La Demeure dans les Fondations

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Ryad Assad
Espion de Rhûn - Vicieux à ses heures perdues
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Sam 28 Avr 2018 - 15:36
- Un vieillard… Fit Sadron, pensif. Quelle étrange magie est-ce là ?

Il fronça légèrement les sourcils, en faisant confiance à sa mémoire. Il avait rencontré Gier une seule fois auparavant, et n'avait pas gardé de lui l'image d'un homme âgé, ou fatigué. Il se souvenait d'un explorateur en pleine possession de ses moyens, un « jeune homme vigoureux » comme le décrivait Lithildren. Quelque chose de dangereux s'était réveillé dans les profondeurs d'Ost-in-Edhil, et pour l'heure seul le sorcier pouvait leur en apprendre davantage. Les secrets qu'il avait exhumés, qui devaient rester cachés pour l'éternité, jetaient une ombre terrible sur l'avenir de la Terre du Milieu.

- J'ai trouvé ce journal par hasard, en fouillant le cadavre du mutilé… Il jeta un regard dégoûté à la dépouille qu'il n'avait pas encore trouvé le courage d'inhumer. Je crois qu'il a dû s'en emparer avant de devenir aussi monstrueux, dans des circonstances que j'ignore. Quant au sorcier…

Il marqua une pause, lourde de sens.

- J'ignore depuis combien de temps il se trouve dans les souterrains de la cité perdue. Nous ne savons même pas par où il a pu entrer, et comment lui et ses compagnons ont fait pour échapper à notre vigilance. Nous surveillons ce passage car c'est le seul que nous connaissons dans les environs. Nous avons pris contact avec eux il y a de ça plusieurs semaines, par hasard, après avoir repéré des allées et venues suspectes autour des ruines. Cela nous a poussé à explorer les souterrains nous-mêmes, alors que nous préférons d'ordinaire ne pas nous y aventurer. Ce Gier était si bien entouré que nous avons préféré essayer de négocier son départ, mais en vain. Il n'a rien voulu entendre, et il a menacé de nous éliminer jusqu'au dernier si nous essayions de l'arrêter.

Il secoua la tête, comme s'il se rendait compte de l'erreur qu'il avait peut-être commise ce jour-là. Il avait eu l'occasion de tuer le chef de bande, mais à l'époque il ignorait quel danger il représentait, et il avait surtout pensé à la suite. Tuer Gier, oui, mais pourquoi ? Pour essuyer la vengeance des mineurs et des mercenaires ? Pour risquer de les voir révéler au reste du monde que la cité d'Ost-in-Edhil était encore défendue, et qu'il y avait donc peut-être des trésors à excaver ? Sur le moment, il avait préféré laisser les Edain poursuivre.

- Mes fils et moi-même avons fait mine d'accepter ses conditions, mais nous avons commencé à l'affronter. Par surprise, les tuant un par un pour saper leur moral et les pousser à fuir. Ce plan a été un échec, malheureusement.

Un échec cuisant. Gier et ses hommes avaient fini par se retrancher là où les flèches elfiques ne pouvaient plus les menacer, et Sadron avait été contraint de remonter à la surface dans l'espoir de les empêcher de s'enfuir avec leurs trésors volés à défaut de pouvoir les chasser. Aujourd'hui, sans ses fils, il se retrouvait dans une impasse. Lithildren, quant à elle, semblait focalisée sur les objets de pouvoir qu'il avait pu trouver au fond des ruines. Son observation n'était pas inintéressante, et le vétéran hocha la tête, admettant son hypothèse comme plausible, voire probable :

- Vous avez peut-être raison. J'ignore de quoi sont capables les artefacts qui demeurent enfermés dans la cité, mais c'est peut-être cet anneau qui est la source de son pouvoir. Cela ne nous dit pas comment l'affronter, toutefois. Surtout dans votre état.

Mais la guerrière ne souhaitait pas abandonner si facilement. Elle avait été là, quand Gier avait révélé sa véritable nature au yeux de tous, et elle avait un compte personnel à régler avec lui, de la même manière que Sadron entendait encore sauver ses fils. Les jours avaient passé, mais il espérait toujours les revoir, et rongeait silencieusement son frein en attendant d'avoir trouvé comment abattre ce maudit sorcier. Sans doute Lithildren avait-elle raison dans un sens, et il lui adressa un sourire paternel, posant une main sur son épaule :

- Eru seul peut répondre à cette question, mais je veux croire que notre rencontre n'est pas le fruit du hasard. Votre présence ici aujourd'hui, le fait que vous ayez survécu à toutes ces choses affreuses… Vous étiez appelée à être témoin des agissements du sorcier, et sans doute à y mettre un terme.

