[Passé] Des Doutes de Pirates

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Reznor
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Dim 11 Juin 2017 - 23:28

20 Mars de l’An 301 du quatrième Âge, 4 jours après le mariage d’Aldarion et Dinael

« Vedraï d’Illicis. » La voix de stentor de Radamanthe sonnait comme un coup de tonnerre. « Au nom du Haut-Roy Méphisto, vous avez été condamnée à mort pour trahison envers le royaume de Gondor. »

Il avait revêtu son habit de bourreau, sans le moindre ornement, mais pour prononcer ces mots il n’avait pas encore rabattu la capuche noire, symbole de son office. En tournant la tête, Vedraï pouvait donc voir à loisir son visage marqué par la haine. Elle se trouvait juste à côté de lui, maintenue par deux gardes qui lui tenaient les bras. Les bras de Radamanthe, eux, étaient nus mais ses mains étaient gantées de noir et elles tenaient une gigantesque hache à double tranchant. C’était une arme prodigieuse, de facture naine. Elle trancherait le cou de la jeune fille en un seul coup.

« Une dernière parole ? »

La traîtresse tourna la tête, sans répondre à Radamanthe. Ses yeux se portèrent sur les personnages présents aux premières loges de son exécution.
Son père, Sylphide d’Illicis portait son armure de général. Il regardait fixement devant lui, directement vers elle, une unique larme roulait sur sa joue. Il avait le visage crispé et tentait tant bien que mal de ne pas laisser paraître d’émotion. Vedraï croisa son regard et le détourna aussitôt. Elle n’avait lu dans ses yeux bleus que déception, avec à peine une pointe de tristesse. L’avait-elle trahi à ce point ?
Juste à côté, son oncle Alcide contrastait en tout point. Le diplomate était vêtu à la manière élégante de la cour. Son regard fuyait vers les bâtiments voisins. Il n’osait même pas la regarder en face. N’était-elle pas de son sang ? Le sort de sa nièce ne l’intéressait-il donc pas ?

On la poussa soudainement dans le dos. Son mutisme avait été pris par Radamanthe comme l’autorisation de poursuivre. Les deux gardes la forcèrent à s’agenouiller, puis lui posèrent la tête contre le billot. Le bourreau couvrit le visage de son masque et saisit sa hache à deux mains. Il poussa un soupir puis eut un frisson, comme s’il réalisait pleinement l’excitation que ce meurtre suscitait en lui.

Puis vint la hache.

***

Vedraï  se réveilla en sursaut, ses draps trempés de sueur. Malgré l’obscurité, le doux roulement des vagues lui confirmait qu’elle se trouvait toujours sur le Requiem et pas aux enfers. Elle poussa plusieurs soupirs haletants avant de se décider à se lever. La tête lui tournait toujours. Tandis que ses yeux s’habituaient à la pénombre, elle distinguait Reznor qui dormait toujours dans le lit qu’elle venait de quitter.

Un rêve, juste un rêve. Un cauchemar surgi de son imagination et de ses craintes. Elle soupira de nouveau. Père était mort, depuis longtemps, emporté dans une bataille disputée bien loin d’ici. Oncle Alcide était devenu Intendant, le deuxième personnage du royaume. Radamanthe n’était plus rien.

Et elle, qu’était-elle ?

Elle enfila rapidement des vêtements, effleurant au passage le bijou qui lui pendait au nombril. Une tête de mort d’ébène enchantée pour, selon les croyances d’Umbar, lui éviter de tomber enceinte. Elle n’y croyait qu’à moitié, tout en sachant bien que si le grigri venait à faire défaut, cela compliquerait fortement sa situation.
Elle était bien consciente qu’un enfant du Seigneur Pirate lui ôtait toute chance de faire marche arrière. Mais cela faisait des années qu’elle était une pirate, pouvait-elle seulement encore être quelqu’un d’autre ?

Une fois habillée, la Gondorienne ouvrit machinalement le coffret de bois précieux où elle gardait ses rares parures. Deux paires de boucle d’oreilles, quelques bracelets et bagues, cette boîte à bijoux aurait fait mourir de rire n’importe quelle dame de la cour. Vedraï, qui s’en moquait bien,  ne put s’empêcher de porter son regard sur l’emplacement vide laissé par le petit pendentif, le seul objet de son passé qui lui restait. Son absence lui provoqua un nouveau pincement. Reznor avait insisté pour lui emprunter quelques jours auparavant, à leur arrivée en Gondor. C’était son assurance vie disait-il en souriant.
La jeune femme n’avait pas eu le cœur à rire au moment où elle avait compris le sens des paroles du capitaine. Le souvenir de la dispute qui avait suivi la faisait toujours trembler. C’était sans doute la conversation la plus douloureuse qu’elle avait eu depuis des années.

