La chair se consume, l'esprit demeure.

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Sirion Ibn-Lahad
Pair du Royaume d'Arnor - Surnommé le Fantôme
Pair du Royaume d'Arnor - Surnommé le Fantôme
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Age : 26
Localisation : Arnor

~ GRIMOIRE ~
- -: Homme du Sud (Khand)
- -: 34 ans
- -:

Lun 21 Sep 2015 - 1:17
Le soleil commençait à pointer derrière les Monts Brumeux à l'horizon. Une fine brume était apparue peu de temps avant, enveloppant les remparts de la cité sur un lit de coton. Les premiers rayons de l'astre de feu donnèrent au ciel une teinte rose orangée presque magique. Les oiseaux se mirent à chanter tandis que les volets s'ouvraient les uns après les autres. Sirion se tenait face à ce paysage depuis plusieurs heures déjà. À son retour de Vieille-Tombe et sa nouvelle nomination, le roi lui avait procuré des appartements privés dans l'une des tours les plus proches du palais royal. Ils se situaient au sommet de l'édifice et s'étendaient sur plusieurs étages. De bas en haut, l'on pouvait y trouver une salle d'armes, une petite cuisine et enfin une chambre au dernier palier. Cette chambre était des plus modestes. Le Maître de la Rose n'était guère attaché aux apparats et aux signes de richesses extérieurs, et bien que son rang le lui aurait permis, il n'était pas homme à se pavaner.

Habillé d'une simple tunique en lin et d'un pantalon de voyage, il observait la capitale de l'Arnor, assis depuis son petit balcon. Il n'avait jusque là jamais pris le temps de profiter de sa nouvelle demeure et c'était la première nuit qu'il passait à son domicile depuis la fin de sa convalescence. La vue était magnifique et il sentit son esprit se relâcher face au soleil du matin. Les dernières semaines avaient été rudes et l'avenir annonçait encore quelques aventures périlleuses. Ibn-Lahad malaxait sans relâche le petit parchemin qu'il tenait entre ses doigts. Naos lui avait transmis durant leur retour. Ce qu'il contenait était des plus intéressants et quelque peu dangereux. Le roi Aldarion était encore sur la route, profitant du voyage pour faire découvrir les Peuples Libres à sa nouvelle reine. Il n'allait pas attendre son retour pour obtenir son aval. De toute manière, il connaissait déjà sa réponse. Il s'en occuperait lui-même et rendrait des comptes à Aldarion après.

Un léger gémissement se fit entendre derrière le Khandéen, provenant de l'intérieur. Mais il n'y prêta pas attention. Ses pensées revinrent bientôt sur le roi et sa femme. Dinaelin... Il n'avait guère eu l'occasion de s'entretenir avec elle, hormis les banalités d'usage lors du mariage. Mais il avait très vite senti le regard de cette femme se poser sur lui tel celui d'un chat face à un chien errant. Sirion sut dès lors qu'ils auraient du mal à s'entendre. Cette jeune femme aristocrate semblait à mille lieues de toute intrigue politico-militaire. C'était une jeune ignorante qui jouissait désormais d'un pouvoir certain en Terre du Milieu. Qui plus est, elle semblait avoir de mauvaises influences... Mais Sirion préféra ne pas s'en préoccuper davantage.

Des bruits de pas nus marchant sur le plancher grinçant parvinrent enfin à attirer Ibn-Lahad vers sa chambre. Une silhouette féminine se dessinait dans la pénombre de la pièce. S'habituant au changement de luminosité, Sirion reconnut rapidement les courbes de la jeune femme. Elle était entièrement nue et observait le guerrier face à elle. Le Fantôme s'efforça de lui sourire par politesse ce qui la poussa à s'avancer vers lui, baignant bientôt son corps dans les rayons du soleil. Azämi était la première femme qu'il touchait depuis des lustres. Cela faisait un moment qu'il avait deviné les avances de sa jeune protégée mais il s'était jusque là interdit tout rapprochement. La veille pourtant, il avait fini par céder. Une envie de plaisir et de lâcher-prise s'étaient emparées de lui. Ses gestes furent maladroits au début, la jeune Azämi décida bien vite de prendre les choses en main, attisée par le désir de son capitaine et aîné. À plusieurs reprises, Sirion eut des gestes violents et incontrôlables qu'il n'aurait pu expliquer mais qui ne semblèrent pas effrayer sa partenaire.

Elle se tenait donc devant lui, le dominant de toute sa hauteur. Le regard de Sirion arpenta chaque parcelle de son corps. Ses hanches dessinaient des courbes parfaites avant de se rétrécir en montant au niveau de son ventre plat. Sa poitrine toute dressée était des plus fermes et ses cheveux longs venaient envelopper ses contours comme un manteau d'ébène. Ses yeux verts sondaient les siens et ses lèvres fines lui sourirent. Le Passeur remarqua alors plusieurs hématomes au niveau de ses cotes, sa lèvre inférieure semblait également avoir saigné.

"Je suis désolé de t'avoir fait ça..." murmura-t-il.

Azämi ne lui répondit pas. Elle observait cet homme qu'elle admirait tant, elle voyait en lui tout ce qu'elle rêvait de devenir et d'accomplir. Leurs origines communes ajoutaient un autre point commun. Elle lui attrapa l'une de ses mains. Ses doigts fins et agiles glissèrent entre ceux de Sirion, plus grands, plus robustes et plus usés. Elle lui fit ensuite poser sa main contre son sein.

"Je vais bien. J'ai connu bien pire."

Puis elle entraîna Sirion dans ses pas tout en se dirigeant vers le lit. Mais l'esprit du Fantôme était encore à lire ce parchemin qui gisait désormais par terre et où l'on pouvait discerner "Votre obligé, le sénateur Péocle."




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