Barbarie légale, ébahissement unilatéral...

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Forlong
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Ven 21 Aoû 2015 - 0:49
-Puis les Valar bénirent son navire, Vingilot et le firent passer au-dessus de Valinor jusqu'aux limites du monde. Là, il traversa la Porte de la Nuit et s'envola jusqu'aux océans célestes. Splendide était ce merveilleux navire, il en sortait une flamme ondulante, vive et pure ; à sa proue était assis Eärendil, le Marin couvert de la poussière étincelante des gemmes, le Silmaril attaché à son front. En ce navire il voyagea très loin, jusque dans le vide sans étoiles, mais on le voyait le plus souvent le soir ou le matin, paré de l'éclat du levant ou du couchant, quand il revenait à Valinor de ses voyages aux confins du monde.

-C'est quoi un Varinor?

Le vieillard vêtu de longues robes bleues sourit dans sa barbe blanche. Il était assis, les jambes croisées, sur le sol du Sanctuaire de Minas Tirith, entouré d'un petit groupe d'enfants de tout âge qui écoutaient avidement ses paroles. Le Sanctuaire...il n'y avait pas de prêtres dans ce lieu dédié à Erü, pas d'autel ni de cérémonies. Juste des chapelains bienveillants et des enfants. C'était ici, entre les murs de ce magnifique édifice que les orphelins des guerres, famines et autres malheurs pouvaient trouver refuge, recevoir de la nourriture ainsi qu'une éducation. Hormis les enfants, toute sorte de personnes visitaient le Sanctuaire en recherche de paix intérieure, de calme ou d'un lieu de réflexion. Traditionnellement, cet endroit était éloigné de toute la violence, corruption et tristesse de la vie extérieure. Y verser le sang ou lever la main sur autrui était considéré comme le plus infâme des actes, que même les criminels n'osaient commettre.

L'homme vêtu de bleu regarda le jeune garçon curieux qui lui avait posé la question; ses yeux entourés de rides riaient, et il répondit:

-Le Valinor, mon jeune ami, est un continent légendaire loin d'ici, au delà de la Grande Mer, où siègent les êtres divins appelés les Valar, et où la guerre ni la mort n'ont pas le droit d'entrer!

C'est à ce moment là que les portes du Sanctuaire s'ouvrirent, et que le bruit des pas hâtifs se fit entendre, accompagné de cris et de jurons. Les orphelins se tournèrent dans cette direction, curieux et un peu craintifs, tandis que le vieillard se releva en s'appuyant sur un long bâton, ses sourcils froncés à présent.

L'homme qui parcourait la grande salle du Sanctuaire en courant avait plus de quarante années et était clairement essoufflé, lançant des regards paniqués derrière lui. Une panique justifiée d'ailleurs, car quatre soldats portant des plastrons du Gondor le suivaient de près, les visages rougis par la course poursuite.

A présent proche du vieillard et du groupe d'enfants l'homme pourchassé s'arrêta, épuisé, persuadé clairement qu'aucun mal ne pouvait lui arriver dans ce lieu sacré. Il avait tort. Un des soldats le rattrapa, et le poussa en arrière tout en lui assénant un puissant coup de poing. Le malheureux se retrouva au sol, sonné, un filet de sang coulant de ses lèvres. Un deuxième soldat lui donna un coup de pied dans les côtes, et dit avec un sourire de satisfaction vicieuse:

-Il fallait t'arrêter quand on t'a dit de t'arrêter au nom de la loi, vermine! Maintenant c'est trop tard! Tentative de fuite, résistance à l'arrestation, ça fera deux charges en plus à rajouter à tes crimes. Rien à dire, hein?!

Le présupposé criminel se plia en deux sur le sol avec un gémissement faible. Le soldat s'apprêta à le frapper à nouveau...puis recula, poussé en arrière par le bout d'un bâton habilement placé contre son plexus solaire. Le souffle coupé, le garde adressa un regard incrédule au vieillard qui venait de s'interposer entre lui et sa victime.

-Etes vous donc aveuglé par la colère au point de ne pas voir que cet homme est muet, pauvre fou?!