Il y croyait sincèrement. Dans sa longue existence, Sadron avait vu le monde changer, il avait vu les beautés dépérir, se faner, se flétrir. Ost-in-Edhil était le symbole de cette décadence que les Elfes, malgré toute leur sagesse et tout leur pouvoir, ne pouvaient empêcher. Si eux-mêmes demeuraient préservés des aléas du temps et de l'incertitude de la mort des Edain, leurs créations et le monde qui les entourait n'était pas protégé de la sorte. Ils étaient condamnés, dans une certaine mesure, à voir leur univers disparaître et à contempler, immortels, le monde s'approcher de sa fin. Il s'agissait là du fardeau des Premiers-Nés, dont ils ne pouvaient jamais véritablement se décharger. Certains avaient quitté la Terre du Milieu pour ne pas assister au déclin. D'autres s'enfermaient dans leurs forêts, et vivaient une illusion chaque jour plus fragile. D'autres, comme Lithildren ou Sadron, affrontaient le monde tel qu'il était et, bien qu'ils fussent parfaitement conscients qu'ils ne pourraient rien changer seuls, se battaient de toutes leurs forces en espérant freiner la marche du temps et le mal rampant qui corrompait toute chose.

Comme un symbole de tout ceci, alors que Lithildren essayait de protéger le monde telle qu'elle le connaissait, elle sembla faire émerger une partie d'elle trop longtemps oubliée, mais dont elle aurait besoin pour affronter le lendemain. Les mots glissèrent sur sa langue, infiniment plus mélodieux que la langue des mortels malgré le manque d'assurance, la maladresse. Elle était une Elda, une fille des étoiles. Ce n'étaient pas ses souvenirs qui commandaient son identité, mais bien la corde qui vibrait au fond de son âme, et qui répondait à l'appel des êtres doués de vie, au chant de l'eau, au rire des arbres, et à la splendeur de la lune et du soleil. Privée de tout ceci, dans les profondeurs d'Ost-in-Edhil, elle s'était retrouvée, et revenait peu à peu au rivage de son existence, comme une naufragée ramenée à terre par les vagues-mêmes qui l'avaient jetée par-dessus bord.

Le sourire sincère de Sadron avait de quoi réchauffer le cœur, et il répondit lui-même en sindarin :

- Je serai honoré de combattre à vos côtés, Naethinnellë1. Son regard bascula légèrement derrière Lithildren, et il fit un geste du menton vers le lointain avant de reprendre en westron : J'ai bien peur que notre ennemi soit déjà là. Pouvez-vous utiliser mon arc ?

Alors que la guerrière se retournait, elle put voir quatre silhouettes montées qui se tenaient au sommet d'une colline. Quatre cavaliers, qui dégainaient leurs épées au moment où ils parlaient. Aucune de ces silhouettes n'était Gier, mais ils reconnurent sans le moindre difficulté, malgré la distance, les tenues sales des mercenaires à son service. Les soupçons qu'ils avaient pu avoir se confirmèrent douloureusement : le sorcier connaissait bel et bien un chemin d'accès à Ost-in-Edhil que même les Elfes qui gardaient les lieux ignoraient. Sadron, comprenant qu'encore une fois leur adversaire avait un temps d'avance sur eux, ne put retenir un cri de colère :

- Maudit soit ce sorcier ! Après avoir pillé la cité de mes ancêtres, il s'enfuit et nous envoie ses sbires ? L'arrogance de mon peuple est-elle si grande que nous ne puissions voir l'ennemi se glisser devant nos yeux ?

Il se tourna vers Lithildren, le regard emplis de désespoir, sincèrement perdu quant à la marche à suivre. Elle et lui avaient vraisemblablement perdu leurs proches dans ces ruines, et ils avaient échoué à protéger les secrets d'un passé qui aurait dû rester enterré. Pire que tout, ils avaient laissé une menace terrible s'échapper, Eru seul savait où. Quels malheurs allaient être relâchés en Terre du Milieu par leur faute ? Alors que Sadron prenait conscience de ce que cela impliquait, une forme d'affliction se peignit sur ses traits :

- Avons-nous donc échoué ?

Au même moment, les quatre cavaliers talonnèrent leurs montures, et déferlèrent sur les deux Elfes au pas de charge.


__________

1 : « Jeune fille au cœur en peine ».


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Lithildren Valbeön
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Sam 28 Avr 2018 - 16:39
Cette discussion qu'ils eurent tous les deux eut de quoi requinquer l'Elfe endolorie. Et de l'inquiéter. Non seulement Gier était là depuis plus longtemps que tous deux ne le pensaient, mais en plus il avait trouvé un accès inconnu à la cité. L'information ne fit que déplaire à Lithildren, confirmant ses craintes. la vigilance de Sadron et ses fils, étant axée à un seul point d'entrée, avait laissé des failles ouvertes à des étrangers. L'Elfe ne pouvait pas le leur reprocher, connaître ces ruines antiques relevait de l'exploit même pour leur peuple. Elle gardait les sourcils froncés, pensant rapidement.