Chassant ces pensées de sa tête, elle poussa doucement la porte de la chambre et profita des derniers moments de la nuit pour se rendre sur le pont. Neuf jours qu’elle était confinée à l’intérieur. Nul ne devait la voir. Le Requiem mouillait à l’ombre de Minas Tirith, l’orgueilleuse Cité Blanche. Reznor avait assisté au mariage d’Aldarion et de Dinael, en compagnie de Taorin, Yse et Riordan. Vedraï, elle avait dut restée terrée sur le navire, à l’abri des regards de tous ceux qui risquaient de la reconnaître, à se morfondre sur son sort, sur son identité.

Elle appréhendait tellement d’être ici, à quelques miles à peine de sa famille. Cette proximité rendait ses questionnements plus intenses. Tout avait d’abord été si facile pourtant. Sa vie sur le Requiem. Son ascension en tant que lieutenant, puis en tant que second. Sa relation avec le capitaine. Cette vie au présent, sans se soucier de l’avenir. Puis il avait fallu que Umbar envahisse l’Harondor. Elle avait attaqué une province Gondorienne. Elle avait pris Arzawa en personne, la ville de son adolescence. Et maintenant qu’elle était aux pieds de Minas Tirith, elle réalisait pleinement la portée de ses actes.

Reznor s’en vint à son tour sur le pont. Pieds nus, comme elle, la chemise débraillée, l’air mal réveillé. Elle lui adressa un sourire complice. Son capitaine. Aujourd’hui, il devait rejoindre la Cité Blanche pour les négociations entre les deux Emirs, Radamanthe et Taorin. La dernière journée de négociations, elle l’espérait chèrement. Ils pourraient dès lors sortir les voiles, reprendre mer loin de son passé et de ses doutes.
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Reznor
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Sam 17 Juin 2017 - 21:44
26 Mars de l’An 301 du quatrième Âge, 10 jours après le mariage d’Aldarion et Dinael

Un vent puissant gonflait les voiles blanches du Joyeux Requiem, qui fendait les flots bleus azur en direction plein Sud. Cela faisait une demi-journée que le navire pirate avait quitté l’estuaire de l’Anduin pour enfin atteindre la pleine mer, provoquant des soupirs de soulagement à tout l’équipage. Loin du fleuve, un navire Gondorien ne pouvait plus leur bloquer la route, et toute poursuite était désormais inutile, car nul vaisseau de guerre ne pouvait rivaliser avec le Requiem à la course. Tous les membres d’équipages étaient des guerriers aguerris, mais ils n’en étaient pas pour autant moins soulagés de s’en être tirés sans effusion de sang de ce traquenard qu’avait été Minas Tirith. Maintenant qu’ils étaient en pleine mer, nombreux étaient ceux qui laissait éclater leur joie en s’enfilant plusieurs bouteilles de rhum. Plusieurs d’entre eux étaient déjà affalés sur le pont, ivres morts.

Il fallait dire que pour une fois, la discipline n’était pas au beau fixe sur le Requiem. Le fait que le capitaine n’ait quasi pas quitté ses quartiers depuis le départ n’aidait pas à maintenir l’ordre. Seul dans sa cabine, Reznor n’avait pas attendu d’atteindre la pleine mer pour s’engloutir du rhum. Il avait même probablement été dans un état second depuis que le navire avait quitté le port de Harlond. Seul… Là le bât blessait… Le capitaine n’arrivait toujours pas à se rendre compte de ce qu’il avait fait.

Reznor avait laissé la cabine en l’état depuis qu’il y était rentré il y avait déjà plusieurs jours. Tout lui rappelait Verdraï et tout lui rappelait son absence. Les draps défaits sur le lit dans lequel il n’avait pas encore dormi une seule fois depuis leur départ. Le coffret à bijoux, entr’ouvert et la penderie, grande ouverte, lui laissant constater que la seule robe de dame que Vedraï possédait avait disparu, tandis que ses vêtements de pirate, aux nuances d’ocre et d’or, étaient négligemment jetés sur le plancher de la cabine. Il voyait même le reflet du petit crâne en ébène, qui avait fini au sol lui aussi. Reznor était sûr qu’il pouvait encore sentir son parfum.

En voyant la scène, on aurait pu croire que la jeune femme avait finalement abandonné la vie de pirate, et son capitaine par la même occasion. Mais ce dernier savait très bien qu’il n’en était rien. C’était lui qui avait trahi Vedraï.

« Je n’avais pas d’autre choix ! » s’écria-t-il à haute voix. Mais comme il n’y avait personne d’autre que lui-même pour l’écouter, il s’enfila une nouvelle rasade de rhum.

