[Flashback] L'aigle sortant des flammes [PV Vovo]

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Sighild Baldrick
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Sam 10 Juin 2017 - 12:05

***
Dans le brouhaha d’un quartier commerçant, deux amis poursuivirent leur entretien, l’un étant attristé, l’autre étant soutenant. Tous deux semblaient entretien un lien fort d’amitié, l’un respectant l’autre probablement pour des raisons valables.
Ils étaient des elfes, un Seigneur sans nul doute et une jeune Elfe aux cheveux couleur cèdre, une guerrière.
La Dame avait rapidement quitté l’étreinte de son ami, le remerciant d’un signe de tête pour son aide. Elle essuya ce qui semblait rester de larmes et reprit un air neutre, qui ne sembla pas choquer son compagnon.
Ils se levèrent soudain, laissant à l’aubergiste quelques pièces qu’il ramassa aussitôt.
La Dame tenait dans ses mains un billet, elle se dirigea vers la boutique d’un maître artisan bijoutier. Chose peu commune pour l’époque ; il s’agissait d’une femme très douée pour ses créations. Elle lui remit une enveloppe cachetée de son sceau et lui donna la consigne de ne pas l’ouvrir. Semblant savoir qui avait donné cette directive, l’elfe respecta cette demande. Sacoche à l’épaule, elle quitta le magasin, son ami lui emboitant le pas.
Elle proposa alors à son ami de l’accompagner jusqu’à sa demeure, chose qu’il accepta.
Ils marchèrent l’un à côté de l’autre, discutant de tout et de rien. Le regard de la Dame Elfe était devenu froid, vide d’expression, cela ne semblait pas choquer son ami.

***


**


« Ils se feront un plaisir de te recevoir, ça n’est pas tous les jours que nous recevons le Héraut d'Imladris. Ma mère en sera en tout cas honorée. »


Les deux amis n’étaient pas loin de la demeure des Baldrick. En passant devant la façade, Sighild lança un regard aux fenêtres qui donnaient sur la rue, les rideaux étaient toujours tirés. Cela n’annonçait rien de bon. Elle entendit un morceau de harpe, l’air préférait de son père.

Pressant un peu plus le pas, Sighild entra sans attendre dans le foyer. L’air d’harpe se stoppa aussitôt. L’on vit sortir de la chambre parentale Laurelin, les yeux embués de larmes.

En voyant la présence de Voronwë, elle s’inclina avec respect et se ressaisit immédiatement.


«C’est un honneur que de vous recevoir mon Seigneur.» avait-elle dit d’un air neutre.



Sentant sa mère fébrile, Sighild s’avança inquiète. D’où se trouvait Voronwë, il pouvait constater une ressemblance physique identique à la différente des couleurs de cheveux, du regard et des cicatrices. Laurelin semblait plus expressive que sa fille et ses émotions ne pouvaient être cachées plus longtemps.

La fin était proche.

A cette annonce, Sighild recula d’un pas et regarda à nouveau en direction de la chambre parentale. Consciente du mal qui rongeait son aînée, Laurelin prit la main droite de sa fille et lui dit en elfique :



« Ton père m’a fait ses adieux, à moi et à ta sœur. Il ne reste plus que toi. »


La musicienne sentit le souffle de sa fille se couper, et être saccadé. Sa main gauche vint se poser sur le visage de Sighild, son regard se voulait rassurant malgré la tristesse. Il se voulait bienveillant et sans dire un mot elle laissa sa fille partir dans sa chambre.

Entendant la porte se refermer, Laurelin arbora un sourire à leur hôte et lui désigna la cuisine :


« Je suis navrée de vous accueillir en de pareilles circonstances. Ne restons pas là debout, veuillez me suivre je vous prie. »


Elle laissa le soin à Voronwë de fermer la porte et se dirigea vers la cuisine. Laurelin avait une voix apaisante. Sighild avait hérité de cette même voix, bien qu’elle n’ait pas ces talents de cantatrice. Cette grâce, parfois royal, venait également de sa mère qui servit avec délicatesse du poly nectar à son hôte ainsi que du pain d’épices.

