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Learamn
Capitaine de la Garde du Roi du Rohan
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Lun 27 Juin 2016 - 16:07


Eofend peinait à trouver le sommeil et pourtant ce n’était pas la fatigue qui manquait ; mais le sergent avait l’impression que les derniers espoirs de réussite de cette mission venaient de s’envoler avec l’arrivée de cet abruti de capitaine qui n’avait décidément pas le sens des priorités.

Entre-temps ils avaient découvert un nouveau cadavre effroyablement défiguré et un indice de taille mais qui ne les aidait malheureusement pas à rattraper plus vite les fugitifs.

Le sous-officier n’avait jamais été un homme vaniteux ou attiré par le pouvoir et il se contentait de son statut malgré sa grande expérience dans les rangs de l’armée rohirrim ; c’était un soldat valeureux et besogneux qui n’hésitait pas à aller au combat et au contact mais il n’était pas caractérisé pars des talents de bretteur hors du commun et encore moins connu pour son charisme et son panache. Par conséquent il ne s’était jamais senti lésé d’obéir aux ordres de ses supérieurs , y compris lorsque  ceux-ci n’étaient pas encore nés quand il avait pris les armes à l’image du capitaine Learamn. Mais s’il y avait bien une chose qu’il honnissait c’était bien l’incompétence chez les officiers ; ce genre d’officier qui n’avaient rien prouvé mais qui avaient su assez bien  faire jouer leur relations et leur influence pour obtenir un grade important. Typiquement ce genre d’officier imbus d'eux-mêmes, persuadé que leurs directives sont les bonnes alors qu’elles mènent  à la catastrophe et leur nouveau capitaine semblait être de cette temps ; et il fallait y ajouter sa rancoeur parfaitement visible.

Le sous-officier , se rendant compte qu’il ne parviendrait pas à trouver le sommeil , se redressa sur ses coudes et jeta rapidement un coup d’oeil aux alentours: Starfol et Théomer montaient la garde plus loin tandis qu’à son côté Méared dormait profondément, Halgor quant à lui était adossé à une roche et taillait avec soin un bout de bois à l’aide de son couteau; le sergent de la Garde Royale s’approcha alors de son subalterne.

Je ne te savais pas artiste Halgor…” fit-il avec une pointe d’amusement .

Halgor leva promptement les yeux , prêt à réagir devant la personne qui s’approchait et qui lui avait adressé la parole. Il se détendit cependant quand il vit qu’il s’agissait d’Eofend.

“Bah... je ne suis pas vraiment un artiste mais j’aime bien sculpter des choses quand je suis contrarié , ça m’occupe l’esprit et évite de faire des bêtises.
-Quel genre de bêtises?
- Trancher accidentellement la tête d’un pédant capitaine.
-Je vois…”


Halgor représentait une énigme pour tout ses supérieurs , cet homme au passé trouble ( il avait servi dans les rangs d’Hogorwen durant le règne du roi félon) n’était pas d’un naturel très ouvert.  Peu bavard et taciturne il restait le plus souvent silencieux , calme et en retrait ; désireux de ne pas faire de vagues ainsi que de ne pas attirer l’attention sur lui  mais parfois , et heureusement le plus souvent durant un combat , toute la rage et la violence qui l’habitait ressurgissait d’un coup et l’Homme devenait dangereux y compris pour ses alliés. A  vrai dire quand il était pris par l’ardeur et l’adrénaline du combat il faisait abstraction de toute autre chose et était capable d’une telle violence que ses frères d’armes finissaient bien souvent par le freiner.

Mais malgré le caractère particulier de son homme , Eofend comprenait sa frustration ; avec l’arrivée de ce capitaine , la Garde Royale qui devait être la tête de gondole de l’expédition était reléguée à des seconds rôles bien ingrats

“Tâche de dormir et focalise toi sur notre objectif”
lui conseilla alors le sergent en retournant essayer d'en faire de même.

Le sous-officier finit par trouver le sommeil ce qui n’était pas le cas d’Halgor qui n’avait pas réellement cherché à appliquer les conseils de son supérieur malgré son consentement déclaré. Le Garde se leva et traversa le promontoire où ils avaient décidé de s’arrêter pour arriver à l’endroit où le capitaine s’était assoupi.  Et avec autant de délicatesse que l’entrée d’un Mûmakil dans un marché aux pues d’Hobbitebourg , il prit  le chef autoproclamé de cette mission par les épaules et le secoua violemment .

“REVEILLE-TOI ESPECE D’ABRUTI! TU VEUX QUE CETTE MISSION REUSSISE DIS-MOI? OUI? ALORS RENTRE CHEZ TOI ENFLURE !”


Le vacarme que cela provoquait ne passa évidemment pas inaperçu et alerta toutes les personnes présentes , Théomer et Starfol les premiers qui allaient devoir vite décider de faire quelque chose car Halgor , victime d’une de ses imprévisibles sautes d’humeur , semblait bien déterminé à étrangler le capitaine.



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Théomer
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Mer 6 Juil 2016 - 12:00
Les chevaux halètent, les naseaux frémissants, cherchant à remplir d'air leurs volumineux poumons épuisés par la poursuite. La sueur ruissèle sur leurs corps et ils semblent entourés d'une brume de vapeur que dégage la chaleur de leurs corps puissants.
Nivafel piaffe. Lui d'habitude non rechignant à l'effort est épuisé, et semble voir venir la pause et le repos.
La pause est ordonnée et c'est probablement le premier ordre logique donné depuis le début de la prise de pouvoir de l'autre imbécile imbu de sa personne. Chacun met pied à terre, à son rythme, luttant contre les courbatures.
C'est là que le commandant vous désigne pour le tour de garde. C'en était presque prévisible. Tu ne dis mot, te contentant encore de l'ignorer en levant les yeux aux ciels à l'attention de Starfol.

''Ca , c'est spécialement pour ceux qui l'ont trop ouverte...''

Autour de vous, le reste de la compagnie, fourbue, se disperse et cherche un endroit ou se reposer. Tu observes avec déplaisir certains s'allongeant sans même prendre soin de leurs montures qui ont fourni les efforts de la journée et vous ont conduit jusqu'ici.
Après avoir pris le temps de t'étirer quelque peu, tu sors du paquetage accroché à la selle de Nivafel, le maigre nécessaire qui lui est destiné, avant de le déharnacher. Puis tu le frottes vigoureusement sur tout le corps avec un torchon, cherchant à éponger la sueur de ton valeureux compagnon, avant que de l'étriller et le panser. Autour de toi, la plupart sont déjà maintenant allongé, et Eofend vient vous souhaiter un tour de garde. Tu le remercies d'un hochement de tête.

''On commence a connaitre le personnage, pas de souci, capitaine.''

Tu ranges ta brosse et regardes autour de toi. Le promontoire fournit un excellent point de vue sur les alentours et limite le risque d'embuscade, mais tu ne remarques aucun point d'eau à proximité. Pestant contre ce manque de précaution, tu prends sur toi de sacrifier une de tes deux gourdes pour donner à boire à ton étalon.
Fixant  à sa tête le réservoir que tu remplis d'eau, tu laisses Nivafel s'hydrater, lappant avec plaisir l'eau.

Tu rejoins ensuite finalement Starfol qui ouvre une gourde dont tu peux déjà soupçonner le contenu, l'homme n'ayant guère donné d'illusions jusque là sur la rigueur militaire. Tu acceptes néanmoins avec plaisir l'offre, n'en prenant néanmoins qu'une petite gorgée.
L'alcool te brule quelque peu la gorge avant de te donner une agréable sensation de chaleur diffuse.

''Bah, une histoire bien banale j'en ai peur. J'ai grandi dans une ferme de l'Eastfold, sans connaître mon père. J'ai grandi avec le fils de mon seigneur, entre les boulots de ferme et l'apprentissage aux armes. On avait toujours fait en sorte que je sois en quelque sorte son écuyer, son acolyte.
Il était comme un frère pour moi.''


Un petit trémolo dans ta voix, et on ne peut que noter l'utilisation de l'imparfait.

''J'ai appris à chevaucher avec lui, on combattait tous les jours ensemble à l'épée, après que j'ai fini les boulots dans les champs et les troupeaux.

Il y a deux ans, je l'ai accompagné avec son père à Aldburg. Nous avons été surpris là-bas par l'assaut surprise sur la citadelle. Ca a été mon premier combat contre un vrai adversaire, la première envie et besoin de tuer pour ne pas être tué.
Plus tard, lorsque la guerre civile à éclaté, nous avons rejoint les rangs du prince Orwen, nous ralliant la décision du Maréchal Mortensen.
Nous avons marché de combats en combats pendant presque un an et puis Béomer est tombé à la Bataille des trois rois...''


La nuit vous entoure, de plus en plus sombre. il n'a pas été décidé de faire du feu, probablement pour ne pas se faire remarquer, et tu ne peux critiquer cette décision.
Le promontoire vous couvre sur trois flancs, n'offrant à d'éventuels assaillants que des parois abruptes à l'escalade. Cela ne vous laisse qu'un flanc à surveiller activement.

Et bizarrement, ce n'est pas de là que viendra le signe qui vous tirera de votre léthargie.
Le camp formé à l'improviste était encore parcouru de silhouettes s'agitant, ou ne trouvant pas le sommeil et déambulant mais un brusque éclat de voix retentit et réveille tout le monde.

Tu as bondi sur tes pieds, tirant ton épée, peu au clair de ce qui est en train de se passer.
L'obscurité n'aidant pas, tu mets quelques instants à repérer le lieu de l'action et à comprendre ce qui se passe, avant de reconnaitre le faciès d'Halgor semblant en train d'étrangler celui qui ressemble fort au commandant auto-proclammé de l'expédition.

Un bref instant, ton épée vacille dans ta main, et tu t'amuserai presque de la situation. Cela ne dure qu'un éclair, et tu raffermis ta voix et la prise sur ta garde, la pointe de ton arme restant pointée au sol, non menaçante encore.

''Halgor, lachez-le !''
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Learamn
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Mer 13 Juil 2016 - 12:48

Alerté par le vacarme Eofend accourut au plus vite vers le lieu de la scène d’agression.  Halgor, possédé par la rage , tenait le capitaine à la gorge et le secouait avec une violence extrême. Le garde royal ne semblait pas entendre ou du moins semblait ignorer les injonctions de Théomer à son égard.

Après avoir rapidement analysé la situation le sous-officier se jeta sur Halgor avant que Théomer ne puisse esquisser le  moindre geste. Les deux hommes roulèrent sur le sol et l’odieux capitaine fut par la même libéré de la suffocante étreinte exercée par le garde royal.
Il cracha au sol et se massa son cou meurtri et rougi , il avait été pris par surprise et n’avait pas vraiment compris ce qu’il s’était passé sinon qu’on avait tenté de l’étrangler. Il se redressa tant bien que mal et chercha à reprendre le contrôle de sa respiration saccadée.

De son côté, Eofend n’avait pas trouvé d’autre solution pour calmer son subordonné qu’un formidable coup de poing dans le thorax. Le sergent avait frappé assez fort pour stopper les ardeurs d’Halgor mais il avait bien pris soin de ne pas le blesser.

Le sergent souffla alors au garde:

“Halgor , tu es fou ou quoi? Tu veux te faire tuer pour mutinerie?”

Le principal intéressé qui avait cessé de se débattre marmonna quelque chose de sa voix rauque mais personne ne comprit vraiment.

“On a des meurtriers à chasser et ils ont déjà de l’avance sur nous. Je doute fort que ce genre de décisions nous aide à les rattraper . J’en doute même très fortement.”

Le sergent se tourna alors vers ceux qui étaient en charge du tour de garde au moment des faits :

“Théomer , Starfol ! Vous ne pouviez pas le prévoir mais à l’avenir quand vous monterez la garde surveillez également l’intérieur du campement.”


Eofend ne ferma plus l’oeil de la nuit et passe les heures qui suivirent à parlementer avec le capitaine pour le persuader de ne pas agir contre Halgor dans l’immédiat et d’au moins attendre la fin de la mission pour ne pas compromettre les chances de succès de celle-ci ; il savait que le garde avait plus d’un tour dans son sac et était capable de réfléchir avec sang-froid lorsqu’il n’était pas pris par l’un de ces accès de rage. Nul doute qu’il trouverait à s’enfuir d’ici là avec la complaisance du sergent et la tolérance du capitaine Learamn.

Le capitaine ne se laissa pas convaincre facilement , dans un premier temps , après qu’il eut un peu mieux compris ce dont il avait été victime , il était furieux et désirait envoyer plusieurs de ses hommes pour escorter Halgor comme prisonnier jusqu’à Edoras pour qu’il soit jugé et puni en bonne et due forme et il avait fallu tous les arguments du monde à Eofend pour faire reculer l’officier : le tableau était simple , s’ils perdaient encore plus de temps il était acté qu’ils ne retrouveraient plus ces bandits.

Ce fut à contrecoeur que le capitaine ordonna donc à la troupe de reprendre la route au petit matin; il avait conscience que certaines de ses décisions étaient assez impopulaires mais il ne voulait pas porter la responsabilité de l’échec de la mission sinon il risquait bien de devenir la risée de toute la troupe.

Halgor, conscient qu’il avait peut-être été un peu trop loin mais qui semblait toujours vouer une haine viscérale au malandrin incompétent qui les commandait , se plaça discrètement en queue du peloton.  Méared était à ses côtés et les deux compagnons étaient plongé dans une longue conversation, personne ne pouvait se targuer d’avoir repéré une quelconque complicité entre les deux guerriers si différents depuis le début de la mission mais au fond ils faisaient tout deux partie de la Garde Royale et inévitablement des liens forts se tissaient même si on ne les voyait pas facilement. Peut-être étaient-ils en train d’organiser la fugue d’Halgor qui étaient promis à un bien sombre destin s’il restait dans le groupe jusqu’à la fin?

