Prendre des vessies pour des lanternes

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Nathanael
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Mer 2 Sep 2015 - 13:37

- Tom ?

Helevorn se redressa dans son fauteuil au premier étage. Il avait volontairement laissé la porte ouverte afin d’entendre son serviteur revenir. Un tintement à l’entrée de son commerce avait signalé l’arrivée d’un nouveau venu. Mais le Lanternier n’eut pas de réponse. Tom était parti dans la matinée pour accomplir une tâche nécessaire à la bonne marche de leur petite entreprise. Une poignée de main et quelques pièces devaient suffire, rien de tout à fait illégal. Un échange de bons procédés. Mais Tom n’était pas rentré. Ou du moins, pas encore. Helevorn s’agaçait. Son serviteur n’avait pas coutume de traîner en route mais le moindre de ses retards le mettait en colère, la moindre erreur l’horripilait au plus haut point. Rien ne devait être laissé au hasard. Il se leva de son siège et descendit avec sa démarche particulière les escaliers en colimaçon. Il passa au milieu de ses étagères chargées de lumignons, de lampes, de bougies et d’inventions saugrenues pour se placer derrière le comptoir. Mais ce n’était pas un client. Il n’avait pas prévu de négocier avec la milice de la cité. L’homme se présenta avec toute l’austérité possible.

- Aubun, Soldat réserviste du Sixième bataillon. Je suis chargé de vous transmettre une information.

Helevorn haussa un sourcil plus que de raison. La chose l’intriguait autant qu’elle l’énervait. Il aimait déjà peu les militaires, alors les voir débarquer de façon tout à fait inopportune, dans SA boutique, et avec « une information » … Son regard, glacial, était braqué sur l’homme devant lui.

- Votre serviteur a été arrêté ce matin sieur Helevorn. Les charges qui sont retenues contre lui sont les suivantes : « Vol, larcin et participation à une activité illégale dans l’enceinte de la Cité Blanche ». Vous êtes convoqués auprès du tribunal du Sixième Cercle afin de témoigner dans cette affaire. Tout refus de coopérer sera considéré comme un gage de complicité.

Helevorn éclata d’un rire froid, une véritable tempête de grêle sonore.

- Un réserviste ! Ils m’envoient un réserviste ! Un homme qui s’ennuie et qu’on envoie porter des messages pour le garder en forme. Etes-vous conscient qu’il s’agit là d’un exercice d’entraînement, d'une manœuvre !

Il ne discutait pas avec le garde posté devant lui, mais bel et bien avec le sceptre qu’il avait coutume de transporter partout avec lui et en toute circonstance. Il le scrutait comme s’il cherchait un détail particulier qui lui aurait échappé depuis toutes ses années. Puis il se redressa de toute sa hauteur et planta son regard noir dans les yeux du soldat qui trouvait la situation bien étrange.

- Aubun, le réserviste ! Tu diras à ton lieutenant, et plus encore à Cartogan le Tout Puissant, qu’on ne convoque pas le Lanternier avec un réserviste ! Tom s’est fait emprisonné ? Et alors, c’est son problème. Je ne suis pas responsable de sa personne. La loi ne punit pas les innocents que je sache. Et je n’ai rien à avoir avec toute cette histoire. Qu’il soit pendu si c’est ce qu’il doit advenir. Mais ne me ramenez pas son cadavre en disant que je suis responsable de l’exhumation. Baliverne ! ET puis quoi encore ? ET puis quoi encore ?

Et il répéta sa phrase si fort que le garde eut un sursaut. Debout en face de cette tempête de glace, le soldat ne savait plus sur quel pied danser et il piétinait péniblement sur place, répondant aux ordres, attendant qu’Helevorn ait fini sa déclaration pour pouvoir la transmettre à son supérieur. Les rumeurs les plus étranges qu’il avait entendu à propos de ce drôle de commerçant étaient bien vraies. La fin de son monologue fini, Helevorn sembla s’apaiser, ses épaules se détendirent, et son regard se fit moins colérique. Il fit un petit signe de la main significatif au soldat, lui exprimant clairement qu’il n’avait plus de temps à lui accorder.

- Ouste !