Leur second enfant dormait dans un berceau de bois, emmitouflait dans une couverture. Avant de s’asseoir en face du Seigneur de Fondcombe, Laurelin prit soin de surveiller son nourrisson.

Les adieux entre époux avaient été durs. Albérick ne lui avait jamais autant dit qu’il l’aimait, qu’elle avait fait de lui un homme comblait et heureux et que leurs deux enfants étaient la concrétisation de leur amour. Ils parlèrent de leur rencontre, de cet air d’harpe qu’il adorait. Il avait souhaité l’écouter une dernière fois.

Elle y repensa en s’installa en face de son hôte. Ses yeux bleus étaient rouges, tant ses larmes avaient coulé. Bien qu’elle s’y soit fait depuis longtemps, il était dur de perdre son époux, peu de temps après avoir perdu son père à Imladris.
Servant son invité, Laurelin tenta d’engager la conversation :



« Nos terres ne vous manquent-elles pas ? Malgré cette bataille et ces pertes, la Cité où je suis née me manque. Je voudrais tant faire pour qu’elle retrouve sa beauté et ce côté apaisant qui la caractérise tant. Sighild m’a informé des dégâts causés par ces batailles…j’ai ressenti une douleur tellement forte.»


Malgré les circonstances, la conversation s’engagea. Laurelin écoutait les pas de sa fille et constata avec désolation que le cœur de son époux battait de moins en moins.
**

Les bougies faisaient offices de lumière tant le soleil lui faisait mal aux yeux. Alors qu’il adorait la lumière du jour, Albérick était voué à périr sous la lumière de chandeliers. Mais il ne pouvait pas se plaindre : il aller mourir dans un lit alors qu’il aurait pu périr dans un champ de bataille. Cela aurait été un honneur pour lui certes, mais il n’avait plus l’âge pour ce genre de choses. Il était devenu un vieillard, un vieillard mourant. Pour autant, il était heureux de sa vie, bien avant que sa santé ne se dégrade, il avait pu concevoir un second enfant et voir son aînée vouée à une incroyable destinée.
Il était d’autant plus heureux de mourir dans la demeure de ses ancêtres.

Albérick entendit la porte s’ouvrir. Il sourit en voyant Sighild entrer. D’une faible voix, il lui dit de venir à ses côtés chose qu’elle fit.

Agenouillée à ses côtés, il vit sa fille en larmes :
« Ma chère enfant… » Dit-il d’une voix lasse.

Sighild posa ses mains sur celles de son père, elles étaient froides. Leurs deux regards verts se fixèrent, l’un vieillissant, l’autre vif. Albérick ne pouvait retenir les larmes de sa fille, il ne pouvait pas consoler l’inconsolable, ce n’était pas le but de cette ultime rencontre.
« Te souviens-tu de ta première leçon de nage ? »

Arborant un léger sourire, Sighild acquiesça :
« Tu avais peur de ce qui pouvait t’entourer, tu nageais et ne cessais de me dire « Et si je me faisais mordre par je ne sais quelle bête, et si je venais à me blesser par je ne sais quel moyen, c’est trop dangereux père »… Te souviens-tu de ma réponse. »


La magicienne hocha la tête, sa voix était nouée par le chagrin mais il fallait lui répondre :
« Tu…tu m’as dit que je ne pourrais pas contrôler ce qui m’entourait. Que la vie était parfois incertaine et que je ne serais pas maître de tout malgré toute la bonne volonté du Monde. Que mon corps dans l’eau était une belle image de ma vie : je suis maître de changer de direction mais je ne suis pas maître des obstacles que je rencontrerai. Je ne pourrais que m’en défendre. »


Malgré la voix tremblante de sa fille, la réponse était bonne. L’homme commença à tousser un peu mais cela se calma vite. Il exprima son accord et fixa attentivement son enfant :


« Aujourd’hui, tu me fais penser à cette enfant que tu étais. Tu es hantée par ta peur alors que tu ne devrais pas. Avant que je ne parte, je voulais te demander de ne plus avoir cette peur. Tant que ce sentiment ne sera pas parti…tu seras toujours une ombre. J’ai…entendu des récits de la dernière bataille à Imladris, j’ai souri…je sais que mes ancêtres auraient été fiers de toi.»

