[Passé] Qui ne sait pas être serviteur ...

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Nathanael
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Mer 9 Mar 2016 - 8:51
Qui ne sait pas être serviteur ne pourrait être maître



Le voyage de retour avait été pénible. Si Aliénor avait vécu l’aller vers Isengard comme une aventure où l’imprévu se mêlerait à son quotidien, elle ne savait que trop bien ce que signifiait la route menant vers Edoras. Le retour vers une prison dorée.  Ses journées s’étirèrent entre les tâches ingrates qui revenaient aux serviteurs : préparer les repas, nettoyer les écuelles de voyage, aider le cuisinier sur la route à ramasser quelques plantes, retourner aux fourneaux, et ce, sans qu’un point final ne vienne jamais interrompre cette valse servile. Plus Edoras se rapprochait, plus elle soupirait sous le regard désapprobateur du cuisinier. Il l’avait plusieurs fois remise à sa place en lui rappelant ses obligations et ses devoirs. Mais elle ne les connaissait que trop bien. Elle n’avait pas eu le droit de raccompagner les jumeaux de Dame Aelyn lors de la première vague de départ. Aucune autorité supérieure n’ayant donné son accord pour qu’Aliénor quitte ses services aux cuisines, elle s’était donc vue contrainte de rester sous les ordres du chef cuisinier. Elle ne comprenait que trop bien les chevaux qui s’agitaient sous la bride d’une main trop ferme, car elle avait le sentiment d’en avoir une elle aussi qu’on serrait un peu plus chaque jour.

- Edoras ! Meduseld ! Nous sommes bientôt arrivés.

Au soulagement physique succéda l’angoisse. Aliénor avait la boule au ventre et c’est imperceptiblement qu’elle ralentit son pas. Un groupe de cavaliers quitta la cité pour rejoindre la tête de file de leur longue procession, imposant un court arrêt à tous ceux qui suivaient. Elle en ressentit un certain soulagement. Il leur fallut pourtant atteindre Edoras et, traînant les pieds, l’esprit ailleurs, elle franchit les grandes portes qui menaient dans la ville. L’arrivée du dernier contingent de soldats et de jeunes nobles revenus d’Isengard avait mis Edoras en effervescence. On eut dit une ruche au moment des fortes chaleurs estivales dans une prairie en fleurs. Tout le monde s’agitait pour accueillir les derniers arrivants, multipliant les embrassades tout en partageant les dernières rumeurs et les meilleurs ragots. Les échanges virils étaient plus bruyants que les discrètes accolades entre femmes. Mais bientôt tout ce petit monde s’éparpilla pour retrouver ses quartiers et reprendre leur service habituel. Les soldats furent relevés de leur fonction pour prendre un quart de repos tandis qu’Alienor dut se soumettre à la difficile épreuve du rangement et de la préparation du prochain repas. Le cuisinier l’avait trouvée si désagréable au cours du voyage qu’il avait repoussé sa journée de repos.  Elle vécut cette punition comme une humiliation absolue mais se soumit quand même aux ordres de son supérieur. Que pouvait-elle faire d’autre ?

Au milieu des dames qui étaient restés sur place pour entretenir les cuisines royales, elle apprit que personne n’avait plus vu son frère depuis plusieurs semaines. On lui confirma que beaucoup d’orcs en petits groupes avaient traversé les plaines ces derniers mois mais que nombre d’entre eux avaient été décimés par les cavaliers de la Marche. Le jeune roi était sans doute au courant, mais il ne devait pas trouver opportun d’envoyer plus de soldats à leur trousse. Ici et là pointaient d’amères critiques discrètement dissimulées sous les mots envers leur jeune roi. On n’avait jamais vu de mémoire d’hommes un souverain quitter son poste pour mener une vie recluse et loin de son peuple. L’apprentissage du jeune Fendor était vécu comme un abandon par les petites gens, et pire, comme un affront. Fort heureusement, tous vantaient les louanges du Vice-Roi Gallen Mortensen. Beaucoup, sans doute, avaient espéré qu’il accède au trône même si aucun sang royal ne coulait dans ses veines. Mais malgré l’agitation ambiante, Alienor ne put que constater que les anciennes plaies ne s’étaient pas encore refermées. Parmi les soldats comme parmi les serviteurs, certains s’étaient affichés ostensiblement comme de fervents défenseurs d’Hogorwen. Et après la mort du traître, ceux qui avaient été graciés avaient retrouvé leur fonction au service du roi. Mais ils demeuraient à l’écart. Un étranger n’y aurait pas prêté attention mais la situation était d’autant plus flagrante pour Aliénor qu’elle connaissait chacun d’entre eux depuis plusieurs années. Là aussi, elle s’interrogeait. Le jeune roi avait-il conscience que la paix qu’il avait imposé avec son accession au trône était fragile ? Les seigneurs et les proches du roi devaient avoir d’autre préoccupations, sans doute, pourtant il était terrifiant de constater avec quelle minutie chacun essayait de s’éviter, restant auprès de ceux qui partageaient le même point de vue plutôt que de préparer la marmite avec un ancien opposant politique.

