[Flashback] L'aigle sortant des flammes [PV Vovo]

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Sighild Baldrick
Adepte des Arts Secrets
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Nombre de messages : 232
Age : 27
Localisation : Va savoir...
Rôle : Mage/Sorcière

~ GRIMOIRE ~
- -: Semi-Elfe
- -: 115 ans (23 ans humain)
- -:

Sam 10 Juin 2017 - 12:05

***
Dans le brouhaha d’un quartier commerçant, deux amis poursuivirent leur entretien, l’un étant attristé, l’autre étant soutenant. Tous deux semblaient entretien un lien fort d’amitié, l’un respectant l’autre probablement pour des raisons valables.
Ils étaient des elfes, un Seigneur sans nul doute et une jeune Elfe aux cheveux couleur cèdre, une guerrière.
La Dame avait rapidement quitté l’étreinte de son ami, le remerciant d’un signe de tête pour son aide. Elle essuya ce qui semblait rester de larmes et reprit un air neutre, qui ne sembla pas choquer son compagnon.
Ils se levèrent soudain, laissant à l’aubergiste quelques pièces qu’il ramassa aussitôt.
La Dame tenait dans ses mains un billet, elle se dirigea vers la boutique d’un maître artisan bijoutier. Chose peu commune pour l’époque ; il s’agissait d’une femme très douée pour ses créations. Elle lui remit une enveloppe cachetée de son sceau et lui donna la consigne de ne pas l’ouvrir. Semblant savoir qui avait donné cette directive, l’elfe respecta cette demande. Sacoche à l’épaule, elle quitta le magasin, son ami lui emboitant le pas.
Elle proposa alors à son ami de l’accompagner jusqu’à sa demeure, chose qu’il accepta.
Ils marchèrent l’un à côté de l’autre, discutant de tout et de rien. Le regard de la Dame Elfe était devenu froid, vide d’expression, cela ne semblait pas choquer son ami.

***


**


« Ils se feront un plaisir de te recevoir, ça n’est pas tous les jours que nous recevons le Héraut d'Imladris. Ma mère en sera en tout cas honorée. »


Les deux amis n’étaient pas loin de la demeure des Baldrick. En passant devant la façade, Sighild lança un regard aux fenêtres qui donnaient sur la rue, les rideaux étaient toujours tirés. Cela n’annonçait rien de bon. Elle entendit un morceau de harpe, l’air préférait de son père.

Pressant un peu plus le pas, Sighild entra sans attendre dans le foyer. L’air d’harpe se stoppa aussitôt. L’on vit sortir de la chambre parentale Laurelin, les yeux embués de larmes.

En voyant la présence de Voronwë, elle s’inclina avec respect et se ressaisit immédiatement.


«C’est un honneur que de vous recevoir mon Seigneur.» avait-elle dit d’un air neutre.



Sentant sa mère fébrile, Sighild s’avança inquiète. D’où se trouvait Voronwë, il pouvait constater une ressemblance physique identique à la différente des couleurs de cheveux, du regard et des cicatrices. Laurelin semblait plus expressive que sa fille et ses émotions ne pouvaient être cachées plus longtemps.

La fin était proche.

A cette annonce, Sighild recula d’un pas et regarda à nouveau en direction de la chambre parentale. Consciente du mal qui rongeait son aînée, Laurelin prit la main droite de sa fille et lui dit en elfique :



« Ton père m’a fait ses adieux, à moi et à ta sœur. Il ne reste plus que toi. »


La musicienne sentit le souffle de sa fille se couper, et être saccadé. Sa main gauche vint se poser sur le visage de Sighild, son regard se voulait rassurant malgré la tristesse. Il se voulait bienveillant et sans dire un mot elle laissa sa fille partir dans sa chambre.

Entendant la porte se refermer, Laurelin arbora un sourire à leur hôte et lui désigna la cuisine :


« Je suis navrée de vous accueillir en de pareilles circonstances. Ne restons pas là debout, veuillez me suivre je vous prie. »


Elle laissa le soin à Voronwë de fermer la porte et se dirigea vers la cuisine. Laurelin avait une voix apaisante. Sighild avait hérité de cette même voix, bien qu’elle n’ait pas ces talents de cantatrice. Cette grâce, parfois royal, venait également de sa mère qui servit avec délicatesse du poly nectar à son hôte ainsi que du pain d’épices.