Le soldat regardait le Lanternier, incrédule, avant de faire demi-tour dans les règles de l’art, faisant claquer un talon au sol. Il sortit le plus dignement possible bien qu’il vît des regards se poser sans détour dans son dos tandis qu’il remontait la rue principale pour faire son rapport.
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Nathanael
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Lun 7 Sep 2015 - 18:35

Dans la multitude tranquille qui déambulait pas à pas au milieu du marché, Helevorn surgit comme une flèche et traversa la masse informe de badauds au pas de course. Il était en colère. Ses traits durs et froids comme le tranchant d’une lame fendaient la foule ;  il frappait le pavé de ses bottes de cuir à grandes enjambées. Il bouscula une dame d’un âge qui lui fit remarquer avec aigreur que le respect lui était dû et qu’elle attendait des excuses. Le Lanternier ne se retourna même pas. Repoussant au passage d’autres personnes sans ménagement, avec plus de force que nécessaire, il se fraya un chemin jusqu’au petit présentoir d’un commerçant sans envergure refoulé à une extrémité du marché au même rang que les vendeurs de bibelots et de chiffons. Il vendait en l’occurrence des marionnettes mal dégrossies attachées à de simples croix en bois par de vulgaires tresses de chanvre.

- Le clampin te salue, roi des lumières !

L’homme maigrelet qui se trouvait derrière la table basse fit une courbette narquoise au Lanternier qui arrivait à vive allure. Helevorn lui accorda un bref signe de tête et changea brutalement de masque. Ses yeux devinrent rieurs, il arbora un grand sourire amical et s’approcha du petit comptoir comme s’il s’agissait de celui d’un vieil ami. L’homme en face de lui avait la même attitude affable et sympathique alors qu’il semblait renfrogné peu avant. Ils échangèrent une brève accolade avant d’entamer une discussion sans queue ni tête à laquelle personne ne pouvait rien comprendre.

- Comment va la vache à lait ?

Helevorn commença ainsi les négociations, et elles se succédèrent ainsi quelques minutes.

- Elle crache du lait comme les chutes de Rauros et les fromages sont bien crémeux. Et le dernier veau qu’elle a fait est vif comme une anguille.
- En parlant d’anguille, à combien est le cours du crabe en ce moment en Gondor ?
- Du crabe !?  Malheureux, il monte sans cesse. C’est que ces petites bêtes se font rares ces temps avec la chaleur et le reste.
- Un crabe n’a pas besoin de chaleur pour vivre. Est-ce qu’il n’y a pas plutôt des petites bêtes qui craindraient moins le chaud dans le coin, et qui se feraient moins rares ?
- Toujours le même hein ! Il te faut les mets les plus fins, mais pas prêt à payer un sou pour de la qualité. Fine gueule mais pire qu’un rat sur un navire.
- Faites fuir les habitudes, elles reviennent au galop !
- Je parlerai donc à mon revendeur. Il te trouvera bien ce qu’il faut et t’enverra la commande. Il paraît qu’il y a un jeune renard qui pourrait faire l’affaire. Un élevage des plaines.
- Pas sans m’avoir annoncé le prix d’abord.
- Un échange de bons procédés ça te va ?
- C’est toujours un plaisir de faire des affaires avec toi !


Et Helevorn tourna les talons comme il était venu, retrouvant son visage froid et sans expression – excepté un sourire sardonique qui déformait le pli de ses lèvres. Il retrouva rapidement l’allée principale qui menait jusque au sommet du sixième cercle où était installé un poste de garde agrémenté depuis plusieurs années d’un complexe de cellules pour les malandrins qui avaient eu le luxe de se faire prendre dans les hauteurs de la Cité Blanche. Il ouvrit la porte sans se présenter devant les yeux éberlués du soldat qui gardait la porte à moitié endormi.

- Il vous est impossible de …

Et il fut repoussé sans ambages contre le mur auquel il était adossé peu avant. Helevorn fit claquer le battant de la porte en bois contre les pierres blanches et immaculées de cette prison dorée et s’avança sans gêne jusqu’au bureau d’un officier qui leva un regard outré et interrogateur avant de reconnaître le drôle de protagonistes qui s’agitait devant lui.

- Sieur Helevorn, quelle bonne surprise ! La jeune recrue que vous avez posément envoyé sur les roses vient juste de m’annoncer que vous renonciez à vous présenter ici. Quel retournement de situation !

L’officier était résolument moqueur, le ton ironique, prêt à mordre.

