un litige . Dès le lendemain on avait pu croiser des hommes de la garde qui s’activer dans les rues de la ville. Cette affaire était encore bien imprécise mais elle avait le mérite d’exister. Ald’ar comptait bien saisir l’occasion d’autant plus qu’il ne pouvait pas rêver mieux qu’un contrat avec Asthrabal pour commencer.

En recueillant ses précieuses données , Nomuas avait déjà montré au Bras de Fer que ce dernier avait eu raison de lui accorder sa confiance . L’elfe , fort de centaines d’années d’expérience , connaissait sa valeur et il comptait bien profiter de cette première mission pour que celle-ci éclate aux yeux du monde.

Quant à lui Lagor avait bien conscience qu’il serait d’une utilité relative durant la partie “diplomatique” de la mission . Il n’était pas le plus doué pour négocier un contrat mais si la tâche requérait un combattant émérite sur le terrain le mercenaire savait qu’il aurait un rôle important  jouer.

Cette curieuse trinité marcha ainsi dans les rues de Lossarnach pendant plusieurs dizaines de minutes ; en constatant l’attention qu’il suscitaient , le Lossoth esquissa un sourire. Cela n’avait pas été un hasard s’il avait décidé de se montrer lui et ses lieutenants en plein centre ville à la vue de tous. Il fallait que les gens sachent et voient qui venaient de s’installer à proximité de leur demeure . S’il ne se manifestait pas l’organisation était appelée à mourir dans l’oeuf ; il était primordial que le visage du Glaive et des Sabres soient gravés dans les mémoires .
Rester reclus et barricadé dans son bastion n’était pas une solution , bien au contraire cela empêchait tout développement . Le groupe de mercenaires n’avaient pas vocation à rester secret comme des espions voudraient le rester ; les contrats seront plus nombreux si tout le monde avait eu vent de leur existence et de leurs compétences.

Lorsqu’ils arrivèrent à proximité de la splendide bâtisse dans laquelle résidait ce fameux Asthrabal des gardes vinrent à leur rencontre et leur barrèrent la route. Ces hommes portaient un uniforme différent de celui que portait l’armée régulière de la ville ; c’était une milice dissidente. Ainsi le Bourgeois disposait de son propre corps de garde indépendant ; l’influence du personnage sur la région devait être démesurée pour que le Seigneur de la cité tolère une telle chose. De toute façon pouvait-il seulement faire quelque chose à l’encontre d’un autre groupe armé?

-Halte ! Qui va-là?
les héla un des gardes sur un ton peu commode .

En effet , les guerriers semblaient prêt à intervenir contre ces curieux visiteurs qui ne semblaient pas être de paisibles négociants venus échanger avec Asthrabal à propos des hausses du cours du blé vert .  

D’un geste Ald’ar indiqua à ses compagnons de s’arrêter et de ne pas faire le moindre geste pouvant être perçu comme une agression. Calmement,  le Bras de Fer répondit au militaire:

-Nous avons entendu dire que le maître de ces lieux avaient besoin d’aide ; nous avons donc accourus pour solliciter une audience.

Les gardes quelques peu décontenancé par le langage calme et courtois des visiteurs abaissèrent leurs hallebardes et échangèrent des regards. L’un deux , sûrement le plus vaillant , leur demanda:

-Bien , et ...et qui dois-je annoncer?

Le Lossoth fit mine de réfléchir pendant un instant

-Dites au Bourgeois que le Glaives et les Sabres mettent leurs compétences à son service.



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Jeu 25 Fév 2016 - 1:49


-Mon Seigneur, les Glaives et les Sabres souhaitent se mettre à votre service.

-Les Glaives et les Sabres, les Chiens et les Chats, les Poings et les Griffes, les Aigles et les Vautours, les Furies et les Héros, j’ai déjà tout entendu. Et ça m’est complétement égal, tu comprends Geoff ? Qu’ils soient humains ou orcs, qu’ils soient même de cette satanée Couronne de Fer, je veux juste des gens compétents, capables de retrouver mes biens perdus, et surtout faire de ceux qui les ont dérobés un exemple pour les futurs amateurs. Faites-les donc  entrer, en espérant qu’ils ne soient pas là pour me faire perdre mon temps !

Ils furent désarmés par des hommes qui étaient sans aucun doute des véritables professionnels, et qui remarquèrent rapidement la prothèse d’Ald’ar et le danger qu’elle représentait. Celui qui dirigeait les gardes, le dénommé Geoff, avait clairement un passé dans l’armée ou dans la garde d’une grande ville. Avec un sourire mauvais, il fit passer une espèce d’attelle rigide  par-dessus de la tête du Lossoth, immobilisant son bras de fer.

-Pas d’armes…sans exception.

Les deux hommes et l’elfe furent emmenés dans le salon où Asthrabal accueillaient généralement sa clientèle richissime. Un elfe scarifié, un colosse d’ébène et un homme au bras immobilisé, au regard plus froid que les eaux de la baie de Forochel ; ils formaient très certainement un trio très exotique. Et être considéré comme exotique dans ce cabinet de curiosités contenant des artefacts de tous les âges et contrées de la Terre du Milieu qu’étaient les Caves d’Or. Le salon était impressionnant, avec des meubles de bois tropical, des œuvres d’art, des tapis épais. Tout dans la démesure. Le maître des lieux cependant n’était pas le bon-vivant éloquent mais réservé dans ses émotions que ses clients avaient l’habitude de voir. Ses sourcils argentés étaient froncés en permanence, ses yeux sombres brûlaient d’une colère sombre, et ses lèvres étaient déformées par une grimace. Il n’y aurait pas de formules de politesse aujourd’hui, ni de longues négociations arrosées par des breuvages coûteux.

-Les Glaives et les Sabres. Le nom insinue que vous êtes au moins quatre. Dois-je donc suppose que vous êtes les représentants d’une compagnie plus grande ?  Je n’ai jamais entendu parler de vous, soit vous venez de loin soit vous manquez cruellement de notoriété.

Après avoir écouté la réponse des guerriers, Asthrabal se leva de son fauteuil et se dirigea vers une porte qui menait vers les entrailles des Caves d’Or.

-Il est temps pour vous de voir pourquoi vous êtes ici. Suivez-moi.
Ils descendirent un escalier, illuminé par des lampes qui semblaient briller de leur propre lumière sans flamme. Geoff, le chef de la garde d’Asthrabal, les suivait de près, alerte mais confiant. Etant employé par un des hommes les plus riches de la Terre du Milieu comme garde de corps personnel, il avait sans aucun doute des raisons valables de croire en ses capacités martiales.

Asthrabal les guida jusqu’à une porte de métal qui donnait l’impression d’être aussi impénétrable que la Porte Noire qui jadis gardait l’entrée du royaume de Sauron. Il utilisa une clef étrange pendue autour de sa nuque pour ouvrir un premier mécanisme, puis dit à Geoff d’ouvrir le deuxième avec la clef que le garde du corps sortit de sa tunique. Lorsque la porte s’ouvrit sans aucun bruit, les mercenaires purent apercevoir l’intérieur du coffre-fort du Bourgeois. Les murs de pierre épaisse étaient recouverts de tapisseries coûteuses, mais les nombreux coffres et étagères étaient à moitié vidés, bien que ce qui restait suffirait pour acheter assez de nourriture pour un banquet de sept jours pour tous les habitants de Lossarnach.

-Dérobé. Des objets d’une valeur indescriptible ont disparu d’un jour à l’autre, ils n’étaient plus là quand je suis entré dans la pièce il y a trois jours, au matin. Aucune trace d’entrée forcée sur la porte, aucune fenêtre dans la pièce. Et la clef n’a pas quitté mon cou depuis des mois.

***

La femme vêtue de rouge et de noir soupira en se tordant dans une position improbable pour se faufiler dans le trou pas plus large qu’un baril de Vieux Toby.

-Tu aurais-pu faire un trou plus grand, tu crois pas ?

L’homme aux gants rouges répondit :

-Pas vraiment, Mo. Mais j’aurais pu demander à Maindor de venir à ta place, si tu es trop grosse…

La femme se contenta de lui lancer un regard froid de ses yeux gris avant de disparaître dans le trou. Quelques minutes plus tard, elle commença à y faire passer des objets emballés dans du tissu noir.

-Le Bourge aura une sacrée surprise demain matin…

Lorsque tous les paquets se retrouvèrent de l’autre côté du trou, la femme y repassa à son tour en faisant preuve d’une agilité hors de commun, tout en remettant en place la tapisserie qui dissimulait le tunnel. L’homme aux gants rouges sortit une petite figurine sculptée en bois peint, représentant un paon avec la queue en éventail. Il la posa dans le trou, avec un petit sourire au coin des lèvres...

***

-Des idées pour élucider ce mystère, messieurs Glaives, ou messieurs Sabres ?



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Jeu 3 Mar 2016 - 20:01


Asthrabal était un homme prudent , et les gardes désarmèrent donc le trio de mercenaires qui s’étaient pompeusement présentés quelques minutes plus tôt à l’entrée des Caves d’Or.  Celui qui semblait être le chef des gardes fit bien attention à immobiliser la prothèse métallique du Bras de Fer qui pouvait rapidement être utilisée comme une arme. Ald’ar , considérablement gêné par le port de cette encombrante attelle , ne protesta pourtant pas ; il valait mieux ne pas froisser le Bourgeois avant même de l’avoir rencontré ; le Nordique se laissa donc faire.  
Les mercenaires furent dépouillés de leurs innombrables armes et  de divers objets que des gardes très zélés avaient considéré comme étant potentiellement dangereux ; de toute évidence la prudence du maître des lieux était assez proche de la paranoïa.

