Zimrith ib-bekan! *~Sonnez l'alarme!~*

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Tribun Militaire d'Arnor
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Sam 10 Oct 2015 - 20:17




Le roi Thorik pressa son doigt ensanglanté contre le symbole qu'il venait de graver dans la petite pierre runique bleue. Il fit ensuite soigneusement passer une tresse de sa longue barbe dans la petite pierre trouée. Plusieurs dizaines des pierres semblables étaient déjà pendues à sa barbe, ses cheveux et son armure, chacune tâchée de quelques gouttes de son sang royal et ornée d'une rune unique. Chacune représentant un guerrier nain mort pendant cette guerre. Lorsqu'il se releva, il sentit tout leur poids sur ses épaules...et un poids bien plus terrible encore dans son coeur, car il était personnellement responsable pour tous les braves Naugrims sous son commandement. Il avait déclaré cette guerre après tout...

Au début, tout s'était passé comme prévu...Les rukhsit ne s'étaient pas attendus à une pareille contre-offensive de la part des nains. Les places fortes, campements et bandes des maraudeurs gobelins furent détruites sans pitié, et l'étendard royal bleu orné de sept étoiles fut dressé dans les montagnes à la place des infâmes trophées et totems des peaux-vertes. La paix s'installa dans les alentours de Dale et d'Erebor, et les marchands recommencèrent à traverser ces terres sans avoir à craindre les embuscades et les flèches noires des archers ennemis. Ca, c'était au début...

Au fur et à mesure qu'ils progressaient dans leur marche vers le Mont Gundabad, les combats devenaient plus sanglants et la résistance gobeline plus organisée. L'effet de surprise s'estompa, et leurs ennemis se ressaisirent. Les nains apprirent de manière douloureuse que le stéréotype des gobelins en tant que race faible et stupide était loin de s'appliquer à l’entièreté de ce peuple. Nombreux furent les guerriers qui périrent sous les cimeterres courbés dans grands Uruks des Monts Brumeux, les massues des puissants Trolls des Montagnes, ou les flèches des vicieux archers qui semblaient être dissimulés derrière chaque arbre, rocher ou virage dans les tunnels...Les gobelins faisaient preuve d'un esprit stratégique et calculateur, et les noms de leurs héros finirent par être reconnus et répétés avec un mélange de haine et de crainte parmi les nains.Un d'eux était l'infâme Zock-Dah et ses Dépeceurs capables de faire face aux Gardes de Khazad...

La décision fut prise de séparer l'armée naine en deux afin que les troupes du roi Baltog de Gundabad se retrouvent coincées entre le marteau et l'enclume. Grâce à Lomion de Vertbois, la majorité des guerriers d'Erebor et de Dale sous le commandement du seigneur Grimbëard et du roi Gudmund reçut la permission de traverser la Forêt Noire par la Vieille Route, protégée des regards des grandes chauve-souris qui espionnaient pour les gobelins par les couronnes des grands arbres ancestraux. Pendant ce temps, la deuxième armée composée essentiellement des vétérans des combats dans le Nord se regroupait dans les Montagnes Grises. Des garnisons furent installées dans plusieurs places fortes prises des mains des gobelins, et l'on attendait l'arrivée des renforts d'Erebor, qui devaient être composés entre autres d'un bataillon d'Archers de Bard dirigés par le célèbre Thorvald, neveu de Gudmund, ainsi que des fantassins convoqués du Rohan lointain par l'ambassadeur Orwen qui avait combattu avec courage aux côtés du roi Thorik et du seigneur Hadhod Croix-de-Fer.

Thorik s'était rendu dans cette petite place forte la veille. Située sur une colline aux pieds des Montagnes Grises, elle était reliée au gigantesque réseau des tunnels creusés par les nains et les gobelins pendant des centaines d'années. Personne ne savait plus si le bastion avait été bâti à l'origine par les Naugrims ou par les Rukhsit. Il avait changé des mains tellement de fois que l'architecture des deux peuples s'y mélangeait de manière très étrange. Le peuple de Durin appelait cet endroit Kalil Abad, la Pierre Froide en Khuzdûl, tandis que les gobelins lui avaient donné le nom de Daul Dauman, le Tambour de l'Hiver en Noir Parler.

Assez éloignée du front, la Pierre Froide, reprise des mains gobelines trois semaines auparavant, fut choisie comme endroit de conseil entre Hadhod Croix-de-Fer, le roi Thorik et Orwen Hogorwensonn. Ils devaient y prendre des décisions sur les futurs mouvements des troupes et de l'organisation de l'approvisionnement pour les semaines et mois à venir, car la campagne risquait de se prolonger.


Le roi Thorik se sentit déséquilibré pendant un court instant en se relevant. Un bandage recouvrait sa tête, souvenir d'un Uruk particulièrement féroce qu'il avait affronté une semaine plus tôt. Il se dirigea vers la petite tour circulaire qui se dressait au milieu de la place forte, les pierres runiques tapotant contre son plastron au rythme de ses pas.

Il retrouva Hadhod, son ancien frère d'armes, ainsi que le jeune Rohirrim autour d'une table sur laquelle était étendue une grande carte de la région, recouverte de plusieurs figurines de bois coloré. Deux d'entre elles représentaient l'emplacement du petit groupe royal en bleu, et l'armée principale dirigée par Grimbëard et Gudmund en rouge.


A peine eurent-ils le temps de commencer leur discussion, qu'un éclaireur d'Erebor pénétra dans la pièce, ayant laissé ses torches caractéristiques à l'entrée. Il fit un salut militaire aux guerriers présents, et annonça:

-Mon roi! Les gobelins...ils sont là! Une grande troupe dans la forêt, peut-être d'autres dans les tunnels...Ils sont apparus comme de nulle part...je n'ai pas pu m'approcher suffisamment pour reconnaître les totems de leur régiment.

-Les Rukhsit, ici?! Nous sommes à une vingtaine de lieues du front, qu'est-ce qu'ils font derrière nos lignes?! Combien d'hommes avons nous, Hadhod?  

La réponse du seigneur résonna sourdement dans la pièce. Une cinquantaine de guerriers à peine...S'ils périssaient ici, parmi les pierres ancestrales de Kalil Abad, l'armée naine perdrait d'un coup son roi et le seigneur de la Moria, mettant sans aucun doute fin à la reconquête...

Le roi posa une main sur l'épaule de l'éclaireur, et lui dit d'une voix forte:

Zimrith ib-bekan! Sonnez l'alarme!

Alors que le jeune nain s'élançait déjà dans la direction de la porte, Thorik prit un bout de parchemin et une plume, et commença à rédiger rapidement le message suivant en Khuzdul, afin que les ennemis ne puissent le déchiffrer même s'il venait à être intercepté:

Citation :
Kalil Abad, nous sommes encerclés. Besoin de renforts le plus rapidement possible. Débutez les négociations avec les Béornides, chaque allié compte. Envoyez Harok avec la délégation, le sang de Durin coule dans ses veines.

Il roula le parchemin, et l'accrocha à la patte d'un grand corbeau. Le roi murmura quelques paroles à l'oiseau, qui le regarda avec un air intelligent, puis s'envola et disparut dans la nuit. Il sentit un frisson d'adrénaline parcourir son dos alors que les stridulations terrifiantes des guerriers gobelins percèrent l'air nocturne...



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Hadhod Croix-de-Fer
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Mar 13 Oct 2015 - 18:01
Tandis que les cors des Nains sonnaient à tue-tête, Hadhod retira les deux petites figurines de la carte et les fourra prestement dans sa blague d'herbe à pipe. Il fallait à tout prix que la séparation de l'armée en deux reste ignorée aussi longtemps que possible de leurs ennemis. Les guerriers de Hadhod et Thorik, tirés de leur sommeil ou de leur repos, commençaient à se regrouper autour de la petite tour sommitale.

Il y avait là, bien sûr, les Compagnons de la Croix-de-Fer : Thörn, Murin, Drár, Frehin et Fréor, et l'ambassadeur Kofur qui aurait été bien utile pour convaincre les Béornides mais qui se retrouvait bloqué ici comme les autres. Il y avait aussi quelques Gardes du Khazâd qui avaient perdu leur lieutenant quelques jours plus tôt, et tout juste une demi-compagnie de soldats légers de Cavenain, dont les boucliers jaune mordoré cerclés de rouge et de noir rappelaient l'héraldique de leur seigneur. Le reste des troupes était constitué de Nains à l'équipement richement décoré caractéristique des gens d'Erebor, de quelques éclaireurs comme celui qui avait donné l'alerte, de quelques Nains tels Thorkâl, Brisedoigt ou Kordïr qui n'appartenaient pas aux corps d'armées mentionnés ci-dessus, d'une poignée de Gardes Rohirrim qui accompagnaient le Prince Orwen, et enfin d'un mystérieux Elfe. Hadhod avait vu juste : réunis, ils devaient être une cinquantaine à tout casser.

– Piégés sur Kalil Abad alors que les Etoiles de Durin trônent sur des citadelles escarpées bien plus profondément dans les Monts Brumeux,
soliloqua sombrement le Seigneur de Moria. Qui l'eut cru ? Maudites soient les ruses des rukhsit !

Tous avaient les yeux rivés sur les arbres gris et tortueux qui étendaient leurs ramures de toutes parts au pied de la colline. On ne savait plus de quel côté donner de la tête. À l'ouest, au nord, à l'est et au sud, ils ne voyaient que des nuées de torches rougeoyantes qui allaient les submerger sous peu. Ils entendaient avec horreur les hurlements, les craquements, les bruits de pas précipités, les cliquetis des armures, et bientôt le sifflement des premières flèches gobelines qui, enflammées, plongeaient sur Kalil Abad telles des étoiles filantes. Hadhod réagit, l'heure était à l'urgence !

– Tous les artilleurs aux créneaux ! Répondez à leurs tirs ! Visez les porteurs de torches ! Par Mahal, dépêchez-vous !


La panique faisait se bousculer les pensées sous son casque. Alors que lui-même et les membre de sa Maison n'avaient subi que des blessures assez superficielles depuis le début de cette campagne, il prévoyait le pire pour cette nuit maléfique. L’espace d'un court instant, il eut la vision d'une rune H sur une petite pierre bleue trouée en son milieu... si tant est qu'il y ait encore quelqu'un pour porter cette pierre-du-souvenir. Mais la vision passa, il se ressaisit. Il pensa au réseau de souterrains mais renonça vite à cette idée. D'une, les peaux-vertes s'y trouvaient peut-être déjà, s'ils avaient reconquis d'autres bastions. De deux, présenter le dos à ces créatures signerait leur arrêt de mort. Non, il fallait les combattre. Ici. Maintenant.

Se saisissant de Barazanthatûl, Hadhod se rapprocha de Thorik.

– Mon ami et Roi, je crois que l'heure est venue d'honorer mon serment.




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Learamn
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Dim 25 Oct 2015 - 14:41


Raztuk sentait à nouveau la forte odeur de ces maudits   « gazat » qui osaient venir les défier. Une odeur dont il avait été privé pendant de trop longues années et à laquelle il pouvait à nouveau goûter de manière régulière depuis plusieurs jours déjà.

Quand le bruit courut que les Nains désiraient attaquer les positions du peuple gobelin Raztuk avait immédiatement répondu à l’appel. Il faisait partie du détachement de l’armée de Goblinville qui avait au plus vite rallié les forces de Gundabad. Il montait enfin au front pour affronter des « gazat » .

Le gobelin n’était pas vraiment impressionnant ou intimidant au premier abord ; petit, chétif et frêle il n’avait ni la force d’un Olog ni la puissance d’un Uruk. Et pourtant le maraudeur gobelin était un combattant émérite, expérimenté et reconnu parmi les siens si toutefois il y a quelque chose qui puisse s’apparenter à de la reconnaissance parmi leur peuple.  La liste des victimes qu’il avaient faites depuis le début des hostilités avait de quoi faire des envieux ; la majorité avaient été des Nains trop sûrs d’eux même face à un adversaire qu’il croyait être de faible envergure . Mal leur en avait pris de ne pas considérer le gobelin à sa juste valeur : Raztuk était agile, vif et rusé et il avait fait regretter à beaucoup de ses ennemis leur prétention.

Il avançait au-devant de la troupe ; il marchait de sa démarche particulière. Il avait le dos courbé et il s’aidait de ses longs bras pour prendre appui sur le sol.  Ses petits yeux malveillants brillaient d’impatience tandis que ses narines frétillaient : dans quelques minutes le sang "gazat" coulerait à nouveau.  Si ses adversaires n’avaient pas été de valeureux combattants Naugrim il n’y avait aucun doute sur le fait que ceux-ci auraient été plutôt effrayés sinon déstabilisés par l’allure de Raztuk. On aurait pu jurer que le haut de son crâne portait des peintures de guerre alors qu’en réalité celui-ci était calciné et ne portait que la marque d’une brûlure au troisième degré hérité durant les guerres intestines entre les cités gobelines. Il était vêtu d’un simple pagne et tout son maigre torse était barré d’innombrables cicatrices qui témoignaient du passé guerrier de Raztuk.   Ses énormes veines qui déformaient ses tempes palpitaient et un sourire mauvais s’esquissait sur son visage hideux à mesure qu’il approchait de la « forteresse » à l’intérieur de laquelle ces stupide "gazat" se croyaient à l’abri. L’armée des gobelins allait bientôt reprendre possession de Daul Dauman .

Une ligne devant lui les archers se mirent en position et commencèrent à tirer sur les positions ennemies qui répliquaient avec acharnement. Déjà les premières victimes tombèrent ; Raztuk observait ce spectacle avec délectation, bientôt ce serait à son tour de rentrer dans ce ballet mortel. Il resserra son emprise autour de sa cimeterre et il s’assura que sa dague en os pendait toujours à la ceinture de son pagne.

L’effet de surprise était à mettre de leur côté , jamais les Nains n’avaient pu imaginer qu’un contingent entier de gobelins réussiraient à contourner le gros de leur force pour s’en prendre à leur Quartier Général qui abritait leurs chefs. Ils avaient mal calculé et aujourd’hui ils paieraient pour leur naïveté.  Ces odieux "gazat" avaient bien cru s’engager dans une campagne facile , leurs premières victoire les ayant conforté dans cette impression trompeuse mais en réalité ils n’avaient défaits que quelques bastions et avant-postes sans conséquence  et maintenant qu’ils affrontaient le gros des troupes réunissant les guerriers de Gundabad , Goblinville et du Mont Gram , les forces "gazat" n’avançaient plus .  Face à l’envahisseur Raztuk et les siens s’étaient terriblement bien organisé en défense et ils pouvaient à présent entreprendre des contres- attaques surprises comme celle qu’ils étaient justement en train de réaliser.  Ils avaient lancé l’offensive au plus fort de la nuit ce qui impliquait un avantage certain pour eux ; Raztuk n’avait aucun problème à se battre et à voir dans la pénombre.

A la faveur de l’obscurité Raztuk et ses semblables se lancèrent à l’assaut de Daul Dauman

-Ij morav ! Ij morav !

Le bastion n’était plus qu’à quelques centaines  de mètres. Raztuk se voyait d’ores et déjà bondir sur la gorge d’un adversaire et la lui trancher d’un coup de mâchoire.