Leur second enfant dormait dans un berceau de bois, emmitouflait dans une couverture. Avant de s’asseoir en face du Seigneur de Fondcombe, Laurelin prit soin de surveiller son nourrisson.

Les adieux entre époux avaient été durs. Albérick ne lui avait jamais autant dit qu’il l’aimait, qu’elle avait fait de lui un homme comblait et heureux et que leurs deux enfants étaient la concrétisation de leur amour. Ils parlèrent de leur rencontre, de cet air d’harpe qu’il adorait. Il avait souhaité l’écouter une dernière fois.

Elle y repensa en s’installa en face de son hôte. Ses yeux bleus étaient rouges, tant ses larmes avaient coulé. Bien qu’elle s’y soit fait depuis longtemps, il était dur de perdre son époux, peu de temps après avoir perdu son père à Imladris.
Servant son invité, Laurelin tenta d’engager la conversation :



« Nos terres ne vous manquent-elles pas ? Malgré cette bataille et ces pertes, la Cité où je suis née me manque. Je voudrais tant faire pour qu’elle retrouve sa beauté et ce côté apaisant qui la caractérise tant. Sighild m’a informé des dégâts causés par ces batailles…j’ai ressenti une douleur tellement forte.»


Malgré les circonstances, la conversation s’engagea. Laurelin écoutait les pas de sa fille et constata avec désolation que le cœur de son époux battait de moins en moins.
**

Les bougies faisaient offices de lumière tant le soleil lui faisait mal aux yeux. Alors qu’il adorait la lumière du jour, Albérick était voué à périr sous la lumière de chandeliers. Mais il ne pouvait pas se plaindre : il aller mourir dans un lit alors qu’il aurait pu périr dans un champ de bataille. Cela aurait été un honneur pour lui certes, mais il n’avait plus l’âge pour ce genre de choses. Il était devenu un vieillard, un vieillard mourant. Pour autant, il était heureux de sa vie, bien avant que sa santé ne se dégrade, il avait pu concevoir un second enfant et voir son aînée vouée à une incroyable destinée.
Il était d’autant plus heureux de mourir dans la demeure de ses ancêtres.

Albérick entendit la porte s’ouvrir. Il sourit en voyant Sighild entrer. D’une faible voix, il lui dit de venir à ses côtés chose qu’elle fit.

Agenouillée à ses côtés, il vit sa fille en larmes :
« Ma chère enfant… » Dit-il d’une voix lasse.

Sighild posa ses mains sur celles de son père, elles étaient froides. Leurs deux regards verts se fixèrent, l’un vieillissant, l’autre vif. Albérick ne pouvait retenir les larmes de sa fille, il ne pouvait pas consoler l’inconsolable, ce n’était pas le but de cette ultime rencontre.
« Te souviens-tu de ta première leçon de nage ? »

Arborant un léger sourire, Sighild acquiesça :
« Tu avais peur de ce qui pouvait t’entourer, tu nageais et ne cessais de me dire « Et si je me faisais mordre par je ne sais quelle bête, et si je venais à me blesser par je ne sais quel moyen, c’est trop dangereux père »… Te souviens-tu de ma réponse. »


La magicienne hocha la tête, sa voix était nouée par le chagrin mais il fallait lui répondre :
« Tu…tu m’as dit que je ne pourrais pas contrôler ce qui m’entourait. Que la vie était parfois incertaine et que je ne serais pas maître de tout malgré toute la bonne volonté du Monde. Que mon corps dans l’eau était une belle image de ma vie : je suis maître de changer de direction mais je ne suis pas maître des obstacles que je rencontrerai. Je ne pourrais que m’en défendre. »


Malgré la voix tremblante de sa fille, la réponse était bonne. L’homme commença à tousser un peu mais cela se calma vite. Il exprima son accord et fixa attentivement son enfant :


« Aujourd’hui, tu me fais penser à cette enfant que tu étais. Tu es hantée par ta peur alors que tu ne devrais pas. Avant que je ne parte, je voulais te demander de ne plus avoir cette peur. Tant que ce sentiment ne sera pas parti…tu seras toujours une ombre. J’ai…entendu des récits de la dernière bataille à Imladris, j’ai souri…je sais que mes ancêtres auraient été fiers de toi.»