Mais les considérations d’Alienor furent interrompues par le nettoyage commun de la vaisselle royale. Les hommes ne s’étaient pas arrêtés de vivre en leur absence à Meduseld et le dernier repas avait entraîné avec lui une importante quantité de plats à nettoyer.

Le repos vint, tardivement. Le chef cuisinier la releva de ses fonctions pour les prochaines heures et elle ne devait revenir que pour le service du surlendemain à l’aube. Elle profiterait donc d’une journée complète pour se ménager et parcourir la ville comme bon lui semblait. Pourtant cette perspective ne l’enchantait guère. La petite masure qu’elle partageait avec une autre servante ainsi que son frère, quand il revenait à Edoras, n’était que la promesse d’autres tâches ménagères. Elle devait encore ranger ses maigres affaires personnelles. La fatigue la poussa à jeûner ce soir là et elle s’écroula sur sa paillasse pour s’enfoncer dans le sommeil des justes.

*

Il y eut un bruit contre le panneau de bois. Puis un second. Un oiseau chahuteur devait prendre plaisir à becqueter sa porte pour une raison inconnue. Dans un demi-sommeil, elle se rendit bientôt compte qu’il ne s’agissait pas d’un oiseau mais d’un jeune garçon à peine plus âgé qu’elle qui frappait. Elle jeta rapidement un manteau sur sa robe de nuit et lui ouvrit les yeux rougis par le manque de repos. Elle reconnut le jeune garçon de courses dont le travail consistait uniquement à transmettre des messages dans toute la cité.

- Qu’y a-t-il ? et sa voix fut plus revêche qu’elle ne l’aurait voulu.
- On te fait mander au château.
- Mais c’est ma journée de repos !
- J’ai dis au château, pas aux cuisines.


Et il partit aussitôt qu’il avait délivré son message. Aliénor demeura circonspecte. Avait-elle commis une faute si grave ? Elle ne voyait pas de quoi il pouvait s’agir. A moins qu’on ne lui accorde quelque chose comme un avancement. Mais elle en doutait, le cuisinier l’avait couvert de reproches et non d’éloges ces derniers jours. Où devait-elle se rendre précisément au château ? Cela, le messager ne le lui avait pas précisé. Elle se prépara avec le plus grand soin, peignant ses cheveux et mettant sa robe la plus convenable et prit le chemin vers le château d’or.


Dernière édition par Nathanael le Ven 30 Sep 2016 - 9:37, édité 2 fois
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Lun 30 Mai 2016 - 0:17
Aelyn s’était levée très tôt ce matin-là. Difficile de dormir à vrai dire, avec tous les soucis qui la rongeaient. La délégation rohirrim était rentrée du Gondor il y avait peu de temps et les stigmates de son attaque s’affichaient encore visibles sur sa gorge. Les marques violacées étaient devenue jaunâtres, avaient même disparues par endroit, mais un œil attentif pouvait encore les voir clairement. Les cauchemars aussi, étaient devenus son lot quotidien. Chaque nuit, elle revivait aussi distinctement qu’au premier jour le chaos dans la pièce, le sang de son garde du corps, les mains qui lui enserraient la gorge avec la puissance d’un étau… C’était généralement à ce moment précis qu’elle se réveillait en sursaut, ses propres mains portées à son coup pour déloger la prise fantôme qui l’oppressait pour les heures qui suivaient.
Le bébé qui grandissait dans son ventre était devenu une autre sorte de préoccupation et une source perpétuelle de stress. Aurait-il des séquelles de l’agression de sa mère ? Quand devrait-elle retourner voir le guérisseur de la cour pour les examens officiels ? Et sa tante, pour les officieux ? Et les courtisans et les nobles qui se pressaient à sa porte du matin au soir pour lui présenter hommages et félicitations, pour s’enquérir de l’avancée de la grossesse, de la santé de la mère, se rependre en conseils creux et la pressaient pour connaitre la date d’un mariage qui n’arriverait pas de si tôt. Et Eofyr et Eogast à qui il avait fallu apprendre la nouvelle, expliquer et protéger…
Tout cela était exténuant, toute cette présence et cette pression autour d’elle. La jeune femme regrettait parfois l’époque où elle pouvait encore se permettre de prendre son chariot et ses fils pour parcourir les immenses plaines du Riddermark, loin de l’agitation des bourgs , aller de fermes en fermes pour prodiguer soins et recommandations aux plus isolés en échange d’un bon repas, un peu de troc et parfois quelques pièces. A Meduseld, on n’était jamais vraiment seul, même dans ses propres appartements. Il y avait toujours un serviteur ou un soldat à passer par là, un messager qui courait dans les couloirs ou un conseiller si chargé qu’il ne pouvait voir plus loin que son nez.