Dernière édition par Learamn le Lun 25 Avr 2016 - 12:12, édité 2 fois
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Romo Coeur-d'Acier
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Dim 25 Oct 2015 - 14:50
Ce son. Aussitôt les yeux de Romo s'illuminèrent. Cela faisait plusieurs jours que leur petite troupe n'avait pas rencontré de gobelins. Leur dernier affrontement fut terrible et parmi les victimes à pleurer se trouvait le lieutenant des Gardes Khazad. Coeur-d'Acier le connaissait bien, c'était un brave Nain qui avait toujours su se faire respecter par ses semblables. Sa force et ses talents ne lui avaient pourtant pas suffit à s'en sortir vivant. Dès lors, Romo était entré dans une rage démente. Il avait vu le corps de son supérieur s'écrouler sous les coups des peaux-vertes. Il s'était rué tel un démon vers son corps, démembrant et écharpant toutes les créatures des ténèbres qui s'offraient à lui. Sa colère n'avait eu d'égale que sa force. À la fin il ne restait plus que des corps sans vie gisant à même la roche et des survivants sans âme. Nombre de naugrims avaient déjà trouvé la mort depuis le début de cette expédition. Leur peuple reprenait du terrain aux rukhshit mais à quel prix ?

Ce son. Un cor terrible mais devenu familier résonna dans tous les contreforts de la petite vallée où ils se trouvaient. Les peaux-vertes les avaient retrouvés. Alors que Hadhod et Thorik s'efforçaient de comprendre le pourquoi du comment et à invectiver leurs guerriers. L'esprit de Romo s'était déjà envolé au milieu du champ de bataille. Le combat approchait, les battements de son coeur s'intensifiaient, il prit une longue et puissante inspiration. Ses poumons se remplirent de l'air chargé de tension qui les entouraient. Le cliquetis des cottes de mailles, des bottes renforcées d'acier et les ordres scandés à travers la modeste citadelle étaient recouverts d'une épaisse brume dans l'esprit du Coeur-d'Acier. Il empoigna en un éclair ses deux couperets. Il avait soif de vengeance et il comptait bien occire le plus d'ennemis possible.

"Naugrims ! Avec moi !"

Plus par instinct que par réel besoin de diriger, Romo conduisit les Gardes Khazad restant devant la porte de fer de leur bastion de fortune. Il forma une épaisse ligne de défense faite de boucliers, de piques, de haches et d'épées. De chaque côté de la porte, les remparts étaient occupés par les arbalétriers et les quelques archers rescapés. Une fois les guerriers en position, Romo gravit les marches du mur d'enceinte et s'approcha des créneaux usés par le temps. Une marée noire d'armures et de lames déferlait vers leur position. De toute part. Partout où son regard l'emmenait il ne voyait que cette vague infinie de gobelins. Il les entendait crier leur rage et leur plaisir d'avoir coincé tous ces Nains. Le Coeur-d'Acier ne put s'empêcher d'éclater de rire devant ce spectacle terrifiant.

"GROUIIII GROUIIIIII !! Venez petits cochons ! Venez vous faire égorger !"

À ces mots, le vieux guerrier dévala l'escalier pour rejoindre les autres combattants. Si l'ennemi perçait cette porte, les haches des Naugrim les accueilleraient avec joie. Romo se fondit dans la première ligne de nains et pointa ses couperets devant son torse protégé par une solide armure. Il attendait maintenant son heure.

"Mes frères !! Défendons not' roi et not' seigneur ! Et qu'Aulë porte nos bras ! Baruk Khazâd ! Khazâd ai-mênu !
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Aranmorë
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- -:

Dim 1 Nov 2015 - 21:36
Kordïr était las... La fatigue avait surpassé sa volonté de vaincre, et il tenait à peine debout, tout comme ses quelques compagnons d'armes... Il se souvenait encore comment il s'était précipité vers son armurerie qu'il avait revêtit son armure de mercenaire, et qu'il avait sorti sa hache du placard où elle résidait, prenant la poussière au fil des âges... Il se souvenait aussi comment, durant les quelques jours qui suivirent le couronnement, il s'était entraîné jour et nuit, afin de retrouver son agilité à la hache d'entant...

Puis, bercé par les victoires sans combat de ses compatriotes, il a rejoint accompagné par quelque vieux soldats le front, laissant la maison familiale d'Erebor à d'anciens amis. Il fit envoyer au plus pres des gobelins, mais au pire moment... S'ensuivirent quelques batailles toutes loin de l'idée qu'il se faisait de cette reconquête, il perdit certains de ses compagnons d'armes, pour finalement en arriver là...

Il était maintenant dans le campement royal, aux côtés de son roi, et d'un des plus grands seigneurs nain de notre ère... Mais cela n'avait plus d'importance, car ici et maintenant, il n'était plus que des nains, tous semblable les uns aux autres... Tous impliqués une guerre qu'il avait crue noble, mais qui se transformait peu à peu en une reconquête folle.


Les journées étaient pesantes, Kordïr attendait que les grandes décisions sorte de la tente, et voyait défiler les messagers... Les nouvelles des combats au sud contre les peaux vertes n'étaient pas toutes bonnes... Des bataillons disparaissaient parfois, puis nous les retrouvions, réduits de moitié, quelques jours après, certaines rumeurs parlaient aussi d'un terrible chef gobelin... Du moins c'est ce qui se racontait autour du feu...
Lorsque Kordïr entrevoyait le roi, il ne reconnaissait plus le souverain qui, il y a quelque temps, avait déclaré un sourire aux lèvres que le temps de la reconquête était enfin venu, et qui avait été applaudis par tout le peuple nain "glorieuse reconquête..." pensait Kordïr chaque soir avant de s'endormir, épuiser... Le sommeil secoué à la fois par les cauchemars et les insomnies où il entendait résonner les tambours de guerre, où il voyait les flèches et les épées s'agitaient face à lui, sans qu'ils ne puissent rien faire.


Seulement, un jour, alors que Kordïr faisait quelques mouvements avec sa hache, le spectacle qu'il vit se dérouler l'intrigua au plus au point... Tout d'abord, il y eut quelques mouvements dans la tente royale, mais rien qui changeait de l'ordinaire, cette tente abritait le roi et les grands seigneurs nains ; mais lorsqu'il vit un messager se précipiter à l'intérieur, il sût que quelque chose d'étrange se déroulait... Son sang se glaçât lorsqu'il entendit résonner l'alarme dans tout le campement. Il aurait tout imaginé, sauf cela...

"Les peaux vertes ! Les peaux vertes attaquent !"

Cria-t-il machinalement, même si personne ne pût l'entendre, entre l'alarme qui avait résonné, et le fracas des préparatifs... La chance plus que le hasard avait placé Kordïr armées et presque entièrement en armure, il fût donc l'un des premiers soldats préparés... Mais plutôt que de courir pour se trouver face à la porte, il attendit quelques instants, comme pour chercher un quelconque objet d'une très haute importance, et ne rejoignit l'attroupement formé que lorsqu'il fut sûr de pouvoir s'éclipser rapidement, tout en ayant le mérite d'avoir combattu... Il avait peur de se battre, mais il était à présent trop tard pour reculer...

Il se trouvait devant la porte, au milieu de la marée de ses compagnons d'armes, principalement des gardes, prêts à occire les peaux vertes qui s'avançaient vers eux. Il hurlait maintenant très fort, plus pour se donner du courage que pour intimider les centaines de gobelins qui descendaient vers eux...
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Elendüril
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Sam 5 Déc 2015 - 18:23


Avec l’organisation des nains et la surprise et la débandade du côté des orques, l’avancée vers le mont Gundabad fut chose aisée. La rigueur de l’organisation des bataillons avançait comme une machine bien huilée pour tuer les peaux vertes. Ceci dura qu’un temps car même si les gobelins sont moins fort individuellement une fois l’effet de surprise et la prise du commandement par un leader les combats se firent beaucoup plus durs et violents. Les nains avançaient mais à quel prix ? Celui de la mort de valeureux nains galvanisé par les rêves et l’ambition de leur nouveau roi. Mais tous ces morts ne tombèrent pas forcément face à ces orques, mais aussi face aux huruk et aux trolls des montagnes ou encore face aux lâches tueurs que sont les archers.

Thorkâl lui était heureux de pouvoir tuer ces infâmes créatures qui avaient causé tant de mal à son peuple. Chaque coup de son arme singulière ôta la vie dans ces corps frêle chaque coup était dédié à l’un de ses amis qu’il dût abandonner, dans les tréfonds et dont les impies s’amusèrent à torturer avant de planter leur lame empoisonné afin de laisser le poison agir pour qu’ils agonisèrent de longues heures avant de retourner auprès de Mahal. Ses coups enfonçait les armures autant qu’ils tranchaient la chair.  

Au bout d’un moment, le commandement décida de prendre le risque de séparer l’armée en deux afin de contourner les gobelins avant de se rabattre sur eux et de les combattre sur deux fronts afin de les déborder et de les massacrer.  

Thorkâl avait la chance de faire partie des Nains qui restèrent avec leur nouveau monarque. Ils s’installèrent à Kalil Abad, la Pierre Froide en Khuzdûl. Forteresse ancienne, conquise et reconquise maintes fois, personne ne savait qui l’avait érigé en premier : les nains ou les gobelins ?  Le roi ainsi que le seigneur de la Moria et l’ambassadeur du Rohan se concertaient sur les tactiques à prendre afin de poursuivre leur objectif. Quand tout à coup, un cor nain sonna une attaque ennemie.

Thorkâl ne demandait pas mieux que de devoir se défendre contre ces rukshit mais il sentait malgré sa condition physique qu’un peu de repos n’aurait pas fait grand mal mais la guerre arrivait alors le sang sera verser. Si les gobelins osent penser qu’il leur sera aisé de reprendre la citadelle il se fourre le doigt dans l’œil assez profond pour se chatouiller les omoplates.  Il se leva de son lit enfin de ce qu’il lui servait de lit car il y en avait bien sûr mais il n’aimait pas dormir dans un lit en période de guerre afin de les laissait disponible pour les blessés. Il lui fallait de trois couvertures de voyage pour constituer un matelas assez confortable pour se reposer de toute la fatigue que les combat pouvait générer. Il lui fallait juste une pièce petite à peine plus grand qu’un placard à balai. Il aimait se sentir enfermé, la sensation oppressante de la fuite impossible le maintenait dans une certaine inertie en ces moment où la guerre bien que loin et proche à la fois.  

Dans les phase de repos il gardait sa cotte de maille, ses armes à portée de mains et l’armure prête à être mise en vitesse afin de pouvoir faire face à toutes éventualités. Le fait de dormir avec sa cotte de maille avait l’avantage qu’il était prêt à se battre même s’il n’avait pas le temps de mettre son armure. Il était moins protéger des impacts mais au moins les lames ennemies ne parviendraient pas à lui entamer la peau et sa chair. Là il prit le temps de mettre son armure. De toute façon le temps qu’ils rrive jusqu’au mur de la forteresse et commence l’assaut il y aura bien plusieurs dizaines de minutes de passées. Après s’être équipé, il sortit de sa besace un morceau de viande séchée et un bout de pain ed voyage afin de ne pas entamer le combat en ayant le faim au ventre. Il enfila son casque et alla rejoindre les murs.

Là les ordres fusèrent afin de préparer au mieux cette bataille. tous les nains présent savait qu’il devait tenir la forteresse car en ses murs se trouvait deux des plus important dignitaire des nains : le roy Thorik et le seigneur de la Moria Hadhod Croix-de-Fer.  

Thokâl visage effrayant arriva dans la cour, la plupart des nains étant silencieux dans ce silence duquel la rage émanera au début des hostilités. Lui calme, se prépara à se battre quand Romo dit : « GROUIIII GROUIIIIII !! Venez petits cochons ! Venez-vous faire égorger ! ». Il se mit à rire autant nerveusement que par l’hilarité de la comparaison. Thorkâl se défit de son casque le laissant tomber à terre avant de lancer un Barûk Kazhad ! Kazhad Aï-Menu ! Tonitruant qui fut répondu par d’autre afin de décharger le surplus de stress et de peur qui provenait de cette situation où ils devaient défendre à tout prix la forteresse tout en étant pas assez nombreux. Thorkâl vérifia une dernière fois son armement et attendit patiemment ses ennemis.
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Hadhod Croix-de-Fer
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Dim 6 Déc 2015 - 15:09
Si certains soldats se payaient le luxe de casser une dernière croûte avant la bataille imminente, Hadhod ne pouvait se l'accorder, tout occupé qu'il était à échafauder les rudiments d'une stratégie désespérée qui eut pu leur faire passer la nuit. Descendant du donjon, il aperçut ses solides guerriers de Cavenain et ses fiers gardes du Khazad déjà en place derrière la lourde porte de fer, en rangs aussi serrés que le leur permettait leur nombre réduit. C'était là une chose plutôt étrange, à vrai dire, car il n'y avait plus aucun capitaine, ni aucun lieutenant ou autre officiers habilités à donner des ordres aux soldats de Khazad-dûm : les seuls qui jouissaient de cette autorité étaient les gens de sa Maison, mais ils étaient tous dans la tour au moment de l'alarme, et avaient convergé vers leur Seigneur. Mais ce n'était guère le moment d’éclaircir ce mystère. De plus, cette manœuvre quasi instantanée leur avait fait gagner un temps précieux.

Le Seigneur de Moria monta l'escalier du mur d'enceinte jusqu'au chemin de ronde et arriva à côté des rares archers et arbalétriers. Il vit qu'ils faisaient de leur mieux, mais que c'était une tâche délicate et dangereuse que d'exposer son buste au-dessus de ces parapets sans créneaux ni merlons. L'architecture bâtarde de cette citadelle était quelque peu déroutante, il fallait bien l'avouer. Un des artilleurs tomba juste devant lui, la gorge transpercée d'un trait encore fumant. C'était un Ereborien, un de ces « secondes lignes », comme on les appelait dans les formations serrées si caractéristique du Mont Solitaire. Aujourd'hui, répondant aux directives de Hadhod, il était monté là-haut pour décocher en solitaire et l'avait payé de sa vie. Le fils de Trehod enjamba le corps et se pencha sur le parapet pour mieux voir. Il n'apercevait qu'une marée sombre agrémentée ça et là des petits points brillants et orangés des porteurs de torches, tels des braises au milieu d'un parterre de cendres. Sauf qu'ici il n'y aurait pas que les braises qui mordraient, même les cendres auraient leur mot à dire. Hélas pour les Nains.

– Maître Elfe, cria-t-il au seul représentant de cette race, qui se trouvait d'être juste à sa gauche. J'ai connu de nombreuses batailles contre ces créatures, et je peux vous dire que le gobelin dans l'obscurité n'est jamais seul : il convie le troll à la fête. Auquel cas, c'est les yeux qu'il faut viser.

Bien qu'ils vécussent habituellement en pleine lumière, les Elfes avaient une vision bien plus développée que les Nains, et Hadhod le savait fort bien. Mais son expérience lui soufflait également autre chose. Une chose qui l'inquiéta. Les Gobelins étaient d'excellents grimpeurs, et les murs de Kalil Abad n'étaient pas de ces surfaces lisses aux pierres parfaitement jointées que fabriquent les bâtisseurs naugrim. Ici, les parois avaient été restaurées jadis avec les pierres non équarries caractéristiques la piètre, sale, et inesthétique maçonnerie gobeline – sale et inesthétique elle l'était ; piètre, c'était l'avis de Hadhod. Résultat, les prises étaient nombreuses et les peaux-vertes les plus lestes n'auraient même pas besoin de sonner à la porte pour entrer chez leurs hôtes...

Il héla ses Compagnons de la Croix-de-Fer :

– Répartissez-vous sur le chemin de ronde, et tous ceux qui auraient le culot de s’essayer à l'escalade, renvoyer-les dire bonjour aux fondations de Kalil Abad ! Et vous, Maître Hacheur, lança-t-il à un grand Nain – pardon, à un Nain de taille plus imposante que la moyenne – qu'il voyait passer dans la cour intérieur, montez ici vous aussi ! On a besoin de monde sur les hauteurs.