Il n’avait même pas pu lui faire correctement ses adieux. L’échange s’était fait en public, à côté de son navire qui mouillait dans le port de Harlond. Naturellement, les soldats Gondoriens ne l’avaient pas laissé aller chercher Vedraï lui-même, il avait dû envoyer un de ses hommes tandis qu’il restait sous bonne garde des sbires de l’Intendant. Elle avait à peine eu le temps de se débarrasser de ses affaires de pirate avant de paraître sur le pont à l’exclamation de tous, menée par Boz’œil qui faisait semblant de la tenir fermement par le bras. Alors que la jeune femme passait à côté de lui, elle lui avait asséné un crachat en plein visage. Était-ce pour parfaire la mise en scène, ou une réelle manifestation de dédain ?

Reznor ne le saurait sans doute jamais… Pour le savoir, il aurait fallu qu’ils se revoient, et comment cela pouvait-il arriver ? L’Intendant Alcide avait tenu parole. L’échange avec sa nièce effectué, il avait laissé repartir le pirate, en criant haut fort que ce dernier pendrait haut et court s’il refoulait les terres du Gondor. A peine arrivé à bord, ses hommes l’avaient informé que Taorin, l’instigateur de la conquête du Harondor, avait lui aussi été arrêté.  Reznor ne manifesta aucune suprise. Le Chien Borgne était après tout un bien plus gros poisson que lui, il était logique qu’il subisse aussi les fourberies gondoriennes.  Mais lui n’avait pas la chance d’avoir la nièce de l’Intendant pour utiliser comme monnaie d’échange. Reznor n’avait d’autre choix que d’abandonner Taorin à son sort, tandis que la jeune fille redevenait donc Vedraï d’Illicis, et sa noble famille avait encore gagné en pouvoir depuis sa fugue au Harondor des années auparavant. Comment pourrait-elle échapper à ses origines pour retourner vers Umbar ?

Et pourtant, l’instinct du Capitaine lui disait qu’ils se reverraient un jour avec certitude, et l’instinct de Reznor le trompait rarement sur ces choses-là. Restait à savoir quand et dans quelles circonstances… La jeune femme avait acquis les compétences maritimes et guerrières pour participer à une expédition contre Umbar, par exemple. Et rien ne lui disait que même si elle ne se présentait pas en conquérante, elle n’allait pas lui enfoncer un poignard dans le cœur. Reznor n’osait pas imaginer ce que Vedraï pensait de lui en ce moment. Mais il n’avait pas besoin de l’imaginer, car depuis le départ du Requiem, il avait fait chaque nuit le même rêve.

Il se revoyait le jour de la traîtrise, le jour où il avait dû faire une décision cruciale pour sa survie. Une décision qui allait tout chambouler, et qu’il avait dû prendre en une fraction de secondes. Il se revoyait entouré de soldats gondoriens de toutes parts. Les gardes qui auparavant étaient simplement plantés autours des portes avaient soudain  saisit leur lance à deux mains à la faveur d’une simple exclamation de leur commandant. Reznor devait reconnaître qu’il n’avait pas vu venir le stratagème pour les piéger. Simple, terriblement fourbe mais diablement efficace.

Derrière la rangée de soldats, le pirate revoyait Radamanthe, l’Emir déchu qui ne pouvait cacher un rictus de satisfaction jouissive derrière sa grosse barbe. Alcide, le nouvel Intendant, dans son pourpoint bleu azur, avait le visage crispé. Ce n’était pas ainsi qu’il s’imaginait le dénouement des négociations. Il n’était peut-être même pas d’accord avec ces machinations mais il s’était  à l’évidencerésigné. C’était son regard que le pirate cherchait. Sa décision était prise, elle avait même été prise bien avant qu’il n’ait été confronté à la situation réelle. Il avait levé et écarté les bras, en signe de soumission. Déjà un chevalier en profitait pour lui confisquer son sabre. Et quand enfin ses yeux rencontrèrent ceux du notable gondorien, le pirate s’écria :

« Hey Intendant ! Dis-moi, quelles nouvelles de ta nièce, la tendre Vedraï ? » Reznor regarda les yeux du gondorien s’écarquiller, ses lèvres trembler de colère, ses poings se serrer. Mais il ne disait mot, se contentant de regarder fixement le pirate, redoutant les prochains mots qui allaient sortir de sa bouche.