- Vous ne vous attendiez tout de même pas à ce que je discute avec un réserviste ? L’armée manque de bras en ce moment ? C’est étonnant. Le général Cartogan aura réussir à faire fuir  même les hommes du rang ?
- Les soldats ont des tâches plus importantes à réaliser, comme …
- Comme arrêter mon serviteur, le jeter aux fers et me menacer de me mettre moi aussi dans une geôle ! Quelle ardeur, quel sens du devoir, quel honneur de servir sous les ordres d’un homme qui confond justice personnelle et ordre public !
Mais l’officier ignora les palabres d’Helevorn.
- La procédure impose de prendre votre déposition, signée, à propos des faits suivants commis par votre serviteur : vol, larcin et participation à une activité illégale dans l’enceinte de la Cité Blanche.
- Et que voulez-vous que je vous dise ?
- Pouvez-vous prouver que cet homme n’agissait pas sous vos ordres ?
- Est-ce que vous obéissez toujours à Cartogan lorsque vous vous occupez de culbuter votre femme ?
- Je vous demande pardon !
L’officier tiqua et l’amusement qu’il affichait jusqu’à présent disparut derrière un voile de colère.
- C’est bien ce qu’il me semblait. Vous faites donc la différence entre votre profession et votre vie personnelle. Tom est donc libre de faire ce qu’il veut à ses heures perdues. Je ne lui  ai donné aucune directive. Il vous le dira lui-même.
- Prenez-moi pour un idiot…
- Fin de la déclaration, où est-ce que je signe ?


Et, de nouveau, sans attendre une réponse, une autorisation ou quoi que ce soit d’autre, Helevorn se saisit de la plume qui trônait sur la table à côté d’un petit encrier presque vide et de quelques parchemins à remplir. D’un geste savamment calculé, il renversa le peu d’encre qu’il restait sur l’ensemble des documents officiels sous le nez de l’officier qui finit par s’emporter.

- Mais c’est pas vr… Dehors ! Foutez-moi-le camp de là ! La plaisanterie a assez duré ! Dehors ! Dehors !

Helevorn fit une courbette polie et fort alambiquée et prit tout le temps nécessaire pour sortir sous les yeux agacés de l’officier au pourpoint maculé de tâches noires et les regards interrogateurs des passants. Helevorn affichait maintenant un air goguenard sans plus se dissimuler et salua de la main dans un geste sensuel le soldat en arme qui surveillait la porte et ne savait plus où se mettre. Tom n’était pas sorti d’affaires, mais là n’était pas la question. Le pouvoir officiel était maintenant averti qu’Helevorn le Lanternier ne se laisserait pas faire, et, pire encore peut-être… qu’il arriverait à ses fins.

***********************

Pendant ce temps, sur la place du marché, le vendeur aussi fin qu’un roseau de printemps s’était penché sur un rouleau de parchemin pas plus large que la paume d’une main d’enfant où s’inscrivait en lettres fines :

« Faites entrez le renard dans le poulailler »
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Lovir Dirileth
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Lun 7 Sep 2015 - 20:45
Une brise d'une fin d'été passable vint siffler entre les verres et les bois d'une fenêtre mal isolée. Tout prêt, Lovir était assit nonchalamment sur une des deux chaises qui entouraient la petite table ronde, seuls meubles avec le lit qui remplissaient cette chambre à louer, dans une miteuse taverne des bas fonds de la Cité Blanche. Il pensait, comme presque tout le temps, à ses sombres rêves du Mordor ainsi qu'aux récents plaisirs, nouveau, de la chasse à l'homme. L'assassin, incognito, payait comme il pouvait le propriétaire en lui rendant des services de l'ordre de petits règlements de compte, ou en faisant la sécurité aux heures pleines du bar. Lovir Dirileth n'y trouvait rien d'amusant. Il escomptait opérer à d'autres échelles qui gratifierairnt autrement son égocentrisme glacial et croissant. Mais cela lui permettait de laisser couler un peu d'eau sous le pont des rumeurs. Le quadruple homicide qu'il avait commit à la frontière Gondorienne, au Nord Est, lui avait valu déjà quelques surnoms. Pour autant, les personnes qui savaient qu'il s'agissait bien de cet archer venu du Nord, se comptait sur les doigts de la main. Gallus était de ceux-là.

- L'odeur ne te dérange pas ? s'éleva la voix de ce dernier, adossé de côté sur le seuil de la porte, derrière Lovir.

L'occupant de la chambre haussa les épaules, sans détacher son regard vers l'extérieur en contrebas où effectivement, mendiants et ordures encombraient l’étroite ruelle. Gallus et Lovir se voyait régulièrement depuis que le second était arrivé à Minas Tirith. Mais en réalité, ils se connaissaient depuis plusieurs années. Ils partagèrent quelques prospections dans certaines ruines Nordiques. Ils apprirent à s'apprécier l'un l'autre et devinrent un duo efficace. Seulement Gallus, las du climat difficile et des maigres revenus de cette profession, s'en alla en quête de stabilité financière. C'est finalement en travaillant au compte d'un " marchand ", combiné à une fonction de passeur pour criminels en quête d'anonymat, qu'il œuvrait depuis des années au sein de cette prestigieuse, mais pas si blanche que cela, capitale du Gondor.