-Dégage, vieillard, si tu ne veux pas rejoindre ce criminel en prison. Et oses me toucher encore une fois avec ce bâton et je te le... le soldat ne finit pas sa phrase, s'apercevant soudainement qu'un groupe d'enfants curieux était en train de l'écouter.

-Vous avez versé le sang dans le Sanctuaire d'Erü, un crime impensable. A l'époque du roi Elessar, vous seriez punis par un bannissement permanent du royaume, condamnés à rôder sans but jusqu'à la fin de vos jours.

Le soldat, clairement influencé par les paroles du vieil homme, devenait nerveux. Il se gratta la tête, et répondit:

-J'agis sous les ordres du Général Cartogan, et dans sa politique il n'y a aucun refuge pour la vermine dans la Cité Blanche. Les criminels seront pourchassés, capturés et punis, peu importe dans quel trou ils se cachent! Je ne sais pas qui vous êtes, mais je vous déconseille vivement de vous opposer aux ordres du Général.

-Qui suis-je? J'ai beaucoup de noms, soldat...mais ici on me connait sous celui d'Istimo. Un homme sage sait reconnaître un crime même lorsque celui-ci se cache sous le nom de justice. Sachez, que ce Général Cartogan entendra ce qui s'est passé ici aujourd'hui.

Les soldats décidèrent qu'il était temps d'achever cette conversation, et attrapèrent le malheureux muet sous les bras, en le traînant vers la sortie. Le vieillard le regarda, et appela: Etes vous coupable d'un crime? Le prisonnier leva faiblement sa main gauche dans laquelle était tatoué le mot 'Non', avant de disparaître derrière les portes du Sanctuaire, tiré par les gardes.

Istimo resta debout pendant un long moment, choqué et pensif. Il finit par soupirer et se tourner vers les enfants:

-La leçon est terminée pour aujourd'hui. Filez dans vos chambres!

Lorsqu'il se retrouva seul dans la grande salle du sanctuaire, le vieillard tira sur la manche de ses robes, arrachant non sans peine un long morceau de tissu bleu. Il marcha jusqu'à la petite fontaine qui se trouvait face à l'entrée, et plongea le chiffon dans l'eau glacée. Il revint ensuite vers le lieu de l'incident et se mit à genoux. En ignorant la douleur dans son dos il se mit à nettoyer les traces de sang sur les dalles blanches du Sanctuaire avec son torchon improvisé, purifiant à nouveau ce lieu sacré, la sueur perlant sur son front ridé...



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Dim 30 Aoû 2015 - 16:31
~ Girion Vernon ~


Depuis ses folles aventures dans les montagnes, Girion profitait de la vie à un point qu'il ne saurait dire. Revenu richissime du Nord, il s'était solidement établi à Pelargir. Malgré son goût pour la dépense, il avait profité de sa nouvelle fortune pour investir et la faire fructifier. Ainsi il avait investi dans des biens immobiliers, dans des compagnies commerciales, des emprunts... A dire vrai, c'était moins par une volonté de préserver sa richesse que de l'impossibilité de tout dépenser rapidement. Il avait connu la pauvreté, il connaissait la richesse. Perdre l'un ou l'autre n'avait rien de grave … Il lui suffisait d'un épée et de ses divers membres pour vivre heureux. En tout cas, il commençait à s'ennuyer. Évidemment, au début, avoir beaucoup d'argent (et il en avait vraiment vraiment beaucoup) était plaisant voire même grisant mais rapidement, cela devenait ennuyeux. Il lui fallait trouver une nouvelle activité et il avait toujours eu un goût pour les affaires louches. Il s'y remettrait peut-être. La semaine passé, il avait visité plusieurs gros bâtiments où il espérait ouvrir un établissement de bains ou une maison des plaisirs voire les deux …