« Pas grand-chose, hein, depuis qu’elle a disparu au Harondor ? » continuait Reznor avec un sourire moqueur. « Mais le pauvre pirate que je suis sait où se trouve la belle… Pourquoi, elle est prisonnière sur mon navire, parbleu ! »

D’aucuns disent que ce fut l’une des rares fois où ils virent le nouvel Intendant perdre son calme. Livide, il s’écria :

« Mensonges ! Affabulations ! Sournoiseries de pirate ! »

Reznor, bien que toujours entourés de gardes braquant leur hallebarde vers lui, ne prenait plus la peine de lever les bras en signe de soumission. Il se fendit d’un bruyant éclat de rire tout en rétorquant d’un ton moqueur :

« Que Morgoth me patafiole si je mens ! Mais je comprends tes doutes, petit Intendant… Aussi ai-je apporté une preuve… Attrape »

Reznor fit un geste de la main, et un objet brillant apparut de sa manche. Aussitôt il le lança en direction d’Alcide. S’eût été un coutelas que l’Intendant serait certainement tombé raide mort, mais fort heureusement, il s’agissait d’une chaînette en argent que le Gondorien attrapa au vol. Tremblant, il ouvrit finalement son poing serré sur le pendentif, pour l’examiner. Il n’y avait aucun doute. L’emblème de la maison d’Illicis d’un côté, celui de la ville de Linhir de l’autre. Au milieu, un V ouvragé.

« Alors, convaincu ? » railla le pirate. « Mes hommes savent quoi faire si je ne rentre pas de la Cité Blanche. Le marché est simple : ma liberté, contre celle de ta jolie nièce… »

Et c’était à ce moment que son cauchemar se détournait de la réalité telle qu’elle s’était déroulée à Minas Tirith. Alcide se plantait droit devant lui et commençait, comme dans ses souvenirs : « Je n’ai pas le choix, pirate… » Mais le visage de l’Intendant était comme différent. Il était plus fin, la peau moins ridée. Il y avait comme un air de famille, d’ailleurs les yeux étaient les mêmes. C’était le visage de Vedraï que le pirate voyait sur le corps de l’Intendant, et elle s’écriait :

« Je n’ai pas le choix, car tu ne me l’as pas laissé, Reznor ! Tu m’as obligée à t’accompagner, et pourquoi ? Pour servir de monnaie d’échange ? »

Le garde le plus proche voyait à son tour son visage se déformer pour se muer en celui de la jeune Gondorienne, qui criait ses mots :

« Tu te débarrasse de moi car tu préfères cette salope de Yse, hein c’est ça ? Eh bien retourne la sauter loin d’ici ! »

Reznor voyait alors la tête de Radamanthe se porter juste devant lui. Il était livide, son œil survivant écarquillé par la colère, et son haleine puait l’alcool. L’Emir déchut le saisissait par le col de sa chemise et, de l’autre main, il lui enfonçait un poignard dans les côtes. Mais même la barbe hirsute de Radamanthe disparaissait, et son visage était peu à peu remplacé par celui de Vedraï, qui murmurait en grinçant des dents :

« J’ai trahi ma patrie pour toi, j’ai combattu les alliés de mon père et voilà comment tu me remercie ? Tu me livres à ceux que j’ai abandonnés ? »

C’est alors que les portes de la salle du conseil s’ouvraient à la volée, poussées des deux mains par un homme à l’armure étincelante. Ses cheveux et sa cape flottaient derrière lui, et il s’avançait à grandes enjambées. C’était le Roy Méphisto. Mais à mesure qu’il s’avançait, c’était à nouveau le visage de Vedraï qu’il voyait, et elle rugissait comme une lionne.

« Tu m’as prise pour une catin d’Umbar ? Une fille de joie dont on jouit un soir et puis dont on se débarrasse sur le côté ? Et qu’on vient rechercher quand on a bonne envie ? Tu vas voir… »

Et s’approchant de la plus en plus, le Roy dégainait Anduril, la Flamme de l’Ouest et, d’un seul mouvement, tranchait la tête du natif de la Cité du Destin.


C’était toujours à ce moment-là que le pirate se réveillait en sueur, le visage de celle qu’il avait abandonnée hantant ses pensées, même après avoir émergé. Reznor porta le goulot de la bouteille de Rhum à ses lèvres, mais elle était vide. Il se leva en titubant pour aller en chercher une autre dans sa réserve puis hésita un instant. Il se ravisa. Le rêve de la nuit passée serait le dernier, il se le jura. Il avait pris sa décision, et il l’assumait. Il se souvenait que Taorin n’avait pas eu ce choix, lui.
Reznor se rendait compte que sa décision avait été priseil y a bien des années. Depuis qu’il était devenu pirate. La piraterie, c’était la liberté. La mer et le vent salé qui lui fouettait le visage, c’était aussi la liberté. Et lorsqu’il s’était battu pour libérer Umbar des adorateurs de Melkor, c’était toujours pour la liberté.

La liberté était cette maîtresse dont on ne pouvait plus se passer. C’était l’idéal qui animait le Capitaine depuis si longtemps. Alors, si pour la retrouver, sa liberté, il devait sacrifier sa belle Gondorienne, aussi attaché qu’il y fût...