Voilà, la défense était maintenant presque en place. Hadhod pouvait prendre un court instant pour s'enquérir d'une mission plus personnelle, mais non moins importante, celle ne s'assurer de la sécurité de son suzerain. Allant contre sa propre invective, il quitta les hauteurs et redescendit les escaliers dont, soit dit en passant, les marches avaient une drôle de vision de la régularité. Il retrouva Thorik en compagnie d'Orwen, avec ses pierres-du-souvenir qui luisaient comme des lucioles dans la nuit lugubre du nord.

– Thorik, vous êtes le Haut Roi des Nains ; si je puis me permettre, il serait plus sage pour vous de rester dans les plus hautes pièces du donjon. Nous vous protégerons de notre mieux, et vous resterez en vie tant que l'un de vos sujets sera encore debout à défendre votre porte. Quant à vous Prince Orwen, c'est, je le crains, un bien funeste sort qui vous est tombé dessus lorsque vos dirigeants vous ont envoyé à mes côtés. Puissiez-vous un jour revoir les vertes prairies de votre pays et ses longues herbes ondulant dans le vent frais du matin, c'est tout ce que je vous souhaite. Mais assez parlé, on ne va pas fendre du heaume à grands coups de poésie lyrique.




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Ryad Assad
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Mar 15 Déc 2015 - 22:20
Les gobelins couraient à toute allure, esquivant les projectiles tirés depuis le sommet de la colline, répondant à chaque carreau par une centaine de flèches enflammées qui filaient dans le ciel obscur, et retombaient telles la pluie sur les pierres saillantes des montagnes d'Arda. Une pluie mortelle, douloureuse, à l'empennage d'un noir de jais. C'était un spectacle magnifique. Oh, ils avaient réussi à prendre les Khozdayin1 par surprise, en les acculant dans leur ridicule forteresse, mais le plaisir ne faisait que commencer. Ils allaient les harceler, les épuiser, et finalement les mettre à mort comme seuls les Gobelins savaient le faire. L'armée avait avancé à vive allure, profitant du couvert de l'obscurité et de celui offert par les arbres pour se rapprocher au plus près de leurs ennemis, qui n'avaient pas pu se ménager une porte de sortie. Et maintenant, ils étaient pris au piège, encerclés par un régiment hétéroclite, composé de troupes de Gundabad appuyées par des renforts de Goblinville. Les deux armées avaient fait jonction, mais l'état-major était constitué exclusivement de Gobelins de Gundabad. Ils étaient les plus disciplinés, les mieux entraînés, et ils avaient une meilleure connaissance de leurs ennemis. Leur efficacité au combat était légendaire, et il était évident qu'ils devaient assumer le commandement de cette attaque. En outre, Goblinville n'avait pas envoyé ses meilleurs troupes, qui auraient sans doute pu assurer une victoire éclatante. Ils s'étaient contentés de fournir des bataillons de piétaille, sans guère d'officiers pour les commander. C'était la raison pour laquelle ils étaient partis en première ligne. Il n'était pas question de sacrifier les Gobelins de Gundabad quand les autres pouvaient épuiser les munitions des défenseurs.

Le chef de cette offensive observait la situation de loin, depuis un poste d'observation qu'il s'était ménagé. L'assaut des troupes de Goblinville ne surmonterait pas la défense acharnée des Khozdayin, qui avaient l'habitude de se battre dans de telles circonstances. Non, il allait falloir ruser pour s'emparer de la place-forte qu'ils tenaient, et cela tombait bien, ils avaient de quoi les mettre en grande difficulté.

- Siligid2 !

Une douzaine de Gobelins proches se hâtèrent vers les silhouettes imposantes de deux Trolls immenses, qui avaient été excités et préparés pour la guerre. Ils portaient de lourds casques d'acier, qui protégeraient leur crâne et le peu de choses qu'il y avait à l'intérieur. Le premier tenait un bouclier certes de bois, mais si épais qu'il arrêterait sans problème n'importe quelle flèche tirée vers lui. Dans son autre main, il agitait avec une facilité déconcertante une massue hérissée de piques, qui aurait tôt fait de détruire ceux qui oseraient se mettre en travers de son chemin. Le second, plus petit mais plus large, était un Olog-Hai. Il avait été fourni par Goblinville, et il portait entre les mains un lourd bélier à tête d'acier, qui servirait à enfoncer la porte de la citadelle. Une fois qu'elles auraient cédé, la place serait prise. Envahie par ses remparts, par ses portes enfoncées, et par…

Il y eut un grognement, suivi d'un coup sourd. Le Troll, plus stupide que son congénère Olog, n'avait pas particulièrement apprécié d'être tirés en avant par une chaîne reliée à son cou. Il avait rué, et un des Gobelins avait malheureusement fait les frais de cet écart de conduite. Le malheureux avait volé dans les airs, et s'était écrasé contre un arbre proche. Sa moelle épinière n'avait pas résisté à l'impact. Le Maître-Fouet cracha par terre, et s'écria :

- Gur3 !

Les deux créatures massives se mirent en branle. Les ordres étaient clairs, elles savaient ce qu'elles devaient faire.

__________

1 : Les Nains.
2 : Libérez-les !
3 : Allez !


~ ~ ~ ~


Pendant ce temps-là, les Gobelins de Goblinville arrivaient au contact des Nains, à l'issue d'une charge aussi furieuse que désorganisée. Ils avaient avancé à marche forcée, à travers cette forêt difficilement praticable, mais qui leur avait permis de passer inaperçu. La plupart d'entre eux souffrait de la faim, et était épuisée, mais les Gobelins étaient les ennemis ancestraux des Nains, et s'ils étaient pour la plupart couards et ignobles, ils savaient apprécier la guerre quand elle leur apparaissait facile. En l'occurrence, les Fouets qui les commandaient n'avaient pas eu besoin de beaucoup les pousser en avant pour les inciter à ce jeter sur cette forteresse prise quelques semaines plus tôt par les Naugrim. Entre la perspective de massacrer ces infâmes guerriers barbus, celle de récupérer leur forteresse occupée, et celle de se couvrir de gloire sans prendre trop de risques, il ne restait pas beaucoup de place pour se plaindre dans l'esprit de ces créatures.

L'infanterie dégingandée, équipée de bric et de broc, traversa l'espace libre entre les derniers arbres et les remparts en criant et hululant des cris de guerre incroyablement effrayants. Certains chantaient, d'autres lançaient des railleries, même si la plupart se contentaient de produire des bruits curieux et inquiétants, pour essayer de semer la terreur dans le cœur des défenseurs. Beaucoup portaient des torches, et ils fondaient comme une masse grouillante de petites chandelles sur les murs qui semblaient fragiles en comparaison de la vague d'acier qui chargeait. Les Nains continuaient de déchaîner leurs tirs sur les assaillants, mais ils étaient bien trop peu nombreux pour endiguer le flot incessant de ces monstres qui sortaient, toujours plus nombreux, du couvert de la forêt. Les premières lignes gobelines, farouches, enfoncèrent leurs longues lames dans les froides murailles de Daul Dauman, et entreprirent de grimper jusqu'au sommet de celles-ci, avec une agilité surnaturelle. Pareils à une nuée d'insectes, cliquetant et agitant leurs odieuses mandibules, ils surgirent au devant des Nains, et s'engagèrent dans un redoutable corps à corps.

Les Gobelins n'étaient certes pas des adversaires à la hauteur des Nains, mais il ne fallait pas sous-estimer leur combativité et leur malignité. Si les premiers à se présenter furent cueillis par les défenseurs Naugrim, qui faisaient de leur mieux pour les repousser avant que d'autres ne fassent leur apparition, les seconds jaillirent en tenant en main des boules à fumée qu'ils jetèrent aux pieds des Nains. Les boules à fumée étaient une invention des sournois ingénieurs de Goblinville, qui en donnaient de plus ou moins grosses à leurs troupes quand elles partaient en guerre. Oh, ce n'était pas grand-chose, pas davantage qu'un amalgame de plantes et de choses un peu plus étranges, mais une fois qu'on les incendiait, elles dégageaient une horrible fumée noirâtre à l'odeur âcre et déplaisante. Il avait suffi aux fantassins d'allumer ces boules à fumée sur les torches que tenaient leurs compagnons, et de se hisser le long des murs en vitesse avant d'être eux-mêmes étouffés. Les combats prirent une tournure étrange, alors que ces fumées contraignaient les Nains à reculer, laissant toujours plus d'espace aux Gobelins pour prendre pied sur les remparts. La situation devenait de plus en plus désespérée, et le déséquilibre numérique se faisait de plus en plus sentir. Il faudrait toute la bravoure et la détermination des Nains pour repousser cet assaut inattendu et d'une rare violence.


~ ~ ~ ~


Le Maître-Fouet en charge de l'opération eut un sourire de satisfaction qui étira les coutures qui raccommodaient à peine sa chair ouverte par une lame ennemie. Le Olog-Hai arrivait enfin près des portes. Les Nains avaient été repoussés loin des remparts, et rares étaient les tireurs encore capables de prendre pour cible la lourde créature qui venait de prendre position auprès de sa cible. Le Olog banda ses muscles sous sa peau parcheminée, fit un grand geste, poussa un ahanement à faire trembler les pierres, et abattit le bélier furieusement sur les lourds battants de fer qui gardaient l'entrée de la forteresse. Il y eut un bruit sonore qui se répercuta en écho au sein de Daul Dauman, pareil à celui d'un gong. Les cœurs des Nains frémirent, tandis que les Gobelins en furent exaltés. Leur chef leva les bras au ciel, et hurla :

- Gorgor Khozdayin4 !

- GOOOOOR5 ! Reprirent les centaines de combattants encore cachés sous les arbres.

Les régiments de Gundabad n'avaient pas encore posé le pied sur la muraille, que déjà la victoire semblait se dessiner. Le premier cercle allait tomber bientôt. Viendrait ensuite le tour du bastion qui se dressait au centre. A ce moment-là, le Maître-Fouet s'avancerait personnellement, et décapiterait le chef des Khozdayin

Quel que fût son nom…


__________

4 : Massacrez les Nains !
5 : A mort !


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Spoiler:
 
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Learamn
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Mer 30 Déc 2015 - 13:26




Autour de lui ses compagnons tombaient les uns après les autres , terrassés par les traits des archers nains mais la mort de ses alliés n’affectait nullement le Raztuk  qui continuait à afficher un sourire carnassier pour le moins déstabilisant. L’odeur du sang montait jusqu’à ses narines et l’excitait au plus haut point , quand bien même il s’agissait du sang gobelin , celui des gazath  ne tarderait pas à se répandre sur les fondations de Daul Dauman.  Le maraudeur évita toutes les flèches qui filaient à une vitesse folle vers lui et il arriva rapidement au pied de l’avant poste.
Il s’arrêta un moment pour reprendre sa respiration , collé aux remparts , là où les archers nains auraient bien du mal à le viser ; et il balaya la scène du regard. Les troupes de Goblinville avait été envoyé en premier lors d’une première vague particulièrement meurtrière. La plupart des soldats engagés gisaient sans vie sur la plaine alentour, tués par les flèches ennemies. Une partie des rescapés étaient en train de se casser les dents sur la porte de la petite forteresse ; Raztuk quant à lui avisa le mur qui lui faisait face. Celui-ci n’était pas très haut et loin d’être lisse , entre les grandes pierres mangés par la végétation qui constituaient l’édifice il y avait de larges prises qui permettaient à un bon grimpeur d’y escalader avec une relative aisance. Cela tombait bien puisque Raztuk excellait dans cette discipline , avec agilité il se lança et tel un lézard se mouvant sur un mur , il escalada la paroi avec une rapidité incroyable pour ses ennemis. Derrière lui , d’autres l’imitèrent et entreprirent aussi cette ascension.

Raztuk fut le premier à poser le pied sur les remparts et son comité d’accueil se résuma à un puissant coup de hache qui manqua de décapiter le maraudeur qui eut la bonne idée de se coucher au sol au bon moment. Quelques secondes plus tard , des dizaines de soldats de Gobelinville avait fini leur escalade et engageaient le combat avec les ghazat. Les cris et le vacarme métallique des affrontement montèrent aux oreilles extrêmement sensibles du gobelin tandis qu’il avait enfin perçu l’odeur de leurs ennemis de toujours ; la lutte avait bel et bien commencé.  Raztuk se releva promptement pour faire face au nain qui l’avait attaqué, le sourire du gobelin s’élargit lorsqu’il croisa le regard de son farouche adversaire qui tenta une nouvelle fois de l’atteindre avec sa hache.  Le maraudeur n’éprouva aucun mal à esquiver l’arme mais se laissa surprendre par un puissant coup de pied que le nain lui asséna dans l’abdomen. Le gobelin recula de quelques pas , une main sur son ventre tandis qu’il crachait un liquide peu ragoûtant et un flot d’insultes impressionnant en noir parler. Le gobelin se redressa tant bien que mal et persifla

-Vous ne pourrez rien contre la puissance de l’alliance des gobelins maudits ghazat.


Sur ces mots il s’élança en direction de son adversaire , ce dernier repoussa son agresseur à l’aide du manche de son arme mais il n’eut pas une seconde de répit , Raztuk était à nouveau sur lui. Le nain était fort et puissant mais peu agile, statique et lent , très lent ; ce qui était un handicap important face à la rapidité et la ténacité de Raztuk qui enchaînait ses attaques, pour l’instant certes peu dangereuses , de manière fluide et intense. A chaque seconde qui passait , et à chaque attaque portée Raztuk sentait que son ennemi fatiguait et s’affaiblissait. Son bras n’était plus aussi ferme et ses contre attaques puissantes de moins en moins fréquentes , peu à peu le maraudeur prenait l’avantage , un avantage qu’il comptait bien exploiter. Alors qu’il continuait à attaquer ce maudit ghazat avec sa cimeterre , Raztuk attendait qu’une brèche s’ouvre dans la défense de son adversaire , une brèche qui ne tarda d’ailleurs pas à arriver quand son vis-à-vis baissa sa garde après avoir paré lourdement un coup du gobelin. Ce dernier ne se fit pas prier pour saisir cette occasion en or et il sauta littéralement à la gorge du nain , laissant au passage tomber sa cimeterre. Ses longues canines s’enfoncèrent profondément dans la chair pourtant dure et rugueuse du ghazat , il faut dire que Raztuk entretenait soigneusement ses dents et les aiguisait régulièrement pour en faire des véritables armes de combat pouvant s’apparenter à des crocs de félin. Le nain hurla de douleur avant de s’écrouler sur le sol tout en essayant de se débattre mais le gobelin ne comptait pas lâcher prise ; ils roulèrent ensemble au sol sur plusieurs mètres et tombèrent des remparts vers l’intérieur du bâtiment ; ce fut le nain qui accusa le choc lors de cette chute haute de plusieurs coudées ; malgré la lourde armure du nain un craquement sinistre se fit entendre et arracha un nouveau cri de douleur au nain , de toute évidence il s’était cassé quelque chose mais là n’était pas sa priorité. Raztuk enfonçait ses crocs toujours un peu plus dans sa gorge et le sang s’écoulait à flots de sa plaie ; l’odeur et le goût du sang ghazat enivrait littéralement le maraudeur gobelin qui se délecetait de chaque seconde de ce merveilleux moment.  Tel un vampire sorti des plus sombres légendes , l’effroyable créature aspirait lentement la substance vitale de son adversaire à qui il ne restait plus qu’une poignée de secondes à vivre dans d’atroces souffrances. Le Naugrim avait besoin de l’aide de ses compagnons et vite mais dans cette mêlée généralisé quel combattant verrait sa détresse ?