Il retira délicatement sa main droite et la posa sur celles de sa fille. Il portait la chevalière de sa famille sur son annulaire, l’aigle sortant des flammes, l’emblème de la famille Baldrick.

« Ta mère voudra sans doute que tu te maries après ma mort…je ne serai plus là pour te défendre. »


Le père et la fille se mirent à rire en silence. Il était vrai qu’Albérick avait toujours eu tendance à protéger sa fille, quel que soit le sujet de conversation : le port d’une robe, la coiffure qu’elle devait porter, les courts de danse.

Continuant de fixer son aînée, l’homme faible reprit :


« As-tu fait ce que je t’ai demandé ? »



Hochant la tête, la jeune fille quitta un instant son père pour aller chercher l’enveloppe cachetée. Avec le peu de force qu’il lui restait, le vieux guerrier l’ouvrit et en sortit une chevalière en or blanc.

Un aigle sortant des flammes…

Le symbole était fort. A chaque fois que le représentant de la famille Baldrick se mourait, il était coutume qu’il offre à son premier héritier, jusqu’à ce jour mâle, une chevalière d’or blanc avec le blason familial. L’homme la passa à l’annulaire droit de sa fille avec une grande fierté :


« Voici mon cadeau d’adieu…Tu es désormais la digne héritière de notre famille... Tu te dois d’être forte Sighild, de par ton destin mais surtout parce que tu es une Baldrick. Descendante de guerriers, hommes comme elfes.»


L’homme toussa de plus belle, Sighild se redressa et lui fit boire un peu d’eau. Se rallongea doucement dans son lit, l’homme continua de contempler ce qu’il pouvait considérer de loin sa plus belle réussite. Fermant les yeux, l’homme lâcha dans un soupire :
« N’ai plus peu… »

Et c’est ainsi que le cœur d’Albérick Baldrick, guerrier de Minas Tirith et d’Imladris s’arrêta. Dans un dernier soupire, il avait pu conseiller sa fille et lui montrer une nouvelle fois sa fierté et son amour.

Au début silencieuse, Sighild lâcha un « non ». Elle posa sa tête contre le corps sans vie de son père et pleura toutes les larmes qu’elle retenait. Bien que cette mort fut prévisible depuis plusieurs semaines, le fait était pourtant dur à accepter.
Sighild entendit la porte de la chambre s’ouvrir mais ne bougea pas, trop absorbée par son chagrin. Le visage triste, Laurelin s’approcha du corps sans vie de son époux. Elle se tint de l’autre côté du lit, et embrassa sur le front son aimé, puis, elle s’assit sur le lit familial pour poser son étreinte sur sa fille.

Des larmes lui montèrent, elle embrassa sa fille sur son crâne et lui caressa les cheveux :


« Ma chère Elwing… »


Laurelin savait à quel point sa fille aimait ses parents. A quel point son père comptait tant dans sa vie, il lui avait tout apprit, il l’avait fait voyager. Il était son confident, celui qui était de bon conseil. Depuis sa naissance, Albérick avait aimé son aîné au point de tisser une relation quasi fusionnel. Ils se comprenaient d’un simple regard, se soutenait parfois contre elle mais ce n’était jamais en recherche d’un conflit. Ils avaient cette complicité qu’elle avait eu aussi avec son défunt père…elle ne pouvait que comprendre le chagrin de son enfant.

Mais elle ne pouvait rien faire à son chagrin, si ce n’est que de lui montrer son amour et de la soutenir pour ne pas la laisser seule.