On les conduisit ensuite dans un somptueux salon richement ornementé et qui renfermait des reliques inestimables provenant des quatre coins du continent. Asthrabal se tenait devant eux, visiblement inquiet . Ald’ar examina rapidement celui dont il avait tant entendu parler et qui détenait une grande part du pouvoir économique de la région ; c’était un homme d’un âge assez mûr et de taille moyenne , pas réellement impressionnant physiquement mais les traits de son visage et son attitude reflétaient un certain rayonnement qui pouvait partiellement expliquer son succès.
Le Bourgeois prit la parole et argua que la manière dont ses invités du jour s’étaient présenté insinuait la présence de quatres guerriers or il n’était que trois. Effectivement la langue d’Ald’ar avait fourché et il aurait dû dire “ Le Glaive et les Sabres”  mais à présent que son interlocuteur soulevait de tels questions , le Lossoth se mit à vouloir jouer sur son lapsus.

“Nous nous sommes installés dans la région il y a peu et le groupe armé que nous dirigeons et encore en formation. déclara le Bras de Fer.  Quant à la notoriété , eh bien… j’ai bon espoir qu’elle viendra très rapidement. “

Le marchand d’artefacts , sans prendre la peine de répondre aux indications du mercenaire , se leva de son luxueux fauteuil et les invita à le suivre.  Ils descendirent  alors un escalier éclairé par d’étranges lumières ; tout ici semblait être pensé pour émerveiller et fasciner les visiteurs. Lagor qui n’avait pas côtoyé une telle aisance de vie depuis longtemps observait avec étonnement tous les recoins ; Ald’ar quant à lui se contentait de jeter de brefs regards mais ce qu’il vit suffit à lui faire comprendre que les Caves d’Or était peut-être l’un des lieux les plus captivant du royaume si ce n’est des Terres du Milieu.  De son côté Nomua ne semblait pas vraiment impressionné et il se contentait simplement d’avancer juste devant Geoff ; il regarda seulement la lame qui ceignait à sa ceinture avant hausser les épaules avec une pointe d’insolence.

Le petit groupe très hétéroclite s’arrêta devant une immense et épaisse porte en métal qui semblait bien impénétrable . De toute sa carrière Ald’ar n’avait jamais vu une paroi aussi importante pour garder des reliques dans une demeure privée.  Pour le coup le Lossoth était réellement impressionné et cette protection extraordinaire parvint même à attirer l’attention de l’elfe qui l’examinait sous toutes les coutures de son regard vert cobalt .
A l’aide d’étranges clés Asthrabal et Geoff actionnèrent deux mécanisme qui firent ouvrir la porte sans aucun bruit. L’intérieur de la pièce était là aussi somptueusement aménagée avec de grandes tapisseries et de grands tapis ; de nombreux coffres et écrins abritaient les fameux artefacts qui avaient rendu le commerce du Bourgeois si fructueux mais de toute évidence certains manquaient à l’appel ce qui provoquait , à raison , la colère et le désarroi d’Asthrabal.  Il n’y avait rien de plus cruel que de perdre en un instant tout ce que l’on avait amassé pendant des décennies ; Ald’ar , Lagor ou même Nomuas avait déjà pu expérimenté cela .

Ald’ar analysa rapidement l’état des lieux avant de se tourner vers son potentiel employeur.


“Comme vous le dites la porte n’a pas pu être forcée ; l’enfoncer aurait laissé des traces. Et j’aimerai bien voir qui pourrait la forcer , elle me semble bien impénétrable”.


Lagor acquiesça , même la Panthère d’Esgaroth se semblait pas être en mesure de la faire vaciller d’un iota malgré son imposante carrure.  Les trois mercenaires se mirent alors à ausculter la pièce de manière rigoureuse ; les voleurs étaient bien entrés par quelque part et comme ils n’étaient pas passés par d’inexistantes fenêtres ou par la porte il fallait bien qu’il y ait des indices sur le mode d’entrée qu’ils avaient utilisé car toute effraction laissait des marques ; les pillards les plus doués ne pouvaient que les atténuer en espérant que quand on les remarquerait ils seraient déjà loin mais il était impossible des les effacer complètement.  Les trois mercenaires avaient l’expérience avec eux et Nomuas et Ald’ar avait été plusieurs fois amenés à s’infiltrer dans des endroits où ils n’auraient pas dû se trouver : pour reconstituer les méthodes d’un malfaiteurs il fallait impérativement réfléchir comme un malfaiteur ce que le  Nordique , l’Eldar ou le colosse pouvait naturellement faire.

Ald’ar étudia le sol , poussant certains tapis en cas de besoin ; il savait que dans certains bâtiments d’anciennes trappes désaffectées et inutilisées depuis des lustres étaient parfois reéxploitées par des cambrioleurs. Mais ce fut finalement Nomuas qui découvrit le pot aux roses ; depuis quelques minutes l’elfe examinait les murs de l’antichambre et vérifiait ce qui se trouvait derrière les tapisseries. Il ne tarda pas à trouver un tunnel étroit qui de toute évidence n’aurait pas dû être là.

"-Un tunnel ...murmura-t-il avant de s’exclamer à haute voix. Les voleurs ont construit un tunnel dans la pierre!

Il écarta la tapisserie d’un geste brusque dévoilant le passage exigü.

-Ils ont creusé un tunnel dans la pierre ?
Fit un Lagor dubitatif qui frappait la roche comme pour en tester la solidité.

Le Bras de Fer se tourna alors vers le Bourgeois

-Les pillards sont venus il y a trois jours et ils doivent déjà être loin à l’heure qu’il est , si nous voulons préserver une chance de les retrouver il faut agir maintenant sans plus tergiverser. Nomuas ; emprunte ce tunnel et regarde où il conduit , veille à nous tenir informé de chaque indice que tu trouveras. "



L’elfe était le seul capable d’entrer dans ce passage trop petit pour Lagor qui avait les épaules bien trop larges ou même pour Ald’ar trop robuste et considérablement importuné par le port de cette attelle de sécurité.  Le choix se porta donc sur Nomuas qui ne semblait pas vraiment effrayé à l’idée de s’engouffrer dans cette sombre galerie sans ses armes qui étaient restées à l’entrée du domaine.  Le Nordique avait jugé bon de rappeler à l’elfe de les tenir au courant; les vélleités d’indépendance de l’elfe était parfois un peut trop affichées il fallait veiller à les contrôler tout en lui laissant assez d’espace pour le frustrer.

“En attendant de voir où ce tunnel débouche et de potentiels indices je dois savoir qui est au courant de ce vol et si d’autres personnes enquêtent déjà dessus. Et il faudrait également songer aux modalités du contrat pour que notre collaboration devienne officielle si vous voyez ce que je veux dire.”


----------------------------------------------------------------------------------

Nomuas avançait dans le noir total et dans un conduit où l’air était assez rare et où il fallait prendre garde à ménager ses efforts et son souffle mais l’elfe ne semblait nullement paniqué et il avançait tranquillement à l’aide de ses coudes et de ses jambes. Parfois une pierre lui égratignait la peau mais il ne bronchait pas ; la seule chose qu’il semblait avoir perdue était la notion du temps. Il ne sut pas combien de temps il s’était engagé dans son tunnel mais même pour un elfe pour qui une décennie ne signifiait pas grand chose , il lui semblait s’être passé un temps assez important. C’est alors enfin il vit la lumière au loin...



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Ven 5 Aoû 2016 - 2:06

Lorsque Nomuas découvrit le tunnel caché, le visage du Bourgeois s’assombrit davantage, et ses poings se resserrèrent involontairement. Geoff quant à lui grimaça, une étrange expression faciale qui semblait indiquer un mélange de surprise et de gêne. Après tout, ils auraient pu découvrir l’entrée du tunnel tous seuls s’ils avaient pris le temps de fouiller les murs, mais la possibilité qu’un cambrioleur puisse creuser, inaperçu, à travers des dizaines de mètres de terre et de roche leur avait semblé tellement improbable qu’ils étaient restés fixés sur l’énigme de la porte intacte.
Lorsque l’elfe s’enfonça dans les abysses, le Bras de Fer et Asthrabal commencèrent les négociations. Lagor et Geoff quant à eux demeuraient silencieux ; on ne les payait pas pour parler.
Asthrabal répondit à Ald’ar :

-Au courant de ce vol…Lossarnach est une petite région, et il y a deux types de personnes qui y vivent : les agriculteurs et les nobles venus ici pour se détendre. Les uns comme les autres raffolent des rumeurs et des scandales de toute sorte. Pratiquement personne ne sait qu’est ce qui a été volé, à quel moment exact et dans quelle pièce, mais pratiquement tout le monde a entendu parler d’un cambriolage dans les Caves d’Or…la jalousie des hommes n’a aucune limite ! Quant aux autres personnes qui enquêtent dessus…il n’y a pas d’autres mercenaires avec qui j’ai signé de contrat pour l’instant. J’ai envoyé quelques-uns de mes hommes à la recherche d’informations, et la garde du roi Artheyrn mène sa propre enquête – le Bourgeois grimaça en remémorant sa conversation avec le monarque- cependant je doute fortement de leur efficacité ou leur bonne volonté.