Sadron avait raison : avoir conscience de la source de son pouvoir ne garantissait pas de connaître un moyen de vaincre le sorcier. Enfin, si il fût jamais sorcier. Elle ignorait où il gardait cet anneau : au doigt, à une chaîne, dans une poche, cela serait la meilleure information. Et comment de tels artefacts pouvaient de toute façon être détruits ? Cela devait être tout simple, mais Lithildren l'ignorait. Et ce n'était pas sa priorité absolue sur le moment.

En tous les cas, même le sage semblait en accord avec sa pensée : elle était arrivée ici pour une raison. Peut-être qu'au fond, elle avait trouvé une nouvelle raison de vivre. Et il s'agissait de combattre les forces qui s'agitaient ici-bas afin de répandre les ténèbres. Peut-être autre chose, mais elle avait besoin de se concentrer sur cela pour le moment, le temps de faire ses deuils de manière correcte.

Il lui répondit en sindarin, et elle fut heureuse de comprendre ce qu'il disait. Elle se souvenait de sa langue, même si cela restait partiel et encore vague. Elle comprit le terme qu'il employa et le retint fervemment. Naethinnellë. Le mot la fit frémir, comme lorsque l'on fait vibrer la corde d'un arc ou d'un instrument. Il montra quelque chose derrière elle, lui présenta un arc, un si bel arc. Lithildren fronça les sourcils et prit l'arc d'une poigne ferme, hochant sérieusement la tête vers Sadron. Oui, elle pouvait le manier, même si l'épée était son atout premier.

Elle sentait le désespoir soudain de Sadron, compréhensible. A force de parler, ils avaient laissé le temps jouer contre eux. Mais en un sens, au moins ils n'étaient pas entré et au lieu de perdre des jours piégés là-dessous, ils étaient déjà à la surface pour agir. C'était un point qu'elle ne négligea pas. Elle ne vit pas Gier, seulement les tenues des mercenaires, mais impossible de distinguer qui que ce soit dans le tas. Elle fronça les sourcils et posa une main sur l'épaule de Sadron.

- Ne cédez pas à la tentation du désespoir. Nous ne savons pas qui sont ces cavaliers, alors écoutez : ne blessez-les seulement, faites-les tomber mais gardez-les en vie. Il pourrait s'agir de vos fils et de mon compagnon ensorcelés, comme seulement des mercenaires du sorcier. Gardons les chevaux en vie si nous devons poursuivre par une course-poursuite, mais les garder en vie pourrait nous garantir des informations.

Lithildren avait parlé rapidement, mais avec une assurance nouvelle. Son corps était faible, mais son esprit semblait recouvrir de sa vivacité. L'Elfe dépêcha deux flèches et en tira une dans l'épaule d'un cavalier, l'autre dans la cuisse d'un autre. Elle se décala aussitôt pour aller se percher comme elle le pût sur un muret de pierre, lâchant en chemin une flèche dans une cuisse de sa première cible.

Perchée sur son pan de mur, elle observa les cavaliers en portant assistance à Sadron, se défendant si nécessaire. Elle espérait que les chevaux ne fuiraient pas trop loin....
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Ryad Assad
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Sam 28 Avr 2018 - 22:34
Garder les cavaliers en vie, dans la mesure du possible.

Sadron avait hoché la tête, terrifié à l'idée qu'un trait mortel vînt faucher un de ses fils alors qu'il croyait tout faire pour les sauver. Lithildren avait raison, il fallait faire preuve de prudence à l'heure actuelle, et ne surtout pas tomber dans l'éventuel piège que le sorcier pouvait leur tendre. Mais la tâche était plus ardue qu'il y paraissait, car quatre cavaliers lancés à vive allure représentaient des cibles difficiles à abattre. La précision toute elfique de la jeune femme leur donna un semblant d'espoir, mais les hommes qui les chargeaient étaient déterminés, et le vétéran comprit qu'il devrait lui-même s'employer pour arrêter leur folle chevauchée. Sans endroit où s'abriter, sans une lance pour désarçonner les cavaliers, il en était réduit à jouer sa vie sur un pari risqué. Le premier cheval arriva sur lui à toute allure, ses sabots piétinant le sol avec un bruit de tonnerre. L'homme juché sur son dos brandissait une épée trop courte pour être utilisée à cheval, et son attaque manqua largement l'Elfe qui s'était de toute façon dérobé. Son pas de côté avait été réalisé au bon moment, et il profita de cette ouverture pour frapper l'homme qui reçut une vilaine estafilade au bras droit. Il ne pourrait plus se servir de son arme avant un moment, et il lâcha un juron tout en perdant son épée qui tomba au sol.

