La menace est souvent plus redoutable que l'action

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Nathanael
Espion de l'Arbre Blanc
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Ven 20 Nov 2015 - 18:28

La clameur de la guerre s’était tue mais les cris des blessés et le râle des morts formaient un écho sordide qui ne s’arrêtait pas. Le Rohan reprenait encore son souffle, et, même si la plupart de la population du pays avait repris une vie normale, les plaines du Riddemarck restaient empreintes par la récente barbarie. Quelques mois à peine. Fendor s’était hissé habilement sur le trône en invoquant une hérédité douteuse, Hogorwen était mort et Orwen avait été déchu, en quelque sorte. Ambassadeur. Un bien grand mot pour peu de chose. Un synonyme habilement déguisé de l’exil qui le menaçait. Harding n’en démordait pas, Fendor était incapable de gérer le pouvoir royal, incapable de gouverner un royaume auquel il ne connaissait rien, qu’il n’avait même jamais foulé de son pas enfantin, arraché à ses racines par des pleutres qui ne valaient pas mieux. Il l’avait entendu parler, et c’était à peine s’il avait l’accent Rohirric. Il maniait mieux le Ouestron que leur langue natale et il prononçait certaines consonnes avec une forte empreinte gondorienne. Qu’avait fait le Rohan pour en arriver là ? D’autant que le jeune roi ne se manifestait pas et s’était retranché loin de son peuple dans la sylve étrange au pied de la tour d’Ortanc. Espérait-il y trouver une force magique qui lui apprendrait à devenir fort et brave, à devenir un homme, ou mieux, un roi ?

La Maréchal Gallen Mortensen avait eu la gentillesse et la patience de garder Harding sous ses ordres le temps que les choses se tassent. Ils partageaient des valeurs communes et un profond respect des traditions Rohirrimes mais Harding n’avait pu rester auprès de lui. Il n’avait aucune responsabilité martiale ou politique à assumer et il lui était inconcevable de reprendre du service dans la cavalerie royale. Il ne pouvait se résoudre à l’idée de défendre un roi auquel il n’accordait aucun crédit. Il avait donc sellé son cheval et salué chaleureusement ses compagnons d’armes avant de retrouver la poussière de la route et l’inconfort inhérent à toute forme de liberté.

Les longues journées silencieuses et solitaires s’étaient étirées inlassablement jusqu’au début du printemps. Il avait passé les dernières semaines du Rude Hiver dans différentes tentes nomades, ici des marchands, là des bergers. Il parlait peu mais son savoir-faire était toujours apprécié comme monnaie d’échange : agnelage, réparation d’outils, de pièces de selle ou de filets. Puis quelques orcs avaient semé l’agitation au Sud-Est du royaume, des groupes épars qui traversaient les plaines impunément au pas de course. Harding avait rejoint quelques cavaliers Rohirrims pour en venir à bout. Mais les créatures de Sauron n’avaient même pas cherché à provoquer les combats, ils s’étaient défendus comme des victimes d’une échauffourée au lieu de manifester la hargne et la violence brutale qui leur étaient coutumières. Certains avaient bien commis quelques larcins dignes de ce nom sur leur passage, mais la plupart courrait de nuit en direction des Montagnes Blanches et des Monts Brumeux, poursuivis par une ombre menaçante qu’ils étaient les seuls à voir. La même histoire se répétait partout. Plusieurs hommes avaient évoqué leur crainte : une invasion, des éclaireurs, une autre guerre. Beaucoup d’orcs avaient ainsi été pourchassés loin au Nord pour s’assurer qu’ils ne rejoindraient pas les leurs « ailleurs ».

Harding avait une autre idée, saugrenue, qui lui trottait dans la tête. Aucune armée n’était venue leur déclarer la guerre. Aucun groupe n’avait réellement de chef. Il ne s’agissait peut-être pas d’une invasion, mais d’un exode, d’une fuite en avant pour se réfugier loin d’une menace incertaine, du joug de quelques forces noires que même les orcs craignaient. L’idée n’était pas plus réconfortante que celle d’une guerre ouverte, car ce qui poursuivait les orcs risquait un jour de venir jusque chez eux. Et il n’y avait rien de pire que de ne pas savoir à quoi s’attendre.

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