Théomer et Bryhn avaient beau tendre l’oreille , ils n’entendaient que des bribes de leur discussion , tros peu pour en tirer des conclusions. Seuls les mots “ sombre crétin “ et “officier de mes deux” revinrent à plusieurs reprises…

C’est alors que Starfol pointa du doigt une nuée sombre: des corbeaux , ces oiseaux charognards qui ne les avaient pas quitté depuis leur départ et qui leur indiquaient la route à suivre : quelq’un d’autre était tombé.  Le groupe partit au galop et trouva un nouveau cadavre.

Le mode opératoire n’avait pas changé et le visage du pauvre hère était méconnaissable mais son uniforme et sa frêle silhouette ne tardèrent pas à être remarqué par certains membres du groupe. Le défunt portait l’uniforme du Rohan et son apparence chétive était familière à Eofend. Méared descendit de son cheval et se pencha sur le cadavre qu’il fouilla sommairement et il dénicha un papier et une écharpe rouge.

“L’ordre de mission et l’écharpe offerte par sa mère…
-Meden…”
fit Eofend dans un murmure.

La jeune recrue ou ce qui en testait  qui avait accompagné la veuve et les enfants du fermier se tenait couché devant eux , mort. Eofend avait vu de nombreux frères d’armes tomber mais à chaque fois cela lui faisait mal surtout quand ces hommes étaient placés sous sa responsabilité comme s’il considérait qu’il en était coupable dans une certaine mesure.

Pour saluer le jeune cavalier , ses anciens compagnons mirent pied à terre , ôtèrent leur casque et gardèrent le silence pendant un long moment.

“Allez chercher des pierres , il faut l’ensevelir”
ordonna le sergent qui s’évertua à chasser les oiseaux de malheur en faisant de grands moulinets avec son épée.

On apporta rapidement des pierres et on fit une cérémonie sommaire et rapide ; il n’y avait pas le temps pour des éloges funèbres et autres déclarations , Méared souffla dans le cor l’ode aux soldats tombés et le groupe repartit aussi vite qu’il le put animé par un supplément de rage envers les meurtriers.
En tête du groupe ,Starfol se tourna vers Théomer :

“On va faire payer ces salauds petit crois-moi ! Si jamais tu vois quelqu’chose hésite pas hein ! T’as l’air vif et perspicace et vaut mieux quat’yeux que deux pour repérer de nouveaux indices.”


Dans un même temps Eofend s’adressa à Bryhn:

“Ces bandits sont bien plus que de simples brigands ; ils semblent être des tueurs entraînés . Même si nous les retrouvons la partie ne sera pas facile et finalement le renfort du capitaine et des ses hommes ne seront pas de trop. Qui sait ? C’est peut-être un coup de pouce du destin.”



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Bryhn
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Ven 12 Aoû 2016 - 23:54
Après l'inspection du cadavre inconnu, la troupe reprit la route sur les traces des voleurs. Plusieurs heures passèrent, le groupe se dirigeait plein nord lorsque sans s'y attendre, un nuage de poussière apparut à l'Est, laissant penser que c'était le groupe de andit qu'ils traquaient, tout le monde se mit en posture défensive mais Halgor émit un doute :“Non , nous n’avons pas pu les rattrapper aussi vite ; et puis ils sont censés fuir vers le Nord pas galoper vers nous depuis l’Est. “

Et il avait raison, quelques secondes plus tard, ce ne fut pas des bandits mais une entière éored qui se rapprochait d'eux.

Arrivé à proximité, le capitaine de l'éored les observa un moment et son regard s'arrêta sur les trois gardes royales, il leur demanda ce qu'ils faisaient ici, dans un endroit aussi reculé de la campagne au lieu de protéger son altesse, il fallait être idiot pour savoir que cette question était plus une critique qu'une réelle demande d'information mais Eofend lui répondit sans sourcicier : “Nous sommes en mission pour la couronne mon capitaine , je vous en prie laissez nous poursuivre.”

Le capitaine lui demanda plus de détails, puis une confirmation de mission , comme ci il essayait délibérement de nous faire perdre notre temps pour que nous faillissions à notre mission, son sourire moqueur peu dissimulé le confirme peut-être.

La frustration du sergent se sentait dans ces mots, mais la discipline lui fit garder son calme, en revanche quand le capitaine se tourna vers Bryhn, Théomer et Starfol et qu'il fit la remarque comme quoi Starfol est un civil dans une mission royale, le pisteur n'hésita pas à répliquer sèchement :" Ouais et j’me dis que vaut mieux être un paisible civil qu’un abruti de capitaine de la sorte.”

Le capitaine n'apprécia pas du tout la remarque, ce qui accentua encore plus la tension actuel, Starfol murmura et seul Théomer et Bryhn entendirent :“Aussi con que son canasson ….”

Le capitaine passa à Bryhn et Théomer :“Vous non plus vous n’êtes pas de la garde. Nom? Grade? Compagnie? Régiment ? Raison de votre participation à cette mission? “

Théomer répondit en premier et Bryhn suivit d'un ton très stricte : « Bryhn, Cavalier de la Marche Ouest, actuellement au poste de chef de patrouille, mon escouade est à bout de force après une semaine de patrouille, je la laisse se reposer au poste d'Edoras tandis que j'offre mon aide au sergent Eofend dans cette mission de la plus haute importance, Capitaine. » Bryhn suivit la méthode de Théomer en insistant sur les 3 derniers mots afin d'aider le sergent.


Les présentations faites, le capitaine donna l'ordre au groupe d'Eofend de se mettre en queue de file, une manière de s'approprier le commandement de l'expédition, tout le monde pensait la même chose à propos du capitaine, il allait considérabelment les ralentir.

Après plusieurs heures de voyages, le capitaine ordonna une pause de quatre heures avant de repartir en chasse, d'après Starfol ils sont sur la bonne voie, mais vont-ils assez vite, c'est la question que Bryhn se pose.
Théomer et Starfol ont été désigné pour monter la garde, sûrement parce que le capitaine ne les porte pas dans son cœur à cause de leur « intolérence ». Tu tapotes les épaules de Théomer et Starfol en signe  de soutien et part s'échauffer un peu les muscles avant d'aller se reposer. Bryhn songea à où donc cette mission allait les mener, il pensa à son escouade qu'il avait laissé à la garnison d'Edoras depuis mainteant plusieurs jours, sont-ils content du repos supplémentaire, ont-ils été affectés ailleurs ? Bryhn s'endormit quelques minutes après ces quelques pensées.

Mais son repos fut troublé par un hurlement, Bryhn sortit de sa tente en vitesse, il vit Théomer et Starfol se diriger vers la tente du capitaine, Théomer cria : « Halgor lâchez-le . » Bryhn comprit en quelques secondes ce qu'il venait de se passer et lâcha un sourire avant d'aller voir la situation.

Alors qu'il entra dans la tente, il vit Eofend en train de maîtriser Halgor, Starfol et Théomer un air amusé ssur le visage et le capitaine essayant de retrouver sa respiration, Bryhn aida le sergent à évacuer Halgor de la tente et tout le monde repartit se coucher.

La troupe se remit en route au matin, quelques instants après le départ, Starfol repéra une nuée de corbeau, encore une, un autre cadavre avec sûrement des indices sur notre mission, mais il en fut tout autre, après inspection le machabé en question n'était autre que la jeune recrue envoyé raccompagner la famille en deuil. Ce n'était pas le premier compagnon qu'il perdait mais cette perte lui fit autant d'effet que la mort de ses parents, Bryhn ainsi que Eofend, Halgor, Méared, Starfol et Théomer descendirent de leur monture, enlevèrent leurs casques et firent une minute de silence pour la recrue...

Le sergent ordonna :“Allez chercher des pierres , il faut l’ensevelir”, s'en suivit une petite cérémonie en l'honneur de Meden, par manque de temps, le stricte minimum à dù être fait en matière de commémoration, chacun des anciens compagnons de Méden se jura de retrouver ces bandits et de le venger, ils le connaissaient à peine mais il était trop jeune pour mériter ça,

Eofend se tourna vers Bryhn :“Ces bandits sont bien plus que de simples brigands ; ils semblent être des tueurs entraînés . Même si nous les retrouvons la partie ne sera pas facile et finalement le renfort du capitaine et des ses hommes ne seront pas de trop. Qui sait ? C’est peut-être un coup de pouce du destin.”

Bryhn répondit vivement : « Peut-être, même si j'aurais préféré tomber sur un homme plus compétent que ce bon à rien, à l'heure qu'il est, si il ne nous avait pas retardé, nous aurions peut-être pu éviter cette tragédie mais c'est trop tard, ce jeune homme est mort, tué par des enfants de salauds, qui ne sème que chaos et mort sur leur passage, je vais vous dire un truc sergent, je retrouverai ces bandits quoiqu'il en coûte même si pour cela, je dois finir le travail d'Halgor. » Après ces mots, Bryhn se rapprocha de Starfol et Théomer pour voir si ces bandits sont encore loin.

[HRP] Désolé d'avance pour ce poste très résumé ^^'.
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Théomer
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Dim 14 Aoû 2016 - 11:52
L'accident avait été le seul épisode marquant de la nuit, mais avait suscité force discussions et négociations entre les deux gradés de votre compagnie, qui avaient trainé sur une grande partie de celle ci. QUe le capitaine cherche à punir Hlgor était évident, qu'il cherche à le faire rapidement, sévèremnt et en mettant en danger votre expédition, était tout aussi raccord avec le caractère qu'il avait exhibé jusque là.

La chose parait entendue lorsque vous reprimes votre chevauchée à l'aube, Eofend avait réussi à temporiser.
En arrière garde, Halgor semblait ronger son frein ou peut-être, ayant réalisé la portée de son acte et ses conséquence, commencait-il à entrevoir les possibles répercussions? Tu ne savais guère jusqu'ou celles_là pouvait aller, certes, il s'agissait d'un acte d'insubordination mais Halgor était membre de la Garde Royale, ce serait probablement à ses gradés qu'ils devrait en référer. Méared, chevauchant à ses côtés semble vouloir le rassurer. Ou alors ces deux là manigancent quelque chose et se préparent au pire venant du capitaine. Leurs chuchotis et empressements à se taire lorsqu'on se rapproche d'eux reste suspect, mais tu comprends la distance qu'il garde envers des compagnons encore tout frais.


La nouvelle colonne de charognards reporte ton attention sur autre chose que le duo. En même temps, tu sens comme un poids sur ta poitrine.
Ils avaient recommencé.
Lorsque vous reconnaissez votre jeune compagnon sous la bouillie humaine qui se présente à vous, un nouveau bouillonement de rage te prend. Massacrer des innocents, des faibles et des proies isolées, est ce là tout ce que ces bandits savent faire?

Tu peines à garder ton calme durant la courte cérémonie d'hommage, rongeant ton frein en silence.
Tu n'as qu'une envie, c'est retourner en selle et galoper, galoper jusqu'à retrouver ces enfants de salauds et les passer au fil de ta lame.

Alors que la poursuite reprend, une fois de plus, à la poursuite de cet ennemi fantôme qui semble vous narguer, tu presses inconsciemment Nivafel un peu plus.
Machoire crispée, tu rejoints Starfol qui a pris de l'avance sur le reste de l'expédition, cette fois ci sans remarque du capitaine. Il guide votre groupe à l'affût d'indices sur la direction. SI l'homme n'a guère l'esprit du soldat, il est évident que ce nouveau meurtre doit également le pousser à retrouver cette dieuse bande et qu'il donnera le meilleur de lui.

''On va faire payer ces salauds petit crois-moi ! Si jamais tu vois quelqu’chose hésite pas hein ! T’as l’air vif et perspicace et vaut mieux quat’yeux que deux pour repérer de nouveaux indices.''

Sans doute a-t-il remarqué tes traits tirés, ta machoire tendue, tes yeux brûlants d'une haine et d'une violente envie d'en découdre.
Tu sens ton sang bouillonner.
Sang-Vif. Ton surnom te traverse furtivement l'esprit.
Tu approuves d'un hochement les paroles du pisteur et vous poursuivez sur votre allure.

Il ne s'est pas écoulé une heure que, suivant des pistes jusque là assez aisèment identifiables pour Starfol, vous débouchez sur un grand plateau pierreux. Les empreintes s'éclaircissent, les indices s'amenuisent et votre groupe s'arrête finalement au milieu de nulle part. Parti est pris de séparer quelques éclaireurs aux alentours pour tenter de retrouver une trace.

Tu pars plein Ouest, puisque cela semble être la direction suivie jusque là.
Le plateau rocailleux et aride s'étend toujours devant toi. Aucune trace ne peut s'imrpimer sur une surface aussi dureet la végétation rabougrie et clairsemée te donnera peu d'indices au vu de ton expérience de pistage.

Mais quelques instants plus tards, tu repères un peu plus loin sur un relief, une trace, comme une balafre. En te rapprochant, tu distingues l'éboulement d'un talus, plusieurs pierre se sont détachées ainsi qu'une partie du sol.
Comme si il s'était dérobé après qu'on soit passé dessus.