Ce que Sadron avait sous-estimé, malheureusement, c'était la proximité entre les deux séides du sorcier. A peine eût-il tourné la tête pour voir où se trouvait le second, fort de sa première victoire, qu'il le vit engloutir son champ de vision. La collision était inévitable, et le gardien d'Ost-in-Edhil ne put rien faire pour échapper au cheval lancé au triple galop qui l'envoya voltiger à travers les airs. Il y eut un son étouffé au moment du choc, et le corps du vétéran s'envola, tourbillonna comme une poupée désarticulée jetée par des mains capricieuses, avant de s'écraser lourdement sur le sol avec un bruit répugnant.

Il y eut un craquement sinistre, puis plus rien.

Le valeureux guerrier, cependant, n'était pas tombé seul. En désespoir de cause, il avait interposé sa lame entre le cheval et lui, et bien qu'il reçut entièrement la force extraordinaire de l'impact, il sentit son épée plonger dans le poitrail du noble animal aussi facilement qu'un couteau entrant dans du beurre. Il y eut un hennissement déchirant, et la monture s'écrasa sur le sol, jetant son cavalier à terre et lui retombant brutalement dessus. Le malheureux eut la nuque brisée, et plus aucun mot ne sortirait de sa bouche figée dans un cri silencieux.

Tout était allé très vite, et le premier cavalier n'avait même pas eu le temps de se rendre compte de la situation que son compagnon était déjà mort. Il se retourna, cherchant Sadron du regard, mais faute de pouvoir le trouver il focalisa toute son attention sur Lithildren, qui elle-même était concentrée sur les deux hommes qu'elle avait réussi à blesser. Ils n'abandonnaient pas le combat pour autant, et n'étaient pas encore tombés de selle, ce qui était un petit miracle compte tenu de leur état. Malgré leurs blessures, ils revenaient à la charge, depuis deux directions différentes cette fois pour compliquer le travail de l'Elfe, et profiter de l'ouverture pour la tailler en pièces.

Ils fournirent une distraction suffisante pour permettre à leur troisième compagnon de l'attaquer par derrière et de la prendre par surprise. Debout sur ce promontoire, elle faisait une cible idéale, et il l'aurait sans doute renversée s'il n'avait pas malencontreusement perdu le contrôle de sa monture à cause de son bras blessé. Son cheval bondit par-dessus l'aspérité sur laquelle était perchée l'Elfe et manqua de justesse Lithildren, même si la force de l'animal suffit à la faire vaciller. L'atterrissage, toutefois, ne fut pas des plus élégants. Le cavalier s'écroula au sol, lâchant un cri sonore qui se poursuivit alors qu'il se tordait de douleur sur le sol, preuve qu'il était bel et bien vivant. Son bras meurtri devait lui faire un mal de chien.

Le combat avait tourné court, et à quatre contre deux les mercenaires avaient été trop impétueux, manquant d'intelligence pour prendre l'avantage sur leurs ennemis. Les deux qui restaient, et qui avaient déjà souffert les blessures cruelles de l'arc, s'affaiblissaient à vue d'œil. Celui que la guerrière avait touché à deux reprises accusa finalement le coup de ces deux traits fichés dans sa chair. Il se révéla bientôt incapable de tenir en selle, et il bascula sur le côté, s'écrasant dans l'herbe où il demeura là, inconscient. Le dernier, croyant sa dernière heure arrivée, fit volte-face et s'enfuit à toute allure sans demander son reste. Il avait perdu trois de ses compagnons, et il était lui-même blessé, ce qui n'augurait rien de bon pour lui. La guerrière put noter qu'il ne fuyait pas vers l'endroit d'où il était venu, ce qui signifiait sans doute qu'il ne retournerait pas auprès du sorcier, si seulement il savait où celui-ci se trouvait. Avec de la chance, il échapperait à l'emprise maléfique qui s'était vraisemblablement abattue sur lui aussi, et retrouverait une vie plus ou moins normale quelque part. Ailleurs. Loin des Elfes et de leur magie sinistre.

Lithildren put enfin contempler le carnage.