- J'ai peut-être de quoi te relancer dans les affaires, continua-t-il en s'avança jusqu’à s'asseoir sur l'autre table, regardant dans la même direction que Lovir, enfin les affaires...
- La prospection ? S'enquit la voix granuleuse et basse de l'Exilé*
Gallus eu un sourire à l'aune de cette question. Se remémorant leur association quelques années plus tôt.
- Non, quelque chose de plus... il se tourna vers Lovir, en adéquation avec tes dernières activités. Il prononça ce dernier mot avec emphase.
- Vraiment ? L'archer tourna enfin la tête vers son ancien confrère, sa curiosité piquée à vif, je t'écoute Gallus.
- Je ne connais pas les détails, mais ma source est fiable. Mon... il hésita farouchement à poursuivre, mon ami, un marchand bien intégré dans le milieu aimerait te faire rencontrer quelqu'un.

Lovir reposa son regard sur la vie urbaine, puis sur le ciel grisâtre, habité par son habituel laconisme témoignant de son introspection. Gallus eu un ricanement.
- Tu ne changes pas hein ? Il sortit d'un plis de sa tunique d'un textile tout à fait noble, un morceau de parchemin déchiré et tâché. Un gribouillage donnait quelques informations. Tu trouveras là-dessus l'adresse du contact. Ainsi que le code à donner pour que tu sois reconnu. Il l'avança sur la table, du majeur et de l'index.

