Vends moi ton âme , je te donnerais de l'or.

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Learamn
Capitaine de la Garde du Roi du Rohan
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Vends moi ton âme  , je te donnerais de l'or. EmptyJeu 27 Aoû 2015 - 15:38

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Les derniers rayons de soleil pénétraient avec difficulté dans la salle miteuse qui n’avait de taverne que le nom.  Cette journée d’été touchait à sa fin et dehors les gens commençaient à regagner leurs habitations. Située dans le quartier le plus pauvre d’Esgaroth , la taverne du “ Joyeux Pêcheur” proposait de frugaux repas et une bière infecte qui avait le goût de l’eau de mer pour des prix dérisoires ; en contrepartie la fraîcheur  et la qualité sanitaire de ce qui était servi n’étaient pas garantis , loin de là . Il était courant que les rares clients qui venaient manger ici tombent malade dans la nuit avec de violentes douleurs à l’estomac. La salle était mal éclairés et tombait en ruine , les poutres étaient rongés par des insectes dont personne ne voulait connaître le nom , un seul lustre illuminait la taverne d’une lumière blafarde , d’immenses toiles araignées étaient fixées au plafond et l’état des tables et des chaises laissaient à désirer. Derrière le comptoir un grand homme gras essuyaient machinalement des verres à l’aide d’un torchon noir comme de la suie  , les verres sortaient plus sales de ce “nettoyage “ qu’ils en étaient entrés . L’aubergiste devait être un peu aveugle puisqu’il ne s’en rendait pas compte. Comme chaque soir il y avait très peu de monde ; quelques mendiants prêt à se remplir leur estomac vide avec n’importe quoi et un homme massif assis seul à une table ; cet homme bien que très discret commençait à être un habitué de la maison , il était venu quatre fois depuis le début de la semaine : un véritable record.

C’était un homme à la carrure imposante , même assis on pouvait aisément deviner qu’il était gigantesque pour un homme . Sa peau noire et les nombreux tatouages tribaux sur son crâne chauve ajoutaient au côté mystérieux de l’homme. Juste à côté d elui était posé sur une chaise une splendide armure dorée surmontée d’un col de fourrure et une très belle épée ; des pièces de hautes factures. Et pourtant Lagor était fauché , d’où sa présence dans cet établissement . Certains lui avaient dit de vendre son armure et ses armes pour gagner un peu d’argent mais pour rien au monde il ne s’en serait séparé , pour rien au monde . Cette armure , cette épée ; c’était sa vie et il préférait mourir plutôt que de voir un autre en profiter. Lui un ancien mercenaire glorieux aujourd’hui désavoué.

D’un regard suspicieux il avisa le plat que lui avait servi le tavernier , ce dernier n’était d’ailleurs pas très aimable avec Lagor . Il avait posé le plat à l’autre bout de la table et s’en était retourné sans un mot ; de toute évidence les hommes à la peau noire n’était pas appréciés de tous. De toute manière il n’en avait que faire de ce maudit tavernier et puis si jamais il prenait l’envie à cet imbécile de lui faire une remarque ; le géant se ferait un plaisir de lui écraser la cage thoracique.  Il but une gorgée de “bière “ , il dut se forcer pour ne pas la recracher ; elle était encore plus immonde que la veille et elle était déjà bien mauvaise ce jour là  . Ce fut donc à contrecoeur qu’il porta à la bouche le filet de poisson qui dégageait la même odeur qu’un vieux fromage avarié ; il eut un haut -le-coeur après avoir goûté de cette chair élastique et cette fois cracha ce qu’il avait ingurgité . Immangeable c’était tout bonnement immangeable . Lagor poussa un juron , il devait pourtant bien se nourrir mais dans ces conditions cela se révélait compliqué . Il était grand temps que l’argent revienne pour qu’il puisse enfin s’offrir de la nourriture décente et un logement viable , l’actuel risquait de s’écrouler à chaque instant.

C’est alors que la porte de la taverne s’ouvrit à la volée et qu’un jeune homme svelte et grand entra . Il plissa le nez devant l’odeur de poisson pourri qui régnait dans la pièce puis il balaya la salle du regard ; ses yeux s'arrêtèrent sur Lagor. L’homme qui était assis devant un repas qu’il peinait à terminer correspondait bien à la description qu’on lui avait faite ; il s’approcha donc de lui. Le géant à la peau sombre leva les yeux en direction du jeune homme qui s’était arrêté devant lui , il avait des cheveux sombres et bouclés , un teint juvénile et une bouche trop grande pour son visage fin.

-Vous êtes bien euh …
, le jeune homme regarda un bout de papier , Lagor Grethat ?

-C’est bien moi.
 répondit-il d’une voix grave , presque caverneuse tout en se redressant.

Le jeune coursier put alors apercevoir à la base de sa gorge une large et profonde cicatrice qui semblait descendre jusqu’à son torse recouverte de tatouage .

-J’ai une missive pour vous .

Lagor s’empara du papier que lui tendait le jeune homme ; il voulut la parcourir jusqu’à qu’il ne se rende compte qu’il ne savait pas bien lire . Il avait bien compris ça où là quelques mots basiques mais ses compétences ne lui permettaient pas de comprendre le contenu d’une lettre . Il tendit donc le papier au jeune homme et lui ordonna sans aucune marque de politesse

-Lis la moi !  


Légèrement intimidé , le messager s’exécuta immédiatement

- Rendez-vous à l’auberge principal de Lossarnach . Il y a beaucoup à gagner .Vends moi ton âme, je te donnerais de l’or.
C’est signé par un certain Ald’ar Omenuir .


Ces simples mots eurent l’effet d’un coup de fouet pour Lagor qui commença à s’agiter “ Ald’ar Omenuir” oui il connaissait cet homme , comment aurait -il pu oublier? Un ancien mercenaire avec qui il avait fait équipe il y a bien des années , c’était un combattant émérite toujours à l’affût des bonnes affaires . Et puis surtout “Il y avait beaucoup à gagner “ . De toute façon qu’avait il à perdre? Son existence ici ne valait plus rien et la perspective de pouvoir retrouver la gloire et la richesse dans un futur plus ou moins proche l’anima d’une nouvelle motivation.

Sans plus attendre il saisit ses effets et sortit de la taverne en bousculant au passage le jeune coursier . Il était décidé à prendre la route le soir même ; le voyage périlleux ne lui faisait nullement peur  .Les bandits? Ils s’en moquaient . Les loups? Ils lui feraient un bon petit déjeuner . Il faut dire qu’il fallait avoir un sacré coffre pour pouvoir impressionner la masse gigantesque de muscles qu’étaient Lagor .

Il voyagea ainsi durant de longues semaines , sans cheval , avançant à l’aide de ses jambes épaisses et puissantes . Il n’eut pas de véritables problèmes ; les bandits durent juger qu’il  était préférable d’éviter d’agresser un géant en armure et armé et le seul animal qui eut le malheur de s’approcher trop près de lui finit sur la broche. Il ne s’arrêtait que quelques heures pour dormir et ne prenait presque jamais le temps de souffler , Lagor voulait être sur place au plus vite ; bien décidé à se relancer.

Il arriva finalement dans la région de Lossarnach quand le soleil fut à son zénith. Le panorama était sans aucun conteste absolument magnifique avec ses collines verdoyantes , ses champs s’étendant à pertes de vue et ces petits hameaux pittoresques . Au centre de la région se trouvait la ville de Lossarnach , bien plus grande que les villages agricoles voisins , c’était ici que se trouvait le centre de commerce . Un riche machand répondant au nom d’Asthraba le Bourgeois exerçait beaucoup d’influence , l’on racontait que ses caves regorgeaient d’artefacts plus précieux les uns que les autres. Peu importait , Lagor n’était pas venu pour faire du commerce mais bien pour répondre  à un appel précis . Il se rendit donc à la taverne indiqué .

A peine eut il poussé la porte qu’un homme qui devait être un serveur s’approcha de lui .

-Bonjour Messire Grethat , veuillez me suivre jusqu’à votre table.


Lagor haussa les sourcils , visiblement il n’était pas seulement attendu par Ald’ar , ce vieux gredin avait bien préparé son coup . Il suivit l’employé tout en notant que cet établissement était bien différent de celui qu’il fréquentait à Esgaroth . Un délicat fumé de viande grillée et de pain sortant du four parfumait la salle , les nombreux clients riaient , parlaient et jouaient autour d’un copieux et appétissant repas .

Ils arrivèrent devant une table ronde autour de laquelle était disposé quatre chaises en bois surmontés d’un gros coussin . Il n’y avait encore personne d’installé..

-Vous êtes le premier monsieur .
fit le serveur en lui faisant signe de s’asseoir . Veuillez attendre ici.

Le géant à la peau d’ébène s’assit et attendit en silence , laissant son regard brun analyser la salle et ses occupants et se demandant ce à quoi il pouvait s’attendre de cette rencontre organisée.  On lui servit une grande chope de bière  , qu’il but avec délectation . Ce n’était peut-être pas la meilleure blonde du continent mais elle était bien meilleure que celles qu’il avait bu ces derniers mois.

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“Fffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffiouuuuuuuuu”


La flèche siffla quelques secondes dans les airs avant de finir sa course dans la gorge du daim avec un bruit sourd . Celui-ci s’écroula après un dernier brame . Nomuas bondit alors de sa cachette et se précipita sur sa proie , poignard à la main, qu’il acheva d’un geste précis.  La chasse était l’une des principales occupations de Nomuas  , elle lui permettait non seulement de se nourrir mais aussi d’entretenir ses réflexes et compétences de traqueur et de chasseur . Il avait pisté ce malheureux daim pendant plus d’une heure et il avait fini par le localiser sans encombre ; la chasse d’aujourd’hui avait été facile. Il dépeça l’animal sur place   et mit les meilleurs morceaux dans sa sacoche . Il partit alors , laissant ce qui restait de la carcasse au charognard et aux insectes.

Le chasseur avait un aspect bien étrange , si ses oreilles pointues trahissaient son appartenance  à la race des elfes son apparence était bien différente de celle que l’on se faisait des Eldars dans l’imaginaire commun.  Ses cheveux étaient totalement rasés à l’exception de certains qui formaient une crête iroquoise ; deux tresses de chaque côté de son crâne descendaient jusque dans son dos . Son visage était bardé de profondes cicatrices ce qui lui donnait un aspect peu rassurant et sa peau était trop mat pour être celle d’un elfe ordinaire.  De son ascendance subsistait toutefois certains aspects : ses oreilles donc , ses yeux verts vifs et perçants  , sa stature haute et svelte , son agilité , sa discrétion et surtout sa longévité. Cela faisait 666 ans qu’il foulait les Terres du Milieu et ila vait vécu bien des choses et affronté moults dangers . Ancien soldat des elfes sylvains il avait fini par quitter le royaume pour de nombreux différents, après avoir joué les gladiateurs au Khand et les assassins à Umbar il avait fini par être engagé dans les rangs de l’Ordre de Couronne de Fer . Depuis la chute de l’Ordre il se cachait donc dans un ancien refuge au sud de la Forêt Noire et au Nord -Est du Rohan ; tout près des Landes Brunes.

Après quelques minutes du marche il atteignit son repaire qu’il avait aménagé de façon à ce que de potentiels voyageurs croient qu’il était désaffecté. Son cheval se tenait derrière une palissade en bois qui le cachait aux yeux de tous . Le refuge , s’il paraissait en ruine à l’extérieur était très bien agencé à l’intérieur . Si il avait été la base construit de façon purement fonctionnel par l’Ordre , Nomuas y avait rajouté sa patte quand il s’y était installé . Le lieu était donc empreint d’un univers empruntant certains aspects à la culture elfique mais pas seulement. L’elfe y avait rajouté de nombreuses reliques et autres objets comme un casque de gladiateur , des dents d’animaux ou des grand manuscrits écrit dans toutes les langues possible dont le noir-parler.  
Il alluma un feu et en attendant que celui ci prenne , il porta à son cheval sa ration quotidienne d’eau . C’est alors qu’un gros pigeon passa au dessus de sa tête et lâcha un message enroulé  à l’aide d’un ruban . Nomuas déroula lentement la missive ,sans aucune excitation , et la lut calmement.

“ Rendez vous à la taverne de Lossarnach . Projet enrichissant en perspective et promesse d’une grande réputation. Vends moi ton âme , je te donnerais de l’or.
Le Bras de Fer”


Après avoir lu la lettre  , Nimuas esquissa un sourire. Le Bras de Fer…. c’était un membre éminent de l’Ordre de la Couronne de Fer qu’il avait croisé à plusieurs reprises . C’était un homme intelligent , un meneur et  un violent combattant. Il avait disparu après la reprise d’Imladris ; ainsi donc le Bras de Fer avait survécu et il avait même réussi à savoir où il pouvait le contacter. Le Lossoth avait décidément de la ressource . Nomuas n’était pas vraiment un être cupide , l’argent ne l'intéressait pas plus que ça bien qu’il aimait vivre aisément . Mais c’était la perspective de pouvoir se forger une réputation qui l’attira , il aimait être reconnu ; le manque de reconnaissance avait été l’une de ses grandes frustrations au royaume de Vertbois . Ald’ar avait su trouvé les mots qui pouvaient intéresser l’elfe , ce dernier ne comptait donc pas manquer cette rencontre.

Il replia le message et prit le temps de prendre son déjeuner sans se presser . Nomuas n’était pas du genre à se précipiter , il prenait toujours le temps qu’il fallait pour faire le choses bien et il les faisait souvent très bien.
Une heure plus tard il enfourcha son cheval et le fit partir au trot sur les sentiers escarpés en direction de Lossarnach. Le voyage fut très calme  ; Nomuas s’était emmitouflé dans une large et sombre cape de voyage pour éviter les regards : un elfe avec cette apparence inhabituelle aurait été le centre des attentions si tout le monde le voyait.  Quand il arriva dans la région de Lossarnach il observa avec attention les paysages de cette belle contrée ; c’était beau mais bien en deçà de ce qu’il avait pu voir durant  six siècles , six décennies et six années .

Il se rendit à la taverne , laissa son cheval au soin d’un jeune employé qui l’emmena dans une petite écurie pour les clients . Quand il entra il rabattit sa capuche , dévoilant son visage intriguant ; mais les clients étaient bien trop absorbés par leur jeux et discussions ou alors bien trop enivrés pour se soucier du nouvel arrivant . Un serveur s’approcha toutefois de lui

-Vous êtes Nomuas Arnarion?


L’elfe dévisagea son interlocuteur qui connaissait visiblement son nom et il fit signe de la tête que oui .

-Il vous l’a dit n’est ce pas ?
demanda alors Nomuas de sa voix suave .

-Bien entendu
, répondit le serveur toujours aussi imperturbable , veuillez me suivre.

Le serveur le conduisit jusqu’à une table ronde où se trouvait déjà un homme massif à la peau sombre avec une chope de bière . Lagor fixa le nouveau venu et écarquilla les yeux , visiblement il ne s’attendait pas  à voir arriver un elfe et surtout pas un elfe de ce type.

-Bien le bonjour . déclara simplement Nomuas .

Le serveur les quitta pour aller préparer un verre d’hydromel pour son ancestral client.  Celui-ci s’assit et jaugea les deux chaises encore vide qui lui faisaient face.

-Visiblement il va falloir encore attendre .

Mais à peine eut-il fini sa phrase que la porte de la taverne s’ouvrit ; un troisième “client spécial” venait d’entrer . Le serveur alla directement à sa rencontre.

-Monsieur Palvan Jillar?


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Ryad Assad
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Vends moi ton âme  , je te donnerais de l'or. EmptyMer 2 Sep 2015 - 17:59
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- Ça se prononce « Jillar », dit-il avec une pointe d'agacement dans la voix, et en insistant déraisonnablement sur le « a ».