Partout où se portait le regard, elle voyait le malheur, le sang et la tristesse, mais il lui restait encore à choisir vers qui se porter. L'homme qui hurlait était le plus évident à repérer. Il rampait misérablement, comme s'il essayait de s'éloigner le plus possible du champ de bataille, mais chaque mouvement était supplice et il se vidait rapidement de son sang. S'il n'était pas soigné, il mourrait vraisemblablement, mais il lui restait encore de longues minutes d'agonie. Le combattant inconscient ne bougeait plus, mais il n'était pas mort. Nul ne pouvait savoir quand il finirait par se réveiller, mais ses blessures n'étaient pas mortelles… si elles étaient traitées dans l'immédiat. Au moins, la guerrière pouvait être sûre qu'il ne bougerait pas de sitôt. Elle ne pouvait pas en dire autant de sa monture qui s'éloignait au pas, peut-être révulsée par l'odeur du sang. C'était la seule qu'elle pouvait utiliser pour elle-même si elle voulait quitter les environs d'Ost-in-Edhil et rallier un endroit où elle pourrait se reposer, reprendre des forces, et faire le point. L'autre scène particulièrement émouvante était ce cheval innocent qui, gisant sur le flanc, vivait ses derniers instants. La lame elfique de Sadron ne lui avait laissé aucune chance, et l'animal respirait lourdement, gémissant de douleur sans comprendre pourquoi sa vie s'arrêtait aussi brusquement. Cette vision était presque insoutenable, car derrière ces grands yeux noirs, on lisait une terreur sans nom que, peut-être, de douces paroles d'Elfes pouvaient apaiser.

Et puis il y avait Sadron.

Le gardien des ruines, qui avait protégé Lithildren malgré tout, n'était pas encore parti. Son esprit s'accrochait encore à son corps, comme en témoignaient les stridors qui s'échappaient de ses lèvres à intervalle régulier. Il frémissait, se sentant partir progressivement. Seules ses lèvres bougeaient, formant des mots inaudibles d'aussi loin. Il n'en avait malheureusement plus très longtemps en Terre du Milieu, et bientôt son âme quitterait ce monde pour rejoindre les terres immortelles où elle reposerait en compagnie de ses illustres ancêtres, les mêmes qui avaient fabriqué les abominations qui avaient permis à Gier de semer le chaos dans leurs vies respectives.

C'était une vie de plus que le sorcier fou abandonnait dans son sillage de sang…

Combien en briserait-il encore avant que quelqu'un trouvât un moyen de l'arrêter ?


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Lithildren Valbeön
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Dim 29 Avr 2018 - 1:38
Lithildren ne vit pas vraiment ce qu'il se passât en bas de son perchoir, concentrée sur ses propres assaillants. Celui sur lequel elle avait tiré par deux fois s'était finalement effondré avant-même d'atteindre la belle aux cheveux de jais, affaiblit et sûrement ni entraîné ou assez consistant physiquement pour résister à deux flèches. Ni assez bien vêtu, d'ailleurs. Elle fut surprise de sentir le cheval qui passa près d'elle et qui manqua de la percuter si elle ne s'était pas un peu décalée. Elle-même effrayée, elle regarda ce cavalier chuter avec son cheval, un bras blessé et se mettre à crier d'agonie.

L'Elfe sauta de son perchoir et regarda le fuyard. Elle le mit en joug avec son arc et... ne tira pas. Elle baissa doucement son arme, l'observant courir. Elle choisit délibérément de lui laisser la vie sauve. Et s'il fuyait loin de ce fléau qu'il avait connu et venait de connaître ? Pourquoi pas ? Elle n'allait pas ôter la vie à un homme qui n'était sûrement là que par hasard, ou parce qu'on l'avait forcé. Alors elle se retourna et vit l'ampleur des dégâts. L'agonisant n'était pas très loin d'elle. Elle lui passa à côté et alla prendre le pouls de celui qui était évanouit. Elle les sauverait tous les deux, mais chercha du regard autre chose.

Elle vit, plus loin, le cheval tué par une épée, celle de Sadron, et son cavalier mort dessous. Quant au fameux Elfe... Lithildren mit l'arc dans son dos d'un geste habile et se jeta vers le Sage. Elle vit qu'il était à deux doigts de mourir, et vint lui prendre la main.

- Puissiez-vous rejoindre Eru en paix... dit-elle en sindarin, d'un ton solennel, avant de poursuivre en westron. Puissiez-vous trouver la paix aux côtés de votre épouse et de vos ancêtres aux Terres Immortelles. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour poursuivre votre tâche, j'en fais le serment sur ma vie. Je trouverais le sorcier et vos fils si je puis les sauver, et je détruirais ce danger qui plâne sur les Terres du Milieu. Je vous le jure.

Elle attendit que Sadron quitte son enveloppe charnelle avant de lui fermer les yeux. Mais elle n'avait pas le temps de se confondre en pleurs ou cérémonies. Elle se releva, alla chercher le cheval qui fuyait et le ramena pour lui attacher les rênes à un rocher correct, le laissant dos à la scène morbide qu'il semblait chercher à fuir. Elle alla traîner du mieux qu'elle pût le cavalier inconscient où elle reposa elle-même quelques jours, le couvrant et examinant ses blessures avec attention. Peut-être arriverait-elle à le soigner ? L'Elfe n'attendit pas et alla chercher le blessé agonisant, le plus urgent selon elle.