La jeune femme avait pris une grande décision. Elle allait rencontrer cette jeune femme dont ses fils lui rebattaient continuellement les oreilles depuis leur retour à Edoras. Discrètement, elle avait mené sa petite enquête auprès des serviteurs de la première vague de retour, et de quelques soldats qui avaient été en poste à Isengard. Quelle ne fut pas sa surprise en apprenant à qui la demoiselle était apparentée ! Elle eut également une grande conversation avec Sealig, le soldat en charge de la protection rapprochée de ses garçons. Qui de mieux placé que lui pour décrire l’attitude de cette inconnue en présence des jumeaux ? Le jeune homme avait d’abord rougit comme une pivoine avant de répondre avec un enthousiasme qui n’était pas sans rappeler celui des enfants eux-mêmes.
Les conclusions de son enquête avaient laissé l’ancienne guérisseuse perplexe. Elle ne savait qu’en penser et, comme souvent, elle pencha pour la solution qui lui semblait la plus sage : elle devait se faire une opinion par elle-même. ! Aelyn en toucha deux mots au Vice-roi qui n’émit aucune objection. Elle n’en aurait d’ailleurs sans doute pas toléré car, quand il s’agissait de ses enfants, elle avait toujours le dernier mot.
Ainsi fut-il fait et, ce matin donc, on envoya un homme convoquer la jeune fille.


Pour l’occasion, Aelyn avait réquisitionné dans le château une petite pièce sobrement décorée loin du passage et du défilé ininterrompu. Une cheminée, une petite fenêtre donnait sur l’horizon verdoyant, quelques guéridons, quelques tentures aux scènes champêtres, une chaise élégante et quelques tabourets assortis. Naturellement, comme c’était son privilège, elle prit place sur la chaise. Elle avait eu du mal à s’adapter à son nouveau statut mais elle avait désormais pris le pli de ses fonctions. Elle avait fini par comprendre qu’il lui faudrait agir en vice-reine si elle voulait espérer se faire respecter au milieu des requins qui composaient la cour, comme dans n’importe quel autre royaume.

La jeune femme attendit patiemment l’arrivée d’Aliénor. Elle avait hâte d’enfin pourvoir mettre un visage sur ce prénom mille et mille fois entendu. Elle espérait que la jeune fille ne prendrait pas trop peur en apprenant que la compagne du vice-roi elle-même l’avait convoquée, mais, en un sens, elle comptait malgré tout sur l’intimidation. Ce n’était pas une technique qu’elle appréciait particulièrement, mais pour obtenir les informations qu’il lui fallait, elle devait tenir un rôle suffisamment strict avant de savoir à qui elle avait affaire.

Et quand enfin on frappa à la porte pour annoncer la jeune aide de cuisine, Aelyn prit soin de redresser sa posture avant de l’autoriser à entrer. Elle avait envoyé un serviteur accueillir et amener Aliénor jusqu’à elle.
La jeune demoiselle qui entra dans la pièce l’étonna sur bien des points. Si elle avait été honnête, elle ne l’aurait pas imaginé si jeune malgré les descriptions qu’on lui avait faites. Etrange qu’elle n’ait jamais pensé à demander son âge.

« - Entrez. Installez-vous, s’il vous plait. » demanda-t-elle en désignant l’un des tabourets en face d’elle. « Détendez-vous, je ne vais pas vous renvoyer. Je veux que l’on puisse discuter. »

Aelyn se pencha légèrement en direction de l’autre femme pour la regarder directement.

« -Mes fils ne me parlent que de vous depuis leur retour de l’Isengard. J’avoue qu’au début j’étais perplexe… puis je suis devenue curieuse. Vous leur avez fait une forte impression. Surtout à Eofyr, il chante les louanges de vos talents de conteuses. Alors, je me suis un peu renseignée à votre sujet mais je préfèrerai l’entendre de votre bouche si vous n’y voyez pas d’inconvénients ? »

La compagne du vice-roi se redressa pour se reposer contre le dossier de sa chaise et adressa un petit signe de tête d’encouragement en direction de la sœur d’Harding – une autre surprise exhumée par sa petite enquête.
Aelyn ne savait pas encore ce qu’elle allait faire de ces informations et n’avait encore pris aucune décision concernant Aliénor. Pour l’instant elle n’était là que pour satisfaire sa curiosité et apaiser l’inquiétude légitime d’une mère.