"Je n'hésite pas un instant."
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Dim 25 Juin 2017 - 23:24

23 Mars de l’An 301 du quatrième Âge, 7 jours après le mariage d’Aldarion et Dinael

Où qu’elle aille, dans n’importe quelle direction qu’elle se dirige, Vedraï sentait le poids des regards se tourner vers elle. Certains la dévisageaient ouvertement, d’autres lui lançaient des petits regards furtifs, tandis que d’autres encore attendaient qu’elle ait tourné la tête pour l’observer à loisir derrière son dos. Il fallait dire que depuis le coup de théâtre qui avait suivi l’arrestation du pirate Reznor, la jeune femme était un sujet de prédilection à la cour du Roy de Gondor.

Il y avait ceux, et c’était les plus nombreux, qui se contentaient de trouver incroyable que la nièce de l’Intendant réapparaisse vivante des années après avoir disparu. Et prisonnière d’un bateau pirate qui plus est ! Par les Valar, quel sacré calvaire devait-elle avoir vécu… Il y en avait d’autres qui faisaient part d’une animosité à peine voilée envers la jeune femme. Ceux-là semblaient considérer que c’était par sa faute que l’on avait dû libérer le Capitaine Reznor, qui aurait fait un otage précieux. Ces partisans de la guerre totale avec Umbar en voulaient aussi à son oncle, qui, d’après eux, n’aurait jamais dû accepter l’échange proposé par le pirate. Vraiment, cette Vedraï n’en valait pas la peine.

Il y avait également ceux qui regardaient la jeune noble avec le plus grand intérêt. Elle était après tout célibataire et ma foi fort jolie. D’une noblesse et d’une fortune correcte, cela suffisait de faire d’elle un parti intéressant. Mais bien sûr, le plus important était le fait qu’elle était la nièce du nouvel Intendant de Gondor. Tous ces nobles t estimaient qu’un mariage avec la belle Vedraï, pour eux-mêmes ou pour leur fils, était le meilleur moyen d’entrer dans les bonnes grâces du deuxième personnage du Royaume. Mais à vrai dire, tous ces gens-là, les intrigués, les fâchés, les envieux et les intéressés, Vedraï s’en fichait pas mal. Il restait une dernière catégorie qui la préoccupait nettement plus. Il s’agissait des gens en qui résidait le vrai pouvoir. Ceux qui allait immanquablement s’intéresser à son cas et avec lesquels chaque interaction serait comme marcher sur des charbons ardents, car le moindre faux pas l’enverrait droit au bûcher.

Parmi ceux-là, l’homme qui était le plus proche d’elle, de par ses liens familiaux, était aussi celui qu’elle craignait le plus, car en tant qu’Intendant son oncle Alcide était un des hommes les plus puissants du Gondor. Aussi avait-elle été quelque peu rassurée quand, le soir de l’échange, celui-ci s’était contenté d’échanger avec elle pendant un bref quart d’heure, avant de décréter que sa nièce devait être emmenée aux Maisons des Guérison pour s’assurer qu’elle était en bonne santé et qu’ils poursuivraient leur conversation le lendemain. Vedraï n’avait pas protesté, car elle n’avait aucun intérêt à sous-entendre qu’elle avait bien été traitée par les pirates, et cela lui permettait de peaufiner l’histoire qu’elle allait raconter à son oncle pour justifier sa disparition.
Les guérisseurs qui s’étaient occupés d’elle avait bien trouvé çà et là quelques cicatrices et traces de coups, vestiges de son passage dans la piraterie, ils avaient vite déclaré que la jeune femme était bien portante. Elle ne semblait pas non plus avoir subi de traumatisme, et ils la laissèrent rapidement seule dans sa chambre. Et, après une nuit sans sommeil qu’elle avait passé à s’inquiéter sur son sort, son oncle Alcide s’était présenté en milieu de matinée. Il était seul, ce qui fit grincer des dents à Vedraï. Elle aurait préféré raconté son histoire à toutes les personnes intéressées du premier coup. Moins de risques de se contredire.

Alcide s’était d’abord assuré que la jeune femme allait bien, et qu’il était on ne peut heureux de la revoir vivante, quelles que soient les circonstances, car il devait reconnaître qu’il ne l’espérait plus. Et bien sûr, après quelques échanges divers, le sujet s’était bien entendu porté sur ce qui s’était réellement passé.