La belle lui somma de se calmer, qu'elle allait l'aider s'il cessait de gigoter comme un enfant. Il ne semblait blessé principalement qu'au bras, alors elle essaya de le traîner ou de le porter pendant qu'il marchait jusqu'au même endroit que son congénère inconscient, le rassurant qu'elle l'aiderait aussi. Lithildren essaya de faire preuve de douceur dans ses mots. Elle fit un choix, morbide certes, mais elle n'avait pas mieux : rapidement, elle alla déchirer un habit de mort sous son cheval, le roula en boule en le secouant pour chasser le plus de terre ou poussière dessus, puis en fit un bandage rudimentaire, ordonnant au blessé de presser dessus pour éviter qu'il ne saignât plus.

D'un coup, elle s'éloigna et essaya de se souvenir où Sadron et ses fils étaient allés chercher des remèdes pour Oropher, bien des jours plus tôt. Elle retrouva son chemin, et repéra de mémoire ce qu'ils avaient utilisés. Enfin elle essaya. Lithildren avait eut des cours de botanique, comme beaucoup d'Elfes, mais cela remontait à si loin... Elle revint avec un paquet d'herbes et des bandages, fit deux-trois allers-retours et essaya de bricoler des cataplasmes pour ses deux blessés. Lithildren suait, elle ne savait pas exactement ce qu'elle faisait.

Une fois un baume conçut, elle l'appliqua sur la plaie de l'agonisant, le forçant à rester calme, quite à l'assommer d'un bon de poing dans la tempe. Une fois son ouvrage terminé, elle banda le bras autour de la blessure, humidifia un bout de linge arraché quelque part et le posa sur le front de son premier soigné. Grossièrement. Quant à l'autre... elle ignorait comment traiter deux flèches et une chute. Elle s'occupa d'abord des blessures dû aux flèches : arracha une flèche, pressa sa main, appliqua un baume et fit un bandage qui devrait tenir ; recommença à nouveau pour la secondes flèche (ayant prit soin bien sûr de dénuder chaque zone du corps touchée autour de ladite flèche. Elle en profita pour lui palper les bras et les jambes seulement afin de détecter un os brisé, faisant de même pour les côtes.

Pas question que ses nids à informations - ou pas - meurent. Et s'ils survivaient mais s'avouaient ignorants, elle les laisserait là. Ou pas. Elle irait sûrement les donner à ce contact le long de la rivière dont Sadron lui avait parlé tout à l'heure. Quant elle eut finit, la belle aux cheveux de jais essaya de ne pas rester inactive. Elle traîna ou porta le corps de Sadron plus loin, découvrit et traîna celui de la créature abattue aussi, puis celui du cavalier après de longues minutes à l'extirper de sous le cheval. Elle les couvrit tous les trois du même drap, enfin surtout le haut du corps.

Puis après tout cela, elle récupéra l'épée plantée dans le corps du cheval et alla s'asseoir près de ceux qu'elle avait essayé de soigner, lâchant un long, très long soupir, et priant très très fort les Valar et Eru de lui venir en aide.
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Lun 30 Avr 2018 - 15:36
En sentant Lithildren lui saisir la main, Sadron serra fort celle de cette dernière. Son corps brisé devait le faire souffrir atrocement, mais il y avait dans ses yeux une lueur apaisée. Il n'était pas inquiet. Il était en paix avec lui-même à l'heure de quitter la Terre du Milieu, même si le fait d'avoir laissé Gier s'échapper lui pesait horriblement. Il hocha la tête péniblement en entendant les promesses de la guerrière. Trouver le sorcier, et protéger les innocents qui risquaient subir son terrible pouvoir. C'était la bonne chose à faire. C'était la seule chose à faire. Il s'étrangla à moitié, cherchant à articuler :

- Cette menace… détruisez-la…

C'était son souhait le plus cher. Les anneaux de pouvoir créés par ses ancêtres, et les autres objets magiques qu'ils avaient pu façonner au cours des siècles, avaient amené le malheur et la destruction. Il était du devoir des Eldar qui avaient survécu aux guerres contre le Noir Ennemi de protéger les autres peuples de leurs propres erreurs. Il en avait fait le serment, et désormais il transmettait cette fonction à la seule personne en qui il pouvait avoir confiance.