Ah, décidément personne ne faisait l'effort de prononcer son nom correctement, qu'est-ce que cela pouvait bien l'irriter ! Il fit abstraction de tout ceci, et se dirigea vers l'intérieur de l'établissement, suivant l'homme qui venait de l'accueillir. Sur ses talons, une jeune femme effacée qui le suivait en permanence. Elle se tenait à quelques pas derrière lui, et n'avait pas l'air d'être un garde du corps, comme on pouvait en voir parfois chez certains nobles influents. Sa fonction demeurait donc un peu mystérieuse, et personne n'aurait su dire ce qu'elle faisait là, à un rendez-vous aussi important. Une secrétaire, peut-être ? Ou bien une conseillère quelconque ? Difficile à dire.

Palvan traversa la pièce d'un pas sec et nerveux, jetant des regards fréquents de droite et de gauche, comme un conspirateur. En vérité, il avait plutôt l'air un peu ridicule qu'autre chose, mais il fallait dire qu'il n'avait clairement pas le type des gens d'ici. Contrairement aux hommes qui se trouvaient dans l'auberge, sa tenue était impeccable, sa toilette de belle qualité, et ses chaussures propres. Il descendait de toute évidence d'une voiture venue le déposer devant l'établissement, aussi discrètement que si on avait annoncé son arrivée avec un clairon. Il n'avait pas eu à traverser les allées couvertes de poussière et de boue. La question se posait donc de savoir ce qu'il faisait là, car comme son assistante, il ne paraissait pas avoir sa place dans un repaire de brigands. Les deux individus attablés levèrent la tête en le voyant approcher, et il les dévisagea en retour. Un colosse horrible, au faciès répugnant, et un Elfe encore plus hideux, si c'était possible. Deux mâles difformes et peu avenants qui dégageaient une odeur à faire fuir un Troll. Un mélange de sueur et de crasse qui leur collait à la peau de manière irrémédiable. Même un bon bain n'arriverait pas à les rendre présentables…

Le premier, le plus grand, paraissait venir de très loin. Sa peau avait l'air brûlée, bien davantage encore que celle des travailleurs qui faisaient les moissons l'été. Il devait venir du Sud, si on en croyait les racontars, mais il n'était pas petit et farouche comme on décrivait les gens de là-bas. Au contraire, il était immense et – apparemment – placide. Un peu comme une grande vache. La comparaison ne franchit jamais les lèvres du banquier, qui savait que le bovin en face de lui était très certainement capable de le briser en deux s'il le désirait. Il valait mieux ménager la susceptibilité de tels individus, qui comprenaient en général mal l'humour et le second degré. Triste vie que la leur. Le second, de corpulence normale, était un Elfe à l'allure tout à fait détestable. Sa coiffure était d'un goût affreux, et on aurait dit qu'il revenait d'un périple à travers le grand désert du Sud. Même s'il était un représentant des Eldar, il ne dégageait aucune beauté aux yeux du banquier, qui se demandait plutôt comment une créature qui avait dû avoir des traits normaux avait pu au fil du temps se transformer en un tel déchet. Là encore, il conserva ses observations pour lui, préférant ne pas créer d'incident diplomatique avant même d'avoir vu l'homme qui les avait conviés. D'une voix tranquille, il se fendit de salutations tout à fait courtoises, mais dénuées de chaleur :

- Messieurs.

Et ce fut tout. Pas un mot de plus. Sans surprise, Palvan s'assit aussi loin que possible de ses deux congénères, sans même esquisser un geste pour leur serrer la main. L'idée même d'entrer en contact avec eux lui donnait la nausée, et il n'avait pas pris la peine d'ôter ses gants. Par contre, la jeune femme qui l'accompagnait trouva tout naturellement une place sur ses genoux. D'une main distraite, il commença à jouer avec ses cheveux, tandis que de l'autre il lui caressait pensivement la cuisse. Elle avait l'air d'une esclave suderonne sur les genoux de son maître tyrannique, à ceci près qu'elle ne feignait pas d'être heureuse, et qu'elle n'avait pas l'air particulièrement triste non plus. Elle était simplement là, comme un objet sans volonté censé répondre aux désirs de l'homme qu'elle accompagnait. Elle n'avait d'ailleurs pas ouvert la bouche. Le banquier finit par se tourner vers ses deux interlocuteurs du moment, qui semblaient se poser quelques questions quant à leur nouvel invité. Et il y avait de quoi. Palvan n'était ni grand, ni costaud, et il n'avait pas l'air vif et agile comme certains assassins pouvaient l'être. Il était simplement un homme du commun, dont la principale force se situait dans l'or qu'il avait à foison, et non dans de quelconques capacités martiales. Un négociant, un banquier et un financier qui commençait à se faire un nom au Lossarnach, et qui n'aurait jamais dû se trouver attablé avec deux brutes épaisses. C'était tout ce qu'il était. Il se pencha vers eux, et glissa sur un ton complice :

- Vous aussi vous êtes là sur invitation de notre ami commun ?

Il se recula sur sa chaise avec un sourire satisfait. De toute évidence, la réunion secrète excitait en lui un frisson d'aventure qu'il ne connaissait que trop peu dans sa vie courante. Les mystères, les endroits mal famés, cet univers exotique qu'il ne connaissait pas… tout cela avait un charme fou pour lui, et il se complaisait à y évoluer, même s'il n'en maîtrisait pas les codes et les règles. Il paraissait se délecter de tout, des non-dits pleins de sens, des demi-vérités inquiétantes. C'était tout juste s'il ne songeait pas à se donner un nom de code, pour habiller l'ensemble et faire plus « immersif ». Oui vraiment, il n'était pas dans son univers. Pour preuve, sans réfléchir il s'était assis à l'opposé de l'Elfe et du géant, en laissant malencontreusement la porte d'entrée dans son dos. Si quelqu'un pénétrait dans l'établissement avec des intentions hostiles, il serait le dernier à en avoir conscience, et peut-être le premier à en payer le prix... Les deux invités qui lui faisaient face auraient sans doute quelques questions à poser à leur ami quand il se présenterait. Mais en attendant, ils devaient composer avec ce bien étrange personnage, qui ajouta :

- Je ne vais pas vous demander vos noms, rassurez-vous. Je sais comment ça fonctionne. Anonymat total. Vous inquiétez pas, je connais la chanson.

Son sourire s'élargit encore un peu, et il inspira le parfum de la jeune femme toujours installée sur lui. Ses cheveux sentaient bon, assurément, et il avait l'impression de puiser ces senteurs boisées un remède à la déliquescence de son environnement immédiat. S'il fermait les yeux, il se croirait un instant transporté dans un parc charmant, bien entretenu et d'une propreté sans égale. Il lui suffisait de se boucher les oreilles pour profiter du silence de la nuit, et méditer en toute sérénité. Mais ce n'était qu'une illusion, qui se dissipa sitôt qu'il ouvrit les paupières et qu'il réintégra son corps physique. Ses sens furent submergés en un instant par des messages douloureux, et il trouva un peu de réconfort dans la présence chaleureuse de la séduisante créature qui reposait contre lui. Ce fut probablement la seule chose qui le poussa à rester en place, et à ne pas se précipiter au-dehors pour respirer de l'air pur et frais.

Un serveur passa par là, et Palvan lui fit signe d'approcher. Il avait bien besoin d'un petit remontant pour se désaltérer, et il ne serait pas contre une eau-de-vie locale. Il avait beau être riche, il savait apprécier les choses simples, et il lui plaisir d'entretenir des goûts populaires, plutôt que de faire importer des vins hors de prix venus de lointaines contrées. Il avait toujours eu horreur des gens qui faisaient ainsi étalage de leur fortune, et lui-même prenait grand soin de ne pas dévoiler son jeu à ses interlocuteurs. Il leur faisait comprendre qu'il n'était pas à plaindre, mais ne leur donnait jamais l'opportunité d'évaluer la valeur de ses biens. Il fallait dire que beaucoup étaient des titres de propriété dont les occupants ne tenaient pas à ce qu'ils fussent rendus publics. Il était tout de même bien triste de la part d'un noble local d'hypothéquer son domaine, et de le céder aux mains d'un Baron aux dents longues. Mais ainsi allaient les affaires, et en échange de son silence, les débiteurs du banquier s'engageaient à rembourser jusqu'à la dernière pièce d'or des intérêts faramineux qu'il demandait.

Se tournant vers les deux mercenaires, il observa ce qu'ils avaient commandé. Une bière pour le premier, de l'hydromel pour le second. Des choix logiques, classiques pour des gens comme eux. Ah, ces rustres n'avaient donc aucune imagination. A moins qu'ils n'eussent pas assez d'argent pour s'offrir la boisson de leurs rêves. Palvar les plaignait… Oui, ce devait être une triste existence, que d'être pauvre. Il pensait à ça sans compassion aucune. S'ils étaient pauvres, c'était qu'ils l'avaient mérité d'une façon ou d'une autre. Ainsi allaient les choses.

Le serveur arriva bientôt en portant l'eau-de-vie tant attendue par le riche commerçant. Celui-ci laissa un pourboire généreux, et recueillit le verre entre ses mains, se délectant par avance de la sensation de l'alcool réchauffant agréablement son organisme. Non pas qu'il eût froid, naturellement, car la ravissante jeune femme avait cessé d'être immobile, et s'occupait maintenant de lui caresser affectueusement la poitrine. Certainement qu'il n'avait pas froid, non, avec cette présence chaleureuse lovée contre lui. Le banquier adressa un sourire entendu aux deux autres invités, comme pour leur dire qu'ils manquaient quelque chose de particulièrement agréable. C'était le cas. Puis, après avoir tenté de déchiffrer l'opinion qu'ils pouvaient bien avoir quant à sa charmante compagne, il porta son verre à ses lèvres. Interrompant son geste au dernier moment, il lâcha :

- Peut-être devrions-nous attendre l'arrivée de notre ami commun, avant de porter un toast, non ? J'espère d'ailleurs qu'il va arriver bientôt…

Le géant lui désigna calmement la porte du doigt, et Palvan se retourna. Ses yeux se posèrent sur une silhouette familière, qui venait de pénétrer dans l'auberge. Pile à l'heure, comme toujours. Il n'y avait décidément pas de raisons de s'inquiéter, avec cet individu. Le banquier souffla à l'oreille de la femme qui l'accompagnait :

- Va m'attendre sagement dans un coin, et paie-toi une boisson.

Il lui glissa quelques pièces dans la main, et lui flatta la croupe d'une tape amicale, comme il l'aurait fait à un cheval qu'il affectionnait, alors qu'elle s'éloignait. Pendant un instant, il suivit le mouvement de ses hanches qui se balançaient, puis revint à ses affaires les plus urgentes et les plus intéressantes. Financièrement, du moins. Il avait hâte d'entendre cette fameuse proposition dont le mercenaire voulait l'entretenir...


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Sur la route sablonneuse menant à Lossarnach un cheval filait à tout allure en direction de la cité ; la bête , très largement éprouvé par son maître, semblait au bord de l’épuisement mais elle continuait à galoper craignant un coup d’étrier du cavalier . Ce dernier avait les yeux fixés sur son objectif , un regard gris , froid et décidé qui glaçait le sang à tous les voyageurs qui levaient les yeux sur le voyageur. Juste devant lui , une jeune fille était assise sur la selle , elle somnolait , fatiguée par ce long voyage où les arrêts avaient été rares . Elle avait le teint hâlé et portait une longue chevelue sombre légèrement ondulée qui descendaient en cascade , sa tête et ses épaules se balançaient au rythme des coups du sabots du cheval . L’adolescente ne devait pas avoir plus de seize ans et pourtant en acceptant d’entreprendre ce voyage , elle était entrée dans un monde violent où il était rare de croiser des créatures comme elle. C’était peut être en un certain point une faiblesse mais d’un autre côté c’était ce qui faisait aussi la force de la jeune fille : elle était unique . Derrière eux , un nuage de poussière et de sable se soulevait et les rendaient invisibles pour tous les voyageurs auxquelles ils tournaient le dos .
Le Bras de Fer semblait imperturbable , ses traits tirés et ses cernes trahissaient un voyage éprouvant et une fatigue certaine mais il n’arrêtait pas dans son élan pour autant . Il avait une date et un horaire à respecter et il n’était pas dans les habitudes du Lossoth d’arriver en retard à une réunion . Suite à son opération hautement risquée , son bras tranché dans lequel il avait profondément enfoncé la prothèse métallique le faisait souffrir ; la chair avait pris une inquiétante teinte bleue mais Ald’ar ne semblait pas s’en soucier ; tant que son bras de fer tenait .

Le Nordique fit ralentir son cheval quand ils arrivèrent aux abords des quartiers extérieurs de la cité . Il balaya du regard les alentours ; si le centre de Lossarnach était un milieu plutôt très aisé où bourgeois et nobles se partageaient le pouvoir les quartiers annexes étaient plus modestes ; constitués essentiellement de bâtisses de paysans et de petits artisans le tout ne semblait pas être construit cohérence , les maisons étaient disséminées de manière disparates , construites les unes après les autres selon un plan plus fonctionnel qu’esthétique . Cependant l’endroit n’avait rien de misérable , du moins pour un voyageur endurci qui avait connu bien pire comme Ald’ar , la saleté n’était pas omniprésente et les habitants menaient une vie paisible sans souffrir de pauvreté excessive . Ses yeux s’arrêtèrent sur un établissement un peu plus grand qui trônait seul au milieu de ce qui aurait pu s’apparenter à une place bien qu’aucun bâtiment ne semblait la délimiter ; au dessus de la porte cramoisie une enseigne était accrochée

“Associations des Paysans de Lossarnach”

Un sourire discret se dessiné sur les lèvres du Bras de Fer ; il était à la bonne adresse . C’était bien l’auberge où il avait donné rendez-vous à ceux qui , il l’espérait , deviendraient ses collaborateurs. Il trotta jusqu’aux anneaux à chevaux et il réveilla Palkinto en lui secouant doucement l’épaule . La jeune fille , ouvrit les paupières , dévoilant ses yeux noisettes ; et adressa un regard au Nordique ; ce dernier descendit de selle sans un mot et il l’aida à mettre à son tour pied à terre. Posant un main sur son épaule le mercenaire parla à l’orpheline .

-Nous sommes arrivés à présent et je dois te dire qu’une fois que nous serons rentrées il n’y aura plus moyen de faire demi tour . Es-tu sûre de vouloir continuer?

Ald’ar était vraiment sincère avec elle , du moins en partie ; en aucun cas il ne voulait la forcer à entreprendre la suite de son projet avec lui , il n’était ni un esclavagiste ni un kidnappeur , il lui laissait donc le choix de poursuivre ou non . Toutefois si jamais elle refusait , il ne fallait pas compter sur lui pour la ramener à Minas Tirith, il avait bien d’autres affaires à gérer et elle devrait se débrouiller seule . Mais Palkinton n’avait pas fait tout ce voyage pour prendre peur et faire demi-tour au dernier moment , elle était bien déterminée à continuer.

-Oui j’en suis sûre .


Le Bras de Fer laissa échapper un sourire de soulagement , il était satisfait de la décision de la jeune femme . S’il y avait bien une chose qu’il avait apprise de sa mission dans la Cité Blanche avec Jerilyna ; en plus du fait que les orientaux n’étaient pas capables de préciser la nature d’un chat , c’était que travailler avec une silhouette en apparence faible et innocente pouvait être extrêmement utile et avantageux et il comptait bien mettre cette association avec la jeune orpheline qu’il avait libérée à profit . Par le passé il avait fait l’erreur de ne s’appuyer que sur de puissants guerriers , dédaignant toutes les personnes en apparence fébrile ; il avait eu tort et il avait bien l’intention de régler la ligne . Mais avant toute chose il devait s’assurer de la fidélité de Palkinto.

-Palkinto… Tu vas pénétrer dans un monde envoûtant et dangereux , pour y survivre tu dois m’écouter et surtout me faire confiance. Tout ce que je déciderai nous concernant sera pour servir nos intérêts communs : les miens autant que les tiens.