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Hadhod Croix-de-Fer
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Sam 2 Jan 2016 - 14:56


On pouvait affirmer sans trop prendre de risques que Kofur faisait figure d'exception parmi les Compagnons de la Croix-de-Fer, voire parmi les gens de Khazad-dûm et même parmi les Nains en général. Il préférait le monde extérieur aux profondes excavations, trouvait son bonheur dans la contemplation de la nature plutôt que dans le travail du métal ou de la pierre, et était bien plus renommé pour ses qualités oratoires que pour ses prouesses sur les champs de bataille. Aussi c'est tout naturellement que Hadhod lui avait octroyé la fonction d'ambassadeur. Mais en ce moment, la diplomatie et la rhétorique étaient inutiles : il est des inimitiés tellement ancrées dans la culture que les mots ne peuvent pas les atténuer, et c'est un tel sentiment qui régissait les relations entre les gens de Durin et les peau-vertes.

Pourtant il faisait de son mieux, galvanisé par la présence de son Seigneur et de son Roi, et par la force du désespoir. Il avait remisé son arc et s'était saisi des deux haches jumelles qui pendaient à sa ceinture, armes trop peu subtiles à son goût et qu'il n'utilisait qu'en cas de nécessité. Aujourd'hui, la nécessité était extrême. Sans bruit, sans cri, sans geste excessif, il s'était penché au-dessus du parapet pour voir avec horreur certains rukhsit escalader le murs d'enceinte, ainsi que l'avait prédit Hadhod. Tout comme les quelques camarades présents à ses côtés sur le chemin de ronde, il avait su accueillir les premiers visiteurs avec toute la bienséance et la délicatesse requises. Les invités avaient l'air d'apprécier, car il en revenait sans cesse...

Les choses se compliquèrent passablement à l'arrivée des artificiers. Alors aux prises avec deux minuscules gobelins qui avaient réussi à se frayer un chemin jusqu'à lui, Kofur crut soudain avoir perdu le sens de la vue, tandis qu'une douloureuse irritation faisait flamber ses voies nasales et sa gorge. Désorienté, il ne parvenait plus à définir ce qui lui faisait le plus peur : finir empoisonné par ces fumées nauséabondes ou décapité par un coup porté dans l'obscurité. Il n'avait jamais eu l'occasion de combattre les ressortissants de Gobelinville et ignorait quels pouvaient être au juste les effets de cette sorcellerie, ou de cet artifice, qu'importait le nom qu'il fallait lui donner. Il ne trouva rien de mieux à faire que de se laisser choir à terre, et de ramper comme il le pouvait, à plat ventre sur les pavés froids et rugueux de Kalil Abad.

Un mètre... deux mètres...

Chaque inspiration était une torture : l'air vicié brûlait ses poumons comme si un feu ardent se propageait à l'intérieur de son thorax. Il n'eut pas été étonné de voir des flammes jaillir de sa bouche à la manière des dragons des légendes. Mais même alors, elles n'auraient pas pu éclairer les ténèbres opaques dans lesquelles il évoluait.

Cinq mètres... six mètres...

Kofur ne pouvait plus supporter la douleur. Il poussa une profonde expiration afin de se vider totalement de cette pestilence, et retint sa respiration tout en continuant sa pénible progression. Il ferma les yeux, qui commençaient également à le brûler.

Neuf mètres... Dix mètres... Douze mètres...

Il manquait d'air. Quelle triste manière de quitter ce monde.

S
oudain, une brève bourrasque de vent balaya les hauteurs de la forteresse. Kofur sentit l'air frais affluer sur son visage ; il prit une profonde inspiration et rouvrit enfin les yeux. Il se trouvait à l'autre bout du chemin de ronde. À quelque distance derrière lui, il devinait l'endroit où la boule infernale vomissait encore son infecte émanation : le nuage y était impénétrable. À l'endroit où le nain se trouvait maintenant, l'air, quoique un peu plus respirable, n'était pas pur pour autant. Ses yeux le piquaient encore mais il pouvait discerner son environnement. Ses bronches le brûlaient encore mais il pouvait respirer assez pour rester en vie. Kalil Abad était devenue un labyrinthe cauchemardesque et mouvant où les obstacles n'étaient pas des murs, mais des volutes de fumée à l'opacité plus ou moins prononcée selon les endroits.

Kofur se releva, secoué de terribles quintes de toux, et continua sa progression en marchant doucement. Qu'avait-il fait de ses haches ? Il avait dû les lâcher pendant qu'il rampait, sans doute. Il s'arrêta net. Depuis le pied du mur, dans la cour intérieur, des gémissements, des gargouillements, et des bruits de succion parvenaient à ses oreilles. Il se pencha et écarquilla les yeux, et devina plus qu'il ne vit l'horrible spectacle qui se déroulait. Un de ces abominables peaux-vertes avait, de toute évidence, trouvé une proie et la vidait, encore vivante, de son sang. Le cœur de l'ambassadeur se mit à battre plus fort encore : et si la victime était l'un de ses proches compagnons ? Et si c'était un Croix-de-Fer ?

Ne répondant qu'à son instinct, il fit la chose la plus stupide et la plus courageuse qu'il ait jamais fait dans ses deux cents quinze ans d’existence : désarmé, il dévala l'étroit escalier qui courait sur la face intérieure du mur d'enceinte, et arrivé en bas, se jeta l'épaule en avant contre l'acteur de ce sanguinaire festin, l'envoyant rouler un peu plus loin. Kofur ne mit pas longtemps à se relever.

– À moi ! À moi ! hurla-t-il en désespoir de cause.

Il était sans arme, face au gobelin dont il venait d’interrompre la pitance. Si quelqu'un ne venait pas rapidement à son secours, il ne donnait pas cher de sa vie. Soudain, un énorme bruit fit vibrer l'air et trembler les pierres... apparemment on frappait à la porte de Kalil Abad. L'espoir s'amenuisa dans l'esprit de Kofur. Qui pourrait bien venir lui prêter main forte alors que la Grande Porte de fer était prise d'assaut ?




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Dwolin
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Mar 19 Jan 2016 - 19:49
Vlan !

La hache de Dwolin transperça l'air de toute vitesse avant de s'abattre dans le crâne d'un gobelin qui s'agita frénétiquement encore un instant dans un cri long et rauque avant de tomber raide mort.
A peine le soldat avait-il reprit sa hache que deux autres adversaires surgirent devant lui. Il chargea le premier la tête baissée, et après que son casque l’eut protégé d'un coup adverse il permit au nain de projeter son ennemi en bas des murs. L'autre gobelin fonça droit sur lui en essayant de lui asséner un coup décisif que Dwolin esquiva de justesse avant de trancher la tête de son vis-à-vis. Il caressa un instant le haut de son casque. C'était vraiment un très bel ouvrage qui avait une fois de plus prouvé son efficacité. Malheureusement,  pas le temps de faire une pause le combat l'attendait. De plus en plus d'échelles se posaient sur les murs et malgré les quelques qui retombaient lourdement sur le sols, repoussées par les vaillants défenseures beaucoup d'autres arriveraient sous peu .

Un peu plus loin sur le mur une fumée épaisse commençait à se répandre faisant reculer les Khazâd. Dwolin renvoya d'instinct les boules fumantes portées par les gobelins tout-juste arrivés sur les murs à l'aide de coups de pieds ou en renvoyant les monstres en bas des murailles mais ils étaient trop nombreux et il dû lui aussi reculer pour éviter de suffoquer dans ce nuage toxique. Il se regroupa avec d'autres nain un peu derrière sur ses gardes, prêt à affronter ce qui allait sortir de la fumée. Quelque part derrière eux, l'on entendait d'énormes coups portés contre la porte, celle-ci finirait par tomber et avec elle leur espérance de vie chuterait fortement.

Comment en était-on arrivé là ?

Il y avait quelques mois à peine le Roi Torik se faisait couronner et Dwolin entrait dans la grande armée avec les troupes d'Erebor, ses amis des montagnes grises étaient rentrés après le couronnement, ayant déjà fort à faire chez eux. Les premiers mois de la reconquête avaient été fructueux et Dwolin avait déjà prouvé sa valeur au combat. L'espoir de réussite était presque devenu une certitude alors que la résistance gobelinne avait pu se mettre en place plus efficacement. Les prises éclaires s'étaient transformés en sièges interminables, les pertes qui étaient jusque là plutôt acceptable devenaient inquiétante. Seule la détermination semblait être au beau fixe. En  plus de la légendaire opiniâtreté des nains, la figure du roi Torik suffisait à maintenir l'espoir d'un nouvel essor chez les nains, attendu depuis des siècles. Sa mort signifierait la fin de tout ceci, occasionnant un  repli des peuples nains sur eux-même voire mettrait fin à toute possibilité de revoir un grand royaume des nains unifié. Ceux présents dans la forteresse en avaient conscience et redoublaient d'effort pour repousser l'engeance à leur porte.

Durant ces mois Dwolin avait changé plusieurs fois d'unité avant de se retrouver là un peu par hasard et quoi que relativement pessimiste quant à son avenir et celui de sa race entière, il était fier d'être parmi les braves qui combattaient en ce jour noir. Des formes bougeaient dans la fumée, Dwolin se redressa, la hache haute prêt à trancher dans le vif du sujet. Curieusement les premiers gobelins qui apparurent étaient eux-même asphyxiés par les fumées verdâtres qui avaient obligé les défenseurs à reculer. Le fier Khazâd n'eut donc aucun mal à en achever quelques-uns en séparant leur membre supérieur du reste de leur corps. Hélas, imprudent qu'il était, il s'était trop rapproché des fumées et un gobelin lui sauta à la gorge l'emportant quelques mètres plus loin. Ils s'écrasèrent contre le sol et le poids du barbu en armure assomma le peau-verte qui fut exécuté de suite après.
Dwolin était confus quant à sa position, déjà que l'architecture de la forteresse était un peu déroutante, les vapeurs vertes qui se diffusaient n'arrangeaient vraiment rien. Les coups contre la porte se firent plus violent, le nain décida de suivre ses sens pour aller jusque là-bas, ils auraient sûrement besoin d'aide.

Tandis qu'il courait, il entendit appeler à l'aide. C'était un nain malmené par un gobelin à l'écart des combat. D'instinct il courut vers le monstre et se jeta dessus de toutes ses forces pour l'écarter de son semblable.

-Khazâd ai-mênu !
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Elendüril
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Sam 30 Jan 2016 - 0:15

Une mer sans fin de gobelins, peu de nains et une forteresse à tenir coûte que coûte. C’est bien une promesse de gloire, pour l’éternité. Car il est certain que le roi donne des nouvelles aux plus proches alliés, ce qui fait que même si ce soir, sera notre dernier soir, le peuple saura que les nains se sont battus vaillamment pour protéger leur Roy et le Seigneur de Khazâd-Dûm.  

Les premières flèches viennent finir leur course, contre le mur d’enceinte extérieur. Je sens la tension, s’emparer de moi, cette rage, qui doit absolument être canalisée, afin qu’elle soit productive. Mais la fatigue et la faim, font que j’ai du mal à le faire. Tant pis, ce ne seras pas la première fois, que je livrerai une bataille dans ces conditions. Je remets mon casque. Il protégera des pointes empoisonnées de ces lâches, préférant tuer à distance, sans prendre de risque.

De toute façon, pour faire la guerre, il n’y a pas à dire. Il ne faut pas être net pour devenir soldat, uniquement dans ce but. Car la voie du soldat, ce n’est pas seulement chercher le chien, qu’une vieille femme a tenté de faire disparaitre, pour pouvoir récupérer le butin du coffre-fort, de son défunt mari.

Cette guerre n’a rien à voir avec celle des chansons et des légendes, des temps passés avec les anciennes alliances entre les Elfes, les Hommes et les Nains contre les forces du Mordor et de leurs Noirs Seigneurs.  Si ce n’est qu’elle sera menée en désespoir de cause pour ne pas vivre sous l’autorité des créatures qui veulent dominer les autres.

Car la guerre, dans ces cas-là bien que brutale tant physiquement que psychologiquement, n’est rien face à une guerre entre races des peuples libres. Ces guerres-là, qui souvent opposent des soldats, qui de par leurs allégeances doivent combattre contre les soldats, du camp adverse. Chaque soldat des deux camps ne fait que suivre les ordres.

Les guerres naines contre les gobelins, bien que fédératrices, défont un grand nombre de vie, créant ainsi plus de douleur, qui peut se transformer en haine.  Et cette haine obscurcit le jugement, ce qui fait que nous devenons des électrons libres, meurtris par la perte d’un être cher, prêt à tout pour retrouver la paix. Moi, je canalise cette haine, autant que possible vers les orcs, peu importe les conséquences que je devrais assumer.

Regardez mon corps, les cicatrices, qui le parcourt sont, autant, de vestiges de ces combats furieux et sanglants. Dans lesquels, je me suis impliqué, pour venger mes amis disparus. Moi qui ai failli basculer du côté de la folie, avec les cris venant tout droits de mes souvenirs comme douce mélodie.

L’attente. Rien n’est pire dans une guerre que de devoir attendre quand on sait que l’issue ne sera pas heureuse même si on s’en sort victorieux. Alors que tout ton être te pousse à fuir. Ton cœur qui s’accélère, en même temps que ta respiration. Tes mains commencent à devenir moites. La peur, déverse son poison pernicieux qui te brouille l’esprit, déforme la réalité.  

Surtout que, bien évidemment, les gobelins ne sont pas venus en petit nombre et ils doivent avoir quelques surprise. Car même en ayant l’avantage, leur ennemi était doué pour se défendre vaillamment dans une place fortifié. Le seul espoir, pour les nains était de passer la nuit. Afin que le soleil levant leur remonte le moral et leur redonne un avantage face à ces créatures de la nuit.

Le bruit émanant des orcs se rapprochent, les flèches volent toujours et certaines passent par-dessus le mur d’encainte. Ils seront bientôt au contact des murs. Dois-je rester en bas à défendre la porte, pour endiguer le flot qui va nous submerger, une fois que le barrage aura céder ou est-ce que je dois monter sur le chemin de ronde pour accueillir avec mon marteau-hache les mécréants qui oserait escalader ou monter sur des échelles afin d’évincer les archers des hauteurs ?

N’ayant pas de bouclier, je préfère monter aux cotés des archers. Bien qu’étant mes alliés et appréciant leur utilité, je n’aime pas leurs armes car ceux sont des armes à distance et j’ai une aversion envers elles. Mais, comme ils sont de mon côté, je fais mon possible pour ne rien dire, mais je ne peux m’empêcher de leur dire qu’ils utilisent des armes de femmes nains. J’en profite d’être sur le chemin de ronde pour admirer la magnifique vue sur cette masse pour tenter de mettre fin à la campagne des nains contre les gobelins.

Cette vision me ravis et je me suis mis à rire. L’un des archers, me demanda la raison de cette hilarité soudaine. Je lui réponds par ceci : «Archer, des centaines des fois j'ai combattu mais c'est la première fois que je rencontre un adversaire capable de ce que mon groupe d’amis fidèles et moi rencontrons un adversaire capable de nos offrir, ce que nous appelons une mort magnifique. Tout ce que j'espère c'est que parmi tous ces soldats prêts à se battre avec nous, il y en aura un pour s'acquitter de cette tâche.» mes yeux se mirent à briller d’une lumière froide de la folie et je me mets à rire. La scène effraie quelques peu certains archers de savoir qu’un élément instable se retrouve à se battre vers eux.