Au pied de l'éboulement il te semble distinguer une silhouette.
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Ryad Assad
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Lun 15 Aoû 2016 - 12:51
Les cavaliers du Rohan avaient chevauché avec ardeur et courage, bravant la fatigue qui pourtant se répandait insidieusement dans leurs veines, comme un poison invisible qui rongeait leurs forces. Ils étaient parfaitement conscients de traquer des individus d'une rare violence, des voleurs et des tueurs qui n'hésitaient pas à se séparer de ceux qui, parmi eux, ne servaient plus fidèlement leur cause. Avec une brutalité sans nom, ils laissaient des victimes innocentes dans leur sillage et poursuivaient leur route de carnage au nom d'un but qui laissait songeur. Pourquoi ? Pourquoi faire tout cela, prendre autant de risques, engager autant de moyens ? A qui avaient-ils l'intention de vendre les armes qui avaient été dérobées chez Asthrabal le Bourgeois, marchand de Lossarnach ? Car ils avaient forcément l'intention de les vendre, ces armes… Pas de les utiliser pour eux-mêmes. Si ?

Cela semblait avoir assez peu d'importance, finalement, car la petite troupe continuait sa progression malgré tout. Les dissensions internes, les conflits de pouvoir et d'ego qui émaillaient leur quotidien, rien ne semblait pouvoir les détourner de leur mission première. Ils étaient peut-être en désaccord sur de nombreux points, mais ils étaient au moins unis par le désir de mettre un terme aux agissements de ces bandits. Les empêcher de quitter le Rohan était leur priorité, et elle surpassait toutes les querelles qui pouvaient exister entre eux. Alors, quand ils avaient découvert le corps de leur compagnon, la plupart des combattants n'avaient pas pu dissimuler leur rage. Cette affaire était devenue personnelle, et ils entendaient bien venger le jeune Meden. Le malheureux n'avait pas vu assez de printemps pour finir ainsi, gisant sur les immenses plaines du Riddermark, défiguré au point que ses parents n'auraient pas pu reconnaître ses traits. Les brutes qui lui avaient infligé ça avaient désormais derrière eux les soldats les plus motivés et les plus déterminés de tout le royaume.

Ils avaient repris la chasse, tirant sur leurs montures, les poussant dans leurs derniers retranchements pour essayer de gagner du terrain sur ces hommes invisibles qui les narguaient à l'horizon, en leur laissant des indices macabres, comme s'ils les provoquaient, les mettaient au défi de parvenir à les rattraper un jour. La course poursuite les menait toujours plus vers l'Ouest, et à chaque heure qui passait les bandits se rapprochaient de leur échappatoire. Ils galopaient à un rythme soutenu, et de toute évidence entendaient s'échapper par la Trouée du Rohan en profitant de la confusion. Une armée ne pouvait s'y engouffrer sans être repérée et stoppée, mais un petit groupe rapide n'aurait aucun mal à prendre de vitesse les éclaireurs. Le temps qu'ils rejoignissent la forteresse de l'Isengard où se retranchait le Roi Fendor, que les Eored se missent en ordre de bataille, et qu'elles fondissent sur leurs talons, ils seraient peut-être déjà en vue de Tharbad. Et alors, il ne serait plus possible de poursuivre la traque.

Ils auraient gagné.

La cavalcade se poursuivit ainsi des heures durant, mettant les organismes des hommes et de leurs montures à rude épreuve. Penchés sur l'encolure de leurs vaillants chevaux, écrasés par le poids de leur armure et de leur envie de tuer, certains somnolaient tandis que l'avant-garde ouvrait l'œil, à la recherche de la moindre trace. Starfol ne semblait pas capable de se reposer et de laisser sa place à quelqu'un d'autre, conscient que sans ses capacités de traqueur, la compagnie risquait de suivre une mauvaise direction et de sceller définitivement la victoire de leurs adversaires. Il scrutait le sol avec une attention renouvelée, puisant en lui-même des forces insoupçonnées. Mais même lui n'était pas tout puissant.

Lorsque les traces semblèrent s'estomper devant leurs yeux, la faute au sol qui refusait de coopérer et de leur livrer les empreintes de leurs proies, la compagnie avait cessé temporairement la poursuite, décidant d'envoyer des éclaireurs pour observer les alentours. Il était raisonnable de croire que les bandits avaient continué tout droit, mais il fallait toujours se méfier de l'évidence, et faire preuve de prudence. Tous s'étaient alors divisés le travail équitablement, et s'étaient éloignés du plateau en essayant de repérer des signes que les bandits étaient passés par là. Il y en avait quelques unes. Ici, des pierres qui avaient bougé quand une monture avait pris appui sur une aspérité friable. Là, de rares brins d'herbe fraîchement piétinés par de lourdes bottes de cuir. Mais quelque chose ne collait pas. Les traces s'étendaient dans toutes les directions, et les différents groupes ne manquèrent pas de les repérer, comme si on avait volontairement voulu les perdre. Comme si, se sachant poursuivis, les bandits avaient cherché à les leurrer. Mais ce n'étaient pas les traces qui étaient à prendre en compte. C'était ce que l'on ne voyait pas, mais que l'on pouvait sentir. Partout. Une odeur clairement identifiable pour qui avait déjà eu l'occasion d'y être confronté. Et Théomer, tout comme Starfol, ne purent que l'identifier.

De l'huile.

De l'huile à brûler.

Une silhouette s'avança devant Théomer, sortant d'une cachette improvisée, tenant à la main une arme qui dans d'autres circonstances aurait paru bien ridicule. En l'occurrence, la menace qu'elle représentait était bien réelle. L'homme, apparemment seul, s'avançait avec confiance en brandissant une torche. Une simple torche. De là où il se trouvait, seul son sourire était visible. Un sourire carnassier, de pure satisfaction, pour ne pas dire d'extase. Il se pencha, et lorsque la flamme vive toucha le sol apparemment normal, celui-ci s'embrasa comme par enchantement. Une langue de feu d'une hauteur spectaculaire jaillit de la terre, et fonça droit vers Théomer en rugissant comme le tonnerre. Elle allait bien trop rapidement pour la contourner, d'autant que les flammes se séparaient, commençant à former un cercle autour des cavaliers. Tout autour des Rohirrim, d'autres hommes, d'autres torches, mais le même piège qui se refermait avidement. Les montures ne purent que paniquer devant cette menace extraordinaire. Ceux qui ne surent pas maîtriser leur compagnon équidé furent jetés au sol sans ménagement, tandis que leur fier destrier s'enfuyait en bravant les flammes. Rarement ils s'en tiraient indemnes, et avant que le cercle ne fût complètement refermé, les guerriers purent voir l'un d'entre eux, la crinière et la queue en flamme, ruer et hennir de crainte et de douleur. La souffrance de ces nobles animaux chers au cœur du peuple du Riddermark était insoutenable.

Les autres Rohirrim n'eurent d'autre choix que de se replier dans le plus grand désordre au milieu du cercle de flammes, lequel continuait de leur réserver des surprises. De nouveaux murs brûlants paraissaient converger vers le centre, et se déployer en étoile afin de mieux séparer les soldats du Roi les uns des autres. Ils ne voyaient pas l'huile, invisible, soigneusement répandue sur le sol avant leur arrivée. De fait, ils ne pouvaient jamais prévoir avec certitude la trajectoire que prendrait tel ou tel mur, se contentant de réagir aussi rapidement que le leur permettaient leurs réflexes ou la maîtrise qu'ils avaient de leurs montures. La plus grande confusion régnait parmi les combattants piégés, car la situation venait de basculer en un clin d'œil. Prédateurs une seconde auparavant, ils étaient devenus la proie de bandits bien mieux organisés, mieux préparés et plus déterminés qu'ils auraient pu le supposer. Des bandits menés par un homme qui, à l'extérieur du cercle, observait tout cela avec beaucoup d'attention.

- Ignus, le plan a parfaitement fonctionné !


L'intéressé hocha la tête, sans montrer autre chose qu'une satisfaction contenue. Ses pièges étaient une merveille et lui, le Prince Amarante, ne se lassait jamais de voir ses ennemis se retrouver à sa merci, soumis à une chaleur étouffante qui devait leur donner envie de jeter leurs armures à terre et de s'enfuir. Mais nul, animal ou homme, ne pouvait franchir ses murs de flammes. L'instinct ne pouvait pas être combattu, et il commandait à toute créature vivante de s'écarter de la force ultime, capable de tout détruire, de tout remodeler, de tout éradiquer. Rien ne résistait aux flammes. A ses flammes. L'huile qu'il utilisait pour les ériger, il la confectionnait lui-même, et elle brûlerait assez longtemps pour les mettre à terre s'ils se débattaient trop. La chaleur, le manque d'air, la sensation de leurs armures incandescentes sur leur peau… voilà qui les détruirait lentement.

- Le chargement est parti comme prévu, c'est bien. Les autres restent en position. Nous allons finir ça rapidement.

Les flammes auraient pu achever les cavaliers du Rohan, certes. Toutefois, Ignus était pressé. La mise à mort de proies piégées devait être une formalité, et il ne tirait aucun plaisir à faire durer cette étape décisive. Il leva une main impérieuse, gantée de rouge, et simultanément ses compagnons brandirent leurs arcs en direction du cercle. A l'intérieur, les cavaliers devaient réfléchir, s'appeler, tenter de mettre en place un plan. Le Prince ne pouvait que prendre en pitié ces pauvres êtres voués à mourir. Sans céder à la colère qui souvent déformait ses traits, il abaissa le bras en prononçant un seul commandement.

La première salve s'éleva en sifflant, avant de plonger vers les Rohirrim. Chevaux et hommes furent criblés également, sans préférence. Les tireurs ne cherchaient même pas à viser. Ils se contentaient de pilonner la zone, écrasant les guerriers sous une douche d'acier. Ils n'étaient pas assez nombreux pour les massacrer, mais à l'usure, ils finiraient bien par les décimer. La seconde salve suivit, puis la troisième, et ainsi de suite sans discontinuer.

Étrillés. Cloués.

Piégés.

Et toujours Ignus, royal, se délectait de cette simple parole :

- Feu.


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Théomer
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Lun 15 Aoû 2016 - 19:34
Tu ne comprends le piège que trop tard.
En réalité, tu ne le 'sens' que trop tard.

Accaparé par la silhouette de cet homme qui s'avance tranquillement vers toi, les sens en alerte mais dirigés uniquement sur cet homme, tu n'as laissé ton odorat te prévenir que trop tard.
La lueur de sa torche illumine une armure semblable à celle des deux corps retrouvés dans leurs odieux sillage. Son absence d'armes  t'inquiète, et tu cherches autour de lui des ennemis embusqués.
C'est trop tard que tu prêtes attention à ton odorat.
La même odeur que cette huile que vous avez déjà rencontré.
Un doute se forme lorsque tu te rends compte que l'air autour de toi semble chargé de cette odeur.

Le mur de feu jaillit quelques mètres devant toi. Nivafel, que tu avais mis à l'arrêt dans ta crainte d'une embûche, s'ébroue violemment en piaffant de terreur, manquant te projeter au sol. Ta monture paniquée fait volte face d'elle même, cherchant un échappatoire. Mais les flammes se divisent, venant créer des murs mouvants qui progressivement vous encerclent.
Autour de toi, les clameurs, cris et hennissements te renseignent sur le sort de tes camarades.

Nivafel est en réelle panique, se cabrant sans arrêt, hennissant de peur.  Un mouvement plus violent te désarçonne et tu tombes lourdement au sol, lâchant ta lance. Ton étalon s'ébroue et repart, courant le long des flammes, ne comprenant pas ou ne voulant pas comprendre que vous êtes complètement encerclés.

Tu es isolé de tes compagnons, dans un triangle irrégulier de flammes qui s'élèvent à près de trois mètres de haut, vives et dangereuses. La maigre mais sèche végétation du plateau s'embrase facilement, et les flammes semblent s'étendre et gagner du terrain d'instant en instant.

La soudaineté et l'inhabituel de l'attaque te laissent un instant tétanisé au sol. Machinalement, tu remarques ton bouclier resté accroché à la selle de Nivafel, alors que tu regardes autour de toi, prenant conscience du piège et de l'absence d'issue.

La panique te fait d'abord te relever, trébuchant sur ta lance au sol et ton épée battant au côté. La chaleur te fait déjà ruisseler sous ta cuirasse et l'air sec et brulant te fait pleurer abondamment.
Un hennissement plus puissant, de plainte et de terreur, et tu remarques NIvafel, la queue embrasée, tenter de s'échapper en bondissant à travers un mur de flammes.

Tu cries, un cri de peur envers ton compagnon fidèle, un cri d'impuissance qui semble se perdre, assourdi par l'embrasement ambiant.

Et alors, c'est la rage qui t'envahit.
La rage de l'embuscade, la rage de se sentir pris au piège par cette bande de criminels, la rage de cette impuissance que tu ressens en ce moment précis, la rage d'entendre ces hennissement et cris de souffrance.
Tu regardes le mur de flammes ou a bondi Nivafel. Au vu de la configuration de l'embuscade, tu es en périphérie du dangereux dédale de flammes, et il n'y a probablement qu'une seul 'mur' entre toi et l'air libre.
Tu choisis de faire confiance à l'instinct de survie animal.

Tu cours vers le mur en criant. Cri de rage, cri d'appréhension.
La chaleur monte en flèche et devient insupportable avant même que tu n'atteignes l'obstacle. Il te semble qu'un mur de chaleur te tombe dessus et te fait suffoquer.
Tu bondis.
Les flammes te submergent, venant un instant chauffer les pièces de ta cuirasse, enflammer ta chevelure et ta barbe, brulant jusqu'à tes poumons.
Un bref instant mais sans doute trop long.

Tu atterris maladroitement de l'autre côté de l'obstacle ardent, ton cri de rage mué en véritable cri de douleur. Tu as l'impression que les flammes viennent encore te lécher la peau, que ta chevelure brûle encore.

Devant toi, tu vois Nivafel, guidé par la peur et sa douleur, galoper au loin. Libre.
Tu es bien sorti du piège.