- Vous êtes maintenant… une gardienne… Gardienne… Comme moi…

Il lui sourit légèrement, dévoilant ses dents ensanglantées. Il n'en avait plus pour très longtemps, mais ses dernières paroles étaient d'une importance cruciale pour la suite. Lithildren, perdue sur ces terres désolées, au milieu de ces ruines abandonnées, ne pouvait pas partir à la poursuite du sorcier. Elle ignorait encore où il se trouvait, et surtout, elle n'était pas sûre de parvenir à le vaincre dans son état actuel. Elle n'avait ni la force nécessaire pour le défaire, ni la connaissance suffisante pour comprendre comment fonctionnait son pouvoir maléfique et s'en prémunir. Elle avait encore tant de choses à apprendre, à la fois sur elle-même, et sur le monde qui l'entourait. Sadron en était conscient, et il lui souffla :

- Trouvez… Gil… Tharbad… Gil…

Ses phrases étaient hachées, saccadées, et de moins en moins compréhensibles. Il serra encore plus fort la main de Lithildren, avant que son étreinte ne se relâchât progressivement, comme s'il glissait hors de sa propre peau. Ses derniers mots prirent la forme d'un remerciement, d'un encouragement, d'une supplique et d'un souhait :

- Naethinnellë…

Et il s'évanouit. Son fëa quitta son corps sous la forme d'un ultime soupir, s'envolant vers les Cavernes de Mandos, pour y attendre le jugement de Námo. Il n'y avait pas à douter que Sadron serait bien accueilli en Valinor, honoré pour ses hauts-faits, et pour la noble conduite qu'il avait su tenir durant ces si nombreux siècles. Les informations qu'il laissait à Lithildren étaient à la fois précieuses et vagues. Un nom, et une ville. Gil, et Tharbad. Voilà qui était bien maigre pour commencer, mais il était vrai que la cité arnorienne ne se trouvait pas très loin, et pouvait être ralliée rapidement depuis sa position.

Pour l'heure toutefois, la guerrière devait parer au plus urgent, ce qu'elle fit méthodiquement, s'occupant du cheval et des blessés, l'un d'entre eux se montrant particulièrement récalcitrant. Même s'il avait peur de mourir esseulé sur ces terres, il avait encore plus peur de la colère de l'Elfe qui essayait pourtant de le rassurer. Elle se résolut une nouvelle fois à utiliser la violence pour le maîtriser, ce qui ne devait pas arranger leurs relations et instaurer un climat de confiance. Il s'écroula sur le sol, inconscient, tandis qu'elle en profitait pour le soigner dans la mesure du possible. Puis elle n'eût d'autre choix que d'attendre de voir comment évoluait l'état de ses patients.

Après plusieurs heures, celui qui était blessé au bras émergea de son coma. Son premier réflexe fut de chercher à savoir où il se trouvait, et lorsqu'il comprit qu'il était toujours entre les griffes de l'Elfe, il se mit à paniquer :

- Pourquoi est-ce que vous me gardez en vie ? Demanda-t-il. Vous feriez aussi bien de me tuer sur-le-champ ! De toute façon vous… aïe !

Un mouvement trop violent venait raviver la douleur dans son bras, et il se plia en deux en serrant les dents pour ne pas crier de nouveau. La plaie saignait de moins en moins, grâce aux efforts de la guerrière, mais il ne s'en tirerait pas si facilement. Les bandages de fortune étaient sales, et commençaient déjà à infecter la plaie. Si Lithildren souhaitait lui permettre de rester en vie, elle devrait trouver quelqu'un pour le soigner convenablement. Quant à l'autre… il ne se réveillait toujours pas, ce qui était passablement inquiétant.

D'autres éléments alarmants étaient également à prendre en considération. Elle n'avait aucune ration, et Sadron n'avait malheureusement laissé qu'un peu de pain et quelques fruits. Les plaines désolées n'offraient aucune ressource sur laquelle ils pouvaient compter, pas même quelques arbres fruitiers pour les sustenter quelque peu. La rivière qui coulait non loin était peut-être poissonneuse, mais elle ne pêcherait jamais de quoi se nourrir elle et ses deux blessés sur une longue période. Il n'était pas possible de rester à Ost-in-Edhil, sous peine de mourir à petit feu. Si la guerrière voulait poursuivre, elle n'avait d'autre choix que de se mettre en mouvement. Elle n'avait cependant qu'un seul cheval, ce qui signifiait uniquement deux personnes en selle, si elle ne voulait pas briser le dos du pauvre animal.

Une décision devait donc être prise.

De même qu'il lui restait à décider de sa destination.

