La nuit se couche sur les tombes

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Mardil
Espion de Rhûn - Grand Guru du Culte Nathanaïque
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Localisation : dans sa tombe... ou à Vieille-Tombe
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Lun 15 Fév 2016 - 14:40
- Car, voyez-vous, ceux qui doutent de la puissance de notre Dieu seront écrasés sous le talon de ses défenseurs. Nous tous, fidèles de Melkor, le seul Dieu véritable, réduirons ces impies en cendres. Son heure de gloire arrive mes frères et rien ni personne ne se mettra en travers de notre route. Gloire à Melkor.

Les fidèles reprirent en chœur le crédo bien connu. Je joignis ma voix à la leur. Le temple de Melkor de Vieille-Tombe était rempli à moitié, soit trois fois plus qu’à peine un mois auparavant. Comme tous ceux qui assistaient à la cérémonie, j’étais subjugué par le charisme du nouveau Grand Prêtre de Melkor à Vieille-Tombe. Nul ne connaissait ses traits, cachés par un masque d’os mais tous reconnaissaient sa voix. Elle enflait comme un fleuve tumultueux dans les plaines, comme le tonnerre sur la montagne. Elle soulevait le cœur des hommes et les poussait à donner le meilleur d’eux-mêmes pour la gloire de Melkor. Nul doute que cet homme possédait un charisme hors du commun. Le sabre qu’il portait à son côté était toujours tâché du sang des infidèles. Si peu de gens se déplaçaient au temple, on ne parlait que de lui dans la ville et à juste titre. Les gens l’adoraient ou le détestaient mais tous le craignaient et probablement à juste titre.

Il ne faisait aucun doute qu’il marquerait à jamais l’histoire de la cité alors il valait mieux le tenir à l’œil. Je ne savais que penser de son argumentaire cela dit. Dans l’absolu, on ne pouvait que se réjouir du regain de foi pour Melkor mais tout ce qui pouvait déstabiliser la ville était dangereux. Pour l’heure, Néhélac avait d’autres soucis en tête que ce Khâliban et moi aussi.

J’avais quitté Blankânimad depuis moins d’un mois et déjà, je ne me sentais plus aussi assuré que je l’avais été auprès de Rezlak. Je savais que je devais rester concentré afin de démêler le vrai du faux dans mon esprit. Je ne pouvais plus me laisser submerger comme je l’avais fait par le passé. Tout ce temps passé à croire que j’étais quelqu’un d’autre. Les souvenirs de la vie de Mardil que je m’étais appropriée venaient encore me déranger dans mes rêves. Rezlak m’avait dit de ne pas y prêter attention, qu’ils ne représentaient rien d’autre que la peine qu’il était normal de ressentir après la perte de mon ami et collègue.

Et pourtant, ce n’était pas de la peine que je ressentais lors de ces songes. De la colère, du dégoût, de la douleur et une peur sans nom. La peur était le pire. Elle me laissait tremblant dans mon lit après mon réveil. Je ne parvenais pas à la comprendre ni à la maîtriser. Alors je m’occupais pour ne plus penser. J’avais repris mon entraînement et mes blessures ne me faisaient presque plus souffrir à part les habituelles démangeaisons dans ma main. Je ne regardais que rarement les cicatrices que j’avais obtenues en essayant de sortir Mardil du brasier qui lui avait été fatal. Je voulais oublier tout ce dont j’avais été témoin.

Je m’occupais principalement de tenir les marchands de la cité dans notre giron. Ils étaient encore plus terrifiés par Néhélac qu’ils ne l’étaient par Khalibân. Et depuis peu, ils baissaient la tête lorsqu’ils me croisaient. Ceux qui avaient tenté de faire affaire sans passer par nous s’en étaient mordus les doigts. Je préférais me concentrer sur ma mission et garder une routine quotidienne de peur de perdre à nouveau le contrôle de mon esprit. Rien de tel ne devait se produire de nouveau si je voulais rendre Rezlak fier de moi. Et pourtant, quelque chose avait changé dans l’attitude de Néhélac à mon égard. Je n’arrivais pas à comprendre quoi exactement et je n’étais pas sûr de vouloir le savoir. Mais, quoi qu’il se passe, j’aurais accueilli avec joie toute mission qui m’aurait éloigné de Vieille-Tombe.