Le nourrisson se fit alors entendre, Laurelin ne pouvant laisser son nouveau-né seul , elle déposa un dernier baiser sur le crâne de son aînée et se dirigea vers la cuisine.

Laissant ainsi seuls, les deux amis…
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Voronwë Amnel
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Dim 28 Jan 2018 - 14:59
Chaque pas était lourd et pesant. Ou bien était-ce l’ambiance suffocante ? Voronwë ne pouvait le dire. Les rues, les Hommes, les cris, tout se distinguait. Une seule chose avait de l’importance : cette marche. Le chemin parcouru jusqu’à la demeure des Baldrick était peut être anodin quand on les voyait marcher. Pourtant, le Héraut d’Imladris savait bien de quoi il était question, il connaissait la douleur de cette marche avant de voir une dernière fois un être aimé.

Chaque pas était fuyant, elle semblait marcher sur des débris de verre, comme pour ne pas se blesser. Les pavés de la cité blanche brulaient tout espoir, centimètre après centimètre, aussi bien qu’elle semblait voler. Une âme en deuil survolant rues et ruelles. Sighild aux pieds légers paraissait vouloir fuir loin de ces tristes obligations, loin de la froide solitude de la mort. L’hiver était passé, pourtant, de grands frissons traversaient sans doute son corps et Voronwë pouvait presque les sentir.

Mais chaque pas était déterminé d’une passion brulante : revoir une dernière fois son père. Elle enchaînait les pas comme si elle craignait de ne pas arriver à temps. Comme si le monde tout entier allait périr si elle ne devait ralentir qu’un temps soit peu. La réalité était devant elle et la demi-elfe l’affrontait avec force et courage.

Voronwë savait ce qu’elle endurait. Il ne connaissait que trop bien cette envie de fuite mêlée à cette détermination sans faille. Ainsi, c’est en ami qu’il marchait à ses côtés, à son rythme, telle une feuille suivant les caresses du vent impétueux. Le cavalier savait qu’il n’avait pas à parler pour être présent pour elle. C’est pourquoi il ne se contentait que d’une marche silencieuse, du moins en apparence. Certes ils parlaient de tout et de rien, mais leurs paroles étaient vides de sens, surtout pour Sighild. Pourtant, la présence de l’elfe devait sans doute être réconfortante. Pourtant, avec ou sans lui, cette épreuve elle devait la surmonter seule. Le dernier Amnel ne remarquait même pas les regards étonnés des habitants qui s’écartaient sur leur chemin. Peut-être ne voyaient-ils que rarement des elfes ou même de personnes importantes.

En arrivant devant ce qu’il devina rapidement être la demeure des Baldrick, Voronwë entendit une douce mélodie. Serait-ce de la harpe ? Aucun doute là-dessus. Le Héraut était bluffé par la beauté du morceau digne d’une composition elfique. Il comprit rapidement pourquoi.

« Ils se feront un plaisir de te recevoir, ça n’est pas tous les jours que nous recevons le Héraut d'Imladris. Ma mère en sera en tout cas honorée. » Expliqua Sighild.

« Tout l’honneur est pour moi de rencontrer les parents d’une si grande guerrière. »
Répliqua-t-il.

Le soldat était sincère, il l’avait vu combattre avec un tel courage et une telle dévotion envers Imladris qu’il la tenait désormais en très haute estime. Et ces tristes moments ne faisaient qu’attiser l’admiration de Voronwë pour son amie. Car pour être un héros il est souvent coutume de penser qu’il faut être stoïque et vaincre chaque obstacle avec force et détermination. Ces personnes ne sont pas de vrais héros. Les vrais héros sont sensibles. Cette sensibilité les rend humain et ainsi leur humanité les pousse à vaincre coute que coute. La force ne réside pas dans l’absence de sentiments, elle en puise sa force. C’est pourquoi Sighild Baldrick était une héroïne.