Asthrabal invita le Bras de Fer à le suivre vers une autre pièce, laissant Geoff et Lagor seuls dans la chambre forte à attendre le retour de Nomuas. Le marchand et le mercenaire se retrouvèrent bientôt dans un petit salon, des deux côtés d’un bureau sur lequel des feuilles de papier ainsi qu’un encrier étaient posés.


-Vous avez prouvé que vous n’êtes pas des amateurs. Ceci est suffisant pour moi pour signer un contrat préliminaire avec vos Glaives et Sabres. Nous pouvons nous mettre d’accord sur une récompense pour trouver et capturer les coupables, ainsi qu’un pourcentage de celle-ci pour des informations clefs permettant la capture des voleurs. Quels moyens mettez-vous à ma disposition, et quel est votre prix ?

***

Pendant ce temps, Nomuas s’enfonçait dans les ténèbres. Il put s’apercevoir que la première partie du tunnel semblait plus récente et plus étroite, finissant par déboucher sur un couloir plus large lui permettant d’avancer debout, bien que penché. Des poutres en bois soutenaient même le plafond par endroit. Il finit par se retrouver face à une vieille porte entrouverte qui laissait rentrer quelques rayons de soleil. La porte menait vers l’intérieur d’une vieille maison à moitié en ruine. Les fresques à moitié effacés sur les murs indiquaient que la bâtisse avait jadis appartenu à un propriétaire assez riche. Soudainement, le bruit de pas se fit entendre. Un homme d’une soixantaine d’années armé d’un gourdin apparut devant Nomuas et dit, d’une voix menaçante :

-Qui va là ? Que faites-vous ici ? C’est une propriété privée !



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Dim 14 Aoû 2016 - 13:00



Ainsi l’idée de vérifier les murs et ce qui se trouvait derrière les tapisseries n’avait effleuré l’esprit de personne ici avant l’arrivée des trois mercenaires.  A priori les méthodes de travail de la garde des lieux ainsi que de l’armée régulière étaient à revoir ; mais quoiqu’il en était ils n’étaient pas là pour tergiverser sur ce qui aurait dû être fait. D’ailleurs cette erreur arrangeait plutôt bien les affaires du Bras de Fer et de ses acolytes qui venaient au moins de montrer que eux ils avaient les bons réflexes.  Le Bourgeois s’était montré assez méfiant à leur égard depuis leur arrivée ce qui était un réaction plutôt compréhensible quand se présentaient sur le seuil de votre porte un Lossoth avec une arme à la place du bras, un colosse à la peau sombre et un elfe plutôt atypique; tous sortis de nulle part; c’était assez peu commun.  Là ils venaient de marquer des points dans l’esprit du riche marchand d’artefacts et avaient peut-être par la même gagné un peu de sa confiance ce qui était suffisant lorsque l’on voulait  se faire grassement payer pour services rendus.

Asthrabal l’informa que le bruit d’un cambriolage s’était plus ou moins répandu dans la région et que plusieurs factions menaient l’enquête tout en émettant certaines réserves sur l’engagement complet des forces du Roi. Les relations entre l’Affable et le Bourgeois étaient-elles devenues houleuses?  C’était en tout cas ce que voulaient les rumeurs qui se répandaient aussi dans le coin et il se pouvait bien qu’elles disaient vraies.

D’un geste Asthrabal invita le Nordique à la suivre à l’extérieur de la chambre forte mais Lagor ne fut clairement pas convié et ils laissèrent donc la Panthère d’Esgaroth en compagnie  de Geoff.

Le commerçant conduisit le mercenaire jusque dans une belle pièce parfaitement agencée et meublée; il s’assirent chacun de part et d’autre d’un magnifique bureau en bois ouvragé : le dur des négociations allait pouvoir commencer et Ald’ar s’en délectait déjà; la signature d’un premier contrat pour son groupe était imminente et ce serait sûrement le premier d’une longue liste ; la première étape qui les mènerait à la gloire, au succès et à la richesse.

“Nous avions à coeur de vous montrer que nous ne sommes pas des branquignoles venus vous faire perdre votre temps ; des “amateurs” comme vous dites. Nous avons tous trois assez d’expérience pour pouvoir prétendre avoir les capacités de vous ramener vos biens.”

Le Bourgeois lui demanda alors quel était le prix à payer pour s’allouer les services des mercenaires et bien qu’il était loin d’être un expert en commerce et négoce une idée vint à l’esprit d’Ald’ar pour rendre leur contrat encore plus solide.

“Pour les informations, inutile de nous payer...Nous nous sommes présenté ici avec la ferme intention de vous ramener ce qui vous a été volé et c’est ce que nous ferons dans le cas contraire ce serait un échec sur toute la ligne et nous ne mériterions pas votre or.  Voici ce que je propose : nous voulons un pourcentage d’environ 10 % de la valeur des artefacts que nous vous ramènerons. Cela peut paraître cher mais au moins vous serez garanti que nous ne serons payé qu’en fonction de la réussite de notre mission.

Bien entendu une estimation des biens rapportés devra être effectué par une tiers personne, experte en ce domain et qui n’aura aucun préavis sur la question.

Cependant si vous voulez continuer et revoir les termes du contrat plus longuement et dans des considérations plus techniques je vous invite à le faire avec mon associé qui est plus qualifié dans ce domaine. On l’appelle la Pièce mais vous devez sûrement  le connaître sous le nom de M.Jillar...non?”



-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Dans la chambre forte, Lagor semblait bien dubitatif et ne cessait de parcourir la pièce en long, en large et en travers à la recherche d’un autre indice qu’ils auraient pu rater.  Geoff lui ne bougeait pas d’un iota.  Le colosse de Lacville tapota alors un des murs de pierre et se gratta le crâne, toujours aussi circonspect.

“Mais comment peut-on construire un tunnel dans cette roche? Ça a dû prendre des mois, voire des années à moins que ce passage ne soit bien plus ancien qu’on ne le pense…”


La panthère d’Esgaroth était difficilement impressionnable mais là il semblait bien interloqué devant l’exploit qu’avait réalisé les cambrioleurs. A moins qu’il ne s’agissait pas d’une simple prouesse technique ; et si cette galerie avait été là depuis bien longtemps sans que personne n’y prête attention? Elle était probablement  loin d’avoir délivrée tous ses secrets.  

Malheureusement , coincé dans cett vaste pièce en compagnie de Geoff et bien trop robuste pour pouvoir glisser ne serait-ce que son buste à l’intérieur de l’ouverture; Lagor n”était pas vraiment en mesure de faire avancer l’enquête.

En l’état actuel des lieux seul un pouvait recueillir de nouveaux indices.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Au cours de ses six siècles d’existence Nomuas avait connu des accueils plus bienveillants que celui qui lui fut réservé à la sortie de la galerie.  Un vieillard s’était présenté à lui , un gourdin à la main, et l’avait invectivé en lui signalant qu’il se trouvait dans une propriété privée.

Instinctivement l’elfe porta sa main à son ceinturon ou d’habitude se trouvaient toutes ses lames mais il n’en trouva aucune. Asthrabal leur avait confisqué toutes leurs armes avant qu’ils puissent entrer dans les Caves d’Or. Il jura intérieurement  avant de rétorquer au vieux propriétaire des lieux qui se rendait tout doucement compte que son visiteur indésirable était un intrus plutôt particulier.

“Et cette galerie  qui part de chez vous conduit également à un propriété privée. Et j’ai toutes les raisons du monde de croire qu’elle a été récemment empruntée.



Nomuas jeta un coup d’oeil dans son dos, où se trouvait l’entrée de cette fameuse galerie. Le trajet à l’intérieur de celle-ci avait été pour le moins intrigant , en plus d’avoir été éprouvant. Si le corridor était étroit et assez “ sauvage” au début, il s’élargissait progressivement à mesure que l’on s’éloignait des Caves d’Or. Le tunnel finissait même par devenir un véritable couloir, plutôt large et haut et même aménagé à l’aide de poutre en bois pour soutenir le plafond. Le tout paraissait ancien , vieux de plusieurs années : soit les voleurs avaient préparé leur rapt depuis longtemps soit ils avaient utilisé un passage bien plus ancien que leur projet.

Nomuas analysa rapidement la bâtisse dans laquelle il se trouvait  à présent : l’endroit était en ruine mais tout indiquait qu’autrefois cela avait servi de splendide et luxueuse demeure. Qu’est ce que cela pouvait bien signifier? Et qui était ce vieillard au comportement agressif?

“Très cher... Ne vous inquiétez pas ;  je m’en irai dès que j’aurai ce que je suis venu chercher. Je vous conseille donc vivement de me dire tout ce que vous savez à propos de ce tunnel et de ceux qui l’ont utilisé récemment.”


L’elfe adressa un sourire pas vraiment rassurant à l’homme; le jeu de manipulation et d’intimidation commençait pour l’Eldar qui s’en délectait d’avance. Heureusement que c’était lui qu’on avait mis sur le coup ; Lagor aurait déjà décapité le pauvre bougre avant qu’il ne puisse parler et Ald’ar aurait trop vite perdu patience.

“Ah ...et  il est inutile d’essayer de me mentir. Je le saurai tôt au tard et alors je vous le ferai payer  par un lourd tribut. On ne ment pas à un Premier Né sans en subir les conséquences non?”