Pas loin de toi, un homme, un arc en main, flèche encochée, te regarde, manifestement surpris.
Tu dégaines ton épée, hurlant une fois de plus de douleur. Tu as l'impression d'avoir saisi un fer porté à blanc.

La chevelure en feu, le regard bouillant de rage et presque fou, criant de douleur et de défi, tu bondis sur ton adversaire.


Dernière édition par Théomer le Lun 12 Sep 2016 - 8:53, édité 1 fois
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Learamn
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Lun 29 Aoû 2016 - 15:14


En l’espace de quelques minutes tout s’était embrasé. La troupe s’était séparée en petits groupes d’éclaireurs chargés de retrouver la trace  des bandits qu’ils poursuivaient. Mais ils les avaient trouvé plus tôt que prévu;  à vrai dire c’étaient plutôt les hors la loi qui les avaient trouvés. La compagnie de  rohirrim était tombée dans un piège que nul n’aurait pu imaginer au moment même où un semblant de cohésion avait commencé à se former suite à la découverte de la dépouille de Meden. Le capitaine était un abruti mais il restait un officier du Rohan et à la vue du cadavre il avait enfin prit la mesure de ses responsabilités et avait cessé de retarder la mission.

Ils étaient dorénavant tous dans une situation critique, encerclés par des murs de flammes qui se dressaient devant eux tels les gardiens des Enfers , menaçants et prêts à les consumer. Le traquenard avait été soigneusement pensé et son efficacité relevait du domaine du parfait. Les bandits n’avaient pas simplement enfermé les cavaliers dans un enclos incandescent mais ils avaient pris le soin d’asperger d’huile le terrain qui se trouvait à l’intérieur de sorte que le feu formait de nouvelles barrières chargées de séparer les captifs les uns des autres.

Eofend lâcha un juron; il ne perdait que très rarement son sang-froid mais ils venaient de se faire avoir comme des bleus et à présents ils étaient tous à la merci des ennemis qu’ils coursaient depuis des jours. Isolé avec le capitaine et deux autres des hommes de ce dernier ; le sergent de la Garde Royale cherchait en vain une issue, une faille dans ces murailles ardentes qui pouvait leur permettre de s’en tirer. Mais il n’y en avait pas ; le feu les entourait entièrement et ne tarderait pas à les faire suffoquer à moins qu’ils ne périssent avant , brûlés par les langues embrasées qui filaient de manière imprévisible. Le sergent tenta ensuite de voir à travers  l’obstacle où étaient les autres membres du groupe ; il ne vit pas grand chose mais il put constater que tous s’étaient fait prendre dans ce piège. Le Garde Royal n’en revenait pas; ce qui lui avait été présenté avant la mission comme une banale bande de cambrioleurs venaient de berner impérialement une escouade de soldats réguliers et expérimentés. Ils auraient dû se douter que de simples voleurs n’auraient pas pu piller les Caves d’Or du Bourgeois et l’incendie de la ferme et les plusieurs colonnes de corbeaux  et d’autres charognards qu’ils avaient laissés dans leur sillage étaient autant de signes avant-coureurs qui auraient dû éveiller leur méfiance. Au lieu de cela la compagnie s’était laissée distraire par des querelles intestines plutôt que de se focaliser sur leur objectif et finalement ils s’étaient logiquement fait prendre. Tout aussi hébété que son subalterne  le capitaine de l’expédition, désemparé,  ouvrait régulièrement la bouche avant de la renfermer sans ne rien dire ; il savait qu’il fallait qu’il donne des ordres au plus vite mais n’avait tout bonnement aucune idée de ce qu’il pouvait bien exiger de la parts de cavaliers qui ne l’entendraient probablement pas.  

A travers le mur de feu, Eofend entraperçut l’image symboliquement parfaite du désarroi qui gagnait le coeur des rohirrim : un cheval , la crinière et la queue en feu qui hennissait tout en galopant pour fuir ce brasier.   Cette vision brisa le coeur de tous les cavaliers qui purent l’observer , annonçant par la même, le funeste destin qui les attendait. Le piège continuait à se refermer, lentement mais sûrement les parois se rapprochaient des damnés et les zones non-incendiées où les hommes pouvaient trouver refuge avec leur monture se raréfiaient. A terme ils mourraient incinérés , calcinés , consumés mais cela n’allait sûrement pas assez vite au goût d’Ignus.
Un sifflement monta aux oreilles d’Eofend , un son qu’il avait si souvent entendu durant sa longue carrière ; ce doux bruit qui annonçait que la mort allait s’abattre depuis les cieux.

“BOUCLIERS!”
cria-t-il.

Le sous -officier se réfugia sous son écu tout en protégeant au mieux les parties vitales de Dawil , son destrier. Deux traits se plantèrent dans le bois de son bouclier avec un bruit sourd mais il n’eut aucun dégât à déplorer sur son corps ou celui de son cheval. Ce ne devait pas être le cas de tout le monde à en juger par le cri qui s’éleva quelques mètres plus loin. Un cavalier, mortellement touché chuta lourdement au sol. De nulle part , un nouveau mur de feu s’éleva alors de terre pour isoler Eofend du reste petit groupe. Le garde se retrouva alors totalement seul , piégé dans un cercle enflammé où il ne pouvait plus avancer ou reculer. La chaleur se faisait de plus en plus intense et insoutenable ; c’était un véritable four. Son cheval , nerveux, s’agitait mais n’osait pas s’emballer pour traverser la barrière de flammes. Le sergent, désemparé , n’avait plus d’issue et s’il ne faisait rien il pouvait attendre sa mort par le feu ou par les flèches.  Un bruit à l’extérieur de la prison incandescente attira alors son attention; il put distinguer un homme chargeant seul ses adversaires en poussant un hurlement de rage. Il ne pouvait savoir de qui il s’agissait précisément mais là n’était pas le plus important ; allait-il laisser un frère d’armes combattre seul l’ennemi? Allait-il se laisser mourir ici tandis que d’autres défendaient leur honneur?

Eofend se pencha en avant sur la croupe de son cheval et lui murmura à l’oreille d’une voix douce.

“Dawil. Ce n’est rien. Il faut sortir d’ici. On va sortir d’ici.”

L’animal ne comprenait probablement pas le sens des paroles de son maître mais l’écoute de la voix apaisante du cavalier le calma. Eofend tira alors son épée de son fourreau et éperonna Dawil.

“Pour Eorlingas! Chargeeeeeez!”


La muraille de feu se brisa alors et ceux qui se trouvaient hors du brasier purent voir un cavalier de l’Apocalypse qui fondait dans leur direction , plein de rage et de détermination.  Sa barbe prenait feu ; la robe de son cheval aussi ; il souffrait le martyr mais rien ne semblait être en mesure de le détourner de son objectif.

Les autres hommes ne restèrent pas interdit devant cette bravoure démente. Certains virent le Garde Royal dans une armure flamboyante  fondre sur leurs ennemis d’autres entendirent son cri de ralliement. Ainsi les autres suivirent Théomer et Eofend dans leur fol élan ; pas tous ne réussirent à franchir la barrière . Beaucoup tombèrent avant de se rouler au sol pour éteindre le feu qui les consumait; ceux qui n’avaient plus de monture tentaient la traversée à pied ou alors en chevauchant à deux avec un camarade. Ainsi après le sergent Halgor et Méared s’extirpèrent à leur tour du piège sur le même cheval.  D’autres suivirent à commencer par le capitaine bien décidés à prouver qu’il n’avait pas trouvé ses galons dans les latrines.

La troupe était considérablement affaiblie ; tous n’avaient pas réussi ou osé franchir les parois enflammés et parmi ceux qui y étaient parvenus rares étaient ceux qui pouvaient encore combattre et même ces derniers étaient bien loin de leurs capacités maximales.  Toutefois le plus grand des désespoirs offre le plus fol espoir. Galvanisés , des hommes embrasés chargeaient leurs adversaires , animés d’une passion ardente et dévorante.



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Ryad Assad
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Lun 26 Sep 2016 - 11:59
Le piège était parfait, et la discipline de ces « bandits » n'avait rien à envier à celle des régiments de l'armée. Efficaces et discrets, ils avaient agi avec une précision rare pour prendre en défaut la vigilance des cavaliers du Riddermark. Il était encore impossible de savoir si les ordres de leur chef avaient permis d'organiser des hommes sans expérience préalable de la guerre, ou si ce que les soldats avaient pris pour de simple voleurs étaient en réalité des tueurs professionnels, passés maîtres dans l'art de ce genre de traquenards. Dans les deux cas, ces derniers avaient l'avantage et ils l'exploitaient pleinement. Ils étaient disposés à intervalle régulier, armés en prévision de l'embuscade qu'ils avaient prévu de tendre, et ils déversaient une pluie de flèches sur les Rohirrim que l'on entendait hurler de douleur, de crainte et d'impuissance au milieu des flammes.

Les tirs étaient méthodiques, concentrés sur les zones où ils voyaient bouger des ombres derrière les langues orangées qui tendaient leurs doigts impalpables vers le ciel. A ce petit jeu de massacre, la précision comptait moins que la quantité, et ils saturèrent la zone à tel point que toute quête d'abri était vouée à l'échec. Les chevaux furent les premières victimes de ces tirs à l'aveugle, tandis que les hommes essayaient de se réfugier derrière les bouclier et de se baisser pour ne pas offrir des cibles trop faciles. Pour eux, toute riposte était impossible, les rares archers étant tout simplement incapables de voir à plus de quelques mètres. Les combattants piégés ne pouvaient que prier pour voir les flèches sifflantes continuer de filer à côté d'eux. Toutefois, pris à partie de toutes parts, isolés, ils ne pouvaient que constater l'inefficacité de leur défense et la précarité de leur position. La compagnie allait être décimée méticuleusement, et lorsque le dernier homme serait tombé, les séides d'Ignus prendraient la fuite et disparaîtraient en rejoignant le fruit de leur larcin qui était déjà loin. Les guerriers du Riddermark ne songeaient d'ailleurs plus aux impératifs de leur mission. Le chargement volé, les armes d'Asthrabal… tout cela était loin de leurs préoccupations du moment. Ils ne songeaient qu'à une seule chose : survivre, coûte que coûte.

- A terre ! A terre ! Criaient certains en essayant de se recroqueviller.

- Courez ! Courez ! Lançaient d'autres en essayant d'esquiver les projectiles qui traversaient les murs de leur prison en cherchant à les cueillir au passage.

La panique s'était emparée d'une bonne partie des hommes, et de toutes les montures qui hennissaient en tournant sur elles-mêmes, affolées. Seuls quelques rares cavaliers avaient réussi à garder le contrôle sur leur compagnon, mais ils savaient représenter une cible idéale pour leurs ennemis. Il fallait agir pour continuer à espérer, et après avoir encaissé le choc dû à la surprise, les Rohirrim retrouvèrent leur esprit militaire. Ils n'avaient pas été formés à affronter ce genre de situations, mais ils étaient des soldats du Rohan, défenseurs du peuple, et ils ne pouvaient rester immobiles à attendre que la mort vînt les prendre.

Le désespoir et la colère conduisit donc certains des combattants à quitter le cercle de flammes au mépris du danger, suivant l'exemple d'Eofend ou encore de Théomer qui avaient les premiers tentés de braver la morsure ardente de leur cage flamboyante. Les archers y étaient préparés, naturellement, et ils prirent pour cible tous ceux qui tentaient de s'échapper, jetant à terre dès les premières secondes un cavalier et sa monture. L'homme malheureux fut percé de cinq traits mortels qui traversèrent sa cuirasse et sa cotte de mailles. Il lâcha son épée brandie et bascula sur le côté, lançant un dernier cri de pure souffrance au moment où il heurta lourdement le sol. Son sacrifice terrible avait au moins eu le mérite de couvrir ses compagnons qui purent galoper ou courir vers les archers. En voyant ces hommes rompus aux arts de la guerre fondre sur eux comme des monstres, la plupart de bandits abandonnèrent leurs arcs et dégainèrent leurs épées avant de se préparer à un corps à corps âpre et sanglant.

Ils n'étaient certainement pas aussi talentueux que leurs vis-à-vis en armure, mais eux n'avaient pas été rôtis au milieu des flammes, et ils n'avaient pas été dû s'en extirper en plongeant au travers d'un mur brûlant. Leurs lames jaillirent du fourreau, et les premiers cris de guerre retentirent dans la plaine une seconde avant le choc fatidique. Théomer avait réussi à surprendre son adversaire en surgissant tout à côté de lui tel un démon possédé par une quelconque force surnaturelle. Cela ne lui donna pourtant pas la rapidité nécessaire pour l'empêcher de lâcher un trait, qui alla frapper la hanche du guerrier. L'impact fut terrible, et le Rohirrim se retrouva sur le dos sans comprendre. Fort heureusement pour lui, le tireur n'avait pas pu tendre son bras au maximum, et la pointe n'avait pas traversé sa cotte de mailles. Le choc lui laisserait tout de même un bel hématome, et s'accompagnait d'une douleur fulgurante à couper le souffle. Combien d'hommes seraient restés sur le carreau après avoir encaissé un tel tir ?

Il n'était pourtant pas permis de se reposer pour si peu, car le combat continuait.

Profitant de son avantage, l'adversaire de Théomer porta la main à son côté et dégaina une hache de belle taille et de belle facture, qu'il fit tourner dans sa main avant de marcher sur le cavalier. Même un œil non expérimenté pouvait noter qu'elle n'était pas de facture humaine. La forme particulière de sa tête, le soin apporté à la décoration de son manche de cuir, les runes gravées que l'on voyait apparaître sur toutes les parties métalliques n'étaient que quelques indices conduisant à la même conclusion. Il s'agissait d'une arme naine, d'une hache de guerre à une main que le criminel avait peut-être volée dans le trésor d'Asthrabal. Peut-être pas. Il était de toute façon trop tard pour réfléchir.