Cherchant désespérément des activités pour l'amuser, Girion était en train de trier ses papiers quand il trouva le fameux mot que sa petite expédition avait trouvé dans les montagnes. Décidément cette lettre était bien étrange. Déjà elle était très ancienne car elle datait d'au moins soixante dix ans. Ensuite il y avait le titre avec cette fraternité étrange dont il n'avait jamais entendu parlé. Après, les deux paragraphes en langue commune n'étaient pas très clairs voire un peu étrange mais ce n'était rien par rapport au dernier qui était tout simplement dans une langue inconnue. Cela ressemblait un peu à des runes naines mais il n'y connaissait, il lui faudrait certainement trouver un nain …

Tandis qu'il étudiant cette lettre, le jeune homme fit malencontreusement tomber un encrier. Entendant un bruit derrière lui, Girion se leva. C'était la jeune fille qu'il avait rencontré la veille. Elle était très belle. De taille plutôt petite, mince et bien formée, la poitrine abondante, les lèvres charnues, les yeux verts et une épaisse chevelure blonde, elle lui était tout autant désirable que durant la nuit. Malgré leur nuit courte, elle lui demanda :


- Qu'est ce qui se passe ?

- Rien, un encrier est tombé. Rendors toi Daria.
Répondit-il poliment.

- Comment ?!

Le ton de la jeune femme était passée de la douceur à une colère dès plus vive et on comprenait pourquoi. L'esprit quelque peu embrumé, Girion avait confondu la jeune fille avec une autre conquête qu'il avait eu quelques jours auparavant. Se levant, elle s'avança vers lui avec un air de furie. Voulant se protéger, l'homme fit un ou deux pas en arrière et se justifia :

- Ma chérie, je suis désolé. Que dirais-tu d'aller déjeuner ?

S'approchant délicatement d'elle, Girion lui fit son sourire le plus charmeur mais, en fait, elle le gifla avant de lui crier :

- Quel est mon nom, Girion ?!

L'homme se pinça la lèvre. Dans son emportement, il avait oublié de lui demander son nom. A moins que ce ne soit l'alcool qui lui ait fait l'oublier ? Il lui fallait trouver une solution et, prenant à nouveau son meilleur sourire, il l'attrapa par la taille et commença à la caresser en lui disant d'une voix sensuelle :

- Allons, ma douce, je connais ton nom mais ne voudrais tu pas que je fasse autre chose de ma langue ?

Avec cette allusion salace, Girion était certain de remettre la jeune femme dans son lit. Si une femme séduite pouvait se manipuler aisément, une femme trompée voire trahie était un redoutable limier et, en fait, il était complètement piégé. Se dégageant violemment de lui, elle lui cria :

- Réponds !

- Oacilia.


Sa voix était sûre mais c'était bien entendu un coup de bluff qui ne marcha pas. Il prit une deuxième mandale et la jeune femme s'en alla récupérer ses vêtements avec son air de folle furieuse. Essayant un autre nom, il lui déclara :

- Thisael ? Aucune réponse ne lui vint. Liulan ?

Évidemment des noms pris au hasard n'avaient que peu de chances de fonctionner mais qui ne tente rien n'a rien. Il ne reçut donc aucune réponse jusqu'à que la jeune femme sorte de la garde robe. Testant un nouveau nom, Girion eut enfin une réponse. Un vase traversa la pièce et faillit le toucher. Comme une furie, elle passa devant lui et s'en alla. En fait, elle n'avait jamais été aussi désirable.

Délaissant ce problème, l'homme aux mœurs légères s'intéressa à cette lettre mystérieuse. Il avait toujours aimé les mystères, les énigmes et les affaires compliquées. On ne choisissait pas devenir Girion Vernon pour rien. Durant sa ,ournée, il tenta de trouver des nains à Pelargir pour l'aider avec le paragraphe mais tous lui affirmèrent qu'ils ne pouvaient traduire ce document. Certaines glyphes étaient, ou ressemblaient fortement, aux runes naines mais d'autres étaient complètement inconnues. Même sans cela, les mots n'avaient pas de sens. A mesure qu'ils cherchaient, il trouva un vieil homme qui tenait une boutique de curiosités, antiquités, vieux bouquins et parchemins « magiques ». Bref le genre d'homme qui pourraient certainement l'aider.