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Ven 24 Aoû 2018 - 14:56
Asthrabal dissimula la vague d’émotions contradictoires qui venait de traverser son esprit en levant son verre de cristal et buvant une gorgée de cognac venant de meilleures vignes de la région. Tout d’abord la surprise lorsqu’Ald’ar mentionna qu’il ne demandait aucune récompense  si jamais la mission venait à échouer. Ensuite l’incrédulité face au pourcentage proposé par le mercenaire, et finalement la frustration lorsque ce dernier évoqua le nom de Jillar. Oui, Ald’ar avait raison, le Bourgeois connaissait cet individu. La haute société de Lossarnach était au final un petit club exclusif, rassemblant marchands, nobles locaux, et dignitaires des autres provinces du Gondor qui venaient y séjourner. Et Jillar…il n’était pas jeune, mais aux yeux d’Asthrabal il s’agissait quand-même d’un ‘nouveau riche’, un arrivant assez récent sur l’estrade dorée de Lossarnach.  Il était un véritable requin qui s’était enrichi pendant le Rude Hiver, en rachetant des propriétés précieuses à des fractions de leur véritable valeur aux propriétaires désespérés, et en prêtant de l’argent à des nobliaux pour leur permettre de garder leur mode de vie extravagant. Et quand un homme tient la moitié de l’aristocratie locale sur une laisse dorée, il devient rapidement redoutable.

Naturellement, l’opinion du Bourgeois sur cet individu n’avait rien à voir avec l’aspect moral ou immoral de ses activités. Asthrabal avait son code d’honneur bien particulier mais il était avant tout un marchand, et en tant que tel il éprouvait une certaine admiration pour les talents de la Pièce. Pour cette raison exacte, il s’en méfiait comme du feu. Il n’avait jamais fait d’affaires directement avec Jillar, et avait interdit aux autres membres de la Compagnie du Sud de le faire. Signer un contrat avec ces mercenaires allait donc à l’encontre de ses principes…mais il était prêt à tout pour retrouver les objets volés, et punir les responsables.

-6% si vous retrouvez les artefacts, et 7% si en plus de ça vous me ramenez les responsables vivants. C’est mon dernier mot, si cela ne vous convient pas ça ne sert à rien de faire venir votre associé, il n’y aura pas de contrat. Vous êtes loin d’être les seuls mercenaires sur le marché, et la somme que je vous propose est déjà bien au-delà des salaires qu’ils demandent.

***

L’homme plissa les yeux, comme quelqu’un qui avait une vue assez faible, et inspecta l’intrus de plus près.

-Mais vous êtes un elfe ? Hé bien, qui l’aurait cru ? Un elfe dans un tunnel poussiéreux à Lossarnach, quelle drôle d’idée ! Me voilà rassuré en tout cas, en vous voyant apparaître, je pensais que vous étiez un bandit, déserteur, ou autre vermine de mercenaire comme en voit souvent dans le coin. Mais je vois que non, un elfe hà ! Qui l’aurait cru, qui l’aurait cru.

L’homme baissa un peu son gourdin, et se gratta le menton, recouvert d’une barbe de trois jours grise.

-Récemment empruntée ? La galerie ? Haha, hormis vous, je pense qu’il n’y a que les rats qui l’emploient, sans vouloir vous offenser. Mais on ne va pas rester là plantés comme des tournesols, non ? Venez-vous asseoir, on va boire du thé. De toute façon c’est à peu près tout ce que vous buvez, vous les elfes non ?

L’homme posa son gourdin sur la tablette de cheminée, et attrapa une théière en métal qui était suspendue au-dessus du petit feu. Il l’utilisa pour recouvrir les herbes séchées se trouvant dans deux tasses d’eau chaude, et en donna une à Nomuas, puis vient s’installer en face de lui, sur un vieux fauteuil un peu poussiéreux.

-Un premier né vous dites ? Vous êtes le premier enfant de vos parents c’est ça ? Oui, il paraît que les premiers bénéficient d’une certaine autorité naturelle, mais je ne saurais vous dire. Mon père de toute façon était un marin, je ne l’ai jamais connu, et j’ai pas eu de frères ni de sœurs voyez-vous. Bah, je suppose que si je suis le seul enfant, je suis aussi un premier né hein ? Tout comme un dernier né au final.

Il gloussa, puis prit une gorgée de sa boisson chaude.

-Mais revenons à nos moutons. Vous voulez savoir ce que je sais à propos du tunnel ? Bah, la vallée de Lossarnach en est remplie depuis des centaines d’années vous ne le savez pas ? Il s’agissait d’un refuge en cas d’invasion, il ne faut pas oublier que Lossarnach était souvent la cible d’attaques des pirates d’Umbar, sans parler de la proximité de la forteresse du roi sorcier… - L’homme fit un signe de la main pour éloigner les mauvais esprits – mais avant tout, il s’agit d’un endroit pour stocker le blé, le bois et d’autres ressources, surtout pendant l’hiver. Quant à ceux qui l’ont utilisé récemment…comme je vous disais, surtout des rats. Mon dos me fait trop mal pour parcourir des kilomètres dans le noir plié en deux, et je ne vois pas pourquoi je le ferais. Et cela fait bien longtemps qu’on ne stocke plus de blé dans ce domaine…





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Dim 2 Sep 2018 - 23:20


Ald’ar émit un petit rire  et sourit au Bourgeois qui, confortablement installé dans son luxueux fauteuil, sirotait un verre de vin avec délicatesse. Un tel degré de raffinement qui contrastait réellement avec la vie austère à laquelle le Nordique avait eu droit. Depuis sa naissance il avait dû braver les éléments et la mort qui guettait les habitants de l’inhospitalière Baie de Forochel, il avait mené une vie de combattant, de mercenaire arpentant les routes du continent sans avoir ni foyer ni famille. Il s’était souvent contenté du strict minimum au niveau du confort ou du niveau de vie, s'accommodant souvent de bien peu; il se plaisir à dire que cette vie “à la dure” avait forgé sa résilience.  Il ne regrettait pas  d’avoir mené ce mode de vie mais il n’avait  jamais non plus caché son attirance pour le luxe tel qu’il se présentait sous ses yeux dans les Caves d’Or. S’il avait quitté son peuple, les Lossoth, c’était aussi dans l’espoir de rencontrer le succès ailleurs, dans des terres plus civilisée, bien loin de la précarité du Nord lointain. Et aujourd’hui après les récompenses conséquentes reçues de la main du seigneur oriental quelques semaines plus tôt et la mise en place de son projet de mercenariat à grande échelle, il sentait que bientôt peut-être ce serait à lui d’être assis dans un fauteuil de velours à se sustenter des mets les plus distingués. L’histoire d’Ald’ar Omenuir s’apparentait à celle de la brute qui se rêvait dandy et du grognard qui se voyait muscadin. Mais le monde bourgeois des affaires n’était pas une arène moins féroce que celle des gladiateurs, on y retrouvait les mêmes ennemis prêt à vous faire mordre le sable pour défendre au mieux leurs intérêts et à ce petit jeu là Asthrabal avait bien plus d’expérience que l’ancien Lefnui dont l’art de la négociation n’avait pas toujours été vraiment exemplaire. Ceux qui avaient servi sous ses ordres lors du sac de Fondcombe s’en souvenaient sûrement très bien.  

Comme attendu l’offre gourmande d’Ald’ar ne connut pas l’adhésion du propriétaire des lieux mais la contre-proposition qui suivit restait tout de même alléchante. Le Nordique ne savait pas vraiment grand chose de la nature des biens dérobés mais leur valeur semblait bien conséquente au vu de l’inquiétude du Bourgeois et des moyens investis pour en retrouver la trace.  La perspective de toucher six pour cent de leur valeur était vraiment encourageante même s’il se rendait maintenant compte que la présence de Palvan dans de telles circonstances aurait été précieuse. Il aurait sûrement mieux mené les négociations qu’un Ald’ar un peu perdu dans tous ces chiffres face à l’un des marchands les plus influents et renommés du continent et tête pensante de la Compagnie du Sud.

Par contre il y avait bien une donnée que le Lossoth était mieux capable d’analyser que n’importe quel négociant du  royaume : le degré de faisabilité d’une mission. Quand on parlait d’opération de terrain le mercenaire était dans son élément et ses quelques décades d’expérience en la matière jouaient en sa faveur. Et en l'occurrence la demande du Bourgeois relevait quasiment de l’impossible.  Se sentant en confiance sur ce sujet, Ald’ar commença avec cela:

“ Compte tenu du temps écoulé depuis le cambriolage, les malfaiteurs pourrait être à des dizaines voir des centaines de lieux de Lossarnach; peut-être se sont-ils même dispersés aux quatres coins des Terres du Milieu. Les ramener vivant et apte à parler ne sera alors clairement pas une mince affaire. Une telle mission est bien évidemment dans nos cordes mais au vu de sa complexité il faudra revoir votre offre à la hausse. Voici ma proposition: six pour cent pour les artefacts et on monte à neuf si je vous ramène les cambrioleurs en bon état plus le droit de disposer d’eux une fois que vous aurez mené votre petit interrogatoire. A cela il faudra aussi compter un certain soutien financier,logistique et politique pour pouvoir mener à bien notre mission.”


En effet de tels professionnels capables de s’introduire dans les Caves d’Or lourdement gardées pourraient faire d’excellentes recrues pour les ¨ mes Perdues.