Avec un cri de rage, le voleur frappa de toutes ses forces sur Théomer, qui bloqua le premier coup miraculeusement. La hache remonta vers le ciel, et revint à la charge avec la ferme intention de fendre le crâne du Rohirrim, de creuser un profond sillon dans sa poitrine qui se soulevait à un rythme effréné. Encore et encore elle s'abattait, bien décidée à pulvériser tout ce qui se trouverait sur son passage. Le corps à corps terrible donnait pour l'instant l'avantage au bandit qui, campé sur ses deux jambes, tournait autour du cavalier toujours à terre en cherchant à exploiter la moindre faille.

- Tu vas crever oui !? Tempêta-t-il en se jetant de nouveau sur le cavalier.

Cette fois, non content d'utiliser sa hache, il lança un coup de pied vicieux qui cueillit le guerrier en plein visage alors qu'il essayait de se relever. Un filet de sang se mit à couler, et Théomer se retrouva de nouveau au sol, déséquilibré. Ce combat s'annonçait terrible et implacable : peut-être la lutte la plus difficile de toute sa jeune vie. Il affrontait un homme qui était déterminé à le tuer, peu importe la manière, et il allait falloir faire preuve de la même envie meurtrière pour s'en sortir. Oublier la pitié, oublier l'honneur. Survivre, tout simplement. La férocité de leur duel ne leur laissait ni le temps ni l'espace pour se préoccuper du monde extérieur, et ils étaient dans une bulle coupée de tout le reste. Au dehors, les flammes continuaient de brûler en enfermant les guerriers qui n'avaient pas pu franchir le cercle dans une gangue mortelle ; les rares qui avaient pu s'échapper se battaient pour leur vie désormais, souvent en difficulté, parfois en infériorité numérique. Ils se battaient avec dans les yeux la furie de leurs ancêtres, laquelle chassait la pointe de désespoir dans leurs cœurs.

Jusqu'au dernier ? Jusqu'à la mort ?

Leur fin était-elle si proche qu'ils pouvaient déjà en sentir les effluves, en goûter les saveurs, en percevoir les couleurs ? L'odeur du sang, le goût du sang, la couleur du sang. L'univers était rouge autour d'eux.

Rouge comme les gants que portait Ignus, lequel était invisible, mais dont l'aura de violence galvanisait ses hommes et les faisait céder à une ire destructrice.


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Théomer
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Mar 27 Sep 2016 - 15:03
Les coups continuent de pleuvoir, et tu tentes de les parer avec l'énergie du désespoir.
Il n'y a plus rien que vous deux. Tout le reste est absorbé par les flammes dansantes, omniprésentes, qui étouffent tout le reste, et semble vous avoir isolé dans une bulle qui vous sépare du reste du monde.

La hache continue de s'abattre avec hargne. Tu rampes au sol, tentant désespérément  de suivre ton adversaire qui te tourne autour, tout en parant les coups de l'arme à l'aide de ta propre lame. SI l'arme est parfaite pour s'acharner rapidement à courte portée, la taille de celle-ci est un handicap pour te frapper au sol, forçant ton adversaire à s'agenouiller à moitié à chaque coup.
Hélas, tu n'as aucune ouverture, aucun espace dans ta position pour riposter.

Alors que tu tentes désespérément de te relever, un coup de pied te cueille au menton, te renvoyant au sol. Tu vois trente-six chandelles, alors que la douleur vive se rajoute à la douleur du flanc qui te gêne déjà pour respirer. Alors que tu peines à reprendre ton souffle à quatre pattes, un violent heurt sur ton heaume te re-projette au sol, face contre terre Ta vision se trouble, alors que tu ressens un écoulement chaud le long de la nuque. Tu devines devant toi les deux bottes de ton adversaire campées juste devant ton visage. Tu l'imagines, un rictus victorieux, s'apprêtant à te porter un nouveau coup dont ton heaume cabossé, ta cuirasse brûlée et craquelée, ton arme tombée au sol, ne saurait te protéger.

Etourdi, incapable du moindre effort, tu ne peux qu'attendre le coup fatal en te retournant maladroitement sur le dos. Le ciel de la nuit est rougeoyant, éclairé par les flammes et parsemé de multiples éclat embrasés qui volettent paresseusement. Le spectacle est presque beau pour mourir. Contre le dos de ta main, tu ressens le contact de ta lame au sol., mais tu es incapable de tenter de t'en saisir. Tu devines la silhouette de ton adversaire lever le bras, la hache ouvragée semblant illuminée d'une lueur rougeâtre.

Un hennissement puissant l'interrompt.
Lancé à pleine allure, une silhouette puissante le percute, l'envoyant valser plusieurs mètres plus loin. Nivafel, encolure en flammes, hennissant de défi piaffe, menace ton agresseur. Tu devines plus que tu ne vois la scène, la vision et l'esprit encore brouillés par l'affrontement. Ton adversaire est passé brutalement de la position de dominant à celle moins plaisante de dominé. Nivafel s'ébroue au dessus de lui, piaffant et se cabrant. Ses dangereux sabots s'abattent de part et d'autre de l'homme au sol, qui tente désespérément de les éviter. Ta monture est comme folle, sans doute enragée par la morsure des flammes impitoyables qui la brûle dans sa chair.

La hache frappe à nouveau, s'enfonçant dans une cuisse de Nivafel.
Ta monture piaffe nerveusement et titube, reculant.

''Nivafel!''
Tu essaies de te lever, encore tremblant.
L'homme profite de l'ouverture pour se relever et prépare de nouveau sa hache. Le tranchant s'abat une nouvelle fois dans l'épaule et Nivafel vacille, son flanc illuminé d'une nappe carmine.  Impitoyable, la lame revient, frappant l'encolure. Le hennissement de douleur s'interrompt brutalement, tandis que le vaillant étalon tressaille en s'effondrant au sol.

''NIVAFEL!''
La vision du sacrifice de ta monture t'envahit d'un nouveau torrent de rage. Titubant tu reprends appui sur ton genou, tentant de te lever. Tu saisis la lame de ton arme, au sol près de toi.
Cet enfoiré doit payer.
Des larmes de haine et de chagrin ruissellent sur ton visage.

Ton adversaire se retourne vers toi, un sourire narquois sur le visage. Il balance à nouveau son arme à bout de bras, semblant apprécier son travail de boucher. Tu es à nouveau sur pied alors qu'il s'élance vers toi. Tu tentes de t'emparer du pommeau de ton arme, mais celle ci glisse dans tes mains et le contact froid de la lame vient cisailler tes paumes. Il n'est qu'à quelques mètres de toi. Saisissant à pleines mains ta lame, sentant l'acier s'enfoncer dans tes chairs, tu la brandis tel un marteau, et d'un violent mouvement circulaire, vient abattre le pommeau de ton arme sur ton adversaire.

Le quillon en acier ouvragé vient frapper ton adversaire en plein élan à la tempe, explosant son casque et s'enfonçant dans son crâne avec un bruit ignoble qui te réjouit au plus grand point.
Il se fige instantanément dans sa course, le mouvement de son arme s'interrompant en plein vol, sa hache tombant au sol, alors que son corps s'effondre avec force convulsions.
Continuant à te servir de ton arme comme d'un marteau, tu t'acharnes sur le crâne de ton adversaire, jusqu'à le réduire en bouillie. A chaque coup, le tranchant de ton épée s'enfonce plus profondément dans tes paumes malgré les gants que tu portes, mais malgré la douleur, chaque coup supplémentaire te soulage, te servant à exorciser ta peur de la mort encore si proche.

Lorsque tu abandonnes la dépouille difforme, et te traînes vers ton étalon, Nivafel n'est plus. Sa puissante musculature n'est plus soulevée par le rythme de sa respiration, ses flancs ruissellent toujours de sang, et son œil vide fixe le ciel. Tu passes une dernière fois une main dans la crinière de la courageuse monture, et étouffe tes derniers pleurs dans son encolure.

C'est à ce moment là seulement que tu reprends conscience pleinement de tout ce qui t'entoure. Autour de toi tes frères rohirrims continuent de combattre. Avisant ton bouclier encore accroché à la selle, tu t'en empares à tâtons.
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Ryad Assad
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Mer 28 Sep 2016 - 11:39
Un corbeau solitaire tourne en cercles concentriques au-dessus du champ de bataille improvisé, attiré immanquablement par les hurlements de damnés que poussent les hommes encore piégés à l'intérieur du cercle de flammes, par le chant désincarné des lames qui s'entrechoquent et se heurtent à la chair tendre, par les lamentations irrépressibles des survivants devant leurs camarades tombés, vaincus, jetés à terre par une force supérieure et implacable. Ses yeux perçants ne voient que des silhouettes au crâne argenté, qui se jettent l'une sur l'autre avec ardeur malgré la fatigue et le sang qui dégouline de leurs nombreuses plaies. Les raisons du chaos échappent totalement à l'animal, qui se contente de louer la stupidité des gens du monde d'En-Dessous, lesquels offrent régulièrement à ses congénères des festins qu'ils n'ont même pas commandés. Les fils de la terre et de la boue, qui pataugent dans la fange du monde, imbibent l'humus de leur hémoglobine avant de retourner au sommeil perpétuel, laissant aux observateurs attentifs sous les nuages le privilège de les dévorer en riant. Immortels et sombres, voyant tout, sachant tout, ils se contentent de tourner en cercles, avant de se percher sur les crânes des défunts.

Théomer, cruellement blessé dans sa chair et dans son âme, pensa-t-il à observer les cieux immaculés et ceux qui y vivaient ? Probablement que non. Son regard était absorbé dans la contemplation de la dépouille de son plus fidèle compagnon, celui qui n'avait jamais abandonné ses côtés, même lorsque son instinct aurait dû lui dicter de fuir, de sauver sa vie et de ne jamais revenir. La loyauté et la fidélité de Nivafel ne s'achetait pas avec de l'or, mais elle se payait avec du sang. Un sang rouge écarlate qui coulait de ses nombreuses plaies ouvertes, insoutenables. La créature puissante et majestueuse était tombée pour ne plus jamais se relever, terrassée par la folie des hommes et la violence sans nom dont le monde bipède était capable de faire preuve. Et pour quoi ? Pour quel objectif ? Plus rien n'avait de sens, tout partait de travers. Les idéaux et les rêves étaient partis, noyés dans un océan carmin qui les engloutissait pour toujours. Qu'étaient-ils devenus ? Des monstres ? Des monstres sans cœur ? Que resterait-il d'eux lorsque la bataille s'achèverait ?

La bataille était-elle d'ailleurs terminée ?

- FEDRIC !

Un cri de rage résonna derrière Théomer, qui en se retournant posa les yeux sur un spectacle à fendre l'âme. Starfol, le précieux guide qui avait pris Théomer sous son aile pour lui faire découvrir le monde, et l'aider à grandir dans cette aventure. Le voilà qui désormais avait les yeux écarquillés, les mains refermées autour d'une longue estafilade au flanc. La lame l'avait traversée de part en part, et il était désormais à genoux, le souffle rapide, incapable de retenir avec ses doigts gourds les années qui s'écoulaient, liquides, de son côté. Années de vie perdues, années de vie qu'il ne verrait jamais défiler en compagnie de ceux qu'il aimait, de ses proches, de ses amis… Années de vie arrachées, déchirées, piétinées. Il chuta lourdement sur le côté, agonisant. Le brave homme n'en avait plus pour très longtemps…

Théomer ne put rester longtemps focalisé sur lui, car son meurtrier fondait sur lui avec une rage décuplée. Il continuait de hurler le nom de Fedric, de toute évidence la première victime du cavalier ensanglanté. Une silhouette sans nom et désormais sans visage, un simple ennemi. Il avait donc une identité propre, une vie propre, et sans doute des années de vie qui venaient de disparaître sous les coups brutaux infligés par la colère d'un guerrier. Cette colère du juste déversait dans leurs organismes une force incommensurable, une force terrifiante et incontrôlable qui donnait à leurs bras une force dépassant celle du commun des mortels. Ce qu'ils avaient à gagner ? La vie sauve. Continuer à fouler cette terre puante et répugnante pendant quelques secondes de plus, queqlues minutes, quelques jours pourquoi pas. Le prix à payer ?

Quel était le prix de leur rage de vivre ? Quel était le prix de leur furie ?

L'homme qui fondait sur Théomer agitait dans ses mains une grande épée bâtarde qu'il tenait à deux mains. Il la balançait de droite à gauche avec suffisamment de force pour décapiter un ours. Seul un bouclier du Rohan de bonne facture pouvait l'empêcher de parvenir à son objectif. Le métal s'écrasa contre le bois avec un bruit sourd, creusant un ravin gigantesque dans la maigre protection que brandissait le cavalier. Sous la puissance de l'impact, celui-ci retomba sur le cadavre de sa monture, glissant dans le sang encore chaud qui la recouvrait. A quoi ressemblait le défenseur de la liberté et de la justice en cet instant, sinon à un démon sorti des plus infâmes cauchemars ? Un démon qu'essayait de terrasser un homme désespéré, animé d'un esprit de vengeance. Le bandit avait non seulement perdu un compagnon, mais également un ami, peut-être même un frère. Il se battait avec l'énergie du désespoir, comme si tuer le Rohirrim était la dernière chose qui pouvait avoir du sens dans son existence pathétique faite de crime et de violence.

- ORDURE ! TU VAS PAYER ! Hurla-t-il en abattant de nouveau sa lame sur le bouclier qui se disloquait.