Après être rentré dans sa belle maison pour le déjeuner, Girion se toqua et partit. Depuis ses aventures et sa nouvelle fortune, il avait pu laisser aller son goût pour les couvre-chefs et en avait acheté un certain nombre. Pour aller et venir en ville, il choisit un splendide liripipion assez haut en tissu damassé bleu nuit aux motifs dorés. Il était tout simplement magnifique. La boutique du vieil homme était dans un quartier assez mal famé de la cité intérieure de Pelargir. Donnant sur un des petits canaux du port, le bâtiment étroit. Sans enseigne, il fallait connaître pour y venir. Poussant la lourde porte, Girion crut défaillir. C'était un véritable bric-à-brac avec des piles de livre allant jusqu'au plafond et une foule d'objets entassés les uns sur les autres qui prenaient la poussière. Examinant les divers objets qui trainaient un peu partout, Girion les trouva tout à fait intéressants.

Il y avait des espèces de mécanismes à engrenages complexes dont il se demandait bien quel serait l'utilité, une épée aux motifs étranges qui ne ressemblait à aucune culture qu'il ne connaissait, pourrait-elle venir du Rhun ou au delà ? Regardant les reliures d'une pile de livres, il constata des titres évocateurs « Mémoires du Comte d'Issendor », « Secrets et espions de l'Intendant Denethor I », « Compte rendu d'expédition – Découverte des plaines glacées », « Alchimie élémentaire – Le pouvoir des Potions » et d'autres encore qu'il n'eut guère le temps de lire car un vieil homme apparut. Malgré son habitude, il ne l'avait pas entendu arriver et s'étonna :


- Bonjour, monsieur Myrtillon, je vous prie de m'excuser.

- Que puis je faire pour vous, jeune homme ?

- J'ai en ma possession cette lettre et un passage y est mystérieux. Il est dans une langue que je ne connais pas et, malheureusement, aucune des personnes que j'ai pu interroger ne la connaissait. Je me suis dis qu'avec votre si grande expérience et votre intelligence déliée, vous étiez l'homme de la situation...
répondit-il dans une envolée lyrique.

- Ne me flattez pas, jeune homme. J'ai passé l'âge de ces bêtises.

Quelque peu peiné de la réponse du vieillard, Girion lui donna quand même la lettre. La réponse ne se fit malheureusement pas attendre. Le vieil homme eut un soupir et lui rendit la lettre :

- Désolé, messire. J'ai déjà vu cette écriture mais je ne la connais pas. Peut-être devriez vous aller voir au Sanctuaire de Minas Tirith. Il y a là-bas un sage qui pourra certainement vous aider...

Intérieurement, Girion jura. Est ce que tous les vieux sages allaient l'envoyer vers un autre vieux sage jusqu'à la fin de sa vie ? Remerciant le marchand, il se laissa quand même tenter par les articles présentés et partit les bras chargés de biens. Il avait acheté quatre livres concernant l'alchimie, les mémoires d'un maître voleur, les voyages d'un aventurier dans l'extrême Sud et l'histoire des grands magiciens. Il avait également acheté des mécanismes dont il ne connaissait toujours pas l'utilité mais qui étaient assez jolis, une pièce à double face, un sablier étrange, une fourchette en or qu'on disait avoir appartenu au Roi Elassar, un système à lentilles pour regarder le ciel -à la vérité, Girion comptait surtout regarder une jeune femme qui était sa voisine et qui était fort jolie-, un fossile d'une espèce étrange, une tête momifiée et même une lettre d'amour d'un troubadour vieux de cinq cent ans à une princesse de Dale. Chargé de tous ses objets sans utilité aucune -à l'exception notable du système à lentilles et de la fourchette-, le petit homme rentra chez lui et prépara son départ...

Cela faisait moins de trois jours qu'il était parti de Pelargir pour Minas Tirith et, déjà, Girion profitait de la vie de la capitale. Le premier jour, il avait visité un peu la ville qui était si impressionnante. Verticale, elle avait un aspect saisissant mais elle était plutôt malcommode à parcourir. En fait il se demandait bien comment les gens d'ici pouvaient supporter un aussi fort dénivelé... Arrivé assez tard, il avait renoncé à visiter le sanctuaire immédiatement et avait préféré son hôtellerie. Il avait choisi une auberge au luxe d'un mauvais goût évident mais cela plaisait bien à Girion. Malheureusement pour lui, ses charmes ne firent pas l'effet escompté ce soir et aucune fille ne succomba à ceux-ci. Plein de philosophie, il renonça … et paya les services d'une prostituée tout à fait engageante.