« Je m’excuse, mon oncle… » avait commencé Vedraï. « Tout est ma faute. Rien de tout cela ne se serait passé si je ne m’étais pas enfuie de la villa d’Arzawa… »

Elle avait décidé d’opter pour une version qui n’était pas trop éloignée de la vérité. Pas question d’inventer un enlèvement ou quoi que ce soit de ce genre. Le risque était grand, car en admettant sa responsabilité, elle n’avait aucune certitude d’obtenir le pardon de l’Intendant. Elle commença à raconter qu’elle ne voulait pas d’un mariage arrangé avec un noble gondorien, qu’elle avait envie d’aventures. Et elle avait rencontré un homme, un Harondorim qui gagnait sa vie en escortant des caravanes de marchands. Elle en était tombée amoureuse et avait fugué pour le rejoindre. Elle avait parcouru le Harondor avec lui, jusque-là au moins son récit restait proche de la vérité.

« C’est à Al’Tyr que tout a basculé. Il y a eu des troubles dans la cité. Jamil s’est fait tuer. Je me suis retrouvée seule, sans argent, sans rien… Après plusieurs jours à mendier dans la rue, j’ai pu trouver une taverne qui voulait bien m’employer comme serveuse. Non mon oncle, ne vous inquiétez pas, pas ce genre d’établissement. La situation n’était pas glorieuse, mais je ne suis jamais tombée aussi bas. Je mettais péniblement quelques pièces de côté, dans l’espoir de pouvoir me payer une place sur un navire à direction du Gondor ou d’Arzawa… Malheureusement, le nouveau gouvernement d’Al-Tyr n’était pas favorable à la domination du Gondor… La plupart des échanges se faisait vers le sud. J’ai décidé de tenter ma chance par la route, vers Arwa, dans l’espoir de rejoindre Dur’Zork… »

C’est à ce moment-là du récit qu’elle s’était détournée de sa véritable histoire. Car depuis Al’Tyr, c’était directement Umbar qu’elle avait rejoint, avec une toute autre carrière à la clé. Elle avait poursuivi son récit, l’inventant maintenant du tout au tout. Fort heureusement, son oncle ne l’avait quasi jamais interrompue, se contentant que quelques exclamations et interrogations par moment. Et quand elle eut fini, la réaction d’Alcide rassura fortement la jeune femme. Il semblait n’émettre aucun doute la véracité de son histoire, et mieux, il ne lui gardait aucune rancune pour sa fuite. La joie de la revoir vivante semblait être le sentiment dominant auprès de l’Intendant. Il avait poussé un soupir de soulagement lorsqu’elle lui avait annoncé qu’elle n’avait pas été maltraitée par les pirates, qu’elle avait passé tout le voyage prisonnière dans une étroite cabine. Il ne parut même pas déçu quand elle lui dit que du coup, elle n’avait entendu aucune information intéressante fuiter dans des discussions de pirates. La seule chose qu’elle put lui raconter était que, une fois on l’on vint ouvrir la porte alors que les Seigneurs Pirates étaient en pleine discussion, elle avait entendu que Reznor comptait retourner directement à Umbar, mais qu’il devait déposer Yse à Al’Tyr où elle comptait rester un mois… mais elle n’avait pas entendu pourquoi…

Et le jour suivant, elle put compter sur son soutien en public, ce qui lui fit encore plus plaisir. D’abord lorsqu’un nobliau murmura derrière qu’on aurait jamais du l’échanger contre le pirate Reznor. Alcide, qui l’avait entendu, déclara haut et fort que Reznor importait quand Taorin croupissait toujours en prison. Au-delà, de la joie d’avoir été défendue par son oncle, ce fut le choc pour Vedraï. Taorin ? En prison ? C’était une nouvelle source d’inquiétude. Elle n’avait certes jamais échangé avec le Chien Borgne, celui-ci devait tout de même avoir entendu parler d’elle. Et que devait-elle faire ? Tenter de lui porter assistance discrètement, ou l’ignorer du tout au tout ?

Alcide intervint une deuxième lorsqu’une vieille dame au visage outrageusement maquillé vint à critiquer la tenue de Vedraï. S’il y avait bien une chose que celle-ci ne puisse concevoir, c’était de porter les énormes robes pleines de fioritures prisées par l’ancienne aristocratie. Heureusement, l’invitation surprenante de la reine Lyra au mariage avait importé avec elle la mode rhûnienne. Il n’était pas rare en Rhûn que les femmes s’habillent de façon plus masculine, avec des pantalons amples ou simplement une jupe par-dessus des braies classiques. De nombreuses gondoriennes s’étaient rapidement attribuées cette mode et, habituée à sa vie de pirate, Vedraï leur avait emboité le pas avec joie et soulagement. Après qu’ils se soient faits rabroués publiquement par l’Intendant, Vedraï n’avait plus vu ni le jeune noble, ni la vieille dame le lendemain à la cour.