Maintenant, je faisais silence. J’attendais la première vague, mon arme bien en main, prêt à massacrer cette armée qui vient à nous. Comme presque avant chaque bataille des images de mes amis morts aux combats me reviennent en mémoire, tristes histoires. Ces images pourraient m’anéantir, en ce moment précis, mais elle vienne animer, cette peur qui envahit chaque soldat dans ce calme avant la tempête
Pas cette peur paralysante mais cette peur motivante, celle qui bloque la pensée pour devenir une machine insensible capable de prendre les décisions les plus difficiles. Et surtout surmonter toutes ces visions d’horreur, qui foisonnent sur les champs de batailles. Les corps ensanglantés, meurtris et froids, parfois à moitié dévorés par ces immondes créatures qui reprennent, force en plein champs de bataille devant les yeux des camarades de leur repas. Et cela n’est qu’une infime partie de ces tableaux macabres …

Le silence se fait de plus en plus lourd, une véritable chape de plomb est pour ainsi dire sur les épaule des nains. Parfois l’air est pourfendu d’un cri de guerre afin de décharger cette tension, tel l’éclair qui pourfend l’air, qui vient serrer votre colonne vertébrale, nouer l’estomac et se saisir de votre gorge.

Les premiers gobelins arrivent au pied du mur, ce mur ne les arrête pas. Les peaux-vertes profitent que le mur ne soit pas lisse pour l’escalader. Les échelles ne tarderont pas à arriver. Les premiers coups de haches, marteaux ou épées les accueillent. Les nains encouragés par la facilité des combats, ont leur moral remonté car la peur s’est effacée au profit d’une concentration et d’une poussée qui les supportent.
J’attends les premiers qui déborderont la première ligne afin d’entrer officiellement dans ce maelström, à mon tour. Ils ne tardèrent pas à arriver. De simples gobelins dont il est facile de mettre un terme à leurs misérables vies. La technique ne demeure pas essentielle pour prendre l’avantage. Parfois, un gobelin a de meilleure aptitude martiale que ses confrères alors il suffit d’enchainer les passes avec une certaine vitesse pour les submergés et rapidement avoir une ouverture pour leur infliger un coup mortel. Les combats s’enchainent sans laisser le moindre instant de répit. Les gobelin arrivent en un flot incessant. Les premières échelles viennent à se poser. Certaines sont repousser pendant que d’autre viennent se poser sur la fortification. La fatigue n’a pas le temps de m’atteindre que les gobelins sortent d’horrible boule de fumée irritante.

Maudites créatures ! Maudits inventeurs gobelins ! Voilà quelques choses qui ne nous avantage pas mais qui ne devrait pas forcément les aider si on les maintient dedans, en gardant bien ses distances.
Je me suis mis à penser que leur fourberie n’avait aucune limite et cette ingéniosité m’enrage déjà. Je suis tel sur le fil avec un équilibre tellement incertains que je sais que je vais tomber mais je ne sais pas quand. A ce moment-là, je deviendrai réellement : Thorkâl l’Effrayant.

Mon alter ego qui ne aura du mal à entendre la voix de la raison et qui ne cèdera le terrain que contraint et résigné. Ce soldat qui a une carrière aussi brillante que controversée. Rare sont les nains qui apprécie de se battre à ses côtés. Car son caractère explosif fait qu’il est fou, oui osons le mot. Dans cette phase de rage incontrôlée, il est un excellent guerrier mais dasn cette phase il lui arrive de se surestimer et de se mettre en danger.

Les gobelins tombèrent un à un sous ses coups de mon arme. Quand un orque, plus imposant que les autres arriva. Il devait être plus grand d’environ une tête que moi. Il se débarrassa assez facilement de deux gardes paralysés par la vue de ce monstre. Ayant assisté impuissant à la mort de mes deux frères, je me précipite droit sur lui afin d’engager un combat directement avec lui. L’excitation en moi me procura une décharge d’un cocktail d’adrénaline et d’endorphine assez plaisante, me fait oublier la fatigue accumulé ces derniers jours.  

Arrivé au contact je lui assène un coup de pommeau directement dans la poitrine. Ce qui le fait reculer et vient le piquer au vif. Car son armure ayant absorbé la majeure partie du choc. Nous deux avons commencé ainsi le combat. Ce combat ne risque pas d’être un combat mémorable mais il a le mérite de finir l’échauffement. Les passes s’enchaînent et finissent toutes par un statut quo. Quelques coups de poing sont donnés quand les passes échouent. Mon casque me protège relativement bien ce qui fait que mon nez ne saigne pas contrairement à celui de ce gobelin.

Pendant ces longs instants l’arrivée des gobelin ne cesse pas. Certains arrivent en haut du mur avec ces foutues boule de fumée. J’en avais entendu parlé au pays, dans les montagnes bleues mais jamais nous en avions vu. La fumée envahit l’air, et l’air brûle les poumons.

Le combat ne devait pas s’étendre davantage en longueur. Car bientôt le chemin de ronde ne sera plus viable. Alors à ce moment précis, je me fais plus agressif sur chacun de mes mouvements. Rapidement j’arrive à déborder mon ennemi et à le blesser. Ce ne sont que des entailles légères mais elles ont le mérite de me remonter le moral. Je réussis à placer un coup de dague qui entaille considérablement le corps de ce rukshit. Celui-ci entre dans une frénésie hors du commun.

Malgré tout cela ne lui suffit pas pour remporter cette bataille. J’esquive un coup prévisible, je me suis placé de façon à pouvoir lui asséner le coup de grâce. Le marteau de mon arme s’abat sans aucune pitié enfonçant le crâne de mon adversaire. Celui-ci éclata sous la violence du choc. Les yeux sont propulsés hors de leurs orbites, les morceaux de cerveau volèrent dans tous les sens.

En bas, les nains bataillent férocement, galvanisés, par le but de défendre leur roi et sa suite des peaux-sombres. Je les rejoins en essuyant le sang qui a été projeté sur le manche de mon arme. Ils restent rangés. Je me joins à eux. Relativement organisé, nous fracassons les gobelins sans une trop grande difficulté. Jusqu’à ce moment-là. Un grand coup sur les portes retentit sans aucune sommation. L’impact résonne dans la cour. Un frisson remonta le long de ma colonne.

Le Seigneur Hadhod Croix-de-Fer avait raison, les gobelins quand ils se battent en pleine nuit ils ne sont pas seuls. Il y avait au moins un de ces foutu trolls. Véritable monstre de guerre, difficile de s’en débarrasser par la force pure. Nous devrions ruser tout en repoussant les gobelins pour espérer y venir à bout de ces sales bêtes.

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Hadhod Croix-de-Fer
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Jeu 11 Fév 2016 - 16:15
La nuit et les volutes de fumée mettaient sérieusement à mal la vision des défenseurs. Ce fut bientôt le sens de l'ouïe qui devint prépondérant : les cris de rage des gobelins, les cris de rage des nains ; les cris de douleur des nains. Et le cliquetis des haches contre les armures, des cimeterres contre les boucliers, et des pas, des centaines de pas tout autour de la citadelle. Mais plus terrifiants encore était le retentissement régulier du métal contre le métal, de l'acier du bélier contre le fer de la Porte, qui se propageait dans le nuit en signe de catastrophe imminente, sordide cloche sonnant le glas des assiégés.

Hadhod prit congé de Thorik. Il valait mieux, pour le salut de son roi, qu'il aille employer ses talents militaires à la porte plutôt que de rester en dernier défenseur jusqu'à ce que la mort vienne les chercher tous les deux. Car à deux, il n'y aurait plus aucun espoir, mais tant qu'il restait quelques dizaines de braves guerriers, l'espoir était toujours permis quoique de plus en plus ténu.

Il marcha donc jusqu'aux troupes rangées derrière les grands battants, le pas lent, le visage sévère et résolu sous le casque qui protégeait son crâne. Sa grande hache, Barazanthatûl, était prête à goûter à tout ce qui pourrait apparaître derrière cette porte lorsque cette dernière cèderait. Regardant les soldats auxquels il était en train de se mêler, il se rendit compte qu'il n'arrivait plus à discerner qui était de Khazad-dûm, sa patrie, et qui était d'Azsâlul Abad, la montagne solitaire qui l'avait vu naître, ou même de Khagal Abbad, les lointaines montagnes bleues. Aujourd'hui les origines et les cités ne comptaient plus, seule la solidarité face à la mort avait encore un sens.

Nouveau coup de bélier.

Les lourdes traverses de fer au dos du portail tremblèrent encore une fois. Les crochets qui les maintenaient en place se tordaient de plus en plus. Hadhod maudit la sournoiserie de l'attaque gobeline. S'ils s'étaient attendus à ce scénario, ses hommes auraient pu amasser des blocs de pierre derrière la porte pour empêcher son ouverture, ou au moins la retarder encore un peu plus. Mais tout cela avait été si vite !

E
ncore un coup de bélier. Le métal se tordit encore davantage, sans toutefois céder. Une fente verticale de la largeur d'un casque était apparue au milieu des deux battants. Dehors, on pouvait discerner une silhouette massive se découper sur la lumière rougeoyante des torches. Et puis une autre, plus imposante encore, vint à l'arrière-plan et intensifia l'effroi des combattants.

– Mes frères, ce n'est pas tant la taille des créatures qui compte, mais le sort que nous allons leur réserver ! Si grand que soit l'ennemi en face de nous, nous le regarderons de haut lorsqu'il sera tombé à nos pieds ! *

Le bélier s'abattit une fois de plus, et cette fois ce fut la bonne. Les battants s'ouvrirent comme les mâchoires d'une bouche béante prête à vomir une nuée d'ennemis. L'olog-hai et le troll se précipitèrent à l'intérieur. Le premier jeta son lourd bélier, à présent inutile et trop encombrant pour le combat, sur les premières lignes naines. Plusieurs khazad le reçurent de plein fouet et chutèrent en arrière, les os brisés. Le second fit virevolter sa lourde massue hérissée de pointes. Il ne fallait pas leur laisser le temps de mettre leur force en mouvement...

– Mahal Gabil !

Aulë est grand. C'était le cri de guerre de Hadhod, le signe qu'il y avait des croyances et des espérances bien plus fortes que les machinations des rukhsit et les bras démesurés des trolls, qui flambaient dans le coeur des Nains. Le fer ouvragé de Barazanthatûl brilla d'une teinte rouge, comme son propriétaire la brandissait dans les airs. Rouge comme la colère des khazad.



* L'affirmation de Hadhod est sujette à discussion. Le débat qui pourrait s'ensuivre étant trop long, nous avons préféré de pas le faire apparaître dans le présent ouvrage (note de l'auteur).




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Learamn
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Dim 27 Mar 2016 - 18:04



Raztuk fut importuné dans son sanglant festin par un nain qui venait de lui sauter dessus pour l’écarter de son frère d’armes.  Le rachitique gobelin accusa lourdement le choc et fut propulsé quelques mètre plus loin le souffle coupé ;il n’avait ni la carrure ni l’ossature pour encaisser de pareils contacts avec des adversaires bien plus massifs comme ce maudit gazat qui venait de l’attaquer. Malgré la douleur l’ignoble créature se remit promptement debout et ramassa sa cimeterre qui se trouvait au sol. Il plissa les paupières et fixa son vis-à-vis avec un regard menaçant : il s’agissait d’un nain à la noble allure protégé par une solide armure  mais Raztuk remarqua immédiatement qu’il était désarmé ; un sourire mauvais se dessina alors sur son repoussant visage , dévoilant ses dents rougis par le sang du nain qu’il avait attaqué quelques secondes plus tôt.  Cet idiot de nain était à sa merci ; qu’avait il cru faire en le chargeant ainsi désarmé?  Le gobelin fit légèrement tournoyer sa cimeterre , se délectant déjà de la prochaine mort de son ennemi qui avait voulu sauver son congénère mais qui ne ferait que le rejoindre dans la tombe.  Mais alors que Raztuk s’apprêtait à se précipiter sur le nain pour le lacérer de maintes attaques jusqu’à ce que mort s’ensuive ; un cri en khuzdûl retentit :

"Khazâd ai-mênu !"

Alerté par ce cri de ralliement dont il n’avait pas compris le sens mais dont il savait très bien qu’il ne pouvait que provenir d’un ennemi, Raztuk fit volte-face et eut juste le temps de se jeter au sol pour éviter de se retrouver sur la trajectoire de la grande hache du nain qui venait de l’attaquer. Réagissant avec vivacité , le gobelin se redressa et porta un coup d’estoc à son nouvel adversaire qui réussit à parer.  Raztuk recula encore de quelques pas pour analyser la situation ; les cris de ce couard de gazat avait trouvé un écho et un des guerriers nains avait volé à sa rescousse et celui-ci était lourdement armé et semblait prêt à en découdre.  Le maraudeur se retrouvait dorénavant en infériorité numérique : à un contre trois même si l’un des Naugrim gisait au sol dans son sang qui s’écoulait depuis sa blessure et la gorge et un autre était désarmé.  Le gobelin ne devait surtout pas les laisser attaquer le premier et ainsi le prendre en tenailles  , ainsi il se précipita sur Dwolin qui n’eut aucun mal à parer ses deux attaques rapides mais qui se voulaient assez peu puissantes mais l’objectif de Raztuk n’était pas de porter un coup fatal au guerrier Naugrim mais bien de le placer sur la défensive pour qu’il mette plus de temps à réagir quand le maraudeur changera de cible car après ces attaques inoffensives Raztuk s’élança vers la droite pour se retrouver face au noble nain désarmé. D’un geste certes peu puissant mais net et précis il touche le flanc de son adversaire qui abaissa son buste sous l’effet de la douleur.  Il tenta d’achever son adversaire en attaquant par le bas avec sa cimeterre mais le gazat parvint à bloquer ce coup qui aurait pu lui être fatal en attrapant le bras du gobelin.  Irrité , Raztuk répliqua en assénant un violent coup de poing dans la mâchoire de Kofur qui vacilla avant de chuter au sol.

Le maraudeur émit un sifflement strident et se précipita sans réfléchir vers sa cible au sol sans pour autant prendre garde  à Dwolin dans son dos  qui était toujours prêt à défendre l’ambassadeur Naugrim coûte que coûte .



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Hadhod Croix-de-Fer
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Lun 28 Mar 2016 - 11:07

La solidarité des Nains était belle à voir : bien que se trouvant dans une infériorité numérique prononcée, les khazad n'en oubliaient pas les compatriotes qui se battaient à leur côté, et quand l'un d'entre eux était à l'article de la mort, il semblait que la volonté d'entraide chassât toute pensée égoïste de la tête des Enfants d'Aulë. C'est ce qui s'était passé lorsque Kofur avait chargé Raztuk à l'épaule, et c'est ce qui se passait à présent avec ce Garde des Khazad qui venait de voler à son secours.

Pourtant, la fraternité nanesque suffirait-elle à sortir l'ambassadeur de ce mauvais pas ?

Ce gobelin avait l'air d'être un dur à cuire ! Sa force ne venait pas de sa taille, non, ni de la puissance de ses coups. Mais il était vif, et semblait réussir à enchaîner les estocades au cimeterre avec une rapidité et une précision remarquables, tout en se déplaçant de façon leste et déconcertante. Sa façon de combattre était l'exact opposé de l'archétype nain, pourrait-on dire, et cela lui réussissait de toute évidence plutôt bien. Et son sourire carnassier, que le Compagnon de la Croix-de-Fer parvenait à discerner malgré le peu de lumière, faisait froid dans le dos : Raztug semblait prendre un malin plaisir à exhiber sa dentition acérée, dont le blanc avait pris une teinte vermeille à la suite de son macabre festin.