L’adolescent hocha la tête en signe d’affirmation ; quel autre choix avait elle de toute manière? Le Nordique était son seul point de repère et aussi peu qu’elle pouvait le connâitre elle se sentait inexplicablement en sécurité sous son aile . C’était certes un personnage intrigant , au passé trouble et indubitablement dangereux mais pourtant il l’avait libéré des griffes de ses ravisseurs et il avait accepté de la prendre avec lui ; elle ne savait pas vraiment s’il avait fait preuve de générosité ou d’opportunisme mais elle sentait qu’il lui fallait suivre cet homme pour trouver sa voie .

-C’est ici .
Fit Ald’ar en désignant l’entrée de la taverne du doigt.

D’un pas mesuré , ils montèrent les deux marches en bois et poussèrent la porte de l’établissement. L’atmosphère était confiné tout en étant chaleureuse , la taverne n’avait pas le confort ou la qualité des grands établissement bourgeois situés dans les centre-villes gondoriens mais elle était plutôt agréable et s’il devait exister une échelle de comparaison des meilleurs établissement elle se situerait dans la moitié supérieure. A peine eut-il poussé la porte qu’un serveur s’empressa de venir à sa rencontre , le même employé qui avait accueilli Lagor , Nomuas et Palvan et qui les avaient installés . Grand , mince et noueux ; il avait constamment une expression grave qui devait être simplement naturelle pour lui ; de sa voix calme et posée , proche d’un soupir , il parla au nouveau venu .

-Vos invités sont là M.Omenuir , je les ai installés à leur table où une dernière place vous attend .

-Merci Carm , J’aurais toutefois besoin d’une place supplémentaire .

C’est alors que le serveur, dénommé Carm , aperçut la jeune fille qui étaient entrée derrière le Bras de Fer , dissimulée dans son ombre . Il ne manifesta aucune surprise ou interrogation , son expression demeura impassible ; impassible, il l’était en toutes circonstances . Carm se contentait de faire ce qu’on lui demandait avec une efficacité et une précision extrême et appréciée mais il ne posait jamais de question et ne s’interrogeait jamais , c’était ainsi que venaient les ennuis . Il accompagna Ald’ar et Palkinto jusqu’à leur table ; les trois “invités” étaient déjà installés et il suivait du regard le nouveau venu qui n’était étranger à personne , tous avaient déjà croisé son chemin par le passé. Sous son bras valide , il tenait un coffre en bois qui paraissait plutôt lourd .

-Messieurs .
Fit l’ex agent de l’Ordre avec un mouvement de tête , reprenant involontairement en écho le salut concis qu’avait adressé Palvan aux deux autres quelques minutes auparavant .

Ald’ar s’assit sur la dernière chaise valide et s’empressa de poser son précieux coffre entre ses jambes. Carm amena un tabouret pour Palkinto , au moment il s’apprêtait à le poser le Nordique l’interrompit.

-Non pas là Carm ; elle s’installera ici .
dit-il en désignant la place à sa gauche , à côté de Palvan Jillar.

Palkinto s’éxecuta et , très intimidée par les regards portés sur elle , elle s’assit sans un mot. Les trois “invités” ne s’étaient probablement pas attendu à ce qu’Ald’ar vienne accompagnée d’une si surprenant compagnie. Carm s’approcha du Bras de Fer.

-Une bière Monsieur Omenuir?

-Non , une infusion chaude au thym pour moi .

-Tout de suite Monsieur Omenuir.


Le serveur fit volte-face et disparut derrière le comptoir . Du coin de l’oeil le Nordique nota la présence d’une femme au physique avantageux , assise seule à une table proche et qui commandait une boisson avec une poignée de pièces d’or . Son regard se posa ensuite sur Palvan :

-Décidément tu ne perd pas tes habitudes .
dit-il sur un ton dans lequel on pouvait percevoir une très petite pointe d’amusement .

Ald’ar se défit de sa cape de voyage et s’installa le plus confortablement possible sur sa chaise ; les autres restaient silencieux , attendant que le Lossoth ne prenne la parole ; ce qu’il ne tarda pas à faire.

-Lagor Grethat , terreur de Lacville , la panthère d’Esgaroth ; une puissance incomparable , une solide expérience et des capacités martiales à toutes épreuves .

En présentant ainsi chacun des “convives” il donnait aux autres certaines informations sur le principal intéressé qu’ils ne connaissaient pas même si cela était fait avec une théâtralité certaine.

-Nomuas Arnarion , Ombre de la Forêt , l’Elfe du Diable ; une discrétion totale pour une efficacité meurtrière , des compétences de chasse , de traque et de combat quasiment inégalables.

Carm interrompit alors brièvement les présentations , il posa la tasse d’infusion devant le Bras de Fer avant de d’éclipser rapidement et discrètement. Assoiffé , Ald’ar but une gorgée du breuvage . Le liquide chaud coula le long de sa gorge , lui procurant une plaisant sensation de chaleur et de répit ; de satisfaction ,il claqua la langue.

-Enfin , Palvan Jillar , Charmeur de Lossarnach ; des fonds qui dépassent l’entendement , une connaissance du marché et des investissements fructueux .

Le Bras de Fer posa ses deux bras sur la table ; les trois hommes purent alors admirer la prothèse meurtrière nouvellement remise . Après un moment de silence où chacun se regarda l’un l’autre ; Ald’ar reprit ; toujours avec ce même timbre grave et solennel .

-Comme certain d’entre vous j’ai passé ces derniers mois dans la nécessité , errant sans but précis et me battant chaque jour pour pouvoir me nourrir et survivre . Seulement une offre d’emploi à Minas Tirith a changé la donne , j’ai accompli ma mission et j’ai gagné beaucoup de choses et pas seulement de l’or ou de l’argent. Je pense que le moment est propice pour lancer mon projet ; depuis la chute de l’Ordre l’idée germe et pousse dans mon esprit. Mon but est de former un groupe ; une équipe de mercenaires , les meilleurs qui soient .

Le Lossoth laissa planer sa dernière phrase un moment dans l’air , tandis que chacun assimilait l’information et se demandait quel rôle ils avaient à jouer dans cette histoire.

- Je suis ambitieux , ce n’est un secret pour personne , et je ne désire pas me limiter à quelques mercenaires solitaires et anonymes non je veux construire quelque chose de plus vaste , puissant et enrichissant. Alors certes au début nous commencerons avec des effectifs et des moyens forcément limités mais j’ai bon espoir que nous nous développerons rapidement . Si vous êtes ici autour de cette table c’est parceque je n’ai pas la prétention d’affirmer pouvoir organiser et diriger toute cette entreprise seule ; j’ai besoin de personnes qualifiées pour m’épauler et je me suis naturellement tourné vers vous car vous possédez chacun des caractéristiques précieuses pour mener à bien notre projet.

De sa poche , le Bras de Fer sortit une petite liasse de document plié de multiples fois et un peu abîmés à cause du voyage .

-Comme vous pouvez le voir l’idée a mûri dans mon esprit et j’ai une idée assez claire et précise de ce que je veux faire
, fit il en agitant les parchemins , mais auparavant de je dois savoir si je peux compter sur vous. Alors êtes vous intéressé à devenir riche, puissant , influent et respecté?

Reposant ses documents , Ald’ar se saisit de sa tasse et but une gorgée de son infusion au thym, attendant les réponses de ses “convives”. Il échangea alors un bref regard avec Palkinto , s’il y avait bien une personne sur qui il pouvait vraiment compter c’était bien la jeune fille.


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Ryad Assad
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Ah, sacré Ald'ar… Il avait toujours eu le don de savoir avec qui s'acoquiner, mais Palvar ignorait que le mercenaire était du genre à s'entourer de si jeune et si charmante compagnie. Un sourire étira les traits du banquier, qui ne pouvait pas s'empêcher de se dire que cet homme était plein de surprises. Quand on croyait l'avoir cerné, on se rendait compte qu'il y avait des facettes de sa personnalité qui échappaient totalement au commun des mortels. Il n'était pas facile de bien le connaître, mais le Baron savait qu'il comptait parmi ceux qui en savaient le plus sur Ald'ar Omenuir, dit le Bras de Fer. Non pas qu'ils fussent particulièrement amis… on pouvait même dire qu'ils n'avaient pas grand-chose en commun. Toutefois, il avait été son employé pendant quelques temps, et Palvar faisait bien attention à connaître les gens qui travaillaient pour lui. Mesure de prudence probablement réciproque, surtout que Palvar n'était pas un homme particulièrement secret et renfermé. Il n'hésitait pas à faire étalage de ses qualités et de ses défauts, sans se soucier du qu'en dira-t-on. S'il s'était arrêté à ça dans sa carrière, il ne serait pas là où il se trouvait aujourd'hui.

Ald'ar s'avança donc vers eux, traînant cette jeune fille derrière lui. Elle ne paraissait pas particulièrement effrayée, ni particulièrement rassurée. Il fallait dire qu'au milieu de ces hommes rustres, elle faisait tâche, la pauvre. Le mercenaire fit amener un tabouret pour elle, et il l'installa entre lui et le banquier, qui trouva cette initiative excellente. Il adressa un signe de tête poli à la jeune fille, comme son éducation le lui commandait, tout en l'examinant sans vergogne. Il n'était pas non plus intrusif, et on ne pouvait pas dire qu'il était en train de la reluquer dans les règles. De toute façon elle n'était pas son type. Il était surtout en train de l'analyser, d'essayer de comprendre la raison pour laquelle elle se tenait là, au milieu de cette conversation, à cette table où se rassemblaient des intérêts à des années de ceux d'une jeune fille de son âge. Pendant qu'ils s'apprêtaient à parler affaires, elle aurait dû rêver à épouser un beau prince charmant, ou travailler dans une ferme à traire des poules… C'étaient ce que faisaient les pauvres, non ? Les traire pour en récolter le fameux lait de poule qu'il affectionnait tant.

Pour l'heure, aucun mot n'avait été échangé, et tout le monde attendait que le Bras de Fer eût fini de passer commande. Une infusion chaude au thym, ha, elle était bien bonne celle-là. Les autres hommes ne firent aucun commentaire, mais Palvan ne put s'empêcher d'avoir un sourire moqueur. Beaucoup d'hommes auraient craint d'afficher cette mine face au mercenaire, mais lui était d'un autre genre. Il entretenait une relation très particulière avec le Bras de Fer, et il était peut-être une des rares personnes à lui parler librement, sans tabou, et surtout sans prendre de gants. Cela ne signifiait pas pour autant qu'il était insultant – il savait ménager la susceptibilité de chacun – mais il dispensait ses conseils et ses avis comme bon lui semblait. Qui n'était pas d'accord avec sa manière de faire n'avait pas à le côtoyer, car il n'avait jamais dérogé à cette règle. Depuis qu'il était riche, c'était même encore pire. Aussi, quand Ald'ar nota la présence de la charmante créature qui les observait distraitement un peu plus loin et qu'il lui en fit la réflexion, Palvan répondit du tac-o-tac :

- Toi au contraire, tu as bien changé… Une jeune demoiselle à ton bras, une infusion chaude au thym… J'en connais un qui veut s'acheter une conscience avant de commettre quelque chose de répréhensible.

Son regard glissa un instant vers la jeune fille. Il ne soupçonnait pas un seul instant Ald'ar de vouloir abuser de sa jeune compagne, mais cette dernière en était-elle consciente ? Le regard qu'elle lui lança en retour lui indiqua qu'elle avait beau suivre le guerrier, elle paraissait tout de même ne pas le connaître tant que ça. Les paroles de Palvan avaient de quoi faire peur, il était vrai. Il se pencha vers elle, et lui posa négligemment une main sur l'épaule, tout en soufflant :

- Je plaisante, chérie, je plaisante…

Mais son regard ne riait pas du tout. Il retrouva le silence, et attendit qu'Aldar se mît à l'aise. Après tout, ils pouvaient échanger toutes les mondanités qu'ils voulaient, ils étaient là pour entendre une proposition que le Bras de Fer leur avait vendue comme alléchante. La perspective de gagner beaucoup avait immédiatement attiré Palvan, qui avait immédiatement placé ce rendez-vous dans son emploi du temps. Surtout si cela lui permettait de passer une soirée loin de son épouse, qui devait sans doute en profiter pour inviter certains de ses amis également. Tant qu'elle le faisait quand il était lui-même absent… Ald'ar avait bien conscience que ses invités ne se connaissaient pas, et le Baron lui sut gré de bien vouloir faire les présentations. Et dans les formes, avec ça. Il y avait toujours un côté spectaculaire chez le mercenaire, mais Palvan aimait bien ça. Il aimait se sentir au milieu d'une histoire, faire partie de quelque chose de grand, et le dramatique ne le dérangeait pas le moins du monde.

Ainsi, il avait recruté des hommes de valeur, ce qui se voyait immédiatement à leur tête. Ces deux types moches comme des poux étaient sans doute de bons guerriers. Peut-être d'anciens compagnons d'armes d'Ald'ar lui-même, dans ses jeunes années. C'était à se demander depuis combien de temps il avait commencé ses affaires, car il paraissait n'avoir jamais rien fait d'autre. Palvan tourna la tête vers le géant, qui en effet ne paraissait pas être un as de la délicatesse. C'était le genre de type à défoncer un mur plutôt qu'à passer par la porte, et son surnom de Terreur de Lacville ne devait pas être usurpé pour que le mercenaire le nommât ainsi. Il avait vraiment dû laisser du sang et des larmes derrière lui. Une véritable bête sauvage. L'Elfe était son exact opposé : un traqueur, un chasseur silencieux dont les talents devaient faire les beaux jours de ses employeurs. Il y avait bien des hommes qui recherchaient des assassins capables d'effectuer des missions discrètes, et si le Baron n'était pas de ceux-là, il savait qu'il était bon d'avoir quelques adresses, quelques contacts. On ne savait jamais, si un jour il voulait se débarrasser de sa femme, cet Elfe pourrait lui servir. Le prix qu'il demanderait ne serait jamais trop élevé pour mettre un terme à son mariage sans qu'il eût à dépenser le moindre sou.

Quand la présentation arriva vers lui, Palvan ne put s'empêcher de faire un léger signe de tête, acceptant le titre ironique avec beaucoup d'humour. Effectivement, il était connu pour être un redoutable coureur de jupons, et surtout un amateur de belles femmes. Il ne s'en cachait pas, et il était notoire que la seule qui lui déplaisait souverainement était celle qui portait son nom de famille. Triste sort pour lui, et on se moquait de lui à ce sujet dans le Lossarnach. Il en riait lui-même de bon cœur, quand il ne pensait pas à un plan pour la noyer dans son bain, ou bien la pousser par une fenêtre. Quant à la mention de ses moyens considérables, il se contenta de lancer un regard pétillant à ses interlocuteurs. Effectivement, il était riche, et très riche. Il avait même du mal à estimer à quel point. Il n'avait bien entendu pas la fortune de certains puissants marchands de la Compagnie du Sud, mais à l'échelle provinciale, il était certainement un homme particulièrement influent. Et, comme l'avait dit Ald'ar, c'était surtout son sens des affaires et son talent pour flairer les bons coups qui lui avait rapporté autant.

Tout le monde s'attendait à ce que le Bras de Fer présentât la jeune fille qui l'accompagnait, mais il n'en fit rien, gardant le silence sur son identité. Décidément, elle était bien curieuse, cette gamine. Elle était à la table des négociations comme une grande, pourtant le mercenaire persistait à l'ignorer. Il n'avait même pas pris la peine de lui commander une boisson. Après avoir goûté à son eau-de-vie, Palvan fit discrètement glisser son verre dans sa direction, non sans lui adresser un clin d'œil complice. Elle ne pipa mot, et essaya de ne pas trahir ce qu'elle pensait de tout ceci en son for intérieur. Cependant, elle ne pouvait pas refuser, et elle prit le verre entre ses mains. Elle avait certainement l'âge de goûter à ces choses, non ?