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Dim 19 Juin 2016 - 13:07

Les couloirs de Méduseld n’avaient plus guère de secrets pour elle. Néanmoins, quelle ne fut pas sa surprise de découvrir qu’on l’emmenait loin des pièces réservées aux serviteurs pour se rapprocher des appartements royaux. Elle avait traversé la grande salle du trône sous l’œil acéré des héros d’antan qui peuplaient les tentures. La tête baissée elle était passé devant les œillades sévères des gardes. Beaucoup connaissaient son frère et n’approuvaient pas son comportement pas plus que sa position et Alienor en payait parfois le prix. Aucune réprimande formulée, aucune querelle, mais des attitudes qui ne laissaient aucun doute sur leur point de vue. Harding n’était pas un héros de guerre. Et s’il n’avait pas bénéficié de la sympathie du Vice-Roi lui-même, il aurait été bien plus souvent mêlé à des rixes à l’issue incertaine. Elle chassa son frère de son esprit et continua son chemin jusqu’à ce qu’un vieux Rohirrim la hèle doucement.

- Veuillez me suivre je vous prie.

Il était un peu trop poli à son goût. Les serviteurs ne se vouvoyaient pas ente eux de coutume, et elle eut un mauvais pressentiment. Deux ou trois couloirs et quelques portes plus loin on la fit entrer dans une salle sans prétention. Hésitante, elle aurait sans doute cessé de respirer si son organisme ne s’en était pas occupé à sa place. Elle ne l’avait jamais vu de près, puisqu’elle ne participait pas aux services à table, mais elle connaissait très bien dame Aelyn, femme de Gallen Mortensen.  Femme, c’était un bien grand mot et beaucoup de ragots allaient et venaient à ce propos. Promise aurait été plus juste. D’autres disaient moins courtoisement : passade ou distraction. Malgré elle, Alienor sentit le rouge lui monter aux joues. Elle baissa la tête avec déférence et fit une courbette de circonstance, maladroite au possible. Les paroles de la dame ne l’aidèrent pas beaucoup à se détendre. Peut-on dire à un poisson qu’on vient de ferrer : détends-toi mon petit, je t’ai capturé mais ne souhaite pas te manger ? Le sentiment qui l’envahit alors la rendit fébrile. Elle s’assit comme elle put sur un tabouret. S’asseoir, un geste si commun qui devenait soudainement nouveau et difficile. Aliénor sentait peser le regard d’Aelyn et toute la symbolique qu’elle portait en elle.

La suite des propos ne la rassura pas plus. Elle n’en écouta qu’une partie en réalité, envahie par une angoisse grandissante qui l’empêchait de se concentrer convenablement. Elle comprit qu’on parlait des jeunes jumeaux, de contes et d’histoires, et d’elle-même, mais elle ne parvenait pas à faire le lien. Pourquoi Dame Aelyn se souciait-elle de son sort et de son attitude vis-à-vis de ses enfants ? Ce qu’on disait à son sujet était-il vrai, était-elle réellement cette mère protectrice qui surveille ses petits comme un fauve, prête à en découdre avec ceux qui leur porteraient préjudice ? Mais elle n’avait pas souvenir d’avoir porté atteinte aux jeunes garçons. A moins qu’elle n’ait été trop familière avec eux ? C’était sans doute cela. A Isengard, loin de la capitale et des regards conventionnels, elle avait outrepassé ses droits et s’était montrée impolie et discourtoise. Elle en payait aujourd’hui le prix. Elle se reprit à plusieurs fois pour ne pas bégayer.

- Ma dame, je n’ai fais que conter quelques histoires à vos enfants. Pardonnez-moi si elles n’étaient pas appropriées ou qu’elles vous semblent inconvenantes. Sur le moment, je pensais … je pensais que leur raconter l’histoire des lieux pouvait être une bonne chose. Je ne souhaitais pas leur faire peur ou les distraire de leur formation. Je ne suis qu’une aide de cuisine, ma Dame, et je suis bien désolée d’avoir outrepassé mes devoirs de la sorte.

Un silence l’écrasa brutalement. Les mots lui manquaient. Elle ne souhaitait pas se perdre en excuses futiles et misérables. Ne lui restait-il pas un peu de fierté et d’estime ? Elle méprisait cette partie d’elle-même qui se soumettait aux autres pour préserver son confort quotidien, son poste et sa petite vie minable. Harding avait fait quelques sacrifices pour lui obtenir cette place, mais lui-même n’était-il pas parti à l’aventure ensuite pour défendre ses propres idées ? Bien des questions en cet instant, et trop peu de réponses. Aliénor redressa un peu la tête, prête à faire face. Et, alors qu’elle semblait avoir fini de parler, elle reprit la parole.