Kofur était surpris. Il pensait que le duel entre le nain à la hache et l'abominable rukhsit se prolongerait au moins un peu plus longtemps ; que lui, Kofur, pourrait s'avancer vers eux pour faire diversion ; que Dwolin parviendrai à profiter du doute dans la tête du gobelin pour séparer sa tête de son corps et faire s'évanouir à jamais son rictus malfaisant. Mais ça ne déroula pas comme ça, hélas : le peau-verte faussa compagnie à son adversaire et se rua vers lui. Surpris, Kofur pu seulement sentir la pointe cruelle du cimeterre trouver la faille de son armure, entrer en contact avec la côte de maille et enfoncer les maillons de celle-ci dans son flanc.

Il réussit à parer miraculeusement le coup suivant en attrapant le bras du gobelin de ses deux mains libres. Mais un furieux coup de poing fit tout à coup vaciller sa tête sur ses épaules et enflamma sa mâchoire d'une douleur lancinante. Il tomba au sol sous la violence du choc. Sonné, il se rendit tout de même compte que plusieurs de ses incisives naviguaient sur sa langue et dans le fond de sa bouche. Il recracha sang et ivoire dans un jaillissement immonde.

Le coup de grâce pouvait venir à tout instant, Kofur le savait. Relevant les yeux aussi vite qu'il le put, il vit deux pieds plantés deux pieds plantés devant lui, deux pieds enveloppés de cuir souple prélevé sur dieu sait quel animal, et dans leur prolongement deux jambes légèrement arquées recouvertes d'étoffes sales et déchirées. Il ne trouva rien de mieux à faire que de saisir ces deux guiboles répugnantes à tour de bras et de ramener, dans un effort qui maltraita la blessure de son flanc et lui arracha un cri grinçant de douleur, son propre buste en arrière pour faire chuter ce vilain diablotin.




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Ryad Assad
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Ven 1 Avr 2016 - 1:35
Hadhod, Seigneur de la Moria, se retrouva à terre. Les Nains qui l'entouraient furent saisis d'effroi, et firent de leur mieux pour tirer leur brave compagnon à l'abri de la déferlante. Deux d'entre eux le saisirent sans ménagement et sans grâce, tandis qu'un troisième se saisissait prudemment de sa hache ancestrale, la légendaire Barazanthatûl. Comblant le vide laissé par la chute de leur Seigneur, les Naugrim resserèrent les rangs, et se retranchèrent derrière leurs boucliers pour mieux reculer en un bel ensemble.

- Seigneur ! Seigneur ! Répondez-nous !

Les Nains qui entouraient Hadhod se rendirent compte qu'il était encore en vie, et leur soulagement fut immense. Ils ne pouvaient transmettre la bonne nouvelle à leurs compagnons, cependant, car le vacarme de la bataille aurait perdu leur cri d'allégresse dans le tumulte des combats. Les guerriers allaient devoir faire avec l'idée qu'ils avaient perdu un des Nains les plus vaillants qu'il leur avait été donné de connaître. Cela pouvait aussi bien enflammer leur rage profonde que faire vaciller leurs cœurs au moment où les combats semblaient désespérés. Impossible de savoir s'ils allaient se dresser face à la menace ou lui céder le pas. Il semblait cependant certain qu'ils perdaient du terrain, abandonnant derrière eux plusieurs de leurs frères qui avaient succombé aux assauts des Gobelins ou des immenses monstres que leurs ennemis avaient amenés avec eux. Le Troll et l'Olog-Hai avaient fait leur travail, avaient anéanti les portes et avaient rompu la ligne des Naugrim par leur seule puissance. Les pathétiques créatures qui entouraient leurs jambes massives n'avaient qu'à s'engouffrer dans la brèche comme le poison s'infiltre dans une plaie.

Hadhod avait-il cru que sa bravoure seule lui permettrait de regrouper ses troupes ? Pensait-il sincèrement que, seul face au Troll, il allait parvenir à glaner davantage que quelques secondes ? La massue avait déchiré l'air en vrombissant comme un nid d'abeille, manquant le Nain de peu. Certains des piques s'étaient brisés sous l'impact, allant blesser au hasard défenseurs ou assaillants indistinctement. Le monstre n'avait pas paru s'en émouvoir, avait écarté de son chemin un Gobelin qui le gênait, et avait repris sa marche en avant vers le chef de la Croix-de-Fer qui avait accepté le défi. L'opiniâtreté des Nains était légendaire, et devant ses hommes Hadhod avait accompli un acte de bravoure qui serait loué bien après sa mort… laquelle surviendrait peut-être bien plus rapidement que prévu.

Tout était allé très vite après cela. Au milieu d'un chaos pareil, il n'était pas facile d'esquiver le balancement d'une arme aussi immense que cette massue, qui ressemblait davantage à un tronc d'arbre. Le Troll le maniait comme s'il s'était agi d'un hochet, et il balayait tout ce qui se trouvait sur son passage, Gobelins et Nains, indifféremment. Ses yeux stupides et mauvais étaient focalisés sur une seule chose : tuer son adversaire. Difficile de savoir si Hadhod avait trébuché sur quelque chose, ou s'il avait simplement décidé de faire face et de cesser de reculer. Il avait essayé quelque chose, il avait tenté de contrer le Troll, de prendre l'ascendant. Cela avait été un demi-succès… un demi-échec, donc. Baranzanthatûl avait blessé l'immense créature à la jambe, et celle-ci s'était fendue d'un mugissement de douleur qui aurait couvert le hurlement de n'importe quel cor, fût-il celui de Boromir lui-même.

L'espace d'un instant, on aurait pu croire que le Nain allait remporter la victoire, et le sang noir jaillissant de cette plaie béante lui donnait clairement un petit avantage que le Troll s'empressa d'anéantir. Enragé plutôt que vaincu par la douleur, il lança sa main immense vers Hadhod comme on écarterait un moustique ennuyeux. Ledit moustique n'était autre que le Seigneur de la Moria en personne, et ladite main était rugueuse, calleuse, et surtout gigantesque. Le choc avait été frontal, phénoménal, et presque létal. Le corps du Nain avait décollé du sol, catapulté au loin, avant de retomber lourdement sur la pierre froide qui pavait la forteresse. Un choc qui aurait brisé tous les os d'un Homme, et qui aurait sans doute pu paralyser définitivement un Nain. Fort heureusement, ce n'était pas qu'un simple Nain, et le vétéran de nombreuses batailles avait eu son lot de blessures. Cependant, dans la circonstance, il restait encore à voir dans quel état il terminerait cette bataille. Etablir un pronostic était impossible, et les Naugrim qui entouraient leur chef ne pouvaient qu'attendre qu'il retrouvât ses esprits et qu'il prît la parole pour leur donner des précisions. Perdus, ils l'assaillaient de questions :

- Sire, devons-nous nous replier ?

En effet, la porte était prise, et la résistance des Nains ne servait qu'à gagner du temps. Ils étaient bien trop peu pour espérer reprendre ce point stratégique, et expulser les maléfices qui se déversaient par la blessure dans le flanc de Kalil Abad.

- Seigneur, que devons-nous faire ?

Devaient-ils rallier leur Roi, et donner leur vie pour lui ? Devaient-ils se replier sur une position plus défendable où, regroupés en un carré solide, ils pourraient massacrer un grand nombre de leurs adversaires avant de succomber bravement ? Devaient-ils au contraire donner leur vie jusqu'au dernier pour assurer un peu plus de temps à leur Roi, lequel avait peut-être un plan pour quitter les lieux. Dans tous les cas ils se savaient condamnés, et tout ce qu'il leur restait à déterminer était le moment de leur mort, le lieu, et l'objectif que leur fin servirait.

- Seigneur, je vous en prie, parlez-nous.

Hadhod revint à lui. Il avait du sang plein la bouche, son nez était peut-être cassé, mais il n'avait rien perdu de sa majesté – au contraire. Il inspira profondément, s'apprêtant à donner ses consignes qui changeraient peut-être le cours de cette bataille… Laquelle risquait fort d'être sa dernière.


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"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"

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Hadhod Croix-de-Fer
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Dim 3 Avr 2016 - 11:09
Les yeux du seigneur de la Moria étaient embués de larmes. Ce n'étaient pas des larmes de tristesse, non, un Nain ne pleure pas pendant une bataille, que la situation fut compliquée, alarmante ou désespérée. La mort pouvait venir, implacable et terrible, ce n'était pas pour autant qu'il fallait s'en formaliser. S'il avait eu le temps de penser à ces choses-là, il se serait souvenu de ses longues discussions avec le seigneur Sombre-Chêne, il y a quelques années, lorsque celui-ci avait été autorisé à traverser les mines. Il avait questionné l'elfe sur ses coutumes et ses croyances, et aussi sur ce que lui et son peuple pensaient des nains en général. Entre autres considérations idéologiques et spirituelles, Hadhod avait appris une curieuse chose, une curieuse croyance qui s'était semble-t-il toujours propagé chez les Premiers-nés au sujet des khazad : ils pensaient que l'esprit de ces derniers retournaient, à leur mort, à la pierre des montagnes qui les avait vus naître. La pierre, cette substance si noble, si captivante et si chère à son cœur, ce ne serait point un malheur que d'y demeurer en esprit pour l'éternité. Mais chez les Nains la croyance était tout autre, et encore plus encourageante si l'on pouvait dire : seul le corps restait dans la pierre de par la cérémonie funéraire, et l'esprit, lui, retournait en compagnie du Créateur, du Forgeron du Monde, de Mahal le Grand, et de tous ses fils morts à travers les Âges. Qu'elle devait être grandiose, leur assemblée ! Combien étaient morts en héros et avec dignité ? Combien avaient succombé pour défendre la cause naine, de par l'histoire, et avaient affronté la mort avec un visage inflexible ? Pour toutes ces raisons, un Nain pouvait pleurer pour la mort des autres et s'insurger contre le fait d'être séparer d'eux, mais ne devait pas le faire en pensant à la sienne.

Non, les larmes étaient un réflexe dû au terrible coup qu'il venait de recevoir : il avait senti les os de son nez craquer, puis plus rien pendant quelque secondes ; maintenant, la douleur et l'étourdissement se mêlaient pour son tourment. Pourtant, il savait que le coup aurait été bien pire si le troll l'avait frappé de son arme et non de sa paume, et que la souffrance qu'il ressentait était au moins la preuve qu'il était encore bien vivant, quoique fort désorienté par le choc.

Hadhod se releva gauchement en titubant, aidé par deux naugrim dont les visages trahissaient le souci, et même l'inquiétude. Braves hommes, malgré l'assaut et la fureur des combats à quelques pas d'où ils se tenaient, ils se montraient d'une obligeance remarquable envers lui. Cela, par contre, aurait pu être une cause acceptable pour verser quelques larmes. Pourtant, le fils de Trehod cherchait à tout prix à se concentrer sur l'action, et non sur ses émotions. Mais il avait vraiment du mal à retrouver sa lucidité et un esprit clair. Cependant, tous autour de lui n'en attendaient pas moins une décision, un parole qui put les guider : malgré ce qui venait de lui arriver, il restait Ib-Uzbad Khazad-dûmu. *

Qu'était-ce que cet objet brillant qui semblait tournoyez devant ses yeux ? Ah oui, c'était le fer de sa fidèle hache qu'un autre soldat tentait de lui rendre. Un peu de mieux et elle aurait été perdue dans le piétinement de la mêlée, et il aurait été obligé de sortir ses deux petites haches de lancer, ces deux hachettes jumelles, ou quasi-jumelles, et s'en servir comme d'armes de corps à corps : il n'aurait alors pas donné bien cher de sa peau. Il réussit à empoigner le manche et prit appui sur celui-ci pour se stabiliser. Il aurait voulu déclamer toute une tirade de remerciement à ses sauveurs, mais il n'en avait pas le temps. Tout paraissait si flou, si nébuleux : murs, amis et ennemis, on aurait dit que tout tournait dans une fumée surnaturelle. Les vapeurs nocives étaient bien réelles ; le vertige, lui, était dans la tête de Hadhod.

Les remparts étaient envahis ou en train de l'être, la porte était béante, les ennemis étaient légion, et le nombre des défenseurs se réduisait inexorablement à mesure que tombaient là un solide première ligne d'Erebor, là un valeureux soldat du Khazad-dûm, là un svelte rohir aux cheveux blonds. De la cinquantaine qu'ils étaient au départ, ils avaient dû en perdre une bonne vingtaine, et même si chaque héros mort avait emmené deux, trois, ou même cinq assaillants avec lui dans la tombe, l'échange se révélait désavantageux. Et il était encore tôt, l'aube ne viendrait que dans deux bonnes heures, tout au moins. La stratégie qui consistait à gagner du temps pour attendre le soleil, était de toute évidence très mal embarquée. Alors, Hadhod devait-il attendre de ses hommes qu'ils se sacrifient avec lui jusqu'au dernier, qu'ils paient de leur vie la trop grande euphorie de leurs dirigeants ? C'était lui-même, le fils de Trehod, qui avait réussi à convaincre le Roi Thorik de marcher de plus en plus profondément sur les terres des gobelins pour ne pas laisser de répit aux peaux-vertes qu'il croyait pris par surprise et désorganisés. Le sage fils de Krohr aurait sans doute agi plus prudemment, s'il avait fait fi de ces téméraires conseils. Non, les soldats n'avaient pas à payer pour cela.

Il articula faiblement une phrase. Personne ne comprit.

- Excusez-nous Seigneur, qu'avez-vous dit ? s'enquirent les nains les plus proches.

Hadhod savait bien qu'une telle décision décevrait une partie des troupes, sinon la totalité. Pourtant, il ne pouvait faire autrement.

- On se replie dans le donjon, dit-il d'une voix si faible que seuls ceux qui l'entouraient comprirent, Kalil Abad est perdue.

Les soldats restèrent figés pendant un moment, tels des trolls qui auraient été changés en pierre pour avoir trop traîné dehors. Etait-ce bien l'impétueux Seigneur de la Moria qui reconnaissait aux gobelins leur victoire ? Mais un ordre était un ordre, qu'il soit honorant, ou pragmatique. Un caporal qui se trouvait là reprit les paroles de son seigneur et, de sa voix forte, les fit se répercuter entre les murs de la forteresse pour que tous les survivants puissent les entendre...

- Repliez-vous dans le donjon ! L'enceinte est prise ! Repliez-vous ! Tous vers notre Roi !

- La dernière chance se trouve dans les souterrains du donjon, reprit Hadhod d'une voix blanche. Mais si nos ennemis les tiennent aussi, c'en est fini, à moins que quelque providence vienne à notre secours.

La majorité des nains se replia donc, tandis que qu'une poignée de braves se sacrifiait pour contenir la marée et permettre la retraire de leurs compatriotes. Hadhod sentit ses sens lui revenir. Voilà qui était bien, car il en aurait besoin pour finir de la façon la plus digne possible, et surtout la plus utile. Le moment était venu de payer pour ses erreurs. Faussant compagnie au caporal, il fit demi-tour et fixa d'un œil glacial la créature qui venait de lui casser le nez.

- Mon gros, je n'en ai pas terminé avec toi...


* Le Seigneur du Khazad-dûm.




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Learamn
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Lun 25 Avr 2016 - 12:36
Décidément ce “gazat” était plus robuste que prévu ; pourtant en engageant le combat Raztuk pensait qu’il aurait la partie facile face à combattant vieillissant mais à priori la couleur de la barbe et le nombre de rides étaient trompeurs quand il s’agissait d’évaluer la force et la détermination d’un naugrim sur un champ de bataille qui plus est sur un tel théâtre d’opération.
Alors qu’il pensait avoir définitivement prit l’avantage , Raztuk sentit des mains puissantes s’emparer de ses chétifs mollets avant de les tirer violemment ; le gobelin tomba à la renverse ; la tête la première. Son menton heurta le sol et Raztuk put sentir le goût de son propre sang qui s’écoulait de sa gencive meurtrie et qui se mêlait à celui du gazat qu’il avait égorgé quelques minutes plus tôt.