Au petit matin, alors que la ville commençait à bruisser de son activité journalière, l'homme aux centaines de chapeaux partit pour le Sanctuaire. Déraisonnable sans être idiot, il avait mis des habits plus sobres pour ce lieu solennel. Plus sobres sur l'échelle de Girion n'était pas loin de signifier extravagant pour n'importe qui d'autre. Arrivé dans ce lieu plein de majesté, il commença par un don plutôt généreux aux chapelains pour les aider dans leurs tâches. Il avait toujours su être généreux et pas uniquement avec les filles qu'il avait culbuté. Ainsi on l'emmena voir le vieux prêtre dont il avait entendu parler. C'était encore une vieille baderne qui devait être à moitié sourd. S'approchant davantage, Girion prit une voix forte mais non dénué de sympathie et de bonhommie :


- Monsieur, je me présente. Girion Vernon de Pelargir. Je suis actuellement en possession d'une vieille lettre énigmatique avec, notamment, un paragraphe écrit dans une langue inconnue. Pourriez vous y jeter un œil ?

Sortant la lettre de sa poche intérieur, il la déplia avec délicatesse et la tendit au vieillard. Cette fois-ci, il espérait qu'il n'aurait pas fait le déplacement pour rien. Parce qu'autant la dernière fois, il avait pu repartir les bras chargés de marchandises, il ne comptait pas, cette fois-ci, repartir les bras chargés d'enfants...
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Ven 18 Sep 2015 - 1:10
Le vieil homme fronça ses sourcils argentés et répondit sur un ton légèrement irrité:

-Vous parlez tous aussi fort à Pelargir? Cela doit être un effet secondaire de la vie dans une cité portuaire qui ne dort jamais...Je ne suis pas sourd, monsieur Vernon, et heureusement pour vous, je ne suis pas non plus aveugle! Faites-moi donc voir cette fameuse lettre!  

La voix de l'homme vêtu de bleu devint plus amicale au fur et à mesure de ses paroles, et il adressa un sourire bienveillant à Girion lorsque ce dernier lui tendit le parchemin.


Le sage s'installa à une table, et posa délicatement le parchemin devant lui, en préparant une feuille de papier vierge ainsi qu'une plume et un encrier. Si Girion s'attendait à ce que le vieillard lui traduise les runes étranges d'une traite tel un interprète lors d'une rencontre diplomatique, il allait être déçu. Ce n'était pas pour rien que personne n'avait réussi jusqu'à là à déchiffrer le contenu du parchemin! L'homme en bleu lut le texte au moins trois fois dans son intégrale avant d'essayer même de se lancer dans un déchiffrage quelconque. Pendant la demi heure qui suivit, Girion fut obligé de regarder le vieillard murmurer des choses dans sa barbe, noter des symboles et des lettres sur sa feuille de papier, barrer des mots et étudier de près chaque rune sur le document ancien. Alors que le nouveau-riche commençait peu à peu à perdre espoir et patience, Istimo tapota soudainement avec son doigt sur la feuille avec une énergie nouvelle, et commença à écrire une phrase dessus, sans hésitation cette fois. Il afficha un sourire triomphal à Girion, et récita:

-Mes confrères sont tombés sur la trace d'un artefact d'une rare puissance dissimulé quelque part dans la lointaine contrée du Rhûn. Si nous le trouvons il pourrait nous permettre de stabiliser la situation dans la région toute entière et poursuivre en paix notre noble quête. Des rides apparurent sur son front lorsque l'enthousiasme de la découverte laissa place à une tentative de compréhension du contenu. Je ne sais pas qui est l'homme qui a écrit ça, mais il n'y a pas beaucoup de gens en Arda qui en seraient capables! Vous voyez, les lettres utilisées sont des runes naines..mais ce n'est pas pour autant qu'un nain, hah, je dirais même un Maître des Runes en personne, pourrait vous aider. Vous voyez, si l'alphabet utilisé est nain, les mots en eux-mêmes sont écrits dans un dialecte populaire à l'Est de la Terre du Milieu, notamment sur les frontières du Rhûn...Un mélange tout à fait fascinant si vous voulez mon avis. Mais le plus fascinant dans tout cela, c'est que ce document me rappelle quelque chose...J'ai l'impression d'avoir déjà vu quelque chose de la sorte, mais où...hmm, où... 