Gallus se leva, fit une tape amicale mais respectueuse sur l'épaule du penseur avant de s'en aller. Lovir attendit que l'escalier qui menait au rez de chaussée cessa de craquer sous les pas du messager, pour se saisir de l'adresse. Il eut une moue dubitative. « Tes dernières activités », trois mots qui résonnaient encore dans son esprit complexe et tourmenté. Un lueur d'excitation lui fit se ronger l'intérieur de sa joue. Il grattait nerveusement le bois meurtris de la petite table, avant de se lever, décidé. Il s'équipa légèrement pour être présentable et annoncer la couleur. Il s'encapuchonna, prévint le tenant de la taverne sans trop de détails puis se lança dans l’ascension jusqu'aux cercles les plus hauts de la cité. Il n'aimait pas s'y faire voir, aussi faisait-il preuve de discrétion. L'un de ses atouts.

~~~~~~~~~~

Il remonta contre la pilosité de son menton le col de sa veste couleur jade. Il jeta un bref regard vers le coin d'une rue, s'assurant que la patrouille de gardes qui venait de visiter la ruelle ne pouvait observer d'un œil imprudent les allées et venues dans le commerce du contact. Puis il s'engouffra promptement dans la boutique indiquée, tel un coup de vent. Un tintement retentit. Lovir s'arrêta et observa tout autour de lui. Une silhouette, de dos, semblait être affairée à quelques besognes suffisamment intéressantes pour qu'elle ne daigne pas se retourner.

- La commande d'anguilles est arrivée, lança l'Exilé en direction de la silhouette, conformément aux instructions données par Gallus. Il se tut enfin et resta attentif à la réaction. Sa main gauche était posée, pacifiquement, sur le pommeau de son épée qui lui avait coûté tout son argent. Il profita du silence pour observer la boutique, notant mentalement quelques détails qu'il se forçait de retenir. Vieux réflexe des années de prospection.




*Exilé = Véritable surnom de Lovir depuis son expulsion (voir fiche Le prix de la Diplomatie)
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Nathanael
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Jeu 10 Sep 2015 - 9:34

D’un geste sûr il apposa un nouveau morceau de papier d’or sur la forme longiligne du serpent de métal qui étendait son corps rondouillard sur le court atelier de présentation. Helevorn avait préparé cette pièce depuis quelques semaines et elle serait livrée en fin de journée si tout se passait bien. L’œuvre d’art représentait un de ces reptiles du Sud qui se dresse lorsqu’il se sent menacé. Le corps avait été forgé par un ouvrier réputé pour la finesse de son travail. L’animal avait la gueule grande ouverte, ses crochets enserrant une grosse pierre translucide légèrement bleutée qui réfléchissait la lumière en une myriade de rayons multicolores. Helevorn avait pris soin de couvrir le tout d’écailles d’or et d’éclats de quartz noir. Une pièce de collection pour un marchand fortuné qui comptait, grâce à ce délicieux objet, impressionner la clientèle qui rentrerait chez lui pour négocier. Il en était là de son travail lorsqu’une livraison des plus attendues arriva à sa porte. Il termina son travail, puis se retourna avec le déhanché qui le caractérisait tant, absolument androgyne. L’homme qui se trouvait en face de lui exhalait toute la puanteur des bas quartiers. Le Lanternier avait le nez fin, lui qui passait la plupart de son temps au milieu de bougies et de lampes délicatement parfumées. La barbe qui piquait le visage de l’étranger notait un caractère peu enclin à soigner sa présentation, le gaillard semblant tout au plus sortir d’un fourré au bord d’une route pour piller une caravane marchande ou sauter à la gorge d’une fillette. Le parfait incommode pour piquer au vif l’honneur de ce cher Cartogan. Helevorn eut un léger haussement de sourcil, comme de coutume, pour se présenter. Il nota le coup d’œil rapide de l’homme pour son magasin.

- Tout est à vendre.

Politesse à peine dissimulée. Il savait bien que l’assassin qui se trouvait devant lui n’avait pas même l’ombre d’une pièce pour boire un sirop dans une taverne, alors des pièces de maître ! Il espérait que le marchand avait été clair sur les conditions de son embauche. Il était hors de question qu’Helevorn sorte la moindre obole pour ce menu service. On lui avait assuré que l’homme ne courrait pas après l’argent. Il continua de se présenter à son habitude, sans grande clarté.

- Connaissez-vous la fable d’un regretté conteur gondorien* ? Le Renard et les poulets ? Je vais vous la narrer, si cela ne vous ennuie pas.

Et sans autre forme de procès, Helevorn se mit à réciter une courte fable concernant un renard dont la ruse eut raison de la méfiance de volatiles perchés hauts et croyant être à l’abris de l’infortune et du danger. Le Lanternier finit par mettre en emphase la morale de l’histoire sans prêter attention à la réaction de l’homme.

- Le trop d'attention qu'on a pour le danger, Fait le plus souvent qu'on y tombe !