“Si nous sommes d’accord alors je vous laisserai régler les termes du contrat avec mon associé M.Jillar”.

Faisant mine de se redresser, Ald’ar tendit sa main valide à son nouvel employeur.

“Alors ...Marché conclu?”


-------------------------------------------------------------------------------------------------

Le vieil homme était très bavard, trop bavard même pour un Nomuas qui chérissait avant tout le silence et la discrétion mais dans le cas présent le tempérament babillard de l’inconnu était une aubaine; d’autant qu’il semblait savoir pas mal de choses sur ces tunnels. L’Eldar prit donc son mal en patience et s’efforça d’adopter un ton plus bienveillant que le premières paroles échangées. Il se détendit et accepta avec un sourire faussement reconnaissant de s’asseoir en face du vieillard qui lui servit du thé.  Il n’en but pas une goutte, des siècles d’activités dans le milieu de l’espionnage et de l’assassinat l’avait rendu complètement paranoïaque sur ce genre de chose et jamais il ne mangeait ou ne buvait ce que lui tendait un inconnu, il avait lui-même tellement de fois tuer en glissant quelques gouttes de poison mortel dans un breuvage destiné à une cible. Néanmoins pour ne pas éveiller le moindre soupçon il porta la tasse à la bouche et fit mine de boire quelques gorgées tout en écoutant attentivement le discours verbeux de son interlocuteur. Au milieu du flot d’informations inutiles et anecdotes inintéressantes au possible il y avait quelques pistes qui pouvaient se révéler précieuse pour la suite.  Ainsi un réseau de galerie parcourait la ville en cas d’attaque, donc le tunnel qu’il venait d’emprunter n’était pas le seul; le caractère désuet de ces installations pouvait aussi en faire un passage privilégié pour les malfaiteurs pourvu qu’ils en aient connaissance.

Nomuas reposa délicatement sa tasse et demanda d’une voix suave et chantante. Si son apparence n’avait plus grand chose à voir avec celle de ses semblables, le ton de sa voix et son caractère envoûtant n’avait par contre pas changé depuis sa jeunesse passées à Vertbois.

“Mais dîtes moi mon ami; existe-il une carte ou quelque document sur ce système de galerie pour  y voir plus clair. Vous qui semblez bien connaître ce système , je vous en prie éclairez moi , cette sagesse, cette connaissance est-elle connue de tous ici et au-delà. Qui en connaîtrait assez sur ces galeries pour pouvoir les emprunter à leur guise sans éveiller le moindre soupçon afin de circuler dans la ville et de pouvoir entrer n’importe où, y compris dans les endroits les mieux protégés?”


Il fit à nouveau mine de boire avec satisfaction.

“Toutes ces questions peuvent vous sembler étrange mais votre histoire de galerie à hautement éveillé ma curiosité. Je me suis récemment installé dans la région et aie emprunté ce tunnel par pur hasard mais tout ceci m’intrigue au plus haut point, je dirais même que cela m’excite.”


Nomuas en faisait peut être un peu trop mais il avait le pressentiment qu’avec cet homme la nuance et la subtilité n’était pas forcément requises pour obtenir au plus vite des informations, il avait choisi d’y aller avec des gros sabots pour le flatter et le mettre en confiance.

-----------------------------------------------------------------------------

De son côté Lagor avait également trouvé quelque chose : une figurine peinte en bois représentant un paon faisant la roue. Elle avait été placée dans la galerie empruntée un peu plus tôt par son acolyte aux oreilles pointues qui l'avait renversé sans s'en rendre compte. Le colosse à la peau sombre fronça les sourcils et montra l'objet à Geoff sui se trouvait derrière lui.

"C'était dans le trou...on devrait monter pour leur montrer ."


Ald'ar et Asthrabal pourraient sans doute tirer plus de cette sculputure que les deux guerriers qui n'avaient strictement aucune idée du pourquoi de la présence de cet objet. Etait ce un artefact du Bourgeois? Un élément de décoration? Un oubli des cambrioleurs? La panthère d'Esgaroth n'en savait rien mais espérait que son supérieur en sache plus; Lagor était un guerrier, un homme d'actions pas un détective. Toutes ces enquêtes visant à collecter des indices pour remonter à la source n'appartenaient pas à son domaine, il ne se révelerait réellement précieux qu'au moment où les épées devront être dégaînées.



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Lun 24 Sep 2018 - 11:21
Le marchand soupira. Habituellement, il adorait les négociations ainsi que les contrats, et il se retrouvait régulièrement face à des négociateurs bien plus habiles ou rusés qu'Ald'ar. Mais aujourd'hui il n'arrivait à prendre aucun plaisir au marchandage, et commençait à s'impatienter. C'était principalement dû à son énervement par rapport au vol, mais l'implication de Jillar dans le contrat ne faisait rien pour arranger l'affaire. Bien que conséquent, le coût que représentait le pourcentage proposé par le mercenaire n'allait pas avoir d'impact réel sur la fortune du propriétaire des Caves d'Or. Sa collection d'objets était une source de revenus certes, mais secondaire à ce que lui apportait sa position dans la Compagnie du Sud. Il s'agissait plutôt d'une passion ; collectionner les artefacts et élucider leurs mystères l'intéressait bien plus que la valeur matérielle qu'ils représentaient. Il conclut :

-6% pour les artefacts retrouvés, 8% si vous me ramenez les responsables vivants. Les ressources de la Compagnie du Sud seront mises à votre disposition pour les transporter jusqu'ici, mais la réussite de cette mission sera votre responsabilité et en cas d'échec...aucun marchand de la Compagnie ne recourra plus jamais à vos services. Cela suffira pour aujourd'hui, maître mercenaire. Je pense que vous feriez mieux de vous lancer à la recherche des responsables.

Il serra la main d'Ald'ar, et lui indiqua la sortie d'un geste subtil de son autre bras.

***

-Connue de tous ? Certainement pas ! Les tunnels n'ont pas été empruntés à proprement parler depuis l'automne de 283, quand les orques ont envahi le Gondor, et encore, peu de gens savaient naviguer dans les tunnels déjà à cette époque là. Aujord'hui ? Une poignée de vieillards, peut-être quelques jeunes qui étaient gamins il y vingt ans. De toute façon une bonne partie des entrées des galeries ont été refermées avec toutes les reconstructions et rénovations qu'il y a eu dans les manoirs au fil des dernières années. Avec tous les nouveaux-riches et nobliaux de la capitale qui viennent s'installer ici, et ce satané Jillar qui essaye de racheter toutes les propriétés à des prix absurdes...mais moi j'ai dit non ! Pas question de vendre l'héritage familial à un vautour, même si le seigneur est enterré depuis des années, et que sa fille est partie de Lossarnach il n'ya pas moins de dix ans...je garderai la demeure jusqu'à ce qu'un héritier revienne...ou jusqu'à ma mort.

L'homme se gratta le menton, et reprit une gorgée de thé. La boisson chaude sembla l'apaiser, et il reprit d'un ton plus calme.

-Mais vous parlez d'une carte ? Je ne connais qu'un cartographe dans le coin susceptible d'avoir ce genre de chose, car je ne vois pas qui aurait l'utilité d'un tel document ! Remarquez, il est un peu obsedé, lui. Cartes géopolitiques, cartes topographiques, cartes agriculturelles, cartes au trésor, plans des villes, cartes historiques. Chacun sa passion je suppose, m'enfin quelle idée hein ? Passer sa vie avec le nez dans les papiers, il aurait probablement mieux fait de voyager dans tous les coins qu'il dessine et recopie. Peu importe, peu importe...si jamais vous voulez vraiment le trouver, parce qu'effectivement vous m'avez l'air tout excité par cette affaire, il faut vous rendre dans la vallée d'Imloth Melui, à deux heures de marche d'ici à peu près, moins d'une heure avec un cheval rapide. Il y a là un petit village rempli de maisons de vacances de la noblesse gondorienne, hah. Il y en a presque autant que des fleurs dans la vallée, et c'est dire. Une petite maison, sur la droite de l'entrée du village, chez maître Jonnery, cartographe et antiquaire.

***

Avant qu'Ald'ar ne puisse quitter le salon d'Asthrabal, un frappement se fit entendre à la porte, et Geoff ainsi que Lagor penètrerent dans la pièce. Geoff fit son rapport, en disant que la petite figurine de paon fut trouvée dans le tunnel étroit. Asthrabal la prit dans sa main, la regarda pendant un moment, puis dit :

-Cet objet n'a aucune importance ni valeur. Merci messieurs, vous pouvez disposer. Avec chaque heure passée, les voleurs s'éloignent,et les chances de les attraper diminuent.

Lorsqu'il se retrouva tout seul dans sa pièce il deserra son emprise sur la figurine, qu'il tenait tellement fort que ses phalanges avaient blanchi. Le symbole de la vanité ? Ces misérables voleurs osaient se moquer de lui ? Il était hors de question que le roi de Lossarnach apprenne cela. Et lorsqu'il mettrait la main sur ces vermines...furieux, il balanca la figurine contre le mur. Le bois peint éclata en morceaux.