Le banquier revint à ses préoccupations premières quand Ald'ar leur montra le bras qui lui avait valu son surnom. La prothèse était toujours là, mais les sangles avaient disparu. L'arme devait sans doute être fixée d'une autre manière, et Palvan avait peur de savoir comment. Il avait toujours trouvé cela particulièrement dégoûtant, et il détourna les yeux sans cacher son ressenti. Ce n'étaient pas des choses de gentilhomme, certes non. Les autres furent moins prudes, c'étaient de toute évidence des brutes endurcies, et il ne craignait pas ce genre de visions. Mais, même si le banquier ne trouvait pas cela agréable, il ne pouvait cacher que ce bras portait avec lui une belle réputation. Il était le symbole de la détermination et de la violence de son porteur. C'était un signe distinctif unique, et il prédisait à cet homme un bel avenir dans son métier. Il ne pouvait pas savoir à quel point il était proche de la réalité…

En effet, Ald'ar leur expliqua son plan, qui était loin d'être idiot. Palvan écouta, tout en réfléchissant intensément. Un groupe de mercenaires ? Les meilleurs qui soient ? C'était très ambitieux, car il existait déjà des organisations puissantes qui agissaient de par le monde. Mais en règle générale, ce n'étaient pas plus de quelques hommes qui travaillaient en groupe, et qui prenaient les missions qui leur venaient. Ceux-là marchaient difficilement à la confiance, et avaient du mal à s'étendre car ils manquaient d'une véritable organisation. Le banquier, qui était loin d'être idiot, comprit immédiatement quel serait son rôle dans tout cela. On faisait appel à lui pour apporter de l'argent, financer tout cela, et contribuer à transformer une idée en projet. Il était de ces hommes capables de façonner la réussite à partir de peu de choses : il ne serait pas celui qui travaillerait, il ne serait pas celui qui dirigerait, mais il serait l'artisan qui ferait tenir l'édifice grâce à son savoir-faire. Ce serait là son rôle, et cela ne lui paraissait pas du tout déplaisant. Au contraire, même, il sentait qu'Ald'ar était l'homme parfait, le cheval sur lequel miser. Maintenant qu'il avait un projet, il était évident qu'il fallait le sponsoriser, l'entretenir et le bichonner. Le retour sur investissement pouvait être prodigieux s'il s'y prenait bien ! Et puis, être le patron d'un groupe de mercenaires pouvait être particulièrement avantageux… Adieux les menaces, adieux les concurrents trop gênants. Avec de tels alliés, il pouvait peser plus lourd dans les négociations qu'il menait en privé.

Il avait au moins un millier d'idées à la seconde, et il mit à profit le silence que leur laissa Ald'ar pour mettre en forme ses pensées, et les transformer en quelque chose de cohérent. Quand on le lançait sur un nouveau projet, il pouvait être intarissable, et il savait qu'il devait faire court et percutant pour le Bras de Fer, qui était plus un guerrier qu'un négociateur. Parlant le premier, il lâcha :

- Je ne fais jamais rien pour rien, Ald'ar, vous le savez. Je suis un banquier, et j'existe parce que les risques que je prends me reviennent sous la forme de bénéfices substantiels. Aucune entreprise n'est pérenne si elle n'est pas rentable…

Il se devait de mettre les choses au clair avec le Bras de Fer. Il était certes riche, mais sa richesse n'était pas inépuisable, et il ne souhaitait pas la dilapider inutilement. En outre, il voulait faire plus qu'équilibrer ses comptes : il voulait que sa participation lui rapportât quelque chose. Il voulait faire du bénéfice, du profit, et si possible beaucoup d'or. Il savait que les compagnies de mercenaires étaient payées à prix d'or pour des missions délicates, et il entendait bien récupérer un pourcentage sur chacun de leurs boulots. Mais ils parleraient des détails plus tard, en privé. Pour l'heure, ils devaient déjà s'entendre sur certaines choses :

- J'ignore ce dont vous aurez besoin pour réussir, Ald'ar, mais si votre proposition est honnête, vous savez que je marcherai avec vous. Je peux vous fournir ce qu'il vous faut : matériel, vivres, un endroit où dormir. Vous savez très bien ce que je demande en échange, et je suppose que vous y avez pensé…

Ald'ar était un homme intelligent, et il avait certainement déjà songé à la question financière. On n'invitait pas Palvan Jillar pour lui demander de faire un don. Il n'était pas banquier pour rien. Croisant les bras sur sa poitrine, il dévisagea le mercenaire, avant de laisser son regard glisser sur l'Elfe et le géant, qui réfléchissaient à tout cela. Sans doute que l'accord de principe d'un riche financier les confortait dans l'idée que le plan du Bras de Fer pouvait réussir, mais ils songeaient encore à la question. Intensément. Alors qu'un bref silence s'était installé, Palvan intervint avec une nouvelle question, et pas des moindres :

- Au fait, j'aimerais savoir… Quel sera son rôle dans toute cette histoire ?

Il avait désigné la jeune fille à ses côtés, et tous les regards se tournèrent vers le mercenaire. Oui, c'était un point qu'il était important d'éclaircir.


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Lagor Grethat
et Nomuas Arnarion


Sans un mot , Lagor et Nomuas , suivirent le nouveau venu du regard ; Carm était immédiatement venu à sa rencontre comme il l’avait fait pour chacun d’eux , ce geste n’était pas anodin : l’homme qui venait d’entrer était sûrement un autre “invité “ du Bras de Fer. L’homme portait des vêtements de bien meilleure facture que tous ce que pouvait porter n’importe laquelle personnes présentes dans cette taverne . Il avait le crâne minutieusement rasé et portait de petites lunettes de vue : un luxe qui n’était pas à la portée de tout le monde. De taille moyenne et pas particulièrement imposant , il n’avait ni l’air d’un puissant guerrier ni d’un espion à l’affût. Elle était accompagné d’une charmante jeune femme qu’il fit asseoir sur ses genoux . Lagor et Nomuas s’échangèrent un regard ; mais que pouvait bien faire cet énergumène ici ? Qu’avait il en commun avec eux pour qu’Ald’ar juge nécessaire de l’inviter à la table des négociations?
En s’asseyant l’homme chauve les salua très sobrement avant de reporter son attention sur la délicieuse créature qui se trouvait auprès de lui . Les deux autres ne répondirent pas : Nomuas qui conservait quelques réminiscences de sa noble éducation elfique lui adressa un bref signe de tête tandis que Lagor ne réagit pas et se contentait de fixer le nouveau venu d’un regard pas franchement très rassurant. Mais Palvan ne semblait pas vraiment intimidée pour autant ; et d’une voix dans laquelle on percevait clairement de l’excitation , il leur demanda si eux aussi était venu sur l’invitation de leur “ami commun”.
Si un doute persistait quant à la raison de la présence de cet homme celui ci était définitivement levé ; de toute évidence lui aussi avait été convié par le Nordique.

-Tout à fait
.
répondit Nomuas .

Le comportement de Palvan réussit tout de même à arracher un sourire amusé au colosse d’Esgaroth , le créancier paraissait complètement survolté et cela se caractérisait bien sûr par un excès de zèle apparent. Il était convaincu qu’ils allaient devoir évoluer sous couvert d’un anonymat total ; mais aucun d’entre eux ne faisaient partie de la Ligue des Ombre et les deux combattants n’avaient assurément pas fait le trajet pour que l’on taise leur noms : ils étaient en quête de gloire et de reconnaissance et non de discrétion et d’anonymat. Palvan arrêta un serveur et lui commanda un verre d’eau-de-vie , il fallait simplement espérait qu’il n’en abuserait pas : les négociations avec un homme ivre mort étaient rarement très fructueuses.

C’est alors que la porte s’ouvrit à nouveau et qu’une silhouette familière à tous les hommes présents autour de la table fit son apparition dans l'entrebâillement de la porte : Ald’ar Omenuir était arrivé , pile à l’heure comme à son accoutumée. Il échangea quelques mots avec le serveur avant de les rejoindre mais il n’était pas seule. Une adolescente lui emboîtait le pas , avançant dans son ombre sans faire de bruit . Lagor fronça les sourcils ; il n’était pas dans les habitudes du Ald’ar qu’il connaissait de jouer au bon samaritain . Qu’est ce que la présence de la petite fille pouvait bien signifier? S’il n’en montrait rien Nomuas était tout autant intrigué , il ne s’attendait assurément pas à voir une aussi jeune femme avec eux et puis le fait que le Lossoth l’installe autour de la table trahissait son importance : elle était sur le même pied d’égalité que tous les autres dans cette affaire bien qu’elle restât parfaitement silencieuse.

L’attention des convives se reporta bien vite sur Ald’ar qui avait pris la parole ; ils allaient enfin connaître la raison de leur venue. Avec un certain sens du spectacle et de l’éloquence le Nordique commença par faire les présentations pour que chacun sache à qui il avait à faire. L’homme chauve n’était d’ailleurs pas un guerrier comme on pouvait facilement s’en douter ; mais l’évocation de ses compétences économiques et sa richesse pouvait apporter quelques éléments de réponse quant à la raison de sa venue.

Enfin le Bras de Fer finit par aborder le vif du sujet , celui qu’ils avaient tous hâte d’entendre . L’ancien membre de l’Ordre de la Couronne de Fer leur avait promis gloire et richesse dans son message , mais comment comptait il s’y prendre pour la leur offrir?

Il exposa alors son projet qui avait déjà bien mûri dans son esprit , il semblait avoir une idée déjà claire et précise de ce qu’il voulait faire. Un projet qui était d’ailleurs plus qu’alléchant aux yeux des trois invités ; ils pouvaient chacun en tirer des intérêts et des profits , cela avait tout l’air d’un pari gagnant. Et quand Ald’ar leur demanda si ils marchaient avec lui ou pas le temps de réflexion ne fut pas très long. Palvan intervint en premier et manifesta son enthousiasme pour ce projet bien qu’il prévint d’emblée qu’il voulait sa part de bénéfices ; ce qui allait sûrement de soi pour chacun d’entre eux.

Lagor parla ensuite ; il était dans une situation précaire et la proposition que venait de leur faire le Nordique semblait plus que honnête , c’était une véritable opportunité pour relancer sa carrière et s’enrichir . Quel autre choix avait-il? Pour rien au monde il ne retournerait dans cette auberge miteuse de Lacville pour y manger du poisson avarié ; en restant ici il avait la possibilité d’améliorer considérablement sa condition de vie : Ald’ar lui réservait un poste important dans son projet . Pour le mercenaire aux origines du Sud il n’y avait pas lieu d’hésiter.


-J’en suis sans hésiter.


Nomuas de son côté réfléchit un peu plus longuement ; il prenait toujours le temps de peser le pour et le contre avant d’accepter ou de refuser ce genre de proposition. La précipitation le mettait en horreur et il voulait constamment être sûr de ses choix. Etait-il attiré par la promesse de gloire et de reconnaissance ? Evidemment , il avait toujours rêvé d’être reconnu à sa juste valeur , depuis ses plus jeunes années à Vertbois . Pour autant était il insatisfait de sa vie d’ermite , isolé du reste du monde ? Assurément non , il s’y plaisait plutôt bien mais ce mode de vie ne le rendrait pas connu pour un sou. Sur le papier l’idée avait u bon , beaucoup de bon et puis si jamais le projet d’Ald’ar se révélait être un échec alors rien ne l’empêcherait de disparaître et de reprendre sa vie isolée en attendant une nouvelle occasion à saisir : il avait le temps devant lui , beaucoup de temps ; après tout n’était il pas immortel?

-Vous pourrez également compter sur moi Bras de Fer.


Avant qu’Ald’ar qui semblait plutôt satisfait , voire soulagé , des réponses de chacun , ne prononça un mot Palvan intervint à nouveau. Parlant sûrement au nom de tout le monde interrogea le Lossoth sur la raison de la présence de l’adolescente ; il n’avait échappé à personne que le Bras de Fer ne lui avait pas accordé le privilège d’être présenté aux autres . Avant d’envisager tout accord ou association il fallait de la transparence et le mystère de la jeune fille devait être levé. Lagor et Nomuas attendait la réponse de l’ex Lefnui avec autant d'intérêt que le créancier.

Le Bras de Fer de son côté , ne semblait nullement décontenancé ; il avait tout prévu....


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Un léger sourire se dessina sur lèvres minces et émaciées du Bras de Fer ; satisfait , il passa lentement un doigt sur sa moustache grisonnante. Les négociations n’auraient pas pu mieux débuter , sur les trois personnes qu’il avait invité et qu’il espérait se joindre lui tous s’étaient greffés à son projet. Palvan avait été le plus prompt à réagir et au moment où ce dernier accepta la proposition d’Ald’ar celui-ci s’était détendu ; l’usurier était la pièce maîtresse de son plan . Sans les fonds nécessaires et un bon gérant pour s’en occuper il était impossible d’envisager une entreprise d’une telle envergure. Le Lossoth n’eut pas longtemps à attendre pour que Lagor se prononce lui aussi ; de sa voix puissante le colosse à la peau d’ébène révéla son enthousiasme. Nomuas de son côté réfléchit quelques secondes de plus avant d’affirmer de sa voix posée et suave qu’il était aussi.

S’il ne montrait rien , le Nordique exultait intérieurement de joie ; ce projet il en avait rêvé et voilà que maintenant il prenait forme . C’était un espoir lointain il y avaient encore quelques mois , quand il vagabondait sur les routes sans le sou et devait se démener pour trouver un quignon de pain. Toutefois il n’y eut nul exclamation , nul cri de joie ou même sourire apparent ; la sobriété était le maître mot du Bras de Fer qui paraissait impassible en tout temps ; hormis lorsqu’il se mettait en rage .

Pour l’épauler dans son projet Ald’ar n’aurait pas rêver d’une meilleure équipe ; il avait convoqué les meilleurs à ses yeux et tous répondaient présents . Palvan n’était peut-être pas le plus généreux des banquiers mais il restait un gérant irréprochable qui agissait à la frontière du légal sans jamais dépasser la limite ; sa réputation n’était plus à faire et le Bras de Fer ne gardait qu’un bon souvenir de leur collaboration de longue date.

Lagor de son côté n’était peut être pas le plus intelligent ou stratège du lot mais la Panthère d’Esgaroth n’avait pas son pareil pour galvaniser des troupes et les mener au combat. Sa carrure , sa puissance et ses talents guerriers lui conféraient un respect et un charisme certain . Pour avoir déjà combattu à ses côtés il y a de longues années , Ald’ar savait que cet homme ne lâchait rien sur le front et était digne de confiance.

Nomuas quant à lui était sans aucun doute est atout important ; compter dans ses rangs un elfe plusieurs fois centenaire n’était pas banal ; quand bien même cet elfe soit bien différent de ses congénères. Si l’on y rajoutait sa ruse et ses compétences mortelles ; l’Eldar était le candidat parfait pour épauler le Lossoth. Ald’ar l’avait côtoyé quelque temps durant ses années passées dans l’Ordre mais il savait peu sur lui ; toutefois il en connaissait assez sur lui pour faire attention à ne pas frustrer son désir de gloire et de reconnaissance sans en faire un supérieur hiérarchique.

Quand le banquier demanda quel serait le rôle de Palkinto , le Bras de Fer ne se laissa pas décontenancé. Il était somme toute prévisible que cette question vienne à un moment ou à un autre , surtout lorsque l’on connaissait assez le Nordique pour savoir que se rendre à d’importantes négociations avec une adolescente n’était pas dans ses habitudes. Si la question avait été formulée par l’usurier tous devaient se la poser puisque les regards se posèrent successivement sur la jeune fille et sur le mercenaire.

La jeune fille, elle , ne parla pas mais elle soutint le regard curieux de Palvan . Le Bras de Fer posa alors sa main valide sur l’épaule de celle qu’il avait libérée

-Ah cette chère Palkinto …

Il avait déjà prévu ce qu’il comptait faire d’elle bien qu’il n’en avait pas réellement informée la principale intéressée ; il lui avait seulement demandé de lui faire confiance. Le Nordique réfléchit un moment pour choisir soigneusement ses mots .