*******


Néhélac était pensive. Elle venait de prendre connaissance des ordres de son supérieur et tentait de voir clair dans son jeu. Il semblait vouloir régler un maximum de choses étant donné le nombre de missions qu’il lui confiait. Pourquoi un tel empressement ? Certaines missions étaient pourtant loin d’être urgentes et elle n’aimait pas dégarnir autant d’agents de la cité, surtout depuis l’arrivée du nouveau grand prêtre. Elle n’avait aucune confiance quant aux intentions de Khâliban et voyait d’un mauvais œil les actions de l’ancien guerrier. Cependant, il ne représentait pas une menace immédiate et elle avait bien d’autres choses à régler.

Elle convoqua donc ses hommes un à un et leur répartît les différentes missions qui les tiendraient loin de Vielle-Tombe pour plusieurs semaines. Il ne restait plus que la mission à Dale que Rezlak souhaitait voir confier à Mardil. Néhélac ne pouvait s’empêcher de penser au jeune homme sous ce nom. Elle avait cru être en mesure de lui venir en aide et, devant son impuissance, avait supplié Rezlak de l’aider à son tour. Elle se disait maintenant qu’elle avait commis une terrible erreur.

Loin d’aider le jeune homme, leur supérieur l’avait conforté dans sa folie, avait consolidé la personnalité qu’il s’était forgée dans une tentative désespérée pour oublier ce qu’il avait vu ou fait. Elle comprenait les intentions de Rezlak et elle aurait dû aussi être ravie de pouvoir compter sur un agent tel qu’Achéron. Jusqu’ici il s’était montré très efficace et zélé ainsi que d’une loyauté sans faille. Cependant, il avait perdu tout ce qu’elle avait jadis aimé en lui. Sans le vouloir, elle s’était rapprochée du jeune homme et avait fini par lui vouer une grande tendresse. D’une certaine façon, elle le considérait comme un petit frère ou un fils alors qu’elle n’était que sa formatrice et sa supérieure.

C’est pourquoi, elle voulait sincèrement lui venir en aide. Elle pensait également qu’il pourrait se révéler très utile s’il retrouvait un jour son ancienne personnalité. Mais cette dernière semblait s’être envolée pour de bon. Ses tentatives avaient toutes abouties à un échec cuisant. Si elle voulait parvenir à ses fins, elle devait comprendre ce qui s’était passé à Minas Tirith. Et puisqu’obtenir ces informations de la bouche de Mardil semblait impossible, elle devait changer d’angle d’attaque.

Elle confia alors une autre mission à l’un de ses agents et lui dit de se rendre à Minas Tirith avec un message pour l’un de ses espions dans la cité blanche. Elle avait recruté un nouvel agent des plus prometteurs qui pourrait sûrement lui apporter les renseignements qu’elle désirait tant…
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Dim 13 Mar 2016 - 19:16

- Je vous demande respectueusement d’intervenir. Ce chargement d’esclaves devait me revenir afin de travailler dans mes champs de pavot. Qui va faire le travail désormais ? C’est un manque à gagner terrible pour moi.

- Je ne vois pas bien ce que vous voulez que je fasse. La marchand d’esclaves a décidé de vendre sa cargaison au grand prêtre Khâliban car il a surenchéri sur votre offre.

- Et ils vont être exécutés pour leurs rituels barbares. De la main d’œuvre qui serait bien plus utile ailleurs.


Néhélac se demandait si le marchand était stupide ou non. Se risquer à parler de rituels barbares en public risquait de lui coûtait cher. Si la population de Vieille-Tombe n’était certes pas acquise aux melkorites, ces derniers avaient des yeux et des oreilles partout, y compris ici-même, dans le comptoir commercial de Rezlak. Rien ne serait fait ouvertement mais elle avait eu connaissance que deux accidents suspects avaient fait des victimes chez les plus farouches opposants au nouveau grand prêtre de Melkor à Vieille-Tombe.

- Existait-il un contrat signé entre vous et ce marchand d’esclaves ? S’il n’a pas tenu ses engagements, il serait possible d’agir en effet.

- Non, ce n’était qu’une promesse orale mais cela avait toujours été suffisant auparavant…

- Dans ce cas, je suis désolée mais je ne peux vraiment pas vous aider. Les esclaves appartiennent au culte de Melkor désormais, Loué Soit-Il.