***

La maison de Jonnery correspondait bien à la description du vieillard. Située à l'entrée du charmant village de la vallée fleurie, il s'agissait d'une vieille bâtisse sur deux étages, dont le rez-de-chaussée servait de boutique. Des nobles, des serviteurs, des fermiers et des gardes de Lossarnach se balladaient dans la rue ; des clients potentiels, mais dont aucun ne se décida pour l'instant à pénetrer dans la boutique. Les antiquités plus ou moins précieuses y étaient exposées de manière quelque peu chaotique, mais les rouleaux de papier sur lesquels figuraient sans doute les cartes étaient rangés soigneusement sur des étagères designées, loin de la flamme des lampes à huile. Lorsque la porte de la boutique s'ouvrit, Jonnery leva les yeux du parchemin qu'il étudiait.



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Ven 28 Sep 2018 - 12:01


Six pourcents pour les artefact, deux de plus si les cambrioleurs étaient ramenés sans compter la mise à disposition des ressources non négligeables de la Compagnie du Sud, cette fameuse guilde marchande à l’influence considérable dans la région qui régulait une majorité écrasante du commerce effectué et au sein de laquelle le Bourgeois occupait une place de choix. D’ailleurs l’annonce qu’en cas d’échec aucun marchand de la Compagnie ne ferait plus jamais appel à leurs services arracha une grimace au Lossoth, si cela venait à arriver ce serait clairement un frein au développement des  mes Perdues. Les grands commerçants soucieux de protéger un convoi proposaient très certainement les contrats les plus juteux et les moins risqués pour un groupe de mercenaire.  Et comme tout négociant qui connaissait un minimum de succès faisait partie de la Compagnie du Sud, tout cela risquait de se compliquer si il ne donnait pas satisfaction à Asthrabal; il faudrait alors prospecter des contrats dans d’autres région plus éloignées où la présence de la Compagnie était moins écrasante ou alors aller jusqu’à songer de proposer leurs compétences aux autorités officielles qui, disait-on, avaient de plus en plus de mal à assurer la sécurité aux frontières. Mais l’heure n’était pas de penser à l’échec, ce n’était pas même envisageable. Le propriétaire de lui récupérerait ses biens et se chargerait de recommander les services des  mes Perdues à tous ces “amis” fortunés de la Compagnie. Le succès ne leur rapporterait pas seulement l’argent promis par le Bourgeois mais aussi une solide réputation qui pouvait leur promettre un avenir radieux .
Le Bras de Fer  passa un doigt sur ses lèvres violacées avant de dire avec un sourire satisfait.

“Je vois que votre réputation d’habile négociateur n’est pas surfaite. Mais je crois que nous avons trouvez un terrain d’entente. Marché conclu!”


Il serra avec force la main que son nouvel employeur lui avait tendu, ce dernier n’y mit d’ailleurs pas la même vigueur et le mercenaire devina la profonde lassitude qui accablait le commerçant. Il ne connaissait son âge exact mais il le savait bien trop jeune pour que ses tempes déjà grisonnantes et son air fatigué ne soient qu’une conséquence naturelles des années qui passaient. L’ancien agent de l’Ordre ne savait quel Mal pouvait bien ronger son interlocuteur mais là était probablement un sujet qui mériterait d’être creusé un peu plus tard.

“Mon associé, Pavlan Jillar, viendra vous rendre visite dans les prochains jours pour une rédaction en bonne et dûe forme du contrat. Au plaisir mon cher Asthrabal; nos lames ne vous décevront point.”

Il se leva finalement, prêt à sortir récupérer ses effets et surtout ses armes sans lesquelles il se sentait impuissant voire même nu.  La guerre était ce qui le définissait, il n’avait jamais vraiment rien fait d’autre dans sa vie à l’exception de sa jeunesse dans un clan chasseur près de la Baie de Forochel. Pour lui, avoir une épée ceinte revenait au peintre emportant son pinceau partout où il se rendait, c’était vital.  Mais alors qu’il s’apprêtait  à quitter les lieux la porte s’ouvrit, laissant apparaître Geoff ainsi que la silhouette imposante de Lagor. Les deux hommes avaient trouvés dans la galerie découverte un peu plus tôt derrière la tapisserie: une figurine de bois peint représentant un fier paon faisant la roue. Un objet intrigant dont la présence dans le tunnel était des plus surprenantes. Asthrabal s’en saisit, l’examina puis feignit l’indifférence face à cet objet apparemment “sans importance; toutefois la force avec laquelle il pressait l’oiseau inanimé dans ses mains indiquait tout autre chose. Ald’ar le remarqua mais n’en montra rien; il indiqua simplement à Lagor de le suivre et partit, décidé à retrouver ces voleurs.



Nomuas les retrouva non loin de là quelques dizaines de minutes plus tard. L’Eldar était revenu avec de précieuses informations qui leur indiqua la marche à suivre. Il leur raconta sa rencontre avec le vieillard à l’autre bout de la galerie et ce dont il avait pu en tirer concernant le réseau qui parcourait la ville de Lossarnach.
Les trois acolytes décidèrent de ne pas gaspiller la moindre seconde et, après avoir récupéré leurs montures, ils mirent le cap vers la vallée d’Imloth Melui où résidait le cartographe qui était susceptible d’avoir divulgué des indications ayant servi aux voleurs.

“Des voleurs..
.fit Ald’ar avec dédain. Je n’ai jamais aimé cette race, bien souvent des lâches et piètres combattants profitant de la faiblesse de l’autre pour s’enrichir sans risques et qui mouillent leurs braies crasseuses à la moindre opposition.”

Le Lossoth était loin d’être un enfant de coeur et il n’avait jamais rechigné à commettre de nombreux crimes pour de l’argent mais jamais il ne s’était rabaissé au rang de ces malfrats miteux. Il voyait dans la criminalité, comme dans tout autres domaines, différentes classes allant de la noblesse aux pratiques les plus viles. Le mercenariat revêtait une véritable grandeur; on risquait constamment sa vie pour un travail, on se mettait en danger et il fallait compter sur ses compétences et son courage pour réussir. Nulle place n’était réservée pour les pleutres ou les faibles chez les  mes Perdues. Dans un autre registre, les assassins méritaient aussi leurs gains de par leur talent sans commune mesure. Mais les voleurs ou autres pirates, là était bien la classe la plus vile des criminels; rien de plus que des couards ayant trouvé des innocents plus faibles pour leur soutirer leur bien ou des parasites entrant lâchement dans les demeures pour prendre en cachette des objets de valeurs. Ald’ar les méprisait au plus haut point.

Ils quittèrent la cité de Lossarnach au trot avant d'accélérer légèrement la cadence jusqu’à Imloth Melui. Si les deux lieux étaient très proches, ils se différenciaient grandement par leur panorama et leur population. Au contraire de Lossarnach qui rassemblait tous les niveaux de strates sociales et qui présentait une architecture aussi varié que disparate à mesure que l’on s’éloignait du centre ville, Imloth Melui était en grande majorité habité par des membres de la noblesse gondorienne qui avait ici acheté de grandes résidences qui s’étendaient sur des lieux à la ronde. Une bonne partie de ces habitations à la fois pittoresques et très confortables étaient d’ailleurs vide, leur propriétaire passant la majorité de leur temps dans les grandes villes du royaume, ne venant ici que quelques semaines par an pour des vacances qu’ils considéraient comme bien mérité loin de l’agitation de Minas Tirith et des troubles d’Osgiliath. Il fallait dire que le tableau bucolique que donnait à voir la vallée avait un réel charme, le village avait un côté riant et hautement apaisant, la sérénité qui y régnait était telle que l’on pouvait entendre le ruissellement du petit cours d’eau qui traversait le bourg, les rues parfaitement pavées étaient nettoyées avec soin et les multiples petits squares souvent ornementé d’une fontaine d’eau claire renforçait le caractère distingué du lieux. Les champs de fleurs de toutes les couleurs s'étendaient à proximité du village: il y en avaient de toutes les couleurs et de toutes les formes donnant un aspect chatoyant et quasiment merveilleux à la vallée renforcée par la magnificence des Montagnes Blanches à l’arrière plan. Le commerce était très limité à Imloth Melui contrairement à Lossarnach, centre névralgique du “Grenier du Gondor” et où l’un des marchands les plus célèbres du royaume s’était établi; mais c’était pourtant bien ici que l’on faisait pousser les plus belles mais aussi les plus chers fleurs du Gondor, régulièrement des convois partaient en direction de la capitale où les citoyens les plus fortunés pourraient acquérir une rose ou une tulipe de Lossarnach: une des nombreuses marques de luxe indispensable à la bourgeoisie ou la noblesse gondorienne.

Les  mes Perdues arrivèrent finalement, après une demi-journée à cheval, à l’entrée d’Imloth Melui. Nomuas désigna alors une des premières bâtisses de la bourgade: c’était la boutique de l’antiquaire dont le vieillard prolixe avait fait mention.  La maison était de taille moyenne et semblable à toutes les autres et seul l’écriteau “ Jonnery: Cartes et Antiquités” pouvait renseigner les passants sur le fait qu’il s’agissait en réalité d’une boutique et que la porte leur était ouverte.

“Attendez moi ici. Je vais y aller seul pour ne pas éveiller trop de soupçons. Mais tenez vous prêt à intervenir au signal.” ordonna le Bras de Fer en mettant pied à terre.


S’il rentrait dans la boutique en compagnie d’un colosse à la peau sombre lourdement armé ainsi que d’un elfe à l’allure très inhabituel, le vendeur aurait alors toutes les raisons du monde pour se méfier. Pour le moment l’approche pacifique semblait préférable.