-Elle m’a été offerte pas un seigneur oriental qui m’avait employé pour une mission . Elle est peut-être jeune mais elle est une servante incroyablement dévouée. L’usage veut qu’à l’aube d’une fructueuse collaboration , chaque partie vienne avec un présent : vous mon cher Palvan Jillar venez avec votre fortune et votre confiance moi je vous offre ceci.

D’un geste du doigt il désigna la jeune fille. Palkinto , surprise par la tournure des événements , jeta un regard terrifié à son “libérateur” ; elle n’avait nulle envie d’être offerte en pâture à cet exubérant personnage . En réalité elle ne désirait pas être offerte du tout , ni à cet homme ni au colosse ni à l’elfe inquiétant ; le Lossoth l’avait il délivré ou l’avait il seulement acquise par la force? Elle ouvrit la bouche , prête à protester , à crier à se démener pour sortit de cet endroit s’il le fallait .

C’est alors que furtivement , le regard gris d’Ald’ar croisa les yeux noisettes de Palkinto . Il ne lui fallut pas plus qu’une fraction de seconde pour qu’elle ne comprenne ce qui se jouait alors. Cet homme l’avait libéré et lui avait explicitement demandé de lui faire confiance ; avait elle vraiment le choix de toute façon? La jeune fille ne prononça pas un mot et baissa les yeux , comme honteuse d’avoir pu douter des intentions de son protecteur , ne serait-ce que pour quelques secondes.

-Elle est encore jeune mais elle vous servira avec une grande efficacité ; c’est une grande travailleuse. Et puis vous verrez dans quelques temps elle aura bien changé et elle sera devenu une délicieuse créature qui trouvera grâce à vos yeux experts , je n’en doute pas.

En entendant ces mots la jeune fille tressaillit un peu , discrètement Ald’ar posa sa main sur sa petite cuisse pour l’apaiser. Il avait un plan pour elle , un plan qui servirait certes ses propres intérêts mais qui servirait tout autant ceux de Palkinto ; elle devait simplement lui faire confiance.

Déroulant ses quelque parchemins où il avait noté la plupart de ses idées , le Bras de Fer reprit

-A présent abordons le projet en détails et de manière concrète.

Il posa son regard argenté sur Palvan

-Mon cher , avez vous une idée de l’endroit où nous pourrions établir notre Quartier Général . Il nous faut un lieu assez vaste et confortable pour accueillir plusieurs dizaine de guerriers , de préférence légèrement en périphérie de la ville pour ne pas être trop importuné mais pas trop loin non plus pour rester à l’affût des informations qui pourrait y courir .

Le Nordique déroula un parchemin et le posa à plat sur la table en bois , bien en vue de tout le monde.

-J’ai établi une liste de noms qui pourraient être susceptibles de venir grossir nos rangs , je pensais également à faire courir l’information qu’un concours de recrutement est organisé pour entrer dans le groupe .

Il se tourna alors vers le colosse et l’elfe

-Qu’en dites vous ? Avez vous d’autres noms , ou idées pour bâtir notre projet?

L’ambitieux projet était à la hauteur du personnage...


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Ryad Assad
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Ainsi ces deux loubards en étaient…

Palvan sourit. Si on jour on lui avait dit qu'il ferait partie d'une telle alliance, il n'y aurait jamais cru. Il fallait dire qu'il n'était pas du tout le type de personnes à s'allier avec des mercenaires sanguinaires et brutaux qui paraissaient ne pas vouloir autre chose que se battre. Oh, se battre pour la renommée, certes, mais se battre quand même. Aucun d'entre eux n'envisageait une autre carrière, une carrière honnête, un métier honorable et « normal ». Non. Tant mieux, dans un sens, car il fallait de ces individus rustres et violents pour faire tourner le monde. C'était parce qu'ils se battaient dur que des gens comme Palvan arrivaient à gagner des fortunes sans être inquiétés. Devait-il les remercier pour autant ? Cette ridicule pensée le ramena à la réalité. Non, il ne fallait pas non plus faire preuve de charité vis-à-vis de ces sauvages qui aimaient la guerre plus que tout au monde.

Toutefois, ce n'était pas tant l'accord des autres parties à la table qui importait, pour le banquier. Il s'en fichait éperdument, et à dire vrai, il n'avait pas son mot à dire sur les gens dont Ald'ar voulait s'entourer – sauf s'il recrutait des incompétents notoires, mais connaissant l'homme au Bras de Fer, ce ne serait pas le cas. Ce qu'il voulait, c'était passer aux détails pratiques, aux négociations en bonne et due forme. C'était pour ça qu'il était là. On ne le déplaçait pas uniquement pour avoir son autorisation ou son soutien – pour ça, on se contentait d'écrire des courriers. Si on se voyait en face, c'était pour négocier les détails d'un arrangement complexe, dont les deux parties essayaient de tirer le meilleur. Ald'ar voulait obtenir des crédits, des armes, du matériel, bref tout ce qui servirait à faire tourner convenablement ses affaires. En échange, Palvan espérait un retour sur investissement et un bénéfice à la hauteur du risque qu'il estimait prendre. Cela avait l'air simple dit comme ça, mais il fallait voir à ménager les susceptibilités de chacun. L'avantage qu'avait le banquier, c'était qu'Ald'ar était venu le chercher, et qu'il ne trouverait pas grand-monde avec le même profil qui accepterait de l'aider. Palvan était scrupuleusement honnête, fiable et surtout il ne risquait pas de trahir la cause à laquelle il adhérait. Il ne s'engageait pas à la légère, et ne concluait jamais d'alliances pour poignarder dans le dos ses associés. Sa réputation désastreuse, construite par ceux qui lui devaient de l'argent, était contrebalancée par le caractère irréprochable de ses transactions. Il n'était jamais la partie en tort.

Pourtant, avant de négocier réellement et d'entrer dans le vif du sujet, il restait un dernier point à éclaircir : l'identité de la jeune fille qui accompagnait le Bras de Fer. Elle était des plus surprenantes, et sa présence n'avait pas vraiment d'explication aux yeux des trois hommes. Palvan se disait que c'était peut-être un enfant caché, ou bien la fille d'un ami que le mercenaire avait la tâche de protéger. A moins que ce ne fût un contrat en cours, dont il ne pouvait se défaire. Les pistes étaient nombreuses, mais la réponse d'Ald'ar les prit tous au dépourvu. Une esclave ? Une esclave offerte par un seigneur de l'Est ? Ca ce n'était pas banal ! Et ce qui l'était encore moins, c'était de l'offrir à Palvan comme un cadeau en échange de son soutien. Le noble haussa les sourcils un bref instant, incapable de dissimuler son profond étonnement, avant de partir d'un rire léger mais quelque peu inquiétant.

- Ca alors ! Vous m'avez pris au dépourvu, je dois dire.

Ald'ar lui assura alors qu'elle serait d'une grande aide au banquier, ce dont il ne doutait pas. La gamine, cependant, paraissait ne pas trop comprendre ce qui se jouait, ni être vraiment d'accord avec la conversation qui se passait au-dessus de sa tête. On ne lui demandait pas son avis, et on la négociait comme un meuble qui n'aurait pas eu de volonté propre. Comme une esclave, en somme. Quand il mentionna les charmes qu'elle ne manquerait pas de développer dans quelques années, le banquier posa sur elle un regard inquisiteur, qui était loin d'être lubrique, mais qui n'était pas non plus désintéressé. Il se contentait de la jauger comme on pouvait jauger un cheval ou une vache, sans vraiment laisser ses propres pulsions entrer en ligne de compte. Il hocha la tête avec un sourire entendu, réagissant :

- Oui, elle a du potentiel. Je présume que d'ici quelques temps, elle deviendra tout à fait désirable. Vous avez décidément l'art de me faire des propositions que je ne saurais refuser.

La gamine avait l'air terrifiée, mais Palvan s'en souciait assez peu. Il avait vu la main du Bras de Fer venir flatter la cuisse de sa protégée, comme pour lui dire de ne pas s'en faire. Elle n'avait pas son mot à dire dans l'histoire, et elle l'accompagnerait sans ménagement. Il fallait dire que le banquier n'était pas un homme mauvais, et qu'en dépit de son tempérament charmeur et dominateur, il n'était pas une brute, et il ne forcerait personne à partager son lit. Si elle se refusait à lui, tout au plus le regretterait-il et irait-il se consoler avec quelqu'un qui accepterait de lui tenir compagnie. Mais il savait qu'Ald'ar avait probablement des projets pour elle, et il s'arrangerait pour lui donner tout ce dont elle aurait besoin : une éducation et un métier, ce qui était la base avec laquelle chacun pouvait s'en sortir dans la vie. Il connaissait le concept de l'esclavage, mais il lui paraissait difficile d'admettre qu'un individu donnait le meilleur de lui-même sous la contrainte. Il préférait la rémunérer, même un peu, en espérant qu'elle le servirait fidèlement parce qu'elle n'aurait pas d'intérêt à le trahir. Les esclaves avaient la fâcheuse tendance à se retourner contre leur maître au pire moment. Cependant, la gamine ne savait pas tout cela, et elle voyait encore le banquier comme un prédateur sexuel qui la déflorerait sans douceur.

Revenant à la conversation immédiate, Ald'ar interrogea Palvan sur les locaux qu'il pouvait peut-être mettre à leur disposition. Il savait que le banquier était un riche propriétaire terrien, et qu'il pouvait sans doute leur trouver un endroit tout à fait approprié pour construire leur quartier général. Réfléchissant intensément, il lâcha :

- J'ai peut-être quelque chose qui vous conviendrait oui… J'ai récupéré du terrain à un petit baron local, qui avait construit un pavillon pas très loin. Rien d'extravagant. Il ne reste que les murs, mais la bâtisse est sympathique, et assez grande pour vous loger confortablement. Le loyer sera peut-être un peu élevé pour vous, mais je suis prêt à vous faire crédit pour l'instant.

Le sourire du banquier s'étira légèrement. Il était de ces hommes dont les largesses lui revenaient toujours d'une manière ou d'une autre sous la forme de profit, et la bienveillance dont il faisait preuve vis-à-vis d'Ald'ar lui rapporterait un jour beaucoup d'or, il en était convaincu. Le mercenaire ne devait pas l'ignorer, mais puisque c'était la meilleure proposition que Palvan pouvait lui faire pour l'instant, il ne devait pas la refuser. L'or viendrait bien assez tôt remplir les caisses de sa bande de mercenaires s'ils travaillaient bien. Et ils avaient l'air d'être du genre à mener leurs missions à leur terme, sans trop se soucier des risques encourus. Surtout le géant. Et puis une fois qu'ils auraient visité les lieux, ils ne pourraient que se féliciter de la trouvaille du riche négociant, qui se proposait de mettre à leur disposition un endroit vraiment agréable. Le jardin avait besoin d'être entretenu, bien entendu, mais le pavillon était idéalement placé, dans un endroit tranquille sur les contreforts de la montagne. Il était approvisionné par l'eau de la montagne, et jouissait d'une relative autonomie. Ils pouvaient se rendre facilement à Minas Tirith ou dans le Lossarnach, mais mener leurs affaires discrètement. Ce pavillon s'ouvrait donc sur les Montagnes Blanches, et un chemin sinueux s'élevait vers les sommets, ce qui pouvait constituer une voie de sortie tout à fait opportune le cas échéant.

Ils en tomberaient amoureux quand ils l'auraient vus, même s'ils le meubleraient et le décoreraient avec le goût des hommes d'armes qu'ils étaient. Les tableaux, les tapisseries et les commodes luxueuses n'étaient d'aucun intérêt pour des individus qui exposeraient plutôt des râteliers d'armes, de lourdes armoires remplies de vivres, et des salles de réunion pour préparer leurs futures opérations. Ils transformeraient sans doute la salle de réception en salle d'entraînement, au risque de martyriser le superbe parquet, et ne penseraient même pas à mettre un joli tapis pour protéger le sol de la chute des épées et des casques. Mais bon, il fallait pardonner à ces hommes qui n'étaient guère habitués à la vie civile, et qui passaient le plus clair de leur temps sur les routes, à chevaucher et à guerroyer. Les mondanités les laissaient de marbre, et on ne pouvait que les prendre en pitié pour cela.

Ald'ar déplia alors un parchemin, sur lequel il avait scrupuleusement consigné les noms de personnes qu'il voulait recruter. La liste était longue, mais probablement que certains de ces hommes étaient morts depuis longtemps, ou bien occupés ailleurs. Il serait fastidieux de tous les retrouver, et encore plus de les convaincre de s'associer à une organisation naissante. Palvan – qui était peut-être le moins concerné par cette liste – s'empara du document et le consulta d'un œil critique, comme pour voir si un seul de ces noms lui disait quelque chose. Ses yeux allaient de gauche à droite rapidement, tandis que l'Elfe et le colosse réagissaient à la question du Nordique. Ce n'était peut-être pas à eux qu'il fallait poser ce genre de questions, songea Palvan, qui s'estimait mille fois plus compétent pour dénicher des nouveaux talents. Ces hommes étaient bons pour tuer, mais il doutait sérieusement de leur capacité à monter une entreprise. Mais en fait, ils ne dirent pas que des idioties, et les laissa aller au bout de leurs propositions, avant de réagir lui-même – sans y avoir été vraiment invité, cela dit :

- Beaucoup de mercenaires travaillent à leur compte, ici ou ailleurs. Prouvez-leur qu'ils ont besoin de vous autant que vous avez besoin d'eux, et ils vous suivront… C'est comme ça que ça marche dans les affaires. Par exemple, si je veux vous convaincre de boire un verre dans mon auberge, je dois vous convaincre que vous êtes mort de soif. Vous voyez le principe ?

Il essayait de prendre des exemples triviaux pour appuyer sa démonstration, et de toute évidence ils le suivaient – ou alors ils faisaient semblant. Il poursuivit :

- Avec les mercenaires, c'est la même chose. Concurrencez-les, montrez-vous efficaces, piquez-leur les contrats qu'ils convoitent, et faites le boulot, quitte à vous attirer quelques inimitiés. On ne fait pas d'argent sans faire des jaloux, je sais de quoi je parle. Vous gagnerez trois fois moins, mais vous travaillerez trois fois plus parce que vous vous fatiguerez trois fois moins vite. Si vous rencontrez des gens prometteurs en route, vous n'aurez qu'à les embaucher. C'est comme ça que ça fonctionne. On ne vous suivra que si vous montrez que vous êtes un meneur. On ne vous respectera que si vous montrez que vous êtes capable de leur proposer mieux qu'une vie misérable et dangereuse. Prenez tous les boulots qu'on vous propose, travaillez dur, et surtout n'échouez jamais. Le succès, ça se construit avec de la boue et de la sueur. Vous croyez que vous pouvez faire ça ?

La question était un peu provocante, car Ald'ar était un homme qui avait perdu beaucoup à la guerre – en témoignait sa prothèse – mais qui continuait à lutter chaque jour. Son ambition était élevée, c'était certain, mais il avait les moyens d'y arriver. Toutefois, ce que voulait lui faire comprendre Palvan, c'était qu'il devrait repartir de zéro s'il voulait construire quelque chose de solide. Il avait été du genre à choisir ses boulots, à n'accepter que ceux qui payaient suffisamment… cette époque était révolue. Quand le banquier s'était lancé dans ses prêts d'argent, il n'aurait pu accepter que les prêts peu risqués, ceux qui allaient lui rapporter beaucoup, et où il allait être certain d'être remboursé. Il n'en avait rien fait. Il avait perdu des sommes folles en prêtant à des nobles endettés qui n'avaient jamais pu lui rendre le moindre sou. En contrepartie, il avait gagné des terres qui avaient perdu de la valeur du fait du Rude Hiver. Beaucoup pensaient à l'époque qu'il n'était qu'un fou, un sot qui regretterait son audace. Mais il avait passé l'hiver, et maintenant que le soleil revenait, il était plus puissant que jamais. Si Ald'ar faisait la fine bouche, il ne serait qu'un mercenaire de plus, mais avec des associés. Il devait avoir faim de travail, ne jamais se reposer, et prendre tout ce qu'on lui offrait jusqu'à devenir incontournable. Alors seulement, et avant même de s'en rendre compte, il serait devenu quelqu'un…


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Lagor Grethat
et Nomuas Arnarion


Décidément ce cher Ald’ar Omenuir ne manquait jamais de ressources. Il présenta la jeune fille assise avec eux à la table des négociations comme une ancienne esclave qui lui avait été offerte par un seigneur oriental au cours d’une de ses missions. Il affirma l’avoir amenée ici en guise de présent pour le banquier : Palvan Jillar. Nomuas esquissa un léger sourire satisfait ; le Bras de Fer n’était pas un bête guerrier comme les autres , il avait cette particularité de mettre toutes les chances de son côté en jouant sur le terrain de son interlocuteur et en lui faisant plaisir. Le Lossoth savait ce qui aurait pu faire plaisir à son futur associé ; c’était indéniablement un guerrier intelligent et c’était donc en partie pour cela que l’elfe avait accepté de s’engager dans cette entreprise sous les ordres du Bras de Fer car il avait le pressentiment que ce dernier était l’homme idéal pour mener à bien ce projet.