Ils entrèrent alors dans le foyer et virent une femme sortir d’une chambre. Voronwë devina rapidement la malheureuse situation. Elle semblait bouleversée, pourtant elle s’inclina respectueusement devant Voronwë. Ce dernier remarqua ses efforts et son respect.

«C’est un honneur que de vous recevoir mon Seigneur.» avait-elle dit d’un air neutre.

« Mae govannen - na vedui ! » renchérit le Héraut « Il me tardait de rencontrer la femme qui a mis au monde une si grande guerrière ».

Les deux femmes se ressemblaient énormément hormis la couleur de cheveux. Sa mère semblait plus expressive. Peut-être avait-elle vécut moins de batailles et moins d’épreuves que sa fille. En revanche, Voronwë remarqua un autre détail marquant : sa maîtrise de l’elfique était parfaite.

Voronwë se sentait de trop, pourtant, il savait que sa présence pouvait réconforter. Pendant que Silghild s’apprêtait à faire ses adieux à son père, sa mère tenta un sourire.

« Je suis navrée de vous accueillir en de pareilles circonstances. Ne restons pas là debout, veuillez me suivre je vous prie.
»

Elle indiqua la cuisine, l’hôte ferma la porte et suivit le pas. Sa voix était apaisante, agréable. Elle ressemblait à celle de son amie. Voronwë fut accueillis comme un roi avec du poly nectar et du pain d’épice. Il n’en avait pas gouté depuis tant de décennies !

Après s’être occupé de son nourrisson, elle s’assied en face de Voronwë. Ses yeux étaient lourds, sombres et pourtant si bleus. Tant de larmes avaient foulées ses joues. Le soldat était navré pour elle. Quelle tristesse de perdre un être aimé et à la couleur de ses yeux, elle devait l’aimer de tout son cœur. La mère de Sighild tenta tout de même de lancer la discussion :

« Nos terres ne vous manquent-elles pas ? Malgré cette bataille et ces pertes, la Cité où je suis née me manque. Je voudrais tant faire pour qu’elle retrouve sa beauté et ce côté apaisant qui la caractérise tant. Sighild m’a informé des dégâts causés par ces batailles…j’ai ressenti une douleur tellement forte.» Dit-elle avec regret.


A ce moment, le visage de Voronwë assombrit à son tour. Imladris était tout pour lui. Il aimait ses habitants, ses jardins, ses œuvres d’art, sa beauté exceptionnelle… Il aimait tant Imladris. Il avait vécu sa perte comme la mort de sa bien-aimée. Et pourtant, il trouva la force de revenir et de la libérer. Certains pensaient qu’elle était souillée. Mais voir autant de personnes œuvrer pour sa reconstruction laissait penser autre chose. En effet, pour Voronwë, elle n’avait jamais été aussi vivante.

« Imladris me manque terriblement et il me tarde de retrouver sa splendeur. Vous avez eu vent de la bataille et de son horreur et malheureusement les contes ne sont pas exagérés. Mais ne vous inquiétez pas, notre peuple œuvre nuit et jour pour reconstituer sa gloire d’antan. Imladris brillera plus que jamais à sa reconstruction. Si la cité vous manque tant, vous savez que vous êtes la bienvenue aussi longtemps que vous le voudrez. Sighild est l’un des héros de cette bataille ainsi sachez que toute votre famille sera traitée en hôte d’exception, je m’en porte garant. » Voronwë lâcha alors un sourire d’espoir en regardant le nourrisson avant de reprendre « Notre cité a toujours été réputée pour l’éducation des jeunes. Je suis certain que nos sages seraient honorés de perpétuer cette tradition ».

La discussion continua jusqu’à ce que Voronwë entende un petit « non… ». Le père de Sighild venait de décéder. Laurelin se leva, le cœur lourd, et alla rejoindre sa fille. Sighild semblait bouleversée. Très rapidement Voronwë remarqua l’anneau que portait la semi-elfe. L’aigle sortant des flammes. Le cavalier compris dès lors ce que cela signifiait. Soudain, le nourrisson fit rappeler sa présence forçant sa mère à le rejoindre. Le Héraut s’approcha alors solennellement.