Il retira délicatement sa main droite et la posa sur celles de sa fille. Il portait la chevalière de sa famille sur son annulaire, l’aigle sortant des flammes, l’emblème de la famille Baldrick.

« Ta mère voudra sans doute que tu te maries après ma mort…je ne serai plus là pour te défendre. »


Le père et la fille se mirent à rire en silence. Il était vrai qu’Albérick avait toujours eu tendance à protéger sa fille, quel que soit le sujet de conversation : le port d’une robe, la coiffure qu’elle devait porter, les courts de danse.

Continuant de fixer son aînée, l’homme faible reprit :


« As-tu fait ce que je t’ai demandé ? »



Hochant la tête, la jeune fille quitta un instant son père pour aller chercher l’enveloppe cachetée. Avec le peu de force qu’il lui restait, le vieux guerrier l’ouvrit et en sortit une chevalière en or blanc.

Un aigle sortant des flammes…

Le symbole était fort. A chaque fois que le représentant de la famille Baldrick se mourait, il était coutume qu’il offre à son premier héritier, jusqu’à ce jour mâle, une chevalière d’or blanc avec le blason familial. L’homme la passa à l’annulaire droit de sa fille avec une grande fierté :


« Voici mon cadeau d’adieu…Tu es désormais la digne héritière de notre famille... Tu te dois d’être forte Sighild, de par ton destin mais surtout parce que tu es une Baldrick. Descendante de guerriers, hommes comme elfes.»


L’homme toussa de plus belle, Sighild se redressa et lui fit boire un peu d’eau. Se rallongea doucement dans son lit, l’homme continua de contempler ce qu’il pouvait considérer de loin sa plus belle réussite. Fermant les yeux, l’homme lâcha dans un soupire :
« N’ai plus peu… »

Et c’est ainsi que le cœur d’Albérick Baldrick, guerrier de Minas Tirith et d’Imladris s’arrêta. Dans un dernier soupire, il avait pu conseiller sa fille et lui montrer une nouvelle fois sa fierté et son amour.

Au début silencieuse, Sighild lâcha un « non ». Elle posa sa tête contre le corps sans vie de son père et pleura toutes les larmes qu’elle retenait. Bien que cette mort fut prévisible depuis plusieurs semaines, le fait était pourtant dur à accepter.
Sighild entendit la porte de la chambre s’ouvrir mais ne bougea pas, trop absorbée par son chagrin. Le visage triste, Laurelin s’approcha du corps sans vie de son époux. Elle se tint de l’autre côté du lit, et embrassa sur le front son aimé, puis, elle s’assit sur le lit familial pour poser son étreinte sur sa fille.

Des larmes lui montèrent, elle embrassa sa fille sur son crâne et lui caressa les cheveux :


« Ma chère Elwing… »


Laurelin savait à quel point sa fille aimait ses parents. A quel point son père comptait tant dans sa vie, il lui avait tout apprit, il l’avait fait voyager. Il était son confident, celui qui était de bon conseil. Depuis sa naissance, Albérick avait aimé son aîné au point de tisser une relation quasi fusionnel. Ils se comprenaient d’un simple regard, se soutenait parfois contre elle mais ce n’était jamais en recherche d’un conflit. Ils avaient cette complicité qu’elle avait eu aussi avec son défunt père…elle ne pouvait que comprendre le chagrin de son enfant.

Mais elle ne pouvait rien faire à son chagrin, si ce n’est que de lui montrer son amour et de la soutenir pour ne pas la laisser seule.

Le nourrisson se fit alors entendre, Laurelin ne pouvant laisser son nouveau-né seul , elle déposa un dernier baiser sur le crâne de son aînée et se dirigea vers la cuisine.

Laissant ainsi seuls, les deux amis…
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