- Il me semblait important, ma Dame, que vos enfants, qui sont également les enfants de notre royaume, sachent pourquoi leurs ancêtres se sont battus et comment ils l’ont fait. Qu’ils sachent les valeurs que des milliers d’hommes avant nous ont défendues au nom du Rohan et pour le bien de son peuple. Je sais Eofyr et Eogast dotés d’un discernement suffisant pour tirer les enseignements qu’ils trouvent justes dans mes histoires. Mais ce ne sont que des histoires, ma Dame. Je ne voulais aucunement vous importuner en m’immisçant de la sorte dans leur vie.  


Elle avait dépassé les bornes sans doute. La franchise lui avait brûlé les lèvres avant de faire trembler ses mots. Mais il ne pouvait en être autrement. On ne peut exiger d’un cheval qu’il cesse de courir les plaines ou d’un oiseau qu’il cesse de voler. Chasser la nature, elle revient irrémédiablement au galop.


Dernière édition par Nathanael le Dim 14 Aoû 2016 - 11:02, édité 1 fois
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Ven 29 Juil 2016 - 22:51
Aelyn fronça légèrement les sourcils, sans qu’on parvienne à deviner si elle était agacée ou simplement surprise. Puis, finalement, à la toute fin de la tirade d’Aliénor, laissa échapper un discret rire.

« - Allons allons, jeune fille, ne vous ais-je pas demandé de vous détendre ? Je ne vous accuse de rien, ne vous justifiez donc pas comme une coupable. Mais il me semble que la faute est mienne, je me suis donc mal exprimée. S’il vous plait, parlez-moi de vous. Je souhaite connaitre la personne qui a à ce point plu à mes enfants, rien de plus… pour le moment. » elle fit une pose avant de reprendre « J’ignore quelles vilaines rumeurs courent encore à mon sujet au palais, on finit par me les cacher trop bien. Mais je vous assure que je suis loin d’être une monstre mangeuse de servantes, aussi impertinentes soient-elle. »

Aelyn avait parlé avec un sourire bienveillant et les derniers mots avaient indéniablement le ton de l’humour et de l’amusement. Il n’en restait pas moins que c’était une façon délicate pour la Dame de dire que la jeune fille allait trop loin en lui parlant de la sorte.

Mais pour tout dire, cela lui manquait parfois, ce genre de discussion. A présent, ceux qui lui étaient favorables n’osaient plus la contredire, et ceux qui la détestaient se gardaient bien de lui manquer de respect trop ouvertement de peur de provoquer la colère de Gallen. Il n’y avait que peu de personnes pour lui parler avec cet entre-deux entre l’insolence et la franchise. C’était rafraichissant d’entendre de nouveau ça, d’aussi étrange que cela puisse paraitre.
Elle décida d’éclaircir un peu son point de vue :

« - Je n’ai rien contre le fait que vous racontiez des histoires à mes enfants… Vous savez, parfois j’ai peur que la vie à la cour ne leur fasse oublier qui ils sont et d’où ils viennent. Les seules personnes à le leur rappeler y mettent tant de mépris que je crains qu’ils ne finissent pas haïr leur condition… Particulièrement avec l’arrivée du bébé. »

Se disant elle passa une main sur son ventre, d’un geste aussi léger qu’inconscient.

« - Je n’ai pas honte de ce que j’étais et je suis fière de ce qu’était feu mon époux… Je veux que nos enfants puissent penser la même chose eux aussi, qu’importe auprès de qui ils grandiront. Gal… Le Vice-roi a mis un point d’honneur à leur offrir une éducation de princes, des précepteurs, histoire, mathématiques, rhétorique, politique et économie, équitation avancée, sans oublier une éducation militaire… Il a tout prévu pour qu’ils puissent être à leur place dans ce monde-là… »

En parlant, le visage de la compagne de Gallen avait pris un air mélancolique.

« - N’interprétez pas mal mes paroles, je lui en suis très reconnaissante. Mais j’ai parfois envie qu’ils puissent retrouver un peu de leur insouciance… Ce doit être le lot de toute mère de ne pas vouloir que leurs enfants grandissent trop vite. Ils arrivent à un âge où j’aurais dû les envoyer en apprentissage alors j’imagine que je dois me réjouir de les garder près de moi encore un peu… »

La guérisseuse parlait très bas maintenant, comme à elle-même. Elle était songeuse mais se rattrapa bien vite et afficha de nouveau un élégant sourire.