Des larmes coulaient sur son visage déformé par une série d'émotions contradictoires. Ses envies meurtrières entraient en collision avec sa tristesse infinie, et il avait sur les lèvres un rictus indéchiffrable. Il prendrait plaisir à ouvrir la gorge de Théomer, mais dès lors que le guerrier serait vaincu, il s'effondrerait et n'aurait plus la force de rien. C'était son dernier combat, quelle qu'en fût la fin. En attendant, il s'acharnait sur la défense illusoire du soldat, détruisant méthodiquement le symbole qui était peint sur son écu. Le cheval blanc, lacéré, disparaissait progressivement, révélant de plus en plus le bras et le regard de Théomer qui avait depuis longtemps perdu son épée dans le chaos ambiant.

Continuant à lutter envers et contre tout, le jeune cavalier qui en avait vu beaucoup trop finit par mettre la main sur le manche d'une arme qui traînait là. De manière ironique, il put en reconnaître la forme immédiatement. C'était une hache… La hache même qui avait ôté la vie de son précieux Nivafel… Coup du sort ou moquerie des Valar, le résultat était le même : son manche se tenait désormais sous ses doigts gantés, et quoi qu'elle fût salie du sang d'un innocent et d'un ami, elle n'en demeurait pas moins exceptionnellement équilibrée et adaptée à la main d'un homme adulte, bien qu'elle fût de facture naine. Théomer, s'il voulait vivre, n'avait d'autre choix que de se résigner à faire usage de l'objet impie. La mort qui fondait sur lui sous les traits d'un bandit qui n'avait plus rien à perdre ne lui laissait ni le temps ni l'espace de considérer une autre option. Car le prochain coup sectionnerait son bouclier en deux, et son bras avec. Le prochain coup traverserait sa cotte de mailles et sa chair, ouvrirait son crâne comme un fruit mur, et mettrait un terme à tout ce qu'il avait un jour rêvé de construire et de voir grandir.

Le prochain coup… Si proche.

Et toujours dans le ciel tournoyait le corbeau solitaire, dont le regard perçant observait le sort du cavalier.


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Jeu 29 Sep 2016 - 19:52
Encore hébété par le précédent combat, le coeur lourd de la perte de Nivafel qui gît à tes pieds, et endolori par tes multiples contusions, tu réagis bien faiblement à l’assaut de ton nouvel adversaire. Ton bouclier que tu as pris le temps de récupérer te sauve la vie une nouvelle fois en absorbant le premier choc de la lame adverse. Hélas tes doigts engourdis et tes paumes à feu et à sang ne t’ont pas permis une accroche bien solide, et le bouclier prend maladroitement le choc de plein fouet, alliant douloureuses vibrations dans ton bras et craquement sinistre du bois. Pourtant la parure est solide, cadeau de ton père. La structure en bois est cerclée en acier et renforcée en son centre par le même métal. Hélas la rage de ce malandrin semble être supérieure à ceci.
Tu titubes  et dans ta chute, tes doigts malhabiles lâchent ton arme. Tu chois sur le corps encore chaud de ton fidèle compagnon, le sang qui imprègne ses flancs imprègne ton armure et tu sens presque le liquide chaud contre tes chairs. Une nouvelle fois tu es au sol, vulnérable, face à un ennemi qui a de plus l’avantage d’être armé. La peur de la mort t’enavahit une fois de plus, violente et glacée, de même qu’une grande lassitude, comme si tu sentais ta fin être venue et l’ineptie de continuer un combat qui semble perdu d’avance.

Le temps semble ralentir un instant. Derrière ton adversaire, tu revois alors le corps de Starfol. Le pauvre homme, qui abhorrait la chose militaire, gît maintenant au sol, sang et viscères suintant de lui, victime de ce devoir qu’il n’avait jamais véritablement choisi. Combien d’autres victimes autour de toi, victimes des flammes, des traits, ou des lames adverses ? Combien de fils du Rohan seront sacrifiés ce jour, leur sang allant imbiber le sol de leur patrie bien aimée, ce sol si sec encore et dont ce liquide ne pourra étancher la soif ?
Pauvre Starfol, il était guide, et non soldat. Avait-il une chance seulement dans ce combat, ou le savait-il perdu d’avance ? Mais toi tu es un soldat. Tu te dois de continuer à te battre. Combattre ces bandits, ces crapules aux moyens indignes de véritables guerriers.

Les coups continuent de pleuvoir, ton adversaire frappe fort, mais sans véritable stratégie, se contentant de vouloir réduire à néant ton écu, et il semble être en passe d’atteindre son but. Quel est sa véritable motivation à celui-ci ? La vengeance, plus que probablement. Qui était cet homme que tu as tué ?
Tu n’as plus le temps de songer à cela, bientôt tu seras à sa merci. Ton bouclier tremble une nouvelle fois et un pan de celui-ci vole en éclats. Alors tu choisi de reproduire cette maneouvre désespérée qui avait bien fonctionné la veille contre Brythn. Calant tes pieds contre la monture de ce pauvre Nivafel, tu te prépares à bondir. Au dernier moments, alors que d’une main tu prends appui au sol, tu reconnais la forme du manche d’une arme dans ta main. Et pas n’importe quelle arme. Cette hache redoutable et funeste qui a mis fin aux jours e ta monture. Mais une arme est une arme et en cette situation tu ne peux pas te permettre de tels sentiments.

Un dernier coup s’abat, et la moitié de ce qu’il te reste de bouclier s’effrite avec lui. Alors poussant de toutes tes forces, tu bondis sur l’homme, l’envoyant au sol, vos deux corps roulant l’un sur l’autre cherchant à prendre l’avantage. Dans le fouillis de cette mêlée, vous vous portez chacun des coups désorganisés et inefficaces, mais tu sens que le combat vient de prendre une autre tournure. A ce jeu là, la lame bâtarde, plus grande et plus lourde que ta nouvelle arme, désavantage ton adversaire.
Vous finissez de rouler et tu prends la position dominante. C’est à ton tour de frapper, frapper sans précision mais avec rage, avec force. Frapper pour tuer, pour venir à bout de cet ennemi, frapper sans discernement. Il pare tes coups avec son épée tant bien que mal mais tu finis par le toucher à l’épaule et le sang gicle sur son armure alors qu’il lâche son arme. Tu pousses un cri de défi, mais alors que tu le pensais à ta merci d’un dernier coup fatal, il bloque ton poignet de ses deux mains et le tord violemment.

Tu hurles à ton tour et ton arme choît au sol à coté de son épée. Ton adversaire se tortille, tentant de se dégager pour se saisir d’une des deux armes. Alors, saisissant les vestiges de ton bouclier à deux mains, tu lèves celui ci vers le ciel et le frappe au visage.

Ce combat n’a jamais rien eu de chevaleresque, c’est une lutte pour la survie. Un combat ignoble , brutal et sanglant.
Tu continues de frapper méthodiquement, pilonnant la face de ton adversaire. A chaque coup, les vestiges de ton bouclier s’étiolent un peu plus, les cris e ton adversaire s’amenuisent. A la fin tu continues de frapper de tes poings, ton bouclier disloqué tout autour de vous.

Lorsque tu t’arrêtes, tu ne sais même pas si ton adversaire est encore vivant. Tu te redresses, hagard, le regard fou, le visage maculé de cendres, de sang et de pleurs. Des larmes coulent le long de ton visage, dessinant des sillons sur ta chair encrassée. Tu pleures de rage, de dégoût envers ce qui se produit.
Ton poignet foulé te lance, mais tu saisis la hache au sol, regardant hagard autour de toi.
Abruti par ta rage et ta violence, tu  sembles chercher un nouvel adversaire. Mais plus précisément que cela en fait.

Tu cherches une positon en surplomb ou pourrait se tenir le commandant de cette troupe scélérate.
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Ryad Assad
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Jeu 6 Oct 2016 - 13:38
La bataille touchait à sa fin. Cela se sentait.

Au milieu du chaos indescriptible, il était quasiment impossible de déterminer qui étaient les vainqueurs et qui étaient les vaincus. Les hommes des deux factions gisaient sur le sol pour la plupart, et seuls de très rares combattants étaient encore en mesure de se déplacer. Ceux-là continuaient de lutter sans même s'en rendre compte, frappant sans précision et sans force, dans l'espoir qu'un coup chanceux parviendrait à percer la défense de leur adversaire. Et quand ils s'entaillaient mutuellement une nouvelle fois, qu'ils gagnaient une autre blessure cuisante, et qu'ils s'effondraient en même temps comme se reflétant l'un l'autre, ils acceptaient péniblement l'idée du match nul. Pourtant, dans cette triste journée, les brigands avaient tout de même remporté la victoire aux points. Les Rohirrim, pourtant plus nombreux, avaient été massacrés par des hommes qui en temps normal n'auraient posé aucun problème à leur compagnie. Ils vivaient une bien sombre journée, qui n'était pas encore totalement terminée.

Théomer venait de remporter son second duel, et alors qu'il gardait toujours la hache en main, il s'était déplacé pour observer le champ de bataille. De là où il se trouvait, légèrement en hauteur, le cercle de flammes apparaissait réellement immense. De manière inexplicable, le feu continuait de brûler sans discontinuer, créant une prison impénétrable et dont seuls les plus braves et les plus fous avaient réussi à s'échapper. Il était facile d'imaginer la délectation des archers lorsqu'ils avaient fait feu sur cette cible lumineuse, sachant pertinemment qu'à l'intérieur se tenaient des ennemis piégés, bloqués. Il était difficile de déterminer qui était qui dans la masse de corps étendus par terre, baignant dans leur propre sang, de même qu'il était presque impossible d'identifier ceux qui se battaient encore. La tête enfoncée dans leurs casques, ils n'étaient que des silhouettes mouvantes se réfugiant derrière un bouclier aux armes de leur royaume, essayant d'échapper pour un temps à la mort qui leur tournait autour.

Mais ce n'étaient pas des alliés que Théomer cherchait.

Son regard accrocha bientôt une silhouette qui se tenait à l'écart de l'affrontement, et qui observait la scène avec attention. L'homme, d'une taille raisonnable mais assez trapu, caressait sa moustache épaisse l'air de rien, comme s'il observait une statue de maître et non un champ de bataille. Détail curieux, il portait des gants d'un rouge carmin qui donnaient l'impression qu'il avait plongé ses avant-bras dans une bassine de sang. Aucun indice formel ne permettait de l'identifier, mais le doute n'était pas permis : il s'agissait du chef de cette compagnie. Théomer avait trouvé Ignus.

Et bientôt la réciproque fut vraie.


Le guerrier avait tenté de s'approcher discrètement, mais sur cette plaine ouverte il n'y avait aucun abri, et bientôt le chef des bandits se tourna vers son adversaire. Son expression demeura parfaitement neutre, alors qu'il s'emparait d'un bouclier posé là, et qu'il portait la main à l'épée courte qui pendait à sa ceinture. Sans un mot, il s'avança vers Théomer, avec l'avantage de pouvoir se protéger de la main gauche, et de pouvoir attaquer de la droite. Le Rohirrim, avec sa seule hache, devait prendre des risques s'il voulait l'emporter. Son premier coup s'écrasa directement sur le bouclier d'Ignus, mais quelque chose d'étonnant se produisit.

Ce ne fut pas le bruit métallique auquel tous les guerriers étaient habitués, celui de l'acier qui frappe l'acier. Ce ne fut pas non plus le craquement sourd du bois qui encaissait un coup puissant, et qui se déformait pour absorber la force du choc. Non. Ce fut queluqe chose de très différent, quelque chose que Théomer n'avait encore jamais ressenti. Son arme repartit en arrière comme s'il avait frappé sur l'objet le plus résistant du monde. Dans la fraction de seconde qui suivit, ses yeux accrochèrent l'endroit exact où la lame avait frappé. Le bouclier ne portait pas une seule égratignure. D'ailleurs, cela ne semblait pas être un bouclier normal. Sa forme était curieuse, de même que la texture qui le composait. Il ressemblait plutôt… Il ressemblait plutôt à une écaille. Une écaille gigantesque.

Avant d'avoir pu se faire une idée plus précise, le Rohirrim dut reculer pour esquiver la riposte de son adversaire. Déstabilisé, il ne put que reculer, et Ignus en profita pour avancer sur lui et continuer à balancer son épée. De toute évidence, ce n'était pas un fin bretteur, et l'homme aux gants rouges en était parfaitement conscient. Il maniait son arme comme un outil, et pas avec l'élégance qui caractérisait les hommes formés à la guerre. Si Théomer avait eu un bouclier, s'il avait eu la possibilité de pouvoir équilibrer les débats, il était probable qu'il aurait pris l'avantage dans ce duel. Mais pour l'heure, il était contraint de reculer et de parer avec une arme offensive, ce qui le plaçait dans une situation délicate. Ignus, quant à lui, se laissait peu à peu envahir par ses émotions. Cela se voyait dans ses yeux où brûlait une flamme inquiétante. Son bras était fort, car au lieu de s'épuiser à attaquer sans toucher, ses coups se firent encore plus puissants et plus lourds. Chaque parade demandait un effort titanesque au jeune guerrier, qui était à la merci de son adversaire.