Folle de rage la maléfique créature poussa un horrible cri strident qui avait de quoi glacer le sang des guerriers les plus aguerris. Sa cimeterre toujours à la main , le gobelin bondit sur “sa proie” et tenta par tous les moyens d’atteindre et de tuer cet arrogant nain qui osait lui résister. Mais celui-ci continuait à se battre désespérément et Raztuk ne parvint pas à briser la garde du nain pourtant allongé pour lui fendre le crâne ou lui ouvrir l’abdomen. Il réussit cependant à le blesser sérieusement au visage en lacérant vigoureusement son visage de ses longues griffes aiguisées.

Un bruit de lutte monta alors aux oreilles de Raztuk qui tourna brièvement la tête pour observer les alentours ; le robuste guerrier nain qui avait volé au secours du vieux gazat était à présent aux prises avec deux adversaires sérieux et se retrouvait dans l’impossibilité d’aider l’ambassadeur dans sa lutte désespérée.

Un sourire mauvais se dessina sur le visage du gobelin ; le vieux gazat était dorénavant livré à lui-même , autrement dit il était mort.

Mais bien souvent la terreur et la peur de la mort exaltait le guerrier et décuplait ses capacités naturelles et c’est d’un d’un effort prodigieux que Kofur parvint à repousser l’immonde monstre de son buste pour pouvoir se redresser comme il le pouvait et faire face à nouveau.

Raztuk roula quelques mètres plus loin ; mais se remit sur pied rapidement ; un rictus carnassier toujours ancré sur son visage. Face à lui l’ambassadeur résistait valeureusement mais il sentait ses forces faiblir tandis que son visage lacéré était couvert de son sang qui coulait abondamment .

Le gobelin commençait à être sérieusement agacer par cette lutte acharnée mais d’un autre côté il sentait le goût sanguin de la victoire qui se profilait.

Il n’en avait cure de savoir comment se déroulait l’ensemble de la bataille ; il s’en fichait bien de savoir si ses congénères avaient le dessus ou pas ; Raztuk n’était ni stratège ni officier : on lui demandait seulement de faire ce qu’il faisait de mieux à savoir tuer . Et ce vieux gazat était le prochain sur sa liste.


“Apprête toi à rejoindre les enfers vieux gazat aigri !” lança le gobelin d’un ton méprisant.



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Hadhod Croix-de-Fer
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Mer 22 Juin 2016 - 21:58
Courage ou folie, sens de l'honneur ou désespoir, Hadhod-De-La-Croix-de-Fer avançait en direction du troll à pas lents, tenant sa grande hache de ses deux mains fermes. En plus de son nez cassé, un rictus, dû tout à la fois à la hargne et à la douleur, déformait son visage ; et son regard froid et déterminé ainsi que sa barbe devenue hirsute et dégoulinante de sang lui donnaient l'air d'un héros vengeur, revenu de l'enfer pour punir celui qui venait de lui faire du tort. Mais l'enfer était-il derrière ou devant lui ?

Tandis que ses troupes battaient en retraite sur son ordre, lui avançait.

Il la voyait. Oui, elle était là, l'immonde créature, juste sous le seuil du grand portail à quelques mètres devant lui. Elle agitait sa cruelle massue de ça, de là, tout autour d'elle, assommant et écharpant la vermine gobeline tandis que ses gardiens s'évertuaient à la guider vers l'avant et à poursuivre les fuyards barbus. Voilà qui redonnait de l'espoir à Hadhod en vue de son duel : alors qu'il aurait pu se retrouver enseveli sous une marée verte, le monstre dissuadait sans le vouloir les gobelins de rester trop longtemps dans les parages. Il les voyait déguerpir vers l'avant en lançant des regards terrifiés vers leur puissant allié devenu fou ; c'est à peine s'ils remarquaient sa présence du seigneur nain.

Foulée après foulée, ce dernier arriva en face du troll, remarquant avec satisfaction le liquide noir et visqueux qui coulait le long de la jambe rugueuse. Il savait que le même sang, tout aussi noir, tout aussi visqueux, souillait le fer de Barazanthatûl : si son antique hache avait pu le faire une fois, elle pouvait très bien recommencer.

- Mahal gabil ! Gabil zata masagrzu !!

Aulë est grand. Grande sera ta défaite. Le cri de guerre du fils de Tréhod retentit et se répercuta en écho entre les murs de cette partie de la forteresse. Comme il chargeait, il vit le troll fixer ses deux grands yeux stupides sur lui et cesser ses gesticulations désordonnées pour avancer également dans sa direction. Et le second face-à-face entre le champion des assaillants et le seigneur des défenseurs s'engagea, et l'air vibra du fracas du fer de hache contre le bois du bouclier, du sifflement fugace des picots de la massue, des piétinements lourds des bottes du nain et de ceux, plus lourds encore, des pieds massifs du monstre. La plus grande angoisse pour Hadhod était de surveiller les deux bras de son ennemi, afin de ne pas répéter la même erreur qu'un instant plus tôt et d'éviter d'esquinter davantage son visage. L'immense troll frappait de toutes ses forces, tantôt à l'horizontal, et tantôt du haut vers le bas. Dans ce dernier cas, le choc de la massue contre le sol pierreux était terrible et les pointes de l'arme contondante sautaient les unes après les autres ; car le dirigeant du Khazad-dûm esquivait comme il le pouvait, se contorsionnant miraculeusement au vu de son âge avancé, et déviait les attaques quand il ne pouvait les esquiver. Et les parait frontalement quand il ne pouvait les dévier, l'onde de choc qui s'ensuivait le projetant alors à terre, après quoi il se relevait le plus vite possible à chaque fois. C'était une danse... une danse avec la mort. Hadhod savait qu'il devait trouver la faille sans tarder, car il commençait à s'essouffler plus qu'il n'était raisonnable, et son nez obstrué par son propre sang n'arrangeait rien à cela.

Nouveau coup vertical de la part du troll. La lourde massue s'écrasa sur les pavés, une nouvelle floppée de picots s'envola dans tous les sens. C'était le moment, il fallait saisir l'occasion. Hadhod lâcha la prise de sa main gauche de manière à ne plus manier sa hache qu'avec la droite, à l'extrémité opposée du fer. Effectuant un tour sur lui-même bras tendu pour donner le plus de force à sa frappe, il visa le poignet de la créature avant que celle-ci n'ait pu relever son arme pesante. Le coup ne fut pas très précis, mais le fut assez : la lame ne trouva pas le poignet mais le milieu de l'avant bras et s'y enfonça jusqu'à atteindre l'os. Le troll lâcha sa massue, tout en poussant un cri de douleur terrible qui fit trembler les murs et les cœurs.

Hadhod pouvait remporter ce duel, il le savait !

Mais le destin est parfois imprévisible... Plusieurs choses survinrent au même moment. Le troll retira vivement son bras dans un réflexe fulgurant, et le fer de hache étant resté fiché dans sa chair coriace, le manche de Barazanthatûl échappa à la prise de Hadhod. Une boule fumigène tomba juste devant lui, sans doute projetée des remparts surplombant la porte dans la fureur des combats qui se déroulaient là-haut. La fumée nauséabonde qui continuait de s'en dégager emplit bientôt tout l'espace derrière la porte béante, et le seigneur de la Moria tout comme le troll disparurent de la vision de tous, et leurs propres yeux ne purent percer l'obscurité opaque qui venait de les engloutir.




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Ryad Assad
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Lun 27 Juin 2016 - 18:31
La bataille s'achevait.

Les Nains avaient livré bataille du mieux qu'ils l'avaient pu, repoussant à grands coups de hache et de marteau les assauts Gobelins, jusqu'à ne plus avoir la force de les contenir au pied des murailles. Le repli avait été organisé dans la plus grande discipline, même si de nombreux Naugrim avaient perdu la vie dans la manœuvre, fauchés par une flèche empoisonnée ou cueillis par un sabre qui avait glissé dans le défaut de leur armure pourtant confectionnée de main de maître. Les créatures des ténèbres étaient retorses, vicieuses et particulièrement déterminées. Elles ne reculaient devant aucun coup bas, aucune traîtrise pour arriver à leurs fins. Tout ce qui importait pour elles étaient de prendre la vie à un Naugrim avant la fin de la nuit. Il n'était pas un Gobelin honorable parmi la horde féroce et bruyante qui se jetait contre l'îlot de résistance des Nains, battu par la tempête de griffe et de crocs qui luisaient dans l'obscurité. Les centaines de silhouettes voûtées ondulaient sous les lames comme des ombres qui se dissipaient au moment où l'acier cherchait à les trancher, et chaque fois que l'une d'entre elles disparaissait, deux autres prenaient sa place immédiatement. Rapides, agiles, brutaux et agressifs, ils se jetaient en tourbillonnant contre les lignes des enfants d'Aulë, s'engouffrant dans le moindre interstice que les boucliers, les épées et les haches laissaient vacant. La discipline des régiments en grande difficulté était exceptionnelle, mais ces braves ne pouvaient accomplir l'impossible. Les guerriers avaient cependant cessé de reculer, acculés qu'ils étaient contre le dernier bastion de la forteresse. Sur l'ordre de leur Seigneur, ils s'étaient repliés pour protéger leur Roi, et préserver l'espoir qu'il représentait. S'il venait à mourir, alors ce serait la fin. Non seulement la fin de cette bataille, qui resterait dans les annales des Nains comme un jour tragique dont on se souviendrait en pleurant, mais également la fin de leur campagne de reconquête, et peut-être la fin de leur peuple.

En attaquant l'autre race qui avait trouvé refuge sous les montagnes, les Nains avaient réveillé la puissance phénoménale des Gobelins. Une puissance bien supérieure à ce qu'ils avaient imaginé de prime abord, et qui leur donnait du fil à retordre désormais. Les forteresses et les cités cachées de ces serviteurs du Mal avaient uni leurs forces dans une résistance acharnée, des milliers de Gobelins avaient répondu à l'appel, venant renforcer les forces en déroute que les premiers mois de la campagne n'avaient pas épargnés. Ils s'étaient regroupés autour de chefs charismatiques, ils avaient tenu bon des points stratégiques, et avaient fortifié leurs positions au point de rendre coup pour coup aux Nains. La violence des combats n'avait pas encore atteint son paroxysme, mais tous les Naugrim savaient que viendrait bientôt l'heure de la grande bataille décisive, celle qui déciderait de l'avenir des deux races... Et ils n'étaient plus vraiment certains de pouvoir l'emporter. Seule l'unité des Nains offrait un espoir de victoire contre cette menace. Si Thorik venait à disparaître, si le Roi tombait aujourd'hui... L'alliance éclaterait probablement, balayée par les dissensions internes qui ne manqueraient pas de fracturer le fragile et temporaire sentiment de destin commun qu'éprouvaient les Naugrim en cet instant. La défaite se présentait, certes, mais Les Gobelins ne pouvaient, ne devaient remporter une victoire régicide. Il y avait bien trop en jeu.

Un vent venu du Nord, apporté par la nuit qui semblait décidée à s'éterniser sur le champ de bataille - elle qui prenait parti en faveur des Gobelins -, se mit à souffler puissamment sur la citadelle qui se dressait solitaire au milieu de cette marée d'ennemis. Les vapeurs fuligineuses que soufflaient les immondes et putrides monstres surgis sournoisement se dissipèrent quelque peu, et les deux camps en profitèrent pour réorganiser leurs forces. Un répit bienvenu, qu'il fallait savourer immédiatement car il ne durerait pas. Les Nains se regroupèrent, et tirèrent leurs blessés à l'abri tout en érigeant leurs boucliers comme un rempart infranchissable. Parallèlement, Les Gobelins se redéployèrent, faisant face à la ligne Naugrim armés d'un courage extraordinaire. En fait de courage, il s'agissait surtout d'une rage meurtrière qui les enivrait, et leur donnait l'envie de fondre sur leurs ennemis au mépris de leur propre vie. La pugnacité dont ils faisaient preuve n'était pas celle des Orcs qui, couards et lâches, auraient depuis longtemps rompu le combat face à la résistance héroïque des Nains qui avaient infligé de lourdes pertes à leurs ennemis. Non, ces Gobelins-là, bien qu'affamés, malingres et chétifs, étaient des adversaires formidables dont la détermination à tuer était sans pareille.

- Hadhod ! Cria quelqu'un. Où est Hadhod ?

Les Nains se regardèrent, éperdus, incapables de localiser l'un de leurs héros les plus respectés. Il était l'un de ceux qui étaient capables d'insuffler un courage incroyable à ses hommes, et d'inspirer des actes de bravoure insoupçonnés. Où était-il ? Il y eut des murmures dans les rangs des preux guerriers caparaçonnés dans leurs armures épaisses, retranchés derrière leurs lourds boucliers. Ce n'était pas de la peur. C'était du doute. Les Nains commençaient à douter.

- Hadhod ! Hadhod !

Les Gobelins, qui par étaient d'un naturel moqueur et caustique, se mirent à ricaner avec malveillance. Ils reprirent en les parodiant les appels désespérés des Nains, et entonnèrent des chansons qui achevèrent de cheviller au corps des défenseurs l'idée que leur seigneur était tombé.

- Hadhod, Had-Hadhod !
Où se cache le petit Nain ?
Moi j'ai son pied, regarde ici !
Moi j'ai sa main, regarde là !
Hadhod, Had-Hadhod !
Quel goût a le petit Nain ?
Son oreille sent le poulet !
Et ses yeux, les champignons !
Hadhod, Had-Hadhod !


Ils continuèrent ainsi longtemps, tapant des pieds en rythme, poussant des cris d'allégresse qui montaient jusqu'au ciel. Ils étaient fous, littéralement, et ils agissaient comme s'ils étaient possédés par quelque esprit avide de sang. Leur joie et leurs provocations suscitaient à la fois la rage et le désespoir chez les protecteurs de Kalil Abad, qui se savaient condamnés. Ceux-ci attendaient le prochain assaut des Gobelins, car ils étaient trop peu nombreux pour tenter une percée. Sans renforts, sans soutien d'aucune sorte, ils ne pouvaient pas espérer survivre à cette nuit. La guerre avait son prix, et ce soir il serait élevé.

Le Seigneur de la Moria était perdu. A ce rythme, le Roi des Nains s'écroulerait bientôt à son tour. La victoire des Gobelins était-elle donc inéluctable ? Cette bataille marquait-elle la fin des espoirs des Naugrim ?


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"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"

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Learamn
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Mar 2 Aoû 2016 - 18:16
Tout se passa en l’espace d’une poignée de secondes, passablement agacé par la farouche résistance de l’Ambassadeur Nain, Raztuk avait chargé en émettant un horrible hurlement , décidé à mettre enfin un terme à ce face-à-face qui n’avait que trop duré.
Ce vieux gazat était tenace mais à mesure que les secondes s’écoulaient , sa force s’estompait. Perlant de sueur et de sang, à bout de souffle; Kofur ne semblait plus en mesure de tenir tête à Raztuk. Et l’inévitable ne tarda pas à se produire: si le naugrim parvint à détourner la première attaque du gobelin au prix d’un effort surhumain , il ne fut pas assez prompt pour éviter les doigts crochus de son adversaire qui s’enfoncèrent dans ses yeux sages.
Pris d’une douleur cinglante, Kofur poussa un long cri avant de perdre l’équilibre.