Et le signe de tête entendu du Lanternier laissait supposer que ses explications étaient suffisantes pour comprendre les tenants et les aboutissants de sa requête. Néanmoins il fit un signe de la main à son employé temporaire pour qu’il prenne le chemin entre deux étagères jusqu’à une haute porte en bois qui donnait sur un escalier sombre en colimaçon. Au sommet de ces escaliers se trouvait une vaste pièce éclairée par de hautes fenêtres qui donnaient sur les champs du Pelennor, et, au loin, sur l’Anduin. Le mobilier était pauvre mais suffisant. Deux fauteuils et une table basse où reposait un pichet et deux coupes en verre des plus simples, et pourtant des mieux ouvragées qui soient. Nulle imperfection, nulle bulle d’air n’était visible. La pièce était conçue comme les récipients, simplement mais avec une précision et une finesse sans égales : les murs de pierre ne présentaient aucune aspérité, les tentures étendues sur un pan de la salle n’avaient aucun accroc. Tout semblait propre et ordonné. Tout sauf un bout de table surchargé de parchemins et de documents, accumulation hasardeuse à l’équilibre fragile que le vent menaçait à chaque instant sous le rebord d’une fenêtre.

Helevorn présenta un des fauteuils à son invité de marque, lui tendit un des verres dans lequel il avait versé le liquide doré aux parfums épicés. Il s’agissait d’un grand vin du Sud où les raisins sont rares et tourmentés par le soleil et les sables mais qui, s’ils survivent à une saison, livrent alors leurs savoureux secrets. Helevorn porta le verre à ses narines, huma longuement le bouquet, en apprécia la robe, fit tourner le liquide dans le verre en fin connaisseur avant d’en savourer une gorgée qu’il recracha aussitôt dans un bol posé sur le rebord de la haute cheminée qui dominait un pan du mur.

- Parfait !

Il reposa le verre, se frotta les mains l’une contre l’autre et se vautra nonchalamment dans un des fauteuils en croisant les jambes.

- Vous ne connaissez pas Tom je crois ? Il serait convenable de commencer par le début.

Il marqua une pause, regarda longuement l’assassin dont on lui avait parlé après sa rencontre avec le marchand comme s’il cherchait à en estimer la valeur ou l’intérêt. Puis il reprit la parole comme si de rien n’était.

- Je suis un employeur soucieux de l’intérêt de mes serviteurs. Or l’armée semble plus préoccupée à arrêter des invalides que de lutter contre la criminalité dans cette ville. Tom ne dira rien. Il ne peut de toute façon rien dire, même s’il le voulait. Et Helevorn semblait presque amusé par cette constatation. Mais sans lui le travail n’avancera pas et j’ai d’importantes commandes à livrer avant la fin du mois. Les nobles s’impatientent et veulent orner leurs demeures des nouvelles créations pour impressionner leur monde et se gonfler d’orgueil.  L’officier de la caserne ne voudra pas m’entendre, pas plus que ses supérieurs, et ne parlons même pas de notre cher général assermenté pour ennuyer les honnêtes gens.

Helevorn changeait d’intonation comme un artiste, appuyant sur certains mots pour leur donner plus d’emphase, modifiant l’intonation de sa voix comme s’il était acteur ou bouffon d’une compagnie de saltimbanque au service du roi.

- Il vous faudra donc d’abord déterminer pourquoi Tom croupit derrière les barreaux. Je n’ai eu aucune explication à ce sujet. Mais Tom est plus malin qu’il n’en a l’air, et s’il s’est fait arrêté, je suppose qu’il s’est arrangé pour qu’il y ait des témoins. Trouver donc une des personnes qui pourraient vous apporter plus d’informations à ce sujet. Je pense qu’ensuite vous saurez assez facilement retrouver le chemin de ma porte pour m’en apprendre plus.

Helevorn regardait maintenant l’étranger droit dans les yeux. Son regard froid et dur examinait en détail les chances de réussite de l’homme qui se trouvait en face de lui. Sa réputation en faisait un criminel de choix, du moins était-ce ce qu’en disait la rumeur. Et s’il était réellement l’assassin de cette rumeur, Cartogan n’aurait qu’à bien se tenir. Helevorn en jubilait d’avance. Il se redressa brusquement et se tint aussi droit qu’il lui était possible.

- Je tiens à ce que cette affaire soit réglée de la façon la plus honnête qui soit. Il marqua une courte pause. Pour l’instant. Aussi dure que soit cette tâche, vous en serez dûment récompensé.



.....................................................................................
*Fable de la Fontaine : Le Renard et les Poulets d'Inde
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Lovir Dirileth
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Jeu 10 Sep 2015 - 12:14
Lovir retira sa capuche une fois qu'il comprit que son interlocuteur était le bon. Il joignit l'un de ses poignets dans une main, le tout dans son dos. Posture réflexe héritée de ses jeunes années de service dans la Garde Nocturne. Il était au moins aussi vivant qu'une pierre tombale. Et sans épitaphe. Lovir se taisait, tout du long, impassible observateur, notant les issues et les traits de personnalité du Lanternier. Il l'écoutait sans donner signe d'impatience. Lovir, malgré ses aspects quelques peu rustiques et criminels - devons-nous le préciser : surtout depuis sa longue marche en terres sauvages - appréciait la poésie, la littérature et les arts. Aussi n'eut-il aucun mal à digérer les quelques vers servis par ce marchand distingué.

- Contre les assauts d'un renard
Un arbre à des dindons servait de citadelle.