Bientôt, Ignus cassa la distance et utilisa son bouclier pour heurter brutalement Théomer en plein visage. Le coup lui ouvrit la pommette, et le fit vaciller suffisamment pour qu'il ne put éviter le coup de pied qui suivit et le cueillit en plein dans les côtes. Le souffle coupé, le Rohirrim se retrouva au sol, et avant de comprendre sa situation il put voir Ignus penché au-dessus de lui. Une botte s'écrasa sur son poignet pour l'empêcher de bouger, tandis qu'un coup de poing particulièrement douloureux vint percuter son thorax. Le chef des bandits avait toujours son épée en main, mais il ne semblait pas se rendre compte qu'il pouvait mettre un terme à ce combat dans l'instant, préférant marteler sa proie à mains nues jusqu'à être sûr que le jeune guerrier ne bougerait plus. Il prenait son temps, et chaque coup qui atteignait Théomer, qu'il fût porté au visage ou au corps, laisserait une marque violacée au cadavre qu'il abandonnerait derrière lui. Dominateur, conscient de sa position supérieure, l'homme aux gants rouges marqua une pause pour observer son travail.

- Tu vas regretter de ne pas avoir pris la fuite, gamin…

Il enfonça son épée dans le sol, et tira quelque chose de sa poche. Un petit objet de bois, que Théomer ne vit pas. Il le plaça sur le torse du Rohirrim, comme un rituel de passage dans l'après-vie, et se redressa doucement :

- Adieu.

Il leva le pied, avec l'intention d'écraser purement et simplement le crâne du jeune homme. Un coup de talon si fort qu'il transformerait en purée tout ce qui se trouvait à l'intérieur de sa tête. Une mort aussi violente que répugnante. Mais alors que son ombre grandissait pour recouvrir entièrement le visage de son infortunée victime, il y eut un grand cri rauque, suivi par le bruit inespéré d'un nouvel affrontement.

Quelqu'un était venu au secours du cavalier !

Lorsque Théomer put voir de qui il s'agissait, il eut la surprise de découvrir qu'il s'agissait du capitaine. Cet homme ingrat et pathétique, qui s'était montré particulièrement intolérant et injuste vis-à-vis des hommes d'Eofend, montrait aujourd'hui qu'il était un véritable guerrier du Rohan. Il avait plongé sur Ignus pour sauver un de ses frères d'armes, et désormais il luttait au corps à corps, roulant dans l'herbe roussie pour essayer de chercher comment planter le poignard qu'il tenait en main dans le corps de son adversaire. Malheureusement, son premier coup avait ripé sur le bouclier étrange du bandit, et désormais il était empêtré dans un duel qu'il ne maîtrisait plus vraiment. L'homme aux gants rouges, lui, paraissait avoir cédé totalement à ses pulsions, et il se défendait comme un fou furieux, rendant les assauts du capitaine inutiles. Les deux hommes haletaient, et hurlaient pour trouver l'énergie de prendre l'avantage. Leurs mains étaient refermées sur ce poignard, que le Rohirrim essayait de faire descendre vers la gorge d'Ignus tandis que ce dernier concentrait toutes ses forces à en dévier la trajectoire.

Le duel, âpre, prit fin lorsque le bandit réussit à détourner sa tête in extremis tout en laissant le poignard s'enfoncer dans la terre sèche. Il releva le front brusquement et heurta le capitaine en plein visage, l'envoyant rouler par terre, sonné. Il n'avait fallu qu'un seul coup à Ignus pour se sortir de cette situation incroyable. Un seul coup et il était passé de la pire posture qui pût exister à celle de vainqueur. Décidément, cet homme n'était pas commun. Il se releva brusquement, et poussa un hurlement de rage qui résonna tout autour d'eux. Son adversaire, étendu sur le dos, devait voir des étoiles danser devant ses yeux. Ses doigts tendus devant lui n'offrirent qu'une maigre résistance lorsque le bandit le prit à la gorge, et se mit à le traîner.

Théomer fut le seul à voir ce qu'il se produisit ensuite.

Ignus, qui paraissait avoir abandonné toute raison, se rapprocha du cercle de flammes sans même paraître sentir la morsure de celles-ci sur sa peau qui rougissait déjà. Pendant un bref instant, ce qu'il s'apprêtait à faire parut très clair. Mais il ne pouvait pas être assez cruel pour en arriver à une telle extrémité… Ils étaient ennemis, ils avaient des missions opposées, mais cela ne justifiait en aucun cas la violence gratuite. Ignus ne pouvait pas. Il ne pouvait tout simplement pas. Sous les yeux du seul témoin de cette scène horrible, il lâcha un ahanement et plongea le visage du capitaine au milieu des flammes.

Le hurlement déchirant de la pauvre victime fut presque plus horrible que le spectacle de son corps agité de convulsions, essayant vainement de s'extirper du piège alors qu'un Ignus déchaîné continuait de l'y maintenir. Le bourreau, contre toute attente, avait éclaté de rire. Il riait, oh oui, évacuant toute la rage et le plaisir de la victoire qu'il avait en lui. Il rit ainsi jusqu'à sortir le corps inerte du capitaine de la fournaise. Après quoi, il récupéra son bouclier qui était retombé plus loin, et jeta un œil sur le champ de bataille. Les gémissements des blessés accompagnaient les sanglots des mourants, et il parut se satisfaire de cette vision. Puis, ayant assouvi sa soif de carnage pour aujourd'hui, abandonnant ses compagnons derrière lui comme s'ils n'étaient que des pions dans son jeu, il s'éloigna vers l'Ouest d'un pas léger… oubliant même qu'il n'avait pas tué Théomer.

L'intéressé, en bien piteux état mais qui n'avait fort heureusement aucune blessure fatale, n'avait dû son salut qu'à la chance. La chance, et le sacrifice héroïque du capitaine qui s'était jeté pour le protéger au moment fatidique. Probablement que le guerrier aurait préféré ne jamais avoir à contempler ce visage dévasté par les flammes, réduit en bouillie comme un morceau de métal fondu par un forgeron. La chair était devenue gluante, et elle s'était mêlée à l'herbe sur laquelle reposait le corps du capitaine. C'était une vision que n'importe qui aurait pu vouloir chasser de son esprit à tout jamais.

Pourtant, il n'avait d'autre choix que d'y faire face à nouveau.

Pourquoi ?

Car une plainte étouffée venait d'émerger du capitaine. Ignus avait pris soin de ne pas le tuer…


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Dim 9 Oct 2016 - 12:05
Les corbeaux tournent en cercle au dessus de toi, toujours plus nombreux, rapaces affamés sentant venir la curée, charognards et seuls animaux à ne pas être effrayés mais attirés par le brasier, les cris et les râles des mourants. Les flammes brûlent toujours, illuminant les cieux d’une lueur inquiétante, et les volutes de fumée s’en vont rejoindre les nuages parsemant le ciel du Rhovanion.

Allongé au sol, tel un pantin désarticulé, tu mets plusieurs instants à reprendre tes esprits et tenter de bouger. Ton corps tout entier te semble broyé, comme après avoir été roué de milles coups.
Tu te souviens de ce duel inégal, de ton arme inefficace, de cet étrange bouclier. Un bref instant une pensée a illuminé ton esprit en voyant pareille parure et en ressentant un tel choc se répercuter dans tout ton bras, et puis le danger a chassé cet éclair.
Tu te souviens de ce coup de bouclier, un assaut que tu affectionnes tant et que tu ne pouvais pas parer, de ta chute.
Tu te souviens de ton adversaire te broyant le bras, te paralysant au sol et s’agenouillant) côté de toi. Les combats précédents t’ont ralenti, assommé, et cet adversaire aussi étrange que redoutable t’a battu. Tout d’abord dans votre duel, puis littéralement, te martelant au sol.
Tu te souviens des cadavres parsemés sur votre route. De leurs déformations ignobles. Mais tu étais incapable de réagir, un peu plus abruti à chaque coup.
Au dernier moment, une silhouette a bondi, t’évitant le dernier coup, brutal et fatal. Il t’& sembler reconnaitre la cape d’un gradé et les intonations et jurons du capitaine, cet homme qui n’avait jamais rien fait pour se faire apprécier.

Tout ton corps t’élance, alors que perclus de multiples hématomes, hébété par ce nouveau combat, tu tentes de te retourner difficilement. Machinalement, ta main droite vient se poser sur l’objet que ton adversaire a posé sur ta poitrine et le serre contre ta poitrine. Tu te redresses péniblement sur le flanc.
La scène qui suit semble s’inspirer des pires horreurs de guerre dont on parle. Tu assistes à l’immolation, impuissant, la vision encore brouillée par ta stupeur, et l’action des fumées. Incapable de te relever, tu assistes à l’odieuse victoire de cet adversaire qui semble s’en délecter. Son rire, absurde dans ce cadre de violence, te martèle les tempes et semble résonner narquoisement à tes oreilles.
Un vertige te prend, ta vision se brouille et ta tête vient reposer au sol. Ta dernière vision est celle de cet homme s’éloignant tranquillement du charnier qu’il a orchestré.

Tu ne sais pas combien de temps tu t’es évanoui. Quelques secondes ? Une heure ? Les mêmes flammes brûlent toujours, les mêmes râles et surtout, les cris des charognards volants.
Tu retiens un cri de douleur alors que tu essaies de te redresser. A genoux, tu ressens alors toujours dans ta main la présence de l’objet. Tu ouvres les doigts, découvrant un espèce de petit cachet en bois


Tu n’es pas en état de tenter de réfléchir sur la signification d’un tel objet. Et un nouveau râle vient d’attirer ton attention. Regardant hagard autour de toi, tu repères alors le corps du capitaine qui semble toujours tressaillir. L’homme est toujours vivant et une plainte étouffée sort de ces lèvres. Ta hanche t’élance trop pour que tu puisses te lever, alors tu rampes péniblement vers cet homme qui a volé à son secours, qui s’est sacrifié et qui l’a payé de manière si horrible.

‘’Capitaine ?’’

Le spectacle est horrible alors que tu t’approches de l’homme. Le visage a complètement brûlé, la peau a disparu par lambeaux, et le cartilage de l’arête nasale est à nu, sa blancheur obscène au milieu des chairs calcinées et fondues. Tu dois réprimer une nausée devant ce spectacle immonde, résultat d’une mise en scène obscène.

‘’Capitaine..’’
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Ryad Assad
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Jeu 13 Oct 2016 - 12:18
Un calme surnaturel était tombé sur la plaine, comme si une vague silencieuse était venue engloutir les rochers saillants et l’herbe brûlée, les cadavres encore chauds et les rescapés glacés. Les regards hagards se portaient dans le lointain, pour échapper à la proximité du sang et de la mort. Nul, pas même le plus brave et le plus insensible, ne pouvait sentir son estomac se retourner en observant le carnage. Le feu et l’acier s’étaient succédés pour prendre la vie des combattants, s’abattant comme une litanie de malheurs invoqués par l’esprit pervers et dément de Ignus, prince de la destruction et ministre de la furie. La signature qu’il laissait ne se manifestait pas uniquement dans le morceau de bois que Théomer tenait toujours. Non. Son œuvre était le spectacle macabre qu’il avait pensé, qu’il avait conçu, et qu’il avait finalement fait surgir des tréfonds de sa folie. Il avait peint ce cauchemar de sang sur fond de sinople, et laissait désormais le soin aux larmes de laver la souillure qu’il avait apportée avec lui.

Le jeune Théomer en avait sans doute vu plus qu’il était possible de le supporter, et pourtant il devait encore se relever et aider ceux qui pouvaient l’être. Une main se posa sur son épaule, et en se retournant il vit le visage soucieux du sergent Eofend. Lui, au moins, était toujours en vie. Il avait reçu un vilain coup dans la jambe, et son bras droit était replié contre sa poitrine, mais son regard assombri n’avait rien perdu de sa vitalité. Tout le monde ne pouvait pas en dire autant, à l’instar du pauvre Starfol dont les yeux grands ouverts fixaient le jeune Rohirrim sans ciller.

- Théomer...

Il était difficile de trouver les mots justes. Lui demander comment il allait ? Il connaissait déjà la réponse, qu’aurait-il gagné à entendre un "je vais bien" qui n’était que le mensonge d’un homme essayant de se rassurer, coupable d’être encore en vie alors que tant des siens étaient tombés. Lui dire qu’il était désolé ? Le mot n’aurait pas suffi à décrire ce qu’ils ressentaient tous les deux. Ou peut-être, au contraire, était-il trop précis. Désolés. Comme une terre brûlée, salie, corrompue et finalement abandonnée à son triste sort. Désolés. Ravagés. Anéantis. Désolés, ils ne pouvaient que l’être...

- Je...

Les mots ne venaient toujours pas. Les larmes, si. Le brave sergent leva les yeux au ciel, ravalant ses sanglots. Il ne comprenait pas. Il ne comprenait simplement pas ce qu’il s’était produit. Tant de violence, tant de morts. Il n’avait pas imaginé tout cela, et il avait perdu pied dans une affaire qui de toute évidence les dépassaient complètement. Ils étaient partis animés du désir de retrouver des voleurs en fuite... pas pour faire la guerre et pour se faire massacrer. Qui étaient ces hommes prêts à mourir pour leur larcin ? Qui était cet homme qui avait organisé toute cette affaire ? Nulle trace de lui désormais, ni du chargement qu’il convoyait. Ne restait plus qu’une hache mystérieuse, que le sergent tendit à Théomer.

- Tenez, dit-il simplement.

Retrouvant la maîtrise de lui-même, il souffla :

- Il n’y a plus que vous et moi... Ceux qui ne sont pas morts le seront bientôt, Théomer. Leurs blessures sont trop graves. Mais nous ne devons pas oublier ce pour quoi nous sommes ici.

Son poing était serré si fort autour de l’arme que ses jointures blanchissaient. Il avait la mâchoire crispée :

- Nous sommes proches de l’Isengard. Je ne pourrai pas chevaucher plus loin. Je vais essayer de ramener les blessés jusque là. Avec de la chance, nous serons interceptés par une patrouille royale avant que...