« - Mais je m’égare… Je parle au lieu de vous écouter. »

D’un signe de main, elle incita la jeune fille à reprendre la parole.



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Dim 14 Aoû 2016 - 16:01

Existait-il un mot pour décrire l’état de gêne extrême dans lequel elle se trouvait ? Son insolence s’était écrasée avec fracas contre l’indulgence et la sincérité de la Dame du Rohan. Que les Rohirrims viennent donc se plaindre de ses origines et de son ascension rapide aux côtés du Vice-Roi Gallen Mortensen. Alienor en était à présent certaine, Dame Aelyn avait toutes les qualités nécessaires pour régner sur le Riddermark. Elle omettait sans doute dans son esprit que le seigneur Mortensen n’était pas roi. Elle omettait également qu’Aelyn n’était pas mariée. Elle omettait la présence de Fendor sur le trône. Mais sa détermination était inébranlable. A ses yeux, Aelyn était la Dame du Rohan.  Cette prise de conscience lui fit monter le rose aux joues. Sa révolte intérieure se tut, et un moment elle redevint la petite fille timide et fragile que son frère protégeait des moqueries au milieu des plaines du Folde. De nombreux souvenirs affluèrent et il lui fallut bien du courage pour ne pas sombrer dans une morne nostalgie devant le regard de son interlocutrice. Elle l’écouta en silence, attentive mais encore pleines de remords. Elle avait été grossière et ne savait absolument pas comment se rattraper. Quand Aelyn l’invita à prendre la parole, elle était encore perdue dans ses pensées, cherchant vainement à trouver quelques bons mots pour se faire pardonner. Mais c’était peine perdue. Les bons mots n’étaient faits que pour les bonnes histoires. Et la sienne n’avait rien de bien distrayant.

- Je suis fille d’éleveurs, ma dame, dans les plaines non loin d’Edoras. J’ai grandi au milieu des hautes herbes et des brebis. J’ai eu droit à ma place au château d’or par l’intermédiaire de mon frère aîné. Il était cavalier dans l’armée royale. Mais il n’a pas le caractère pour se plier aux ordres. Je ne sais pas très bien quel a été son rôle pendant la guerre. Mais il a quitté la cavalerie. Cela fait longtemps que je ne l’ai pas revu.

Combien de temps ? Quelques mois à peine ? Elle compta mentalement les saisons qui la séparaient de sa dernière entrevue avec Harding. Un an déjà ! Peut-être deux. S’étaient-ils réellement croisés après la Bataille des Trois Rois ? Harding ne s’était pas pas plutôt contenté de récupérer ses affaires avant de quitter les lieux ? Il lui manquait. Cruellement. Mais elle n’aurait jamais osé le lui dire. Il ne le méritait pas de toute façon. Cet imbécile s’était épris de grandes idées rancies par le temps et se débattait dans un monde qu’il ne comprenait plus. Pire, cet imbécile avait réussi à lui faire croire que la grandeur passée du Rohan était inébranlable et qu’il fallait s’y tenir coûte que coûte. La grandeur ! Une idée farfelue. A quoi lui servait-il que son pays fût grand si elle demeurait une simple cuisinière ? A quoi servait les grandes idées quand on était si petit, si indigne, si insignifiant ? Sous le regard d’Aelyn, elle prenait conscience de toute la futilité de l’enseignement de Harding. La cuisine n’avait jamais sauvé un royaume. Et pourtant … Dame Aelyn ne provenait-elle pas de cette même souche populaire ? N’avait-elle pas travaillé, vécu auprès d’un homme du peuple ? “Voilà” … Voilà pourquoi elle se sentait si fébrile devant la compagne de Gallen Mortensen, pourquoi elle la craignait autant qu’elle pouvait l’admirer. Parce que cette femme avait été capable de se hisser en dehors de la fange quotidienne où baignait son peuple pour le servir. Elle s’était élevée au-dessus de ses semblables, non pour les dominer ou les corrompre, mais bien pour les servir. N’était-ce pas cela que lui avait narré Harding ? Elle retint un petit soupir et continua sur sa lancée.

- J’ai accompagné le cuisinier d’Edoras auprès du roi pour servir les siens et les gardes qui l’accompagnent. Non pas que je sois bonne cuisinière, je suis plus utile pour essuyer les couverts et ranger la vaisselle. Mais on me laisse de temps à autre le soin de préparer les légumes pour les plats. C'est au détour de deux piles d'assiettes et de quelques écuelles que j'ai rencontré vos enfants.