Son regard s'illumina soudainement, et il sourit en se relevant de sa chaise. Il prit un long bâton de bois sculpté en main, et hocha de la tête dans la direction de Girion:

-L'Antique Bibliothèque bien-sûr! Les archives de Minas Tirith sont une magnifique collection, les bibliothécaires n'ont jamais cessé de faire venir des nouveaux ouvrages trouvés ou publiés en Terre du Milieu. Ils disposent aussi d'une grande réserve de manuscrits, et je suis presque certain d'y avoir vu une écriture très semblable à celle que vous m'avez montré...suivez moi si vous avez le temps!

Il leur fallut une demi heure pour remonter du Sanctuaire jusqu'au centre de la Cité Blanche où se trouvait l'Antique Bibliothèque, mais Girion avait pu constater que le vieillard avait préservé une certaine agilité malgré son âge. Lorsqu'ils s'y rendirent enfin, Istimo guida le chevalier au chapeau flamboyant à travers le labyrinthe des couloirs, étagères et salles de lecture, jusqu'à une petite pièce poussiéreuse qui contenait uniquement des manuscrits, pour la plupart enroulés autour d'un cylindre de bois ou soigneusement pliés en quatre. Le regard du vieillard se posa cependant sur une étagère qui était à moitié vide, et pas recouverte d'autant de poussière que les autres. Murmurant un pourtant ça devrait être là.. perplexe, il fouilla pendant quelques instants sur les tables et étagères à proximité, mais finit par  se résigner à demande de l'aide à un bibliothécaire. Ce dernier soupira et répondit tristement:

-Vous n'êtes pas au courant, messieurs..? Cela fait bientôt deux mois que nous avons eu un vol à l'Antique Bibliothèque...sous le nez de tous les soldats qui patrouillaient la ville pendant les festivités liées au mariage royal! Quel culot...on n'a même pas vraiment su répertorier exactement ce qui a été volé, car ces vieux parchemins n'ont jamais été rangés ni codés de manière efficace...Je ne sais pas pourquoi des voleurs aussi habiles ont choisi le contenu de cette pièce à vrai dire...c'était loin d'être les grimoires les plus coûteux de notre collection!

Cette révélation sembla prendre l'homme en bleu vraiment au dépourvu, et il exprima son opinion sur les hommes qui volent les sources de savoir que sont les livres et manuscrits, ainsi que sur les soldats du Général Cartogan, incapables d'empêcher les crimes malgré leurs effectifs augmentés. Sur le chemin de retour vers le Sanctuaire, Istimo dit encore à Girion, pensif:

-Vous savez quoi? Il reste encore une possibilité...voyageant beaucoup à travers la Terre du Milieu, j'ai pris l'habitude de calquer les documents intéressants dans mon carnet, afin de pouvoir les re-regarder au calme après. Peut-être que...

Les recherches prirent un long moment, car le vieillard avait une large collection de journaux remplis de la première jusqu'à la dernière page, et même le fait de trouver un texte spécifique dans ce genre de livre n'était pas une partie de plaisir.

-J'ai trouvé! Une belle calque...je recopie toujours tout mot pour mot, trait pour trait, même les tâches d'encre! Car on sait jamais, parfois une tâche d'encre peut être bien plus révélatrice que tout le reste du contenu d'un document! Mais rapprochez vous, monsieur Vernon, et regardez vous-même cette trouvaille. Il s'agit du même style d'écriture que ce manuscrit étrange que vous avez trouvé, n'est-ce pas...?




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