Après  qu’il eut présenté l’adolescente dénommée Palkinto  et que Palvan accepta son cadeau ; le Nordique enchaîna rapidement en abordant des sujets concrets. Une telle organisation ne se bâtissait pas en un jour et sans un minimum de préparations ; il avait choisi ses trois hommes pour l’épauler et il devait à présent discuter avec eux de tous les détails ; tous sans exception , qu’ils soient pratiques , techniques , économiques ou tactiques . Rien ne devait être laisser au hasard ,tout devait être planifié.

La question du quartier général fut la première à être soulevée ; de toute évidnce si le Bras de Fer les avait convoqué ici c’était parce qu’il voulait s’établir dans la région . Lossarnach et ses alentours apparaissait comme un choix logique de par sa position idéale ;  au carrefour des routes reliant Minas Tirith , Osgilath ou Pelargir. La présence militaire du pays y était moins importante que des les grandes cités ce qui permettait à un groupe de mercenaires de se développer sereinement .  Palvan affirma qu’il disposait d’un terrain en périphérie de la ville avec un pavillon qui pourrait les accueillir ; le banquier parla d’un endroit spacieux et confortable qui les satisfera sans aucun doute. Lagor songea que de toute manière ce serait toujours préférable au trou miteux dans lequel il dormait à Esgaroth ; Nomuas de son côoté espérait qu’il pourrait y trouver rapidement ses marques et s’y sentir aussi à l’aise que dans le refuge qu’il avait quitté.  Le géant et l’Eldar ne rajoutèrent pas un mot ; à vrai dire la question du logement ne s’adressait pas vraiment eux puisqu’ils venaient sans aucune possession susceptible d’accueillir une troupe entière de mercenaire.

Le recrutement fut le problème suivant à être évoqué car il était bien beau de disposer d’un quartier général et de soulever des fonds mais si aucun mercenaire ne les ralliaient le projet ne décollerait jamais. Les contrats les plus juteux pouvaient nécessiter un besoin conséquent de bras armés et le groupe ne deviendrait jamais reconnu et respecté s’il ne disposait pas d’un réseau assez conséquent et influent. Lagor fut le premier à se prononcer sur le sujet

-J’ai bien quelques connaissances dans le milieu mais je crains que cela ne soit pas suffisant ; j’ai perdu leur confiance depuis un moment et ils ne me répondront pas à mon appel si nous ne prouvons pas avant que nous rejoindre est un gage de succès.

L’homme à la peau d’ébène était un puissant guerrier aux qualités physique indéniable et de nombreuses années durant il avait été respecté dans le milieu du mercenariat mais malheureusement pour lui ses erreurs tactiques et stratégiques finirent par lui coûter sa réputation . Glorieux mercenaire déchu Lagor croyait au projet d’Ald’ar pour pouvoir se relancer mais pour le moment il n’était pas dans la meilleure des positions pour rallier ses anciens camarades.
Nomuas , de son côté , lisait la liste de noms élaborée par le Lossoth ; ce dernier y avait inscrit toutes les personnes susceptibles de les rejoindre . L’elfe rejoignait l’avis d’Ald’ar pour la plupart des cas même s’il éprouvait plus de réticences à l’égard de certains individus inscrits.

-Certains viendront , d’autres non  .déclara Nomuas . La plupart  connaissent tes qualités de meneur d’hommes et de guerrier et trouveront la proposition honnête mais pour autant accepteront ils de faire le voyage jusqu’ici pour se lancer dans un projet qui n’en est encore qu’à ses balbutiements. Rien n’es moins sûr . Dans un premier temps nous attirerons les guerriers déchus et errant sans le sou et sans but sur les routes du continent ; en particulier  des anciens de l’Ordre pourchassé et persécuté. Ceux là seront les premiers à nous rejoindre car ils sont prêt à tout pour pouvoir à nouveau regagner un peu d’argent et d’honneur ; dans un premier temps nous devrons donc faire avec eux . Puis après quelques temps et plusieurs missions réussies le bruit courra qu’une faction de mercenaires s’organisent avec réussite c’est alors que dans un second temps nous pourrons voir plus large et recruter des mercenaires et des guerriers talentueux en quête d’encore plus de gloire et de richesse. Notre réseau pourra alors s’étendre de manière conséquente .

Les conclusions de l’elfe semblaient pertinentes ; le projet attirera d’abord les plus nécessiteux avant de faire venir ceux qui sont moins dans le besoin.  Palvan se prononça aussi sur le sujet alors que personne ne s’y attendait vraiment ; comme un banquier venu pour contribuer de manière économique pouvait il proposait son opinion concernant le recrutement? Lagor était un petit peu contrarié de voir que cet homme semblait monopoliser la parole et se prononcer sur tout ; mais quels quatre choix avaient ils de l’écouter? S’il quittait le navire ce dernier coulerait avant même d’avoir levé l’ancre. Nomuas de son côté écouta attentivement les dires du créancier ; ce dernier était un homme intelligent même s’il était de toute évidence très émoustillé par cette entreprise  d’où son enthousiasme et son débit de parole important.

Et pourtant force fut de constater que Palvan ne parla pas en l’air , bien au contraire ce qu’il disait était juste et réfléchi . Il ne fallait pas se faire d’illusion , au début peu les rejoindront tant qu’Ald’ar est ses compères n’auront pas fait leur preuves . Les premiers contrats seraient donc d’une importance primordiale : d’abord ils leur permettront de remporter leurs premiers salaires mais aussi de montrer à tous qu’ils étaient une valeur sûre et ce qu’il faisait de mieux dans le domaine du mercenariat . L’enjeu était important et ces premières missions devront donc être réalisées avec un effectif très restreint , peut-être même seulement eux trois . Cela était il problématique ? Probablement non dans la mesure où les trois guerriers attablés se savaient être d’une trempe rare et ensemble ils feraient des véritables merveilles pour leurs employeurs.

Palvan affirma que le succès se construisait “ avec de la boue et de la sueur” puis il demanda au Bras de Fer s’ils en étaient capables avec une remarque qui pouvait paraître légèrement provocante pour les guerriers attablés autour de lui.

Lagor , piqué dans son estime gronda


-Par la barbe des Nains ! Et comment que nous en sommes capables !
 

Nomuas lui n’esquissa pas un geste contrairement au géant de Lacville très démonstratif depuis le début des discussions . L’elfe avait probablement conscience que la remarque de Palvan ne s’adressait pas à eux mais bien au Bras de Fer.


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Comme le Bras de Fer l’avait espéré Palvan accepta avec un plaisir non simulé de prendre Palkinto à sa charge .  La jeune fille n’aurait rien à craindre chez lui , c’était un homme en tout point respectable et qui respectait ses engagements ; elle y serait sans aucun doute très bien traitée.  Mais aux yeux du Lossoth l’adolescente représentait bien plus qu’un simple cadeau offert à son nouvel associé en guise de bonne volonté ou d’amitié , bien plus.  Elle lui était loyale ; après tout comment aurait il pu en être autrement? Il l’avait libéré des griffes de bandits puis l’avait pris sous son aile alors qu’elle n’avait aucun foyer où aller . Un geste étrange venant d’Ald’ar qui n’était pas franchement connu pour ses actes de bonté désintéressé .  En s’installant dans la demeure du banquier Palkinto rentrerait dans un nouveau monde huppé où se côtoient nobles , bourgeois , barons et officiers ; une haute société que le Nordique n’avait pas réellement l’occasion de rencontrer de manière régulière ; ce genre de personne ne se mêlaient guère au petit peuple et encore moins à des mercenaires à l’allure peu rassurante qui erraient sur les routes du royaume . La jeune fille serait donc ses yeux et ses oreilles dans ce milieu , à l’affût de chaque information susceptible de l’intéresser qu’elle aurait pu entendre : une espionne en quelque sorte. Qui pourrait la soupçonner de travailler pour lui avec son visage juvénile et innocent?  Si il l’envoyait s’installer chez Palvan ce n’était pas pour qu’elle puisse prévenir Ald’ar d’une quelconque trahison ou félonerie du créancier , ni pour attaquer ce dernier quand il deviendrait trop embarrassant . Non . Palvan était un pilier de son projet et il avait besoin de lui ; de plus s’il l’avait choisi lui et pas un autre c’était parce qu’il le savait être un homme de principes , droit et loyal tant que l’argent suivait .Le Nordique ne comptait nullement trahir son tout nouvel associé mais il gardait à l’esprit que Palvan n’apparaissait pas comme son subordonnée dans la hiérarchie , en vérité il était un peu à l’écart de la hiérarchie puisqu’il agissait comme une sorte de sponsor. La banquier financerait Ald’ar et lui porterait conseil tandis que le guerrier présenterait ses projets et ses envies à l’homme d’affaire ; le tout dans une forme d’association où chacun désirait être sur un même pied d’égalité. Par conséquent le Lossoth ne devait pas s’attendre à ce que Palvan ne vienne l’avertir de tout les faits et gestes de la haute société dans laquelle  il évoluait ; le banquier n’avait pas de compte à lui rendre et ne lui devait rien , contrairement à Palkinto.

Concernant le quartier général , Palvan affirma détenir un terrain aux abords de la ville de Lossarnach avec une grande grange qui pourrait faire l’affaire. Ald’ar faisait confiance au créancier ; personne ne connaissait les terrains de la région mieux que lui à part peut être Asthrabal .

-Nous visiterons cela au plus vite mais si vous affirmez que ça fera l’affaire je vous fais confiance.

Ce genre de phrases était importante à dire aux prémices d’une association ; cela mettait en confiance l’autre parti qui  pourrait alors porter un regard amical sur l’associé.

Sur le recrutement tous s’exprimèrent et apportèrent leur point de vue . Mais là où tous les avis se rejoignaient c’était dans le fait que la majorité des mercenaires ne viendraient pas vers eux tout seul comme par magie  après avoir récité quelque incantation . Pour attirer guerriers et mercenaires il fallait faire ses preuves et montrer au monde que la gloire et la richesse se trouvaient de leur côté . Et cela ne pouvait que se faire sur le terrain . Certes les hommes les plus démunies comme les anciens membre pourchassés de l’Ordre les rejoindraient assez rapidement mais Ald’ar ne désirait pas faire de son groupe une sorte de sous-organisation de l’OCF qui abriterait exclusivement des anciennes pies. Non les intentions des deux organisations se voulaient fondamentalement différentes et le Bras de Fer espérait bien rallier à sa cause d’autres mercenaires et combattants que ceux ayant combattu sous l’étendard de l’Ordre.
Le Lossoth tiqua très légèrement quand Palvan lui demanda s’il sentait capable de construire son succès sur la boue et la sueur. Le banquier lui demandait s’il en était capable? La question n’avait même pas lieu d’être le Bras de Fer et les deux autres combattants présents n’avaient jamais douté , ne serait-ce qu’une fraction de seconde , de leur capacité.  Ald’ar cependant prit la peine de répondre calmement et courtoisement au banquier . Il souleva sa manche et dévoila l’intégralité de sa prothèse fichée dans sa chair , la peau avait bleuie autour de l’endroit de l’opération .

-La boue et la sueur ne m’effraient pas ; j’ai déjà vu pire. S’il le faut nous construirons même notre succès sur le sang et la chair.


Cependant sur le fond le créancier avait raison , dans un premier temps Ald’ar et ses deux lieutenants ne pourront pas se payer le luxe de faire la fine bouche et de choisir leur contrats. Ils allaient devoir saisir chaque opportunité pour s’affirmer comme une valeur sûre et reconnue . La gloire et le succès étaient peut être encore loin mais il fallait bien commencer par là , en faisant attention de ne pas brûler des étapes et alors richesse et reconnaissance se profileront peu à peu à l’horizon .

-Malgré tout vous avez tous raison ; dès demain nous nous mettrons tous à la recherche de contrats dans la région , il n’y a pas plus de temps à perdre.  Sinon au niveau de l’équipement je vois que nous somme tous correctement armés,  à l’exception de notre ami Palvan, pour l’instant nous nous satisfairons de nos armes personnelles mais quand les recrues commenceront à venir il nous faudra vite constituer un stock conséquent . Et pour cela il nous faut mettre déjà en quête d’un fournisseur de qualités.


Les discussions continuèrent à aller bon train durant plusieurs dizaines de minutes ; on débattait logistique , opérations et financements jusqu’à ce que le serveur ne vienne souffler quelque chose à l’oreille du Lossoth  qui prit alors  la parole avec un léger sourire en coin .

-Messieurs permettez moi de vous interrompre au milieu de ces intéressantes et fructueuses négociations mais j’ai ici quelque chose qui pourrez vous faire plaisir.


Le Bras de Fer adressa alors un regard soutenu au comptoir , Carm s’empressa alors de les rejoindre avec un grand parchemin sous le bras . Le serveur tendit le document roulé sur lui même au mercenaire.

-Monsieur Omenuir.
Fit-il sobrement.

-Merci beaucoup Carm .


Le dénommé Carm retourna alors vaquer à ses occupations , tandis que les yeux d’Ald’ar semblaient s’être illuminés d’une pointe d’excitation nouvelle qu’il était bien rare de percevoir dans son regard gris.

-Mon ami Carm est un artiste à ses heures perdues. Il est extrêmement doué pour le dessin et la peinture et sur ma demande il a réalisé un petit quelque chose sur ma demande.

Le Bras de Fer marqua une pause et finit sa tasse d’infusion avant de continuer.

-Tout groupe qui se respecte et qui aspire à une certaine gloire se doit d’être reconnaissable ; par un uniforme ou une bannière. C’est dans cette optique que sous mes directives Carm a dessiné un étendard pour notre organisation naissante.  Je ne veux bien sûr pas précipitez les choses , je suis conscient que nous n’en sommes qu’à nos débuts mais voilà je voulais la partagez avec vous.



D’un geste théâtral il déroula alors en grand la bannière , tous les regards , y compris celui de Palkinto se penchèrent alors dessus avec un intérêt certain.
Spoiler:
 

De son index Ald’ar fournissait quelques explications succintes.


-La présence des armes rappelle notre vocation guerrière  : l’épée , ou le glaive , au centre me représente moi tandis que les deux sabres ce sont vous : Nomuas et Lagor ; les piliers essentiels au développement de notre groupe. Tandis que vous mon cher Palvan on vous retrouve à travers la pièce qui entoure l’épée .

Bien entendu le Lossoth ne fournit pas toutes les explications sur la bannière car il espérait que ses “convives” seraient assez intelligent pour trouver les éléments manquant seuls . Les couleurs étaient significatives et seul un oeil attentif pouvait repérer le fameux blason retourné qui se trouvait en dessous des armes . Un logo à l’histoire sanglante qui refaisait son apparition en compagnie d’autres symbole , l’emblème ne prenait pas toute la place et était même en position inversée en bas de l’étendard mais il était bien présent.
Nomuas fut sûrement le seul  à l’avoir remarqué.