Malgré toute la retenue qu’elle s’imposait, il était impossible de ne pas deviner toute l’amertume qui baignait ses propos. Toute l’amertume et toute la colère qu’elle portait à l’encontre d’une mauvaise naissance, au mauvais moment, au mauvais endroit. Qu’elle aurait rêvé porter les armes pour défendre son royaume et son peuple. Au lieu de quoi elle récurait les fonds de gamelles et se salissait les mains sur les restes des grands de ce monde. Oscillant entre une révolte sourde et grondante et une soumission inconditionnelle, elle choisit de changer de sujet de conversation afin de ne pas laisser ses sentiments prendre le dessus.

- Avez-vous déjà été en Isengard, ma dame ?

Elle prit un moment conscience de sa bêtise avant de la rejeter nonchalamment par dessus tous ses principes.

- Avez-vous déjà vu les grands arbres qui bordent la plaine où se tenait autrefois le Mage Blanc ? C’est un lieu étrange. La tour noire brille toujours sous le soleil mais on sent encore tout le poids du passé nous peser sur les épaules. Comme si … comme si …

Elle butta sur ses pensées, cherchant ses mots ou la meilleure image pour représenter ce qu’elle avait ressenti sur place.

- Comme si le passé et le présent se confondaient. Comme s’ils ne faisaient qu’un et qu’en se trouvant en ce lieu, il nous était possible de douter de l’époque dans laquelle nous vivons. Je n’ai pas vu les Ents des légendes. On dit que le roi a pu les rencontrer. Mais sans les voir, on peut deviner qu’ils sont là. La vie bourdonne au milieu des branche, sur la mousse qui couvre les troncs, elle fait danser les feuilles dans le vent. Le vent ! On dirait que c’est lui qui transporte les messages d’un autre temps. Ce ne sont que des murmures, ma dame. Mais quand on y prête vraiment l’oreille, on entend des voix qui ne sont plus.

Elle était complètement perdue dans sa propre description. Aelyn ne lui avait pas demandé de se perdre en frivolités narratives. Mais comme de coutume, elle n’avait pu empêcher son esprit de divaguer librement au-delà des conventions sociales. Peut-être après tout avait-elle plus en commun qu’elle ne le pensait avec Harding. Ils étaient tous deux de doux rêveurs.


Dernière édition par Nathanael le Jeu 23 Fév 2017 - 15:57, édité 1 fois
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Aelyn
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Mer 28 Déc 2016 - 19:21
La jeune compagne du Vice-roi écouta avec attention la biographie que la demoiselle faisait d’elle-même. Aelyn prêtait bien moins attention à ce qu’elle disait qu’à la façon dont elle le disait. Elle en connaissait déjà le contenu en substance. Cependant, on en apprenait beaucoup d’une personne en écoutant la façon dont elle parlait, le volume, le ton, les sonorités, les tournures de phrases, les postures… En tant que guérisseuse, elle avait croisé des centaines et des centaines de personnes, et elle aimait à penser qu’elle était devenue assez bonne pour juger les gens.

Au début de la description qu’Alienor faisait d’elle-même, la vice-reine crut déceler dans ses expressions une forme de dévalorisation, presque un dégoût discret de la condition qu’elle décrivait. De la tristesse, un peu, et quelque chose entre la fatalité et la révolte aussi, beaucoup… Mais rapidement, il y eut de la passion dans la façon dont Alienor parlait, une sorte de flamme qui brûlait au fond d’elle, trop longtemps étouffée, couverte et soigneusement camouflée par des années de morale et de service. C’était à la fois fascinant et triste à entendre.
Pour Aelyn qui n’avait pas longtemps vécu sous l’autorité d’un homme et pratiquement jamais sous celle d’un employeur ou même d’une clientèle, c’était une chose qu’elle peinait à concevoir. Vivre aussi réprimée ne lui semblait pas vraiment vivre, en fait.

- Avez-vous déjà été en Isengard, ma dame ?

La jeune mère la regarda étrangement, mais la laissa néanmoins continuer sa description. Elle avait beaucoup de talent pour la narration.

« - Non, je crains que je ne me sois jamais trop approchée de la Tour du Magicien. Je ne suis pas spécialement superstitieuse ni facile à intimider, mais cet endroit a été touché par le Mal et… je préfère m’en tenir éloignée si j’ai le choix. Je ne comprends pas très bien pourquoi notre Roi a choisi de s’y exiler d’ailleurs, bien qu’il ne soit pas de mon devoir de questionner Ses choix. Et je n’ai pas plus apprécié d’y envoyer mes enfants, mais ils ne pouvaient pas décemment rester ici, seuls avec seulement Sealig comme nourrice et à la merci de ce panier de crabes qu’est la Cour d’Edoras. Je peux compter sur leur garde du corps pour neutraliser les menaces physiques. Sealig est très bon dans son travail. Mais il y a des gens ici qui utilisent leur langue et leurs mots avec la même efficacité qu’un poignard ou du poison. Au moins, auprès du Roi et de ses proches, ils étaient à l’abri de ces gens-là. »

Elle se tut un instant et fixa intensément la jeune fille devant elle. Elle se redressa et se pencha un peu plus en avant.