Il ne finit pas sa phrase, se contentant d’ouvrir les doigts pour laisser Théomer s’emparer de la hache de facture naine. Une arme qu’il avait déjà utilisée, et qui trouvait une place naturelle dans sa main. Le dernier vestige de la mort de Nivafel.

- Vous êtes en meilleure forme que moi, alors c’est à vous que je confie la tâche la plus importante : allez à Edoras, le plus rapidement possible. Ce qu’il s’est passé ici... le Vice-Roi doit savoir.

Eofend avait raison. Ces hommes qui avaient traversés le Riddermark n’étaient pas des bandits ordinaires, et quels que fussent leurs desseins, ils étaient particulièrement déterminés à les réaliser. Prévenir le Vice-Roi, même s’il ne pourrait rien faire pour rattraper les fuyards, était d’une importance capitale. Le sergent fit tomber sa cape d’officier de ses épaules, et la tendit également à Théomer.

- Utilisez-ça pour aller plus vite. On vous écoutera, et personne ne vous ralentira.

Théomer se releva, et le sergent le para de cette distinction, comme s’il lui transmettait symboliquement la charge et les attributs qu’il aurait voulus pouvoir porter sur ses épaules lui-même. Il observa fièrement le cavalier, et lui glissa avec un demi-sourire :

- Vous avez fière allure. Et maintenant, aidez-moi à charger les blessés sur cette monture.

Le sergent avait réussi à rattraper deux chevaux, et ils s’employèrent à hisser trois blessés sur le dos de la première bête. Le capitaine en faisait partie, de même que Halgor, qui avait reçu une flèche en pleine poitrine, et Méared qui avait reçu une sale blessure à la tête en plus d’avoir perdu trois doigts de sa main droite. Les mettre en selle et les faire tenir ensemble fut une entreprise aussi délicate qu’éprouvante. Manipuler ainsi des camarades blessés n’avait rien de joyeux, et ils ne s’y employèrent que parce qu’ils n’avaient pas le choix.

- J’enverrai quelqu’un pour les morts… Lâcha le sergent lorsqu’ils eurent finalement terminé les préparatifs. Mais pour l’heure nous devons penser aux vivants, et à agir. Le reste, nous y penserons en temps utile.

Les deux hommes restèrent å s’observer pendant un moment, en silence. Étaient-ce des adieux ou seulement un au-revoir ? Comment espérer que leurs chemins se recroiseraient après tout cela, mais en même temps comment songer qu’ils oublieraient cette histoire ? Ils étaient liés par le sang versé, frères d’armes à jamais désormais. Grave, Eofend se fendit d’un commentaire à la fois laconique et plein de sagesse :

- Nous n’aurons pas échoué tant que nous continuerons à les traquer, Théomer.

C’était autant un souhait qu’un espoir. Plus encore. C’était un serment.


Membre des Orange Brothers aka The Bad Cop

"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"

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Théomer
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~ GRIMOIRE ~
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Mar 18 Oct 2016 - 22:27
Les bruits se sont tus, le vacarme des armes a cessé, et la pluie a commencé à tomber sur le champ de bataille, troublé seulement par les plaintes des blessés et mourants. Les gouttes tombent, froides, telles de larmes de tristesse devant un spectacle si désolé, des larmes de deuil devant tant de victimes rohirrimes. Ce n’est qu’un crachin, mais le Rohan semble pleurer ses morts. L’eau s’en vient se mêler au sang, et aux entrailles, allant abreuver la terre assoiffée, absorbant la chaleur des flammes dans un grésillement quasi continu.

De l’officier, tu n’as eu aucune réponse, et seule sa poitrine qui se soulève indique qu’il est toujours en vie, malgré son triste état. La silhouette de son tortionnaire s’est depuis longtemps évaporée, et tu ne sait pendant combien de temps tu es accroupi à coté de lui. La douleur et le choc t’ont encore empêché de te lever pour aller t’enquérir d’autres victimes ou rescapés. Tout près de toi, Starfol, ou encore la silhouette de Nivafel, témoins de la brutale violence des combats, te font presque te paraître coupable d’être encore en vie. L’eau ruisselle le long de tes cheveux, tentant d’essuyer les souillures et le sang qui maculent ton visage. Ton regard fixe sans bouger le corps agonisant de celui qui s’est sacrifié sans raison pour toi et l’a si chèrement payé. Si il ne décède pas de ses blessures, tu n’oses imaginer le devenir de cet homme horriblement déformé.

La voix d’Eofend te tire de ta stupéfaction. Depuis combien de temps t’appelle-t-il ? Sa voix et sa présence sont rassurantes, comme autant de disculpation au fait d’être encore en vie. Ce n’est pas la première fois après un carnage que tu vis ce moment de doute et de remords lorsque tant d’autres sont partis et que tu te demandes pourquoi tu es resté vivant. Tu saisis l’arme qu’il te tend, après une brève hésitation. Cette arme a tué Nivafel mais t’a aussi sauvé la vie.

L’officier continue de parler, et tu l’écoutes, sans répondre. Il veut que tu partes, que tu ailles avertir Méduseld et le Maréchal. Il veut que tu le laisses seul, blessé, escorter les blessés jusqu’en Isengard. Ton devoir de soldat se brouille avec tes obligations de Rohirrim. D’une voix cassé, brisée par les mêmes larmes contrôlées que celles de ton supérieur, tu parles alors pour la première fois :

‘’Je ne peux pas vous laisser seuls. Vous, les blessés. Je… Je ne peux pas. Vous priver d’une monture, vous laisser à la merci de...’’
‘’Il le faut Théomer.’’


Tu regardes le faciès odieusement déformé de celui que vous avez chargé sur la deuxième monture, le visage pâle de Méared et d’Halgor, semblant inconscient, harnachés tant bien que mal sur la même selle.

‘’Je ne peux pas abandonner mes compagnons Capitaine.’’
‘’C’est un ordre que je vous donne. Il y a parfois des choses plus importantes à faire que celles que nous commande notre devoir de soldat.’’

Il a déjà détaché sa cape d’officier et t’en pare sans que tu n’esquisses le moindre geste pour l’aider. Y-a-t-il donc vraiment plus important que d’aider ses compagnons ? Prévenir Edoras, et pourquoi faire ? Le temps de faire le trajet retour, et les rescapés de cette maudite troupe-tu ne peux qu’espérer qu’à défaut de les avoir défaits, vous les ayez sérieusement amputés d’un grand nombre- seront loin. Trop loin pour espérer les traquer, trop loin pour espérer venger tous ceux qui sont tombés aujourd’hui.
Ton poing se serre sur le manche de la hache.
Non pas trop tard.Il ne sera jamais trop tard pour crier vengeance pour ce qui s’est passé ici.
Tu entends encore le rire fou de ton dernier adversaire, la folie qui semble l’animer.
Il ne sera jamais trop tard pour le retrouver.

‘’A vos ordres mon capitaine.’’

Avant de partir, tu as pris soin de fouiller le charnier pour retrouver une chose. Ton épée dont la garde en argent ouvragée en forme de tête de cheval, est maintenant maculée de sang coagulée. Tu l’as rapidement nettoyée en utilisant sans scrupule la dépouille de ta première victime.

Le deuxième destrier semble t’attendre. Tu n’arrives pas à retrouver en lui la fougue et la noblesse de Nivafel, mais au moins, il est indemne et semble capable de parcourir encore une longue distance. Lorsque tu te hisses sur ta selle, tu as envie de hurler de douleur tellement milles contusions et hématomes émaillent ton corps entier. Il te semble même que plusieurs de tes côtés sont brisées et te coupent le souffle, et il te faut quelques instants pour retrouver une contenance et un appui en selle.

‘’ Comptez sur moi pour être présent le jour ou nous les coincerons capitaine.’’


Tu es ensuite parti, porté sur ta nouvelle monture. A son flanc, tu as trouvé avec un certain soulagement une outre presque pleine. Un cor de rohirrim se balance également. Tu es parti au trot, pour ménager ta monture, Edoras étant éloignée. Malgré tout, chaque foulée relance tes douleurs. Au bout de quelques instants, du haut d'un petit surplomb, tu t’es retourné, observant avec un pincement à la poitrine la silhouette titubante du capitaine guider la deuxième monture au chargement si triste. Tu ne peux t'empêcher de ressentir une fois de plus comme de la culpabilité en voyant ce petit groupe en si piteux état s'élacer vers l'inconnu, et il t'a fallu une certaine volonté pour ne pas faire faire volte-face à ton cheval.

Comme un automate, tu as guidé ta monture plusieurs heures durant, lui ménageant des pauses au pas, t’aidant des étoiles apparues pour te guider. La nuit est tombée, triste et froide, et une nouvelle fois tu ressens un frisson de culpabilité en pensant à tes compagnons en si mauvaise posture. Comment le capitaine va-t-il s’en sortir ?Tu ne peux t’empêcher de songer que tu ne les reverras probablement pas tous vivants, et cette pensée t’attriste.
Au bout de plusieurs heures -mais tu as en réalité perdue toute notion de temps, seul en pleine nuit, dans les immensités des plaines du Rohan, tu as apercu une lueur isolée. Te guidant vers elle, tu as pu rejoindre au petit matin un village de fermiers , tels les nombreux qui parsèment les terres. Ton arrivée a été remarqué par les plus matinaux, déjà aux travail, et ta parure, de même que tes blessures ont immédiatement jeté un froid sur la petite communauté. Il t’a fallu plusieurs minutes pour rassurer ce petit monde sur le fait qu’ils ne courraient aucun danger immédiat, les groupes d’orcs et de warg étant les principales craintes de ces pauvres gens. Un grand respect t’a ensuite accueilli lorsque tu as précisé devoir regagner en vitesse Méduseld, et que les anciens ont reconnu les couleurs de la garde royale sur ta nouvelle cape. Tu as refusé le gîte et le repos préconisé par ces braves gens, mais accepté avec reconnaissance une monture de rechange.

Tu as continué ton périple, la douleur et l’envie de revanche seuls te permettant sans doute de rester éveillé malgré l’absence de sommeil et l’épuisement des combats. Heureusement, tu as trouvé une route, qui te permet de te guider de manière plus efficace. Les étendues arides et sauvages ont continué à défiler, avec parfois quelques troupeaux sauvage de chevaux.
Au deuxième village, cette fois ci complètement abruti par le sommeil, tu as accepté l’offre d’hospitalité, en insistant que tu devais repartir au plus vite. A peine le pied à terre, tout engourdi et endolori, un grand malaise t'a pris et tu t'es senti choir et rattrapé par plusieurs paires de bras. Tu te souviens à peine qu’on t’a proposé à manger une soupe chaude et épaisse, avant de te déshabiller pour te baigner. Comme endormi, tu as entendu les nombreuses clameurs de tes hôtes à chaque nouvelle blessure découverte et aussitôt lavée et pansée.

Tu t’es réveillé en sursaut dans un lit inconnu, encore abruti de sommeil, et nécessitant quelques instants pour reprendre tes esprits. Les bienveillants villageois ont beau pu t’assurer que tu n’as dormi que quelques heures et que l’après midi est à peine avancé, tu as insisté pour partir séance tenante. On t’a remis alors tes effets, ainsi qu’un nouvel étalon une fois de plus, et quitté avec beaucoup de respect.

Tu n’as plus voulu t’arrêter. Ta monture fraîche t’a permis d’avancer rapidement, et malgré la nouvelle nuit qui tombe, tu reconnais les chaînes de montagne et les cours d’eau. Edoras n’est plus loin, et bientôt, ses lumières scintillent à l’horizon dans l’obscurité.
Tu pousses ta monture à bout, et ton corps souffre aussi, trop peu reposé et toujours aussi douloureux. Sans doute les villageois avaient-ils raison, et tu n'aurais pas du reprendre la route aussi précocèment, mais tu ne veux pas délayer la mission pour laquelle tu as du sacrifier le devenir de tes compagnons à un futur bien incertain.  Tout ton corps te lance et te brûle, et certaines plaies se sont rouvertes déjà.Mais te récompensant, les premières lueurs de l’aube viennent embraser les toits de Méduseld au détour d’une colline.

L’étalon stoppe brutalement sa course, sa robe en nage, ses naseaux frémissants, le museau écumeux. Tu n’as pas le temps de regretter de l’avoir autant sollicité et épuisé, qu’il titube et s’effondre, te projetant au sol. Hébété de sommeil, tu n’arrives pas à amortir ta chute, et l’impact est terrible et te fait voir trente-six chandelles, la douleur dans tes côtessemblant te bloquer la respiration, et une nouvelle et intense douleur te déchire l’épaule.

Hurlant et pleurant de douleur et de rage, un bras inerte, tu rampes jusqu’à ta monture. Ses puissants flancs tentent tant bien que mal de se soulever pour retrouver sa respiration. L’étalon n’est pas en état de reprendre sa course. Edoras est pourtant si proche, ses bannières flottant au vent, et tu jurerai pouvoir voir la silhouette des guetteurs en haut des tours du mur d’enceinte. T’ont ils apercu également ? Tu te sens si faible, si épuisé, pour tenter de gagner à pied la capitale.
Le cheval hennit doucement. Le regardant, tu remarques alors à nouveau le cor accroché à son flanc. Le décrochant avec ton seul bras valide, tu le portes à tes lèvres.

Une sonnerie claire et puissante en sort, une plainte lascive, un appel de détresse.
Plusieurs fois tu reprends ton souffle et relance ton appel. A chaque inspiration, tes côtes gémissent , et la douleur intense dans ton épaule te lance un peu plus, le bras inerte pendant le long du corps.

Alors, épuisé, vaincu par la douleur, tu perds connaissance une fois de plus.
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