Le Nordique poussa la porte en bois qui souleva un volute de poussière sur son passage et pénétra dans la pièce faiblement éclairé en faisant grincer le parquet quelque peu vieilli. Les antiquités exposés n’avaient vraisemblablement rien d’exceptionnel et semblait plutôt destiné aux nobles gondoriens en quêtes de décorations pour leur résidence secondaires. Toutefois ce furent les nombreuses cartes, enroulées sur elles-même et déposées dans une bibliothèque derrière le comptoir qui attirèrent l’oeil gris et perçant du mercenaire. Après avoir fait semblant de parcourir les rayons durant quelques secondes il s’approcha et salua l’antiquaire qui s’enquit de l’objet de cette visite.

Ald’ar caressa sa moustache ce qui lui donnait l’air détendu aux yeux d’un étranger même s’il s’agissait en réalité d’un toc indiquant qu’il montait un mensonge pour obtenir quelque chose.

“Je suis Forenbel Afedon de Minas Tirith. Voyez-vous, mon père venait de la région et y passé près de quarante ans avant de partir s’installer à Minas Tirith pour sa carrière. Il est revenu à Lossarnach il y a quelques temps pour y passer les dernières années de sa vie. Une retraite dorée et méritée qui s’est achevé il y a quelques semaines lorsqu’il nous a quitté.  Peu de temps avant sa mort il m’a parlé de son ancienne maison d’Imloth Melui et en guise d’hommage je me suis promis de la racheter et d’en faire une résidence pour la famille Afedon.”



Le Lossoth marqua une pause, à présent que le contexte était posé il pouvait en venir à ce qui l’intéressait.

“Mais mon père a aussi fait mention d’un réseau de galeries qui parcourait les principaux villages de la région ainsi que sa capitale et qui serait laissé à l’abandon. Selon lui seules les familles ancestrales ont connaissance de ce réseau dont l’existence est transmise de génération en génération. Je ne peux vous cacher que cette histoire m’a intriguée au plus haut point, tout cela est plutôt surprenant et plutôt unique dans tout le royaume. Et j’ai entendu dire que vous étiez en quelque sorte un spécialiste de la question… Me trompes-je?”


Une approche trop brusque d’un informateur dans les bas-fonds de la Cité Blanche avait par le passé failli coûter cher au Bras de Fer qui cette fois préférait prendre des pincettes



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Forlong
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Mar 23 Oct 2018 - 23:36
Jonnery était un petit homme assez fin, vêtu d’une tunique de très bonne qualité, bien qu’un peu froissée. Ses yeux bruns lançaient des regards vifs par-dessus la paire des lunettes qui reposait sur le bout de son nez. Intelligent et accro à ses passions, c’était le genre d’homme capable d’oublier de se nourrir pendant des heures lorsqu’il était plongé dans ses recherches cartographiques.

Le vendeur leva les yeux lorsque le Lossoth lui adressa la parole. La première partie de son monologue ne semblait pas particulièrement intéresser Jonnery ; les riches habitants de Minas Tirith venant s’installer à Lossarnach constituaient la majorité de sa clientèle. Cependant, il se raviva soudainement lorsqu’Ald’ar fit mention du réseau des galeries.

-Les galeries ! Oh oui, il s’agit en effet d’un sujet fascinant, et unique au royaume tout entier, bien qu’il paraisse que des souterrains existent également sous le Château d’Edoras, sans parler évidemment du tunnel qui relie Dale et le Mont Solitaire. Mais ne nous égarons pas. Moi, un spécialiste de la question vous dites ? Je ne sais pas si l’on peut dire ça. Certes, j’ai longuement étudié la carte du réseau et les chroniques qui en font mention, mais je ne m’y suis jamais aventuré en personne.  C’est d’ailleurs dommage car..

***

Deux femmes s’approchèrent de la boutique. La première était vêtue d’une robe corsetée au jupon ample. Les bijoux coûteux et la qualité du tissu attiraient les regards envieux des femmes, le décolleté généreux éveillait l’envie des hommes.  Sa peau était pâle, protégée du soleil par un chapeau élégant, et ses mains dissimulées par des gants en dentelle blanche. La deuxième femme était vêtue plus modestement, même si ses vêtements valaient quand-même sans doute une petite fortune.  Elle portait un petit panier en osier rempli des fleurs de la vallée d’Imloth Melui, qu’elles venaient probablement d’acheter au marché.
La première des femmes s’arrêta devant l’entrée de la boutique et dévisagea d’abord l’elfe, puis le colosse. Son regard carnassier s’attarda d’ailleurs sur Lagor, et elle se mordit la lèvre d’une manière qui ne semblait pas appropriée à quelqu’un de sa classe sociale. Elle s’adressa à sa compagne :

-Allons voir si l’intérieur de cette boutique est aussi intéressant  que…la devanture, Daliah.

La femme portant le panier d’osier rougit et baissa le regarda, avant de suivre sa maîtresse à l’intérieur de la boutique.

***

-Marchand – s’exclama cette dernière sans prêter attention au fait que Jonnery était déjà en train de discuter avec Forenbel Afedon
– Je cherche un cadeau pour mon époux, que je retrouve dans la Cité Blanche dans trois jours. Quelque chose d’unique, pour un homme qui a fait carrière dans l’armée. Avez-vous ce qu’il me faut ?

Le ton de Jonnery changea radicalement par rapport à sa conversation avec Ald’ar. Il s’inclina devant sa cliente, et dit d’une voix mielleuse :

-Pour un noble guerrier de Minas Tirith ? Bien-sûr Madame, vous êtes bien tombée !

Il s’approcha d’un pas, et mit sa main sur le côté de se sa bouche, comme s’il voulait partager un secret :

-J’ai ici un objet pour les véritables connaisseurs…

Il attrapa une dague d’apparence orientale, glissée dans un fourreau richement décoré, orné d’un rubis solitaire.

-Cette dague...elle faisait partie du butin récupéré par le premier général du roi Eldarion lorsque ce dernier reprit l’Ithilien des mains des envahisseurs orientaux. Les origines exactes de l’arme sont obscures, mais les symboles inscrits dessus soutiennent l’hypothèse qu’elle avait appartenu à un prince Haradrim, certains supposent même que son propriétaire était un Numénoréen…noir…Le général d’Eldarion la porta à sa ceinture pendant des longues années, et ce fut bien après sa mort que sa famille, quelque peu appauvrie, vendit la dague. Aujourd’hui, je suis prêt à m’en débarrasser, le cœur lourd, pour permettre à un autre grand homme militaire gondorien de la porter à sa ceinture…pour un prix modeste de 13,000 pièces d’or.

Les yeux de la noble s’illuminèrent, et elle répéta :

-Un Numénoréen..noir..vous dites…fascinant ! Daliah, paie donc le monsieur. Ce sera un cadeau parfait pour mon époux !

La plus jeune des deux femmes, clairement habituée aux sommes astronomiques dépensées par sa maîtresse, s’approcha de Jonnery et lui tendit un rouleau de bons bancaires qui étaient devenus une méthode de paiement populaire parmi les marchands et nobles du Gondor ces dernières années.

***

Lorsque les deux femmes quittèrent la boutique, Jonnery lança un regard quelque peu embarrassé à Ald’ar, en rangeant la petite fortune qu’il venait d’acquérir dans son bureau. Le rubis sur le fourreau de la dague vendue était authentique, mais un expert aurait très probablement remis en doute son âge et son histoire.

-Excusez-moi monsieur Afedon pour cette interruption…La triste réalité est que la plupart de ma clientèle s’intéresse aux antiquités seulement pour impressionner les invités lors des interactions sociales…Ces gens sont dépourvus de cette passion qui nous anime, vous et moi…ces gens de la capitale…

Il se frotta le menton, gêné, et reprit :

-Enfin, vous voyez ce que je veux dire…vous ne faites pas partie de cette catégorie, votre père était d’ici, et sa fortune, vous m’avez dit, le fruit d’une longue carrière. D’ailleurs, si ce n’est pas indiscret, quel était le métier de votre père, monsieur Afedon ? Car acheter un domaine à Lossarnach pour sa retraite de nos jours n’est pas donné à tout le monde, depuis que ce picsou, Jillar, a fait gonfler artificiellement les prix de l’immobilier. Avoir une maison à Lossarnach est à nouveau à la mode parmi le gratin de la Cité Blanche, et les riches font la course pour racheter les biens à la Pièce. Ne vous méprenez pas, tout ça c’est bon pour les affaires…mais je ne tire que très peu de fierté et de plaisir de faire du commerce de cette manière.

Malgré son apparition d’érudit distrait, Jonnery fit preuve d’une mémoire et d’une perspicacité hors de commun, en revenant au sujet du père d’Ald’ar malgré la distraction causée par son autre cliente.

-Ceci-dit, il y a encore quelques clients intéressés par les cartes et par les plans. Ce qui nous emmène vers un sujet quelque peu délicat, monsieur Afedon…voyez-vous, je vous aurais volontiers vendu la carte du réseau des tunnels qui était en ma possession, mais celle-ci fut achetée par une cliente il y a un mois environ ! Le sujet est passionnant, certes, mais je ne m’attendais pas à avoir deux clients fascinés par les tunnels en si peu de temps, sinon j’aurais pris le temps de faire une copie de ce plan…vous m’en voyez navré, monsieur Afedon.

Jonnery enleva ses lunettes et tenta de les nettoyer avec un coin de sa tunique.