Le perfide ayant fait tout le tour du rempart,
              Et vu chacun en sentinelle,
S'écria : Quoi ces gens se moqueront de moi !
Eux seuls seront exempts de la commune loi !
Non, par tous les Dieux, non ! Il accomplit son dire.
La lune, alors luisant, semblait, contre le Sire,
Vouloir favoriser la dindonnière gent.
Lui qui n'était novice au métier d'assiégeant
Eut recours à son sac de ruses scélérates,
Feignit vouloir gravir, se guinda sur ses pattes,
Puis contrefit le mort, puis le ressuscité.
              Harlequin n'eût exécuté
              Tant de différents personnages.
Il élevait sa queue, il la faisait briller,
              Et cent mille autres badinages.
Pendant quoi nul Dindon n'eût osé sommeiller :
L'ennemi les lassait en leur tenant la vue
              Sur même objet toujours tendue.
Les pauvres gens étant à la longue éblouis,
Toujours il en tombait quelqu'un : autant de pris,
Autant de mis à part ; près de moitié succombe.
Le Compagnon les porte en son garde-manger.
Le trop d'attention qu'on a pour le danger
              Fait le plus souvent qu'on y tombe.

Après quoi il ajouta :
- Le trop d'attention qu'on a pour le danger, Fait le plus souvent qu'on y tombe !
L'Exilé opina brièvement du chef. En réalité, dans l'esprit de Lovir, le propos qui venait d’être tenu ne tarda pas à lui rappeler l'histoire même de son exil. La communauté de la Lisière avait tant d'obsession pour les dangers que les elfes sylvestres représentaient, qu'ils s'y jetèrent tête baissée. Aussi l'ancien archer en avait tiré une grande leçon. Il ne pouvait que saisir la profondeur de cette phrase.

Il suivit calmement jusqu'à cette pièce lumineuse, dont l'ambiance fastueuse mais ordonnée changeait grandement de la chambre louée par Lovir depuis quelques mois. Mais l'archer s'adaptait bien désormais à tous types de milieu. Ainsi n’apparaissait pas dans son regard ou sa gestuelle, une once de gêne. Sauf peut-être lorsqu'il fut saisit par l'incroyable vue que donnait ces fenêtres sur l'horizon gondorien. Il s'arrêta une seconde, peut-être deux et ses main et poignet joints se détachèrent. Il se retourna, se saisit du verre, en sentit sans trop de grâce le contenu tout en s'asseyant, avant de le poser sur la table. Lovir écoutait, se tenant le menton de son index et de son pouce, lui donnant une posture sérieuse, sans trop d'assurance. Il savait l'importance d'une gestuelle dans l'inconscient.

C'est là, seulement, que son intérêt fut piqué à vif. Il nota mentalement tous les détails qui concernaient l'affaire de Tom et se réjouissait d'en apprendre davantage sur la situation intestine de cette merveilleuse cité. Un sourire léger se dessina sur la coin de son visage, étirant quelque peu sa pilosité brune comme le charbon. Il eut été difficile d'en comprendre le sens. En réalité, Lovir sentait une certaine excitation à l'idée de n'être pour les hauts dignitaires et l'ordre politique de cette Cité, qu'un danger inconnu, bien que relatif.

Il attendit que le Lanternier eut fini sa requête avant de pousser encore un peu le verre précédemment offert et toujours plein de son précieux nectar, pour poser et joindre ses mains sur une table proche. Il laissa passer un long silence. Il soutint le regard de son interlocuteur avant de regarder à nouveau vers la sublime vue.

- Bien. Nouveau silence. Il tapota l’accoudoir du fauteuil du bout de ses doigts. Bien c'est d'accord. J'aimerais connaitre toutes les informations possibles concernant Tom, si vous le voulez bien. Lovir posait là les mêmes questions qu'il posait à ses clients lors de ses années de prospection dans le Nord. Bien qu'il s'agissait cette fois-ci d'un être humain. Connaissez-vous le lieu de son arrestation ?

Il ne demanda rien de plus sur la récompense.
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Ven 11 Sep 2015 - 23:49

Agitation circonspecte. Helevorn jouait avec ses doigts tout en réfléchissant. Il était presque déçu. Ne venait-il pas de dire qu’il ne savait rien de l’affaire et qu’il comptait sur l’assassin pour en apprendre plus ? Et l’homme se contentait de poser des questions d’une curiosité qui l’agaçait profondément. Il n’y avait pas de cause à défendre, pas plus que de pays à sauver ou d’idées à exulter au combat. Non. Donc pas de questions. Il lui fallait les causes de l’arrestation de son serviteur et le lui ramener à la maison. Helevorn eut une moue maussade, un peu comme une enfant qui se rend compte qu’on ne pourra lui ramener sa peluche préférée. Il se mangeait l’intérieur des joues, comme s’il réfléchissait, alors que ses propos n’avaient nullement besoin d’être muris. Il répondit d’une voix monotone qui ne laissait pas place à la contestation.

- Vous n’avez pas besoin de connaître Tom. C’est un gueux muet qui arpente les ruelles de la cité pour mon commerce. Il livre, il réceptionne, il fabrique. Il devait se rendre dans les quartiers annexes à la Cité. Une commande importante. Les Valari seuls savent où ses pieds l’ont mené ensuite.