-Alors cela vous convient il ?
Demanda Ald’ar indéniablement satisfait par le travail de Carm.


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Ryad Assad
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Ryad Assad

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Vends moi ton âme  , je te donnerais de l'or. EmptyJeu 24 Sep 2015 - 14:27
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Le géant paraissait un peu piqué par la question posée par Palvan, et il aboya une réponse de sa grosse voix impressionnante. Le banquier, un peu surpris par tant de zèle, se demanda un moment si le type n'allait pas renverser la table pour lui sauter à la gorge. Avec les hommes de guerre, il fallait se montrer prudent : ils n'étaient en général ni très mesurés, ni très intelligents. Celui-ci ne faisait pas vraiment exception, mais il demeura tout de même en place, sans faire de scène. Son interlocuteur lui sourit sans dissimuler sa satisfaction. Toutes ces négociations tendues, menées sur le fil du rasoir, l'émoustillaient comme jamais. Il ne traitait pour ainsi dire pas avec des brutes comme ce colosse venu du Sud, et se trouver en sa présence lui donnait le sentiment de participer à quelque chose. Quelque chose de pas très moral, de pas très « noble », mais de tout à fait intéressant. Il s'agissait de construire un projet avec des brutes et des idiots, ce qui était un nouveau défi. Un défi comme il les aimait. Alors, se prenant au jeu, il répondit sans dissimuler son plaisir :

- Je m'en doutais, je m'en doutais ! Vous m'avez l'air du genre à ne pas céder à la première difficulté.

Il rit pour lui-même, avant de se tourner vers Ald'ar qui venait de poser son impressionnante prothèse sur la table. Cette nouvelle vision d'horreur tira une grimace à Palvan, qui néanmoins comprenait ce que voulait dire le guerrier par là. Il n'était pas homme avec qui on pouvait plaisanter, et lorsqu'il se lançait dans une entreprise, il était prêt à aller jusqu'au bout. Combien de mercenaires auraient mis un terme à leur carrière après avoir perdu un bras ? Et sur ceux qui n'auraient pas renoncé, combien auraient choisi la difficile solution d'apprendre à se battre de l'autre main ? Le Bras de Fer avait trouvé une autre voie, et il avait forcé le destin. Il traçait sa propre voie, au mépris de la douleur et de la souffrance. Bien… C'était exactement de ce genre d'alliés dont le banquier avait besoin, et même s'il trouvait cela tout à fait horrible, il ne pouvait qu'apprécier le fait d'avoir autour de lui des individus qui en avaient vu d'autres, des durs à cuire qui ne se laisseraient pas avoir. Palvan, un peu mal à l'aise, ne se départit pas de son sourire de circonstance, et il répondit :

- Hm… Le sang et la chair, ça peut aussi faire l'affaire, n'est-ce pas ?

Il se rendait tout de même compte qu'il n'était pas de leur monde. Ces hommes avaient connu et connaîtraient des choses que lui-même ne vivrait jamais. Et inversement. Ils appartenaient à des univers diamétralement opposés, et pourtant ils allaient devoir travailler ensemble. Palvan supportait à grand peine leur présence, préférant de très loin la petite Palkinto, ou sa conquête d'un soir qui continuait à lui lancer des regards flamboyants de l'autre côté de la pièce. Les hommes le répugnaient, mais les bonnes affaires le stimulaient, ce qui lui permettait de rester assis là et de discuter avec eux comme si de rien n'était.

La conversation dériva sur des aspects plus pratiques, où le banquier pouvait donner son avis. Ald'ar lui faisait confiance pour l'endroit où installer le quartier général, et il ne serait certainement pas déçu par ce qu'il avait à offrir. Il avait déjà visité les lieux, et il connaissait très bien la propriété, si bien qu'il pourrait leur faire voir à quoi elle ressemblait quand ils le désireraient. Puis on vint à parler des armes. Palvan ne s'y connaissait guère en la matière, mais il connaissait quelques noms dans le coin, et il pouvait toujours se renseigner auprès de certains de ses contacts parmi les nobles qui étaient davantage portés sur la guerre que lui-même. Il y avait d'excellents forgerons au Gondor, des hommes compétents qui ne travaillaient pas gratuitement certes, mais qui pouvaient fournir du matériel de qualité à des mercenaires. Restait au banquier à les localiser. Il glissa :

- Je vais me renseigner de mon côté, essayer de vous trouver une liste des meilleurs artisans. Je pense qu'il doit y en avoir de bons à Minas Tirith. En échange de ma commission, je m'engage à financer le matériel dont vous aurez besoin. Je ne voudrais pas qu'on dise de moi que je ne participe pas pleinement à cette entreprise.

Il pouvait en outre leur offrir bien des services, mais ils ne le mesuraient sans doute pas encore. Palvan pouvait leur fournir absolument tout ce que des hommes dans leur condition pouvaient rechercher. Des armes, de l'équipement, du matériel, bien entendu. Mais également des vivres, des provisions. Pourquoi pas des cuisiniers attitrés s'ils le désiraient, voire même des serviteurs. Il y avait beaucoup de possibilités, mais tout dépendrait bien entendu de l'or qu'ils lui rapporteraient. A court terme, cet investissement serait déficitaire, naturellement, mais si leur petit groupe prenait de l'ampleur, la part qu'il se réservait sur chaque contrat comblerait très largement ses pertes initiales, et il pourrait leur offrir un confort de princes. Rien n'était trop beau pour ceux qui lui faisaient gagner de l'or… tant qu'ils feraient bien leur travail, bien entendu. Il préférait toutefois ne pas en parler pour le moment, car ses interlocuteurs semblaient absorbés par des conversations techniques et tactiques, savoir qui recruter, comment convaincre, etc.

Palvan participa parcimonieusement, dispensant ses conseils quand il estimait qu'il avait quelque chose d'intéressant à dire, écoutant très attentivement pour essayer d'en apprendre davantage quand il s'estimait incompétent en la matière. Il y avait en effet beaucoup de choses qu'il ignorait dans ce monde de violence, et il ne pouvait pas prétendre tout comprendre en un jour. Il devrait se renseigner un peu, et il aurait d'ici à ce que leur projet se concrétisât de sérieuses conversations avec Ald'ar, pour mieux appréhender la vie et les aspirations des mercenaires. Son objectif était de leur fournir les ressources nécessaires pour bien s'épanouir, mais il ne voulait pas être qu'un pourvoyeur de fonds éloigné de ces hommes. Il voulait essayer d'anticiper sur leurs besoins, voire même de les aider sincèrement quand ils en auraient besoin. Pour Palvan, les bonnes relations s'entretenaient avec des présents qui n'étaient pas toujours matériels. En leur offrant des opportunités, des renseignements ou de l'assistance sans qu'ils l'eussent sollicité, il devenait plus qu'un sponsor : il devenait un de leurs alliés.

Il intervint davantage dans la conversation quand il fut question de discuter particulièrement de la répartition des bénéfices. Son sens des affaires était plus aiguisé que celui de ses compagnons, mais il ne cherchait nullement à les flouer. Son raisonnement était logique et relativement équitable, si bien qu'il réussit rapidement à prendre le contrôle de cet aspect des choses :

- Ecoutez, c'est tout à votre avantage : cinquante pour cent pour la ou les personnes qui réalisent le contrat, c'est très honnête ! Je laisse à peine ça au paysans qui travaillent la terre chez moi. Ensuite, trente pour cent pour votre organisation. A savoir vous trois, si vous voyez ce que je veux dire. Vous pouvez réinvestir ces gains, ou les thésauriser pour les jours les plus difficiles. Enfin, je pense que vingt pour cent pour rémunérer ma prise de risque, cela reste une somme tout à fait honnête. Sachant que, je vous le rappelle, une partie de ces vingt pour cent sera utilisée pour financer les différents services que je pourrai vous offrir. Finalement, ma marge ne sera pas si conséquente que ça, et vous garderez la majeure partie des bénéfices…

Il parlait bien, et ses arguments étaient calibrés. Il était vrai que vingt pour cent, ce n'était pas une somme extravagante, même si cela amputait quand même considérablement les gains de l'organisation. Mais en même temps, il fallait dire que sans lui, leur organisation de mercenaires ne pourrait jamais prendre son envol, et resterait condamnée à n'être qu'un petit groupement sans avenir. Il le savait, et il en jouait pour essayer d'en tirer un bénéfice. Le géant avait l'air d'avoir du mal à l'idée que le banquier gagnât une si grosse somme alors qu'en définitive, il ne faisait rien, et ne prenait pas le moindre risque. L'Elfe, comme toujours, était impénétrable, et il était difficile de lire dans son esprit insondable. Restait Ald'ar, qui de toute façon aurait le dernier mot parmi eux trois. C'était lui que Palvan cherchait à convaincre, et c'était vers lui qu'il se tournait d'ailleurs pour négocier. Il savait bien que les deux autres, en dépit de leurs grandes compétences, n'avaient pas la même aura que le Bras de Fer.

La conversation se poursuivit un moment, avant qu'un serviteur fît son apparition pour glisser quelque chose de mystérieux à Ald'ar, qui le congédia avec un sourire. Sans attendre, il annonça qu'il avait une surprise pour ses trois collaborateurs, et ceux-ci se tournèrent comme un seul homme vers le comptoir, d'où venait le serveur portant un rouleau sous le bras. De loin, Palvan se demanda s'il s'agissait d'une nouvelle liste de membres à recruter, mais de toute évidence ce n'était pas le cas. Il donna l'objet en question à Ald'ar, et retourna à ses affaires, laissant le Bras de Fer dérouler le tout pour leur présenter rien de moins que le nouvel emblème de leur organisation. Très sincèrement, c'était du très joli travail, et il était surprenant que les talents de Carm ne fussent pas connus comme le Loup Blanc tant il avait une jolie patte. La symbolique était travaillée, même si certains éléments échappaient encore un peu à Palvan, comme cette… chose… en bas, sous les armes. Cela ressemblait à des racines, et il se dit que cela devait figurer un arbre stylisé, qui se divisait en plusieurs branches.

L'homme avait bien entendu parler de l'Ordre de la Couronne de Fer, mais les symboles de cette organisation mystérieuse n'étaient guère connus que de ceux qui avaient eu l'occasion de les affronter, ou de servir dans leurs rangs. Pour le grand public, cette couronne ne représentait rien de particulier, encore moins lorsqu'elle était inversée ainsi. Les autres parurent toutefois y prêter une attention silencieuse, que Palvan ne nota pas un seul instant. Il était surtout concentré sur le rôle que lui donnait Ald'ar dans ce chef d'œuvre qu'il présentait avec une fierté non dissimulée. La pièce. C'était si bien trouvé que le banquier éclata de rire, sans se soucier du regard surpris de ses compagnons.

- Haha, la pièce, j'adore ! Très mystérieux, très secret, c'est tout à fait ça, oui ! Ah, Ald'ar, si vous n'y voyez pas d'inconvénient, j'aimerais que vous m'appeliez comme ça désormais : La Pièce. Ce sera mon nom… non ! Mon titre, plutôt. Haha, c'est fantastique.

Il s'émerveillait d'un rien, mais puisque l'extravagance de cette demande ne coûtait rien au Bras de Fer, il n'avait aucune raison de le refuser. Et puis il était vrai qu'avoir un nom de code pour leur sponsor n'était pas une mauvaise idée. Tout le monde n'était pas obligé de savoir que Palvan Jillar, le banquier de Lossarnach, était en affaires avec un groupe de mercenaires. Il y avait des choses qui devaient rester secrètes, ou au moins qui ne devaient pas être étalées sur la place publique. Le commun des mortels n'avait pas à avoir vent de tout ce qui se tramait dans les coulisses… Quand Ald'ar leur demanda si cela leur convenait, Palvan applaudit des deux mains en souriant :

- C'est parfait, Ald'ar. Parfait. Faites-moi donc une copie de ce symbole, que j'emporterai avec moi. Je suis sûr que je pourrai vous confectionner quelques petites choses du plus bel effet pour décorer votre nouveau chez-vous. On m'a souvent complimenté pour mon sens de la décoration intérieure, et je suis persuadé que vous serez enchanté de ce que j'aurai à vous offrir.

Palvan éclata à nouveau de rire, comme si tout cela revêtait un caractère absolument exceptionnel et surprenant. Il était comme un enfant affamé devant une pâtisserie particulièrement appétissante, tout heureux et incapable de se contrôler. La quasi-illégalité de ce qu'ils faisaient ne faisait que renforcer son sentiment. Il lâcha avec humour :

- Avec un tel symbole, et de belles réussites, je suis certain que beaucoup seront prêts à vous vendre leur âme !


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Lagor Grethat
et Nomuas Arnarion


Lagor devait avouer que la réponse d’Ald’ar à la remarque de Palvan était plus pertinente que la sienne , trop impulsive. Si le mercenaire à la peau sombre avait une longue carrière martiale derrière lui il devait bien avouer que celle du Bras de Fer avait de quoi impressionner , qu’aurait il fait à sa place s’il avait perdu un bras? Aurait il pu continuer ses activités malgré son handicap? Il fallait très certainement une forte motivation et une certaine dose d’abnégation pour pouvoir surmonter pareille épreuve ; le Lossoth en avait fait preuve. C’était peut-être pour cela que c’était ce dernier et non le géant d’Esgaroth ou l’elfe qui se trouvait dans la position de chef du projet.

La discussion continua à se dérouler de manière active et de nombreux sujets furent évoqués ; après avoir déterminé la localisation de leur quartier général c’est le thème des armes qui fut abordé. Pour un groupe de mercenaires aspirant à se développer , trouver un fournisseur d’armes de qualité était une nécessité absolue ; un peintre a besoin de son pinceau , un mercenaire de son arme. Le banquier s’engagea à financer les besoins en matériel ; encore fallait il savoir où se procurer ce dit matériel ; et sur ce plan là Palvan ne risquait pas les aider . Il n’était pas vraiment habitué à ce genre d’adresse. Nomuas ne semblait pas non plus être en mesure de proposer quelque chose d’intéressant , depuis des siècles il utilisait les mêmes armes elfiques ; solides et inoxydables et par conséquent il n’avait jamais eu à faire avec un forgeron humain capable de créer des épées à la chaîne. Lagor lui avait fréquenté ce milieu de manière régulière tout au long de sa carrière ; heureux de pouvoir fournir des informations quand les autres convives en étaient incapables il prit la parole.

-Effectivement je connais un forgeron à Minas Tirith , ce n’est pas le moins cher du royaume mais c’est du joli travail . Je me suis fourni chez lui pendant très longtemps. Après peut-être qu’il voudra éviter de se mêler à un tel projet …


Nomuas coupa alors la parole au mercenaire , l’elfe avait imposé sa voix suave et mielleuse sur le ton rude et grave de Lagor .

-Si nous mettons assez d’argent le forgeron cédera , c’est certain.


Cet artisan était un humain et comme tout humain il était donc plutôt facile de le convaincre à l’aide d’un simple moyen dont il semblait disposer grâce à Palvan : l’argent. Dans le monde des hommes nul n’était incorruptible et Nomuas avait su en prendre conscience après les années qu’il avait passé à les côtoyer notamment au sein de l’Ordre ; chez les elfes cela aurait été différent mais les deux peuples étaient si différents. Le forgeron forgera , il n’y avait plus qu’à espérer que le fruit de son travail soit de qualité.

Les mercenaires réunit autour de la table prenait peu à peu conscience des moyens dont ils disposaient . Le créancier assis avec eux était indéniablement très enthousiaste et il était prêt à investir allègrement dans leur projet ; ainsi le grouppe disposerait de tout le matériel nécessaire sans se soucier du prix . Que ce soit du matériel militaire , logistique ou domestique ; tout était à leur portée. C’était un sentiment un peu étrange pour eux qui n’avaient jamais vraiment vécu cette situation là , eux qui avaient longtemps lutté contre la misère et qui , il ya quelque temps , ne pouvaient pas même envisager qu’il disposerait d’un fond économique aussi confortable. Ald’ar avait fait appel au bon associé en la personne du banquier , Nomuas esquissa un sourire ; décidément le Nordique n’avait rien perdu de son sens des bonnes affaires.