« - Et je crois que vous… vous êtes une sorte de… disons, de remède au venin de ces vipères-là. En toute honnêteté, vous perdez votre temps dans les cuisines… Et si on en croit les jérémiades du cuisinier à votre égard, le sien aussi. Alors je vais vous faire une proposition. A prendre ou à laisser. Vous l’acceptez ou vous retournez récurer les casseroles et les marmites jusqu’à ce que vous soyez bossue par la charge et surtout par votre propre dévalorisation. Et là, c’est la guérisseuse qui vous le dit.
Ce que je vous propose c’est un autre emploi. Vous serez payez un peu plus que votre travail actuel, mais en contrepartie de plus grosses responsabilités. Beaucoup plus de responsabilités. »


Aelyn laissa un petit peu de temps à Alienor pour assimiler l’information avant de terminer sa description.

« - Je vous mets au service de mes deux garçons. Mais il y a des conditions. Des conditions qui ne souffriront aucune exception ni aucun faux pas. Soyez sûr que je ne plaisante jamais avec la santé, l’avenir ou la sécurité de mes enfants.
Si vous acceptez cette proposition, au moment même où vous passerez cette porte vous entrerez directement sous mes ordres et sous mes ordres seuls.
Si le Vice-Roi vous donne des instructions qui vous semblent en contradiction avec les miennes, vous devez m’en avertir immédiatement afin d’éviter tout malentendu.
Vous êtes au service d’Eofyr et d’Eogast, pas sous leurs ordres. Je vous donne par là une sorte d’autorité sur eux, mais si j’apprends que vous abusez de cette autorité, je m’arrangerais pour que vous ne puissiez même plus retrouver de travail, même pour curer les fossés. Et je n’hésiterais pas une seconde à le faire, croyez-le bien.
En matière de sécurité, Sealig est seul juge de la façon d’agir. Vous êtes donc sommée de lui obéir au moindre signe de danger ou pour le prévenir. Pas d’initiatives personnelles, à moins qu’il ne soit plus en mesure de vous donner d’indication. De même pour mes propres gardes du corps.
Vous aurez interdiction de parler de mes fils à quiconque, banalités mises à part, particulièrement à tous ces vautours de la Cour. Aucune information personnelle, rien de ce que vous verrez ou ce que vous entendrez en interagissant dans notre cercle familial ne devra franchir la barrière de vos lèvres.
Vos horaires seront calqués sur ceux de mes fils. Du levé au couché. Un jour de repos par semaine, le même que celui des précepteurs.
Vous serez logés dans une chambre proche de celles des garçons. Ce qui signifie que vous ne serez plus logée dans le quartier des serviteurs. Avec tous les bons et les mauvais côtés que cela implique.
Vous serez autorisé à venir me voir si jamais les garçons sont malades à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, et si cela doit réveiller le Vice-roi, alors il en sera réveillé, que cela ne vous arrête jamais.
Enfin, devrez participer à tous les cours des garçons - à l’exception des cours martiaux et d’équitation dont vous utiliserez le temps pour des travaux domestiques. Et ce, à titre d’élève. Mes enfants vont avoir besoin d’une gouvernante, mais je ne peux décemment pas nommer quelqu’un sans éducation… »


Après avoir tant énumérer d’une traite, Aelyn prit une grande inspiration. En face d’elle, la jeune fille semblait avoir toute les peines du monde à assimiler toutes ces informations. C’était à prévoir.
Ne restait plus qu’une chose à ajouter :

« - Soyons clair, je vous offre là une possibilité de sortir le nez de vos casseroles… Je le fais pour mes fils et parce que j’ai confiance en leur jugement. Mais cela ne sera pas sans conséquences sur votre vie en bon comme en mauvais. Et je ne pourrais pas accepter une erreur qui retomberait sur mes enfants. C’est un engagement plein et entier que je vous demande, rien de moins. Et une loyauté sans faille. Ne prenez pas le poste pour les quelques pièces en plus à la fin du mois ou parce que vous pensez que vous occuper des enfants sera une tâche plus facile. Je vous mettrais à l’épreuve, et si, à n’importe quel moment je constate que vous ne faites pas l’affaire… je ne prendrais aucun risque.
Maintenant je vais vous laisser le temps de réfléchir à ma proposition. Je vais m’installer dans ce coin là-bas. Si vous avez des questions, n’hésitez pas. Je ne veux aucune zone d’ombre dans notre accord. »



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