« Noro go hûl, bado go Eru » dit-il d’une voix claire comme pour lui souhaiter bonne chance.

Puis il s’approcha de Sighild et, à son tour, la prit dans ses bras. Les mots ne servaient à rien. Ils avaient eu la chance de communiquer avant sa mort, c’est tout ce qui comptait. Il devait être fier d’elle, quel père ne le serait pas ? L’ami de Sighild n’était pas une personne très tactile, comme tous les elfes me direz-vous. Néanmoins il possédait des qualités humaines indéniables : il était empathique et chaleureux. Ces qualités étaient rares chez les elfes mais c’est ce qui le rendait plus humain et le rapprochait ainsi de son amie à ce moment. Les amis sont là pour se soutenir. Il avait une grande reconnaissance qu’il pour tous les soldats s’étant battue pour la reprise d’Imladris. Cependant, il ne soutenait pas Sighild pour cela. Elle était devenue son amie. Voronwë avait toujours été solitaire, cela était donc étrange pour lui mais le cavalier était là, à la soutenir et il le ferait tant qu’elle avait besoin de lui.
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Sighild Baldrick
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Sam 18 Aoû 2018 - 9:54
C’était un matin frais, les rayons du soleil commençaient à peine à recouvrir les hauteurs de la Cité Blanche, encore endormie.
La porte principale de la demeure Baldrick se ferma une bonne fois pour toute, après inspection de chaque fenêtre et de chaque entrée.

Il était désormais temps de partir.

Sighild ferma à double tour la porte principale, et, profita de la totale absence de passant pour utiliser son don. De sa main droite, elle caressa la porte sculptée en chuchotant dans un dialecte ancien. L’on entendit un bruit de verrou dans toute la maison, la magie venait d’opérer. La demeure des Baldrick était désormais protégée de toutes intrusions.
La belle recula pour contempler une dernière fois la demeure familiale.

Sighild se retourna vers sa mère, prêtes à retourner toutes trois à Imladris. Elles s’adressèrent un signe de tête, puis un sourire. Laureline détenait désormais l’une des clés qui permettait d’entrer dans la bâtisse, Sighild la seconde.
Laureline ouvrit la marche, son cheval trainait un petit chariot de bois. Entourait de divers objets, le jeune nourrisson, dormait emmitouflait dans plusieurs couvertures. C’est avec un regard bienveillant, que mère et sœur le regardèrent.

La veuve ne cessait cependant de fixer son aînée, quelque chose semblait avoir changé en elle. Peut-être comprendra-t-elle les raisons de ce changement pendant leur voyage.

Fermant la marche, Sighild repensait aux événements récents : à la mort de son père, mais surtout, à ce qu’il se passa ensuite.

Voronwë avait une nouvelle fois montré à quel point il était un ami. Il l’avait gardé dans ses bras jusqu’à ce qu’elle se sente mieux. Sighild l’avait remercié plusieurs fois de petits signes amicaux avant qu’il ne parte.

Comme l’exigeait la tradition familiale, Albérick fut brûlé dans la plaine. Furent présents des représentants du Roi, des enfants de ses amis chevaliers mais aussi et surtout, la présence du Hérault de Fondcombe et des soldats qui avaient combattu à ses côtés. Albérick avait toujours aimé sa ville natale, il en était parfois nostalgique lorsqu’il demeurait trop à Fondcombe, mais les elfes l’avaient considéré depuis bien des années comme l’un des leurs. Albérick fut reconnu, aussi bien chez les Hommes que chez les Elfes, comme étant un brave.

Chaque représentant de peuple avait dit quelques mots sur le courage de ce chevalier, et de son illustre famille. Devant eux se trouvait mère et filles, vêtues de blanc et accablées par le chagrin.