Après avoir subi tant de fois les caprices du destin, avoir été contrainte et forcée d'aller ici ou là, Lithildren pouvait enfin se reposer sur elle-même, suivre son instinct, et faire ce qu'elle estimait opportun. Mais la liberté était un fardeau parfois plus pesant que les chaînes…


__________

Voilà qui clôt le chapitre à Ost-in-Edhil pour ma part Lith, je te laisse répondre naturellement pour terminer les choses du point de vue de ton personnage. Si tu veux enchaîner sur la suite directe de ce scénar à Tharbad en gardant ton serviteur comme MJ, je t'invite à ouvrir un sujet là-bas (bien sûr tu peux me poser toutes les questions que tu veux par MP). Si, à l'inverse, tu veux envoyer Lithildren dans une autre direction, pas de souci on peut en discuter par en privé également.

À toi de voir Smile.


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Lithildren Valbeön
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Rôle : "Dernière Gardienne d'Ost-in-Edhil"

~ GRIMOIRE ~
- -: Elfe Noldo
- -: ~ 400 ans
- -:

Lun 30 Avr 2018 - 18:47
[HRP]Voilà donc ma réponse de clôture, courte bien entendu, la suite se fera donc à... Bah à Tharbad, sans surprise.....[/HRP]



Lithildren, une Gardienne ? Le rôle en tant que tel importait peu, pour la belle aux cheveux de jais. Mais la mission que cela impliquait devint la priorité absolue. Accomplir l'ultime volonté de Sadron et... possiblement sauver la Terre du Milieu. Gier devait être détruit, par tout les moyens possibles ; lui et d'autres artéfacts d'Ost-in-Edhil. Peut-être après s'être occupée de Gier reviendrait-elle ici pour enterrer les derniers vestiges de la cité, condamner ses accès même si elle aurait besoin de plusieurs années pour cela.

Après s'être un peu reposée à l'ombre de la "tente", Lithildren observa le mercenaire conscient, sans haine ni rancoeur. Elle l'observa, simplement, avec neutralité. Quant à son compagnon, il ne se réveillait pas. Et elle n'avait qu'un seul cheval, un peu de pain et quelques fruits. Le choix fut rapidement fait dans la tête de l'Elfe. Elle prit son épée, s'agenouilla à cheval sur le mercenaire et lâcha un long soupir nasal.

- Puisses ton âme trouver la paix aux côtés de tes ancêtres. Puisses tes erreurs êtres lavées et ton âme soulagée du fardeau sur ses épaules. Puisses tes dieux te pardonner tes fautes et t'accorder le repos éternel aux côtés des êtres aimés.

Elle inclina la tête et enfonça la lame dans le coeur du mercenaire. Elle ferma les yeux et rangea son épée.

- Tu me demandes pourquoi je te garde en vie, poursuivit-elle en s'accroupissant près de l'homme survivant. J'ai besoin d'informations. Je sais, tu vas sûrement refuser. Pourquoi se plier aux volontés d'une Elfe maléfique qui a tout foutu en l'air, n'est-ce pas ? Je te laisse un choix : pourrir ici sans eau ni nourriture, sans monture ni sans rien pour te soigner, donc te laisser agoniser des jours et des jours dans une atroce souffrance. Ou bien venir avec moi, me donner les informations dont j'ai besoin et avoir des chances de survivre.

Elle se redressa et commença à rassembler le reste de matériel de soin, les bandages, plia grossièrement le drap qui était suspendu au-dessus de leur tête, fabriqua un baluchon et l'attacha comme elle pût à la salle du cheval.

- Si tu me donnes ce dont j'ai besoin jusqu'à Tharbad, je te laisserais partir. Oui, juste partir. Refaire ta vie. Mais ta plaie s'infecte, j'ai besoin d'eau et nous devons suivre le fleuve jusqu'à l'ouest. Si ma mémoire est bonne de ce que j'ai vu sur les cartes dans ma cité natale, Tharbad se trouve à quelques jours d'ici. Elle revint vers l'homme et le regarda. J'ignore si tu as bien conscience de ce qu'il se passe. Mais quoi qu'il en soit, il y a bien plus en jeu que nos deux vies réunies. Nous allons chevaucher jusqu'à Tharbad et la suite dépendra de ce que tu me donneras ou non comme information. Et ne m'oblige pas à user de la violence contre toi, je n'en ai franchement pas envie. N'essaye pas de fuir, tu souffrirais inutilement.

Lithildren l'aida à se relever et à monter en selle. Elle essayait d'y aller le plus doucement possible, faisant bien attention à son bras blessé. L'Elfe aux cheveux de jais défit les rênes du cheval, sauta sur la selle juste derrière l'homme et fit avancer le destrier à travers les ruines, en sortant pour se diriger vers le fleuve.

Elle avait prit soin de rassembler tout ce qu'elle pouvait : arc, flèches, lame elfique, un peu de vivres et d'eau. Elle avait également prit un bâton rudimentaire, le drap que Sadron avait usé comme toit de tente, le reste de plantes médicinales et des bandages.

Leur voyage vers Tharbad commença alors...
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