Et tandis qu’il prononçait sa dernière phrase, il se saisit du verre de vin qu’il fit tourner devant lui sans pourtant y porter les lèvres. S’il était trop difficile pour l’étranger de mener à bien sa quête sans plus d’informations, peut-être n’était-il pas l’homme de la situation. Ce ne serait pas la première fois que son ami le marchand lui refourguait de la marchandise de seconde main. Il aurait à faire à lui si jamais leurs routes revenaient à se croiser. A travers le mélange d’ambre qui tournoyait dans son verre, il regardait la silhouette déformée de son interlocuteur. Qui était-il ? Helevorn ne pouvait s’empêcher de se poser une foule de questions à propos des gens qu’il fréquentait bien qu’il lui fût plus exquis de laisser son imagination flotter sur l’océan de la fantaisie et de l’impensable. Il aimait exciter son esprit pour un rien, fantasmer sur les hommes et les femmes qu’ils voyaient – car bien souvent la réalité était des plus décevantes. Mais plus encore, il aimait à faire croire l’impossible à propos de lui-même et de ses manigances, de ses petites affaires, et la crainte ou l’offense qu’il lisait dans les yeux des badauds étaient d’une délectation des plus chères. Quand à l’Exilé en face de lui, il était si laconique qu’il le trouvait presque ennuyant. Or il espérait au contraire que ses interventions soient aussi discrètes que bruyantes, comme des cors tonitruants aux oreilles de ce cher général pour lui annoncer son inéluctable défaite. Il rêvait déjà des Trompettes de la Renommée crachant à plein poumons la nouvelle de la chute de ce fieffé arriviste de pacotille.

- Si vous pouviez …

Ses traits manifestèrent l’intense réflexion qui l’habitait. Les rouages machiavéliques qui constituaient son esprit s’agitaient fébrilement sous un front soucieux. Son regard était tourné vers l’Exilé mais ses yeux semblaient voir plus loin d’autres personnes en d’autres lieux. Un fin sourire étira ses lèvres mises en valeur par un onguent légèrement pourpre qui ne faisait qu’accentuer la féminité qu’il exhibait comme un atour d’apparat.

- … retrouver un témoin. Au moins un témoin. Et mettre à mal le témoignage des soldats. Je m’occuperai pour ma part des démarches purement administratives. Retrouver au moins un idiot qui voudra bien parler. N’hésitez pas à les aider à faire ressurgir leur souvenir. Certains ont la mémoire courte tant qu’ils n’ont pas les poches pleines d’or. Faites leur plutôt l’aumône de quelques égratignures. En toute honnêteté, évidemment. Vous devez rester irréprochable aux yeux de tous.

Helevorn s’enferma de nouveau dans le silence. Il tenait ses mains, paume contre paume, devant lui, agitant le bout de ses doigts tandis qu’une lumière des plus cruelles agitait la prunelle de ses yeux. L’intense agitation qui faisait frémir ses pensées contrastait avec l’absence d’expression sur son visage. Une idée sembla lui revenir subitement, dernière recommandation avant de congédier son invité. Mais il se ravisa, laissant planer le doute sur son intention première. Puis il se leva, s’approcha de la porte menant sur l’escalier, l’ouvrit et descendit à sa boutique comme si de rien n’était. Un tintement de clochette vibra dans l’air au même moment. Un nouveau client arrivait. Helevorn parvint au rez-de-chaussée et s’exclamait déjà :

- Excusez-moi, j’étais occupé. J’arrive, j’arrive ! Des occupations plus personnelles me retenaient, veuillez m’excuser ! Mais les distractions sont si rares ces derniers temps.
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Lovir Dirileth
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Sam 12 Sep 2015 - 21:34
L'Exilé observa son contact s'en aller, silencieusement. Aussi resta-t-il dubitatif aussi longtemps qu'il demeura immobile, dans ce fauteuil à l'étage, attendant sagement que le client qui venait de rentrer, ait prit congé. Lovir ne souhaitait pas être vu en ces lieux par la clientèle d'Helevorn. Certains appelaient ceci, du professionnalisme. Il profita de ces quelques minutes pour faire un point avec lui même. Le Lanternier, après tout, n'avait-il pas lancé le sujet sur ce Tom ? « Vous ne connaissez pas Tom je crois ? » avant de n'avoir pour réponse aux évidentes questions : « Vous n’avez pas besoin de connaître Tom. ». L'Exilé ne s'attendait point à de longues palabres sur les intelligences de son contact. Mais, en revanche, il fut surpris de n'avoir tiré aucune indication, sur la botte de foin dans laquelle l'aiguille a été perdue, qui lui aurait permis de ne point perdre plus de temps qu'il ne faudrait à chercher la première étape de cette affaire.

Lovir attrapa le verre qui bien sûr, était toujours plein. Il l'amena à nouveau prêt de son nez avant de s'emplir la bouche de son contenu. Il se leva, cracha dans l’aiguière prévue à cet effet. Il s'arrêta de nouveau devant la fenêtre qui donnait sur un horizon des plus somptueux puis, quand les tintements de la porte indiquèrent que le client s'en été allé, il descendit, verre à la main, les escaliers vers le rez de chaussée. Il passa tel une brise devant le Lanternier sans en adresser un regard et posa dans sa course sur le comptoir, le verre au trois quart plein. Le liquide s'agita mais ne se renversa pas. Une seconde plus tard, Lovir Dirileth descendait promptement la rue en direction de sa pauvre chambrette, planifiant déjà la suite de son affaire.
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