Sighild avait surpris l’assemblée en portant une robe elfique blanche, ornait de broderies argentées. Ses longs cheveux n’étaient pas attachés et furent écartés par une tiare d’or blanc. De base, l’elfe n’avait que faire du regard des autres sur son physique, et surtout sur son visage balafré, c’était encore pire en ce jour de deuil.

La jeune mage avait respecté la dernière volonté de son père : être vêtue d’une robe blanche, portant avec fierté son épée et tenant fermement son bâton.

Laureline fut dans l’impossibilité de brûler le corps de son époux, elle regarda sa fille, le regard plein de larmes. Sighild comprit immédiatement la demande de sa mère et elle s’exécuta. Mais au moment de poser la torche de feu…la mage eut un mouvement de recul. D’un geste délicat, elle demanda au petit comité de reculer de quelques pas.

La torche fut posée dans l’herbe, éteinte. L’incompréhension gagna l’assemblée mais elle ne fut que de courte durée.

En effet, un aigle de feu apparut soudain devant Sighild qui voulut utiliser la magie. Maîtrisant parfaitement son art l’elfe guida l’aigle jusqu’à son père. Les flammes furent majestueuses et belles à regarder.

C’était sa manière à elle de dire une dernière fois au revoir à son père et pour lui prouver que oui…désormais elle n’aurait plus peur.

Reculant sans se retourner, Sighild alla au côté de sa mère et de sa petite sœur et les prit toutes deux dans ses bras. Son regard ne cessa de fixer ce feu et l’on pouvait lire une certaine détermination.

L’autel de bois se consuma et la cérémonie fut terminée.  Les Hommes et les Elfes repartirent à leurs occupations après avoir transmis une nouvelle fois leurs condoléances. Profitant des départs de chacun, Sighild informa Voronwë qu’elles se joindront à lui pour repartir à Fondcombe. Elle le remercia une nouvelle fois pour sa présence et se permit de l’embrasser sur la joue.

Puis, les deux amis se quittèrent.

De simple compagnon d’armes, Voronwë était désormais devenu un fidèle ami et elle ne l’oubliera pas.

La journée passa assez rapidement. Pendant que le nourrisson dormait Sighild et Laureline s’attelaient au rangement et à la préparation de leur voyage. Le soir venu, Sighild contempla l’œuvre des hommes assise sur le toit.

Depuis son arrivée à Minas Tirith, Sighild avait pris l’habitude de regarder le palais royale sur le toit. A l’époque, son père avait ri en la voyant ainsi : sans le savoir, sa fille faisait la même chose que lui plus jeune.
La belle elfe se remémora de certains soirs où son père venait avec elle, il la prenait dans ses bras et lui racontait l’histoire de sa famille et des Hommes. Sighild eut un petit sourire triste en y repensant mais elle fut rapidement sortie de ses pensées.

Quelque chose venait de se briser en elle, c’était comme si son cœur s’était fendu. Reprenant son souffle, elle redescendit immédiatement dans sa chambre et constata avec stupeur que sa pierre de lune venait de disparaître. Elle se sentit soudain comme nue, comme affaiblit par cette perte, comme si quelque chose en elle venait de mourir.

Sighild fut affolée, c’était impossible ! Qui ? Qui aurait osé !

Elle s’assit sur son lit et ferma un instant les yeux pour réfléchir.

Une envie de galoper la prit soudain, sans plus attendre, elle enfila bottes, cape, prit son épée et sortit son cheval.

C’est sous une nuit étoilée qu’Elwing sortit de Minas Tirith à vive allure, guidée par son instinct vers les plaines de l’Anorien.
Galoper, cheveux au vent fut une sensation agréable malgré cette angoisse.

Tout à coup, elle le vit et se stoppa net. Son bâton était là se tenait droit devant elle. Descendant de sa monture, épée à la main, Sighild scruta autour d’elle le moindre ennemi : rien.

Rangeant instinctivement son épée, elle se tint un instant devant sa pierre et comprit. Il était désormais temps de libérer son pouvoir, de ne plus avoir peur, de montrer le véritable sens de son don.