- Cela ne se passera pas comme ça, je vous le dis.


Néhélac foudroya le pauvre idiot du regard.

- Surveillez vos paroles, maître Isthan. Ne vous avisez surtout pas d’oublier à qui vous vous adressez.

Elle vit un éclair de peur glacé dans les yeux du marchand, ce dernier semblant soudain se rappeler à qui il avait affaire. Il s’inclina très bas devant elle en mendiant son pardon comme si sa vie en dépendait. Après tout, pour autant qu’il le sache, c’était bien le cas. Quelques mois auparavant, elle aurait puni son arrogance sur le champ mais elle avait d’autres soucis en tête désormais.

- Cela ira pour cette fois maître Isthan mais tâchez surtout de ne pas vous oublier ainsi à notre prochaine entrevue.

Ses hommes firent sortir le marchand sans ménagement avant qu’il n’ait eu le temps d’ajouter quoi que ce soit. Néhélac ne savait pas quoi faire à propos de Khâliban. Ce dernier ne représentait pas une menace mais ses prises de positions irritaient les marchands de la ville. A vrai dire, elle n’éprouvait aucune sympathie pour le prêtre non plus mais tant qu’il respectait la loi et qu’il ne mettait pas le nez dans ses affaires, elle n’avait aucune raison valable de s’en faire un ennemi.

Elle était lasse. Ce n’était pas tant les responsabilités qu’elle avait en tant que numéro deux de l’organisation de Rezlak que son combat perpétuel contre ses propres démons. Elle était assaillie par les regrets et les interrogations sans fin. Elle avait le sentiment d’avoir gâché sa vie. La seule chose qui lui importait était sa vengeance et encore n’était-elle pas certaine de ses soupçons envers son supérieur. Etait-ce réellement un motif suffisant ? Et si elle parvenait à ses fins, se laisserait-elle mourir à petit feu après avoir obtenu ce qu’elle désirait tant ? Elle aurait voulu retrouver la certitude qu’elle avait ressentie au Temple Jaune. Tout lui avait paru si clair et si évident à l’époque. Elle n’avait plus aucune certitude désormais.

Elle traversa à pas lents le corridor qui la menait à ses appartements privés. Elle aurait pu s’installer dans la chambre de maître mais Rezlak avait marqué de son empreinte les murs de la maison et cela était encore plus vrai dans les pièces où il avait vécu. Elle avait fait fermer ces dernières, officiellement pour le cas où le maître des lieux aurait souhaité séjourner dans son ancienne demeure mais la vérité était qu’elle ne supportait pas de rester dans cette partie de la villa.

Cela lui importait peu car cette dernière était immense. Elle s’était appropriée plusieurs pièces qui avaient autrefois servies à recevoir des hôtes de marque. Ces dernières étaient spacieuses, décorées avec goût dans des teintes pastel apaisantes. Point d’art figuratif ici. Les panneaux de bois qui recouvraient les murs de pierre n’étaient qu’arabesques et entrelacs de courbes qui couraient le long des murs et des ouvertures. Une seule porte coulissante permettait d’entrer dans ce qu’elle considérait comme étant chez elle. Elle disposait aussi de sa propre cour privée dans laquelle une fontaine artificielle faisait face à un marronnier centenaire et à un parterre de pivoines, de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Elle se trouvait au centre de la villa et on n’entendait pour ainsi dire pas les bruits en provenance de la ville. C’était l’endroit qu’elle préférait pour se relaxer ou même pour s’entraîner.

Elle ne l’attînt pas malheureusement car elle entendit des pas précipités derrière elle. Elle se retourna vivement et le messager se stoppa brusquement. Cela faisait plusieurs fois qu’elle lui disait de ne pas courir ainsi. Même ici, où son autorité faisait foi, elle ne se sentait pas totalement à l’abri. Un jour ou l’autre, il risquait de se retrouver avec la tête détachée du corps s’il continuait à la surprendre ainsi.

- Excusez-moi Madame. J’ai reçu le rapport de Sorge et je sais que c’était l’une de vos priorités.