“C’en est fini cette fois gazat de malheur!”
persifla le soldat de Goblinville.

Pressé de clore ce duel, Raztuk ne se fit pas prier pour faire passer le tranchant de sa cimeterre sur la gorge du nain. Du sang se mit alors à couler à flots depuis la plaie béante et Kofur n’émit plus que quelques gargouillis indistincts avant que toute trace de vie ne quitte son regard et de s’éteindre définitivement.

Couvert de sang , il ne savait pas s’il s’agissait du sien ou de celui de sa victime, le gobelin se redressa et scruta le champ de bataille. Celle-ci tournait très clairement à l’avantage de la coalition Gobeline ; les gazat reculaient et se regroupaient comme de la vermine autour de leur roi. Ils mourraient tous, Raztuk s’en assurerait personnellement. Le doux fumer du  sang de centaines de guerriers ennemis montait aux narines répugnantes du gobelin qui esquissa un sourire démoniaque.

Mais avant de se jeter à nouveau dans la mêlée , le gobelin savoura un moment le goût de la victoire. Et il le savoura au sens propre du terme puisqu’il commença par se pencher sur la dépouille de Kofur et à boire du sang qui ruisselait de la gorge du nain. Puis d’un geste sec il coupa une oreille au cadavre qu’il avala aussitôt.

Goûter le sang et la chair de ses propres victimes procurait un immense sentiment de satisfaction au gobelin. Il considérait que le vainqueur d’un duel, puisqu’il avait gagné , devenait de facto le propriétaire de la dépouille de son adversaire et il était donc libre de disposer de la dépouille comme il l’entendait.
En mangeant et buvant ce morbide festin, Raztuk se sentait comme supérieur à ses ennemis

Un ennemi….

D’ailleurs n’était-ce pas un ennemi qui déboulait dans son dos en brandissant au-dessus de sa tête une énorme hache à double tranchant?

Dwolin était parvenu à se débarasser de ses adversaires et il paraissait déterminé à venger lamort de Kofur.
Pris par surprise au moment où il s’y attendait le moins, Raztuk se retrouvait dans une situaiton des plus délicates.



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Dwolin
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Dim 7 Aoû 2016 - 14:01
Dwolin te,nait sa hache bien haute, prêt à asséner un coup décisif au perfide gobelin qui s'attaquait à l'un de ses semblables. Malheureusement, tandis que sa charge approchait son but, celui-ci se retourna, alerté par le cri de guerre du nain, et pu parer son coup de justesse.
Jamais Dwolin ne voudrait prendre la place d'un assassin silencieux contre la sienne, en première ligne. Mais il y a des fois, comme celle-ci, où fermer sa grande gueule lui aurait évité un affrontement compliqué.

Il était désorienté et, le temps de cette pensée, le gobelin était sur lui. Par deux coups rapides, il essaya de percer les défenses du naugrim et par deux fois il n'eut aucun mal à les parer. Ce n'est qu'une fois bien en position défensive que Dwolin comprit le véritable but de son adversaire. Ce dernier l'avait éloigné du nain blessé, qu'il était venu secourir. L'ignoble bête se précipita sur ce dernier, avec  l'intention visible de l'achever rapidement. Miraculeusement, et malgré la violence des coups portés, le nain au sol para ces attaques.

Tandis que Dwolin s'apprêtait à charger encore une fois, sans plus de considérations, le sol et les murs furent pris d'un tremblement. La clameur et le fracas qui s'en suivirent, en provenance des portes, ne pouvaient signifier qu'une chose, ces dernières étaient tombées. Le vaillant Naugrim s'était arrêté dans son élan, et le temps de reprendre sa course, deux nouveaux adversaires s'interposaient entre lui et son compatriote en fort mauvaise posture.

Il réussit à parer leur premier assaut sans trop de difficultés. Néanmoins, il se trouva bientôt dans une position défensive où le rythme que lui imposait ses vis-à-vis ne lui permettait pas de riposter. Il aurait pu attendre une faille ou une baisse d'intensité du côté de ses adversaires, mais il devait faire vite. L'espoir que son semblable ne survive s'amenuisait au fur et à mesure que les secondes passaient. Il devait mettre fin à cet affrontement. Il para encore un assaut, puis, il sauta sur le gobelin de droite. Ils se retrouvèrent au sol, le nain écrasant son adversaire du poids de son armure.  Il réussit à donner un coup de son heaume ancestral, en plein dans l'ignoble tête du gobelin, de quoi le mettre hors d'état de nuire un moment. Alors qu'il avait compté sur l'effet de surprise, pour avoir un peu de temps, l'autre gobelin fonça sur lui et le guerrier nain dû rouler plusieurs à deux reprises pour esquiver la lame adverse. Il réussit tout de même à l'éloigner un instant d'un coup de hache un peu chanceux dans les rotules. Le temps pour lui de se relever et de jeter un coup d’œil au combat qui se déroulait derrière lui. Les deux adversaires étaient à terre, mais le nain semblait au bout de ses forces. Il avait perdu beaucoup de sang.

Dwolin, à peine debout, dû parer une nouvelle attaque violente. Son assaillant arriva même à enfoncer sa lame dans le flan du nain. Heureusement, son armure était épaisse et la lame n'entailla sa chaire que très superficiellement. Encore mieux, une ouverture se présenta. Ni une, ni deux le soldat en profita et sépara la tête du corps de son assaillant.

Il se tourna vers son autre adversaire sonné, encore à terre, et l'acheva d'un coup puissant et précis dirigé vers le crâne. Une fois cela fait, il reprit un instant son souffle et se tourna vers sa cible originale. C'est alors qu'une vision d'horreur l'emplit. Le gobelin était au-dessus du corps inanimé du nain dont il buvait le sang. Le dégoût et la tristesse laissèrent rapidement place à la colère et au besoin de vengeance dans le coeur de Dwolin.

Il reprit sa charge, là où il l'avait laissé tout à l'heure et, cette fois, malgré la rage qui le brûlait dans les tréfonds de son âme, il se retint de lancer un cri de guerre. Cette fois-ci, le gobelin, absorbé par son activité répugnante, ne remarqua que trop tard le danger qui le guettait. Quand ses yeux croisèrent ceux de son assaillant, il eu un mouvement de recul devant tant de colère. On ne sut jamais s'il avait songé à la fuite car, l'instant d'après,le guerrier nain le percuta de plein fouet, avec une puissance telle que certains taureaux l'auraient envié.

La suite fut exécutée rapidement et froidement. Toute la rage du nain était passée dans la charge. Le gobelin ne faisait plus le malin. Il tentait de se relever, sonné, sûrement quelques membres fracturés.
Il n'arriva qu'à se mettre à genoux, de quoi voir le regard de Dwolin, emplis d'un désir de vengeance. D'un geste rapide et puissant, il repoussa le gobelin avec sa jambe et le maintint fermement au sol en y mettant tout son poids. Le peau-verte vit qu'il n'arriverait pas à s'extirper en gesticulant, aussi s'attaqua t-il à la jambe de Dwolin avec une intensité redoublée. Ce dernier ne vacilla pas, et s'attela à désarmer son adversaire avec des coups précis de sa hache dont chaque tranchant alla sectionner un bras adverse. L'infâme créature était à sa merci. Satisfait de la situation, Dwolin retira sa jambe qui bloquait le monstre, et, avant qu'il ait pu faire quelque chose, un premier coup de hache alla se ficher dans sa poitrine. Il fut suivit par d'autres coups, aussi violents, autour du premier impact. Après un moment, il s'arrêta, ça ne servait à rien de s'acharner sur un cadavre, le gobelin était mort. Sa colère destructive s'en alla d'un coup, mais sa colère envers lui-même ne fit que croître alors que son regard se posait sur le nain qu'il n'avait pas réussi à sauver. Il reprit son souffle et sentit une vive douleur à la cheville. Il y porta sa main. La maudite créature avait réussi à lui planter sa lame, avant qu'il ne lui tranche les bras. La blessure ne semblait pas grave mais elle l'obligeait à boiter.

Dwolin se rendit compte qu'il était seul, la fumée s'était diffusée et bien qu'ainsi dispersée, elle n 'était plus suffocante, elle formait une brume qui empêchait de voir au loin et elle piquait les yeux.  Les combats avaient dû se déplacer vers l'intérieur de la forteresse. Hélas, le nain avait du mal à se repérer dans cet environnement transformé. Il ferma les yeux et tenta de capter le bruit des combats. Certains lui parvenaient, mais ils paraissaient venir de loin, comme si la fumée atténuait le bruit. Quand il croyait avoir une direction, le bruit s'arrêtait et il reprenait dans une direction différente. Il avança dans une direction au hasard, convaincu de la nécessité de sortir de cette brume verte qui lui montait à la tête.

Sa jambe l'obligeait parfois à s'appuyer contre les parois de la forteresse. Sa vue se brouillait légèrement. Il avait conscience d'être vulnérable mais, ne voyant pas comment changer la chose, il avançait, résolu.
Il entendit des cris quelque part, devant lui. Convaincu qu'ils allaient s'arrêter, il n'y fit pas attention. Ils reprirent et, cette fois, de la même provenance. Dwolin dressa l'oreille. Cette fois il distingua les propos qui étaient criés :

-Hadhod ! Hadhod !

Les voix paraissent inquiètes. Il fronça les sourcils. Si le seigneur de la Moria avait déjà des ennuis, la fin ne devait pas être bien loin. Il avança dans cette direction en espérant qu'il pourrait se regrouper avec d'autres nains et fracasser d'autres crânes de gobelins. Après tout, il était là pour ça, et ce, même si la mort était au bout.
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Hadhod Croix-de-Fer
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Mer 14 Sep 2016 - 20:10
♦ ♦ ♦

C'était le lendemain. Le lendemain de la terrible bataille de Kalil Abad. Ou le jour même, car les combats, les cris de souffrance et de haine, les giclées de sang et le concassage des crânes avaient duré jusqu'au petit matin. Quelle heure était-il à présent ? Aucun des quinze nains hagards, pantelants ou blessés qui retournaient misérablement en direction de l'est n'en avait la moindre idée. Bien qu'ils eussent quitté les grandes hauteurs et marchassent sur un sentier qui serpentait entre les reliefs, la brume qui avait offert son nom à ce massif avait fait son retour, les étreignant et tirant leur moral déjà bien bas dans un abysse de désespoir. Où était le temps des grands projets et des chants de guerre, et des armures étincelant parmi les bannières déployées ? Il s'était volatilisé, tout comme le Seigneur Hadhod.

Il était fort difficile de deviner les pensées qui agitaient les esprits de cette poignée de survivant tellement ils avaient matière à broyer du noir...

Certains repassaient peut-être en boucle le déroulement de la bataille, depuis les premiers cors qui avaient retenti la veille au soir jusqu'au triste adieu aux morts de ce matin : l'appel aux armes... les créatures escaladant les remparts... la terrible magie des fumées nauséabondes... la grande porte s'écroulant comme un château de cartes sous les coups des trolls... les furieux corps-à-corps... la retraite vers le bastion... la résistance acharnée mais vaine... la retraite finale dans le donjon pour défendre le Roi Thorik jusqu'à la mort... les dernières forces et l'énergie du désespoir... et enfin, enfin, le soleil rouge qui était apparu contre toute attente et avait fait sonner le repli des assaillants. Un miracle dans cette nuit de cauchemars.

D'autres se demandaient sans doute où avait bien pu passer Hadhod, dont le corps était introuvable malgré la recherche peu ragoûtante qu'ils s'étaient infligés parmi les morts et les mourants des deux camps. Un soldat disait l'avoir vu pour la dernière fois la hache à la main en train de courir en direction du portail, puis disparaître dans la fumée. Ils se demandaient si le Seigneur de la Moria n'avait pas finalement troqué le sens de l'honneur pour l'option nettement plus pragmatique de la fuite incognito. C'était soit ça, soit qu'il s'était fait prendre vivant, soit que les ennemis avaient enlevé son cadavre pour le profaner chez eux. Aucune des hypothèses n'était réjouissante, et toutes porteraient un sacré coup à la cité de Khazad-dûm, ainsi qu'à la Reconquête.

D'autres encore, les plus terre-à-terre, se demandaient s'ils auraient le temps d'atteindre le gros de l'armée ou même juste un bastion allié, au rythme où ils progressaient, avant qu'une nouvelle nuit ne débute. Car ils le savaient fort bien, les peaux-vertes s'étaient vu refuser la cerise alors qu'ils avaient avalé goulument tout le gâteau : ils avaient réduit maints nains en chair à saucisse et avait fait couler leur sang tel une épaisse sauce au vin, mais ils n'avaient pas pu avoir la tête du Roi pour l'offrir sur un plateau à Baltog... Aussi quand le soleil se coucherait à nouveau, il y avait toutes les chances pour que les fugitifs soient encerclés encore une fois. Peut-être même la chasse avait-elle été lancée à la faveur du brouillard...

Le groupe s'arrêta tout à coup d'un commun accord tacite.

Cela faisait des heures qu'ils avançaient, tantôt marchant la tête basse et tantôt clopinant cahin-caha en surveillant leurs arrières avec des yeux exorbités. Certains avaient des entailles, d'autres des blessures plus sérieuses et tous étaient couverts de sang séché, le leur mais aussi le sang noir de leurs adversaires. La plupart d'entre eux, qu'ils fussent originaires de Moria, d'Erebor ou d'ailleurs portaient des armures cabossées et des vêtements déchirés à de nombreux endroits. Même le prince Orwen, qui par sa taille rompait l'uniformité de la troupe, était crasseux et presque méconnaissable. Seule la cape bleue de Thorik, qui avait vécu la bataille depuis le donjon de Kalil Abad contre son gré mais selon le vœu de son vassal disparu, montrait encore sa couleur d'origine. On se mit les mains sur les genoux et on courba le buste pour mieux reprendre son souffle. Un ou deux se laissèrent même choir au sol comme des sacs de patates.

- Diable, on n'y arrivera jamais ! laissa échapper un Ereborien de première ligne dont l'un des deux yeux était clos, noir et enflé.

- Quelle distance entre Abad et Nâla ? demanda un de ceux du sud.

Nâla était le diminutif du nom de l'avant-poste précédent, la petite forteresse la plus proche de Kalil Abad en direction de l'est, qui normalement était tenue par les troupes qu'ils y avaient laissées.

- Dix lieues pour le moins, répondit Thorik lui-même entre deux inspirations. Et qui sait quel spectacle nous attend là-bas si la Bataille de Kalil Abad n'était pas la seule bataille de cette sinistre nuit. Mais le seul moyen de savoir, c'est d'y arriver. Avec de la chance nous pourrons nous replier de bastion en bastion à la faveur des prochains jours et retrouver le gros de notre armée qui poursuit son avancée.

- Roi Thorik, objecta Orwen Hogorwenson sur un ton aussi respectueux que sa fatigue le lui permettait, si les attaques des gobelins se sont produites sur tous les bastions, alors frapper à la porte de la prochaine citadelle revient à se jeter dans la gueule du loup. Sans parler des tunnels de liaison qui sont peut-être infestés. Mais admettons que les bastions ne soient pas pris par nos ennemis... je ne sais pas si nous pourrons de toute façon accomplir dix lieues par jour – si ce n'est plus – dans l'état où nous sommes. Si je ne m'abuse le gros de l'armée est loin à l'est à hauteur de la Lande Desséchée, et qui sait si elle n'a pas déjà été attaquée et retardée ? Je m'aperçois trop tard du degré de ruse des Gobelins. Si notre armée ne nous atteint pas, quel allié pourra nous sauver d'une mort certaine ?




The Half Cop
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