La pierre n’était pas la clé, juste un guide. Le véritable pouvoir venait d’elle et uniquement d’elle.

Hésitante une dernière fois, Sighild recula sa main puis regarda la bague offerte par son père. Finalement déterminée, elle finit par saisir fermement la pierre.

L’énergie de la pierre et de son corps ne firent qu’un, plusieurs auras de différentes couleurs se succédèrent, toutes puissantes les unes des autres. Elle sentit la chaleur des flammes, la froideur de la glace, les picotements de la foudre, l’aisance de l’eau, les racines de la terre. Elle se vit voler dans le ciel étoilé, le vent caressant son visage. Elle sentit cette puissance en elle, jusqu’alors endormie, puis, elle revint dans cette plaine.

Sighild se sentait enfin complète en elle, c’était cette énergie refoulée qui la faisait autant hésiter. La pierre de lune brilla une nouvelle fois, la plongeant dans un univers lumineux et blanc.

Et elle se vit…
Enfant, auprès de ses parents. Jouant avec son père et sa mère, travaillant son jeu d’épée avec son grand-père. Nageant dans l’eau avec son père et l’arrosant. Soignant les animaux blessaient dans la forêt.




*Mon destin était tracé dès ma naissance*



Devant la pierre de Lune à Minas Tirith, avec ce besoin de la prendre dans ses mains pour secourir son père.



*Je l’ai découvert récemment, et j’ai vécu tellement de choses depuis.*



Revivant chaque instant, chaque parole, chaque combat, chaque échec et chaque gloire.

*Et aujourd’hui, je protégerai l’équilibre de ce monde, car telle est la tâche qui m’a été confiée.*



Voyant une mage protégeant un peuple des flammes, combattant bravement son ennemi.


*Je prendrai garde aux malices du mal et m’en protégerai*


En Reine ambitieuse, regardant son Roi tombait à ses pieds en le piétinant. Détruisant ses adversaires, et actuels amis,  en les tuant de sa main. Assassinant son maître et sa famille. Etendant sa puissance sur toute la terre du milieu.



*Je suis Sighild Baldrick, fille d’Albérick Baldrick, petite fille de grands guerriers. Elève de Mithrandir, adepte des arts secrets.*



Sighild ré ouvrit les yeux et se retrouva assise dans sa chambre. Son bâton était rangé à sa place, elle était encore pieds nus. Elle n’avait pas bougé de sa chambre depuis tout ce temps. La mage reprit son souffle, c’était comme si elle était restée en apnée pendant tout ce temps.

Fière d’elle, la mage retournant sur son toit pour profiter une dernière fois de l’œuvre des Hommes.

Le lendemain, Voronwë les attendait à l'entrée de la ville.

Sighild salua avec une respectueuse accolade, le voyage pouvait alors commencer.  

Alors que le groupe partait, le cheval de Sighild resta statique. C’est à cet instant précis que Laureline comprit ce qui avait changé chez sa fille. Ce regard déterminé, cette expression de visage, elle semblait libérée intérieurement. La mort de son père lui avait sans doute fait prendre conscience de beaucoup de choses.

Comprenant les intentions de sa fille, Laureline stoppa son chariot, prit son enfant et alla étreindre une dernière fois sa fille. Elles restèrent un instant l’une contre l’autre, Laurelin avait les larmes aux yeux mais elle comprenait et connaissait sa fille, sa décision était prise. Elle prit alors le visage de son enfant, et le posa contre le sien. Leurs magnifiques regardèrent se fixèrent une dernière fois avant de se dire au revoir.

Remontant dans son chariot, Laureline quitta son enfant et lui adressa un dernier sourire avant de lui tourner le dos.
Sighild regarda une dernière fois Voronwë et posa son poing droit contre son buste.

Elle reviendrait auprès des siens un jour ou l’autre mais sa place n’était pas là-bas pour le moment...



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