-C’est intéressant d’ailleurs, de voir que votre père, originaire de Lossarnach, soit revenu ici après tant d’années, et vous avec lui. Maintenant que j’y pense, la jeune femme qui avait acheté la carte ressemblait énormément à la fille du vieux seigneur Goldenbär. M’enfin c’est juste une impression, cela fait des années qu’elle a quitté Lossarnach, et vu le scandale qui avait entouré toute cette histoire, je ne pense pas qu’elle remettrait le pied ici. Quel intérêt de toute façon…le vieux seigneur Goldenbär est mort depuis longtemps, le domaine familial tombé dans la ruine, et juste ce pauvre Medved qui continue à garder la bâtisse…Mais bref ! Un passionné du réseau des tunnels, vous seriez peut-être intéressé par un plan de la vieille mine d’argent dans les Montagnes Blanches, à seulement deux jours de marche de Minas Tirith ?




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Learamn
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Jeu 8 Nov 2018 - 11:37


Décidément les gens avaient la langue bien pendue dans la région. Entre le vieillard qui s’était entretenu avec Nomuas et cet antiquaire de nature bien curieuse les  mes Perdues avaient aisément recueillies de précieuses informations pour leur mission.  Cela leur avait un peu facilité la tâche jusque là. Ald’ar avait été élevé dans la Baie de Forochel au milieu d’un clan où les paroles étaient rares et précieuses, les Lossoth étaient des taiseux de nature, préférant garder leur  force pour braver le froid glacial que pour chercher à entendre les derniers potins portant sur la fille du chef de clan. Sa carrière dans l’Ordre de la Couronne de Fer n’avait également pas été caractérisée par de longues discussions, la hiérarchie y était très verticale et le secret était de mise pour préserver la sécurité de l’organisation : une pie trop bavarde finissait le plus souvent en oiseau mort.  Cependant la dimension loquace des habitants de la région plaisaient beaucoup au mercenaire, lui qui avait un goût prononcé pour la théâtralité et les longues tirades ampoulées: ici il avait peut-être trouvé un public idéal qu’il cherchait depuis des années. La mention de Pavlan Jillar, qualifié de “picsou” ( ce qui n’était pas faux), amusa grandement un Ald’ar pour qui il était le principal soutien financier. Le bougre était connu dans le coin, pas forcément en sainte odeur, mais son influence et son pouvoir étaient certains ce qui ouvrait de belles perspectives aux  mes Perdues.

Ils furent interrompue par  l’arrivée inopportune de deux femmes dont les vêtements et l’attitude trahissaient leur appartenance à la haute classe sociale; particulièrement pour la femme au teint albe dont les manières , les luxueux atours et surtout la naïveté étaient caractéristique  de la noblesse gondorienne. Avec un sens du commerce certain, Jonnery parvint à faire avaler à la jeune femme une histoire fantasmagorique sur le passé d’une dague, certes de bonne facture mais qui n’avait certainement jamais été ceinte à la ceinture d’un général du Roi Elessar , ni même d’un de ses écuyers d’ailleurs. La mention du Numénoréen Noir arracha un sourire amusé à Ald’ar.  L’antiquaire était finalement plus malin que ce qu’Ald’ar pensait; la clientèle venant de Minas Tirith était aisément impressionnable mais faire passer une simple dague pour une relique du Troisième  ge à la valeur inestimable tenait du coup de maître. Le plus bluffant dans cette manoeuvre commerciale était sûrement que la jeune femme sortirait de la boutique en ayant le sentiment d’avoir fait une bonne affaire.

Les deux Gondoriennes finirent par sortir, fières de leur acquisition et le Bras de Fer, resté jusque là silencieusement en retrait s’approcha à nouveau du comptoir où le propriétaire de lieux le bombarda de question. Ald’ar prit quelques secondes pour réfléchir à ses réponses; face à une clientèle naïve, Jonnery était parvenu à vendre son histoire grotesque mais face à un homme moins dupe, le vendeur était sûrement capable d’avoir une approche plus subtile pour entourlouper son potentiel client. Le Lossoth se méfiait de lui et choisit bien ses mots pour recueillir les informations qu’il était venu chercher. Finalement il y avait aussi sûrement des choses à apprendre dans les méthodes de Jonnery

“Je dois admettre que votre sens du commerce est assez impressionnant. Ces gens sont peut-être dépourvus de passion mais leur bourses, elles, sont bien remplies. Il n’y a aucune honte à en profiter en petit peu.”

Le Lossoth s’éloigna du comptoir pour parcourir les rayons d’un regard distrait.

“Vous savez mon père n’était au départ qu’un modeste artisan: un tailleur-sculpteur au talent certain. La réussite vint quand il se fit remarquer d’un noble de la capitale qui l’a pris sous son aile et lui a ouvert les portes de la haute société du royaume. Il avait certes beaucoup de talent mais je retiendrais surtout son sourire espiègle quand il parvenait à soutirer des sommes gigantesques pour de simples babioles qu’il avait mis à peine une heure à confectionner.”

Ald’ar fit mine d’adopter une expression déçue quand l’antiquaire lui annonça que la carte avait été achetée près d’un mois plus tôt. Mais en réalité il jubilait intérieurement: il tenait certainement sa première  piste vers les malfaiteurs. Cela méritait d’être approfondie sans se précipiter comme il l’avait fait pour le chat du seigneur Oriental quelques mois plus tôt mais une carte d’un réseaux de galeries méconnues de tous vendue juste avant le cambriolage des Caves d’Or du Bourgeois? Ce ne pouvait décemment pas être une coïncidence.
Le Lossoth fit donc mine de s’intéresser aux divers cartes, au demeurant de très bonne facture, que lui proposait le marchand pour poursuivre la conversation.

“Je dois reconnaître que la précision de vos cartes sont très appréciables. Elles pourraient m’être utile pour mes futures voyages.”


En réalité ce genre de plans détaillés de divers régions adjacentes pouvaient être grandement utiles pour de futures opérations pour le groupe de mercenaire. Ald’ar savait d’expérience qu’une bonne connaissance du terrain était un atout primordial voire nécessaire à la réussite d’une mission. Il indiqua à Jonnery les cartes qui avaient attiré son attention et en paya le prix qui lui semblait plutôt honnête.

“Mais dîtes-moi mon ami. Je suis vraiment curieux à propos de la carte sur le réseau de galeries. C’est un sujet qui m’intéresse au plus haut point, il y a si peu de personnes avec qui partager sur la question et encore moins qui en ont une connaissance détaillée. Ce seigneur Goldenbär, ou plutôt sa fille, saurez vous où je peux la trouver ? Peut-être pourrais-je la convaincre de vous prêter quelque temps sa précieuse acquisition pour que vous puissiez la dupliquer.  Ne vous inquiétez pas j’y mettrai le prix.  Vous m’avez dit qu’elle n’habitait plus dans la région. Pourquoi est elle donc partie? Fuyait-elle quelque chose? Pardonnez mon ignorance mais j’ai été éloigné de Lossarnach pendant tant d’années que parfois sur certains sujets je me sens comme un véritable étranger.”


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

A l’extérieur de la boutique, Lagor attendait avec impatience que les deux femmes qui étaient rentrées dans le magasin en sortent. Le décolleté plongeant de celle qui était luxueusement vêtue représentait un spectacle aguicheur et bien plaisant pour la Panthère d’Esgaroth dont le quotidien n’était que très rarement agrémenté de ce genre de douceur.
Alors quand il la vit pousser la porte et s’avancer en compagnie de son “amie” et de sa nouvelle acquisition soigneusement empaquetée, le colosse s’approcha de quelques mètres pour admirer l’harmonie des traits blancs de la noble gondorienne.
Nomuas, lui aussi observait la distinguée cliente mais pour des raisons bien différentes. Il ne ressentait aucune attirance physique pour cette mortelle fardée de toute parts. Ce qui attira son attention c’était avant tout ses vêtements qui en disaient long, surtout cette paire de gants en délicate dentelle blanche. Peu de monde s’habillait de la sorte: seuls les plus riches des bourgeois du royaume et la haute noblesse arborait de tels ornements et qui disait riche disait le plus souvent puissant.
Les  mes Perdues en étaient encore à un stade embryonnaire mais la mise en place d’un réseau solide d’influence, élément absolument primordial à la réussite de leur entreprise, prenait progressivement forme.  Les mercenaires avaient besoin de contacts parmi les puissants pour s’y forger une réputation et décrocher des contrats juteux. Peut-être que ces femmes représentaient une porte d’entrée vers ce monde.
Sans se soucier du regard interrogateur et un brin jaloux de son comparse, le Premier Né s’approcha d’un pas vif vers ces dames.

“Mes Dames. Veuillez m’excuser mais nous ne sommes pas du coin comme vous pouvez vous en douter et nous nous sommes quelque peu égarés en cherchant à rallier Osgiliath. Auriez-vous une idée de la meilleure route à suivre? Mon ami est allé chercher la réponse chez cet antiquaire, peut-être l’avez vous croisé… Je suis, moi, plus enclin à chercher du soutien auprès de deux femmes pleine de grâce et de charme et dont la beauté fait honneur à ce royaume qu’à un vieux marchand aigri.”


Son regard perçant fut alors attiré par l’objet emballé dont la forme était sans équivoque. Nomuas prit un air exagérément intrigué :

“ Une arme? Qui donc craignez vous si fort que vous ayez recours à une lame? N’avez vous donc personne pour assurer votre protection?”



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