Elle tendit la main et attendit que le porteur du message se retire avant de briser le sceau. En effet, cela faisait des semaines qu’elle espérait des nouvelles de son dernier espion en date. Depuis plusieurs mois, elle tentait de venir en aide à Mardil sans y être parvenu. Elle avait ses raisons de vouloir aider le jeune espion. Elle pensait qu’il pouvait l’aider dans sa vengeance s’il parvenait à ouvrir les yeux sur leur mentor à tous les deux. De façon plus générale, elle voulait juste ramener le jeune homme vers elle afin de briser l’emprise de Rezlak sur lui. Une maigre victoire mais cela aurait été déjà ça. Et puis, elle avait fini par se soucier sincèrement du bien-être du jeune espion. La situation dans laquelle il se trouvait était plus que nocive et elle avait le pressentiment que tout cela finirait dans les larmes et le sang.

C’était la raison pour laquelle elle avait recruté Sorge. Cela faisait longtemps qu’elle pensait qu’il leur serait utile d’avoir un gardien dans les geôles de Minas Tirith afin d’exécuter un de leurs espions qui se serait laisser prendre vivant avant qu’il ne puisse parler. Cependant, un tel homme pouvait lui apporter beaucoup plus tout de suite. La seule personne au courant des événements ayant conduit Mardil au bord de la folie était cette Emelyne Salanda qui était actuellement enfermée dans les prisons de la cité blanche. Elle espérait qu’elle avait eu raison de faire confiance à Sorge.

Elle fût d’abord rassurée de voir que son espion était arrivé à ses fins puis consternée par ce qu’elle lisait. Nul doute que Rezlak n’était pas au courant de toute l’affaire car sinon Mardil ne serait déjà plus de ce monde. Ce qu’elle savait déjà c’était que Mardil avait sacrifié quelqu’un de cher à ses yeux pour simuler sa propre mort. Rezlak ne lui avait rien dit de plus et Emelyne n’était pas au courant de ça. Ce qu’elle savait en revanche c’était les événements qui avaient donné naissance au réseau qu’on avait appelé le Cercle. Contrairement à ce que Mardil leur avait dit à l’époque, Mirallan n’était pas responsable de la mort d’Urik. Il avait lui-même comploté afin de tuer son supérieur.

Néhélac ne savait pas si elle devait être en colère devant la trahison du jeune homme ou fière car il avait osé défier Rezlak et que la mort d’Urik l’avait considérablement servie dans ses propres intérêts à elle. Peut-être venait-elle d’obtenir le moyen de pression qui lui permettrait de faire revenir Mardil à la réalité. Elle passa le reste de l’après-midi à se demander comment utiliser cette information au mieux. Mardil serait retenu encore un moment pour sa mission à Dale mais elle savait qu’il reviendrait ici directement une fois cette dernière terminée. Ce serait le moment où jamais d’essayer de tenter quelque chose.

Le soir venu, elle se rendît dans la grande salle à manger où elle devait tenir une réunion en compagnie des hommes présents en ville. Le sujet de la réunion était la sécurité et le recouvrement de certaines créances. Beaucoup de ses hommes de confiance étaient au loin pour différentes missions et elle voulait s’assurer que ceux qui étaient sur place connaissaient bien tous les détails de leurs assignements respectifs. Sur la trentaine d’hommes présents, seule la moitié faisait partie de ceux qu’elle avait personnellement recrutés ou entraînés. Certains autres avaient été formés par Urik, Ajark ou Rezlak en personne.

Elle redéfinit les obligations de chacun et écouta leurs doléances mais elle avait la tête ailleurs, ou plus exactement elle avait une migraine qui semblait vouloir s’installer pour de bon. La tête lui tournait de plus en plus or elle n’avait pas bu une seule goutte de vin. Ce n’est qu’alors qu’elle réalisa qu’elle n’était pas la seule à se sentir mal. L’un de ses hommes de confiance s’était effondré dans son assiette, un autre qu’elle connaissait peu était à quatre pattes. Ses compagnons riaient mais lorsqu’ils virent qu’il vomissait du sang, les rires se tarirent.

Tout le monde se leva d’un coup et Néhélac tenta également de le faire mais s’en découvrit incapable. Les hommes valides tentaient de venir en aide à ceux qui n’arrivaient plus à se mettre debout. Elle eût tout juste le temps de comprendre qu’ils avaient été empoisonnés avant de s’effondrer à son tour sur le sol froid.
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