Cependant, il y avait d’autres personnages importants avec qui elles n’avaient pas les rapports privilégiés qu’elle avait avec son oncle. Elle redoutait particulièrement Radamanthe. L’ancienne pirate se rendait bien compte que, même en ayant perdu la moitié du Harondor et sa capitale, même si les gens le raillaient derrière son dos, l’ancien bourreau restait un des personnages les plus puissants du Royaume. Entre la moitié de l’Emirat et la Principauté d’Ithilien, le territoire dirigé par Radamanthe équivalait, au niveau de la superficie, à la moitié du Gondor. Et l’Emir déchu n’avait aucune raison de l’aimer. S’il y en avait un qui devait être particulièrement furieux qu’elle ait été échangée contre la libération de Reznor, ça devait bien être Radamanthe. Ce dernier devait en effet certainement estimer que c’était à cause du capitaine pirate et de ses troupes, que Dur’Zork était tombée. En effet la manœuvre de Radamanthe au moment décisif de la bataille avait été astucieuse, et elle aurait pu lui valoir la victoire… si Reznor n’était pas arrivé du Nord-Ouest au moment opportun, à l’improviste comme à son habitude et ainsi prendre les forces loyalistes en tenaille. Et qui plus est, certains murmuraient qu’il y avait des tensions entre Radamanthe et son oncle Alcide. Le premier avait été lui-même Intendant, poste qu’il avait abandonné lorsqu’il avait acquis le titre d’Emir. L’Intendance était resté vacante plusieurs années, avant qu’Alcide reprenne le poste… peu avant que Radamanthe ne perde sa capitale. Si l’on ajoutait à cela que l’Ithilien, dont Radamanthe restait le Prince, était normalement liée à l’Intendance…
Vedraï comprenait bien que Radamanthe avait toutes les raisons de la haïr, et elle le craignait plus que tout. Elle savait que si elle laissait échapper la moindre information, que si l’Emir avait le moindre soupçon, il avait les moyens de creuser jusqu’à révéler son histoire au grand jour… et ça ne serait pas seulement elle mais aussi sa famille qui en pâtirait.

La première nuit, aux Maisons de Guérison, elle en était même arrivée à faire un nouveau cauchemar à son sujet. Elle revoyait sa face barbue, plaquée à quatre pouces de son visage, et l’Emir lui posait un milliard de questions, toujours plus proches de la vérité. Et soudain, il ôtait le cache-œil qu’il portait depuis l’escarmouche de l’enlèvement du fils de Méphisto, et à la place d’une blessure béante, il y avait une sorte de petit palantir, une pierre de vision, et Radamanthe s’écriait :

« J’ai tout vu ! Je sais tout de toi, Vedraï d’Illicis ! Je t’ai vu trahir ton pays et te vendre aux pirates ! Et pour ça, tu vas mourir !»


Heureusement, elle s’était réveillée avant de revivre la scène d’exécution de son premier rêve. Et la nuit précédente, elle avait pu dormir tranquille. En effet, elle avait appris que Radamanthe n’était plus à Minas Tirith. Il avait, parait-il prétexté une urgence pour repartir dans sa capitale de l’Ithilien. Mais on murmurait qu’il était entré dans une rage folle à la libération de Reznor, et qu’on avait entendus ses éclats de voix tard la nuit dans le bureau de l’Intendance. Il était parti au petit matin. Voilà qui avait le don de soulager Vedraï, mais la jeune femme était bien consciente que Radamanthe finirait tôt ou tard par revenir en la Cité Blanche, et là, elle ne pourrait pas éviter leur face à face.

C’était le deuxième jour qu’elle déambulait à la cour du Roy Méphisto, deux jours depuis l’échange fatidique, et Vedraï se rendait compte que même en l’absence de l’Emir, bien d’autres dangers guettaient. D’abord ce mystérieux général, Cartogan, qui, en tant que chef de l’armée, devait certainement avoir participé à l’arrestation de Taorin et Reznor ? Personne n’avait dit mot à ce sujet, mais elle en était convaincue. Elle devait même se méfier des marchands. On racontait que le maître de la Compagnie du Sud, Saemon Havarian, était un personnage louche, et faisait bien plus que du négoce. Tantôt on le disait au service d’Aldarion, tantôt de Radamanthe. Certaines l’apparentaient à des organisations dont Vedraï n’avait jamais entendu parler, comme la Couronne d’Enfer ou les Pêcheurs d’Etoiles. Mais la jeune femme n’avait aucune envie de mêler le vrai du faux, et se jura de rester bien loin de ce mystérieux personnage. Et puis il y avait ce visage familier qu’elle avait finalement aperçu dans la foule, après avoir passé deux jours à le guetter avec anxiété. A vrai dire, c’était grâce à ses cheveux, d’une couleur si particulière, qu’elle l’avait reconnue tout de suite. Sa demi-sœur, Valeraï. C’était, après tout, un peu à cause d’elle que Vedraï avait fugué. Par jalousie.