Les négociations se poursuivirent , on parla longuement de nombreux détails techniques . Lagor intervenait beaucoup de manière pas toujours extrêmement pertinente mais il n’hésitait pas à donner son avis ou son ressenti sur chaque point . L’elfe était quant à lui beaucoup plus en retrait , ne prenant la parole que rarement néanmoins chacune de ses interventions étaient claires , justes et réfléchies malgré leur brièveté. Nomuas n’était pas un bavard mais il semblait évident que c’était un être hautement intelligent.

Vint alors la question du partage des gains ; un moment qu’ils avaient tous attendus bien qu’ils savaient pertinemment que les négociations pouvaient engendrer certaines tensions. Il fallait espérer qu’Ald’ar soit assez fin et malin pour satisfaire les envies de tous ; mission délicate surtout que les négociations menées par le Lossoth ne s’étaient pas toutes soldées par de franches réussites. Le banquier réclamait un cinquième des bénéfices , ni Lagor ni Nomuas ne réagirent même si aux yeux de l’elfe la demande semblait raisonnable. Palvan acceptait de les financer de manière conséquente et finalement vingt pour cent n’était pas excessif au vu de ce qu’il apportait à l’organisation. En tant que créateurs du groupe Nomuas et Lagor ne percevraient pas de salaire personnel après chaque mission ; ils utiliseraient donc les trente pour cent dûs à la troupe pour leur usage personnel qui ne réclameraient d’ailleurs pas beaucoup d’or et surtout pour continuer à développer l’organisation en effectuant de nouveaux investissement ou comme le proposait le créancier en conservant les richesses gagnées .
De toute façon le dernier mot reviendrait au Bras de Fer , il était clairement l’autorité en place et nul n’osait répondre à Palvan avant le Nordique bien qu’ils aient chacun leur opinion sur la question. Lagor voyait vraiment en Ald’ar un supérieur qu’il fallait suivre pour marcher vers le succès . Nomuas était de son côté plus pragmatique , en aucun cas il se voyait comme moins compétent ou inférieur à cet humain ; il était capable d’en faire autant voire plus mais il ne voyait pour l’instant aucune raison à bousculer la hiérarchie . Le Bras de Fer était en haut de la pyramide ? Grand bien lui fasse cela n’en faisait pas le plus talentueux . L’elfe respectait l’homme et écouterait ses directives même si à l’avenir il comptait bien aussi faire entendre sa voix .

C’est alors que le Lossoth les prit tous de court en interrompant les négociations . Il appela le serveur qui les avaient accueilli un peu plus tôt dans la taverne et lui murmura quelque chose à l’oreille. Carm revint avec un grand parchemin sous le bras. Avec un plaisir à peine dissimulé Ald’ar leur présenta alors ce qu’il voyait comme une bannière pour leur organisation , leur blason , leurs armoiries en quelques sorte. Un motif de toute beauté qui fit instantanément l’unanimité bien que chacun l’appréciât à des degrés différents , en effet le Nordique se gardait bien de fournir toutes les explications et seul un oeil expert pouvait relever la multitude de détails et de références qui se trouvaient à l’intérieur du dessin.

Palvan manifesta un enthousiasme débordant ; il ne put s’empêcher d’applaudir et de rire avant de déclarer qu’il pourrait confectionner plusieurs objets avec ce blason imprimé par dessus.

Lagor trouvait également ce travail fortement épatant même s’il n’en saisissait pas vraiment toutes les subtilités . Il aimait bien l’idée qu’il soit si important pour le groupe qu’il figure symboliquement sur la bannière sous la sa forme d’un sabre.

-Tu as fait appel à moi pour ma rage au combat ; alors je serait le Sabre Rouge.

Le banquier avait un surnom : “La Pièce “ alors il n’y avait pas de raison que lui n’en ait pas un aussi , le Sabre Rouge sonnait comme une évidence pour lui . Nomuas ajouta alors

-Alors j’imagine que l’on va devoir m’appeler le Sabre Noir?


Si le rouge renvoyait au sang et à l’affrontement direct le noir renvoyait à l’obscurité et aux ombres dans lesquels Nomuas aimait se mouvoir et oeuvrer.


-Le Sabre Noir ! Mais oui bien sûr quelle idée brillante! La Pièce , Les Sabres , un rouge l’autre noir et puis …


Le géant à la peau d’ébène jeta un coup d’oeil au dessin

-...L’épée?


-Non . Le glaive .
reprit l’elfe.

Le groupe avait à présent quelque chose pour les représenter , une bannière qui ; ils l’espéraient , inspireraient bientôt respect et crainte. Un blason qui , ils l’espéraient aussi , regrouperaient bientôt des centaines de lames et attireraient les contrats . Des armoiries qui rimeront avec gloire , richesse et reconnaissance.

-Pour ma part je suis prêt à vendre mon âme , je n’attend plus que la gloire .
fit Nomuas tout en tendant sa main à Ald’ar .

-Je vends aussi mon âme contre de l’or .
clama alors Lagor en tendant également sa main au Lossoth.

Il était temps de conclure leur contrat et les négociations et de passer aux choses concrètes.
Les âmes étaient vendus et les damnés n’attendaient plus que gloire et richesse.


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Le tout commençait à prendre forme ; les négociations n’auraient pas pu mieux se passer. Chacun des acteurs des négociations assis autour de cette petite table de bois commençaient à voir où le Bras de Fer voulait en venir et saisissaient petit à petit le rôle qu’ils auraient dans la future organisation.
Toutes les questions logistiques et diverses se résolvaient rapidement , visiblement ils étaient tous impatients de quitter la table des négociations pour pouvoir commencer concrètement à bâtir cet ambitieux projet .

Le moment délicat de la négociation autour de la répartition des gains se déroula également sans accrocs au plus grand plaisir d’un Ald’ar qui ne voulait pas voir des tensions se tisser dès la première réunion . Il valait mieux partir sur de bonnes bases , saines et solides. Sa réclamation de vingt pourcent des richesses gagnées semblait plutôt honnête aux yeux du Lossoth. En effet , si le taux demandée était somme toute important il ne fallait pas négliger le travail de Palvan qui était un élément essentiel de l’organisation . Tout au long des discussions il n’avait cessé de répéter qu’il était prêt à financer allègrement le groupe , s’il ne recevait rien en retour il risquerait fort d’être déçu et de quitter le navire. Un  scénario inenvisageable pour Ald’ar Omenuir qui ne disposait pas d’un autre individu assez riche susceptible des les aider dans leur folle entreprise. Les cinquante pourcents revenant aux mercenaires ayant réalisé la mission allaient de soi et il n’y avait pas à discuter là-dessus. Aucun guerrier ne mettrait sa lame à leur service avec un bénéfice inférieur , il fallait que le jeu en vaille la chandelle . Il restait donc trente pourcent pour les trois dirigeants du groupe et les caisses de ce dernier ; une somme honorable d’autant plus qu’ils pourraient continuer à compter sur les généreuses aides du créancier de Lossarnach.

Le Nordique fut également ravi de constater que son blason faisait l’unanimité auprès de ses invités . Si Palvan se montra encore une fois plus expressif et enthousiaste que les autres tous trois semblaient impressionnés par le travail réalisé par le “serveur”. Un magnifique emblème qui résumait en un seul dessin la psychologie , les intentions et la diversité du groupe ; il suffisait d’un seul coup d’oeil pour comprendre .

La présentation de la bannière fut même un tel succès que les hommes présents ne tardèrent pas à s’en inspirer pour se trouver des surnoms. Une initiative que le Bras de Fer n’avait pas vraiment prévue mais qu’il trouva excellente. Si il était vraie que la chose l’amusait un peu elle n’était pas complètement dénuée d'intérêt ; l’utilisation de nom de codes pouvait s’avérer utile dans certains cas . Certes il n’avait pas pour projet de créer un groupe d’espions agissant avec un secret et une discrétion extrême mais avec ces surnoms ils tenaient un moyen d’éviter de crier sous tout les toits les noms des dirigeants de l’organisation , en particulier quand d’oreilles hostiles traînaient par là .

Ainsi Palvan Jillar répondrait désormais au nom de “La Pièce “ en raison de son rôle de financier . Lagor Grethat serait le “Sabre Rouge “ pour son rôle martial de combattant . Et Nomuas Arnarion , “Le Sabre Noir” à cause de sa discrétion et sa propension à agir dans l’ombre. Il ne manquait plus que deux surnoms : celui de Palkinto et le sien. Ses deux lieutenants n’attendirent pour lui en proposer un qui sonnait comme une évidence : “ le Glaive” , cela lui plaisait.

Il sourit légèrement , il commençait à accumuler les surnoms . Ils ne désirait pas renoncer à ce qu’on l’appelle “Le Bras de Fer “ . “Le Glaive” serait donc une appellation plutôt professionnelle , spécifique dans la hiérarchie et utilisée dans les documents relatifs à l’organisation quand “Le Bras de Fer” serait le surnom qui le définissait lui de manière précise , le nom qui obséderait bientôt  de nombreux esprits et qui forcerait crainte et respect.  

Etrangement personne ne se demanda pourquoi Palkinto n’avait pas aussi droit à un pseudonyme , cela déçut un peu Ald’ar ; ainsi ils ne la considéraient pas comme une égale dans la hiérarchie malgré le fait qu’elle soit attablée avec eux .

-Alors ce sera Le Glaive mes amis .

C’est alors que tour à tour Lagor et Nomuas déclarèrent prêt à vendre leurs âmes , en référence à l’invitation envoyée par le Lossoth quelques jours plus tôt. Lui n’en attendait pas mieux ,  Il serra donc leurs mains.

-Vos âmes sont vendues , gloire et richesses viendront .

Ald’ar se tourna alors vers Palvan qui ne s’était pas encore prononcée mais qui de toute évidence devait savourer le “spectacle” qui se jouait autour de lui et auquel il participait.

-Et vous mon cher Palvan , vendez vous aussi votre âme?

Les négociations étaient désormais quasiment terminées , ils pourraient bientôt pouvoir rentrer en action , prouver leur valeur et construire leur réputation. Il ne restat plus qu’un élément que le Bras de Fer désirait présenter à ses associés . Il tira un des parchemins de la liasse qu’il avait amené et le déplia d’un geste impérieux.

-J’ai pensé que si notre organisation voulait garantir sa stabilité , sa sécurité et sa réputation il fallait que les mercenaires engagées soient liés par un contrat et un code d’honneur qu’ils auraient signé au préalable. Je vous lis ce que j’y ai déjà écrit

-Un agent du groupe n’attaquera ni ne volera  un autre agent du groupe .

-Un agent du groupe s’engage à mettre sa lame au service de l’organisation et donc à obéir aux ordres des supérieurs
hiérarchiques.

-Un agent du groupe s’engage à ne pas commettre des actes formellement interdits par la loi du royaume sauf ordre contraires pour éviter de mettre en danger la sécurité du groupe.

-Sauf ordres contraires  , un agent du groupe ne tuera pas des civils.

-Sauf ordres contraires, un agent du groupe ne s'adonnera pas au  pillage et au banditisme.

-Sauf ordres contraires , un agent du groupe respectera les désirs de l’employeur.

-Sauf ordres contraires , un agent du groupe n’attaquera pas des soldats du royaume où ils se trouvent.

-Dans le cadre d’une mission un agent du groupe devra répondre de tous ses actes devant ses supérieurs.

-Un agent du groupe s’engage à répondre promptement à l’appel de l’organisation si celle-ci a besoin de sa lame où qu’il se situe.”


Bien entendu ce n’est qu’un premier jet , susceptible de changements. Nous pourrions y rajouter les notions économiques que nous avons définies et préciser de manière plus détaillée la hiérarchie. Je suis ouvert à toute objection. Bien sûr le terme “groupe” pourrait être remplacé par un nom que nous donnerions à l’organisation ; pour l’instant je préfère attendre que les choses se lancent et se fassent pour décider d’un nom cohérent.


Ald’ar écouta alors attentivement les propositions et objections de chacun . Ce code d’honneur était d’une importance primordiale , en effet il fallait s’assurer que les mercenaires engagées soient liés par un contrat et n’agissent pas au détriment des intérêts du groupe. Les notions de hiérarchie et de loyauté étaient donc primordiales ; il fallait aussi prévenir tout acte considéré comme assez illégal pour nécessiter une intervention armée par les autorités locales . Le Bras de Fer ne désirait vraiment pas avoir l’armée de Cartogan sur le dos.

-Messieurs , je crois que nos négociations se terminent là.  Je propose que nous allons tous voir le lieu proposé par La Pièce pour notre quartier général et de chercher dès demain un contrat intéressant pour débuter.

Il se tourna alors vers le créancier

-Je vais juste accompagner Palkinto dehors pour récupérer ses maigres affaires puis je vous la laisse en espérant qu’elle saura combler vos attentes.

Le Lossoth se leva alors avec la jeune adolescente et d’un pas rapide ils sortirent de la taverne et se dirigèrent vers le cheval du mercenaire où elle avait laissée ses effets. Ald’ar se saisit du petit baluchon et le tendit à sa protégée ; celle-ci ouvrit alors la bouche.

Elle dégagea alors sa frustration et son incompréhension

-Pourquoi? Pourquoi me laisser dans les mains de cet homme? En avez vous déjà assez de ma compagnie ? Ne me pensez vous pas capable de vivre dans ce monde de mercenaire ?

Ald’ar poussa un soupir et posa sa main valide sur l’épaule de Palkinto et il la fixa intensément de son regard profond.

-Je ne doute aucunement de toi et j’ai conscience de ce que tu es capable de faire. As-tu remarqué que je t’ai fait installée à la table des négociations au même titre que ces trois hommes ? J’ai fait cela car à mes yeux tu es leur égale ; dans notre projet tu es au moins aussi importante qu’eux .  J’ai confiance en Palvan , c’est un homme honnête qui ne me trahira pas malheureusement il n’a pas toujours les bons réflexes ; sa vie mondaine ne lui a pas apprise à faire face à des situations auxquelles nous serons peut-être confrontés. De plus tu sera installée en ville , tu fréquentera la société et y entendra et verra de nombreuses choses que nous dans notre quartier général n’aurons pas eu vent  . Tu devras même peut-être agir si la situation l’exige et si personne d’autre ne le peut . Comprend-tu? Tu seras mes yeux , mes oreilles , mes mains dans la cité et dans la haute société.

La jeune fille fit un signe d’approbation de la tête tandis qu’un air déterminé se dessinait sur son visage. Elle ne désirait pas décevoir l’homme qui l’avait libérée quand bien même il trempait dans des affaires pas forcément très claires ; de toute façon elle n’avait pas vraiment le choix : Ald’ar était le seul repère qu’elle avait dans sa jeune existence.  Elle servirait donc Palvan mais loyauté irait toujours vers le Bras de Fer.

Ald’ar lui adressa un sourire puis chercha quelque chose dans la sacoche accrochée à la selle de son cheval . Il en sortit une fine dague elfique qu’il avait dérobé dans les forges d’Imladris après que l’Ordre eût conquis la cité elfique. Il la lui tendit

-C’est une petite lame mais elle assurément plus efficace , tranchante et solide que la plupart des autres . Fais en bon usage mais ne te mets pas inutilement en danger , tu es trop précieuse pour que l’on te perde . Sois mon” Poignard”.

La jeune fille se saisit du poignard qui était accessoirement la source de son surnom personnel et elle cacha l’arme à l’intérieur de ses vêtements tout en se promettant de la garder constamment avec elle.

Le Glaive et le Poignard retournèrent alors auprès du Sabre Rouge, du Sabre Noire et de la Pièce pour fermer la table des négociations et attaquer les choses de manière concrètes.

Les âmes étaient vendues , l’or et la gloire les attendaient.


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