Valeraï était l’aînée, mais avant tout elle était le fruit d’une aventure de jeunesse de leur père commun. Fille illégitime, elle était restée malgré tout à Linhir, avec ses petites sœurs de bonne naissance, du moins jusqu’à ses douze ans. Elle avait alors été envoyée à Minas Tirith, pour poursuivre son éducation, avait-on dit. Vedraï n’avait pas compris, à l’époque. Elle aussi continuait d’être éduquée, mais toujours à Linhir… Ce n’est que quelques années plus tard qu’elle avait saisi qu’il s’agissait d’une éducation particulière, car Valeraï avait été confiée au Service de l’Arbre Blanc.

Ayant disposé d’une éducation de noble, tout en ne pouvant prétendre à aucun titre, Valeraï était la candidate idéale pour entrer dans l’espionnage. Athlétique et aventureuse, Vedraï avait trouvé en elle une sorte de modèle. Et lorsqu’elle apprit ce que sa demi-sœur faisait réellement, elle s’était toujours dit qu’elle voulait suivre la même voix… jusqu’à ce que son père l’apprenne et mette fin à ses illusions. Vedraï était une d’Illicis, sa place n’était pas de faire les sales boulots du Gondor. La jeune fille ne l’avait acceptée bien sûr, et cette frustration avait joué un grand rôle dans sa fugue. Et voilà, que sa grande sœur apparaissait devant elle, dans un contexte différent cette fois. Car Valeraï faisait toujours partie de l’Arbre Blanc, et à en juger par son accoutrement, Vedraï jurait qu’elle devait faire partie des gradés. Elle portait une tunique noire dont les ornements en argent faisaient immanquablement penser à une tenue d’officier. Et elle ne se cachait pas, laissant penser que les basses besognes étaient depuis longtemps derrière elle.

« Vedraï ! J’avais peur de ne jamais te revoir… »

« Valeraï… Je n’en reviens pas moi-même d’être de retour en Gondor après si longtemps… »

« Quel bonheur de te retrouver, petit sœur… »


Elles s’installèrent dans une alcôve à l’écart et parlèrent pendant des heures. Cette conversation permit à Vedraï d’apprendre une foule d’informations importantes. Les circonstances de la mort de leur père Sylphide, lors de ce terrible affrontement aux confins du monde. Qu’il valait mieux ne pas appeler sa demi-sœur par son vrai nom en public, car ici tout le monde la connaissait sous le surnom de Neige. L’ascension de leur oncle au poste d’Intendant. Tous les développements qu’avait connus le Gondor depuis sa fugue. Mais le sujet le plus important fut bien sûr les aventures de Vedraï. Ce fut une épreuve terrible pour la jeune femme. Elle avait cette envie folle de raconter toute la vérité à sa sœur, mais elle se rendait bien compte que son métier était précisément d’interpeller les traîtres. Elle ne savait pas comment sa sœur aurait réagi à la vérité. Pouvait-elle compter sur leur proximité pour la protéger. Au final, Vedraï s’en tint à la même version qu’auprès d’Alcide, et mentit à celle qui était jadis sa confidente.

« … j’étais restée trop longtemps à Urlok et c’est ce qui a causé ma perte. La ville n’était pas prête à l’attaque des pirates. Ce fut un massacre. Une victoire totale et facile pour Umbar. J’ai été capturée, comme des centaines d’autres. J’ai honte Val’… J’avais peur d’être livrée à ses brutes. C’est moi qui leur ai révélé qui j’étais… Ils n’en même pas dû m’arracher cette information de force, je me suis offerte moi-même en tant qu’otage… C’est de ma faute si le capitaine pirate a été relâché… »

L’espionne s’était alors rapprochée de sa petite sœur et l’avait prise dans ses bras.

« Arrête, Vedraï, tu as fait ce qu’il fallait pour te protéger. Peu importe qu’on ait laissé partir ce Reznor. Si les pirates ne t’avaient pas capturée, tu errerais encore aux confins du Harad. L’essentiel, c’est que tu es là… »

Ce jour-là Vedraï avait regagné ses appartements toute heureuse d’avoir revu sa sœur et d’avoir longtemps échangé avec elle. Pourtant, plus tard le soir, c’est en pleurant qu’elle s’effondra dans son lit. Passée l’euphorie du moment, elle réalisait pleinement à quel point son existence allait être ardue. Tant de personnages à qui la moindre parole de travers pouvait provoquer sa perte. Radamanthe, bien sûr, le taciturne Cartogan et même le mystérieux Havarian. Mais surtout ceux qui étaient le plus proche d’elle, son oncle Alcide, le nouvel Intendant, et même sa propre sœur, l’espionne Valeraï.
Non, Vedraï ne se sentait pas prête à vivre une vie dans le mensonge.

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